« Où que vous soyez, faites quelque chose »

La guerre au Liban a commencé le 13 juillet et le monde entier suivait cette guerre sur les écrans comme si c’était un nouveau film d’action. Jusqu’à présent, le bilan s’élève à plus de 360 victimes, sans compter les blessés et les familles déplacées. Les massacres se poursuivent, portant atteinte aux civils, surtout aux femmes et aux enfants. Parmi ces massacres, nous citons celui de Marwahin où 22 civils ont trouvé la mort lorsqu’une explosion a visé leur camionnette, alors qu’ils essayaient de s’échapper des attaques sur leur village.

Le pays est encerclé de toutes parts. Les avions militaires ne cessent de ronronner au-dessus de nos têtes pour lancer des missiles toutes les demi-heures. La banlieue de Beyrouth est à feu et à sang. Plusieurs cités libanaises ont été complètement détruites. J’habite dans un quartier de Beyrouth. Nous ne pouvons pas bouger, nous demeurons à la maison. Nous nous attendons au pire. Les ambassades étrangères font tout leur possible pour évacuer leurs citoyens, alors que tout ce que les Libanais peuvent faire est d’attendre la fin de la guerre.

La destruction n’a pas cessé depuis le début de cette guerre. Destruction de vies humaines, de maisons, d’infrastructures, de routes, de ponts et de moyens de communication. Cette guerre est la pire des catastrophes que le Liban ait jamais vécues. L’heure n’est pas à la nostalgie et aux pleurs. Il faut faire quelque chose. Beaucoup de guerres ont précédé celle-ci et le monde entier a été témoin de l’absurdité des actes violents, alors que les Nations unies pensent toujours qu’elles ont encore le temps de discuter s’il faut mettre fin à cette guerre.

Nous avons besoin d’une action radicale. Nous demandons un cessez-le-feu. En ce moment, on s’en fout qui a raison et qui a tort car ça n’a aucune importance. N’importe qui peut trouver assez d’arguments pour prouver qu’il a raison et que son adversaire a tort. Il est facile de manipuler les mots. Les pourparlers peuvent durer longtemps mais les pourparlers ne sont pas maintenant notre priorité.

En ce moment, nous ne nous adressons pas aux Libanais, aux Français, aux Américains, aux Israéliens, aux Canadiens ou autres. Les nationalités n’ont plus aucune importance. Nous nous adressons aux êtres humains. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire et regarder la violence s’accumuler toutes les minutes, alors que ceux qui peuvent faire un changement pensent qu’ils ont toujours le temps de se serrer les mains et d’avoir une conversation profonde et sérieuse pour voir s’il faut arrêter les massacres. La réponse est si claire… Le bien-être des gens ne doit-il pas être notre souci le plus important ?

C’est un appel aux actes immédiats. Où que vous soyez, faites quelque chose. Des pétitions, des manifestations, des sit-in, tout ce qui est nécessaire. Maintenant, la passivité est le pire crime. Nous parlons de vies humaines et tous les humains sont semblables, que nous l’acceptions ou pas.

Soha Wehbé, jeune journaliste à Beyrouth.



Articles Par : Soha Wehbé

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