« 10 questions pour les États-Unis : D’où vient le nouveau coronavirus ? », demandait publiquement un article chinois publié le 19 mars 2020 sur le site internet de son grand média TV d’Etat en langue anglaise (CGTN), ainsi que sur le réseau social  WeChat ! Alors que le nombre quotidien de nouveaux cas de COVID-19 recensés aux USA explose (avec en moyenne 11 500 nouveaux cas recensés par jour au cours des 3 derniers jours, pour un total de plus de 68 500 cas recensés, dont 1 036 morts et 1 455 patients dans un état critique (3ème position mondiale, mais 1ère dès demain à ce rythme… ), la Chine pose publiquement la question de la paternité américaine du virus, que ce soit sur son grand média en langue anglaise ou sur les réseaux sociaux :

Et les questions posées par l’article chinois sont des plus percutantes et embarrassantes pour l’administration Trump, enfermée dans son mutisme depuis maintenant deux semaines !!! Explosif !!! 

Mais combien de temps encore la Maison Blanche va-t-elle encore continuer à faire la sourde oreille ??? La stratégie de déni et d’intoxication de leur propre opinion publique mise en œuvre par les mass-merdias et les politiciens occidentaux va-t-elle se poursuivre encore longtemps ???

« Ici, nous n’avons accès qu’à la version occidentale des faits sur le nouveau coronavirus, mais comme personne ne peut librement tirer de conclusion sans écouter les deux parties, voici un droit de réponse non-officiel de la Chine. A rebours de ses décennies de diplomatie courtoise, discrète et invariablement souriante, la Chine – et ce n’en est que plus frappant – a récemment attaqué les USA dans plusieurs tweets et articles de presse, dont celui-ci où elle les accuse d’avoir délibérément propagé des virus, y compris le coronavirus COVID-19, sur le territoire chinois. Bon à savoir : cet article ne fait que refléter l’opinion publique chinoise, pour qui les USA sont passés à une phase plus offensive de leur guerre commerciale contre la Chine en tentant de miner l’économie chinoise à base de maladies infectieuses (épidémies de grippe aviaire, grippe porcine, coronavirus). Autrement dit, pendant qu’ici, les médias désignent la Chine comme origine de la pandémie, les Chinois font l’inverse et pointent un index accusateur sur les USA. Qui a raison, qui a tort ? A chacun de se faire son idée ».

Pour conclure, il est essentiel de souligner que toute l’affaire du COVID-19, et en particulier de sa paternité réelle, est à mettre en perspective avec deux importants articles publiés en novembre 2015 dans la prestigieuse revue scientifique anglo-saxonne Nature. 

« Dans un article publié dans Nature Medicine le 9 novembre, des scientifiques [12 américains, 2 chinois et 1 suisse] ont étudié un virus appelé SHC014, que l’on trouve chez des chauves-souris en Chine. Les chercheurs ont créé un virus chimérique, constitué d’une protéine de surface du SHC014 et de la colonne vertébrale d’un virus du SRAS qui avait été adapté pour se développer chez la souris et imiter la maladie humaine. Les cellules des voies respiratoires humaines sont infectées par la chimère  ̶  ce qui prouve que la protéine de surface du SHC014 a la structure nécessaire pour se lier à un récepteur clé sur les cellules et les infecter ».

D’autres scientifiques de haut niveau estimaient pour leur part que ces travaux entourant la création de virus-chimères étaient « trop risqués à poursuivre » et qu’ils avaient pour seul résultat « la création, en laboratoire, d’un nouveau risque non naturel », avertissant que si le virus parvenait un jour à s’échapper, « personne ne pourrait prédire sa trajectoire » ! A l’évidence, l’impérialisme US n’a pas écouté cet avertissement, et la fermeture brutale (en juillet 2019) de l’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’armée US situé à Fort Detrick (dans le Maryland), n’est sans doute pas étrangère à la pandémie mondiale actuelle du COVID-19. En effet, un article publié le 05/08/2019 dans le New York Times rapportait que des fuites avérées d’agents pathogènes s’y étaient produites en juin 2019, suite au remplacement du système de décontamination. Or ces évènements furent immédiatement accompagnés d’une vague d’infections pulmonaires graves soit-disant liée au vapotage… Tout ceci est évidemment aujourd’hui à mettre en regard avec les arguments avancés ainsi que les questions bien embarrassantes posées par la partie chinoise… 

A n’en pas douter, la pandémie actuelle du COVID-19 sera pour l’empire Atlantiste ce que Tchernobyl fût au social-impérialisme soviétique, c’est-à-dire un facteur majeur ayant contribué à précipiter son effondrement !

Vincent Gouysse

Le 25 mars 2020

Illustration en vedette : pixabay.com

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Virus… blocus

mars 27th, 2020 by Michel Raimbaud

Nous sommes des mille et des millions à goûter aux plaisirs du confinement. C’est la faute à ce virus crochu, invisible mais omniprésent, qui guette ses victimes tapi dans leurs voies respiratoires, réveillant les peurs ancestrales. Sages ou craintifs, les citoyens acceptent les règles nouvelles, appréhendant ce que sera l’après. Revisité, le temps d’avant était un paradis : c’était il y a un mois, il y a quinze jours, c’était hier.

Ils seront innombrables, en France et dans cette vieille Europe devenue le foyer du virus, à faire des comptes et à en demander, à proposer des priorités pour réparer les dégâts. Avant d’entamer toute réflexion, il conviendra de réviser les idées reçues que les évènements ont fait voler en éclats et d’en tirer des leçons. Puissent les mesures prises dans une situation d’exception ne pas être fatales à une certaine exception française.

L’Euro-Amérique n’est plus le « cœur » du monde, ayant perdu sa suprématie globale et son magistère intellectuel et moral. Difficile à gober pour un béotien comme l’oncle Donald, suprématiste hors pair, et pour les clients de l’idéologie occidentaliste. Si certains ont évoqué « la mort cérébrale » ou « le déclin de l’Occident », ce sont de simples éclairs tant est enracinée la conviction nombriliste. Il reste que l’épisode du coronavirus aura ruiné irrémédiablement l’image de l’Amérique* et de l’Europe, où la pandémie a établi ses quartiers. C’est en effet auprès de l’Organisation de Coopération de Shanghai (Chine, Russie et alliés asiatiques) que la plupart des pays, alliés y compris, auront cherché appui.

Accusée par Trump d’être le responsable de la pandémie (le « virus chinois »), la Chine, premier pays à avoir su juguler l’effrayant fléau, est sollicitée par le reste du monde. Forte du prestige que lui vaut sa gestion – un brin idéalisée – de la crise et désormais surpuissante, elleaffirme son nouveau leadership. Qu’il s’agisse de l’Italie, abandonnée en première ligne sur le front coronique par ses partenaires européens, ou de la France, durement frappée, l’aide en matériel et en personnel de l’Empire du Milieu n’est pas passée inaperçue…

La Russie a lancé elle aussi des opérations de secours, envoyant vers l’Italie, par avions-cargos, du matériel de dépistage et de désinfection, tandis que son armée de l’air acheminait huit brigades mobiles de médecins et une centaine de virologues et épidémiologistes. L’Institut moscovite de dépistage du Corona annonce l’envoi d’une assistance d’urgence à seize pays : les membres de l’Union Economique Eurasienne (ex-URSS), mais aussi l’Iran, l’Egypte, le Venezuela, la Corée du Nord, laMongolie. La Serbie a choisi elle aussi de faire appel à Moscou et Pékin.

Cet investissement des deux grands de l’Eurasie dans une action d’urgence aura eu un impact considérable. Médiatisation ? Ni plus ni moins que les « grandes démocraties » naguère. Que pourraient bien médiatiser nos médias de révérence, sinon l’absence de toute solidarité des Etats occidentaux, la vanité de leurs leçons de morale, leur acharnement à poursuivre des guerres illégales ou « invisibles », et la fin du monopole « atlantiste » dans le domaine humanitaire, cheval de bataille pour l’ingérence. Le mainstream aura été à la hauteur de sa réputation, le dépit portant d’ailleurs à ressasser les mensonges les plus éculés sur les « pays qui fâchent » (Syrie, Iran, Russie, Chine) !

Dans le même temps et autre signe des temps, l’Amérique est défiée jusque dans son ex-arrière-cour, son ignominie et son impuissance étant affichées à la face du monde. Après soixante ans de sanctions, Cuba est toujours debout et a développé une médecine de pointe : le 16 mars, à la demande de Londres, on y accueillait sous les acclamations un navire de croisière (MS Braemar) et sa cargaison de passagers occidentaux ailleurs indésirables (dont 5 « positifs » et 40 à l’isolement). La Havane a envoyé par ailleurs une mission médicale en Italie. Des sots s’en étonneront, mais les gestes ne s’oublieront pas, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Le Venezuela, provocation permanente, est frappé par la pandémie. Une occasion minable d’exhiber un acharnement « viral ». C’est sous forme de sanctions meurtrières et dévastatrices que se manifestent les attentions de Washington : le coût des dépistages se trouve propulsé à des niveaux exorbitants. Valet fidèle, le FMI a refusé le prêt demandé par Caracas : Maduro manquerait de légitimité. Selon les experts onusiens, de telles sanctions « s’apparentent à une action génocidaire » et leurs « architectes » devraient être poursuivis et emprisonnés à vie, du moins « dans un monde décent ». Il ne l’est plus, depuis belle lurette.

Le comportement criminel de l’Amérique et des « grandes démocraties s’est inscrit dans le paysage à partir de 1991, tandis qu’émergeait le paradigme d’une « communauté internationale » réduite aux laquais. C’est à la résignation de ceux-ci, à leur aveuglement idéologique et à leur complicité qu’une « troïka » pervertie doit sa capacité de nuisance. Bien que le premier véto russo-chinois contre une ingérence militaire en Syrie, en octobre 2011, ait stoppé les élans de l’arrogant triumvirat, celui-ci a de beaux restes et de malfaisants relais.

Un demi-siècle après sa naissance « sous X », la « théorie du fou » de Nixon et Kissinger, loin d’être la touche folklorique d’une « géopolitique racontée aux grands enfants », est pour l’Occident une clé essentielle du Grand Jeu. Eructant au milieu de sa cour des miracles, le gangster à la mèche jaune a fait des adeptes au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, bourreau des Palestiniens et complice d’une « transaction » ignominieuse, Erdogan l’hystérique Mamamouchi, et Mohammed Ben Salman, qui rêve de transformer l’Arabie en Disneyland ou en lupanar, voilà cet OVNI maléfique en mesure d’instaurer un chaos sans fin au centre de « la ceinture verte », à l’ombre de la nouvelle peste.

Ce qu’écrit Doug Bandow le 22 mars dans The American interest vaut son pesant d’encre : « Le coronavirus signifie que l’Amérique est brisée. Trump devrait sortir de l’enfer syrien », « le Moyen-Orient a perdu sa signification stratégique », les deux craintes majeures ayant disparu : (1) « Personne ne menace de conquérir le pétrole dont dépend l’Occident », (2) « Personne ne menace la survie d’Israël, superpuissance régionale ». Mon Dieu, si c’était vrai ? Aux doux rêveurs, on rappellera que l’Amérique s’acharne à mener en Syrie une guerre «invisible et sans fin» pour interdire la paix et la reconstruction, qu’elle maintient une occupation illégale à l’est de l’Euphrate, pour « contrôler le pétrole syrien » (sic dixit Donald).

Agressée par une coalition hybride où se retrouvent les membres de l’OTAN, les forces de l’islamisme dévoyé et une multitude de comparses, la Syrie est frappée depuis 2011 par une pléthore de sanctions infâmes et sadiques, dans l’indifférence quasi-générale…Rappelons que les sanctions (commerciales ou financières) ont pour but d’empêcher un Etat de fonctionner et d’étrangler son économie. Elles ont entre autres pour résultat d’interdire les importations de médicaments et matériels sanitaires, et de rendre impossibles la réparation des équipements. Ce qui est dramatique pour un pays dévasté comme la Syrie.

Comment des Etats peuvent-ils se prétendre « civilisés » alors qu’ils n’ont pas le courage de briser l’omerta, loi des mafieux. Exiger une levée immédiate des sanctions ne suffit pas. Chaque pays peut prendre la décision, seul ou dans un cadre collectif. Il y a urgence : la Syrie entre dans sa dixième année de guerre et on peut s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir le corona, déjà présent dans la région. En effet, la pandémie ne saurait occulter les menées criminelles des alliés de Washington : Israël responsable du confinement massif des Palestiniens, notamment à Gaza ; Erdogan et son chantage au « lancer » de réfugiés vers l’Europe, nul ne se souciant des malheureux migrants piégés par les frontières fermées.

Il faut également lever le siège criminel imposé par l’Amérique à l’Iran. Résistant depuis quarante ans aux sanctions imposées à l’instigation de Washington et confronté à la ré-escalade engagée par Trump depuis son retrait illégal du traité nucléaire, il y a deux ans, l’Iran figure en outre parmi les Etats les plus menacés par la pandémie. L’interdiction de commercer en dollars revient à lui interdire tout achat de médicaments et d’équipements sanitaires, alors qu’il est économiquement étranglé (Téhéran aurait demandé un prêt d’urgence de cinq milliards de dollars au FMI). Il s’agit pour l’Amérique de le soumettre. Si dans un accès desagesse les Européens viennent en aide à l’Iran, ils rachèteront un peu la communauté des « chefs d’Etat du monde » auxquels en appelle Ruhani : L’Amérique n’est pas seulement responsable de la mort d’un iranien toutes les dix minutes, elle menace la vie du monde. Téhéran et Qom ne sont pas si loin de Paris, Londres et New-York. « Vous êtes des insolents, des oppresseurs, des terroristes » : seuls blâmeront Ali Khamenei d’avoir ainsi stigmatisé les dirigeants américains ceux que la vérité blesse.

Michel Raimbaud

 

 

*L’auteur utilise l’expression Amérique pour désigner les États-Unis d’Amérique.

Programme mondial de vaccination contre la Covid-19…

mars 26th, 2020 by Mondialisation.ca

Sélection d’articles :

COVID-19: L’Italie et la Corée du Sud en ligne de mire? «La chaîne de transmission des infections»

Par Larry Romanoff, 23 mars 2020

Un virologue italien de renom, Giuseppe Remuzzi, a publié dans le Lancet et d’autres médias, des articles dans lesquels il expose des faits jusqu’ici inconnus du public. (1) Selon cet imminent universitaire, les médecins italiens confirment désormais avoir effectivement observé…

 

En période trouble, comment prévenir une crise économique et éviter de privatiser les profits et de socialiser les pertes

Par Prof Rodrigue Tremblay, 24 mars 2020

Voilà, c’est reparti : une autre bulle financière est en train d’éclater et une autre crise financière se pointe à l’horizon et menace de perturber l’économie réelle ! Cette fois, le déclencheur est la crise pandémique du coronavirus, la plus grave d’une génération, laquelle risque de paralyser l’économie en plus de provoquer un krach boursier.

 

La leçon de la COVID-19. L’État a un monopole sur la coercition et la violence

Par Kurt Nimmo, 24 mars 2020

La « pandémie » COVID-19 est principalement conçue pour donner du pouvoir à l’élite dirigeante et pour accroître sa portée autoritaire. L’outil principal est la peur innée de la mort chez l’homme et cette peur a été fortement amplifiée par les médias de propagande des entreprises.

 

La Colombie aux temps du choléra

Par Maurice Lemoine, 25 mars 2020

Le fait était en soi suffisamment symptomatique (et amplement documenté) pour être noté : lorsque, le 23 février 2019, le « président fantoche » vénézuélien Juan Guaido, interdit de sortie du territoire par la justice de son pays, traversa clandestinement la frontière entre le Venezuela et la Colombie pour y diriger, depuis Cúcuta, l’entrée en force d’une supposée « aide humanitaire », il le fit assisté et accompagné par des membres de l’organisation Los Rastrojos.

 

Le Docteur Folamour veille sur notre santé

Par Manlio Dinucci, 25 mars 2020

Face au Coronavirus -déclare l’US European Command “notre première préoccupation est de protéger la santé de nos forces et de nos Alliés”. Il annonce ainsi avoir redimensionné en nombre de soldats l’exercice Defender Europe 20. Mais celui-ci continue.(…) Le but déclaré des USA est de “déployer une force crédible de combat en Europe en appui à l’OTAN”, évidemment contre l’ “agression russe”. Le but réel est de semer une tension et de nourrir l’idée de l’ennemi.

 

Après le confinement: Un programme mondial de vaccination contre le coronavirus…

Par Prof Michel Chossudovsky, 25 mars 2020

La tendance est à un verrouillage mondial mené par la peur et la désinformation des médias. Actuellement, des centaines de millions de personnes dans le monde entier sont en état de confinement. Quelle est la prochaine étape dans l’évolution de la crise de la COVID-19 ?  

 

C’est une question de vie ou de mort

Par Claude Jacqueline Herdhuin, 25 mars 2020

Répétée à plusieurs reprises par notre directeur national de la santé, Horacio Arruda, cette phrase voulait souligner la gravité de la situation au Québec. Les Québécoises et les Québécois désobéissants deviennent des tueurs en série potentiels.(…) Et voilà que nous risquons tous et toutes de mourir ou de tuer quelqu’un si nous ne restons pas chez nous.

 

En Macronie: les sordides prestations des ‘intérimaires’ du pouvoir

Par Daniel Vanhove, 25 mars 2020

Non!, évidemment que non, en France, il n’y pas la guerre ! Malgré le style anaphorique et le ton grave du président en exercice, la France n’est pas en guerre sur son territoire. Peut-être sa professeure de théâtre a-t-elle oublié que hors scène, dans la vraie vie, répéter les choses avec une telle insistance est souvent aveu de faiblesse.

 

COVID-19 – La lutte pour la guérison: une gigantesque razzia de l’industrie pharmaceutique occidentale

Par Peter Koenig, 26 mars 2020

Il y a quelques jours, le Dr Tedros, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a répété ce qu’il avait déjà dit il y a quelques semaines, à savoir qu’il existe une vingtaine de laboratoires pharmaceutiques dans le monde qui développent un vaccin contre le nouveau coronavirus, appelé COVID-19, également appelé 2019-nCOV, ou SARS-CoV-2.(…)  Et maintenant, la course chaotique à l’occidentale des sociétés privées pour un vaccin qui veulent se surpasser les unes les autres a commencé.

 

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Il y a quelques jours, le Dr Tedros, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a répété ce qu’il avait déjà dit il y a quelques semaines, à savoir qu’il existe une vingtaine de laboratoires pharmaceutiques dans le monde qui développent un vaccin contre le nouveau coronavirus, appelé COVID-19, également appelé 2019-nCOV, ou SARS-CoV-2. Pour le profane, il s’agit simplement d’une mutation plus forte du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a éclaté en 2002 / 2003, également en Chine. Il s’agit bien sûr d’une mutation réalisée en laboratoire. Dans un laboratoire étasunien de guerre biologique de haute sécurité. En d’autres termes, le SRAS et le COVID-19 – parmi de nombreux autres agents de guerre biologique – ont été fabriqués aux États-Unis.

Et maintenant, la course chaotique à l’occidentale des sociétés privées pour un vaccin qui veulent se surpasser les unes les autres a commencé.

Qui est le premier à développer un vaccin? – C’est une compétition féroce pour établir un brevet, un monopole – pour une entreprise qui pourrait coûter plusieurs billions de dollars. Le capitalisme néolibéral occidental est à son pire – ou à son meilleur, selon l’angle sous lequel on regarde.

Il n’y a pas de mots pour décrire cette fièvre chaotique du profit sur le bien-être humain. Elle n’a rien à voir avec la santé, avec la guérison des malades et des souffrants, voire des mourants. C’est une question d’argent. Des centaines de milliards, voire des billions de profits pour l’oligarque pharmaceutique et les laboratoires et entreprises de recherche qui lui sont associés. Et plus encore, si la « pandémie » (sic) déclarée par l’OMS provoque une campagne de vaccination forcée, renforcée par une surveillance militaire et policière.

Replaçons COVID-19 dans son contexte. Au 23 mars 2020 (18:33 GMT), et selon les statistiques de l’OMS, le nombre de cas signalés dans le monde est de 372 572 ; le nombre de décès de 16 313 ; le nombre de personnes guéries de 101 373 – soit un taux de mortalité de 4,37 %. Toutefois, ces chiffres doivent être considérés avec prudence. Dans de nombreux pays, en particulier dans les économies en développement, la précision des tests peut poser problème. Souvent, les kits de test ne sont pas disponibles, ou ne sont pas fiables. Il se peut donc que les personnes qui se rendent chez le médecin avec des symptômes de grippe soient faussement diagnostiquées comme des victimes de la COVID-19, car cela sert le battage publicitaire.

Des erreurs de calcul et des déclarations erronées peuvent même se produire aux États-Unis. M. Robert Redfield, PDG du Centre étasunien de contrôle des maladies (CDC), a déclaré devant le Congrès que le CDC n’effectue plus de tests réguliers, que ceux-ci étaient effectués au niveau des États et seulement dans des cas extrêmes. Voir également cette référence dans les mesures et directives du LA Times of California.

À titre de comparaison, le CDC étasunien estime que pour la seule saison de grippe 2019 / 2020 aux États-Unis, quelque 38 à 54 millions de personnes pourraient attraper la grippe ordinaire et 23 000 à 59 000 pourraient en mourir. La grande majorité de ces décès seront des personnes âgées de plus de 70 ans et beaucoup d’entre elles auront des problèmes de santé et/ou des problèmes respiratoires préexistants. Il s’agit à peu près du même schéma de maladie et de décès que pour la COVID-19. L’extension linéaire de ces chiffres sur la grippe commune à l’échelle mondiale entraînerait des centaines de milliers de décès dus à la grippe. Au cours de la saison grippale aux États-Unis 2017-2018, particulièrement forte, on estime que 60 000 personnes sont mortes de la grippe rien qu’aux États-Unis. Le lecteur peut lui-même juger si l’OMS était justifiée de déclarer la COVID-19 « pandémie » – ou si un autre programme était peut-être à l’origine de cette déclaration ?

Le vaccin qui pourrait éventuellement être appliqué à la COVID-19, pourrait très probablement ne plus être valable pour la prochaine flambée de coronavirus – qui, selon M. Redfield, CDC, se produira très probablement aussi. Un virus ultérieur pourrait très certainement avoir muté. Il est assez similaire au virus de la grippe ordinaire. En fait, le virus de la grippe ordinaire, qui se répète chaque année, contient une proportion de 10 à 15 % (quelques fois plus) de coronavirus.

L’efficacité des vaccins anti-grippe annuels est en moyenne inférieure à 50 %, sans parler de tous les effets secondaires nocifs potentiels qu’ils entraînent. La COVID-19 est très similaire à la grippe. Un vaccin contre les coronavirus sera-t-il aussi peu efficace pour protéger un patient potentiel contre une future infection?

La coopération plutôt que la concurrence n’existe pas en Occident. Tout est axé sur le profit. Avec l’arrivée sur le marché d’un certain nombre de vaccins différents provenant de différents géants de l’industrie pharmaceutique, qui dira au patient lequel est le meilleur, le plus adapté à son état ? Cela sent l’escroquerie chaotique totale.

La vraie question est la suivante : les vaccins – ou un vaccin – sont-ils même nécessaires ?  Peut-être – peut-être pas. La production de vaccins est encouragée pour des raisons de profit et pour un important programme politique en faveur d’un nouvel ordre mondial – qui a été planifié pour changer la vie humaine telle que nous la connaissons, ou telle que nous pensions la connaître. Voir les explications complémentaires ci-dessous.

Les vaccins ne guérissent pas, ils peuvent empêcher le virus de frapper aussi fort qu’il le ferait autrement, ou pas du tout, selon l’âge, l’état physique et la santé d’une personne. Les statistiques mondiales montrent qu’en général, une personne infectée par la COVID-19 jusqu’à l’âge de 40 ou 50 ans ne présente aucun symptôme ou seulement de légers symptômes, ce qui n’est pas inquiétant.

En cas de symptômes, il suffit de rester à la maison, de se reposer et de recourir à la médecine traditionnelle et séculaire, la même que celle qui pourrait être utilisée pour la grippe ordinaire, pour se débarrasser du virus. La maladie pourrait ainsi se résorber en une ou deux semaines. Ensuite, la personne sera naturellement « vaccinée » contre ce type de coronavirus. Les personnes âgées de plus de 65 ou 70 ans peuvent être plus à risque et une attention particulière peut s’imposer : séparation des foules, isolement pendant une quarantaine de deux semaines (la période d’incubation), tandis que le reste de la société continue à vivre aussi normalement que possible, ce qui réduit le coût énorme pour la société.

La Chine a maîtrisé la pandémie de COVID-19 sans vaccin, mais en faisant preuve de bon sens et en utilisant des médicaments traditionnels plutôt peu coûteux. Quels sont ces médicaments traditionnels qui sont efficaces et qui ont contribué à maîtriser la COVID-19 en Chine, sans vaccin ?

Le « Children’s Health Defense » (le Fonds de défense de l’enfance – CDF), une ONG étasunienne, fondée en 1973 par Robert F. Kennedy, Jr, dépeint la lutte de pouvoir actuelle en France entre les responsables de la santé et les principaux experts du pays en virologie, comme représentant de la lutte mondiale entre les entreprises pharmaceutiques soutenues par les gouvernements (achetés) et les organisations internationales, telles que l’OMS – et les scientifiques de renom. Si elle est exposée, elle ouvre les yeux. Voir l’étude complète de la CDF.  

Le professeur français Didier Raoult, qui est l’un des cinq meilleurs scientifiques au monde dans le domaine des maladies transmissibles, a fait valoir que l’approche de la quarantaine de masse est à la fois inefficace et dépassée et que les tests et le traitement à grande échelle des cas suspects donnent de bien meilleurs résultats.

Dès le début, le Dr Raoult a suggéré l’utilisation de l’hydroxychloroquine (Chloroquine ou Plaquenil), un médicament bien connu, simple et peu coûteux, également utilisé pour lutter contre le paludisme, et qui a montré son efficacité avec les coronavirus précédents tels que le SRAS.  À la mi-février 2020, des essais cliniques réalisés dans son institut et en Chine ont déjà confirmé que le médicament pouvait réduire la charge virale et apporter une amélioration spectaculaire. Les scientifiques chinois ont publié leurs premiers essais sur plus de 100 patients et ont annoncé que la Commission nationale chinoise de la santé recommanderait la chloroquine dans ses nouvelles directives pour le traitement de la Covid-19.

En outre, la Chine et Cuba travaillent ensemble à l’utilisation de l’interféron Alpha 2B, un médicament antiviral très efficace développé à Cuba il y a près de 39 ans, mais peu connu du monde entier, en raison de l’embargo imposé par les États-Unis sur tout ce qui provient de Cuba.  L’interféron s’est également révélé très efficace dans la lutte contre la COVID-19 et est maintenant produit dans une entreprise commune en Chine.

Des chercheurs chinois, en coopération avec des scientifiques cubains, développent également un vaccin qui pourrait bientôt être prêt à être testé. Contrairement à l’Occident, qui travaille exclusivement dans un but lucratif, le vaccin sino-cubain serait mis à la disposition du monde entier à faible coût.

Parmi les autres remèdes simples mais efficaces, on peut citer l’utilisation de fortes doses de vitamine C, ainsi que de vitamine D3, ou plus généralement l’utilisation de micronutriments essentiels pour lutter contre les infections, notamment les vitamines A, B, C, D et E.

Les produits à base d’argent colloïdal sont un autre remède utilisé depuis des milliers d’années par les anciens Chinois, les Romains et les Égyptiens. Ils se présentent sous forme de liquide à administrer par voie orale, ou à injecter, ou à appliquer sur la peau. Les produits à base d’argent Image result for interferon cubacolloïdal renforcent le système immunitaire, combattent les bactéries et les virus, et ont été utilisés pour traiter le cancer, le VIH/sida, le zona, l’herpès, les affections oculaires, la prostatite – et la COVID-19.

Un autre remède simple et peu coûteux, à utiliser en combinaison avec d’autres, est le « Mentholatum » à base de menthol. Il est utilisé pour les symptômes courants de la grippe et du rhume. Appliqué sur et autour du nez, il agit comme un désinfectant et empêche les germes de pénétrer dans les voies respiratoires.

Le nord de l’Italie et la Nouvelle-Orléans rapportent qu’un nombre inhabituel de patients ont dû être hospitalisés dans des unités de soins intensifs (USI) et être mis 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sous un respirateur d’une puissance de 90 %, certains d’entre eux étant restés sans réaction, allant jusqu’à l’insuffisance respiratoire. Le taux de mortalité rapporté est d’environ 40 %. Cette condition est appelée syndrome de détresse respiratoire aiguë, SDRA. Cela signifie que les poumons sont remplis de liquide. Lorsque cette description des épisodes de SDRA s’applique, le Dr. Raoult et d’autres collègues médicaux recommandent aux patients du COVID-19 de « dormir assis » jusqu’à ce qu’ils soient guéris. Cela permet d’évacuer le liquide des poumons. Cette méthode est connue pour son efficacité depuis qu’elle a été documentée pour la première fois lors de l’épidémie de grippe espagnole de 1918.

Pour en savoir plus: La pandémie de coronavirus COVID-19 : Le vrai danger est l' »Agenda ID2020 »

Comme vous pouvez vous en douter, si vous cherchez l’un de ces remèdes alternatifs sur Internet – Internet contrôlé par Google et la grande entreprise, y compris les produits pharmaceutiques, vous déconseillera logiquement de les utiliser. Au mieux, ils vous diront que ces produits ou méthodes n’ont pas prouvé leur efficacité, et au pire, qu’ils peuvent être nocifs. N’y croyez pas. Aucun de ces produits ou méthodes n’est nocif. N’oubliez pas que certains d’entre eux sont utilisés comme des remèdes naturels depuis des milliers d’années. Et n’oubliez pas que la Chine a réussi à maîtriser le COVID-19, en utilisant certains de ces médicaments relativement simples et peu coûteux.

Malheureusement, peu de médecins connaissent ces remèdes pratiques, simples et peu coûteux. Ils sont sûrs et, le plus souvent, efficaces. Les médias, sous la pression des géants de l’industrie pharmaceutique et des agences gouvernementales qui s’y conforment, ont été priés de censurer ces précieuses informations. La négligence ou l’incapacité à rendre ces remèdes facilement accessibles au public tue des gens.

Passons maintenant à l’essentiel, à ce qui se cache derrière tout cela – derrière l’extraordinaire et monstrueux battage médiatique de propagande qui fait tomber le système socio-économique du monde (occidental) tout entier, créant une misère, une famine et une mort indicibles. Une misère dont les souffrances sont potentiellement d’un ordre de grandeur pire que la Grande Dépression de 1928 / 1929 et les années suivantes.

Si quelqu’un avait des doutes jusqu’à présent, sur l’origine du virus, la vérité a été révélée discrètement, par un lapsus ou volontairement, par le secrétaire d’État, Mike Pompeo, lorsqu’il s’est adressé à la nation le 21 mars sur COVID-19, il a déclaré : « Il ne s’agit pas de châtiment, nous sommes ici dans un exercice réel… », ce qui signifie un exercice militaire, ou un jeu de guerre.

Le président Trump, aux côtés de Pompeo, chuchotait : « vous auriez dû nous le faire savoir ». Quoi que cela signifie. Il est difficile de croire que M. Trump ne savait pas. Mais ce sont les aléas de la politique américaine, même sur un sujet aussi grave que l’épidémie de coronavirus. Voir ici avec une brève vidéo.

 

Cet exercice (militaire) en direct a des implications mondiales inimaginables qui peuvent complètement transformer nos vies. Il s’agit d’une guerre économique. Presque tous les pays de la planète sont soumis à une sorte de verrouillage, une sorte de quarantaine pour une période encore indéterminée, avec des entreprises fermées, des magasins et des restaurants verrouillés, des chantiers arrêtés, des personnes travaillant à domicile si elles le peuvent, il est interdit de se trouver dans les rues, dans de nombreux pays sous surveillance policière et militaire, avec des cas de personnes battues et menottées, si elles n’ont pas de bonnes explications.

La police française, inspirée par le président Macron, est surtout connue pour sa brutalité incontrôlée dans la lutte contre les Gilets jaunes. Ils ont déjà fait preuve du même mépris pour leurs concitoyens, lorsqu’ils sont dans la rue, même pour faire des courses, sans permis spécial.

Les frontières sont fermées, les avions des compagnies aériennes sont clouées au sol, le tourisme s’arrête net, essentiellement d’un jour à l’autre, bloqué dans le monde entier. À quelques exceptions près, l’Allemagne et la France sont des cas rares, elles organisent des vols de retour pour leurs citoyens à l’étranger. Sinon, avec des départs incertains, des vols surréservés et surchargés, les touristes bloqués n’ont guère de chance de rentrer chez eux rapidement.

Le coût socio-économique est astronomique. Dans le multiquadrillion, ou quintillion ; des chiffres avec tant de zéros qu’ils donnent le vertige. Cette calamité ne peut être évaluée qu’en partie avec des chiffres, et pas maintenant, alors que le verrouillage du monde se poursuit – avec un coût social qui ne peut être évalué. La chute de la bourse d’environ 30 % – est une une aubaine typique pour les spéculateurs à terme et les Big Finance, Big Banking, avec des pertes de plusieurs milliers de milliards de dollars pour les petits investisseurs.

Des millions, voire des centaines de millions de petites et moyennes entreprises font faillite, un chômage endémique, par centaines de millions, dans le monde entier, et les plus pauvres parmi les pauvres, en particulier dans les pays en développement, qui sont soit au chômage soit vivent de petits emplois payés à l’heure ou à la journée – ils n’ont pas de revenus, ne peuvent pas acheter les produits de base pour survivre – certains d’entre eux peuvent mourir de faim, d’autres peuvent se suicider, d’autres s’adonnent à des activités criminels. C’est la Grèce multiplié par mille, voire pire.

Ensuite, il y a un effondrement moral et social dû à une quarantaine forcée, dont on ne voit pas la fin. Cela crée de la peur et de l’anxiété, de la frustration et de la colère.  Pour beaucoup, c’est comme l’isolement cellulaire – tout cela est mauvais pour la santé et affaiblit le système de défense immunitaire. C’est exactement ce que veulent ceux qui tirent les ficelles.

Alors, à qui sert cet exercice (militaire) en direct ? – On pourrait d’abord supposer qu’il est destiné à détruire la Chine, puisque la Chine est la puissance économique montante. Il est vrai que l’économie chinoise a énormément souffert, avec environ 60 à 70 % de toute la production arrêtée pendant les deux premiers mois de cette année, au moment de l’épidémie et du pic de la COVID-19, ce qui signifie une chute importante du PIB chinois, peut-être jusqu’à 40 % pour les mois de janvier et février 2020.

Cependant, la Chine a désormais fermement maîtrisé le virus de la Covid-19. Et la Chine étant la Chine, son économie se redresse rapidement et pourrait bientôt revenir à ce qu’elle était en décembre 2019. En fait, malgré l’impact significatif de la COVID-19, l’économie chinoise pourrait bientôt dépasser celle de l’empire autoproclamé, les États-Unis d’Amérique. La monnaie de la Chine, le yuan, est solidement soutenue par une économie forte et par l’or, et devrait devenir la principale monnaie de réserve mondiale, remplaçant le dollar US, qui a joué ce rôle pendant les cent dernières années. Dans ce cas, l’hégémonie étasunienne est condamnée.

C’est plus que cela. Cette attaque des États-Unis contre la Chine se retourne en fait contre eux. La Chine est la chaîne d’approvisionnement de l’Occident de presque tout. Pour augmenter les profits des entreprises, les États-Unis et d’autres pays occidentaux ont presque tout sous-traité à la Chine, une main-d’œuvre à bas prix. Cela concerne non seulement l’électronique de haute technologie, mais aussi les médicaments et les équipements médicaux. Environ 80% et les ingrédients pour produire des médicaments proviennent de Chine. Pour les antibiotiques, la proportion est d’environ 90 %.

Une grande partie de la production chinoise étant arrêtée depuis près de deux mois, le retard de livraison est énorme.

Un plan est en cours d’élaboration depuis quelques années, dicté par le clan obscur, ou « l’État sombre profond », et conçu par ses subordonnés, qui s’attendent à être généreusement récompensés d’une manière ou d’une autre. Ou, pour le dire ainsi, l’absence de punition et de torture est également une forme de récompense.

Vaccination universelle

Tout d’abord, il y a un énorme mouvement vers la vaccination universelle, car la vaccination sera la pierre angulaire de tout ce qui suivra, à savoir une identification électronique universellement imposée de chaque personne sur la planète. Et qu’est-ce qui est le mieux adapté pour imposer un programme de vaccination ? – Une pandémie, bien sûr, avec des gens qui sont de plus en plus effrayés chaque jour. Le facteur peur est essentiel. Il est renforcé par une quarantaine déterminée dans le temps et par un endoctrinement constant, goutte à goutte, des mauvaises nouvelles sur le front de la COVID-19. Chaque jour, le rythme de l’augmentation du nombre de personnes infectées et de celles qui sont mortes s’accélère, augmentant la peur et l’anxiété.

Le temps viendra où les gens crieront littéralement à l’aide. Ils veulent qu’un État policier et militaire les protège – du virus, je suppose – et ils veulent être vaccinés. Ils ne s’inquiètent pas et ne demandent pas quel est le cocktail qui est injecté dans leur corps et quelles peuvent être ses implications à long terme. Par exemple, le cocktail de vaccination pourrait servir à réduire la fertilité des femmes et des hommes, ou à provoquer des anomalies neurologiques à long terme qui pourraient même être transmises aux générations suivantes.  Les personnes qui ont peur veulent simplement dormir tranquillement, en étant vaccinées. Ils ne se soucient pas – et ne veulent pas savoir – qu’avec le vaccin pourrait être injectée une nanopuce qui contiendrait toutes leurs données personnelles, des dossiers médicaux aux comptes bancaires – et qui pourrait être contrôlée à distance par voie électronique.

Il va sans dire que notre système monétaire est prévu d’être entièrement électronique, plus d’argent liquide – l’argent liquide est un poison – ou comme le directeur général de l’OMS l’a récemment mis en garde, non pas mot pour mot, mais dans ce sens, l’argent liquide est dangereux pour les infections, le papier-monnaie et les pièces peuvent être porteurs de virus mortels – ouvrant ainsi la voie à une numérisation complète de notre système monétaire. Cela a d’ailleurs déjà été testé ces dernières années, principalement dans les pays scandinaves, où des grands magasins entiers refusent d’accepter l’argent liquide. En réponse à la recommandation de la DG de l’OMS, certains magasins et restaurants en Allemagne refusent d’accepter l’argent liquide.

La vaccination universelle et la carte d’identité électronique vont de pair et seront d’abord testées dans quelques pays en développement. Le Bangladesh est l’un d’entre eux. Le programme de vaccination est la plate-forme des méga-changements que le Nouvel Ordre Mondial (NOW), ou l’Ordre Mondial Unique (OWO) veut apporter. Ceci, en plus de l’énorme manne financière.

Une agence presque inconnue appelée Agenda ID2020 est derrière tout cela, surveillant, dirigeant et ajustant la mise en œuvre des différents programmes – qui sont censés aboutir à une domination totale du spectre. Pour plus de détails, voir également l’article récent sur les dangers de l’Agenda ID2020. 

Derrière ce réseau élaboré et complexe de choses, apparaît à maintes reprises un nom éminent : Bill Gates, la Fondation Bill et Melinda Gate. Bill Gates finance des programmes de vaccination en Afrique depuis des décennies. Et Bill Gates et les Rockefeller ne cachent pas que l’un de leurs objectifs ultimes pour la planète Terre est une réduction drastique de la population.

    Résumé de l’Agenda ID2020

    Agenda ID2020 – est une alliance de partenaires public-privé, dont des agences des Nations unies et la société civile. Il s’agit d’un programme d’identification électronique qui utilise la vaccination généralisée comme plateforme pour l’identité numérique. Le programme exploite les opérations existantes d’enregistrement des naissances et de vaccination pour fournir aux nouveaux-nés une identité numérique portable et persistante liée à la biométrie.

La GAVI, l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, s’identifie sur son site web comme un partenariat mondial pour la santé regroupant des organisations des secteurs public et privé qui se consacrent à la « vaccination pour tous ». La GAVI est soutenue par l’OMS, et il va sans dire que ses principaux partenaires et sponsors sont l’industrie pharmaceutique.

L’Alliance ID2020, lors de son sommet de 2019, intitulé « Rising to the Good ID Challenge », en septembre 2019 à New York, a décidé de déployer son programme en 2020, une décision confirmée par le WEF en janvier 2020 à Davos. Leur programme d’identité numérique sera testé avec le gouvernement du Bangladesh. GAVI, l’Alliance pour les Vaccins, et les « partenaires du monde universitaire et de l’aide humanitaire » (comme ils l’appellent), font partie du parti des pionniers.

 Est-ce une coïncidence si ID2020 est mis en place au début de ce que l’OMS appelle une pandémie ? – Ou faut-il une pandémie pour « déployer » les multiples programmes dévastateurs de l’ID2020 ?

Comment la recherche et la production de vaccins sont censées fonctionner.

Comment fonctionnera cette entreprise complexe et élaborée de création de vaccins et de mise en œuvre de campagnes de vaccination ? Comme la plupart des activités officielles qui relèvent essentiellement de la responsabilité du gouvernement sont privatisées et externalisées, elles deviennent parfois complexes, chaotiques et inefficaces. Dans le cas de l’Occident, les États-Unis prétendent prendre la tête du mouvement, mais ils vont également attribuer des responsabilités aux laboratoires pharmaceutiques européens.

Le National Institute of Health (NIH) a la responsabilité globale de la recherche nationale en matière de santé et de la mise en œuvre des programmes. Le directeur du NIH (Institut national de la santé) est Anthony Fauci. L’Institut a été créé en 1955. Sous l’égide du NIH, l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), l’un des 27 instituts, qui relève du NIH, est responsable des programmes de vaccination. La mission du NIAID est de mener des recherches fondamentales et appliquées pour mieux comprendre, traiter et prévenir les maladies infectieuses, immunologiques et allergiques. Le NIAD a externalisé le programme de vaccination à la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI).

La CEPI a été créée par le WEF (Forum économique mondial) à Davos en janvier 2017. Elle a été fondée par la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) et le Welcome Trust basé à Londres, créé en 1936, mais dont font maintenant partie plusieurs pays européens et l’Union européenne (UE). La BMGF a fait une première infusion de 460 millions de dollars à la CEPI. Le CEPI reçoit également des fonds de la Norvège et de l’Inde et est également fortement soutenu par l’industrie pharmaceutique.

Selon le site web de la CEPI, la CEPI a lancé un appel de 2 milliards de dollars US pour soutenir le développement d’un vaccin pour la COVID-19 et pour augmenter le nombre de vaccins candidats afin d’augmenter les chances de succès et de financer les essais cliniques de ces vaccins candidats. L’ambition de la CEPI est de disposer d’au moins trois vaccins candidats, qui pourraient être soumis aux autorités réglementaires en vue de leur homologation pour une utilisation générale ou en cas d’épidémie.

« Les gouvernements du monde entier devront investir des milliards d’euros supplémentaires dans le développement de vaccins contre les coronavirus, afin de faire progresser certains candidats prometteurs qui émergent.  – C’est une entreprise très risquée – tout se fait en parallèle, on ne s’appuie pas sur l’expertise des autres – mais on progresse bien », a déclaré Mélanie Saville, directrice de la recherche et du développement des vaccins à la CEPI.

Le CEPI a déjà présélectionné des sociétés pharmaceutiques internationales pour faire des recherches et travailler sur un vaccin COVID-19. Il s’agit notamment de la société de biotechnologie « Moderna » à Seattle, non loin du siège de Microsoft – également une création de Bill Gates -, du laboratoire de biotechnologie Inovio, de l’université du Queensland, en Australie, et des sociétés allemandes BioNTech et CureVac.

D’emblée, il semble que Moderna, CureVac et BioNTech soient les mieux placés pour produire rapidement un vaccin, car selon un rapport de Health and Science, publié le 17 mars 2020, « ces trois entreprises sont spécialisées dans les thérapies à base d’ARN messager (ARNm). Ces molécules d’ARNm sont utilisées pour ordonner à l’organisme de produire sa propre réponse immunitaire afin de combattre toute une série de maladies différentes. Ce type de vaccin peut potentiellement être développé et produit plus rapidement que les vaccins traditionnels ».

Entre alors la GAVI – l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination a également été créée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Il s’agit d’un partenariat mondial pour la santé, composé d’organisations des secteurs public et privé, qui se consacre à la « vaccination pour tous ». La GAVI est soutenue par l’OMS, et il va sans dire que ses principaux partenaires et sponsors sont l’industrie pharmaceutique. La GAVI a déjà annoncé qu’elle avait besoin de milliards de dollars pour soutenir son programme de vaccination contre la COVID-19. En juin 2020, le gouvernement britannique parrainera une conférence de donateurs pour soutenir le programme de vaccination COVID-19 de GAVI, qui devrait permettre de réunir 7,3 milliards de dollars.

Dans ce labyrinthe d’organisations, d’activités et de responsabilités qui se chevauchent, le flux d’argent sera probablement un entrecroisement que personne ne pourra suivre. La responsabilité à grande échelle sera perdue.

Quant au résultat – un vaccin, espérons-le – ou plusieurs vaccins. Pour le profane et le patient potentiel, ce sera une question de chance (ou de malchance) de savoir quel cocktail de substances biologiques sera injecté dans son corps. Dans tous les cas, le résultat à long terme est imprévisible. N’oubliez pas que Bill Gates poursuit depuis quinze ou vingt ans son propre programme très particulier. Il est peu probable qu’il l’abandonne maintenant. C’est plutôt la COVID-19 et le programme de vaccination qui s’ensuivra qui lui permettront de l’améliorer.

En terminant, il est clair qu’il s’agit d’une proposition de l’industrie pharmaceutique qui rapporte énormément d’argent et qui fait l’objet d’un retrait public. Ce qui rend cette escroquerie de plusieurs milliards de dollars encore pire, c’est qu’elle est officiellement approuvée par les gouvernements occidentaux et les organisations internationales, en premier lieu l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale.

C’est peut-être la dernière occasion pour l’élite, les 0,1 %, de mélanger le capital social et les actifs financés par les travailleurs de bas en haut, avant que nous n’entrions dans une ère de contrôle total par les champs électromagnétiques (CEM), gérés par les larbins des 0,1 % et avec la technologie 5G / 6G, où nous, les humains restants, pourrions être devenus de simples robots téléguidés.

C’est maintenant un rêve illusoire de croire que le monde peut continuer comme il l’a fait jusqu’à la fin de la dernière décennie. Ce serait une trop grande coïncidence que l’Agenda ID2020 ait commencé à activer ses programmes maléfiques exactement au début de la décennie 2020. Malheureusement, c’est aussi un rêve lointain que la Chine et Cuba puissent montrer la voie pour trouver un remède au coronavirus le plus probablement récurrent dans une mutation ou une autre – y compris, mais pas exclusivement, en utilisant des méthodes et des remèdes traditionnels qui ont fait leurs preuves dans la bataille actuelle pour contrôler la COVID-19.

Des mesures draconiennes sont en cours d’élaboration, et nous pouvons simplement prier pour qu’elles échouent, ou pour que nous, le peuple, nous réveillions à temps et en nombre suffisant – une masse critique – et retrouvions au plus profond de notre voix et de notre âme – la solidarité les uns envers les autres qui nous donne la force de combattre ce monstre luciférien.

Peter Koenig

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Article original en anglais :

COVID-19 – The Fight for a Cure: One Gigantic Western Pharma Rip-Off, le 24 mars 2020

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca

 

 

Peter Koenig est économiste et analyste géopolitique. Il est également spécialiste des ressources en eau et de l’environnement. Il a travaillé pendant plus de 30 ans à la Banque mondiale et à l’Organisation mondiale de la santé dans le monde entier, y compris en Palestine, dans les domaines de l’environnement et de l’eau. Il donne des conférences dans des universités aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Il écrit régulièrement pour Global Research, ICH, RT, Sputnik, PressTV, The 21st Century, Greanville Post, Defend Democracy Press, TeleSUR, The Saker Blog, le New Eastern Outlook (NEO) et d’autres sites Internet. Il est l’auteur de Implosion – Un thriller économique sur la guerre, la destruction de l’environnement et la cupidité des entreprises https://www.amazon.com/Implosion-Economic-Environmental-Destruction-Corporate/dp/059545349X – une fiction basée sur des faits et sur 30 ans d’expérience de la Banque mondiale dans le monde entier. Il est également co-auteur de The World Order and Revolution ! – Essais de la Résistance. https://www.amazon.com/World-Order-Revolution-Essays-Resistance/dp/6027005874

 Il est associé de recherche au Centre de recherche sur la mondialisation.

 

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En guerre ? Quelle guerre ? Sinistre terme ! S’il est un point, un seul, sur lequel tous les dirigeants occidentaux sont instantanément tombés d’accord face au Covid 19, c’est sur la nécessité de recourir à ce terme là pour s’adresser aux foules. Justement celui là ! comme s’il n’y avait pas d’autre image possible. Y recourir dans une situation où il s’agit avant tout d’être internationalement solidaires et de s’écouter et comprendre les uns les autres n’a hélas rien d’une maladresse. Pas de leur part…

« En guerre » renvoie à la « raison d’Etat », à l’idée d’un « cas de force majeure » impliquant l’organisation et la gestion de la société selon des règles militaires (au sens romain de dictature) : obéissance aveugle aux ordres, avec interdiction de les discuter ou remettre en cause – voire d’y réfléchir, s’ils semblent manquer d’humanité ou de logique ; sanctions pour les contrevenants, augmentées en cas de récidive ; incitation à la délation de bon voisinage ; suspension « jusqu’à nouvel ordre » des valeurs humaines, de l’empathie (non sélective), du bon sens, de l’esprit sous toutes ses formes ; et condamnation sans appel de ceux qui refusent de se soumettre à une hiérarchie qui pense à votre place et ne peut (en un moment pareil) tolérer d’être contredite. « Nous sommes en guerre ! », ça veut dire « Il y aura des morts ! Mais c’est ainsi, et pas autrement ! Et c’est normal ! A la guerre comme à la guerre ! Et après, il vous faudra reconstruire tout ce qui aura été détruit pour vous, par vous, à cause de vous ! Finis les bavardages et les doléances de rue, plus le temps de refaire le monde. Pas de discussion ! Du courage, encore du courage ! Vous allez en avoir besoin. » Et si la guerre se prolonge ou si elle est perdue, ce sera comme toujours à cause du manque de patriotisme et de bravoure de la piétaille, et à cause des insoumis (jamais à cause de ceux qui dirigent les troupes, et encore moins à cause de ceux dont le devoir était bien d’éviter la guerre). « Nous sommes en guerre ! », « Sachons vivre et sachons mourir ! », renvoie à l’obéissance aveugle que nos élites attendent de nous, pour mieux se dédouaner sur leurs propres victimes, et n’être surtout pas remis en cause.

Le pangolin, vous dis-je… Le pangolin !

On trouve sur Internet toutes sortes de documents, de réflexions ou d’analyses sur les origines possibles de cette épidémie : chauves-souris, civettes, pangolins, réapparition cyclique, laboratoires chinois ou américains d’armes bactériologiques, fuite accidentelle, contamination délibérée, etc. Tout cela existe effectivement à notre époque, et il est aussi vain et malhonnête de nier l’existence des labos militaires que celle des pangolins ou des chauves-souris. « Ils n’oseraient pas ! » Sans blague ? Ce que nos dirigeants et nos militaires sont capables d’oser, l’histoire est là pour nous le dire. Quant aux capacités de notre mère nature, si chère à Greta Thuneberg et à ses défenseurs (dont je suis), l’histoire est aussi là pour nous rappeler qu’elle n’a nullement besoin d’aide pour faire une hécatombe quand bon lui semble. Mais au stade où nous sommes, la question n’est plus vraiment là, sinon pour les chercheurs, pour qui trouver le point de départ exact de l’épidémie est indispensable en terme d’anticipation et de prévention.

Pour nous, les néophytes, face à toutes ces éventualités possibles, la question à se poser n’est-elle pas plutôt : Comment les dirigeants de pays qui comptent parmi les plus puissants de la planète (Fr, UK, USA, Russie, Chine, Israël, etc.), qui mènent depuis des décennies des programmes militaires de guerre bactériologique en totale violation des règles de l’ONU, calculent des stratégies d’attaque, de défense, et qui ont récemment souffert de revers économiques cuisants à cause d’épidémies animales, naturelles ou pas, peu importe (vache folle, grippe porcine, grippe aviaire à répétition, SARS, etc.), comment peuvent-ils nous dire aujourd’hui « Nous n’étions pas prêts » ? Comment nos dirigeants peuvent-ils nous dire « Si l’épidémie se propage c’est de votre faute, parce que vous ne respectez pas à la lettre les consignes de confinement », et en même temps « Nous n’avons pas de stocks de masques », « nous n’avons pas assez de systèmes d’assistance respiratoire, ni de lits dans les hôpitaux, ni de structures en bon état, ni de combinaisons, ni de microscopes électroniques pour analyser les tests de dépistage, donc… pas de dépistage systématique ! Les Coréens et les Chinois l’ont fait, nous non… restez confinés ! » Après des décennies à parler de risque de guerres bactériologiques, « Nous n’avions pas anticipé… » Comment trouvent-ils le front nous dire « les programmes des laboratoires militaires ne violaient pas le droit international car ils étaient seulement défensifs » ? On ne se défend donc pas d’une éventuelle attaque bactériologique en activant un protocole d’urgence établi des années à l’avance, par prévention, et en sortant les stocks de matériel d’urgence préparés, au cas où, pour une telle occasion, mais en propageant un autre virus ? Ou bien quoi ? Nous ne nous sommes jamais imaginés qu’en position d’agresseur ? Et ça, c’est tout ce qu’on peut attendre en terme de bon sens de nos grands chefs d’Etat-major et de nos énarques ? Mais dites-moi que je rêve ! « Nous n’étions pas prêts… », et « C’est de votre faute… ». 

En un sens, c’est pas faux puisque nous acceptons depuis des décennies d’être dirigés et « représentés » par des gens d’une arrogance et d’une incompétence crasse aussi vertigineuse. C’est un peu notre faute à tous, soit… Mais ça ne les dédouane pas le moins du monde ! C’est le sang de leurs propres peuples qu’ils ont aujourd’hui sur les mains, qui commence à couler à flot, et qui éclabousse leur suffisance dédaigneuse de « chefs de guerre ». En la circonstance, ils feraient mieux de faire profil bas et de ne pas la ramener avec leur « Marchez au pas, fleur au fusil, derrière vos chefs, nous sommes en guerre ! » Et de sous-entendre assez explicitement, par là même, et sans vergogne ni états d’âme : « Pas de dépistage systématique, eh bien tant pis ! Ça durera simplement un peu plus longtemps, voilà tout. Le confinement ralentira suffisamment l’épidémie pour que nos braves héros en blouses blanches (honneur à eux !) arrivent à gérer le flux des malades sur la durée, à flux tendu pendant quelques mois, un an, deux ans, qu’importe, leur attitude est exemplaire, ils y arriveront ! Et s’ils n’y arrivent pas ce sera de la faute de ceux qui n’ont pas strictement respecté règles pourtant simples et claires du confinement ! » C’est vraiment ça qu’on se laisse dire ? C’est pas juste une honte, c’est parfaitement abject !

Mais à quoi servent les guerres ? Nos guerres…

A offrir aux nations des héros édifiants et des morts exemplaires ? A « aguerrir » les races et les peuples, comme on le disait en Quatorze ? A conquérir, annexer et piller les ressources des autres ? Non, hélas, non… On n’en est plus là… Depuis plus de vingt ans, je me penche ad nauseam sur le sujet ; j’en filtre et dissèque tous les commentaires, récits et analyses qui me semblent les plus pertinents… pour ce que j’en sais, vraiment, les guerres d’aujourd’hui ne font plus de héros, sauf chez ceux qui tentent vainement de se défendre de nos coups d’Etats et autres « interventions humanitaires ». Chez nous, ceux qui commandent comme ceux qui exécutent sont avant tout des criminels de guerre, car personne n’ose plus nous agresser. Nos armes et notre absence totale de retenue ou de scrupules l’interdisent efficacement, et lorsqu’on vote les sanctions, on est à l’abri des sanctions. Traditionnellement nos guerres servent principalement à mater la populace lorsqu’elle grogne, descend dans la rue, et se fait menaçante pour les institutions et les élites. Ce que les trop modestes guerres de Louis XIV et Louis XV avaient échoué à produire, celles de Bonaparte y ont pourvu pour un moment. Ce que les hécatombes de 14-18 n’étaient parvenues à calmer, 39-45 et ses 27 millions de morts rien qu’en Russie y est arrivée pour un moment, et ainsi des suivantes. Et si vous tentez d’expliquer à nos élites qu’une saignée n’a jamais guéri un malade, elles vous rétorqueront froidement qu’on n’a jamais soigné celui-là autrement, et que la saignée à toujours bien fini par faire ses preuves.  

Les guerres d’aujourd’hui n’ont plus pour objet la conquête, l’annexion, ni même le pillage, sauf à confondre les buts et le butin de guerre (qui ne sert qu’à mobiliser les troupes et les soutiens : aujourd’hui les milieux d’affaires qui détiennent notamment les médias). Elles ne servent plus, depuis des décennies qu’à handicaper et détruire les rares pays qui ont le potentiel de constituer un groupe d’Etats doté d’assez de ressources et de détermination pour devenir autonomes et rejeter notre hégémonie. Le pillage, ou la lucrative « reconstruction » d’après-guerre, sont vitaux mais annexes, et ne sont bien souvent, des années durant, qu’une promesse creuse. Depuis celle du Vietnam, les guerres modernes n’on même plus vocation à être gagnées (aucune ne l’a été), mais seulement à laisser en exergue, aux yeux de tous, un édifiant champ de ruines jonché de cadavres, avec des survivants envenimés de haine, dressés pour des générations les uns contre les autres, là où se dressait un pays – et à oblitérer qu’il y soit reconstruit. 

Quant à cette guerre là, puisqu’on nous y invite, on en saisira sans doute mieux la fin quand elle sera terminée, si on en voit jamais la fin. 

Dominique Arias

 

 

 

 

Dominique Arias, habituellement traducteur pour Mondialisation.ca

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La Chine est indéniablement en train de sortir éminemment renforcée de la pandémie du COVID-19, que ce soit sur le plan sanitaire, économique, social, politique, géopolitique et moral. Bien qu’elle ait dû temporairement, c’est-à-dire deux mois durant, mettre en sommeil le tissu industriel de métropoles totalisant 56 millions d’habitants, l’impact économique sera nul ou très limité pour l’année en cours, car l’immense majorité de la population chinoise a pu échapper au confinement, permettant à la majeure partie de son tissu industriel de continuer à fonctionner. La Chine est ainsi désormais « condamnée », par le seul fait du début de l’effondrement multiforme en cours du bloc Atlantiste, à venir voler au secours du Monde entier, afin de tenter de juguler la pandémie mondiale du COVID-19. Dans cette Guerre contre un ennemi invisible dont l’Occident est lui-même à de multiples égards responsable, autant de par son origine que de par sa dissémination, il a d’ores et déjà fait la preuve, à la face du Monde, de sa totale incompétence et de sa complète impuissance.

Et cela ira inévitablement en s’aggravant au cours des semaines et des mois à venir, période qui verra les peuples des pays impérialistes en déclin, être de plus en plus durement éprouvés par la pandémie exponentielle du COVID-19, pandémie qui est non seulement en train d’y provoquer une crise sanitaire majeure mettant en péril le système sanitaire et la vie des masses populaires, mais qui met également en péril leur activité économique dans son ensemble…  Déjà durement éprouvée par la crise de 2008 et les politiques d’austérité consécutives, sans oublier plusieurs décennies de délocalisations industrielles massives, cette activité économique se ramène en fait pour l’essentiel à son complexe militaro-industriel, au tourisme et aux services, c’est-à-dire autant de secteurs qui dépendaient étroitement de l’existence de la rente coloniale… 

Cette situation sans précédent résulte en premier lieu de la politique à courte vue (« pragmatiste » et électoraliste dirons-nous) des élites atlantistes, c’est-à-dire de la stupidité et de la cupidité politiques infinies du Capital financier atlantiste qui s’est interdit de mettre en œuvre les moyens de circonscrire radicalement ce nouveau virus, et tout cela sous le prétexte fallacieux de ne pas risquer de trop impacter l’économie… Ce qui semble être au premier abord une stratégie à courte vue  ̶  mais qui est selon nous une option délibérément et criminellement choisie   ̶ , a déjà indéniablement lamentablement échouée (ou commencé à porter ses fruits selon le point de vue d’où l’on se place), et va maintenant en fait désormais servir de prétexte au Capital financier Atlantiste pour imposer un brutal déclassement économique et social à sa propre population, si longtemps privilégiée. 

Depuis le 20 février, le Capital financier Atlantiste a ainsi acquis la certitude que la pandémie du COVID-19 allait le frapper de plein fouet. Au moment même où les cas recensés se multipliaient sur leur propre sol, et ce de manière accélérée en Italie, les grandes places boursières de l’alliance Atlantique ont ainsi vu la valorisation boursière de leurs multinationales s’effondrer d’un tiers ! Un tiers en un mois… Et ce n’est là… que le tout début !

En effet, les dirigeants des deux gros syndicats patronaux du bloc Atlantiste ont d’ores et déjà prévenu que la crise actuelle serait d’une ampleur certainement sans précédent :

La directrice générale du FMI, dit ainsi aujourd’hui s’attendre à « une récession au moins aussi grave que pendant la crise financière mondiale [de 2008], sinon pire ». Et il s’agit selon nous, non pas d’une dramatisation de la situation réelle, mais au contraire d’une tentative de dédramatisation de la situation actuelle et surtout de celle à venir dans un avenir proche.

Le Secrétaire général de l’OCDE est pour sa part un peu plus honnête en affirmant que « l’économie mondiale va souffrir « pour des années » et [qu’]il est « irréaliste de penser » qu’elle va rebondir rapidement ». Il s’agit selon lui « du troisième et du plus grand choc économique, financier et social du XXIe siècle », un choc qui « exige un effort mondial moderne semblable au Plan Marshall et au New Deal combinés », afin d’éviter une « récession prolongée ». 

Or nous avons montré, il y a une décennie déjà, que le recours à la dette publique était devenu pour les pays impérialistes en déclin, une voie sans issue. 

A plus forte raison encore dans les conditions actuelles où nous doutons qu’un seul investisseur étranger censé ne réponde à cet appel de détresse… 

Donc, ni New Deal, ni plan Marshal à l’horizon ! Juste l’injection massive de liquidités afin de nationaliser les multinationales au bord de la faillite, aux frais de l’Etat bourgeois, qui devra une fois arrivée l’échéance de la dette souveraine à court terme (c’est-à-dire le temps de couvrir la fuite de ce qui restera des capitaux de nos milliardaires…), se déclarer en faillite et dévaluer la monnaie ainsi que l’épargne des masses populaires…

Les déclarations du patron de l’OCDE constituent selon nous un appel du pied aux chinois pour qu’ils viennent prendre la place des USA, et venir à la rescousse de l’ensemble des pays du bloc Atlantiste… Le problème est que les élites d’Occident, après des décennies d’humiliations et de guerres larvées, ont poussé récemment le bouchon un peu trop loin à l’égard des chinois. 

Ainsi, ces derniers ont selon nous bien mieux à faire aujourd’hui ailleurs, car le climat des affaires promet d’être délétère et extrêmement risqué au cours des prochaines  années au sein des ex-pays impérialistes dominants…

Afin d’avoir une vision réaliste de l’ampleur du déclassement économique et social inéluctable qui menace aujourd’hui les pays du bloc Atlantiste à court terme, il est essentiel de quitter la sphère de la « spéculation », pour en revenir à la sphère, plus terre à terre, de la production matérielle, et en particulier de la production industrielle qui en constitue le fondement. 

Or la matière fondatrice fondamentale à la base de toute industrie, c’est l’acier. C’est donc cet indice fondamental qu’il faut examiner pour comprendre l’évolution du rapport des forces entre pays capitalistes ou groupements de pays capitalistes concurrents. Nous allons donc voir comment la production d’acier de différents pays a évolué au cours des deux dernières décennies. 

En 2001, la production chinoise d’acier représentait 17,8 % de la production mondiale. Sa part de marché a continué d’augmenter rapidement à 36,4 % en 2007 et à 49,8 % en 2013. En 2019, la Chine a vu sa production d’acier augmenter de 8,3 % en glissement annuel, à 996,3 millions de tonnes, et sa part de marché dans la production mondiale d’acier a continué d’augmenter pour atteindre 53,3 % !

Surtout, cette montée en puissance quantitative de l’industrie chinoise s’est accompagnée d’une montée en puissance qualitative plus grande encore, permettant à la Chine de remonter rapidement dans la chaîne de valeur industrielle mondiale, allant de l’industrie mécanique de pointe (machines-outils), en passant par le secteur énergétique (nucléaire, éolien, solaire, hydroélectrique), jusqu’à l’automobile, la construction navale, le ferroviaire à grande vitesse, l’industrie militaire, l’aérospatiale, l’aéronautique, l’électronique, l’informatique, et même la production scientifique et intellectuelle, y compris de plus dans les domaines majeurs de la recherche fondamentale, production intellectuelle dont la Chine est en train de devenir, d’une manière aussi rapide que durable, le nouveau leader mondial… 

Notons au passage que dès 2010, et bien que les données datent désormais de près d’une décennie, nous avions dressé dans notre Réveil du Dragon, un tableau assez exhaustif de ce fulgurant rattrapage et démontré l’inéluctabilité (à relativement brève ou moyenne échéance), du brutal déclassement économique et social auxquels auraient à faire face les peuples des pays impérialistes d’Occident. Nous y sommes désormais, c’est pour demain. 

En fait, cela a déjà commencé, et le facteur déclencheur en aura été un virus conçu dans l’éventualité d’une Guerre biologique et peut-être évadé, par accident, au sein même de l’empire Atlantiste…

De l’autre côté de l’Océan Pacifique, les USA ont pour leur part vu leur production d’acier augmenter de 1,5 % en glissement annuel en 2019, mais celle-ci reste encore inférieure de 10,4 % à son niveau d’avant crise (2007). La part de marché de l’impérialisme américain dans la production mondiale d’acier s’est ainsi effondrée de 10,6 % à 4,7 % au cours de la période 2001-2019. 

Le constat est encore moins brillant en ce qui concerne l’UE qui, a vu sa production stagner durant la période 2012-2018 pour diminuer brutalement de 4,9 % en 2019. En 2019, la production européenne d’acier était ainsi inférieure de 24,0 % à son niveau de 2007 ! Sa part de marché dans la production mondiale s’est ainsi effondrée de 22,0 % à 8,5 % au cours de la période 2001-2019…

Comme on le voit, la production russe a augmenté sensiblement durant la période 2001-2007, puis est parvenue à se maintenir en dépit de la crise de 2008 et des sanctions atlantistes qui se sont exacerbées au cours des années suivantes, et ce grâce à l’approfondissement de son partenariat économique avec la Chine. Rapportée à sa population, la production industrielle russe (qui est en outre assez qualitative, notamment dans les secteurs militaire et de l’aérospatiale), dépasse en volume celle des pays dominants à la tête du bloc Atlantiste, USA inclus…

L’Inde a pour sa part vu sa production d’acier augmenter rapidement, mais cela s’est avant tout fait sur le plan quantitatif. D’un point de vue qualitatif, l’industrie indienne est aujourd’hui circonscrite aux industries de base et ses timides tentatives pour remonter la chaîne de valeur industrielle dans certains domaines ont toujours été éminemment dépendantes des technologies et capitaux étrangers…

Si l’on regarde les autres pays « traditionnellement » inclus dans la sphère d’influence Atlantiste, on y voit le déclin au cours des dernières années, comme au Brésil et en Turquie. La Corée du Sud tire particulièrement bien son épingle du jeu grâce à la réorientation de ses relations commerciales et de ses flux d’investissements vers la Chine, et le Japon aspire évidemment à en faire de même. 

En ce qui concerne enfin les pays situés aux marges de la sphère d’influence Atlantiste, il suffira de souligner qu’en 2019, la production d’acier du continent africain se montait à seulement 17,0 millions de tonnes (soit une part de marché mondiale de 0,9 %), un chiffre en baisse de 2,3 % en glissement annuel… Elle était de 14,9 millions de tonnes en 2001. 

Sous le joug colonial atlantiste, le peu d’industrie du continent africain a ainsi littéralement stagné durant les deux dernières décennies. En outre, la production cumulée de l’Afrique du Sud et de l’Egypte  ̶  et ce à peu près à parts égales ̶ , représente à elle seule aux alentours de 80 % de la production d’acier de ce continent, maintenu un siècle durant  par la force, dans le plus complet sous-développement économique par l’Occident qui n’a cessé d’y voire qu’une source de matières premières et de produits agricoles à bas coût…

En 2019, l’Iran a également continué à voir sa production d’acier augmenter rapidement, en dépit des sanctions américaines iniques, bondissant de 30,1 % en glissement annuel à 31,9 millions de tonnes et faisant de l’Iran le dixième plus gros producteur mondial d’acier, talonnant désormais le Brésil et la Turquie, pour une part de marché mondiale de 1,7 %. Surtout, cette croissance s’est accompagnée d’une rapide montée en gamme technologique de l’industrie iranienne, à l’instar de son secteur aérospatial et de son complexe militaro-industriel. 

A l’évidence, l’Iran est ainsi sur le point de devenir la plus grande puissance industrielle régionale au Moyen-Orient, très loin devant la seconde puissance industrielle, l’Arabie Saoudite, avec sa production annuelle d’acier qui avoisine les 5 millions de tonnes… A titre de comparaison, la France a produit annuellement autour de 20 millions de tonnes d’acier durant la période 2001-2007. En 2018, sa production n’a été que de 15,4 millions de tonnes, soit 0,8 % de la production mondiale et moitié moins que la production iranienne… 

La rapide émergence industrielle de l’Iran constitue à l’évidence une menace majeure pour la domination américaine au Moyen-Orient étant donné que l’Iran déclare publiquement vouloir mettre un terme à la politique coloniale criminelle du bloc Atlantiste au Moyen-Orient, aidé en cela par ses alliés russes et chinois dont les intérêts économiques et géostratégiques convergent fortement.

C’est évidemment dans ces modifications majeures du rapport de force industriel et de la montée en gamme technologique de la Chine, de la Russie et de l’Iran, qu’il faut rechercher l’origine de la politique coloniale de plus en plus agressive du bloc Atlantiste à l’égard des nouveaux outsiders qui exigent aujourd’hui la fin de la politique d’agressions coloniale d’un bloc atlantiste réactionnaire qui a, deux décennies durant, maintenu sa brutale emprise sur sa sphère d’influence au moyen de l’occupation et du chantage militaires permanents. 

Cette sombre époque est aujourd’hui sur le point de s’achever. Et ce ne sont ni les peuples si longtemps opprimés et mutilés par le colonialisme, ni les communistes révolutionnaires de ces pays, qui vont s’en plaindre !

La perspective est à l’inverse très différente en ce qui concerne les peuples des USA et d’Europe. 

La fin de la domination coloniale de leurs élites signifie en effet pour eux la destruction de ce que Karl Marx appelait déjà en son temps les « chaînes dorées de l’esclavage salarié », c’est-à-dire un niveau de salaire et de protection sociale relativement élevé, dont quelques miettes lui furent redistribuées  grâce aux surprofits extorqués dans les colonies et semi-colonies, que ce soit sous la forme pacifique de la domination industrielle, du commerce et des investissements ; ou, le plus souvent, sous la forme coloniale brutale employée depuis si longtemps par l’alliance Atlantique dont le « mâle dominant » que constitue le Capital financier américain, n’a eu de cesse de faire usage, que ce soit sous la forme des bombardements, de l’occupation militaire, ou des chantages permanents… 

Dans quelle mesure la crise actuelle va donc éprouver les pays impérialistes d’Occident ? 

Le graphe que nous allons présenter ci-après donne les premiers éléments de réponse à l’ampleur du déclassement que leurs peuples s’apprêtent à vivre. Bien que les données statistiques datent un peu, la décennie écoulée n’a pas fondamentalement changé la donne. Ce graphe nous donne donc une indication précise de l’ampleur du déclassement économique qui a démarré en ce début d’année 2020. Il représente l’évolution du PIB de la puissance atlantiste dominante, les USA, sur une période longue de 80 ans. Le constat qui va suivre est applicable à l’Occident dans son ensemble, même s’il y aura inévitablement des variations en fonction du caractère plus ou moins rentier de tel ou tel pays.

Essayons donc de comprendre la signification profonde de ces courbes. Ce graphe est subdivisé dans sa partie inférieure en trois grandes périodes (1929-1945, 1945-1970, et enfin 1970-2009), afin de permettre un changement d’échelle – semblable au changement d’oculaire d’un microscope –, pour être en mesure de mieux pouvoir observer ce qui au premier abord semble n’être qu’un détail, mais qui se révèle en définitive être fondamental. La courbe rouge correspond au PIB américain mesuré en dollars courants, et la courbe bleue au PIB américain mesuré en dollars constants de 2005.

La première période montre une corrélation étroite entre les deux courbes : c’est une période où chaque pays impérialiste possède encore la quasi-totalité de son outil industriel sur son propre sol et durant laquelle les flux marchands et financiers internationaux sont d’une ampleur limitée au regard des revenus issus de son industrie indigène. 

La période suivante amorce un bouleversement majeur : on observe un découplage croissant entre les deux courbes. Le différentiel ne relève pas d’une quelconque « spéculation », comme se l’imaginent d’ordinaire les économistes petit-bourgeois si ignorants de l’économie politique marxiste-léniniste, mais provient des revenus tirés de la rente coloniale et néocoloniale, c’est-à-dire des flux commerciaux et financiers extérieurs dont les revenus deviennent prépondérants sur la création de richesse au sein des métropoles impérialistes… Ici, ce sont les investissements réalisés par l’impérialisme US dominant, notamment en Europe et au Japon à partir de 1945, qui ont dopé ces flux. En 1970, le rapport entre les deux courbes était désormais de 1 pour 2,5. 

La troisième et dernière période est marquée par la délocalisation massive de pans entiers de l’outil industriel des pays de l’alliance Atlantique au sein de pays ateliers semi-coloniaux produisant des marchandises à bas coût destinées à l’exportation vers les centres impérialistes dominants. Ces flux concernent d’abord les industries des biens de consommation courante basiques (jouets) destinés au prolétariat embourgeoisé des centres impérialistes dominants, pour finir jusqu’aux industries à plus haute composition organique en Capital (électroménager, électronique, automobile, etc.) 

Les revenus tirés des flux d’investissements et des flux commerciaux explosent alors littéralement. 

A la fin de la première décennie du 21ème siècle, le différentiel entre les deux courbes en est arrivé à  un facteur de 10 ! Cela signifie que plus de 90 % du PIB provient de l’extorsion du profit à l’extérieur du périmètre national, qu’il s’agisse des revenus issus des flux d’investissements ou de ceux issus des flux de marchandises. Mais avec la crise de 2008, on voit que la courbe rouge tend de nouveau, certes encore timidement, à vouloir venir recoller à la courbe bleue… 

C’est ce facteur de division, d’un ordre de grandeur de 10, qu’il convient de prendre comme base de la brutale correction économique à venir, quand la sphère d’influence de l’empire Atlantiste se sera complètement disloquée et que les revenus issus de son occupation coloniale se tariront…

Mais, ça, c’est dans le cas le plus « optimiste », c’est-à-dire si cette correction de s’accompagnait pas d’une crise économique sans précédent et de ses multiples répercussions au sein même des lambeaux d’activités économiques demeurant au sein des métropoles impérialistes en cours de déclassement, la plupart de ces activités appartenant au secteur tertiaire, donc n’étant pas liées à des activités productives… Et il est certain que la crise actuelle va causer des faillites en série, faire exploser le chômage et faire entrer les peuples (hier encore privilégiés) de ce monde atlantiste, dans la spirale infernale d’une aussi brutale, que profonde et durable déflation économique.

Face à cet horizon aussi proche qu’inéluctable, la petite bourgeoisie nationaliste de « gauche » comme de « droite », abandonnée à son sort par « son » propre Capital financier qui a déjà commencé à organiser son propre sauvetage (le Capitaine ne souhaitant pas sombrer avec son navire…), n’aura qu’un nombre très limité d’options pour tenter de conjuguer 1° soit le spectre d’une révolution sociale radicale (d’ailleurs aujourd’hui fort peu probable du fait des conditions idéologiques très dégradées persistant dans la conscience de ce prolétariat si longtemps embourgeoisé dont l’aspiration naturelle première sera la nostalgie ou la volonté de reconquérir ce « paradis perdu ») ; 2° soit, plus probablement, pour éviter que la crise économique, sociale et politique multiforme ne tourne à la guerre civile et aux conflits interethniques. Comme nous le déclarions il y a déjà près d’une décennie, à la friche industrielle succèdera ainsi la friche tertiaire… 

Dans ce contexte économique, social et politique extrêmement explosif, la seule porte de sortie des futurs gouvernements populistes petit-bourgeois consistera à organiser un nouvel exode rural dans les campagnes (ce qui posera inévitablement une problématique aigüe en matière de création de logements), seule stratégie capable d’assurer à la population sa subsistance, loin des grandes métropoles dont les banlieues seront devenues des coupe-gorges emplis de miséreux, de trafiquants et de malfrats, condamnés au crime pour survivre, du fait de l’explosion du chômage massif, de la disparition des aides sociales qui conduiront à la brutale dégradation du niveau de vie des masses populaires. Ces zones urbaines seront alors désertées par l’essentiel de leur population. 

Quant aux agriculteurs, survivant aujourd’hui pour la plupart bien misérablement de leur travail, ils ne pourront qu’accueillir à bras ouverts cette main d’œuvre que la disparition des aides agricoles, conjuguée au fardeau financier intenable d’une agriculture mécanisée gourmande en intrants, rendra de toute façon nécessaire pour poursuivre le travail de la terre et assurer au peuple sa subsistance… C’est au sein des ces zones périphériques rurales, que les masses populaires des anciens pays impérialistes dominants réapprendront ce qu’est le véritable travail créateur de richesse : d’abord le travail de la terre et l’artisanat, afin de subvenir aux besoins les plus essentiels de la vie quotidienne, et un jour aussi… la grande industrie. Les masses populaires y réapprendront également nécessairement l’entraide et la solidarité. Elles devront aussi mettre en adéquation leur ancienne conscience sociale  de « consommateur » égoïste, avec leur nouvelle existence sociale dégradée, et surtout tirer toutes les leçons des processus économiques, sociaux et politiques qui auront conduit à cette situation, inédite pour elles. Le plus difficile sera assurément pour elles de se résigner à voir leurs enfants grandir dans un monde auxquelles elles n’auraient jamais pensé : un nouveau tiers-monde ! 

Notons pour terminer, qu’en ce qui concerne l’industrie, les investisseurs étrangers (à dominante chinoise), attendront certainement d’abord quelques décennies, c’est-à-dire le temps que la situation économique, sociale et politique se soit apaisée, avant de venir y implanter à grande échelle leurs usines et profiter ainsi d’une main d’œuvre à bas coût… Ils auront en effet d’abord largement à faire ailleurs, plusieurs décennies durant, depuis l’Inde en passant par l’Afrique, jusqu’à l’Amérique latine, et ce dans un climat social bien plus propice aux investissements, et sans désormais plus rien avoir à craindre des brutales agressions coloniales et des putschs militaires de leurs concurrents déchus…

Vincent Gouysse

Le 24 mars 2020

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  • Commentaires fermés sur COVID-19 : de l’ampleur de l’effondrement économique de l’Empire Atlantiste à venir…

Les autorités sanitaires ont confirmé les deux premiers cas de coronavirus à Gaza ce week-end – des citoyens qui étaient revenus du Pakistan et étaient entrés à Gaza via l’Égypte.

L’arrivée du coronavirus dans l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète annonce une catastrophe humanitaire non seulement pour les Palestiniens de la bande de Gaza, mais aussi pour les personnes du monde entier qui font face à des conditions de vie atroces et à un manque de soins de santé similaires.

Alors que des centaines de Gazaouis sont rentrés chez eux au cours des deux dernières semaines, seules 92 personnes ont été testées, en raison du manque de kits de test, ce qui laisse penser que le nombre de cas est bien plus élevé. Plus de 1270 personnes sont en quarantaine dans les hôpitaux, les hôtels et les écoles après avoir traversé la bande de Gaza en provenance d’Israël et d’Égypte.

Il y a deux semaines, le Hamas, le groupe clérical bourgeois qui contrôle Gaza, a fermé des écoles et envoyé des équipes d’assainissement pour patrouiller dans les rues et les bâtiments publics et pulvériser du désinfectant. Vendredi, il a ordonné la fermeture des marchés de rue hebdomadaires et des salles de mariage et a fermé ses frontières, déclarant que seuls les patients nécessitant un traitement médical urgent en dehors de Gaza seraient autorisés à passer en Égypte ou en Israël.

Vue de Gaza (Photo: wikipedia.org)

 

Israël a déclaré qu’il fermait au trafic commercial ses frontières avec Gaza et la Cisjordanie occupée, bien que certains patients et le personnel humanitaire soient autorisés à les traverser. Il a envoyé à Gaza un total dérisoire de 200 kits de dépistage de coronavirus. Cogat, l’organe militaire israélien en charge de la coordination avec l’Autorité palestinienne, a fait une déclaration d’un cynisme à couper le souffle: «Les virus et les maladies n’ont pas de frontières, et donc la prévention d’une épidémie de coronavirus à Gaza [et en Cisjordanie] est d’un intérêt primordial pour Israël.»

Ce désastre prévisible et prévu survient après le siège israélien qui dure depuis 13 ans et qui a rendu Gaza presque inhabitable, en raison de l’extrême surpopulation, de l’effondrement des infrastructures, du manque d’électricité et d’eau, des mauvaises conditions sanitaires et de l’éviscération d’un système de santé déjà limité. Il y a une pénurie chronique de médicaments, et les hôpitaux de Gaza, qui fonctionnent à peine, ont eu du mal à faire face aux milliers de blessures et d’amputations horribles infligées aux Palestiniens par les forces armées israéliennes au cours de la «Grande Marche du Retour» hebdomadaire qui a commencé il y a deux ans.

Les Palestiniens de Gaza, qui vivent dans des camps de fortune et des bidonvilles sordides, n’ont aucune possibilité de contrôler la propagation du virus ou d’accéder aux traitements et aux fournitures médicales. Selon Abdelnasser Soboh, directeur du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Gaza, Gaza ne dispose que de 62 respirateurs, dont tous sauf 15 sont déjà utilisés, et a besoin d’au moins 100 autres. Il estime que les hôpitaux de Gaza ne peuvent traiter que les 100 premiers cas, s’ils arrivent progressivement.

Il s’agit d’une condamnation à mort pour des milliers, voire des centaines de milliers, des près de deux millions d’habitants de Gaza. En tant qu’occupant de Gaza et de la Cisjordanie, Israël est, en vertu de la Convention de La Haye (1907) et de la quatrième Convention de Genève (1949), légalement responsable de la sécurité et du bien-être des résidents civils, une responsabilité qu’Israël nie.

L’Autorité palestinienne (AP), qui gouverne certaines parties de la Cisjordanie, a signalé 59 cas, principalement à Bethléem, dont 17 se sont rétablis. Elle a annoncé un couvre-feu de 14 jours, ordonnant à tout le monde, sauf aux forces de sécurité, au personnel médical et aux vendeurs de nourriture, de rester chez eux et la fermeture des routes entre les villes et les villages. Bethléem est déjà sous le coup d’un couvre-feu depuis des semaines. Les prisonniers qui avaient purgé la moitié de leur peine pour des infractions pénales ont été graciés et libérés afin de réduire le nombre de détenus dans les prisons palestiniennes.

Malgré la gravité de la situation, Israël n’a envoyé à Ramallah qu’une centaine de kits de dépistage du coronavirus.

La situation n’est pas moins grave pour les Palestiniens de toute la région. En Israël, où 20 % de la population est palestinienne, les autorités sanitaires ont confirmé que 1 071 personnes ont été testées positives pour le coronavirus, qu’un patient est décédé et que 18 sont dans un état grave.

Les établissements de santé ayant été décimés par des décennies de coupes budgétaires et n’étant plus en mesure de faire face à la situation, le gouvernement par intérim du Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné aux gens de ne pas quitter leur domicile, sauf pour aller travailler, faire des courses ou se faire soigner, et a fermé les écoles, les universités et les établissements culturels et de loisirs. Il a interdit les rassemblements de plus de 10 personnes et l’entrée aux étrangers, sauf s’ils peuvent prouver qu’ils sont en mesure de se mettre en quarantaine eux mêmes pendant 14 jours à leur arrivée.

Dans la Jordanie voisine, qui accueille l’une des plus grandes populations de réfugiés – de Palestine, d’Irak et de Syrie – par habitant au monde, quelque 70 % des 9,7 millions d’habitants sont d’origine palestinienne, 3,2 millions de Palestiniens étant enregistrés comme réfugiés. Il y a également au moins 650.000 réfugiés syriens enregistrés, dont plus de la moitié vivent dans les camps sordides de Za’atari, Marjeeb al-Fahood, Cyber City et Al-Azraq, avec au moins un autre million de Syriens non enregistrés vivant dans le pays.

Amman a confirmé que 69 personnes ont été testées positives pour le virus. Mardi, alors que l’économie jordanienne, déjà faible et en chute libre, et les établissements de santé incapables de faire face au virus, le pays a connu des émeutes dans une prison d’Irbid où deux personnes ont été tuées après l’interdiction des visites. Le roi Abdallah a signé une loi d’urgence donnant au gouvernement des pouvoirs étendus.

Le gouvernement a annoncé un couvre-feu national 24 heures sur 24 à partir de samedi, la fermeture des écoles, des universités, des centres de loisirs et des lieux de travail, sauf pour les services essentiels, la fermeture des frontières du pays et l’interdiction de circuler sauf en cas d’urgence, en disant: «Le gouvernement annoncera le mardi 24 mars certains moments où les citoyens seront autorisés à faire des courses.» Les personnes nécessitant un traitement médical urgent devront en informer les autorités de sécurité. Quelque 400 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir ignoré le couvre-feu et risquent jusqu’à un an de prison.

Au Liban, 10 % des 6,8 millions d’habitants sont d’origine palestinienne, la plupart étant enregistrés comme réfugiés. Ils sont depuis longtemps privés de leurs droits fondamentaux: ils ne sont pas autorisés à fréquenter les écoles publiques, à exercer un certain nombre de professions telles que médecins et avocats, à posséder des biens ou à transmettre des héritages.

Les autorités sanitaires ont signalé 230 cas et quatre décès dans un pays dont le système de santé manque des équipements les plus élémentaires. Un seul hôpital du pays est équipé de chambres d’isolement spécialisées conformes aux normes internationales.

La pandémie survient alors que le Liban n’a pas respecté ses obligations d’Eurobonds de de 30 milliards de dollars et qu’il a déclaré avoir besoin de ses réserves de devises étrangères pour ses principales importations. La semaine dernière, le nouveau gouvernement chancelant de Hassan Diab, formé après les protestations qui ont fait tomber le gouvernement de Saad Hariri, a annoncé un «état d’urgence médicale», fermant toutes les institutions publiques et privées, à l’exception des hôpitaux, des pharmacies et des boulangeries, les supermarchés n’étant ouverts qu’à des heures précises, afin de contenir l’épidémie de coronavirus. Les banques sont fermées jusqu’au 29 mars.

Samedi, après que le gouvernement eut fait appel à l’armée pour faire appliquer les ordres de rester chez soi, des patrouilles ont parcouru les rues de Beyrouth en ordonnant à des groupes de personnes de se disperser, tandis que des hélicoptères de l’armée survolaient d’autres parties du pays en appelant par haut-parleurs les personnes qui se trouvaient dans les rues à rentrer chez elles.

Dimanche, la Syrie, qui comptait 650.000 Palestiniens avant la guerre par procuration de neuf ans visant à renverser le président Bachar al-Assad, a confirmé son premier cas de coronavirus. Damas a annoncé l’interdiction des transports publics et a renforcé le verrouillage mis en place il y a quelques jours, qui comprenait la fermeture d’écoles, de jardins publics, de restaurants et de nombreuses institutions publiques. Elle a annulé la conscription de l’armée, accordé une amnistie aux détenus et ordonné aux boulangeries de fermer leurs étalages et de livrer les clients à domicile.

Il y a quelques semaines, un porte-parole de l’OMS a averti que les «fragiles systèmes de santé syriens pourraient ne pas avoir la capacité de détecter et de réagir» à la pandémie. C’est notamment le cas dans les camps surpeuplés où vivent des dizaines de milliers de Syriens déplacés.
La situation n’est pas meilleure dans le reste du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, où, dans toute une série de pays – Irak, Libye, Yémen, Soudan, Syrie et Iran – les systèmes de santé ont été ravagés par des années de guerres et/ou de sanctions, orchestrées par l’impérialisme américain. Leur sort préfigure ce qui va se passer dans les pays les plus pauvres du monde, où pas moins d’un milliard de personnes, soit un septième de la population mondiale, vivent dans des cabanes de fortune sordides, sans installations sanitaires adéquates ni accès à l’eau potable, aux services les plus basiques y compris pour les soins de santé.

Jean Shaoul

 

Article original, WSWS, paru le 24 mars 2020

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  • Commentaires fermés sur Les Palestiniens face à la catastrophe humanitaire du coronavirus

Selon un reportage de Politico publié samedi, l’administration Trump, par l’intermédiaire du ministre de la Justice William Barr, presse le Congrès d’adopter une loi qui permettrait la suspension des procédures régulières pendant la crise du coronavirus.

La proposition de l’administration prévoit la suspension de l’habeas corpus, le principe démocratique vieux de plusieurs siècles qui protège le droit d’une personne arrêtée à exiger du gouvernement qu’il prouve la légalité de l’arrestation lors d’une audience devant un juge.

Des documents du ministère de la Justice demandent que le ministre de la Justice ait le pouvoir de passer outre les protections constitutionnelles dans les procédures devant les tribunaux fédéraux «lorsque le tribunal de district est totalement ou partiellement fermé en raison d’une catastrophe nationale, d’une désobéissance civile ou de toute autre situation d’urgence». Cela s’appliquerait à «toute loi ou règle de procédure affectant autrement les procédures avant, pendant et après l’arrestation, le procès et l’après-procès dans les procédures pénales et les procédures pour mineurs, ainsi que toutes les procédures civiles».

Le président Donald Trump et le ministre de la Justice William Barr, le lundi 23 mars 2020, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

 

La proposition souligne le caractère criminel de la réaction de la classe dirigeante face à la dangereuse propagation du virus.

D’une part, l’administration Trump a réagi à l’impact dévastateur de la crise par une politique de négligence malveillante, ignorant les avertissements, refusant de fournir des tests adéquats et ne produisant et ne distribuant pas les masques et autres équipements médicaux nécessaires pour sauver des millions de vies. Même après avoir déclaré une «urgence nationale», la classe dirigeante a mis très peu d’argent à disposition pour la prévention et l’atténuation de la maladie et pour protéger la classe ouvrière contre les retombées économiques de la maladie et du chômage de masse.

D’autre part, la classe dirigeante a mis des billions à la disposition des banques et des entreprises et a baissé les taux d’intérêt à un niveau proche de zéro pour soutenir le marché boursier. Maintenant, alors que l’administration est confrontée à une colère croissante face à sa réaction et à une vague de débrayage des travailleurs des industries clés, elle se prépare à défendre la richesse des riches par des formes de gouvernement dictatoriales.

Politico a cité l’avocat des droits civils Norman L. Reimer, qui a déclaré que conformément à la proposition du ministère de la Justice, «vous pourriez être arrêté et ne jamais être présenté à un juge jusqu’à ce qu’il décide que l’urgence ou la désobéissance civile est terminée». Il a poursuivi: «Je trouve cela absolument terrifiant … C’est quelque chose qui ne devrait pas se produire dans une démocratie».

Le reportage de Politico affirme que les demandes du ministère de la Justice «ont peu de chances de passer par une Chambre démocrate». Si l’on considère toutefois que le Parti démocrate avance actuellement des mesures antidémocratiques similaires, telles que la loi EARN IT, un projet de loi bipartite qui abolirait le cryptage de bout en bout. Les démocrates sont d’ailleurs les plus agressifs à s’attaquer à la liberté d’expression et à appeler à la censure d’Internet.

La demande de pouvoirs exécutifs extraordinaires du ministère de la Justice intervient alors que deux reportages de Newsweek, rédigés par William Arkin, détaillent la manière dont l’armée américaine se prépare à prendre potentiellement le contrôle de la gestion quotidienne du pays et à déployer des troupes sur le sol américain.

Le premier article de Newsweek, publié le 18 mars, note que «des plans d’urgence ultra-secrets existent déjà pour ce que les militaires sont censés faire si tous les successeurs constitutionnels sont frappés d’incapacité» par le virus, c’est-à-dire si Trump et tous ceux de la ligne de succession présidentielle tombent malades ou sont mis en quarantaine. «En prévision, des ordres ont été donnés il y a plus de trois semaines pour préparer ces plans, non seulement pour protéger Washington, mais aussi pour se préparer à l’éventualité d’une forme de loi martiale», poursuit le reportage.

Il ajoute: «Selon de nouveaux documents et des experts militaires, les différents plans – baptisés Octagon, Freejack et Zodiac – sont des lois secrètes visant à assurer la continuité du gouvernement. Elles sont si secrètes que dans le cadre de ces plans extraordinaires, la “dévolution” pourrait contourner les dispositions constitutionnelles normales pour la succession du gouvernement, et les commandants militaires pourraient être placés sous contrôle dans toute l’Amérique».

Newsweek rapporte également que si l’armée intervient pour contourner la Constitution, le commandant du Commandement du Nord des États-Unis (NORTHCOM), le général Terrence O’Shaughnessy, «serait en théorie responsable si Washington était foudroyé» par le virus.

Le deuxième reportage de Newsweek, publié le 20 mars, indique que l’armée américaine «prépare les forces armées à assumer un rôle plus important dans la lutte contre les coronavirus, y compris la mission controversée de réprimer les « troubles civils »».

Les plans se concentrent sur la fédéralisation des gardes nationales des États, annulant de fait le principe du posse comitatus, qui interdit à l’armée de mener des opérations de maintien de l’ordre au niveau national.

Newsweek cite «un planificateur militaire de haut niveau travaillant sur le coronavirus, mais non autorisé à s’exprimer sur des questions de planification sensibles», qui dit que «le déploiement de troupes fédérales dans des rôles de soutien est en cours de préparation», notamment pour effectuer des contrôles routiers, des perquisitions et des saisies à domicile et des arrestations.

On peut lire ensuite: «Une fois que les forces militaires seront dispersées hors des bases américaines, dit le planificateur principal, elles devront faire face à la « protection de la force » et seront poussées dans des rôles difficiles de maintien de l’ordre général, en particulier lorsque les abris sur place et autres situations de quarantaine s’intensifieront.»

Aussi nécessaires que soient les quarantaines et autres mesures de protection du point de vue de la santé publique, la réponse de l’armée consiste essentiellement à se préparer à supprimer les droits démocratiques et à réprimer l’opposition sociale.

Newsweek fait référence à un plan militaire interne pour les «opérations de troubles civils» appelé CONPLAN 3502. Ce plan concerne les déploiements militaires internes en réponse à «des émeutes, des actes de violence, des insurrections, des obstructions ou des rassemblements illégaux, des actes de violence collective et des désordres préjudiciables à l’ordre public», selon une étude militaire qui cite comme précédent historique l’utilisation de l’armée pour écraser les grèves et les manifestations ouvrières.

Selon un document du département de la Sécurité intérieure de 2006, non cité dans l’article de Newsweek, intitulé «Stratégie nationale pour une pandémie de grippe», le gouvernement a fait des préparatifs spécifiques pour la possibilité de manifestations pendant une pandémie.

«En raison des pressions exercées sur le système de soins de santé et d’autres fonctions essentielles, des troubles civils et des pannes d’ordre public peuvent survenir», peut-on lire dans le document de l’ère Bush. Le document sur la sécurité en cas de pandémie fait également référence au CONPLAN 3502 et précise «Les tâches accomplies par les forces militaires peuvent inclure des patrouilles conjointes avec les agents des forces de l’ordre, la sécurisation des bâtiments clés, des monuments commémoratifs, des intersections et des ponts, ainsi que la mise en place d’une force de réaction rapide».

Le 1er février, le secrétaire à la Défense Mark Esper a signé un ensemble secret d’ordres d’alerte (WARNORD) mettant en alerte le NORTHCOM et les unités déployées sur la côte est, afin qu’ils se «préparent à se déployer», y compris dans la «région de la capitale nationale».

Newsweek rapporte que «maintenant, les planificateurs envisagent une réponse militaire à la violence urbaine alors que les gens cherchent à se protéger et se battent pour la nourriture et, selon un officier supérieur, dans l’éventualité de l’évacuation complète de Washington».

L’administration Trump a invoqué le Stafford Act et le Defense Production Act, mais a jusqu’à présent refusé d’exercer les dispositions par lesquelles le gouvernement peut forcer les entreprises à produire en masse les équipements nécessaires pour faire face à la crise.

Dans un article paru lundi dans le New York Times, le médecin du Massachusetts Daniel M. Horn a écrit que «sans une action rapide, certaines parties des États-Unis vont manquer de ventilateurs dans les semaines à venir», alors que les cas de COVID-19 montent en flèche. Horn a averti qu’«il ne semble pas y avoir de plan ferme autre que la reconversion des ventilateurs des centres de chirurgie». Il a ajouté: «Comment pouvons-nous mettre sur pied une opération logistique agile qui puisse déployer rapidement ces machines dès qu’une pénurie semble imminente? La vérité est que: nous n’en avons aucune idée.»

Au lieu de répondre au besoin urgent de production en masse d’équipements médicaux et d’équipements de protection pour les travailleurs de la santé, la classe dirigeante répond à la crise en injectant de l’argent sur les marchés boursiers et en se préparant à réprimer l’opposition sociale. C’est la réponse d’un ordre social capitaliste qui pose un risque immense pour le sort de dizaines de millions de personnes.

Eric London

 

Article paru en anglais, WSWS, le 24 mars 2020

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WikiLeaks a annoncé mardi matin que les avocats de Julian Assange déposeront demain une demande de mise en liberté sous caution devant le tribunal de Westminster. La tentative d’obtenir la libération d’Assange de la prison de Belmarsh à sécurité maximale intervient sur fond d’avertissements selon lesquels le système pénitentiaire britannique est à risque de subir une éruption d’infections à coronavirus.

Un communiqué de presse publié par WikiLeaks déclare que les avocats d’Assange «soutiendront qu’il est vulnérable à l’épidémie de COVID-19 dans la prison où il est en détention provisoire.»

Le fondateur de WikiLeaks souffre d’une multitude d’affections médicales, résultant de près d’une décennie de détention arbitraire. On lui a refusé des soins médicaux adéquats depuis le début de son incarcération dans la prison de Belmarsh en avril dernier. Cela a incité des médecins du monde entier à exiger à plusieurs reprises qu’il soit transféré dans un hôpital universitaire et à avertir qu’il pourrait mourir si aucune mesure urgente n’était prise.

Le communiqué cite les appels à la liberté d’Assange lancés par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture Nils Melzer, ainsi que ceux lancés par des représentants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Melzer a constaté en mai dernier qu’Assange présentait des symptômes de torture psychologique médicalement vérifiables en raison de la persécution prolongée et du «harcèlement public» qu’il a subi.

Julian Assange quitte le tribunal de Westminster dans un fourgon pénitentiaire le 13 janvier (Capture d’écran via YouTube)

WikiLeaks a noté les dangers évidents que la pandémie de coronavirus, qui se propage rapidement dans toute la Grande-Bretagne et dans le monde, pourrait avoir des conséquences catastrophiques dans tout le système carcéral.

Dans des commentaires adressés au Guardian mardi matin, le Dr Hans Kluge, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe, a mis en garde contre les infections massives dans les prisons en Europe et dans le monde, à moins que «les mesures les plus audacieuses» ne soient prises.

Carina Ferreira-Borges, directrice de l’OMS pour la santé des détenus, a ajouté: «Nous avons affaire à une population très vulnérable dans des conditions de surpopulation et une fois que le COVID-19 pénètrera dans les prisons, tout le monde en sera contaminé très rapidement.»

«Il y a un risque d’un taux de mortalité énorme et d’un poids sans précédent sur les systèmes de santé nationaux des pays qui sont déjà débordés», a déclaré Ferreira-Borges.

En Grande-Bretagne, le communiqué de presse de WikiLeaks a cité Andrea Albutt, la présidente de l’Association des directeurs de prison britanniques, qui a averti qu’il «y aura des morts» dans les prisons. L’Association des gardiens de prison a comparé le risque en prison à ceux présents sur les bateaux de croisière. Neil Hardwick, l’ancien inspecteur en chef des prisons britanniques, a demandé la libération de tous les détenus qui présentent un faible risque pour la société.

Le 16 mars, le Prisoners Advice Service (PAS, association d’aide aux prisonniers), un organisme d’assistance juridique indépendant qui fournit des représentations et informations aux détenus, a lancé un appel en faveur de la libération immédiate d’un groupe de détenus à faible risque. Ceci comprend tous les prisonniers de plus de 75 ans; les personnes de plus de 50 ans condamnées pour des infractions non violentes; tous les détenus pour immigration irrégulière; les détenus ayant moins d’un an à purger et ceux qui sont détenus sur demande d’extradition.

Dans une tribune libre publiée dans le Guardian, Eric Allison, un administrateur du PAS, a documenté les conditions horribles dans les prisons britanniques qui rendent une épidémie de coronavirus substantielle presque inévitable.

Il a souligné un rapport de la Cour des comptes le mois dernier, qui a révélé qu’un certain nombre de prisons étaient délabrées, avec des fuites en toiture, des systèmes de chauffage défaillants et des infestations de rats. L’inspection parlementaire de l’année dernière a révélé que 10 des 35 prisons ne répondaient pas aux exigences minimales d’hygiène et de propreté.

Allison a documenté les soins médicaux effroyables réservés aux prisonniers. Il s’est souvenu d’un cas où un prisonnier a reçu du paracétamol après s’être plaint de fortes douleurs à la jambe. Il s’est avéré plus tard qu’il souffrait de gangrène et son membre a été amputé.

Allison a fait référence au fait que le professeur Richard Coker, un expert de la propagation des maladies infectieuses à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, a averti qu’une épidémie de coronavirus pouvait toucher jusqu’à 60 pour cent de tous les détenus. Déjà, deux détenus ont été testés positifs, l’un dans la prison de Manchester et l’autre dans une prison du Pays de Galles.

Soulignant les risques encourus par Assange, WikiLeaks a déclaré que «la prison de Belmarsh accueille 300 nouveaux prisonniers chaque mois, dont la plupart sont ensuite dispersés dans des prisons à travers le pays. La prison de Belmarsh compte au total environ 800 détenus et le taux de suicide le plus élevé du système carcéral.» Wikileaks a noté qu’Assange devrait être libéré, sur la base de la directive de la PAS.

Malgré les demandes croissantes, les autorités britanniques ont jusqu’à présent refusé de retirer tout prisonnier du système pénitentiaire. Cela va de paire de la réponse négligente du gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson à la pandémie, y compris sa politique initiale de permettre délibérément au virus de se propager sous le prétexte absurde que cela créerait une «immunité collective».

Le refus de libérer Assange est particulièrement criminel. L’éditeur de WikiLeaks n’a été reconnu coupable d’aucune infraction. Il est détenu uniquement pour faciliter une demande d’extradition du gouvernement américain, qui cherche à poursuivre Assange pour des accusations en vertu de la loi sur l’espionnage et à l’emprisonner à vie en raison de la révélation par Wikileaks des crimes de guerre américains, des intrigues diplomatiques mondiales et des violations des droits de l’homme.

Après avoir été expulsé de l’ambassade d’Équateur à Londres et arrêté par la police britannique le 11 avril, Assange a immédiatement été condamné pour avoir enfreint sa liberté sous caution. La condamnation, cependant, était une parodie de justice. Assange avait déjà perdu sa caution et le fondement juridique initial de son arrestation en 2011 par la police britannique – un mandat d’arrêt international suédois – avait été abandonné des années auparavant.

Malgré cela, Assange a été condamné à 50 semaines de prison, bien que les délits liés à la liberté sous caution n’entraînent généralement pas de peine privative de liberté. En septembre, lorsque Assange était éligible à la libération, la juge Vanessa Baraitser a refusé à titre préventif la libération sous caution d’Assange, déclarant qu’il représentait un «risque de fuite» et resterait emprisonné jusqu’à la fin de son audience d’extradition.

Baraitser a cité le fait qu’en 2012, Assange avait demandé l’asile à l’ambassade de l’Équateur alors qu’il était soumis à des restrictions de libération sous caution britannique. Assange n’a cependant pris cette décision qu’après avoir épuisé tous les recours légaux en Grande-Bretagne. Il faisait face à la perspective imminente d’une extradition vers la Suède, simplement pour répondre aux «questions» d’un procureur, dans des conditions où les autorités du pays ne fourniraient aucune garantie qu’elles ne l’enverraient pas aux États-Unis pour être emprisonné pour les activités de publication de WikiLeaks.

Alors qu’il était effectivement détenu à l’ambassade de l’Équateur, en raison des menaces britanniques de l’arrêter s’il mettait le pied à l’extérieur du bâtiment, le statut d’Assange en tant que réfugié politique a été maintes fois confirmé par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire. Comme l’ont déclaré le rapporteur des Nations Unies Nils Melzer et d’autres experts juridiques, les affirmations selon lesquelles Assange a «échappé à la justice» en 2012 visent à criminaliser l’asile politique.

Le maintien en prison d’Assange est une expression d’une attaque à plusieurs volets contre les droits juridiques et démocratiques d’Assange. Cela a été illustré au cours de la première semaine de l’audience d’extradition britannique qui a commencé le 18 février. Assange a été menotté et déshabillé à plusieurs reprises et ses documents juridiques ont été volés par des gardiens de prison. Il a été isolé au fond de la salle d’audience dans une cage en verre blindée pour l’empêcher de participer à la procédure.

L’Institut des droits de l’homme des associations du barreau international a averti que son traitement constituait probablement une violation du droit britannique et international.

Les dangers qui pèsent sur Assange – s’agissant de la menace d’extradition vers les États-Unis ou les risques accrus à sa santé en prison – soulignent l’urgence de créer un mouvement de masse de travailleurs et de jeunes pour garantir sa liberté totale. Les mêmes autorités qui ont dirigé la persécution du fondateur de WikiLeaks mettent en danger non seulement sa propre vie, mais celle de millions de personnes à travers le monde en raison de leur réponse criminellement négligente à la pandémie de coronavirus.

Oscar Grenfell

 

Article paru en anglais, WSWS, le 24 mars 2020

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Dans cette grave crise sanitaire, la Russie a envoyé avec Cuba le dimanche 22 mars après la Chine des experts en épidémiologie pour aider l’Italie, un pays membre de l’UE le plus touché par la pandémie du Covid-19, alors que Bruxelles ou les autres pays membres ne viennent pas en aide au peuple italien.

La machine de désinformation médiatique attaque de manière virulente l’action humanitaire de la Russie alors que le monde se trouve en urgence sanitaire dont aussi en particulier la France avec un gouvernement totalement incapable de faire face. Les Français, cependant, comprennent que la Russie intervient en Italie pour sauver les Italiens et les Français réclament l’aide de Moscou.

Attaque virulente médiatique contre la Russie. Les gros média officiels comme Le Monde, RFI, France Inter, publient des articles dénonçant l’aide humanitaire russe. Le Monde titre , «Moscou et Pékin livrent de l’assistance humanitaire à l’Italie et surjouent l’effet de propagande» et passe par la case syrienne pour signaler aux lecteurs que la Russie  intervient au Moyen-Orient comme un ennemi de la démocratie liant l’action humanitaire russe en Italie à un acte de guerre stratégique jusqu’à faire passer Moscou pour un profiteur géopolitique pour prendre du pouvoir en UE via l’Italie  en profitant de la crise et des morts: «Ces gestes de solidarité sont évidemment les bienvenus, et l’on préfère voir les avions russes acheminer de l’équipement médical plutôt que bombarder des hôpitaux en Syrie. Mais leur exploitation à des fins de propagande rappelle que, en temps de pandémie, la géopolitique, elle, n’est pas confinée».

La France s’écroule devant le Covid-19 mais les média financés par l’Etat continuent de mener leur guerre médiatique contre la Russie qui, en fait, ne fait, malgré les sanctions de l’UE et de l’Otan, qu’agir en pompier du monde pour protéger la paix et aider les peuples à ne pas mourir. C’est grâce à la Russie que la guerre en Syrie a été stoppée. On se souvient des camions humanitaires livrés sur Damas pour sauver la population de la famine. Là aussi, comme l’écrit France Inter, qui se moque de l’aide russe en cette période grave et dangereuse, «bon baisers de Russie», «les Russes n’oublient pas les leçons de propagande soviétique», fait passer Moscou pour un profiteur alors que Moscou vient en aide à l’Italie qui est dramatiquement plus touchée que la Russie. D’ailleurs, ce média français est obligé de reconnaître que «Moscou a envoyé neuf avions militaires chargés de masques, de respirateurs, de médicaments». Pendant ce temps, l’UE avec sa présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aussi médecin, a publié une vidéo sur comment bien laver ses mains en fredonnant l’hymne européen dans les toilettes du Parlement européen!

14 avions et 100 militaires et spécialistes. RFI écrit que «l’aide militaire russe» est constituée de «spécialistes et infirmiers des épidémies» qui «sont originaires de trois bases militaires russes». Comme le journaliste de RFI l’écrit, la Russie a débloqué les grands moyens pour aider un pays en grande difficulté: «La Russie a annoncé, ce dimanche 22 mars, l’envoi d’une centaine de virologues militaires expérimentés en Italie» avec «les impressionnants CV des spécialistes envoyés», «la Russie apporte son aide militaire à l’Italie  pour lutter contre le coronavirus et le Kremlin veut le faire savoir». Oui, la Russie le fait savoir car Bruxelles, les Etats de l’UE, ou le pays des média français agressifs à l’égard de l’aide russe, sont dépassés et paralysés face au drame humain et continuent de mener une politique médiatique virulente contre Moscou au lieu de saluer la contribution russe. «La Russie va ainsi envoyer neuf avions et 100 militaires et spécialistes sur le sol italien», écrit RFI.

«La solidarité européenne n’existe pas. C’était un conte de fées». L’agence italienne Ansa, citant des sources du ministère italien des Affaires étrangères explique que «plus de trois millions de masques arriveront en Italie de Chine, d’Egypte, de Russie et d’Inde». Aleksandar Vucic, le président serbe fait le même constat que l’Italie en déclarant: «La solidarité européenne n’existe pas. C’était un conte de fées».

Conséquence. La réalité vient naturellement remettre les choses à leur place. «Au fur et à mesure que le temps s’écoule elle (Italie) regagne une autonomie préoccupante» écrit encore négativement Revue Conflits en s’inquiétant de voir l’Italie quitter «la sphère d’influence» du «gouvernement nord-américain» en évoquant avec mépris et inquiétude les «relations tendre entre Silvio Berlusconi et Vladimir Poutine ou les liens supposés entre Matteo Salvini et des agents d’influence dans l’orbite de Moscou» tout en s’inquiétant de la perte d’influence sur l’Allemagne car «l’Italie partage le même destin que l’Allemagne – trop émotionnellement et économiquement liées à la Russie». Les Français, eux, ne sont pas en reste et commentent favorablement sur les média russes en langue française l’action de Moscou en Italie: «Au début, les Chinois, maintenant les Russes, la solidarité européenne est belle»; «J’espère que les Italiens auront leur propre Brexit»; «Vous ne les aimez pas, mais ils sont plus humains que vos alliés qui ne vous aident que lorsque vous les payez»; «Merci aux Russes et beaucoup de respect pour eux»; «Ce sont les Russes qui aident les pays européens»; «J’ai honte d’être Français»; «L’UE, qui laisse mourir, l’Italie, est une honte!»; «Heureusement, il y a des Russes!»; «Nous vous attendons en France!».

Olivier Renault

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L’Algérie et le nouveau monde après le Corona

mars 25th, 2020 by Chems Eddine Chitour

« Un mal qui répand la terreur,  Mal que le Ciel en sa fureur 

Inventa pour punir les crimes de la terre, La Peste  

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. 

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : 

Nul mets n’excitait leur envie ; Ni Loups ni Renards n’épiaient 

La douce et l’innocente proie. Les Tourterelles se fuyaient : 

Plus d’amour, partant plus de joie’… »

Jean de la Fontaine (Les animaux malades de la peste)


A bien des égards le coronavirus , nous rappelle les terreurs passées dues souvent à des maladies comme à la peste bien décrites par Jean de la Fontaine .Vu sur internet 6 770 000 000 résultats ! C’est dire si l’inquiétude est là De mémoire d’homme jamais un virus n’avait à ce point déstabilisé aussi vite autant de secteurs de l’activité humaine. Qui trouvera en premier un vaccin contre le coronavirus Covid-19 qui a déjà contaminé près de 200 000 personnes et fait près de 10 000 morts dans le monde ? Le premier essai clinique d’un vaccin test a été mené aux Etats-Unis et de nombreuses équipes à travers le monde en Allemagne, en Russie s’y attellent Les Chinois annoncent que leur vaccin est efficace

Dans toutes ces informations tristes, il en est une qui réjouit. Ce que n’a pas pu faire le système néolibéral et toutes les nations regroupés autour du GIEC, un virus de quelques microns a réussi a arrêter la machine du diable représentée par le laminoir néo-libéral basée uniquement sur le fossile. En effet la pandémie a eu des effets pour le moins spectaculaires dans son foyer originel, en Chine. Selon The Independent, des images satellite fournies par la Nasa montrent une diminution drastique de la pollution en Chine, en partie grâce au ralentissement économique provoqué par le coronavirus. Les chercheurs de l’agence spatiale Fermer les usines et de demander aux gens de rester chez eux ont entraîné une forte baisse de la consommation des combustibles fossiles, une des principales causes de la crise climatique

L’adaptation au changement climatique a toujours reposé sur deux scénarios divergents. Dans le premier, nos vies continuent comme de rien et se fient à des technologies –véhicules électriques, séquestration du carbone, stockage sur batterie– pour régler les derniers détails et empêcher un réchauffement catastrophique. Dans l’autre, un coût plus élevé des déplacements en viendra à réduire les kilomètres parcourus et poussera la société à faire des sacrifices.

Comment la Chine compte se relever de l’épidémie de coronavirus 

En Chine durement frappée par le coronavirus le pic de l’épidémie de coronavirus semble être passé. début mars, les autorités chinoises s’empressent de faire savoir que les cas de contamination commencent à diminuer et à se situer autour du 12 mars Les médias chinois présentent ce déplacement de Xi Jinping comme une «visite d’inspection» au cours de laquelle il rencontre des médecins, quelques malades et des responsables politiques locaux. Il visite notamment l’hôpital préfabriqué Huoshenshan qui a été construit en dix jours Le 11 mars, plusieurs hôpitaux temporaires ont été fermés 

« Après deux mois d’arrêt, relancer l’économie chinoise est une impérieuse nécessité. Le 4 mars, le comité permanent du Parti communiste, l’organe suprême du pouvoir chinois, a clairement indiqué qu’il fallait «accélérer la mise en place d’un ordre économique et social compatible avec le contrôle et la prévention de l’épidémie». (…) Pour le moment, le pouvoir chinois a une priorité: mettre en valeur le combat qu’il a mené contre le Covid-19 Des experts chinois emportant 250.000 masques ont été envoyés en Iran où le coronavirus connaît un fort développement. Des kits de dépistage de la maladie ont par ailleurs été expédiés au Pakistan L’Italie, gravement touchée par l’épidémie, a annoncé le 10 mars l’achat à la Chine de 1.000 appareils d’assistance respiratoire, 20.000 combinaisons de protection et 100.000 masques de protections. Tandis que neuf médecins et techniciens chinois qui ont combattu le coronavirus sont attendus à Rome. » (1)

Le comportement admirable du peuple italien face à l’adversité

L’Italie frappée de plein fouet par cette pandémie se bat d’une façon admirable malgré la mise en quarantaine de ce pays par ses voisins européens voire occidentaux qui les prennent de haut oubliant que l’Italie et avec la Grèce-qui a été mise en coupe réglée par l’oligarchie néolibérale Le président italien a décidé de confiner les 60 millions d’italiens qui pour s’encourager chantent aux balcons et prouvent à la face du monde leur détermination à s’en sortir leur belle langue rend plus belles les chansons. Il est hors de doute  que plus rien ne sera comme avant  en Europe profondément fracturée par l’égoïsme des Etats  qui ont tourné le dos à l’Italie A  titre d’exemple ce pays ayant trouvé aide auprès des pays  que la doxa néolibérale de l’empire et de ses vassaux avaient traité  de façon condescendante ;  il  s’agit de  la Chine et de Cuba. 

Malgré le confinement les fractures sont toujours là

On sait que le confinement est la seule thérapie –en dehors d’un vaccin éventuel voire d’un médicament ancien qui reprend du service l’hydroxycloriquine- pour empêcher la progression du virus . Dans l’histoire on rapporte le cas d’hommes illustres obligés au confinement..Isaac Newton , Albert Camus travaillaient chez eux en temps d’épidémie celle de Londres de 1720 , et celle décrite justement par Camus à Oran Pourtant est ce une bonne chose et est ce que ce type de situation soudait la société ? En fait la peut a fait que l’instinct grégaire refait surface. C’est pour le moment le repli qui fait que chacun se réorganise

« Tout se passe écrit Titiou Lecoq comme si ce virus, loin de nous rapprocher, exacerbait notre conscience des inégalités. Il y avait plusieurs scénarios concernant cette pandémie. (…)Nous ne serions pas seulement l’addition d’individus errant dans leur chambre les yeux hagards, nous formerions un tout, une transcendance, une nation. Nous allions vivre quelque chose d’inédit tous et toutes ensemble. On avait vu des vidéos du peuple italien en train de chanter, de s’adresser au monde d’une seule voix. Nous allions vivre la même expérience. Redécouvrir notre cohésion nationale. Pour l’instant, on peut dire qu’on est face à un échec cuisant. Les fractures habituelles de la société sont toujours là –et je ne suis pas loin de me demander si elles ne s’accentuent pas. En premier lieu, il y a eu la fracture cognitive D’abord, on s’est demandé pourquoi les personnalités du sport, du cinéma et de la politique, même sans symptômes graves, bénéficiaient de tests. Cette inégalité première, on sentait bien qu’elle allait miner la nation une et indivisible. Ensuite, on a eu les images désastreuses des Parisien•nes remplissant leur SUV de valises pour se «mettre au vert» –l’occasion de rappeler qu’il y aurait trois millions de résidences secondaires en France, Clairement, ça doit changer pas mal de choses d’être confiné•e dans une maison de campagne de 200m2 avec un jardin d’un hectare. Voir l’exode de personnes suffisamment aisées pour choisir dans quel domicile se confiner, ça n’a pas aidé à «faire nation» (alors que la Norvège, par exemple, a interdit cet exode) ». (2)

Une autre fracture est apparue: la fracture fondamentale entre les personnes qui sont en confinement et celles qui ne le sont pas. Dans les «pas», on peut citer les employé•es d’Amazon. Les caissières de supermarché. Les travailleurs sociaux. Une réalité nous saute à la gueule: au sein d’une même entreprise, les cadres peuvent travailler de chez eux et les ouvriers viennent au boulot. C’est comme si ce virus, loin de nous rapprocher, faisait ressortir, exacerbait notre conscience des inégalités. Autant dire qu’on est loin de la concorde annoncée. Il existe tout de même un sujet transversal à toutes les classes sociales: les violences familiales qui risquent de se multiplier du fait du confinement. Comme le rappelle #NousToutes, il est interdit de sortir mais pas de fuir ». (2)

Partout à travers le monde, les pays prennent des dispositions drastiques pour tenter de contenir la pandémie de coronavirus. Le coronavirus va-t-il mettre le système néolibéral et l’oligarchie à genoux? L’économie et la finance sont déjà fortement touchées à l’échelle mondiale, et les choses n’en sont certainement qu’à leurs débuts. Un krach boursier historique s’est produit jeudi 12 mars. Faut-il déjà penser à des politiques de relance? Et quels sont les enjeux sociaux liés?

C’est le début d’une déstabilisation en cours 

Partout à travers le monde, les pays prennent des dispositions drastiques pour tenter de contenir la pandémie de coronavirus. Le coronavirus va-t-il mettre le système néolibéral et l’oligarchie à genoux? L’économie et la finance sont déjà fortement touchées à l’échelle mondiale, et les choses n’en sont certainement qu’à leurs débuts. Un krach boursier historique s’est produit jeudi 12 mars. Faut-il déjà penser à des politiques de relance? Et quels sont les enjeux sociaux liés? Assiste-t-on à l’effondrement du monde? A en croire le philosophe Dominique Bourg Oui. « Alors que plusieurs pays européens, dont la France, sont à l’arrêt, tant économiquement que socialement, la question de l’effondrement se pose. La crise du coronavirus marque-t-elle le début de cet effondrement, à entendre comme la convergence de toutes les crises : climatiques, écologiques, biogéophysiques, économiques ? Est-on en train de vivre l’effondrement tel qu’il est décrit par la collapsologie ? « Depuis plus d’un demi-siècle, on nous dit que notre système n’est pas durable. C’est logique qu’il s’effondre … le modèle des Meadows [en 1972, le rapport Meadows a mis en avant le danger pour l’environnement planétaire de la croissance démographique et économique de l’humanité (…) Plus que la prise de conscience. Comparons la crise de 2008-2009 et celle d’aujourd’hui. Elles n’ont rien à voir. En 2008-2009, on a une crise financière qui débouche sur une crise économique, qui, elle-même, débouche sur des dommages sociaux. Là, nous avons une crise sanitaire, avec la question de la vie et de la mort des gens » (3).

« L’enquête de Philippe Moati, publiée dans Le Monde au mois de novembre, propose un choix entre trois modèles de société : l’utopie techno-libérale, l’utopie écologique et l’utopie sécuritaire..On rentre dans une dynamique de changement extrêmement profond et on y entre en fanfare. Ce que nous montre le Covid-19, c’est ce que nous devrions faire pour le climat. Réduire nos émissions à l’échelle mondiale, vous ne le faites pas avec des techniques, vous le faites avec des comportements L’épidémie n’est-elle pas la meilleure façon d’éviter les violences que des pénuries auraient pu créer ? Le Covid-19, c’est une infection qui contraint au civisme. Oui je pense que Covid-19 est salutaire. Il nous contraint à revenir sur les fondamentaux, à comprendre qu’on est en train de changer d’époque, et qu’on ne peut pas continuer nos modes de vie. S’il y a vraiment quelque chose qui met un coup d’arrêt à l’idéologie du progrès, c’est ce qu’il se passe aujourd’hui. On n’est pas du tout dans la notion de progrès, le temps accumulation, c’est fini » (3) 

Rien ne sera plus jamais comme avant 

Dans le même ordre du changement inéluctable Henry Grabar écrit :

« Nos modes de vie pourraient être durablement transformés par la pandémie de coronavirus. Si notre avenir proche ressemble à ce qui se passe actuellement en Italie, où tout a été fermé à l’exception des commerces alimentaires et des pharmacies, alors c’est une rupture exceptionnelle d’avec la normalité qui nous attend. Pratiquement toutes les activités impliquant ou facilitant les interactions humaines physiques semblent en pleine débâcle, Les universités, en train de vider leurs campus, n’avaient encore jamais autant déployé l’enseignement à distance. À bien des égards, voici la réponse: le train-train quotidien. La pandémie fera des morts, garrottera les économies et sabordera les habitudes, mais elle passera. Il y a cependant de réelles raisons de penser que les choses ne reviendront pas à la normale de la semaine dernière. De petites perturbations créent de petits changements sociaux; les grosses changent la vie pour de bon. (…) En 1918, la pandémie de grippe a permis le développement des systèmes de santé en Europe. Les infrastructures pourraient ne plus être en place pour nous permettre de continuer nos activités comme en 2019. (…) Les campagnes électorales pourraient se faire avec moins de rassemblements et d’événements en direct, tandis que les entreprises pourraient recourir davantage au télétravail et s’installer dans des locaux plus petits Peut-être allons nous concevoir des chaînes d’approvisionnement locales plus résilientes. (…) Tout cela n’aura aucun rapport avec la santé publique. Ces changements seront plutôt la conséquence d’une totale réévaluation de notre mode de fonctionnement, un processus qui ne date pas de cette épidémie. Davantage de cuisine chez soi, moins de repas au restaurant. On fera sa psychothérapie, son yoga et ses consultations médicales ligne » (4).

Naturellement le système neolibéral est toujours à l’affut d’affaires même en exploitant la detresse humaine. Ainsi aux États-Unis, les entreprises proposant kits de survie et abris de secours enregistrent leurs meilleures ventes. Leur quarantaine est meilleure que votre quarantaine. Les super-riches n’ont pas attendu les consignes officielles pour se mettre à l’abri du coronavirus, explique le Guardian. Au Royaume-Uni, certaines ont affrété des jets privés vers leurs résidences secondaires, d’après le site korii.slate.fr/biz/coronavirus.

Dans le même ordre aussi, La demande d’armes à feu a également augmenté, selon le Los Angeles Times, De nombreux Américains se sont précipités pour se procurer des armes alors que la pandémie due au coronavirus fait des ravages aux États-Unis, Ammo.com, un magasin de munitions en ligne, a récemment constaté une augmentation de ses ventes (5).

Est-ce que cette pandémie s’inscrit dans une logique de domination permanente salutaire pour l’oligarchie néolibérale ? 

Est-ce la fin d’un monde ou le commencement d’un nouveau monde ? Nous avons montré dans une contribution précédente comment l’Occident qui se voulait un magister indépassable était sur le déclin après avoir épuisé tout le bréviaire des méthodes discutables pour garder la suprématie planétaire Tout commença dit on avec les accords de Bretton Woods qui permirent à l’Occident américain de formater le monde. Ceci réussit merveilleusement pour l’Empire américain et ses vassaux européens pendant une trentaine d’années ; Ce qu’en France on appela les « trente glorieuses » qui permirent à ce pays d’assoir son équipements avec les bras des « tirailleurs bétons » nord africains Souvenons nous ensuite à la fin des années 2000,et la chute de l’Empire soviétique, l’empire américain à en croire Fukuyama était pour l’éternité . C’était la fin de l’histoire. pourtant des craquements se firent sentir . Il fallait trouver autre chose pour garder la suprématie, maitnenant que le monde devenait multipolaire et que l’économie néo-libéral s’essoufflait Les idéologues du Pentagone proposèrent _un nouveau logiciel le ( Program for American New Century) PNAC , si on devait essayer de trouver un fil conducteur, souvenons-nous seulement d’une phrase Ordo ab Chaos doctrine américaine de Condolezza Rice qui veut que du chaos naîtrait l’ordre. C’est en fait du semblant d’ordre actuel qu’est né surement le chaos. Trois pays avaient le niveau de vie le plus élevé (Libye) et le plus développé scientifique (Irak) et les plus cultivés (Syrie, Irak) Qu’en reste t-il ? Le chaos, parlons-en, on dit que le reshaping du Moyen-Orient obéirait au fameux slogan du Middle East Partenareship Initiative (Mepi) qui veut que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord soient redécoupés dans le sens de nouvelles frontières pour remplacer les accords Sykes – Picot d’il y a un siècle. Si on y ajoute donc, les effets ou méfaits de la mondialisation-laminoir qui veut qu’il n’y ait plus justement, d’Etats-Nations, mais des peuplades sans cap, des consommateurs potentiels, nous avons les ingrédients d’un nouveau chaos. Ceci ne fut apparemment pas suffisant car l’Empire vacillait économiquement. Ce sera la crise des subprimes de 2008 qui donna un sursis au système néolibéral . Sursis apparemment insuffisant

Le coronavirus et les défenseurs acharnés  de la mondialisation

Malgré les convulsions du système  néolibéral, il se trouve encore et toujouts des laudateurs du système. On l’aura compris, ces avocats du diable, nous ne les trouverons pas parmi les besogneux, les sans grades et les sans dents… Gerard Horny absous la mondialisation et parle de crise à résoudre sans remettre en cause fondamentalement le logiciel de la mondialisation laminoir :

« L’épidémie écrit il, due au coronavirus Covid-19 sonne comme une nouvelle crise de la mondialisation. La mondialisation, telle que nous la vivons, fait l’objet de très vives critiques depuis longtemps déjà. Et ces critiques sont loin d’être infondées. Certes l’ouverture des frontières pour les hommes, les marchandises et les capitaux a eu des conséquences positives: Avec l’épidémie en cours, les critiques ressurgissent avec vigueur: la mondialisation est mauvaise pour la santé et pour l’économie! Une fois que l’on a fait ce constat, quelle conclusion peut-on en tirer? Que cette situation doit être corrigée? Oui, mais comment? (…) Une croissance mondiale plus harmonieuse incluant les pays en développement implique certes des efforts de la part de ces pays, mais elle suppose aussi une coopération internationale plus poussée, qui devrait être élargie «au-delà de la politique commerciale, pour inclure la fiscalité, la réglementation et l’infrastructure». En clair, si l’on suit cette logique, ce n’est pas d’une démondialisation dont on aurait besoin, mais au contraire de plus de mondialisation, sachant que celle-ci devrait alors prendre une autre forme et reposer davantage sur la coopération internationale. (…) les promoteurs d’une mondialisation profitant à tous n’ont pas encore gagné la partie. Il n’est pas du tout sûr qu’ils puissent la gagner un jour ». (7)

Le socialisme ne résoudra pas les inégalités, un meilleur capitalisme si

Dans le même ordre les adeptes de la doctrine néolibérale reconnaissent qu’il y a des erreurs mais font assaut d’arguments contre le socialisme . Allison Schrager écrit en substance:

« Le capitalisme est toujours le meilleur moyen de gérer le risque et de stimuler l’innovation et la productivité. Pour autant, ces systèmes ne sont pas parfaits. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le fossé entre riches et pauvres s’est outrageusement creusé, Avec l’instabilité sociale se traduisant par des manifestations de masse, le Brexit, une montée des populismes et une polarisation toujours plus forte frappant aux portes des économies capitalistes, bien des progrès de ces dernières décennies sont aujourd’hui en péril. Pourtant, ce sont précisément les maux ciblés par les socialistes qui sont le mieux soignés par l’innovation, par les gains de productivité et par une meilleure répartition des risques. Le capitalisme est, de loin, le meilleur voire le seul moyen d’y arriver. Le socialisme contemporain est difficile à définir. Traditionnellement, le terme signifiait «la propriété totale du capital par l’État», En Europe, la social-démocratie renvoie à la nationalisation de nombreux secteurs économiques et à un État-providence très généreux. Et les socialistes aujourd’hui en plein essor modifient le concept pour parler d’un système économique offrant le meilleur du capitalisme (la croissance et l’augmentation du niveau de vie) sans le mauvais (les inégalités et les cycles économiques). Sauf que les systèmes économiques parfaits n’existent pas, il y a toujours des compromis Sur d’autres listes, comme celles des socialistes américains du Green New Deal, on trouve un gouvernement devenu principal investisseur dans l’économie via des projets d’infrastructures massives visant à remplacer les combustibles fossiles par des énergies renouvelables » (8)

« Du côté des capitalistes contemporain•es, on cherche non pas à supprimer l’intervention de l’État, mais à la modérer. Aucun système économique n’est infaillible, et il est bien possible qu’on ne trouve jamais le parfait équilibre entre État et marchés. En outre, les marchés sont bons pour répartir les risques. Fondamentalement, les socialistes voudraient les réduire L’objectif est noble et une certaine réduction des risques grâce à de meilleurs filets de protection est souhaitable. Ce qui nous amène à une troisième raison de se fier aux marchés: la productivité. Des services inaccessibles deviennent de plus en plus disponibles et modifient la nature même du travail, souvent pour le mieux. Ce sont les systèmes capitalistes qui permettent de tels gains, parce qu’ils encouragent l’invention et font grossir le gâteau, pas les systèmes socialistes qui se soucient davantage de la manière dont il sera coupé et partagé. En d’autres termes, il est beaucoup trop tôt pour se passer de productivité. Plus généralement, le capitalisme pourrait devenir plus inclusif, et des politiques gouvernementales peuvent aider à gommer ses aspérités.. L’inégalité est tolérable quand les pauvres ont une chance de devenir riches. Ces opportunités n’ont jamais réellement coïncidé avec les promesses du rêve américain. Reste que pour endiguer les instabilités –et faire en sorte que le système capitaliste soit plus séduisant– les leaders politiques et économiques devraient veiller à ce que chacun ait au moins une chance de gagner à la loterie » .(8)

Quand le Covid-19 devient une occasion historique de changer tous ensemble

Une autre approche diamétralement opposée avance le fait que les solidarités vont « renaitre » Dans nos relations sociales, nos comportements, notre conscience collective, notre société et ses valeurs…Quand l’épidémie du Covid-19 aura disparu, que la période de confinement sera levée, qu’en sera-t-il donc de notre société ? la philosophe, Laurence Devillairs, et les sociologues, Rémy Oudghiri, Jean Viard, Gérald Bronner et Serge Guérin, se demandent comment le Covid-19 peuvent conduire à un changement de comportement de la société. Le sociologue Rémy Oudghiri estime que, contrairement aux autres crises antérieures, c’est vraiment un moment historique où le temps de confinement va nous obliger à changer : « Cette crise sanitaire arrive dans un contexte particulier qui fait que la société française n’a jamais été aussi divisée qu’aujourd’hui et que cela constitue le grand enjeu politique ». Le confinement incite, selon lui, à remettre en avant le collectif quand, depuis quelques années déjà en France, les gens allaient dans des directions très différentes. Là, il y a une opportunité historique majeure qui est de remettre au cœur une vision collective : « Tous, en ce moment, nous nous interrogeons à partir de situations extrêmement différentes mais c’est ce qui nous unit. Et il ne tient qu’à nous de faire en sorte que cette unité perdure après la crise. Cette expérience va nous changer en profondeur » » (9).

« Jean Viard donne toute son importance à la période du confinement que tout le monde partage. C’est de là que les liens communs sont susceptibles de se tisser : Ces situations d’urgence sont comme d’immenses moments d’innovation pour le futur. Apprendre à se remettre en question et se centrer sur l’essentiel pour l’avenir Pour Laurence Devillairs, « cette crise nous montre la nécessité de passer du discours, des paroles, aux faits, et de se remettre soi-même en question. Nous sommes face à une remise en question de nous-mêmes. Il y a une mise à nu de la société. Cette remise en question de soi-même doit se faire en prenant conscience qu’il ne faut pas trop s’échapper vers la vie numérique à laquelle pourrait nous réduire trop facilement le confinement. C’est à travers les écrans que s’inscrit, d’après elle, la véritable épreuve du réel et qu’il faut parvenir à dépasser pour évoluer par la suite dans beaucoup de domaines : L’occasion, nous est donnée de faire avec ce qu’on a, non les écrans mais notre pensée ! C’est vraiment l’occasion pour une fois de prendre son temps avec les moyens du bord » (9)

« Le sociologue Rémy Oudghiri renchérit : « c’est un moment que beaucoup de gens vont pouvoir utiliser pour réfléchir à ce qui compte vraiment pour eux, à ce qui est essentiel à leurs yeux, aujourd’hui ». C’est une opportunité de recréer des liens, de se réinventer, de nous réinventer ! L’esprit de consommation voué à se transformer Le sociologue Gérard Bronner revient sur la question de nos comportements en termes de consommation et selon lui, déjà depuis la crise de 2009, le décrochage économique avait doublement changé notre rapport à la consommation. Il pense qu’à l’issue de cette crise sanitaire, ce comportement de vigilance sera plus vrai que jamais, malgré l’élan important de consommation qui s’ensuivra : La crise sensibilise au soin mutuel et collectif C’est selon le sociologue Serge Guérin, la valeur cardinale de demain : « c’est ce qu’on entend partout et le comportement dont on fait preuve lorsque nous avons nos proches au téléphone en ce moment. Le ‘fais attention à toi, faites attention à vous’. C’est cette notion d’éthique, de sollicitude, d’être attentif aux autres qui se manifeste pendant cette période de confinement. C’est le retour du sentiment d’interdépendance qui va progressivement devenir un élément central d’une politique publique et collective qui naîtra après coup » (9).

C’est de fait toute l’humanité qui se délite. Encore qu’il faille « redefinir » avec un nouveau paradigme ce que l’on comprend par humanité maintenant que les grands récits de légitimité ont été déconstruits par la modernité et que le « fait religieux  » quel qu’il soit peine à jouer son  » rôle » de stabilisateur de l’angoisse existentielle du fait d’une science conquérante et sans état d’âme !!

Que naîtra-t-il de cette épreuve planétaire ?

Dans « L’Express du 6 mai 2009 », Jacques Attali en véritable prophète indiquait comment rabattre les cartes quand la gouvernance mondiale par l’oligarchie néo-libérale est en questionnement Il dévoilait quelques fantasmes intimes du monde oligarchique. En bref : là où le krach financier a jusqu’ici échoué, une bonne petite pandémie pourrait précipiter nos dirigeants à accepter la mise en place d’un gouvernement mondial ! L’Histoire nous apprend que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur

Jacques Attali reprend sa plume et écrit en mars 2020 dans le même sens de son écrit cde 2009 :

« Aujourd’hui, rien n’est plus urgent que de maîtriser les deux tsunami, sanitaire et économique, qui s’abattent sur le monde. Et pour l’écarter, il faut regarder loin, en arrière et devant, pour comprendre ce qui se joue ici : Chaque épidémie majeure, depuis mille ans, a conduit à des changements essentiels dans l’organisation politique des nations, et dans la culture qui sous-tendait cette organisation. Par exemple, on peut dire que la Grande Peste du 14ème siècle, (dont on sait qu’elle réduisit d’un tiers la population de l’Europe) a participé à la remise en cause radicale, sur le vieux continent, de la place politique du religieux, et à l’instauration de la police, comme seule forme efficace de protection de la vie des gens. L’Etat moderne, comme l’esprit scientifique, y naissent alors comme des conséquences, des ondes de choc, de cette immense tragédie sanitaire. L’un et l’autre renvoient en fait à la même source : la remise en cause de l’autorité religieuse et politique de l’Eglise, incapable de sauver des vies, et même de donner un sens à la mort. Le policier remplaça le prêtre. Il en alla de même à la fin du 18ème siècle, quand le médecin remplaça le policier comme le meilleur rempart contre la mort. On est donc passé en quelques siècles d’une autorité fondée sur la foi, à une autorité fondée sur le respect de la force, puis à une autorité plus efficace, fondé sur le respect de l’Etat de droit. On pourrait prendre encore d’autres exemples et on verrait que, à chaque fois qu’une pandémie ravage un continent, elle discrédite le système de croyances et de contrôle, qui n’a su empêcher que meurent d’innombrables gens ; et les survivants se vengent sur leurs maîtres, en bouleversant le rapport à l’autorité » (10).

Ne s’adressant  principalement qu’à l’Occident il écrit :

« Si les systèmes occidentaux échouent, on pourrait voir se mettre en place non seulement des régimes autoritaires de surveillance utilisant très efficacement les technologies de l’intelligence artificielle, mais aussi des régimes autoritaires de répartition des ressources. Heureusement, une autre leçon de ces crises, est que le désir de vivre est toujours le plus fort ; et que, à la fin, les humains renversent tout ce qui les empêche de jouir des rares moments de leur passage sur la terre. Aussi, quand l’épidémie s’éloignera, verra-t-on naître, (après un moment de remise en cause très profonde de l’autorité,), une nouvelle légitimité de l’autorité ; elle ne sera fondée ni sur la foi, ni sur la force, ni sur la raison (pas non plus, sans doute, sur l’argent, avatar ultime de la raison). Le pouvoir politique appartiendra à ceux qui sauront démontrer le plus d’empathie pour les autres. Les secteurs économiques dominants seront d’ailleurs aussi ceux de l’empathie : la santé, l’hospitalité, l’alimentation, l’éducation, l’écologie. En s’appuyant, bien sûr, sur les grands réseaux de production et de circulation de l’énergie et de l’information, nécessaires dans toute hypothèse. On cessera d’acheter de façon frénétique des choses inutiles et en reviendra à l’essentiel, qui est de faire le meilleur usage de son temps sur cette planète, qu’on aura appris à reconnaître comme rare et précieux. Notre rôle est de faire en sorte que cette transition soit la plus douce possible, et non un champ de ruines. Plus vite on mettra en œuvre cette stratégie, plus vite on sortira de cette pandémie, et de la terrible crise économique qui s’en suivra » (10).

Plus personne n’en doute : cette pandémie aura un impact considérable sur le monde.

Jacques Attali met en garde contre la dérive et propose des pistes de réflexion qui permettraient d’éviter la guerre de tous contre tous :

« Une telle situation pourrait faire définitivement basculer nos civilisations dans le comble de l’individualisme, de la lutte sauvage pour la vie. Plus de respect de l’autre. Plus d’empathie. On ne peut pas non plus écarter que la pandémie finisse par avoir un impact très grave sur l’économie mondiale. On n’en est pas là, et on peut encore tout faire pour l’éviter. Pour y parvenir, il faudrait aussi que cette crise, sans faire plus de victimes, marque vraiment les esprits ; et qu’on y décèle au plus vite, dans les interstices de ces catastrophes menaçantes, quelques indices d’un possible monde meilleur. Les actions les plus importantes se dessinent clairement : D’une part, agir massivement sur les éléments les plus directs de la crise : Il nous faut plus d’hygiène individuelle, et collective ; plus de médecins, d’infirmières, d’équipements hospitaliers, de moyens de soins intensifs ; plus de moyens de recherche fondamentale et appliquée. Il nous faut enfin réguler les systèmes financiers et défaire les folles pyramides de dettes qui nous ont emmenées là où nous sommes aujourd’hui » (11).

D’autre part, tirer le meilleur des nouvelles pratiques que cette crise, quelle que soit sa gravité, nous aura imposé : se respecter, se laver, se surveiller ; passer plus de temps avec les siens, avec ses amis, et avec la nature ; cuisiner et passer du temps à table ; sélectionner les déplacements les plus utiles ; découvrir les vertus du télétravail ; utiliser vraiment ces nouvelles technologies pour bien écouter de la musique, pour informer, pour enseigner et pour diagnostiquer. Et, en conséquence, promouvoir un tout nouveau mode de croissance, et de nouveaux secteurs économiques jusqu’ici, pour certains, négligés. Surtout ceux de la santé et de l’éducation, dans toutes leurs dimensions. Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que Wall Street regroupe certaines de ces entreprises dans un nouvel index, indice dit Stay Home, où on retrouve, à coté de Netflix, 33 entreprises directement bénéficiaires de cette crise Plus généralement, cela nous apprendra à prendre au sérieux la seule chose dans le monde qui est vraiment rare, qui a vraiment de la valeur : le temps. Le bon temps. Celui de notre vie quotidienne, qu’on ne doit plus perdre dans des activités futiles. Celui de notre vie personnelle, qu’on peut allonger en y consacrant plus de moyens. Celui de notre civilisation enfin, qu’on peut préserver, en cessant de vivre dans l’agitation, la superficialité, et la solitude. Dans un tout nouvel équilibre entre nomadisme et sédentarité » (11).

Et l’Algérie dans tout çà ? 

L’Algérie fait face au coronavirus qu’elle doit vaincre mais aussi à une baisse drastique du prix du baril . Il est vrai que l’impact de l’épidémie du coronavirus, est comparable à une catastrophe naturelle, et même à une guerre planétaire Cette crise est partie pour durer 2021, Le monde ébranlé ne sera plus jamais comme avant avec un impact sur toute l’architecture des relations politiques et économiques internationales. Une autre épreuve pour le pays est que d’après le rapport de l’AIE du 12 mars 2020, la demande de pétrole devrait fortement baisser La Chine diminuant drastiquement sa consommation. L’AIE prévoit que le Brent pourrait se coter à 43 dollars moyenne annuelle en 2020, soit une baisse de 29,3%, par rapport à 2019. Nous devons nous y préparer et les premières mesures sur la transition énergétique vers le Développement Durable sont encourageantes. Nous devons tous ensemble nous unir et contribuer plus que jamais a réparer le lien qui nous unit
Comment devrions nous organiser par rapport au danger du Coronavirus ?.

A sa façon , Razika Adnani philosophe et islamologue en appelle à une prise de conscience salvatrice qui transcende les clivages. Il s’agit de sauver les Algérien-es et nos différents sont vains devant le péril commun : Elle écrit :

« Si l’épidémie vient à monter et que le pays entre dans la phase trois, il est évident que des milliers d’Algériens ne pourront pas avoir accès aux soins et que la famine risque de se propager notamment dans les zones reculées. Voilà pourquoi, seule la vigilance des Algériennes et des Algériens et leur sentiment de responsabilité pourra faire barrage à cette maladie et protéger l’Algérie d’une telle situation. Les Algériens, qui ont donné des leçons de maturité lorsqu’ils sont sortis revendiquer leurs droits de citoyens, doivent donner aujourd’hui une autre leçon de maturité contre le Coronavirus en suspendant leurs manifestations pour éviter la transmission de la maladie. Il y va de la responsabilité de chacun et chacune de se protéger et de protéger son entourage en suivant strictement les consignes des autorités sanitaires. Aimer son pays consiste aussi à le protéger du Coronavirus. Suspendre les manifestations ne signifie pas arrêter le mouvement populaire ni oublier le désir de chacune et chacun de construire une nouvelle Algérie, mais simplement les reporter pour une autre date. Ceux qui pensent qu’il s’agit d’un complot pour casser le mouvement populaire ont juste renoncé à l’usage de leur raison et refusent de regarder autour d’eux ou n’ont pas l’habitude de le faire. Dans les moments de difficultés et de danger, être citoyen c’est préférer comme le dit Démosthène, homme d’État athénien, les mots qui sauvent aux mots qui plaisent. Mais aujourd’hui le Coronavirus est là. Il nous rappelle que nous sommes tous les habitants d’une seule planète et que nous partageons tous le même sort ». (12)

Il est heureux  que l’Etat algérien soit en ordre de marche ! l’Algérie redécouvre les vertus ancestrales de la solidarité et de l’empathie face à une cause commune. Nous devons remercier le ciel pour cette Union sacrée face à de danger/ Nous allons remonter la pente tous ensemble et toutes nos ambitions pour une Algérie de nos rêves se concrétiseront .

Conclusion

Assurément nous allons vers une déconstruction, l’ancien monde a vécu malgré toutes les tentatives de replâtrage. Plus rien ne sera comme avant. L’ancien monde se délite devant un petit microbe qui fait plus peur que les changements climatiques qui s’inscrivent dans le temps long. Nous préférons l’analyse de Jacques Attali qui avait décrit d’une façon prophétique la pandémie comme le signal d’un nouveau monde. Peut être que cette fois çi nous pourrions sortir de l’ébriété énergétique, nous engager dans une nouvelle mondialisation en pente douce. Malgré l’inanité de l’avoir devant l’être, le néolibéralisme qui fait fi de la dignité humaine et les coups de boutoir de la post-modernité font que la civilisation telle que nous l’avons connue risque de disparaître rapidement. On ne devrait, cependant, jamais oublier que des civilisations millénaires avec leurs espérances diverses peuvent s’éteindre en quelques lustres. Tournons le dos à l’éphémère et cessons de dépenser au lieu de penser

Nous profiterons alors du temps, nous allons redécouvrir en famille, le rythme des saisons, les solidarités, la sobriété et peut être que nous pourrions profiter du bon temps. La dictature du temps qui nous est compté, ce temps que nous segmentons pour traverser la vie avec des repères temporels, nous fait injonction d’être prêt le moment venu, du fait de l’impossibilité d’arrêter le cours du temps et l’inéluctabilité du destin. Plus que jamais nous devons l’utiliser à bon escient . On se souvient des mots attribués à Alexandre le Grand qui conquit le monde et qui fut terrassé par une bactérie : «Je veux que mon cercueil soit transporté à bras d’homme par les meilleurs médecins de l’époque, que les trésors que j’ai acquis (argent, or, pierres précieuses…) soient dispersés tout le long du chemin jusqu’à ma tombe, et que mes mains restent à l’air libre, se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous», afin que «les médecins comprennent que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir, que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas, et que les gens puissent voir que les mains vides, nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous : le temps». (13)

« Puissent tous les hommes écrit Voltaire dans son « Traité sur la tolérance » se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix… » 

Amen

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes

1.RichardArzt http://www.slate.fr/story/188487/diminution-epidemie-coronavirus-chine 130320
2.Titiou Lecoq http://www.slate.fr/story/188781/coronavirus-epidemie-confinement-faire-nation-fractures-societe-francaise-inegalites? 20 mars 2020

3.Laure Beaudonnet https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2743779-20200319-coronavirus-debut-destabilisation-cours-apres-selon-philosophe-dominique-bourg
4.Henry Grabar http://www.slate.fr/story/188565/coronavirus-covid-19-rien-ne-sera-plus-jamais-comme-avant Traduit par Peggy Sastre — 16 mars 2020
5. https://aphadolie.com/2020/03/17/coronavirus-alors-que-la-pandemie-se-developpe-les-ventes-darmes-a-feu-augmentent-aux-etats-unis/
6.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/218320-la detresse-des-musulmans.html
7.Gérard Horny 17 mars 2020 http://www.slate.fr/story/188421/coronavirus-demondialisation-echanges-frontieres-chine
8.Allison Schrager http://www.slate.fr/story/187608/socialisme-echec-capitalisme-economie-marcheTraduit par Peggy Sastre — 25 février 2020 

9. France Inter 20 mars 2020 https://www.franceinter.fr/vie-quotidienne/quand-le-covid-19-devient-une-occasion-historique-de-changer-tous-ensemble
10. http://www.wikistrike.com/2020/03/attali-une-petite-pandemie-permettra-d-instaurer-un-gouvernement-mondial.htmlhttp://www.attali.com/societe/que-naitra-t-il/
11.http://www.attali.com/societe/la-pandemie-permettra-peut-etre-de-comprendre-que-seul-vaut-le-temps/
12.https://www.tsa-algerie.com/la-citoyennete-consiste-aussi-a-faire-barrage-au-coronavirus/7
13. https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/la-dictature-du-temps-et-le-rituel-annuel-de-passage-36325?

Article de référence : https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/le-nouveau-monde-apres-le-corona-40655

 

 

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Avec la prétendue fin de la guerre froide, l’establishment occidental s’était fixé un objectif clair: démontrer son hégémonie par tous les moyens, y compris les plus agressifs. Les Etats récalcitrants devaient en payer les frais. La République fédérale de Yougoslavie fut l’une des premières victimes de cette politique néocolonialiste occidentale.

L’intervention otanesque contre l’Etat yougoslave, officiellement appelée «L’opération Force alliée» avait débuté le 24 mars 1999 et a duré 78 jours, jusqu’au 10 juin de la même année. Cette agression, en violation totale du droit international – faut dire aussi qu’à cette période le droit international n’existait de facto plus – s’est traduite par 37 465 missions aériennes, 8676 missions offensives avec un largage d’environ 23 000 munitions. Ladite opération d’agression contre un Etat souverain, en soutien à la sulfureuse milice de guerre kosovare Armée de libération du Kosovo (UÇK) a fait plus de 2000 victimes civiles yougoslaves (les sources de Yougoslavie faisaient référence à un chiffre allant jusqu’à 5700 civils), dont pas moins de 400 enfants, ainsi que près d’un millier de militaires yougoslaves. S’ajoutent à cela la destruction de 89 usines, 120 installations énergétiques, 128 autres installations industrielles, 48 hôpitaux, 82 ponts, 25 bureaux de poste, 70 écoles, 18 jardins d’enfants, 35 églises et 29 monastères.

Et là aussi ce ne fut pas tout. Suite au retrait des Forces armées de Yougoslavie du Kosovo, dans la période qui s’en est suivie, plus précisément du 10 juin 1999 au 27 février 2000, les terroristes de l’UÇK ont mené 4354 attaques contre les habitants de la province du Kosovo (dont 4121 contre les habitants serbes et monténégrins, 96 contre les Albanais pro-yougoslaves, 137 contre les Tsiganes et d’autres représentants ethniques). A ce jour, 821 personnes ont été portées disparues, parmi lesquelles 757 Serbes. Le nombre de personnes tuées est de 910 personnes – dont 811 Serbes. 802 autres personnes furent blessées, dont 751 habitants serbes du Kosovo.

Cela sans oublier le trafic d’êtres humains et d’organes organisé par les criminels de l’UÇK – l’allié de l’Occident politique. A ce jour – non seulement les responsables uckistes de ces crimes n’ont pas été inquiétés, mais bien plus que cela, ils continuent d’être reçus avec les «honneurs» à Washington, comme dans d’autres capitales occidentales.

La suite est connue aussi: la proclamation unilatérale «d’indépendance» le 17 février 2008 du Kosovo par les mêmes qui encore hier procédaient aux massacres et aux divers trafics barbares, et la reconnaissance immédiate de cet arrachement du berceau historique, spirituel et civilisationnel de la Serbie par les élites politiques de l’Occident. Face à eux – la Russie, plusieurs pays d’ex-URSS, la Chine, l’Inde, l’Iran, l’Afrique du Sud et plusieurs autres pays africains, la plupart des pays asiatiques et latino-américains – n’ont pas reconnu à ce jour la prétendue «indépendance» de la province serbe du Kosovo. A noter également que plus récemment et suite à la campagne diplomatique serbe lancée en octobre 2017, seize Etats sont revenus sur leurs décisions antérieures de reconnaissance.

Une chose est certaine: le précédent du Kosovo avait clairement démontré ce que représentait véritablement l’establishment occidental, dans toute sa «splendeur». Et aussi sur quel genre de criminels ce même establishment pouvait miser dans le but d’atteindre ses objectifs géopolitiques ou afin de punir les Etats désobéissants.

Evidemment et depuis beaucoup de choses ont changé. Le monde n’est plus le même et ne sera plus le même. Les grandes puissances non-occidentales, partisanes du nouvel ordre multipolaire, ont bel et bien pris leurs responsabilités – suivies dans cet élan par leurs alliés aux quatre coins du monde. Cette résistance et cette nouvelle solidarité internationale s’est traduite dans une opposition politico-diplomatique, économique, militaire et sécuritaire face à l’axe politique occidental pro-unipolaire. Et à ce titre, de nombreux Serbes ont aujourd’hui de quoi être fiers. Car malgré les agressions et humiliations subies, il est évident qu’ils ont pu largement contribuer à ce que la nouvelle ère multipolaire voit le jour. Et donc – leurs sacrifices n’ont pas été vains.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Non!, évidemment que non, en France, il n’y pas la guerre ! Malgré le style anaphorique et le ton grave du président en exercice, la France n’est pas en guerre sur son territoire. Peut-être sa professeure de théâtre a-t-elle oublié que hors scène, dans la vraie vie, répéter les choses avec une telle insistance est souvent aveu de faiblesse.

Même s’il s’agissait d’une métaphore que le président voulait forte, afin de marquer les esprits, elle est  très mauvaise et il convient de la dénoncer pour ce qu’elle est. Parce que si un jour – et vu l’histoire du pays, de l’Europe, et des tensions que l’absurde politique de l’UE alimente, il ne faut pas l’exclure – le pays était réellement en guerre, comme c’est le cas sous différentes formes depuis depuis 6 ans au Yémen, depuis 9 ans en Libye, depuis 10 ans en Syrie, depuis 25 ans en Irak, depuis 40 ans en Afghanistan, ou depuis 70 ans en Palestine… que dirait alors ce mauvais ‘intérimaire’ du pouvoir aux citoyens : qu’il s’agit d’une pandémie ?… La nation France n’est donc pas en guerre sur son territoire, et dans la bouche de son président, utiliser un tel vocabulaire est honteux ! Par contre, la France participe aux guerres de tous les pays cités ci-dessus… et là, le président aurait pu chiffrer le coût que cela représente et les montants astronomiques dont l’ensemble des services sociaux ont été privés par ces choix guerriers du président dans son suivi atlantiste ! Mais pour cela, il faut du courage que n’a pas ce gringalet ayant manifestement endossé un costume trop large pour ses épaules.

Il convient donc de reprendre dans son entièreté cette phrase du philosophe Brice Parain, ami de Camus à qui une partie de la phrase est faussement attribuée, disant :

 » Mal nommer un objet c’est ajouter au malheur de ce monde, car le mensonge est justement la grande misère humaine, c’est pourquoi la grande tâche humaine correspondante sera de ne pas servir le mensonge. »

Et vu la gravité de la situation générale dans ce monde globalisé dont on sent bien qu’il craque de partout, revisitons l’Histoire un peu plus loin pour se rappeler la sentence de Platon qui il y a plus de 2000 ans déjà disait :  « La perversion de la cité commence par la fraude des mots ». Parce que sans doute est-on là au cœur de ce qui se passe vraiment en France et dans nos ‘démocraties’ occidentales ces dernières années : le règne du mensonge travesti en vérité.

Que ‘l’ado de l’Elysée’ court vers ses prédécesseurs Hollande et Sarkozy pour y prendre conseils, n’est pas anodin. Ce  monde obscur de l’entre-soi tourne à plein régime et fonctionne bien. Ces menteurs qui n’ont pas plus de décence que de dignité, n’ont pas besoin de longues explications entre eux, ils se comprennent instantanément puisqu’ils parlent le même langage.

Les deux dernières interventions du mauvais acteur élyséen pourraient faire l’objet d’une analyse détaillée, et révéleraient combien les affirmations qui y sont assénées sont fausses et totalement biaisées. De manière globale, la plus énorme est sans doute ce changement de ton à l’égard du personnel médical. Ce président qui avec ses prédécesseurs n’ont cessé de détruire la sécurité sociale et particulièrement le monde de l’hôpital – près de 100.000 lits ont été supprimés depuis 20 ans, particulièrement dans l’hôpital public (1) – voudrait faire croire qu’il a soudain compris le message que le personnel hospitalier s’époumone à lui crier et qu’il a méprisé tout au long de ses interventions sur le sujet. Après avoir passé la première moitié de son mandat à détruire le service public, le voici qu’il lui lèche les bottes et considère les médecins et soignants comme les héros de la nation ! 

Il faut donc rappeler et marteler aux électeurs que si ‘guerres’ il y a, ce sont celles que ce délinquant mène aux côtés des USA, et pour lesquelles il trouve toujours assez d’argent au lieu de le consacrer pour garantir la santé des Français ! Quelles obscénités faut-il entendre !? Du même genre que celles qu’il tenait avec la première dame le 06 mars, invitant les citoyens à continuer à sortir, aller au cinéma, au théâtre, au resto alors que le virus était déjà à l’œuvre. Quelle imposture, quelle incompétence!

Deuxième mauvaise ‘intérimaire’ du pouvoir : l’ancienne ministre de la santé, A. Buzyn… qui a déjà perdu son job, alléchée par la mairie de Paris où elle a échoué lors du 1er tour des municipales. Celle-là même qui affirmait le 03 mars sur France2 que « tout a été préparé, et ça bien avant que le coronavirus n’arrive en France… stock de masques, machines respiratoires, commandes, etc. » Au moins celle-là a débarrassé le plancher et nous épargnera ses facéties plus saugrenues et mensongères les unes que les autres…

Troisième mauvais ‘intérimaire’ du pouvoir : le 1er ministre E. Philippe, disant tout et son contraire, à quelques heures d’intervalle, avec l’aplomb de ceux qui ont l’habitude de mentir sans sourciller. C’est une seconde nature chez ces gens-là… A tel point qu’à ce jour, un collectif de 600 (!) médecins ont entrepris une action en justice contre ce 1er ministre et Mme. Buzyn pour « mensonges d’État ». (2) Du jamais vu dans les annales…

Quatrième mauvais ‘intérimaire’ du pouvoir : le ministre de l’intérieur, Ch. Castaner à qui la première dame devrait urgemment donner des cours de théâtre, tant il est nul en communication. L’entendre est pénible, le voir insupportable, les deux en même temps est une insulte à l’intelligence. Celui qui a démontré son incompétence crasse à gérer les manifs des Gilets jaunes, et dont on a pu voir les dérives à travers les ordres donnés aux forces de l’ordre, ne tire aucune leçon de ses échecs. Il en rajoute et ne fait qu’aggraver son cas…

Cinquième mauvais ‘intérimaire’ du pouvoir : le ministre de l’éducation, J-M. Blanquer. Dans ce cas aussi, les volte-faces sont d’usage courant : d’une part, il affirme le 05 mars que « Dans tous les scenarios (c’est moi qui souligne) que nous avons, il n’est pas prévu de fermer les écoles »(3)… on connaît la suite. Ce même ministre qui déclarait quelques heures plus tard que la France risquait de connaître une contamination à hauteur de 50 à 70% de la population. Qui est-il donc pour avancer de tels chiffres ? Sur quelles bases scientifiques s’appuie-t-il pour lancer de telles prévisions ? Quant au BAC, les lycéens ne savent pas à quoi s’en tenir. Là il est dit qu’il sera reporté en septembre, ailleurs qu’il sera ‘donné’ à tous les lycéens. Et cette année déjà amplement amputée pour causes de grèves diverses, semble totalement perdue pour l’ensemble des jeunes, quelque soit le degré dans lequel ils sont scolarisés. Ce ne sont pas les décisions de Mr Blanquer qui risquent de relever le niveau déjà désastreux de l’enseignement, comme s’en alarment les professeurs d’universités…

Sixième mauvaise ‘intérimaire’ du pouvoir : la ministre du travail, M. Penicaud, dont on se demande si elle comprend elle-même son cafouillage verbal. A moins qu’elle ne soit ‘imbibée’ en permanence, selon des langues moins aimables ? Dans ce cas aussi, quelques cours avisés de la première dame ne seraient pas inutiles. Après le message exalté de son immature président qui semblait soudain avoir retrouvé les vertus de l’État providence, cette ministre en profite pour rappeler que les acquis sociaux seront revus à travers la loi ‘urgence coronavirus’. Vous pensiez avoir compris que dans un élan de solidarité et de sécurité sanitaire l’État vous encourageait à rester chez vous pour votre propre protection et celle des autres, ben vous devrez en payer l’addition !… et ce gouvernement acoquiné au grand patronat n’est pas prêt d’oublier les quelques aménagements provisoires consentis bien malgré lui. Des technocrates dociles doivent déjà calculer dans quelque alcôve retirée, comment récupérer tout cela, intérêts compris, sur le dos des travailleurs : congés amputés, semaine de 48h voire de 60h, jour de carence supprimé, …

Je pourrais encore en citer bien d’autres, comme B. Lemaire, ministre de l’Economie & des Finances qui a pour lumineuse idée de proposer une prime de 1000 euros mensuels à celles et ceux qui continueraient à se rendre sur leur lieu de travail. Pas belle, la vie ? D’un côté des sirènes d’alarme présidentielles vous intiment de rester chez vous pour protéger votre vie, et les flics traquent jusqu’aux SDF pour verbaliser à tour de bras ; d’un autre on vous propose de la risquer pour 1000 balles. Faut oser, quand même !…

Et faut-il énumérer les stupidités quasi quotidiennes débitées par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye ? Désolé pour elle, mais elle porte bien son prénom ! Sans oublier le nazillon de service, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, dont le képi est manifestement trop grand pour la taille de la boîte crânienne qui abrite ce qui lui sert de cerveau, et qui dans son cas, porte tellement bien son nom !

Sans oublier qu’autour de cette équipe d’imposteurs, s’y dissimule toute leur administration, fidèle relais des ordres d’en haut, où planqués, craintifs de perdre leurs petits avantages, se démènent et multiplient la paperasse inutile. Avec un tel gouvernement, décidément, la France est dans de beaux draps. Sans parler des merdias de service où les chroniqueurs habituels parviennent à distiller leur venin raciste, liant le coronavirus à l’islam ou à la Chine…

Que les citoyens ne s’y trompent : les décisions qui sont prises ne le sont pas pour la préservation de leur santé. Nos vies, corvéables à merci, ne préoccupent pas cette classe de nantis. En revanche, le pouvoir va profiter de la pandémie du Covid-19 pour imposer des lois qui ne pourraient jamais l’être en temps ordinaires. La mise en scène orchestrée sert à plonger la population dans un état de choc, de panique, de sidération l’empêchant de réagir à ce qui s’annonce. C’est ce que Naomi Klein a développé dans son livre « La stratégie du choc » paru en 2007 et dans lequel elle détaille la manière dont les Etats profitent de situations exceptionnelles pour faire passer des lois impopulaires. Et en France, comme on peut le voir, cela n’a pas tardé. Toute une série d’acquis sociaux vont être revus et détricotés au profit du grand capital, jamais rassasié.

La question que les Français et plus largement les citoyens de l’UE doivent se poser est la suivante : va-t-on encore soutenir un tel pouvoir pendant longtemps ? Parce qu’à y regarder de près, voilà des décennies que cela dure. Que faut-il donc de plus pour dégommer cette caste d’imposteurs, de voleurs et d’incapables ?! Quels sont ces citoyens, même minoritaires, qui votent pour ce tas d’incompétents, d’amateurs, de voyous ? Faut-il rappeler que ce ne sont que des ‘intérimaires’ ? De passage au pouvoir. Mais que s’ils ne conviennent pas, ils faut les dégager !?

Et au-delà du problème intérieur, les réflexes de l’Allemagne et de la France face à l’appel à l’aide de l’Italie ne resteront pas sans trace. Ni l’attitude de l’Allemagne avec la Suisse. (4) Après avoir laissé l’Italie et la Grèce se débrouiller avec le problème migratoire, voici que les principaux pays de l’Europe se détournent de la solidarité et optent pour le ‘chacun pour soi’… Tout comme la République tchèque qui a reconnu avoir détourné une cargaison chinoise à l’attention de l’Italie dans l’envoi de matériel médical face au refus d’aide intra-européenne.(5) Depuis, l’Italie a fait appel à la Chine, à Cuba, au Venezuela, et à la Russie, tous pays désignés par l’administration américaine comme « l’Axe du Mal », et vis-à-vis desquels l’UE s’aligne dans les sanctions inhumaines dictées par les USA. 

Comme l’ont prédit certains, il y aura sans doute un avant et un après Covid-19. Et l’après risque d’être un terrain de règlements de compte d’une Europe qui a raté l’occasion de montrer sa solidarité, avec une forte probabilité d’une sortie de l’Italie, qui serait alors suivie par la Grèce, l’Espagne, le Portugal, voire la France d’une institution technocratique qui aura démontré son incapacité à mettre en pratique ses ambitions purement idéologiques mais toutes théoriques, sans effets concrets dans la réalité quotidienne des citoyens. 

Ces gens-là pensent-ils pouvoir vivre tranquillement, une fois leur carrière politique terminée ? Pensent-ils que la population regarde ce qui se déroule sous leurs yeux sans réfléchir ? La surprise risque d’être de taille, une fois l’épidémie passée. Tous les ingrédients sont rassemblés pour une déferlante de Gilets jaunes couleur feu !

Daniel Vanhove

Le 25 mars 2020

Image en vedette : Capture d’écran à partir d’une vidéo sur Youtube. Covid-19 : le président Macron annonce la fermeture des établissements scolaires à partir de lundi…  (Source : euronews)

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Notes

1 https://www.francetvinfo.fr/sante/hopital/cinq-chiffres-pour-comprendre-la-crise-dans-les-services-d-urgences_3475921.html

2 https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-trois-medecins-portent-plainte-contre-edouard-philippe-et-agnes-buzyn-6786167

3 https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5919072/coronavirus-dans-tous-les-scenarios-que-nous-avons-il-nest-pas-prevu-de-fermer-les-ecoles-blanquer.html

4 https://lesobservateurs.ch/2020/03/11/coronavirus-la-douane-allemande-bloque-des-conteneurs-medicaux-en-direction-de-la-suisse-lapprovisionnement-de-lallemagne-est-prioritaire/?

5 http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-la-republique-tcheque-reconnait-avoir-detourne-des-masques-destines-a-l-italie-22-03-2020-8285340.php?

C’est une question de vie ou de mort

mars 25th, 2020 by Claude Jacqueline Herdhuin

Répétée à plusieurs reprises par notre directeur national de la santé, Horacio Arruda, cette phrase voulait souligner la gravité de la situation au Québec. Les Québécoises et les Québécois désobéissants deviennent des tueurs en série potentiels.

La situation est certes très sérieuse, car la santé est notre bien le plus précieux, surtout lorsque des millions de personnes n’ont plus que cette richesse. Entreprises fermées, chômage forcé, enseignement suspendu, etc. la vie n’est pas facile pour les habitants de cette province. Et voilà que nous risquons tous et toutes de mourir ou de tuer quelqu’un si nous ne restons pas chez nous.

Je ne suis pas négationniste. 

Aujourd’hui, la mode est de traiter les personnes qui tiennent un discours différent ou peut-être plus éclairé que le discours dominant de dangereuses négationnistes. Je ne suis ni médecin ni chercheuse, mais j’ai une intelligence et des capacités de réflexion que j’utilise. Je lis, je m’informe et je ne me fie pas à une unique source d’information. En fait, je ne prends pas pour argent comptant ce que dit telle revue, tel média sous prétexte que c’est LA revue, L’Émission d’information la plus lue ou la plus écoutée.

Hier, avant de regarder le point de presse de M. Legault et du Dr Arruda, j’ai regardé celui de M. Trudeau et j’ai écouté des entrevues avec des médecins, notamment avec le Dr Didier Raoult, infectiologue, virologue et microbiologiste; le Dr Amir Khadir, spécialisé en microbiologie-infectiologie et la Dre Nima Machouf, épidémiologiste. Des médecins et des scientifiques qui ont fait leurs preuves.

Où est l’intrus?

« C’est une question de vie ou de mort », martelait le Dr Arruda. « On a plus de chance de mourir d’autre chose [que du Covid-19] », affirme le Dr Raoult. Deux discours très différents : le premier alarmiste, le second plus rassurant. Où est l’intrus?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) 3,4 % des patients confirmés positifs dans le monde sont décédés. Toutefois, le taux de létalité n’est pas le même partout. Au Québec, nous comptons, à l’heure à laquelle j’écris cet article, 1013 cas dont 4 morts, soit un taux de létalité de 0,4 %. En France, on comptait 19 856 cas et 860 décès en date du 23 mars, soit un taux de létalité de 4,3 %. Mais pour que les taux de létalité soient exacts, il faudrait tester l’ensemble de la population. Ce qui n’est pas fait. Seule la Corée du Sud a opté pour cette approche.

Nima Machouf a confirmé qu’il faudra attendre des mois, voire un an ou plus, avant qu’un vaccin contre le COvid-19 soit disponible. Il n’existe pas de médicament spécifique pour ce virus, mais la chloroquine fait ses preuves. Ce médicament existe depuis 70 ans et est utilisé contre le paludisme. Le Dr Raoult a fait un test auprès de 24 malades. Six jours plus tard, seuls 25 % d’entre eux étaient encore porteurs du virus. Alors que 90 % de ceux qui n’en avaient pas reçu étaient toujours positifs au Covid-19. Un traitement prometteur, mais contesté par d’autres médecins qui allègue le manque de recul et des effets secondaires, déjà connus, comme pour tout médicament. Interrogé par Sciences et Avenir, le Didier Raoult explique :

« Nous utilisons la chloroquine depuis longtemps dans notre équipe pour traiter certaines infections bactériennes. Certains de nos patients ont été traités pendant 2 ans ainsi, nous connaissons les effets secondaires potentiels. Par ailleurs, il faudrait commencer à prendre au sérieux les scientifiques chinois, en particulier les virologues, qui comptent parmi les meilleures équipes au monde. » 

Deux ans semblent être un recul suffisant. 

« Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament que l’on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités », a fait valoir mardi Didier Raoult, cité par Les Echos. Le gouvernement français a autorisé un test clinique à grande échelle de la chloroquine. Une décision qui fait preuve de jugement et qui pourrait non seulement sauver des vies et mettre un terme à la crise du Covid-19. 

Il est donc possible de soigner cette grippe « meurtrière ». Mais d’autres intérêts sont en jeu, ceux des grandes compagnies pharmaceutiques, entre autres. La question que je me pose est pourquoi le gouvernement québécois a-t-il tout mis en œuvre afin de créer un climat de panique généralisé? Il suffit d’aller dans un commerce pour constater la morosité, quand ce n’est pas l’agressivité, des clients. Le discours tenu par le premier ministre Legault et le Dr Arruda lors du point de presse du 23 mars était, et c’est un faible mot, des plus alarmant « C’est une question de vie ou de mort », martelait le directeur national de la santé. « Restez chez vous. » Il a même été fait allusion à la possibilité d’appliquer des mesures coercitives.

C’était hier. Aujourd’hui, le ton était beaucoup plus doux, notre premier ministre et notre directeur national de la santé nous conseillaient de faire une marche, c’est bon pour la santé, de boire un verre de vin pour nous remonter le moral, c’est normal d’être anxieux, etc. Le mal est fait, la population confinée à la maison, les entreprises sur « pause », les commerces non essentiels fermés, autant de décisions qui engendrent et maintiennent un état général de malaise social. 

Didier Raoult quitte le Conseil scientifique mis en place autour d’Emmanuel Macron. 

Il existe pourtant d’autres avenues qu’imposer le confinement à toute la population, telle celle choisie par la Corée du Sud et que le Dr Raoult défend. Mettre en place une campagne massive de dépistage à l’échelle nationale et d’isolement des cas positifs. « Cette stratégie a permis de s’attaquer aux nouveaux foyers avant qu’ils débordent. » La Corée du Sud déclarait 909 nouveau cas le 29 février et signalait moins d’une centaine de nouveaux cas pour une quatrième journée consécutive le 18 mars. La stratégie semble donc gagnante. Les chiffres parlent. La pandémie serait-elle devenue un terrain sur lequel s’exercent des luttes de pouvoirs, au détriment de la population?

Claude Jacqueline Herdhuin

Autrice, réalisatrice

 

Références :

Le Johns Hopkins Center for Systems Science and Engineering (CSSE) a mis au point un tableau de bord en ligne, qu’il met régulièrement à jour pour suivre l’évolution de la pandémie du Covid-19 dans le monde :

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6 

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La tendance est à un verrouillage mondial mené par la peur et la désinformation des médias. Actuellement, des centaines de millions de personnes dans le monde entier sont en état de confinement. 

Quelle est la prochaine étape dans l’évolution de la crise de la COVID-19 ?  

Un programme de vaccination contre le coronavirus a été annoncé à Davos lors du Forum économique mondial (21-24 janvier), à peine deux semaines après que le coronavirus ait été identifié par les autorités chinoises le 7 janvier.  

L’entité responsable de l’initiative pour un nouveau vaccin contre le coronavirus est la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), une organisation parrainée et financée par le Forum économique mondial (WEF) et la Fondation Bill et Melinda Gates. 

Notez la chronologie : Le développement du vaccin nCoV 2019 a été annoncé au Forum économique mondial de Davos (WEF) une semaine avant le lancement officiel par l’OMS d’une urgence de santé publique mondiale (30 janvier), alors que le nombre de « cas confirmés » dans le monde (hors Chine) était de 150 (dont 6 aux États-Unis). 

La CEPI cherche à obtenir un rôle de « monopole » dans le domaine de la vaccination, dont l’objectif est un « projet mondial de vaccins », en partenariat avec un grand nombre de « candidats ». Il a annoncé le financement de son partenariat existant avec Inovio et l’Université du Queensland (Australie). En outre, le CEPI a confirmé (le 23 janvier) son contrat avec Moderna, Inc. et l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) dirigé par le Dr Anthony Fauci, qui a joué un rôle déterminant dans la campagne de peur et de panique menée dans toute l’Amérique : « Dix fois pire que la grippe saisonnière ».

Ronald bailey: Coronavirus COVID-19 Le taux de mortalité est « dix fois pire » que celui de la grippe saisonnière, selon le Dr Anthony Fauci

Les espoirs initiaux de voir les conséquences du nouveau coronavirus sur la santé publique s’estompent.

C’est un mensonge en gras, selon l’OMS : 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les personnes infectées souffrent généralement d’une maladie bénigne et se rétablissent en deux semaines environ.

Le rôle central de la CEPI

Le CEPI traite simultanément avec plusieurs entreprises pharmaceutiques. Selon toute vraisemblance, le NIAID Moderna devrait mettre en œuvre le vaccin COVID-19 aux États-Unis.

Le 31 janvier, le jour suivant le lancement officiel de la pandémie par l’OMS et la décision de Trump de réduire les voyages aériens avec la Chine, la CEPI a annoncé son partenariat avec CureVac AG, une société biopharmaceutique basée en Allemagne. Quelques jours plus tard, début février, la CEPI « a annoncé que le grand fabricant de vaccins GSK autoriserait l’utilisation de ses adjuvants brevetés – des composés qui renforcent l’efficacité des vaccins – dans le cadre de la riposte ».

De nombreux « vaccins potentiels sont en cours d’élaboration », avec « des dizaines de groupes de recherche dans le monde entier qui s’affrontent pour créer un vaccin contre la COVID-19 ».

De leur côté, l’UE et les États-Unis sont actuellement en concurrence pour les marchés des vaccins au nom de puissants conglomérats pharmaceutiques, la Commission européenne « offrant jusqu’à 80 millions d’euros de soutien financier à CureVac AG » après qu’il ait été signalé que Trump « tentait d’obtenir l’accès exclusif à un vaccin COVID-19 qu’elle développe », sous les auspices du NIAID dirigé par le Dr Anthony Fauci.

L’exercice de simulation de l’événement Coronavirus 201 d’octobre 2019

Le coronavirus a été initialement nommé 2019-nCoV par la CEPI et l’OMS : exactement le même nom que celui adopté lors de l’événement 201 du WEF-Gates-John Hopkins concernant un exercice de simulation de coronavirus qui s’est tenu à Baltimore à la mi-octobre 2019.

La simulation John Hopkins Event 201 trace un portait sur le développement d’un vaccin efficace en réponse à des millions de cas (dans la simulation d’octobre 2019) de nCoV 2019. La simulation a annoncé un scénario dans lequel toute la population de la planète serait touchée.

« Au cours des premiers mois de la pandémie, le nombre cumulé de cas [dans la simulation] augmente de manière exponentielle, doublant chaque semaine. Et à mesure que les cas et les décès s’accumulent, les conséquences économiques et sociétales deviennent de plus en plus graves ».

Le scénario se termine au bout de 18 mois, avec 65 millions de décès. La pandémie commence à ralentir en raison de la diminution du nombre de personnes sensibles. La pandémie se poursuivra à un certain rythme jusqu’à ce qu’un vaccin efficace soit disponible ou que 80 à 90 % de la population mondiale ait été exposée. À partir de ce moment, il est probable qu’il s’agisse d’une maladie infantile endémique.

Le programme mondial de vaccination COV-19 

La CEPI (au nom de Gates-WEF, qui a financé l’exercice de simulation) joue actuellement un rôle clé dans un programme de vaccination à grande échelle (mondiale ?) en partenariat avec des entreprises de biotechnologie, des Big Pharma, des agences gouvernementales ainsi que des laboratoires universitaires.

Tweet CEPI: Nous avons annoncé aujourd’hui le financement de trois programmes visant à développer des vaccins contre le nouveau #coronavirus, nCoV-2019

Nous soutiendrons les technologies pionnières destinées à accélérer le développement de vaccins contre les menaces émergentes #OutsmartEpidemics bit.ly/2GjEmSS

« Compte tenu de la propagation rapide du nouveau coronavirus, le monde doit agir rapidement et de manière unie pour lutter contre cette maladie. Nous espérons que ces travaux pourront constituer une avancée significative et importante dans la mise au point d’un vaccin ».

« Nous avons des conversations avec un large éventail de partenaires potentiels. Et il est essentiel que ces conversations aient lieu : Quel est le plan pour fabriquer de très grandes quantités de vaccins dans un délai potentiellement pertinent pour ce dont les gens semblent de plus en plus certains qu’il s’agira d’une pandémie, si ce n’est déjà fait ? … [Richard Hatchett, PDG de la CEPI, dans un entretien avec stat.news.com]. 

L’objectif sous-jacent est de développer un vaccin à l’échelle mondiale.

Pour ce faire, nous avons notamment mené une enquête à l’échelle mondiale sur la capacité de production afin de réfléchir à l’endroit où nous voulons implanter la fabrication de tous les produits que nous avons pu mettre au point avec succès.

Fait important, Hackett a confirmé que le projet de développement d’un vaccin avait débuté avant la découverte et l’identification du coronavirus au début du mois de janvier 2020 :

« Nous l’avons fait au cours de l’année dernière environ. … Nous utilisons les informations que nous avons recueillies et cette équipe réfléchit maintenant aux possibilités de mettre à l’échelle des vaccins de différents types. C’est un travail en cours. Pour certaines des technologies, le transfert de technologie [vers un fabricant] peut être quelque chose qui peut être fait, potentiellement, dans un délai qui est pertinent pour l’épidémie.

    Je pense qu’il sera très important d’impliquer les personnes qui ont accès à une capacité de production vraiment importante. Et il serait très, très important d’avoir les grands producteurs à la table – en raison de leur profondeur, de leur expérience, de leurs ressources internes.

Les vaccins candidats seront très, très rapides. Le Dr Anthony Fauci, directeur du NIAID [qui a semé la panique sur les chaînes de télévision], a déclaré publiquement qu’il pensait que l’essai clinique du vaccin Moderna pourrait commencer dès le printemps. (c’est nous qui soulignons)

Ce qui se passe dans la vie réelle est, à certains égards, similaire à l’exercice de simulation d’octobre 2019 chez John Hopkins. Le scénario est de savoir comment produire des millions de vaccins en supposant que la pandémie se propage.

Les conglomérats de vaccins parrainés par la CEPI avaient déjà planifié leurs investissements bien avant l’urgence sanitaire mondiale.

Je [Hackett] pense qu’une partie de la stratégie générale consiste à avoir un grand nombre de candidats. [et] vous voulez avoir suffisamment de candidats pour qu’au moins certains d’entre eux avancent rapidement dans le processus.

Et puis, pour chaque candidat, vous devez vous poser la question : Comment produire cela ? … [Et] comment allez-vous arriver à ce point avec une production à une échelle significative dans le contexte d’une maladie qui va infecter l’ensemble de la société? (Interview réalisée par Helen Branswell, statsnews, 3 février 2020)

Moderna Inc 

Moderna Inc, basée à Seattle, est l’un des nombreux candidats impliqués et soutenus par le CEPI.

Moderna a annoncé le 24 février le développement d’un « vaccin expérimental COVID-19 à ARNm, connu sous le nom dARNm-1273″. « Le lot initial du vaccin a déjà été expédié aux chercheurs du gouvernement étasunien par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) » dirigé par le Dr Antony Fauci.

Alors que Moderna Inc avait initialement déclaré que les premiers essais cliniques commenceraient fin avril, les tests impliquant des volontaires humains ont commencé à la mi-mars à Seattle :

Researchers in Seattle gave the first shot to the first person in a test of an experimental coronavirus vaccine Monday — leading off a worldwide hunt for protection even as the pandemic surges.  …

Some of the study’s carefully chosen healthy volunteers, ages 18 to 55, will get higher dosages than others to test how strong the inoculations should be. Scientists will check for any side effects and draw blood samples to test if the vaccine is revving up the immune system, looking for encouraging clues like the NIH earlier found in vaccinated mice.

“We don’t know whether this vaccine will induce an immune response, or whether it will be safe. That’s why we’re doing a trial,” Jackson stressed. “It’s not at the stage where it would be possible or prudent to give it to the general population.” (FOX news local)

Le test du vaccin contre le coronavirus s’ouvre alors que les volontaires de Seattle reçoivent leur première injection

posté à 10h14, le 16 mars 2020, par Associated Press, mis à jour à 10h24, le 16 mars 2020

Des chercheurs de Seattle ont donné la première injection à la première personne lors d’un test d’un vaccin expérimental contre le coronavirus lundi – ce qui a déclenché une course à l’échelle mondiale pour la protection [des personnes] alors même que la pandémie s’intensifie. 

Certains des volontaires en santé soigneusement choisis pour l’étude, âgés de 18 à 55 ans, recevront des doses plus élevées que d’autres pour tester la puissance des inoculations. Les scientifiques vérifieront l’absence d’effets secondaires et prélèveront des échantillons de sang pour vérifier si le vaccin renforce le système immunitaire, à la recherche d’indices encourageants comme ceux que le NIH (l’Institut national de la santé) a trouvés précédemment chez les souris vaccinées.

« Nous ne savons pas si ce vaccin provoquera une réaction immunitaire, ou s’il sera sans danger. C’est pourquoi nous faisons un essai », a souligné M. Jackson. « Il n’est pas au stade où il serait possible ou prudent de le donner à la population générale ». (FOX news local)

Le vaccin nCoV-2019 de la CEPI et la plateforme d’identité numérique ID2020

Alors que la CEPI a annoncé le lancement d’une vaccination mondiale au Forum économique mondial de Davos, une autre entreprise importante et connexe était en cours. Il s’agit de l’Agenda ID2020 qui, selon Peter Koenig, constitue « un programme d’identification électronique qui utilise la vaccination généralisée comme plate-forme pour l’identité numérique« .

« Le programme exploite les opérations existantes d’enregistrement des naissances et de vaccination pour fournir aux nouveaux-nés une identité numérique portable et persistante liée à la biométrie ». (Peter Koenig, mars 2020)

Les partenaires fondateurs d’ID2020 sont, entre autres, Microsoft, la Fondation Rockefeller et l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).

Il convient de noter le calendrier : L’Alliance ID2020 a tenu son sommet à New York, intitulé « Rising to the Good ID Challenge », le 19 septembre 2020, exactement un mois avant l’exercice de simulation nCov-2019 intitulé « Event 201 » chez John Hopkins à Baltimore.

Est-ce une coïncidence si ID2020 est lancé au début de ce que l’OMS appelle une pandémie ? – Ou une pandémie est-elle nécessaire pour « déployer » les multiples programmes dévastateurs d’ID2020 ? (Peter Koenig, mars 2020)

ID2020 fait partie d’un projet de « gouvernance mondiale » qui, s’il est appliqué, permettrait de déployer les contours de ce que certains analystes ont décrit comme un État policier mondial englobant par la vaccination les données personnelles de plusieurs milliards de personnes dans le monde.

Au lendemain de la fermeture

La campagne de peur se poursuivra dans le sillage du verrouillage. Les difficultés de la crise économique et sociale inciteront-elles les gens à se faire vacciner ?

Pour mettre en œuvre le vaccin à l’échelle mondiale, la campagne de propagande doit se poursuivre. La Vérité doit être supprimée. Ce sont leurs « lignes directrices », qui doivent être confrontées et remises en question.

Les principaux acteurs, dont la CEPI, devront obtenir l’aval ferme de l’OMS (qu’ils contrôlent), le feu vert de la communauté scientifique ainsi que des déclarations audacieuses de la part de politiciens corrompus.

En outre, ils devront supprimer les informations et les analyses sur les caractéristiques du virus, sur la manière dont il peut être soigné (sans vaccin), ce qui fait actuellement l’objet de débats par les virologistes et les médecins dans plusieurs pays, dont les États-Unis.

Souvenez-vous de la pandémie de grippe porcine H1N1 de 2009, lorsque le Conseil des conseillers pour la science et la technologie d’Obama a comparé la pandémie de H1N1 à la pandémie de grippe espagnole de 1918 tout en rassurant le public sur le fait que cette dernière était plus meurtrière. (CBC : Préparez le vaccin contre la grippe porcine : les conseillers américains)

Sur la base de données incomplètes et peu nombreuses, le directeur général de l’OMS a prédit avec autorité que « pas moins de 2 milliards de personnes pourraient être infectées au cours des deux prochaines années, soit près d’un tiers de la population mondiale« . (Organisation mondiale de la santé, tel que rapporté par les médias occidentaux, juillet 2009).

Ce fut une véritable aubaine pour les grandes entreprises pharmaceutiques, soutenues par la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan. 

Dans une déclaration ultérieure, elle a confirmé cela :

« Les fabricants de vaccins pourraient produire 4,9 milliards de vaccins contre la grippe pandémique par an dans le meilleur des cas »,Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), citée par Reuters, le 21 juillet 2009).

« La grippe porcine pourrait frapper jusqu’à 40 % des Étasuniens au cours des deux prochaines années et plusieurs centaines de milliers de personnes pourraient en mourir si une campagne de vaccination et d’autres mesures n’aboutissent pas ». (Déclaration officielle de l’administration Obama, Associated Press, 24 juillet 2009).

Il n’y a pas eu de pandémie affectant deux milliards de personnes… Des millions de doses de vaccin contre la grippe porcine ont été commandées par les gouvernements nationaux à Big Pharma. Des millions de doses de vaccin ont été détruites par la suite : une aubaine financière pour les Big Pharma, une crise des dépenses pour les gouvernements nationaux.

Aucune enquête n’a été menée pour déterminer qui était derrière cette fraude de plusieurs milliards. Plusieurs critiques ont affirmé que la pandémie de H1N1 était « fausse ».

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), un organisme de surveillance des droits de l’homme, enquête publiquement sur les motifs de l’OMS pour déclarer une pandémie. En effet, le président de son influent comité de santé, l’épidémiologiste Wolfgang Wodarg, a déclaré que la « fausse pandémie » est « l’un des plus grands scandales médicaux du siècle ». (Forbes, 10 février 2010)

L’APCE va préparer un rapport sur la gestion de la pandémie de grippe porcine

26/01/2010 11:02:52 Affaires sociales, santé et développement durable

« Les décisions relatives aux pandémies sont-elles prises uniquement sur la base des meilleures preuves scientifiques ? a été la question posée lors d’une audition publique de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l’APCE en janvier dernier, qui s’est penchée sur la gestion de la pandémie de H1N1. Le responsable de la grippe de l’Organisation mondiale de la santé a défendu son organisation, affirmant que ses conseils n’avaient pas été influencés de manière inappropriée par l’industrie pharmaceutique.

La commission a maintenant l’intention d’organiser une deuxième audition publique à Paris, avec la participation de responsables gouvernementaux qui ont traité de la pandémie. Le rapporteur Paul Flynn (Royaume-Uni, SOC) doit également se rendre au siège de l’OMS à Genève. Son rapport devrait être disponible fin avril, pour un éventuel débat en plénière en juin. 

Nous sommes actuellement dans une situation de confinement, nous avons le temps de réfléchir. Il y a d’importantes leçons à tirer de la pandémie de grippe H1N1 de 2009

La pandémie COVID-19 est bien plus grave et diabolique que la grippe H1N1 de 2009. La pandémie COVID-19 a fourni un prétexte et une justification pour déstabiliser entièrement les économies de pays, appauvrissant ainsi de larges secteurs de la population mondiale. C’est un phénomène sans précédent dans l’histoire moderne.

Et il est important que nous agissions de manière cohérente et solidaire avec les victimes de cette crise. La vie des gens est détruite ainsi que leur pouvoir d’achat.  Quel genre de structure sociale tordue nous attend dans le sillage de ce confinement ?

Pouvons-nous faire confiance à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et aux puissants groupes d’intérêts économiques qui la soutiennent ?

Pouvons-nous faire confiance aux principaux acteurs derrière le projet mondial de vaccination de plusieurs milliards de dollars ?

Pouvons-nous faire confiance aux médias occidentaux qui ont mené la campagne de la peur ? La désinformation alimente les mensonges et les fabrications. Pouvons-nous faire confiance à nos gouvernements « corrompus » ? Notre économie nationale a été dévastée.

Il s’agit d’un acte de « guerre économique » contre l’humanité.

Michel Chossudovsky

 

Article original en anglais :

After the Lockdown: A Global Coronavirus Vaccination Program…

Publié en anglais le 24 mars 2020

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca

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Pour en savoir plus, cliquez ici : Le coronavirus et la Fondation Gates

 

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La Colombie aux temps du choléra

mars 25th, 2020 by Maurice Lemoine

Le fait était en soi suffisamment symptomatique (et amplement documenté) pour être noté : lorsque, le 23 février 2019, le « président fantoche » vénézuélien Juan Guaido, interdit de sortie du territoire par la justice de son pays, traversa clandestinement la frontière entre le Venezuela et la Colombie pour y diriger, depuis Cúcuta, l’entrée en force d’une supposée « aide humanitaire », il le fit assisté et accompagné par des membres de l’organisation Los Rastrojos [1].

Détail complémentaire non dépourvu d’importance : cette armée privée criminelle descend en droite ligne du clan des « narcos » du Valle del Cauca, renforcé d’éléments des ex-Autodéfenses unies de Colombie (AUC), les paramilitaires d’extrême droite théoriquement dissous, sous le gouvernement d’Álvaro Uribe, en 2006.

Dernier aspect du problème qu’on aurait tort de négliger (ou simplement sous-estimer) : arrivé côté colombien de la frontière, Guaido fut directement confié par les « narcos » qui l’escortaient à un édile de la ville de Cúcuta, lequel l’accompagna jusqu’à l’hélicoptère qui lui permit de rejoindre le lieu où l’attendait… le président colombien Iván Duque – ainsi que ses homologues Sebastián Pinera (Chili), Mario Abdo Benítez (Paraguay) et l’inévitable supplétif de Donald Trump, le secrétaire général de l’organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro.

D’où un constat de première grandeur qu’il est (théoriquement) difficile d’ignorer : ce « voyage » de Guaido n’a eu lieu que grâce à une étroite coordination entre la droite radicale vénézuélienne, les narco-paramilitaires colombiens et les plus hautes autorités de cet Etat – à commencer par les forces de sécurité et le président Duque. Par chance pour ce dernier, insister sur ces évidences a paru déplacé à de nombreux médias acquis à la cause de l’opposition vénézuélienne, de sorte qu’aucun scandale n’en a résulté. Et que l’épisode aurait dû sombrer définitivement dans l’oubli.

Juste retour des choses ou justice immanente, c’est précisément du Venezuela qu’ont, environ un an plus tard, surgi de véritables ennuis pour le chef de l’Etat colombien. Et pas à l’initiative de celui qu’il exècre, le président Nicolás Maduro ! Mais d’une sénatrice de son pays, qu’il connaît fort bien, car appartenant à sa mouvance : Aída Merlano.

Illustration : Aida Victoria Merlano

Source : Autoridades de Venezuela confirman que Aída Merlano fue detenida en Maracaibo – Noticias Caracol, Noticias Caracol, le 27 janvier 2020.

Siégeant au Sénat de 2014 à 2018, réélue pour la période 2018-2022, cette dernière a été condamnée en première instance en septembre 2019, par la Cour suprême de justice colombienne, à quinze ans de prison pour « corruption électorale » (achat de votes) et « association de malfaiteurs » (plus, incidemment, un « port illégal d’armes » qu’elle conteste énergiquement). La suite tient d’un roman tendance « haletant ». Quinze jours après sa condamnation, l’ex-sénatrice est escortée par des fonctionnaires de l’Institut pénitentiaire et carcéral (Inpec) au cabinet d’un odontologue, pour s’y faire soigner. Du premier étage, à l’aide d’une corde, elle s’échappe acrobatiquement et s’évanouit dans la nature, accrochée aux épaules d’un motard qui l’attendait. Malgré le mandat d’arrêt et la notice rouge d’Interpol lancés contre elle, on perd sa trace pendant quatre mois.

On retrouve la brune Merlano, ses deux perruques blondes et sa fausse identité – Landis del Carmen Ferrer Urdaneta – quand, dans le pays voisin, le 27 janvier 2020, la police vénézuélienne l’arrête au onzième étage d’un luxueux appartement du quartier El Milagro de Maracaibo. Mise en examen pour « entrée illégale sur le territoire », « usurpation d’identité » et « association de malfaiteurs », elle entreprend d’expliquer son cas. De la vie politique colombienne en concentré !

D’après Merlano, sa spectaculaire évasion a été organisée par deux clans colombiens auxquels elle se trouve très étroitement liée, les familles Char et Gerlein. Depuis de très longues années, ces deux puissantes « camarillas » dominent la vie politique de la région de la Caraïbe – le département de l’Atlantique et sa capitale Barranquilla. Partout, à travers le chantage et la coercition, elles placent leurs gens. A la tête de la mairie de Barranquilla (1 200 000 habitants) depuis 2008, la famille Char – Fuad, Arturo (l’actuel maire) et Alex (l’ancien) – y possède la chaîne de magasins Olímpica, le club de football Junior de Barranquilla et la banque Serfinanza. Les Gerlein – Roberto (sénateur, pour le Parti conservateur, pendant 44 ans), Jorge, Julio – et leur entreprise de BTP Valorcon ont pour leur part bénéficié de contrats publics millionnaires octroyés par les administrations Char. Dans le cadre de ce « grand banditisme légal », d’énormes opérations de corruption ont entouré les appels d’offre concernant l’aéroport de Barranquilla, les travaux assurant la navigabilité du fleuve Magdalena (le plus important de Colombie), etc.

S’y ajoute, raconte Merlano, le versant politique de ces pactes mafieux, qu’elle n’a pu révéler, menacée qu’elle était lors de son séjour dans la prison du Bon Pasteur, à Bogotá, et personne, lors de son procès, « n’ayant accepté de l’écouter ». Ce sont les mêmes Char et Gerlein, précise-t-elle, qui, depuis des lustres, lors des campagnes municipales, départementales, législatives, présidentielles, et dernièrement encore pour l’élection d’Iván Duque, organisent et financent les achats de vote auxquels elle a participé et pour lesquels elle a été condamnée.

Enfin, prétend l’ex-sénatrice, elle n’est passée clandestinement au Venezuela que pour sauver sa vie : après avoir organisé son évasion, les Char et les Gerlein l’auraient séquestrée et auraient eu l‘intention de l’assassiner pour l’empêcher de parler dans le cadre d’une autre enquête de la Justice colombienne, mettant en cause un certain nombre de leurs amis – Luis Carlos Sarmiento Ángulo (industriel, banquier et homme le plus riche de Colombie), Néstor Humberto Martínez (procureur général de 2009 à 2016), Germán Vargas Lleras (vice-président de 2014 à 2017), Laureano Augusto Acuña Díaz (sénateur du Parti conservateur), Margarita Ballén (députée), Lilibeth Llinás (candidate battue à la députation), et même Arturo Char, pressenti pour devenir président du Sénat colombien à partir du 20 juillet 2020.

Avec une certaine gourmandise, le pouvoir vénézuélien laisse publiquement filtrer quelques-unes de ces révélations, mais, très respectueux du « pays frère », annonce qu’il tient la détenue à la disposition de la justice colombienne pour peu que Bogotá réclame son extradition. Mesure évidente qui, pourtant, et d’emblée, ne semble guère enthousiasmer l’ « establecimiento » (« establishment ») colombien.Nul n’y ignore que Merlano, issue du cœur de la bête, connaît beaucoup de « petits et grands secrets ». Qui plus est, ne prétend-elle pas détenir des preuves de tout ce qu’elle vient d’avancer ? Sombres présages. Fort heureusement, même dans les configurations les plus sombres, il y a toujours une possibilité d’amortir le coup. Sauf, bien sûr, qu’il y a moyen et moyen…

Dans une démarche même pas digne des Pieds Nickelés [2], Iván Duque demande l’extradition de Merlano à… Juan Guaido. Eclat de rire au Venezuela, embarras, même à droite, en Colombie. Seuls Donald Trump et ses homologues supplétifs (parmi lesquels Duque, Jair Bolsonaro, Sebastián Pinera et Emmanuel Macron, pour ne citer qu’eux) croient encore en cette fiction. Dans son pays, le chef d’Etat imaginaire, même plus président de l’Assemblée nationale depuis le 5 janvier 2020 [3], ne contrôle strictement rien. Ni le pouvoir, ni la Justice, ni les Forces armées, ni ses ex-partisans, qui ne se déplacent même plus lorsqu’il convoque une manifestation.

En bonne logique et en excellent tacticien, Nicolás Maduro, dont Bogota feint ignorer la légitimité, place une nouvelle banderille. Tout en la maintenant en détention, il autorise les médias colombiens à venir interviewer Merlano. Malgré le grossier contrefeu des partisans de l’ex-président Álvaro Uribe – « Comment croire une fugitive entre les mains de Maduro ? –, l’affaire passionne d’autant plus la Colombie que tout un chacun connaît implicitement, ou en tout cas suspecte, et depuis longtemps, les pratiques en cours sur la côte atlantique. Et que tout le monde ne les apprécie pas forcément. L’hebdomadaire Semana dépêche à Caracas l’une de ses journalistes vedettes, Vicky Dávila.

Entretien explosif, le 17 février, immédiatement retransmis sur Semana TV [4]. « Julio Gerlein et la famille Char ont acheté des voix pour faire élire Duque, déclare l’ex-sénatrice. Les Char ont dirigé l’achat de voix de tous les politiques traditionnels de la côte pour qu’ils élisent le président de la République (…) Ils ont tous acheté des voix pour faire élire Duque. » Quelques jours plus tard, Vicky Dávila éditorialisera : « Je ne peux pas assurer que tout ce que dit l’ex-sénatrice est vrai, mais je ne crois pas non plus que tout soit mensonger. Ce qu’elle dit est si grave qu’il faudrait enquêter pour aller jusqu’aux ultimes conséquences juridiques contre elle, si elle ment, ou contre ceux qu’elle accuse, s’ils sont coupables. Ce pays ne peut pas faire le sourd devant les accusations de Merlano [5]. » De fait, dès le 18 février, s’appuyant sur l’écho des déclarations de cette dernière, le magistrat du Conseil national électoral (CNE) Luis Guillermo Pérez a demandé à la sous-secrétaire de cette institution, Lena Hoyos González, d’enquêter sur le présumé achat de voix destiné à favoriser Duque, lorsqu’il était candidat.

Comble de malchance et ajoutant au trouble, un autre événement a secoué la Colombie trois jours auparavant (sans parler du très fort mouvement social qui agite le pays depuis novembre 2019). Le 14 février en effet, les autorités policières ont découvert trois laboratoires capables de produire une tonne de cocaïne par mois, dans une « finca » de 176 hectares, située à une dizaine de minutes de la petite ville de Guasca, à 55 kilomètres de Bogotá. C’est, dans ce pays, un fait banal, mais qui mérite néanmoins qu’on s’y arrête. Car ce « Haras San Fernando » appartient à la famille de Fernando Sanclemente, l’ambassadeur nommé par Duque en Uruguay.

Sanclemente : une trajectoire des plus classiques pour qui appartient au gratin colombien. Propriétaire terrien, il a également été Superintendant des ports et transports, de 2001 à 2005, sous les présidences du conservateur Andrés Pastrana, puis d’Uribe ; directeur de l’Aéronautique civile ; et enfin directeur général de Transmilenio, le système de transport public par bus de Bogotá, fonction qu’il a abandonnée en 2014 pour rejoindre l’équipe de campagne du candidat uribiste à l’élection présidentielle, le plus que droitier Óscar Iván Zuluaga.

Appelée « Las Colinas de Guasca Ltda », la société propriétaire de la « finca » dont il est question a été créée en 1987 pour l’élevage de chevaux de course, de bétail, et la production de lait, par les familles Spiwack (qui possède l’importante chaîne hôtelière Dann) et Sanclemente, chacune en possédant 50 %. Fernando Sanclemente en était le représentant légal jusqu’au moment où, en mars 2019, dépêché à Montevideo par le chef de l’Etat, il a transmis cette fonction à son frère Gilberto.

Première réaction de l’intéressé (à Montevideo) et du ministère des Affaires étrangères (à Bogotá) quand éclate le scandale : les narco-laboratoires étaient situés sur une parcelle boisée de la « finca », d’une surface de 36 fanegadas (environ 23 hectares), récemment louée à des tiers (dont, pour l’heure, on ne sait rien). Personne n’a rien vu, personne n’a rien entendu, les propriétaires et leur administrateur ignoraient tout des activités qui s’y déroulaient. « C’est une situation totalement surprenante pour moi, pour ma famille, pour nos entreprises partenaires », déclare Sanclemente. Pourquoi pas… On ne peut néanmoins écarter un ou deux détails permettant de contextualiser.

Comme Álvaro Uribe avant lui, Fernando Sanclemente a été, on l’a vu, directeur de l’Aéoronautique civile. Le passage du futur (et aujourd’hui ancien) président Uribe, de 1980 à 1982, y a laissé des traces moult fois commentées depuis, non par les médias, mais par les connaisseurs du dossier : au cours de sa gestion, sur les 2 242 licences de vol accordées à des avions et hélicoptères, près de 200 le furent pour des appareils appartenant (sous des noms d’emprunt) à Carlos Lehder, Pablo Escobar, Fabio Ochoa et autres « narcos » du Cartel de Medellín. Le fait fut alors dénoncé par le Conseil national des stupéfiants, dirigé par le ministre de la Justice Rodrigo Lara Bonilla [6].

Sanclemente, lui, en poste de 2005 à 2010 (pendant la présidence d’Uribe), a été rattrapé par la justice pour avoir, en décembre 2007, octroyé d’importants travaux dans l’aéroport El Dorado de Bogotá à l’entreprise arrivée… seconde lors de l’appel d’offres. Une mise en cause infiniment moins grave que celles concernant son prédécesseur, mais révélatrice d’un climat.

Pour assurer sa défense dans l’affaire du « narco-laboratoire », Sanclemente a demandé un congé sans soldes et est rentré d’Uruguay. Comme tout un chacun, il a droit à la présomption d’innocence. On notera simplement que, avant cette démarche de l’intéressé, le gouvernement ne lui avait demandé absolument aucuns comptes et s’était abstenu de toute réaction. Il est vrai que, une actualité chassant l’autre (ou la complétant), il a un embarras infiniment plus encombrant à gérer.

L’affaire commence pendant une enquête que mène le Ministère public depuis 2015 sur l’homicide dont a été victime le jeune Óscar Eduardo Rodríguez Pomar, assassiné par erreur, à la place de son père, Carlos Rodríguez Gómez, un truand qui venait de rentrer des Etats-Unis après y avoir purgé une peine de prison pour « blanchiment d’argent ». Suspecté, José Guillermo Hernández Aponte, dit « Ñeñe », a été placé sur écoutes. Eleveur, propriétaire de l’entreprise La Gloria Ganadería, « Ñeñe » est notoirement proche du contrebandier et narcotrafiquant Marcos « Marquitos » Figueroa (soupçonné de plus d’une centaine d’homicides, arrêté en octobre 2014 au Brésil et incarcéré depuis 2016 en Colombie). Ignorant être surveillé, « Ñeñe »vomit dans ses téléphones un flot de renseignements précieux. Puis se fait assassiner à son tour, au Brésil, en mai 2019, dans des circonstances jamais éclaircies.

La mort d’un individu aussi sympathique ne passe pas inaperçue. L’ex-président Uribe se fend d’un Tweet dans lequel il manifeste que lui « cause une grande douleur l’assassinat de José Guillermo Hernández, assassiné lors d’une agression au Brésil où il assistait à une foire aux bestiaux ».
La mort du suspect éteint l’action judiciaire. Tandis que défilent les semaines et les mois, les résultats d’écoutes et leurs procès-verbaux se recouvrent doucement de poussière dans les entrailles du Parquet général – la « Fiscalía General de la Nación » [7]. Jusqu’à ce que…

Coup de tonnerre ! Sur son site La Nueva Prensa, le journaliste Gonzalo Guillén révèle que, parmi ces archives définitivement enterrées, figurent des enregistrements dans lesquels le truand raconte (bien avant la sénatrice Merlano) les « achats de votes » et la fraude électorale effectués « sur ordre d’Álvaro Uribe », sur la côte caraïbe et dans la Guajira, pour favoriser l’élection de l’actuel chef de l’Etat Iván Duque [8]. L’hebdomadaire Semana, avec lequel Guillén collabore, met en ligne le 6 mars, des extraits de ces enregistrements, prouvant sans contestation aucune le sérieux des allégations [9].

Le scandale dit de la « ñeñepolítica » vient de démarrer. Il touche en tout premier chef les autorités judiciaires, qui n’ignoraient rien du contenu oublié de ces interceptions téléphoniques. Chargé de l’enquête sur « Ñeñe » Hernández Aponte, le procureur Rodríguez Parra n’a entrepris aucune action pertinente, considérant que ces informations sur des délits électoraux « n’apportaient rien à l’éclaircissement du crime » dont il était chargé [10]. Tels sont en tout cas ses dires et ses explications assez entortillées. Au plus haut niveau, parfaitement au courant lui aussi, le Procureur général Néstor Humberto Martínez s’est empressé d’ensevelir ces révélations dérangeantes mentionnant ses amis Uribe, Duque et Germán Vargas Lleras (vice-président de la République de 2014 à 2017).

Seulement, ces derniers jours, les éléments à charge s’enchaînent, toute la boue remonte à la surface, dévastatrice comme un torrent en crue.

Sur les réseaux sociaux, réapparaissent photos et vidéos oubliées ou passées inaperçues. Duque lui-même, des sénateurs et dirigeants du Centre démocratique (le parti créé par Uribe), aux côtés de « Ñeñe ». On découvre aussi que ce dernier a figuré, lors de la cérémonie d’investiture du chef de l’Etat, le 7 août 2018, au Palais de Nariño (siège de la présidence), à une place privilégiée. L’armée doit s’expliquer sur un cliché datant de 2015 et montrant le douteux personnage posant près d’un hélicoptère militaire, en compagnie d’officiers : elle aurait été prise dans une « finca » de Sabana de Torres (Santander), lors d’une rencontre avec des « terratenientes » des départements du Cesar et de Santander, à laquelle participaient le commandant de la Seconde Division, le général Jorge Jérez, et les commandants de deux Bataillons d’infanterie. En ce qui le concerne, le commandant de la Ve Brigade, le général Óscar Rey, doit préciser que s’il a permis à « Ñeñe » de voyager en sa compagnie dans un avion de la Force aérienne, c’était pour assister à une réunion des éleveurs et des commerçants organisée par la Chambre de commerce de Valledupar, dans le nord du pays.

Y a-t-il là matière à s’étonner ? Depuis un certain temps (il s’agit là d’un euphémisme), l’armée, elle aussi, défraie la chronique. Le 7 février dernier, son commandant en chef, le général Eduardo Zapateiro, se fendait d’un message de condoléances attristé : « Aujourd’hui est mort un Colombien ; quoi qu’il se soit passé dans sa vie, l’Armée nationale, en commençant par son commandant, qui a aussi été engagé dans la lutte contre le narcotrafic, devons dire que nous regrettons beaucoup le décès de “Popeye”… » Bel hommage à un authentique petit Saint. Homme de main « numéro un » du roi de la cocaïne Pablo Escobar, Jhon Jairo Velásquez, dit « Popeye », venait de disparaître, emporté par un cancer de l’œsophage. Après avoir passé 24 ans en prison pour ses centaines de crime, ce « général de la mafia » (expression tatouée sur son bras) avait été arrêté à nouveau en mai 2018 pour une affaire d’extorsion.

Ce très sentimental général Zapateiro n’occupe sa fonction que depuis peu de temps. Il y a remplacé le général Nicacio Martínez le 27 décembre 2019. Après trente-huit ans de « bons et loyaux » services, celui-ci venait de démissionner pour « raisons familiales ». On traduira en disant que, devenu quelque peu encombrant pour le pouvoir, il était temps pour lui de se faire discret. En décembre 2018, Martínez s’était fait remarquer en exigeant de ses troupes qu’elles doublent le nombre de « captures » et d’ « éliminations de criminels », rappelant la sinistre pratique des « faux positifs » – exécution de civils présentés comme des guérilleros tués au combat – qui fit (officiellement) 2248 victimes, dont plus de 90 % pendant les deux mandats d’Álvaro Uribe [11].

Mais voici qu’une autre pratique remonte elle aussi du passé.

Il y a un peu plus de dix ans, toujours sous Uribe, les « chuzadas »,« écoutes » menées clandestinement par le Département administratif de sécurité (DAS), ont défrayé la chronique et violé l’Etat de droit. Depuis janvier dernier, une enquête a révélé un nouveau système sophistiqué d’interception des communications mis en place durant le deuxième semestre de 2019 par les Brigades de renseignement militaires et le Bataillon de contre-renseignement de sécurité et de l’information (Bacsi). Parmi les cibles – rien de nouveau sous le soleil ! –, figurent des magistrats de la Cour suprême de justice, des députés et sénateurs (Iván Cepeda, Antonio Sanguino, Roy Barreras), des avocats, des journalistes, des défenseurs des droits humains.

Lors d’une interview récente, l’ex-présidente de la Cour constitutionnelle, Gloria Ortíz, avait manifesté se sentir espionnée. Du côté de la Cour suprême de justice, c’est tout à fait par hasard qu’un employé a découvert, début janvier, dans le faux-plafond, un discret microphone de quelques millimètres placé à la verticale du bureau du magistrat César Reyes [12]. Celui-ci est chargé d’instruire le procès… d’Álvaro Uribe, accusé de « corruption » et « manipulation de témoins » dans une affaire qui l’oppose au sénateur de gauche Iván Cepeda.

D’ores et déjà, dans le cadre de la procédure lancée pour élucider ces interceptions illégales, le procureur Fabio Espitía a demandé l’ouverture d’une enquête contre le général Nicacio Martínez, le plus que jamais controversé ex-chef de l’armée.

Côté « uribisme », et face à l’opinion publique, la vie devient donc très compliquée. Il doit mener une véritable guerre contre l’Organisation des Nations unies, qui le met de plus en plus implicitement en cause dans le torpillage des accords de paix (avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie ; FARC) et le massacre des dirigeants sociaux – plus de 250 durant les deux années de l’actuelle administration (et 190 ex-guérilleros depuis que ceux-ci ont déposé les armes en 2016).

Dans le cadre de la « ñeñepolítica », pour en revenir à ce scandale, la première à réellement « tomber » s’appelle María Claudia Daza. Il a été prouvé que c’est elle qui échangeait sur les « achats de votes » en faveur de Duque avec le polémique « Ñeñe » Hernández. Jolie carrière, profil intéressant. Née à Valledupar, « La Caya » Daza, comme on l’appelle, est une grande amie de María Mónica Urbina, « Miss Colombie 1985 » et épouse (aujourd’hui veuve) de « Ñeñe ». Daza a été vice-consul de Colombie à Miami en 2006, a représenté le Centre démocratique lors d’un voyage en Chine et, surtout, occupe un poste d’absolue confiance au sein de l’Unité de travail législatif (UTL) du sénateur Uribe. D’après les registres de la Casa de Nariño, elle s’est rendue dix-sept fois au palais présidentiel depuis l’arrivée au pouvoir de Duque [13].

Lâchée par son patron, qui a feint être consterné par son implication dans le scandale, Daza lui a présenté le 9 mars sa démission irrévocable.

Le 24 février déjà, après les révélations au Venezuela d’Aida Merlano, la Commission d’accusation et d’enquête de la Chambre des représentants a ouvert une enquête formelle contre le président Iván Duque. Cette Commission a cité à comparaître dans les jours qui viennent María Claudia Daza, la veuve du « Ñeñe » Hernández, le gérant de la campagne présidentielle de Duque, Luigi Echeverry, la ministre de l’intérieur Alicia Arango.

De son côté, ne pouvant se défausser sous les yeux de l’opinion publique, le Procureur général de la Nation, Francisco Barbosa, a ordonné le lancement d’une procédure pour enquêter sur les « présumés faits de corruption » impliquant « le président de la République Iván Duque et l’ex-président Álvaro Uribe ». Ira-t-il jusqu’au bout de la démarche, lui dont on connaît les liens professionnels et personnels avec le chef de l’Etat ? Rien n’est moins sûr. D’ailleurs, dans l’immédiat, ce dernier peut respirer (ne serait-ce que très-très relativement) : pour une durée encore indéterminée, l’épidémie de Covid-19 va monopoliser toute l’attention et l’énergie de la société, faisant passer tous ces désordres inopportuns au second plan.

Sur un autre plan, le 2 mars, à Washington, Duque a eu le plaisir d’être reçu, dans le Bureau ovale, par son grand ami Donald Trump qu’accompagnait le secrétaire d’Etat Mike Pompeo. De ce côté-là, tout va bien. Ils ont essentiellement parlé du Venezuela.

Maurice Lemoine

 

 

 

Notes

[2Bande dessinée mettant en scène trois escrocs – Croquignol, Ribouldingue et Filochard – créée en 1908 dans L’Epatant par Louis Forton. Dans la mémoire collective, les Pieds Nickelés symbolisent le système D (comme Débrouille) et la Magouille (avec un grand M).

[3Produit d’une division de l’opposition, c’est un de ses députés, Luis Parra, qui, ce jour, a été élu président de l’AN, en bénéficiant des voix de la droite modérée et des chavistes.

[6Rodrigo Lara Bonilla a été assassiné par des « sicarios » de Pablo Escobar, le 30 avril 1984.

[7Chargée d’engager des poursuites, réaliser les enquêtes, donner une qualification juridique aux faits et, l’instruction terminée, de transmettre les procédures aux juridictions de jugement devant lesquelles elle soutient l’accusation.

[13 Semana, Bogotá, 9 mars 2020.

Le Docteur Folamour veille sur notre santé

mars 25th, 2020 by Manlio Dinucci

Face au Coronavirus -déclare l’US European Command (Commandement Européen des États-Unis)- “notre première préoccupation est de protéger la santé de nos forces et de nos Alliés”. Il annonce ainsi avoir redimensionné en nombre de soldats l’exercice Defender Europe 20 (Défenseur de l’Europe 2020). Mais celui-ci continue. 

Le 16 mars, le Commandement précise que “depuis janvier l’US Army a déployé à partir des États-Unis en Europe 6.000 soldats”, avec 12.000 pièces d’équipement (allant des armements personnels aux chars d’assaut), et qu’a été “complété le mouvement de soldats et équipements depuis divers ports jusqu’aux aires d’entraînement en Allemagne et Pologne”. En plus de ceux-ci, “9.000 soldats USA basés en Europe” participent aussi à l’exercice.

Le but déclaré des USA est de “déployer une force crédible de combat en Europe en appui à l’OTAN”, évidemment contre l’ “agression russe”. Le but réel – écrivions-nous il y a deux mois et demi sur il Manifesto (le seul journal qui à ce moment-là donnait l’information du Defender Europe 20)- est de semer une tension et de nourrir l’idée de l’ennemi.

Le scénario déclaré de l’exercice ne pourrait jamais se vérifier, notamment parce qu’un affrontement armé entre OTAN et Russie serait inévitablement nucléaire. C’est là le vrai scénario auquel s’entraînent les forces USA en Europe. Ce que confirme le général Tod D. Wolters, chef du Commandement Europe des États-Unis et, comme tel, Commandant Suprême Allié en Europe. Dans une audition au Sénat des États-Unis, le 25 février 2020, il déclare que “les forces nucléaires, suprême garantie de la sécurité des Alliés, soutiennent toute opération militaire USA en Europe”. Cela signifie que le Defender Europe 20 est un exercice non seulement de forces conventionnelles (non-nucléaires), mais de forces nucléaires. 

Le 18 mars a été communiqué que deux bombardiers B-2 Spirit d’attaque nucléaire, faisant partie de la task force arrivée des USA le 9 mars, ont décollé de Fairford en Angleterre pour s’entraîner au-dessus de l’Islande et de l’Atlantique-Nord avec trois chasseurs F-35 norvégiens. Ces deux types d’avion sont préparés pour l’utilisation des nouvelles bombes nucléaires B61-12, que les USA vont déployer sous peu en Italie et autres pays européens à la place des actuelles B-61. 

Le rôle des forces nucléaires USA en Europe est clarifié par Wolters dans son audition au Sénat. Quand le sénateur Fischer lui demande ce qu’il pense de la non-première-utilisation des armes nucléaires, le général répond : “Sénateur, je soutiens une politique flexible de la première utilisation.” Celui qui a entre les mains les armes nucléaires USA/OTAN en Europe déclare ainsi officiellement soutenir, sur la base d’un critère “flexible”, leur première utilisation pour le first strike, l’attaque nucléaire par surprise.

Face à une déclaration d’une telle gravité, qui pousse les généraux russes à mettre le doigt sur la gâchette nucléaire, silence complet des gouvernements, des parlements et des grands médias européens. Dans la même audition le général Wolters affirme que “depuis 2015 l’Alliance a mis surtout l’accent sur le rôle des capacités nucléaires” et que “le Commandement Européen des États-Unis soutient pleinement les recommandations, contenues dans la Nuclear Posture Review 2018, de déployer le missile balistique à faible puissance W76-2”. La tête nucléaire à faible puissance W76-2, déjà installée sur des missiles lancés depuis un sous-marin (annonce faite par le Pentagone le 4 février), peut être installée aussi sur des missiles balistiques avec base à terre au bord du territoire ennemi. Elle est particulièrement dangereuse. “Des armes nucléaires de puissance mineure -préviennent aussi des experts étasuniens notoires- augmentent la tentation de les utiliser en premier, et peuvent amener les commandants à faire pression pour que, dans une attaque, on utilise la bombe nucléaire, sachant que la retombée radioactive serait limitée”. Ce serait au contraire comme jeter une allumette en feu dans une poudrière.

Manlio Dinucci

Article original en anglais :

Alla nostra salute ci pensa il dottor Stranamore

Édition de mardi 24 mars 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/alla-nostra-salute-ci-pensa-il-dottor-stranamore/ 

Traduit par Marie-Ange Patrizio

 

Extrait du film de Stanley Kubrick « Docteur Folamour « (1964) :

 

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La tragédie du MH17 revient sur le devant de la scène médiatique avec l’ouverture du simulacre de procès de cette affaire en Hollande. Cette action n’amènera pas les supposés auteurs de cette tragédie à répondre de leurs actes, ni n’aidera les familles des victimes à tourner la page. Il s’agit uniquement de mener une guerre de l’information contre la Russie dans le but de « définitivement » assigner la responsabilité de ce crime à ses supposés mandataires en Ukraine de l’Est, afin de mettre à bas une bonne fois pour toutes la réputation du président Poutine au niveau international.

Le monde se remet une fois de plus à parler de la tragédie du MH17, avec le lancement du simulacre de procès en Hollande, où quatre des auteurs supposés se voient accusés de meurtre. Il est peu probable qu’ils se présentent devant la cour, si bien que le processus est dans l’ensemble une affaire de forme plutôt que de substance. Au cas où le lecteur ne se souviendrait pas bien de ce qui s’est produit au cours de ce funeste jour du 17 juillet 2014, l’auteur recommande à celui-ci de parcourir sa dernière analyse en date sur ce sujet, parue cette année sous le titre « MH17 : Le récent documentaire du lanceur d’alerte du SBU dévoile des vérités troublantes« , qui contient ce qu’il considère comme la version la plus convaincante des événements qui se sont produits juste avant, durant, et après que l’avion plein de passagers fut abattu au-dessus de l’Est de l’Ukraine. En résumé, le récit conventionnel selon lequel les rebelles alignés sur les Russes en furent responsables est démystifié, et ne constitue qu’une couverture bien pratique pour dissimuler la culpabilité de Kiev, ce qui rend les soutiens occidentaux de ce gouvernement — et non pas la Russie — indirectement responsables. On peut donc comprendre que beaucoup de forces puissantes aient investi pour pousser au premier plan cette version de la « vérité » et la rendre « officielle ». Le simulacre de procès en est la suite logique, et ne constitue qu’une tentative de rendre responsable de ce crime la Russie et ses supposés mandataires en Ukraine de l’Est « pour de bon ».

Avant d’aller plus loin, il faut dire que les familles des victimes ont toute légitimité à se montrer contrariées quant à ce qui s’est produit, et du fait que chacun devrait respecter leur droit de tirer leurs propres conclusions quant aux événements, même si l’on est pas d’accord avec elles. L’auteur ne croit pas que la Russie, ou que les rebelles de l’Est de l’Ukraine ont été responsables de ce crime, mais reconnaît que certaines familles de victimes ont une vision différente, surtout après que certaines d’entre elles ont organisé une manifestation silencieuse aux abords de l’ambassade de Russie à la Hague ce week-end. Nul ne devrait critiquer les familles des victimes et leur rendre le deuil plus difficile qu’il ne l’est déjà, mais il n’y a pas non plus de problème quant à mentionner les exploitations qui sont faites de leurs réactions à cette tragédie, par des personnes qui veulent convaincre les autres que leur interprétation des événements est la seule à être juste. Politiser la souffrance de personnes innocentes est une chose ignoble, qu’importe par qui ou pourquoi, si bien qu’il est moralement répréhensible que d’autres tirent parti de cette souffrance sous prétexte de « les laisser s’exprimer »dans le but de pousser son propre récit auprès du grand public. Le procès qui a commencé ne vise pas à amener devant la justice les auteurs supposés, ni à aider les familles des victimes à aborder leur deuil, mais à mener une guerre de l’information contre la Russie, afin de mettre à bas une bonne fois pour toutes la réputation du président Poutine au niveau international.

D’une manière générale, le président Poutine se voit méprisé en Occident, et aimé ailleurs, du fait de ses réussites en matière de politique intérieure et étrangère au cours des vingt dernières années ; celles-ci ont fortement contribué à mettre en place l’ordre mondial multipolaire en émergence. Même ses détracteurs reconnaissent qu’il constitue une figure révélatrice, qui sera certainement étudiée pour les générations à venir par des gens du monde entier ; et considèrent simplement le retour de la Russie au premier-plan international comme nuisible aux intérêts à somme nulle de leurs pays. Néanmoins, ils comprennent également avec sagesse que le soft power est plus important que jamais dans le monde contemporain interconnecté et mondialisé, surtout après la révolution technologique de l’information/des communications du début des années 2000, si bien qu’ils ont une motivation de premier ordre à diffamer le dirigeant russe en toute occasion. De manière regrettable, la tragédie du MH17 est cyniquement vue comme l’« opportunité parfaite » de mettre à bas son héritage en l’associant à jamais avec ce qui s’est produit, en dépit du fait qu’il n’a pris aucune part dans ces événements, ni ses compatriotes. Tout ce qui importe aux yeux des « fabricants de perception », à l’œuvre dans la fabrication de ce récit utilisé comme arme, est que les soupçons rampants d’une implication possible du président Poutine « existent » de manière crédible, ce qui explique l’importance, dans la guerre de l’information, du simulacre de procès qui pourra supposément « confirmer » cette implication.

Pour en revenir au simulacre de procès, on peut prédire que les accusés seront sans doute déclarés « coupables » pour les raisons politiques sus-mentionnées, visant à tenir responsable de cette tragédie la Russie ainsi que les rebelles de l’Est de l’Ukraine. Le second objectif sera de n’avoir pas à répondre des faits « peu pratiques » qui ont été mis au jour, et qui impliquent Kiev et ses soutiens occidentaux ; ces faits sont expliqués dans l’analyse susmentionnée du même auteur. Mais l’impact général, en matière de soft power de cette conclusion apparemment inévitable sera sans doute minimal, vu comme la plupart des gens se sont déjà fait leur propre idée quant à qui porte la responsabilité de cette tragédie. Ceux qui sont convaincus que la Russie a joué un rôle se sentiront « justifiés » par ce verdict anticipé, tandis que ceux qui sont restés sceptiques pourraient faire usage de l’attention renouvelée sur cette affaire afin de partager les preuves « peu pratiques » et de les exposer à d’autres personnes. Ce qui ressortira de ce drame « légal » est que les tragédies se verront presque toujours politisées à des fins de guerre de l’information, surtout si un lien lointain peut être supposé que la Russie, ou tout autre rival géopolitique de l’Occident, aurait pu avoir un rôle indirect, quel qu’il fût. Ces pays ont intérêt à se renforcer et à s’attendre à de nouveaux procès du genre à l’avenir, et à mener les actions nécessaires pour que leur côté de l’histoire puisse être étendu par autant de gens que possible.

Andrew Korybko

 

Article original en anglais : The MH17 Show Trial Isn’t About Justice Or Closure, But Information Warfare, OneWorld, le 11 mars 2020

Traduit par José Martí pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

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Ici, nous n’avons accès qu’à la version occidentale des faits sur le nouveau coronavirus, mais comme personne ne peut librement tirer de conclusion sans écouter les deux parties, voici un droit de réponse non-officiel de la Chine.

A rebours de ses décennies de diplomatie courtoise, discrète et invariablement souriante, la Chine – et ce n’en est que plus frappant – a récemment attaqué les USA dans plusieurs tweets et articles de presse, dont celui-ci où elle les accuse d’avoir délibérément propagé des virus, y compris le coronavirus Covid-19, sur le territoire chinois. Bon à savoir : cet article ne fait que refléter l’opinion publique chinoise, pour qui les USA sont passés à une phase plus offensive de leur guerre commerciale contre la Chine en tentant de miner l’économie chinoise à base de maladies infectieuses (épidémies de grippe aviaire, grippe porcine, coronavirus). Autrement dit, pendant qu’ici, les médias désignent la Chine comme origine de la pandémie, les Chinois font l’inverse et pointent un index accusateur sur les USA.

Qui a raison, qui a tort ? A chacun de se faire son idée.

Note : Pour parer à toute suspicion de « mensonge » de la part des Chinois, toutes les informations données dans ce texte publié sur le site de la chaîne multilingue d’informations télévisées détenue par Pékin CGTN ont été vérifiées. Voir les notes et références en bas de page. (Entelekheia.fr)


Cet article a été publié pour la première fois sur un compte officiel du réseau social chinois WeChat dénommé Gong Yi Kan Shi Jie, et repris sous forme résumée sur CGTN sous le titre 10 questions for the U.S.: Where did the novel coronavirus come from? 


Étant donné que certains grands médias et politiciens américains ont affirmé sans preuves que le nouveau coronavirus est originaire de Chine, ont blâmé et calomnié la Chine, et ont même demandé à la Chine de faire des excuses, j’ai toutes les raisons de poser mes propres 10 questions sur son origine nord-américaine. Mieux encore, contrairement aux États-Unis, j’ai fait beaucoup de recherches et je fonderai mes questions sur la couverture médiatique internationale du COVID-19.

Question 1

Puisque le directeur des Centres américains de contrôle des maladies (CDC), Robert Redfield, a admis que certains Américains apparemment morts de la grippe avaient été en fait testés positifs au nouveau coronavirus, puis-je conclure que ces personnes sont réellement mortes du nouveau coronavirus ? Parmi les 34 millions de patients atteints de la grippe, avec un bilan de 20 000 décès, combien ont été mal diagnostiqués ?

Quand ces erreurs de diagnostic ont-elles commencé ? Et ont-elles réellement commencé à partir d’août 2019 ? Ces questions sont essentielles. Le monde attend une explication des États-Unis.

Question 2

A propos des erreurs de diagnostic admises par le CDC américain, je me gratte la tête – les États-Unis ne possèdent-ils pas les meilleures technologies médicales du monde ? Pourquoi cela est-il arrivé ?

Comme des opacités (taches blanches) sont facilement visibles sur les scanners des poumons des patients atteints de la nouvelle pneumonie due au coronavirus, il aurait dû être facile de séparer les cas de COVID-19 et de grippe H1N1. Mais pourquoi y a-t-il eu autant d’erreurs de diagnostic ?

Cela me remet en tête la demande du vice-président américain Mike Pence de contrôler tous les messages [des autorités sanitaires, NdT] concernant le coronavirus. Pourquoi la Maison Blanche demande-t-elle un contrôle des messages ? Les États-Unis ont-ils quelque chose à cacher ?

Le directeur du CDC américain Robert Redfield s’exprime lors d’une audition sur le coronavirus à Washington D.C., États-Unis, le 11 mars 2020. Dans ce passage, il admet que certains « morts de la grippe » américains étaient atteints de Covid-19.

Question 3

Pourquoi les États-Unis se sont-ils retirés de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CABT, acronyme anglais BTWC) de 1972 en 2001 ? Pourquoi ont-ils tenté d’empêcher la mise en place d’un mécanisme de contrôle de l’exécution de la Convention ? Faisait-il obstacle à la mise au point d’armes biologiques par les États-Unis ?

Si la réponse est non, pourquoi y a-t-il de nouveaux laboratoires biologiques en Géorgie, en Ukraine, en Moldavie, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Ouzbékistan et au Kazakhstan ? [1] Ces laboratoires sont-ils destinés à des guerres biochimiques ? Il est impossible qu’ils gardent des virus comme animaux de compagnie. Si les États-Unis visaient à provoquer une guerre biochimique, qui serait alors leur première cible ?

Et que dire de l’épidémie de grippe porcine en Chine l’année dernière ? Ce qui est étrange, c’est qu’elle ait éclaté en différents endroits simultanément, et non à des moments différents. Pourquoi a-t-on utilisé des drones pour empoisonner les porcs ? [2] Les États-Unis étaient-ils derrière tout cela ? J’ai entendu dire que c’était des spéculateurs. Mais cette théorie n’a aucun sens – puisque la grippe porcine a tué des millions de porcs en Chine en un temps très court, lesdits spéculateurs auraient subi de grandes pertes au lieu de faire des profits.

La meilleure réponse possible à cela était une ingérence étrangère. J’étais de ceux qui se demandaient si les États-Unis avaient quelque chose à voir avec cela et qui espéraient une explication.

Question 4

L’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’armée américaine situé à Fort Detrick, dans le Maryland, a été fermé en juillet 2019. Était-ce à cause de virus échappés ?

Un mois plus tard, une épidémie de grippe s’est déclarée dans tout le pays. Ces deux événements étaient-ils liés d’une manière ou d’une autre ?

Les diagnostics erronés ont-ils été simplement inventés pour dissimuler de tels secrets ? Est-ce que c’est également devenu une raison, pour les États-Unis, de rejeter la faute sur d’autres pays en les accusant d’être à l’origine du nouveau coronavirus ?

Était-ce une extraordinaire coïncidence ou un secret inavouable ? Pourquoi les États-Unis ont-ils fait supprimer, en mars 2020, un grand nombre de reportages en langue anglaise qui couvraient la fermeture de Fort Detrick ? Y a-t-il quelque chose à cacher, ou quelque chose à redouter ? [3]

Question 5

Lors des 7èmes Jeux mondiaux militaires qui se sont tenus à Wuhan (18-27 octobre 2019), pourquoi l’équipe américaine (369 membres) a-t-elle remporté ZÉRO médailles d’or ? [4] Cela semble-t-il un résultat normal pour la première puissance militaire mondiale ? Votre gouvernement l’a-t-il fait exprès ?

Parmi les 369 participants, y a-t-il eu des cas de grippe ? Était-il possible qu’ils aient été porteurs du nouveau coronavirus ? La meilleure chose à faire pour les États-Unis est d’arrêter de faire l’autruche et de faire passer à ces 369 personnes des test de procalcitonine (PCT) pour voir si elles sont infectées…

Question 6

Pourquoi les États-Unis ont-ils organisé Event 201, une simulation de pandémie mondiale en octobre 2019 ? [5] Pourquoi la directrice adjointe de la CIA y a-t-elle participé ? Est-ce parce que les États-Unis avaient prévu qu’un virus hautement infectieux allait provoquer une pandémie ? Un mois plus tard, des cas de pneumonie de cause inconnue ont été détectés en Chine et une pandémie s’est déclarée trois mois plus tard. Ce n’est probablement pas une simple coïncidence.

Question 7

Le Japon, la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran ont tous signalé que nombre de leurs premiers cas confirmés de COVID-19 n’avaient pas d’antécédents d’exposition à la Chine mais montraient un lien avec les États-Unis. Comment cela se fait-il ?

La recherche génétique montre que le type de nouveau coronavirus trouvé en Chine appartient au groupe C, mais les virus des groupes A et B – les virus parents et grand-parents du groupe C – se trouvent tous deux aux États-Unis. Pourquoi ? Un patient japonais a été diagnostiqué comme atteint d’une grippe à Hawaï mais a été testé positif au COVID-19 à son retour au Japon. Comment expliquer cela ? [6]

Certains cas de COVID-19 aux États-Unis n’avaient aucun lien avec la Chine. D’où cela vient-il, alors ?

Question 8

Vous n’avez aucune raison de nier que la pandémie de 1918 est née sur votre territoire. Mais vous avez laissé l’Espagne en porter la responsabilité pendant un siècle. N’avez-vous pas honte ?

L’histoire semble se répéter. Les États-Unis jouent-ils à nouveau le même jeu et tentent-ils d’étiqueter le nouveau coronavirus comme « chinois » ?

Question 9

La pandémie de 1918, qui a provoqué un milliard d’infections, avec un nombre de décès « estimé entre 17 et 50 millions, et peut-être même jusqu’à 100 millions… une des épidémies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité », selon Wikipedia, provenait des États-Unis, mais les États-Unis ne se sont jamais excusés auprès du monde.

Jusqu’à présent, l’origine du nouveau coronavirus est encore inconnue, mais les États-Unis exigent des excuses de la Chine, comme c’est ridicule ! Rappelons que la pandémie de grippe H1N1 de 2009, qui a tué 300 000 personnes, était également originaire des États-Unis, ainsi que le VIH-sida. Pourquoi ne pas l’admettre face au monde entier ?

Question 10

Dans les films, les États-Unis aiment jouer le rôle du sauveurs du monde. L’image de Captain America est l’un de ses symboles les plus populaires. Mais dans la réalité, face à une catastrophe comme le COVID-19, où est Captain America ?

Les États-Unis n’en font pas assez pour protéger leurs citoyens chez eux, ou sur le bateau de croisière Diamond Princess. Ils ont même tenté de rendre le Japon responsable des Américains qui étaient à bord du Diamond Princess. Comment les États-Unis ont-ils le culot de faire tout cela et d’accuser la Chine d’irresponsabilité ?

Alors que la Chine a fait gagner au monde un temps précieux pour combattre le COVID-19, les États-Unis ont accusé la Chine d’être passive et de manquer de transparence. Quand la Maison Blanche a demandé au CDC d’arrêter de comptabiliser les personnes testées positives au nouveau coronavirus, cela a-t-il été considéré comme de la transparence ? [7]

Lorsque le gouvernement américain a conseillé à ses citoyens de ne pas porter de masques, n’était-ce pas de la passivité ? Trop de questions appellent des explications de la part des États-Unis.

Article en anglais :

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Gerd Altmann/Pixabay

Notes et références :

[1] Pour plus de détails sur les laboratoires militaires P4 américains en Europe et Asie centrales, voir les travaux de l’excellente journaliste d’investigation bulgare spécialisée en armes biologiques et trafic international d’armes Dilyana Gaytandzhieva sur Armswatch et sur son blog.[2] Des gangs équipés de drones larguent des objets infectés par le virus de la grippe porcine sur des élevages de porcs chinois, NBC News, 20 décembre 2019.[3] Une pétition, sur le site de la Maison-Blanche, fait état d’articles supprimés sur la fermeture de Fort Detrick. Article de Defend Democracy. [4] Vrai. Voir le tableau des médailles ici (lien Wikipedia) : médailles d’or pour la Chine, pays d’accueil, 133. Russie, 51. USA, 0. L’opinion chinoise pense que, pour ne pas mettre leurs champions en danger, les USA ont envoyé à Wuhan des athlètes de seconde zone infectés, ce qui explique leurs mauvais résultats.[5] L’Event 201, une simulation de pandémie mondiale due à un coronavirus (si !) s’est tenu le 18 octobre 2019 au Johns Hopkins Center for Health Security, sous l’égide de la Bill et Melinda Gates Foundation et du Forum économique mondial. En revanche, Avril Haines, la participante à qui l’auteur se réfère, n’est plus directrice adjointe de la CIA. Elle occupait ce poste sous l’administration Obama.[6] Pour les sources japonaise et taïwanaise sur ces cas non liés à la Chine, voir l’article Covid-19 : le virus est-il vraiment originaire de Chine ?  et aussi un étrange article de l’organe semi-étatique américain NPR en date du 19 mars, ‘Every Single Individual Must Stay Home’: Italy’s Coronavirus Surge Strains Hospitals’, dont voici un extrait : « [Le professeur] Remuzzi [en Italie] dit qu’il entend maintenant des informations à ce sujet de la part de médecins généralistes. « Ils se souviennent avoir vu des pneumonies très étranges, très graves, en particulier chez les personnes âgées en décembre et même en novembre », dit-il. « Cela signifie que le virus circulait, au moins dans [la région nord de] la Lombardie, avant que nous ayons eu connaissance de cette épidémie en Chine ».[7] Le gouvernement des USA a demandé aux autorités sanitaires fédérales de classer secrets les débats de haut niveau relatifs au coronavirus. Source Reuters, 11 mars 2020.  Et aussi, « Un membre démocrate du Congrès a condamné la décision « inexplicable » des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) de cesser de divulguer le nombre d’Américains testés positifs au nouveau coronavirus », The Daily Beast, 3 mars 2020.

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Le système de santé italien est soumis à une pression insupportable dans un contexte d’augmentation exponentielle des infections et des décès dus aux coronavirus. Vendredi, les autorités italiennes ont annoncé un total de 47.021 infections et 4032 décès à ce jour.

Les travailleurs de la santé font d’immenses efforts et sacrifices pour tenter de minimiser l’impact du virus et de réduire le nombre de décès. Cependant, ils doivent faire face aux limites d’un système qui, malgré les avertissements de la communauté scientifique internationale depuis 20 ans, est tellement privé de fonds qu’il ne peut pas faire face de manière adéquate aux opérations standards, sans parler d’une urgence sanitaire historique.

La brutalité du virus ne peut pas être sous-estimée: alors que de nombreuses personnes décédées ont plus de 80 ans, les reportages quotidiens révèlent que personne, y compris les jeunes, n’est à l’abri des risques de complications à long terme ou même de décès.

Le sud de l’Italie (le «Mezzogiorno») n’a pas encore été touché au même niveau que le nord. Toutefois, le nombre de personnes infectées y rattrape rapidement son retard, tandis que les infrastructures de soins de santé du Mezzogiorno ne représentent qu’une fraction de ce qu’elles sont plus au nord.

Le 7 mars, le jour où le gouvernement Conte a fermé la région de Lombardie, une vague d’émigrés s’est précipitée vers leurs villes du sud, apportant avec elle l’infection. Cela risque maintenant d’avoir des conséquences désastreuses: la région des Pouilles a doublé son nombre de morts en une journée, tandis que la Sicile et la Campanie se préparent à mobiliser l’armée.

Le WSWS s’est entretenu avec le personnel médical du centre de l’Italie.

Emanuele Sorelli est infirmier diplômé dans l’un des hôpitaux publics de Florence. Le département de médecine générale où il travaille a été transformé en une unité spécialisée COVID-19. «Le 10 mars, l’hôpital a modifié ses critères d’examen et a commencé à tester tous les patients qui passent par les urgences, et pas seulement ceux qui présentent des symptômes graves. En 48 heures, nous avons découvert que presque tous les patients qui arrivaient étaient positifs.»

Emanuele Sorelli

Emanuele a expliqué la nouvelle procédure de test: «Contrairement à la Lombardie, ici en Toscane, nous avons décidé de tester tous les patients qui arrivent, puis de les envoyer dans les services COVID ou Non-COVID. Malheureusement, la Lombardie a dû faire face à un grand nombre de personnes malades et a dû convertir des hôpitaux entiers au traitement des maladies infectieuses.»

«La vague de contagion se déplace lentement vers le sud», a déclaré Emanuele. «Maintenant, nous voyons des nombres plus importants au centre; bientôt, le sud sera submergé. Dans mon hôpital, de nombreuses unités Non-COVID sont en train d’être converties en COVID, en raison de l’augmentation rapide. Aujourd’hui seulement, nous avons ouvert deux nouvelles unités, demain nous en ouvrirons une autre.»

«Plus au sud» a-t-il déclaré, «la migration de ces travailleurs qui retournent dans leurs villes natales du sud après l’ordre du gouvernement commencera à produire des effets dans la prochaine semaine. La Toscane et l’Émilie-Romagne sont peut-être les meilleures en matière d’infrastructures de soins de santé, mais en Campanie, en Basilicate, que Dieu nous vienne en aide!»

«Nos unités sont complètement contaminées, car ces sections n’ont pas été mises en place à l’origine pour les maladies infectieuses. Nous pouvons porter notre équipement de protection pendant 2 à 3 heures d’affilée, c’est épuisant. L’hôpital a embauché du nouveau personnel d’urgence la semaine dernière, d’anciens médecins et infirmières». Il a fait remarquer: «Notre problème est le manque d’équipements de protection et nous avons déjà signalé 4 cas positifs parmi mes collègues (ils sont en fait malades).»

Le virus est très contagieux: «Nous supposons que la plupart d’entre nous sont positifs. Nous sommes tous contaminés, y compris nos familles. J’ai eu un mal de gorge, tout comme mon partenaire et ma fille. Nous espérons qu’il ne se transformera pas en pneumonie. Le problème n’est pas nos patients, mais la contagion parmi les collègues qui travaillent dans des espaces réduits. Et nous risquons d’infecter des patients qui sont négatifs.»

Infirmière et patient dans l’unité d’Emanuele Sorelli

Selon Emanuele, 5 à 10% des patients souffrent de pneumonie interstitielle. «De ce nombre, 5 à 10% nécessitent une intubation et des soins intensifs. Pour ces derniers, des zones spécialisées sont nécessaires, et nous avons une dangereuse pénurie de lits. Dans ces zones, il faut une infirmière par patient, plus du matériel. Et sans aucun doute, en Lombardie, ils ont dû faire des choix difficiles quant aux vies à sauver. Les personnes âgées sont sacrifiées.»

Enfin, il a averti: «La pneumonie interstitielle peut ne présenter aucun symptôme. Puis elle évolue soudainement vers l’étouffement. Les patients doivent être immédiatement intubés. Un patient de 30 ans en a eu besoin, et il était troublé, car il pouvait encore bien respirer. La rapidité fait la différence entre la vie et la mort.

«La distanciation sociale est essentielle. Dans le sud de l’Italie, l’actrice principale d’une pièce de théâtre était positive et elle a infecté tout le monde, les acteurs et le public. Beaucoup d’entre nous ne savent pas qu’ils sont positifs.»

À propos de la sécurité au travail, il a dit: «Il y a une pénurie de matériel, surtout de masques. Aucun pays ne veut nous les vendre. L’Union européenne ne nous a pas aidés; ils ne comprennent pas que ce qui se passe en Italie se propagera inévitablement en Europe. Seule la Chine nous a aidés en matière d’approvisionnement. Une fois que nous n’aurons plus de FFP2 et FFP3 [masques], nous serons totalement exposés.»

Le WSWS s’est également entretenu avec le professeur Stefano Arcieri, médecin en chef du Policlinico de Rome, la polyclinique de la faculté de médecine et de chirurgie de l’université Sapienza de Rome.

Il a déclaré: «Nous payons pour une gestion inadéquate de la réponse initiale. Le danger de contagion n’avait pas été correctement évalué il y a 10-12 jours. Les directives étaient facultatives et laxistes; maintenant, la mise à distance sociale a été mise en œuvre, avec de sérieuses restrictions. Il est important de penser en termes collectifs: des masques doivent être portés autour des personnes âgées ou des personnes atteintes de pathologies pour les protéger d’une éventuelle contagion, en particulier des personnes qui sont soit positives, mais asymptomatiques ou qui peuvent être positives sans le savoir.»

Stefano Arcieri

Arcieri a recommandé des mesures préventives: «Lavez-vous soigneusement les mains, le virus se déplace à travers les gouttelettes et survit sur les surfaces pendant des heures, voire des jours, bien qu’aucune étude concluante ne l’ait déterminé avec une précision absolue. Évitez de toucher votre visage.

«Il y a une tendance à la hausse de la contagion. Nous espérons que les mesures de confinement porteront leurs fruits et que les infections pourront diminuer, du moins d’après l’expérience chinoise.»

Le professeur Arcieri a commenté la propagation rapide: «La Lombardie est probablement la région la plus durement touchée en Italie en raison de son rôle dans les échanges internationaux, notamment en termes industriels et commerciaux. Puis, une fois que le problème est devenu évident, nous avons assisté à la migration de dizaines de milliers de personnes vers le sud, qui ont sans aucun doute porté la contagion dans certaines des régions les plus pauvres du pays souffrant d’un système de santé faible.

«Il n’y a pas de remède pour le moment. Certains médicaments antiviraux sont prometteurs, mais il faudra au moins 8 à 9 mois. Par conséquent, la manière la plus efficace de lutter contre ce phénomène est de se préparer et de prévenir. Nous devons maintenir une santé équilibrée, nous reposer suffisamment, avoir une alimentation correcte et essayer de maintenir un équilibre psychophysique. J’héberge une page Facebook, Capire per Prevenire [Comprendre pour prévenir] avec un large public auquel je donne des conseils médicaux et réponds aux questions.»

Selon lui, «les chiffres que nous voyons en Italie sont sûrement une sous-estimation. Il y a une vaste masse de positifs parmi nous qui sont asymptomatiques. Et je crois qu’en Italie, les chiffres élevés sont le résultat d’une évaluation plus précise par rapport aux autres pays européens.»

Le professeur Arcieri a fait un commentaire critique: «Je dois dire que chaque pays a répondu avec retard. Probablement, personne ne s’attendait à une telle propagation mondiale. Une chose est sûre: en plus de la crise sanitaire, nous sommes face à une crise économique mondiale: des ressources massives doivent être déployées. Le personnel médical n’est pas testé, bien que les demandes soient avancées. Compte tenu de notre exposition, il semble que la demande soit évidente.»

En conclusion, il a déclaré: «Chacun doit jouer un rôle. Si dans un mois ou deux, l’Italie devait se retrouver dans les mêmes conditions que la Chine aujourd’hui, qui montre une amélioration, cela signifierait toujours que l’Italie n’a pas résolu le problème. Une solution ne peut être trouvée qu’au niveau mondial, sinon la mèche sera allumée quelque part et nous recommencerons tout à zéro. Le problème se pose ici à la population mondiale, et non à un État-nation donné. Certains pays empêchent les gens d’entrer sur leur territoire, mais cela ne résoudra pas le problème. Nous ne nous battons pas seulement chez nous, le champ de bataille, c’est le monde entier. Il n’y aura pas de solution en dehors d’un effort coordonné au niveau international.»

Marc Wells

 

Article paru en anglais, WSWS, le 21 mars 2020

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La pandémie de COVID-19 met en évidence le caractère de classe de la politique. Le système de santé a été réduit en pièces, les hôpitaux ont été privatisés et pillés à des fins lucratives, les capacités des laboratoires et les possibilités de traitement à l’échelle nationale ont été massivement restreintes.

Malgré les avertissements de la Chine, aucune préparation n’a été faite pour protéger la population. Le gouvernement ne se préoccupe que des intérêts des grandes entreprises et met des ressources financières illimitées à la disposition des sociétés et des banques. Bien que le danger du virus soit connu et que la vie publique ait été considérablement restreinte, de nombreux travailleurs sont contraints de poursuivre leur travail sans protection adéquate.

La résistance s’accroît contre cette irresponsabilité criminelle du gouvernement et des employeurs. Divers groupes d’opposition se forment sur Internet pour réfuter la propagande du gouvernement et décrire et combattre les conditions dramatiques dans les hôpitaux, les postes de secours, les établissements de soins et les usines, mais aussi les effets dévastateurs des mesures gouvernementales sur les travailleurs en situation d’emploi précaire.

Angela Merkel (Wikipedia Commons)

Les politiciens ont répondu à cette opposition par des appels à la censure et à des mesures dictatoriales.

Au début de la semaine, le ministre de l’intérieur de Basse-Saxe, Boris Pistorius (Parti social-démocrate, SPD), a demandé que des sanctions soient prises contre la diffusion de «fausses nouvelles» en rapport avec la pandémie de coronavirus. Il a exigé que le gouvernement intervienne d’urgence, en déclarant: «Il doit être interdit de diffuser publiquement de fausses allégations sur la situation de l’approvisionnement de la population, les soins médicaux ou la cause, les modes d’infection, le diagnostic et la thérapie du COVID-19.»

Selon Pistorius, le gouvernement doit examiner si les interdictions pourraient déjà être fondées sur la loi de protection contre les infections. Si ce n’est pas le cas, le code pénal ou la loi sur les infractions administratives devraient être modifiés «le plus rapidement possible».

La plus grande désinformation qui se répand actuellement vient du gouvernement lui-même. Il prétend que le système de santé allemand est bien préparé à la propagation de la pandémie, et que personne n’a à s’inquiéter. Pendant des semaines, le gouvernement a minimisé les dangers.

Du fait que la réalité a réfuté sa propagande, toute critique à son égard doit être criminalisée et réprimée. Si Pistorius obtient ce qu’il veut, le gouvernement appliquera rigoureusement son monopole sur l’information et l’opinion. C’est un appel à la censure et à la dictature.

Pistorius est connu depuis longtemps comme un social-démocrate de droite dans la tradition de Gustav Noske, celui qui, pendant la révolution de novembre 1918, s’était allié à l’armée allemande et aux Freikorps d’extrême droite pour réprimer l’opposition des travailleurs à l’ordre des élites.

Depuis sept ans, en tant que ministre de l’intérieur de Basse-Saxe, il prône une politique stricte de droite contre les réfugiés et pour le renforcement des pouvoirs répressifs de l’État. En été 2017, il a présenté une prise de position du SPD sur la politique intérieure, dont le point central était le renforcement de la police fédérale sur le plan financier et en personnel. Un an plus tard, plus de 10.000 personnes ont manifesté à Hanovre contre la nouvelle loi sur la police de Basse-Saxe, que Pistorius avait rédigée, car elle étend massivement les pouvoirs des autorités sécuritaires tout en restreignant les droits civils élémentaires.

Avec son appel à la censure et aux mesures d’état policier Pistorius parle au nom d’un parti qui a toujours répondu aux situations de crise et à la résistance de la population en appelant à l’État fort et aux mesures dictatoriales. Pistorius est issu de la même tendance politique que l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui a brutalement démoli les systèmes de protection sociale avec les lois Hartz. Depuis trois ans, il vit également avec la quatrième femme de Schröder, Doris Schröder-Köpf, dont l’ancien chancelier s’est séparé en 2015.

Il ne fait aucun doute que la lutte contre la pandémie nécessite la restriction des contacts sociaux et de la liberté de mouvement individuelle. Cependant, il ne faut pas permettre que les conditions d’une dictature soient créées sous le slogan «la nécessité fait loi!» La pandémie de coronavirus, ses conséquences sanitaires, sociales et économiques inquiétantes et les mesures drastiques nécessaires pour la combattre soulèvent la question de savoir qui exerce le pouvoir et contrôle l’État – l’oligarchie financière ou la classe ouvrière?

Partout, la classe dirigeante tente d’utiliser les mesures contre la crise de Coronavirus pour renforcer son pouvoir. Selon les informations de la DPA et du Spiegel, le président du Bundestag (parlement fédéral), Wolfgang Schäuble (Union chrétienne-démocrate, CDU), par exemple, a proposé aux dirigeants des groupes parlementaires d’élargir les lois d’urgence en modifiant la constitution.

Les lois d’urgence, qui ont été adoptées en mai 1968 au milieu des plus grandes grèves ouvrières et manifestations étudiantes de l’après-guerre, confèrent à l’État des pouvoirs quasi-dictatoriaux dans les situations de crise (catastrophe naturelle, soulèvement, guerre). Elles permettent entre autres de remplacer le Bundestag et le Bundesrat (la chambre haute du parlement) par un parlement d’urgence, le «Comité mixte». Ce comité ne se compose que de 48 membres sélectionnés mais dispose des pleins pouvoirs des deux chambres du parlement et annulerait donc largement le système parlementaire existant. Schäuble a maintenant évoqué l’idée d’inclure une réglementation similaire dans la constitution pour le cas d’une épidémie.

Le déploiement de la Bundeswehr (forces armées), que la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a annoncé jeudi lors d’une conférence de presse, doit également être considéré dans ce contexte. Pour l’instant, l’accent est mis sur les tâches logistiques. La Bundeswehr dispose de cinq hôpitaux spécifiques, de 3000 médecins, d’hôpitaux militaires mobiles ainsi que de capacités logistiques et de transport pouvant être utilisées dans la lutte contre le virus.

Mais ce que Kramp-Karrenbauer a en tête va plus loin. Outre le déploiement de jusqu’à 50.000 soldats, il est également question de mobiliser 75.000 réservistes. Lors de la conférence de presse, la ministre de la défense a souligné que les troupes ne seront pleinement déployées que lorsque les autorités et les organisations civiles «auront atteint la limite de leurs capacités». Elle a affirmé que dans le domaine de la sécurité et de l’ordre, l’aide de l’armée ne serait «disponible que dans des conditions strictes», mais dans un ordre quotidien aux troupes, elle a écrit: «Nous aiderons pour les soins de santé et, si nécessaire, pour assurer l’infrastructure et l’approvisionnement ainsi que le maintien de la sécurité et de l’ordre.»

Le chef d’état-major Alfons Mais a écrit aux soldats que la Bundeswehr avait désormais pour tâche de maintenir la disponibilité opérationnelle pour tout soutien nécessaire. «Nous sommes au début d’une route dont nous ne pouvons pas encore estimer la direction et la longueur», a-t-il déclaré.
En Bavière, le gouvernement conservateur de l’État a déclaré une situation de catastrophe lundi dernier. Cela leur permet de prendre des mesures de grande envergure contre la propagation du coronavirus et d’appeler les citoyens à apporter leur aide sous forme de «services, de matériel et de travail». Toutefois, la situation de catastrophe signifie également une atteinte profonde aux droits démocratiques, qui peut être utilisée pour supprimer l’opposition sociale et politique. Les travailleurs doivent être sur leurs gardes.

Ulrich Rippert

 

Article paru en anglais, WSWS, le 23 mars 2020

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Le Venezuela, la France et le Coronavirus

mars 24th, 2020 by Romain Migus

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. « Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face » a annoncé Le Figaro. Le Monde mentionne « un système de santé dévasté face au coronavirus » pendant que l’AFP ricane : « du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus ». Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.

Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie de la Covid-19 par l’Organisation Mondiale de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face à la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays « vulnérables », la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indique que « le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande » car l’action du FMI est « fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade ». L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.

Les Vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.

Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Le 22 mars, une semaine après le confinement, le président Nicolas Maduro, annonce de nouvelles mesures. Il décrète :

✅La suspension des loyers pour les PARTICULIERS et les commerçants durant 6 mois

✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020

✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois

✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire

✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)

✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois

✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.

Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.

A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.

C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace de la Covid-19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 Vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au coronavirus Covid-19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

Le 23 mars 2020, le gouvernement annonce disposer, grâce à l’aide chinoise, de deux millions de test de dépistage de la Covid-19, et qu’il utilisera le traitement à la chloroquine pour soigner les personnes malades. Cet antipaludique avait eu des résultats probants en Chine avant que le professeur français Didier Raoult ne perfectionne le protocole de soins. Les Français apprécieront sûrement de savoir que les Vénézuéliens pourront utiliser ce traitement alors que, dans le même temps, les autorités sanitaires françaises trainent des pieds, et la plupart des médias ont déversé durant longtemps un torrent de boue sur le docteur marseillais.

Au-delà de la politique sanitaire vénézuélienne que chacun jugera en comparaison avec les protocoles de son propre pays, les vénézuéliens comptent sur un formidable réseau d’organisationspopulaires. Dès les premiers jours, et alors que les pharmacies privées augmentaient de 1000% le prix des masques et du gel hydro-alcoolique, les organisations de quartier se sont mises à fabriquer des masques pour les répartir gratuitement dans leur communauté de voisinage. Dans de nombreuses communes et conseils communaux, les comités de santé recensent les personnes, organisent la solidarité, les distributions de nourriture, transmettent les informations nécessaires sur la maladie. Que ce soit dans les quartiers populaires, dans les communes socialistes, ou dans les 2,5 millions de logements publics construits par la Révolution Bolivarienne entre 2011 et aujourd’hui, les relations sociales sont le ciment de la lutte contre la pandémie.

A la différence de la France, la notion « d’habiter » dans de très nombreux territoires du Venezuela fait corps avec l’organisation commune de l’espace, et de la prise de décision de manière collective. La notion de confinement est donc vécue différemment, et nous interpelle en Occident sur l’inexistence de construction des communs dans nos rapports de voisinage.

« Les politiques publiques de logement au Venezuela », conversation avec l’architecte français Jean-François Parent

Le Venezuela a déjà connu une crise institutionnelle qui a été dépassée. Aujourd’hui, l’appel du président Maduro au confinement est respecté par tous les secteurs, pendant que Juan Guaido continue de faire le clown depuis sa chambre d’hôtel. La France, elle, est plongée dans une crise de légitimité. L’autorité politique de l’État ayant été publiquement défiée par l’autorité morale de l’infectiologue Didier Raoult. D’ores et déjà, des élus locaux se refusent à compter les morts en attendant le feu vert de l’État français. Ainsi, le maire de Nice, Christian Estrosi, décide d’abandonner le protocole ordonné par l’Etat pour suivre celui du professeur marseillais dans le CHU de sa ville. Alors que le Venezuela fait bloc derrière l’État révolutionnaire, la France, elle, semble revenir au système féodal.

Les ruptures de stock dans les magasins français, les spéculations et hausse de prix de certains produits, les vols de masques protecteurs (et peut être demain le marché noir si le confinement s’éternise) sont quelques uns des symptômes de la guerre économique que vit le Venezuela depuis plusieurs années. A la différence de l’Hexagone, les citoyens vénézuéliens sont déjà préparés à ce genre de conjoncture, et ont élaborés des solutions collectives pour pallier aux manques.

Enfin, les Vénézuéliens sont rodés à la guerre médiatique et psychologique depuis plusieurs années. Ils savent que lorsque l’information vient des médias commerciaux, il ne faut pas s’y attarder une minute. En France, si les études du professeur Raoult se confirment, le système médiatique devrarendre des comptes pour avoir traité le médecin marseillais comme un charlatan. La palme revient, comme souvent, au Monde et à ses “décodeurs” pour avoir soutenu que le traitement à la chloroquine était une Fake News. Alors que plusieurs pays ont déjà adopté ce traitement en toute urgence (Chine, Venezuela, États-Unis, Argentine…), les médias français se sont déjà rendus coresponsables de milliers d’infection, et de centaines de morts. Les Vénézuéliens savent déjà comment réagir face à ce système de propagande, et aux opérations psychologiques. Nous, nous apprenons à peine, et nous n’oublierons pas.

Encore une fois, les sicaires médiatiques et académiques attendent de voir comment la Révolution Bolivarienne succombera à la pandémie du Covid 19. Ils risquent encore de ronger leur frein, et de passer leur quarantaine noyés dans leur amertume.

Comme a dit Emmanuel Macron, « le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant. Beaucoup de certitudes et de convictions seront remises en cause ». Espérons que ceux qui ont été contaminés par le virus de la désinformation sur le Venezuela, ne fassent pas l’impasse sur les recommandations du président français.

Romain Migus

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La « pandémie » COVID-19 est principalement conçue pour donner du pouvoir à l’élite dirigeante et pour accroître sa portée autoritaire. L’outil principal est la peur innée de la mort chez l’homme et cette peur a été fortement amplifiée par les médias de propagande des entreprises.

Pour ceux qui peuvent éviter le piège de la peur, il est évident que cette maladie est moins dangereuse pour la mortalité que la grippe saisonnière et la tuberculose. Le taux de mortalité de COVID-19 est jusqu’à présent minuscule à titre de comparaison, bien que l’État et ses médias promettent que ce nombre augmentera rapidement et que la seule option soit d' »aplatir la courbe » en imposant des mandats autoritaires, y compris l’imposition de la loi martiale, comme c’est actuellement le cas en Italie. 

L’État a le monopole de la coercition et de la violence. Il a démontré à maintes reprises au cours de l’histoire que son premier réflexe lors de toute crise, réelle ou inventée, est d’exiger l’obéissance des masses, sous peine d’en subir les conséquences : arrestation, amendes, incarcération, voire mort. Nous en sommes témoins aujourd’hui en Californie, le havre libéral actuellement bouclé, bientôt transformé en loi martiale, car beaucoup de gens refusent de croire que la COVID-19 est le croque-mitaine que l’État prétend. Pour l’État, il est inadmissible de mener une vie normale. La même chose se passe actuellement sur la côte opposée à New York, un autre bastion de l’esprit libéral. 

En plus de favoriser un régime autoritaire, l’État et ses propriétaires, ses banquiers et les sociétés transnationales sont déterminés à faire tomber une économie déjà malade, devenue ainsi par des décennies d’économie post-keynésienne et le crédo néolibéral. Ils peuvent ainsi reconfigurer les économies et enfin établir un plan mondialiste de gouvernement mondial centralisé, longtemps recherché et admis par le grand public (voire « gouvernance mondiale »). Ce plan fasciste et descendant est vendu comme un effort pour réaliser la paix, la sécurité, la justice et les systèmes de médiation  l’échelle mondiale. Il n’en est rien.

Rappelez-vous les remarques d’Henry Kissinger à la suite des émeutes de Los Angeles. Ce criminel de guerre et agent de Rockefeller a déclaré que dans les circonstances d’une crise appropriée, le peuple courra vers l’État et le suppliera d’être protégé. De plus en plus, les gens, comme des enfants sans défense, attendent et exigent de l’État non seulement qu’il les protège, mais aussi qu’il leur offre toutes sortes de cadeaux gratuits aux dépens des autres.

Le comédien et acteur Chris Rock, sous le règne de Barack Obama, a déclaré que le président est comme un père qui exige l’obéissance de ses enfants. C’est ainsi que des millions de personnes voient le gouvernement – comme un père bienfaisant qui s’occupera de tous leurs besoins et les protégera pendant les crises, qu’elles soient réelles ou inventées. 

La « pandémie » COVID-19 détruira sans aucun doute une économie déjà affaiblie et ouvrira la voie à un gouvernement mondial centralisé, fasciste et autoritaire et à une reconfiguration économique qui enrichira davantage l’élite dirigeante.

La philosophie du gourou du néocon, Leo Strauss, est certainement applicable. Strauss pensait que le monde avait besoin d’une classe de dirigeants éclairés sur le modèle de la République de Platon. Shadia Drury, professeur de théorie politique à l’Université de Regina dans le Saskatchewan, a écrit pendant le règne des néocons de Bush : 

C’est la fin de la « crise » COVID-19 – la subordination à l’État et les diktats autoritaires qui ont suivi, sans question, sans plainte et sans résistance. 

Kurt Nimmo

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Article original en anglais :

The Lesson of COVID-19. The State has a Monopoly on Coercion and Violence

Cet article a été publié initialement en anglais sur le blog de Kurt Nimmo, « Another Day in the Empire ».

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca

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« Le test de notre progrès [moral] n’est pas de savoir si nous ajoutons à l’abondance de ceux qui ont beaucoup, mais de savoir si nous en donnons suffisamment à ceux qui en ont trop peu» 

Franklin D. Roosevelt (1882-1945), 32e président américain (1933-1945); (tiré de son « Deuxième discours inaugural », mercredi, le 20 janvier 1937)

« La meilleure façon de détruire le système capitaliste est de débaucher la monnaie. Par un processus continu d’inflation, les gouvernements peuvent confisquer, secrètement et subtilement, une partie importante de la richesse de leurs citoyens. … Par cette méthode, non seulement confisquent-ils, mais ils confisquent d’une façon arbitraire ; et, alors que le procédé appauvrit beaucoup de monde, il en enrichit un certain nombre. » 

John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique, 1936

« L’élite économique ne semble pas être consciente que le fonctionnement normal de notre économie génère des traumatismes et des crises financières, de l’inflation, des dépréciations monétaires, du chômage et de la pauvreté, dans un contexte qui pourrait conduire à une richesse pratiquement universelle, —en bref, le capitalisme financier complexe est fondamentalement défectueux. » 

Hyman Minsky (1919-1996), économiste américain, 1986

Voilà, c’est reparti : une autre bulle financière est en train d’éclater et une autre crise financière se pointe à l’horizon et menace de perturber l’économie réelle ! Cette fois, le déclencheur est la crise pandémique du coronavirus, la plus grave d’une génération, laquelle risque de paralyser l’économie en plus de provoquer un krach boursier.

La crise et les mesures prises par les autorités publiques pour la combattre (restrictions drastiques aux déplacements, distanciation sociale, quarantaine des travailleurs, etc.) ont conduit à un important ralentissement économique mondial alors que les chaînes d’approvisionnement, tant au pays et qu’à l’étranger, ont été fortement perturbées. En outre, tout cela a profondément ébranlé les marchés financiers, déjà rendus vulnérables, par des années de politique monétaire facile, après rondes après rondes d’assouplissement monétaire, baptisé d’ « assouplissement monétaire quantitatif », de la part des banques centrales, tant européenne que japonaise et américaine.

Ces politiques monétaires, que l’on peut qualifier d’agressives, se sont traduites par des taux d’intérêt historiquement très bas, parfois même négatifs, ce qui a encouragé un endettement insoutenable à long terme. Même en période de prospérité relative, les gouvernements ont continué d’enregistrer d’importants déficits budgétaires, souvent avec des baisses d’impôts qui ont enrichi les très riches, en plus de fermer les yeux sur une spéculation financière incontrôlée qui a eu le même résultat.

Tout cela survient alors que le cours mondial du pétrole est en chute libre, résultat d’un excédent de l’offre sur la demande et d’un conflit entre la Russie et l’Arabie saoudite. Une telle chute des prix du pétrole ajoute un biais déflationniste supplémentaire à l’économie mondiale, lequel sera difficile à inverser. Pour couronner le tout, il y a des pays qui sont actuellement sous la gouverne de dirigeants inexpérimentés et/ou incompétents.

En conséquence, le monde traverse actuellement une convergence de crises tant sanitaire qu’économique, lesquelles plongent le monde dans une sorte de tempête économique parfaite, et à laquelle de nombreux pays ne sont pas du tout en mesure de faire face.

Aux États-Unis, par exemple, et il y a seulement deux ans de cela, en 2018, le président étasunien Donald Trump a limogé son principal conseiller à la santé (l’amiral Timothy Ziemer), lequel était responsable de préparer des mesures contre des pandémies. — Il n’a jamais été remplacé. Trump a ensuite fermé définitivement l’unité de sécurité sanitaire mondiale du Conseil de sécurité nationale, logé à la Maison-Blanche et chargée d’analyser les moyens de combattre une pandémie mondiale. Ce faisant, M. Trump a oublié un principe de précaution élémentaire pour tout gouvernement, soit d’être préparé à faire face à des événements imprévus.

Pendant une crise sanitaire et économique aussi grave que celle que nous traversons, laquelle affecte tous et chacun à des degrés divers, on doit s’en remettre aux gouvernements, seuls instruments collectifs que nous ayons, malgré leurs lacunes, pour la combattre de la manière la plus efficiente possible.

Il va de soi qu’en plus de prendre les mesures nécessaires pour éviter que la crise virale ne se propage et ne crée des paniques, les gouvernements se doivent aussi d’intervenir sur le front économique et financier. Ils ne doivent point hésiter à se servir des leviers monétaires, réglementaires et fiscaux afin d’empêcher une spirale déflationniste et d’éviter une catastrophe économique et financière. Ils doivent faire tout en leur possible pour alléger les souffrances humaines et venir en aide aux travailleurs licenciés, à leurs familles et aux autres personnes vulnérables.

• Qu’est-ce que les gouvernements devraient faire, ou ne pas faire, pour juguler les forces qui menacent leurs économies?

1- Pour commencer, il va de soi que la responsabilité première des gouvernements est de mettre tout en œuvre pour sortir de la crise sanitaire du virus le plus tôt possible, de fournir l’assistance médicale et les soins requis, tout en évitant les pénuries. Cela implique prendre les moyens nécessaires pour lutter contre la maladie infectieuse et alléger les souffrances humaines, certes, mais aussi empêcher les cas de corruption quand certains pensent profiter de la situation pour charger des prix abusifs. 

À ce titre, des leçons tirées des précédentes épidémies de virus (Ébola, SRAS, H1N1, etc.) peuvent servir de guide pour les actions à prendre.

La crise du coronavirus (Covid-19) est actuellement la principale cause qui crée des perturbations financières et des dislocations économiques. Malheureusement, les politiques macroéconomiques monétaires et budgétaires traditionnelles ne sont pas très efficaces pour résoudre ce type de problème.

2- La deuxième priorité, c’est évident, consiste à venir en aide à l’économie, de manière à empêcher qu’elle ne s’effondre ou qu’elle sombre dans une profonde récession, sinon même entre dans une dépression économique.

La première ligne d’intervention, à laquelle la plupart des banques centrales ont déjà eu recours, a consisté à injecter suffisamment de liquidités dans le système financier. En effet, en période de crise, une banque centrale doit faire en sorte de fournir les liquidités nécessaires pour éviter des faillites en cascades et permettre au crédit de circuler librement.

Ici, il convient de faire une importante mise en garde. En général, les autorités publiques se doivent de soutenir les banques et les entreprises privées autrement solvables, mais en difficultés financières temporaires. Cependant, il n’est pas acceptable que le gouvernement utilise des fonds publics pour atténuer les problèmes de trésorerie de ces dernières, et le fasse à fonds perdus. L’aide gouvernementale doit aussi protéger les emplois des travailleurs.

L’objectif doit toujours être de préserver l’intérêt public et non pas d’enrichir indument des détenteurs de capitaux, aux frais de l’État. 

Dans cet esprit, les avances que font la banque centrale et le Trésor public doivent être sous forme de prêts garantis, appuyés par les actifs des emprunteurs, — que ce soit des avoirs en capitaux réels ou en actions de banque ou d’entreprise, et prévoir leur remboursement à une date ultérieure. C’est le seul moyen d’éviter que l’ensemble des contribuables ne soient les victimes de propriétaires privés peu scrupuleux ou imprudents, qui ont pris de gros risques et qui, quand les choses tournent mal, demandent à l‘État de « socialiser leurs pertes, tout en gardant les bénéfices privés pour eux-mêmes. » 

3- Il convient, cependant, de reconnaître que la politique monétaire en tant que telle est largement inefficace pour corriger un choc négatif venant du côté de l’offre, soit celui qui survient quand les conditions de production changent soudainement. En effet, les politiques monétaires ne peuvent pas remettre en marche les chaînes d’approvisionnement, ni empêcher les entreprises de stopper leur production et de mettre leurs travailleurs au chômage, quand la demande pour leurs produits ou services disparait. De même, ce genre de politiques ne peut pas résoudre un choc négatif imprévu venant du côté de la demande, simplement en réduisant les taux d’intérêt, surtout quand ceux-ci sont déjà très bas.

En effet, lorsque les consommateurs voient leurs revenus chuter et quand ils perdent confiance, ou lorsqu’ils ne peuvent pas sortir pour dépenser, après avoir été mis en quarantaine, il ne faut pas compter sur une simple baisse des taux d’intérêt pour relancer les dépenses de consommation.

Ajoutons que lorsque les taux d’intérêt réels sont négatifs, résultat d’une tentative de stimuler la croissance économique par des moyens financiers, comme cela a été tenté au Japon et en Europe aux cours des dernières années, il en résulte d’importantes conséquences économiques.

À la longue, en effet, des taux d’intérêt réels négatifs exercent une influence déflationniste sur l’économie. En effet, quand les taux d’intérêt nominaux sont inférieurs au taux d’inflation anticipé, [la définition des taux d’intérêt réels négatifs], les personnes retraitées et les épargnants en général sont de grands perdants. Leurs revenus et leurs dépenses se contractent, ce qui peut avoir un effet à la baisse sur les prix.

Des taux d’intérêt réels négatifs menacent également la viabilité financière des fonds de retraite et des compagnies d’assurance, en les obligeant à investir dans des actifs financiers plus risqués. Ils encouragent également les entreprises à investir dans des projets qui ne seraient pas rentables autrement.

4- En guise de conclusion préliminaire, nous disons que d’un point de vue économique, politique et social, injecter des liquidités dans l’économie n’est pas « une question de savoir si oui ou non cela doit être fait » pendant une crise, mais c’est la manière de procéder qui soulève question.

Il y a plus d’un siècle et demi, l’économiste et banquier britannique Walter Bagehot (1826-1877) a clairement établi qu’en période de crise économique et financière, une banque centrale doit avancer des fonds illimités, c’est-à-dire prêter autant d’argent aux institutions attitrées que nécessaire, afin d’éviter des faillites en cascade et des fermetures. 

Cela doit se faire, cependant, contre des garanties collatérales. Et cela doit se faire à des « taux prêteurs punitifs » afin d’éviter d’enrichir les banques en difficulté et leurs propriétaires avec de l’argent public, et afin d’éviter de créer un risque accru dans l’économie, c’est-à-dire une sorte d’aléa moral, lequel encouragerait la prise de risques insensés causée par l’assurance d’être renfloué en cas d’échec. 

Qu’est-ce que ça veut dire en pratique ? Cela signifie qu’en temps de crise, la banque centrale ou le Trésor public doivent prêter autant d’argent que nécessaire, mais plus les garanties sont faibles et risquées, plus les taux débiteurs doivent être élevés.

C’est une leçon qui n’a pas été complètement suivie aux États-Unis lors de la crise des prêts hypothécaires triturés, en 2008, lorsque la Fed a vu son bilan gonfler de 870 milliards de dollars qu’il était en 2007, à 4,5 billions de dollars en 2015 (une augmentation de plus de cinq fois), afin de sauver un groupe de méga banques sur le bord de la faillite, en les soulageant de leurs créances douteuses.

Le but, bien entendu, était d’empêcher le système financier de s’effondrer sous le poids d’une montagne de titres adossés à des créances hypothécaires, lesquelles avaient tourné au vinaigre avec l’affaissement du marché immobilier. L’opération de sauvetage avec des fonds publics s’est faite sans trop de garanties, et elle a fini par enrichir un certain nombre de gens très riches, aux dépens de l’ensemble de la population.

• Les économistes sont virtuellement unanimes quant au besoin de recourir à la politique budgétaire pour juguler la crise

Présentement, il est évident que la chute de l’économie en spirale exige des interventions budgétaires fortes, pour soutenir les besoins de trésorerie des personnes et des entreprises touchées par la crise, en particulier les petites et moyennes entreprises. Mais, par quels moyens et comment, à un moment où les déficits publics sont déjà élevés?

C’est une réalité indéniable que des centaines de milliers de travailleurs, voire des millions, sont temporairement mis à pied, et plusieurs d’entre eux sans indemnité de départ. Ils se retrouvent soudain sans chèque de paie, car leurs employeurs ne peuvent pas produire et vendre leurs biens et services. Une première intervention publique consisterait à assouplir les critères et les conditions d’admissibilité aux prestations d’assurance-chômage, afin de couvrir le plus grand nombre possible de chômeurs involontaires.

Mais quand la plupart des personnes et des familles, à des degrés divers, voient leur situation financière se détériorer pendant la crise, il y a là un problème économique et social important. Cependant, venir en aide rapidement aux personnes et aux familles dans le besoin peut poser un problème logistique aux gouvernements.

Dans un premier temps,  le niveau de gouvernement concerné pourrait prendre des mesures afin de protéger les personnes les plus vulnérables contre une expulsion de leur logement pendant la crise. Il ne faut pas oublier que les petits propriétaires sont également confrontés à des versements hypothécaires et ils devraient être indemnisés pour les loyers perdus.

Pour l’ensemble des personnes qui perdent leurs revenus en période de crise, le moyen fiscal le plus simple serait d’envoyer des chèques mensuels de quelques milliers de dollars aux contribuables dont le revenu en 2018 était inférieur à un certain montant, par exemple 50000 $, afin de leur procurer temporairement un revenu garanti pour les renflouer au cours des prochains mois.

Aux États-Unis, la présidente de la Chambre des Représentants, Mme Nancy Pelosi, a fait une proposition qui va dans ce sens. Le gouvernement étasunien prendrait à sa charge, pendant quelque temps, les deux tiers des salaires perdus et non remboursés des travailleurs mis en quarantaine. Se serait les employeurs ou l’agence centrale de la Social Security qui serviraient de courroies de transmission.

Toute solution simple d’un point de vue administratif comporte, cependant, des difficultés logistiques. En effet, ce n’est pas tout le monde qui a un emploi à temps plein, un dossier fiscal et même une adresse postale. Certaines personnes sont des travailleurs autonomes, certaines sont à la retraite, certaines sont des travailleurs saisonniers ou à temps partiel et certaines ont un revenu trop faible pour produire une déclaration de revenus. Certains sont sans abri. Ils pourraient être privés d’une aide financière gouvernementale, même s’ils sont probablement parmi ceux qui ont le plus besoin d’assistance.

Par exemple, un fait peu connu est qu’il y avait plus d’un demi-million d’Américains qui étaient sans abri, en 2019. Identifier ces personnes n’est pas une mince tâche. Il faut aussi tenir compte du nombre d’enfants dans les ménages nécessiteux. Ce serait peut-être les municipalités ou d’autres organisations communautaires qui seraient les mieux placés pour fournir une information précise.

D’autres propositions, comme celle du chef de la majorité républicaine du Sénat américain Mitch McConnell, à savoir fournir une aide financière directe aux personnes ayant un revenu pouvant atteindre 19 8000 $ par an, serait à la fois très coûteux et contraire à l’éthique. Il en va de même de celle d’abaisser les charges sociales reliées au travail, car ces taxes ne sont payées que lorsque les employés sont au travail !

Quels que soient les canaux utilisés pour venir en aide aux personnes directement touchées par la crise de l’emploi, il ne fait pas de doute qu’une telle assistance va s’imposer dans les prochaines semaines. 

Par exemple, aux États-Unis, si les deux paliers de gouvernement, tant fédéral que celui des États, injectaient dans l’économie un montant égal à environ 30% du produit intérieur brut (PIB), cela signifierait un effort fiscal combiné de 6 000 milliards de dollars américains.

Au Canada, si les gouvernements fédéral et provinciaux devaient faire de même, leurs efforts fiscaux combinés pour soutenir l’économie s’élèveraient à quelque 550 milliards de dollars canadiens. C’est bien plus que ce qui est envisagé à l’heure actuelle dans les deux pays.

Nous devons ajouter que la pandémie de Covid-19 est mondiale et que les pays devraient coopérer entre eux pour stabiliser le commerce international, afin de faciliter un retour ordonné à la prospérité, une fois le problème de santé résolu.

• Conclusion

Il ne fait aucun doute que tous les efforts doivent être déployés pour mettre fin à la pandémie du coronavirus. Il s’agit d’une priorité absolue de santé publique. 

Cependant, tout doit également être mis en œuvre pour atténuer les dommages sérieux que cette crise sanitaire cause à l’économie, par les distorsions observées dans les chaînes d’approvisionnement, par les licenciements massifs de travailleurs et par des crises financières déflationnistes qui laisseront des traces. Il importe que l’économie puisse rebondir rapidement lorsque les choses se tasseront. Et, comme il s’agit d’une crise qui est mondiale, plus il y aura de coordination internationale, mieux ce sera.

D’une part, les gouvernements ne doivent pas hésiter à recourir à des politiques monétaires, réglementaires et surtout fiscales pour injecter des liquidités et des aides monétaires là où elles sont requises. Cependant, cela ne devrait pas se faire d’une manière qui encourage « la privatisation des profits, tout en socialisant les pertes ». Des règles de justice sociale doivent s’imposer.

D’autre part, on a observé, au cours des quarante dernières années, l’émergence d’une curieuse forme de système politico-économique dans certains pays. Cela a pris la forme d’un système basé sur des règles capitalistes sévères pour la plupart des gens, mais, en parallèle, un système accommodant de nature socialiste pour les détenteurs de capitaux et la tranche supérieure des super riches. 

Une fois qu’on aura surmonté la présente crise, je ne pense pas que les gens vont accepter un tel système pendant encore très longtemps.

Rodrigue Tremblay

 

 

 

Le Prof. Rodrigue Tremblay est professeur émérite
d’économie à l’Université de Montréal et lauréat du
Prix Richard-Arès pour le meilleur essai en 2018
« La régression tranquille du Québec, 1980-2018 », (Fides).

On peut le contacter à l’adresse suivante : [email protected].

Il est l’auteur  du livre « Le nouvel empire américain » et du livre « Le Code pour une éthique globale », de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé « La régression tranquille du Québec, 1980-2018 ». 

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Covid VF COVID-19: Toute vérité compte trois étapes

mars 24th, 2020 by Larry Romanoff

D’abord, on la tient pour nulle et non avenue.

Ensuite tout le monde la tourne en ridicule.

Enfin, on la tient pour allant de soi.

Avec COVID-19, nous sommes désormais dans la phase 2. Au début, les médias restaient sourds aux affirmations et analyses montrant que le virus pouvait tout à fait provenir des États-Unis. Mais la circulation des informations, la concordance des indices, réévalués de toutes parts – et jusque aux États-Unis même – étant devenus trop intenses, cet éclairage est désormais ouvertement tourné en ridicule dans les médias occidentaux.

Il a fallu peu de temps aux virologues chinois pour découvrir et démontrer que la source initiale du virus n’était ni la Chine, ni Wuhan, ni le marché des fruits de mer, mais pouvait clairement être retracée jusqu’aux États-Unis ; un scénario possible étant que le virus pouvait en réalité provenir de l’arsenal bactériologique US de Fort Detrick – fermé en juillet dernier sur ordre du CDC (Ndt : le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies : la principale agence fédérale US en matière de protection de la santé publique), pour des questions de contamination – et qu’il aurait été introduit en Chine à l’occasion de la compétition sportive militaire internationale d’octobre 2019 (CISM Military World Games : Wuhan 2019).

De leur côté, les virologues japonais et taïwanais parvenaient eux aussi, indépendamment, à la conclusion que l’origine du virus pouvait bien être américaine.

Avant le début de la crise, les Américains se sont surpassés en balivernes pour se défausser sur les consommateurs de chauves-souris, de serpents et de pangolins, du marché des fruits de mer de Wuhan, et sur un prétendu programme d’armes bactériologiques de l’Université de Wuhan (qui n’a jamais existé). La version « made in CIA » selon laquelle la contamination était partie de cette université s’est répandue via Voice Of America et Radio Free Asia. En soulignant que des chercheurs chinois avaient participé (il y a 7 ans) à des recherches sur les virus financées par le NIH (National Institutes of Health américain), ce qui est exact, cette éclairage imputait implicitement la responsabilité de l’épidémie à la Chine, en éludant l’absence totale de lien pertinent entre un programme universitaire de 2013 et les événements actuels.

Je dois reconnaître que les Américains se sont surpassés pour s’emparer les premiers du micro et pondre une version « officielle » d’un événement en cours, tout en inondant les médias de preuves toutes faites, sans laisser le temps à un public crédule d’assembler lui-même les pièces du puzzle de manière logique.

Ce faisant, ils passaient à la trappe une évidence majeure : quelle nation voudrait créer ou libérer une arme biologique spécifiquement ciblée sur elle-même ? Ils écartaient aussi d’un revers de main la probabilité d’un « échec et mat » géopolitique – un virus étant une puissante arme de guerre économique, capable d’infliger à l’économie chinoise ce qu’aucune guerre commerciale ne pouvait lui infliger.

Les lecteurs négligents sont loin d’imaginer à quel point, dans la mentalité américaine, les impératifs géopolitiques ne manquent pour s’en prendre à la Chine, à l’Iran et à l’Italie, les autres pays n’étant dès lors que de regrettables dommages collatéraux.

De nombreux articles sur le virus portant ce type d’éclairage ont été publiés sur des sites d’info. Internet non mainstream – certains de ces articles ayant touché un lectorat énorme, avec des centaines de milliers de téléchargements, souvent republiés sur d’autres sites. Nombre d’entre eux ont été traduits en 6 ou 7 langues et publiés sur des sites Web du monde entier. Simultanément, de nombreux messages ont été publiés sur les médias sociaux chinois, spéculant sur les circonstances étranges et la longue chaîne de coïncidences inhabituelles qui ont conduit à l’épidémie de virus à Wuhan.

L’un de ces articles, traduit et publié sur les réseaux sociaux chinois, avait recueilli 76 000 commentaires, 8 heures après sa parution. Finalement, les principaux médias chinois sont arrivés aux mêmes conclusions – que le virus semblait effectivement provenir des États-Unis et que les Américains se livraient à une dissimulation massive.

Enfin, Zhao LiJian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a officialisé cette version des faits, en la relayant lui-même sur les réseaux sociaux US. Un article important paru cette fois dans le New York Times, observait que « les remarques de Zhao se sont diffusées à travers la Chine depuis la principale plateforme chinoise de médias sociaux, Weibo. . . [et] ont été vu plus de 160 millions de fois, sans compter la diffusion des captures d’écran des messages Twitter originaux ».

Comme les Twitts de LiJian, affirmant que le virus a été importé en Chine depuis les USA à l’occasion des Jeux militaires « Wuhan 2019 », provenaient essentiellement d’une source officielle difficilement négligeable et qu’ils exigeaient des autorités US qu’elles rendent des comptes, ils recevaient manifestement trop d’attention du public pour être ignorés. Tout cela a créé une pression politique suffisante pour contraindre les médias occidentaux à répondre. Et bien évidemment, leur réponse déniait toute valeur à la base factuelle des messages et en discréditait l’auteur.

Le 12 mars, Le Guardian (UK) publiait un article affirmant que la ligne de propagande chinoise accusait les États-Unis d’être l’origine de l’épidémie (1). Le 13 mars, le New York Times publiait un article similaire sur le « conspirationnisme chinois sur le coronavirus », et les « fausses allégations » concernant l’origine du virus (2). Le 14 mars, ABC News publiait à son tour un article intitulé « De fausses allégations sur l’origine du coronavirus aggravent les tensions entre les États-Unis et la Chine ». L’article tournait en ridicule l’attitude de la Chine et l’éventuelle origine américaine virus (3). (Ndt : Dans le même temps, les plus grands médias français et francophones s’alignaient unanimement sur les mêmes positions et la même attitude). 

Le Seattle Times y allait bientôt de sa propre version de l’histoire en publiant: « La Chine agite une nouvelle théorie sur les origines du coronavirus. La maladie serait américaine (…) introduite en Chine par des membres de l’armée américaine qui ont visité Wuhan en octobre. Il n’y a pas la moindre preuve pour étayer cela, mais cette idée a reçu l’approbation officielle du ministère chinois des Affaires étrangères, dont le porte-parole accuse les responsables américains de dissimuler ce qu’ils savent au sujet de la maladie » (4). En Angleterre, The Independent publie lui aussi sa propre version de la « théorie du complot en Chine » (5), tout comme CNN (6), etc.

Dans la version d’ABC « Le secrétaire adjoint David Stilwell a donné à l’ambassadeur [chinois] Cui Tiankai une “représentation des faits sans concession”, affirmant que Cui était “monté sur ses grands chevaux” devant à cette rodomontade “officielle” américaine ». Le département d’État américain aurait déclaré: « Nous voulions informer clairement le gouvernement [chinois] que, pour le bien des Chinois et du reste du monde, nous ne tolérerions aucune [théorie conspirationniste] ».

Suite quoi, Le Washington Post, Bloomberg et une demi-douzaine d’autres médias et organes de presse se sont rués sur les interviews de l’auteur, trop impatients de pouvoir conspuer eux aussi cette « théorie du complot » et ses zélateurs. L’ambassade américaine à Pékin s’est également « tournée vers » l’auteur « pour en discuter ».

Néanmoins, si la diffusion des information se poursuit, et si la pression politique qui en résulte peut être maintenue, nous finirons par entrer dans la troisième phase, où les médias commenceront à admettre d’abord la possibilité, puis la probabilité, puis le fait même que les États-Unis sont effectivement le point de départ du « virus chinois ».

Larry Romanoff

Le 19 mars 2020

Article original en anglais :

COVID-19: All Truth Has Three Stages

Traduit par Dominique Arias pour Mondialisation.ca

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Notes : 

(1) https://www.theguardian.com/world/2020/mar/12/conspiracy-theory-that-coronavirus-originated-in-us-gaining-traction-in-china

(2) https://www.nytimes.com/2020/03/13/world/asia/coronavirus-china-conspiracy-theory.html

(3) https://abcnews.go.com/Politics/false-claims-sources-coronavirus-spat-us-china/story?id=69580990

(4) https://www.seattletimes.com/nation-world/china-spins-tale-that-the-u-s-army-started-the-coronavirus-epidemic/

https://www.ccn.com/did-coronavirus-originate-in-america-chinese-media-pushes-conspiracy/

(5) https://www.independent.co.uk/news/world/americas/coronavirus-start-originate-conspiracy-china-us-wuhan-cdc-robert-redfield-a9398711.html

(6) https://www.ccn.com/did-coronavirus-originate-in-america-chinese-media-pushes-conspiracy/

Larry Romanoff est consultant en gestion et homme d’affaires à la retraite. Il a occupé des postes de direction dans divers cabinets de conseil internationaux et a dirigé sa propre entreprise d’import-export international. Il a été professeur invité à l’Université Fudan de Shanghai, où il a présenté des études de cas en affaires internationales à des classes EMBA supérieures. M. Romanoff vit à Shanghai et est actuellement en train d’écrire une série d’ouvrages sur les rapports entre la Chine et l’Occident. Il peut être contacté au: [email protected] Il est chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM/CRG).

 

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Les médias occidentaux vous ont dit de plaindre les Ouïghours, un groupe ethnique minoritaire chinois de la province du Xinjiang. On vous a demandé de « les soutenir » et de « défendre leurs droits ».

Ils vous ont dit que les Ouïghours sont victimes de discrimination et que la Chine essaie injustement de détruire leur culture.

Ce que vous n’êtes pas censé savoir, c’est que de nombreux événements apparemment sans rapport les uns avec les autres que vous suivez sur vos écrans de télévision ou dans les pages de vos journaux, sont en fait directement liés aux Ouïghours et à leur « Congrès Ouïghour Mondial » (WUC) militant pro-occidental.

Vous avez lu que le Président turc Recep Tayyip Erdogan a soudainement craqué, en s’opposant à la Russie, provoquant même l’Union Européenne et en envoyant de plus en plus de troupes d’occupation dans la Syrie voisine. On pourrait vous pardonner de penser qu’il est devenu fou.

Mais non, il y a en fait une logique d’acier dans ses actions. Pendant des décennies, Erdogan a cru que la minorité ethnique turque, principalement présente dans la province chinoise du Xinjiang, est le berceau de la nation turque. Lorsqu’il était maire de la ville d’Istanbul, il a même érigé une petite statue d’un Ouïghour, dans le quartier historique du Sultan Ahmed.

Après l’éclatement de la guerre en Syrie, ou plus précisément, après que l’Occident ait entamé une tentative de renversement du Président Assad, la Turquie a fait venir des Ouïghours militants de Chine, et a commencé à les utiliser à l’intérieur du territoire syrien. J’ai décrit cela dans mon long essai « La marche des Ouïghours », publié par ce magazine (New Eastern Outlook). La version longue de l’essai sera bientôt publiée sous forme de livre.

La Turquie a traîné les cadres du Djihad ouïghour et leurs familles à travers l’Indonésie et d’autres pays, leur fournissant des passeports turcs, pendant toute la durée du voyage. Elle les a formés dans des camps de réfugiés, principalement dans la région de Hatay (territoire historiquement syrien, saisi par la Turquie après la Première Guerre Mondiale), pour finalement les injecter à Idlib (une province syrienne). Là, souvent sous l’influence de drogues de combat, les combattants ouïghours ont commis des crimes contre l’humanité, assassinant des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, tout en dépeuplant des villages et des villes entières. Ils ont coopéré avec divers groupes terroristes, principalement originaires des pays arabes, qui tiennent toujours la région.

J’ai interrogé plusieurs familles syriennes qui avaient fui avec horreur le massacre. J’ai également interrogé des commandants syriens aux frontières des zones détenues par les terroristes, en 2019. Tant les civils que les forces armées ont témoigné qu’ils n’avaient jamais rencontré une telle brutalité de toute leur vie.

La Turquie, membre de l’OTAN, faisait essentiellement une faveur à ses alliés occidentaux. Les Ouïghours ont été injectés dans les champs de bataille du Djihad en Syrie, afin de s’endurcir encore plus, et finalement de retourner en Chine, perturbant ainsi la paix et « l’Initiative la Ceinture et de la Route » vitale – le grand projet internationaliste du Président Xi Jinping.

L’île indonésienne rétive de Sulawesi a également été utilisée, bien que dans une moindre mesure, pour la formation des combattants ouïghours.

Aujourd’hui, les forces turques se terrent dans le gouvernorat d’Idlib, engageant directement l’Armée Syrienne, tout en menaçant l’Armée Russe d’une nouvelle guerre.

La Russie se plaint que la Turquie n’a pas réussi à séparer les terroristes de l’opposition légitime. Cela définit en fait la situation en des termes extrêmement modérés. La Turquie soutient directement les terroristes dans la région d’Idlib, et cela inclut plusieurs ramifications de ce qui était connu sous le nom d’État Islamique, et par tous les moyens les Ouïghours et leurs contingents.

Ankara veut à nouveau régner sur la région, comme elle l’a fait par le passé. Mais maintenant, elle joue un jeu extrêmement complexe ; elle veut reconstruire son empire en dressant l’OTAN, les États-Unis, l’Europe, les terroristes, les islamistes et la Russie les uns contre les autres.

Pour la Turquie, les Ouïghours n’ont été qu’un pion de plus dans son jeu impérialiste brutal.

*

Même en Afghanistan – le nouvel élan est directement et indirectement lié aux Ouïghours.

La Syrie est libérée par ses forces armées, et les terroristes sont progressivement et silencieusement évacués par les alliés occidentaux, principalement la Turquie. Où vont-ils ? Un des pays est, bien sûr, l’Afghanistan. Il y a deux ans déjà, on m’a dit à Kaboul et à Jalalabad que l’État Islamique se déplaçait en grand nombre vers l’Afghanistan, où il opère principalement dans les zones rurales.

Il ne fait aucun doute que les jihadistes ouïghours sont également en Afghanistan. Maintenant qu’ils sont bien entraînés et endurcis, ils sont prêts à rentrer en Chine, mais aussi dans les anciennes républiques soviétiques, voire en Russie.

Tout cela se déroule conformément au plan des États-Unis et de l’OTAN.

En outre, l’Occident a récemment ajouté divers « éléments affectifs » déformés au conflit, dépeignant les Ouïghours vivant dans le Xinjiang comme des « victimes », déformant la réalité et jouant soudain ce que l’on pourrait appeler la « carte musulmane ».

La Chine n’a, historiquement, aucun problème avec les Musulmans (c’est l’Occident qui en a, par le biais de l’aventurisme colonialiste et néocolonialiste). Une visite dans l’ancienne capitale chinoise de Xi An illustrerait clairement les liens entre les cultures han et musulmane. Xi An est l’endroit d’où l’ancienne route de la soie partait, reliant la Chine à l’Asie Centrale, et à ce qui est maintenant défini comme le Moyen-Orient, ainsi qu’au reste du monde.

*

En décembre 2012, le Global Times a rapporté :

« Le Congrès Ouïghour Mondial (WUC), une organisation qui serait liée à des groupes terroristes et qui reçoit de l’argent d’organisations politiques occidentales, a longtemps joué un rôle important dans la diffamation des politiques de la Chine dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang et dans la consolidation des stéréotypes des médias occidentaux sur la Chine.

Certains médias et politiciens occidentaux, ainsi que le WUC, ont fait de l’hypnose et ont sali la politique chinoise dans le Xinjiang, mais restent silencieux sur les informations diffusées par le gouvernement chinois ou ses médias.

Le siège du WUC est situé dans un immeuble bas de la Adolf-Kolping-Strasse, près de la gare et du quartier commercial de Munich, en Allemagne.

Le bâtiment, dont l’extérieur est discret, est devenu le cœur des séparatistes du Xinjiang chinois et le cerveau de nombreux militants séparatistes du Xinjiang.

L’objectif principal du WUC de séparer le Xinjiang de la Chine n’a jamais changé, a déclaré Weinsheimer, un spécialiste allemand des groupes ethniques de Chine, au Global Times ».

Des rapports comme celui-ci sont généralement rejetés par la propagande et les médias occidentaux comme une tentative des journaux pro-gouvernementaux chinois de couvrir les violations des droits de l’homme contre les Ouïghours dans le Xinjiang.

Toutefois, mon enquête directe en Turquie, en Europe, en Syrie, en Indonésie et dans plusieurs autres régions du monde a montré que la Chine adopte une approche impartiale, tout en étant confrontée à une menace terroriste extrêmement dangereuse sur son propre territoire.

Même à Hong Kong, la « question ouïghoure » a été utilisée par l’Occident et Taiwan, pas plus tard qu’en décembre 2019. Je l’ai couverte et, comme toujours, j’ai des preuves photographiques claires.

Ce que le Global Times a rapporté n’était en fait qu’une réaction molle à la politique brutale de l’Occident, qui vise à briser en morceaux le pays le plus peuplé du monde – la RPC.

C’est pourquoi j’aborde périodiquement ce sujet si impopulaire, voire caché, en Occident.

*

Les Ouïghours sont en première ligne dans le combat de l’Occident contre la Chine.

Washington, Londres, Berlin ont plusieurs fronts ouverts contre Pékin. Il existe également différents types de fronts : économiques, politiques, idéologiques et même militaires.

Nuire à la Chine (et à la Russie, l’Iran, le Venezuela et d’autres) est le principal objectif de la politique étrangère occidentale.

Le Congrès Ouïghour Mondial (WUC) est prêt à aider les États-Unis, l’Europe et l’OTAN (en particulier la Turquie) dans leurs efforts pour nuire à la Chine, et pour perturber la BRI.

Pourquoi ? C’est parce que la BRI est le pire cauchemar du néocolonialisme occidental. Je l’explique dans mon récent livre : « Initiative Ceinture et Route de la Chine : Connecter les pays pour sauver des millions de vies ». La Chine est profondément impliquée dans ce formidable projet que je décris souvent comme la dernière étape de la décolonisation mondiale. La Russie y participe aussi de plus en plus ; dans plusieurs cas, elle prend même la tête du projet.

L’Occident ne peut rien offrir de positif, d’optimiste. Il salit la Chine et la Russie, et il renverse ou intimide des gouvernements qui ne veulent pas sacrifier des millions de leurs citoyens sur l’autel du capitalisme extrême et brutal et de l’impérialisme occidental. Les médias occidentaux mettent en garde les écrivains contre l’utilisation de ces « termes dépassés ». Foutaises : ils ne sont pas dépassés, ils sont réels ! L’impérialisme n’a jamais pris fin. Le colonialisme continue de piller et de ruiner des dizaines de pays sur tous les continents.

La Chine et la Russie, ainsi que le Venezuela, la Syrie, l’Iran, Cuba et d’autres, se battent pour les misérables du monde. C’est aussi simple que cela.

*

Le WUC et son « Président », Dolkun Isa, ont clairement décidé de prendre l’argent et d’accepter le diktat de l’Occident.

Parallèlement, en accueillant le siège du WUC sur son territoire, l’Allemagne a, une fois de plus, décidé de jouer un rôle extrêmement négatif dans la politique mondiale. Pas étonnant que les drapeaux allemands flottent désormais partout à Hong Kong, aux côtés de ceux des États-Unis et du Royaume-Uni, chaque fois que les émeutiers décident de descendre dans la rue. L’Allemagne soutient sans hésitation les émeutiers de Hong Kong, ainsi que le WUC.

À présent, l’Allemagne et la Turquie se sont décidées toutes les deux, en joignant leurs forces à celles de Washington et de Londres, contre la République populaire de Chine et son droit à une existence sûre. C’est une situation très dangereuse, mais elle est réelle et il n’y a pas lieu de cacher la réalité.

Les extrémistes ouïghours ont été désignés pour faire exploser à la fois la Chine et la partie progressiste du monde.

La Chine essaie de calmer la situation, de négocier de bonne foi. Ce n’est pas facile.

L’Occident, la Turquie et les forces musulmanes extrémistes opérant dans le monde entier, poussent les Ouïghours radicaux et leur WUC dans une confrontation horrible et sanglante avec Pékin.

Il est temps de faire connaître la situation. Le jeu de l’Occident, mortel et extrêmement dangereux, doit être exposé.

Andre Vltchek

 

 

Article original en anglais :

The pro-Western World Uyghur Congress (WUC) Is Being Used “To Detonate the World”

Traduit par Réseau International

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Les puissances impérialistes incluses dans l’alliance Atlantique sont aujourd’hui au bord du précipice, car complètement dépecées de leur tissu industriel et totalement décrédibilisées sur la scène internationale par un siècle de brutales agressions coloniales et de putschs militaires impunément perpétrés, depuis Madagascar en passant par l’Algérie, l’Indochine et l’Indonésie, ajoutés aux putschs militaires récurrents qui ont accompagné la pseudo décolonisation de la Françafrique, ni la mise en place par Washington de régimes dictatoriaux fantoches à sa solde en Amérique Latine, sans oublier les guerres de Corée et du Vietnam, jusqu’à la destruction récente de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Lybie, et celles, aujourd’hui avortées, de la Syrie et du Yémen, si besoin via le sponsoring de mercenaires salafistes islamistes, une tactique employée non sans succès depuis quarante années.

Ces puissances impérialistes n’ont cessé de recourir à ces brutales méthodes d’agressions coloniales, d’abord pour endiguer la menace des révolutions communistes, puis une fois celle-ci « disparue », pour rebattre les cartes de la distribution du gâteau colonial face à des puissances impérialistes concurrentes davantage portées sur les méthodes de « soft-power », à l’instar du social-impérialisme soviétique dès le milieu des années 1950.

Mais c’est surtout la Chine qui le fait aujourd’hui de manière particulièrement intelligente, en s’abstenant d’exercer la moindre pression politique sur les gouvernements des pays bourgeois-compradore, en s’opposant également aux sanctions économiques Atlantistes unilatérales visant à affamer les peuples dans un but de déstabilisation économique et politique, et enfin en refusant le chantage de « l’aide au développement », destinée par exemple pour ce qui concerne l’impérialisme français, en premier lieu à corrompre les potentats locaux au service des intérêts de la France-à-fric…

Nous savons aujourd’hui que le COVID-19, n’est en réalité pas un seul virus homogène. Le génome des cinq souches principales a été séquencé par les virologues chinois, taïwanais et japonais, qui ont d’ores et déjà publiquement nié son origine chinoise (puisque seules deux souches ont été trouvées à Wuhan, le soi-disant foyer de la pandémie immédiatement pointé du doigt par les services de propagande Atlantistes), et eux-mêmes pointé Washington d’un doigt accusateur : 

« Le médecin Taïwanais a remarqué qu’en août 2019, les Etats-Unis ont connu une vague de pneumonies pulmonaires ou pathologies similaires, que les Étasuniens ont attribué au « vapotage » des cigarettes électroniques, mais dont, selon le scientifique, les symptômes et les caractéristiques ne peuvent être attribués aux cigarettes électroniques. Il a dit avoir écrit aux autorités sanitaires des Etats-Unis en leur disant qu’il soupçonnait que ces morts étaient probablement dus au coronavirus. Il assure que ses avertissements ont été ignorés. Immédiatement avant, le CDC avait totalement fermé le principal laboratoire biologique militaire de Fort Detrick dans le Maryland, en raison de l’absence de précautions contre des fuites de substances pathogènes, en adressant une mise en demeure aux militaires de cesser toute activité. C’est immédiatement après que l’épidémie des « cigarettes électroniques » a surgi. »

Il est ainsi très fortement probable que les cinq souches du COVID-19 soient le résultat des travaux menés par l’impérialisme américain (avec la collusion possible de son chien de garde sioniste) dans le domaine des armes biologiques. 

Sa diffusion, d’abord de manière cachée sur le sol américain (qu’elle soit accidentelle ou délibérée), puis aujourd’hui de manière reconnue (après que Washington en ait au préalable fait endosser la paternité par la Chine), n’enlève en rien au fait que la seule recherche visant à la mise au point de telles armes constitue en elle-même un crime contre l’humanité encore plus grave que celui de l’usage de la bombe atomique, qui fût employée à deux reprises en 1945 par l’impérialisme américain sans la moindre nécessité militaire impérative contre le Japon. 

En effet, une fois employée, l’arme biologique est par définition incontrôlable, du moins tant qu’un vaccin n’a pas été trouvé…

Ce qui est certain dans l’affaire du COVID-19, c’est que l’administration Trump a des choses très graves à cacher, des choses qui commencent « hélas » à  filtrer même au sein des grands médias atlantistes, à l’instar d’un article publié par le Huffington Post le 20 mars 2020 :

« Le chef de la Commission du Sénat américain sur le renseignement, et proche de Trump, le républicain Richard Burr, a vendu des actions et averti des donateurs d’une catastrophe imminente dès février, alors même que la Maison Blanche minimisait la menace du coronavirus, ont rapporté jeudi 19 mars des médias américains. Le sénateur Burr reçoit presque quotidiennement des briefing émanant de la communauté de renseignement sur les menaces à l’adresse du pays. Il a écrit lui-même sur le site internet de Fox News le 17 février que le gouvernement américain était « mieux préparé que jamais » pour parer au Covid-19, assurant aux Américains qu’ils étaient bien protégés ».

Et ceci n’est sans doute que la partie émergée de l’iceberg ! 

Si l’on examine sérieusement la question de l’éventualité d’une Guerre biologique, il est d’abord essentiel de bien comprendre le fait que la mise au point d’armes biologiques s’inscrit dans la longue « tradition » des puissances impérialistes les plus réactionnaires, qui recourent habituellement aux méthodes les plus extrêmes et les plus désespérées afin d’étendre ou de préserver les pays inclus dans leur sphère d’influence au détriment d’autres puissances impérialistes possédant des avantages comparatifs dans le domaine de l’industrie, du commerce et des investissements, c’est-à-dire dont l’expansion de la sphère d’influence se fait « naturellement » par des voies pacifiques et infiniment plus indolores pour les peuples.

C’est ainsi que le siècle écoulé, entaché du sang des dizaines de millions de victimes civiles des crimes de guerres si longtemps restés impunis perpétrés par les pays impérialistes aujourd’hui coalisés au sein du bloc Atlantiste, touche aujourd’hui à sa fin. La Cour Pénale Internationale (CPI) vient ainsi, le 5 mars 2020, d’approuver « une enquête sur les crimes de guerre américains en Afghanistan ». 

Et ce en dépit des fortes pressions exercées sur les membres de la CPI, un an durant, par Washington. En mars 2019, la « diplomatie » des cow-boys US avait en effet répondu, par la bouche de Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA et actuel secrétaire d’État, en menaçant de punir les familles des membres de la CPI… Les peuples du Monde pourront certainement bientôt en demander l’ouverture d’une nouvelle enquête, visant cette fois à établir les origines précises de l’actuelle pandémie du COVID-19 !…

En effet, doté d’une industrie aussi famélique que dépendante de celle, toute-puissante, de son principale concurrent, mais surtout également rattrapé et dépassé sur le plan militaire par la Chine, la Russie et même l’Iran, l’arme biologique constitue aujourd’hui à l’évidence l’ultime arme de déstabilisation sanitaire, économique, sociale et politique dont dispose l’impérialisme américain. 

Ces armes biologiques présentent en effet de multiples avantages sur bien d’autres armes : 

1° A l’instar des armes chimiques, elles font moins de bruit que les bombes et ne détruisent pas l’outil industriel. 

2° Elles ont également comme avantage d’être plus faciles à employer à l’insu de l’opinion publique, jusqu’à maintenant largement manipulée par les grands merdias propagandistes aux ordres du Capital financier. 

3° De plus, elles ont encore été assez peu employées, et les dénoncer relève donc du domaine du « complotisme ». 

4° En outre, comme c’est le cas pour le COVID-19, elle peut être employée sous la forme de diverses variantes, d’intensités variables, allant des simples symptôme grippaux jusqu’à la détresse respiratoire aigüe provoquant la mort, selon les souches employées. 

5° Enfin, elle permet d’opérer une « sélection au sein d’une population ». La souche C du COVID-19, qui est (comme par hasard…), et de loin, la plus virulente des cinq souches répertoriées, est très largement dominante à Wuhan. Elle y a provoqué un taux de létalité nul ou négligeable chez les sujets âgés de moins de 40 ans. Ce taux monte à près de 4 % chez les patients âgés de 60 à 69 ans, à 8 % chez les 70-79 ans et à plus de 15 % chez les plus de 80 ans. 

Cette souche laisse peu de chances de survie aux patients immunodéprimés ou souffrant d’autres pathologies lourdes (comme le diabète ou l’insuffisance respiratoire chronique). Elle permet ainsi d’opérer une « sélection naturelle » dans le cheptel bourgeois des esclaves salariés, en supprimant à la fois les sujets actifs d’âge moyen mais de santé fragile (qui coûtent si cher à la sécurité sociale), ainsi qu’une fraction significative des retraités dont les pensions sont devenues, pour les élites des pays impérialistes en déclin, un problème de plus en plus aigu, en particulier au cours des deux dernières décennies qui ont vu la Chine partir à la conquête des branches d’industrie à haute composition organique en capital (nucléaire, armement, aéronautique, aérospatiale, ferroviaire à grande vitesse, construction navale, électronique, etc.), longtemps « chasse gardée » des pays dominants de l’alliance Atlantique… 

En dépit de leurs différentes et frauduleuses étiquettes politiques, les attelages bourgeois qui se sont succédés au cours des dernières décennies en France (comme ailleurs…), et ce de manière encore plus accélérée au cours de la dernière décennie marquée par les politiques d’austérité, n’ont en effet eu de cesse de vouloir alléger ce « fardeau financier » soi-disant insurmontable que représente le paiement des pensions de retraites pour le Capital Financier. Alors pourquoi ne pas supprimer une fraction significative de ces personnes qui coûtent si cher à l’Etat bourgeois ? 

La tentation doit être bien grande d’avoir recours à de telles armes pour nos élites dégénérées, dans le contexte économique et social actuel extrêmement dégradé. Pourquoi donc ne pas y recourir, alors que l’impérialisme US et ses laquais se trouvent aujourd’hui dos au mur et au bord du gouffre, que ce soit sur le plan économique, commercial, financier, social, militaire ou géopolitique ?! 

Rappelons que nos élites actuelles ne sont que les héritières de celles issues de la dernière grande boucherie mondiale au cours de laquelle elles n’hésitèrent pas à employer des méthodes visant à massacrer et à terroriser délibérément les populations civiles « ennemies ». A l’automne 1943, Sir Arthur Travers Harris, qui fût comme on va le voir très justement surnommé le « boucher Harris », alors Maréchal de la Royal Air Force (RAF) et commandant (depuis février 1942) des campagnes britanniques de bombardements, reconnaissait ainsi que les campagnes de bombardements anglo-saxonnes en Allemagne ne visaient en général aucune cible strictement militaire, ni même l’outil industriel de l’ennemi :

« Ce but est la destruction des villes allemandes, la mort des ouvriers allemands et l’interruption de la vie communautaire civilisée dans toute l’Allemagne. Il faut souligner que les buts acceptés et fixés de notre politique de bombardement sont les suivant : la destruction des maisons, des services publics, des transports et des vies humaines ; la création d’un problème de réfugiés à une échelle inconnue ; et la destruction du moral à la fois dans le pays et sur les fronts par peur de bombardements étendus et intensifiés. Ce ne sont pas des sous-produits de tentatives pour frapper des usines ». (Sir Arthur Harris, 25 octobre 1943, cité dans : Brereton Greenhous et al., Le creuset de la guerre, 1939-1945 : Histoire officielle de l’Aviation royale du Canada, tome 3, 1999, p. 783)

Avec une telle morale – et celle des Faucons de la maison Blanche est du même acabit, une seule chose est certaine : même si la diffusion du COVID-19 se révélait n’être « qu’accidentelle », la tentation d’y recourir de manière délibérée a dû être bien grande pour l’impérialisme américain !

Car « nos » élites, il ne faut pas l’oublier, sont depuis deux décennies au moins, véritablement parties en Guerre contre les intérêts quotidiens les plus fondamentaux de leurs propres peuples : santé, éducation, retraites, etc. !

Une guerre biologique délibérée est ainsi très probablement ce qui est advenu pour l’Iran, qui a également, comme par hasard, hérité de la souche la plus virulente du COVID-19… Les dirigeants iraniens prennent en tout cas cette hypothèse très au sérieux et ils ont indéniablement raison :

« L’impérialisme, et au premier chef l’impérialisme américain, n’a changé ni de peau, ni de nature. Il est agressif, et il demeurera tel, même s’il ne lui reste qu’une seule dent dans la gueule », déclarait avec tant de lucidité que de sagesse le camarade Enver Hoxha, qui fût d’abord le chef de la résistance armée victorieuse à l’occupant fasciste, puis l’ingénieur en chef, quatre décennies durant, de l’édification de la République Populaire Socialiste d’Albanie.

A n’en pas douter, le retour du boomerang lancé  ̶  que ce soit accidentellement ou délibérément  ̶  à la face des peuples du Monde par l’impérialisme américain, conduira à la perte de sa dernière dent, et donc très bientôt à sa mise au tapis définitive !… En effet, la responsabilité criminelle de l’administration Trump dans ce qui est au moins la dissimulation d’informations capitales dans la lutte mondiale contre le COVID-19 exporté depuis les USA à la fin du mois d’octobre 2019 et découvert par la Chine sur son sol à la fin du mois de décembre 2019, conjuguée à la crise sanitaire qu’entrainera bientôt la rapide expansion du COVID-19 sur le sol américain, expansion qui sera d’ailleurs inévitablement « dopée » par le désert médical induit par le déplorable système de santé américain dont le cynisme infini va jusqu’à facturer aux victimes du COVID-19 la prise en charge des soins, y provoquera inévitablement une crise sanitaire, économique, sociale et politique sans précédent… Les USA ont aujourd’hui recensé 35 070 cas de personnes infectées par le COVID-19, pour un total de 458 décès. Parmi eux, ce ne sont pas moins de 10 863 cas et 151 décès qui ont été annoncés au cours des 24 dernières heures, confirmant le fait que la pandémie latente y couvait depuis déjà plusieurs mois, mais avec une prédominance des quatre souches les moins agressives…

Pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’Atlantique, ce sont aujourd’hui la Chine, la Russie et Cuba qui sont les seuls à voler, non pas en paroles, mais dans les faits, au secours de l’Italie, dont le système de santé est au bord de l’effondrement à cause de l’épidémie de COVID-19 qui y a déjà fait au moins 5 476 morts, alors même que 3 000 patients se trouvent aujourd’hui dans un état critique pour un taux de prévalence du coronavirus qui frôle 1 ‰. Et le système sanitaire Italien est déjà très fortement éprouvé. Il fait peu de doutes que cette précieuse aide sino-russo-cubaine à l’Italie fasse aujourd’hui grincer bien des dents à la Maison Blanche… 

Ce sont ainsi aujourd’hui pas moins de neuf avions de transport militaires russes Il-76 , chargés de matériel médical et accompagnés d’une centaine des meilleurs experts militaires russes dans le domaine de la virologie et de l’épidémiologie, qui s’apprêtent à rallier l’Italie au bord du désastre sanitaire. L’Italie sera ainsi certainement le premier pays de l’alliance Atlantique moribonde dont la diplomatie osera évoquer publiquement la question de la paternité réelle du COVID-19 et peut-être même pointer un doigt accusateur vers Washington ! Car déjà, certaines voix appartenant à la communauté scientifique occidentale, commencent à remettre en cause officiellement la soi-disant paternité chinoise du COVID-19 :

« Cependant, il est de plus en plus clair que le marché de Wuhan n’est peut-être pas la source de la flambée initiale de la maladie chez les humains. Un article publié dans The Lancet par un groupe important de chercheurs chinois a étudié les 41 premiers cas de patients hospitalisés pour une contamination confirmée au coronavirus. Ces chercheurs ont trouvé que le premier cas « est tombé malade le 1er décembre 2019 et qu’il n’avait aucun lien établi avec le marché aux fruits de mer. » Au total, 13 des cas initiaux examinés n’avaient aucun lien avec le marché. « Treize, sans lien, cela fait beaucoup », déclare Daniel Lucey, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Georgetown ».

A n’en pas douter, une fois que la politique criminelle des Faucons de la Maison Blanche sera connue du Monde entier   ̶  et cela adviendra inévitablement dans un futur proche   ̶ , surtout si cela en vient à se conjuguer à l’inévitable effondrement économique du bloc Atlantiste à venir, le Monde assistera à la complète dislocation de la coalition impérialiste Atlantiste, ainsi que de sa sphère d’influence coloniale ! Pour ne rien arranger, même les élites des pétro-monarchies du Golfe, aujourd’hui mises en difficulté au Yémen et confrontées à l’effondrement des cours pétroliers, semblent envisager un brutal retournement d’alliances qui pourrait coûter très cher à l’impérialisme américain sur le plan géopolitique comme économique, avec à la clef la faillite à priori inéluctable de l’industrie américaine du pétrole de schiste…

« Même quand on veut démolir le progrès, on le fait avancer », disait le camarade Henri Barbusse.

Bien malgré lui, aussi bien dans la lente agonie économique qui a marqué la décennie passée, que dans les violentes convulsions de sa politique étrangère ultra-réactionnaire qui l’ont accompagnée, l’impérialisme américain aura ainsi grandement contribué à précipiter sa propre chute,… ainsi que celle de ses plus proches alliés !

Vincent Gouysse

Le 23 mars 2020

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  • Commentaires fermés sur COVID-19: la stratégie de déni du Capital Atlantiste est vouée à l’échec

Le coronavirus progresse rapidement en Afrique, avec plus de 1.150 cas, alors que le nombre de cas dans le monde entier a dépassé 332.000 dont plus de 14.000 morts. Toute l’Afrique est exposée, alors que ses systèmes sanitaires mal en point ne seraient pas capables d’empêcher l’hécatombe si le virus se répandait à la campagne et dans les quartiers ouvriers densément peuplés des grandes villes. Il est urgent d’organiser une aide sanitaire internationale pour enrayer la diffusion de la maladie en Afrique.

L’Afrique doit «se préparer au pire» car le coronavirus commence à se propager localement, a averti mercredi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. La plupart des pays africains ont fermé leurs frontières aux personnes arrivant des pays les plus touchés par le virus, dont les États-Unis et les pays européens. Au moins 33 des 54 pays africains sont touchés, mais de nombreux cas non détectés circulent vraisemblablement aussi à travers l’Afrique.

En Afrique du nord, l’Egypte – pays le plus touché d’Afrique, où le premier cas enregistré le 14 février – a plus de 294 cas et pleure 6 morts. Le régime contemple à présent un couvre-feu et le confinement généralisé pour tenter d’endiguer la pandémie. L’Égypte est suivie par l’Algérie (201 malades dont 17 morts), le Maroc (109 cas dont 3 morts) et la Tunisie (75 malades dont 3 morts). Le nombre de cas en Libye, pays dévasté par une guerre civile depuis la guerre menée par l’OTAN en 2011, est inconnu.

Les autorités dans ces pays ont fermé les écoles, les mosquées et les universités, suspendu les vols vers les pays à risque, et interdit les rassemblements. En Tunisie, l’État demande à la population de financer la lutte contre le virus.

En Afrique de l’ouest, de nombreux pays sont touchés. 56 cas de Covid-19 ont été confirmés au Sénégal, où les autorités envisagent d’interdire de la vente des baguettes dans les épiceries de quartier pour limiter la propagation. Elles ont également interdit toute manifestation publique sur l’ensemble du territoire national pour une durée de trente jours.

Le nombre de cas continue à augmenter dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Burkina Faso, pays déstabilisé par la guerre française au Mali, et qui compte 75 cas dont 4 morts, les premiers en Afrique sous-saharienne. Il y a également le Ghana (16 cas) et le Nigéria (12 cas), le pays le plus peuplé d’Afrique avec 200 millions d’habitants.

En l’Afrique de l’est, la propagation du virus pose aussi d’énormes dangers avec des dizaines de cas enregistrés : Rwanda (17), Ethiopie (11), Kenya (15), Tanzanie (12), Soudan (2), Seychelles (7), Somalie (1), Mauritius (24 malades dont 2 morts). Hier les autorités rwandaises ont fermé les frontières, confiné la population et bouclé le pays.

Selon Radio France Internationale, les autorités au Kenya ont interpellé une série d’individus accusés de profiter financièrement de la pandémie ou d’inciter la panique. Elles ont interpellé un homme de 23 ans lundi dans l’est du Kenya qui avait affiché des messages sur Twitter qui accusaient l’État d’avoir menti sur le premier cas de Covid-19 enregistré dans le pays; à présent il risque 50.000 dollars d’amende et jusqu’à dix ans de prison. Hier soir l’État a aussi stoppé tous les vols au départ du Kenya à partir de mercredi à minuit.

En Afrique centrale, plusieurs cas ont été découverts notamment au Cameroun (20), au Congo (18) et en République centrafricaine (2). Les gouvernements ont pris des mesures de prévention pour suspendre des vols en provenance des pays à risque, et pour fermer écoles, lieux de culte et bars.

Le coronavirus présente des risques particuliers en Afrique non seulement à cause du manque d’infrastructures médicales dans les quartiers ouvriers et les campagnes pauvres, mais aussi à cause du grand nombre de séropositifs et de tuberculeux. Ceux-ci risquent de développer des formes très aïgues du coronavirus, dont le traitement nécessite des soins dans un hôpital équipé de haute technologie. Dans les conditions actuelles de la propagation de la maladie, une catastrophe qui pourrait tuer des millions de personnes guette le continent.

La diffusion du virus continue en Afrique du sud, pays de 59 millions d’habitants, avec plus de 240 cas. «Nous devons alerter tous les Sud-Africains que le risque de transmission interne s’installe maintenant», a déclaré le ministre de la Santé, Zweli Mkhize. «Une fois que cette infection commencera à se propager dans les taxis et les bus, elle créera une nouvelle dynamique.»

« Nous avons sept millions de personnes séropositives, et deux millions ne sont pas sous traitement », a rappelé le professeur Susan Goldstein, spécialiste de la santé et directrice adjointe du Wits Center for Health Economics and Decision Science.

«Nous ne savons pas non plus comment cela se passe dans les zones très pauvres où il n’y a pas de place pour la quarantaine», a ajouté Goldstein.

La pandémie du coronavirus a de nouveau dévoilé à la faillite du système capitaliste. Les gouvernements africains défendent les intérêts d’une petite élite capitaliste étroitement liée à l’impérialisme. Dans leurs pays, elles organisent l’exploitation d’une force de travail à bas salaire par les entreprises des anciennes puissances coloniales européennes, de l’impérialisme américain et à présent de puissances asiatiques émergentes. Elles soutiennent aussi les guerres menées par Washington ou les puissances impérialistes européennes.

Il en résulte que, plusieurs décennies après l’indépendance formelle de ces pays, les prestations de services de base à sa population et l’infrastructure sociale sont totalement inadéquates. La majorité de la population africaine n’a pas d’assurance maladie et dépend des cliniques et des hôpitaux publics; même en Afrique du sud, l’un des pays les plus riches du continent, 82 pour cent de la population n’a pas d’assurance maladie. Les hôpitaux publics manquent de personnel et sont souvent débordés par les épidémies.

Il est essentiel de coordonner une campagne internationale pour fournir les équipements et les personnels nécessaires pour stopper la contagion en Afrique.

Le professeur Mosa Moshabela, de l’École des sciences infirmières et de la santé publique de l’Université de Kwazulu Natal, a dit: «Nous ne pouvons pas contenir le COVID-19 avec notre seul système de santé. … Si on voit comment l’Italie [le hotspot de coronavirus en Europe] fait face au virus, nous ne pouvons pas le faire.»

Évoquant la situation pourtant déjà catastrophique en Italie, où les hôpitaux sont débordés par l’afflux des malades dans un état grave, le professeur a ajouté: «Nous serons similaires à cela, à cette différence près que nous n’avons pas une grande population ancienne mais un nombre élevé des personnes atteintes de tuberculose et du sida. Ceux qui seront le plus affectés auront entre 20 et 60 ans.»

Il faut sonner l’alarme sur le danger en Afrique d’une généralisation de la maladie et d’une perte en vies qui seraient catastrophiques. Ce danger n’implique pas, non plus, les seules populations africaines. Vu les liens étroits dans l’économie mondialisée – surtout ceux entre l’Europe, l’Amérique et l’Afrique à travers lesquels cette maladie s’est propagée – la croissance du COVID-19 dans n’importe quel pays individuel pose un danger énorme de contagion aux travailleurs de tous les pays.

Kumaran Ira

Carte de l’Afrique, le 20 mars 2020 : wikipedia.org

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  • Commentaires fermés sur Une montée rapide des cas de coronavirus menace l’Afrique

La colère monte parmi le personnel soignant après les révélations de l’ex ministre de la santé Agnès Buzyn sur l’absence de préparation du gouvernement face au Covid-19. Durant des semaines le gouvernement a minimisé la menace que représente le Covid-19 afin de tromper les personnels soignants et la population et de justifier sa propre inaction. A présent, un collectif de centaines de médecins porte plainte devant la commission des requêtes de la Cour de justice de la République contre Buzyn et le premier ministre Edouard Philippe pour « mensonge d’État ».

La pandémie a mis en évidence qu’après des décennies de mesures d’austérités menées par les gouvernements successifs, le système de santé a été laissé dans une situation catastrophique. A présent les hôpitaux sont surchargés et dans certaines régions saturés, comme dans le Grand Est. Ceci aurait pu être évité si le gouvernement Macron n’avait pas fait passer les considérations économiques avant les considérations sanitaires.

Courageusement, les personnels soignants s’organisent comme ils le peuvent face à l’afflux de personnes contaminées, en grande détresse sans avoir les moyens nécessaires pour les soigner. De nombreux cas de contamination à l’hôpital sont à déplorer chez le personnel soignant par manque de masque de protection. Le 22 mars, un médecin de l’Oise à la retraite mais volontaire pour aider ses collègues est décédé parce qu’il n’avait pas d’équipement de protection.

Le personnel soignant se sent trahi, et avec raison, par le gouvernement Macron. Comme le souligne l’avocat du collectif de médecin qui a porté plainte, Fabrice Di Vizio au Parisien : «Les masques arrivent, leur a dit le gouvernement fin février, et ils y ont cru. Début mars, quand ils ont compris qu’ils n’auraient pas les masques, on s’est mis à leur raconter qu’ils n’en avaient pas besoin… C’est en réalité un aveu d’impuissance et un mensonge, car la vérité, c’est que nous n’avions pas de stocks!»

Le collectif saisit alors le tribunal administratif le 4 mars. Le gouvernement promet cette fois la fourniture effective des masques. Mais ceux ci n’arrivent qu’au compte-gouttes. L’avocat ajoute que «La colère des soignants était d’autant plus grande qu’ils ont découvert qu’une entreprise française produit des masques… mais pour le compte du ministère de la Santé britannique, qui a passé commande avant la France !»

Les aveux de Buzyn, qui a avoué au Monde avoir informé Philippe de l’urgence sanitaire que représentait le coronavirus dès janvier, et avoir joué une «mascarade» pour tenter de cacher sa crainte de tomber malade dès lors, ont encouragé le collectif à agir.

Pour l’avocat du collectif, «une enquête pénale est désormais indispensable pour connaître l’étendue de l’information que l’on a cachée aux Français et déterminer les responsabilités de chacun dans ce fiasco sanitaire.» L’avocat demande notamment que «les serveurs du ministère soient perquisitionnés».

La plainte vise l’article 223-7 du code pénal, selon lequel « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ».

En effet il aura fallu attendre le 23 février pour que le remplaçant d’Agnès Buzyn, Olivier Véran lance la commande d’une dizaine de millions de masques FFP2 qui ne seront disponibles que 3 à 4 semaines plus tard. Nicolas Brillat, directeur de l’un des plus gros fabricants français de masque qui a vu les autorités britanniques passer commande avant la France a assuré que «Ça fait six semaines qu’on dit aux autorités qu’il va y avoir un problème».

Ces derniers jours, il a été révélé dans la presse que la pénurie de masques FFP2 s’explique par le fait qu’ils ne font plus partie du stock stratégique du ministère de la Santé depuis dix ans. En 2009, le nombre total de masques FFP2 atteignait, selon un rapport du Sénat quelque 579.691.625 unités. Parmi ceux-ci, 463 millions relevaient du stock stratégique et 116 millions du stock des établissements de santé. Le décompte émanait de l’EPRUS, l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, dissous en 2016.

En 2005 cinq entreprises avaient été retenu pour produire les masques FFP2, mais en 2011 le ministre de la Santé Xavier Bertrand sous Sarkozy décide d’arrêter le stockage de masque FFP2, obligeant dans certains cas l’arrêt complet des machines alors que le budget de l’EPRUS ne représentait qu’une goutte d’eau dans le budget de la santé.

Ce scandale sanitaire souligne la responsabilité politique et pénale de l’ensemble des partis politiques établis, pour mise en danger de la population. Les centaines de milliards d’euros donnés aux banques pour sauver le système financier en 2008 ont facilité l’accélération des coupes budgétaires initié par tous les gouvernements européens. En France comme ailleurs, le système hospitalier a été durement touché, ce qui explique la saturation des hôpitaux alors que l’on en est encore au début de l’épidémie.

Comme le soulignait la chancelière allemande Merkel, elle suppose que 60 à 70 pour cent de la population allemande sera touchée, mais il ne «faut pas surcharger» les hôpitaux. La politique d’inaction menée aussi en France menace des dizaines de millions de personnes d’une contamination au Covid-19, avec éventuellement des centaines de milliers de morts.

Les travailleurs ne peuvent toutefois se fier au recours à la cour de justice de la République. Il est utile de rappeler la dernière fois que cette cours a été appelée, lors du scandale du sang contaminé dans les années 1980 et 1990. Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, de 1984 à la fin de l’année 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida.

L’Inspection Générale de l’Administration du Santé sollicité a conclu dans un rapport que les considérations de protection sanitaire avaient été subordonnées aux considérations économiques. L’ancien Premier ministre socialiste PS Laurent Fabius et les anciens ministres PS Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu devant la Cour de justice de la République pour «homicide involontaire». Finalement, grâce à une ré-écriture des lois, Georgina Dufoix et Laurent Fabius furent innocentés.

Aujourd’hui, la politique de la bourgeoisie est même plus criminelle. Il revient à la classe ouvrière européenne et internationale de lutter pour se protéger contre cette épidémie et ôter le pouvoir à une classe dirigeante qui a démontré de manière irréfutable sa criminalité politique.

Anthony Torres

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Bien qu’elle ait évité de justesse la guerre avec l’Iran en janvier dernier, l’administration Trump continue de pousser à un conflit militaire généralisé. Les architectes de la guerre, Mike Pompeo et Benjamin Netanyahu, ont eu recours à une série de provocations cyniques pour forcer la main de Trump.

L’administration du président Donald Trump peut échapper au dernier conflit avec l’Iran sans guerre, mais une dangereuse escalade se profile à l’horizon.  Et comme auparavant, les facteurs clés de la belligérance ne sont pas les chefs de milice irakiens indignés ou leurs alliés en Iran, mais le secrétaire d’État de M. Trump, Mike Pompeo, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui cherche depuis longtemps à attirer les États-Unis dans une confrontation militaire avec l’Iran.

Tout au long de l’automne 2019, M. Netanyahu a ordonné une série de frappes israéliennes contre les alliés iraniens en Irak et contre les unités libanaises du Hezbollah. Lui et M. Pompeo espéraient que ces attaques servent de déclencheur à une guerre totale avec l’Iran. Comme on pouvait s’y attendre, les médias américains ont manqué l’histoire, peut-être parce qu’elle n’a pas réussi à consolider le récit universellement accepté d’un Iran hyper-agressif renforcé par l’échec de Trump à « dissuader » ce pays suite à la destruction d’un drone américain en juin, et une présumée attaque iranienne sur une installation pétrolière saoudienne en septembre.

Pompeo et John Bolton ont préparé le terrain pour la stratégie « tripwire » (NdT: fil tendu, déclencheur de piège) en mai 2019 avec une déclaration du conseiller à la sécurité nationale John Bolton citant « des indications et des avertissements troublants et progressifs », impliquant une menace iranienne sans fournir de détails concrets. Ce langage vague faisait écho à un vœu antérieur de M. Bolton selon lequel « toute attaque » de l’Iran, ou des forces par « proxy » (NdT: force agissant par procuration pour une autre), « sur les intérêts des États-Unis ou sur ceux de nos alliés sera contrée avec une force implacable ».

Puis est arrivée une campagne de fuites vers les principaux médias suggérant que l’Iran planifiait des attaques contre le personnel militaire américain. Le jour suivant la déclaration de M. Bolton, le Wall Street Journal a rapporté que des responsables américains non cités ont évoqué des « renseignements américains » montrant que l’Iran « a élaboré des plans pour cibler les forces américaines en Irak et possiblement en Syrie, pour orchestrer des attaques dans le détroit de Bab el-Mandeb près du Yémen par le biais de « proxies », ainsi que dans le Golfe persique avec leurs propres drones armés… ».

Le but immédiat de cette campagne était d’obtenir l’approbation de M. Trump pour des plans de contingence en vue d’une éventuelle guerre avec l’Iran, qui comprenait l’option d’envoyer autour de 120.000 soldats américains dans la région.  Cependant, M. Trump s’est opposé à un tel plan de guerre, se plaignant en privé que MM. Bolton et Pompeo le poussaient à entrer en guerre avec l’Iran. Après la destruction par l’Iran du drone américain au-dessus du détroit d’Ormuz le 20 juin, MM. Pompeo et Bolton ont suggéré la possibilité de tuer le major général Qassem Soleimani en représailles. Mais M. Trump a refusé d’approuver l’assassinat du plus haut général iranien à moins que l’Iran ne tue d’abord un Américain, selon d’anciens et actuels responsables.

À partir de ce stade, la stratégie de provocation s’est concentrée sur la tentative de déclencher une réaction iranienne qui impliquerait une victime américaine. C’est alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est impliqué, ainsi que ses militaires, comme acteur central dans ce drame. Du 19 juillet au 20 août, l’armée israélienne a mené cinq frappes contre des milices irakiennes alliées à l’Iran, faisant sauter quatre dépôts d’armes et tuant autant de miliciens chiites et d’officiers iraniens, selon les comptes rendus de presse.

Le bombardement israélien s’est intensifié le 25 août, lorsque deux frappes sur le quartier général de la brigade d’une milice pro-iranienne et sur un convoi de milice ont tué le commandant de la brigade et six autres miliciens, ainsi qu’une frappe de drone sur le quartier général du Hezbollah dans le sud de Beyrouth qui a fait sauter les fenêtres d’un des bureaux des médias du Hezbollah.

Netanyahu et Pompeo sabotent la tentative de diplomatie de MM. Trump et Macron

Derrière ces frappes, il y avait un sens de l’urgence de la part de M. Netanyahu dans la mesure où M. Trump jouait avec l’idée de chercher à négocier avec l’Iran. M. Netanyahou avait probablement appris les manoeuvres de Trump vers la détente par l’intermédiaire de M. Pompeo, qui avait longtemps été son principal contact dans l’administration. Le 26 août, le président français Emmanuel Macron a révélé qu’il travaillait à l’organisation d’une rencontre Trump-Rouhani.  Netanyahu s’est plaint de la perspective de pourparlers américano-iraniens « à plusieurs reprises » avec son cabinet de sécurité dès le jour précédent les frappes.

Deux généraux israéliens à la retraite, le général Amos Yadlin et le général Assaf Oron, ont critiqué ces frappes parce qu’elles augmentent la probabilité de représailles sévères de la part de l’Iran ou de l’un de ses partenaires régionaux. Les généraux se sont plaints que les attaques de Netanyahu étaient « conçues pour pousser [l’Iran] à une réponse hâtive » et ainsi mettre fin au flirt de M. Trump avec l’Iran. C’était évidemment vrai, mais MM. Pompeo et Netanyahou savaient aussi que provoquer une attaque de l’Iran ou de l’un de ses alliés pourrait causer une ou plusieurs des pertes américaines qu’ils recherchaient par ailleurs. Et une fois le sang américain versé, M. Trump n’aurait aucun moyen de résister à l’autorisation d’une escalade majeure.

Le Kataïb Hezbollah et d’autres milices irakiennes pro-iraniennes ont blâmé les États-Unis d’être responsables la vague d’attaques israéliennes meurtrières contre leurs combattants. Ces milices ont répondu en septembre en lançant une série d’attaques à la roquette sur les bases du gouvernement irakien où les troupes américaines étaient présentes. Elles ont également frappé des cibles à proximité de l’ambassade américaine.

Cependant, le problème pour MM. Netanyahu et Pompeo fut qu’aucune de ces frappes ne tua un Américain. De plus, les responsables des services de renseignement américains savaient, grâce à la surveillance par la NSA des communications entre l’IRGC (NdT: Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) et les milices, que l’Iran avait explicitement interdit les attaques directes contre le personnel américain.

Netanyahou s’impatientait. Pendant plusieurs jours, entre fin octobre et début novembre, il a rencontré son cabinet de sécurité nationale pour discuter d’une nouvelle attaque israélienne visant à précipiter une éventuelle guerre avec l’Iran, selon des rapports de l’ancien ambassadeur israélien Michael Oren. M. Oren a laissé entendre comment une guerre avec l’Iran pourrait commencer. « Peut-être qu’Israël fait une erreur de calcul en frappant une cible particulièrement sensible », a-t-il suggéré. Ce qui, selon lui, pourrait déclencher « une grande guerre entre Israël et l’Iran ».

Mais le 27 décembre, avant même que M. Netanyahu ne puisse mettre une telle stratégie en œuvre, la situation a changé de manière spectaculaire. Un barrage de roquettes a frappé une base irakienne près de Kirkuk où étaient stationnés des militaires américains, tuant un contractant militaire américain. Soudain, M. Pompeo avait l’ouverture dont il avait besoin.  Lors d’une réunion le lendemain, M. Pompeo a fait croire à M. Trump que des « proxies » iraniens avaient attaqué la base, et l’a exhorté de « rétablir la dissuasion » avec l’Iran en adoptant une riposte militaire.

En fait, les responsables américains et irakiens sur place n’étaient pas parvenus à une telle conclusion, et l’enquête menée par le chef des services de renseignement de la police fédérale irakienne de cette base venait juste de débuter le même jour. Mais M. Pompeo et ses alliés, le secrétaire à la défense Mark Esper et le général Mark A. Milley (président des chefs d’état-major), ne souhaitaient pas attendre sa conclusion.

Une tromperie amène les États-Unis et l’Iran au bord de la guerre

Les résultats des investigations irakiennes ultérieures ont révélé que le barrage de roquettes avait été lancé depuis une zone sunnite de Kirkouk où se tenait une forte présence de l’État Islamique, et que les combattants de l’EI avaient mené trois attaques non loin de la base sur les forces irakiennes qui y étaient stationnées au cours des dix jours précédents. Les interceptions de signaux américaines n’ont trouvé aucune preuve que les milices irakiennes ont abandonné leur politique consistant à éviter à tout prix les pertes américaines.

Tenu dans l’ignorance par M. Pompeo de ces faits cruciaux, M. Trump a accepté de lancer cinq frappes aériennes contre le Kataïb Hezbollah et une autre milice pro-iranienne sur cinq sites en Irak et en Syrie, qui ont tué 25 miliciens et en ont blessé 51. Il pourrait aussi avoir donné son accord de principe au meurtre de M. Soleimani lorsque l’occasion s’est présentée.

L’Iran a répondu aux attaques contre ses alliés de la milice irakienne en approuvant une violente manifestation à l’ambassade américaine à Bagdad le 31 janvier.  Les manifestants n’ont pas pénétré dans le bâtiment de l’ambassade lui-même et ont été arrêtés brusquement le même jour. Mais Pompeo a réussi à persuader Trump d’autoriser l’assassinat de Qassem Soleimani, la deuxième personnalité la plus puissante d’Iran, vraisemblablement en martelant le thème du « rétablissement de la dissuasion » concernant l’Iran.

Soleimani était non seulement le deuxième homme le plus puissant d’Iran et la figure principale de sa politique étrangère, mais il était aussi idolâtré par des millions de citoyens les plus nationalistes du pays. Le tuer dans une attaque de drone était une invitation ouverte à l’affrontement militaire que MM. Netanyahou et Pompeo recherchaient désespérément.

Pendant la semaine cruciale du 28 décembre au 4 janvier, alors que M. Pompeo faisait pression sur M. Trump pour qu’il riposte contre l’Iran non pas une mais deux fois, il était clair qu’il se coordonnait étroitement avec M. Netanyahu. Durant cette seule semaine, il a parlé au téléphone avec M. Netanyahou à trois occasions.

Ce que MM. Pompeo et Netanyahu n’auraient pas pu anticiper, c’est que l’attaque en représailles de missiles de l’Iran sur le secteur américain de la base aérienne tentaculaire Al-Asad en Irak serait si précise qu’elle marquerait des impacts directs sur six cibles américaines sans tuer un seul Américain. (Les membres des services américains ont été sauvés en partie parce que les roquettes ont été tirées après que le gouvernement irakien ait transmis un avertissement de l’Iran pour s’y préparer). Comme aucun Américain n’a été tué lors de cette frappe, M. Trump a de nouveau décidé de ne pas exercer de nouvelles représailles.

Vers une autre provocation

Bien que MM. Pompeo et Netanyahou n’aient pas réussi à allumer un conflit militaire avec l’Iran, il y a de bonnes raisons de croire qu’ils essaieront encore avant que tous deux ne soient forcés de quitter leurs positions ou leur pouvoir.

Dans un article pour the Atlantic en novembre dernier, l’ancien ambassadeur israélien Michael Oren a mis en évidence la déclaration de M. Netanyahu disant qu’il serait « préférable que le conflit [avec l’Iran] ait lieu pendant l’actuelle administration [Trump], sur laquelle on peut compter pour fournir à Israël les trois sources d’aide américaine qu’il reçoit traditionnellement en temps de guerre », plutôt que d’ »attendre plus tard ».

Oren n’est pas le seul fonctionnaire israélien à suggérer qu’Israël va probablement aller encore plus loin dans les frappes contre des objectifs en Iran et chez ses alliés en 2020.  Après avoir écouté le chef d’état-major de l’armée israélienne Aviv Kochavi s’exprimer fin décembre, le correspondant militaire de Haaretz Amos Harel a rapporté que le chef de l’armée israélienne a donné la nette impression qu’une « confrontation plus sérieuse avec l’Iran dans l’année à venir était une nécessité presque incontestable ». Ses entretiens avec des militaires et des politiques israéliens ont en outre indiqué qu’Israël « intensifierait ses efforts pour frapper l’Iran dans le nord ».

Il est choquant de constater que M. Pompeo a exploité la pandémie de coronavirus pour imposer des sanctions encore plus sévères à l’Iran tout en intimidant les entreprises étrangères pour empêcher que les fournitures médicales dont le besoin est urgent n’entrent dans le pays. L’approche de l’élection présidentielle donne à M. Pompeo et à M. Netanyahu une puissante raison de planifier une nouvelle attaque, ou une série d’attaques visant à entraîner les États-Unis dans une éventuelle confrontation d’Israël avec l’Iran.

Les militants et les membres du Congrès soucieux de garder les États-Unis hors de la guerre avec l’Iran doivent être parfaitement conscients du danger et prêts à réagir de manière décisive dès la provocation se produit.

Gareth Porter

 

Article original en anglais :

Pompeo and Netanyahu Paved a Path to War with Iran, and They’re Pushing Trump Again

The Grayzone, le 20 mars 2020.

Version française : Investig’Action

 

Gareth Porter est un journaliste d’investigation indépendant qui couvre la politique de sécurité nationale depuis 2005 et a reçu le Prix du Journalisme Martha Gellhorn en 2012.  Son dernier livre, The CIA Insider’s Guide to the Iran Crisis, co-écrit avec John Kiriakou, vient de paraître en février.

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Le nombre de décès liés au coronavirus a atteint un total de 3.405 le jeudi 19 mars en Italie. Le pays, qui compte 60,48 millions d’habitants, dépasse ainsi en nombre de victimes la Chine d’où est partie la maladie et qui compte 1,39 milliard d’habitants. Comment expliquer que le covid-19 fasse autant de dégâts en Italie? Ce n’est pas tant le virus qui tue, que la faiblesse du système de santé italien. Le manque de lits, de personnel et de matériel médical est criant à cause des coupes budgétaires pratiquées ces dernières années et qui se révèlent fatales aujourd’hui. Explications.


En pleine explosion de l’épidémie liée au Coronavirus, tous semblent s’accorder sur l’existence d’un sérieux danger de manque d’installations et d’équipements, comme les appareils respiratoires et le nombre de lits en soins intensifs. Tôt ou tard, la situation mettra les professionnels du système de santé dans la position de devoir choisir à qui administrer les soins ou pas, en augmentant de cette façon la mortalité de la maladie pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’agressivité spécifique du Covid-19. Le 14 mars, la déclaration de l’adjoint en charge de la santé en Lombardie, Giulio Gallera, fait état d’un nombre désormais très limité de lits en soins intensifs dans la région, nombre totalement insuffisant face aux nouveaux patients enregistrés chaque jour.

A cet égard une polémique politique a éclaté sur les raisons d’une telle incapacité du système hospitalier à absorber le nombre croissant de patients graves. Tous s’accordent sur une chose : le Service Sanitaire National (SSN) est évidemment inadapté pour affronter cette situation. Toutefois, deux positions différentes émergent du débat sur cette insuffisance.

De toutes parts, on souligne que la cause principale de telles difficultés serait les coupes budgétaires dans la santé publique effectuées au cours des dernières années. Dans le camp de l’opposition, au contraire, les causes seraient à rechercher dans la mauvaise gestion des financements publics (dont l’attribution aurait carrément augmenté dans les dernières années), attribuable à l’inadéquation des dirigeants du secteur sanitaire et au chantage. Essayons de nous sortir de ce débat.

Nous partons, en premier lieu, d’une donnée incontestable : le SSN se révèle à ce jour, gravement inadapté pour affronter cette situation d’urgence. Les données italiennes sur le nombre de lits sont alarmantes : en 2017 (dernières données disponibles) il y avait 3.2 lits pour 1000 habitants (au lieu de 3.9 en 2010). Il s’agit d’une donnée impitoyable si on la rapporte à la moyenne de l’OCSE (4.7), et surtout à la France (6) et à l’Allemagne (8). De 2010 à 2017, s’est effondré le nombre de structures hospitalières, passant de 1.165 à 1.000 (-14.2%), ainsi que le nombre total de lits passant de 244 310 à 210 907 (-13.7% , qui devient 30% si nous partons de 2000).

De notre point de vue, ce déclin est issu d’un dessein politique et économique bien précis communément défini comme l’austérité : il s’agit d’un processus de privatisations et de réduction des dépenses publiques mené par les gouvernements de toutes les couleurs politiques des trente dernières années, sous l’impulsion du processus d’intégration européenne, et dont la réalisation a subi une violente accélération à partir de la crise de 2008.

Le système de santé est inapproprié car des dizaines de coupes budgétaires ont réduit le personnel médical et infirmier, le nombre de lits, les équipements et les services, au sein d’un plus ample projet politique qui est en train de désintégrer l’Etat social pour favoriser l’accumulation de profits d’une minorité. Il n’est pas surprenant que ces jours-ci, ceux qui ont favorisé, mis en pratique et encouragé l’austérité soient évidemment embarrassés et tentent de cacher leurs responsabilités historiques et politiques.

En particulier, le responsable économique du parti politique Italia Viva, Luigi Marattin, a déclaré que l’histoire des coupes budgétaires de la santé serait un canular et qu’au contraire, les financements publics au SSN a presque doublé au cours des 20 dernières années. Luigi Marattin, tout comme la ministre des Politiques agricoles, alimentaires et forestières Teressa Bellanova, fonde sa déclaration sur les données des dépenses de santé courantes (c’est-à-dire, les dépenses de personnel et les biens de consommations non durables) exprimées en termes nominaux. Ainsi calculées, en effet, les dépenses consacrées au SNN montrent une certaine croissance qui se prolonge, bien qu’à un rythme modeste, même pendant les années d’austérité les plus dures, après 2011. Marattin conclut que la faute de l’état d’urgence du SSN devrait donc être attribuée à une mauvaise gestion des ressources.

Le graphique auquel fait référence Marattin et la ministre Bellanova se base sur des données fournies par le Ministère de la Santé. Les données de l’OCSE qui sont ici rapportées sur le graphique 1, confirment la tendance mise en évidence par Marattin : en termes nominaux, les dépenses courantes de la santé ont augmenté de manière assez significative jusqu’en 2008, et par la suite, bien qu’à un rythme plus lent, elles ont continué de croître.

 

Graphique 1 : Source : traitements sur les données OCSE, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants. Les investissements ont été soustraits des dépenses globales (total government expenditure).

 

DEPENSES PUBLIQUES COURANTES DE LA SANTE (en termes nominaux)

Cependant, calculer le financement du système de santé en faisant référence aux données en termes nominaux signifie ne pas prendre en considération l’évolution des prix des biens et services achetés par l’administration publique dans le secteur de la santé. Au cours des années prises pour référence, en effet, il y a eu une augmentation du niveau des prix dans l’économie qui a dévalué le montant de ces crédits. Par ailleurs, le taux d’inflation annuel spécifique pour le secteur de la santé s’est révélé constamment supérieur par rapport au taux moyen d’inflation de l’économie (de 2000 à 2015 les prix moyens dans l’économie italienne ont augmenté d’environ 25%, tandis que l’augmentation des biens et des services du secteur de la santé a été de 37%), contribuant ainsi à dévaluer encore plus les valeurs nominales du financement.

Pour ces raisons, afin d’évaluer l’évolution des dépenses publiques de la santé, il est opportun de considérer le financement du système de santé en termes réels. Pourquoi est-ce cette donnée qui compte ? N’importe quelle grandeur économique doit être évaluée en termes réels dans son évolution temporelle, étant donné que 1 milliard d’euros en 2000 n’est pas équivalent à 1 milliard d’euros en 2020, puisque la hausse des prix signifie qu’en 2020 le même chiffre en termes nominaux ne permet pas d’acheter les mêmes quantités de biens, de services et de force de travail. En ce qui concerne le secteur de la santé, la croissance très marquée des prix des produits pharmaceutiques et des instruments médicaux ainsi que la dynamique plus lente des dépenses nominales de santé ont provoqué une réduction continue de la quantité des produits pharmaceutiques, équipements et de services médicaux à disposition du SSN.

En considérant la valeur déflatée, c’est-à-dire en termes réels, des dépenses publiques de la santé, obtenue en utilisant l’indice des prix d’un panier de biens et des services sanitaires, la dynamique de cette ampleur change radicalement (Graphique 2).

Graphique 2 : Source : traitements sur les données OCSE, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants (base 2015). Les dépenses en termes nominaux présentées sur le graphique 1 ont été déflatées en utilisant le déflateur des prix de la santé disponible sur ce lien.

 

DEPENSES PUBLIQUES COURANTES DE SANTE (en termes réels)

Voici comment les valeurs en termes réels montrent clairement qu’après une phase de croissance dans la première décennie du nouveau siècle, à partir de 2011 il y a une contraction constante des dépenses de santé, causée par l’application des sévères politiques d’austérité européennes lancées par le gouvernement Monti et ensuite poursuivies. Il s’agit d’une baisse d’environ 26 milliards, soit 12%, du niveau des dépenses de 2009 à celui de 2018, qui se traduit par une baisse de 400 euros par habitant.

En outre, les données jusqu’à présent prises en considération ne tiennent pas compte des investissements publics dans le secteur de la santé, c’est-à-dire des achats par l’Etat des biens de consommations durables, comme les installations et équipements, capables par exemple d’augmenter le nombre de lits ou de maintenir un niveau élevé d’installations standards (qui, par exemple, si elles ne sont pas renouvelées, peuvent souffrir d’obsolescence). Même dans ce cas, à partir de l’analyse effectué en termes réels nous enregistrons une constante diminution des investissements annuels (graphique 3), qui passent de 6.1 milliards en 2009 à 3.4 en 2018 (-44%). Les données sont encore plus frappantes si nous faisons référence aux seuls investissements dans le secteur hospitalier, celui qui est le plus sous pression ces jours-ci, diminués de 3 à 1.3 milliards (-56%).

 

Graphique 3 : Source : traitements sur les données OECD, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants (base 2015). Les dépenses pour les investissements (gross capital formation) ont été déflatées en utilisant le déflateur des investissements globaux.

 

INVESTISSEMENTS PUBLICS DE SANTE (en termes réels)

 

Dans l’ensemble, le montant de l’effort public (dépenses courantes plus les investissements) dans le secteur de la santé a chuté de 13% depuis 2008, de 136 milliards à 118 milliards annuels.

La baisse des ressources se révèle encore plus considérable si on considère qu’au cours des deux dernières décennies il s’est produit, en Italie comme dans de nombreux autres pays du monde occidental, un significatif vieillissement de la population : une part considérable des dépenses de santé est en effet allouée aux personnes âgées, et cela signifie que pour garantir un niveau égal de services, ceteris paribus, les dépenses auraient dû augmenter en termes réels, ne serait-ce que pour tenir compte de ces changements démographiques.

De plus, l’évolution technologique- particulièrement marquée dans le secteur sanitaire- entraîne elle aussi une augmentation des financements dans le temps, indispensable pour l’adoption des nouveaux équipements, qui permettent à un système de soin d’évoluer au rythme des temps, et l’affinement de toutes les compétences spécifiques nécessaires.

Comme si cela ne suffisait pas, les ressources destinées à l’achat de produits pharmaceutiques et de matériels toujours plus coûteux ont été en partie identifiées grâce à la réduction de la masse salariale des médecins et des infirmiers. Voilà pourquoi dans les hôpitaux on enregistre un manque toujours plus préoccupant d’infirmiers et de personnel soignant (moins 36.000) et médical (moins 8.000). Afin de rejoindre l’équilibre budgétaire, des régions et des entreprises sanitaires ont réduit leurs effectifs. Il n’est pas surprenant du tout que le secteur de la santé ainsi que celui de l’assistance soit le pire en termes de déficit d’emplois par rapport à la moyenne européenne : en Italie, en 2017, il manquait 1 435 000 employés pour rejoindre le même taux d’emploi sectoriel que l’ensemble de l’UE15.

Finalement, nous voyons que les autres grands pays européens ont augmenté les dépenses nominales de façon beaucoup plus marquée que nous dans la période de référence. L’évolution la plus récente a encore réduit les dépenses de santé publique italiennes par rapport à celles des autres pays européens, où aucune réduction similaire n’a été effectuée en termes réels, dans un contexte d’application moins stricte des politiques d’austérité financière. En 2018, les dépenses publiques dans le secteur de la santé correspondent en Italie à 6.8% du PIB (7.4% en 2009), contre 8.1% pour la France (8%), 7.2% pour l’Allemagne (7.1%) et pour l’UE15 (7.5%).

Nous avons vu comment les différents Marattin essayent, de toutes les manières, de nier l’évidence, c’est-à-dire de nier que la responsabilité de l’insuffisance de notre NHS doit être attribuée aux politiques d’austérité. C’est l’austérité qui a décimé les hôpitaux, réduit le nombre de lits et le personnel médical, un choix tout politique que nous risquons désormais de payer très cher.

Ceux qui tentent aujourd’hui de détourner l’attention de l’austérité à une autre cause présumée du déclin du système national de santé (une mauvaise gestion pour Marattin, voire 100 pour Boeri!), le font par honte, car face à l’urgence sanitaire ils n’ont pas le courage de soutenir ouvertement un projet politique qui nécessite le sacrifice de beaucoup au profit d’une minorité. Mais il suffit de faire quelques pas en arrière, de sortir de l’urgence de ces semaines, pour tomber sur des déclarations sans équivoque qui vont dans le sens opposé.

De ce point de vue, le livre publié par Carlo Cottarelli en 2015 intitulé « La liste des dépenses: la vérité sur les dépenses publiques italiennes et comment les réduire » est emblématique. Dans le chapitre 12, consacré aux dépenses de santé, Cottarelli affirme ouvertement que l’Italie aurait fait « mieux que l’Allemagne »: nous étions « plus vertueux que les Allemands » car « les dépenses de santé ont augmenté ces dernières décennies (…) moins que ce qui s’est passé dans la plupart des autres pays avancés. » Et encore: «Que s’est-il passé ces dernières années? Nous avons également été plus vertueux: depuis 2008, les dépenses sont restées pratiquement constantes par rapport au PIB, malgré une baisse (en termes réels) du PIB « .

Cottarelli a conclu: « Le fait que les dépenses de santé ont moins augmenté que dans d’autres pays avancés montre que le Service national de santé a bien fonctionné », ajoutant une remarque significative: « au moins en termes de maîtrise des coûts ». Voici le point. Aujourd’hui, intimidés, ils nous disent que les dépenses publiques de santé n’ont jamais diminué, mais avant cette épidémie, arrogants, ils revendiquaient avec emphase la maîtrise des dépenses de santé. L’épidémie est un fait naturel, la difficulté que le système de santé a à la contenir est au contraire de leur responsabilité politique. Nous laissons les médecins combattre Covid-19, mais c’est à nous de lutter contre le virus de l’austérité.

Coniare Rivolta

 

Article original en italien : Come l’austerità ha distrutto la sanità, Contropiano, le 17 mars 2020

Introduction et traduction par Investig’Action

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Institutions européennes, entreprises de télécom et gouvernements nationaux sont bien décidés à déployer rapidement la 5G sur le vieux continent. La technologie est présentée comme un moteur de croissance et d’emploi, mais les questions demeurent sur ses avantages réels. Sur le terrain, certains s’inquiètent des impacts environnementaux et sanitaires de l’installation de dizaines de nouvelles antennes. La résistance locale à la 5G a-t-elle une chance ? Article extrait de notre publication Villes contre multinationales. (Observatoire des multinationales)

« Les ouvriers sont venus mi-août 2018, alors que nous étions en vacances. En trois jours, ils ont érigé cette antenne de 35 mètres de haut, qui nous ruine la vie. » Paolo [1] vit au sommet d’une colline, dans le village de Pagliare di Sassa, dans la banlieue de L’Aquila, au centre de l’Italie. « Depuis l’installation, poursuit-il, nous avons tous des maux de tête quand nous sommes à la maison, notre vue s’est mise à baisser et nos appareils ménagers ne fonctionnent plus, sans raison apparente. »

La maison de Paolo se trouve en amont des résidences érigées à marche forcée après le tremblement de terre qui a ravagé la région en 2009 et tué 309 personnes – 65 000 autres se sont retrouvées sans abri. Construites avec des matériaux bas de gamme, certaines résidences, devenues dangereuses, ont déjà été abandonnées par leurs habitants. D’autres familles, faute de moyens, ont dû rester dans les habitations délabrées. À la tragédie des laissés-pour-compte du séisme est venue s’ajouter la construction d’une antenne 5G : la région a été choisie comme zone d’expérimentation de la nouvelle technologie, qui enthousiasme le gouvernement italien. Mais les sinistrés et les villageois n’ont pas dit leur dernier mot.

« Nous ne voulons pas être transformés en rats d’un laboratoire à ciel ouvert ! »

Nous sommes le 2 décembre 2018, sur la place de l’église de L’Aquila. Plusieurs signataires d’une pétition demandant à la municipalité d’enlever l’antenne 5G se sont donné rendez-vous. Ils sont presque 1900 ingénieurs, docteurs et citoyens de la région à l’avoir signée. Gianmaria Umberto, une médecin, fait partie des signataires : « Nous avons déjà eu le drame du tremblement de terre, nous ne voulons pas être transformés en rats d’un laboratoire à ciel ouvert ! » Giulio Pace, président de l’association Creonlus, qui coordonne le comité de résistance local, précise qu’une première antenne a été installée en 2009 pour rétablir les lignes téléphoniques en urgence après le tremblement de terre. « Elle devait rester six mois, raconte-t-il. Puis la période a été rallongée de six mois, et ainsi de suite. »

Le pylône finira par rester neuf ans : il y a deux ans le maire de l’époque, Massimo Cialente, a fait voter une résolution confirmant son installation définitive. « Et maintenant, nous avons ce nouveau monstre qui arrive, ouvrant la voie à la transition vers la 5G », s’indigne Pace. Les citoyens de L’Aquila ont désormais deux antennes dans le paysage, à seulement… deux mètres de distance.

Le maire actuel, Pierluigi Biondi (du parti d’extrême-droite Frères d’Italie), se défend en assurant que « toutes les parties impliquées ont donné leur accord » pour l’antenne 5G. L’édile fait référence à la consultation qui s’est déroulée entre la « super-intendance » (bureau chargé de la protection du patrimoine historique où se trouve l’antenne) et l’agence sanitaire locale, ainsi qu’avec l’agence Arta, chargée de mesurer l’exposition aux ondes électromagnétiques.

Une antenne inamovible

Aucun de ces trois acteurs ne s’était alors opposé à l’édification. Et pour cause : « L’Arta est venue relever les niveaux d’émissions à 10 h du matin, explique le président du comité de résistance local, quand les gens sont au travail et que le chargement d’onde est moins élevé, et n’a pas laissé l’appareil de mesure durant 24 heures, comme l’exige la loi. » De son côté, le superintendant déclare qu’il pensait que c’était la seule solution pour que les habitants de la région puissent conserver un réseau de téléphonie après le tremblement de terre. Il a depuis envoyé une lettre à la mairie suggérant de déplacer l’antenne à un autre endroit. Quant à l’Agence sanitaire locale, elle a finalement appelé à la prudence, en publiant un avis sans appel : « Il ne faut pas rester près de l’antenne plus de 4 heures et, quoi qu’il arrive, il est préférable, au nom du principe de précaution, de la déplacer. »

Au final, le 28 février 2019, le conseil municipal à été contraint de voter le déplacement de l’antenne sous 30 jours dans un « endroit alternatif ». Le comité local de résistance avait en effet dégoté un argument imparable : dans la précipitation de l’installation, la mairie avait oublié d’inclure l’antenne dans le plan local d’urbanisme, ce qui est illégal.

Mais, hélas, depuis la décision communale de février 2019, rien n’a changé à L’Aquila. Il y a eu entre temps des élections européennes, puis régionales, puis le gouvernement italien a changé, mais l’antenne de la honte, haute de 35 mètres, est toujours là, entre les maisons de la belle colline de Pagliare di Sassa.

Ruée sur la 5G

Dans la région, la guerre contre la 5G est loin d’être gagnée. « D’ici la fin de l’année, sept antennes seront installées à L’Aquila », précise Lucio Fedele, chef opérateur du constructeur chinois ZTE, qui a ouvert son centre européen de recherche sur la 5G dans la ville, capitale de la région des Abruzzes, où vivent environ 72 000 personnes. Ce n’est que le début : d’après nos informations, les géants italiens des télécoms prévoient d’installer dans la région une nouvelle antenne… tous les cent mètres. Il ne s’agit pas des mêmes constructions qu’à L’Aquila, mais d’antennes relais plus petites qui vont constituer l’essentiel des mailles du réseau.

« Pour cette seconde phase, nous suivrons la demande. Nous procéderons progressivement », promet Stefano Takacs, directeur des opérations chez Wind Tre, l’opérateur de télécommunications en charge des tests 5G à L’Aquila. En Italie, comme dans toute l’UE, la 5G est considérée comme une extraordinaire opportunité de relance économique et de création de nouveaux emplois [2]. Tout a d’ailleurs plutôt bien commencé avec la mise aux enchères des fréquences 5G qui ont battu tous les records européens. Les opérateurs ont dépensé 6,5 milliards d’euros (contre 1,36 milliard au Royaume Uni et 1,41 milliard en Espagne) pour les acquérir. Des sommes astronomiques qui vont permettre de réduire la dette publique italienne. Mais l’industrie des télécoms s’attend bien évidemment à un retour sur investissement…

Le gouvernement ne s’est pas fait prier pour expérimenter la 5G. Dès 2017, Rome a désigné cinq villes test : L’Aquila, Bari, Milan, Prato et Matera. Pour développer les réseaux, les entreprises ont mis la main à la poche, en partenariat avec des PME locales et des universités, tout en profitant de municipalités très favorables à ces nouvelles installations. La Société internationale des médecins pour l’environnement a bien tenté de demander une étude sur l’impact environnemental et humain de la 5G, auprès du ministère de l’Environnement, mais cette requête est restée lettre morte. Une enquête a finalement été lancée par la Chambre des députés en 2018, au sein de sa commission Transport et Télécoms. Les premiers invités : Vodafone, Tim et Fastweb. En Italie, bien rares sont ceux qui ont intérêt à freiner le train de la 5G.

Les petites communes résistent

Les seules qui se révoltent sont des petits communes, entre 10 000 et 50 000 habitants. Marsaglia, à 100 kilomètres de Turin, a été la première à voter contre toute expérimentation de la 5G « au nom du principe de précaution », explique sa maire, Franca Biglio, également présidente de l’Association des petites mairies en Italie. « Nous ne savions en rien que nos communes avait été choisies pour les tests 5G, alors ne nous parlez pas d’opportunités. C’est ridicule. » Aucune antenne ne pourra désormais être installée à Marsaglia.

Après le Piémont, la révolte des petites communes s’est élargie à toute la botte italienne : San Gregorio Matese et Scanzano Jonico en Campanie, Cogne près d’Aoste, Cervia près de Ravenne, Caorle en Vénétie ou encore en Sardaigne, Emilie, Calabre, les mairies revendiquent leur responsabilité dans la gestion des risques sanitaires pour leurs citoyens et demandent au gouvernement d’arrêter les expérimentations 5G. À ce jour, 13 communes italiennes choisies par le gouvernement de Rome pour les expérimentations ont dit non à la 5G. 70 autres communes ont voté une motion s’interrogeant sur les risques de la 5G.

Un appel de 60 porte-paroles d’administrations locales a été présenté au parlement italien lors d’une conférence contre la 5G en juin 2019. Le paradoxe dans cette histoire est que la base du Mouvement 5 étoiles demande la fin de la 5G à un gouvernement… dont le principal parti est ce même Mouvement 5 étoiles ! Même une section de la ville de Rome – la zone XII – a récemment voté contre les expérimentations 5G, mettant dans l’embarras la maire 5 étoiles de Rome, Virginia Raggi.

Tout ceci reste pour l’instant une goutte d’eau dans l’océan de consommateurs italiens très accros à leurs smartphones. L’Italie est le troisième pays au monde en termes de présence des téléphones
mobiles (83% de pénétration du marché) après la Corée du Sud et Hong Kong. Un Italien moyen passe deux heures par jour sur les réseaux sociaux et deux heures sur son téléphone portable. De quoi réjouir les entreprises de télécommunication, toutes privées dans le pays, qui s’affrontent pour ce marché très lucratif.

Seules quelques voix ont commencé à s’élever pour alerter sur les dangers potentiels des ondes électromagnétiques. C’est le cas de l’Amica (As- sociation pour les maladies chroniques et liées aux contaminations environnementales) à Turin, qui lutte contre l’antenne installée en plein milieu de la ville par l’opérateur Tim, avec l’accord de la municipalité : « L’expérimentation sur des êtres humains est interdite et devrait être considérée comme un crime contre l’humanité », estime sa porte-parole Francesca Orlando. Et si, les maires des petites communes s’organisent depuis le terrain, certains magistrats ont lancé la bataille judiciaire pour faire reconnaître la dangerosité des ondes électromagnétiques au plus haut niveau.

Les juges tracent la voie d’une jurisprudence

L’Italie est déjà le premier pays d’Europe à compter trois jugements établissant un lien de causalité entre l’utilisation de téléphones portables et le développement de tumeurs au cerveau. « Alors que le principe de précaution semble disparaître des discours politiques, les juges l’utilisent de plus en plus. Ils donnent l’exemple aux politiciens et leur montrent la voie à suivre en ce qui concerne les radiations électro-magnétiques », affirme le biologiste italien Angelo Levis, président de l’Association pour la prévention et la lutte contre les radiations électromagnétiques (APPLE).

C’est ainsi qu’en 2012, à Brescia, près de Milan, un ancien cadre a obtenu la reconnaissance d’une maladie du travail et d’un handicap à 80 % causé par une tumeur. Les juges ont estimé qu’elle était la conséquence de l’utilisation prolongée de son téléphone, auquel il était suspendu plusieurs heures par jour. En 2017, un tribunal d’Ivrea a requis le paiement d’une indemnité à vie à un ancien employé de Telecom Italia qui utilisait son téléphone trois à quatre heures par jour. « Le but, tout comme le combat contre les multinationales du tabac, est d’attaquer les fabricants de téléphone et les distributeurs, explique l’avocat Stefano Bertone, impliqué dans le procès d’Ivrea. Mais nous devons avancer pas à pas : l’opinion publique reste très favorable aux smartphones et aux applications numériques. »

Fort de cette victoire, l’avocat, avec l’association APPLE, a décidé en 2018 d’attaquer devant les tribunaux administratifs les ministères de la Santé, de l’Environnement, de l’Éducation et du Développement économique. Motif ? Ils n’ont pas correctement informé les Italiens sur les risques liés aux ondes électromagnétiques, comme l’exigeait pourtant la loi italienne de 2001 sur la « Protection contre les champs électromagnétiques ». Ils ont fini par avoir gain de cause au tout début de l’année 2019. À travers une décision qui devrait faire date en Europe, le tribunal administratif a condamné trois ministères sur les quatre poursuivis. Les juges ont assorti cette décision de l’obligation de mettre en place, dans un délai de 6 mois, une campagne d’information sur les risques liés à l’utilisation des téléphones portables et du Wi-Fi. L’avocat n’a pas l’intention de s’arrêter là : « Bientôt, nous serons prêts à attaquer toute l’industrie en justice. »

Maria Maggiore, Investigate Europe

 

- Cet article est extrait de Villes contre multinationales, publié par l’Observatoire des multinationales et ses partenaires du réseau européen ENCO, un recueil d’articles inédits écrits par des militants, des journalistes, des élus et des chercheurs de divers pays européens, offrant un panorama d’une confrontation qui se joue dans de nombreux secteurs, de la privatisation de l’eau à Uber et Airbnb.

- Version actualisée d’un article publié initialement par Basta ! en mai 2019.

- « Villes contre multinationales » est publié dans le cadre de la collection Passerelle de ritimo. Plus d’informations ici, notamment pour obtenir une version imprimée.

- D’autres articles extraits de cette publication sont progressivement mis en ligne ici.

 

Photos : © Maria Maggiore

[1Prénom modifié.

Maria Maggiore, journaliste, traite des affaires européennes depuis Bruxelles pour le quotidien italien La Stampa, Radio Popolare et la chaîne Euronews. Elle fait partie du collectif Investigate Europe.

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Les Emirats ont été extorqués, mais ce fut l’une des dernières évasions de Hong Kong (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Imaginez que vous êtes à Hong Kong, dans une ville où ‘vous n’êtes pas censé être’. Vous êtes prêt à rentrer chez vous, en Amérique du Sud. Mais deux jours avant votre départ, via Séoul et Amsterdam, votre premier transporteur Sky Team, Korean Air, décide sans cérémonie d’annuler tous les vols au départ du territoire.

Plusieurs fanatiques religieux coréens sont apparemment à blâmer.

Le 22 février 2020, Mail Online, rapportait :

« Plus de la moitié des cas de coronavirus en Corée du Sud sont liés à une secte secrète ultra-religieuse dont le chef se croit immortel ».

En lisant ça, je savais que je risquais de me faire royalement baiser. Rien de bon ne vient des fanatiques ultra-religieux, et les Sud-Coréens sont connus pour leur extrémisme politique et religieux.

Mais ce n’est pas tout. Le rapport poursuit :

« D’autres rapports font état d’épidémies dans l’unité psychiatrique d’un hôpital du comté de Cheongdo, d’infections à Busan et sur l’île de Jeju ».

Korean Air, qui était censée faire voler son glorieux nouveau Boeing 747-8 de Hong Kong à Incheon (Aéroport International de Séoul), a réduit son service, d’abord en le réorganisant sur Boeing 777, puis sur Airbus 330, et finalement en annulant tous ses vols 3 jours avant mon départ.

Incheon, Corée du Sud. Généralement l’un des aéroports les plus fréquentés (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Pour sécuriser mon trajet monstrueusement long, j’ai passé la plupart de mes miles Sky Team, pour obtenir une série de billets en classe affaires.

Il y avait une raison à cela : Je n’y voyais pas. Enfin, je ne voyais presque rien.

Avant Hong Kong, je travaillais à Kalimantan, dans la partie indonésienne de Bornéo, sur une île qui a été totalement pillée par la cupidité, la corruption et l’ineptie des néo-colonialistes javanais. Une île où l’administration actuelle du Président Joko Widodo (connu sous le nom de « Jokowi »), prévoit de construire et de déplacer la nouvelle capitale, abandonnant l’énorme zone urbaine de Jakarta, qui compte plus de 20 millions d’habitants et qui « coule », avec ses innombrables bidonvilles, son manque d’assainissement et d’eau potable.

En écrivant un livre sur cette folie monumentale, j’ai continué à enquêter. Et dans le processus, j’ai été attaqué, comme presque tous ceux qui visitent Bornéo, par divers parasites vicieux. Mes tripes ont été infectées par quelque chose de terrible, et puis mes yeux. J’ai volé entre Balikpapan et Pontianak à bord du Boeing 737 de Lion Air (oui, ce Lion Air, qui ne cesse de bourrer ses avions et de les faire s’écraser périodiquement, depuis le début de son exploitation). Je ne sais pas si c’est là que mes yeux ont été attaqués, à bord, ou dans un fossé sale près des plantations de palmiers à huile de Bornéo, où l’on abat ce qui reste de la forêt tropicale vierge de l’île.

Où que cela se soit produit, ça s’est infecté. D’abord l’œil gauche. Ça faisait comme une mousse blanche. Je ne voyais que des contours extrêmement abstraits, comme si, entre moi et le monde, il y avait un épais voile blanc. C’était effrayant, très effrayant. Je ne suis pas seulement écrivain et philosophe, je suis aussi cinéaste et photographe. Faire ce que je fais et ne rien voir ou presque est, vous savez, assez terrifiant.

Avant de m’envoler pour Hong Kong, où j’ai couvert les émeutes déclenchées et financées par l’Occident, je me suis arrêté à Bangkok et je me suis rendu dans une clinique ophtalmologique, mais les médecins là-bas ne se souciaient que du paiement. Ils n’avaient aucune idée de ce qui arrivait à mon œil.

Puis, à Hong Kong, comme Korean Air a annulé mon vol, l’infection s’est étendue à mon œil droit également.

La nuit, alors que j’étais allongé dans ma chambre d’hôtel, je me suis soudain rappelé qu’à bord du Garuda Indonesia, entre Pontianak et Jakarta, au moins quatre personnes toussaient, bruyamment et désespérément. Personne ne les contrôlait. Le gouvernement indonésien avait suggéré que les gens prient, pour éviter la propagation du coronavirus.

« Quoi encore », ai-je pensé. « Est-ce que je vais aussi attraper le coronavirus ? »

J’ai refusé de capituler devant cette horrible situation.

Je savais alors que Korean Air était déterminé à me ruiner. Alors qu’Air France (mon transporteur Sky Team) et KLM offraient un réacheminement et une compensation à leurs passagers bloqués en Asie, Korean Air a fait preuve d’une indifférence claire et vulgaire. Elle n’a rien fait pour m’aider. Elle n’a même jamais répondu à mes questions.

J’étais également conscient du fait que je pourrais avoir à voyager, au moins pendant 7 jours, en empruntant divers détours, et sans rien voir ou presque. Aussi, avec les boyaux tordus et une crise de diabète qui m’avait botté le derrière à cause du stress énorme.

Était-ce pire que d’être à Idlib en Syrie, en Afghanistan ou près de Mossoul après sa conquête par l’État Islamique ?

D’une certaine manière, oui. Être aveugle, poursuivi dans le monde entier par le nouveau coronavirus, avec des aéroports qui ferment les uns après les autres et des prix des billets d’avion qui montent en flèche, tout semblait dégradant, déprimant et troublant.

Curieusement, je ne ressentais aucune crainte à l’égard de COVID-19. J’ai continué à discuter du nouveau type de coronavirus avec mes collègues médecins, par l’intermédiaire de WhatsApp, jusqu’à ce que mes yeux lâchent complètement.

Je devais me rendre à Santiago du Chili, qui se trouvait à l’autre bout du monde.

Les médecins occidentaux que je connaissais envoyaient des conseils longs et inutiles qui répétaient surtout l’idiotie « allez voir un médecin ». Je leur ai dit que j’étais à Hong Kong, qui avait connu un verrouillage presque total. Je leur ai dit que j’avais déjà consulté un ophtalmologue thaïlandais qui n’avait absolument aucune idée de mon état.

Puis, j’ai réalisé que je ne pouvais pas compter sur ceux contre qui je me bats ! J’avais besoin de camarades pour m’aider.

Ma famille a contacté une femme médecin syrienne, experte en maladies infectieuses, et une sœur de mon ami à Damas. J’ai envoyé des photos de mes yeux. Elle a vu, a demandé des symptômes et a prescrit de puissants antibiotiques oraux et des gouttes. J’ai réussi à convaincre une pharmacienne de Hong Kong de vendre le médicament en vente libre : J’ai dit que c’était une question de vie ou de mort. Elle a compris.

La Syrie et la Chine m’ont sauvé. Les gens étaient guidés par leur intuition, pas par des règles rigides.

Je rentrais chez moi.

Ma dernière interview à Hong Kong (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Mes proches ont commencé à m’aider à me réorienter. Cela a pris des jours. C’était horrible.

Les compagnies aériennes, de Korean Air à Cathay Pacific, ont commencé à couvrir leurs arrières ; essayant de soutirer chaque centime à ceux qui étaient encore capables et désireux de voler. Certains billets aller simple en classe économique pour des vols de deux heures ont atteint 1 600 dollars US. La classe affaires sur certaines lignes est miraculeusement devenue moins chère.

Pour éviter la quarantaine, et pour sortir de Hong Kong, le plus simple était de prendre un vol dans la direction totalement opposée à celle où je me rendais : à Bangkok, sur Emirates. Quelques billets en classe affaires étaient encore disponibles, mais à 600 $, sur un itinéraire où ils coûtaient moins de 400 $. C’était l’un des derniers moyens disponibles pour sortir de la ville presque fermée.

J’ai pris un siège sur l’Airbus 380-800. J’ai réussi à traverser l’aéroport de Hong Kong, totalement vide. Je ne voyais presque rien. Il n’y avait presque pas de sièges pour se reposer dans le hall des départs. Mon sac à dos pesait près de 20 kg, avec un appareil photo professionnel, un ordinateur et des téléphones portables.

Je n’ai aucune idée de la façon dont j’ai réussi à rejoindre mon avion. Avec mes yeux abîmés, je pouvais encore voir ces énormes chiffres indiquant les portes d’embarquement. Je me suis effondré sur mon siège. Le super-jumbo a décollé, vers le sud-est ; loin de l’endroit où j’essayais de voler. J’étais à environ 20 000 kilomètres de Santiago du Chili.

J’ai pensé : « Santiago saignait aussi ! »  Ses yeux étaient endommagés. Les gens luttaient contre le régime fasciste qui leur avait été imposé par Washington et par les multinationales en 1973. Comme les miens, leurs yeux étaient enflammés ; certains, plus de 300 personnes, ont même perdu leurs yeux, alors qu’ils étaient abattus par la police.

À bord de mon vol pour Bangkok, je n’étais pas sûr de pouvoir rentrer chez moi, vivant.

Mais j’allais, pendant la nuit, en direction de Bangkok. Est-ce qu’ils me laisseraient entrer ? La première étape.

Miraculeusement, oui. Je devais ressembler à rien, mais un agent de la police des frontières, inamical et insultant, a apposé un tampon sur mon passeport, a pris mes empreintes digitales, m’a photographié et, finalement, m’a laissé partir.

C’est tout. Hong Kong ne tamponne pas les passeports. Officiellement, mon voyage commencerait en Thaïlande.

Je n’ai passé que 9 heures sur le terrain. L’aéroport était étrangement vide. Les gens ressemblaient à des marcheurs de rue, portant des masques, et même des lunettes de ski pour certains. Je suis rentré chez moi au bord de la rivière, sans même ouvrir mes bagages, je me suis effondré dans mon lit, mais je n’ai pas pu dormir de la nuit. Des remorqueurs tiraient des barges, 31 étages plus bas. Je ne pouvais pas voir les barges, seulement les contours. C’était mon premier jour de voyage.

Le matin, très tôt, j’ai réussi à me rendre à l’aéroport et j’ai réenregistré mes bagages pour le Suriname, car c’était le seul aéroport d’Amérique du Sud que j’ai pu obtenir gratuitement (en utilisant mes miles aériens) depuis Séoul. Au lieu de me réacheminer ou de me dédommager, Korean Air, qui avait brutalement annulé mes billets de Hong Kong, me facturait maintenant quelque chose d’absolument ridicule, pour aller de Bangkok à Séoul, où je devais prendre un vol KLM pour Amsterdam et, plusieurs heures plus tard, pour Paramaribo.

La Thaïlande prend à nouveau mes empreintes digitales et des photos. Enlèvement des chaussures, précisément comme les maîtres américains l’ont ordonné. La méchanceté affichée des fonctionnaires thaïlandais souffrant de complexes de supériorité, puis un vieil avion 777-300 de Korean Air, sale. Je me suis écrasé sur son siège non entretenu. J’ai juste jeté un coup d’œil à la nourriture (version immangeable et bon marché de bibimba), et j’ai dormi jusqu’à Séoul.

Coronavirus, avidité, capitalisme extrême, impolitesse : tout s’est accumulé dans ce voyage monstrueux.

En décollant de Hong Kong et plus tard de Bangkok, j’ai vécu une cécité presque absolue. Puis, les antibiotiques prescrits par Damas ont commencé à faire effet. Ils étaient terribles, mais j’ai été averti. L’un ou l’autre. Soit la cécité et le brouillard blanc, soit l’épuisement total, un corps effondré, mais une vue plus claire. J’ai opté pour la vue.

J’ai atterri à Séoul, comme un zombie, un sac à dos lourd sur le dos, bancal, presque désespéré.

Mes bagages ont été automatiquement transférés jusqu’à Paramaribo, grâce au système Sky Team.

Mais c’était en Corée du Sud. Au bureau de transfert, on m’a refusé mes cartes d’embarquement : « Passez la sécurité, puis allez au salon Sky Team et attendez votre vol pendant 8 heures. Ils vous donneront des cartes d’embarquement à la porte d’embarquement », m’a-t-on dit.

Au contrôle de sécurité, ils ne pouvaient pas lire l’anglais, ni comprendre ce qui était écrit sur mes billets électroniques. J’ai été humilié à trois reprises, faisant des allers-retours entre le bureau de transfert et le contrôle de sécurité. Le personnel appréciait manifestement le jeu, attendant peut-être le moment où je m’effondrerais enfin. La personne du bureau de transfert a refusé de m’accompagner au contrôle de sécurité. Les agents de sécurité refusaient obstinément de lire l’anglais.

C’est précisément l’un de ces moments où l’on perd tout espoir en l’humanité. On se dit : « Ton corps va lâcher ! Tu vas t’effondrer, à tout moment. T’effondrer et mourir ».  Tout cela, juste parce que tu as mis ta vie en danger, pour une île tropicale pauvre, dévastée et énorme. Juste parce que certains fous de religion sud-coréens sont devenus des abrutis. Juste à cause de l’indifférence humaine et du racisme. Juste parce que, juste parce que… Le brave nouveau monde. L’effrayant univers capitaliste de droite.

J’ai fini par arriver au salon, en passant par l’aéroport vide. Tout était fermé. Le salon était vide, il n’y avait presque rien à manger. La peur du coronavirus.

À ce moment-là, tout ce que je voulais, c’était dormir. J’ai trouvé un hôtel de transit et j’ai payé un prix exorbitant pour seulement quelques heures de repos. Je me suis effondré. J’ai maudit le capitalisme, la cupidité et l’effondrement de l’humanité.

Je savais qu’en entrant dans le monde inquiétant des rêves, ou devrais-je dire des cauchemars, la République Populaire de Chine, ainsi que Cuba, luttaient pour notre race humaine, contre toute attente, contre la monstrueuse propagande venue de l’Occident.

Je n’avais pas le droit de claquer dans une chambre d’hôtel de transit sordide à l’aéroport d’Incheon. La Chine, Cuba, la Russie, le Venezuela avaient besoin de moi. J’ai salué mes camarades, à l’ancienne, et je me suis endormi.

La commis de Korean Air à la porte d’embarquement n’avait aucune idée de l’endroit où se trouvait Paramaribo, ni de l’endroit où se trouve le Suriname. Elle travaillait au noir pour KLM, mais portait un uniforme de Korean Air.

Je lui ai dit ce que je pensais de Korean Air. Avant cela, elle ne m’appréciait parce que je volais vers « un certain Paramaribo », mais après cela, elle a commencé à me détester, ouvertement. Le fait que je sois un membre platine de son alliance ne signifiait rien.

Elle a commencé à me traiter comme si j’étais le coronavirus incarné.

À ce moment-là, je pouvais à peine la voir. Mes jambes étaient sur le point de s’effondrer, à tout moment. Mais je n’allais pas montrer de faiblesse.

Elle a commencé : « Où est votre visa pour le Suriname »

Je lui ai répondu : « Ici » ».

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Mon visa ».

« Alors, où est votre visa ? »

« Mon visa est ici ».

« Vous devez me le montrer ».

« Il est devant vous ».

Korean Air avait volé mon argent en annulant des vols et en refusant de me réacheminer. Maintenant, cela ruinait ma santé. Mais le personnel n’avait aucun remords.

Finalement, une superviseuse est venue et a commencé à abuser de moi aussi.

Je lui ai dit directement en face : « Vous devriez apprendre des Nord-Coréens comment traiter les visiteurs ! »

Son essence apparatchik a pris un coup. Elle a commencé à me menacer.

J’ai sorti cinq cartes de presse : « Voulez-vous m’arrêter pour avoir exprimé mon opinion ? »

Elle a commencé à avoir l’air hésitant. J’ai exigé sa carte de visite. Elle a dit qu’elle n’en avait pas. Conneries : en Asie du Nord, tout le monde en a une.

« Vous êtes une agent de sécurité ou une employée de compagnie aérienne ? » Je lui ai demandé, à bout portant. Je savais qu’en Corée du Sud, c’était la même chose.

Finalement, elle m’a donné mes cartes d’embarquement, ainsi qu’un regard plein de haine.

Cette horreur raciste légendaire, de style sud-coréen, a ensuite disparu. J’ai vu comment elle s’humiliait, saluant et léchant le cul de ses concitoyens sud-coréens.

J’ai été accueilli à bord par une hôtesse de l’air indignée, originaire du Suriname : « Elle ne savait même pas que mon pays existe, n’est-ce pas ? » Elle m’a tapé sur l’épaule.

Alors que Séoul était terrifiée par le coronavirus, les Européens semblaient totalement indifférents au danger éventuel.

C’était le 3 mars 2020.

Après plus de 11 heures de vol entre Séoul et Amsterdam, l’aéroport de Schiphol semblait totalement détendu.

Même les passagers de Séoul à Amsterdam ne semblaient pas dérangés. Pas de masques, pas de panique. Ils ronflaient tranquillement dans les airs.

Le 777-200ER a atterri très tôt, vers 5 heures du matin.

J’ai passé la sécurité, et j’ai localisé le salon Sky Team. Il était rempli d’excellente nourriture, mais il se trouvait être totalement vide. J’ai trouvé une chaise confortable et je me suis endormi, presque immédiatement. Quand je me suis réveillé, le salon était plein, littéralement bondé.

Après avoir été habitué au port de masques dans toute l’Asie du Nord et du Sud-Est, ce qui m’a frappé, c’est l’absence totale de protection faciale dans le grand aéroport néerlandais.

Les gens buvaient, mangeaient des tonnes, parlaient. Il n’y avait aucun sentiment d’urgence.

Aéroport d’Amsterdam – pas de masques, pas de peur (Crédit photo : Andre Vltchek © 2020)

Les quotidiens européens et nord-américains, dans toutes les langues, ont fait la une des journaux sur le coronavirus. Ceux qui étaient distribués librement dans le salon, ne faisaient qu’attaquer la Chine, occultant totalement et bizarrement le manque absolu de préparation de l’Occident.

Même les quotidiens italiens, du moins à cette époque, ne montraient aucun signe d’inquiétude.

Non loin de moi, un groupe de voyageurs italiens bavardaient, s’embrassaient, s’entrelaçaient, buvaient du prosecco et du café au petit déjeuner, et appelaient chez eux sur leur téléphone portable.

Il n’y avait qu’un seul point de contrôle laxiste de coronavirus, à l’arrivée de la Corée du Sud, à l’époque l’un des pays les plus touchés au monde.

Rétrospectivement, tout cela était totalement bizarre et irresponsable.

Le système médical occidental était-il si peu préparé ? Ou lui a-t-on dit, voire ordonné, de se comporter de cette manière ?

En attendant mon vol pour Paramaribo, j’ai appelé ma mère, âgée de 84 ans, qui vit en Allemagne, où elle est mariée.

« Ils nous abreuvent de toutes ces conneries », m’a-t-elle dit, en russe. « Je veux dire, ces trucs qu’ils nous racontent sur les médias. Je ne crois rien de ce qu’ils disent ou écrivent », a-t-elle conclu. « Tout cela ne va pas bien se terminer ».

Et elle avait absolument raison.

La Reine du Ciel, un majestueux vieux Boeing 747-400 a décollé à l’heure, en direction du Suriname. KLM et British Airways pilotaient toujours ces magnifiques avions, bien que des rumeurs aient circulé selon lesquelles KLM mettrait la plupart d’entre eux à la retraite en 2021.

Ce fut le dernier vol du commandant de bord. Il quittait KLM. Les hôtesses de l’air demandaient à tous les passagers d’écrire quelque chose de court, quelque chose de personnel. Il devait y avoir une grande célébration, une grande fête, à Paramaribo.

À ce moment-là, je perdais presque conscience. Mes yeux se sont éclaircis, presque totalement. Mais les antibiotiques monstrueux et l’épuisement chronique, ont surpassé mon corps.

Le Chili semblait être loin, très loin.

Encore une fois, pas de masques, pas de précautions. Le 747 se dirigeait vers le sud-ouest, plein de passagers, sans aucune précaution médicale.

L’avion a atterri, et il a été aspergé d’eau par un camion de pompiers, pour célébrer le dernier vol du capitaine.

Au Suriname, après l’arrivée du 747 KLM. Une « douche de bienvenue », et non un désinfectant (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Pas de passerelle : les passagers devaient descendre de l’énorme avion. Ceux qui ne le pouvaient pas étaient accueillis par un véhicule spécial, fonctionnant comme un ascenseur, et par un bus.

Mais l’ascenseur et les autres véhicules ont rapidement été mis à contribution pour les célébrations de la retraite du capitaine. D’innombrables passagers surinamiens qui revenaient de Hollande, après avoir été soignés dans des hôpitaux européens, attendaient dans l’ascenseur et le bus, abandonnés par le personnel au sol. Personne pour mesurer leur température. Personne pour leur demander de quel type de maladie ils souffraient.

À ce moment-là, je m’étais transformé en zombie. J’ai réussi d’une manière ou d’une autre à naviguer à travers l’immigration d’une cabane définie comme un aéroport.

J’ai failli m’effondrer. J’ai demandé de l’aide, mais un membre du personnel local m’a dit : « Si tu te sens malade, va chercher de l’aide médicale ». Plus tard, le directeur de l’hôtel m’a dit que c’est le « traitement habituel que les gens reçoivent ici ».

Je me suis stabilisé d’une manière ou d’une autre, en mettant la main sur un chariot à bagages. L’univers tournait autour de moi.

Mon taxi prépayé ne m’attendait pas. L’hôtel était à une cinquantaine de kilomètres de l’aéroport.

Finalement, je suis allé voir la police de l’aéroport. Au lieu de m’aider, ils ont commencé un examen minutieux et grossier, essayant clairement de me soutirer un pot-de-vin.

J’ai dit : « Je me sens très mal ». Ils n’auraient pas pu s’en soucier moins.

Aucune question n’a été posée sur ce qui m’avait rendu malade. Était-ce le coronavirus ? À ce moment-là, il s’appelait déjà COVID-19, et il était à mes trousses, me poursuivant alors que je faisais le tour du globe.

DÉPOPULÉ : Paramaribo, Suriname, dépeuplé (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)
Désolation : La traversée vide du fleuve Suriname (Crédit photo : Andre Vltchek © 2020)

J’ai filmé le fleuve Suriname et la forêt tropicale du Suriname, pour montrer le contraste avec Bornéo.

Le Suriname a été terriblement endommagé, mais Bornéo a été ruinée, sans fin et, selon certains, de façon irréversible.

Je n’ai eu qu’une journée complète. J’ai dû travailler vite. Mon chauffeur indien a dû me retenir pendant que je travaillais, sinon je m’effondrais.

Le 5 mars, je suis retourné à l’aéroport, prêt à m’envoler pour Belem, au Brésil.

Encore des humiliations, des surfacturations, des insultes. Je voulais partir. Et ne plus jamais revenir. Un jour, j’écrirai sur ces répugnantes 48 heures au Suriname, mais pas maintenant.

Un vol de 90 minutes, et tout a complètement changé. Même sous le gouvernement fasciste de Bolsonaro, les Brésiliens sont gentils et attentionnés.

Peu après l’ouverture de la porte de l’avion à Belem, on m’a mis dans un fauteuil roulant et on m’a fait passer les formalités d’immigration et autres. Il n’y a eu ni surfacturation, ni humiliation, ni drame.

Le Brésil était ce qu’il a toujours été : un grand pays avec de graves problèmes. Mais un grand pays, néanmoins.

Le lendemain, j’ai pris l’avion de Belem à Rio de Janeiro, via Brasilia.

Bord de rivière vide à Belem, Brésil (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Pourtant, presque pas de masques. On a vérifié ma température une ou deux fois. C’est tout.

À Belem, tous les cafés du bord de l’Amazone sont restés ouverts.

À Rio, en attendant mon vol pour le Chili, je suis allé au légendaire club de bosanova Vinicius, qui était plein à craquer, et au centre culturel Caso de Chuva, qui était plein à craquer, où Tom Veloso chantait les chansons de Gilberto Gil. Absolument aucune précaution, pas de masques, les gens étaient serrés comme des sardines. Le soir du 8 mars.

Au concert de Tom Veloso à Rio – quelques jours avant le confinement (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Un jour plus tard, le 9 mars, les compagnies aériennes d’Amérique du Sud ont commencé à rattraper leur retard sur les jeux turbo-capitalistes. Le LATAM chilien, lorsque j’ai demandé un siège avec plus d’espace pour les jambes, m’a proposé de payer 1 500 $, pour 4 heures à bord d’un petit avion Airbus 320. Naturellement, j’ai refusé.

L’aéroport de Santiago a pris le coronavirus au sérieux. Il y a eu plusieurs contrôles. Fin des épreuves.

C’est alors que des choses étranges ont commencé à se produire.

Deux jours après mon atterrissage à Santiago du Chili, l’Amérique du Sud est passée de l’inactivité à l’hyperactivité.

Les pays se sont succédé et ont commencé à s’enfermer, de l’Argentine au Pérou, au Chili.

Lima, Larcomar. Pas de gens en vue (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Santiago a commencé à ressembler à une ville fantôme. Des régions entières du Chili ont commencé à se fermer.

Il fallait que je me rétablisse, rapidement, et que je me rende au Venezuela et à Cuba, mais cela devenait totalement impossible.

J’étais arrivé, j’avais survécu, mais tout de suite, j’étais à terre.

D’un extrême à l’autre. En Amérique du Sud et en Occident.

Face à la terrible urgence médicale, la Chine a réagi comme un pays communiste, ce qu’elle est. Elle s’est mobilisée au nom du peuple, et a commencé à mener le combat. Elle a agi de manière rationnelle et responsable. Elle n’a jamais procédé à un verrouillage total.

Elle a fait preuve d’un enthousiasme et d’une discipline extraordinaires.

Sans réfléchir à deux fois, elle a sacrifié ses intérêts économiques, en faisant passer le peuple en premier.

Précaution Corona : Transports publics de Hong Kong (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Elle a gagné la bataille, en repoussant le virus. Il n’y a presque plus de nouveaux cas maintenant. Les hôpitaux construits pour traiter le coronavirus ferment. Les médecins et le personnel médical font la fête.

Cuba est sur le point de développer un vaccin contre le nouveau coronavirus.

La Chine et Cuba coopèrent. La Chine envoie des avions avec de l’aide en Italie, en Espagne et en Serbie.

En attendant, on annonce aux habitants de certains pays occidentaux que plus de 80% de leurs citoyens seront infectés et que des centaines de milliers, voire des millions, mourront !

Pourquoi ?

Pourquoi diable, vraiment ?

Certaines nations, de l’Italie au Chili (où je me trouve en ce moment), enferment tout : des pays entiers, des régions entières, tout.

Au plus fort de la crise, Pékin était ouverte, tout comme Shanghai et presque toutes les autres grandes villes. Les vols arrivaient et partaient. Quelle confiance ! Quel succès !

Une nette victoire du socialisme sur le capitalisme.

Il suffit de regarder les pays occidentaux, l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique du Sud pour s’en rendre compte : les gens sont pétrifiés. Le contrôle de la population est beaucoup plus brutal que tout ce qui a jamais été mis en œuvre en Chine.

Et que disent-ils aux Italiens, aux Français, aux Britanniques et aux Nord-Américains ? Qu’ils vont mourir comme des mouches ! Même maintenant, au moment où cet essai est écrit, plus d’Italiens que de Chinois sont morts. C’est-à-dire, par habitant, environ 22 fois plus. Et en Occident, les choses vont de plus en plus mal.

Et, jusqu’à présent, on ne sait pas encore qui a amené l’épidémie à Wuhan, pour commencer. Beaucoup pensent que c’est l’Armée Américaine. Pourtant, la Chine n’a jamais cessé de se comporter comme un pays internationaliste.

Contrôle de coronavirus à l’aéroport de Santiago, Chili (Crédit image : Andre Vltchek © 2020)

Au cours de mon voyage de plus de 20 000 kilomètres, j’ai vu une planète effrayée et divisée.

Et puis, j’ai vu une grande victoire chinoise, et une victoire cubaine.

J’ai lu comment Cuba a sauvé 600 personnes coincées sur un bateau de croisière, le MS Braemar, appartenant à l’un de ses bourreaux.

J’ai été témoin de la panique dans des pays d’extrême droite comme le Chili. J’étais prêt à partir vers le sud, en Araucaria, pour parler aux indigènes Mapuches, victimes de discrimination (selon Word, ils n’existent pas, car on me donne le signe d’erreur rouge), mais c’est précisément cette région qui a été fermée hermétiquement, un jour avant mon voyage prévu de 900 kilomètres, et un mois avant le référendum constitutionnel prévu.

En Occident, et dans les pays alliés, le coronavirus a été utilisé à des fins politiques.

Je suis presque certain que les élections boliviennes seront « reportées », « à cause du coronavirus », pour empêcher le MAS socialiste de reprendre le pouvoir.

Je suis de retour chez moi, mais la maison n’est plus un vrai foyer.

Je suis maintenant chez moi en Chine, à Cuba, en Russie. Des pays qui luttent contre la tyrannie occidentale qui sacrifie des millions de vies humaines.

Le coronavirus est un baromètre de l’état du monde.

Il montre quels pays font honte au mot « humanité », et quels pays en font la fierté.

Andre Vltchek

 

 

Article original en anglais : My Eight Day Journey Around the Planet – With COVID-19 on My Tail, 21St Century Wire, le 22 mars 2020.

Traduit par Réseau International

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Quitte ou double

mars 23rd, 2020 by Régis Debray

Ce texte de Régis Debray est également publié dans la collection « Tracts » de Gallimard, qui fera paraître chaque jour des textes brefs et inédits, pour « trouver les mots justes » en temps de crise.

Nous voilà donc tous mobilisés. Appelés au sens du devoir, tenus d’obéir aux consignes, et à solliciter un ausweis en cas de besoin. Bref, nous sommes en guerre, cela a été dit et redit.

LE RETOUR AU RÉEL

Vient de suite à l’esprit une phrase célèbre : « La première victime d’une guerre est la vérité ». Il faut se méfier du premier mouvement, qui est rarement le bon. La formule de Kipling s’en tient aux nécessités immédiates de la propagande, pour soutenir le moral de l’arrière, voire des troupes elles-mêmes. En réalité, la première victime d’une guerre est le mensonge. Les deux vérités ne sont pas contradictoires : la première, tactique, concerne le déroulé des opérations, la seconde, stratégique, la conclusion à en tirer. La première n’est pas chez nous d’actualité, tant sont remarquables, en plein tsunami épidémique, la transparence et la précision des communiqués de guerre. C’est la seconde qui nous atteint de plein fouet : le retour au réel.

Convenons néanmoins que c’est une drôle de guerre, celle où le commandant en chef a pour mot d’ordre : « planquez-vous » ; où une mobilisation générale met à l’arrêt ; où on appelle à ne plus faire société pour faire nation, à s’isoler pour se serrer les coudes et à écarter les corps les uns des autres pour se rapprocher d’eux en esprit. Mais l’histoire n’est jamais avare de paradoxes. Et quand « l’ennemi » n’est pas seulement un virus omniprésent et invisible, mais le voisin de palier, voire la grand-mère, et le passant en général – on peut comprendre l’inversion des paramètres.

Les soldats du virus, comme il y a des soldats du feu. Ce sont ceux qui auront droit demain à la croix de guerre, et à notre admiration

On comprend moins le double bind, les injonctions contradictoires du type : « Ne sortez pas et allez voter », mais après tout, il y a le délai d’apprentissage et un civil ne s’improvise pas général cinq étoiles en un tour de main. On ne passe pas d’un jour à l’autre d’une culture de paix à une culture de guerre – toutes proportions gardées bien sûr (au cours de la bataille de la Marne, rappelons-le, 26 000 soldats français ont été tués en une seule journée, 1000 morts par jour représentant, en 14-18, une bonne journée). Plus incompréhensible le fait qu’une start-up nation, à la pointe de la technologie, ait eu autant de mal à se procurer et distribuer un produit aussi peu high-tech qu’un masque de protection – ce qui revenait à envoyer au front des soldats en les privant de fusil. Car dans cette guerre étrange, il n’y a qu’une catégorie de gens qui méritent ce beau nom et exposent chaque jour leur vie, ce sont les médecins, les infirmières, les urgentistes et tout le personnel des hôpitaux. Les soldats du virus, comme il y a des soldats du feu. Ce sont ceux qui auront droit demain à la croix de guerre, et à notre admiration.

Mais n’oublions pas que, guerre ou crise, une commotion fait aussi le tri entre le factice et le réel.

Alors, est-ce un mensonge d’appeler « guerre » une catastrophe dramatique, une hyper-crise, à savoir trois crises en une, sanitaire, économique et existentielle ? Quel intérêt y a-t-il à cette métaphore, reprise en anaphore ? D’abord, à mettre la barre très haut, en convoquant les grands ancêtres. Clémenceau : « je fais la guerre, rien que la guerre ». De Churchill : « Du sang et des larmes ». Et de Gaulle bien sûr, le 18 juin : « cette guerre est une guerre mondiale… j’invite tous les Français à m’écouter et à me suivre. » Ensuite, et dans la foulée, à prendre rang parmi les plus légendaires. Et pourquoi pas ? On peut fort bien réussir cette épreuve de passage et passer, victorieusement, le test qu’ont connu toutes les générations du feu, à savoir le tri entre les caractères et les rien qu’intelligents, entre ceux qui ont du coffre et ceux qui n’ont que des diplômes. On pouvait craindre un certain manque de densité, une difficulté à incarner chez de jeunes managers qui n’ont, à aucun moment de leur vie, eu soif, faim ou peur, ni de cors aux pieds ni trente kilos sur le dos. La difficulté fait les caractères – et pourquoi pas aujourd’hui comme avant-hier ? Ce serait une bonne nouvelle.

L’Europe fantôme s’esbigne, blablate et communique, et c’est la Chine qui vient au secours de l’Italie, non la France ni l’Allemagne. N’était-il pas temps d’appeler un chat un chat, et l’Union européenne, avec son corset libéral, un pieux mensonge ?

Mais n’oublions pas que, guerre ou crise, une commotion fait aussi le tri entre le factice et le réel. Les châteaux de cartes s’écroulent, les poids et mesures sont vérifiés. Il était entendu, jusqu’en mai 1940, que l’armée française était la meilleure du monde ; en juin, nous sûmes ce qu’il en était. Il est entendu, depuis 30 ans, que l’Europe est notre avenir, les frontières un odieux archaïsme, et l’intérêt national, une funeste vieillerie. Ouverture, libre circulation des personnes et des biens, respect des règles de Bruxelles. Nos classes dirigeantes nous l’ont répété sur tous les tons. Fini le pognon de dingue pour les derniers de cordées ; privatisations à tout crin (aéroport, services publics, chemin de fer), levons les barrières ! Et voilà qu’on parle de nationaliser. De mettre au rancard la règle sacro-sainte du 3 % et de retrouver les solidarités essentielles. L’Europe fantôme s’esbigne, blablate et communique, et c’est la Chine qui vient au secours de l’Italie, non la France ni l’Allemagne. N’était-il pas temps d’appeler un chat un chat, et l’Union européenne, avec son corset libéral, un pieux mensonge ?

MONDIALISATION DES OBJETS, TRIBALISATION DES SUJETS

On le dit depuis longtemps : mondialisation des objets, tribalisation des sujets – et des réflexes. Ce qu’on croyait anachronique et périmé nous revient, désagréablement, en pleine figure. La guerre détruit mais elle libère aussi. Quoi ? Un rhinencéphale sous-jacent aux connexions neuronales plus élaborées, et plus tardives. Les neuropsychiatres nous ont appris que la dissolution des fonctions nerveuses supérieures, chez un individu en crise, déstabilisé par un coup du sort inattendu, s’opère en remontant le cours de l’évolution. Les fonctions les plus récentes sont les plus fragiles. Le néocortex est plus vulnérable que le cerveau reptilien et c’est le premier qui se désorganise en cas de commotion. Ce n’est pas une bonne nouvelle, on s’en doute, et les sociétés n’échappent pas à cette déconstruction qui fait revenir au plus simple, au plus élémentaire, aux données de base. Mieux vaut en être conscient pour ne pas se laisser surprendre ni balayer par les lois de la nature. Paradoxalement, c’est en nous révélant avec quelle facilité la croûte civilisationnelle peut disparaître, c’est en nous révélant les arrière-fonds de nos rhétoriques et des leurres de façade, cachés par le train-train des jours, qu’un état de guerre peut nous mettre à pied d’œuvre, sans faux fuyants ni faux-semblants.

Régis Debray

Régis Debray, « né le 2 septembre 1940 à Paris, est un écrivain, philosophe et haut fonctionnaire français. Engagé aux côtés de Che Guevara dans les années 1960, il est emprisonné et torturé à plusieurs reprises en Amérique du Sud. Il devient par la suite un écrivain prolifique. » Wikipédia

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L’appel urgent d’un médecin pour que l’on cherche à bloquer l’excès de PAF-acéther (facteur d’activation plaquettaire) et à renforcer le « lit capillaire » chez l’adulte pour diminuer la morbidité du SRAS-CoV-2.

Beaucoup de mes patients sont anxieux et certains d’entre eux ont en effet attrapé le nouveau coronavirus par le biais de rencontres occasionnelles dans les milieux sociaux. 

Notre Premier ministre belge Sophie Wilmès a pris des mesures énergiques pour réduire le taux de
propagation de la maladie, mais beaucoup demandent bien sûr à leur médecin généraliste ce qu’il y a de mieux à faire pour ne pas l’attraper, ou si vous l’avez attrapé, pour en venir à bout.
Voici ce que je recommande : optimisez votre système immunitaire avec des compléments et des mesures d’hygiène, en ce compris un bon sommeil. Éliminez toute source de pollution électromagnétique inutile, en particulier pendant le sommeil.

Je déconseille à mes patients de prendre du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, car ceux-ci diminueront potentiellement l’augmentation combative saine de la température corporelle du corps : on pense que les chauves-souris survivent aux virus mortels qu’elles transportent en atteignant des températures comparables  à de la fièvre lors de leur haute activité métabolique en vol. 

L’une de mes façons préférées de combattre une infection virale lorsqu’elle provoque ses premiers symptômes myalgiques, consiste à prendre un bain assez chaud et à s’y détendre une heure en y ajoutant de l’eau chaude lorsque c’est nécessaire.

On sait peu de choses sur la véritable origine du SARS-CoV-2 actuel, mais nous savons qu’il s’agit d’une cause hautement contagieuse d’un syndrome respiratoire aigu sévère, et donc pas du tout un virus standard de la « grippe ». En portant  particulièrement attention à l’hygiène dans toutes nos interactions, nous aurons de nos jours très peu de diffusion de la « grippe commune », et nous atténuerons le taux de propagation du Covid-19. 

En raison de la gravité des ce virus sur les patients présentant des facteurs de risque, il est également de la plus haute importance, à ce stade, d’identifier qui est porteur du virus – par jugement clinique, et si possible mais non requis, au moyen de kits de diagnostic Covid-19 –  pour les isoler pour éviter la contagion, ET POUR LES TRAITER!

L’année dernière, la prise de compléments pour renforcer votre système immunitaire pendant l’hiver était une bonne idée. Cette année, ces mêmes compléments peuvent réellement vous sauver la vie et protéger vos concitoyens autour de vous.

Assurez-vous ensuite d’optimiser vos niveaux de :

Vitamine D: ici en Belgique, si les patients n’en prennent pas,  je leur donne une cure initiale de 9000 UI D3 / jour, avec un repas gras, avant de descendre à 6000 UI / jour jusqu’au printemps. Je trouve que poursuivre avec 3000 UI tout au long de l’été belge est généralement nécessaire pour les adultes qui passent beaucoup de temps à l’intérieur.

Zinc: Il est essentiel d’en avoir des niveaux élevés et sains pour pouvoir combattre les virus. Je donne souvent des pastilles avec faiblement dosés (à peine 2,5 mg / comprimé) qui peuvent être prises tout au long de la journée (jusqu’à 8 par jour = 20 mg). Les comprimés que je prescris contiennent également de la vitamine C qui pour un effet optimal doit être administrée tout au long de la journée.

Vitamine C: elle me semble tout-à-fait indispensable. En plus de la vitamine C avec des pastilles de zinc, je prescris aussi de la vitamine C à libération lente: 2 gélules de 500 mg le matin et le midi (2 x 1 gr).

Sélénium: c’est un facteur essentiel de notre système immunitaire, et les patients plus âgés en manquent souvent. Je donne à mes patients du sélénium lié organiquement dérivé de levure (SelenoPrecise) à raison de 100 µg de Se, avec 8 mg de zinc + vitamine E et A.

Antiviraux: les producteurs d’antiviraux qui sont sous la protection de brevet font la queue à l’OMS pour pouvoir lancer des études humaines à grande échelle, de façon à identifier le meilleur anti-viral contre le SRAS-CoV-2. Nous aurons des compte-rendus de ces études dans nos journaux grand public et, sans aucun doute, un un vaccin expérimental magique sera bientôt proposé. Tout médecin généraliste chevronné fera attention à ne pas être le premier à conseiller la médecine expérimentale, mais entre nous, nous sommes très avides de découvrir ce qui, pour arrêter le court du virus, fonctionne réellement parmi les médicaments classiques auxquels nous sommes habitués et aussi dans la très large gamme de remèdes naturels sûrs qui ont existé à travers les âges.

Aujourd’hui, pour éviter qu’un patient Covid-19 ait besoin d’être hospitalisé, un médecin généraliste pourrait, après avoir effectué un ECG préliminaire, prescrire 200 mg d’hydroxychloroquine : d’abord une dose de charge de 2 x 2 comprimés par voie orale pendant le repas, puis 1 comprimé 2 x / pendant 4 jours. Une dose matinale de 200 mg peut être poursuivie pendant 4 à 5 jours, mais en principe, selon les études préliminaires (*), cela aurait déjà un effet antiviral très significatif. La plupart des hôpitaux manquent déjà d’hydroxychloroquine, bien que cela ne coûte que quelques centimes. Ils proposeront probablement un médicament anti-VIH, dont certains semblent efficaces comme base préliminaire, mais ceux-ci ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, y compris pour le portefeuille.

À l’hôpital, vous serez traité avec ce qu’il y a dans la pharmacie de l’hôpital. Vous pouvez être sûr
ne pas recevoir quoi que ce soit qui ressemble à une herbe naturelle, même si celles-ci ont été testées contre les coronavirus avec des résultats prometteurs après l’épidémie de SRAS de 2003. (**) 

Un candidat qui est souvent utilisé en médecine traditionnelle chinoise est extrait de la racine d’une belle fleur à laquelle Carl von Linnée a donné le nom de Scutellaria baicalensis car son habitat naturel est une vaste région située autour du Lac Baïkal au sud de la Sibérie. À la dose élevée bien tolérée, il s’agit d’un antiviral alternatif judicieux permettant d’éviter l’hôpital en cas d’infection Covid-19 et, sans même le savoir, vous pourriez peut-être alors vous trouver en train de traiter plusieurs autres maux en même temps.

Il a été question de la racine de réglisse (***), comme antiviral chez les patients non hypertendus. Je
pense qu’il a sa place comme une herbe « de bien-être », car elle stimule le cortisol du corps, mais bien que ses propriétés favorisant la production d’oxyde nitreux puissent inhiber la réplication du virus, il est important de ne pas utiliser de vasodilatateurs si le patient développe l’extravasation « en verre dépoli » d’un œdème inflammatoire dans les poumons qui caractérise les patients gravement malades du SRAS. Ces patients devraient envisager de réduire leur dépendance aux médicaments vasodilatateurs et rechercher plutôt des composés qui permettent une fonction optimale de leur « lit capillaire », et qui bloquent une sur-réaction en particulier du PAF-acéther (PAF = facteur d’activation plaquettaire), un activateur phospholipide très puissant.

Aider le « lit capillaire »: l’un des remèdes naturels qui est souvent mentionné comme utile dans les cas de SRAS est la dihydroquercétine, qui est extraite de la racine du mélèze de Dahurie (Larix gmelinii) qui pousse en Sibérie orientale, dans la région du fleuve Amour (à l’est du lac Baïkal). La raison pour laquelle le SRAS-19 semble épargner les jeunes patients de moins de 19 ans est probablement due à la santé de leur « lit capillaire »: plus vous êtes jeune, moins il est probable que vos capillaires dysfonctionnent face à l’attaque virale; il sera moins susceptible de permettre un déséquilibre des cytokines et l’activation des phospholipides inflammatoires. La dihydroquercétine est connue pour renforcer les 100 000 km du « lit capillaire » de notre corps, y compris dans nos poumons. Pourquoi n’en prendrions-nous pas en vieillissant ?

Blocage d’une libération excessive de PAF-acéther: L’importance du PAF-acéther (facteur d’activation plaquettaire)  en tant qu’activateur hautement puissant des phospholipides a déjà été décrite au début des années 70 par l’immunologue français, le Dr. Jacques Benveniste. À une concentration de 10-12 M/ L *****, le PAF peut provoquer  une inflammation des voies respiratoires potentiellement mortelle en induisant des symptômes s’apparentant à l’asthme. Lorsque le PAF-acéther devient incontrôlable dans le corps, il se comporte comme une avalanche, et une mort subite s’ensuit via des défaillances multi-systèmes (cœur, poumon, rein, pancréas, etc.).

À la fin des années 80, l’intérêt pour le développement d’antagonistes spécifiques contre la libération de PAF- acéther s’est éteint, car la plupart des molécules étaient coûteuses à fabriquer et elles n’arrivaient pas à la hauteur des capacités de blocage PAF-acethère du gingosides non brevetable obtenu à partir du feuilles jaunes, tombées naturellement, de l’arbre Ginko-biloba. Il me semble que l’image caractéristique « en verre dépoli » sur les tomodensitogrammes pulmonaires pourrait être un signe d’activation dangereuse du PAF-acéther, et les effondrements mortels soudains que nous avons pris sur des clips envoyés de différentes parties du monde pourraient bien être dus à cette avalanche fatale de libération de PAF-acéther. Je me trompe peut-être, mais il me semble particulièrement et urgemment indiqué de faire des essais équitables avec des gingosides soigneusement sélectionnés (extraits des feuilles jaunes naturellement tombées), pour épargner des pertes de vie inutiles, et réduire les taux de personnes devant être mises sous respirateur artificiel, en raison d’un œdème induit par le PAF-acéther pendant l’attaque virale autrement plus facile à gérer sur leur tissu pulmonaire.

Dr. Eric Beeth

Médecin généraliste belge

 

Note de l’auteur

Je voudrais remercier Global Research / Mondialisation.ca pour leur fière publication de journalisme indépendant et pour le soutien qu’ils m’ont accordé dans le passé pour la publication d’informations que j’estimais dignes d’être d’intérêt.  Les recommandations de santé que j’ai données ici sont basées sur mes meilleures connaissances actuelles de médecin généraliste, avec plus de 30 ans de pratique. Je serais ravi de trouver un forum de médecins pour discuter des traitements qui fonctionnent réellement à l’encontre de cette nouvelle maladie virale induite, et qui peuvent être mis en pratique en toute sécurité très rapidement. Si vous connaissez un bon forum, merci de me contacter à l’adresse : [email protected]

Avec de saines salutations depuis Bruxelles

* www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32150618 In Vitro Antiviral Activity and Projection of Optimized
Dosing Design of Hydroxychloroquine for the Treatment of Severe Acute Respiratory Syndrome
Coronavirus 2 (SARS-CoV-2). Clin Infect Dis. 2020 Mar 9 ( epub ahead of print )
** www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15288617 In vitro susceptibility of 10 clinical isolates of SARS
coronavirus to selected antiviral compounds. J Clin Virol. 2004 Sep, Chen F. et al.

***www.researchgate.net/publication/6949500_Glycyrrhizin_an_active_component_of_liquorice_root
s_and_replication_of_SARS-associated_coronavirus Glycyrrhizin, an active component of liquorice
roots, and replication of SARS-associated coronavirus The Lancet 361 July 2003 J Cinatl et al.
**** https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-4-431-68416-9_27 Platelet-Activating Factor
and Its Antagonists: Scientific Background and Clinical Applications of Ginkgolides, Pierre G. Braquet
from the book: “Ginkgo Biloba A Global Treasure” Springer-Verlag Tokyo 1997 T. Hori et al. (eds.)

***** https://fr.wikipedia.org/wiki/Facteur_d%27activation_plaquettaire (Remarque: c’est aussi une raison d’éviter
l’utilisation d’AINS chez les patients COVID-19: chez les patients sensibles à l’aspirine, il a été démontré que parmi les
leucotriènes inflammatoires, c’est le PAF qui réagit de façon excessive.)

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La Route de la Soie philosophique comme célébrée dans un aéroport italien : une rencontre entre les stoïcismes chinois et gréco-latin.

En début de semaine, une délégation de médecins chinois est arrivée à l’aéroport de Malpensa près de Milan en provenance de Shanghai sur un vol spécial Chine Eastern Airlines transportant 400 000 masques et 17 tonnes de matériel. La banderole de salutation que les visiteurs ont déployée sur le tarmac, en rouge et blanc, disait : « Nous sommes les vagues de la même mer, les feuilles du même arbre, les fleurs du même jardin ».

Dans une stature d’élégance transculturelle suprême, elle s’inspirait de la poétique de Sénèque, un Stoïcien. L’impact, dans toute l’Italie, où les gens étudient encore les classiques, a été immense.

Les Chinois ont été consultés à l’avance et ils ont préféré Sénèque à un proverbe chinois. Après tout, pour la Chine, un État civilisé vieux de 5 000 ans qui a fait face à peut-être plus que sa part de cas de luan (« chaos »), il n’y a rien de plus rajeunissant que le post-chaos.

La Chine fait don au Cambodge de kits de dépistage du coronavirus. La Chine a envoyé des avions chargés de masques, de respirateurs – et de médecins – en Italie et en France. La Chine a envoyé des médecins en Iran, qui fait l’objet de sanctions américaines unilatérales et illégales, et en Irak, que le Pentagone bombarde à nouveau. La Chine apporte son aide sur tous les fronts (eurasiatiques), des Philippines à l’Espagne.

Le Président Xi Jinping, lors d’un appel téléphonique avec le Premier Ministre italien Giuseppe Conte, s’est engagé, dans le sillage de la Covid-19, à établir une Route de la Soie de la Santé, qui accompagnera les Nouvelles Routes de la Soie, ou Initiative la Ceinture et la Route.

Ainsi, finalement, la Route de la Soie philosophique est célébrée dans un aéroport italien, une rencontre du Stoïcisme gréco-latin avec le Stoïcisme chinois.

Esclave, orateur, empereur

Le Stoïcisme, dans la Grèce antique, était la culture pop – s’étendant d’une manière dont les écoles sophistiquées de Platon et d’Aristote ne pouvaient que rêver. Comme les Épicuriens et les Sceptiques, les Stoïciens devaient beaucoup à Socrate qui a toujours insisté sur le fait que la philosophie devait être pratique, capable de changer nos priorités dans la vie.

Les Stoïciens étaient très attachés à l’ataraxie – se libérer des perturbations – comme état d’esprit idéal. L’homme sage ne peut être troublé car la clé de la sagesse est de savoir ce dont il ne faut pas se soucier.

Les Stoïciens étaient donc socratiques en ce sens qu’ils s’efforçaient d’offrir la tranquillité d’esprit à tous. Comme une version hellénistique du Tao.

Le grand ascétique Antisthène était un compagnon de Socrate et un précurseur des Stoïciens. Les premiers Stoïciens tirent leur nom du porche – stoa – du marché athénien où le fondateur officiel du Stoïcisme Zénon de Citium (333-262 av. J.-C.) avait l’habitude de se retrouver. Mais le vrai fondateur était en fait Chrysippe de Soles, un philosophe spécialisé dans la logique et la physique, qui a peut-être écrit jusqu’à 705 livres, dont aucun n’a survécu.

L’Occident a connu les plus grands Stoïciens sous la forme d’un trio romain – Sénèque, Epictète et Marc Aurèle. Ils sont les modèles du Stoïcisme tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Epictète (50-120 après J.-C.) est né esclave à Rome, puis s’est installé en Grèce et a passé sa vie à examiner la nature de la liberté.

Sénèque (5 av. J.-C. – 65 apr. J.-C.), fabuleux orateur et dramaturge de renom, s’est exilé en Corse lorsqu’il a été faussement accusé d’avoir commis un adultère avec la sœur de l’Empereur Claude. Mais par la suite, il fut ramené à Rome pour éduquer le jeune Néron, et finit par être en quelque sorte forcé par ce dernier à se suicider.

Lucius Annaeus Seneca (Le Jeune) c5 BC-65 AD. Philosophe stoïcien romain, se suicidant dans son bain, après s’être opposé à Néron. Photo AFP / rom Hartmann Schedel ‘Liber chronicarum mundi’ (Chronique de Nuremberg), 1493 gravure sur bois, Nuremberg

Marc-Aurèle, humaniste, était le prototype de l’Empereur réticent, vivant dans les turbulences du deuxième siècle après J.-C. et se configurant comme un précurseur de Schopenhauer : Marcus voyait la vie comme une véritable corvée.

Les enseignants de Zénon étaient en fait des Cyniques (le surnom qui leur a été donné vient d’un mot grec signifiant « comme un chien, ignoble, grossier ») dont l’intuition fondamentale était que rien n’importait plus que la vertu. Il fallait donc rétrograder les pièges de la société conventionnelle au rang de distractions sans importance, au mieux. Peu de cyniques (en c minuscules) d’aujourd’hui pourraient se qualifier comme tels.

Il est éclairant de savoir que les classes supérieures de l’Empire Romain, les 1%, considéraient les idées de Zénon comme assez fiables, tout en se moquant, comme on pouvait s’y attendre, du premier Punk de l’histoire, Diogène le Cynique, qui se masturbait sur la place publique et portait une lanterne en essayant de trouver un vrai homme.

Tout comme pour Héraclite, pour les Stoïciens, un élément clé dans la quête de la paix de l’esprit était d’apprendre à vivre avec l’inévitable. Ce désir de sérénité est un de leurs liens avec les Épicuriens.

Les Stoïciens étaient catégoriques sur le fait que la plupart des gens n’ont aucune idée de l’univers dans lequel ils vivent. (Imaginez leur réaction aux réseaux sociaux.) Ils finissent donc par être confus dans leurs attitudes face à la vie. Contrairement à Platon et Aristote, les Stoïciens étaient des matérialistes purs et durs. Ils n’auraient pas parlé de « Formes » dans un monde platonicien idéal. Pour les Stoïciens, ce n’étaient rien d’autre que des concepts dans l’esprit de Platon.

Pour les Épicuriens, le monde est le produit imprévu de forces chaotiques.

Les Stoïciens, en revanche, pensaient que le monde était une question d’organisation jusque dans les moindres détails.

Pour les Épicuriens, le cours de la nature n’est pas prédéterminé : Le destin intervient sous la forme de dérivations aléatoires d’atomes. En fait Destin signifiait Zeus dans la Grèce antique.

Pour les Stoïciens, tout se passe selon le destin : une chaîne inexorable de causes et d’effets, se développant exactement de la même manière encore et encore dans un cycle de création et de destruction cosmique – une sorte de précurseur de l’éternelle récurrence de Nietzsche.

L’acceptation résignée

Les Stoïciens ont été fortement influencés par Héraclite. La physique stoïcienne traite de la notion d’interpénétration : le monde physique comme une concoction agitée de substances mélangées, un précurseur assez extraordinaire de l’équivalence de l’énergie et de la matière chez Einstein.

Ce que le monde post-moderne retient des Stoïciens est la notion d’acceptation résignée – qui a tout son sens si le monde fonctionne vraiment selon leurs intuitions. Si le destin gouverne le monde et que pratiquement tout ce qui arrive est hors de notre contrôle, alors la realpolitik signifie accepter « tout ce qui doit arriver comme cela arrive réellement », selon les mots immortels d’Epictète.

Il est donc inutile de s’enthousiasmer pour des choses que nous ne pouvons pas changer. Et il est inutile de s’attacher à des choses que nous finirons par perdre. (Mais essayez de vendre cette notion aux maîtres de l’univers du capitalisme financier).

Donc la Voie, selon les Stoïciens, est de ne posséder que l’essentiel, et de voyager léger. Lao Tseu approuverait. Après tout, tout ce que nous pouvons perdre est plus ou moins déjà parti – nous sommes donc déjà protégés contre les pires coups de la vie.

Lao-Tseu (vers 604-531 av. J.-C.) sur son buffle, dynastie Qing (céramique) de l’école chinoise, (18e siècle) ; musée Guimet, Paris. Photo : AFP

Le secret stoïcien ultime est peut-être la distinction faite par Épictète entre les choses qui sont sous notre contrôle – nos pensées et nos désirs – et celles qui ne le sont pas : nos corps, nos familles, nos biens, notre sort dans la vie, tous les éléments que l’expansion de la Covid-19 a maintenant mis en échec.

Ce qu’Epictète vous dit, c’est que si vous redirigez vos émotions pour vous concentrer sur ce qui est en votre pouvoir et que vous ignorez tout le reste, alors « personne ne pourra jamais exercer de contrainte sur vous, personne ne vous gênera – et il n’y a aucun mal qui puisse vous toucher ».

Epictète, le philosophe grec stoïcien. Photo : AFP / ©Costa/leemage
Le pouvoir n’est finalement pas pertinent

Sénèque a proposé un guide définitif que nous pouvons appliquer à plusieurs volets du 1% : « Je nie que les richesses soient un bien, car si elles l’étaient, elles rendraient les hommes bons. En l’état actuel des choses, puisque ce qui se trouve entre les mains des personnes malfaisantes ne peut être qualifié de bien, je refuse d’appliquer le terme aux richesses ».

Les Stoïciens ont enseigné qu’entrer dans la vie publique signifie répandre la vertu et combattre le vice. C’est une affaire très sérieuse qui implique le devoir, la discipline et la maîtrise de soi. Cela explique en grande partie pourquoi plus de 70% des Italiens applaudissent aujourd’hui la conduite du Premier Ministre dans la lutte contre la Covid-19. Conte s’est montré à la hauteur de la situation, de manière inattendue, comme un néo-Stoïcien.

Les Stoïciens considéraient la mort comme un rappel utile de son propre destin et de l’insignifiance ultime des choses du monde. Marc-Aurèle trouvait une énorme consolation dans la brièveté de la vie : « Dans peu de temps, vous ne serez plus personne et vous ne serez plus nulle part, tout comme Hadrien et Auguste ». Lorsque les circonstances rendaient impossible de vivre selon les idéaux de la vertu stoïcienne, la mort était toujours un plan B viable.

Épictète nous dit aussi que nous ne devrions pas vraiment nous préoccuper de ce qui arrive à notre corps. Parfois, il semblait considérer la mort comme le moyen acceptable de se sortir de tout malheur.

Au sommet de leur art, les Stoïciens ont clairement indiqué que la différence entre la vie et la mort était insignifiante, comparée à la différence entre la vertu et le vice.

D’où la notion de noble suicide. L’héroïsme stoïcien est évident dans la vie et la mort de Caton le Jeune, tel que décrit par Plutarque. Caton était un adversaire acharné de César, et son intégrité lui a dicté que la seule issue possible était le suicide.

Selon le récit légendaire de Plutarque, Caton, lors de sa dernière nuit, a défendu un certain nombre de thèses stoïciennes pendant le dîner, s’est retiré dans sa chambre pour lire le Phaedo de Platon – dans lequel Socrate affirme qu’un vrai philosophe voit toute la vie comme une préparation à la mort – et s’est suicidé. Bien sûr, il est devenu une superstar stoïcienne pour l’éternité.

Les Stoïciens ont enseigné que la richesse, le statut et le pouvoir sont finalement sans importance. Une fois de plus, Lao Tseu approuverait. La seule chose qui peut élever un homme au-dessus des autres est la vertu supérieure – dont tout le monde est capable, du moins en principe. Donc, oui, les Stoïciens croyaient que nous sommes tous frères et sœurs. Sénèque : « La nature a fait de nous des parents en nous créant à partir des mêmes matériaux et pour le même destin ».

Imaginez un système construit sur un dévouement au bien-être des autres désintéressé, et contre toute vanité. Ce n’est certainement pas le but de ce turbocapitalisme financier qui engendre l’inégalité.

Epictète : « Que faut-il dire alors à chaque épreuve qui survient ? Je me préparais pour cela, je m’entraînais pour cela ». La Covid-19 montrera-t-il à une vague mondiale de néo-Stoïciens pratiquants qu’il existe une autre voie ?

Pepe Escobar

 

 

Article original en anglais : We are all Stoics now, Asia Times, le 21 mars 2020

Traduit par Réseau International

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Un virologue italien de renom, Giuseppe Remuzzi, a publié dans le Lancet et d’autres médias, des articles dans lesquels il expose des faits jusqu’ici inconnus du public. (1) Selon cet imminent universitaire, les médecins italiens confirment désormais avoir effectivement observé :

« Une forme aussi étrange que sévère de pneumonie, en particulier chez les personnes âgées, en décembre, et même en novembre [2019]. Cela suggère que le virus circulait, au moins en Lombardie, avant même que nous n’ayons eu connaissance de l’apparition de cette épidémie en Chine. » (2)

Les autorités médicales chinoises ont, elles aussi, relevé les indices d’un phénomène identique en Chine, à savoir que le virus circulait déjà parmi la population depuis peut-être deux mois avant d’apparaître clairement comme une épidémie.

En outre, selon le Service national de santé italien (ISS):

«Il n’est pas possible de reconstruire, pour tous les patients, la chaîne de transmission de l’infection. La plupart des cas signalés en Italie révèlent un lien épidémiologique avec d’autres cas diagnostiqués en Lombardie, en Émilie-Romagne et en Vénétie, les régions les plus durement frappées par l’épidémie. » (3)

La déclaration ci-dessus est d’une importance cruciale car elle corrobore en elle-même l’idée d’une émergence simultanée de plusieurs foyers d’infection et de plusieurs « patients zéro ». Il y a des cas en Lombardie qui n’ont pu être placés dans aucune chaîne d’infection, et il est probable que ce soit aussi le cas dans d’autres régions (voir ci-dessous). Si le virus est effectivement apparu simultanément dans des régions distinctes de l’Italie, on peut également s’attendre à identifier aussi dans ces régions là, des foyers infectieux indépendants. Cela impliquerait que l’Italie a été frappée de plusieurs contaminations distinctes du virus.

En Chine, les conséquences ont d’abord commencé à se faire sentir dans la ville de Wuhan mais avec de multiples points de départ dans la ville et plusieurs patients zéro, et avec une éruption mineure à Guangdong, rapidement contenue. La Chine comptait plusieurs foyers à Wuhan. Il n’y avait pas de source unique et aucun patient zéro n’a été identifié, ce qui est similaire au cas de l’Italie.

Le mystère du « patient n ° 4 » en Italie

L’éruption de l’épidémie en Italie a-t-elle été causée par des infections en provenance de Chine? Oui et non.

Avant le 20 février 2020, il n’y avait que trois cas confirmés de coronavirus en Italie : deux touristes venus de Wuhan, en Chine, confirmés le 30 janvier ; et le 6 février, un Italien qui rentrait de Wuhan et se rendait à Rome. Il s’agissait clairement de cas importés, l’Italie n’ayant connu aucune nouvelle infection au cours des deux semaines suivantes.

Puis soudain, de nouvelles contaminations sont apparues, mais sans aucun rapport avec la Chine. Le 19 février, l’administration sanitaire de Lombardie a annoncé le cas d’un Italien de 38 ans qui venait d’être diagnostiqué positif au nouveau coronavirus, et qui devenait ainsi le quatrième cas confirmé en Italie. L’homme n’avait jamais voyagé en Chine et n’avait eu aucun contact avec les patients chinois atteints du virus.

Immédiatement après la découverte de ce patient, l’Italie connaissait une véritable explosion de l’épidémie. En une journée, le nombre de cas confirmés passait de 4 à 20 et, à peine plus de trois semaines plus tard, l’Italie comptait 17 660 cas confirmés.

Les Italiens ont fait de leur mieux pour tenter de retrouver leur patient zéro. Ils ont renommé le « patient 4 » « Italien n ° 1 » et ont cherché à comprendre comment il avait été infecté. Mais la recherche fut manifestement vaine, et la presse commentait simplement : « La pandémie américaine du siècle est devenue un sujet de suspicion pour les Italiens » (4).

Le mystère du «patient n ° 31» en Corée du Sud

L’expérience de la Corée du Sud est étonnamment similaire à celle de l’Italie, non moins qu’à celle de la Chine. Le pays a connu 30 cas importés diagnostiqués le 20 janvier. Manifestement, la traçabilité remontait clairement vers Hubei ou Wuhan.

Mais la Corée du Sud découvre alors la « patiente n ° 31 », une sud-coréenne de 61 ans diagnostiquée positive au nouveau coronavirus le 18 février. Cette patiente « locale » n’avait aucun lien avec la Chine, et n’avait eu aucun contact ni avec des Chinois ni avec aucun des Sud-Coréens infectés. Son infection était une source totalement sud-coréenne.

Plus qu’un simple virus

Tout comme en Italie, l’épidémie rapidement a explosé en Corée du Sud, après la découverte de la patiente 31. Littéralement dès le lendemain, soit le 19 février (le 21 février en Italie, à titre de comparaison), il y avait 58 cas confirmés en Corée du Sud, et un millier de cas en moins de une semaine. A peine plus de trois semaines plus tard, la Corée du Sud comptait 8 086 cas confirmés. Il semble désormais probable (bien que non confirmé) que la Corée du Sud et l’Italie auraient pu être « ensemencées » à peu près en même temps.

A l’instar de l’Italie, la Corée du Sud a mené une traque obstinée pour retrouver comment leur « coréen n ° 1 » avait été infecté, passant le pays au peigne fin pour découvrir des indices, mais en vain. Les chercheurs ont constaté que les cas confirmés en Corée du Sud étaient principalement concentrés dans deux foyers distincts, à Daegu et à Gyeongsang North Road. La plupart pouvaient être liées au « patient 31 », mais pas tous. Tout comme en Italie, on constate plusieurs foyers et plusieurs infections simultanées, qui se propagent comme une traînée de poudre – et sans la présence d’un marché de fruits de mer où m’on vend des chauves-souris et des pangolins.

Pour l’Italie comme pour la Corée du Sud, je pourrais même ajouter qu’il n’y a aucun prétendu « laboratoire d’armes bactériologiques » dans les parages (comme cela a été affirmé pour la Chine), mais ce serait inexact. On trouve effectivement des laboratoires d’armes bactériologiques à proximité des zones sinistrées, en Italie et en Corée du Sud, mais ils appartiennent à l’armée américaine.

Le cas de la Corée est particulièrement remarquable à cet égard, car il a été prouvé que le MERS-CoV (de 2012) provenait précisément d’une fuite survenue sur la base militaire américaine d’Osan (en Corée). Selon la version officielle occidentale du départ de l’épidémie de MERS-CoV en Corée du Sud, un homme d’affaires coréen aurait été infecté au Moyen-Orient, puis serait rentré chez lui, dans la province de Gyeonggi, et y aurait propagé l’infection. Mais il n’y a jamais eu de documentation ou de preuve à l’appui de cette affirmation, et à ma connaissance, elle n’a jamais été vérifiée par le gouvernement sud-coréen.

A l’appui de la version non officielle de cette contamination, il se trouve que, selon le Korean Yonhap News Service, une centaine de militaires sud-coréens de la base aérienne de l’USAF à Osan avaient subitement été placés en quarantaine au tout début de l’épidémie. La base d’Osan abrite le programme bactériologique militaire JUPITR ATD, qui est étroitement lié au laboratoire de Fort Detrick (Maryland), tous deux étant des laboratoires de recherche en armes bactériologiques de l’armée américaine.

On trouve aussi à proximité un (très secret) Institut international de vaccins, parrainé par l’OMS, et qui était alors géré, précisément, par le personnel militaire américain en charge des armes bactériologiques. À l’époque, et compte tenu de la quarantaine mentionnée ci-dessus, la version de l’événement considérée comme la plus probable était plutôt celle d’une contamination liée au projet de guerre bactériologique JUPITR. (5) (6)

La contamination coréenne est donc similaire à celle de l’Italie. Si nous regardons une carte des régions d’Italie frappées par le virus, il y a effectivement une base militaire américaine littéralement à un jet de pierre de chacune d’elles. Bien évidemment, il s’agit tout au plus de circonstances pouvant éveiller des soupçons, mais qui en aucun cas ne prouvent quoi que ce soit.

Cependant, il y a un point majeur ici qui ne peut être laissé de côté, à savoir l’apparition d’un nouveau virus simultanément dans trois pays différents. Et dans chacun des trois cas, pas d’épidémiologie claire, et impossible d’identifier la source d’origine, ou un patient zéro.

De nombreux spécialistes des armes bactériologiques conviennent assez unanimement que la subite contamination d’une population humaine par un agent pathogène nouveau et inhabituel à plusieurs endroits, simultanément, sans aucune source définie, et avec des cas sans aucun lien démontrable, atteste littéralement qu’un agent pathogène a été répandu délibérément, car les épidémies naturelles peuvent quasiment toujours être tracées jusqu’à en un endroit précis et un patient zéro. La probabilité d’une fuite délibérée est aussi forte en Italie qu’en Corée du Sud ou en Chine, les trois nations partageant manifestement les mêmes soupçons.

Larry Romanoff

Le 21 mars 2020

Article original en anglais :

COVID-19: Targeting Italy and South Korea? “The Chain of Transmission of Infection”

Traduction par Dominique Arias

 

Remarques

(A) Simple digression, l’Italie a connu un taux de mortalité presque deux fois supérieur à celui de Wuhan, mais il peut y avoir un facteur contributif externe. Il a été observé que, dans la plupart des cas, en particulier chez les personnes âgées en Italie, l’Ibuprophène était largement utilisé comme analgésique. Le Lancet a publié un article démontrant que l’utilisation de l’Ibuprophène peut faciliter considérablement la capacité de pénétration du virus et donc augmenter le risque de développer une infection grave et mortelle. (AA)

https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30116-8/fulltext

(B) «L’âge moyen de ceux qui sont décédés en Italie était de 81 ans, et l’état de santé de plus des deux tiers de ces patients présentait un terrain favorable. Il convient cependant de noter également qu’ils montraient un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dû à la pneumonie du SRAS-CoV-2, avaient besoin d’une assistance respiratoire, sans quoi ils ne seraient probablement pas décédés.

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30627-9/fulltext?dgcid=raven_jbs_etoc_email#seccestitle10

Notes :

(1) https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30627-9/fulltext?dgcid=raven_jbs_etoc_email#seccestitle10

(2) https://www.npr.org/2020/03/19/817974987/every-single-individual-must-stay-home-italy-s-coronavirus-deaths-pass-china-s

(3) https://www.iss.it/web/guest/primo-piano/-/asset_publisher/o4oGR9qmvUz9/content/id/5293226

(4) http://dy.163.com/v2/article/detail/F7N756430514G9GF.html

(5) https://www.21cir.com/2015/06/south-korea-mers-emerged-out-of-the-pentagons-biowarfare-labs-2/

(6) https://www.businessinsider.com/almost-200-north-korean-soldiers-died-coronavirus-2020-3

 

Larry Romanoff est consultant en gestion et homme d’affaires à la retraite. Il a occupé des postes de direction dans des cabinets de conseil internationaux et a dirigé sa propre entreprise d’import-export internationale. Il a été professeur invité à l’Université Fudan de Shanghai, où il a présenté des études de cas en affaires internationales à des classes EMBA supérieures. M. Romanoff vit à Shanghai et écrit actuellement une série de dix livres sur les relations entre la Chine et l’Occident.

Il est chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRG).

Il peut être contacté au [email protected]

 

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L’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus, le Covid-19, est à la une de tous les médias du monde depuis qu’il a été signalé au Wuhan en Chine à la fin décembre 2019. Depuis, le virus aurait tué plus de 2 000 personnes en Chine même et contaminé plus de 75 000 personnes dans le monde (selon les chiffres du 19 février 2020). Le 30 janvier 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de coronavirus était une urgence de santé publique de portée internationale.

Au départ, des articles ont rapporté que dans la ville de Wuhan un marché de produits de la mer de plein air vendant aussi des animaux domestiques et sauvages pourrait avoir été le point de départ de l’épidémie, étant donné qu’une partie des premiers cas s’y étaient rendus. Les autorités locales ont immédiatement fermé le marché et les médias n’ont pas tardé à pointer du doigt les « marchés de produits frais » et la tradition qui consiste à manger des animaux fraîchement abattus comme la cause de cette épidémie et d’autres épidémies mondiales.

Cependant, il est de plus en plus clair que le marché de Wuhan n’est peut-être pas la source de la flambée initiale de la maladie chez les humains. Un article publié dans The Lancet par un groupe important de chercheurs chinois a étudié les 41 premiers cas de patients hospitalisés pour une contamination confirmée au coronavirus. Ces chercheurs ont trouvé que le premier cas « est tombé malade le 1er décembre 2019 et qu’il n’avait aucun lien établi avec le marché aux fruits de mer. » Au total, 13 des cas initiaux examinés n’avaient aucun lien avec le marché. « Treize, sans lien, cela fait beaucoup, » déclare Daniel Lucey, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Georgetown. 1

« Si l’on en juge par l’ensemble de la situation, le marché aux produits de la mer n’est peut-être pas la seule source ou bien l’origine du nouveau coronavirus peut être multi-source, » explique Huang Chaolin, directeur adjoint de l’Hôpital Jinyintan de Wuhan. Pour Huang, les endroits où le virus a été transmis pour la première fois aux humains peuvent être multiples. 2

Les marchés de produits frais sont extrêmement communs et ont une longue histoire dans beaucoup d’endroits en Asie. On y vend de la viande fraîche, du poisson, des légumes et des fruits frais et d’autres denrées périssables. Sur ces marchés, des centaines voire des milliers de commerçants se mêlent aux paysans et aux pêcheurs qui amènent leurs denrées à vendre. Les marchés de produits frais représentent une source importante d’aliments et de viande frais à un prix abordable pour une majorité des citadins. Il est rare qu’on y vende des animaux sauvages.

Ce sont les vendeurs de rue et les petits paysans dépendant des marchés de produits frais pour vendre leurs produits qui subissent les conséquences quand les autorités accusent ces marchés de provoquer de nouvelles épidémies. C’est ce qui s’est passé il y a une dizaine d’années avec la grippe aviaire et la peste porcine, quand les gouvernements ont commencé à fermer les marchés de produits frais. Mais le fait est que ces marchés existent en Asie depuis des milliers d’années sans avoir provoqué le genre de pandémies qu’on peut voir aujourd’hui.

Ce qui a changé, c’est la manière dont on élève les animaux dans des fermes-usines et la façon dont la viande est transformée et vendue dans les chaînes de production de masse mondialisées. C’est ce système industriel de production de viande qui a généré et propagé les pandémies sans précédent de grippe aviaire, peste porcine et peste porcine africaine de ce siècle. 3

Et il est tout à fait possible que ce système soit lié à l’épidémie actuelle de coronavirus. De fait, en 2008, un autre nouveau coronavirus, connu sous le nom de SADS [diarrhée épidémique porcine] a démarré dans une ferme porcine en Chine et a anéanti tout le lot de 24 000 porcelets. 4 Des tests de laboratoire ont montré que la maladie avait évolué à partir du virus de la diarrhée épidémique porcine, qui est lui-même un produit de l’élevage industriel, et qu’elle était transmissible aux humains. Par chance il n’y a pas eu à ce jour de transmission du SADS aux humains, mais une fois de plus, le cas a montré comment des virus potentiellement pandémiques peuvent évoluer dans la promiscuité inhérente aux fermes industrielles.

Les affirmations infondées sur la responsabilité des marchés de produits frais en matière de transmission des maladies aux humains ont déjà causé d’immenses dommages économiques pour ceux qui travaillent et dépendent de ces marchés pour leur subsistance et leur sécurité alimentaire. Ce journalisme irresponsable est souvent empreint de l’idée tendancieuse que les supermarchés occidentaux avec leur lumière artificielle et leur atmosphère stérile sont mieux et plus sûrs que les marchés de produits frais. De tels stéréotypes peuvent facilement servir d’arme politique pour consolider la domination des chaînes d’approvisionnement mondiales et décimer les petits paysans et commerçants.

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Notes :

[1] Jon Cohen, “Wuhan seafood market may not be source of novel virus spreading globally”, ScienceMag, 26 janvier 2020 https://www.sciencemag.org/news/2020/01/wuhan-seafood-market-may-not-be-source-novel-virus-spreading-globally
[2] Xinhua, “Wuhan seafood market may not be only source of novel coronavirus: expert “, 29 janvier 2020, http://www.xinhuanet.com/english/2020-01/29/c_138741063.htm
[3] L’époque des virus – La politique des maladies émergentes dans le monde , 2008: https://grain.org/fr/article/770-l-epoque-des-virus-la-politique-des-maladies-animales-emergentes-dans-le-monde ; Un système alimentaire qui tue : la peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande, 2009: https://grain.org/fr/article/197-un-systeme-alimentaire-qui-tue-la-peste-porcine-dernier-fleau-de-l-industrie-de-la-viande ; et un rapport de GRAIN à venir sur la peste porcine africaine (mars 2020).
[4] Melody Schreiber, « A Novel Virus Killed 24,000 Piglets In China. Where Did It Come From? » NPR, 4 avril 2018: https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2018/04/04/599179621/a-novel-virus-killed-24-000-piglets-in-china-where-did-it-come-from
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La Cour pénale internationale a approuvé une enquête sur les crimes de guerre américains en Afghanistan. Le secrétaire d’État Mike Pompeo a réagi en menaçant de punir les familles des membres de la CPI.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a menacé les membres des familles du personnel de la Cour pénale internationale, en promettant que Washington prendra des mesures punitives à leur encontre si la Cour juge des soldats américains pour crimes de guerre.

Pompeo a également annoncé une intensification des sanctions américaines unilatérales contre l’Iran et la Syrie, qui sont illégales au regard du droit international, et qui sapent les tentatives de ces pays pour contenir la pandémie de coronavirus.

En mars 2019, le département d’État de Pompeo a menacé de révoquer ou de refuser les visas à tout personnel de la Cour pénale internationale (CPI) enquêtant sur des crimes commis par les forces américaines.

Un an plus tard, le 5 mars 2020, la CPI a fait un pas de géant en approuvant officiellement une enquête sur les allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis par l’armée américaine et la CIA en Afghanistan.

Pompeo a répondu en condamnant avec colère la Cour et ses procédures. Sa réaction a été une tentative apparente de discréditer l’institution, à laquelle le gouvernement américain n’est pas partie.

Lors d’un point de presse ultérieur du Département d’État, le 17 mars, Pompeo a lancé une autre tirade contre la CPI, la rabaissant en tant que « soi-disant cour », « corps ouvertement politique » et « un embarras ».

Pompeo, qui était auparavant directeur de la CIA, a poussé les dénonciations encore plus loin, en menaçant les membres de la famille du personnel de la CPI.

« Nous voulons identifier les responsables de cette enquête partisane et les membres de leur famille qui pourraient vouloir se rendre aux États-Unis ou se livrer à des activités incompatibles avec la protection des Américains », a déclaré M. Pompeo, selon la transcription officielle du Département d’État américain.

Sarah Leah Whitson, directrice générale de la recherche et de la politique au Quincy Institute for Responsible Statecraft, a attiré l’attention sur cette « attaque choquante » sur Twitter.

« Il ne s’agit pas seulement d’une punition collective illégale contre des membres de la famille ; ce n’est pas seulement une attaque troublante contre le personnel d’un système judiciaire – où les États-Unis ont voté pour renvoyer d’autres nations pour y être poursuivies ; c’est un abus de l’autorité fédérale que d’utiliser des sanctions prévues contre de véritables malfaiteurs », a déclaré Whitson, qui a précédemment dirigé la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch.

Whitson a appelé les candidats démocrates à la présidence Joe Biden et Bernie Sanders à « condamner cette agression du Département d’Etat américain contre le personnel et les FAMILLES de la CPI – abus de pouvoir de sanctions dans une attaque flagrante contre l’indépendance judiciaire, punition collective illégale ».

La longue histoire des menaces américaines sur les institutions multilatérales

Cette menace flagrante des États-Unis contre les membres de la famille des procureurs de la Cour pénale internationale s’inscrit dans un schéma historique plus long d’attaque des institutions multilatérales par Washington.

Au début de la prétendue guerre contre le terrorisme de l’administration George W. Bush, en 2002, le Congrès américain a adopté une loi appelée American Service-Members’ Protection Act – plus connue sous le nom de « Hague Invasion Act« .

Cet acte législatif sans précédent, qui n’a de précédent nulle part ailleurs dans le monde, déclare que le gouvernement américain s’accorde unilatéralement le droit d’envahir militairement La Haye si un citoyen des États-Unis ou d’un pays allié est jugé par le tribunal.

Les menaces du secrétaire d’État Pompeo ne sont pas non plus la première fois que des fonctionnaires du gouvernement américain prennent pour cible les membres de la famille d’organisations internationales.

José Bustani, l’ancien directeur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), a déclaré que le néoconservateur de la ligne dure John Bolton, ancien sous-secrétaire d’État de George W. Bush et conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, l’avait menacé, lui et sa famille, lorsque Bustani a négocié avec le gouvernement irakien pour autoriser l’entrée des inspecteurs en désarmement de l’OIAC.

« Vous avez 24 heures pour quitter l’organisation, et si vous ne vous conformez pas à cette décision de Washington, nous avons des moyens de riposter contre vous », aurait dit Bolton à Bustani, selon ses souvenirs. « Nous savons où vivent vos enfants. Vous avez deux fils à New York ».

Le Département d’État américain impose de nouvelles sanctions à l’Iran et à la Syrie alors que des coronavirus mortels se propagent

Dénigrant le gouvernement iranien comme « terroristes » dans son point de presse au Département d’Etat, Mike Pompeo a déclaré de nouvelles sanctions contre la société d’investissement de la sécurité sociale de l’armée iranienne, ainsi que contre cinq scientifiques nucléaires iraniens.

De plus, Pompeo a annoncé des sanctions du Département d’Etat contre neuf autres entités, en Afrique du Sud, à Hong Kong et en Chine, pour avoir fait des affaires avec l’Iran.

Il a également dévoilé de nouvelles sanctions contre le ministre de la défense syrien, citant la bataille de l’armée syrienne pour reprendre Idlib, le dernier territoire tenu par les insurgés dans le pays, qui est occupé par un affilié d’Al-Qaïda et d’autres salafi-jihadistes extrémistes, soutenus par la Turquie, membre de l’OTAN.

Les sanctions américaines contre l’Iran ont dévasté les infrastructures sanitaires du pays, exacerbant considérablement la pandémie de coronavirus.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de technologie Sharif à Téhéran a averti que des millions de personnes pourraient mourir à cause du Covid-19 – que Pompeo a appelé à plusieurs reprises le « virus de Wuhan » dans son point de presse.

Un article de la chaîne publique allemande DW a expliqué de manière concise comment les sanctions américaines ont préparé le terrain pour une mort massive en Iran : « Le gouvernement iranien a demandé un prêt de 5 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros) au Fonds monétaire international (FMI) pour lutter contre l’épidémie – c’est la première fois qu’il demande l’aide du FMI depuis plus de 50 ans. Pourtant, même s’il obtient le prêt, l’administration ne pourra pas acheter les fournitures médicales dont elle a tant besoin : Les sanctions américaines rendent pratiquement impossibles les transactions bancaires nécessaires pour obtenir même des fournitures médicales et des biens humanitaires ».

Ben Norton

 

Article original en anglais : US government threatens families of Int’l Criminal Court staff if they try Americans for war crimes, The Gray Zone, le 20mars 2020.

Traduction par VD pour le Grand Soir

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Mettre en quarantaine la machine militaire étasunienne?

Par Prof Michel Chossudovsky, 19 mars 2020

C’est arrivé presque le même jour. Le verrouillage de l’Italie. Des gens confinés chez eux dans toute l’Union européenne. Afflux de 30 000 soldats étasuniens en préparation des jeux de guerre « Défendre l’Europe 2020 » contre la Russie, dans la plus grande démonstration de puissance militaire depuis la guerre froide. Dans toute l’Europe, pas d’événements sportifs, pas de mouvements de protestation contre la guerre.

 

Coronavirus CODIV-19 en Corée du Sud: L’enjeu d’une secte religieuse, de la corruption et de la politique malsaine

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Une femme de 35 ans venant de la Chine est entrée en Corée du Sud le 20 janvier 2020. Et elle s’est trouvée infectée par le coronavirus. Le virus s’est répandu rapidement, mais, heureusement, grâce aux mesures efficaces du gouvernement progressiste de Moon Jae-in, la propagation du virus s »est arrêtée et, en même temps, le nombre des personnes guéries de l’infection a augmenté d’une façon visible…  Cependant le 7 février, après que la 31e personne soit déclarée infectée, le nombre d’infectés au coronavirus a augmenté d’une manière exponentielle pour atteindre 8 320 en date du 17 mars. Cette personne, , Shincheonji, s’est révélée membre d’une secte religieuse…

 

Le coronavirus et la Fondation Gates

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On peut dire que personne n’a été plus actif que Bill Gates et la Fondation Bill et Melinda Gates pour promouvoir et financer la recherche sur les vaccins contre le coronavirus. Du parrainage d’une simulation d’une pandémie mondiale de coronavirus, quelques semaines avant l’annonce de l’épidémie à Wuhan, au financement de nombreux efforts des entreprises pour mettre au point un nouveau vaccin contre ce virus apparemment nouveau, la présence de Gates est là. Qu’est-ce que cela implique réellement ?

 

La peur et la panique se propagent à travers les États-Unis. Analyse des données de la COVID-19

Par Prof Michel Chossudovsky, 21 mars 2020

Les médias US ne cessent de semer la peur, la panique et le désespoir, avec l’aval de scientifiques étasuniens « faisant autorité ». « Le nouveau coronavirus pourrait tuer des millions de personnes à travers les États-Unis », selon le Dr Kathleen Neuzil, spécialiste des vaccins à la faculté de médecine de l’université du Maryland. (CNBC, 18 mars). Les médias exagèrent régulièrement les impacts sur la santé en diffusant un discours de peur et de panique.

 

Liban: pas touche à l’Axe de la Résistance

Par Elijah J. Magnier, 22 mars 2020

Antoine Hayek, l’ancien geôlier du centre de détention et camp de concentration de Khiyam, que les Israéliens avaient établi au Liban, a été retrouvé mort dans son magasin à Miyu-Miyeh à l’est de Sidon, au sud du Liban, avec deux balles dans la tête. (…) al-Fahkoury a été remis à l’ambassade des USA qui l’a sorti clandestinement du pays. Le message implicite était évident : si les autorités libanaises veulent s’occuper des anciens collaborateurs d’Israël de la sorte, d’autres collaborateurs d’Israël en paieront le prix. Les cibles sont nombreuses et vulnérables. Qui donc pourrait être derrière cet assassinat?

 

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Liban: pas touche à l’Axe de la Résistance

mars 22nd, 2020 by Elijah J. Magnier

Antoine Hayek, l’ancien geôlier du centre de détention et camp de concentration de Khiyam, que les Israéliens avaient établi au Liban, a été retrouvé mort dans son magasin à Miyu-Miyeh à l’est de Sidon, au sud du Liban, avec deux balles dans la tête. Rien n’indiquait qui était derrière l’assassinat. Sa mort est survenue peu de temps après la décision, par les autorités libanaises, de faire pression sur le président du tribunal militaire pour qu’il libère le collaborateur d’Israël Amer al-Fakhoury. Al-Fahkoury a été remis à l’ambassade des USA qui l’a sorti clandestinement du pays. Le message implicite était évident : si les autorités libanaises veulent s’occuper des anciens collaborateurs d’Israël de la sorte, d’autres collaborateurs d’Israël en paieront le prix. Les cibles sont nombreuses et vulnérables. Qui donc pourrait être derrière cet assassinat?

Antoine Hayek (58 ans) est né à l’est de Sidon et s’est joint à la police libanaise à l’âge de 20 ans. Il a pris sa retraite en ayant le grade d’adjudant-chef et a ouvert une petite épicerie dans la même région. Pendant l’occupation israélienne du Liban en 1982, il a suivi Amer al-Fakhoury et a travaillé sous son commandement au camp de détention de Khiyam. Hayek a été accusé d’avoir lancé une bombe à l’intérieur d’une cellule pendant le soulèvement des prisonniers du 25 novembre 1989, qui a tué deux membres de la résistance : Bilal al-Samman et Ibrahim Abou al-Iz. Hayek était également surnommé « Voltage 66 » pour son passe-temps qui consistait à torturer des prisonniers en appliquant une tension électrique de haut voltage sur des parties sensibles du corps. L’officier pro-israélien avait déjà interdit à la Croix-Rouge et à des ONG humanitaires de rendre visite aux prisonniers, qui n’ont jamais été jugés et qui étaient incarcérés pour avoir résisté à l’occupation israélienne du Liban. En 2001, soit un an après le retrait israélien du Liban, Hayek s’est rendu aux autorités libanaises. Il a été condamné à 10 ans de prison.

En 2006, le Hezbollah et le Courant patriotique libre ont signé  un protocole d’entente appelant les deux parties à faciliter le retour des Libanais ayant collaboré avec Israël (article 6). Pourquoi alors Hayek, un chrétien qui collaborait avec Israël, a-t-il été assassiné?

La libération d’Amer Fakhoury constituait une entorse majeure au protocole d’entente de 2006. Si ceux qui voulaient protéger les chrétiens ayant collaboré avec Israël avaient respecté l’entente, ils n’auraient pas poussé le commandant des forces armées Joseph Aoun à libérer Fakhoury. Aoun a fait tout en son pouvoir pour forcer le président du tribunal militaire, le général Hussein al-Abdallah, à obtenir la libération de Fakhoury. Abdallah est également à blâmer pour avoir succombé à la pression. Il aurait pu démissionner, mais il a choisi plutôt d’obtempérer aux souhaits du chef des forces armées en ordonnant la libération de Fakhoury. Le général Abdallah veut prendre sa retraite à l’étranger, ce qui le rendait vulnérable à la coercition exercée par l’ambassade des USA, qui menaçait d’ajouter son nom à la liste des terroristes que tiennent les USA.

Le général Abdallah, qui est chiite, s’est plié aux désirs de son commandant, même si le tribunal militaire jouit d’une immunité. Abdallah a été nommé par le président du parlement, Nabih Berri, qui est capable d’assurer sa protection.

L’armée libanaise craint de perdre l’aide militaire américaine. Mais en regardant de plus près le soutien des USA, il y a de quoi se demander pourquoi l’armée libanaise doit utiliser une carabine militaire M4  (un fusil de l’OTAN court et léger) plutôt que l’habituel fusil d’assaut M16, qui se compare à l’Ak-47 (Kalashnikov) dont sont remplis tous les entrepôts libanais. L’armée libanaise assure la garde de points de contrôle dans le pays et n’a pas besoin d’une grande variété d’armes légères. De plus, quand les USA ont offert une dizaine de missiles Hellfire pour aider l’armée libanaise à combattre al-Qaeda, l’attaché militaire des USA a imposé une règle selon laquelle aucun missile ne devrait être lancé sans que son bureau en ait été informé au préalable. L’officier militaire des USA a d’ailleurs refusé une demande de cibler et d’éliminer Abu Malik al-Tal, l’émir d’al-Qaeda à Arsal, parce qu’il combattait le Hezbollah. L’aide des USA semble privilégier davantage la destruction de la souveraineté libanaise que la défaite des djihadistes takfiris.

Ce n’est pas possible de bâtir une société résistante au Liban avec tant de politiciens proaméricains soumis à la volonté et à la domination des USA. Il est inacceptable qu’un responsable libanais ait pu permettre à l’ambassade des USA de violer une ordonnance judiciaire pour faire sortir illégalement Amer al-Fakhoury du pays.

Le soutien militaire des USA à l’armée est offert gratuitement, mais le prix à payer est beaucoup trop élevé. L’entraînement militaire offert par les USA aux officiers libanais est un cours prestigieux destiné à recruter des officiers et à leur offrir des avantages financiers. Il ne s’agit toutefois pas d’un entraînement qui leur servira à défendre leur pays. Le Liban n’est pas autorisé à se tenir debout face à Israël et ses officiers n’ont pas la capacité militaire requise pour s’opposer à l’armée israélienne. De toute façon, le Liban n’est pas autorisé à combattre Israël et son armée n’a pas le droit de recevoir des armes susceptibles de changer les règles du jeu et de représenter un danger pour les violations continuelles du territoire libanais que commet Israël par voie terrestre, aérienne et maritime.

Qu’ont fait les USA pour soutenir le Liban pour amener ses politiciens à se plier à leurs demandes? Les USA ont-ils offert de l’aide financière pendant la crise économique libanaise, ou encore de l’aide pour lutter contre le coronavirus? Tout ce que les USA font, c’est d’imposer encore plus de sanctions aux Libanais et de menacer d’ajouter plus de noms de Libanais à leur liste de terroristes. En ce qui concerne l’Axe de la Résistance, tous ses principaux dirigeants figurent dans cette liste et il est clair que l’administration américaine en place ne quittera pas le pouvoir sans en avoir ajouté d’autres, y compris bon nombre n’ayant aucun lien avec le Hezbollah. Dans ce contexte, pourquoi Joseph Aoun, le commandant des forces armées, satisfait-il aux fantaisies et aux caprices des USA?

Bien des Libanais ne sont pas loyaux envers le pays et nombreux sont les politiciens libanais contrôlés par des forces étrangères. Le Hezbollah pourrait avoir commis une grave erreur en ne capitalisant pas sur ses victoires contre Israël, Daech et al-Qaeda en Syrie et en Irak. Ces victoires auraient pu servir de catalyseur à un changement politique majeur qui aurait marginalisé bien des joueurs pro-USA au Liban.

L’Axe de la Résistance au Liban ne perçoit plus ses adversaires politiques comme des opposants, mais bien comme des ennemis. La constitution devrait être réécrite pour que chaque communauté soit représentée en fonction de son importance réelle. Sinon, il sera impossible de former une société de résistance et les USA continueront d’exercer leur domination sur de nombreux Libanais.

Elijah J. Magnier

Traduction de l’anglais par Daniel G.

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LES AVEUX D’UN REPENTI: KAMAL AL-LABWANI, L’HOMME QUI AVAIT SUPPLIÉ ISRAËL DE BOMBARDER DAMAS.

L’opposition pétro monarchique off-shore syrienne, un mercenariat de luxe, une opposition mercenaire, au service de la stratégie israélo-américaine. Telle est en substance la teneur de la confession d’un repenti de l’opposition pétro monarchique off-shore syrienne, Kamal Al Labwani, dans une vidéo dont le contenu a été diffusé par le site en ligne «Ar Rai Al Yom» de l’influent journaliste arabe Abdel Bari Atwane.

«Les Etats Unis ont cherché à mettre sur pied une opposition au régime syrien dès 2005, dans la foulée de l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, un milliardaire binational libano saoudien, allouant un budget à ses recrues en leur assignant la mission de prendre contact avec Israël», déclaré notamment Kamal Al Labwani, qui soutient sans ambages que «Les Etats Unis ont financé l’opposition off-shore syrienne depuis 2005».

«Je me suis rendu aux Etats Unis à leur demande, en 2005, dans la foulée de l’assassinat de Rafic Hariri et la première subvention du congrès américain s’est élevée à cinq millions de dollars, mais les bénéficiaires l’ont conservé par devers eux», a-t-il assuré dans une vidéo dont les extraits ont été publiés samedi 6 avril 2019 par le quotidien en ligne «Ar Rai Al Yom», dirigée par l’influent journaliste Abdel Bari Atwane.

  1. Labwani a été arrêté à son retour des Etats Unis, en 2005, et condamné pour «haute trahison». Il sera libéré en 2012 à la faveur de l’amnistie générale décrétée par les autorités syriennes au début de la guerre en vue de désamorcer la crise.

La visite de M. Labwani est intervenue en novembre 2005, une année marquée par la disparition de Rafic Hariri et de son mentor le Roi Fahd d’Arabie saoudite. «Les Etats unis ont alloué durant cette même période une subvention de 30 millions de dollars à l’opposition iranienne», dans ce qui devait préfigurer la stratégie de déstabilisation de la République Islamique d’Iran, dans la foulée de la disparition des deux alliés majeurs des Etats Unis dans la zone (Hariri et Fahd) a-t-il poursuivi.

Un cas rare de fêlure mentale, M. Labwani mettra sur la place publique une ahurissante proposition, inédite dans les annales du conflit syro-israélien: Proposer à Israël de bombarder Damas, en contrepartie d’une flexibilité de l’opposition syrienne sur le statut du Golan.

«Israël est la meilleure chance des Syriens Il a la capacité militaire d’aider l’opposition syrienne et l’intérêt stratégique pour le faire. Israël est capable de modifier l’opinion internationale. Si vous voulez vous lier d’amitié avec les Syriens, envoyez-leur un signe d’amitié. Je vous le dis, mon peuple est prêt», a-t-il déclaré à un journal israélien. Offre nullement désintéressée, faite sans mandat populaire.

Mais pour s’exonérer de ses turpitudes passées, Labwani s’emploiera à accabler ses rivaux, dans ce qui apparait comme un règlement de compte feutré. Il soutiendra ainsi que l’islamiste Anas Al Abda a été un précurseur dans les relations nouées par l’opposition off-shore syrienne avec Israël.

2- SAMIR KINTAR: UNE OPPOSITION FAISANT OFFICE D’«INDIC» DES ISRAÉLIENS

Autre fait d’armes glorieux de l’opposition mercenaire syrienne, la communication d’informations à Israël ayant permis la localisation de Samir Kintar, alors en mission de repérage sur le Golan et son assassinat ciblé.

Doyen des prisonniers politiques arabes en Israël, Samir Kintar a été libéré au terme de trente ans de détention lors d’une opération d’échange de prisonniers entre Israéliens et le Hezbollah libanais, en 2008. A son retour au Liban, il avait été chargé par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, d’envisager la possibilité d’ouvrir un nouveau front contre Israël dans l’hypothèse d’un nouveau conflit. Samir Kintar a été tué lors d’un raid israélien sur le Golan en compagnie de Jihad Moughnieh, le propre fils d’Imad Moughnieh, le fondateur de la branche militaire du Hezbollah.

Depuis lors le Golan a été annexé par Israël et les mercenaires syriens de l’opposition totalement déconsidérés par leur forfaiture et leur imposture.

3 – LE LEADERSHIP DE L’OPPOSITION SYRIENNE: DES VOLEURS.

La subvention américaine devait bénéficier à trois destinataires : «les familles des prisonniers politiques, la mise sur pied d’un média d’opposition, notamment le lancement d‘une chaîne de télévision, enfin l’activation d’une société civile».

«Les familles des prisonniers politiques devaient bénéficier d’une allocation mensuelle de 1.200 dollars. Le groupement de l’opposition -qu’il s’agisse des opposants de l’intérieur et ceux situés à l’extérieur du pays- ont jugé l’allocation exorbitante et l’ont considérablement minoré».…Au lieu de 1.200 dollars par mois, l’opposition a décidé, arbitrairement,  une réduction drastique de cette subvention, allouant aux familles syriennes la somme de 6.000 livres syriennes par mois, soit 100 dollars»…Les dirigeants de l’opposition dans ses deux composantes (interne et externe) ont conservé le reliquat de la somme», a ajouté M. Labwani. «A ma sortie de prison, j’ai demandé aux Américains de cesser leur aide, faisant valoir que les dirigeants de l’opposition étaient «des voleurs», a-t-il affirmé.

  1. Labwani précise qu’une féroce compétition a opposé les candidats à la direction de l’opposition off-shore syrienne, adressant de sévères critiques notamment à Anas Al Abda, Michel Kilo et Riad Turk.

Une cupidité confirmée par Brookings Doha Center dans son rapport annuel de 2014:

«La concurrence pour les subsides notamment auprès des associations caritatives pétro monarchiques a favorisé la division et la dispersion. Le style de vie des opposants en exil a suscité des moqueries en ce qu’il leur était reproché leur gout pour les hôtels cinq étoiles, occultant la dure réalité syrienne. Le chef de l’Armée Syrienne Libre, pendant cette période a assumé un rôle de «Public Relations» chargé de la répartition des armes et de l’assistance matérielle. L’échec de l’opposition pro occidentale a favorisé la montée en puissance de l’extrémisme, dont les Frères Musulmans, constituaient la force la plus modérée », relève notamment Brookings Doha Center, la section régionale de l’institution américaine.

4- ANAS AL ABDA, UN ISLAMISTE, PRÉCURSEUR DES RELATIONS AVEC ISRAËL.

Pour atténuer sa responsabilité, M. Labwani précise qu’ «Anas Al Abda, Président du Mouvement pour la Justice et le Développement en Syrie, chef de la coalition off-shore pétro monarchique (Mars 2016-Mai 2017), a été son «devancier dans l’établissement de relations avec Israël».

Pour mémoire, Anas Al Abda est le propre frère d’Ahmad Ibrahim Hilal, responsable de l’information sur la chaîne transfrontière qatariote. Dans la guerre de Syrie, ils ont réédité le syndrome Ahmad Chalabi de la guerre d’Irak. Les deux frères ont agi en couple et en boucle, au diapason du tandem parisien formé par Basma Kodmani, première porte-parole de l’Opposition off-shore pétro-monarchique, et sa sœur Hala, propulsée subitement à la rubrique Moyen Orient du journal Libération dès le déclenchement du conflit, dans une belle illustration de la théorie de Pierre Bourdieu sur la circulation circulaire de l’information

«J’ai effectivement visité Israël en 2014, mais Anas Al Abda y avait établi des contacts avec les Israéliens dès 2006 et les services de renseignements britanniques sont au courant de cet état de fait. D’autres dirigeants de l’opposition off-shore syrienne ont emprunté le chemin de Tel-Aviv», a-t-il ajouté.

Anas Al Abda fera par la suite alliance sera avec Souhair Al Atassi, avant que la propre fille de Jamal Al Atassi, le chef du mouvement nassérien syrien ne démissionne à son tour de la structure oppositionnelle syrienne.

Sur le dispositif médiatique français dans la guerre de Syrie et la circulation circulaire de l’information

5- RIAD TURK, 3ME CIBLE DE KAMAL AL LABWANI

La duplicité des deux Riad: Riad Seif, le libéral, et Riad Turk, le communiste. Riad Seif : un satisfecit à l‘occupation américaine de l’Irak

Réputé pour son libéralisme, Riad Seif a jugé depuis les barreaux de sa prison où il était incarcéré que l’occupation américaine de l’Irak a été «positive» et «utile au peuple irakien».

Le communiste Riad Turk (communiste) lui a fait écho en développant la théorie du «Zéro colonialiste», considérant que l’occupation d’un pays arabe par la puissance impériale contemporaine avait propulsé l’Irak d’un «PAYS EN DESSOUS DU ZERO, A UN PAYS AU NIVEAU ZERO»

(Cf. à ce propos son article paru dans le quotidien libanais An Nahar en date du 28 septembre 2008).

La position du dirigeant communiste syrien a ébranlé la confiance qui régnait entre les diverses composantes de l’opposition syrienne, semant la suspicion dans ses rangs. Toutefois, à sa décharge, ce dirigeant d‘une branche dissidente du Parti communiste syrien, ancien prisonnier politique en Syrie, sera l’une des rares personnalités politiques syriennes à se livrer à une auto critique.

«Les bases sur lesquelles ont été établies les alliances tant au sein du Conseil national, qu’au sein de la coalition des forces de l’opposition ont échoué à réaliser les objectifs de la révolution syrienne et de parvenir à un changement démocratique», admettra Riad Turk lors d’une interview accordée à Mohamad Ali Atassi, parue dans le quotidien «Al Qods Al Arabi», le 3 septembre 2018, après sa sortie de Syrie.

Celui qui était généralement présenté comme étant le «Mandela syrien» avait initialement soutenu, en 2011, l’alliance de tous les courants de l’opposition, y compris les islamistes, ce qu’il regrettera par la suite.

«Nous étions dans l’urgence, nous avons pensé que cela ne serait pas forcément un problème de faire appel aux islamistes. J’étais moi-même parmi les plus enthousiastes. Je me suis trompé. A nous maintenant de reconnaître notre faute, quand on a passé sous silence certaines violations commises par des groupes islamistes».

L’illusion de croire que nous allons bénéficier d’un soutien marqué occidental face au régime syrien s’est vite dissipé. Ce rêve-là ne n’est pas réalisé, produisant un effet inverse.

Il eut été plus judicieux si notre collègue était allé au bout de son auto critique en soulignant son rôle et celui de son parti dans la popularisation de l’idée de l’intervention étrangère.

6- LES RÉVÉLATIONS FRACASSANTES D’UN ANCIEN DIRIGEANT DE L’OPPOSITION: NAWAF AL BACHIR

L’opposition off-shore syrienne constitue un parfait contre-exemple de la Révolution en ce que ses dirigeants sont des êtres cupides mus par l’appât du magot des pétrodollars des monarchies du Golfe et leur quête d’un adoubement par Israël répondrait au souci de se blanchir de leur rapacité.

Cheikh Nawaf Al Bachir, chef de la confédération tribale syrienne «Al-Baqqar», qui compte un million de membres, assure qu’un dirigeant de l’opposition off-shore, ancien dirigeant éminent de l’opposition a décidé de retourner en Syrie, en janvier 2017, au terme d’un exil de six ans, en signe de protestation contre les turpitudes de ces anciens compagnons de route.

Les détournements de fonds : Un détournement de 116 millions dollars. 

Cheikh Nawaf Al Bachir assure qu’un dirigeant de l’opposition off-shore, dont il ne révèle pas l’identité, a détourné 116 millions de dollars des subventions à la guerre contre le régime et s’est réfugié dans un pays arabe où il a fondé un parti.

«Quand j’ai cherché à m’enquérir auprès des Saoudiens sur cette affaire de détournement, il me fut répondu “Cet argent est notre argent et cet homme est notre fils”, a déclaré Cheikh Nawaf lors de son interview par la chaîne libanaise «AL Mayadeen» mardi 17 janvier 2017 et reproduite par l’influent journal en ligne «AL Rai Al Yom» sur ce lien pour le locuteur arabophone: http://www.raialyoum.com/?p=605388

Selon lui, un autre dirigeant de l’opposition a détourné 18 millions de dollars. Son forfait accompli, il a obtenu la nationalité britannique et vit désormais à Londres, tandis que 51 millions de dollars se sont évaporés sans la moindre explication.

Un 3 ème a disposé d’une imprimerie pour éditer de faux passeports syriens: «Un dirigeant syrien a falsifié des passeports syriens avec l’aide des autorités d’un pays occidental, qui a mis à sa disposition une imprimerie pour éditer de faux passeports, en vue de faciliter le passage des «extrémistes» vers les pays européens», a-t-il soutenu.

Autres accusations: Des budgets ont été alloués par des états arabes à «des groupements figurant sur la liste des organisations terroristes»; Des armes fournis à l’opposition ont été revendus

Riyad Hijab, le chef des négociateurs de l’opposition pétro monarchique «n’est pas un islamiste mais s’est laissé débordé par les extrémistes».

Véritable bouffon du Roi, l’éphémère premier ministre baasiste passe pour avoir monnayé sa défection auprès du Qatar avant de rallier l’Arabie saoudite. Voir à ce propos Riyad Hijab, un bouffon du Roi https://www.madaniya.info/2016/04/01/syrie-riad-hijab-bouffon-roi

Sur le rôle du Qatar dans le financement du terrorisme islamique

https://www.madaniya.info/2017/11/15/qatar-le-livre-noir-3-4-la-cellule-de-doha-vecteur-dinfluence-du-qatar-au-sein-du-courant-salafiste/

7- LES LIEUTENANTS DE L’INDUSTRIE ANGLO-AMÉRICAINE DE LA PROMOTION DE LA DÉMOCRATIE: AHMAD RAMADAN ET RADWANE ZIADEH.

Le propos ne porte pas sur les cas de financements occultes des mercenaires de 3eme catégorie tels Anas Al Abdah précité, ou sur Farid Al Ghadry, Président du Parti de la Réforme en Syrie, exilé aux Etats Unis et animateur d’un blog au sein du journal israélien «Times of Israel».

Le lien du blog de Farid Al Ghadry sur le journal israélien «Times of Israel» https://blogs.timesofisrael.com/author/farid-ghadry/

Le propos vise des pivots de la stratégie d’influence américaine dans la guerre de Syrie

-Ahmad Ramadan, originaire d’Alep, opérant à Londres sous la couverture de chef de bureau d’Al Qods Press. Ancien assistant d’Ali Sadreddine Al Bayanouni, chef de la branche syrienne de la confrérie des Frères musulmans, et ancien agent de liaison auprès du mouvement palestinien Hamas jusqu’en 2011, Ahmad Ramadan était en fait chargé de la coordination avec les service secrets britanniques et porteur de valises pour le compte du Qatar et de la Turquie auprès de Jabhat An Nosra, filiale syrienne d’Al Qaida et du Front Islamique, vaste coalition comprenant 12 groupements islamistes en Syrie.

-Radwane Ziadeh, un des plus fidèles lieutenants de l’industrie anglo-américaine de promotion de la démocratie, il dipose d’un cv impressionnant.

Senior fellow d’un think tank de Washington financé par le gouvernement fédéral, l’«US Institute of Peace», présidé par Richard Solomon, ancien conseiller de Kissinger au National Security Council), Radwane Ziadeh s’est associé à un groupe de faucons de l’élite de Washington pour signer une lettre appelant Barack Obama à intervenir en Syrie.

Parmi ses cosignataires figurent James Woolsey (ancien chef de la CIA), Karl Rove (le mentor de Bush junior), Clifford May (Committee on the Present Danger) et Elisabeth Cheney, ancienne directrice de l’Iran-Syria Operations Group au Pentagone.

Organisateur infatigable, parfait initié de Washington en relation avec certains des plus puissants think tanks de l’establishment, ses connections s’étendent jusqu’à Londres où, en 2009, il est devenu chercheur invité à Chatham House. Radwane Ziadeh opérait en concert avec Oussama Monajed et Najib Ghadbian, politologue de l’Université de l’Arkansas, «un des premiers intermédiaires entre le gouvernement US et l’opposition syrienne en exil.

8 – BOURHANE GHALIOUNE, LE NEC PLUS ULTRA DU MERCENARIAT: UN BUDGET DE 108 MILLIONS DE DOLLARS EN 18 MOIS DE PRÉSIDENCE

Paré des vertus académiques et du qualificatif de «démocrate progressiste», Bourhane Ghalioune sera le premier à avoir fait acte d’allégeance à la doxa atlantiste.

Une recrue de choix de l’administration française, Bourhane Ghalioune, a été propulsé à la tête de l’opposition off-shore syrienne par Alain Juppé, sur recommandation de Bruno Levallois, agrégé d’arabe, ancien directeur de l’Institut du Monde Arabe et oncle de la commentatrice multimédia Agnès Levallois, ancienne officiante à la Direction du renseignement Militaire (DRM) et chantre de l’état kurde de RRRAQQQA sous encadrement français.

Signe de ses profondes convictions démocratiques, la première proclamation de l’universitaire franco syrienne a porté sur la première mesure symbolique qu’il prendrait au début de son mandat présidentiel, à savoir la rupture des relations stratégiques avec le Hezbollah et de la relation spéciale de la Syrie avec l’Iran.

Imprudent, l’homme tout heureux de sa célébrité médiatique nouvelle, a pris cet engagement, en l’absence de toute certitude sur l’issue de la guerre, sans la moindre garantie de son accession au pouvoir, sans la moindre consultation populaire.

Sa déclaration au Wall Street Journal a plongé dans une profonde consternation ses parrains français en ce qu’elle a révélé prématurément les objectifs sous-jacents de la campagne de Syrie. Ci Joint la déclaration de Bourhane Ghalioune au Wall Street Journal: «Au pouvoir, je romprai les relations de la Syrie avec l’Iran le Hezbollah et le Hamas».

Cet engagement, sans mandat du peuple syrien, a néanmoins été consigné dans le protocole de Doha, la plate-forme politique de l’opposition, signée en Novembre 2012, sous la pression du Qatar, prévoyant en outre de recourir à la négociation politique pour récupérer le plateau du Golan occupé par Israël depuis 1967.

En sa qualité de Président de l’opposition off-shore, -dans l’euphorie de la chute imminente de Bachar Al Assad, «tous les quinze jours» assuraient les oracles-, Bourhane Ghalioune a eu droit à un traitement royal, un virement d’un million de dollars chaque cinq jours pour assurer son train de vie. En sus de son traitement de la fonction publique française. Soit en 18 mois de présidence, 108 millions de dollars, un traitement de PDG d’une multinationale. Un jackpot. Un mercenariat doré pour servir de caution à la destruction de sa patrie d’origine.

Pour le locuteur arabophone, Cf. à ce propos les jongleries politiciennes de Bourhane Ghalioune dont le compte mel avait été piraté par des hackers, notamment sa requête au Qatar réclamant 1 million de dollars tous les cinq jours et autant à l’Armée Syrienne Libre (ASL).

Ghalioune Leaks sur ces liens:

9– AUTRE SURPRISE DE TAILLE DE L‘OPPOSITION OFF-SHORE SYRIENNE: LA PRÉSENCE D’UN SOUS-MARIN TURC À SA TÊTE.

Khaled Khojja, alias Al Bitkine Khoja Oglo: un sous-marin de la Turquie au sein de l’opposition off-shore syrienne.

La grosse surprise est venue de la propulsion d’un syrien, Khaled Khojja, ancien dirigeant de la coalition de l’opposition off-shore syrienne comme membre fondateur du nouveau parti fondé par Ahmad Daoud Oglo, l’ancien lieutenant du président Erdogan et désormais son pricnipal opposant

Naturalisé turc bien avant le soulèvement populaire de Syrie, le syrien s’était bien gardé de révéler sa double nationalité afin de ne pas compromettre son ambition de présider l’opposition soutenue par une coalition islamo-atlantiste et de dénoncer par voie de conséquence la duplicité de la Turquie.

Khaled Khojja, qui a dirigé la coalition de l’opposition en 2015, a été présenté au public, le 14 décembre 2019, lors du meeting de lancement du nouveau parti d’Ahmad Daoud Oglo, le parti «Gelecek Partisi» sous le nom d‘Al Bitkine Khoja Oglo. Il figurait au 17eme rang des 154 des membres fondateurs sur de la direction du nouveau parti. Ce qui en fait un membre de la garde rapprochée d’Ahmed Daoud Oglo.

Sa double casquette lui a permis en tout cas d’opérer un hold-up sur l’opposition off-shore syrienne pour le compte de la Turquie dans une apparente parfaite légalité. A «l’insu du plein gré» des services occidentaux?

Une telle révélation a plongé dans un profond embarras les parrains de l’opposition off-shore syrienne, dupés par la duplicité turque en ce qu’elle pose la question de savoir si l’opposition anti-Assad était présidée par un turc, par abus de confiance d’Ankara vis à vis de ses autres partenaires, ou si Khaled Khojja a fait valoir a posteriori sa nationalité turque après la déconfiture de l’opposition off-shore syrienne et ses parrains occidentaux en Syrie. En tout état de cause, l’épisode Khaled Khojja, sous-marin de la Turquie dans la guerre de Syrie, contribue à accréditer l’idée d’un complot international contre le pouvoir baasiste et discrédite d’autant les islamophilistes français dont le chef de file le plus en vue n’est autre que François Burgat. Gageons que l’ancien résidant français à Damas saura théoriser une nouvelle tortuosité intellectuelle pour justifier cette double imposture, celle de Khaled Khojja et la sienne propre.

Pour le locuteur arabophone, pour aller plus loin sur cette affaire cf. ce lien.

10 – LE RECYCLAGE DE MOHAMAD ALLOUCHE DANS LA RESTAURATION HAUT DE GAMME

Un autre chef de l’opposition pétro monarchique, Mohamd Allouche, qui présida un temps l’opposition pro-saoudienne aux négociations internationales de Genève sur la Syrie, sest reculé dans la resuatration haut de gamme en Turquie.

Ancien chef de Jaych Al Islam, (Armée de l’Islam) (2012-2015), et, qui, à ce titre, contrôlait le secteur d’Al Ghoutta, dans la banlieue de Damas, avait exhorté ses troupes à se battre jusqu’à la mort pour ne pas céder du terrain, Mohamad Allouche s’est métamorphosé à la veille du nouvel an 2020, en prospère restaurateur à Istanbul, inaugurant en grande pompe son luxueux restaurant de plusieurs étages d’une valeur de vingt millions de dollars pour une clientèle haut de gamme.

Des activistes des réseaux sociaux ont lancé un appel au boycott de ce restaurant, édifiés grâce au «prix du sang versé par les martyrs syriens». Un Autre de ses collègues de Jaych Al Islam, Abou Hammam Al Bouidani, s’est lui aussi recyclé en Turquie, devenant un entrepreneur dans le BTP.

Pour le locuteur arabophone, pour aller plus loin sur cette affaire cf. ce lien.

11 – LE RAPPORT SUR LE PAUVRETÉ EN SYRIE

L’opulence des dirigeants de l’opposition off-shore tranche avec la précarité de la population syrienne dont 63 pour cent se trouve en état de pauvreté; 7 pour cent en état de grande précarité vivant avec 1,25 dollars par jour; 13, 2 pour cent des enfants atteints de rachitisme; 67 pour cent des femmes meurent lors de leur accouchement, selon un rapport sur la pauvreté en Syrie publié le 10 avril 20129 par le journal libanais «Al Akhbar». Ci-joint le lien du rapport

Le bilan des pertes de l’économie syrienne

12- LA PAUPÉRISATION DE LA SYRIE : LE PARI DES PAYS OCCIDENTAUX POUR RENVERSER LE PRÉSIDENT BACHAR AL ASSAD.

La paupérisation croissante de la population syrienne est le pari fait par les pays occidentaux en vue d’évincer le président syrien Bachar Al Assad à l’occasion des prochaines élections présidentielles syriennes, en 2021.

Un blocus de fait est imposé par les Occidentaux à la Syrie. Au Liban, Américains et Anglais ont édifié une série de poste d’observation le long de la frontière syro-libanaise et mis sur pied une brigade d’intervention frontalière dans le secteur préludant à un assèchement du transit entre la Syrie et le Hezbollah libanais. En Jordanie, deux bases américaines ont été aménagés dans la région d’Irbid, dans le secteur jordanien de la frontière avec la Syrie, et Mafrak, qui contrôle l’accès à la frontière irakienne, parallèlement à la ratification par les Etats Unis de l’annexion du plateau du Golan syrien par Israël et l’occupation par la Turquie d’une portion du territoire syrien « A l’EST de l’Euphrate», pour servir de zone tampon face à l’irrédentisme kurde dans le Nord de la Syrie frontalier de la Turquie.

En application de la «Anti Assad Assistance», les pays occidentaux à l’instigation des Etats Unis, ont accentué leur blocus de l’Iran principal soutien régional de la Syrie, et freiné le processus de normalisation des relations entre le Syrie et les pétromonarchies du Golfe, faisant pression sur la Jordanie et le Liban en vue de bloquer le retour de réfugiés syriens qu’ils abritent sur leur territoire, dans le but de s’en servir comme levier électoral anti Assad.

Les Occidentaux et les monarchies du Golfe conditionneraient leurs subventions aux réfugiés syriens de Jordanie et du Liban, –au nombre de près de 4 millions d‘habitants et situés hors du contrôle gouvernemental syrien–, à un vote anti Assad. De la corruption électorale en somme. Au mieux du chantage à la misère au pire.

A l’abri des millions de dollars accumulés par leur forfaiture, que pensent de l‘annexion du plateau du Golan syrien par Israël, ces grands démocrates humanistes qui ont nom Kamal Al Labwani, Bourhane Ghalioune voire même Youssef al Qaradawi, le Mufti de l’OTAN. Un trio fort de la force d’un domestique. Pitoyable et méprisable.

Enfin, cerise sur le gâteau, les États-Unis, se fondant sur un audit public en date de Février 2020, font état de la perte de la trace de 710millions de dollars en Syrie, perdus ou volés.

René Naba

POUR ALLER PLUS LOIN SUR LES TURPITUDES DE L’OPPOSITION PÉTRO-MONARCHIQUE OFF-SHORE SYRIENNE

Tel-Aviv, lieu de pèlerinage de l’opposition off-shore syrienne ½

Tel-Aviv, lieu de pèlerinage 2/2

De la régression de l’idée de la démocratie dans le monde arabe

L’intrigant et sulfureux Mohamad Ezzat Khattab

ILLUSTRATION

Amnesty International

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Le gouvernement Johnson précipitera le passage en force du projet de loi d’urgence du coronavirus au Parlement lundi prochain. Il prévoit des mesures d’État policier qui menacent gravement les droits démocratiques de la classe ouvrière.

L’élite dirigeante en Grande-Bretagne a utilisé l’énorme danger pour la santé publique posé par la pandémie de COVID-19, devant laquelle elle est restée l’arme au pied pendant des semaines, pour mettre en œuvre une série de mesures qu’elle avait depuis longtemps prévu d’imposer.

Le projet de loi de 321 pages n’a été rendu public qu’hier. Mais en quelques jours, sans débat public, il accordera aux ministres des pouvoirs pratiquement illimités pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans, sous prétexte de lutter contre le coronavirus. Certaines clauses donnent également aux ministres le pouvoir de repousser à plusieurs reprises la date d’expiration de toute mesure promulguée en vertu du projet de loi, pour une durée de six mois renouvelable, «s’il est prudent de le faire».

Il n’y aura pas d’examen parlementaire du projet de loi, car les partis d’opposition ont convenu qu’il pouvait être adopté sans vote, étant donné que la présence de centaines de députés à la Chambre des communes serait trop dangereuse en ce qui concerne la propagation du coronavirus!

Plus tôt cette semaine, le leader travailliste Jeremy Corbyn a rencontré Johnson pour des discussions à huis clos. Pendant quatre ans et demi, Corbyn a soutenu un gouvernement conservateur tellement en crise que deux Premiers ministres, David Cameron et Theresa May, ont été contraints de démissionner. Il est responsable de l’arrivée au pouvoir de Johnson à la tête du gouvernement le plus à droite depuis la Deuxième guerre mondiale. Alors qu’il sera bientôt remplacé cà la tête du Parti travailliste, Corbyn a commis son dernier acte de trahison en permettant à Johnson de s’arroger des pouvoirs autoritaires.

Le projet de loi a été longtemps en préparation. Certaines de ses principales dispositions étaient contenues dans le projet de loi de 2020 sur la réglementation de la protection de la santé (coronavirus) adopté le 10 février. Cela a permis «d’imposer de nouvelles restrictions et exigences à certaines personnes afin de réduire ou d’éliminer le risque de contamination ou de contamination d’autres personnes», et qui «permet d’imposer des restrictions et des exigences concernant des groupes de personnes» et «des pouvoirs policiers d’arrestation» des personnes soupçonnées d’être atteintes par le coronavirus.

Tout cela est contenu dans le projet de loi Emergency Coronavirus Bill.

  • Le projet de loi permet au gouvernement de restreindre ou d’interdire les événements et les rassemblements en Angleterre et au Pays de Galles pendant la pandémie en tout lieu, véhicule, train, navire ou avion, toute structure mobile et toute installation en mer et, si nécessaire, de fermer des locaux. Il confère un pouvoir temporaire de fermer des établissements d’enseignement ou des garderies, il étendu à l’Écosse et à l’Irlande du Nord, où il n’existe pas de législation équivalente.
  • Le secrétaire d’État est autorisé «à donner des instructions à une personne responsable de la gestion d’un aéroport, d’un port maritime ou d’un terminal ferroviaire international au Royaume-Uni, lui demandant de suspendre ces opérations» si le manque de personnel de la police frontalière entraîne une menace réelle et importante à la sécurité des frontières du Royaume-Uni.»
  • Le respect des procédures judiciaires est effectivement éliminé par le projet de loi indiquant: «L’efficacité et la rapidité des audiences des cours et tribunaux souffriront lors d’une épidémie de COVID-19. Les restrictions de déplacements rendront difficile la comparution des parties au tribunal et, sans réagir, un nombre important d’audiences et de procès seront probablement ajournés.» Il permet aux tribunaux et à autres autorités de détenir pendant une période plus longue des personnes considérées comme une menace pour la sécurité nationale.
  • La police nationale a le pouvoir d’arrêter et d’isoler toute personne soupçonnée d’être en mesure de propager le COVID-19.
  • Des décès à grande échelle sont envisagés, avec une section du projet de loi intitulée «Pouvoirs par rapport aux corps» donnant aux «autorités locales les pouvoirs nécessaires pour diriger ceux dans le secteur funéraire afin de s’assurer que le nombre de morts excessif causé par COVID-19 ne le submergent pas.» Cette semaine, une immense morgue temporaire a été érigée à côté de la morgue de Westminster, dans le centre de Londres, à seulement quelques encablures du Parlement.
  • Dans des conditions où environ un tiers des personnes hospitalisées vont être privées de leurs lits lit afin de les consacrer aux victimes de coronavirus, le projet de loi libère le Service national de santé de l’obligation de fournir des programmes de soins ou des rendez-vous de traitement aux patients que l’on oblige à quitter l’hôpital. Le projet de loi permet de réduire le remplissage de formulaires et les formalités administratives afin que les médecins puissent libérer les patients plus rapidement.
  • L’attaque contre les normes démocratiques fondamentales a été préfigurée le 13 mars lorsque Johnson – avec le soutien du Parti travailliste – a reporté les élections locales prévues en mai pour 118 municipalités anglais, l’Assemblée de Londres et l’élection de sept maires de la région, jusqu’en mai 2021. Il ne fait aucun doute que cette mesure a été décidée bien en amont et crée un précédent. L’article 58 «confère au secrétaire d’État ou au ministre du Cabinet le pouvoir de reporter, par voie réglementaire, d’autres élections et référendums pertinents (non couverts par l’article 57) qui ne peuvent actuellement être anticipés.»

L’interdiction d’événements et de rassemblements couvrira toutes les formes de protestations politiques publiques. Alors que des centaines de milliers de personnes sont déjà licenciées et que des pronostics de 5 millions de chômeurs, de pénuries alimentaires et d’un effondrement des soins de santé et des services sociaux circulent, les troubles sociaux et politiques vont être contrôlés par des soldats dans les rues.

La nouvelle morgue en chantier à côté de celle existante de Westminster

Cette semaine, il a été annoncé que 20.000 militaires avaient été mis en disponibilité – 10.000 militaires régulièrement affectés à des opérations civiles, par exemple lors d’inondations, et 10.000 autres soldats. La mobilisation des forces armées est également en cours de préparation depuis un certain temps et constituait déjà un élément central de la stratégie post-Brexit des conservateurs connue sous le code d ‘«Opération Yellowhammer». Yellowhammer prévoyait une «augmentation des troubles publics et des tensions communautaires.»

Des mesures extraordinaires ont été adoptées pour que des milliers de soldats se tiennent prêts. Le ministre de la défense, Ben Wallace, a déclaré mercredi: «le ministère de la défense et les forces armées se consacrent à faire en sorte que la nation s’en sorte de cette pandémie mondiale.»

L’annulation des exercices d’entraînement à l’étranger, notamment au Kenya et au Canada a permis la mise à disposition des soldats. D’autres soldats britanniques en mission à l’étranger ont vu leur permission annulée. Environ 200 soldats britanniques impliqués dans la formation de l’armée irakienne ont été rappelés.

Ce qui a été surnommé «Force de soutien COVID» sera sous le contrôle du QG du commandement conjoint permanent de l’armée britannique à Aldershot, dans le Hampshire. Aldershot est une «ville militaire» connue comme la «maison de l’armée britannique», avec au moins 11 régiments basés dans la région.

Malgré les tentatives de Wallace de dissimuler la mission des soldats, ils devraient «jouer un rôle en permettant à la police de sécuriser les rues en cas d’une mise sous cloche, qui pourrait être déclenchée à Londres», a déclaré George Parker du Financial Times. Il a écrit: «Les supermarchés seraient gardés par la police, tandis que les pharmacies seraient parmi les quelques autres magasins à rester ouverts.»

Le Guardian adéclaré avec enthousiasme: «Bien que le gouvernement hésite à mettre en évidence une perspective aussi sombre, les forces armées doivent être préparées à la menace d’un effondrement de l’ordre public, étant donné que des troupes ont été déployées dans d’autres pays pour imposer des verrouillages et empêcher le pillage de magasins.»

Le même jour que le projet de loi a été publié, l’éditorial du Daily Telegraph pro-conservateurs aécrit: «En cette période de crise, la critique constante à l’égard de la politique officielle n’aide pas. […] Nous désirons ardemment une direction forte et implacable.»

Un tel langage évoque une crise politique aiguë dans laquelle la bourgeoisie s’oriente pour défendre ses intérêts par des moyens dictatoriaux. Ce danger politique imminent ne peut être combattu que par la mobilisation politique de la classe ouvrière d’appuyant sur la lutte pour un programme socialiste et un gouvernement ouvrier, en lien avec les travailleurs qui se trouvent face aux mêmes attaques dans le monde entier.

Les travailleurs en Grande-Bretagne n’ont qu’à regarder de l’autre côté de la Manche vers la France où la police anti-émeutes et les soldats, qui ont passé l’année dernière à sévir brutalement contre les manifestants Gilets jaunes, mènent maintenant – en utilisant la pandémie de coronavirus – des agressions brutales contre les travailleurs et les jeunes quotidiennement.

Robert Stevens

 

Article paru en anglais, WSWS, le 20 mars 2020

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Nous voyons beaucoup le mot virus ces jours-ci, ainsi que divers adjectifs en référence aux causes et à la nature du Covid-19, le nom donné à la nouvelle maladie à coronavirus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et désormais utilisé dans le monde entier pour désigner la crise sanitaire qui s’est abattue sur notre planète. Ce nom est utilisé par presque tout le monde, à quelques exceptions près, notamment le Secrétaire d’État américain, l’apparemment jovial mais en réalité profondément toxique Mike Pompeo, et par divers politiciens républicainsdéterminés à détourner l’attention des efforts massifs déployés par la Chine pour contenir, contrôler et au bout du compte, éradiquer la maladie.

Dans l’esprit des obsédés de « La Grandeur de l’Amérique » emmenés par le président Trump, qui portait une absurde casquette avec l’inscription « Keep America Great » lors de sa visite au Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de Floride le 8 mars, il n’y a pas de plus haute priorité que de maintenir l’ascendant militaire et économique des États-Unis dans le monde, et l’une des façons de le faire est de dénigrer, de harceler et d’insulter ceux qui ne suivent pas la ligne de Washington. Pompeo est un champion dans ce domaine, et il perd rarement une occasion de renforcer ce qu’il imagine être l’ascendant des États-Unis.

L’Organisation mondiale de la santé a été très prudente dans le choix du nom de Covid-19 en déclarant que le nom de la maladie ne pouvait pas « faire référence à un lieu géographique, un animal, un individu ou un groupe de personnes… Ce choix permettra de se prémunir contre l’utilisation d’autres noms qui pourraient être inexacts ou stigmatisants ». Mais pour Pompeo et ses semblables, « stigmatiser » est exactement le but du jeu. Le 7 mars, il a publiquement qualifié la maladie de « virus de Wuhan ». L’animateur de l’émission « Fox and Friends » lui a demandé pourquoi il l’appelait ainsi, à quoi il a répondu que « le Parti communiste chinois a dit que c’est là que le virus a commencé ».

Le monde appréhende la pandémie de Covid-19 (car c’est ainsi qu’elle est maintenant décrite, à juste titre) et on pourrait penser que ce serait le moment, pour tous les pays, de s’unir pour chercher une solution à ce fléau potentiellement désastreux. Mais non : si la plupart des pays du monde semblent certainement coopérer pour surveiller, traiter et soigner cette horrible maladie, il est évident que le Secrétaire d’État américain a de toutes autres priorités. Il est déterminé à concentrer les regards sur la Chine et à la rendre responsable de la crise.

Dans une interview accordée au programme « Squawk Box » de CNBC, Pompeo a déclaré qu’il avait été « incroyablement frustrant » de travailler avec le gouvernement chinois pour obtenir des données sur le virus, « qui seraient in fine la solution pour obtenir un vaccin et combattre ce risque. N’oubliez pas que c’est le coronavirus de Wuhan qui est à l’origine de cette situation, et que les informations que nous avons obtenues au début de cette affaire n’étaient pas parfaites et nous ont amenés à un point où une grande partie du défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui nous a mis en retard. [Sic. Les propos de Pompeo ne sont pas plus cohérents en anglais que dans leur traduction, NdT] Ce n’est pas ainsi que les médecins spécialisés dans les maladies infectieuses me disent que les choses doivent marcher. Ce n’est pas la façon dont l’Amérique travaille, avec la transparence et l’ouverture et le partage de l’information qui doivent être présents ».

Il mentait car, comme annoncé publiquement le 24 février lors d’une conférence de presse de la mission conjointe OMS-Chine sur le Covid-19, « Comme convenu entre les deux parties, la Chine et l’OMS ont invité des experts chinois et étrangers à former une mission conjointe pour enquêter sur la prévention et le contrôle de l’épidémie en Chine. À partir du 16 février, la mission conjointe s’est rendue successivement à Pékin, dans le Guangdong, le Sichuan et à Wuhan, dans la province de Hubei… »

L’allégation de Pompeo selon laquelle il n’y a pas eu de « partage des informations nécessaires » par la Chine était un pur mensonge.

La mission internationale était dirigée par le Dr Bruce Aylward, récemment directeur général adjoint de l’Organisation mondiale de la santé et actuellement conseiller principal du directeur général, qui, avec le Dr Liang Wanniang de Chine, a chapeauté l’équipe d’experts qui a examiné les vastes problèmes auxquels le pays était confronté. Comme le Dr Aylward l’a expliqué, « Face à une maladie jusqu’alors inconnue, la Chine a adopté l’une des approches les plus anciennes pour le contrôle des maladies infectieuses et a déployé probablement l’effort de contrôle de maladie le plus ambitieux, et je dirais même le plus agile et le plus agressif de toute l’histoire. La Chine a pris des mesures à l’ancienne, comme la directive nationale de lavage des mains, le port de masques, la distanciation sociale, la surveillance universelle des températures. Mais très rapidement, à mesure de l’évolution de l’épidémie, la réponse a commencé à changer…  Ils ont donc affiné la stratégie à mesure qu’ils avançaient, et c’est un aspect important dans notre examen de l’utilisation de cette stratégie à l’avenir ».

Contrairement à ce que Pompeo a affirmé sur Fox News – qui, malheureusement, est considéré comme une source crédible par des millions d’Américains, dont le président Trump – les Chinois sont totalement coopératifs au niveau international. Par exemple, le 14 mars, le président Xi a envoyé un message au président du Conseil européen, Charles Michel, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, leur offrant un soutien total.

Le Dr Aylward n’a pas été interviewé par la Fox, car il aurait été gênant de l’entendre déclarer que « l’OMS est là depuis le début de cette crise, une épidémie, travaillant chaque jour avec le gouvernement chinois… L’OMS était là depuis le début et n’est jamais partie. Ce qui est différent dans cette mission, c’est qu’elle coopère avec beaucoup d’autres experts externes ».

Le thème du « virus de Wuhan » a été adopté par plusieurs législateurs républicains, dont, comme l’a rapporté le New York Times, le sénateur Cotton de l’Arkansas et le membre du Congrès McCarthy de Californie qui, pour ce dernier, a fait plaisir à ses partisans en twittant que la maladie est « le coronavirus chinois ».

Qu’est-ce que ces gens tentent de prouver ? Imaginent-ils que le fait de blâmer le « Parti communiste chinois » va faire quelque chose pour atténuer les effets du Covid-19 ? Pensent-ils que leur attitude stupide a aidé un seul membre de l’espèce humaine à éviter la maladie ou à s’en remettre ? Avec une telle mentalité, ils ne sont pas en mesure d’occuper un quelconque poste à responsabilité législative ou administrative.

Ce qui nous amène au président Trump, qui a pris le train en marche contre la Chine et qui, selon Time magazine, « a retweeté un de ses électeurs, Charlie Kirk, qui l’appelait le ‘virus de la Chine’, le président ayant convenu que ‘nous avons plus que jamais besoin du Mur !’ ». Puis il a utilisé son Discours à la nation pour faire référence à l’épidémie de Covid-19 « qui a commencé en Chine » et a affirmé que les États-Unis faisaient « l’effort le plus agressif et le plus complet de l’histoire moderne pour lutter contre un virus étranger ». Notez qu’il a bien dit, bien sûr, un virus étranger, comme l’a souligné le Guardian.

Trump est allé plus loin dans ses tentatives maladroites de prétendre que les États-Unis avaient pris des mesures rapides et énergiques contre le virus, alors qu’en fait, il a été le leader le plus attentiste du monde. Il a déclaré que l’Union européenne « n’avait pas pris les mêmes précautions et n’avait pas limité les voyages en provenance de Chine et d’autres points chauds. En conséquence, un grand nombre de nouveaux foyers d’infection aux États-Unis ont été déclenchés par des voyageurs venus d’Europe ». Il a ensuite annoncé qu’il y aurait des restrictions sur les voyages en provenance des pays européens, sans avoir le bon sens ou la courtoisie de consulter l’UE, ni même de la notifier de cette décision radicale.

Les dirigeants du Conseil européen et de la Commission européenne ont publié une déclaration commune selon laquelle la décision avait été prise « unilatéralement et sans consultation ». Elle a déclenché un chaos dans les aéroports de tout le continent européen.

Trump et ses troupes ont fait tout leur possible pour gêner, dénigrer et insulter l’Union européenne et la Chine et s’ils pensent que lorsque les affaires internationales reviendront à un état pré-épidémique, il y aura un pardon de la part de l’UE et de la RPC, ils se trompent lourdement. Le ressentiment créé par l’arrogance et les déclarations à l’emporte-pièce de Washington ne va pas disparaître de lui-même. Il y aura un retour de bâton, les États-Unis en souffriront, et la responsabilité en incombera directement à la Maison Blanche, à ses laquais du Congrès et à l’odieux Pompeo.

Brian Cloughley

Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre Arrogance and Condescension Cause Resentment and Blowback

Traduction Entelekheia
Photo Thiemen/Pixabay

Note d’Entelekheia :

Tweet de Richard Horton, rédacteur en chef de la première publication médicale au monde, The Lancet :

 

(Les cliniciens et scientifiques chinois – Chen Wang, George Gao, Chen Zhu, Bin Cao – ont rendu un grand service au monde en partageant immédiatement leurs données, avertissant le monde que le SARS-CoV-2 était un nouveau virus dangereux. Je suis consterné de constater que les « experts » occidentaux n’ont pas tenu compte de leurs avertissements.)

Tout est dit.

 

Brian Cloughley est un vétéran des armées britannique et australienne, ancien chef adjoint de la mission militaire de l’ONU au Cachemire et attaché de la défense australienne au Pakistan.

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Plus le temps passe, et plus on voit l’onde de choc induite par le séisme de la crise sanitaire du COVID-19 et ses multiples répercussions, révéler aux yeux du Monde entier le degré de putréfaction extrême du « modèle de société » Occidental, que ce soit sur le plan économique, social, culturel, politique ou même moral.

C’est cette décomposition multiforme, à l’œuvre depuis plus de quatre décennies, qui a conduit à la situation actuelle : c’est-à dire la poursuite sous des formes à peines voilées  ̶  sous le fumeux prétexte d’exporter notre « démocratie », puis celui de la lutte contre un terrorisme que le Capital atlantiste avait lui-même forgé  ̶ , de la politique coloniale brutale conjuguée à l’occupation militaire américaine permanente des pays placés dans sa sphère d’influence depuis 1945. 

Le schéma général de cette domination est le suivant : des métropoles impérialistes pillant les richesses naturelles du continent africain et sud-américain pour une bouchée de pain, matières premières destinées à la fabrication de biens de consommation bon marché dans des pays ateliers à bas coût de main d’œuvre (Sud-est asiatique, Mexique, ex-pays d’Europe de l’est et centrale, etc.)  ̶  des pays la plupart du temps semi-coloniaux (Chine exclue)  ̶ , pour au final voir ces marchandises être exportées dans la métropole impérialiste dominante et les pays impérialistes vassaux de deuxième rang, centre impérialiste longtemps resté le « temple mondial de la consommation », et ce alors même que de nombreux peuples de par le Monde mourraient de faim  ̶ , et tout cela afin d’embourgeoiser massivement le prolétariat des métropoles dominantes totalisant moins d’un milliard d’habitants pour y acheter la paix sociale, sans oublier la complicité des pétro-monarchies réactionnaires du Golfe et de l’Etat colonial sioniste édifié sur l’expropriation et la répression féroce du peuple palestinien, sept décennies durant, Etats-chiens de garde locaux de la sphère d’influence US moyen-orientale leur achetant quantités d’armes et de dette souveraine afin d’assurer la pérennité de ce système de domination néocolonial belliqueux… 

Oui, tout cela a « admirablement » fonctionné, … du moins jusqu’à ce que la Chine ne parvienne à émerger en tant que challenger incontesté, et surtout en tant que porte-parole des puissances émergentes de second rang (telles la Russie et l’Iran), avec derrière elles la cohorte des élites bourgeoises-compradore des quatre coins du Monde et de leurs peuples mutilés et exploités, des décennies durant. 

C’est cette marée humaine forte de plus de 6 milliards d’êtres humains  ̶  une population si longtemps dénigrée, méprisée et considérée par les pays dominants presque comme des « sous-hommes »  ̶ , qui aspire et rêve depuis deux décennies à l’avènement d’un Nouvel ordre mondial un peu moins injuste et brutal, sous la houlette de l’habile « soft power » à la chinoise… 

La vision stratégique de ce Nouvel ordre Mondial, qui n’était encore il y a deux décennies qu’un « rêve » lointain, quand il fût proclamé publiquement en juin 2001 par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), est aujourd’hui sur le point de devenir une réalité ! 

Il est bel et bien fini « le temps béni des colonies » de l’Empire atlantiste, dont le très réactionnaire Michel Sardou faisait l’apologie en chanson, et qui permettait à l’alliance Atlantique de s’accaparer la majeure partie de la plus-value mondiale grâce au chantage et à l’occupation militaire !

Quant aux lanceurs d’alerte petit-bourgeois de l’altermondialisme qui réclamèrent, quelques années durant,  de menues concessions à leur caste dominante  ̶  ces petit-bourgeois se croyant de taille face au lobbying des plus puissantes multinationales atlantistes  ̶ , ils partirent vainement « en guerre » contre des moulins à vent et ne furent évidemment pas écoutés pas le Capital financier Atlantiste, persuadé que la politique de prise d’otage permanente permise par son hégémonie militaire lui garantirait pour toujours l’extorsion du profit maximum…

C’est ainsi que la cigale occidentale ayant chanté sans discontinuer au cours d’un été long de 75 ans, été durant lequel elle venait régulièrement exiger son tribut auprès de la fourmi, se trouve aujourd’hui fort dépourvue, maintenant que la bise de la crise sanitaire, économique, sociale et politique est venue… 

A l’inverse, la fourmi chinoise travailleuse, que la cigale n’avait cessé de railler et d’humilier à la belle saison  ̶  une saison longue de plus de quatre décennies au cours de laquelle la fourmi avait aussi intelligemment que patiemment accumulé des forces et des réserves  ̶ , est désormais en mesure d’affronter avec sérénité le temporaire refroidissement économique mondial que va accompagner l’effondrement final  imminent des ex-pays impérialistes dominants… Dans un ultime geste de désespoir, la cigale Atlantiste blessée a donc aujourd’hui essayé d’utiliser l’expansion  ̶  peut-être accidentelle  ̶ , mais quoiqu’il en soit née sur son propre sol, du COVID-19, pour tenter d’affaiblir la fourmi et ainsi tenter de reprendre un peu le dessus sur elle. En vain, comme on le voit aujourd’hui. En moins de trois mois, la fourmi chinoise victorieuse est même sortie renforcée de cette attaque, et la retourne même aujourd’hui contre son auteur, afin de précipiter sa chute…

Indéniablement, les peuples du Monde vont demander des comptes aux porte-paroles et autres marionnettes politiques d’un Capital financier Atlantiste aujourd’hui au bord du gouffre, car c’est la vie de millions d’êtres humains qui a, aussi délibérément que criminellement, été mise en jeu… Plus de 13 000 personnes sont déjà décédées de cette pandémie, mais l’ONU estime que le bilan à venir pourrait être beaucoup plus lourd encore :

« Des « millions » de vies sont en jeu si la solidarité ne s’exerce pas dans le monde, notamment avec les pays les plus pauvres, face à la pandémie de coronavirus, a averti jeudi [19/03/2020] le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres ».

Où cette élite aussi criminelle que corrompue va-t-elle donc bien pouvoir aujourd’hui se réfugier pour tenter d’échapper à l’inévitable vindicte populaire qui grondera quand le Monde tout entier aura eu connaissance de l’étendue réelle de ce crime contre l’Humanité, et quand la faillite des ex-pays impérialistes dominants sera devenue une réalité ? Difficile à dire… 

Le challenger chinois et ses alliés lui laissera sans aucun doute une petite porte de sortie dérobée, dans la coulisse, afin d’éviter une apocalypse nucléaire dont certains psychopathes atlantistes pourraient être capables, mais cela ne pourra pas se faire sans faire tomber quelques têtes que le Capital financier fera passer pour les principaux responsables… Les marionnettes médiatico-politiques du Capital : les Trump et autre Macrons, ont donc indéniablement du souci à se faire…

Sentant le vent tourner, ainsi que pour laisser le temps au Capital financier atlantiste de sauver quelques billes avant l’imminent effondrement économique de ses métropoles, ces marionnettes ont brutalement changé le ton de leur communication à l’égard de leurs propres masses populaires : Macron annonce ainsi suspendre sa « réforme » des retraites pour laquelle ses sbires ont pourtant si longtemps bataillé (49/3), mais que l’accélération des événements rend de toute façon désormais inutile : elle ne l’aurait été que si l’Empire Atlantiste avait pu tenir encore une décennie…

Et la même mascarade se joue de l’autre côté de l’Atlantique, Trump ayant annoncé le versement de 500 milliards de dollars d’aide aux contribuables américains les plus modestes pour les aider à faire face à la crise immédiate induite par le COVID-19, une manière pour une fois intelligente, de faire plus facilement accepter à l’opinion les 1 500 milliards de dollars d’aide promis par la FED aux monopoles US. Là encore, c’est pour tenter d’apaiser la fonde sociale qui va grandir à mesure que la pandémie de COVID-19 va se transformer en crise sanitaire sans précédent…

Et pour nos marionnettes politiques au pouvoir, il est certainement déjà trop tard pour jouer la carte de l’apaisement social. En France, les grands massmerdias ne cachent plus le fait que le peuple vomit ouvertement et massivement sa haine contre les représentants politiques, déjà fortement impopulaires avant la crise… 

En voici un petit aperçu :

 

Pour ne rien arranger, les médecins en première ligne, forcés de faire de durs choix moraux faute de moyens suffisants pour traiter les cas critiques et déjà dépassés par les événements dans l’est de la France notamment, lui emboitent le pas :

« Trois médecins, représentants d’un collectif de soignants, ont porté plainte ce jeudi [19/03/2020] contre le Premier ministre Édouard Philippe et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, les accusant de s’être « abstenus » de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de Covid-19, a annoncé leur avocat. Cette plainte a été envoyée dans la journée à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée en France à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, selon Me Fabrice Di Vizio. (…) Ils estiment qu’Édouard Philippe et Agnès Buzyn « avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer ». »

Et l’impérialisme français n’en est aujourd’hui qu’au tout début de sa pandémie. Nous en sommes aujourd’hui, après plus de trois semaines d’inaction et de tergiversations criminelles à déjà près de 14 460 patients infectés recensés (car on ne teste actuellement que les cas les plus sévères, avec aux alentours de 2 000 tests par jour), dont 562 sont morts et 1 525 se trouvent dans un état critique. Cette pandémie durera encore au moins deux mois, si de véritables mesures de confinement sont prises dès maintenant…

Une odeur de souffre plane indéniablement dans les pays impérialistes atlantistes aujourd’hui au bord du chaos économique, social et politique… Les leviers de contrôle traditionnels de l’information mis en place par le Capital Atlantiste ne suffisent plus à canaliser la colère populaire grandissante sur les réseaux sociaux, amenant le Capital financier occidental à dévoiler chaque jour davantage sa vraie nature néofasciste, qui s’exprime de plus en plus par la négation des sacro-saintes libertés d’expression bourgeoises – pourtant si longtemps vantées ̶ , au moyen de mécanismes automatiques et informatisés de censure déjà mis en place sur leurs principaux réseaux sociaux à l’égard des informations les plus virulentes. Le Capital financier atlantiste devra certainement lui-même faire tomber quelques têtes pour tenter d’apaiser le mécontentement populaire qui ira grandissant à mesure que la crise sanitaire prendra des proportions de plus en plus gigantesques.

Les multinationales occidentales de l’industries pharmaceutique « se sont engagées, ce jeudi, à fournir un vaccin contre le Covid-19 « partout dans le monde », dans un délai estimé de 12 à 18 mois minimum ».  En bref, si les peuples attendent après les multinationales occidentales, ils ont le temps de crever… Fort heureusement, les iraniens, les russes et les chinois sont aussi engagés dans cette bataille, et ce avec certainement beaucoup plus de détermination ainsi que de moyens humains et matériels. L’Académie chinoise des sciences médicales militaires en collaboration avec CanSino Biologics, une biotech de Hong Kong, viennent ainsi de débuter les essais cliniques sur l’homme d’un vaccin expérimental contre le COVID-19, portant sur 108 volontaires en bonne santé. Ces essais seront terminés avant la fin de cette année.

Faillite du Capital financier atlantiste, disions-nous, et cela dans tous les domaines : Sanitaire, économique, social, politique, culturel et scientifique !

Tandis que la France en est rendue à fabriquer des masques artisanaux avec des machines à coudre hors d’âge, la Chine ne cesse de renforcer sa capacité de production déjà gigantesque. Pékin vient ainsi d’ouvrir une nouvelle ligne de production à grande vitesse de masques médicaux N95 (offrant un niveau de protection plus élevé que les masques FFP3) : cette ligne de production produit déjà quotidiennement plus d’un demi million de masques !  Avant, la découverte du COVID-19, la Chine produisait quotidiennement 20 millions de masques, soit la moitié de la production mondiale. A la fin du mois de janvier, elle avait porté sa capacité de production quotidienne à 110 millions d’unités et selon le Huffington Post, elle dépasse aujourd’hui sans aucun doute 180 millions d’unités 

Grâce à son industrie lourde qui occupe depuis longtemps le 1er rang mondial, la Chine a converti en un temps record des usines d’autres secteurs à la production de masques et a créé de nouvelles chaînes de production. 

La France, qui ne produisait pour sa part quasiment plus aucun masque, est parvenue dans l’urgence à convertir une usine destinée à la production d’uniformes et d’équipements de protection individuelle pour la gendarmerie, les pompiers et l’armée, en une usine de masque de type FFP2. Elle en produit ainsi aujourd’hui environ… un demi-million par semaine et sa production nationale pourrait monter à 1 million par semaine à d’ici à la fin du mois de mars… Faillite dans tous les domaines, et en premier lieu le domaine industriel !

Avec cette production anémique, la France pourra dans le meilleur des cas fournir les personnels soignants et la police, mais en aucun cas la population… 

Donc, nos politiciens bonimenteurs clament que les masques « ne servent à rien » pour cette population  ̶  au demeurant bien demeurée  ̶ , puisqu’ils estiment qu’elle ne saurait de toute façon pas s’en servir correctement, à l’instar de ce qu’a dernièrement déclaré la porte-parole de ce gouvernement d’incompétents, après s’être elle-même déclarée incapable de les utiliser correctement…  Il faudra assurément à ces menteurs professionnels dont les tergiversations infinies et l’incompétence relèvent aujourd’hui du crime, de l’aveu même d’un courageux avocat, rendre bientôt des comptes aux familles endeuillées, lesquelles seront hélas inévitablement de plus en plus nombreuses au cours des prochaines semaines.

Pour le reste, le COVID-19, même s’il sera le prétexte du déclassement de nos impérialismes, n’en constituait pas moins en lui-même la cause suffisante d’une profonde crise économique : des pays rentiers vivant des métiers du secteur tertiaire et presque complètement à l’arrêt des mois durant, en attendant que l’on trouve un vaccin, puisque nos élites atlantistes ont fait montre de trop peu d’intelligence économique, sociale et politique pour tirer les enseignements de la Guerre menée par les chinois au COVID-19, et gagnée avec un minimum de pertes humaines et économiques en dépit de l’effet de surprise qui aurait pu jouer contre la Chine. Les autorités chinoises sont aujourd’hui confiantes pour l’année à venir. Selon elles, « l’impact sera de courte durée et contrôlable, car la propagation du virus a été freinée et les fondamentaux de l’économie chinoise sont restés solides ». On ne peut pas en dire autant des attelages gouvernementaux du bloc Atlantiste….

Le 19 mars 2020, le peuple chinois fêtait le 1er jour sans nouveau cas détecté au sein des foyers épidémiques. Les 2 ou 3 dizaines de nouveaux cas recensés quotidiennement en Chine sont désormais tous des cas importés, arrivant de l’étranger. Sur les 81 054 patients infectés recensés en Chine, 3 261 sont morts, 72 440 ont guéri et il ne reste plus que 5 353 cas actifs, dont 1 845 sont encore dans un état critique. Pour éviter une nouvelle contagion, toute personne entrant en Chine doit désormais obligatoirement se soumettre à une période de quarantaine de deux semaines. 

Et on comprend pourquoi : le Monde compte aujourd’hui un total de 308 540 cas recensés, dont 13 069 sont morts, 95 829 ont guéri, et 199 642 cas actifs (dont au moins 9 943 se trouvent dans un état critique). Le rythme d’expansion actuel de la pandémie mondiale suit une courbe de croissance exponentielle depuis que les puissances atlantistes ont commencé à effectuer des tests de dépistage sur leur sol, pour l’essentiel depuis la fin février seulement. 

 

Tel est aujourd’hui le résultat de la politique criminelle de déni et d’intoxication de l’opinion mise en œuvre par les puissances du bloc Atlantiste…

En dépit de la réaction occidentale la plus rapide et déterminée, l’Italie est aujourd’hui au bord de la crise sanitaire. Complètement lâchée par ses « alliés » européens, elle reçoit l’essentiel de son aide médicale d’urgence de la Chine. Sans cette intelligente aide morale, humaine et matérielle chinoise, le système de santé italien se serait déjà effondré. 

Et il faut savoir que, bien que plus strict que le pseudo-confinement aujourd’hui instauré en France, le confinement italien, n’est, selon les unités médicales chinoises d’élite présentes en Italie, pas encore assez strict pour enrayer l’épidémie : après quelques jours où on recensait quotidiennement autour de 3 500 nouveaux cas, ce chiffre a bondi à 4 207 le 18/03/2020, à 5 322 le 19/03/2020, à 5 986 le 20/03/2020 et à 6 557 le 21/03/2020, journée qui a vu un nouveau triste record de 793 décès, avec probablement autant de nouvelles familles italiennes endeuillées… 

Le 18 mars, la Chine affrétait un nouvel avion d’aide médicale à destination de l’Italie avec à son bord 12 experts et 17 tonnes de matériel. Durant trois jours consécutifs de cette semaine, l’Italie a enregistré quotidiennement autour de 450 décès. Au cours de la seule journée du 20 mars, elle en a enregistré 627 autres. En Chine, au plus fort de l’épidémie, on n’a guère déclaré plus de 150 morts par jour… Face à cette aggravation de la situation, le vice-président de la Croix Rouge en Chine, Sun Shuopeng, dépêché en Lombardie, exhortait hier encore les autorités italiennes « à renforcer les mesures de confinement pour éviter la propagation du virus » :

« Les gens ne portent pas de masques, et il y a encore trop de gens dehors, les transports publics fonctionnent toujours », a-t-il jugé, ajoutant « les mesures mises en place ne sont pas assez strictes au regard de nos standards ».

L’Italie compte aujourd’hui déjà près de 53 580 cas recensés (soit plus de la moitié du total des cas recensés en Chine), mais elle compte déjà davantage de morts (4 825 contre 3 261 pour la Chine), morts auxquels s’ajoutent surtout près de 2 857 patients dans un état critique. L’Italie enregistre aujourd’hui un taux de létalité moyen de 9,0 %, contre 4,0 % pour la Chine. Voilà qui en dit long sur l’efficacité réelle comparée des systèmes de santé des deux pays…

Assurément, l’Italie se souviendra longtemps de son abandon par l’UE, à laquelle elle a demandé, en vain, des masques, des gants en caoutchouc et des lunettes en plastique :

« Le rédacteur en chef adjoint du quotidien italien La Repubblica, Gianluca Di Feo, décrit en termes poignants la lutte de son pays tout entier contre le Covid-19. Il explique sa grande colère et sa profonde amertume devant ce qu’il juge être la faillite morale des institutions européennes ».

Cette faillite morale est d’autant plus grande que les grands massmerdias européens ont pudiquement jeté un voile sur l’ampleur de la crise sanitaire que connaît aujourd’hui l’Italie alors même que le taux de prévalence du coronavirus n’y est « que » de 0,088 % !…

Telle est l’illustration concrète de la supériorité du système de santé chinois sur celui des pays de l’alliance Atlantique ! Faillite dans tous les domaines, disions-nous….

La situation se dégrade également rapidement en France, en Espagne au Royaume-Uni et aux USA, où la souche la plus mortelle du coronavirus est présente dans des proportions variables : 

France : + 1 404 cas et 89 morts le 18/03/2020  et + 2 943 cas et 105 morts le 19/03/2020. Dans le même temps, le nombre de cas critiques est passé de 931 à 1 122. La France compte aujourd’hui près de 14 500 cas recensés, pour un bilan de 562 morts et 1 525 patients dans un état critique. 

Espagne : + 2 943 cas et 105 morts le 18/03/2020  et + 3 308 cas et 193 morts le 19/03/2020. Dans le même temps, le nombre de cas critiques est passé de 563 à 939. L’Espagne compte aujourd’hui plus de 22 360 cas recensés, pour un bilan de 1 381 morts et 1 612 patients dans un état critique.

Royaume-Uni : + 676 cas et 33 morts le 18/03/2020  et + 643 cas et 40 morts le 19/03/2020. Dans le même temps, le nombre de cas critiques est officiellement resté stable à 20 cas… Le Royaume-Uni compte aujourd’hui plus de 5 000 cas recensés, pour un bilan de 233 morts et toujours… 20 patients dans un état critique ! Le peuple anglais doit à l’évidence lui aussi disposer d’un système de santé de haute qualité et accessible à tous pour permettre de telles prouesses !…

USA : + 2 617 cas et 41 morts le 18/03/2020  et + 4 030 cas et 33 morts le 19/03/2020 . Dans le même temps, le nombre de cas critiques est officiellement resté stable à 64 cas… Les USA comptent aujourd’hui près de 26 900 cas recensés, pour un bilan de 348 morts et 708 patients dans un état critique, preuve que la souche C du coronavirus commence à envoyer au tapis nombre d’américains, du fait de la très tardive réaction des autorités. Foyer initial de la pandémie actuelle, les USA figureront donc très bientôt dans le triste « peloton de tête » des pays les plus éprouvés par le coronavirus…

Aux USA et au Royaume-Uni, les chiffres de l’ampleur réelle de la pandémie ne sont pas seulement sous-estimés comme en France, avec son dépistage « sélectif », il apparaît évidement qu’on a même arrêté de fournir les données en temps réel concernant les cas critiques…

Au cours des derniers jours, la Belgique et les Pays-Bas ont également vu leur situation commencer à se dégrader rapidement, avec de fortes hausses quotidiennes du nombre de nouveaux cas recensés, ainsi qu’une mortalité et un nombre de cas critiques en brutale augmentation. La Belgique compte aujourd’hui officiellement plus de 2 800 cas déclarés, dont 67 morts et 288 patients dans un état critique. Quand aux Pays-Bas, ils comptent plus de 3 630 cas déclarés, dont 136 morts et 354 patients dans un état critique, soit un taux de létalité brut de 3,7 %, preuve que la souche C du coronavirus a commencé à faire son nid dans ces deux pays également. Notons enfin que les Pays-Bas possèdent l’un des meilleurs système de santé des pays du bloc Atlantiste.

Notons au passage que ceux qui dénoncent les « fake-news » au sein des médias atlantistes sont assurément ceux qui y ont le plus recours. En témoigne l’article intitulé « Coronavirus : pourquoi le taux de mortalité est-il aussi faible en Allemagne ? », publié récemment sur le site de France-TV. 

Cet article réussit la prouesse ne répondre…  à rien du tout ! Il évoque diverses explications plus ou moins fumeuses… sauf précisément la plus fondamentale qui répond à la question posée : à savoir l’existence de 5 grandes souches virales dont une est particulièrement agressive

Mais pour la défense des mass-merdias atlantistes, il est vrai que si on fouille la question des souches, la question de la soi disant « paternité chinoise » du virus en viendrait vite à être remise en question… « Fake news » qu’ils disaient…

Il nous apparaît également important de souligner à ce sujet que le fait que le foyer initial de l’actuelle pandémie se trouve aux USA, où le COVID-19 circule au moins depuis le mois d’août 2019, est corroboré par le fait que nombre de pays de l’alliance Atlantique ont rapporté, parmi les premiers cas qu’ils déclarèrent, des patients dont ils n’arrivèrent pas à établir de lien avec un voyage récemment réalisé en Chine, ni même avec des personnes de leur entourage revenues de ce pays… 

La pandémie mondiale actuelle du COVID-19 fera à n’en pas douter des ravages dans le Monde, tout au moins jusqu’à ce qu’un vaccin soit mis à la disposition des populations. De par son origine et la gestion de crise sanitaire le plus souvent calamiteuse, cette pandémie illustre la fragilité intrinsèque du mode de production capitaliste, en particulier au sein des pays impérialistes d’Occident aujourd’hui au bord du précipice, et de la difficulté pour le Capital de répondre aux besoins fondamentaux des peuples (le profit destiné à engraisser une minorité cupide d’abord, les besoins humains loin derrière, s’il reste de l’argent…), en particulier en ce qui concerne l’accès à un système de santé de qualité, où même dans les pays impérialistes longtemps dominants, les élites ont été incapables d’assurer des soins de base corrects à l’ensemble de leur population même durant les années « fastes ».

Et c’est là que se trouve la raison fondamentale de la pandémie actuelle du COVID-19 : manque de moyens et négligences…  Les profits d’abord, l’humain ensuite. Mais il n’y a là rien d’étonnant à cela dans un Monde qui a fait de l’Homme une marchandise, une marchandise dont il était devenu essentiel de baisser le coût d’entretien social, afin de tenter de freiner la descente aux enfers économique des multinationales atlantistes, relativement à leur concurrentes chinoises !

Ceci n’exclut cependant pas la possibilité d’une volonté délibérée de Guerre biologique, notamment à l’égard de la Chine et de l’Iran, qui comptent parmi les pays qui constituent, depuis deux décennies, les menaces les plus sérieuses à la « sécurité nationale » américaine…

Fort heureusement, le courageux peuple iranien semble arriver à ne pas se laisser déborder par la pandémie du COVID-19, bien qu’il ait hérité de la souche la plus virulente. Ses dirigeants déclarent qu’il faudra « prendre en compte les déclarations des autorités chinoises concernant les origines américaines de la propagation du coronavirus dans le monde ». Ils ont pris des mesures d’endiguement infiniment plus précoces et radicales que celles prises par nos piètres poli-racailles à la tête de la plupart des pays du bloc Atlantiste. 

Et non content de combattre sur ce front, l’Iran et la Russie mettent de plus en plus la pression à l’impérialisme US et à ses laquais saoudiens et sionistes, au Moyen-Orient en général, et notamment dernièrement au Yémen où la résistance à la criminelle agression coloniale du bloc Atlantiste en cours depuis 6 ans, et dont ont eu à souffrir tant de civils innocents, va en se renforçant et remporte des succès militaires croissants. 

De l’aveu même de la presse atlantiste, cette sale guerre coloniale a déjà fait plus de 100 000 morts, condamne plus de 2 millions d’enfants yéménites de moins de 5 ans à souffrir de « sévère malnutrition » et a fait des millions de sans-abri, du fait de la combinaison des bombardements saoudiens/atlantistes et de la crise humanitaire qu’ils y ont créée.  

Assurément, pour reprendre les termes employés par la presse chinoise dénonçant l’instrumentalisation politique du COVID-19 par les USA, ceux-ci ont indéniablement « franchi la ligne rouge de la bassesse de la civilisation humaine ». Cela n’est pas nouveau, mais cette fois, c’est la goutte d’eau qui aura fait déborder un vase trop plein qui menaçait de déborder depuis bien longtemps   ̶  accumulations quantitatives suivies du changement d’état induit par le saut qualitatif actuel.

Alors oui, mort aux criminelles agressions coloniales de l’OTAN ! Que la DCA de la résistance yéménite et de ses alliés abatte le plus grand nombre possible d’avions occidentaux qui sèment la mort depuis les airs ! 

Il faudra aux responsables politiques et aux patrons de multinationales atlantistes qui tirent les fils dans la coulisse, un jour rendre des comptes devant le tribunal des peuples !

Pour le reste, la légèreté criminelle avec laquelle les principaux attelages gouvernementaux bourgeois du bloc Atlantiste ont traité de la  sévère menace représentée par le COVID-19 en dit long sur leur soi-disant « attachement » à la satisfaction des besoins fondamentaux de leurs propres populations… 

Il faut se rendre urgemment à l’évidence : nos « élites » ne sont que parasites et des beaux-parleurs cherchant à duper les masses gémissant quotidiennement sous le joug de l’esclavage salarié. 

Et pour ces gens-là, la frontière est souvent ténue entre le ton « démocratique » du « cause toujours », et le ton fasciste du « ferme ta gueule » ! La « démocratie », oui, mais tant qu’il n’y a pas trop de contestation sociale… Démocratie ou démocrature ?

Enfin, cela ne les dérange pas de semer la mort aux quatre coins du monde pour engraisser leurs monopoles de l’armement et éviter la dislocation, fort heureusement imminente, de leur sphère d’influence coloniale.

Aussi, leur prétendu « attachement » aux « valeurs républicaines », à la « démocratie » et à la défense des libertés bourgeoises fondamentales (libre expression, réunion, manifestation) n’est que fumisterie et est contredite chaque jour dans la pratique, aussi bien dans le cadre national que dans le cadre international !

Il est indéniablement temps que les peuples du Monde se re-politisent, évidemment pas à la façon des politiciens bourgeois, bonimenteurs corrompus rompus à l’art de la manipulation de l’opinion, afin d’être un jour en mesure de reprendre en mains leur propre destin !

Vincent Gouysse

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  • Commentaires fermés sur COVID-19 : l’avènement d’un Nouvel ordre Mondial,… dans la douleur

Sur la planète, dix épidémiologistes sur dix affirment que la première des choses à faire pour éviter la contamination par le virus Covid-19, plus connu sous le nom de nouveau coronavirus, est d’éviter tout regroupement. D’où les annulations en série des matchs de football, de basket-ball, des concerts, des congrès et la suspension des cours dans les écoles et les universités. Même la saine habitude d’aller au cinéma est devenue un programme à risque. Mais que se passe-t-il lorsque vous vivez 365 jours par an dans une fourmilière ?

C’est la réalité des favelas de Rio et d’autres États, tels que les quartiers de Rocinha [1], de Maré [2], Casa Amarela [3] et Paraisópolis [4]. L’Institut Brésilien de Géographie et Statistique (IBGE) catégorise ces zones des villes comme des « agglomérations anormales », faute, dans la plupart des cas, de conditions minimales de logement, d’assainissement et de santé. [5]

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Que se passe-t-il si l’on couple les caractéristiques d’une « agglomération anormale » aux particularités d’un nouveau coronavirus extrêmement contagieux et se propageant très rapidement ? Pour le médecin Valcler Rangel de Fiocruz, il s’agit d’une bombe à retardement qui doit être désamorcée rapidement. Il défend l’équité dans les mesures de prévention et de contrôle du nouveau coronavirus, en traitant différemment les personnes et les lieux qui sont différents : « Beaucoup des mesures adoptées ou recommandations, toutes correctes, ne sont pas adaptées à ces populations qui vivent dans les favelas de Rio ou de São Paulo, par exemple. S’essuyer les mains avec du gel à l’alcool, utiliser des mouchoirs en papier, isoler les malades dans une des pièces de la maison… Comment mettre en quarantaine des maisons d’une seule pièce, avec plusieurs résidents qui y vivent et où souvent il n’y a même pas de salle de bain ? », demande le Dr Valcler.

Le raisonnement de l’expert de Fiocruz est relativement simple et évident. Comme ces agglomérations rassemblent des milliers de personnes vivant dans des conditions « anormales », pour utiliser le terme de l’IBGE, les probabilités de prolifération d’un virus aussi agressif que le Covid-19 sont immenses : « Il n’est pas encore possible de dire comment le nouvau coronavirus se comportera au Brésil, et, même s’il ne faut pas semer la panique, il est également certain que la population la plus pauvre sera plus touchée que la population de la classe moyenne. », explique-t-il. Une enquête récente a montré que dans le seul quartier de Maré, où se trouve la Fiocruz, on compte plus de 10 000 personnes âgées (de plus de 65 ans). C’est la tranche d’âge qui court le plus de risques avec le nouveau coronavirus.

Parmi les mesures suggérées par le médecin figurent l’abrogation de l’Amendement 95/2016 à la Constitution, qui limite les dépenses du gouvernement, et le déblocage immédiat de 5 milliards de réaux (USD 5 milliards) au profit du Système universel de santé (SUS) : « Nous vivons un moment exceptionnel et nous avons besoin de mesures exceptionnelles. » Il recommande fortement de mettre l’accent sur ces communautés, en augmentant le nombre de visites des agents de santé, en identifiant les zones à risque, en augmentant le nombre de lits et en accordant une certaine priorité de soins SUS aux personnes vivant dans ces quartiers urbains :

« Lorsque le gouvernement décide de suspendre les cours, par exemple, il augmente d’autant les regroupements d’élèves et les risques de contamination dans les quartiers des bidonvilles [6]. »

Capture d’écran – Unité de Santé publique dans les quartiers de Rocinha et Vidigal

Valcler Rangel rappelle que plusieurs autres maladies virales sont encore fortement présentes au Brésil et dans les favelas, telles que la dengue, le chikungunya, le zika et la rougeole. Cela complique encore plus la situation. À Rocinha, on enregistre encore les taux records de tuberculose au Brésil. Selon l’OMS, il y a plus de 300 cas de tuberculose pour 100 000 habitants, un indice 11 fois plus élevé que la moyenne nationale. C’est un indicateur de plus de l’inégalité dans nos villes, qui pourrait devenir encore plus évidente maintenant à cause d’un virus importé de Chine.

Agostinho Vieira

Article original en portugais : E quando o coronavírus chegar às favelas? Projeto Colabora, le 13 mars 2020.

Traduction par Autres Brésil

Notes :

[1Zone sud de Rio de Janeiro, où habitent plus de 120.000 habitants sur 143 ha, selon les recensements participatifs et les estimations de la compagnie d’électricité Light S.A

[2ensemble de 16 quartiers sur 426 ha, dans la zone nord de Rio de Janeiro où habitent plus de 130.000 personnes)

[3Recife

[4São Paulo, où 42.800 personnes vivent sur 798m2 selon le recensement de 2010

[5Depuis 2010, l’IBGE emploie la catégorie “Aglomerado Subnormal” pour décrire les formes d’occupation irrégulière de terrains – publics ou privés. Ces espaces sont caractérisés par un urbanisme irrégulier mais la carence de services publics de base ne se limite pas à la seule expression « Favela ». Cette catégorie a été adoptée par le recensement de 2010 pour identifier les ménages n’ayant pas d’accès à l’eau et à l’assainissement, à la gestion des déchets, à l’énergie électrique et afin d’identifier les caractéristiques à prendre en compte pour des politiques publiques adaptées.

[6Renan Schuindt, dans un article pour le journal O Dia 16/03, souligne que le Secrétariat municipal de la santé (SMS) a l’intention de développer la formation de ses agents. Les informations proviennent de la coordinatrice de la surveillance de la santé de la mairie, Patrícia Guttmann. Selon elle, il y avait un alarmisme qui a conduit beaucoup de gens à rechercher les grands hôpitaux et non les unités de clinique familiale. Une brochure électronique devrait être publiée par le SMS. L’objectif est d’apporter des informations préventives qui permettront d’éviter la propagation de la maladie. « En cas de doute, la population peut contacter le département de la santé au 136 à Rio de Janeiro », ajoute Mme. Guttmann. Au niveau Fédéral, le 29 février le ministère de la santé a également lancé une application (Google Play / Apple Store) Coronavirus-SUS dans le but de sensibiliser la population au COVID-19. L’Application apporte des informations sur les symptômes, la prévention, les mesures à prendre en cas de suspicion et d’infection ; donne accès à une carte indiquant les unités de santé à proximité ; et, le cas échéant, s’il est recommandé de se rendre à l’unité de santé de base la plus proche.

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Les médias US ne cessent de semer la peur, la panique et le désespoir, avec l’aval de scientifiques étasuniens « faisant autorité ». « Le nouveau coronavirus pourrait tuer des millions de personnes à travers les États-Unis », selon le Dr Kathleen Neuzil, spécialiste des vaccins à la faculté de médecine de l’université du Maryland. (CNBC, 18 mars).

Les médias exagèrent régulièrement les impacts sur la santé en diffusant un discours de peur et de panique.

Regardons les chiffres.  Les dernières données sur le coronavirus aux États-Unis publiées par le CDC le 19 mars 2020 sont les suivantes :

    Nombre total de cas : 10,442

    Nombre total de décès : 150

    Juridictions rapportant des cas : 54 (50 États, District de Columbia, Porto Rico, Guam et îles Vierges américaines)

Selon le dernier battage médiatique, citant et souvent déformant l’opinion scientifique (CNBC)

Tweet de William Feuer: le coronavirus pourrait tuer des millions d’Américains : « Faites le calcul », dit le conseiller du CDC

Les modèles statistiques des groupes de réflexion de Washington prévoient un scénario de dévastation suggérant que « plus d’un million d’Étasuniens pourraient mourir si la nation ne prend pas des mesures rapides pour arrêter sa propagation le plus vite possible ».

Un modèle des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) suggère qu’entre 160 et 210 millions d’Étasuniens pourraient contracter la maladie en un an. Sur la base des données de mortalité et de la capacité actuelle des hôpitaux, le nombre de décès selon les scénarios du CDC allait de 200 000 à 1,7 million. (The Hill, 13 mars 2020)

Les modèles de coronavirus les plus pessimistes font état d’un nombre considérable de victimes aux États-Unis

Ce genre d' »analyse » de la « peur scientifique » associée à des modèles statistiques est de la pure propagande : un préambule à la mise en œuvre d’un programme de vaccination obligatoire de plusieurs milliards de dollars (au niveau mondial), a été convenu à huis clos lors du Forum économique mondial (FEM) de Davos du 21 au 24 janvier. Il a été approuvé par le directeur général de l’OMS à la mi-février.

Tweet du CEPI: Nous avons annoncé aujourd’hui le financement de trois programmes visant à développer des vaccins contre le nouveau #coronavirus, nCoV-2019

Nous soutiendrons les technologies pionnières destinées à accélérer le développement de vaccins contre les menaces émergentes #OutsmartEpidemics

« Compte tenu de la propagation rapide du nouveau coronavirus, le monde doit agir rapidement et de manière unie pour lutter contre cette maladie. Nous espérons que ces travaux pourront constituer une avancée significative et importante dans la mise au point d’un vaccin ».

Le scénario est de savoir comment produire des millions de vaccins en supposant que la pandémie se propage. Les conglomérats de vaccins des grandes sociétés pharmaceutiques ont déjà planifié leurs investissements en partant du principe que l’urgence sanitaire mondiale va se poursuivre.

Qui croire ? 

Selon un rapport de l’OMS (lien inter textuel) relatif à l’épidémie chinoise (qui a été résolue) :

Les symptômes les plus fréquemment signalés [de la COVID-19] sont la fièvre, la toux sèche et l’essoufflement, et la plupart des patients (80 %) ont été légèrement malades. Environ 14 % des patients ont été gravement malades et 5 % ont été gravement malades. Les premiers rapports suggèrent que la gravité de la maladie est associée à l’âge (>60 ans) et à une maladie co-morbide. (en se basant largement sur l’évaluation de l’OMS de la COVID-19 en Chine).

 The Hill, March 19, 2020

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les personnes infectées souffrent généralement d’une maladie bénigne et se rétablissent en deux semaines environ.

 The Hill, 19 mars 2020

Et puis ces « symptômes bénins » de COVID-19 sont utilisés comme justification de santé publique pour la fermeture de pays entiers, précipitant de larges secteurs de la population mondiale dans le chômage, la pauvreté et le désespoir.

N’oubliez pas que la COVID-19 touche particulièrement les personnes âgées de plus de 60 ans (dont la plupart ne font pas partie de la population active), en particulier celles qui ne bénéficient pas d’une couverture santé adéquate. Aux États-Unis, les décès dus à la COVID-19 sont en grande partie enregistrés dans la tranche d’âge des 70 ans et plus. Le taux de décès confirmé par COVID-19 est de 1,4 % du total des cas « confirmés » et « présumés » (données des CDC).

Comparez « la maladie légère et la guérison en deux semaines«  de COVID-19 (à peine reconnue par les médias) aux conséquences sociales et économiques dévastatrices des fermetures ordonnées par de puissants intérêts financiers.

Des millions d’Étasuniens ont perdu leur emploi, des milliers de petites entreprises à travers le pays ont été acculées à la faillite. Des millions de familles ont perdu les économies de toute une vie à la suite de l’effondrement des marchés boursiers. Précipitées dans un piège d’endettement, elles risquent de perdre leur maison.

Et ce scénario ne se « redressera » pas en deux semaines. Il s’agit d’une dépression à long terme. Ce à quoi nous avons affaire, c’est à la déstabilisation de l’économie étasunienne et un transfert artificiel de milliards de dollars de richesse monétaire. 

Taux de récupération de COVID-19

Les données du CDC compilent les cas positifs « confirmés » et « présumés » depuis le 21 janvier 2020. Pourtant, il omet de mentionner que parmi les cas confirmés et présumés, un grand nombre d’Étasuniens se sont rétablis. Mais personne ne parle de récupération. Il ne fait pas les gros titres.

En Chine, on distingue dans les données les « cas confirmés infectés » et les « cas confirmés guéris ». Le taux de guérison enregistré en Chine est de l’ordre de 80 % depuis le début de l’épidémie de Wuhan, début janvier. (Voir Xinhua, 19 mars 2020)

Aux États-Unis, la hausse des « cas confirmés et présumés » a commencé entre la fin février et le début mars (voir graphique ci-dessous).

En appliquant la médication recommandée, le taux de guérison – selon le rapport de l’OMS cité ci-dessus – serait de l’ordre de deux semaines pour la plupart des patients de moins de 60 ans (une période de guérison plus longue pour le groupe de population de plus de 60 ans).

Cela suggère que la crise de santé publique COVID-19 aux États-Unis pourrait être maîtrisée en quelques mois. Mais si cela devait se produire, cela compromettrait la mise en œuvre du projet de vaccination des grandes entreprises pharmaceutiques.

 

Graphique: Cas de COVID-19 aux États-Unis selon la date de début de la maladie, du 12 janvier 2020 au 18 mars 2020, à 16 heures (heure de l’Est) (n = 1 891)**

Texte dans le graphique: les maladies qui ont commencé pendant cette période peuvent ne pas encore être déclarées**

Le processus d’essai présente de sérieuses difficultés. Les kits de test fiables sont « en pénurie ».

Cas présumés contre cas confirmés

Selon le CDC, les données présentées pour les États-Unis 10 442 cas « comprennent à la fois les cas positifs confirmés et présumés de COVID-19 signalés au CDC ou testés au CDC depuis le 21 janvier, 2020″.

Les données positives présumées ne confirment pas l’infection par le coronavirus : Le dépistage présumé implique « une analyse chimique d’un échantillon qui établit la possibilité qu’une substance [COVID-19] soit présente«  (c’est nous qui soulignons). Mais elle ne confirme pas l’infection par le coronavirus. Le test de présomption doit alors être envoyé pour confirmation à un laboratoire sanitaire gouvernemental accrédité. Un test de confirmation implique « l’identification de la substance spécifique [coronvirus] par une analyse chimique supplémentaire ».

Il est à noter que l’OMS ne compile pas de données de cas présumés. Son chiffre total de cas confirmés est nettement inférieur au total des cas « confirmés et présumés » présenté par les CDC.

Les chiffres de l’OMS pour les États-Unis : 3586 cas confirmés au total plus 1822 nouveaux cas confirmés. (16 mars 2020)

(les divergences avec les données du CDC peuvent également être dues à des retards dans le traitement des données).

Les données nationales et locales sont en contradiction avec les chiffres publiés par l’OMS et le CDC, elles sont invariablement beaucoup plus élevées.

Le processus de test du COV-19 et de collecte des données par les autorités locales, l’État et le CDC présente des lacunes.

The CDC data does not include “testing results for persons repatriated to the United States from Wuhan, China and Japan”. Why?  

Les données des CDC n’incluent pas « les résultats des tests pour les personnes rapatriées aux États-Unis depuis Wuhan, la Chine et le Japon ». Pourquoi ?  

La déclaration ci-dessus suggère des divergences dans l’évaluation globale des cas confirmés. Pourquoi la publication des données relatives aux personnes rapatriées de Chine et du Japon est-elle refusée par le CDC ? Ces données sont-elles classées ?

Officiellement, selon l’OMS et le CDC, le coronavirus provient de Chine, ce qui suggère que tous les cas aux États-Unis ont leur origine en Chine. Pourquoi ces estimations ne sont-elles donc pas incluses ?

La Maison Blanche a ordonné que les réunions au cours desquelles les fonctionnaires ont discuté du coronavirus soient classifiées, … Les fonctionnaires fédéraux de la santé ont reçu l’ordre de garder confidentielles des dizaines de réunions qui ont commencé à la mi-janvier, y compris les discussions sur l’étendue des infections, les quarantaines et les restrictions de voyage, … Selon les sources, les personnes sans autorisation de sécurité n’étaient pas autorisées à entrer dans la salle de haute sécurité, généralement utilisée pour les opérations militaires et de renseignement, au Département de la santé et des services humains (HHS), où les réunions avaient lieu. (The Hill)

Et que révèlent les rapports pathologiques des tests de laboratoire relatifs au virus chinois importé ? Quelles souches ? Classées.

Trump l’appelle le « virus chinois » : Les « cas confirmés » d’infections « étrangères » importées de Chine ou du Japon sont-ils la source de « transmission » aux cas COVID-19 enregistrés aux États-Unis ?  Il n’y a pas de preuve disponible à cet effet.

Seattle, « le Wuhan de l’Amérique » ? 

Examinez la carte du CDC ci-dessous (le 19 mars). Les plus grandes concentrations de cas positifs confirmés et présumés se trouvent dans l’État de New York (région métropolitaine de New York) et dans l’État de Washington (Seattle).

Titre et données du graphique: États signalant des cas de COVID-19 au CDC*

Cas signalés (dernière mise à jour le 19 mars 2020)

Territoires

 

Problème de données, causalité ? L’État de Washington représente plus de dix pour cent des cas.

44,7 % des décès enregistrés par la COVID-19 aux États-Unis ont été enregistrés dans l’État de Washington. La plupart des cas et des décès sont concentrés à Seattle.

La population de l’État de Washington est de 7,5 millions d’habitants, soit à peine 2,2 % de la population totale des États-Unis (330 millions).

Nous ne spéculerons pas sur la question des données. C’est une question qui doit être étudiée avec soin.

À partir du 15 mars, 67 décès dus au COVID-19 ont été signalés dans l’État de Washington. (total pour les États-Unis ; 150, selon le CDC)

Selon les données de l’État de Washington, il y a 1 187 cas confirmés de COVID-19. (Sans compter les cas présumés).

« Et les responsables du comté de King ont déclaré qu’il y a maintenant 562 cas confirmés rien qu’à King » (18 mars). La plupart des décès sont des personnes âgées (70 à 90 ans), dont beaucoup sont mortes mystérieusement au Life Care Center. Sur 67 décès, 30 ont été enregistrés au Life Care Center.

Ce qui est significatif, c’est qu’aucun des récents rapports du CDC et des États n’indique que des cas étasuniens d’infection par la COVID-19 ont été transmis directement ou indirectement par la Chine.

 

Michel Chossuodvsky

Note

Il faut garder à l’esprit que la méthodologie des estimations de la CDC est définie comme suit : Les services de santé publique nationaux et locaux sont impliqués dans les tests et la collecte de données indépendamment du CDC. « En cas de divergence entre les cas du CDC et les cas signalés par les responsables de la santé publique des États et des collectivités locales, les données communiquées par les États doivent être considérées comme les plus récentes ». (CDC, 18 mars 2020)

EN SAVOIR PLUS: Coronavirus : Ce que les médias occidentaux ne vous disent pas : Taux de reprise élevés en Chine (en anglais)

 

Article original en anglais :

Spinning Fear and Panic Across America. Analysis of COVID-19 Data

Traduction par Maya pour Mondialisation.ca

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Les médias sociaux sont inondés de personnes en colère parce que leurs publications ont été supprimées sans raison légitime. MintPress n’a pas fait exception, avec un article sur la réponse de Cuba au coronavirus signalé et bloqué.

La Big Tech tente à nouveau de définir l’éventail des discussions politiques acceptables sur ses plateformes ; cette semaine, YouTube a annoncé un certain nombre de changements face à la pandémie mondiale de COVID-19, le principal étant que ce sont les systèmes automatisés, plutôt que les humains, qui autoriseront ou supprimeront principalement les contenus dans un avenir prévisible.

« Alors que le COVID-19 évolue, nous faisons de notre mieux pour soutenir ceux qui regardent, créent et gagnent leur vie sur YouTube. Beaucoup d’entre nous, ici et dans notre personnel élargi, ne peuvent pas travailler comme d’habitude, alors nous réduisons les effectifs dans certains bureaux, ce qui provoque des perturbations », a déclaré Youtue dans un message sur Twitter. « Avec moins de personnes pour réviser les contenus, nos systèmes automatisés interviendront pour assurer la sécurité de YouTube. Plus de vidéos seront supprimées que d’habitude pendant cette période, y compris les contenus qui ne violent pas nos lignes directrices communautaires. Nous savons que cela sera difficile pour vous tous ».

La nouvelle selon laquelle la plateforme de partage de vidéos est désormais à la merci d’un système automatisé qui, même ses créateurs l’admettent, ne fonctionne pas correctement, a été accueillie avec scepticisme, d’autant plus que YouTube n’a pas expliqué pourquoi regarder et juger le contenu sur sa plateforme ne pouvait pas se faire à distance.

D’autres grandes entreprises technologiques comme Facebook et Twitter ont également informé le public qu’elles passaient à un système de modération automatisé potentiellement défectueux pendant la pandémie. Facebook avait été critiqué la semaine dernière pour avoir insisté sur le fait que les employés continuaient à venir au travail, mais il a maintenant pris des mesures et renvoyé ses employés chez eux. « Nous pourrions voir des temps de réponse plus longs et faire plus d’erreurs en conséquence », a également averti Facebook.

Le problème avec de telles mesures est que la façon dont les algorithmes ont été conçus fait qu’ils frappent généralement plus durement les médias alternatifs. Dans le passé, Facebook a supprimé des pages appartenant à des médias anti-establishment comme le Black Agenda Report et Venezuelanalysis, sous le prétexte non fondé qu’il s’agissait potentiellement de fausses nouvelles soutenues par la Russie ou simplement pour « comportement suspect ». Début février, Twitter a bloqué le compte du Président vénézuélien Nicolas Maduro et supprimé ceux de 2 000 de ses partisans.

Immédiatement après la mise en œuvre des nouveaux changements, les médias sociaux ont été inondés de personnes en colère parce que leurs messages avaient été supprimés sans raison légitime. MintPress n’a pas fait exception, notre article sur la réponse de Cuba au coronavirus a été signalé et bloqué. Entre-temps, il semble que le média alternatif 21st Century Wire ait été complètement supprimé. La PDG de MintPress, Mnar Muhawesh, a décrit cela comme de la censure sous le couvert de la lutte contre les fausses nouvelles.

Qu’ils soient actifs ou non, les algorithmes des grandes technologies privilégient les médias d’entreprise et suppriment les positions alternatives contre la guerre, l’empire et le secret gouvernemental, en contournant la ligne du gouvernement, ce qui est souvent la raison pour laquelle les gens visitent ces sites en premier lieu.

Les géants des médias sont de plus en plus imbriqués avec les grandes agences gouvernementales qu’ils sont censés tenir pour responsables. Dans leur livre intitulé « Le Nouvel Âge Numérique : Repenser l’avenir des personnes, des nations et des entreprises », Eric Schmidt et son collègue Jared Cohen, directeur de Google, ont écrit :

« Ce que Lockheed Martin a été au XXe siècle… les entreprises de technologie et de cybersécurité [comme Google] le seront au XXIe siècle ».

L’année dernière, Facebook a annoncé qu’il s’associait avec le groupe de réflexion de l’OTAN, le Conseil Atlantique, afin d’aider à éliminer les fausses nouvelles sur son site. Le conseil d’administration du Conseil est composé de hauts fonctionnaires de l’État, dont Henry Kissinger, Colin Powell, Condoleezza Rice et de nombreux anciens chefs de la CIA, dont Michael Hayden, Leon Panetta et Michael Morell. Après avoir travaillé avec le Conseil, Facebook a immédiatement commencé à interdire et à supprimer les comptes liés aux médias dans les États ennemis officiels comme l’Iran, la Russie et le Venezuela et a commencé à faire taire les critiques des gouvernements occidentaux.

39% des Américains obtiennent leurs informations sur Facebook, 20% sur YouTube et 15% sur Twitter, selon le rapport2019 de l’Institut Reuters sur les Informations Numériques. En outre, un nombre similaire de personnes dans d’autres pays s’appuient sur ces plateformes pour comprendre les événements mondiaux, ce qui signifie en fait que le gouvernement américain contrôle de plus en plus ce que la planète voit en ligne. L’Iran en est un bon exemple : en janvier, à la demande de l’administration Trump, Instagram a interdit tous les messages de soutien au Général Qassem Soleimani, qui avait été tué lors d’une attaque de drones américains.

« Nous opérons sous les lois de sanctions américaines, y compris celles liées à la désignation par le gouvernement américain du Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (CGRI) et de ses dirigeants », a déclaré un porte-parole technique.

Instagram compte plus de 24 millions d’utilisateurs iraniens. Un sondage de l’Université du Maryland a révélé que plus de 80% des Iraniens ont une opinion positive du Général, ce qui signifie que Trump, grâce aux monopoles de la Silicon Valley sur les communications en ligne, pourrait effectivement empêcher une opinion majoritaire d’être exprimée par des Iraniens, à des Iraniens.

L’un des principaux problèmes de toute décision de modération concernant ces géants de la technologie est qu’ils sont tellement dominants qu’ils sont effectivement devenus des services publics, trop grands et trop importants pour ne pas être utilisés. Mais tant qu’ils ne seront pas démantelés ou nationalisés, leur structure opaque conduira toujours à des décisions de ce type qui accroissent la suspicion et l’aliénation.

Alan MacLeod

 

 

Article original en anglais : Big Tech Firms are Using Automation to Censor News About the Coronavirus, Mint Press, le 18 mars 2020

Traduit par Réseau International

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Le professeur Didier Raoult qui est à la tête de l’Institut Hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à Marseille, a annoncé, à la suite d’ essais cliniques le 16 mars l’efficacité de la Chloroquine contre le Covid-19. Pendant que le gouvernement français continue de mettre en doute les recherches du professeur, Donald Trump a, lui, donné son feu vert pour adopter la Chloroquine rapidement.

«Je veux mettre en garde tout le monde», «on ne se précipite pas pour aller en acheter maintenant dans les pharmacies. D’abord parce que si on en prend trop, on peut avoir des conséquences pas terribles, et ensuite parce que nous n’avons pas aujourd’hui la preuve que cela fonctionne», a déclaré, Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement français le 17 mars, elle qui avait déclaré en juillet 2017 : «J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président». Le Figaro titre le 18 mars , «Coronavirus: avec la Chloroquine, la prudence s’impose» en jouant sur une communication négative contre le chercheur. La presse officielle française est décidément hostile envers le docteur français qui apporte une solution simple, facile et pas chère. Déjà, le 25 février alors que médecin avait publié sa vidéo «Coronavirus: fin de partie» sur le site Facebook de son institut, l’organisation du Monde, «Les Décodeurs», en charge de contrôler les fake news sur le Net a déclaré cette vidéo comme étant une désinformation ce qui a amené Facebook à l’estampiller d’une bannière du même avertissement. Pire encore, le ministère français de la Santé a mis en garde durant 36 heures les Français sur l’information de cette même vidéo sur son site. De plus, Didier Raoult a annoncé: «Il y a quelqu’un qui me menace le jour, la nuit si je ne retire pas le fait que la Chloroquine est efficace.

Le 27 février l’institut de Marseille a publié un article intitulé «Chloroquine et coronavirus, vraie ou fake news» pour répondre à la communication très négative réalisée contre le docteur. «Le Dr Zhong Nanshan, président de l’Association Médicale Chinoise (2005-2009), rédacteur en chef du Journal of thoracic disease, directeur de l’Institut des maladies respiratoires de Guangzhou, précise dans une conférence de presse du 27 février 2020 que la Chloroquine a un effet positif et que les patients n’étaient plus porteurs du virus après 4 jours», peut-on lire dans le texte. Mais les autorités françaises ne veulent pas entendre un expert chinois car cela dérange. Pourtant, «chez les gens qui n’ont pas reçu de Plaquenil (nom commercial de la Chloroquine) au bout de 6 jours, 90 % sont toujours porteurs», indique le chercheur et rajoute: «Quand vous mettez du Plaquenil, au bout de 6 jours, que 25 % sont porteurs», «la longueur du portage du virus est déterminante».

Didier Raoult explique que «les maladies infectieuses dans le passé» étaient «traitées par la quarantaine» mais que «c’était plutôt au 15ème ou au 16ème siècle». Lui, il parle «de la biologie moderne», de celle du «21ème siècle» en précisant que «si vous voulez faire de l’isolement, il faut faire de l’isolement moléculaire». «La dernière fois qu’on a installé la quarantaine, c’était pour le choléra à Marseille et je vous assure que cela n’a pas marché», précise-t-il en rajoutant «si vous voulez en avoir une idée, il faut lire Le Hussard sur le toit de Jean Giono insistant qu’«à l’époque actuelle, on doit faire autrement». «Ce qu’on doit faire en maladie infectieuse, c’est diagnostiquer et traiter. Le chercheur dénonce l’aveuglement des autorités françaises: «On est en train de voir un renversement de la puissance technologique, scientifique et intellectuelle vers l’Extrême-Orient et l’Asie. Ceux qui ont fait le plus, sont les Chinois, la Corée».

Le 17 mars, pendant que Sibeth Ndiaye a parlé négativement de la Chloroquine, CNN a présenté à ses auditeurs un «médicament miracle», «simple, existant déjà sur le marché et pas cher qui a des résultats positifs pour lutter contre le Covid-19» et qu’il fallait vite employer dans cette urgence planétaire. L’institut de Marseille a publié la vidéo de CNN sur son site en titrant: «Traitement du Covid-19 par la Chloroquine, les Etats-Unis aussi s’y intéressent!» . Le 19 mars le président américain a déclaré dans une conférence de presse qu’ il a adopté la Chloroquine et qu’il va tout mettre en place pour que ce traitement soigne et sauve les citoyens américains.

 Olivier Renault

 

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Les réponses gouvernementales et populaires face à la pandémie se mettent en place. Pendant ce temps, une crise financière s’est déployée sans que nous soyons convié.e.s à la discussion. Banques centrales et gouvernements empilent les annonces de soutien par dizaines de milliards, pour nous rassurer et nous permettre de passer la tempête. Elles sont aussi là pour éviter la faillite du système bancaire, et éviter trop de pertes aux « investisseurs ».

Un plan de sauvetage des banques camouflé

Alors que les gouvernements nous communiquaient les mesures visant à cantonner l’expansion du Coronavirus et que, chacun.e, nous prenions progressivement la mesure de ce qui allait nous arriver, les mêmes gouvernements, la Commission européenne et les banques centrales annonçaient des plans massifs de « soutien à l’économie » :

25 milliards en Italie, des dizaines de milliards, sans plafond, « quel qu’en soit le coût » en France, 50 milliards de dollars dans le cadre du plan d’urgence aux USA, 37 milliards alloués par les institutions européennes…

Tout cela arrive sur fond de « crise financière », ou plutôt de panique majeure des investisseurs qui constatent bien que, non, ils ne feront pas les bénéfices escomptés cette année. Quoique. Parce que ces plans de sauvetage, quelles visées ont-ils ? Certes, les annonces peuvent nous apaiser, apaiser les entrepreneurs et entrepreneuses, les employé.e.s des petites entreprises et autres structures : une allocation leur sera payée en remplacement de leurs revenus.

Mais ces mesures ressemblent aussi diablement à un massif plan de sauvetage des banques qui ne porte pas son nom.

Valeur du Dow Jones entre décembre 2019 et mars 2020, montrant le plus haut historique de février et le crash de février et mars lors de la pandémie de COVID-19. Crédit : Renerpho

Ceux qui sont vraiment touchés par la crise financière

Des semaines que les bourses paniquent, que les investisseurs et autres détenteurs de capitaux courent comme des poulets sans tête, vendant ce qui pourrait ne plus rapporter autant que prévu à cause des arrêts de production, de la chute de la consommation, et donc des moindres profits à venir ; achetant ce qu’ils espèrent pouvoir être un meilleur pari.

Pendant ces semaines, presque rien dans les journaux papier grand public sur les krachs boursiers en cours. Quelques lignes ici et là. Quelques minutes aux journaux des radios et des télévisions. Comme une anecdote, un vague fait divers.

Pourtant, les journaux économiques en font leur une depuis le tout début de la propagation du virus. Et cela occupait très certainement le premier rang des préoccupations de la minorité d’individus dont le patrimoine est très lié aux cours de bourse et autres valeurs financières. Les banquiers et conseillers financiers à leur service devaient être sur la balle depuis quelques temps.

« On » n’en a pas parlé au-delà des cercles avertis parce que le virus, au fur et à mesure de son avancée, avait un impact beaucoup plus immédiat sur les populations que les tribulations boursières. Qui a un compte titre, qui détient des actions, des obligations ? Pour prendre l’exemple de la Belgique, 40 % de la population n’a pas 1000€ devant soi une fois les dépenses courantes réalisées, alors que 10 % de la population détient 85 % des titres financiers.

En France, moins de 9 % de la population a un patrimoine lié à la bourse.

A bien des égards, ce qui agite les marchés financiers est différent de ce qui provoquait la crise de 2008, mais finalement, on en revient au même :

lorsque après des années de délire spéculatif, après des années de soutien à la « croissance » grâce à l’argent facile des banques centrales, après des années d’un endettement impossible à soutenir et pourtant bien là, après des années de complaisance des États envers le secteur financier, lorsque – après tout cela et plus encore – la valeur des titres financiers s’effondre, ce sont les banques, au cœur de la machine à fabriquer des dettes et des produits financiers, qui risquent l’explosion.

Et lorsque dans le même temps, les ménages et les entreprises rencontrent des difficultés telles qu’ils ne pourront rembourser leurs crédits, cela ne fait qu’ajouter aux risques de faillites bancaires. Alors oui nous sommes bien dans une situation similaire à celle de 2008.

Selon les calculs des experts d’Attac et Basta !, le coût du sauvetage des établissements de l’Hexagone s’est élevé à 30 milliards d’euros en France en 2008/2009 – Crédit : Hunters Race

Ne pas répéter les mêmes erreurs qu’en 2008

Je détaillais les mécanismes d’une crise financière et le rôle central des banques, et comment leur possible faillite nous ‘tient’, dans un article publié en décembre 2019 et intitulé « Prochaine crise financière : faire dérailler le scénario du désastre ».

Mais cette fois, comme on n’oublie pas de nous le répéter, ce serait une « crise d’offre » à laquelle nous ferions face : l’appareil de production est partiellement arrêté, les bars et restaurants, les lieux de loisirs, les lieux culturels, et les commerces et activités qui ne fournissent pas des biens et services essentiels (c’est-à-dire : soins de santé, eau, alimentation, énergie, transport…) sont fermés ou limités dans leurs ouvertures.

Alors, qui va payer tou.te.s ces employé.e.s, déclaré.e.s ou pas, bénéficiaires d’allocations ou pas, laissé.e.s sur le carreau mais qui devront pourtant bien payer le loyer, l’eau, le gaz, l’électricité, les courses… et le remboursement des crédits ? C’est une question importante.

Pourtant, la simplicité et l’énormité de la réponse des États et des banques centrales mélange la prise en charge de tout cela avec un autre sauvetage qui serait absolument inacceptable pour la population : celui des banques et du système financier, sans remise en question profonde de leur fonctionnement, de ce qu’elles sont occupées à faire, de qui les possède.

Des mesures qui incluent des garanties sur les crédits des entreprises (pour éviter des pertes dans le chef des banques), des échelonnements de paiement, des suspensions de paiement – mais pas d’annulation de créances par les banques. Des plans « au bazooka » par des gouvernements qui sortent les gros bras, des milliards d’argent public, et puis c’est tout.

Alors bien sûr, cela pose de multiples questions :

  • Que signifie ce soutien à l’économie ? Si l’on « sauve » les « petit.e.s » que nous sommes, est-ce uniquement pour notre bien, ou est-ce pour s’assurer que nous payons bien notre loyer au propriétaire, et nos traites à la banque ?
  • Les États « sauvent » avec les mêmes moyens qu’en 2008 : en s’endettant. Comment pourrait être remboursée cette dette sinon par des politiques d’austérité encore plus drastiques que les précédentes ?
  • Les banques centrales enchaînent depuis des années les mesures ‘non-conventionnelles’ qui ne signifient rien d’autre qu’un déversement de moyens dans le système financier pour éviter à tout prix qu’il ne vacille et que les créanciers, les détenteurs de capitaux ne perdent leur mise. A quoi cela sert-il de maintenir un appareil qui a prouvé et re-prouvé sa dangerosité, son caractère prédateur, son inanité sinon à éviter de se confronter à la question des pertes que devront bien prendre un jour ou l’autre ceux qui accumulent depuis si longtemps ?

Et elles en amènent d’autres :

  • Est-ce dans tous les cas nécessaire de faire appel à l’État pour éponger les pertes liées aux réductions et arrêts d’activité ?
  • Vu les fortunes qui se cachent derrière les créanciers des banques et des entreprises, derrière les actions qui dévissent, pourquoi est-ce qu’on ne regarde pas plutôt par là ? Sommes-nous d’accord pour que ce soutien public bénéficie encore une fois aux mêmes, ceux qui nous coûtent si cher, nous font si mal et mettent la planète à sac ?

Les grandes entreprises ont publié leurs résultats 2019 il y a peu ou sont en train de le faire. Elles ont déjà annoncé les dividendes qui seront versés à leurs actionnaires au titre de leur formidable année 2019 : pourquoi ne pas imposer qu’elles abandonnent le paiement des dividendes pour prendre en charge elles-mêmes les pertes liées au non-paiement des factures et autres créances par leurs client.e.s en difficulté – allocataires sociaux, petits revenus, petites entreprises… ?

Il est important que l’on discute de tout cela, confiné ou pas, et elles en amèneront certainement encore bien d’autres. Elles sont importantes dès aujourd’hui. Car au-delà des dépenses immédiates liées au Coronavirus (notamment pour l’hôpital public et tout le personnel soignant), au-delà du soutien immédiat qu’il serait nécessaire d’apporter aux personnes faisant face à des difficultés matérielles et donc sanitaires immédiates (accès à un logement sain, sûr et suffisamment spacieux, accès à l’eau, la nourriture, l’énergie), il nous faut nous demander ce qui mérite d’être sauvé.

Qui doit payer le grand sauvetage de l’économie, et de quelle économie parle-t-on, de qui parle-t-on ? Arrêtons de croire que des pertes importantes dans la finance et dans les banques seraient une catastrophe pour tout le monde. Imposer les pertes à ceux qui ont accumulé sur notre dos et au prix de destructions incommensurables depuis toutes ces années, est une nécessité – et ne nous inquiétons pas : ils en ont très largement les moyens. [A suivre…]

Aline Fares

Source : La Relève et La Peste Via le CADTM

Crédit Photo couverture : La Banque Centrale Européenne à Francfort – ProfessionalPhoto de Pixabay

Aline Fares est conférencière, auteure et militante.
Voir également sa page « Chroniques d’une ex-banquière »

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Le coronavirus et la Fondation Gates

mars 20th, 2020 by F. William Engdahl

On peut dire que personne n’a été plus actif que Bill Gates et la Fondation Bill et Melinda Gates pour promouvoir et financer la recherche sur les vaccins contre le coronavirus. Du parrainage d’une simulation d’une pandémie mondiale de coronavirus, quelques semaines avant l’annonce de l’épidémie à Wuhan, au financement de nombreux efforts des entreprises pour mettre au point un nouveau vaccin contre ce virus apparemment nouveau, la présence de Gates est là. Qu’est-ce que cela implique réellement ?

Nous devons admettre que Bill Gates est pour le moins prophétique. Il affirme depuis des années qu’une pandémie mondiale meurtrière va se produire et que nous ne sommes pas préparés à y faire face. Le 18 mars 2015, Gates a fait un exposé sur les épidémies à Vancouver. Ce jour-là, il a écrit sur son blog :

« Je viens de faire un bref exposé sur un sujet sur lequel j’ai beaucoup appris ces derniers temps : les épidémies. L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est une tragédie – au moment où j’écris ces lignes, plus de 10 000 personnes sont mortes ». Gates a ensuite ajouté : « Aussi terrible que cette épidémie ait été, la prochaine pourrait être bien pire. Le monde n’est tout simplement pas prêt à faire face à une maladie – une grippe particulièrement virulente, par exemple – qui infecte très rapidement un grand nombre de personnes. De toutes les choses qui pourraient tuer 10 millions de personnes ou plus, la plus probable est de loin une épidémie ».

Cette même année, en 2015, Bill Gates a écrit un article pour le New England Journal of Medicine intitulé « La prochaine épidémie : Leçons d’Ebola ». Il y parle d’une classe spéciale de médicaments qui « consiste à donner aux patients un ensemble de structures particulières à base d’ARN qui leur permettent de produire des protéines spécifiques (dont des anticorps). Bien que ce domaine soit très nouveau, il est prometteur car il est possible qu’une thérapie sûre puisse être conçue et mise en fabrication à grande échelle assez rapidement. Une recherche plus fondamentale ainsi que les progrès de sociétés comme Moderna et CureVac pourraient à terme faire de cette approche un outil clé pour stopper les épidémies ». Moderna et CureVac reçoivent tous deux aujourd’hui des fonds de la Fondation Gates et mènent la course au développement d’un vaccin COVID-19 approuvé, basé sur l’ARNm.

2017 et création du CEPI

Une pandémie mondiale de type grippal est en fait une chose à laquelle Gates et sa fondation bien financée ont passé des années à se préparer. En 2017, lors du Forum Économique Mondial de Davos, Gates a lancé une initiative appelée CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (Coalition pour l’Innovation en matière de Préparation aux Épidémies)), en collaboration avec les gouvernements de Norvège, d’Inde, du Japon et d’Allemagne, ainsi qu’avec le Wellcome Trust du Royaume-Uni. Son objectif déclaré est « d’accélérer la mise au point des vaccins dont nous aurons besoin pour contenir les apparitions » de futures épidémies. Il avait alors fait remarquer que « l’un des domaines prometteurs de la recherche sur le développement des vaccins est l’utilisation des progrès de la génomique pour cartographier l’ADN et l’ARN des agents pathogènes et fabriquer des vaccins ». Nous y reviendrons.

Événement 201

En 2019, Bill Gates et la fondation se lançaient à fond dans des scénarios de pandémie. Il a réalisé une vidéo sur Netflix qui a donné lieu à un scénario imaginaire inquiétant. La vidéo, qui fait partie des séries « Expliquées », imaginait un marché humide en Chine où des animaux vivants et morts sont empilés et où un virus hautement mortel éclate et se répand dans le monde entier. Gates apparaît en tant qu’expert dans la vidéo pour avertir : « Si vous pensez à quelque chose qui pourrait survenir et qui tuerait des millions de personnes, une pandémie est notre plus grand risque ». Il a déclaré que si rien n’était fait pour mieux se préparer aux pandémies, le temps viendrait où le monde regarderait en arrière et souhaiterait avoir investi davantage dans des vaccins potentiels. C’était des semaines avant que le monde n’entende parler de chauves-souris et d’un marché de produits vivants à Wuhan, en Chine.

En octobre 2019, la Fondation Gates s’est associée au Forum Économique Mondial et au Johns Hopkins Center for Health Security pour réaliser ce qu’ils ont appelé une simulation de scénario « fictif » impliquant certaines des plus grandes figures de la santé publique mondiale. Cette simulation a été appelée « Événement 201 ».

Comme le décrit leur site web, l’Événement 201 simulait une « apparition d’un nouveau coronavirus zoonotique transmis de chauve-souris à porc à l’homme, qui finit par se transmettre efficacement d’une personne à l’autre, entraînant une grave pandémie ». L’agent pathogène et la maladie qu’il provoque sont largement inspirés du SRAS, mais il est plus transmissible dans le cadre communautaire par des personnes présentant des symptômes bénins ».

Dans le scénario « Événement 201 », la maladie prend naissance dans un élevage de porcs au Brésil, se propage dans les régions à faible revenu et finit par exploser en une épidémie. La maladie est transportée par avion au Portugal, aux États-Unis et en Chine, et au-delà, au point qu’aucun pays ne peut la contrôler. Le scénario prévoit qu’aucun vaccin ne sera disponible la première année. « Comme toute la population humaine est sensible, au cours des premiers mois de la pandémie, le nombre cumulé de cas augmente de façon exponentielle, doublant chaque semaine ».

Le scénario se termine alors après 18 mois, lorsque le coronavirus fictif a causé 65 millions de morts.

« La pandémie commence à ralentir en raison de la diminution du nombre de personnes sensibles. La pandémie se poursuivra à un certain rythme jusqu’à ce qu’un vaccin efficace soit disponible ou que 80 à 90% de la population mondiale ait été exposée ».

Les Acteurs de l’Événement 201

Aussi intéressant que puisse être le scénario fictif de l’Événement Gates-Johns Hopkins 201 d’octobre 2019, la liste des panélistes invités à participer à la réponse mondiale imaginaire est tout aussi intéressante.

Parmi les « acteurs » sélectionnés, comme ils ont été appelés, se trouvait George Fu Gao. Le Professeur Gao est notamment Directeur du Centre chinois pour le contrôle et la Prévention des Maladies depuis 2017. Sa spécialisation comprend des recherches sur « la transmission interespèces du virus de la grippe (saut d’hôte)… Il s’intéresse également à l’écologie des virus, en particulier la relation entre le virus de la grippe et les oiseaux migrateurs ou les marchés de volailles vivantes et l’écologie et la biologie moléculaire des virus dérivés des chauves-souris ». L’écologie des virus dérivés de la chauve-souris…

Le Professeur Gao a été rejoint, entre autres, par l’ancienne Directrice Adjointe de la CIA pendant le mandat d’Obama, Avril Haines. Elle a également été l’assistante du Président Obama et la principale adjointe du Conseiller à la Sécurité Nationale. Le contre-amiral Stephen C. Redd, Directeur du Bureau de Préparation et d’Intervention en matière de Santé Publique aux Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) a également participé à l’événement de Gates. Ce même CDC est au centre d’un énorme scandale pour ne pas avoir à disposition des tests fonctionnant adéquats pour tester les cas de COVID-19 aux États-Unis. Leur préparation était tout sauf louable.

Le groupe était complété par Adrian Thomas, le Vice-Président de Johnson & Johnson, le géant de la médecine et de la pharmacie, qui a fait l’objet d’un scandale. Thomas est responsable de la préparation aux pandémies chez J&J, notamment du développement de vaccins contre le virus Ebola, la dengue et le VIH. Et il y avait Martin Knuchel, responsable de la gestion des crises, des urgences et de la continuité des activités pour le groupe Lufthansa Airlines. Lufthansa a été l’une des principales compagnies aériennes à réduire considérablement ses vols pendant la crise de la pandémie de COVID-19.

Tout cela montre que Bill Gates a été très préoccupé par la possibilité d’une pandémie mondiale qui, selon lui, pourrait être encore plus importante que les décès présumés dus à la mystérieuse grippe espagnole de 1918, et qu’il a lancé un avertissement au moins au cours des cinq dernières années ou plus. La Fondation Bill & Melinda Gates a également participé au financement du développement de nouveaux vaccins en utilisant les technologies de pointe d’édition de gènes du CRISPR et d’autres technologies.

Les vaccins contre le coronavirus

L’argent de la Fondation Gates soutient le développement de vaccins sur tous les fronts. La société Inovio Pharmaceuticals de Pennsylvanie a reçu 9 millions de dollars de la CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations), soutenue par la fondation Gates, pour développer un vaccin, INO-4800, qui est sur le point d’être testé sur l’homme en avril, un délai suspectement rapide. En outre, la Fondation Gates vient de donner à la société 5 millions de dollars supplémentaires pour développer un dispositif intelligent propriétaire pour l’administration intradermique du nouveau vaccin.

En outre, les fonds de la Fondation Gates, via le CEPI, financent le développement d’une nouvelle méthode de vaccination radicale connue sous le nom d’ARN messager ou ARNm.

Ils cofinancent la société de biotechnologie de Cambridge, Massachusetts, Moderna Inc. pour développer un vaccin contre le nouveau coronavirus de Wuhan, maintenant appelé SARS-CoV-2. L’autre partenaire de Moderna est l’Institut National Américain des Allergies et des Maladies Infectieuses (NIAID), qui fait partie des Instituts Nationaux de la Santé (NIH). Le chef du NIAID est le Dr Anthony Fauci, la personne au centre de la réponse d’urgence de l’administration Trump en matière de virus. Le vaccin contre le coronavirus Fauci-Gates Moderna, ARNm-1273, a été mis en place en quelques semaines, et non en quelques années. Le 24 février, il a été envoyé directement au NIH de Fauci pour des tests sur des cobayes humains, et non sur des souris comme c’est normalement le cas. Le conseiller médical en chef de Moderna, Tal Zaks, a déclaré : « Je ne pense pas que le fait de prouver cela sur un modèle animal soit pertinent pour le porter à un essai clinique ».

Une autre admission notable de Moderna sur son site web est l’avertissement légal, « Note spéciale concernant les déclarations prospectives : …Ces risques, incertitudes et autres facteurs comprennent, entre autres : … le fait qu’il n’y a jamais eu de produit commercial utilisant la technologie ARNm dont l’utilisation ait été approuvée ». En d’autres termes, la santé et la sécurité des personnes n’ont absolument pas été prouvées.

Une autre société de biotechnologie travaillant avec la technologie ARNm non éprouvée pour développer un vaccin pour le COVID-19 est une société allemande, CureVac. Depuis 2015, CureVac a reçu de l’argent de la Fondation Gates pour développer sa propre technologie ARNm. En janvier, la CEPI, soutenue par la Fondation Gates, a accordé plus de 8 millions de dollars pour développer un vaccin à ARNm pour le nouveau coronavirus.

Ajoutez à cela le fait que la Fondation Gates et les entités connexes telles que la CEPI constituent les plus grands bailleurs de fonds de l’entité public-privé connue sous le nom d’OMS, et que son directeur actuel, Tedros Adhanom, le premier Directeur de l’OMS de l’histoire à ne pas être médecin, a travaillé pendant des années sur le VIH avec la Fondation Gates lorsque Tedros était Ministre du gouvernement en Éthiopie, et nous voyons qu’il n’y a pratiquement aucune région où sévit la pandémie actuelle de coronavirus qui ne porte pas les empreintes de l’omniprésent Gates. Si c’est pour le bien de l’humanité ou s’il y a lieu de s’inquiéter, le temps nous le dira.

F. William Engdahl

 

 

Article original en anglais :

Coronavirus, Vaccines and the Gates Foundation

Traduit par Réseau International

 

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Le refrain commun est que l’Arabie Saoudite a lancé une guerre des prix du pétrole contre la Russie en augmentant la production et en vendant à prix réduit, ce qui, en plus de la pression de la destruction de la demande causée par l’action sur le changement climatique et de l’assaut sur le système financier mondial de la pandémie de coronavirus, a fait chuter le prix du pétrole de quelque 30% la semaine dernière.

Mais est-ce là toute l’histoire ? Ou est-ce la véritable histoire ? Un ensemble complexe de facteurs est à l’œuvre ici.

Pour récapituler, le pacte de trois ans entre l’OPEP et la Russie (connu sous le nom d’OPEP+) sur la réduction de la production s’est sommairement terminé le 6 mars lorsque Moscou a refusé d’accepter une proposition de l’Arabie Saoudite visant à réduire la production de pétrole de 1,5 million de barils supplémentaires par jour – 1 million pour l’OPEP et 0,5 million pour les pays producteurs de pétrole non-membres de l’OPEP.

Pourquoi la Russie a-t-elle adopté une telle position ? Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré le 10 mars que Moscou envisageait d’étudier différentes options à propos de la situation sur les marchés avant les négociations de l’OPEP+ à Vienne il y a trois jours, et que « diverses options avaient été calculées et examinées à l’avance ».

Fondamentalement, la position de Moscou est que des réductions de production plus importantes ne résoudront pas le problème, qui est nécessairement lié à la baisse de la demande de pétrole. Poutine a déclaré lors d’une réunion des responsables et des producteurs russes de l’énergie le 1er mars que les prix du pétrole en vigueur [environ 50 dollars le baril] étaient un niveau acceptable pour la Russie, puisque le budget du pays est fixé sur un prix moyen du Brent de 42,40 dollars le baril.

Lors d’une réunion des responsables de l’Énergie à Moscou le 1er mars, Poutine a déclaré :

« Nos réserves accumulées, incluant le Fonds de Richesse Nationale, sont suffisantes pour assurer une situation stable, le respect de tous les engagements budgétaires et sociaux, même en cas de détérioration possible de la situation économique mondiale ». Cependant, a-t-il ajouté, la Russie a réalisé la nécessité d’une certaine action « notamment avec les partenaires étrangers ».

Selon la transcription publiée par le Kremlin, Poutine a déclaré lors de la réunion que l’OPEP+ « s’est révélée être un instrument efficace pour assurer la stabilité à long terme des marchés mondiaux de l’Énergie. Grâce à cela, nous avons obtenu des recettes budgétaires supplémentaires et, ce qui est important, nous avons donné la possibilité aux entreprises en amont d’investir en toute confiance dans des projets de développement prometteurs ».

Il est clair que Moscou n’a pas voulu sortir de l’accord lors de la réunion de l’OPEP+ à Vienne le 6 mars. Le fait est que les Saoudiens ont ignoré la position de compromis de la Russie, qui proposait d’étendre l’accord OPEP+ avec les quotas existants et de continuer à surveiller avec précision la situation volatile du marché.

Quels intérêts l’Arabie Saoudite servait-elle ? On sait que le Président américain Donald Trump a parlé au téléphone avec le Prince Héritier saoudien Mohammed bin Salman à la veille de la réunion de Vienne.

Des médecins de la Croix-Rouge attendent de vérifier la température des participants à la réunion de l’OPEP+ à Vienne, le 6 mars 2020. Aucun n’a été trouvé infecté par le coronavirus, mais la réunion s’est terminée en désaccord.

Les experts russes soupçonnent que l’Arabie Saoudite ait joué un double jeu. Selon eux, Riyad et Washington ont manipulé les prix du pétrole (et le taux de change) pour tenter d’évincer Moscou du marché mondial de l’Énergie et de déstabiliser la situation politique en Russie.

En effet, dans l’arène géopolitique, l’Arabie Saoudite a historiquement toujours joué du côté des États-Unis, et il se trouve que ces deux pays sont devenus les principaux bénéficiaires de l’accord OPEP+.

Trump a brillamment transformé l’accord OPEP+ (qui visait à stabiliser les prix du pétrole dans un contexte de faible coût des hydrocarbures) en un outil d’expansion pour les entreprises américaines du secteur du schiste. Les prix élevés du pétrole (grâce à l’accord OPEP+) ont rendu la production américaine de pétrole de schiste rentable, et les États-Unis ont saisi l’occasion pour achever la création d’une grande infrastructure d’exportation et ont pénétré de nouveaux grands marchés (comme l’Inde.)

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 2016, date de la conclusion de l’accord OPEP+, les exportations américaines de pétrole ont été multipliées par cinq et la production de schiste est passée de 8,9 à 13,1 millions de barils par jour.

L’Arabie Saoudite a elle aussi tiré un grand profit de l’accord OPEP+, comme en témoigne sa décision d’introduire en bourse Saudi Aramco afin de générer des fonds pour l’ambitieux programme de réformes sociales et économiques de MbS sous la rubrique « Vision 2030 ».

Au contraire, l’accord OPEP+ signifiait essentiellement le retrait volontaire de la Russie du marché, ce qui signifiait bien sûr la perte de revenus potentiels. Ainsi, en disant « Nyet » à l’appel saoudien pour une nouvelle réduction de la production de pétrole par la Russie, Moscou a essentiellement signalé lors de la réunion de Vienne qu’elle ne subventionnerait plus la production américaine de pétrole de schiste.

Cela dit, il est tout à fait concevable aussi que MbS ait eu ses propres considérations pour inonder le marché alors que la demande mondiale s’effondre. La lutte pour la succession au sein de la famille royale s’intensifie et la crise du marché du pétrole et la panique qui s’ensuit au sein de la famille royale ont peut-être fourni un écran de fumée à MbS pour sévir contre ses adversaires politiques afin de renforcer sa propre position en tant qu’héritier du roi Salman. (En fait, la répression se poursuit).

Le Premier Ministre russe Mikhail Mishustin a déclaré :

« Nous n’avons pas pris l’initiative de nous retirer de l’accord [accord OPEP+]. Au contraire, nous avons proposé de prolonger l’accord aux conditions existantes, au moins jusqu’à la fin du deuxième trimestre ou pour un an, afin de ne pas compliquer la situation qui s’est développée avec la propagation du coronavirus ».

Mais il va sans dire que la Russie était prête à subir une telle baisse des prix. À partir du mois d’avril, toutes les restrictions de production seront levées.

La Russie dispose de réserves suffisantes pour le long terme, malgré la faiblesse des prix du pétrole. Mishustin a déclaré :

« Nous vivons dans des conditions d’inflation plutôt faible depuis plusieurs années, nous disposons donc d’une grande marge de sécurité : les avoirs en or et en devises de la Banque de Russie ont dépassé 570 milliards de dollars, le volume des liquidités du Fonds de Richesse Nationale est estimé à plus de 10 000 milliards de roubles, et même avec des prix du pétrole constamment bas, cela suffira pendant de nombreuses années pour compenser les pertes budgétaires de ces fonds ».

En outre, la Russie a travaillé sur des mesures supplémentaires de substitution aux importations dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture.

En résumé, la Russie semble anticiper que la « guerre des prix » avec l’Arabie Saoudite pourrait ne pas prendre fin de sitôt. Les experts s’accordent à dire que les deux pays peuvent survivre, même à des prix bien inférieurs à 30 dollars le baril, en étant en mesure de puiser dans leurs réserves de devises étrangères (environ un demi-billion de dollars), bien que la Russie soit bien mieux placée dans la mesure où son point d’équilibre fiscal est estimé à environ 42 dollars le baril, alors que celui de l’Arabie Saoudite est à 80 dollars.

L’économie de l’Arabie Saoudite est dépendante du pétrole et le faible prix des matières premières entraînera un grave déficit budgétaire. Mais elle peut compenser les pertes de revenus par des réserves, des emprunts et même la dévaluation de la monnaie nationale. L’Arabie Saoudite peut vivre avec le prix à 30 dollars le baril pendant plusieurs années et il est juste d’estimer que Saudi Aramco, étant donné les particularités de ses champs, peut produire du pétrole en toute sécurité et à 15 dollars le baril « non seulement pendant longtemps, mais presque pour toujours », comme l’a dit un expert russe.

La Russie possède également des gisements dont les coûts de production sont très faibles en raison de la proximité des infrastructures de transport. Mais la « guerre des prix » des deux plus grands producteurs de pétrole pourrait nuire à d’autres pays, notamment aux États-Unis. Si Washington ne prend pas de mesures défensives énergiques, les compagnies de schiste commenceront à perdre des parts de marché au fil du temps.

La Russie et l’Arabie Saoudite ont un intérêt commun à augmenter leur production et à forcer les producteurs américains de schiste à partir, afin que le marché puisse s’équilibrer dans les deux ou trois prochaines années. La période de crise approche pour l’industrie américaine du schiste, car toutes les restrictions à la production expirent à la fin du mois de mars et chacun peut produire à sa guise.

Le pétrole pourrait facilement se situer dans les 20 dollars à tout moment. Lundi, le pétrole brut Brent a plongé sous les 30 dollars pour la première fois depuis 2016. Un effondrement du marché pétrolier pourrait rapidement plonger le Texas, le Dakota du Nord et les Appalaches, entre autres, dans une récession. Javier Blas, correspondant en chef pour l’énergie chez Bloomberg News, a tweeté la semaine dernière : « Le secteur américain du schiste est en train de disparaître complètement. Un véritable bain de sang. Des milliards de dollars de capitaux mobilisés sont engloutis ».

Déjà, l’idée d’une sorte de sauvetage fédéral des producteurs de pétrole et de gaz américains a fait surface à la Maison Blanche, avec Harold Hamm, fondateur de Continental Resources Inc. et parfois conseiller du Président en matière d’Énergie, qui a demandé à l’administration Trump d’aider les frackers nationaux à lutter contre les barils à bas prix.

Il en ressort qu’en dépit de leurs différences, les Saoudiens et les Russes ont un intérêt mutuel à voir l’effondrement actuel des prix nuire aux producteurs américains de schiste qui semblent désormais vulnérables. Trump a annoncé vendredi dernier que le gouvernement fédéral allait remplir la Réserve Stratégique de Pétrole « au maximum » pour aider à soutenir l’industrie énergétique. Mais malgré l’intervention présidentielle, la pandémie de coronavirus détruit la demande car les compagnies aériennes annulent leurs vols et le commerce mondial s’en ressent. Le 9 mars, l’Agence Internationale de l’Énergie a prévu une réduction de la demande de 90 000 b/j en 2020.

En outre, l’économie américaine entre dans une période de récession en raison de la pandémie et la crise est d’une ampleur gigantesque, avec « un plongeon soudain de l’activité économique dans tout le pays et un rythme de fortes fluctuations du marché jamais vu depuis la Grande Dépression », comme l’a écrit Politico lundi.

Il ne s’agit pas exactement d’une guerre des prix du pétrole entre l’Arabie Saoudite et la Russie. Elle a une apparence trompeuse et ressemble même à un projet saoudien-russe, blessé par l’apparition explosive de l’industrie américaine de la fracturation, pour récupérer les gros morceaux de leur part de marché perdue.

Il y a aussi beaucoup d’amertume un peu partout. Une analyse de Bloomberg a noté que :

« La Russie était de plus en plus en colère contre la volonté de l’administration Trump d’utiliser l’Énergie comme un outil politique et économique. Elle était particulièrement irritée par l’utilisation de sanctions par les États-Unis pour empêcher l’achèvement d’un gazoduc reliant les champs gaziers de Sibérie à l’Allemagne, connu sous le nom de Nord Stream 2. La Maison Blanche a également ciblé les activités vénézuéliennes du producteur de pétrole russe Rosneft ».

Alexander Dynkin, Président de l’Institut de l’Économie Mondiale et des Relations Internationales à Moscou, un groupe de réflexion géré par l’État, a déclaré :

« Le Kremlin a décidé de sacrifier l’OPEP+ pour arrêter les producteurs américains de schiste et punir les États-Unis pour avoir mis le nez dans le Nord Stream 2. Bien sûr, contrarier l’Arabie Saoudite pourrait être une chose risquée, mais c’est la stratégie de la Russie en ce moment – une géométrie flexible des intérêts ».

L’industrie pétrolière russe s’est toujours opposée à l’accord OPEP+ sur la réduction de la production. Il est possible que ce lobby ait ajouté à la déception du Kremlin ces derniers temps, du fait que les investissements saoudiens attendus en Russie ne se sont pas concrétisés.

Néanmoins, les ministères russe et saoudien de l’Énergie entretiennent des relations cordiales et les mécanismes diplomatiques du groupe OPEP+ sont toujours en place, laissant la porte ouverte au tango des deux parties. L’OPEP+ n’est pas terminée, c’est sûr.

M. K. Bhadrakumar

 

Article original en anglais : Oil price war is more about market share, Indian Punchline, le

Traduit par Réseau International

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Moins d’une semaine après l’annonce du confinement par Macron, le coronavirus continue de se répandre en France et dans toute Europe, qui est devenue le centre de la pandémie mondiale et a dépassé la Chine en nombre de décès. Les hôpitaux français sont déjà en surchauffe notamment dans la région du Grand Est, dévoilant l’état fragile des infrastructures hospitalières et sociales, dévastées par les décennies d’austérité de gouvernements successifs et de l’Union européenne (UE).

Le Pr Jérome Salomon, directeur général de la Santé lors d’un point sur la situation de mercredi a indiqué qu’ «Il y a un doublement des cas tous les jours, l’épidémie s’étend sur le territoire national et s’aggrave rapidement». En France, 10.995 cas sont confirmés par test diagnostic PCR, 4.461 sont hospitalisés, 1.122 cas graves sont en réanimation. Selon les chiffres officiels, 5.500 sont à domicile, confinées ou guéris; 372 décès sont comptabilisés.

Vu qu’aucun dépistage massif n’a été effectué, ces chiffres sont probablement en dessous de la réalité. Une personne qui présente des symptômes du coronavirus n’est pas automatiquement contrôlée mais est invitée à rester chez elle et ne doit appeler le Samu (Service d’Aide Médical urgent) que si elle présente des difficultés respiratoires.

Le Covid-19 met à rude épreuve le système hospitalier. Certains services d’urgences et de réanimation sont déjà au bord de la saturation malgré le déclenchement du plan blanc par le ministre de la Santé, Olivier Véran. Dans le Grand Est, région la plus touchée de France avec 1.820 cas positifs et 61 décès recensés, les hôpitaux étaient déjà saturés avant même l’annonce du confinement lundi soir par Macron.

Le chef du service des urgences de Mulhouse, Marc Noizet, tirait la sonnette d’alarme ce lundi au micro de France Inter: «Alors que nous étions très sollicités, depuis trois semaines, sur la partie pré hospitalière – régulation, médecine de ville – avec des cas relativement banals de syndrome grippal, depuis cinq jours, nous sommes sur-sollicités avec des patients qui arrivent à l’hôpital avec de véritables signes de gravité et de sévérité qui nécessitent une prise en charge obligatoire en milieu hospitalier. Et puis, depuis trois jours, on accueille un nombre de cas excessivement sévères, en détresse, qui nécessitent une prise en charge en réanimation et qui ont d’ores et déjà saturé toutes nos capacités de réanimation dans le département du Haut-Rhin et progressivement, dans le département du Bas-Rhin et les départements avoisinants.»

Le Dr Noizet alertait aussi sur le manque de moyens humains et matériels indispensables pour maintenir les malades en vie: «Il y a une vraie problématique de disponibilité de stocks de matériel, non seulement sur les respirateurs, mais également sur tout l’environnement technique nécessaire pour armer un lit de réanimation. Donc, les industriels sont sollicités, mais évidemment il y a la problématique de stocks. Je sais qu’en Italie on va faire venir du matériel de Chine. Nous avons sollicité les pouvoirs publics pour nous y aider. Nous avons aussi sollicité d’autres établissements, notamment dans les régions qui ne sont pas encore soumises à la pression, de manière à trouver ce matériel pour équiper de nouveaux lits.»

Pour désengorger les hôpitaux du Grand Est, un hôpital de campagne militaire avait été déployé pour y installer 30 lits de réanimation. L’armée a été appelé en secours pour évacuer six patients de l’hôpital de la métropole du Haut-Rhin contaminés par le coronavirus vers l’hôpital de Toulon dans le Var, moins touché par l’épidémie.

Dans le même temps, un document remis à la Direction générale de la Santé (DGS), intitulé «Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie», prévoit d’opérer une sélection des personnes devant être soignées où non. Selon le Conseil consultatif national d’éthique, «Les ressources telles que les lits de réanimation et leur équipement lourd sont déjà des ressources rares qui risquent de s’avérer insuffisantes si le nombre de forme graves est élevé. Dès lors, les médecins peuvent devoir établir des priorités, parfois dans de mauvaises conditions et avec des critères toujours contestables.»

Cette crise sanitaire montre la faillite du supposé modèle social à la française, et plus largement du capitalisme européen. Trois décennies après la chute de l’URSS, les politiques d’austérité ont servi à détruire le système social acquis par la classe ouvrière après la Seconde Guerre mondiale. Des centaines de milliards ont été transférés vers l’aristocratie financière et pour mener des guerres néocoloniales.

Le système de santé a été systématiquement attaqué par les différents gouvernement désorganisant les hôpitaux. Le budget de 2019 prévoyait une baisse de 3,8 milliards de budget pour la santé, soit 11,4 milliards sur 4 ans. Ces sommes auraient largement pu contribuer à l’achat de matériels comme les appareils respirateurs indispensables pour les personnes ayant besoin d’oxygénation du sang pour vivre.

Alors que la France est la 6e puissance économique mondiale et a vu en 2019 la plus forte augmentation au monde des revenus pour le 1 pour cent le plus riche, la France est classé 19e en termes de lits en soins intensifs pour ses habitants, selon l’OCDE.

Le Japon possède 7,8 lits pour 1.000 habitants, il y en a 7,1 pour 1000 en Corée du Sud et 6 pour 1000 en Allemagne. La France est surclassée par beaucoup d’ex-pays soviétiques de l’Est: Lituanie (5,5), République slovaque (4,9), Pologne (4,8), Hongrie (4,3), Slovénie (4,2), République tchèque (4,1), Estonie (3,5) et Lettonie (3,3). La France est devant l’Italie (2,6), les Etats-Unis (2,4), l’Espagne (2,4) et le Royaume-Uni (2,1). Le Chili (2), le Canada (1,9) et le Mexique (1,4) ferment la marche.

Un scénario à l’italienne est en cours en France avec une semaine de retard, mais il y aura, comme l’a annoncé Buzyn, «des milliers de morts».

Alors que les gouvernements s’empressaient d’injecter des milliers de milliards sur les marchés, le gouvernement Macron a abandonné le système de santé, sans matériel ni préparation durant des mois, livré à lui même pour faire face à la contamination au coronavirus.

Les élites dirigeantes n’ont que du mépris pour les travailleurs pendant cette catastrophe sanitaire. L’éruption de grèves et de débrayages, en Italie comme en France, contre l’obligation de travailler à des postes non-essentiels en pleine pandémie n’est qu’un début de réaction de la classe ouvrière.

Les travailleurs ne peuvent rien attendre du gouvernement Macron. Il faut mobiliser les travailleurs politiquement pour exiger le traitement gratuit de tous les malades du coronavirus; un soutien financier aux travailleurs, indépendants et commerçants dont l’activité est menacée par les mesures de quarantaine et un programme international d’investissements publics, financés en réquisitionnant les fortunes des milliardaires afin d’assurer les ressources financières et industrielles nécessaires pour traiter les centaines de milliers de malades du coronavirus à l’échelle internationale.

Anthony Torres

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COVID-19, l’État Macron criminel

mars 20th, 2020 by Me Régis de Castelnau

Le site Atlantico m’a demandé de développer un peu les éléments que j’avais présentés brièvement dans mon article précédent à la suite des aveux lamentables d’Agnès Buzyn.

Je reproduis ici mon interview que l’on peut également retrouver directement sur le site d’Atlantico.

Je profite de l’occasion pour inviter à la lecture de l’article de Michel Onfray qui transforme Agnès Buzyn en petit bois. Elle ne méritait pas autre chose peut-être même pire.

Atlantico.fr : Agnès Buzyn a confié dans un article du Monde, publié ce mardi, qu’elle avait pris conscience de la gravité de la crise sanitaire qui se profilait dès le mois de janvier dernier. Se faisant, elle dit avoir averti Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Jérôme Salon, le directeur général de la Santé. Dès lors, et parce que le gouvernement a grandement tardé à réagir, comment peut-on qualifier, en termes juridiques, la faute qui a été commise ?

Régis de Castelnau : C’est une question fondamentale que pose l’intervention d’Agnès Buzyn dans les colonnes du Monde, intervention en forme d’aveu, de tentative de justification, et de souci de se défausser. On va quand même rappeler que Madame Buzyn était ministre de la Santé et qu’elle a abandonné son poste pour mener une campagne électorale dérisoire alors même qu’elle reconnaît que lorsqu’elle est partie, elle avait une claire connaissance de la catastrophe qui arrivait. Le fait qu’elle le reconnaisse à ce moment en impliquant les plus hautes autorités de l’État est également une mauvaise action. Depuis le début de l’aventure Macron, nous avons vu une parole publique déjà bien malade se disqualifier de plus en plus. Ce coup de pied de l’âne donné au président de la république, au premier ministre et au directeur général de la santé au moment où justement ils ont en charge l’organisation du combat contre le virus est une nouvelle mauvaise action Madame Buzyn. Qu’elle se débrouille avec son honneur terni, nos réserves de compassion vont vers tout ceux qui sont frappés et en particulier ceux qui sont les victimes de ses carences et de son incompétence.

Cela étant, les aveux de l’ancienne ministre de la Santé posent immédiatement un problème juridique et judiciaire. Dans un pays où normalement les pouvoirs sont séparés, l’appréciation de la responsabilité l’exécutif dans sa conduite de la politique de la nation relève du Parlement. Si la représentation nationale considère qu’il est défaillant il peut le renverser. Mais, le problème se pose sur cette question de la pandémie également en termes de contrôle juridique et judiciaire de ses actes.

Il y a deux précédents bien connus que sont l’affaire de l’amiante et l’affaire du sang contaminé. Ou parallèlement à la critique politique qui avait pu être faite du comportement des autorités publiques, se sont déroulées des procédures judiciaires mettant en cause les décideurs.

Les faits qu’invoque Agnès Buzyn dans ses déclarations, s’ils sont établis encourent l’application des articles 221–6 et 121–3 du Code pénal relatif aux homicides et coups et blessures involontaires. Le problème se pose dans les termes suivants : lorsqu’est commise une faute entraînant un dommage corporel, en droit français, s’applique la théorie juridique de « l’équivalence des conditions ». Cela veut dire que pourront être poursuivi non seulement les auteurs DIRECTS de la faute à l’origine du dommage, mais également tous les auteurs INDIRECTS ayant commis une faute de nature à avoir contribué ou aggravé ce dommage. Cette théorie appliquée d’abord par la jurisprudence depuis le XIXe siècle a été ensuite reprise directement dans la loi. Elle s’oppose à celle qualifiée de « causalité adéquate » où l’on ne poursuivrait que les auteurs directs.

Dans l’affaire de l’amiante, il est établi que la dangerosité de ce produit était scientifiquement acquise en 1976. Le fait pour les pouvoirs publics de ne pas avoir pris les mesures de protection pour ceux qui étaient exposés constituait une faute administrative mais également une faute pénale. De la même façon, lorsque l’on a su que les transfusions sanguines pouvaient provoquer la contagion du sida, le fait de n’avoir pas réglementé cette institution en imposant le chauffage préalable du sang était une faute pénale qui a été réprimée devant les juridictions judiciaires pour les fonctionnaires et la Cour de Justice de la république pour les ministres.

Les déclarations d’Agnès Buzyn donnent à penser que l’exécutif n’a pas pris les mesures de prévention qu’imposaient la connaissance de la catastrophe qui venait. Ce faisant ils ont aggravé les risques de contracter le virus avec toutes les conséquences.

Alors qu’il semblerait que ni Emmanuel Macron, ni Edouard Philippe, ni Jérôme Salomon n’aient appliqué les « diligences normales qu’exigeaient leurs responsabilités », peut-on imaginer des poursuites judiciaires à leur encontre ? Celles-ci apparaissent-elles comme absolument nécessaires et inévitables ?

L’appréciation de la responsabilité des « auteurs indirects » nécessite effectivement d’apprécier l’existence de trois conditions pour retenir leur responsabilité :

• tout d’abord cette notion de « diligences normales » permet d’apprécier quels étaient les pouvoirs et les compétences pour agir des décideurs impliqués. S’agissant d’Emmanuel Macron, d’Édouard Philippe, de Jérôme Salomon, et ne l’oublions pas de Madame Buzyn, ceux-ci avaient tous les pouvoirs pour prendre les mesures adéquates et les imposer. C’est même, une de leurs missions essentielles que de protéger la population.

• La deuxième condition est de savoir si en s’abstenant, comme le prétend l’ancienne ministre de la santé, de prendre les mesures exigées par des règles particulières de sécurité ou de prudence déjà prévues par la loi et le règlement. Pour reprendre l’exemple du sang contaminé, avoir continué à pratiquer les transfusions sanguines alors même qu’elles étaient interdites par les textes sans chauffage préalable du sang, constituait cette violation.

• Enfin, la troisième condition est de savoir si les décideurs, sans avoir violé des règles particulières de sécurité ou de prudence, mais ne prenant pas les mesures qu’imposaient une situation qu’ils connaissaient, ont exposé autrui à un risque de mort ou de blessures qu’ils ne pouvaient ignorer.

Même si ce n’est bien sûr pas le moment, compte tenu des déclarations d’Agnès Buzyn, et des errements manifestes dans la gestion de cette crise, il est impossible que la justice ne soit pas saisie de cet aspect. Rappelons simplement que la responsabilité pénale des décideurs publics que vous citez (et celle bien d’autres évidemment) sera engagée si l’absence des mesures qui leur incombaient a aggravé la catastrophe. Cela veut dire que tout ceux qui ont perdu un proche dont la mort aurait pu être évitée seront en droit de saisir la justice pénale…

Imaginez quand on apprendra que des présidents de bureaux de vote et des assesseurs, qui ont courageusement assuré la mission absurde que leur confiait le gouvernement pour les municipales, sont décédés des suites du covid19…

Quelles pourraient être les conséquences, outre les conséquences strictement judiciaires, d’un tel manquement ?

Alors bien évidemment, il y aura le déshonneur politique, mais l’on sait que l’on peut s’en remettre. Sur le plan judiciaire les peines pourront être lourdes, et ce d’autant que la demande populaire sera forte.

Il y a également un autre problème. Au-delà de la responsabilité personnelle pénale des décideurs publics, il y a celle de l’État. S’il est établi que celui-ci a commis des fautes lourdes dans la gestion de la crise il en devra réparation auprès des victimes.

Nous n’en sommes pas là, et je pense que le problème pour l’instant relève plus de l’inconscience d’une partie de la population. Je pense en particulier aux habitants des quartiers défavorisés, où beaucoup d’entre eux considèrent qu’ils n’ont pas à se soumettre aux ordres de l’autorité. Mais je pense aussi à l’incroyable cynisme inconscient des bourgeois grands et petits des métropoles qui les ont quittées pour disséminer le virus autour de leur résidence de vacances. Sur cette question aussi il serait souhaitable que les autorités publiques interviennent.

Régis de Castelnau

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Le gouvernement américain a imposé une nouvelle série de sanctions économiques punitives contre l’Iran, alors que le pays est confronté à l’une des pires épidémies de la pandémie mondiale de coronavirus sur la planète.

Les nouvelles mesures visent à paralyser les exportations de l’industrie pétrochimique iranienne pour resserrer l’étau sur l’économie du pays en ruine et affamer la population jusqu’à la soumission dans l’espoir d’effectuer un changement de régime. Maintenant, Washington compte non seulement sur la faim, mais aussi sur les décès causés par le virus mortel.

Mercredi, le gouvernement iranien a annoncé que le nombre de morts avait atteint 1.135 personnes sur 17.161 cas d’infection. Il s’agit du troisième plus grand nombre de décès – après la Chine et l’Italie – et le taux de mortalité de la maladie le plus élevé au monde. Comme aux États-Unis, on soupçonne fortement que le nombre officiel d’infections représente une grave sous-estimation de l’ampleur réelle de la propagation de la maladie.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé mardi la nouvelle série de sanctions dans une allocution sur un ton agressif lors d’une conférence de presse du département d’État. Il a affirmé que l’exportation de produits pétrochimiques avait été ciblée parce que ses revenus pouvaient «permettre le comportement violent du régime iranien» et «financer la terreur et d’autres activités déstabilisatrices, telles que les récentes attaques à la roquette contre les forces irakiennes et de la coalition situées au camp Taji en Irak».

Téhéran, capitale de l’Iran (Photo: wikipedia.org)

Rejetant les demandes mondiales que Washington enlève son régime de sanctions de «pression maximale» contre l’Iran compte tenu de la crise humanitaire et de santé publique mondiale provoquée par la propagation du coronavirus dans le pays, Pompeo a souligné que «les États-Unis continueront d’appliquer pleinement nos sanctions.»

Il est allé plus loin, accusant la Chine de la propagation du «virus de Wuhan» – une phrase martelée par l’extrême droite américaine pour tenter de stigmatiser la Chine et de fomenter la xénophobie – et le gouvernement iranien pour sa propagation en Iran.

Pompeo a accusé «des Iraniens de haut rang d’avoir menti sur l’épidémie du virus de Wuhan pendant des semaines», ajoutant: «Les dirigeants iraniens tentent d’éviter la responsabilité de leurs gouvernements extrêmement incompétents et meurtriers. Le virus de Wuhan est un tueur et le régime iranien est un complice.»

Pour ces motifs, il faudrait inculper le gouvernement Trump comme un «complice» encore plus criminel, étant donné les dénégations persistantes du président américain de fin janvier à février selon lesquelles le coronavirus constituait une menace pour le public américain et ses attaques contre ceux qui soutenaient cette thèse d’avoir lancé de «fausses alertes».

Il ne fait aucun doute que le gouvernement bourgeois et clérical iranien n’a pas alerté le public sur la menace du coronavirus et n’a pas institué de politiques de quarantaine lorsque les premiers décès ont été signalés le 19 février à Qom, la septième plus grande ville d’Iran et un lieu saint pour les musulmans chiites. Parmi ses considérations figurait une élection prévue le 21 février.

Avec Nowruz, le Nouvel An persan, qui arrive vendredi, le gouvernement s’est toujours abstenu d’imposer des mesures strictes de quarantaine. Selon certaines informations, des routes ont été bloquées de Téhéran vers le nord, et le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a donné un rare ordre religieux interdisant les déplacements «inutiles». Des équipes ont également été dépêchées pour contrôler les voyageurs quittant les grandes villes.

Entretemps, le gouvernement a libéré 85.000 autres prisonniers, en plus des 70.000 autres libérés au début du mois pour tenter d’empêcher les prisons de devenir des foyers de propagation du virus. Cela représente l’écrasante majorité de la population carcérale iranienne.

Des heurts ont été signalés entre des factions religieuses extrémistes et la police dans les sanctuaires chiites de Qom qui avaient été fermés sur ordre du gouvernement en raison de leur rôle de source de propagation du virus.

Un médecin iranien s’exprimant mardi à la télévision nationale a lancé l’avertissement que si la population suivait les instructions du gouvernement pour éliminer les déplacements inutiles et observait d’autres directives sanitaires, le nombre de morts pourrait être limité à 12.000. Si elle ne les respectait pas, a-t-elle dit, jusqu’à 3,5 millions de personnes pourraient mourir.

Il ne fait cependant aucun doute que le régime de sanctions imposé par les États-Unis après que le gouvernement Trump a abrogé unilatéralement l’accord nucléaire de 2015 entre Téhéran et les grandes puissances a laissé l’Iran mal équipé pour faire face à l’assaut du coronavirus.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a écrit sur Twitter mardi que les sanctions américaines avaient «épuisé les ressources économiques de l’Iran, nuisant à sa capacité de combattre # COVID19». Ces mesures punitives, a-t-il ajouté, «tuent littéralement des innocents». S’adressant aux gouvernements mondiaux, il a déclaré à propos des sanctions américaines: «Il est immoral de les observer; cela n’a jamais épargné personne de la colère ultérieure des États-Unis.»

Zarif a ajouté que l’Iran souffre d’une grave pénurie de masques de protection, de trousses de dépistage du coronavirus et de respirateurs médicaux. «Le personnel soignant iranien lutte courageusement contre le COVID-19 en première ligne. Leurs efforts sont entravés par de vastes pénuries causées par des restrictions à l’accès de nos populations aux médicaments et aux équipements», a-t-il déclaré.

Washington a répondu en affirmant qu’il était prêt à fournir une aide «humanitaire» à l’Iran. Ce n’est que de l’hypocrisie. Le régime de sanctions a empêché l’Iran d’obtenir les médicaments nécessaires pour maintenir en vie les patients atteints de cancer et d’autres maladies, sans parler de recevoir les fournitures dont il a besoin pour faire face au coronavirus. Le département du Trésor américain a poursuivi les entreprises vendant des fournitures médicales à l’Iran, tandis que la Banque centrale iranienne a été mise sur liste noire en tant qu’entité «terroriste», ce qui rend impossible pour Téhéran d’effectuer des transactions normales sur les marchés mondiaux.

Lundi, la Chine a dénoncé les sanctions américaines comme «immorales» et a exigé qu’elles soient levées. La Russie a condamné le blocus américain contre l’Iran comme «inhumain» et a déclaré que les sanctions empêchaient l’Iran de contrer la propagation du coronavirus.

Le premier ministre pakistanais Imran Khan, quant à lui, a déclaré à l’Associated Press qu’il était temps de lever les sanctions américaines et que la crise du coronavirus était un «exemple classique» où les considérations humanitaires devraient l’emporter sur les intérêts géopolitiques.

L’Iran a lancé un appel au Fonds monétaire international pour un financement d’urgence de 5 milliards de dollars pour lutter contre le virus. Bien que le FMI ait mis en place un fonds de 50 milliards de dollars à cette fin, il est peu probable qu’il débloque l’argent à Téhéran. Une demande similaire du Venezuela, qui a également fait l’objet d’une campagne de «pression maximale» des États-Unis, a été rejetée par le FMI, qui est largement dirigé par Washington.

Mardi, un haut responsable du gouvernement a déclaré à CNN: «C’est le Tchernobyl iranien», faisant référence à l’effondrement de la centrale nucléaire en Ukraine qui précéda la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne. L’implication est on ne peut plus claire. Washington se frotte les mains à l’idée qu’une propagation dévastatrice et un nombre de morts en masse du coronavirus en Iran puissent faire avancer son objectif de changement de régime.

En même temps, les préparatifs de Washington pour une confrontation militaire avec l’Iran se poursuivent sans relâche. Pour la première fois depuis 2012, le Pentagone a déployé deux groupes aéronavals dans la région du golfe Persique.

Des responsables militaires américains accusent l’Iran d’attaques à la roquette qui ont tué et blessé des soldats américains et d’autres de la «coalition» sur la base irakienne d’al-Taji, au nord de Bagdad. Le Pentagone a répondu à ces attaques par des frappes aériennes qui ont tué à la fois des membres de la milice chiite du Kataib Hezbollah et des membres des forces de sécurité régulières du gouvernement irakien.

On a supposé que les attaques à la roquette avaient été menées en représailles à la frappe d’assassinat de drones américains du 3 janvier qui avait tué le général Qassem Soleimani, l’un des plus hauts responsables du gouvernement iranien, et Abu Mahdi al-Muhandis, le chef de Kataib Hezbollah et commandant adjoint des Forces de mobilisation populaire, qui fait partie des forces armées irakiennes.

Le chef du Commandement central américain, le général Kenneth McKenzie, a décrit le Kataib Hezbollah comme un «groupe par procuration de l’Iran», suggérant que toute attaque contre les troupes américaines en Irak était l’œuvre de Téhéran, malgré l’hostilité populaire écrasante de la population irakienne envers la poursuite de l’occupation militaire américaine et la demande du Parlement irakien que toutes les troupes américaines et étrangères soient expulsées du pays.

Le général McKenzie a également déclaré à un panel du Sénat américain la semaine dernière que la crise du coronavirus pourrait induire les dirigeants iraniens à lancer des attaques militaires. Cet avertissement ne faisait qu’exprimer les propres calculs du Pentagone selon lesquels la catastrophe de santé publique en Iran pourrait créer des conditions plus favorables à une guerre d’agression américaine.

Bill Van Auken

 

Article paru en anglais, WSWS, le 19 mars 2020

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Les turbulences sur les marchés financiers mondiaux ont pris un tournant qualitatif mercredi avec une liquidation massive de tous les catégories d’actifs, actions, obligations et métaux précieux. La raison était que la confiance dans les mesures prises par les gouvernements et les banques centrales pour mettre fin à la crise s’est effondrée.

Les ventes à Wall Street se sont généralisées, l’indice Dow Jones a perdu environ 6 pour cent, ce qui fait passer l’indice en dessous de 20.000. Il a maintenant chuté d’environ un tiers depuis le sommet du marché à la mi-février. Tous les gains enregistrés sur le marché depuis l’élection de Donald Trump à la présidence ont été anéantis.

Le Financial Times (FT) a décrit cette journée comme «une journée de panique, de ventes forcées et de perte de confiance dans l’intervention des gouvernements».

Le Wall Street Journal a déclaré que la ruée vers la liquidité «a secoué le système financier… alors que les entreprises et les investisseurs se sont réfugiés dans une impasse économique prolongée. Ils font passer les récentes turbulences du marché dans une nouvelle phase de liquidation plus troublante».

Mais les événements sur les marchés des obligations d’État ont été encore plus significatifs. Normalement, le prix de ces obligations augmente lors d’une liquidation du marché, ce qui fait baisser leur rendement, les investisseurs cherchant un refuge.

Mais c’est l’inverse qui se produit. Le prix des obligations baisse et leur rendement augmente, car les fonds de placement les vendent dans un effort désespéré pour obtenir des liquidités afin de rester à flot ou de rembourser les investisseurs.

Cette liquidation signifie que les efforts de la Réserve fédérale et d’autres banques centrales pour abaisser les taux d’intérêt et atténuer les restrictions sur les marchés du crédit sont sapés par la hausse des taux d’intérêt sur le marché obligataire.

Comme l’a noté le Financial Times: «La hausse des rendements d’obligation d’État à ce stade ne fait que resserrer les conditions financières et aggraver la douleur due à la forte baisse des prix des actions et du crédit, ainsi qu’à la hausse du dollar. Cela compromet les politiques d’assouplissement monétaire des banques centrales».

Les taux d’intérêt sont également soumis à une pression à la hausse, car on anticipe que les mesures préparées par l’administration Trump pour un plan de relance, presque entièrement destiné à soutenir les entreprises, conduiront à l’émission de plus d’obligations d’État. Cela fera baisser leur prix et augmenter les rendements.

Par conséquent, il y a des appels à une intensification de l’assouplissement quantitatif – l’achat de la dette publique et d’autres actifs financiers par les banques centrales – afin de faire baisser les taux d’intérêt.

Cela conduirait à étendre aux États-Unis et à d’autres grandes économies les conditions qui prévalent depuis un certain temps au Japon, où de nouvelles dettes publiques se font en grande partie acheter par la Banque du Japon.

Une telle mesure, qui équivaudrait à une étatisation de l’ensemble du système financier, a été préfigurée dans un éditorial du Financial Times, qui a affirmé que «nous pourrions assister à la plus grande ruée vers la liquidité que le monde n’ait jamais connue».

Louant les mesures prises jusqu’à présent par la Réserve fédérale, le FT a déclaré qu’il fallait en faire plus. Le marché des bons du Trésor américain était «trop important pour se reposer uniquement sur la tenue de marché privée», notamment parce que depuis 2008 les grandes banques jouent un rôle moins important et un glissement s’est produit vers «des opérateurs moins surveillés comme les groupes de fonds spéculatifs».

Dans ces conditions, a déclaré le FT, la Réserve fédérale «doit assumer le rôle de teneur de marchés de dernier recours» et pourrait adopter la politique de «contrôle des rendements» développée par la Banque du Japon. «La Fed ciblerait directement le rendement du Trésor à 10 ans, en s’engageant à acheter ou à vendre des obligations en quantité suffisante pour atteindre ce taux».

Une telle politique signifierait qu’au lieu d’agir en tant que «dernier recours», la Réserve fédérale va créer une situation dans laquelle une branche de l’État émet des dettes et une autre branche les achète.

Des initiatives dans ce sens sont déjà en cours. Récemment, la livre britannique a chuté de 5 pour cent par rapport au dollar américain pour atteindre son plus bas niveau depuis les années 1980. La Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé ce qui équivaut à un assouplissement quantitatif illimité.

Le nouveau gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, a déclaré que la banque centrale imprimerait de la monnaie pour fournir des prêts à court terme aux entreprises de qualité sous la forme d’une nouvelle facilité de papier commercial. «Nous ne voulions pas mettre une limite», a-t-il dit.

La Banque centrale européenne (BCE) intensifie également ses mesures d’assouplissement quantitatif. Lors d’un appel d’urgence lancé mercredi soir par le comité de fixation des taux, elle a annoncé son intention d’acheter pour 750 milliards d’euros d’obligations supplémentaires.

Ces nouveaux achats, qui s’ajoutent au stock de la BCE de plus de 2.000 milliards d’euros, seraient effectués dans le courant de cette année et concerneraient à la fois des obligations d’État et des dettes d’entreprises.

Les mesures prises par les principales banques centrales ne contribueront toutefois en rien à relancer l’économie mondiale réelle, qui plonge dans une profonde récession, voire une dépression. Elles visent uniquement à soutenir le capital financier.

Ces mesures dites de relance ne peuvent pas redresser l’économie réelle, car l’activité économique est ralentie dans le cadre des mesures qui visent à prévenir la propagation du coronavirus.

L’aggravation de la crise entraîne aujourd’hui une vague de pertes d’emplois, dont certaines des plus importantes se situent dans le secteur du transport aérien.

Reflétant la position de toutes les compagnies aériennes, la compagnie australienne Qantas a annoncé qu’elle arrêtait tous ses vols internationaux. Elle va licencier 20.000 travailleurs, soit les deux tiers de ses effectifs, au moins jusqu’à la fin du mois de mai.

Le PDG Alan Joyce a déclaré que les efforts déployés pour contenir le coronavirus avaient entraîné «une baisse énorme de la demande de voyages, comme nous n’en avons jamais vu auparavant».

Une vague de destruction d’emplois balaie actuellement le monde. Au Royaume-Uni, on estime que l’industrie des loisirs et de l’hôtellerie a licencié 200.000 travailleurs depuis la mi-février, et que de nombreux autres seront touchés.

Selon la directrice générale du groupe commercial UKHospitality, Kate Nicholls, plus d’un million d’emplois sont en jeu. «Les suppressions d’emplois sont extraordinairement sévères et elles se produisent maintenant», a-t-elle déclaré.

Aux États-Unis, une enquête publiée en début de semaine a révélé que 18 pour cent des travailleurs américains se sont fait licencier ou avaient vu leurs heures de travail réduites. La proportion passe à 25 pour cent pour ceux qui gagnent moins de 50.000 dollars.

La chute inexorable de l’économie mondiale dans un profond marasme se reflète dans la chute continue des prix du pétrole. La perspective d’une baisse rapide de la demande énergétique a fait chuter mercredi le prix de référence du pétrole américain. Le brut WTI a chuté de plus de 15 pour cent, à 23 dollars le baril, son plus bas niveau depuis 17 ans. Le Brent, la référence internationale, a chuté de 9 pour cent, à 25 dollars le baril.

Nick Beams

 

Article paru en anglais, WSWS, le 19 mars 2020

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L’Italie a demandé à des médecins de Chine, de Cuba et du Venezuela de contenir le coronavirus, tandis que Cuba s’est portée au secours d’un navire de citoyens britanniques. Pendant ce temps, les sanctions américaines aggravent le bilan de la crise du Covid-19 en Iran et au Venezuela.

Les sanctions que les États-Unis ont imposées à des dizaines de pays du monde entier, dans une tentative de renverser leurs gouvernements indépendants, n’ont fait qu’aggraver la pandémie mondiale de coronavirus. Mais dans le même temps, certains de ces pays ciblés par la guerre économique américaine ont pris la tête des efforts pour contenir l’épidémie de Covid-19.

En fait, le gouvernement local du nord de l’Italie, pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN, a officiellement demandé une aide médicale à la Chine, à Cuba et au Venezuela – tous des pays diabolisés par les États-Unis et l’UE, qui à leur tour n’ont apporté que peu de soutien à l’Italie.

Le gouvernement italien a déploré que « pas un seul pays de l’UE » n’ait répondu à sa demande d’équipement médical – contrairement à la Chine, qui a immédiatement apporté son aide.

Et il n’y a pas que l’Italie ; la Grande-Bretagne a également compté sur Cuba pour l’aider à combattre le virus contagieux.

La région de Lombardie, au nord de l’Italie, a été particulièrement touchée par le coronavirus, avec des dizaines de milliers de cas et plus de 1 000 décès. La pandémie a dévasté la région, qui est la plus riche et la plus peuplée du pays.

Le 15 mars, l’Italie a enregistré 368 nouveaux décès en une seule journée, soit plus que le jour le plus meurtrier à Wuhan, en Chine, qui a réussi à contenir le virus.

En réponse à la crise, le gouvernement de Lombardie a demandé à la Chine, à Cuba et au Venezuelad’envoyer des médecins et d’autres personnels médicaux pour aider à contenir l’épidémie.

« Nous sommes en contact avec Cuba, le Venezuela et la Chine, qui ont mis des médecins à disposition », a déclaré le ministre de la santé lombard, Giulio Gallera, lors d’une conférence de presse.

L’ambassade de La Havane a déclaré « la solidarité cubaine avec l’Italie« , et le ministère des affaires étrangères de Cuba a publié un avis confirmant la demande de Gallera et annonçant qu’il enverra « du personnel cubain spécialisé dans la lutte contre les maladies contagieuses ».

Le gouvernement local de la grande ville italienne de Milan a également compté sur les expéditions de matériel médical en provenance de Chine.

Une équipe de médecins chinois est arrivée en Italie le 12 mars.

L’Union européenne abandonne l’Italie, après avoir poussé à la privatisation des systèmes de santé

L’Union européenne, en revanche, a laissé l’Italie se débrouiller.

L’ambassadeur d’Italie auprès de l’UE, Maurizio Massari, a publié un article d’opinion dans lequel il indique que son pays a demandé un soutien par le biais du mécanisme de protection civile de l’organisme, en cherchant du matériel médical pour contenir l’épidémie de coronavirus.

« Mais, malheureusement, pas un seul pays de l’UE n’a répondu à l’appel de la Commission. Seule la Chine a répondu bilatéralement », a écrit M. Massari.

En fait, l’Union européenne a fait le contraire de l’aide. La Commission européenne, qui dirige l’UE, a appelé les États membres à réduire les dépenses médicales et à privatiser les services de santé au moins 63 fois entre 2011 et 2018.

L’obsession de l’UE de réduire et de privatiser les institutions publiques a considérablement affaibli l’infrastructure sanitaire du continent, la rendant beaucoup plus vulnérable aux pandémies mortelles comme le coronavirus.

La Grande-Bretagne compte sur l’aide de Cuba pour accoster un navire infecté par le coronavirus

Cuba est sous un embargo américain illégal depuis 1960 – que tous les pays du monde (à l’exception d’Israël) votent pour dénoncer chaque année aux Nations unies. Mais ce blocus n’a pas empêché le petit pays de développer le meilleur système de santé de toute l’Amérique latine.

Même le Royaume-Uni, l’un des pays les plus riches de la planète, a compté sur l’aide de Cuba pour contenir le coronavirus.

Le gouvernement britannique a demandé à de nombreux pays des Caraïbes de laisser le bateau de croisière MS Braemar accoster dans leur port, après que plusieurs cas de coronavirus aient été signalés parmi ses plus de 1 000 passagers.

CNN a noté que « les responsables britanniques ont lancé un effort diplomatique intense pour trouver un pays prêt à accueillir » navire infecté, mais ont été rejetés par la Barbade et les Bahamas.

Le 16 mars, Cuba a accepté d’aider la Grande-Bretagne, en proposant d’amarrer le MS Braemar dans un port cubain et d’aider à ramener les passagers au Royaume-Uni.

Le ministère des affaires étrangères de Cuba a déclaré : « Nous vivons des temps de solidarité, de compréhension de la santé comme un droit humain, de renforcement de la coopération internationale pour faire face à nos défis communs, des valeurs qui sont la clé des pratiques humanistes de la Révolution et de notre peuple ».

 

Les États-Unis se battent pour le contrôle d’un traitement et d’un vaccin potentiels contre les coronavirus

Alors que Cuba, la Chine et le Venezuela – pays ciblés par la guerre économique américaine – aident le monde à contenir l’épidémie de coronavirus, Washington fait des heures supplémentaires pour monopoliser tout traitement potentiel, afin de pouvoir en tirer profit.

Une entreprise pharmaceutique californienne, Gilead Sciences, a mis au point un médicament expérimental qui, selon les experts médicaux, pourrait potentiellement traiter le coronavirus.

L’Institut de virologie de Wuhan du gouvernement chinois a déposé une demande de brevet afin de pouvoir produire ce médicament, appelé remdesivir. Mais la société américaine s’est battue bec et ongles pour empêcher Pékin de pouvoir le fabriquer.

Pourquoi ? Parce que les actions de Gilead Sciences montent en flèche et que les investisseurs disent que la société pourrait bientôt faire fortune.

Le gouvernement américain a également essayé de soudoyer une société médicale allemande qui pourrait être sur le point de développer un vaccin contre le coronavirus.

Le président Donald Trump aurait offert « de grosses sommes d’argent » à la firme allemande CureVac, afin que les États-Unis puissent avoir l’exclusivité du traitement – qu’ils pourraient ensuite vendre au reste du monde.

Les sanctions américaines empêchent le Venezuela et l’Iran d’importer des médicaments et du matériel médical.

Et tandis que l’administration Trump et les sociétés pharmaceutiques américaines cherchent à tirer profit de la pandémie de coronavirus, Washington redouble sa guerre économique destructrice.

Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a donné une conférence de presse dénonçant Washington pour avoir empêché Caracas d’acheter des médicaments et du matériel médical qui l’aideraient à combattre le Covid-19.

« Il est éthiquement inacceptable que de telles sanctions soient maintenues contre le Venezuela », a déclaré M. Saab. Il a appelé la Colombie et le Brésil à mettre fin à leurs tentatives de coup d’Etat contre Caracas et à travailler plutôt ensemble pour contenir le virus.

Les sanctions américaines ont également fortement entravé les efforts de l’Iran pour lutter contre Covid-19. Des centaines d’Iraniens sont morts, des milliers d’autres ont été touchés, et Washington a empêché le pays d’acheter des médicaments et du matériel médical dont il a grand besoin.

Le ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif, a dénoncé les sanctions américaines comme une forme de « terrorisme médical ».

« Les efforts pour lutter contre la pandémie de COVID19 en Iran ont été sérieusement entravés par les sanctions américaines« , a ajouté M. Zarif. « Il est IMMORAL de laisser une brute tuer des innocents ».

Dans une lettre au Secrétaire général António Guterres, Zarif a appelé les Nations Unies et les Etats membres à ignorer les « sanctions américaines inhumaines » contre l’Iran et à faire pression pour qu’elles soient levées.

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 La Chine s’est également prononcée avec force contre les sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran.

Lors d’une conférence de presse le 13 mars, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang, a condamné le blocus de Caracas par Washington.

« A un moment crucial où les gouvernements et les peuples de tous les pays luttent ensemble contre l’épidémie d’un nouveau coronavirus, la partie américaine est cependant déterminée à continuer à brandir le bâton des sanctions contre le Venezuela, ce qui va à l’encontre de l’esprit minimum de l’humanité », a déclaré le Geng.

Le porte-parole du gouvernement chinois a également dénoncé les sanctions américaines contre l’Iran.

 

Notant que Pékin avait envoyé une équipe d’experts médicaux pour aider l’Iran à contenir le Covid-19, le ministère des affaires étrangères a ajouté : « Nous exhortons les États-Unis à lever immédiatement la sanction unilatérale sur l’Iran. Le maintien de la sanction est contraire à l’humanitarisme et entrave la réponse de l’Iran à l’épidémie ».

Ben Norton

 

Article original en anglais : Italy and UK rely on help from Cuba, China, Venezuela to fight coronavirus – as US steps up brutal sanctions, The Gray Zone, le 17 mars 2020.

Traduction par VD pour le Grand Soir 

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L’épidémie de coronavirus a mis en lumière quelques-unes des différences culturelles principales entre l’Orient et l’Occident, de nombreux États relevant de chacune des civilisations luttant à sa manière pour contenir le virus. La Chine et la Corée du Sud, bien qu’elles soient parmi les plus touchées par la pandémie mondiale, réussissent relativement mieux à s’en sortir que des pays occidentaux comme les États-Unis ou l’Italie. Cette curieuse observation soulève des questions quant au rôle joué par la culture dans tout ceci, et mérite d’être discuté plus en profondeur.

Avant de commencer, il faut rappeler qu’il n’existe aucune hiérarchie de culture, et que chacune d’entre elles est également importante pour la civilisation humaine dans son ensemble. Les singularités abondent de manière naturelle du fait de la diversité sociale, qui s’est vue façonnée par des millénaires de vécu historique, et en particulier par les événements du passé relativement récent, remontant à un ou deux siècles en arrière. Ce sont ces vécus — dont certains ont pu être partagés dans une certaine mesure, et d’autres sont restés quelque peu uniques — qui ont fortement contribué à la pléthore de cultures qui enrichissent chaque habitant de la planète à ce jour.

Regrouper le monde en cultures orientale et occidentale constitue certes une sur-simplification, mais l’objectif de cet exercice, dans le contexte du présent article, est de souligner l’influence de la culture sur les tentatives de contenir le COVID-19. Les cultures orientales sont généralement caractérisées par une discipline stricte, et l’obédience à l’autorité, fût-ce le chef de famille ou le chef d’État, ce qui explique pourquoi de nombreux Chinois et Sud-Coréens ont obéi consciencieusement à leur gouvernement et ont plus ou moins respecté les instructions de confinement qui leur ont été données.

En outre, ces deux pays constituent des exemples parfaits d’États ayant pris des mesures proactives ambitieuses pour enrayer la propagation de la maladie. Ces gouvernements, en particulier celui de la Chine, sont beaucoup plus centralisés que leurs homologues occidentaux — une fois de plus, cela résulte de leur vécu culturel et historique. Ces autorités sont ainsi mieux préparées en termes de capacités de gestion, pour gérer un événement inattendu, tel que le COVID-19, décrit à présent par de nombreux observateurs comme un « cygne noir », au vu de la soudaineté de son apparition et de l’impact massif qu’il présente.

Aux États-Unis et en Italie, cependant, une tendance croissante de scepticisme vis-à-vis des autorités s’est fait jour, ainsi qu’une croyance profondément ancrée dans les droits individuels ; certains estiment que ces droits individuels sont violés par les mesures de confinement prononcées par ces gouvernements : fermetures d’infrastructures culturelles, et même recommandations d’éviter autant que possible les lieux publics. Certains citoyens ne respectent pas ces directives (qui, dans certains cas, sont des ordres), ce qui complique la tâche d’arrêter le virus.

Ce dont l’Occident a besoin est un changement de pensée, qui promet d’être douloureux, par lequel les gens vont devoir commencer à comprendre leur responsabilité envers la communauté, au lieu de rester aussi centrés sur leurs propres droits individuels, comme ils l’ont fait historiquement. Certains de leurs gouvernements se sont également montrés réticents à suivre l’exemple de leurs homologues d’Orient pour ces mêmes raisons [et même par idéologie, NdT], et cela va devoir changer si l’humanité veut mettre en échec le virus, tout en minimisant le nombre de victimes. Pour le dire de manière simple, l’Occident a beaucoup à apprendre de l’Orient.

L’objet de cette observation n’est pas de faire preuve de condescendance, mais de faire progresser la conscience collective quant à l’importance de se montrer prudent durant certaines périodes d’incertitude, comme celle que nous traversons. Vivre sa vie comme si rien ne se produisait ne constitue pas du tout une solution, et paniquer serait encore pire, car ce sentiment de déstabilisation pourrait se propager dans la société bien plus rapidement que le COVID-19. On constate d’ores-et-déjà les conséquences de ce sentiment dans certains pays occidentaux, comme en Australie, où les clients des magasins ne trouvent plus de papier toilette dans les rayons, certains ayant tout acheté compulsivement pour constituer des stocks.

Les pays orientaux n’ont pas vraiment connu ce phénomène, les traits culturels innés de leurs peuples de stoïcisme, de discipline et d’obédience à l’autorité ayant joué leur rôle, ni les gens ni les gouvernements n’ont paniqué, ce qui garantit que la situation reste calme, en dépit des difficultés sociales induites par les mesures de quarantaine qui sont déployées. Les pays occidentaux devraient encourager chacun à modifier ses habitudes — comme l’Italie est en train de le faire, en faisant passer des messages au public décourageant les embrassades et les contacts physiques, par exemple ; ce n’est qu’ainsi que chacun disposera d’une certaine sécurité.

Andrew Korybko

 

 

Article original en anglais : The COVID-19 Outbreak Highlights Cultural Differences In East & West, OneWorld, le 16 mars 2020.

Traduit par José Martí, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

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«Lorsque le pillage devient un mode de vie pour un groupe d’hommes dans une société, au fil du temps, ils se créent un système juridique qui l’autorise et un code moral qui le glorifie.» – Frédéric Bastiat, économiste français

Parlons chiffres, d’accord ?

La dette nationale – le montant que le gouvernement fédéral a emprunté au fil des ans et doit rembourser – s’élève à 23 000 milliards de dollars, et augmente …

Le montant que ce pays doit maintenant est supérieur à son produit national brut – tous les produits et services créés en un an par le travail. Nous payons chaque année plus de 270 milliards de dollars uniquement en intérêts sur cette dette publique. Et les deux principaux pays étrangers qui «détiennent» notre dette sont la Chine et le Japon.

Le déficit national – la différence entre ce que le gouvernement dépense et les recettes qu’il perçoit – devrait dépasser 1 000 milliards de dollars chaque année au cours des 10 prochaines années.

Les États-Unis dépensent plus en aide étrangère que tout autre pays – 50 milliards de dollars rien qu’en 2017. Plus de 150 pays dans le monde reçoivent une aide financée par les contribuables américains, la plupart des fonds allant au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

Pendant ce temps, près de 60% des Américains sont tellement à court de ressources financières qu’ils n’ont même pas $500 d’économies, et rien du tout à mettre de côté pour la retraite, et pourtant ils sont obligés de payer pour des programmes gouvernementaux qui ne contribuent guère à améliorer leur vie.

Mes amis, si vous ne l’avez pas encore compris, nous ne vivons pas le rêve américain.

Nous vivons un cauchemar financier.

Le gouvernement américain – et cela inclut l’administration actuelle – dépense de l’argent qu’il n’a pas dans des programmes qu’il ne peut pas se permettre, et «nous, les contribuables», sommes ceux qui paieront pour cela.

Comme l’explique l’analyste financière Kristin Tate, «Lorsque la dette du gouvernement arrivera à échéance, nous passerons tous à la caisse.» C’est déjà arrivé : pendant la crise de la dette européenne, l’île de Chypre a saisi les fonds privés des comptes bancaires de ses citoyens pour couvrir ses dettes, ceux qui avaient pris soin de sauver leur monnaie liquide ont été contraints de céder entre 40% et 60% de leurs actifs. [C’était pas si grave, il s’agissait essentiellement de richissimes russes :-), NdT]

Cela pourrait-il arriver ici ? Le gouvernement pourrait-il réellement saisir des fonds privés pour son propre profit ?

Regardez autour de vous. Cela se produit déjà.

Aux yeux du gouvernement, «nous, le peuple, les électeurs, les consommateurs et les contribuables» ne sont guère plus que des portefeuilles qui attendent d’être pillés.

Considérez ceci : le gouvernement peut saisir votre maison et votre voiture, que vous avez achetée et payée, en cas de non-paiement des taxes. Les agents du gouvernement peuvent geler et saisir vos comptes bancaires et autres objets de valeur s’ils « soupçonnent » simplement des actes répréhensibles. Et l’IRS [le fisc] est prioritaire pour prélever sur votre salaire ce qu’il lui faut pour payer les programmes gouvernementaux sur lesquels vous n’avez pas votre mot à dire.

Nous n’avons pas vraiment notre mot à dire sur la façon dont le gouvernement fonctionne ou sur la façon dont nos fonds publics sont utilisés, mais nous sommes de toute façon obligés de payer la peau des fesses, quoi qu’il arrive.

Nous n’avons pas vraiment notre mot à dire, mais cela n’empêche pas le gouvernement de nous dépouiller à chaque occasion et de nous forcer à payer pour des guerres sans fin qui font plus pour financer le complexe militaro-industriel que pour nous protéger, des projets bidons corrompus qui produisent peu ou rien, et un État policier qui ne sert qu’à nous emprisonner dans ses murs.

Si vous n’avez pas le choix, aucune voix et aucune véritable option quand il s’agit de contester le gouvernement sur ses exigences concernant votre propriété et votre argent, vous n’êtes pas libre.

Il n’en a pas toujours été ainsi, bien sûr.

Les premiers Américains sont entrés en guerre pour les droits inaliénables décrits par le philosophe John Locke comme les droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété.

Cependant, il ne fallut pas attendre longtemps – cent ans en fait – pour que le gouvernement américain réquisitionne la propriété des citoyens en prélevant des impôts pour payer la guerre civile. Comme le rapporte le New York Times, «une résistance généralisée a conduit à son abrogation en 1872.»

Déterminé à réclamer une partie de la richesse des citoyens pour son propre usage, le gouvernement a rétabli l’impôt sur le revenu en 1894. Charles Pollock a contesté l’impôt comme inconstitutionnel, et la Cour suprême des États-Unis a statué en sa faveur. La victoire de Pollock a été de courte durée. Les membres du Congrès – unis dans leur détermination à taxer les revenus du peuple américain – ont travaillé ensemble pour adopter un amendement constitutionnel annulant la décision Pollock.

À la veille de la Première Guerre mondiale, en 1913, le Congrès a institué un impôt permanent sur le revenu par le biais du 16e amendement à la Constitution et la loi sur le revenu de 1913. En vertu de celle-ci, les personnes dont le revenu dépassait $3 000 pouvaient être imposées à partir de 1%. jusqu’à 7% pour les revenus supérieurs à $500 000 .

Tout est parti de là.

Sans surprise, le gouvernement a utilisé ses pouvoirs fiscaux pour faire avancer ses propres programmes impérialistes et les tribunaux ont maintes fois confirmé le pouvoir du gouvernement de pénaliser ou d’emprisonner ceux qui refusaient de payer leurs impôts.

Irwin A. Schiff était l’un des manifestants fiscaux les plus virulents du pays. Il a passé une bonne partie de sa vie à faire valoir que l’impôt sur le revenu était inconstitutionnel, et il a mis son portefeuille en accord avec sa conscience : il a cessé de payer des impôts fédéraux en 1974.

Schiff a également payé le prix de sa résistance : il a purgé trois peines de prison distinctes – plus de 10 ans au total – pour son refus de payer des impôts. Il est décédé à l’âge de 87 ans, purgeant une peine de 14 ans de prison. Comme l’a fait remarquer l’activiste constitutionnel Robert L. Schulz dans la nécrologie de Schiff, «Dans une société où il y a tant de peur du gouvernement, et en particulier de l’IRS, [Schiff] était probablement l’éducateur le plus influent en ce qui concerne le fonctionnement du Code fiscal. C’est très difficile de parler au pouvoir, mais il l’a fait et il en a payé le prix fort.»

Il est toujours aussi difficile de discuter avec le pouvoir, et ceux qui le font paient toujours un lourd tribut.

Pendant tout ce temps, le gouvernement continue de faire ce qu’il veut – lever des impôts, accumuler de la dette, dépenser de façon scandaleuse et irresponsable – sans penser au sort de ses citoyens.

Pour couronner le tout, toutes ces guerres que les États-Unis sont si désireuses de mener à l’étranger sont menées avec des fonds empruntés. Comme le rapporte The Atlantic : 

« Depuis quinze ans maintenant, les États-Unis mènent des guerres à crédit… Les dirigeants américains financent essentiellement les guerres avec des dettes, sous la forme d’achats de bons du Trésor américain par des entités basées aux États-Unis comme les fonds de retraite,  les gouvernements locaux, ou à l’étranger dans des pays comme la Chine et le Japon. »

Si les Américains géraient leurs finances personnelles de la manière dont le gouvernement gère – mal – les finances du pays, nous serions tous maintenant en prison pour dette.

Pourtant, le gouvernement reste impénitent, imperturbable et jamais découragé dans ses razzias.

Pendant que nous luttons pour nous en sortir et que nous prenons des décisions difficiles sur la façon de dépenser le peu d’argent qui nous parvient réellement après que les gouvernements fédéral, étatiques et locaux aient pris leur part – cela n’inclut pas les taxes furtives imposées par les péages, amendes et autres sanctions fiscales -, l’État policier dépense nos deniers durement gagnés pour renforcer ses pouvoirs et contrôler ses citoyens.

Par exemple, les contribuables américains ont été contraints de débourser plus de 5 600 milliards de dollars depuis le 11 septembre pour la soi-disant «guerre contre le terrorisme» coûteuse et sans fin, voulue par le complexe militaro-industriel.

Cela se traduit par environ $23 000 par contribuable pour mener des guerres à l’étranger, occuper des pays, fournir une aide financière à des alliés, remplir les poches des entrepreneurs de la défense et graisser les pattes de dignitaires étrangers corrompus.

Rappelez-vous, ces stupéfiants 6 000 milliards de dollars ne sont qu’une partie de ce que le Pentagone dépense pour l’empire militaire américain.

Ce prix ne cesse de croître.

De cette façon, le complexe militaro-industriel s’enrichira encore plus et le contribuable américain sera contraint de débourser encore plus pour des programmes qui ne contribuent guère à améliorer nos vies, à assurer notre bonheur et notre bien-être, ou à garantir nos libertés.

Comme Dwight D. Eisenhower avait averti dans un discours de 1953 :

Chaque arme fabriquée, chaque navire de guerre lancé, chaque fusée tirée signifie, au final, un vol à ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, à ceux qui ont froid et ne sont pas vêtus. Ce monde en armes ne dépense pas seulement de l’argent. Il dépense la sueur de ses ouvriers, le génie de ses scientifiques, les espoirs de ses enfants. Le coût d’un bombardier lourd représente la construction d’une école moderne en briques dans plus de 30 villes ; ou deux centrales électriques desservant chacune une ville de 60 000 habitants ; ou deux hôpitaux entièrement équipés ; ou une cinquantaine de kilomètres de chaussée en béton. Nous payons pour un seul avion de chasse la valeur d’un demi-million de boisseaux de blé. Nous payons pour un seul destroyer la valeur de nouvelles maisons qui auraient pu loger plus de 8 000 personnes. C’est, je le répète, le meilleur mode de vie qui nous attend sur la route que le monde a empruntée. Ce n’est pas du tout un mode de vie, en aucune façon. Sous les nuages d’une guerre menaçante, c’est l’humanité crucifiée sur une croix de fer. […] Le monde ne pourrait-il pas vivre d’une autre façon ?

Et ce n’est toujours pas un mode de vie.

Pourtant, ce ne sont pas seulement les guerres sans fin du gouvernement qui nous saignent à blanc.

Nous sommes également obligés de débourser de l’argent pour des systèmes de surveillance qui suivent nos mouvements ; pour militariser davantage notre police déjà militarisée ; pour permettre au gouvernement de saisir nos maisons et nos comptes bancaires ; pour financer des écoles où nos enfants n’apprennent  rien de la liberté mais tout de la façon de se conformer, et ainsi de suite.

Voyez-vous l’image maintenant ?

Le gouvernement ne prend pas notre argent pour améliorer notre vie. Jetez un œil à l’infrastructure défaillante du pays et vous verrez à quel point on dépense peu pour des programmes qui font avancer le bien commun.

On nous vole aveuglément pour que l’élite gouvernementale s’enrichisse.

Ce n’est rien de moins qu’une tyrannie financière.

«Nous, le peuple» sommes devenus la nouvelle sous-classe permanente en Amérique.

Il est tentant de dire que nous ne pouvons pas y faire grand-chose, sauf que ce n’est pas tout à fait exact.

Il y a quelques choses que nous pouvons faire : exiger la transparence, rejeter le copinage et la corruption, insister sur des prix justes et des méthodes comptables honnêtes, mettre un terme aux programmes gouvernementaux incitatifs qui privilégient le profit plutôt que les gens. Mais cela exigera que «Nous, le peuple», cessions de faire de la politique et restions unis contre les politiciens et les intérêts des entreprises qui ont transformé notre gouvernement et notre économie en une pratique du fascisme dans laquelle il faut payer pour jouer.

Nous sommes devenus tellement investis dans la politique identitaire qui nous étiquette en fonction de nos tendances politiques [de notre ethnie, de nos pratiques sexuelles, NdT], que nous avons perdu de vue le seul label qui nous unit : nous sommes tous américains.

Les pouvoirs en place veulent nous opposer les uns aux autres. Ils veulent que nous adoptions un état d’esprit «nous contre eux» qui nous réduit à l’impuissance et à la division.

Croyez-moi, le seul «nous contre eux» qui vaille est «nous le peuple» contre l’État policier.

Nous sommes tous dans le même bateau, mes amis, et il n’y a qu’un vrai gilet de sauvetage : c’est la Constitution et la Déclaration des droits.

La Constitution commence par ces trois mots puissants : «Nous, le peuple».

Le message est le suivant : il y a du pouvoir dans nos chiffres – ils sont explosifs.

Cela reste notre plus grande force face à une élite gouvernementale qui continue de se moquer de la population, et notre plus grande défense contre un gouvernement qui a revendiqué pour lui-même un pouvoir illimité sur l’argent – des contribuables – et l’épée – la puissance militaire.

Cela est vrai qu’il s’agisse des soins de santé, des dépenses de guerre ou de l’État policier américain.

Pendant que nous sommes sur le sujet, faites-moi une faveur et ne vous laissez pas berner en pensant que la prochaine cohorte de sauveurs politiques sera différente des précédentes. Ils promettent tous beaucoup lorsqu’ils se présentent aux élections et lorsqu’ils sont élus, ils dépensent aussi beaucoup à nos dépens.

Comme je le dis clairement dans mon livre Battlefield America : The War on the American People, c’est ainsi que les classes moyennes, qui alimentent l’économie nationale et financent les programmes du gouvernement, se font berner à chaque fois.

George Harrison, qui aurait eu 77 ans cette année, a résumé cet état de choses scandaleux dans sa chanson Taxman :

Si vous conduisez une voiture, je taxerai la rue,
Si vous essayez de vous asseoir, je taxerai votre siège.
Si vous avez trop froid, je taxerai le chauffage,
Si vous vous promenez, je taxerai vos pas.
Ne me demandez pas pourquoi je le veux
Si vous ne voulez pas payer un peu plus.
Parce que je suis le fisc, ouais, je suis le fisc.
Maintenant mon conseil pour ceux qui meurent
Déclarez le prix de votre cercueil
Parce que je suis le fisc, ouais, je suis le fisc
Et vous ne travaillez que pour moi.

John W. Whitehead

 

 

Article original en anglais :

The Looming Financial Nightmare: So Much for Living the American Dream, publié le 26 février 2020.

Traduit par jj, relu par San pour le Saker Francophone

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À la suite de la nomination d’Adnan al-Zarfi (Zurufi ou Zurfi) au poste de premier ministre par le président Barham Saleh, l’Irak entre dans une phase critique. Le bloc chiite est divisé. Les 30 jours donnés à al-Zarfi pour former son cabinet pourraient permettre d’atteindre le quorum nécessaire à la formation de ce nouveau cabinet, mais aussi entraîner des troubles ou même la partition de l’Irak. Qu’est-ce qui a poussé le président Saleh à nommer al-Zarfi?

En 2018, le président du parlement Mohamad Halbousi a proposé la nomination de Barham Saleh au poste de président de l’Irak. La proposition a été adoptée par « Al-Fateh », la plus grande coalition chiite, avec l’accord des sunnites. Le leader kurde Massoud Barzani et l’envoyé spécial du président des USA Brett McGurk étaient contre la nomination de Saleh. C’était le major général du Corps des gardiens de la Révolution iranienne Qassem Soleimani qui avait fait pression pour que Barham Saleh devienne président. Une fois nommé, Saleh a promis à Soleimani qu’il serait « meilleur que Mam Jalal » (l’oncle Jalal Talabani, un des plus proches alliés de l’Iran). Une fois Saleh élu, la coalition « Al-Fateh » lui a demandé de nommer Adel Abdel Mahdi au poste de premier ministre, ce qu’il a fait. Un an plus tard, la Marjaya à Nadjaf a appelé Abdel Mahdi à démissionner en réponse aux manifestations dans la rue appelant à des réformes, à la mise en place des infrastructures nécessaires et à de meilleures possibilités d’emploi.

Soleimani a alors rencontré les dirigeants chiites qui ont tous accepté (sauf Hadi al-Ameri, qui voulait devenir premier ministre de l’Irak) de proposer la nomination de Qusay al-Suheil. Al-Fateh a soumis son nom au président Barham Salih, qui a refusé d’obtempérer pour aussitôt partir quelques jours à Erbil, le temps qu’il fallait pour que la rue rejette la nomination d’al-Suheil. C’est que Sayyed Moqtada al Sadr (qui rejetait la nomination d’al-Suheil) avait contacté le président Saleh pour l’informer que c’est lui qui représentait la plus grande coalition, appelée « Sairoun ». Saleh, qui craignait la réaction de Moqtada, a alors transmis une lettre au parlement et à la cour constitutionnelle pour leur demander une définition de « la plus grande coalition ». Personne n’a toutefois réussi à répondre clairement à cette requête.

La définition de « la plus grande coalition » dans la constitution est élastique et sujette à interprétation. Le président Barham Saleh a malicieusement jeté une pomme de discorde entre le parlement et la cour constitutionnelle. En 2010, Nouri al-Maliki a introduit une nouvelle définition de « la plus grande coalition » pour battre Ayad Allawi, qui avait réussi à rassembler 91 députés et était admissible à former un nouveau gouvernement. Al-Maliki a alors formé une grande coalition après que les députés eurent prêté serment pour ensuite établir qu’il était à la tête de la plus grande coalition, telle que définie par les alliances formées après les élections parlementaires plutôt qu’à la suite des résultats du scrutin.

Le président Saleh a dit à Soleimani que la coalition chiite était divisée et qu’il n’était pas en position de prendre une décision. Au même moment, Saleh se montrait accommodant envers les Américains qui voyaient bien que les candidats de Soleimani n’arrivaient pas à obtenir une approbation consensuelle. Les alliés chiites de l’Iran contribuaient effectivement à l’échec des efforts de Soleimani pour amener les chiites à s’entendre sur un candidat au poste de premier ministre.

En remettant sa démission au président Saleh le 29 novembre 2019, Adil Abdel Mahdi a dit clairement qu’il ne voulait pas reprendre le pouvoir. Le 1er février, Saleh a nommé Mohamad Allawi à la demande de Moqtada al-Sadr. Moqtada avait décroché le rôle principal dans le choix d’un candidat après l’assassinat de Soleimani par les USA à l’aéroport de Bagdad. Son leadership avait l’aval du général Ismail Qaaani à Téhéran, qui croyait qu’il revenait à Moqtada de diriger tous les groupes, puisqu’il était le principal instigateur des protestations. Même si les gens dans la rue ne faisaient plus confiance en Moqtada, il demeurait le seul capable de dégager la voie et de permettre la formation d’un nouveau gouvernement. La priorité de l’Iran était d’amener le parlement et le gouvernement à se concentrer sur le retrait de toutes les forces étrangères dirigées par les USA.

Mohammad Allawi n’a pu obtenir le quorum parlementaire requis parce qu’il s’est montré trop condescendant envers les sunnites, les Kurdes et une partie des chiites. Allawi croyait que le soutien de Moqtada suffirait et que tous les autres groupes et ethnies auraient accepté son choix de ministres. Allawi a présenté sa démission à Saleh le 2 mars.

Selon l’article 73/3 de la constitution irakienne, seul le président a le pouvoir de nommer un premier ministre et il a 15 jours pour le faire. Cependant, le président Saleh a donné aux chiites 15 jours pour s’entendre sur un candidat. Une coalition formée de sept membres représentant tous les groupes chiites a été constituée. Cette coalition a présenté 17 candidats, parmi lesquels trois noms ont été proposés : Naim al-Suheil, Mohamad al-Soudani et Adnan al-Zarfi. C’est Naim al-Suheil qui a reçu le plus de votes, mais Faleh al-Fayad a rejeté sa candidature.

Bien qu’al-Zarfi soit membre du parti al-Nasr (formé en 2018), dont le chef est l’ancien PM Haidar Abadi, Nouri al-Maliki a milité ardemment en sa faveur et l’a envoyé à Beyrouth pour convaincre les Libanais de donner leur assentiment à sa nomination. L’Iran s’opposait à la désignation d’un ressortissant des USA (al-Zarfi est titulaire d’un passeport américain). Confronté au rejet iranien, Al-Maliki a réussi à convaincre Moqtada al-Sadr de proposer la nomination d’al-Zarfi. Al-Maliki y est parvenu même si al-Zarfi avait combattu contre l’Armée du Mahdi, avec le soutien des USA. À Nadjaf en 2004, il a persécuté Moqtada dans la ville et l’a expulsé à Bagdad. Moqtada al-Sadr, qui refusait jusqu’à tout récemment la nomination d’un premier ministre ayant la double nationalité, a mis sa signature sur le document convenu remis à Saleh, tout comme Nouri al-Maliki, Haidar Abadi et Sayyed Ammar al-Hakim, en tant que représentants de la nouvelle « plus grande coalition ».

C’était une occasion en or pour Saleh, en l’absence de Soleimani, de plaire aux Américains, aux Kurdes, aux sunnites et à un groupe important de chiites. Saleh a exercé son pouvoir constitutionnel et nommé al-Zarfi au poste de premier ministre. Ce sera un coup dur pour l’Iran si al-Zarfi arrive à former son gouvernement et à le présenter au parlement. Avec le soutien d’une si grande coalition de députés chiites, sunnites et Kurdes, il ne fait aucun doute qu’il atteindra le quorum nécessaire.

Une des principales raisons pour lesquelles Moqtada al-Sadr soutient al-Zarif (à part sa promesse de satisfaire à ses demandes en formant le nouveau cabinet) est la naissance d’un nouveau groupe appelé « Osbat al-Thaereen » (le groupe des révolutionnaires). Ce groupe a revendiqué la responsabilité du bombardement de la base militaire d’al-Taji, que les USA et les autres membres de la coalition occupent en permanence. Sayyed Moqtada rejette toute attaque contre les forces US et préfère recourir à des canaux diplomatiques (par l’entremise du parlement). Bon nombre de groupes irakiens proches de l’Iran ont juré de forcer le départ des forces US à la suite du refus du Pentagone de discuter du retrait complet de leurs troupes. Les USA ne sont prêts qu’à redéployer ces troupes. De plus, les USA renforcent leur présence dans leurs bases cruciales en Irak (K1, Ayn al-Assad et Erbil) et s’apprêtent à y déployer le système de missile antiaérien Patriot sans le consentement du parlement irakien.

Si al-Zarfi parvient à être approuvé par le parlement, il pourrait chercher à éviter toute négociation concernant le retrait des USA. Il pourrait aussi fusionner les Hachd al-Chaabi et tenter de désarmer les groupes irakiens proches de l’Iran. Al-Zarfi n’est pas en position de demander au parlement de changer sa décision relative au retrait des USA. Cette question relèvera du nouveau parlement élu. Cependant, al-Zarfi, à l’instar de tout nouveau premier ministre élu, devrait recueillir le plus grand nombre de députés aux prochaines élections parlementaires, ce qui sera suffisant pour demander le prolongement de la présence des forces US en Irak.

Ce scénario ne deviendra possible que si al-Zarfi réussit à présenter son nouveau cabinet au parlement dans 30 jours et à conserver ses alliés, notamment les chiites. L’Iran fera tout son possible pour mettre des bâtons dans les roues d’al-Zarfi. L’ex-gouverneur de Nadjaf a été accusé d’avoir brûlé deux consulats iraniens à Karbala et Nadjaf l’an dernier et devrait suivre la voie de son chef de la coalition al-Nasr (l’ancien PM Abadi) en respectant les sanctions américaines contre l’Iran. Ce serait dévastateur pour l’économie de l’Iran, qui souffre déjà des pires sanctions que les USA n’ont jamais imposées.

Al-Zarfi à la tête du gouvernement sera un coup terrible pour l’Iran et ceux qui soutiennent ses objectifs et son idéologie en Irak. Le coronavirus n’éloignera pas l’Iran du théâtre irakien et l’Iran ne permettra pas que l’Irak tombe sous le contrôle des USA. Si al-Zarfi prend le pouvoir, la stabilité de l’Irak en sera ébranlée et le spectre de la partition réapparaîtra. Une ère d’instabilité est donc à prévoir en Mésopotamie sous la gouverne d’un premier ministre irakien perçu comme un allié des USA, surtout depuis l’assassinat de Qassem Soleimani.

Elijah J. Magnier

 

Traduction de l’anglais par Daniel G.

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