Texte intégral de l’entretien accordé par Monsieur Walid al-Mouallem, Vice-Premier ministre et ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, à la TV nationale syrienne.

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1. L’État syrien a annoncé un accord sur la cessation des hostilités à partir de ce jeudi 29 décembre à minuit. En quoi est-il différent des accords précédents ?

Cet accord est arrivé après la victoire à Alep. Par conséquent, il exprime premièrement la confiance de l’État syrien et des Forces armées syriennes en la victoire sur le terrorisme et, deuxièmement, que la situation après la libération d’Alep n’est plus ce qu’elle était auparavant. Il fallait donc investir cette victoire militaire. La cessation des hostilités est la première étape de sa mise à profit du point de vue politique.

2. Monsieur le ministre, nous aimerions en connaître les détails, d’autant plus que les accords précédents ont subi de nombreuses violations.

Cet accord présente une grande différence par rapport aux accords précédents en termes de garanties. Premièrement, nous avons confiance en la garantie de la Russie parce qu’elle elle a été notre partenaire dans la lutte contre le terrorisme et nous a assurés qu’elle réagira à toute violation. Deuxièmement, les factions n’ayant pas signé cet accord sont considérées comme « terroristes ». Troisièmement, il y aura un mécanisme de surveillance des violations. Les Russes ne permettront donc pas que cet accord soit violé ni à travers les frontières, ni à partir des régions envahies par les groupes armés.

Naturellement, cet accord exclut les organisations Daech, le Front al-Nosra, les factions qui leur sont liées et celles qui ne l’ont pas signé. Par conséquent, nos Forces armées poursuivront leur mission. Nous ne cesserons pas notre combat. En même temps, c’est là une vraie chance de règlement politique de la crise qui stopperait l’effusion du sang syrien et établirait l’avenir du pays.

3. Devons-nous comprendre que les accords précédents manquaient de telles garanties, d’où leurs violations ?

Oui. Les garanties n’étaient qu’orales, ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, étant donné que celui qui a déclaré la cessation des hostilités est le Président Poutine en personne. Et c’est pourquoi nous avons confiance.

4. Mais pourquoi l’a-t-il qualifié de fragile ?

Parce qu’il n’a pas confiance en ces factions, à moins qu’elles ne prouvent respecter leur engagement.

5. Y’a-t-il eu coordination entre la Syrie et la Russie avant l’annonce de l’accord ?

Oui, des contacts ont eu lieu à différents niveaux, entre le Président Poutine et le Président Al-Assad, entre nous et nos collègues russes, de telle sorte qu’il a été conçu en commun pour être acceptable du côté syrien.

6. Monsieur le ministre, la Turquie ayant annoncé cet accord, les Syriens se demandent comment il est possible qu’elle participe à une solution qui arrêterait la guerre contre la Syrie alors qu’elle s’est impliquée directement dans le financement et le soutien du terrorisme et des terroristes en Syrie ?

Et même plus que cela ! Je dis que la Turquie est un État ennemi et un État qui a envahi certaines régions du territoire syrien. Devant cette réalité d’aujourd’hui, la question qui se pose est : d’où sont venus tous ceux-là [ces terroristes] ? Ne sont-ils pas venus à travers le territoire turc ? N’ont-ils pas été financés, entraînés et armés en Turquie ? C’est pourquoi nous avons confiance en la garantie russe et le rôle iranien, mais n’accordons absolument pas confiance au rôle turc. D’ailleurs, aucun des documents signés pour cet accord ne mentionne la Turquie.

7. Aujourd’hui, l’ambassade de Russie à Damas a été ciblée par des tirs de mortier. Est-ce un message adressé à la Russie ?

Ce n’est pas la première fois que l’ambassade de Russie subit des tirs aveugles. J’estime que cela devrait être internationalement condamné, l’immunité des ambassades interdisant de telles attaques.

8. Les médias ont parlé d’amendements de cet accord par la Syrie, alors qu’ils avaient été négligés par la Russie. Est-ce vrai ?

Il est normal que tout document donne lieu à des discussions, entre nous et la Russie, avant d’aboutir à une entente sur son contenu. C’est sur cette base que nous l’avons signé. Rien, absolument rien, ne nous a été imposé.

9. Est-il vrai que le gouvernement syrien a refusé d’inclure certaines factions qu’il considère être des organisations terroristes, alors que Moscou les avait négligées afin de pousser les différentes parties à respecter ses échéances ?

Tout ce que je sais est que sept factions ont signé cet accord, les factions qui veulent un règlement politique de la crise.

10. Diriez-vous que cet accord offre un terrain propice au dialogue ?

Sans me faire des illusions, je dis que l’État syrien offre une opportunité répondant aux aspirations de son peuple et un moyen de sortir de cette crise. C’est une vraie chance. Celui qui veut agir dans l’intérêt du peuple syrien devrait en profiter pour aller vers un règlement politique en toute objectivité, le cœur et l’esprit tournés exclusivement vers l’avenir de la Syrie.

11. Mais le gouvernement syrien a refusé la cessation des combats dans certaines régions, notamment dans le rif de Damas ; ce qui, selon certains, entraverait cet accord.

Il n’empêche que cet accord a été conclu et annoncé. En tant qu’État, nous avons la responsabilité de la sécurité de notre peuple et quand nous pensons qu’un danger la menace dans l’une quelconque de nos régions, nous devons agir. Bien que nous ayons tous célébré la libération d’Alep, je vous dis franchement que, militairement parlant, Alep n’est actuellement pas en sécurité à cause des groupes armés toujours à l’œuvre près des quartiers ouest, lesquels subissent toujours leurs bombardements aveugles. Nous ne pouvons tolérer une telle situation ni à Alep, ni à Damas. Nous devons traiter ces deux problèmes.

12. Il y a donc des régions du pays non concernées par cet accord ?

Oui. J’ai bien dit que nos Forces armées poursuivront leur mission.

13. Daech et le Front al-Nosra étant exclus de cet accord, comment le mettre à exécution alors que ces deux organisations terroristes sont répandues dans plusieurs régions du pays ?

Les factions qui ont signé cet accord doivent s’en éloigner et l’annoncer, sinon ce serait une duperie.

14. Dans ce cas, permettez, Monsieur le ministre, que je revienne sur le rôle turc. Nous constatons que la Turquie joue sur tous les tableaux à la fois. Un jour elle s’entend avec la Russie, le lendemain elle se tourne vers les USA. Comment devons-nous comprendre ce fait aujourd’hui ?

Nous avons informé les amis russes et iraniens que nous ne faisions pas confiance à la Turquie et que si, comme nous l’avons compris, certaines nécessités du moment l’ont conduite à modifier son positionnement, cela ne nous intéresse pas. Notre confiance est grande en la Russie et en l’Iran. Tant que la Turquie occupe des parties de notre territoire, agresse notre peuple dans plusieurs régions tout en continuant à ouvrir ses frontières aux terroristes, elle restera un État ennemi de la Syrie.

15. Mais la Turquie est désormais associée à cet accord ?

Ce n’est pas notre affaire. Elle n’est pas notre partenaire. Nous n’avons pas dialogué avec la Turquie.

16. Vous avez dit que cet accord est venu après les victoires à Alep. Comment les victoires militaires vont-elles se traduire politiquement ?

C’est une question importante. En effet, c’est la victoire à Alep qui a mené vers la cessation des hostilités et a ouvert la voie au dialogue à Astana. Comme je l’ai dit, celui qui veut vraiment mettre un terme à la crise et répondre aux aspirations du peuple syrien devra se rendre à Astana afin d’aboutir à une solution, sans poser des conditions qu’il sait inacceptables.

17. Certains pensent que la vision russe de la solution en Syrie n’est pas confortable pour Damas et Téhéran. Que devons-nous en penser ?

Tout d’abord, je ne divulgue pas un secret en disant qu’une heure avant cet entretien, j’ai reçu un appel téléphonique du Dr. Jawad Zarif qui m’a m’assuré que l’Iran se tenait aux côtés de la Syrie pour tout ce qu’elle jugeait conforme. L’Iran fait donc partie de ce travail. Ensuite, il arrive que des points de divergence existent entre les États du fait d’une différence de culture ou de situation. Mais, finalement, j’affirme qu’il n’y a pas de mésententes entre la Syrie, la Russie et l’Iran. Nous sommes des alliés. Nous sommes dans la même tranchée face au terrorisme.

18. Et qu’en est-il de ceux qui prétendent que l’État syrien est en désaccord sur nombre de points de vue russes concernant la solution en Syrie ?

Je n’ai entendu aucune déclaration de M. Lavrov ou de M. Poutine cherchant à imposer une quelconque solution au peuple syrien. Au contraire, ils ont toujours affirmé que la solution lui appartient et que c’était à lui d’en décider.

19. Pourtant, certains ont écrit que la réunion tripartite de Moscou a eu lieu pour régler leurs divergences quant à la solution de la crise syrienne ?

Beaucoup d’analystes et de pays n’étaient pas tranquilles à l’idée de cette réunion à Moscou entre la Russie, l’Iran et la Turquie. Il n’empêche que cette réunion a eu lieu avec, pour conséquence, la cessation des hostilités et la préparation d’une future réunion à Astana.

20. Mais dès la fin de la réunion, le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que toutes les « milices » qui se battent sur le territoire syrien devaient en sortir, y compris le Hezbollah. Que pense l’État syrien de cette déclaration ?

Je dis très franchement au ministre des Affaires étrangères du régime turc qu’il devrait lire les principes du droit international. Le Hezbollah est présent en Syrie à la demande officielle du gouvernement légitime syrien ; ce qui, au regard du droit international, est absolument différent de la présence des milices terroristes venues de plus d’une centaine de pays via le territoire turc.

21. Il a aussi ajouté qu’il était impossible que le Président Al-Assad reste au pouvoir. Qu’en pensez-vous ?

Pensez-vous que cette déclaration mérite réponse ? Là aussi je réponds franchement que cela n’est pas de son ressort. Désormais, ce sujet fait partie du passé.

22. Mais la Turquie est impliquée dans la solution ?

Ce n’est pas un sujet qui prête à discussion. Il est du ressort du peuple syrien et de lui seul. Nous ne permettrons à personne de s’en mêler. Le Président Al-Assad a été élu Président de la République arabe syrienne, que cela plaise ou non au ministre turc des Affaires étrangères. C’est notre réalité. Nous la respectons, comme nous respectons la volonté du peuple syrien.

23. Il a ensuite répété cette déclaration, mais au nom des factions armées, lesquelles n’accepteraient pas le maintien du Président Al-Assad à son poste. Or, l’État syrien se prépare à aller dialoguer avec ces factions…

Que celui qui n’accepte pas, ne vienne pas. J’ai dit que le sujet du Président Al-Assad et de la Direction syrienne sont affaire du peuple syrien et que nous ne permettrons pas qu’ils prêtent à discussion dans n’importe quelle réunion.

24. C’est entendu. Mais en exigeant un dialogue sans conditions préalables, l’État syrien n’impose-t-il pas une condition préalable dans ce cas précis ?

La souveraineté n’est pas une condition préalable et fait partie de la souveraineté du peuple syrien. Elle ne prête ni à des discussions, ni à des ententes, ni à des compromissions. Nous ne faisons aucune compromission quand il s’agit de la volonté du peuple syrien. C’est désormais compris par le monde entier. À ce propos, une anecdote circule : au sein de la communauté internationale, tous ceux qui ont réclamé la destitution du Président Al-Assad ont quitté le pouvoir et Al-Assad est resté. Peut-être qu’il en sera de même pour M. Oglu.

25. Monsieur le Ministre, nombre de questions nécessitent des réponses franches de votre part. La menace d’une partition continue à hanter les Syriens, notamment parce que le droit international stipule qu’en cas de cessez-le-feu les lignes de contact entre États belligérants peuvent se transformer en frontières. Qu’en pensez-vous ?

Premièrement, il ne s’agit pas d’un cessez-le-feu, mais d’une cessation des hostilités. Deuxièmement, les lignes de contact sont temporaires afin de surveiller la cessation des opérations de combat. Elles disparaissent dès que cessent les combats.

26. C’est donc pour une période déterminée ?

Oui. Il n’existe pas de lignes de contact pour une période indéterminée sauf dans le cas où l’État subirait la volonté d’autres états qui imposeraient la partition. Laquelle partition était l’objectif du plan ourdi contre la Syrie. Mais, grâce à la résistance de notre peuple et de nos Forces armées, ce projet est désormais derrière nous.

27. Parlons des États impliqués dans la guerre en cours contre la Syrie et qui ne font pas partie de cet accord. Tel est le cas de l’Arabie saoudite et du Qatar. Pourquoi la Russie a déclaré qu’ils le rejoindront prochainement ?

Sans doute parce que l’Arabie saoudite et le Qatar n’ont toujours pas réalisé qu’ils ont été vaincus sur la scène syrienne. Quand ils mesureront l’étendue de leur défaite, ils considéreront peut-être l’intérêt de leurs deux peuples et modifieront leur positionnement.

28. Mis à part la Russie, on dirait que cet accord se limite aux États régionaux. Qu’en est-il de la France qui fut le fer de lance de cette guerre sur la Syrie ? Qu’en est-il de la Grande Bretagne ? Et qu’en est-il des autres États qui ont accueilli et organisé des Congrès sous le vocable des « Amis du peuple syrien » ?

Des amis entre parenthèses ! D’abord et objectivement parlant, l’Europe n’a pas fait montre d’une dimension politique proportionnelle à sa considérable dimension économique et s’est contentée de suivre les États-Unis. Ensuite, les États européens prétendument « Amis du peuple syrien » lui ont imposé des sanctions économiques pesant lourdement sur sa vie quotidienne. Enfin, la libération d’Alep a dévoilé que l’Europe faisait partie de la conspiration étant donné que les armes saisies dans les entrepôts des quartiers est étaient de fabrication européenne. La Grande Bretagne, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, adopte malheureusement des positions démentes lorsqu’il s’agit de la situation syrienne. La France sera, à mon avis, l’une des premières à constater son échec et se retrouve avec un peuple insatisfait de la politique de Hollande, ce qui l’a amené à se retirer de la prochaine campagne présidentielle. Je fais partie des optimistes qui s’attendent à un changement radical de la politique française.

29. Et où en est Washington de cet accord ?

Quel Washington ? Celui de l’administration Obama ou de l’administration Trump ? Les USA ont certainement le bras long dans la conspiration contre nous et, bien que l’administration Obama soit sur le point de quitter, Dieu nous préserve des malheurs  qu’elle pourrait encore nous réserver d’ici le 20 janvier prochain.

30. Acceptera-t-il de rester à l’écart de la solution ?

Il est obligé de rester à l’écart. Quand le Président Obama signe pour la livraison d’armes performantes aux factions de ladite opposition en Syrie, cela signifie qu’il veut prolonger la crise, non dans l’intérêt du peuple américain, mais dans l’intérêt d’Israël. En effet, seul Israël avec probablement l’Arabie saoudite et le Qatar ne souhaitent pas que la crise prenne fin en Syrie.

31. Nous n’entendons plus de commentaires et de déclarations concernant la Syrie de la part des Saoudiens, mais voilà que les Qataris avouent que ce sont les Américains qui les ont poussés à s’impliquer en Syrie. Pouvons-nous considérer cela comme la reconnaissance de leur défaite ?

Reconnaître sa défaite s’impose par la réalité et sur le terrain. Ils ont été défaits et doivent en tirer les leçons pour eux-mêmes et pour ceux qu’ils ont instrumentalisés. Aujourd’hui existe une vraie chance de sortie de cette crise et comme l’a déjà dit le Président Al-Assad : nous ne parlons pas de victoire ou de défaite individuelles, c’est le peuple syrien et la Syrie qui doivent être les vainqueurs.

32. Ces bouleversements que vous soulignez pourraient-ils les mener à reculer ? Ainsi, nous entendons parler de révisions importantes concernant les Frères Musulmans en Égypte…

C’est possible et cela dépend des intérêts du peuple égyptien. Le programme des Frères Musulmans en Égypte et ailleurs est destructeur. C’est l’affaire des Égyptiens. Nous, en Syrie, nous continuerons à considérer les Frères Musulmans telle une organisation terroriste, comme c’est le cas depuis le début des années quatre-vingts du siècle dernier.

33. Où en sont les relations égypto-syriennes aujourd’hui ?

Elles n’ont pas franchi le pas du retour à la normalité.

34. Verrons-nous un changement de positions au niveau international ?

Il est encore tôt pour en juger, mais je parie qu’il y aura un changement positif.

35. L’État syrien enverra-t-il une délégation à Astana ?

Nous serons présents à Astana, car notre principe général est de ne pas adopter la politique de la chaise vide pour n’importe quel forum de dialogue entre Syriens.

36. Existe-t-il des conditions préalables à cette participation ?

Nous participerons avec un esprit ouvert conforme aux données de la situation dans la région et sur la scène internationale.

37. Avez-vous quelques réserves quant à ce qui est susceptible d’être proposé ?

Il est possible de discuter de tous les sujets, sauf de la souveraineté nationale et du droit du peuple syrien à choisir sa gouvernance.

38. Comment l’État syrien envisage de traiter le dossier kurde ?

Commençons par les constantes. Premièrement : il ne fait aucun doute que les frères kurdes font partie du peuple syrien. Deuxièmement : ils disent avoir des aspirations au sein de l’unité territoriale de la Syrie et considèrent que leurs aspirations sont légitimes. C’est peut-être le cas. S’il s’agit de demandes en rapport avec la vie culturelle ou sociétale dans le cadre de la République arabe syrienne, nous pourrons les considérer favorablement. Mais, actuellement, la priorité concerne la lutte contre le terrorisme.

39. Qu’en est-il des voix appelant à la création d’un gouvernement au nord de la Syrie ?

Je dis à mes frères kurdes : par le passé, vous avez beaucoup parié sur l’étranger et les grandes puissances et c’est pour cela que la question kurde dure depuis plus de cent ans. Pariez sur votre citoyenneté syrienne et vous trouverez en votre patrie le giron chaleureux qui accueille tous les Syriens. Nous sommes un pays fier de son vivre ensemble. Nous refusons le confessionnalisme. Nous sommes un seul peuple sans distinction fondée sur la religion ou les ethnies. Nos minorités sont diverses, mais nous sommes tous syriens et fiers de cette diversité religieuse et ethnique.

40. L’émissaire spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, a accueilli favorablement la cessation des hostilités et a offert ses services…

En vérité, je m’attendais à ce que M. de Mistura soit un intermédiaire impartial étant donné sa fonction de représentant des Nations Unies. Or, avant et pendant la libération d’Alep ce ne fut pas le cas. Toutes ses conférences de presse, ainsi que celles de son assistant, faisaient partie de la campagne médiatique fabriquée contre la Syrie. Une campagne fabriquée !

41. Pensez-vous que l’accord tripartite d’aujourd’hui peut aboutir à un accord international ou entre les grandes puissances ?

Il est encore trop tôt pour dire que cet accord de cessation des hostilités puisse aboutir à une entente internationale.

42. Pourrait-il aboutir à une réunion internationale…

J’insiste encore sur le fait que l’objectif de toute réunion entre Syriens est d’arriver à dessiner l’avenir de leur pays, sans ingérences étrangères, et je souligne : sans ingérences étrangères ! Et maintenant que cet accord a été conclu, il serait normal que les Nations Unies l’adopte et que beaucoup de pays de la Communauté internationale l’accueille favorablement, car c’est à partir de là que nous passerons à l’étape de la reconstruction.

43. Même si les États-Unis restent absents alors qu’ils dirigent le système international ?

Ils sont absents aujourd’hui. Peut-être seront-ils présents demain. Qui sait ? Il y aura un changement de l’administration américaine, un changement de cap…

44. Un changement de politiques ?

Pas nécessairement. Quoi qu’il en soit, ce qui reste fondamental pour nous est le dialogue entre Syriens, sans ingérences étrangères. Nous trouverons un accord entre nous. Celui qui l’adoptera à l’avenir, sera le bienvenu.

45. Nous sommes au seuil d’une nouvelle année. Quelles sont vos prévisions pour 2017 ?

Je commencerai par vous souhaiter une bonne année. Et comme je suis d’un naturel optimiste, je dirai que l’année qui vient apportera les préludes de la solution et de la victoire militaire que nous investirons, nous diplomates, pour aboutir à la solution de la crise en Syrie.

46. Elle n’apportera que les préludes de la solution et non la solution ?

Elle apportera certainement les préludes…

Merci, Monsieur le Ministre

C’est moi qui vous remercie.

 

Walid al-Mouallem

Vice-Premier ministre et ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés

29/12/2016

 

Sources : vidéo en deux parties / Al-Ikhbariya TV

M. Al-Mouallem est interrogé par Mme Racha Kassar

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1285561024800247/

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1285584894797860/

 

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

 

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VIDÉO – Réponse de Vladimir Poutine aux mesures de Barack Obama

janvier 1st, 2017 by Président Vladimir Poutine

Dans ces deux extraits, Vladimir Poutine répond à l’expulsion de 35 diplomates russes des Etats-Unis, aux nouvelles sanctions et à la campagne de dénonciation d’une supposée intervention du Kremlin dans les élections américaines. Le fait que le rapport des services de renseignements américains sur le piratage des e-mails du Parti Démocrate commence par une mise en garde selon laquelle « Ce rapport est fourni ‘tel quel’ uniquement à des fins d’information. Le Département de la Sécurité Intérieure n’apporte aucune garantie de quelque nature que ce soit quant aux informations contenues dans ce document », et que les incriminations de la Russie y sont exclusivement attribuées au gouvernement américain, sans être endossées par ledit rapport, semble assez révélateur. Quoi qu’il en soit, cet incident donne un aperçu éloquent de la diplomatie américaine et de la diplomatie russe.

Déclaration du Président russe
Le 30 décembre 2016

Nous considérons les récentes mesures hostiles prises par l’administration américaine sortante comme provocatrices et visant à affaiblir davantage les relations entre la Russie et les États-Unis. Cela va à l’encontre des intérêts fondamentaux tant du peuple russe que du peuple américain. Compte tenu des responsabilités mondiales de la Russie et des États-Unis en matière de sécurité, cela nuit également aux relations internationales dans leur ensemble.

Conformément à la pratique internationale, la Russie a toutes les raisons de répondre par des mesures similaires. Bien que nous ayons le droit de répondre, nous ne recourrons pas à une diplomatie «de cuisine » irresponsable, mais planifierons nos démarches additionnelles visant à rétablir les relations entre la Russie et les États-Unis selon les politiques de l’administration Trump.

Les diplomates qui rentrent en Russie passeront les vacances du Nouvel An avec leurs familles et leurs amis. Nous ne créerons aucun problème pour les diplomates américains. Nous n’expulserons personne. Nous n’empêcherons pas leurs familles et leurs enfants de profiter de leurs sites de vacances traditionnels pendant les congés du Nouvel An. En outre, j’invite tous les enfants des diplomates américains accrédités en Russie à assister aux festivités du Nouvel An et des fêtes de Noël pour les enfants au Kremlin.

Il est regrettable que l’administration Obama mette fin à son mandat de cette manière. Néanmoins, je présente mes vœux de Nouvel An au Président Obama et à sa famille.

Je présente également mes vœux au Président élu Donald Trump et au peuple américain.Je vous souhaite à tous bonheur et prospérité.

Conférence de presse annuelle de Vladimir Poutine
Le 23 décembre 2016

Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/53573

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

[…] Yevgeny Primakov : Yevgeny Primakov, Mezhdunarodnoye Obozrenie [Revue internationale], Rossiya 24, VGTRK.

Monsieur le Président, le monde traverse actuellement une période de mutation fondamentale. Nous avons vu l’expression de la volonté populaire, lorsque les peuples votent contre les vieux concepts politiques et les anciennes élites. La Grande-Bretagne a voté pour quitter l’Union européenne, bien qu’il reste à voir comment le Brexit va se dérouler. Beaucoup disent que Trump a gagné parce que les gens ont voté, entre autres choses, contre l’ancien ordre établi, les gens qu’ils ont plus qu’assez de voir au pouvoir.

Avez-vous discuté de ces changements avec vos collègues ? À quoi ressemblera le nouveau paysage mondial ? Vous souvenez-vous de ce que vous avez dit à l’Assemblée générale lorsque l’ONU a célébré son 70e anniversaire ? Vous avez dit : « Comprenez-vous ce que vous avez fait ? » Où vont les choses? Nous sommes toujours bloqués dans une confrontation. Vous avez mentionné les échanges au sujet de qui a l’armée la plus forte. Lors de sa conférence de presse d’adieu, Barack Obama, qui est encore votre collègue, a déclaré que 37% des Républicains sympathisent avec vous et qu’à entendre cela, Ronald Reagan se serait retourné dans sa tombe.

Vladimir Poutine : En entendant quoi ?

Yevgeny Primakov : Que 37% des électeurs Républicains sympathisaient avec vous.

Vladimir Poutine : Vraiment ?

Yevgeny Primakov : Oui. Et que si Ronald Reagan savait une telle chose, il se retournerait dans sa tombe.Soit dit en passant, en tant qu’électeurs, nous apprécions beaucoup votre pouvoir [supposé] et le fait de savoir que votre influence s’étend jusqu’à Ronald Reagan. Nos collègues occidentaux nous disent souvent que vous avez le pouvoir de manipuler le monde, de désigner des présidents et d’intervenir dans les élections ici et là. Qu’est-ce que cela fait d’être la personne la plus puissante sur Terre ? Je vous remercie.

Vladimir Poutine : J’ai évoqué cette question à plusieurs reprises. Si vous voulez m’entendre encore une fois, je peux me répéter. L’administration américaine actuelle et les dirigeants du Parti Démocrate essaient de faire porter la responsabilité de tous leurs échecs sur des facteurs extérieurs. J’ai quelques questions et réflexions à cet égard.Nous savons que le Parti Démocrate a non seulement perdu l’élection présidentielle, mais aussi le Sénat, où les Républicains ont la majorité, et le Congrès, dont les Républicains ont également le contrôle. Serions-nous, ou suis-je également responsable de cela ? Nous avons peut-être célébré cela sur les « vestiges d’une chapelle du XVIIe siècle », mais est-ce nous qui avons détruit la chapelle, comme dit le proverbe ? En réalité, il en va tout autrement. Tout cela montre que l’administration actuelle est confrontée à des problèmes à l’échelle du système, comme je l’ai dit lors de la rencontre du Club Valdaï.

Il me semble qu’il y a un fossé entre la vision de l’élite sur ce qui est bon et mauvais et celle de ce que nous aurions jadis appelé les grandes masses populaires. Je ne considère pas le soutien d’une grande partie des électeurs Républicains pour le Président russe comme un soutien personnel pour moi, mais dans ce cas, je le vois plutôt comme une indication qu’une partie substantielle du peuple américain partage notre point de vue sur l’organisation mondiale, sur ce que nous devrions faire, et sur les menaces et défis communs auxquels nous sommes confrontés. Il est bon qu’il y ait des gens qui sympathisent avec notre point de vue sur les valeurs traditionnelles parce qu’elles constituent un bon fondement pour construire des relations entre deux pays aussi puissants que la Russie et les États-Unis, pour les construire sur la base de la sympathie mutuelle entre nos peuples.

Il vaudrait mieux qu’ils ne citent pas le nom de leurs anciens hommes d’État à la légère, bien sûr. Je ne suis pas si sûr quant à qui pourrait se retourner dans sa tombe en ce moment. Il me semble que Reagan serait heureux de voir les gens de son parti gagner partout, et accueillerait positivement la victoire du nouveau Président élu si apte à comprendre l’humeur du public, et qui a pris précisément cette direction et est allé de l’avant jusqu’à la fin, même lorsque personne, sauf nous, ne croyait qu’il puisse gagner. (Applaudissements).

Les grands Démocrates de l’histoire américaine se retourneraient probablement dans leurs tombes. Roosevelt le ferait certainement parce qu’il était un homme d’État exceptionnel dans l’histoire américaine et mondiale, qui a su unifier la nation même pendant les années les plus sombres de la Grande Dépression, à la fin des années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale. L’administration actuelle, quant à elle, divise très clairement la nation. L’appel aux grands électeurs de ne pas voter pour l’un ou l’autre des candidats, et dans ce cas, de ne pas voter pour le Président élu, était tout simplement un pas vers la division de la nation. Deux grands électeurs ont décidé de ne pas voter pour Trump, et quatre pour Clinton, et ici aussi ils ont perdu. Ils perdent sur tous les fronts et cherchent des boucs émissaires sur qui jeter le blâme. Je pense que c’est un affront à leur propre dignité. Il est important de savoir perdre gracieusement.

Mais mon véritable espoir est que nous puissions bâtir des relations professionnelles et constructives avec le nouveau Président et également avec les futurs dirigeants du Parti Démocrate, parce que c’est dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples. […]

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« Le mal que font les hommes vit après eux. »

William Shakespeare (1564-1616), dans la pièce “Jules César”

« La Constitution [étasunienne] postule, ce que l’histoire de tous les gouvernements démontre bien, à savoir que le pouvoir exécutif est la branche la plus intéressée à se lancer en guerre et la plus disposée à le faire. C’est pourquoi, conséquemment, elle stipule clairement que la décision d’aller en guerre ou non relève de l’Assemblée législative …

— Aucun pays ne peut préserver sa liberté dans un contexte de guerres continuelles. »

James Madison (1751-1836), lettre à Thomas Jefferson, 1798, (reprise dans « Observations politiques », 1795)

« … La guerre est parfois nécessaire, mais la guerre à une certaine échelle est une expression de la folie humaine. »

Barack H. Obama (1961-), Prix Nobel de la paix, discours d’acceptation, décembre 2009

« En tant que puissance nucléaire, et en tant que seule puissance nucléaire à avoir utilisé l’arme nucléaire, les États-Unis ont une responsabilité morale d’agir … aujourd’hui, je prends solennellement et avec conviction l’engagement que les États-Unis rechercheront la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. »

Barack H. Obama (1961- ), discours prononcé à Prague, République tchèque, le 5 avril 2009, [N.B. : Le 27 mai 2016, le Président Obama a répété essentiellement le même engagement au ‘Peace Memorial Park’ d’Hiroshima, au Japon, souhaitant un « monde sans armes nucléaires »]

« En tant que commandant en chef, je n’ai guère hésité à employer la force, quand c’était nécessaire. J’ai ordonné que des dizaines de milliers de jeunes Américains aillent au combat …

J’ai ordonné des interventions militaires dans sept pays. », [L’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Pakistan, le Yémen et la Somalie]

Barack H. Obama (1961- ), discours à l’American University, le 5 août 2015

 

Depuis que les néoconservateurs ont pris le contrôle effectif de la politique étrangère étasunienne, suite à l’effondrement de l’empire soviétique en 1991 et à la fin de la Guerre froide, rejetant ainsi le « dividende de paix » que plusieurs avaient logiquement espéré, avec la réduction des dépenses militaires, l’intention dominante à Washington D.C. a été d’imposer un Nouvel Ordre Mondial hégémonique sous égide étasunien et cela, principalement, en recourant à la force militaire.

Une succession de gouvernements étasuniens, dirigés tant par des démocrates que par des républicains, se sont employés à poursuivre la même politique d’hégémonie mondiale en lançant une série de guerres d’agression unilatérales, directes ou indirectes, à travers le monde, en violation du droit international. Cela explique pourquoi les États-Unis ont plus de 1400 bases militaires à l’étranger, dans plus de 120 pays, et pourquoi ils accroissent sans cesse le nombre de ces installations.

Tout d’abord, il y a eu la guerre du Golfe de 1990-1991, lorsque le régime irakien de Saddam Hussein est tombé dans un piège, pensant qu’il avait l’accord tacite de Washington de procéder à l’intégration du petit état du Koweït, un territoire qui a fait partie de l’Irak tout au long du XIXe siècle, jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ensuite, ce furent les interventions militaires étasuniennes, sous le couvert de l’OTAN, dans les conflits ethniques de la Yougoslavie, en 1998-1999, afin de saper l’influence russe dans cette région. Ensuite, survint cette attaque du 11 septembre 2001, rappelant celle de Pearl Harbor en 1941. Certains hauts dirigeants étasuniens avaient implicitement souhaité une telle attaque, un an auparavant. Le 9/11 fut une sorte d’événement « divin » pour implanter le nouvel ordre mondial, car il justifiait à lui seul d’énormes augmentations du budget militaire étasunien, en plus de servir de justification pour lancer une  guerre en Afghanistan, à compter de 2001, et pour aboutir finalement à la « guerre préventive » lancée par George W. Bush pour « libérer » l’Irak, en 2003.

Tout cela fut suivi d’une série d’opérations clandestines dans le but de déstabiliser et renverser des gouvernements nationaux, élus ou non, et d’imposer des changements de régime dans des pays indépendants, tels la Syrie, la Libye, l’Ukraine, le Honduras, Haïti, la Somalie … etc., comme cela a été fait dans d’autres pays auparavant.

L’élection du sénateur Barack Obama, en 2008, promettait de mettre un terme à ces ingérences et à ces vendettas militaires étasuniennes dans le monde, la plupart d’entre elles entreprises à l’initiative de la Maison-Blanche, avec un minimum de participation du Congrès, contrairement à ce qui est stipulé dans la constitution des Etats-Unis. Ainsi, en octobre 2009, le président Obama reçut le Prix Nobel de la paix, doté d’une allocation d’environ 1,4 million $, pour sa promesse de créer un « nouveau climat » dans les relations internationales et pour celle de promouvoir le « désarmement nucléaire ». Il faut le dire. L’héritage politique que laisse le président américain derrière lui ne reflète nullement les espoirs que son élection et ses promesses de changement avaient fait naître. Au cours de ses deux mandats consécutifs, en effet, M. Obama n’a réglé aucun conflit, mais il en a allumé plusieurs autres.

Lors de son discours d’acceptation du Prix Nobel de la paix, le Président Obama, se référant à la théorie de la « guerre juste », plus ou moins discréditée pour les temps modernes, déclara que les guerres doivent être menées « en dernier recours ou en cas de légitime défense; et, si la force employée est proportionnelle; et si, chaque fois que possible, on épargnait les populations civiles. »

On notera, cependant, que Obama prit bien soin de reconnaître qu’il y avait des gens « bien plus dignes que moi de mériter cet honneur », ajoutant  que ses propres « réalisations étaient minimes ». —En cela, il avait raison. Car le candidat Obama « anti guerre » n’a pas été à la hauteur des attentes élevées qu’on avait placées en lui, en 2008: Il n’a pas apporté la paix au monde; il n’a pas mis un terme aux guerres d’agression étasuniennes à travers le monde ; il n’a pas mis fin à la politique des États-Unis de renverser les gouvernements des autres pays indépendants qui ne leur plaisent pas ; et, il n’a pas fait avancer la cause du « désarmement nucléaire ». Sur ce dernier point, il a fait tout le contraire, comme nous le verrons plus loin.

Voilà pourquoi, après un double mandat à la Maison Blanche, la démonstration peut être faite que l’héritage politique du président Barack Obama est très mince, voire même négatif net. Regardons les choses de plus près, en commençant par le côté positif de l’héritage du président Obama, et ensuite, faisons un relevé des défaillances graves de son administration.

• La Loi d’assurance santé de Obama: un pas timide dans la bonne direction vers la justice sociale

Avant d’identifier lacunes de l’administration Obama les plus criantes, il est juste de souligner un certain nombre de réalisations de son gouvernement, même si on peut déplorer que celles-ci ont été peu nombreuses et espacées dans le temps. En affaires intérieures, par exemple, le président Obama a réussi à faire adopter une Loi sur la protection des patients et des soins abordables, connue sous le vocable de « Obamacare », laquelle fut adoptée par le Congrès étasunien, en 2010. Cette loi étendit la couverture d’assurance santé à près de quelque 20 millions d’Étasuniens qui ne pouvaient pas profiter des soins de santé assurés par les employeurs. Un projet semblable, piloté par Mme Hillary Clinton en 1993, avait échoué.

L’Obamacare était la copie conforme d’un programme semblable mis de l’avant par le gouverneur républicain Mitt Romney dans l’état du Massachusetts, en 2006, en collaboration avec des compagnies d’assurance privées. L’objectif initial était d’adopter un programme public et universel d’accès aux soins de santé, selon le modèle du programme de sécurité sociale appelé ‘Medicare‘, lequel fut adopté en 1965, pour les personnes de plus de 65 ans. Cependant, l’opposition systématique des membres du Congrès rendit cette option impraticable. On estime qu’un peu plus de 30 millions d’Étasuniens demeurent privés de l’accès à une assurance maladie complète. Néanmoins, on peut dire que le programme de l’Obamacare, même si il était incomplet, fut un pas dans la bonne direction.

Il faut dire que l’appui à un système public et universel d’accès aux soins de santé se maintient aux États-Unis. De nombreux médecins étasuniens sont, en effet, favorables à l’implantation d’un système de santé à payeur unique. En mai dernier, par exemple, un groupe impressionnant de 2231 médecins étasuniens se sont prononcés publiquement en faveur de l’adoption d’un tel système pour couvrir tous les Étasuniens en matière d’accès aux soins de santé. Dans la présente course à la présidence, le seul candidat qui propose un système de santé à payeur unique universel est le sénateur démocrate Bernie Sanders.

• Le président Obama a parfois su tenir tête aux pressions guerrières

En matières de politique étrangère, le président Obama a posé quelques gestes pour se distancer de son prédécesseur George W. Bush, entre autres, en résistant aux pressions qui s’exerçaient sur lui pour accroître l’implication étasunienne dans un certain nombre de conflits militaires. À titre d’exemple, en 2012-2013, les gouvernements d’Israël, de la Turquie et de l’Arabie saoudite, désireux de provoquer le renversement du gouvernement syrien de Bashar al-Assad, avaient ourdi un plan sous « faux pavillon » pour faire porter le blâme au gouvernement Assad d’utiliser des armes chimiques contre la population. Le but était de forcer la main au président étasunien d’intervenir directement dans le conflit syrien. Un tel stratagème avait fonctionné, en 1986, quand le président Reagan s’était laissé persuader de bombarder la Libye.

À son crédit, le président Obama ne tomba pas dans le piège, et il résista aux pressions « intenses » des néocons étasuniens, et en particulier il sut résister à celles qu’exerçait la secrétaire d’État Hillary Clinton dans son propre gouvernement, en faveur d’une intervention militaire directe des Etats-Unis en Syrie. Il accepta plutôt une proposition russe pour évacuer les armes chimiques de la Syrie, évitant ainsi la mort de milliers de personnes.

• L’accord de 2015 avec l’Iran a été une victoire de la diplomatie sur la guerre

Le président Obama a aussi subi des pressions néoconservatrices pour d’autres interventions militaires. En effet, le gouvernement israélien incita fortement le président étasunien à lancer une attaque militaire contre l’Iran, un pays de 80 millions de personnes. Le prétexte avancé cette fois-ci était que l’Iran menaçait le monopole nucléaire d’Israël au Moyen Orient avec son programme nucléaire.

Même si le gouvernement iranien affirmait que son programme nucléaire visait à produire de l’énergie et était essentiellement pacifique, de nombreuses pressions s’exerçaient quand même sur le président Obama pour que les États-Unis attaquent l’Iran de manière « préventive » afin de détruire ses installations nucléaires. À son crédit, le président Barack Obama résista aux pressions de se lancer dans une guerre d’agression illégale, semblable à celle que George W. Bush lança contre l’Irak, en 2003.

Le président Obama s’en remis plutôt à la diplomatie, et le 14 juillet 2015, un contingent de six pays (Chine, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni et États-Unis) conclut un accord avec l’Iran, lequel accord éliminait toute possibilité que l’Iran développe des armes nucléaires dans un avenir prévisible. Là encore, on évita une guerre inutile et on épargna des milliers de vies.

• Fin du boycottage de plus d’un demi siècle de Cuba par les États-Unis

Le président Barack Obama a aussi le mérite d’avoir accepté la médiation du Pape François, en 2014, afin de mettre un terme aux hostilités latentes depuis plus de 50 ans entre le gouvernement étasunien et celui de Cuba, deux pays voisins. En effet, le Pape avait fait appel à la bonne volonté des présidents Barack Obama et Raul Castro pour lancer des négociations secrètes entre les responsables des deux pays.

Comme de fait, le président étasunien et le président cubain annoncèrent, le 17 décembre 2014, qu’ils entendaient normaliser les relations diplomatiques entre les deux pays. Quelques mois plus tard, soit le 11 avril 2015, le président Obama et le président cubain Castro se sont rencontrés à Panama pour finaliser la nouvelle réalité et se sont déclarés prêts à « tourner la page et à développer de nouveaux rapports entre nos deux pays », selon les termes employés par M. Obama.

Depuis lors, les deux gouvernements ont rouvert leurs ambassades dans leurs pays respectifs et ont normalisés leurs relations. Le président Obama s’est même rendu à Cuba en mars dernier.

Par conséquent, il est juste de dire que le président Obama a le mérite d’avoir mis fin à un triste chapitre de l’histoire du 20e siècle, eu égard à la politique étrangère étasunienne, d’autant plus que le gouvernement étasunien entretenait déjà des relations diplomatiques complètes avec des pays tels que la Chine et le Vietnam, deux pays avec des régimes communistes dits totalitaires.

Cependant, la liste des réalisations du gouvernement Obama n’est pas très longue. Malheureusement, la liste des promesses trahies et des espoirs déçus est beaucoup plus longue.

• Le président Obama a accru les pouvoirs de la Maison-Blanche de lancer des guerres impériales illimitées

Comme la citation de James Madison ci-haut l’indique bien, les Pères fondateurs étasuniens étaient bien conscients du danger de donner à un roi ou à un dictateur le droit de lancer le pays en guerre, de son propre chef. Ils craignaient que cela ne soit source importante de tyrannie et d’oppression.

Le président George W. Bush, au pouvoir de 2001 à 2009, a effectivement agi d’une manière que les pères fondateurs des États-Unis auraient fortement désapprouvée, car il fit tout en son possible pour s’approprier le droit personnel de décider quand son pays entrerait ou non en guerre, ne consultant le Congrès étasunien seulement une fois la décision déjà prise et seulement pour la formalité.

On aurait pu penser que Barack Obama, président nouvellement élu, dans un esprit démocratique, aurait tenté d’inverser ce mouvement dangereux vers la transformation de la présidence étasunienne en un centre initiateur de guerres étrangères. Malheureusement, le président Barack Obama a fait l’inverse, en accroissant plutôt qu’en réduisant les pouvoirs discrétionnaires du président des États-Unis de mener des guerres.

En effet, Barack Obama, détenteur du Prix Nobel de la paix, ne perdit guère de temps pour argumenter qu’il avait, en tant que président des États-Unis, l’autorité de bombarder n’importe qui, n’importe quand, sans l’approbation du Congrès étasunien. Il prétendit que les ‘autorisations précédentes du Congrès d’utiliser la force’ demeuraient en vigueur indéfiniment. En effet, le président Obama prétendit, tout comme le président George W. Bush l’avait fait avant lui, que ‘l’autorisation d’utiliser la force militaire’ pour combattre le terrorisme, adoptée par le Congrès étasunien après le 11 septembre 2001, et celle adoptée en 2002 pour attaquer l’Irak, ne comportaient aucune date d’expiration et qu’elles autorisaient le président des États-Unis à agir comme un empereur ou un roi, et d’utiliser la force militaire de son pays de son propre gré.

On ne parle pas ici d’une question triviale. C’est en fait une question très grave, parce que si cette théorie devait être confirmée et devenait ancrée dans la pratique, sans un amendement constitutionnel formel, ce précédent signifierait que la Constitution des États-Unis a de facto été mise au rancart et les États-Unis sont devenus moins une république démocratique et davantage un empire autocratique. [Cela tendrait à confirmer le titre de mon livre « Le Nouvel Empire américain »]

Qui plus est, le président Obama s’est servi de sa théorie des pouvoirs présidentiels de faire la guerre. En effet, il a lancé huit fois plus de frappes militaires dans d’autres pays à l’aide de drones que le président George W. Bush avant lui ; et, il s’est même vanté qu’il avait « ordonné des actions militaires contre sept pays ». Ce n’est certes pas un héritage dont il peut être fier.

• La destruction des pays indépendants que sont l’Iraq, la Libye et la Syrie, et le chaos au Moyen-Orient

Si on considère les actions étasuniennes au Moyen-Orient, le président Barak Obama n’a pas rompu sensiblement avec la politique impériale néoconservatrice du gouvernement de George W. Bush et de Dick Cheney.

On prétend parfois que la décision du président Obama de retirer les troupes étasuniennes de l’Irak, en 2011, a marqué une rupture avec l’administration précédente. En fait, l’administration Bush-Cheney avait déjà décidé d’un tel retrait en 2008, lorsque le gouvernement irakien refusa d’accorder l’immunité juridique aux troupes américaines dans ce pays.

Avec le retrait des troupes étasuniennes de l’Irak, en 2011, l’administration Obama a tout simplement mis en œuvre un accord à cet effet conclu entre les deux pays, et signé en 2008. Selon cet accord, les troupes de combat étasuniens devaient être hors de l’Irak avant le 31 décembre 2011.

Par conséquent, nonobstant une ou deux exceptions déjà mentionnées (l’Accord avec l’Iran et la normalisation des relations avec Cuba), le président Obama n’a pas vraiment rompu avec les théories néoconservatrices de recourir aux moyens militaires, pour faire face à des problèmes, soit au Moyen-Orient, soit ailleurs.

En fait, si l’on peut dire que le président George W. Bush a détruit le pays de l’’Irak, le président Barack Obama quant à lui, avec ses politiques et ses initiatives, la plupart du temps sans l’autorisation du Congrès, a détruit deux autres pays au Moyen-Orient, à savoir la Libye et la Syrie. Il a aussi prolongé la mission militaire étasunienne en Afghanistan, et il a appuyé un allié embarrassant, l’Arabie Saoudite, quand ce dernier pays a entrepris de détruire le Yémen. Tôt ou tard, M. Barack Obama devra s’expliquer sur ces questions.

• Le président Obama a soutenu l’Arabie saoudite et d’autres pays Islamiques à répandre l’extrémisme Wahhabite dans le monde

En ce début du 21ème Siècle, le monde et tout particulièrement l’Europe sont confrontés à la menace de l’islamisme le plus virulent, soit l’extrémisme wahhabite, une idéologie théo-fasciste, promue par le Royaume d’Arabie saoudite et d’autres pays islamiques, et laquelle est, dans une large mesure, la source du terrorisme islamique mondial. Au lieu de dénoncer ce dangereux fléau, le président Obama s’en est facilement accommodé, allant même jusqu’à presque se prosterner devant les dirigeants de l’Arabie saoudite, lors de nombreux voyages dans ce pays.

Il n’y a aucun pays dans le monde qui viole plus ouvertement les droits humains que le Royaume d’Arabie saoudite. On pourrait penser que les États-Unis seraient à l’avant-garde pour dénoncer de telles violations. Les wahhabites, soit à partir de l’Arabie Saoudite ou d’autres pays islamiques, ont utilisé des centaines de milliards de pétrodollars pour construire des madrassas [écoles Islamiques] et d’énormes mosquées dans les pays occidentaux, y compris aux États-Unis, pour promouvoir leur idéologie corrosive. À titre d’exemple, l’administration Obama n’a soulevé aucune objection lorsque la plus grande mosquée aux États-Unis a été construite récemment, à Lanham, au Maryland. Il est intéressant de noter qu’en 2010, la Norvège a refusé la construction de mosquées dans ce pays avec de l’argent étranger.

• Le gouvernement Obama a étendu la politique néoconservatrice du chaos à l’Ukraine et à la Russie, et il a relancé la guerre froide avec la Russie, en encourageant l’expansion de l’OTAN

Pourquoi le gouvernement étasunien de Barack Obama a-t-il été si prompt à susciter une nouvelle guerre froide avec la Russie, avec sa politique d’expansion de l’OTAN ? On observe ici une autre contradiction entre ce que dit le président Obama, et ce qu’il fait. Pour un lauréat du prix Nobel de la paix, est-ce que l’encerclement militaire d’un pays et l’envoi de forces militaires à ses frontières sont des actes de paix ou des actes de guerre ? Pourquoi est-ce précisément la politique que M. Obama poursuit envers la Russie ? Pourquoi est-il disposé à risquer une confrontation nucléaire avec la Russie ? Cela défie toute logique.

Le seul élément de logique pour expliquer un tel bellicisme serait que c’est là une tentative du gouvernement étasunien de saboter toute coopération économique et politique entre la Russie et les pays européens, afin de maintenir l’Europe sous une sorte de protectorat étasunien. 

Ce ne sont là que quelques unes des questions qui viennent à l’esprit. Il y en a d’autres. Pourquoi le président Obama se sent-il prisonnier du plan néoconservateur d’agression militaire ? Pourquoi a t-il choisi Ashton Carter en tant que Secrétaire de la Défense, alors que ce dernier est un belliciste notoire, en plus d’être l’ancien acheteur d’armes en chef du Pentagone, et qu’il s’est déjà prononcé en faveur d’une confrontation militaire avec la Russie ?

Ce sont là des questions cruciales auxquelles M. Obama se doit de répondre, et cela d’autant plus que la candidate démocrate à la présidentielle, Mme Hillary Clinton, a publiquement indiqué qu’elle intensifierait même les politiques du président Obama dans ce domaine, si elle était élue présidente étasunienne.

Il ne faut pas oublier qu’en février 2014, le gouvernement Obama s’est empressé de soutenir un coup d’état en Ukraine, afin de renverser le gouvernement élu de ce pays. Il a également armé les putschistes, et les a encouragés à commettre des atrocités contre la population ukrainienne d’origine russe. Une telle ingérence dans les affaires internes d’un autre pays fait partie du programme néoconservateur qui consiste à militariser l’Europe de l’Est, sous le couvert de l’OTAN.

• Le président Obama a personnellement contribué à la course à l’armement nucléaire et au risque d’une guerre nucléaire

Même si le président Barack Obama a pris l’engagement de travailler en faveur d’un monde sans armes nucléaires, dans un discours prononcé à Prague, le 5 avril 2009, se disant alors prêt « à rechercher la paix et la sécurité d’un monde sans armes nucléaires » et à « réduire le rôle des armes nucléaires armes dans notre stratégie de sécurité nationale », propos qu’il a répétés à Hiroshima, le vendredi 27 mai dernier, ses paroles n’ont été suivies d’aucun geste concret en ce sens. Au contraire, M. Obama s’est plutôt contenté de poursuivre le même programme étasunien de « modernisation nucléaire », lequel consiste à développer une nouvelle génération d’armes nucléaires, programme mis de l’avant sous l’administration précédente de George W. Bush.

En fait, le président Obama semble avoir fait sien le programme nucléaire de George W. Bush, au lieu de l’arrêter. Il a poursuivi le développement d’une nouvelle gamme d’armes nucléaires, afin de rendre leur utilisation plus acceptable (étant plus petites, plus précises, moins mortelles). En d’autres termes, M. Obama a préparé les États-Unis à se lancer dans l’avenir dans de « petites guerres nucléaires », comme si cela était possible sans déboucher sur une guerre nucléaire totale. C’est là un drôle d’« héritage » que laisse Barack Obama derrière lui !

Selon le New York Times, le gouvernement étasunien a testé au Nevada, en 2015, une nouvelle bombe nucléaire, le modèle B61 12. Il s’agit du premier de cinq nouveaux types d’ogives nucléaires prévus dans le cadre du programme étasunien de modernisation nucléaire, le tout à un coût évalué à 1 000 milliards$, programme qui s’étendra sur plus de trois décennies. Pour « un monde sans armes nucléaires », on en reparlera !

• À l’intérieur, les inégalités de revenues et de richesse, et la pauvreté, ont continué de croître sous l’administration de Barack Obama

Un sondage de la société Gallup, en date du 20 janvier 2014, révélait que les deux tiers des Étasuniens étaient insatisfaits de la manière dont les revenus et la richesse étaient répartis aux Etats-Unis. —Les gens sont donc vaguement conscients qu’il y a quelque chose qui cloche dans le fonctionnement du système économique. Ils ont le sentiment que l’économie évolue présentement contre les intérêts de la majorité et en faveur d’intérêts particuliers.

Une étude du Centre de recherche Pew, tirée à même des données gouvernementales, est venu confirmer que la classe moyenne américaine se rétrécissait, la proportion des ménages américains dans ce contingent tombant de 55 pour cent qu’elle était en 2000, à 51 pour cent en 2014. [N.B.: Une famille de classe moyenne américaine comprenant deux adultes et deux enfants, devait gagner un minimum de 48 083 $US, en 2014.]

La proportion des Étasuniens dont les revenus annuels sont inférieurs à ceux de la classe moyenne atteint maintenant 29 pour cent, alors qu’elle égalait 25 pour cent en 1971. Cela est en partie due à une immigration mexicaine massive, car les Latinos constituent aujourd’hui près de la moitié (49%) des adultes dont les revenus sont inférieurs à ceux de la classe moyenne. En contrepartie, le pourcentage d’Étasuniens dont les revenus dépassent ceux de la classe moyenne atteint désormais 21 pour cent de la population, alors que ce groupe représentait 14 pour cent de la population, en 1971. De telles transformations expliquent le mécontentement généralisé aux États-Unis.

Les candidats à la présidence Donald Trump et Bernie Sanders, des deux côtés du spectre électoral, expriment à leur façon cette profonde insatisfaction, laquelle se transforme parfois en colère, contre les politiques financières et fiscales du gouvernement étasunien des dernières trente années.

Ce sont les familles étasuniennes les plus riches qui ont le plus profité de ces transformations, non seulement pour des raisons économiques et technologiques, mais aussi fiscales. Les plus riches Étasuniens, en effet, ont vu leur taux moyen d’imposition tombé de 27 pour cent qu’il était en 1992 à 17 pour cent 2012, soit sous les trois gouvernements Clinton, Bush et Obama.

Il ne faut donc guère se surprendre qu’une situation où les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent ait des conséquences politiques importantes. Ajouter à cela l’incapacité ou le refus du gouvernement de Barack Obama de remédier à la situation, et cela complète le tableau d’ensemble.

• Le gouvernement de Barack Obama a autorisé les grandes entreprises et les méga-banques à exporter les emplois et les profits à l’étranger

Une  autre caractéristique majeure de notre époque est que les bénéfices des entreprises sont en hausse, tandis que les salaires stagnent, et que l’impôt sur les revenues des sociétés est en baisse.

En effet, on doit chercher un début de réponse aux nombreuses questions soulevées ci-dessus dans les politiques que le gouvernement de Barack Obama a mis de l’avant au cours des dernières années.

Dans un premier temps, l’administration de Barack Obama a parrainé deux gigantesques « accords commerciaux » internationaux. De tels méga-traités ‘commerciaux’ sont négociés en secret, loin des regards, parce qu’un de leurs objectifs est d’accorder aux entreprises et aux méga-banques une protection juridique et une certaine immunité contre des poursuites de la part de gouvernements nationaux démocratiquement élus. C’est le cas du Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership, ou TTIP), lequel met en cause un trentaine de pays, et l’accord de Partenariat Transpacifique pour le commerce et l’investissement (Trans-Pacific Partnership, ou TPP), lequel englobe une douzaine de pays, mais pas la Chine.

Ces accords ne sont pas seulement économiques. Ils sont aussi géopolitiques. Ils font partie de la tentative de construire un ordre économique et financier mondial au-dessus des états nationaux. Ils représentent également une façon de protéger les élites qui contrôlent les grandes entreprises et les méga-banques — l’establishment du 1% — des gouvernements nationaux. Dans le cas du TTIP entre les Etats-Unis et l’Europe, son objectif géopolitique est d’empêcher les pays européens de développer des accords commerciaux compréhensifs avec la Russie. Dans le cas du TTP entre les Etats-Unis et certains pays asiatiques, l’objectif est d’isoler la Chine. Aux yeux des planificateurs néo-conservateurs de Washington D.C., tout cela fait partie d’une sorte de guerre économique.

En deuxième lieu, on peut dire que le gouvernement Obama ne s’est pas pressé pour empêcher de riches Étasuniens, de grandes sociétés et des méga-banques d’utiliser les paradis fiscaux et les régimes dits « d’inversion industrielle » pour éviter de payer l’impôt.

• Le président Barack Obama s’est empressé de nommer de nombreux néocons à des postes élevés dans son gouvernement

Les observateurs furent surpris par les nominations que le président Obama annonça, au tout début de son mandat. Ainsi, un personnage néoconservateur notoire, Richard Perle, un ancien président du Bureau des politiques au Pentagone sous la présidence de George W. Bush, et un des principaux architectes de la guerre en Irak, exprima sa satisfaction en ces termes : « Je suis très heureux … Il n’y aura pas autant de changement qu’on nous avait laissés croire ».

À titre d’exemple, il conserva à son poste le Secrétaire à la défense de George W. Bush, soit M. Robert Gates. Il prit ensuite Rahm Emanuel, un membre du Congrès de la mouvance néoconservatrice, à titre de chef de cabinet. Et surtout, il confia l’important poste de Secrétaire d’État à Hilary Clinton. Le Weekly Standard, porte-étendard néoconservateur, applaudit cette dernière nomination, en qualifiant Mme Clinton de « Reine de la guerre » [« Warrior Queen »] !

Même le belliciste Dick Cheney se montra ravi, déclarant être « impressionné » par les nominations de Barack Obama. Un journaliste de la chaine MSNBC remarqua que Mme Clinton était une « neocon’s neocon », car elle avait appuyé toutes les interventions militaires entreprises par les Etats-Unis à l’étranger, au cours des vingt dernières années. —Le changement véritable allait devoir attendre.

• Malgré ses promesses, le président Obama n’a pas fait progresser d’un iota la solution du sempiternel conflit Israélo-Palestinien, lequel pourrit depuis 1948

En 2008, lorsqu’il était candidat présidentiel, Barack Obama s’était engagé à poursuivre activement un accord de paix entre Israël et les Palestiniens. Il avait, disait-il, une stratégie à deux volets :

1- restaurer l’image ternie des États-Unis dans le monde musulman et,

2- persuader le gouvernement israélien de stopper l’expansion illégale des colonies sur les terres palestiniennes.

Sur ces deux fronts, il a lamentablement échoué. Comme cela a été le cas avec d’autres promesses de M. Obama, on découvrit vite que des gestes concrets ne suivirent point la rhétorique et les platitudes du moment. Il évita de mettre sur pied un groupe de travail spécial pour mettre en œuvre la politique qu’il prétendait vouloir mettre de l’avant. Et surtout, il n’osa point retirer à Israël la protection des vetos étasuniens à l’ONU, ces derniers servant de couverture au gouvernement israélien pour faire ce qu’il veut en territoire palestinien.

• Le président Obama n’a pas divulgué les passages d’un rapport qui compromettent l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre 2001

Il y a aussi un autre point digne de mention. Malgré de nombreuses demandes à cet effet, le président Obama a refusé d’informer adéquatement le peuple américain sur l’étendue de l’appui que l’Arabie saoudite a apporté aux terroristes du 9/11. Les familles des victimes des attaques du 9/11 et nombre d’autres personnes ont insisté auprès de M. Obama pour qu’il dévoile le contenu de 28 pages classées secrètes dans un rapport spécial du Congrès étasunien sur les attentats du 9/11, rédigé en 2002, et montrant le possible soutien que des individus hautement placés dans le gouvernement saoudien auraient fourni à quelques-uns des terroristes du 9/11. À la mi-avril, le président Obama a même dit que la décision de rendre publique l’information était « imminente ».

Cependant, le président étasunien semble s’être ravisé au retour d’un voyage récent en Arabie saoudite. Il semble depuis que « l’imminence » du dévoilement de l’information compromettante ait été reportée aux calendes grecques. De plus, le président étasunien est allé plus loin. Il a déclaré qu’il opposerait son veto à tout un projet de loi qui permettrait aux familles des 3 000 victimes des attentats du 11 septembre 2001 d’entamer des poursuites judiciaires contre le royaume d’Arabie saoudite, pour dommages encourus. Il s’est, cependant, bien gardé d’étendre la même protection au gouvernement Iranien, et ce dernier pourra être poursuivi devant les cours de justice étasuniennes.

Malgré sa promesse faite le 29 janvier 2009, dans son discours inaugural, d’entamer une « ère de gouvernement transparent et ouvert », le président Obama ne semble pas avoir cru que cela pouvait s’appliquer aux familles des victimes des attaques du 9/11, ni au grand public en général. C’est pourquoi certains observateurs en ont conclu qu’au lieu du gouvernement transparent qu’il avait promis, il a dirigé l’administration « la plus opaque, voir la plus secrète de l’histoire étasunienne ». C’est un autre exemple d’un penchant naturel, semble-t-il, chez M. Obama, lequel consiste à dire une chose et à faire son contraire. Cela semble avoir été chez lui, une sorte de modus operandi.

• Conclusion générale

Pourquoi y a t-il eu un tel contraste entre les paroles du président Obama et ses faits et gestes ? Après tout, il avait promis, rien de moins, de « mettre fin à l’état d’esprit qui nous a entrainé dans la guerre ».

Il y a trois explications possibles à un tel état de choses. Tout d’abord, en tant que politicien, Barack Obama n’était peut-être pas complètement sincère quand il déclarait vouloir changer la mentalité à l’intérieur du gouvernement étasunien. Il est possible que cela ne fût, dans son esprit, que des mots que les gens allaient vite oublier. Les politiciens sont naturellement des opportunistes ambitieux et M. Obama a fait la démonstration qu’il n’était pas différent. Deuxièmement, ceux qui rédigeaient ses discours n’étaient peut-être pas les mêmes que ceux qui élaboraient les politiques. D’où le fossé observé entre les discours fleuris et les politiques réelles. Troisièmement, il y a aussi une explication moins généreuse : M. Obama peut avoir servi de figure de proue utile aux décideurs qui contrôlent véritablement, dans l’ombre, le gouvernement étasunien. Peut être s’agit-il d’un mélange de toutes ces explications.

On peut certes soutenir que l’administration Obama, dans l’ensemble, a été « moins mauvaise » que l’administration Bush-Cheney précédente, tant au niveau intérieur qu’international. En réalité, compte tenu que le candidat présidentiel élu Barack Obama est arrivé à la Maison Blanche sans aucune expérience administrative digne de ce nom et sans avoir à ses côtés une équipe de penseurs, et apparemment, sans avoir en mains un plan précis pour mettre en œuvre ses nobles promesses, il a dû s’en remettre aux mêmes conseillers néoconservateurs, interventionnistes et bellicistes, qui avaient conseillé l’administration précédente. Il en a été réduit à réagir plutôt qu’à agir; à suivre plutôt qu’à diriger.

C’est la raison pour laquelle les politiques du gouvernement Obama, tout particulièrement en politique étrangère, avec quelques exceptions près, ne semblent pas avoir divergé sensiblement des politiques impériales du gouvernement Bush-Cheney. Le président Barack Obama, lauréat du prix Nobel de la paix, n’a pas été à la hauteur des promesses qu’il avait faites et des espoirs qu’il avait fait naître.

Les deux gouvernements d’inspiration néoconservatrice de Bush et d’Obama sont responsables d’avoir créé un désordre durable dans le monde, désordre avec lequel des gouvernements futurs, et même des générations futures, auront à composer.

Rodrigue Tremblay

 

 

Rodrigue Tremblay est professeur émérite d’économie à l’Université de Montréal et on peut le contacter à l’adresse suivante : [email protected]

Il est l’auteur du livre du livre « Le nouvel empire américain » et du livre « Le Code pour une éthique globale ».

Pour entendre le prof. Tremblay traiter d’humanisme sur Youtube, cliquez sur :

https://www.youtube.com/watch?v=AnksHUtN-zk

https://www.youtube.com/watch?v=ikLJbiH2BqM

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Introduction by Steve Rabson

Ever since the end of America’s Vietnam catastrophe, experts on both sides of the Pacific have sounded warnings about anachronistic, wasteful, and dangerously misguided U.S. military policies, seemingly perpetuated by inertia, in East Asia. Yet their recommendations are ignored and new policy initiatives thwarted. As a candidate for president in early 1975, Jimmy Carter advocated removing U.S. forces from South Korea. Of Carter’s meeting that year with researchers at the Brookings Institution, Senior Fellow Barry M. Blechman recalled, « I told Carter we should take out the nukes (nuclear weapons) right off and phase out the ground troops over four or five years. I said the most important reason was to avoid getting the U.S. involved with ground forces almost automatically in a new war which is, of course, why the South Koreans want them there. » However, Major General John K. Singlaub, U.S. Forces Korea Chief of Staff at the time, publicly criticized Carter’s proposed withdrawal and CIA Director Stansfield Turner privately expressed misgivings.1 It was never implemented.

Retired Admiral Gene R. Laroque, Director of the Center for Defense Information, also favored U.S. troop withdrawal from South Korea. And he advocated closing U.S. bases in Okinawa as strategically unnecessary and fiscally wasteful.2 Chalmers Johnson, a former CIA consultant and later Director of the Japan Policy Research Institute, has written that South Korea “is twice as populous [as North Korea], infinitely richer, and fully capable of defending itself.” 3 Johnson also explained why “defending Korea” and “defending Japan” are false rationales for perpetuating the oppressive burden of U.S. bases in Okinawa, documenting the many atrocities committed by U.S. forces there, even after its reversion from U.S. military occupation to Japanese administration in 1972.4

Protesters at Camp Schwab Main Gate, Okinawa

After an 18-month crisis during which North Korea announced its intention to withdraw from the Nuclear Non-Proliferation Treaty, the U.S. and the DPRK signed the Agreed Framework on October 22, 1994. It committed North Korea to freeze operation and construction of nuclear reactors suspected of being part of a covert nuclear weapons program in exchange for two proliferation-resistant nuclear power reactors. The agreement also committed the United States to supply North Korea with fuel oil pending construction of the reactors.5 In June, 2000 South Korean President Kim Dae-Jung met North Korean leader Kim Jung-Il in Pyongyang for the June, 2000 “Sunshine Summit,” That same month U.S. President Bill Clinton moved further toward rapprochement, easing long-standing sanctions against the DPRK imposed under the Trading with the Enemy Act. Secretary of State Madelaine Albright traveled to Pyongyang in October for talks with the Kim Jung-Il government to prepare for a Clinton visit, and North Korean officials met with Clinton at the White House. According to an October 23 report in The Guardian, “South Korean officials welcomed [Albright’s] visit. . . Kim [Jung-Il] has shown surprising willingness to reciprocate Mr. Clinton’s moves to seek an accommodation between the two countries.”

Everything seemed on track for the establishment of diplomatic relations until the 2000 presidential election when a Supreme Court ruling gave George W. Bush the win over Vice President Al Gore. Clinton then got cold feet and declared he would leave the final decision on the reestablishment of diplomatic relations up to the next president. The Bush-Cheney administration promptly killed the initiative, declared North Korea and Iraq to be 2/3 of an axis of evil, and invaded Iraq two years later forcing “regime change.” In a likely response, the DPRK proceeded to manufacture nuclear weapons. Thus ended prospects for a rapprochement. As for the dangers of another war on the Korean Peninsula, Taoka Shunji argues in the article below that, if U.S. forces left Japan, North Korea would have no more reason to target them with missiles. Taoka also points out that withdrawing U.S. forces in Japan would relieve Okinawa of its disproportionate burden of bases, though his proposal to move the Marines in Okinawa to a Japan Ground Self Defense Forces base on the mainland seems unrealistic, considering the Japanese government’s insistence on keeping the Marines in Okinawa.

In mentioning the possibility of the U.S. imposing even greater costs on Japan for U.S. forces stationed there, Taoka refers to Donald Trump’s complaint during his campaign that the Japanese government doesn’t pay enough for them. In fact, judging from what Trump said, he seemed unaware of the approximately 557 billion yen (4.8 billion dollars) Japanese taxpayers are already shelling out (so to speak) every year. This is perhaps another of his campaign assertions he will disavow as president. If not, and Trump does in fact demand more money from Japan, Taoka invites him to play his “Trump card” so Japan can let America pull out its military. SR

White Beach Navy Base, Okinawa


TRUMP’S ELECTION: AN OPPORTUNITY TOREEVALUATE U.S.–JAPAN RELATIONS

The Benefits for Japan of a U.S. Military Withdrawal

Taoka Shunji

Statements during the American election campaign by people uninformed or uninterested in foreign policy were like a mixture of bits and pieces stirred into a fruit punch. Yet there was a certain consistency of opinion that “we can no longer be the world’s policeman” and “we must fundamentally reevaluate our alliances.” With the end of the Cold War, the Eastern Bloc has disappeared. That the Western alliances remain unchanged is a historic anomaly. Reevaluation is sorely needed.

This year Japan is paying 556.6 billion yen (4.8 billion dollars) for the stationing of U.S. forces here, 165.8 billion yen (1.5 billion dollars) for land-leases, and, according to last year’s figures, 8.8 billion yen (77 million dollars) to subsidize the bases. About all the U.S. pays for are the troops’ salaries. If our costs go any higher, we should consider treating the U.S. military as a mercenary force under the command of Japan’s Self Defense Forces.

Aircraft carrier at Yokosuka Navy Base, Kanagawa Prefecture

The claim that the American military protects Japan is false. There is no component of U.S. forces here with the mission to directly defend Japan. For example, the 7th Fleet is based at Sasebo and Yokosuka to maintain American naval supremacy in the Western Pacific and the Indian Ocean. The Marines, which are used in land warfare, ride aboard their ships. They do not defend Okinawa. The fighter aircraft at Kadena Air Base (Okinawa Prefecture) and Misawa Air Base (Aomori Prefecture) are deployed to the Middle East. All of Japan’s air space is defended by Air SDF. In Okinawa the U.S. Air Force’s ammunition depot at Kadena and the Navy’s storage facilities at White Beach have nothing to do with defending Japan. However, if U.S. forces were to return to the United States, the American government would have to pay for them. Therefore, as has been noted in Congress any number of times, it is cheaper to keep them in Japan. According to the U.S.-Japan Defense Guidelines, “Japan is fully responsible for the defense of its people and territory . . . supplemented by U.S. forces. » Even if American forces were to leave, there would be no gap in Japan’s defenses. Should the U.S. seek to increase Japan’s financial burden now, it would violate the host nation support agreement (“sympathy budget”) concluded late last year for a five-year term, meaning that it is o.k. anytime for the U.S. to kick around Japan.

Jet fighters at Kadena Air Base, Okinawa

The benefits of withdrawing U.S. forces would include (1) solving the base problem in Okinawa, (2) relieving Japan of an annual burden of close to 557 billion yen (4.8 billion dollars), and (3) greatly reducing the nuclear threat since, if U.S. bases in Japan were removed, North Korea would have no reason for missiles targeting them, or South Korean and U.S. bases in Korea.

Realistically speaking, America is unlikely to relinquish its position as the world’s No. 1 sea power. If the U.S. wants to maintain naval supremacy in the Western Pacific and Indian Ocean, it cannot abandon its ship maintenance and repair facilities at Yokosuka and Sasebo. The U.S. currently uses the airfield at Iwakuni (Yamaguchi Prefecture) for planes assigned to its aircraft carriers, and the bases in Okinawa for Marines on stand-by for deployments. But the Marines do not have to be in Okinawa. They could move to the Ground SDF’s Ainoura Garrison, conveniently located in Sasebo (Nagasaki Prefecture) next to the U.S. Navy Base.

Finally, if in the future Japan told the U.S. it was free to pull out its forces, the U.S. would probably want them to stay. In the meantime, in demanding Japan pay more for them, Trump would seem to have his « trump card, » but Japan would actually have the upper hand. Overcoming the myth that American forces protect Japan would give us the chance to clearly assert our true interests. The Foreign Ministry and the administration would then need to muster the courage to let President Trump play his card.

Translation by Steve Robson

Notes

1Don Oberdorfer, “Carter’s Decision on Korea Traced Back to January, 1975,” Washington Post, December 6, 1977.

2Michael Johns, « The Admiral Who Jumped Ship: Inside the Center for Defense Information,” Policy Review, 1988.

3Chalmers Johnson, Blowback: The Costs and Consequences of American Empire, Metropolitan Books, 2000, p. 58.

4Ibid., pp. 40-51.

5“The U.S.-North Korean Agreed Framework,” Arms Control Association Fact Sheet, August, 2004.

Taoka Shunji was a defense writer of the Asahi Shinbun (1968-2004), Senior Fellow of CSIS (1974-75), Guest Fellow of Stockholm International Peace Research Institute (1986-87), and Co-author of Superpowers at Sea (1988, Oxford Univ. Press). He is presently a TV commentator.

Steve Rabson is Professor Emeritus of East Asian Studies, Brown University. His books are Okinawa: Two Postwar Novellas (Institute of East Asian Studies, University of California, Berkeley, 1989, reprinted 1996), Righteous Cause or Tragic Folly: Changing Views of War in Modern Japanese Poetry (Center for Japanese Studies, University of Michigan, 1998), Southern Exposure: Modern Japanese Literature from Okinawa, co-edited with Michael Molasky (University of Hawaii Press, 2000), The Okinawan Diaspora in Japan: Crossing the Borders Within (University of Hawaii Press, 2012) and Islands of Resistance: Japanese Literature from Okinawa, co-edited with Davinder Bhowmik (University of Hawaii Press, 2016). He was stationed in Okinawa as a U.S. Army draftee in 1967-68. He is an Asia-Pacific Journal Associate.

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Nota del Editor: Una vez concluido el año 2016, el Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research) considera fundamental hacer un repaso de los acontecimientos más importantes que tuvieron lugar a lo largo del año que termina. Para ello, comparte la síntesis realizada por el sitio web Katehon en Español.

Katehon en Español: El año 2016 estuvo repleto de grandes acontecimientos internacionales, cuyas consecuencias van a afectar los acontecimientos futuros durante mucho tiempo.

La victoria de Donald Trump en las elecciones presidenciales de Estados Unidos

En nuestra opinión, quizás el acontecimiento más importante de este año fue la elección de Donald Trump como Presidente de los Estados Unidos de América.

El resultado de las elecciones presidenciales de Estados Unidos parece haber sido una conclusión inevitable. Los globalistas-neoconservadores encarnados en la candidata del Partido Demócrata, Hillary Clinton, apoyados por la actual administración del presidente Barack Obama y las élites transnacionales, hicieron todo lo posible para evitar la posibilidad de que las fuerzas conservadoras ganaran, representadas por el republicano Donald Trump.

Sin embargo, el pueblo estadounidense ha decidido lo contrario, a pesar de que la mayoría de los medios de comunicación estadounidenses y mundiales fueron de propaganda anti-Trump.

De los medios rusos sólo Katehon predijo consistentemente la victoria de Trump. Nuestros analistas no sólo habían creído en su victoria, sino que la habían predicho, de hecho, poniendo en juego su reputación política como expertos.

No hay duda de que en el nuevo año 2017 el efecto Trump se mostrará plenamente y conducirá al colapso final del mundo unipolar.

El Brexit como comienzo del fin de la Unión Europea

Otro importante acontecimiento internacional del año fue el referéndum sobre el abandono del Reino Unido de la Unión Europea, que tuvo lugar el 23 de junio de 2016.

Casi el 52% de los habitantes de Reino Unido votaron en contra de permanecer en la Unión Europea. La victoria del Brexit sorprendió a los globalistas con la guardia baja. A pesar de todos sus intentos, como el chantaje y la amenaza, los euroescépticos ganaron. El primer ministro británico David Cameron, que abogó por una mayor adhesión a la UE, después de anunciarse los resultados del referéndum, renunció inmediatamente.

Las fuerzas anti-globalización y soberanistas, no sólo en Europa sino en todo el mundo, acogieron con satisfacción la victoria del Brexit. Según el candidato presidencial electo de Estados Unidos, Donald Trump, los británicos pudieron nuevamente recuperar el control de su país.

El referéndum sobre la pertenencia de Gran Bretaña a la UE fue el primer signo de la desintegración de la Unión Europea, el comienzo del fin de la Europa liberal atlántica. Después del Brexit, las fuerzas conservadoras patrióticas en otros países europeos comenzaron a hablar sobre la necesidad de celebrar un referéndum nacional similar.

Por ejemplo, en Francia, el Frente Nacional ha ganado popularidad entre la gente. Y su líder, Marine Le Pen, es hoy uno de los candidatos más viables para la presidencia en las próximas elecciones presidenciales de la primavera de 2017.

En Alemania, una alternativa al actual partido liberal liberal anti-alemán, la CDU liderada por la canciller Angela Merkel, podría provenir de la derecha conservadora de « Alternativa para Alemania ». Este partido aboga por un rumbo nacional soberano y contra la inmigración incontrolada, que de hecho ha llevado a una situación de emergencia en el país debido al aumento de los crímenes y a la alta amenaza de actos terroristas.

En Austria, el representante del Partido de la Libertad, Norbert Hofer, logró una victoria aplastante en la primera vuelta de las elecciones presidenciales del 22 de abril. Dos semanas más tarde se celebró una segunda ronda, durante la cual el choque entre Hofer y el protegido euro-atlántico, ex líder de los Verdes, Alexander Van der Bellen, no reveló al ganador final debido al número de irregularidades. Sin embargo, la batalla decisiva tuvo lugar el 4 de diciembre. Desafortunadamente, esta vez las fuerzas conservadoras representadas por Hofer fueron derrotadas.

« Austria no pudo drenar el pantano. Los austríacos dicen « sí » a Conchita Wurst », como lamentablemente resumió los resultados de las elecciones presidenciales en el país Alexander Dugin. Sin embargo, que un hombre que representa a las fuerzas patrióticas y, por tanto, anti-liberal y anti-globalización, pudiera participar en la segunda ronda de las lecciones, muestra nuevas tendencias en la política europea, que pueden ser irreversibles en un futuro próximo.

En Italia, las fuerzas de orientación nacional de derecha, representadas por el partido “Liga Norte” de Matteo Salvini, también han tomado un rumbo de soberanía. El 4 de diciembre de 2016, el país celebró un referéndum sobre la reforma constitucional propuesto por el primer ministro Matteo Renzi, donde el 60% de los ciudadanos expresaron su decidida oposición a un nuevo gobierno por parte de los protegidos de la burocracia europea. Matteo Renzi renunció.

En 2017, se celebrarán elecciones parlamentarias en los Países Bajos y tendrán lugar las elecciones presidenciales en Francia, en las que las fuerzas soberanistas de orientación nacional tienen posibilidades de ganar.

Se observan tendencias similares en otros países de la Unión Europea. Y el efecto del Brexit y de Trump probablemente conlleven consecuencias irreversibles, negativas para los partidarios de la dominación global y positivas para la humanidad.

La crisis migratoria y los ataques terroristas en Europa

Quizás uno de los problemas más acuciantes y urgentes de la vida europea fue la afluencia de refugiados procedentes de Oriente Medio y del norte de África, una vez que los globalistas encarnados en la élite gobernante de Estados Unidos y sus satélites de la Unión Europea, llevaron la “democracia” en la forma de « revoluciones de color « e intervenciones armadas.

La afluencia de migrantes se ha convertido en el golpe más doloroso a la unidad de Europa, profesando el rumbo liberal en la política nacional con la supresión de la identidad.

Junto con el flujo de inmigrantes ilegales de Oriente, a quienes los euro-liberales abrieron cuidadosamente sus puertas en sus países, una ola de crímenes golpeó Europa, la mendicidad, las adicciones a las drogas, los asesinatos y las violaciones masivas de jóvenes, tal como en el último Año Nuevo en Colonia, terminando con los ataques con un gran número de víctimas en París, Bruselas, Niza, Berlín y otras ciudades. De hecho, ya no es un secreto que bajo la apariencia de los refugiados están en Europa miembros de los grupos terroristas más radicales, el « Estado Islámico » (ISIS, Daesh), « Al-Qaeda », « Dzhebhat en Nusra », etc. Estos grupos son propensos a atacar en cualquier momento.

El 22 de marzo, en el aeropuerto y en el metro de Bruselas, los terroristas ISIS realizaron una serie de ataques con bombas. Treinta y cinco personas fueron víctimas de los terroristas. Un terrible acto de terrorismo tuvo lugar el 14 de julio en Niza, Francia, donde un camión conducido por un atacante suicida inmigrante se estrelló contra una multitud de personas que celebraba la fiesta nacional, el Día de la Bastilla. Ochenta y seis personas murieron y 308 resultaron heridas. Una tragedia similar ocurrió el 19 de diciembre en el mercado de Navidad en Berlín, donde, asociado con el mismo ISIS, un nativo de Túnez se estrelló contra 12 personas, y luego desapareció en silencio de la escena del crimen. Sólo cuatro días más tarde en Milán, Italia, lograron encontrarlo y eliminarlo.

La situación catastrófica con los inmigrantes también contribuye a la popularidad de las fuerzas conservadoras derechistas, que están dispuestas a contrarrestar la corrección política y la tolerancia euro-liberal y a apoyar políticas públicas adecuadas basadas en la tradición, la soberanía y los intereses nacionales.

Restauración de las relaciones entre Rusia y Turquía

Los acontecimientos de finales de 2015 parecían haber enterrado para siempre la asociación entre Rusia y Turquía. El incidente del 24 de noviembre de 2015, cuando un F-16 de combate turco atacó un bombardero ruso Su-24 sobre los cielos de la provincia siria de Latakia. Como resultado, la muerte del piloto, el teniente coronel de las VKS rusas, Oleg Peshkov, condujo a un rápido deterioro y a la tensión en las relaciones entre los dos países.

En 2016, hubo una seria reorganización en las filas de la élite dominante turca. Comenzó el 22 de mayo cuando el presidente Recep Tayyip Erdogan destituyó al primer ministro Ahmet Davutoglu, quien reconoció haber dado personalmente la orden de destruir el avión ruso. Davutoglu fue sustituido por quien sirvió como Ministro de Transporte, Marítimo y Comunicación, Binali Yildirim.

El punto de inflexión en la normalización de las relaciones bilaterales entre Ankara y Moscú fue una carta escrita por Erdogan a Vladimir Putin el 27 de junio, en la que el presidente turco se disculpó por el avión derribado y expresó sus condolencias a la familia del piloto fallecido, Oleg Peshkov. Erdogan también prometió castigar a los responsables y hacer todo lo posible por la pronta restauración de las relaciones amistosas entre los dos países.

Ciertamente, este giro no conviene a las fuerzas interesadas en jugar contra Rusia y Turquía, en cualquier caso, para evitar el acercamiento entre estos dos países. En la noche del 15 de julio y la mañana del 16, hubo en Turquía un sangriento golpe militar, cuyo objetivo era la expulsión de Erdogan del poder. En gran parte debido a los servicios de seguridad rusos, que advirtieron al líder turco sobre la amenaza de un golpe, las fuerzas patrióticas leales a Erdogan aplastaron la rebelión. Esto fue seguido de una limpieza a gran escala de las fuerzas armadas turcas, la policía, los organismos gubernamentales, y dondequiera que los partidarios de la secta islamista Gülen (quien por cierto ahora vive en los EE.UU.) lograron afianzarse firmemente, quienes con la participación directa de la CIA, organizaron un golpe de Estado.

Evidencias suficientes acerca de la participación de la administración Obama para intentar un golpe de Estado fueron presentada por los medios de comunicación turcos. En particular, uno de los baluartes de los rebeldes es la base conjunta turco-estadounidense Incirlik, donde según algunos datos, los activistas fueron instruidos por algunos « asesores » de Washington. El comandante turco de la base aérea, y muchos de sus subordinados implicados en los acontecimientos del 15 al 16 de julio, fueron arrestados.

Los pilotos del mismo F-16 turco que derribó al Su-24 ruso, estaban entre los detenidos acusados de participar en el intento de golpe de Estado.

De una forma u otra, el golpe marcó una línea roja, después de la cual comenzó un marcado enfriamiento en las relaciones entre Ankara y Washington, y un rápido acercamiento a Moscú. El 9 de agosto de 2016 hubo una reunión entre Putin y Erdogan en San Petersburgo, durante la cual se llegó a un acuerdo sobre la abolición de las sanciones contra Turquía impuestas por Rusia, y la reanudación de la cooperación en todas las áreas, desde la lucha contra el terrorismo hasta el desarrollo del sector turístico.

Un cambio fundamental en Siria y la liberación de Alepo

La restauración de las relaciones entre Turquía y Rusia ha contribuido a un avance en la resolución del conflicto sirio. A pesar de las diferencias fundamentales en Siria, Moscú y Ankara han logrado ponerse de acuerdo sobre la oposición conjunta a los terroristas del ISIS, lo que ha cambiado el equilibrio y la alineación de fuerzas en la región. El 24 de agosto, Turquía comenzó la operación « Eufrates Shield », que dividió las filas de las fuerzas pro-americanas, de los terroristas anti-Assad y de la llamada oposición moderada y de los grupos armados kurdos, como el GPJ. En muchos sentidos, esto contribuyó al éxito de la operación del ejército sirio, con el apoyo de las Fuerzas Armadas para la completa liberación de Alepo de los islamistas, que se celebró en la primera quincena de diciembre.

La liberación de Alepo se convirtió en una victoria estratégica para Siria y Rusia, contra la cual incluso la pérdida de Palmyra (liberada del ISIS con gran dificultad a finales de marzo) parece un revés táctico temporal.

Después de la victoria en Alepo, debe esperarse el desarrollo de la situación en la dirección de los islámicos que mantienen Idlib, Raqqa o bloquean Deirez-Zor. De una forma u otra, Alepo fue el « Stalingrado sirio » y sentó las bases para un cambio radical de la situación en el país en favor del gobierno legítimo de Bashar al-Assad. Ciertamente, hablar de la victoria total sobre los terroristas todavía está muy, muy lejos, y el camino hacia la misma no es sólo por medio de éxitos militares, sino también a través de impulsar, fuertemente, y a veces incluso sin hacer ningún progreso, el proceso diplomático.

Con respecto a este último, en Astana se ha programado una reunión entre los principales actores de la región del Oriente Medio con los líderes de Rusia, Turquía e Irán para principios de 2017. Según algunos expertos, en el futuro esta cumbre será capaz de neutralizar el proceso de negociación por parte de los actores globalistas occidentales y reemplazar el formato de Ginebra.

Todos estos éxitos no podían continuar sin una respuesta traicionera y cobarde de los organizadores del caos de Oriente Medio, que una vez más apostaron por la brecha entre Turquía y Rusia. El 19 de diciembre de 2016, en Ankara, el embajador de Rusia en Turquía Andrei Karlov fue asesinado por nueve disparos en la espalda. El asesino, un ex policía de 22 años, Mevlut Mert Altyntash, dijo que lo hizo como « venganza por Aleppo ». Sin embargo, a pesar de los cínicos cálculos de los que representaban a este criminal (y según el científico político turco Mehmet Perincek, no sin la CIA), este casus belli no sucedería.

Según Alexander Dugin, el asesinato del diplomático ruso en Ankara fue « la agonía de los globalistas », emprendida para provocar un conflicto militar.

« Efecto de Trump » en Moldavia y Bulgaria

La victoria histórica de Donald Trump en las elecciones presidenciales de Estados Unidos no fue el único acontecimiento importante en noviembre de 2016. En dos países de Europa del Este -el antiguo bloque soviético- las elecciones presidenciales fueron ganadas por las fuerzas soberanistas.

El 13 de noviembre de 2016 hubo elecciones presidenciales en la República de Moldavia, con una victoria aplastante del Partido de los Socialistas (MDBGS) de Igor Dodon. Muchos lo han considerado y siguen considerándolo como el candidato pro-ruso. Sin embargo, en nuestra opinión, esto no es del todo cierto. En primer lugar, Dodon es un político pro moldavo, que defiende la soberanía de la ex república soviética. Los opositores de Dodon son radicalmente liberales y demócratas pro-occidentales centrados en las transnacionales y los globalistas, y abogan por la unificación de Moldavia con Rumania, entrar en la OTAN y la UE, y convertir el país en otra base de la OTAN para atacar a Rusia. Los primeros pasos del presidente Dodon dan esperanza para un diálogo estrecho entre Chisinau y Moscú, incluyendo el arreglo del conflicto de Transnistria.

También se espera que Bulgaria cambie su rumbo político y mejore las relaciones con Rusia. El 13 de noviembre de 2016, un candidato del Partido Socialista Búlgaro (BSP), el ex Comandante de la Fuerza Aérea Rumen Radev, fue elegido como Presidente. También es considerado como rusófilo. Por otra parte, Radev ya ha abogado por la necesidad de una rápida abolición de las sanciones contra Rusia. Según los expertos de Tsargrad, su victoria demuestra la decepción de las élites pro-occidentales entre el pueblo búlgaro, las élites que arrastraron al país a la UE y la OTAN, y Rumen Radev da esperanza a la reanudación del diálogo con la Rusia fraternal. Esto es especialmente importante teniendo en cuenta el antiguo rumbo, fuertemente anti-ruso, sostenido por el presidente globalista, Rosen Plevneliev.

El golpe gubernamental en Brasil

Otro acontecimiento muy importante tuvo lugar en Iberoamérica. El 12 de mayo se realizó un golpe pro-americano en Brasil.

El Senado despidió al presidente legítimo del país, la representante del Partido de los Trabajadores, Dilma Rousseff, acusándola de abuso de poder. Como jefe interino del Estado se nombró al vicepresidente Michel Temer, quien, según la información de WikiLeaks, había sido reclutado por la CIA. El 31 de agosto se anunció la destitución final por el Senado de Rousseff, y Temer asumió el cargo de Presidente de Brasil. Los partidarios de la independencia, por desgracia, sufrieron una derrota temporal. Sin embargo, después de la victoria de Donald Trump, Temer, quien se orientó hacia Hillary Clinton, no espera nada bueno.

Katehon en Español

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Los precios del petróleo permanecieron débiles en 2016, presionados por la sobreoferta de esta materia prima y una fuerte actividad especulativa, que los mantuvieron la mayor parte del año por debajo de los 50 dólares el barril.

Su cotización comenzó en enero en cerca de 38 dólares el tonel, y permaneció en ese entorno o menos en febrero y marzo para trepar a más de 45 al cierre de abril. Luego despidió mayo cercana a los 50 dólares, nivel en el que no ha podido estabilizarse debido a la gravitación sobre ella de los factores mencionados.

De acuerdo con expertos, las razones que signaron la caída de los precios desde mediados de junio de 2014 cuando rondaban los 100 dólares, fueron las mismas, en sentido general: el desequilibrio entre oferta y demanda y la indecisión de la Organización de Países Exportadores de Petróleo (OPEP) para concretar un recorte en la mayoría de los encuentros sostenidos.

También incidieron la debilidad de la economía mundial, que limita el aumento de la demanda del llamado oro negro y el fortalecimiento del dólar, gracias a las especulaciones del Reserva Federal estadounidense en torno a las tasas de interés y a un euro debilitado por las contradicciones y dificultades de la Eurozona.

Sin duda, la crisis de la deuda europea o de la Eurozona, con la posible salida de Grecia del bloque, afectó a la llamada moneda común que se fue devaluando frente al dólar.

Tal situación golpeó directamente el precio del petróleo al cotizarse éste en la divisa norteamericana. A ello contribuyó más recientemente el anuncio de Reino Unido de salir de la Unión Europea.

Durante el año, intereses favorables a la depresión de los importes y otros beneficiados en el alza de los mismos, influyeron notablemente en el curso del mercado, no ajeno a factores geopolíticos como la agudización de los conflictos en el Medio Oriente, responsables de ocasionales repuntes, y a factores climáticos como huracanes y otros fenómenos o desastres.

Otros elementos, como el incremento o la disminución del número de plataformas activas en Estados Unidos, fueron muy utilizados por la actividad especulativa a favor o en contra de los precios.

También incidieron la divulgación de datos relacionados con el creciente aumento de la producción de petróleo no convencional en la nación norteña, lo cual supuso un aumento de la sobreoferta mundial del hidrocarburo.

Los reportes semanales del Departamento de Energía sobre las reservas estadounidenses de crudo, coadyuvaron a la caída o al ascenso de los precios, según estás aumentaron o descendieron.

Para la mayoría de los analistas el factor determinante en el curso de los precios lo constituyó el rol incoherente desempeñado por la OPEP, y algunos de sus principales miembros como Arabia Saudita, Irán e Iraq, que aunque proclamaron no pocas veces el interés de estimular los precios, se contradijeron numerosas veces al anunciar incrementos de sus producciones, lo cual conspira contra la subida de las cotizaciones.

El primero de ellos con el argumento de defender su participación en el mercado, aunque esta política le originara pérdidas por los bajos precios del crudo, el segundo al invocar la posibilidad de recuperar su cuota luego de ser liberado de las sanciones de Occidente que le impidieron mayor presencia en la comercialización.

En el caso de Iraq, segundo miembro en importancia de la OPEP, este país demandó recobrar su participación en el mercado, tras lograr mayor estabilidad en su nivel extractivo, pese al conflicto bélico en que está envuelto frente a los efectivos del autodenominado Estado Islámico.

La agrupación se reunió del 26 al 28 de septiembre en Argelia, en el contexto del Foro Internacional de Energía, para tratar de materializar un posible congelamiento de la producción, pero luego algunos miembros mostraron incongruencias con llevar adelante esa medida, lo que neutralizó los repuntes alcanzados en ulteriores sesiones en los mercados.

No fue hasta el 30 de noviembre que el bloque logró concretar un recorte de 1,2 millones de barriles de su bombeo diario, a partir de las reducciones de las cuotas de sus miembros.

De inmediato este acuerdo repercutió positivamente en los precios, que treparon en más de un 13 por ciento en solo dos días, a más de 50 dólares el barril en ambos casos, lo que no lograba desde varios meses atrás.

A estas ganancias contribuyó la decisión de Rusia, no miembro de la OPEP y uno de los principales productores de oro negro a nivel mundial, de sumarse a la iniciativa con el compromiso de reducir su volumen extractivo en 300 mil barriles.

Fundado en Bagdad en agosto de 1960 por iniciativa de los gobiernos de Arabia Saudita y Venezuela, y con el objetivo de crear ‘un instrumento de defensa de los precios’, el grupo ejerce fuerte influencia en el mercado al ser responsable del 33 por ciento de la producción mundial de petróleo, del 72 de las reservas probadas y dominar el 58 por ciento de las exportaciones.

Su actitud en lo adelante será decisiva en el curso de la cotización de esta materia prima, la más comercializada y pivote de la economía mundial.

Roberto Salomón

Roberto Salomón: Periodista de la Redacción de Economía de Prensa Latina.

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Putin-Obama: Partida blitz del lado ruso

janvier 1st, 2017 by Antonio Rondón García

La última jugada del año del presidente ruso, Vladimir Putin, recuerda una partida blitz de ajedrez, de pasos rápidos, cuando en política exterior el jefe del Kremlin pareció superar a su similar estadounidense, Barack Obama.

El jefe de la Casa Blanca, como para hacerlo más incómodo y causar más daños a los nexos bilaterales y, al mismo tiempo, humillar al personal diplomático ruso, anunció la expulsión de 35 funcionarios en Washington y San Francisco, con 72 horas para salir.

Solo en boletos, los diplomáticos rusos y sus familiares deben pagar casi 220 mil dólares con el riesgo de pasar el Nuevo Año fuera de casa o en aeropuertos de terceros países.

Pero lo que asombra es el argumento. El país que ideó el sistema Prism para espiar tanto a adversarios como aliados por todo el mundo, el que cuenta como una entidad como la Usaid para interferir en cualquier territorio, acusa a Rusia de inmiscuirse en su sistema electoral.

Resulta que por encima de lo aclarado por la red Wikileaks, autora de las publicaciones sobre irregularidades en el Partido Demócrata, de que sus fuentes estaban en el interior de esa agrupación, Washington montó una campaña mediática para acusar a Rusia.

La acusación carece de prueba alguna y si se llevara a términos de un juicio, sería como condenar a Rusia sin pruebas de la fiscalía. En Estados Unidos ello resulta imposible, pero en política nada de eso se toma en cuenta.

Pero, como afirmó Putin en su reciente conferencia de prensa anual, todos estaban equivocados en los pronósticos de las presidenciales norteamericanas menos nosotros, en referencia a la victoria del multimillonario Donald Trump, quien alabó ayer al mandatario ruso.

Sin embargo, Obama fue más allá. Sobre bases infundadas aprobó un nuevo paquete de sanciones contra empresas rusas de tecnología de información y contra la jefatura de la inteligencia y seguridad de este país, al acusarlos de dirigir ciberataques contra Estados Unidos.

Ello incluyó, además, la expulsión de los diplomáticos. Pero en el tablero de ajedrez blitz, Putin contaba con dos minutos para jugar y lo hizo, como señaló el propio Trump, de forma brillante: se negó a responder con la misma medida, como ocurre siempre en la diplomacia.

Al contrario, llamó a todos los diplomáticos norteamericanos y sus familiares a asistir a la celebración con el árbol de Navidad instalado en el Kremlin y dirigió a Trump un mensaje de esperanza de mejorar los nexos con Estados Unidos.

En otras palabras, casi ignoró otra de las decisiones para empeorar los nexos tomadas por un jefe de Estado que abandona la Casa Blanca en menos de tres semanas.

Pero, de otro lado, el regalo navideño de Putin fue anunciar un acuerdo junto con Turquía e Irán para anunciar desde este viernes un cese de hostilidades en toda Siria pactado entre al menos siete agrupaciones armadas con más de 60 mil miembros.

Irán, a cargo de milicianos voluntarios del movimiento Hizbullah, Turquía de la oposición armada, y Rusia, de sus fuerzas, son los garantes del arreglo que en su base deja fuera a Estados Unidos, cuya lucha de cuatro años contra el terrorismo solo fortaleció a ese último aún más.

Claro que ese acuerdo tiene muchos obstáculos aún por vencer, pero la fórmula empleada deja desbancada a las potencias occidentales que pertrecharon a una oposición armada para derrotar a Bashar Al Assad.

Al mismo tiempo, Putin demostró en ese conflicto que puede lograr algo parecido a lo ocurrido en Chechenia, al inicio de su mandato: las tropas rusas luchan contra los terroristas y no contra un pueblo. Chechenia es hoy una república rusa, próspera y en paz.

Desde el punto de vista militar: Rusia colaboró en la liberación de la segunda ciudad más grande de Siria y mostró capacidad para formar alianzas y ayudar a la salida, sin combate, de más de 30 mil armados y sus familiares.

Al mismo tiempo, de unas relaciones bilaterales crispadas por el abatimiento de un caza ruso en Siria, en noviembre de 2015, Moscú logró situar a Ankara como socio en una alianza tripartita que vuelve a dejar fuera a Estados Unidos para acciones en Medio Oriente.

Turquía, miembro de la alianza atlántica y acusado por Damasco de entrenar, pertrechar y financiar al terrorista Estado Islámico (EI), tiene sus propios intereses en la región, pero Rusia parece apelar a la parte positiva de esa relación para lograr objetivos comunes.

El atentado contra el embajador ruso en Ankara, Andrei Karlov, lejos de empeorar nexos bilaterales, pareció catalizar acuerdos como el anunciado respecto a Siria, para acercarla un poco más a la senda de negociaciones de paz, sin dejar de luchar contra los terroristas.

La partida política de Putin y Obama se asemeja a la reciente victoria en Doha del ruso Serguei Kariajin frente al noruego Magnus Carlsen en el campeonato mundial de blitz, solo que las jugadas de Rusia y Estados Unidos continúan. Pero ese será después de Nuevo Año.

Antonio Rondón García

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Fidel Castro à Oran

décembre 31st, 2016 by Ahmed Bensaada

En exclusivité pour nos lecteurs : le premier des articles de notre dossier consacré à Fidel Castro. 

Retrouvez l’ensemble de ce dossier dans le numéro 134 de janvier 2017 d’AFRIQUE ASIE

 

C’était une belle et chaude journée du mois de mai 1972. Des nuages blancs et cotonneux parsemaient ce ciel bleu si typique du printemps oranais. Il ne manquait que le triangle rouge et la « Estrella Solitaria » pour parfaire le drapeau du pays de l’hôte de la journée. Mais la météo n’avait pas osé pousser l’extravagance jusqu’à ce point, même si, pour être franc, le visiteur du jour en valait la peine. Il est vrai qu’Oran, capitale de l’Ouest algérien, n’avait pas l’habitude de recevoir des personnages de cette envergure. Et ce jour-là, une décennie après l’indépendance de l’Algérie, l’invité était une icône : Fidel Castro, en personne !

Le « Líder Máximo », le compagnon du Che, l’illustre « barbudo », le rebelle de la Sierra Maestra, le héros de la « Baie des cochons », « El Comandante » : il était à Oran.

Du haut de mes 14 ans, je m’étais frayé, non sans peine, un chemin à travers une foule dense, composée de dizaines de milliers de personnes venues s’amasser sur cette place qui accueillait ce mémorable évènement.

Celui qui défiait la plus grande puissance du monde à partir de sa minuscule île des Caraïbes située à une distance ridicule des rives américaines, était là, devant moi, en chair et en os. Avec une diction aussi passionnée que théâtrale, il débuta son discours :

« Querido compañero Houari Boumediene ;

Queridos camaradas dirigentes del FLN y del Gobierno Argelino ;

Queridos amigos de Orán » [1].

Les premières phrases en espagnol du « Comandante », amplifiées par des haut-parleurs crachotants, eurent une résonnance particulière dans cet immense espace. En fait, il n’y avait qu’à lever la tête et regarder vers le nord, pour apercevoir, majestueusement juché sur une crête du massif du Murdjadjo, le fameux fort de Santa Cruz qui domine El Bahia [2]. Cet imposant édifice, érigé entre 1577 et 1604, est une des œuvres majeures qui témoignent de l’occupation espagnole de la ville pendant presque trois siècles (1509 – 1792). Oran, la plus hispanique des villes algériennes, garde encore dans son sabir les empreintes de mets et des mots qui témoignent de cette présence qui n’a réellement été interrompue qu’avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Et moi, qui ait grandi dans le vieux quartier de Scalera (escalera : escalier en espagnol), j’en savais quelque chose. À Oran, la figue de barbarie se dit « chumbo », l’eau de javel « lejía », l’armoire « armario » et la paëlla et la « calentita » sont des plats « authentiquement » oranais !

Hasard de l’histoire, l’Espagne a conquis Oran et Cuba presqu’en même temps. En effet, le conquistador Diego Velázquez de Cuéllar colonisa Cuba en 1511 et y fonda La Havane en 1514. Autre coïncidence ? La libération des peuples cubain et algérien a été arrachée à quelques années d’intervalle (Cuba : 1959 ; Algérie : 1962).

El Comandante continua de plus belle :

« Nous sommes ici avec vous tout simplement parce qu’en Algérie il y avait une révolution et parce qu’à Cuba il y avait une révolution […]. […] chaque combat, chaque bataille, chaque action de la lutte du peuple algérien a été suivie chaque jour par notre peuple. La lutte héroïque contre l’armée colonialiste de la France, la fermeté du peuple algérien, leur patriotisme, a suscité énormément de sympathie dans notre pays »

Fidel n’exagérait en rien la sympathie qu’éprouvait le peuple cubain envers la révolution algérienne et son combat héroïque contre la colonisation française. Entre 1956 et 1957, plus de 20 articles sur la guerre d’indépendance algérienne ont été publiés par Bohemia, le journal cubain d’opposition au dictateur Batista. Illustrés de photos, les articles relataient aussi bien la lutte révolutionnaire en Algérie que les succès militaires du FLN (Front de libération nationale algérien) ou l’utilisation de la torture par les Français [3]. Et les titres étaient éloquents : « Lágrimas, terror y sangre en Argelia » (« Larmes, terreur et sang en Algérie », Bohemia, 14 avril 1957) ou « ¡ Asi es la guerra en Argelia ! » (« Ainsi est la guerre en Algérie ! », Bohemia, 7 juillet 1957), etc.

Mais bien que Fidel eût la décence de ne pas le souligner publiquement, la sympathie du peuple cubain n’a pas été que des sentiments « protocolaires » entre deux nations que séparent des milliers de kilomètres. Au-delà de la langue, de la religion, de la géographie et de la culture, Fidel et Cuba ont concrètement aidé l’Algérie à se faire une place dans le concert des nations, à recouvrer son indépendance, à préserver son intégrité territoriale et à soigner son peuple.

Fidel renchérit :

« A cette époque, personne ne pouvait penser à une rencontre comme celle-ci. La solidarité était d’un autre type. Qu’était-il possible de faire pour soutenir la lutte algérienne, la cause algérienne, qu’était-il possible de faire pour coopérer avec le peuple algérien dans ce combat ? »

Et ces questionnements ne sont pas restés sans lendemain, bien au contraire. Selon Giraldo Mazola, ancien ambassadeur de Cuba en Algérie (1974-1978), une délégation du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) a été reçue dès 1960 par les autorités cubaines. Le 27 juin 1961, soit seulement 2 mois à peine après le débarquement de la Baie des Cochons (avril 1961), Cuba reconnut le gouvernement algérien en exil. Et ce n’était pas anodin : Cuba fut le premier pays de l’hémisphère occidental à le faire, ce qui lui attira les représailles du gouvernement français [4].

L’aide à la cause algérienne durant sa révolution ne s’arrêta pas là. Vers la fin octobre 1961, Fidel Castro envoya un émissaire, le jeune journaliste argentin Jorge Ricardo Masetti, pour rencontrer les combattants algériens à Tunis et s’enquérir de leurs besoins. Masetti y rencontra les leaders du FLN, dont Benyoucef Benkhedda, le président du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

Deux mois plus tard, le bateau cubain Bahia de Nipe quitta La Havane en direction de Casablanca (Maroc). La cargaison qu’il transportait comprenait 1500 fusils, plus de 30 mitrailleuses et 4 mortiers de fabrication américaine. Elle fut transportée dans un camp du FLN installé à proximité de la ville d’Oujda, à la frontière algérienne. Cet épisode est reconnu comme étant la toute première aide militaire envoyée par Cuba à l’Afrique.

À son retour, le Bahia de Nipe ramena 76 combattants algériens blessés et 20 enfants algériens provenant de camps de réfugiés, pour la plupart des orphelins. Comme l’explique le professeur Piero Gleijeses, l’aide octroyée par Cuba à l’Algérie n’avait rien à voir avec le conflit Est-Ouest. Ses racines sont antérieures à la victoire castriste de 1959 et relève de l’identification d’un grand nombre de Cubains avec la lutte du peuple algérien [5].

Le soutien du peuple cubain ne s’interrompit pas avec l’indépendance de l’Algérie en 1962. Il se poursuivit tout spécialement lors de ce qui fut nommé la « Guerre des sables », un conflit frontalier entre le Maroc et l’Algérie. Hassan II, le jeune roi du Maroc avait décidé « d’agrandir » son pays aux dépens de la jeune Algérie, exsangue après 132 ans de colonisation et près de 8 années de guerre sans merci contre le colonialisme français. Ainsi, le 25 septembre 1963, un peu plus d’une année à peine après l’indépendance de l’Algérie, les troupes du monarque chérifien envahirent le territoire algérien pour y occuper les importants postes frontaliers de Hassi-Beida et Tindjoub [6]. Hassan II, qui avait accédé au trône à peine 2 ans et demi auparavant, initia un sanglant conflit qui causa des dizaines de morts et des centaines de blessés [7].

L’Algérie s’empressa de demander une aide militaire à Cuba pour faire face à l’invasion marocaine. Il ne fallut aux autorités cubaines que quelques heures pour qu’elles acceptent de soutenir l’Algérie agressée. Malgré la violence de l’ouragan Flora, une des pires catastrophes naturelles depuis des décennies qui dévasta la partie orientale de l’île en tuant plus de 1000 personnes, Cuba affréta 2 navires en direction de l’Algérie : l’Aracelio Iglesias etl’Andres Gonzalez Lines. Le premier accosta dans le port d’Oran le 21 octobre 1963. À son bord, un bataillon de chars composé de 22 T-34 russes et 50 techniciens militaires cubains [8]. Le second arriva à Oran le 28 octobre avec un bataillon d’infanterie et une cargaison de fusils, de canons et de mortiers. Avec le reste des troupes qui arrivèrent à l’aéroport d’Oran par avion le 29 octobre, l’effectif cubain s’élevait à 686 militaires. Et ce n’était pas tout :l’Andres Gonzalez Lines transportaitaussiunprésent au peuple algérien : 4744 tonnes de sucre [9] !

Les forces cubaines n’eurent pas besoin de participer au combat contre l’armée marocaine. L’arrivée de l’aide massive en provenance de Cuba (qui avait été signalée dans la presse) a précipité un accord de cessez-le-feu entre les deux pays voisins, signé le 29 octobre à Bamako.

Les Cubains ne prirent pas le chemin du retour immédiatement après l’arrêt des hostilités. Ils demeurèrent en Algérie jusqu’au 17 mars 1964 pour former des militaires algériens dans le maniement des armes qu’ils avaient ramenées. Le responsable cubain de la mission avouera que tout l’armement fut offert à l’armée algérienne « sans charger quoi que ce soit, même pas un cent » [10].

L’engagement de Cuba auprès de l’Algérie a été exceptionnel de par l’aide matérielle et humaine octroyée par le pays frère mais aussi par le fait qu’il nuisait à ses intérêts comme ce fut le cas en 1961. En effet, le soutien cubain à l’Algérie souleva l’ire du Maroc qui rompit ses relations diplomatiques avec Cuba le 31 octobre 1963 et annula un colossal contrat d’approvisionnement en sucre cubain d’un million de tonnes sur 3 ans. Un manque à gagner de 184 millions de $ au moment où les États-Unis essayaient d’asphyxier Cuba et Fidel Castro [11].

Il n’y pas que la politique internationaliste militaire cubaine qui commença en Algérie. La tradition médicale internationaliste y débuta aussi. Sous l’initiative de Fidel Castro, le premier groupe médical arriva en Algérie le 24 mai 1963. C’était un moment où Cuba avait besoin de son personnel médical à cause de l’exode post-révolutionnaire. Mais, comme le souligna à l’époque Machado Ventura, le ministre cubain de la Santé publique, « le peuple algérien en avait plus besoin que nous et il le méritait ». C’était un acte de véritable solidarité qui n’apportait aucun bénéfice tangible à Cuba et qui se soldait par des coûts matériels pour le pays [12]. La présence médicale cubaine n’a jamais cessé depuis. On la trouve encore à l’heure actuelle dans diverses régions du territoire algérien et elle est très appréciée par les populations locales [13].

Pour Piero Gleijeses, il n’y a aucun doute : « l’Algérie a été le premier amour de Cuba en Afrique ». Un amour noble, désintéressé, humaniste, qui promeut la dignité des peuples. De plus, « son aide à l’Algérie reflète un niveau d’idéalisme qui est inhabituel dans les affaires étrangères des grandes ou petites puissances […]» [14].

Il faut reconnaitre que Fidel Castro, le stratège de cette incomparable politique, est la conscience qui se dresse entre les colonisateurs et les peuples opprimés, entre ceux qui veulent dominer le monde et ceux qui ne cherchent qu’à vivre en paix, entre les nations prédatrices et leurs proies sans défense.

Il faut l’admettre, n’en déplaise à la bienpensance occidentale« mainstream », celle-là même qui défend ceux contre lesquels Fidel s’est dressé sa vie durant…

Le discours arriva à sa fin. Le Líder Máximo l’acheva en apothéose, sous les acclamations d’une foule en liesse :

« ¡Viva la Revolución Argelina!, ¡Viva la amistad entre Argelia y Cuba ! 

¡Patria o Muerte !, ¡Venceremos! » [15]

Lorsqu’il m’arrive de passer par cette place, au hasard de mes voyages à Oran, il me semble toujours y entendre virevolter ces mots et résonner cette voix.

Dorénavant, je lèverai la tête vers l’azur et je chercherai le visage de Fidel entre les nuages blancs et cotonneux. Qui sait, avec un peu de chance, je l’entendrai me dire :

« ¡Hasta la victoria siempre, querido amigo de Orán ! » [16]

P.S. : À l’annonce de la mort de Fidel Castro, l’Algérie décréta 8 jours de deuil national, un jour de moins que Cuba.

Ahmed Bensaada

Montréal, le 14 décembre 2016

 

Notes et références

  1. « Cher compagnon Houari Boumediene ; chers camarades du FLN et du gouvernement algérien ; chers amis d’Oran ».

Le discours complet de Fidel Castro, prononcé à Oran le 12 mai 1972, peut être lu à l’adresse suivante : http://www.fidelcastro.cu/es/discursos/discurso-pronunciado-por-el-comandante-fidel-castro-en-la-ciudad-de-oran-argelia

  1. El Bahia est le surnom arabe de la ville d’Oran qui veut dire « La Radieuse ».
  2. Rodriguez Drissi, Susannah, « Between Orientalism and Affective Identification : A Paradigm and Four Case Studies towards the Inclusion of the Moor in Cuban Literary and Cultural Studies », Thèse de Ph.D., Université de Los Angeles (UCLA), 2012, p. 124.
  3. Giraldo Mazola, « La independencia del pueblo argelino nuestro pueblo la siente como propia », Granma, 5 juillet 2012, http://www.granma.cu/granmad/2012/07/05/interna/artic01.html
  4. Piero Gleijeses, « La primera experiencia cubana en África: Argelia, 1961-1965 », Temas No. 16, Octobre 1998 – Juin 1999
  5. 6.Ibid
  6. Alexander Mikaberidze, « Conflict and Conquest in the Islamic World : A Historical Encyclopedia, Volume 1 », ABC-CLIO, Santa Barbara (USA), 2011, p.797.
  7. William J. Durch, « The Cuban Military in Africa and the Middle East : From Algeria to Angola », Studies in Comparative Communism, Vol. XI, N° 1 &. 2. Spring/Summer 1978. 34-74
  8. Voir réf. 5
  9. 10.Ibid
  10. Yasmina Allouche, « Algeria and Cuba allied by a shared revolutionary struggle », The New Arab, 27 octobre 2016, https://www.alaraby.co.uk/english/comment/2016/10/28/algeria-and-cuba-allied-by-a-shared-revolutionary-struggle
  11. Voir réf. 5
  12. Alex MacDonald, « Fidel Castro laisse au Moyen-Orient un héritage durable », Arrêt sur Info, 27 novembre 2016, http://arretsurinfo.ch/fidel-castro-laisse-au-moyen-orient-un-heritage-durable/
  13. Voir réf. 5
  14. « Vive la révolution algérienne ! Vive l’amitié entre l’Algérie et Cuba ! La patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! »
  15. « Jusqu’à la victoire toujours, cher ami d’Oran ! »
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Dans la valse de l’information et de la désinformation, il est devenu délicat d’exposer des points de vue décalés par rapport au courant dominant. Comme toute information médiatique, ces points de vue décalés doivent être considérés également avec la distance critique appropriée. Cependant, ils ont le droit de se faire entendre et il serait malvenu de les censurer au nom d’une quelconque bien-pensance médiatique qui n’est que le cache-sexe des intérêts occidentaux.

Notre journal, Kairos, cherche la vérité, sans être certain de la trouver. La quête est aussi passionnante que potentiellement infinie.

La situation actuelle, ce qui se passe à Alep et dans le reste de la Syrie – et ailleurs… – , peut être éclairée par cette interview de Nabil Antaki, médecin habitant d’Alep, alors que nous lui avions parlé avant l’intervention majeure dans la ville.

www.kairospresse.be

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China-América Latina: Fuera de juego

décembre 31st, 2016 by Xulio Ríos

Desde España se ha reivindicado la tradicional influencia en América Latina como un valor de peso a la hora de promover la cooperación con países terceros. Esa triangulación, no obstante, de uso frecuente en la interlocución con China, acaba de recibir un significativo varapalo. Según se desprende de la nueva política del gigante asiático hacia América Latina y el Caribe (ALC), en adelante, los proyectos orientados a la región y concertados con países u organizaciones internacionales extra regionales deberán ser “presentados, consentidos y patrocinados” por los países latinoamericanos y caribeños.

El desplazamiento del vértice de referencia de dicha triangulación si bien no impide que esta siga celebrándose, atribuye un reconocimiento privilegiado a la voluntad y decisión de los países de América Latina y el Caribe, supeditándola a su conformidad lo que, sin duda, le confiere una posición de mayor fuerza. Aunque “no apunta contra nadie ni se excluye a ninguna tercera parte”, el énfasis chino en la dimensión bilateral de la relación y su profundización gana consistencia frente a cualquier otra variable complementaria.

Por otra parte, en este documento, el segundo de su tipo desde 2008, China no solo hace balance de lo actuado sino que introduce elementos de corrección sustanciales de su política, objeto en estos años de no pocas críticas (concentración en las materias primas, desprecio a los impactos ambientales, consecuencias laborales negativas, objetivos estratégicos oblicuos, etc.). En este sentido, el modelo de cooperación ahora propuesto sugiere pasar página del binomio exportación de materias primas-importación de productos elaborados para integrar más factores a fin de complejizar y ensanchar la relación.

Una comunidad de destino común

El desarrollo y la soberanía son las dos claves que vertebran la nueva hoja de ruta. China asume compromisos en orden al fomento del progreso en asuntos esenciales de la región como la industrialización, las infraestructuras, el intercambio tecnológico o la cooperación financiera, e incluso la justicia social, el intercambio cultural y humanístico, entre otros. Igualmente, la apuesta por la integración regional dirige su mirada a la CELAC, si bien persistirá la vía bilateral como un complemento destacado. La nueva estrategia apunta a un salto cualitativo que rubrica la disposición de China a participar de forma activa en la transformación de la región sumando no solo oportunidades de desarrollo sino también sellando una alianza para catapultar su proyección política global.

La triangulación en el aire

La primacía del enfoque regional sugiere que China considera llegado el momento de corresponder a las demandas transmitidas fundamentalmente por los gobiernos progresistas de ALC de un trato adulto y directo, sin más intermediaciones que no sean las libremente consentidas y con prioridad para los intereses de la región. De todo ello se debiera tomar buena nota. Esa supeditación exige también de España repensar su enfoque trazando una política que tenga en cuenta la nueva realidad sin esperar a que el simple paso del tiempo confirme el supuesto cambio de ciclo que asoma en la política latinoamericana. Incluso con gobiernos ideológicamente más próximos, las cosas tendrán que cambiar.

Xulio Ríos

Xulio Ríos: Director del Observatorio de la Política China.

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“Han demolido la Unión Europea”

décembre 31st, 2016 by Marie-Hélène Caillol

IMAGEN: Marie-Hélène Caillol, presidenta del ‘think tank’ europeo LEAP.

En el universo de los think tanks , el LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) es una rara avis: es independiente. De ahí su heterodoxia e interés. En 1998 adelantó el regreso al viejo continente de los “nietos de Hitler, Franco, Mussolini y Petain”, en 2006 predijo la crisis de las subprimes y desde hace muchos años predice el fracaso de la Unión Europea si no se democratiza. Fundado en 1997 por el desaparecido politólogo europeísta Franck Biancheri (1961-2012), el LEAP está establecido en París. Marie-Hélène Caillol es su presidenta.

 La actual crisis de la Unión Europea es múltiple y total; La integración de la Europa del Este ha sido un fracaso, en la Europa del Sur toda la “magia” del sueño europeo también ha desparecido: la UE ya no significa más democracia y prosperidad, sino al contrario, austeridad e imposición. El eje franco-alemán es un matrimonio en divorcio no reconocido. Además ha tenido lugar el Brexit y el referéndum italiano, mientras que en el norte se sueña con una “Kerneuropa” de matriz luterana sin los meridionales… Todo eso configura una situación inaudita.

¿Esta UE es reparable, o hay que demolerla para reconstruirla?

No hay que demolerla porque ya lo está. Treinta años de completo desvío del proyecto original de construcción europea en beneficio de una serie de intereses esencialmente económicos y desconectados de los ciudadanos, han conducido al Brexit que marca la muerte de la UE tal como la conocíamos. Es una ironía de la historia que hayan sido los británicos quienes hayan acabado con la Europa que deseaban, pues, efectivamente, las derivas a las que me he referido están esencialmente vinculadas a la visión de la Europa económica propugnada por el Reino Unido y su patrón americano.

En cualquier caso, el fin de la UE tal como la conocíamos no significa el fin del proyecto de construcción europea que se libera, para bien o para mal, del modelo de UE establecido en 1992 con el acuerdo de Maastricht.

Hace muchos años que ustedes advirtieron contra la transformación de la Comunidad en Unión, y dicen que el enredo de la crisis europea comienza en 1992, ¿podría explicarlo?

En 1992 el tratado de Maastricht aumentó considerablemente el presupuesto y los ámbitos de competencias de Europa. Tendría que haber impuesto un cambio completo del método de gobernanza fundado sobre la afirmación de los principios de transparencia, eficacia y democratización (lo que Franck Biancheri llamaba TED en los años 90). En eso fracasó. Junto con ese incremento de responsabilidades se hizo el cambio de nombre: de la “Comunidad Europea” a “Unión Europea”. Piense en Unión Soviética, Estados Unidos, Reino Unido… y comprenderá por qué Biancheri advertía desde 1992 contra los riesgos de deriva en relación años principios de los padres fundadores, a saber: puesta en común de riquezas -carbón y acero puestos en común en el cuadro de la CECA, después abandonado-, respeto de la diversidad, especialmente lingüística -las instituciones europeas desconectadas de los ciudadanos solo hablan inglés-, y equilibrio y complementariedad entre el nivel supranacional y los estados miembros, en lugar de esta guerra a los estados miembros librada por la UE en asociación con los neoliberales, guerra perdida de antemano porque los estados siguen estando en la cumbre de la pirámide democrática y son, por tanto, dueños de los pueblos europeos, como se ve actualmente.

La única manera de hacer armonioso el vínculo entre el nivel europeo y el nacional era democratizar el primero, lo que habría fortalecido las democracias nacionales en lugar de debilitarlas. Dicho esto, desde este punto de vista las responsabilidades por el fracaso de la democratización europea son compartidas entre un nivel europeo que pensaba ahorrarse a los pueblos, y unos sistemas políticos nacionales centrados en sus privilegios y que bloqueaban la idea de cualquier emergencia de una clase política europea que no fuera esta disfuncional combinación de clases políticas nacionales Tenemos así tres ejes para el completo derrumbamiento en 2016. Hoy Europa se reinventa y los populistas tienen una gran ventaja sobre los pueblos, pese a las advertencia de Franck Biancheri a lo largo de 30 años.

La Crisis del neoliberalismo, manifiesta desde 2008, no impide que su ideología siga dominando, ¿Por cuánto tiempo? ¿Cree que vamos a una síntesis entre su programa y el pujante populismo autoritario de los “nietos de Petain, Horthy, Mussolini, Hitler” y demás, una especie de “lepenización de Goldman Sachs”, por así decirlo?

Las señales a ese respecto son contradictorias. Es verdad que los neoliberales defienden con uñas y dientes sus “logros” y que están bien situados para ello, pues tienen en sus manos las riendas europeas. Al mismo tiempo, no puede negarse que la tendencia de fondo apunta en realidad hacia su debilitamiento: incluso si las políticas de regulación no han sido todo lo ambiciosas que debieran, han tenido lugar. La City ya no es ni la sombra de lo que era hace diez años. Los bancos ponen mala cara, pero son obligados a obedecer los principios de capitalización y regulación que se han puesto en marcha.

Los estados han retomado considerablemente la gestión del continente, de ahí las divergencias observadas entre Alemania y Grecia a propósito de la crisis griega, entre el grupo de Visegrado y Alemania sobre la crisis de los emigrantes, etc. Y esos populismos nacionalistas en ascenso son el signo cierto de que los estados están retomando las riendas y de que la construcción europea vuelve a politizarse. Sobre esto dos observaciones: por un lado los populistas nacionalistas acabarán todos por hacer Europa, contrariamente a lo que hacen creer a sus electores. Y eso porque son, ante todo, políticos y un verdadero político busca los verdaderos niveles del poder que son europeos. Por otro lado, esa alianza aparente entre neoliberales y populistas hacia la que apuntan, por ejemplo, ciertos aspectos del discurso de Trump, es, para nosotros, un efecto de la realpolitik: estos populistas no tienen ninguna posibilidad de acceder al poder sin hacer concesiones al sistema, pero eso no les impide que estén formateados para crear cambios, una vez más, para bien o para mal…

Renegar de la OTAN desde Washington es lo mismo que abandonar el “principal instrumento que convierte a USA en la potencia decisiva en Europa” (De Gaulle dixit), ¿En qué cree que quedará la retórica de Trump en ese aspecto y qué consecuencias puede tener para la “defensa europea”?

En primer lugar hay una enorme incertidumbre sobre lo que Trump ha dicho o ha dado a entender y lo que hará. En cuanto fue elegido dijo que abandonaría el TPP, pero del TTIP se cuidó mucho en no decir nada. Sobre la OTAN lo que quiere, más que dejarnos ir, es que los europeos paguen por el “servicio de defensa de Estados Unidos”. Así que, en cierto modo la pelota está en el campo europeo. Está claro que estas intenciones liberan potentes impulsos de aceleración del proyecto de defensa europeo, ¿pero están los europeos verdaderamente preparados para ello? No estamos seguros. Nos arriesgamos a no tener más remedio que pagar y fortalecer nuestra implicación en la OTAN, invirtiendo la tendencia de desconexión de las últimas décadas, por lo menos hasta la crisis euro-rusa de 2014. Pero si los europeos pagan más, también podrían ganar en influencia, pues ya hay proyectos que quieren construir la Europa de la defensa a partir de la OTAN, separando cada vez más los mandos europeos y americanos… En conclusión, nosotros identificamos tres periodos: desde ahora hasta mediados de 2017, una gran movilización alrededor del proyecto de la Europa de la defensa; de 2017 a 2018-2020, un fortalecimiento del vínculo estratégico transatlántico, a falta de otra cosa mejor (esperamos grandes riesgos en ese periodo); luego, a partir de 2018-2020, finalización del proyecto de independencia estratégica de Europa. En definitiva: Trump abre la vía hacia esa independencia, pero el camino será seguramente sinuoso.

Michel Moore que pronosticó muy bien la victoria de Trump dice que éste no terminará su mandato. ¿Puede entrar USA en un periodo serio de turbulencias internas? En tal caso, ¿qué efectos podríamos anticipar para Europa?

Nosotros habíamos anticipado riesgos de turbulencias en el caso de una victoria de Clinton, incluyendo un riesgo de guerra civil vinculado a la toma de armas por parte del electorado de Trump desengañado. No olvidemos que Trump representa a esa franja de la población que está armada hasta los dientes. En cuanto a la victoria de Trump, ciertamente podría desencadenar movimientos de calle pero con un régimen duro esas protestas serán puestas en cintura, de la misma forma que la esfera internet será puesta bajo estrecha vigilancia, tendencia considerablemente iniciada ya, y no solo en Estados Unidos. Los negros, hispanos y liberales en la calle son mucho menos peligrosos que las milicias del Mid-West, de ahí que el establishment de EE.UU tuviera miedo de las consecuencias de una victoria de Clinton. Recordemos que solo un 25% del censo electoral votó por Trump, lo que no es una opción democrática. Las tendencias que hemos descrito en materia de endurecimiento del control de las poblaciones en Estados Unidos, tendrán su reflejo en Europa.

Pronosticamos que la población europea, mucho menos aislada que la americana, resistirá mejor a esta puesta bajo control y será mejor defendida por las democracias nacionales más centrales del edificio político europeo, que las democracias de los Estados americanos de EE.UU. De manera general, nuestro análisis estima que la presidencia de Trump permitirá a los europeos tomar conciencia de su diferencia con Estados Unidos y contribuirá así al reequilibrio ideológico y geopolítico de Europa. Por ejemplo, allí donde Trump se explaya en vulgaridad, racismo, falocracia, provocaciones y violencias verbales, los populistas europeos, con algunas excepciones en los países anglosajones que son el Reino Unido y Holanda, tienen que descafeinar su mensaje si quieren lograr victorias electorales.

El candidato presidencial de la derecha, François Fillon, usa tonalidades gaullistas, ¿queda algo del gaullismo en Francia?

Fillon ha tenido verdadero coraje al reclamar alto y fuerte un acercamiento a Rusia, y sus declaraciones a favor de una actitud más firme hacia Estados Unidos evocan los principios de independencia de un De Gaulle. Sobre la cuestión rusa no hemos dejado de decir que Europa debía retomar la relación, por más que somos conscientes de que tal posición es igualmente característica de la extrema derecha. ¿A qué campo pertenece verdaderamente Fillon desde ese punto de vista? Es una buena pregunta.

En cuanto a Estados Unidos, a Fillon le ha venido muy bien que las perspectivas de distensión americano-rusas estén a la vista con Trump, porque su pro putinismo no afectará, por lo menos de momento, al atlantismo de rigor. Por lo demás, el programa de Fillon es una negación de los valores del Consejo Nacional de la Resistencia, cuyo programa de inspiración comunista fue aplicado por De Gaulle en la posguerra: seguridad social, democracia, nacionalizaciones. Aquella herencia ya fue maltrecha por Sarkozy. Si Francia hubiera continuado siendo gaullista, Europa se habría evitado la crisis libia de 2011, la crisis siria del mismo año, la crisis euro-rusa de 2014, la crisis de los emigrantes de 2015, etc. La traición de las élites francesas (periodistas y potencias económicas, y luego políticas, que fueron los primeros promotores del French bashing instaurado a partir de 2003, a raíz del rechazo francés a seguir a los americanos en Irak), tiene mucho que ver con el actual fracaso del proyecto europeo, con el hundimiento de la credibilidad de Europa en la escena internacional en la crisis en las fronteras de la UE, e incluso con la elección de Trump, porque una Europa más firme ante Estados Unidos habría evitado determinadas derivas americanas.

¿Cuánto tiempo el sistema mayoritario y la alergia de una mayoría de franceses al Frente Nacional de la Sra. Le Pen continuarán impidiendo su victoria electoral en unas presidenciales?

Creemos que por lo menos todavía cinco años. Y eso solo porque Fillon le ha robado protagonismo. Hace tiempo que analizamos que el riesgo en Europa es menos la victoria de candidatos populistas que la integración de las agendas populistas en los gobiernos. En Inglaterra, el UKIP ha ganado el referéndum pero es la derecha de los muy respetables Tories la que toma el poder. En Francia nuestro establishment ha inventado el impecable republicano Fillon. Los anticuerpos europeos contra las dictaduras son potentes pero la capacidad de las elites de traicionar a sus pueblos sigue siendo muy eficaz. Mientras la comunidad de los pueblos europeos no encuentre el medio de hacer sentir su voz directamente, es la era de los Petain, más que de los Hitler, la que comienza en Europa.

La Vanguardia

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La elección de Donald Trump

décembre 31st, 2016 by Samir Amin

Si bien es cierto que los primeros pasos de Trump parecen estar desconcertando a buena parte de sus correligionarios, lo cierto es que su margen de maniobra es relativamente pequeño para proceder a cambios verdaderamente significativos. Con todo, su elección constituye un síntoma evidente de la magnitud de la crisis de la globalización neoliberal.

I

La reciente elección de Donald Trump, el Brexit, el incremento de los votos fascistas en Europa, pero también y aún más, la victoria electoral de Syriza y el crecimiento de Podemos, son manifestaciones de la profundidad de la crisis del sistema neoliberal globalizado. Este sistema, que siempre he considerado insostenible, implosiona ante nuestros ojos en su mismo corazón. Todos los intentos para salvar el sistema –para evitar lo peor, dicen– mediante ajustes menores están condenados al fracaso.

Pero la implosión del sistema no es sinónimo de avances en el camino hacia la construcción de una alternativa favorable para los pueblos: el otoño del capitalismo no coincide automáticamente con una primavera de los pueblos. Los separa una brecha que da a nuestra época una tonalidad dramática, reveladora de los peligros más graves. No obstante, esta implosión –que es inevitable– debe entenderse precisamente como una oportunidad histórica que se ofrece a los pueblos, pues desbroza el camino para avances posibles hacia la construcción de una alternativa que tiene dos componentes inseparables: (I) planes nacionales para el abandono de las reglas fundamentales de la gestión económica liberal, en beneficio de proyectos soberanos populares que pongan en primer lugar los avances sociales; (II) en el plano internacional la construcción de un sistema negociado de globalización policéntrica.

Avances paralelos en estos dos planos serán posibles sólo si las fuerzas políticas de la izquierda radical conciben una estrategia para ello y logran movilizar a las clases populares para progresar en la consecución de los objetivos. Este no es el caso aún, como lo demuestran los retrocesos de Syriza, las ambigüedades y confusiones de los votantes británicos y estadounidenses, y la extrema timidez de los herederos del eurocomunismo.

II

El sistema vigente en los países de la tríada imperialista (Estados Unidos, Europa Occidental, Japón) se basa en el ejercicio de un poder absoluto por parte de las oligarquías financieras nacionales. Sólo ellas gestionan el conjunto de los sistemas productivos nacionales, logrando reducir a la condición de subcontratistas a casi todas las pequeñas y medianas empresas en la agricultura, la industria y los servicios, en beneficio exclusivo del capital financiero. Estas oligarquías gestionan los sistemas políticos herederos de la democracia burguesa electoral y representativa, habiendo llegado a domesticar a los partidos políticos electorales de derecha e izquierda, obviamente al precio de erosionar la legitimidad de la práctica democrática. Estas oligarquías controlan también los aparatos de propaganda, habiendo reducido los patrones de información a la condición de coro mediático a su exclusivo servicio. Ninguno de estos aspectos de la dictadura de la oligarquía está siendo cuestionado seriamente por los movimientos sociales y políticos en el seno de la tríada, especialmente en los EE.UU.

Las oligarquías de la tríada pretenden extender su poder a todo el planeta, imponiendo una forma particular de globalización, la del liberalismo mundializado. Pero se enfrentan aquí a resistencias más consistentes de lo que lo son en las sociedades de la tríada, herederas y beneficiarias de las “ventajas” de la dominación imperialista. Porque si los estragos sociales del liberalismo son visibles en Occidente, son diez veces mayores en las periferias del sistema. Hasta el punto de que pocos regímenes políticos pueden seguir aparentando ser legítimos a los ojos de su pueblo. Fragilizadas al extremo las clases, y los Estados compradore que constituyen las correas de transmisión de la dominación del imperialismo colectivo de la tríada son, de hecho, considerados con razón por las oligarquías del centro como aliados no del todo seguros. La lógica del sistema requiere así la militarización y el derecho que se otorga a sí mismo el imperialismo para intervenir –incluyendo la guerra– en los países del sur y el este. Todas las oligarquías de la tríada son “halcones”; la OTAN, un instrumento de agresión permanente, se ha convertido de hecho en la más importante de las instituciones del imperialismo contemporáneo.

La prueba de que se ha elegido esta opción agresiva fue dada por el tono de las palabras del presidente Obama durante su última gira europea (noviembre de 2016), tranquilizando a los vasallos europeos sobre el compromiso de los Estados Unidos dentro de la OTAN. Es evidente que la organización no se presenta como un instrumento de agresión –lo cual realmente es– sino como un medio de asegurar la “defensa” de Europa. ¿Amenazada por quién?

Pues para empezar por Rusia, como nos repite el coro mediático de rigor. La realidad es diferente; lo que se le reprocha a Putin es no aceptar el golpe de estado euro-nazi de Kiev, ni el poder de los políticos mafiosos en Georgia. Hay que contenerla, más allá de las sanciones económicas, por amenazas de guerra como las proferidas por Hilary Clinton.

Luego, se nos dice, está la amenaza terrorista planteada por el yihadismo islámico. Una vez más, la opinión pública está perfectamente manipulada. Porque el yihadismo es el producto inevitable del apoyo que la tríada sigue otorgando al Islam político reaccionario inspirado y financiado por el wahabismo del Golfo. El ejercicio de este supuesto poder islámico es la mejor garantía para la destrucción total de la capacidad de las sociedades de la región de resistir el diktat de la globalización neoliberal. También ofrece la mejor excusa para dar apariencia de legitimidad a las intervenciones de la OTAN. En este sentido, la prensa de los Estados Unidos reconoció que la acusación realizada por D. Trump de que Hilary había apoyado activamente el establecimiento del Daesh estaba bien fundada.

Añadamos que el discurso que vincula la participación en las misiones de la OTAN con la defensa de la democracia se revela una farsa cuando es confrontado con la realidad.

III

La derrota de Hillary Clinton –más que el triunfo de Donald Trump– es una buena noticia. Tal vez aleje la amenaza del clan de los halcones más agresivos, dirigido por Obama y Hillary Clinton.

Digo “tal vez”, porque no está dicho que Trump no introducirá a su país en un camino diferente.

En primer lugar, ni la opinión de la mayoría que lo apoya ni la de la minoría que se manifiesta en su contra le obligan a ello. El debate se ha establecido únicamente sobre algunos de los problemas sociales de los EE.UU. (particularmente antifeminismo y racismo). No pone en cuestión los fundamentos económicos del sistema, origen del deterioro de las condiciones sociales de amplios sectores. El carácter sagrado de la propiedad privada, incluido el de los monopolios, se mantiene intacto; que el propio Trump sea un multimillonario ha sido un activo, no un obstáculo para su elección.

Pero además el debate nunca ha versado sobre la agresiva política exterior de Washington. Nos hubiera gustado ver a los manifestantes contra Trump de hoy protestar ayer contra las agresivas propuestas de Hilary Clinton. Obviamente, esto no sucedió; los ciudadanos de los EE.UU. nunca han condenado la intervención militar en el exterior y los crímenes contra la humanidad que acompañan a esa intervención.

La campaña electoral de Sanders había despertado muchas esperanzas. Atreviéndose a introducir en el debate una perspectiva socialista, Sanders iniciaba una saludable politización de la opinión pública, que no es más imposible en los EE.UU. que en otros lugares. Uno solo puede deplorar, en estas condiciones, la capitulación de Sanders y su posterior apoyo a Clinton.

Aún más importante que el peso de la “opinión pública” es el hecho de que la clase dirigente de los Estados Unidos no concibe otra política internacional que la actual, y eso desde la creación de la OTAN hace 70 años –garantía de su dominio sobre todo el planeta.

Habría, se nos dice, “palomas” y “halcones” en los dos campos, republicanos y demócratas, que dominan el Congreso y el Senado. El primero de estos calificativos es, sin duda, exagerado; se trata de halcones que reflexionan un poco más antes de embarcarse en una nueva aventura. Trump y algunos en su entorno están quizás entre ellos. Si es así, mucho mejor. Pero hay que evitar hacerse demasiadas ilusiones al respecto, aunque también explotar esa pequeña grieta en el edificio estadounidense para fortalecer la construcción de una globalización diferente, un poco más respetuosa con el derecho de los pueblos y las exigencias de la paz. Algo que los vasallos europeos de Washington temen más que nada.

Por otra parte, las palabras de D. Trump sobre la política internacional de los Estados Unidos son contradictorias. Por un lado parece estar dispuesto a entender la legitimidad de los temores de Rusia ante a los planes agresivos de la OTAN en relación con Ucrania y Georgia, mientras Moscú mantiene en Siria el combate contra el terrorismo yihadista. Pero luego dijo que quería dar por terminado el acuerdo nuclear con Irán. Y no se sabe todavía si está decidido a continuar con la política de apoyo incondicional de Obama a Israel o si va a matizar este apoyo.

IV

Por lo tanto, es preciso situar la victoria electoral de D. Trump en el marco más amplio de las manifestaciones de la implosión del sistema. Todas estas manifestaciones, hasta hoy ambiguas, pueden conducir a mejores situaciones, pero también a detestables derivas.

Algunos de los cambios vinculados a estos acontecimientos en modo alguno cuestionan el poder de la clase dominante oligárquica. Este es el caso de Brexit, la elección de Trump, los proyectos de los fascistas europeos.

Ciertamente, la campaña a favor del Brexit recurrió a argumentos nauseabundos. Para empezar, el proyecto de separación no cuestiona la opción fundamental capitalismo/imperialismo de Gran Bretaña. Solo sugiere que en la conducción de su política exterior, Londres puede tener una flexibilidad que le permita tratar directamente con sus socios, los Estados Unidos, en primera línea. Pero detrás de esta opción se dibuja igualmente lo que ya deberíamos saber: que el Reino Unido no acepta la Europa alemana. Esta dimensión del Brexit es sin duda positiva.

Los fascismos europeos –que marchan viento en popa– se sitúan en la extrema derecha; es decir, no cuestionan el poder de las oligarquías en sus respectivos países. Solo desean ser elegidos por ellas para poner el poder a su servicio. Al mismo tiempo, por supuesto, apelan a nauseabundos argumentos racistas, lo que les evita tener que responder a los verdaderos desafíos a los que se enfrentan sus pueblos.

El discurso de D. Trump se sitúa en esta categoría de las falsas críticas de la globalización liberal. Su tono “nacionalista” tiene como objetivo reforzar el control por parte de Washington de sus aliados subalternos, no el concederles una independencia que tampoco exigen. Trump podría, en esta perspectiva, tomar algunas modestas medidas proteccionistas; es lo que por otra parte las administraciones estadounidenses siempre han hecho, sin decirlo, imponiéndolas a sus aliados subalternos a los que no se les ha permitido defenderse. Aquí se perfila una analogía que la Gran Bretaña del Brexit podría querer establecer.

Trump ha dejado entender que las medidas proteccionistas en las que piensa tienen principalmente como objetivo a China. Antes, Obama y Hillary habían ya, a causa de su decisión de desplazar el centro de gravedad de sus fuerzas armadas desde el Oriente Medio a Asia Oriental, designado a China como el rival a batir. Esta estrategia agresiva, económica y militar, en flagrante contradicción con los principios del liberalismo del que Washington presume ser el campeón, podría ser derrotada invitando a China a avanzar en una saludable evolución hacia el fortalecimiento de su mercado popular interno y en la búsqueda de otros socios entre los países del Sur.

¿Derogará Trump el Tratado de Libre Comercio? Si lo hiciera rendiría un gran servicio a la gente de México y Canadá liberándolos de su condición de vasallos impotentes y por tanto animándolos a involucrarse en nuevos caminos basados en la autonomía de proyectos soberanos populares. Por desgracia hay muy pocas posibilidades de que la mayoría de los representantes republicanos y demócratas en el Congreso y el Senado, todos ellos incondicionalmente vinculados a los intereses de las oligarquías estadounidenses, permitan a Trump ir en ese sentido muy lejos.

Las consecuencias de la hostilidad de Trump contra la Cumbre contra el cambio climático, COP 21, son menos graves de lo que dejan entender sus protagonistas europeos, pues lamentablemente se sabe –o se debería saber– que en cualquier caso el Tratado será letra muerta, pues los países ricos no tienen la intención de mantener sus promesas financieras en esta área.

Por el contrario, algunos efectos de la implosión de la globalización neoliberal pueden asociarse con un progreso social, más o menos débil.

En Europa, la victoria electoral de Syriza y el ascenso de Podemos se inscriben en ese marco. Sin embargo, los proyectos apoyados por estas nuevas fuerzas son contradictorios: rechazo de la austeridad impuesta, pero ilusión por la posibilidad de una reforma europea. La historia se encarga ya de demostrar este error de apreciación en relación con una reforma imposible.

En América Latina los avances realizados durante la primera década del siglo están hoy siendo cuestionados. Los movimientos que llevaron a cabo estos avances sin duda subestimaron el carácter reaccionario de las clases medias de sus países, en particular en Brasil y Venezuela, donde se niegan a compartir con las clases populares los beneficios de un desarrollo digno de este nombre.

La emergencia de otros proyectos –especialmente China y Rusia– también sigue siendo ambigua: ¿es su objetivo “atrapar” por medios capitalistas y en el marco de la globalización capitalista, que están obligados a aceptar ? O, conscientes de que este proyecto es imposible, ¿los poderes relevantes de las sociedades emergentes se orientarán preferentemente en la dirección de instaurar proyectos soberanos populares?

Samir Amin

Samir Amin: Economista egipcio, es uno de los principales exponentes del neomarxismo.

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Argentina – El año que viviremos en peligro

décembre 31st, 2016 by Raúl Dellatorre

Estimado lector:  sabemos que es 31 y estará pensando más en la cena de esta noche y recordando algo que le faltó comprar, que en la reflexión que aquí le vamos a proponer. Pero si logro captar su atención por un momento piense lo siguiente: seamos justos, a Alfonso Prat Gay habrá que reconocerle que efectivamente tenía un costado progresista que tan difícil era de advertir. Ese flanco “progre” está dado porque, al “dar un paso al costado”, le dejó al gobierno de Mauricio Macri una bomba muy difícil de desactivar. Pero antes de que salga corriendo a confundirse en un abrazo con Prat Gay, como el que se diera este último con su ahora medio sucesor Luis Caputo, cuando juntos festejaron en Nueva York la victoria de Paul Singer contra Argentina (va la foto para recordarlo), deje que le explique en qué consiste ese terreno resbaladizo y en pendiente por el que deberá transitar el gobierno durante este complejo 2017.

¿En qué condiciones dejó la economía Prat Gay y cómo sigue el gobierno a partir de ahora? La fotografía del momento admite distintas miradas, según desde dónde se pare el observador y en qué aspectos haga foco. Una mirada posible es la siguiente. Un año completo de gestión que arrancó con una fuerte devaluación, levantamiento de regulaciones en el mercado cambiario y en el comercio exterior, eliminación de retenciones y facilidades al libre movimiento de los capitales, sobre todo de salida. Bajo esas condiciones, se prometió una rápida reactivación de la economía, un aluvión de inversiones externas (¿alguien recuerda la promesa de los veinte mil millones de dólares que estaban comprometidos a ingresar “apenas se levantara el cepo”, que repetían Macri y Prat Gay?) y un mercado ávido por productos argentinos que, por fin, iban a poder a salir a ofrecerse al mundo, ese mundo del que Argentina se había alejado. El año de gestión terminó, en cambio, con un deterioro alarmante del mercado interno por caída del poder adquisitivo de la población (con fuerte traslado a precios de la megacorrección cambiaria), un déficit brutal del 6,8 por ciento del producto bruto (contabilizando también el pago de intereses, que el gobierno maquilla hablando de “déficit primario” con lo que baja en un par de puntos el desequilibrio), caída del PBI cercana al tres por ciento con la casi plenitud de ramas industriales en baja (sólo quedan con números a favor los derivados del complejo cerealero y oleaginoso: molienda, aceites y biocombustibles), desempleo en alza, cierre de empresas, suspensiones masivas de actividad durante el verano, retroceso de la inversión y una geométrica suba del endeudamiento externo.

Prat Gay pagó con su salida el costo de los platos rotos, de los que en realidad no es el único responsable. Pero si esas son las condiciones en que quedó la economía a su salida, ahora hay que ver cuál es la respuesta, la reacción del gobierno ante ese cuadro. La designación de Nicolás Dujovne en Hacienda y Luis Caputo en Finanzas, ex JP Morgan y hombre de absoluta confianza de Prat Gay, da una señal al respecto, así como las primeras palabras en funciones que pronunció el primero. El recién llegado definió la reducción del déficit  fiscal como su objetivo inmediato, pero también planteó metas de reformas estructurales, tanto en términos impositivos (una reforma que haga menos pesada la carga tributaria) como en el esquema de gastos e ingresos de las provincias (que las hagan menos demandantes de los recursos del Estado nacional).

La reacción que provocaron estos nombramientos en el frente industrial no es buena. Ven un gobierno preocupado por bajar el déficit fiscal antes que por la recuperación del empleo y la producción. Según algunos voceros industriales, “estos funcionarios no entienden a la industria”. Para otros, como Guillermo Moretti, “es un problema ideológico, estamos frente a un neoliberalismo que no se ha aggiornado, no ve ni entiende el mundo que lo rodea, que ya no crece en función del comercio exterior sino cuidando su mercado interno, y en cambio aquí se pone el eje en lo fiscal y en lo financiero y se deja en segundo plano la producción y el empleo”.

La palabra de Moretti, titular de la Federación Industrial de Santa Fe, es una de las más interesantes para escuchar dentro del espectro empresario que participa de la conducción de la UIA. Fue de los primeros en advertir sobre las graves consecuencias que tendría la apertura importadora de bienes manufacturados, y ayer fue una de las primeras reacciones que el autor de esta nota pudo recoger tras la primera intervención pública de Dujovne ya como ministro designado. “Si el nuevo ministro ya nos habla en contra del empleo público es que estamos en un problema; hay un gobierno, pero también un establishment, que son las empresas concentradas, los grandes medios, que creen en el camino del ajuste como salida. Yo creo que el interior está viviendo la plenitud de una crisis que en los centros urbanos, como la Capital Federal, todavía no se ve, pero que por este camino les va a llegar en pocos meses más”.

En pocos meses más, el país estará transitando la previa a las elecciones de medio término, programadas para octubre de este 2017. Seguramente la preocupación por no llegar a esas instancias en medio de una crisis económica haya apurado la salida de Prat Gay, cuando ya era palpable que su última promesa, la de los brotes verdes del segundo semestre, pasaba a ser una más de sus fallidas performances de profeta. Mauricio Macri, y quienes lo aconsejan, no creen que el problema sea el modelo, sino el desacople entre sus partes. Saben, porque ya han recibido señales desde el exterior, que una economía que entró en recesión masivamente, con desempleo y descontento social creciente, y desequilibrios en su balanza de pagos (más salida que entrada de dólares, aun con un resultado exitoso en el blanqueo, pero “por única vez”), y que ya durante 2016 se endeudó con el exterior en 45 mil millones de dólares, no es una plaza confiable. Máxime cuando los vientos en la plaza financiera internacional soplan en contra de las economías emergentes. Macri y los suyos creen que, una vez más, hay que dar “señales de confianza a los mercados”. Y esta señal, intuyen, es mostrar que son capaces de bajar el déficit.

Esta es la economía que deja Prat Gay cuando da su “paso al costado”. Una economía en crisis, fuertemente endeudada, y que en ocho meses dilapidó la “confianza” que había logrado devaluando, retirando controles de los mercados y firmándole un cheque en blanco a los buitres para que el juez Griesa le pusiera la cifra. El camino que le deja al gobierno, a partir de aquí, es resbaladizo y en pendiente porque ya casi no queda tiempo. Con las elecciones tan cercanas en el horizonte, ¿de qué forma se logra achicar el déficit sin pagar un enorme costo político por las consecuencias sociales que provoque?. Dujovne ya dejó entrever cuál es su repuesta: no es aumentar impuestos, al contrario. Por lo tanto, el ajuste va a venir por el lado de reducción del gasto y de las transferencias, tanto a provincias como a sectores sociales que reciben subsidios.

Dujovne y Caputo serán los brazos de un mismo cuerpo, encargado de obtener los recursos para que este modelo neoliberal siga funcionando. Es decir, pueda seguir recibiendo crédito del exterior mientras no salga de la crisis interna. Las propias fuentes oficiales hablan de una necesidad de financiamiento de 60 mil millones de dólares del exterior para 2017. Los que tienen algún acceso a los mercados financieros globales aseguran que, en las actuales condiciones, Argentina no podrá repetir ni siquiera el financiamiento de 45 mil millones que obtuvo en el año que culmina, incluso pagando mayor tasa. El gobierno cree tener la llave: si baja el déficit, se le abrirán las puertas del crédito otra vez en forma irrestricta. Pero, ¿a qué costo social y político? Este ya no es un problema de Alfonso Prat Gay. Es, apenas, la pesada herencia que le dejó al gobierno al partir.

Raúl Dellatorre

Raúl Dellatorre: Economista y periodista argentino.

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El sombrío 2016 se despide dejando su huella como el año en que las fuerzas conservadoras finalmente recuperaron la hegemonía en la disputa de proyectos en América Latina, consolidando una tendencia que inició en 2014 marcada por el retroceso de los gobiernos progresistas y populares y una nueva reconfiguración del escenario regional después de al menos una década.

Poco suma sumergirse en debates superfluos sobre la gastada muletilla del “fin de ciclo”, tan sabrosa para la intelectualidad del establishment que suele decretar el ocaso de todo lo que aborrece (primero fue el “fin de las ideologías”, luego el “fin de la historia”). El juego sigue abierto. Pero lo cierto es que el paulatino -y ahora consolidado- cambio en la correlación de fuerzas abre un nuevo tiempo en el continente que obliga a reformular estrategias, buscar nuevas preguntas y, sobre todo, entrarle de una vez y sin anestesia a la postergada autocrítica sobre los errores cometidos y los límites alcanzados.

La tristeza no es sólo brasileña

El hecho político más destacado de 2016 fue lo que terminó por torcer la balanza regional. La conspiración político-judicial-mediática de la élite brasileña, devenida en un sainete parlamentario vergonzosamente fraudulento, demostró cómo la derecha sigue utilizando “la combinación de todas las formas de lucha”, incluidas las antidemocráticas. El golpe institucional logró reinstaurar el proyecto neoliberal derrotado en las últimas cuatro elecciones.

Un golpe de alto impacto para toda América Latina. Y no sólo por la descomunal influencia del gigante del Sur como primera economía regional; su giro en política exterior trastocó el tablero en el escenario diplomático y abonó el terreno para la letal ofensiva contra Venezuela en el Mercosur.

El organismo suramericano se erigió en el segundo semestre en el principal teatro de operaciones de la batalla continental y en el más nítido reflejo de esta reconfiguración geopolítica. La suspensión a Venezuela busca sacarse de encima al socio incómodo (y acorralar a la revolución bolivariana como parte de una estrategia más amplia) para poder “flexibilizar” el bloque y avanzar con los TLC y la convergencia con la Alianza del Pacífico. En síntesis, restaurar el paradigma del “libre comercio”, revivir el espíritu del ALCA.

El culebrón del Mercosur, protagonizado por la triada conservadora (Argentina, Brasil y Paraguay) y un actor de reparto (Uruguay) que terminó cediendo a las presiones y soltándole la mano a Venezuela, marcó también el síntoma más preocupante de la época: el desbande del proceso de integración parido en este siglo. Una parálisis que también envuelve a los demás organismos: el ALBA, la Celac y, en menor medida, la Unasur.

Crónica de una debacle ¿anunciada?

Al margen de los golpes en Honduras en 2009 y Paraguay en 2012, fue en febrero de 2014 cuando se sintió el primer indicio de reflujo para los gobiernos posneoliberales. Las municipales en Ecuador significaron la primera caída en las urnas del oficialista Alianza PAIS luego de nueve victorias electorales. La derecha conquistó las alcaldías de Quito y Cuenca y retuvo la de Guayaquil, las tres principales ciudades.

Luego vinieron, en el último tramo de 2015, las derrotas del kirchnerismo en Argentina y del gobierno venezolano en las legislativas. Poco después, en febrero de 2016, Evo Morales perdía el referendo para reformar la Constitución y poder repostularse a un cuarto mandato. El derrotero electoral tuvo otra parada en Perú, donde si bien la gestión de Ollanta Humala había seguido los lineamientos neoliberales, el arribo de Pedro Pablo Kuczynski sumó un nuevo jugador al club de los presidentes-empresarios.

¿Qué más deja el 2016?

Sin dudas, otra marca imborrable es el viaje de Fidel Castro hacia la inmortalidad. Los múltiples homenajes en cada rincón de la región (y de todo el mundo) ratificaron que la historia no sólo lo absolvió sino que lo consolidó como uno de los líderes de mayor influencia global, condensando en su figura todas las resistencias contra la dominación capitalista.

Por abajo y a la izquierda, se destaca la reactivación de la movilización de calle en Argentina y Brasil, obligada por las circunstancias. Papel digno jugó el movimiento popular brasileño, que debió “competir” con las grandes marchas pro-golpe y todo su aparato mediático, aunque sin lograr revertir el avance conservador ni mantenerse activo en el tiempo. Argentina tuvo un año de protestas casi cotidianas, muchas de ellas masivas, contra la brutal arremetida del gobierno macrista en todos los campos. Sin embargo, todavía se impone una lógica de fragmentación y autoconstrucción que limita las ilusiones para la edificación de un proyecto popular.

Otro aporte novedoso en este año llegó desde el zapatismo, que luego de 22 años de una construcción reticente a toda disputa institucional anunció su apoyo a la candidatura de una mujer indígena para las elecciones de 2018, aunque aclararon que no será una integrante del EZLN sino que “el Congreso Nacional Indígena es quien va a decidir si participa o no con una delegada propia, y, dado el caso, contará con el apoyo del zapatismo”.

Pero sin duda la vanguardia de la resistencia continental ha sido el movimiento de mujeres, que impulsó multitudinarias acciones contra la violencia machista en toda Latinoamérica. Con altas dosis de coraje, creatividad y, sobre todo, capacidad para caminar en unidad, el movimiento feminista logró interpelar a las mayorías e instalar la problemática en la agenda pública de la región.

También queda como saldo positivo el avance hacia el fin del conflicto armado en Colombia después de más de medio siglo. A pesar del traspié en el plebiscito, que demostró la permanencia del poder uribista, el acuerdo de paz entre el gobierno y las Farc logró reencarrilarse y camina a su implementación. Aún resta que se destrabe la mesa con el ELN y que el cambio de escenario también abra las puertas a la participación política con garantías para la izquierda colombiana, lo que implicará, entre otras cosas, el desmonte del paramilitarismo que sólo en 2016 asesinó a más de 100 líderes sociales.

El juego sigue abierto

La próxima gran batalla será en febrero en Ecuador, cuando el oficialismo afronte su primer desafío presidencial sin Rafael Correa. Su candidato Lenin Moreno tendrá un casi seguro mano a mano con el empresario y banquero Guillermo Lasso, ex funcionario en los gobiernos de Jamil Mahuad y Lucio Gutiérrez.

Y Venezuela, obviamente, seguirá siendo en todo el 2017 el principal terreno de disputa. Como mayor bastión de impulso para el sueño de la Patria Grande, será clave para el futuro de la región, entonces, la capacidad que muestre la revolución bolivariana para seguir resistiendo al asedio permanente, reconfigurar su esquema económico-productivo y no quedar atrapada en sus propias contradicciones.

Como sea, el devenir de Nuestra América se dirimirá en las calles. En palabras del sociólogo y ex ministro venezolano Reinaldo Iturriza, “la principal incógnita que hay que despejar en América Latina hoy es la siguiente: ¿cuánto tiempo, y a qué precio, lograrán las oligarquías contener la fuerza popular movilizada contra las medidas anti-populares que, inevitable e invariablemente, ya ejecutan allí donde han recuperado el poder, y ejecutarán en aquellos países donde logren formar gobierno?”.

Gerardo Szalkowicz

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Nota del Editor: El Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research) reproduce los aspectos clave de la actualización de la imposiciones de sanciones económicas impuestas a Moscú de parte del Gobierno de Barack Obama, publicados por la cadena RT en Español.

La Oficina de Prensa de la Casa Blanca anunció este jueves la decisión del presidente Barack Obama de emitir sanciones a una serie de personas y organismos que estarían supuestamente implicados en llevar a cabo ciberataques para influir en las elecciones presidenciales estadounidenses:

  • Dos agencias de inteligencia rusas, el Servicio Federal de Seguridad (FSB) y el Departamento Central de Inteligencia (GRU).
  • Cuatro funcionarios del GRU.
  • Tres empresas rusas « que suministraron apoyo material a las operaciones cibernéticas del GRU ».
  • 35 diplomáticos rusos, que han sido declarados ‘persona non grata’ y deben abandonar el país en 72 horas.
  • Dos supuestos complejos de inteligencia rusos —en Maryland y Nueva York—,que se habrían utilizado para el ciberespionaje a favor del FSB y el GRU, han sido cerrados.

Las reacciones a la decisión de EE.UU. 

Rusia respondió a la decisión del presidente estadounidense a través de los representantes oficiales de su diplomacia:

La Embajada de Rusia en Londres (Reino Unido) a través de su cuenta de Twitter llamó a esta decisión del presidente Obama como « un ‘déjà vu’ de la Guerra Fría » , asegurando que « todos, incluido el pueblo estadounidense, estaremos encantados de ver lo último de esta desafortunada Administración ».

  • María Zajárova, portavoz de la Cancillería rusa, dedicó unas duras líneas a la Administración de Obama a través de las redes sociales. « Los inquilinos de la Casa Blanca durante estos 8 años no son una Administración, sino un grupo de perdedores en política exterior, resentidos y mediocres. En el día de hoy, Obama lo ha reconocido oficialmente », publicó la funcionaria en su cuenta de Facebook. Aseguró que « el premio Nobel se las ingenió para poner una mancha mugrienta en vez de un punto final elegante », a su mandato.
  • Dmitri Medvédev, primer ministro de Rusia, publicó en su cuenta de Twitter que « es triste que la Administración de Obama, que empezó su mandato restableciendo la cooperación [con Rusia], termine con una agonía antirrusa. D.E.P. ».
  • Serguéi Lavrov, ministro de Exteriores ruso, propuso al presidente Vladímir Putin declarar ‘persona non grata’ a 31 diplomáticos de la embajada estadounidense en Moscú y a 4 empleados del consulado de San Petersburgo.  » No podemos dejar estas tretas sin respuesta. La reciprocidad es la ley de la diplomacia y de las relaciones internacionales », aseguró Lavrov.

Asimismo, Kellyanne Conway, consejera del presidente electo de EE.UU., aseguró que las nuevas sanciones contra Rusia podrían ir destinadas a « arrinconar » a Trump. « Las transiciones pacíficas no funcionan así en esta democracia », lamentó Conway, que aseguró que « todo lo que hemos estado oyendo durante las elecciones fue: ‘Rusia, Rusia, Rusia' ». 

La decisión del presidente ruso 

Vladímir Putin dio a conocer su decisión respecto al tema. En declaraciones brindadas este viernes, aseguró: « no vamos a rebajarnos a una diplomacia ‘de cocina’ e irresponsable » y añadió que « las acciones de EE.UU. no solo afectan a nuestras relaciones bilaterales, sino al mundo entero ».

Aseguró que Rusia no va a expulsar a ningún diplomático estadounidense. « No vamos a expulsar a nadie. No vamos a prohibir a sus familiares e hijos que vayan a sus lugares favoritos para descansar en estas fiestas de fin de año », declaró el presidente, que incluso invitó a los hijos de los diplomáticos acreditados en Rusia a celebrar las fiestas en la ceremonia especial que se celebra todos los años en el Kremlin.

El presidente ruso Vladímir Putin y su homólogo estadounidense Barack Obama comparten un brindis durante la Asamblea General de la ONU. 28 de septiembre de 2015.Mikhail Metzel/RIA NovostiReuters
Finalmente, lamentó que la Administración de Obama « concluya de esta forma su mandato », pero deseó un feliz año al presidente estadounidense y a toda su familia, al igual que a su sucesor en el cargo, Donald Trump, con quien asegura que trabajará para restablecer las relaciones ruso-estadounidenses en el futuro próximo.

El fondo de la acusación

En octubre pasado, la CIA presentó un informe en el que acusaba a Rusia de intervenir con ayuda de piratas informáticos en las elecciones presidenciales del país norteamericano, una supuesta ayuda que permitió al candidato republicano Donald Trump obtener la victoria. La CIA aseguró que fueron ‘hackers’ rusos los que vulneraron las cuentas de correo electrónico de varios miembros del Partido Demócrata y del Republicano.

La información que los piratas informáticos obtuvieron tras vulnerar los correos del Partido Demócrata estadounidense fue publicada por WikiLeaks, cuyo fundador ha negado en diversas ocasiones que la fuente de la filtración fuera Rusia.

Estos correos sacaron a la luz asuntos como las maniobras de varios miembros del Partido Demócrata para favorecer la candidatura de Clinton en las primarias en detrimento de Bernie Sanders [lo que llevó a la renuncia de la presidenta Nacional del Comité Demócrata, Debbie Wasserman], las conexiones del partido con importantes agentes de Wall Street o las donaciones de varios países extranjeros a la campaña demócrata.

Al respecto de estas acusaciones, el presidente Putin ha negado reiteradamente que su Gobierno estuviera detrás del robo informático, pero destacó durante su rueda de prensa anual que el fondo de toda esta polémica era desviar la atención sobre el verdadero problema que salió a la luz: « ¿La jefa del Comité Nacional Demócrata renunció tras la publicación de lo que descubrieron los ‘hackers’? ¡Entonces los ‘hackers’ dijeron la verdad! ». 

Russia Today

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Cette GAUCHE qui sert de supplétif à l’OTAN

décembre 31st, 2016 by Bruno Guigue

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu’on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c’est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s’est d’abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l’attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d’une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d’abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l’a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s’interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d’une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d’analyse politique. La gauche française n’a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n’était pas celui qu’elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d’une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d’humilité devant le réel, l’extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu’elle avait envie de voir.

 Paris le 5 septembre 2015, les manifestants anti-Assad arborent le drapeau portant trois étoiles, emblème des groupes armés *(Photo FB)

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n’était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l’imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s’est pas aperçu de l’énormité de cette confusion. Il n’a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d’un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu’aux frontières de l’absurde, le NPA, au lendemain de la libération d’Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais s’il faut analyser la situation syrienne, un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu’un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l’extrême-gauche française est victime du théâtre d’ombres qu’elle a elle-même dressé. Faute d’entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n’existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d’admettre en 2016 qu’on s’est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l’ont parfaitement analysée, mais la gauche française l’a ignorée. Elle a fait comme si elle n’existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l’admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l’action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d’une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d’un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l’aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l’opposition, tandis qu’une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s’est laissée enrôler par les gouvernements d’un Occident à l’impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l’agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l’a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l’Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L’histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l’OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d’un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n’exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l’aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

Bruno Guigue | 27 décembre 2016

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

*Parmi les organisateurs de ce rassemblement  il y avait Amnesty International, le NPA, SOS racisme, l’Unef, Solidaires Etudiants, et plusieurs associations. 

Lire aussi: En réponse à la lettre de Julien Salingue à un « camarade » qui s’obstine à justifier l’injustifiable

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Sélection d’articles (27 au 30 décembre 2016)

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Occident : la réécriture du passé

Par Manlio Dinucci, 27 décembre 2016

Terroristes Alep

Alep et les “terroristes-rebelles”: Les protégés de la coalition internationale

Par Oscar Fortin, 27 décembre 2016

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Le curieux cheminement du Parti Baas irakien: Du parangon de la laïcité à l’ossature militaire de Da’ech

Par René Naba, 27 décembre 2016

Vamos bien

Cuba, la France, les Etats-Unis, et la question des droits de l’homme

Par Salim Lamrani, 28 décembre 2016

fidelcastro 2

L’avenir est à vous, Comandante Fidel

Par Rémy Herrera, 28 décembre 2016

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WikiLeaks : Comment les USA ont agressivement appuyé un « regime change » en Syrie depuis 15 ans

Par Robert Naiman, 28 décembre 2016

Cambio de modelo

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

Par Eric Toussaint, 28 décembre 2016

signature cessez-le-feu

Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daech

Par Réseau Voltaire, 29 décembre 2016

obama-war-fail

Obama, la grande désillusion

Par Oscar Fortin, 29 décembre 2016

Belgique terrorisme

Belgique. Etat d’exception sans état d’urgence.

Par Jean-Claude Paye, 29 décembre 2016

planète

Nous avons subi 2016. Nous attendons avec espoir 2017.

Par Chems Eddine Chitour, 29 décembre 2016

election-2016-US

Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)


Par Diana Johnstone, 30 décembre 2016

shs-in-university-campus-Aleppo

SyriaGate : Des armes et du personnel de l’OTAN à Alep-Est

Par Fares Shehabi et Manuel Ochsenreiter, 30 décembre

Palmyre carte

Comment l’Etat Islamique a repris la ville de Palmyre

Par Valentin Vasilescu, 30 décembre 2016

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Les sanctions d’Obama contre Moscou «visent à mettre en boîte Donald Trump». Les accusations de piratage du DNC sont mensongères.

Par Prof Michel Chossudovsky, 30 décembre 2016

 

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La « démocratie » sans frontières

décembre 31st, 2016 by Olivier Foreau

Dans une vibrionnante tribune intitulée « En France, les femmes sont libres »(Huffington Post, 05/09/2016) Manuel Valls s’est fixé dernièrement un nouveau challenge pédagogique: faire entrer dans le crâne d’une journaliste étrangère les concepts de  principes républicains  et de  laïcité à la française. A lire ses explications pour le moins embrouillées, on devine que la tâche est rude. D’ailleurs il concède, bon prince, à propos de la laïcité: « Je sais combien cette singularité française a du mal à être comprise à l’étranger ». Car il faut bien le reconnaître, la laïcité « à la française » n’a pas grand-chose à voir avec celle des autres. Il en va de même pour les « principes républicains », inconnus dans le reste du monde, ce qui explique le fait qu’en France les femmes soient libres, contrairement à celles qui vivent ailleurs.

Difficile de lui donner tort: nos  principes  ne manquent pas de susciter la perplexité hors de l’hexagone, notamment à l’ONU qui voit dans les arrêtés anti-burkini une « interdiction discriminatoire » et « stupide » (Le Monde,  30/08/16). Certains ont du mal à comprendre qu’au pays autoproclamé de la liberté et de la tolérance, celles-ci doivent s’exercer sous contrainte policière, à coups de procès-verbaux et d’humiliations publiques. Prompts à s’imaginer les Français comme autre chose que des animaux, ils continuent à ne pas voir ce qui fait notre  singularité : la passion de l’obéissance.

La France étant aussi le pays de l’égalité (c’est écrit sur la boîte), on serait bien en peine d’y dénicher la moindre trace de rapports de force, d’antagonismes de classes ou autres vieilleries de ce genre. Il y a bien quelques  inégalités  ici ou là (une personne sur sept sous le seuil de pauvreté), qu’on s’emploie naturellement à « réduire », sans le moindre résultat car les inégalités c’est un peu comme le terrorisme ou la sclérose en plaques, un phénomène quasiment impossible à expliquer, et contre lequel on lutte avec les moyens du bord, c’est-à-dire en commençant par relativiser les choses. D’autant que les prêcheurs de la  gauche libérale nous mettent régulièrement en garde: à trop vouloir prendre ces questions au premier degré, on a vite fait de basculer dans l’extrémisme, quitte à se retrouver à la lisière du  fascisme… Est-ce bien raisonnable?

Pour rester fréquentables nous avons donc mis le social de côté au profit des  valeurs, notion suffisamment protéiforme pour que tout le monde s’y retrouve, et auréolée d’une noblesse indéfinissable. Nous avons pris de la hauteur vis-à-vis des sempiternels  clivages partisans, et pour réaliser ce bond qualitatif il a suffi de ressortir de nos armoires l’imagerie des années trente, avec ses démocraties, ses dictateurs, son Bien et son Mal absolus. Désormais c’est pour la démocratie et elle seule que nous roulons, à l’image de nos aïeux  unis dans la résistance  contre la dictature et la barbarie. A présent que les idéologies  ont prouvé leurs dangers, comme on dit, s’avouer de droite ou de gauche n’émeut de toute façon plus grand-monde. On peut même être des deux à la fois, ce qui n’est pas un mince progrès, et exercer sa liberté d’opinion sans se sentir obligé d’en avoir une.

Notre ennemi ce n’est plus la finance mais  l’oppressionla hainele sexisme, etc. Le langage des valeurs c’est comme une lessive à laquelle aucune tache ne résiste: sa vertu essentielle est de pouvoir légitimer à peu près tout, à commencer par les décisions du gouvernement, qui en ont souvent bien besoin. C’est la certitude, inestimable, de ne plus jamais se tromper de camp. « L’occident est allé au secours de population qui luttaient contre des régimes dictatoriaux et oppresseurs.[…] La France ne se déshonorera pas à soutenir des dictatures ou à fermer les yeux sur leurs agissements » s’autocongratule Franck C, membre zélé de la normalosphère, à propos du désastre syrien. Il est clair que l’appartenance à la démocratie, jointe à une notre foi servile en ses représentants, confère à chacun d’entre nous une autorité morale sur le restant de l’espèce humaine. Résolument optimistes, nous ne sommes pas à court de munitions pour rendre le monde meilleur, et ne désespérons pas qu’il finisse un jour par trouver grâce à nos yeux.

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Pacifistes, forcément pacifistes

L’actuelle incarnation du Mal, l’ennemi public numéro un du  monde libre, c’est bien sûr et plus que jamais le président syrien, « dictateur sanguinaire qui tue son propre peuple » depuis plus de cinq ans, alors que tout le monde pensait que ce serait l’inverse.  Dès le 9 mai 2011, l’Union européenne« condamne notamment les tirs à balles réelles lors des manifestations pacifistes ». Inutile de rappeler qu’à cette nouvelle, le sang et les  valeurs  de François Hollande n’ont fait qu’un tour, au point qu’à peine élu président il s’est empressé de larguer en douce aux pacifistes en question tout ce qu’il fallait pour étriper en bonne et due forme les forces de l’ordre syriennes. Plus tard (bien plus tard même), il s’en est expliqué: «On ne pouvait pas laisser les seuls Syriens, qui préparaient la démocratie (…), être sans armes», car «les rebelles syriens méritent tout notre soutien» (Le Parisien, 21/08/14).

Aussi elliptique que faire se peut, le chef de l’État ne juge pas utile de préciser qui sont les rebelles en question, ni ce qu’ils ont fait au juste pour mériter  tout notre soutien, ni en quoi ils préparent une démocratie quelconque. Il lui a suffi de mentionner qu’ils « faisaient face […] aux armées du dictateur Bachar al-Assad »  pour que nous les parions automatiquement de toutes les vertus. Dans notre imaginaire préformaté ils sont devenus autant de  résistants  en puissance, et ce n’est pas parce que nous passons volontiers l’éponge sur les bavures de la police française que nous sommes disposés à tolérer celles des autres… En mars 2011, avant qu’on ait eu le temps de se demander pourquoi les premiers tirs avaient eu lieu, la réponse avait déjà atterri dans nos assiettes, prête à être avalée: si les forces de sécurité syriennes ont tiré sur des manifestants, c’est parce qu’elles sont au service d’un  dictateur, autrement dit c’est dans leur  nature  de le faire. Quoi de plus logique? Penser qu’elles aient pu le faire pour une autre raison ne serait-il pas, d’une certaine manière, un début de  complaisance envers la barbarie ?

Passablement différente est la version du père Frans van der Lugt, prêtre hollandais résidant en Syrie et témoin direct des événements:

« Dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui font aussi partie de l’opposition… L’opposition de la rue […] est armée et emploie fréquemment la violence brutale, dans le seul but d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement […] Dès le début, les mouvements de protestation n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début j’ai vu des manifestants armés qui défilaient dans les manifestations tirer les premiers sur la police. Très souvent la violence des forces de sécurité était une réaction contre la violence brutale des rebelles armés ».

«Il y a aussi des sunnites pro-Bachar al-Assad, et les rebelles n’ont pas le soutien de la majorité» (cath.ch). Il faut avouer qu’en France, c’est un peu pareil: les auteurs d’attentats et les tueurs de flics ne jouissent pas non plus d’un franc soutien de la population, et nous avons sûrement des progrès à faire de ce côté-là. « Pour le Père Frans, l’opinion publique internationale est mal informée sur ce qui se passe vraiment en Syrie. […] Les chrétiens, comme d’autres minorités […] préfèrent cependant dans leur majorité le système actuel, garantissant la laïcité, craignant l’arrivée au pouvoir d’un régime islamiste qui les marginaliserait ». Cette bienveillance à peine voilée envers le « boucher de Damas » ne pouvait pas durer éternellement, et le père van der Lugt a été liquidé de deux balles dans la tête le 7 avril 2014, semble-t-il par les amis de Laurent Fabius, à savoir les rebelles modérés du front al-Nosra (source Wikipedia).

Toujours est-il que sa version des faits est corroborée par Le Parisien du 20 mars 2011, soit au tout début du « soulèvement pacifique »:

 « Des centaines de manifestants ont mis le feu dimanche au Palais de justice et à d’autres bâtiments et voitures à Deraa au sud de Damas, après des heurts avec les forces de l’ordre qui ont fait un mort et 100 blessés, selon des témoins. […]  Les protestataires ont également incendié des locaux des sociétés de téléphonie mobile MTN et Syriatel. […] Des bandes de malfaiteurs ont attaqué des hôpitaux à Deraa et mis le feu à des biens publics et privés, semant la terreur parmi les habitants. Elles ont tiré sur la police qui n’a pas riposté » (confirmé également par Libération le 24 mars 2011). On comprend mieux ce que François Hollande appelle « préparer la démocratie ».

Quant au Monde, il a fait ce qu’il sait faire le mieux, c’est-à-dire ne pas informer du tout, histoire de continuer à nous vendre le plus longtemps possible ses « manifestants pacifistes ». C’est ainsi que le 19/03/12, on y découvre « [qu’]un an après le début du soulèvement, le terrorisme et la lutte armée sont en train de prendre le pas sur la protestation populaire ». Si la foule avait mis le feu au Palais de justice de Paris, Le Monde aurait-il mis là aussi un an à s’en apercevoir?

« L’engrenage infernal »

Pour embobiner convenablement l’opinion, il faut souvent se résoudre à inverser la chronologie des causes et des effets, quitte à sombrer dans l’invraisemblance la plus caricaturale, qui est devenue la marque de fabrique du Monde (exemple parmi bien d’autres, mais qui reste quand même un modèle du genre). Dans le cas syrien, l’enchaînement des événements est présenté selon un ordre immuable, destiné à valider en continu le radotage présidentiel, en vertu duquel « Bachar Al-Assad est à l’origine du problème »(Le Monde, 28/09/15).

La caractérisation du régime comme une machine à réprimer permet de lui coller sur le dos toutes les atrocités du conflit, selon le principe de la propagande guerrière qui veut qu’il y ait deux camps en présence, l’un qui fait la guerre (celui de la  dictature), et l’autre qui ne la fait pas (celui des  pacifistes). Même si elle a le mérite d’être intellectuellement à la portée du public français, cette logique de cour de récré a du mal à rester plausible sur la durée. Et les choses se compliquent avec l’entrée en scène de l’Etat islamique (Daech pour les intimes), dont les vidéos, qui font un tabac sur Youtube, ne brillent pas vraiment par leur pacifisme. A partir de 2014 les puissances occidentales se retrouvent contraintes d’échafauder cahin-caha, dans le ciel syrien, une « coalition antiterroriste » pour faire mine de bombarder cette organisation dont elles ont toujours pensé le plus grand bien.

C’est un véritable déchirement pour François Hollande, qui « s’était toujours refusé à frapper l’Etat islamique en Syrie » car ce n’est jamais très loyal de bombarder ses amis, et en l’occurrence « qui frappe Daech conforte Bachar », analyse Le Monde du 02/11/15. Qu’à cela ne tienne, notre champion de la synthèse par le bas lutte désormais contre « l’alliance du terrorisme et de la dictature » (Le Monde, 28/09/15), expression qui suppose que non content d’être un  tyran, Assad est par-dessus le marché un parrain de l’Etat islamique, c’est-à-dire l’allié de ceux qui ont juré sa perte. Le paradoxe n’est qu’apparent, si on en croit l’argumentaire pour le moins expéditif d’Atlantico (10/09/15)« Assad est cynique au dernier degré. Il a contribué très directement à la montée en puissance de l’EI, jouant comme tous les dictateurs la politique du pire » [1]. Bref, c’est en quelque sorte le dictateur idéal, père de toutes les calamités, y compris de ses propres déboires et de l’internationalisation du conflit.

Chercher à remettre cette chronologie à l’endroit, en s’interrogeant par exemple sur le rôle des puissances occidentales et de leurs alliés du Golfe dans le déclenchement de la « rébellion », est typiquement le genre de comportement à éviter, surtout si on travaille dans « l’information » et qu’on tient à garder sa place [2]. Année après année, qu’il pleuve ou qu’il vente, la presse ressert inlassablement le même pitch: la Syrie n’a jamais eu d’autre ennemi que son président, ni celui-ci d’autres ennemis que ses concitoyens. Nous devons nous figurer ce pays comme l’auberge des Thénardier, paumée au fond des bois jusqu’à ce que Barack Obama et François Hollande, Jeans Valjeans post-modernes, aient soudain eu vent de son existence.

Ce décalage permanent entre la description du conflit et son ampleur réelle permet aux  sauveurs  occidentaux d’apparaître à chaque fois en  spectateurs effarés face à l’horreur, ce qui les exonère implicitement de toute responsabilité antérieure. Ce n’est qu’au moment où ces responsabilités commencent à devenir difficiles à occulter (notamment à cause d’une « révolution » qui dure plus longtemps que prévu) qu’ils passent du statut de spectateurs impuissants à celui d’acteurs malgré eux. A ce même moment, quelques critiques (démocratie oblige) se font discrètement entendre: Jean-Pierre Chevènement se hasarde à parler sur Europe 1 « d’erreur gravissime », de « grosse bêtise ». D’autres parlent d’irréalisme, ou encore d’aveuglement. La thèse de l’aveuglement, procédé vieux comme le monde pour planquer les exactions les plus néfastes sous le tapis des intentions vertueuses, vise surtout entretenir l’aveuglement de l’opinion, qui du reste ne demande que ça. Autant dire qu’ici la « critique » vaut absolution, car comment blâmer sérieusement quelqu’un qui a été aveuglé par son envie de bien faire? On blâmera tout au plus son incompétence, ce qui est clairement un moindre mal pour des individus comme François Hollande ou Laurent Fabius, vu la quantité incalculable de destructions et d’homicides dans lesquels ils sont impliqués.

Elizabeth Hoff, représentante de l’Organisation mondiale de la santé en Syrie, s’adresse au Conseil de sécurité de l’ONU le 21/11/16« Avant le début du conflit, la Syrie avait l’un des systèmes de soins de santé les plus avancés du Moyen-Orient. Tandis que le pays atteignait la catégorie des pays à revenu intermédiaire, […] les taux nationaux de couverture vaccinale étaient de 95 %. Le secteur pharmaceutique syrien prospérait, produisait plus de 90 % des médicaments nécessaires au pays et exportait ses produits dans 53 pays. À présent, près de six ans plus tard, le tableau est tout à l’opposé. D’après l’Organisation des Nations Unies, plus de 300 000 personnes ont été tuées ». Que s’est-il passé? Explication d’Alain Juppé [3] (Le Monde, 18/10/16): « Assad […] est responsable de la mort d’au moins 300 000 de ses compatriotes » – ce qui revient à dire que pour Alain Juppé, Daech et Al Qaïda n’ont jamais fait de mal à une mouche. Les « décodeurs » du Monde ne sont pas en reste pour vanter le caractère plutôt inoffensif de l’Etat islamique: « 80 % des victimes [de la guerre en Syrie, nldr] ont été tuées par les forces gouvernementales (armée régulière, milices locales et milices chiites étrangères alliées du régime), et 10 % par l’EI ». Inutile de préciser que lorsque le même Etat islamique frappe sur le sol français, Le Monde et Alain Juppé sont les premiers à nous abreuver de leur épouvante et de leur indignation.

Liberté et dignité, des slogans porteurs

Certains pourraient se demander comment le chef de l’État, obsédé par la liberté d’expression au point de livrer des missiles antichars à des marcheurs pacifistes, a pu oublier de distribuer des tasers, des flash-balls et des fusils à pompe aux manifestants français contre la loi travail, de façon à ce qu’ils puissent faire jeu égal avec la police qui leur balançait des grenades à tout va, quand elle ne leur fonçait pas dessus en camion. Mais comment mettre dans le même sac un peuple entier (22 millions d’habitants) aux prises avec un  despote, et une poignée de « casseurs » de la CGT qui se prélassent au pays de la liberté et de l’égalité? Car toutes les revendications ne se valent pas. Examinons, par exemple, celles des Syriens: « Durant les premières semaines de manifestations, les seules revendications des protestataires concernaient la liberté et la dignité dont ils avaient été trop longtemps spoliés.[…] Les Syriens avides de liberté et de dignité […] restent dans leur immense majorité pacifiques. » lisait-on le 07/09/11 dans l’instructif et ô combien impartial blog du Monde Un œil sur la Syrie« Le régime ne semble pas avoir beaucoup à craindre d’une opposition émiettée, peu organisée et sans programme », note le 05/02/2011 Libération, qui mentionne un « appel lancé sur Internet à des manifestations […] contre la ‘monocratie, la corruption et la tyrannie’ ».

Ce n’est pas sans autosatisfaction que nous apprenons que l’opposition syrienne est favorable à la liberté et à la dignité, et qu’en revanche elle désapprouve la corruption et la tyrannie. Quoi de plus transpartisan, quoi de plus semblable à nous? Le fait qu’elle n’ait pas de programme confirme à quel point elle partage nos  valeurs. Et nous ne pouvons que souscrire à des slogans comme « liberté » et « dignité », qui concernent à peu près tout le monde, alors que ceux des manifestants contre la loi travail ne concernaient au fond que que deux catégories de personnes, celles qui ont un travail et celles qui n’en ont pas. Politisés à l’extrême, les militants anti El Khomri n’ont pas seulement fait preuve de misogynie en contredisant cette ministre, ils ont voulu mettre leur grain de sel dans la tambouille législative alors que personne ne leur avait demandé leur avis, ce qui montre assez leur absence de respect pour le débat démocratique.

« Une partie de ces casseurs, chauffés à blanc par la haine et encouragés par l’impunité judiciaire, pourra être tentée de basculer dans le terrorisme. Nous devons nous inquiéter de leur jonction éventuelle avec les fous de Dieu », prophétisait Pascal Bruckner dans Le Figaro du 20/05/16« Faudra-t-il alors classer ces radicaux dans la catégorie des terroristes? La question reste ouverte ». Même son de cloche chez Pierre Gattaz, patron du MEDEF et maître à penser du parti socialiste, à propos des grèves de de la CGT: « Faire respecter l’Etat de droit, c’est faire en sorte que les minorités qui se comportent […] comme des terroristes, ne bloquent pas tout le pays. » (Le Monde, 30/05/16).

En Syrie, « l’insurrection armée a été précédée par le soulèvement d’une partie croissante de la population, qui, en 2011 et 2012, ne demandait rien d’autre que […] des réformes assurant plus de liberté, de dignité et de justice », continue à rabâcher Le Monde du 19/10/16.  De quelles réformes s’agissait-il concrètement, peu importe car le fait de vouloir des réformes est en soi un signe de  positivité, qu’il serait malvenu de ne pas saluer. Et le problème avec la CGT c’est justement son refus des réformes,  attitude typique de ceux qui sont « arc-boutés sur leurs acquis », pour reprendre la  formule choc  de François Fillon. Tout comme le gouvernement d’Assad, la CGT incarne le  conservatisme, c’est-à-dire ce qui nous horrifie au-delà de tout.

« Nous ne pouvons plus avoir dans les semaines qui viennent de telles manifestations sur Paris, […] avec l’hôpital Necker qui a été dévasté, c’est insupportable », s’alarmait Manuel Valls sur France Inter le 15/06/16 à propos d’un bris de glace, événement impensable dans un pays comme le nôtre. « Les casseurs voulaient tuer des policiers »tweetait-il fébrilement dans la foulée.

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Quand des hôpitaux sont attaqués à Deraa et que la police se fait tirer dessus réellement, personne ne parle de  casseurs  car sous un régime qualifié par nous de  dictature, on estime que chacun a le droit de faire ce qui lui chante – meurtres, pillages, etc. – en vertu du principe que la démocratie n’a pas de prix. En France, « pays des Lumières et des libertés » dont se gargarise Manuel Valls, ce n’est évidemment pas la même chose, et il est bien naturel que les manifestations soient considérées comme une atteinte à l’État de droit, les grèves comme des prises d’otages, et les militants de gauche comme des terroristes. Il n’est pas moins naturel que le gouvernement impose à coups de 49.3 une loi rejetée pendant des mois par les deux tiers de l’opinion. Un pays comme le nôtre, soumis à un état d’urgence permanent, à une propagande hystérique et à une surveillance de masse sans précédent, correspond en tous points à ce que nous avons l’habitude de nommer une  démocratie moderne.

L’art de rester soi-même

« ‘La période de transition doit débuter avec la chute ou la mort de Bachar al-Assad’, a déclaré à deux agences de presse, dont l’AFP, le négociateur en chef de l’opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche. »(L’Obs, 13/03/16). Le « négociateur » en question « dirige Jaïch Al-Islam, un groupe rebelle syrien d’obédience salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, un des plus influents mouvements rebelles en Syrie »nous apprend Le Monde, sans toutefois s’appesantir sur les activités de ce sympathique groupe. C’est dommage, car elles ne manquent pas de pittoresque: « Les atrocités que Jaïch al-Islam […] a perpétrées ont été soigneusement ignorées, mais rivalisent avec celles commises par l’EI. Il est vrai que les deux milices, ainsi qu’Al-Qaïda ont de commun leur appartenance au wahhabisme, connu pour ses pratiques féroces […] Selon l’OSDH, […] le groupe « utilise les prisonniers et les captifs comme boucliers humains ». « Parmi eux se trouvent des familles entières » […] Une vidéo publiée sur internet montre trois camions transportant des cages en fer dans laquelle ont été enfermés hommes et femmes séparés, circulant dans une rue dévastée au milieu d’immeubles en ruine » (IHS NEWS, 02/11/2015).

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Un défenseur aussi ardent de la liberté et de la laïcité ne pouvait qu’être bombardé (c’est bien le cas de le dire) négociateur en chef de l’opposition syrienne, même si la négociation n’a pas l’air d’être son fort: «Les négociations sans fin portent atteinte au sort du peuple», assène-t-il avant de démissionner de son poste, le 29 mai dernier, pour protester contre l’échec des discussions de paix de Genève, autrement dit contre le fait qu’Assad soit toujours en vie [4].

Si Le Monde présente avec autant de décontraction le chef d’un groupe de tortionnaires salafistes comme le négociateur attitré de l’opposition syrienne, c’est qu’il ne juge même plus nécessaire de dissimuler le véritable visage de cette opposition. Il compte désormais sur nous (et il a bien raison) pour nous le dissimuler à nous-mêmes, et pour continuer à recracher sans faiblir le catéchisme qui nous a été déversé dessus cinq ans durant. Nous avons capté l’essentiel, à savoir que toute critique envers l’opposition syrienne peut nous rendre suspects de  fascisme, de  complotisme  et de  révisionnisme. Est-ce réellement cela que nous voulons? [5]

L’opinion publique, obstacle à la libération des peuples

La démocratie telle que nous l’entendons, c’est donc un combat quotidien: contre soi-même d’abord, mais aussi contre certains préjugés qui ont la vie dure, comme par exemple celui qui voudrait que la démocratie ait quoi que ce soit à voir avec le peuple, la souveraineté ou le pouvoir du peuple. Spécialiste de l’initiative citoyenne, Daniel Cohn-Bendit est catégorique« Je suis contre le peuple », s’égosille-t-il. « Il faut arrêter de dire que le peuple a toujours raison ».  En effet, le problème avec les peuples c’est que leur notion de la démocratie ne coïncide à peu près jamais avec la nôtre, ce qui nous force en général à intervenir militairement. C’est notamment le cas dans nos anciennes colonies (dont la Syrie), pour des raisons culturelles évidentes, puisqu’elles ont cru bon de s’émanciper avant que nous ayons eu le temps d’achever leur éducation. Mais ce qui dépasse l’entendement, c’est que nos propres opinions publiques puissent faire preuve de réticence lorsque nous agressons des pays qui ne nous ont rien fait, et ne nous menacent en rien: comment ne voient-elles pas que si un pays ne représente aucune menace pour nous, cela augmente justement nos chances de pouvoir l’anéantir en toute impunité?

« Des frappes aériennes furent envisagées contre des cibles militaires en Syrie. Ce n’étaient […] que des gesticulations, sauf peut-être pour Paris. A Londres, en effet, David Cameron suspendait sa décision à un vote positif aux Communes […]. A Washington, Barack Obama prétendait indispensable l’accord du Congrès », accuse «Le Libé des Syriens» [sic] (10/03/16) qui déplore au passage « l’opposition des opinions publiques […] à des interventions militaires forcément coûteuses, financièrement et humainement ». Même amertume chez John Kerry, le supérieur direct de Jean-Marc Ayrault, dans Le Monde du 01/10/16«Beaucoup d’Américains ne pensent pas que nous devrions nous battre et envoyer de jeunes Américains mourir à l’autre bout du monde». « M. Kerry a expliqué […] que les Etats-Unis n’avaient pas les justifications nécessaires, en droit, pour attaquer le régime de Bachar Al-Assad. » […] « Nous n’avons pas la base qu’il faut (…). A moins d’une résolution votée par le Conseil de sécurité de l’ONU (…) ou à moins d’être directement attaqués, ou à moins d’être invités à prendre part au conflit. Les Russes y ont été invités par le régime ». « Nous essayons de suivre la voie diplomatique, et je comprends que cela soit frustrant. Personne n’est plus frustré que nous » . En effet quoi de plus frustrant, pour un représentant de la démocratie, que le dialogue? Visiblement au bout du rouleau, le secrétaire d’Etat américain a donc fini par le reconnaître: notre présence en Syrie n’a pas plus de légitimité que celle de l’Etat islamique.

Si l’opinion publique n’arrive pas forcément à comprendre comment une coalition dite « antiterroriste » peut afficher les mêmes objectifs que les groupes djihadistes qu’elle prétend combattre, c’est parce que le peuple – à cause de sa  nature  prosaïque – a l’habitude de penser les conflits en termes d’intérêts: l’un veut ceci, et l’autre cela. Tandis qu’une approche  éthique  comme la nôtre puise sa source dans des principes universels, désintéressés et transpartisans, qui permettent notamment de violer sans vergogne le droit international. La grandeur de l’éthique, c’est qu’elle ne recule devant rien.

Le vote, un danger majeur pour la démocratie

Bashar Ja’afari, représentant permanent de la République arabe syrienne aux Nations unies, trouve notre éthique un peu envahissante: « Vous n’avez pas à décider qui doit diriger la Syrie. C’est aux Syriens d’en décider. Les Syriens ne décideront pas qui sera le successeur d’Obama aux USA. Donc c’est nous (les Syriens) qui déciderons. C’est ça la démocratie. » (interview devant les Nations Unies, 25/09/16).

Qui pourrait croire à l’impartialité de ce monsieur au sujet de la Syrie, quand on sait qu’il est lui-même syrien? Comment ne pas voir qu’il se soucie essentiellement de l’avenir de son pays, et assez peu de celui des autres? Eh bien non, M. Ja’afari, la démocratie c’est quand  tout le monde  décide, pas seulement les Syriens:  quid de nos amis américains, quid de nos amis saoudiens, quid de la « communauté internationale »? Quid du  monde libre? En soi nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un peuple choisisse qui va le diriger, à condition tout de même que ce soit quelqu’un qui nous plaise, autrement dit quelqu’un que nous puissions diriger à notre tour, pour le plus grand bien des Syriens et de la gestion de leurs ressources naturelles.

Mais peut-on vraiment compter sur eux pour faire le bon choix? En mai 2012, l’idée d’un scrutin n’effleurait même pas François Hollande, qui pataugeait en pleine rêvasserie néocoloniale: « Le chef de l’Etat a confirmé que Paris accueillerait début juillet une nouvelle conférence […] pour organiser l’opposition à Assad, car « il ne faut pas non plus mettre n’importe qui à la place » [sic] ». (Le Parisien 30/05/12). Il s’agissait de savoir, en gros, à qui on allait confier les enfants, une fois qu’on aurait lynché les parents. Comme chacun peut le voir quatre ans et demi plus tard, ce projet émouvant s’est soldé par un fiasco absolu (tant sur le volet « garde des enfants » que sur le volet « lynchage »), et au final François Hollande n’a pu mettre personne à la place de personne.

Il faut dire qu’en juin 2014 Bachar El-Assad n’a rien trouvé de mieux que d’organiser une élection présidentielle et de la gagner – typiquement le genre de provocation qui passe mal auprès du président français, tellement carbonisé dans l’opinion qu’il a dû renoncer à se représenter en 2017, et de ses camarades spécialistes de la guérilla urbaine. Sans surprise, leur rejet a été aussi unanime que le vote des Syriens en faveur d’Assad: « Pour le secrétaire d’Etat américain […] il s’agit d’une « non-élection ». « C’est un zéro pointé », a déclaré John Kerry. » (Le Monde 04/06/14). « Laurent Fabius a déploré une ‘farce tragique’ ». « Le plébiscite du 3 juin sera vite oublié »conclut Le Monde, résolu à ne pas perdre espoir en la démocratie.

« Cette présidentielle que Bachar El-Assad a tenu à organiser n’est qu’une farce électorale, alors que plus de la moitié du pays échappe au régime et que 9 millions de Syriens sont réfugiés ou déplacés », argumente le journal saoudien Al-Hayat le 03/06/2014 – en oubliant de mentionner qu’au Liban les réfugiés ont pu voter, et ne se sont pas privés pour le faire en masse: « Ils ont fui leur pays mais veulent voter pour leur président »fulmine Europe 1 le 28/05/14« En voiture ou en autobus, à mobylette ou à pied, des milliers de Syriens, bourgeois, ouvriers ou réfugiés, ont pris d’assaut mercredi leurs ambassades au Liban et en Jordanie pour ré-élire le président Bachar al-Assad »« Réel ou pas [sic], cet « enthousiasme » a semé le chaos à Beyrouth et ses environs »se désole France 24  face à cette « vague humaine ».

En Europe, bastion de la liberté d’expression et des droits de l’homme, il n’y a eu aucun débordement à déplorer: « La France et l’Allemagne interdisent aux Syriens de voter dans leurs ambassades […] Le Quai d’Orsay argue que Bachar al-Assad, dont la réélection est attendue à la prochaine présidentielle, ‘ne saurait représenter l’avenir du peuple syrien’ » (Libération, 12/05/14[6]. En Europe, nous avons compris depuis longtemps que le meilleur moyen d’assurer l’avenir des peuples, c’est de leur arracher la langue.

Olivier Foreau

Notes

  1. N’en déplaise à Atlantico, certains esprits forts persistent à voir dans l’essor de  l’Etat islamique autre chose qu’un effet du  cynisme  de Bachar El-Assad: « Un mot sur Daech, d’abord. […] Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les Etats-Unis. […] L’Irak et le Moyen-Orient « appartiennent » aux Etats-Unis, comme les conflits régionaux, en cascade, que cette agression [de l’Irak, nldr] a engendrés, tout comme l’Etat Islamique, « appartiennent » aux Etats-Unis. »Général Vincent Desportes – Sénat, comptes rendus de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, 17 décembre 2014.
  2.  La reprise d’Alep par le gouvernement syrien commence à faire, dans la presse, l’effet d’un transfert psychanalytique. La vérité remonte à la surface, par bribes, après cinq ans de refoulement continu: « On ne peut nier que ces mouvements populaires aient été relayés voire organisés par des milices armées par des puissances régionales telles que l’Arabie saoudite ou la Turquie », lit-on par exemple dans Le Parisien du 10/12/16.  Il y a seulement quelques semaines, de telles réminiscences n’étaient même pas imaginables.
  3. Deux fois – deux de trop – ministre des Affaires étrangères: après des débuts prometteurs lors du génocide rwandais en 1994, dix-sept ans plus tard il prouve qu’il a toujours « la pêche » avec la démolition de la Libye, suivie par l’entreprise d’annihilation de la Syrie.
  4. Préoccupation partagée par ses compagnons de lutte pour la liberté et la dignité: « Le chef d’Al-Qaïda en Syrie offre 3 millions d’euros pour tuer Assad » (Le Point, 13/10/2015). « Le chef djihadiste a précisé qu’il verserait cette récompense même si Assad était tué par un membre de sa famille et a affirmé qu’Al-Nosra protégerait le meurtrier et sa famille ». De quoi combler d’aise un autre adepte de l’appel au meurtre, Laurent Fabius, selon qui « Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre »(Francetv info, 17/08/12).
  5. Dans la partie d’Alep contrôlée jusque récemment par la rébellion syrienne démocratique, les gens commençaient enfin à vivre comme nous: « Beaucoup des civils sous contrôle des groupes armés d’opposition […] vivent dans la peur constante d’être enlevés s’ils critiquent le comportement des groupes armés en place », rapporte Amnesty International le 04/07/16. « Ils contrôlent ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire. Soit vous êtes d’accord avec leurs règles sociales et leurs politiques, soit vous disparaissez ».
  6. « Obama a dit très clairement que l’avenir de la Syrie ne passe pas par Bachar Al-Assad »ressassait encore l’an dernier le président français, colporteur empressé de la parole divine. Les Syriens, quant à eux, semblent estimer que leur avenir ne passe pas par le dépeçage de leur pays et son retour au Moyen Âge, sous la houlette des gangs intégristes que nous avons envoyés pour les « libérer ».
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La vérité sur la désinformation dans les médias turcs à propos des opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie :

Il y a beaucoup de désinformation dans les médias turcs sur les opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie. Pour ceux que la vérité intéresse, la voilà : 

Le gouvernement des États-Unis n’a pas fourni d’armes ni d’explosifs aux YPG ni au PKK. Un point c’est tout.

Washington Post – 28 décembre 2016

Sur la route de Raqqa:

Au cœur de la question il y a la politique militaire des États-Unis d’envoyer des armes à la zone contrôlée par la principale milice kurde syrienne : les Unités de protection du peuple connues sous le nom de YPG.

La décision a payé jusqu’à présent. Les YPG – qui constituent la composante kurde des FDS (Forces démocratiques syriennes) – se sont révélées l’allié militaire le plus efficace des Etats-Unis en Syrie et ont repris de vastes étendues de territoire.

La déclaration de l’ambassade qui nie soutenir en armes et munitions les YPG est clairement un mensonge. Que les États-Unis fournissent et aient fourni des armes et des munitions aux YPG depuis 2014 est tout à fait vrai.

Dans la même déclaration, l’ambassade des États-Unis a également nié que les États-Unis soutenaient ou appuyaient ISIS alias DAESH:

Le gouvernement des États-Unis (USG) ne soutient pas DAESH. L’USG n’a ni créé ni soutenu DAESH par le passé. Les allégations selon lesquelles le gouvernement des États-Unis soutient DAESH sont fausses.

Il y a pourtant beaucoup de signes que les États-Unis ont activement soutenu ISIS alias DAESH, au moins dans ses premières années.

En 2013, l’officier des forces spéciales géorgiennes d’origine tchétchène, Abu Omar al-Shishani, qui avait bénéficié d’une formation militaire complète aux États-Unis, était le commandant d’ISIS qui dirigeait ISIS et l’Armée syrienne libre soutenue par les États-Unis et commandée par le colonel Abdul Jabbar al-Okaidi rémunéré par les Etats-Unis, lors de la prise de la base aérienne syrienne de Menagh.

Qui a ravitaillé et payé ISIS pour ce service?

De récentes vidéos d’ISIS filmées près d’al-Bab montrent des attaques d’ISIS sur des tanks turcs Léopard 2A4 avec des missiles antichar TOW fabriqués par les États-Unis. Ils sont tombés du ciel?

Il est facile de prouver que la déclaration de l’ambassade des États-Unis en Turquie est un mensonge. On a du mal à comprendre pourquoi le Département d’Etat croit intelligent de proférer officiellement des mensonges aussi flagrants. Cela ne fait que jeter le doute sur ses autres déclarations.

Capture d’écran de la déclaration de l’ambassade USA:

Plus grand

Moon of Alabama

Article original en anglais :

US embassy turkey

U.S. Embassy in Turkey Openly Lies About U.S Support to the Kurdish YPG Militia

Traduction : Dominique Muselet

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La Syrie, Astana et le basculement du monde

décembre 30th, 2016 by Bruno Guigue

Depuis la libération d’Alep, les événements se précipitent. Des négociations inter-syriennes ont été menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. Elles ont abouti le 29 décembre à un triple accord entre le gouvernement syrien et sept groupes de l’opposition armée. « Trois documents ont été signés », a déclaré le président russe. Le premier instaure « un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien ». Le deuxième définit « les mesures visant à contrôler le respect de la trêve ». Le troisième est une « déclaration sur la volonté des parties en conflit de lancer des négociations de paix ».

Certes, on objectera à juste titre que cet accord n’instaure dans l’immédiat qu’un fragile cessez-le-feu. Il peut être remis en cause à tout moment, les terroristes d’Al-Qaida et de Daech en sont exclus, et il ne règle pas, au fond, la crise syrienne ouverte au printemps 2011. Il n’empêche que cette signature, fruit de tractations entre des parties qui ne se parlaient plus, marque une nouvelle avancée en vue d’un règlement politique du conflit, une semaine à peine après la victoire de l’armée arabe syrienne dans la deuxième ville du pays.

L’avenir dira si cette étape était décisive, mais on peut déjà en tirer trois enseignements.

Le premier, c’est que rien ne vaut une victoire militaire pour remettre les pendules à l’heure. La débandade des « rebelles » d’Alep-Est après un mois de combats valide la stratégie syrienne de reconquête territoriale. Les cinq premières villes du pays sont désormais sous le contrôle du gouvernement : Damas, Alep, Homs, Lattaquié et Hama. Toutes les combinaisons échafaudées en Occident et dans les pays du Golfe pour imposer le départ de Bachar Al-Assad, que ce soit comme « préalable » ou comme « résultat » d’une transition politique, se brisent sur cette réalité comme une coque vermoulue sur des récifs côtiers.

La victoire militaire de l’armée syrienne et de ses alliés, en réalité, conforte l’initiative russe en faveur d’une solution politique. En position de faiblesse, les groupes armés non affiliés à Daech ou Al-Qaida vont devoir choisir entre une fuite en avant qui liera leur sort à ces jusqu’au-boutistes ou une négociation avec un Etat syrien qui les chasse, peu à peu, des principales agglomérations du pays. L’attitude de ces groupes est l’une des inconnues qui pèseront sur la suite des événements, mais il est significatif qu’ils aient choisi, sans doute à contre-cœur, la solution négociée.

Le deuxième enseignement, c’est l’éviction spectaculaire des Etats-Unis, éjectés comme des malpropres d’une scène syrienne où ils ont additionné les mensonges, les coups bas et les échecs à répétition. Pour la première fois dans l’histoire contemporaine, la négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. Discrédités par une politique erratique, les USA sont condamnés à approuver un processus qu’ils n’ont jamais cherché à promouvoir tout en prétendant le contraire. En attendant, ils se voient contraints de mettre une sourdine à leurs jérémiades sur les « crimes de guerre » et la « barbarie russe ».

Cette mise en orbite de la Maison-Blanche est d’autant plus cruelle que son principal allié dans la région, la Turquie, y a participé activement. Pour Ankara, mieux vaut un adversaire avec qui on peut négocier (Moscou) qu’un allié félon qui vous fait des enfants dans le dos (Washington). Les USA paient leur ambiguïté lors de la tentative de coup d’Etat en Turquie, mais aussi le soutien opportuniste accordé aux Kurdes de Syrie. M. Poutine, dont la retenue lors de l’affaire du Soukhoï abattu a porté ses fruits, n’eut qu’à tendre la main à son homologue turc pour que la géographie et l’économie, facteurs objectifs de convergence turco-russe, prennent le dessus.

L’admission de la Turquie dans le club des parrains de la paix en Syrie est un coup de maître. Mais Moscou a aussi contracté une police d’assurance du côté de Doha. En lui concédant une participation au capital de la compagnie pétrolière nationale Rosneft, Moscou achète la neutralité du Qatar. Ce pacte de circonstance devrait contribuer à la tiédeur de l’Arabie saoudite, à son tour, pour une rébellion en déroute. Revirement turc, défection qatarie, isolement saoudien, le dispositif clintonien du « regime change » en Syrie s’effondre comme un château de cartes. Donald Trump a proclamé son intention d’en finir avec ces lubies néo-conservatrices. A croire qu’il avait anticipé la suite des événements !

Le dernier enseignement, enfin, est lié au lieu même des futures négociations de paix. Capitale futuriste du Kazakhstan construite en 1997, Astana est au cœur de cet arc de puissance géopolitique dont Moscou est l’artisan inlassable face aux prétentions occidentales à régenter la planète. C’est à travers le territoire kazakh que passent les oléoducs qui acheminent, vers la Chine, le gaz en provenance des gisements de la Caspienne. Premier producteur mondial d’uranium, le Kazakhstan est un allié stratégique de la Russie et son partenaire essentiel dans les domaines-clé de la modernité économique (nucléaire, spatial, hydrocarbures).

Ce pays asiatique majoritairement musulman est membre de l’Union eurasienne et de l’Organisation de coopération de Shanghaï. En plein développement, proche de la Russie, il est le symbole des nouveaux équilibres du monde. C’est à Astana que les négociations de paix commenceront en janvier, précédant celles de Genève en février. Les deux processus ne sont pas contradictoires, affirme la diplomatie russe. Staffan de Mistura, délégué spécial de l’ONU pour la Syrie, sourit pour la forme. Mais quel symbole ! Détrônée par la capitale kazakhe, la cité helvétique n’est plus le centre de l’activité diplomatique. Les Russes l’ont déplacé à l’Est, au cœur d’une Eurasie qui est le siège des puissances de demain.

Bruno Guigue

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Des «tartuffes», des «hypocrites», des «salauds»… L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.

Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être: «Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays.»

En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs «alliés», c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.

Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde

Depuis des décennies, l’idée de base du droit international, à savoir l’égale souveraineté des États et la non ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre a été systématiquement battue en brèche, au point d’être pratiquement oubliée, par les partisans du «droit d’ingérence humanitaire» (voir «Massacres à Alep : lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable» de Julien Salingue, qui ne mentionne nulle part le droit international, comme exemple frappant de cet oubli dans la «gauche radicale». Salingue reproche en fait aux Occidentaux de ne pas avoir fourni plus d’armes aux rebelles c’est-à-dire de ne pas avoir violé ce droit plus encore qu’ils ne l’ont fait).

Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde: pas seulement les invasions «préventives», mais aussi les achats d’élections, les armements de rebelles, ou les sanctions et embargos unilatéraux.

Il faut peut-être rappeler les raisons sur lesquelles se fondent les principes du droit international. Tout d’abord, Il y a la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’usage par l’Allemagne de la politique des minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne qui a été à l’origine de la guerre, politique qui a encore été amplifiée lors de l’invasion de l’Union soviétique. Cette politique a eu, à la fin de la guerre, des conséquences catastrophiques pour les minorités qui avait été utilisées par les Allemands.

C’est en partie pour cela que les vainqueurs, qui ont rédigé la charte de l’ONU, ont voulu «protéger l’humanité du fléau de la guerre» en rendant illégale la politique d’ingérence.

La politique de non ingérence a encore été renforcée par la décolonisation des années 1950 – 1970. La dernière chose que les pays issus de cette décolonisation souhaitaient, c’était que les anciennes puissances coloniales s’ingèrent dans leurs affaires intérieures.

L’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute

C’est pourquoi le rejet de la politique d’ingérence fait la quasi unanimité des pays du Sud. On lit, par exemple, dans la résolution adoptée lors du sommet des pays non alignés, à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, que : «Les chefs d’Etats ou de gouvernement réaffirment l’engagement du mouvement pour renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la charte des Nations unies et, à cet égard, ils réitèrent le rejet par le mouvement des pays non-alignés du soi-disant «droit» d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la charte des Nations unies ou dans le droit international.»

Par ailleurs, l’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute.

Cependant, tous les États forts ne sont pas égaux entre eux. Imaginons un instant que la politique d’ingérence soit admise comme nouveau principe du droit international. Que se passerait-il si la Russie entendait renverser le gouvernement saoudien à cause des «violations des droits de l’homme» dans ce pays? Ou si la Chine décidait d’envoyer des troupes en Israël pour y «protéger les Palestiniens»? On aboutirait rapidement à une guerre mondiale.

Pour comprendre le caractère «inacceptable» de la politique d’ingérence quand il est appliqué à des pays puissants, il suffit de penser aux cris d’orfraie que pousse l’establishment américain suite au soi-disant piratage par les Russes de certains emails rendus publics par Wikileaks. Notons au passage que la réalité de ce piratage reste à prouver et que, même s’il l’était, l’authenticité des emails n’est pas contestée, ce qui signifie que ce piratage aurait simplement permis d’informer le public américain de certaines manoeuvres de leurs dirigeants, ce qui est une peccadille comparé aux interventions américaines en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Indochine.

Les conséquences de la politique d’ingérence sont multiples et catastrophiques. Il y a évidemment les millions de morts dus aux guerres américaines (l’étude suivante arrive à un total de 1,3 million de victimes, rien que pour la «guerre à la terreur»). Mais il ne faut pas s’imaginer que les pays victimes d’ingérence ne vont pas réagir, ne vont pas établir les alliances, et ne vont pas tenter de se défendre en se durcissant sur le plan interne. Quand les États-Unis sont attaqués le 11 septembre 2001, ils prennent des mesures de sécurité et de surveillance sans précédent et surtout, ils se lancent dans l’invasion de deux pays. Comment imaginer que la Syrie, l’Iran, Cuba, la Russie ou la Chine ne vont pas prendre des mesures répressives pour se protéger de la subversion? On entre ainsi dans une logique de guerre sans fin. En effet, après être intervenu en Ukraine et en Syrie, les Occidentaux entrent en conflit avec la Russie et la Chine à cause des mesures que ces pays prennent face à ces interventions. Loin d’être une source de paix, le Conseil de sécurité de l’ONU devient, à cause de la politique d’ingérence, le lieu de toutes les acrimonies.

La politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays qui est la Syrie

Dans le cas de la Syrie, si, comme il le semble, l’insurrection finit par être vaincue, on ne pourra que constater que la politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays. Les «défenseurs des droits de l’homme» qui ont appuyé cette politique d’ingérence, portent une lourde responsabilité dans cette tragédie.

Bien que les droits de l’homme soient une idée libérale et que le libéralisme s’oppose en principe au fanatisme, les «défenseurs des droits de l’homme» actuels sombrent souvent dans le fanatisme: on nous met en garde contre une influence russe en Europe parfaitement imaginaire (comparons un instant l’influence commerciale, culturelle, intellectuelle, diplomatique des États-Unis et de la Russie en Europe) et on nous incite à ne pas consulter les «médias du Kremlin». Dans toute guerre, et le soutien aux insurgés en Syrie est une guerre, la première victime est la vérité. N’importe quel esprit vraiment libéral irait consulter la «propagande» de l’autre camp, sans nécessairement la croire sur parole, mais afin de contre-balancer celle à laquelle il est constamment soumis.

Sans même écouter la «propagande russe», qui va s’intéresser à l’étude: «Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013» ? Cette étude, réalisée par un ancien inspecteur de l’ONU, Richard Lloyd et un Professeur de Science, Technologie et Sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol, montre que l’attaque au gaz près de Damas en août 2013, qui a failli provoquer une attaque en règle contre la Syrie, ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien. On imagine mal des personnes aussi importantes mentir délibérément pour «soutenir Assad» ou être incompétentes sur des questions de physique relativement élémentaires.

Les «défenseurs des droits de l’homme» se demandent aussi si, après Alep, il est encore possible de discuter avec Poutine. Mais la guerre à la terreur, y compris l’invasion de l’Irak, n’a jamais empêché personne de discuter avec les Américains, malgré les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoquées. Au contraire, après 2003, la France s’est d’avantage intégrée dans l’OTAN et a suivi les États-Unis plus fidèlement que jamais.

De plus, les «défenseurs des droits de l’homme» européens sont dans une situation particulièrement absurde: en effet, si l’on prend, par exemple, l’affaire de l’usage des gaz en 2013, attribué au gouvernement syrien, il y avait un large accord en France pour intervenir. Mais en l’absence d’une intervention américaine, une intervention purement française s’est avérée impossible. Les «défenseurs des droits de l’homme» européens en sont réduit à implorer les Américains: «Faites la guerre, pas l’amour !» Mais comme ceux-ci souffrent de «war fatigue» et ont élu un président en principe opposé aux interventions, il ne reste plus aux «défenseurs des droits de l’homme» européens que de faire accepter par leurs peuples des dépenses militaires gigantesques pour créer un rapport de force qui rende crédible la politique d’ingérence. Bonne chance !

Finalement, parmi les défenseurs des droits de l’homme, il faut distinguer entre les bonnes âmes et les belles âmes.

Les bonnes âmes mettent en garde leur «amis» contre l’idée de «soutenir» le boucher, le criminel, l’assassin de son peuple, Bachar el Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la position anti-ingérence.

Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme

Des Etats peuvent soutenir d’autres Etats en leur donnant des armes et de l’argent. Mais de simples individus, ou des mouvements sociaux, comme un mouvement de la paix, ne le peuvent pas. Cela n’a, par conséquent, aucun sens de dire que, lorsque des individus s’expriment, quand ils le peuvent dans notre société, c’est-à-dire de façon marginale, pour critiquer la politique d’ingérence, ils «soutiennent» telle personne ou tel régime, à moins de considérer que tous ceux qui ne souhaitent pas que la Russie intervienne en Arabie saoudite ou la Chine en Palestine «soutiennent» le régime saoudien ou la colonisation israélienne.

Les anti-impérialistes soutiennent une autre politique étrangère pour leurs pays, ce qui est très différent.

Dans toutes les guerres, il y a une propagande massive en faveur de celles-ci. Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme.

Par conséquent, tous ceux qui s’opposent à cette politique d’ingérence se doivent de fournir toutes les informations qui permettent de contrer cette propagande, comme par exemple l’étude sur l’usage des gaz en 2013 mentionnée plus haut, ou les témoignages discordants concernant le situation à Alep aujourd’hui. Il est remarquable de voir Julien Salingue, co-animateur du site de critique des médias Acrimed, répéter le récit dominant sur la Syrie, sans aucune distance critique. Mais si les médias mentent et déforment en ce qui concerne la France, pourquoi ne le feraient-ils pas encore bien plus lorsqu’il s’agit de pays étrangers, comme la Syrie et la Russie, où les choses sont plus difficiles à vérifier ? De nouveau, sans faire appel aux sources russes, Salingue pourrait lire, par exemple, l’avis de l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, qui contredit le récit médiatique dominant sur Alep.

Cette critique de la propagande ne signifie nullement un «soutien» à un régime ou l’autre, au sens où ce régime serait dans l’absolu souhaitable dans un monde libéré de la politique d’ingérence.

Les bonnes âmes veulent «sauver Alep», «ont honte de l’inaction de la communauté internationale» et veulent «faire quelque chose». Mais faire quoi? La seule suggestion pratique qui est avancée serait d’établir en Syrie une «no fly zone» qui empêcherait l’aviation russe d’aider l’armée syrienne. Mais cela serait une violation de plus du droit international, la Russie étant invitée en Syrie par le gouvernement légal et internationalement reconnu de ce pays pour l’aider dans le combat contre le terrorisme. La situation de la Russie en Syrie n’est pas, juridiquement parlant, différente de celle de la France lorsqu’elle a été invitée au Mali pour y combattre les islamistes (qui se trouvaient là suite à la guerre en Libye, mais passons). De plus, intervenir militairement en Syrie impliquerait soit une guerre avec la Russie, soit que ce pays accepte d’être vaincu sans combattre. Qui veut parier sur cette deuxième possibilité?

Pour illustrer l’hypocrisie des bonnes âmes, comparons la situation en Syrie et au Yémen. Dans ce dernier pays, l’Arabie Saoudite commet de nombreux massacres, en violation claire du droit international. Si vous vous indignez parce qu’on ne fait rien en Syrie, pourquoi vous-même ne faites-vous rien pour le Yémen? De plus, il y a une grande différence entre ces deux situations. Dans le cas de la Syrie, intervenir militairement risquerait d’entraîner une guerre avec la Russie. Dans le cas du Yemen, il suffirait sans doute, pour faire pression sur l’Arabie Saoudite, de suspendre les livraisons d’armes occidentales à ce pays. Bien sûr, vous êtes parfaitement conscient du fait que vous êtes incapables d’arrêter les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. Mais alors, à quoi rime votre indignation concernant la Syrie ?

Les belles âmes, par contre, sont contre toutes les guerres, toutes les violences. Elles condamnent : Assad et Poutine, bien sûr, mais aussi Obama, l’Union européenne, l’OTAN, tout le monde. Elles dénoncent, elles allument des bougies et éteignent des lumières. Elles témoignent, parce que se taire serait «être complice».

Elles ne se rendent pas compte que, sur le terrain, en Syrie, personne, ni gouvernement ni rebelles, ne savent qu’elles existent et, s’ils étaient au courant de leur existence, ils se moqueraient complètement de leurs indignations, condamnations, et éclairages de bougies. Pour paraphraser ce que disait Staline à propos du Vatican, les «défenseurs des droits de l’homme», combien de divisions?

Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien»

Ceci ne veut pas dire que les bonnes âmes et les belles âmes n’ont aucun effet. Elles en ont un, mais ici : empêcher toute politique étrangère alternative, qui serait fondée sur la diplomatie et le respect de la charte des Nations unies. Seule une telle politique pourrait favoriser la paix dans le monde, l’équilibre et d’égalité entre les nations et, en fin de compte, faire aussi réellement avancer la cause des droits d’homme. Mais la diabolisation par les «défenseurs des droits de l’homme» d’Assad et de Poutine, ainsi que de tous ceux qui voudraient ne fut-ce que parler avec eux, rend une telle alternative impossible.

Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien». Vous vous imaginez être libres, tout en suivant fidèlement les injonctions des médias dominants qui vous indiquent, à chaque moment, la crise qui requiert votre indignation.

Si j’avais la moindre illusion sur la lucidité que vous pouvez avoir à propos des conséquences de vos actions, je dirais que votre politique est criminelle, à cause des conséquences tragiques qu’elle a pour l’Europe et le monde ; mais comme je n’en ai aucune, je me limiterai à vous traiter de tartuffes, ou pour utiliser l’expression de Sartre, de «salauds».

Jean Bricmont

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Le président Obama passe ses dernières semaines à la Maison‑Blanche à ordonner plusieurs mesures de représailles contre la Russie, en faisant valoir que Moscou était impliqué dans le piratage du Comité national démocrate (DNC), dans le but d’influencer les résultats des élections présidentielles américaines en faveur de Donald Trump.

Les mesures radicales prises par Obama le 29 décembre consistent à imposer des sanctions aux services de renseignement de la Russie, à exiger le départ de 35 diplomates russes « soupçonnés d’être des espions » du territoire américain et à fermer deux propriétés russes dans le Maryland et à New York.

Selon NBC, les sanctions du 29 décembre contre la Russie constituent « un acte décisif de la part du président Obama pour punir la Russie avant de quitter son poste ».

La vérité cachée, c’est que c’est Trump qu’il cherche à punir.

Les sanctions sont dirigées contre la Russie, mais l’objectif ultime est de miner la légitimité du président élu Donald Trump et sa politique étrangère à l’égard de Moscou. Selon le New York Times :

(…) Les sanctions visent aussi à mettre en boîte le président élu Donald J. Trump. M. Trump a constamment mis en doute le fait que le gouvernement russe ait quoi que ce soit à voir avec le piratage du DNC ou d’autres institutions politiques, en affirmant qu’on ne peut faire confiance aux services de renseignement américains et en laissant entendre que le responsable du piratage pourrait aussi bien être « un mec de 180 kg » affalé sur son lit.

M. Trump devra maintenant décider s’il lèvera les sanctions contre les services de renseignement russes quand il entrera en fonction le mois prochain. Des membres du parti républicain au Congrès comptent parmi ceux qui exigent une enquête publique sur les activités de la Russie. Si M. Trump va de l’avant, il devra rejeter les conclusions de ses services de renseignement. (NYT, 29 décembre 2016)

En plus de mettre en danger les relations diplomatiques existantes entre Washington et Moscou, qui n’ont jamais été aussi mauvaises, la décision d’Obama contribue à salir le président élu et nuit délibérément au processus de transition menant à l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche.

C’est complètement fou. En définitive, le but de cette décision peu reluisante du président sortant, c’est d’empêcher le président élu Donald Trump d’amorcer un virage dans la politique étrangère des USA, dans le but de « normaliser » ses relations avec la Russie.

Dans la foulée des déclarations d’Obama, les médias institutionnels, à quelques exceptions près, s’en sont donné à cœur joie en décriant de nouveau l’incompétence alléguée de Donald Trump. Plus tôt, soit 15 décembre, le NYT a décrit Trump comme un « idiot utile (…), un président américain qui ne se rend pas compte qu’il est berné par une puissance étrangère rusée ».

Les accusations de piratage d’Obama provenant prétendument de sources au sein des services de renseignement des USA sont mensongères.

En ce qui concerne le piratage du Comité national démocrate (DNC), supposément ordonné par le président Poutine, n’oublions pas que les fuites de courriels ont révélé que le DNC s’était employé à saper la candidature de Bernie Sanders lors des primaires en recourant à des pratiques frauduleuses et déloyales telles que les campagnes de diffamation contre Bernie.

La Russie n’avait rien à voir avec cela. La fuite provenait DE L’INTÉRIEUR du parti démocrate. L’acteur principal, ce n’était pas Moscou, mais bien le DNC (y compris l’ingérence d’Hillary Clinton et de Debbie Wasserman Schultz, la présidente du DNC).

L’objectif sous-jacent était de dénigrer Sanders dans le but de favoriser Clinton (qui a un dossier criminel au FBI).

Les courriels ont dévoilé certaines activités douteuses et frauduleuses du DNC pour favoriser la candidature d’Hillary Clinton [HRC]. Si ces tricheries du DNC en faveur d’Hillary n’avaient pas été commises, Bernie Sanders aurait probablement gagné la course à la direction du parti démocrate et (peut-être aussi) la campagne présidentielle contre Donald Trump.

Le DNC est responsable de ses propres échecs. Les fuites de courriels n’étaient pas dues à un piratage ordonné par le président Poutine, bien au contraire.

Recours collectif contre le DNC

Il y a cependant une autre dimension fort importante à propos du scandale des courriels du DNC, que les médias institutionnels n’ont jamais daigné rapporter. Des partisans de Bernie Sanders ont intenté un recours collectif auprès d’un tribunal fédéral de district en Floride contre le DNC et Debbie Wasserman Schultz, son ancienne présidente, pour « fraude, déclaration inexacte par négligence, comportement trompeur, enrichissement illégitime, manquement à une obligation fiduciaire et négligence ». (Debbie Wasserman Schultz a été obligée de démissionner à la suite de la publication des courriels.)

Ce recours collectif intitulé Wilding et al v DNC Services Corporation and Deborah ‘Debbie’ a été déposé auprès du tribunal fédéral du district du sud de la Floride.

 

 

Captures d’écran ci-dessus : (numéro de dossier 16-cv-61511-WJZ).


Cliquez ici pour obtenir l’intégralité du texte du recours collectif intitulé  Wilding et al v DNC Services Corporation and Deborah ‘Debbie’ Wasserman Schultz.

Cliquez ici pour obtenir la page Facebook du recours collectif.

Le recours collectif contre le Comité national démocrate et Debbie Wasserman Schultz a été déposé par Shawn Lucas, au nom des plaignants le 1er juillet 2016.

(voir la vidéo ci-dessous)

Un mois plus tard, Shawn Lucas a été retrouvé mort à son domicile.

Les accusations des plaignants dans ce recours collectif ont une grande portée.

Mais les journalistes des médias institutionnels ont préféré garder leurs yeux rivés sur le soi-disant piratage de Vladimir Poutine. Ni la mort de Shawn Lucas, pas plus que la conduite « délibérée, injustifiée, malicieuse, téméraire (…) » du DNC n’ont fait l’objet de reportages dans les médias institutionnels.

Qu’est-il arrivé au recours collectif intenté contre le DNC? Il a été rejeté sans aucune considération. 

 

Ce recours collectif qui a fait ressortir la corruption et la fraude au sein du DNC n’a jamais été rapporté (ni mentionné) dans les médias institutionnels.

La mort de Shawn Lucas n’a fait l’objet d’aucune enquête.

La mort de Lucas n’a été rapportée dans aucun média, à l’exception du London’s Daily Mail, dans un article portant sur plusieurs morts mystérieuses parmi les militants et les organisateurs de campagne du parti démocrate, dont celle de Shawn Lucas :

Le « décompte des morts de Clinton » est une longue liste de personnes liées aux Clinton qui sont morts dans des circonstances douteuses depuis le début des années 1990. Le nombre de victimes prétendues est contesté, certains affirmant que plus de 50 personnes liées à l’ancien président et à sa première dame ont perdu la vie dans des circonstances mystérieuses :

Shawn Lucas, 38 ans, un avocat qui soutenait la candidature de Bernie Sanders, a été retrouvé mort le 2 août dans la salle de bain de son appartement à Washington, DC. À peine un mois plus tôt, il avait tenté de signifier des documents concernant Wasserman-Schultz dans une affaire de fraude, qui prétendaient que le parti avait favorisé injustement Hillary Clinton contre Sanders lors des primaires.

Joe Montano, un ex-président du DNC qui avait une connaissance approfondie de la campagne d’Hillary Clinton, s’est retrouvé aussi sur cette liste non officielle après qu’il eut succombé à ce que les autorités ont déclaré être une crise cardiaque le 25 juillet, soit le jour même du lancement de la convention démocrate.

Seth Conrad Rich, qui était directeur des opérations de l’expansion de l’électorat au DNC, a été assassiné le 10 juillet. On disait au départ qu’il avait été victime d’un cambriolage qui a mal tourné, mais sa mère, Mary Rich, affirme que rien n’a été pris sur son fils, qui a été retrouvé mort avec deux balles dans le dos. (Daily Mail, 23 août 2016)

Michel Chossudovsky

Note de l’auteur : la dernière partie de cet article sur le DNC a été partiellement publiée dans un article paru précédemment.

 

Article original en anglais :

Trump and Putin

Obama’s Sanctions against Moscow “Intended to Box In Donald Trump”. Evidence that Hacking of DNC Accusations are Fake

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

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Larandia, Tres Esquinas, Arauca, Puerto Leguízamo, Leticia y Florencia, bases militares de Estados Unidos en Colombia, trabajan en la formación de un “arco estratégico” enfocado a una potencial intervención en territorio venezolano.

Según afirma el Semanario Voz, el objetivo sería intervenir militarmente en Venezuela, derrocar al presidente Nicolás Maduro y frustrar la Revolución Bolivariana y los cambios sociales que ella entraña.

Agrega Voz que el anillo militar estaría integrado además por tropas de asalto norteamericanas acantonadas en las bases de “control y monitoreo” Reina Sofía, de Aruba, y Hato Rey, de Curazao, y el centro de operaciones tendría asiento en la base de Palmerola, en Honduras, la mayor instalación extrajera de esa naturaleza en territorio latinoamericano.

El semanario añade que la denuncia en ese sentido fue hecha el domingo pasado por la agencia Anncol, la cual aseguró que el plan operativo de intervención contra Venezuela está contenido en un extenso documento del Comando Sur de los Estados Unidos,
denominado “Operación Venezuela Freedom-2”, suscrito por su comandante, el almirante Kurt Tidd.

Precisa que ese texto del Comando Sur contiene 12 tareas tácticas y estratégicas orientadas a buscar las condiciones políticas, económicas y militares para la aplicación de la “Carta Democrática” de la OEA y legitimar de esta manera la intervención militar norteamericana en la vecina nación.

Recuerda, asimismo, que el anterior jefe del Comando Sur de los Estados Unidos, en unas declaraciones a la televisora CNN en octubre de 2015, reconoció que Washington está dispuesto a intervenir en el país bolivariano si la OEA o la ONU lo solicitan. Y es obligatorio recordar que a la República de Colombia sólo le quedan 5 años de reservas de petróleo.

Es un tema delicado que requiere de manera urgente ser tratado con estrategias basadas en soberanía e Integración Latinoamericana. Estamos hablando de la violación de los acuerdos de Paz de todo un continente.

Resumen Latinoamericano

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La economía rusa repele los ataques occidentales

décembre 30th, 2016 by Ahmad Khaddour

La economía rusa fue capaz de hacer frente, con confianza, a la feroz guerra económica realizada por las potencias imperialistas marítimas geopolíticamente atlantistas en 2014 después de que las naciones occidentales impusieran una serie de sanciones económicas contra Rusia para debilitar el mercado ruso y privarlo de la tecnología necesaria y los factores necesarios en el ciclo económico. Esto también fue hecho al abrir el frente de los precios del petróleo contra Moscú e incrementar el suministro de petróleo, que es una fuente importante de ingresos para las arcas rusas. Los precios del petróleo cayeron por debajo del nivel normal.

Los países occidentales impusieron un paquete de sanciones contra Rusia en 2014 después de que la crisis ucraniana fuera levantada, Crimea regresara a Rusia, y debido a la posición rusa en la crisis siria y su apoyo al ejército sirio. No obstante, el acuerdo prudente y equilibrado llevado a cabo por Rusia con estas sanciones y con la guerra del precio del petróleo llevó a la absorción de la conmoción por el impacto negativo de los procedimientos anti-rusos, y transformó el descenso del valor de la moneda (rublo) en un impacto positivo en algunos puntos, tal como conducir a un descenso en el coste relativo de los productos rusos, de ese modo incrementándose la demanda doméstica y quebrando la recesión económica. También, el descenso en las importaciones desde el extranjero ha jugado un papel marcado en el freno del éxodo de moneda extranjera desde el mercado ruso.

Rusia está considerada como un país industrial avanzado que tiene cierta tecnología que puede capacitarla para lograr estabilidad no solamente en el proceso de producción, sino también en la exportación de diferentes productos industriales.

Esta fuerte potencia tecnológica rusa está respaldada por la fuerte posición militar y geopolítica de Rusia en la arena internacional. Esta posición contribuyó a repeler el ataque económico por las potencias transatlánticas contra Rusia, que ha recalcado que no puede haber ninguna dominación de imperialismo en el mercado internacional.

El presidente ruso, Vladimir Putin, declaró en su reciente discurso el pasado septiembre [2016] durante la sesión de apertura de la cumbre del G-20, que Rusia ha mantenido el tamaño de sus reservas con una disminución en las fugas de capital por cinco veces este año comparado con el pasado año. Destacó en su discurso que “muchos de los líderes mundiales subrayaron los problemas y dificultades a los que se está enfrentando el mundo. Sin embargo, se apuntó que a día de hoy el crecimiento económico es lento, pero positivo”. Putin dijo: “La inflación ha caído dos veces… el déficit del presupuesto es del 2,6%… hemos mantenido una baja tasa del desempleo hasta el nivel del 5,7%… hemos mantenido un bajo nivel de deuda externa al 12% solamente”.

Añadió que Rusia ahora está realizando algunas reformas y hay crecimiento en la esfera de la producción industrial y otros indicadores.

Durante el fórum de negocios entre Rusia y Singapur, el primer viceministro ruso, Igor Shuvalov, declaró el 25 de noviembre que la economía rusa había superado su calvario. Shuvalov dijo: “Estamos seguros de que el escenario de mayor dificultad en la economía rusa está ahora detrás de nosotros… hemos pasado un tiempo dificultoso desde el primer trimestre de 2015, o podemos decir desde el último trimestre de 2014”.

El ministro ruso de agricultura dijo durante un comité del Consejo de la Federación Rusa de Agricultura el martes 15 de noviembre: “La estructura de exportaciones e importaciones a día de hoy es la siguiente: Importamos productos en 2016 por valor de unos 15.000 millones de dólares frente a 40.000 millones de dólares hace tres años, mientras que las exportaciones ascendieron a 10.000 millones de dólares. Postulo que para fin de año, las exportaciones alcanzarán los 15.000 millones de dólares, comparadas a unas importaciones de 20.000 millones de dólares”. Tkachov añadió que las exportaciones de grano en el año actual ascenderán a 35-40 millones de toneladas. Las exportaciones del sector de exportación de grano se han disparado durante los dos últimos años gracias al descenso en el ratio de cambio monetario de Rusia frente al dólar, que se añade a su competitividad en el mercado global.

Rusia no es un país únicamente dependiente del petróleo y el gas. Rusia es conocida por sus industrias pesadas que manejan una infraestructura enorme y avanzada.

Rusia, de manera significativa, ha sofisticado y ha hecho prosperar las industrias militar y aeroespacial además de la industria de trenes, ferrocarriles, y maquinaria.

Moscú está considerado como uno de los centros financieros más importantes en el mundo. También, Rusia tiene diversidad agrícola. En 2016 y por segundo año, Rusia está encabezando la lista de los exportadores globales de trigo, sobrepasando a Canadá y los Estados Unidos. Egipto y Turquía están considerados como los compradores principales del trigo ruso.

Si Rusia continúa persiguiendo su política de reforma económica que apunta a lograr la ventaja competitiva y la producción masiva, además de beneficiarse de la energía tecnológica y la experiencia potencial, y se aprovecha del cambio actual en las circunstancias internacionales en favor del pivote euroasiático y la formación de la alianza económica BRICS, entonces podemos ser testigos en los años venideros, no solamente de la multipolaridad geopolítica global, sino también de la “multipolaridad económica global”.

Ahmad Khaddour

Ahmad Khaddour: Analista político del centro de análisis internacional Katehon.

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Comment l’Etat Islamique a repris la ville de Palmyre

décembre 30th, 2016 by Valentin Vasilescu

L’offensive de l’État Islamique contre Palmyre déclenchée le 9 Décembre a totalement surpris la garnison de l’armée arabe syrienne dans la ville. C’était le moment où avait lieu l’assaut final sur la ville d’Alep par l’armée arabe syrienne, et tous les moyens de reconnaissance russes étaient déployés en Syrie en vue de l’exécution de cette mission dans la région d’Alep. La manière dont  les planificateurs militaires américains ont conçu l’encerclement de la ville de Mossoul semble bizarre puisqu’ils ont laissé un couloir libre pour l’Etat Islamique au nord-ouest de Mossoul, sur la route qui mène à Rabiia, le point de passage de la frontière irako-syrienne.

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Le 2 Décembre, les Etats-Unis ont ordonné aux troupes irakiennes de réduire les opérations de combat à Mossoul, et de cesser l’offensive le 11 Décembre. Cela a permis à une colonne de véhicules dont certains blindés de l’Etat Islamique de quitter la ville. Au milieu de la nuit, les colonnes se sont dirigées vers le Nord-Ouest, ont traversé la frontière syrienne par le territoire occupé par les combattants kurdes du SDF coordonnés par des instructeurs des forces spéciales de l’armée américaine. Les combattants de l’État Islamique sont parvenus à Raqqa sans le moindre obstacle, parcourant en 10 heures une distance de plus de 460 km. Et dès le lendemain, ils sont à Palmyre.

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La coalition anti-Etat Islamique dirigée par les Etats-Unis, effectuant 24/24 heures des vols de reconnaissance sur le territoire occupé par l’Etat islamique d’Irak et de Syrie, ont signé un protocole de coopération avec la Russie sur l’échange d’informations liées à la reconnaissance et à la répartition des frappes sur les cibles terrestres. La coalition soit n’a pas détecté le déplacement de la colonne de véhicules de l’Etat Islamique de Mossoul à Raqqa, et ensuite jusqu’à Palmyre, soit a « omis » d’en avertir les collègues russes.

La planification de l’offensive de Palmyre a été faite de manière hautement professionnelle puisque l’État Islamique dispose d’officiers d’état-major du niveau de celui des plus puissantes armées de l’OTAN. Le déplacement a été organisé en plusieurs colonnes de marche de Raqqa à la périphérie de Palmyre. Ainsi, environ 4000 combattants de l’Etat Islamique, embarqués dans des camionnettes Toyota (équipées de mitrailleuses), avec des véhicules blindés, de l’artillerie et des chars ont été déployés en secret, durant la nuit, sur une distance de 200 km et sont entrées directement dans la bataille.

L’État Islamique a créé un rapport de force nettement supérieur, manœuvré et attaqué de nuit avec une efficacité exemplaire. Ce qui prouve que les membres de l’Etat Islamique ne sont pas des rebelles syriens contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, mais des mercenaires bien formés, armés et informés en permanence par leurs sponsors sur les mouvements de l’armée arabe  syrienne. Informés sur le dispositif des troupes syriennes sur le terrain quelques jours avant l’offensive, des groupes commando de l’État Islamique, déguisés en réfugiés civils, se sont infiltrés dans la périphérie de Palmyre. Les membres de ces groupes se sont positionnés près des postes de contrôle de l’armée arabe syrienne aux alentours de la ville et ont attendu l’arrivée des colonnes des troupes de l’Etat Islamique. Grâce à ces commandos, l’Etat Islamique a pu facilement ouvrir des brèches par lesquelles les colonnes ont pu entrer dans Palmyre.

Même dans ces conditions les soldats de l’armée arabe syrienne pourraient résister longtemps si elles étaient dotées d’un équipement de vision nocturne comme les combattants de l’Etat Islamique. Disposant d’un équipement supérieur et d’informations précises, les sous-unités de l’Etat Islamique ont manœuvré de manière très précise, réussissant à envelopper et à isoler les dispositifs de défense de l’armée arabe syrienne. On peut se demander où l’État Islamique a acheté des milliers d’équipement de vision nocturne au cours des derniers mois.

Après la réoccupation de Palmyre par l’État Islamique, les experts russes déployés en Syrie ont tiré les conclusions nécessaires et ont livré aux soldats de l’armée arabe syrienne qui luttent pour la libération de la ville des équipements individuels de vision nocturne et des équipements Fara-1, 1PN90-3 et Aistyonok qui sont en dotation dans les brigades d’infanterie motorisées russes. Le radar portable Fara-1 est couplé à des mitrailleuses de calibre 7,62 mm 12,7 mm et 14,5 mm et détecte, par temps de nuit ou dans le brouillard, des combattants individuels sur une distance de 2000 m et des véhicules sur 4000 m, et peuvent guider avec précision le feu de la mitrailleuse. La caméra de thermo-vision de type 1PN90-3 est également fixée à des mitrailleuses de calibre 7,62 mm, 12,7 mm et 14,5 mm et peut détecter un combattant isolé à une distance de 200-500 m.

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Le radar Portable Aistyonok est utilisé par les batteries d’artillerie de tous calibres. Il retrace la trajectoire des projectiles, calcule de coordonnées de la pièce d’artillerie qui l’a lancé sur une distance de 20 km, même si elle est mobile. Le radar suit la trajectoire de ses propres projectiles, avec la capacité d’y apporter des corrections après le tir. Il peut être installé sur des véhicules, et est similaire au radar américain An/Tpq -50.

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 Valentin Vasilescu

Traduction Avic du roumain – Réseau International

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Entrevue avec un député syrien

D’énormes stocks d’armes et de munitions, dont bon nombre portaient des signes distinctifs de l’OTAN, ont été découverts à Alep-Est lorsque les militants du front Al‑Nosra, une branche locale d’Al-Qaeda, ont été repoussés en dehors de la ville par les forces armées syriennes.

Les reportages précédents portant sur la capture de membres du personnel de l’OTAN ont été retirés, car ils ont été autorisés à partir avec les militants à bord des autobus fournis dans le cadre de l’accord, afin d’éviter d’embarrasser l’OTAN. FWM en parle avec le député syrien Fares Shehabi, qui est un résident d’Alep aussi. Pour lui, cette découverte est un véritable « SyriaGate ».

M. Shehabi, les médias institutionnels et les dirigeants politiques européens sont mécontents de la libération d’Alep par l’Armée arabe syrienne. Ils publient des articles au sujet de massacres perpétrés par l’armée et de civils horrifiés à Alep (…).

C’est tout le contraire. Les nouvelles en Europe constituent un véritable problème, car elles rapportent exactement le contraire de ce qui se passe vraiment en Syrie. Nous avons réussi à libérer environ 100 000 civils qui étaient tenus en otages par les terroristes à Alep. Une bonne partie d’entre eux étaient en otage depuis plus de quatre ans. Ces civils qui ont été libérés sont heureux aujourd’hui. Les 1,5 million de civils qui ont quitté Alep depuis 2012 peuvent dorénavant rentrer chez eux. C’est un moment très positif et réjouissant pour Alep et la Syrie en général. Nous avons pu fêter Noël à Alep pour la première fois en 4,5 ans. C’est maintenant Noël tous les jours dans notre ville!

Les terroristes ont donc quitté toute la ville?

 – Oui, sauf qu’avant de partir, ils ont exécuté plus de cent soldats syriens et des centaines de civils. Nous avons trouvé leurs corps. Tout est documenté. Toute enquête internationale indépendante peut voir et examiner la preuve de ces crimes terroristes. Mais nous sommes heureux que notre ville soit libérée. Certaines zones rurales autour d’Alep sont toujours sous occupation des terroristes. La prochaine étape sera de libérer la campagne environnante pour nous assurer que la ville soit bien protégée et reste en bon état.

Armes de fabrication américaine abandonnées par le front Al-Nosra. Photo : Armée arabe syrienne

Damas a parlé d’une grande quantité de matériel militaire occidental, comme des armes et des munitions trouvées à Alep (…)

– Nous avons trouvé des entrepôts d’armes que les forces terroristes avaient placés dans d’anciens établissements scolaires. Nos écoles ont été transformées en bases militaires d’Al‑Qaeda. Ces bases du front Al‑Nosra (qui est une branche d’Al‑Qaeda) étaient remplies d’armes de l’OTAN. Il y en avait des tonnes. C’est ce que j’appelle le « SyriaGate », car les USA et l’OTAN arment et soutiennent des gangs terroristes que l’ONU a inscrits sur sa liste officielle des groupes terroristes, dans le but de renverser le gouvernement légitime d’un pays souverain. C’est totalement ridicule de la part de l’Occident (…)

Pourquoi est-ce ridicule?

– Parce que personne ne peut garantir que ces armes ne seront pas pointées un jour contre l’Occident par ces mêmes terroristes. On abuse de l’argent des contribuables américains et européens pour armer des gangs terroristes qui sont prêts à diriger leurs armes contre des civils américains et européens à tout moment. C’est un scandale énorme.

Que savez-vous au sujet de la présence de militaires, de spécialistes du renseignement et de conseillers dans les zones d’Alep sous le contrôle des terroristes? Des reportages précédents avaient parlé de la capture de membres du personnel de l’OTAN.

– Nous n’avons capturé aucun conseiller militaire européen ou américain à Alep. Cependant, nous avons appris de source fiable qu’il y en avait beaucoup et qu’ils ont quitté la ville à bord des autobus que nous avons fournis pour l’évacuation des forces terroristes après leur capitulation. C’était le cas aussi de supposés militants comme Bilal Abdul Kareem, un Afro-Américain de New York qui est un ardent défenseur des gangs d’Al‑Qaeda en Syrie.

L’administration Obama soutenait la présence de Kareem à Alep, qui était souvent présenté dans les reportages des pays occidentaux comme un « journaliste indépendant ». Il y avait aussi bien d’autres agents occidentaux et sympathisants des terroristes à Alep qui ont quitté la ville à bord des autobus. C’est d’ailleurs la raison pourquoi l’Occident a fait tant de pression en faveur de cette évacuation. Sans cela, tous ces agents, conseilleurs et sympathisants auraient été capturés par nous et leur jeu exposé au grand jour, ce qui aurait énormément embarrassé l’Occident.

M. Shehabi qualifie cette découverte de « SyriaGate », parce qu’elle prouve que les USA ont armé un groupe faisant partie de sa propre liste de terroristes. Photo : Armée arabe syrienne

Le sort d’Alep n’a pas joué un grand rôle dans les médias occidentaux au cours des 4,5 dernières années. Mais depuis le début des opérations de l’Armée arabe syrienne en vue de sa libération, la situation a changé complètement. Du jour au lendemain, l’ensemble des médias, des politiciens et des ONG de l’Occident se sont mis à faire campagne contre l’armée syrienne. Ils l’ont accusée de commettre « génocide » à Alep, de bombarder des hôpitaux, de massacrer des enfants et des bébés (…)  

– Nous les Syriens, avons payé de notre sang et subi la destruction. Notre propre sang, c’est le prix que nous avons payé pour ces mensonges de l’Occident et ses « malentendus ». Il y en a toujours un en Occident pour dire « pardon, je pense m’être trompé! ». Mais cette ignorance terrible, nous l’avons payée de notre sang et de nos vies. Les gangs d’Al‑Qaeda ont conquis Alep à l’été 2012. Les résidents d’Alep n’étaient pas impliqués, notre ville était très paisible, personne n’avait pris les armes contre le gouvernement. Nous avons été conquis par des terroristes possédant des armes lourdes, qui ont pris 70 % de notre ville. En 2012, environ deux millions de civils vivaient à Alep‑Est. De ce nombre, 1,5 million ont quitté le territoire occupé pour se rendre dans des zones de sécurité. Personne en Occident n’a parlé de ces 1,5 million de personnes qui ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement. Les USA et l’Europe sont restés silencieux. Personne en Occident ne s’est intéressé au sort des 11 000 civils tués par les tirs d’artillerie et les bombardements lancés au hasard par les gangs terroristes, dont 30 % d’enfants. Pendant 4,5 années, les grenades, les explosifs et les tireurs embusqués des terroristes ont constamment tué des civils innocents.

En tout, on a trouvé plusieurs tonnes d’armes de l’OTAN à Alep‑Est. Photo : Armée arabe syrienne

Les politiciens, les médias et les ONG européens se soucieraient davantage du sort des terroristes que du sort des civils à Alep?

– Il n’y a pas d’autres explications à ce comportement. Je le répète, en 4,5 ans, les terroristes ont fait vivre l’enfer aux civils d’Alep, mais l’Occident ne s’en souciait pas. Quand nous avons libéré les zones contrôlées par les terroristes, l’Occident a réagi en lançant une énorme campagne contre nous. Au même moment, l’ensemble des médias occidentaux soutenaient la libération de la ville irakienne de Mossoul des groupes terroristes du soi-disant « État islamique ». Pourquoi avaient-ils le droit de se prononcer en faveur de la libération de Mossoul, mais pas de la libération d’Alep?

C’est une immense hypocrisie. J’invite les lecteurs occidentaux à se mettre à notre place. Imaginez si des dizaines de milliers de terroristes d’Al‑Qaeda occupaient la moitié de Berlin, Paris ou Londres. Que feraient les gens? Ils auraient l’espoir que leur armée les libère. Notre libération, ici à Alep, nous l’avons attendu pendant 4,5 ans! Mais nous avons dû faire ce sacrifice afin de minimiser le nombre de victimes civiles. Nous avons dû attendre qu’une superpuissance, la Fédération de Russie, vienne nous aider. Si notre armée avait aussitôt lancé une contre-attaque en 2012, nous aurions subi des milliers de pertes civiles et plus de destruction. Mais nous avons attendu et libéré notre ville. Merci mon Dieu.

Entrevue menée par Manuel Ochsenreiter

 

Article en anglais :

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Syria-Gate: NATO Weaponry and Personnel in East Aleppo

La source originale de cet article est Free West Media, 29 décembre 2016.Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

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Falta menos de un mes para la asunción de Trump, cuestión que dadas las circunstancias parece un siglo. Pocas veces en la historia la víspera del arribo a la Casa Blanca de un presidente debe haber movido tantos ríos de tinta y tanta especulación sobre su eventual programa de acción. Es lógico. La llegada a la cima del poder de un impredecible es una instantánea de los resultados novedosamente contradictorios acumulados durante el período pos Lehman. Dicho con algo de ironía pero no tanta, la imprevisibilidad es también y en gran parte, síntesis de múltiples contradicciones. Hace tiempo venimos alertando desde esta columna sobre la posibilidad de que las derivaciones políticas de la economía golpeen antes que la economía misma y Trump es símbolo de ese estado de cosas. Como también sugerimos, es de esperar que “la política” vuelva a retumbar sobre la economía.

En un sentido la incertidumbre toma la posta y ello es indicio de que los tiempos serán bastante menos habituales incluso de lo que lo fueron durante los últimos ocho años. La previsibilidad relativa de las acciones de la Fed, de la política económica conservadora del establishment y de la relación chino-norteamericana, empiezan a aparecer como cuestiones del pasado. Y esta incertidumbre hará también más impredecibles las reacciones del resto de los actores en el escenario mundial. Para aportar más confusión a lo incierto quedaron ahí no sólo las operaciones de la CIA, del más oscilante FBI y del Partido Demócrata, cuestionando la legitimidad de un triunfo que encima fue una derrota en términos del voto popular, sino también el hecho de que Donald es un buen actor. Como destaca Ibrahim Warde en el Dipló rememorando el rol del futuro presidente como productor y estrella de realities shows “Al dominar la dramaturgia de este tipo de programas a la perfección, supo poner en escena las expectativas y temores del público.”

No obstante, la imprevisibilidad del accionar de Trump es relativa como relativo es el poder de un presidente que según señalamos desde esta columna, está circundado por el escenario intermedio que lo encumbró. Escapar a lecturas unilaterales implica al menos tres precauciones: intentar comprender el momento justo de las contradicciones que enfrenta la nueva administración; atender que los grandes problemas de agenda como los límites de las políticas económicas norteamericanas, la “ira populista” o la crecientemente intrincada y contradictoria cuestión china, anteceden a Donald Trump quién más que ninguna otra cosa, es un resultado de las circunstancias; percatarse de que ese resultado tiene altas probabilidades de transformarse –como mínimo- en punta de lanza de cambios cualitativos en el escenario económico y político internacional.

Mueve Janet Yellen

Como era previsible, la Reserva Federal bajo el mando de Janet Yellen, aumentó hace unos días un cuarto de punto las tasas de interés de corto plazo y prometió tres alzas más en el curso del año próximo. Si los “mercados” preveían casi con certeza el movimiento, supusieron que la Fed iba a prometer dos aumentos más en lugar de los tres que finalmente sugirió. Aunque la diferencia resulta casi insignificante en términos cuantitativos, el hecho volvió a disparar el rendimiento de los Bonos del Tesoro a 10 años que se mueve inversamente al valor de los títulos. Este movimiento significa que los inversores salen de los bonos previendo mayor inestabilidad en la economía norteamericana asociada a una inflación creciente derivada de la combinación esperada del incremento del gasto fiscal y un mayor proteccionismo.

Como señala Marina Dal Poggeto el incremento del interés de los bonos a diez años explica “el aumento en la volatilidad global, la nueva fortaleza del dólar (…), presiones sobre los precios de las commodities y, fundamentalmente, un encarecimiento del costo financiero de la deuda en general y de los países emergentes en particular, que además incorporan la dinámica del riesgo país”. Pero es importante señalar que a la vez que se produce la salida de los bonos a diez años, los capitales se dirigen hacia Wall Street que está rozando valores máximos en gran parte bajo el impulso de las acciones de las corporaciones petroleras, de materiales asociados a la construcción y al índice Russel 2000 que concentra las empresas de menor capitalización bursátil. Se trata de los sectores que eventualmente deberían tomar impulso de acuerdo a las promesas de la nueva administración.

Aunque los movimientos financieros son coyunturales y en gran medida expresan apuestas y tomas de ganancias, la tendencia inversa de los bonos y la bolsa, traducen lo que los “mercados” esperan de la gestión Trump. Hasta cierto punto esta dualidad podría estar anticipando un resultado complejo: la combinación entre una eventual mejora parcial de la performance de la economía norteamericana y una mayor inestabilidad global asociada a las políticas destinadas a alcanzarla.

Pasado y presente (o lo viejo y lo nuevo)

Es preciso recordar que el carácter “necesario” del aumento de tasas antecede en mucho a Donald Trump. Y en realidad es tan cierto que en el pasado diciembre de 2015 la movida de la Fed resultó muy similar a la actual como que la acción tiene lugar en circunstancias ciertamente muy distintas. Tal como señalamos en otras oportunidades, la larga intención de la Fed de incrementar las tasas se asienta en tres motivos fundamentales: las tasas cercanas a cero durante un período inusualmente extenso terminan amenazando las ganancias de los bancos, coartan la posibilidad de apelar a políticas monetarias en caso de recesión y crean inestabilidades financieras potencialmente explosivas. Dicho de un modo más conceptual, se trata de una especie de sinergia negativa resultante de la combinación entre tasas de interés bajas que luego de varios años no están funcionando como se esperaba -cuestión que Lawrence Summers denominó “estancamiento secular”- y los límites de China como meca receptora del capital internacional sobrante.

Ahora bien, si como también señalamos desde esta columna, los halcones venían levantado vuelo y la “izquierda” neokeynesiana insistía –cada vez con mayor ímpetu- en la necesidad de trocar –gradualmente- las políticas monetarias por políticas fiscales, el remedio amenazaba ser peor que la enfermedad. Incluso arriesgaba transformarse en profecía autocumplida si –como sucede hasta el momento- el crecimiento demasiado modesto de la economía norteamericana continuaba sosteniéndose solamente sobre políticas monetarias expansivas. Y a juzgar tanto por el anhelo del establishment de conservar una situación de estancamiento no catastrófico como por las lacónicas críticas neokeynesianas, todo amenazaba permanecer igual a sí mismo hasta que irrumpiera algún factor “imprevisto”. Y ese factor que, a decir verdad de improviso no tuvo nada, resultó ser Donald Trump.

Lo cierto es que -al menos en lo inmediato- el ascenso de Donald dio vía libre a la Fed para encarar un primer incremento que empieza a alejar a las tasas de su umbral cero. El asunto tiene una explicación que combina al menos dos factores claves. Por un lado -y como señala Eduard Luce en Financial Times- nuevamente en sentido contrario a la mayoría de las previsiones, el triunfo de Trump trajo confianza de los “mercados” en la posibilidad de un repunte de la economía norteamericana. Por el otro, la economía de Estados Unidos mostró mejores resultados de los esperados en el tercer trimestre del año. El soporte de aquella confianza se basa tanto en las promesas de fuertes recortes impositivos como en la creencia de que un congreso de mayoría republicana dará vía libre al incremento del gasto fiscal que le obstruyó al gobierno de Obama. Y si bien no hay grandes diferencias entre los anuncios de la Fed de diciembre de 2015 y los actuales, lo significativamente distinto es que ahora existe una alta probabilidad del pasaje de la retórica a la acción, técnicamente sostenida en la previsión de incremento del gasto y el déficit fiscal. Como resultado final, el estímulo hacia un mayor crecimiento de la economía norteamericana, amenaza con meter una cuña en la “coordinación” internacional que sostuvo la situación de la economía mundial en un “área gris” relativamente estable –amén de la ristra de momentos críticos- durante la frágil recuperación pos Lehman.

Con una visión similar a la aquí esbozada pero desde una perspectiva que aspira a una coordinación internacional desde “otro armado”, el periodista Mohamed A. El-Erian desde Proyect Syndicate sugiere que si en una primera fase los inversores esperan que Trump se abstenga de desencadenar una guerra comercial y que las perspectivas de la economía norteamericana mejoren, las principales economías deberían emular las políticas de la administración estadounidense abandonando las medidas monetarias y estimulando las fiscales. Caso contrario –señala- los capitales comenzarán a fluir desde los títulos alemanes o japoneses hacia los norteamericanos de mayor rendimiento cuestión que, al continuar elevando el valor del dólar, terminaría por socavar la competitividad norteamericana empañando sus perspectivas de recuperación. El periodista afirma que una circunstancia tal podría estimular a Trump a pasar de la retórica proteccionista a la verdadera acción, limando la confianza de los mercados y las empresas e incluso, si el asunto fuera lo suficientemente lejos, provocando una respuesta de los principales socios comerciales.

Desde nuestra óptica, no se trata de un problema de “voluntad” de coordinación interestatal. La tensión entre lo “nacional” y lo “global” está expresando cuestiones estructurales profundas derivadas no sólo de la debilidad de la recuperación económica mundial sino del choque de años de avances de la globalización del capital con las condiciones de existencia de amplios sectores sociales. La crisis de la globalización se expresa en gran parte como una crisis del “consenso” nacional y tiende a traducirse en serias dificultades para la “coordinación” internacional. En sentido contrario a la sugerencia del mencionado periodista, sería esperable que un eventual nuevo armado “fiscalista” –con tasas de interés en ascenso en los principales países- conduzca a mayores tensiones interestatales en lugar de a un nuevo “acuerdo” internacional.

Poder real y poder simbólico

Pero lo menos coyuntural del asunto y quizás lo más interesante es que los giros en las políticas monetarias norteamericanas nunca resultaron inocuos. Basta recordar –para hablar de los momentos más significativos en cuanto a virajes bruscos de política económica- que el aumento abrupto de las tasas dispuesto por Paul Volcker en 1979 bajo administración Carter, es simbólicamente considerado el punto de partida del neoliberalismo. El tipo de interés real de la Reserva Federal que, como apuntan Douménil y Levy en La gran bifurcación, luego de los años ‘50 había oscilado entre el 2 y el 3% promedio alcanzando valores negativos en 1975, rozó el 7% en 1981 llegando a casi el 9% en 1983, como grafica David Harvey en Breve historia del neoliberalismo. Indican además Douménil y Levy que durante los años ‘70 la inflación desvalorizaba las acreencias y las ganancias financieras se volvían cada vez más bajas. Vale remarcar que en el muy distinto contexto actual de presiones deflacionarias, tasas de interés extremadamente bajas (más bajas que la inflación) reproducen el fenómeno de la desvalorización de las acreencias y declinación de las ganancias bancarias como mencionamos más arriba.

Lo curioso es que si en aquel momento el viraje estaba destinado a iniciar el proceso de globalización del capital, en la actualidad –un giro que al menos por ahora puede preverse como mucho más moderado- tiene el contradictorio objetivo de contener los efectos de aquella globalización que están quebrando el “consenso” interno. Más allá de su magnitud real, el poder simbólico de una tendencia alcista de las tasas de interés en un contexto de “estancamiento secular”, probablemente esté indicando el momento más débil y más crítico –si se consideran todos los ángulos- de la historia neoliberal. Un instante en el cual la relativa “cooperación” entre los Estados capitalistas centrales –que resultó un factor esencial de contención para la crisis que se inició en 2008- se vuelve contradictoria con las necesidades de la recuperación nacional norteamericana. Y esto acontece mucho más como reflejo de la contradicción entre los niveles de globalización alcanzados y la desazón de amplios sectores de masas que como necesidad inmediata de las franjas hegemónicas del capital.

Por ello aunque en lo formal las políticas más anunciadas de la administración Trump –alza de las tasas de interés, reducciones impositivas, aliento del gasto fiscal y armado de un gabinete de derecha en todas las áreas, entre otras- se parezcan a aquellas de Ronald Reagan, aunque sus nombres de pila varíen sólo en una letra y aunque ambos hayan estado o estén comprometidos de diversa forma con las “artes actorales”, es extremadamente difícil que en lo esencial Trump pueda ser un nuevo Reagan, sobre todo porque Ronald fue la punta de lanza de la globalización y Donald será quién debería intentar ponerle algún coto.

El “consenso”

Recuerda Henry Kissinger en Orden mundial que “El debate interno sobre la guerra de Vietnam resultó ser uno de los que más cicatrices ha dejado en la historia estadounidense.” Lo describe como un instante clave de “ruptura del consenso nacional” en el que “Las protestas (…) alcanzaron dimensiones que obligaron al presidente Johnson (…) a limitar sus apariciones públicas.” Señala que “En los meses posteriores al fin de la presidencia de Johnson, en 1969, muchos de los artífices claves de la guerra renunciaron públicamente a sus puestos y pidieron el fin de las operaciones militares y la retirada de Estados Unidos. Estos temas estuvieron en cuestión hasta que el establishment creó un programa para ‘terminar con la guerra”.

Y ¿qué tiene que ver Vietnam? Si bien la situación actual es ciertamente muy distinta se verifica al menos una tendencia al quiebre –en los marcos de un estado de cosas intermedio– de lo que Kissinger llama el “consenso”. Tendencia que deviene fundamentalmente de esa forma contenida pero lacerante que adoptó al período pos Lehman y que se ocupó de poner al desnudo y potenciar las consecuencias más dramáticas de décadas de neoliberalismo. El “sueño americano” es sin duda la piedra de toque de aquel consenso. Hasta cierto punto en los años de Vietnam el “american way of life” se vio herido no tanto por la crisis económica –bastante menos urticante que la actual- sino por una crisis política y social potenciada por el hecho de que los hijos de Estados Unidos volvían de las criminales acciones norteamericanas en el frente, envueltos en bolsas negras. El llamado “síndrome de Vietnam” permaneció como cicatriz imborrable de aquellos años. “Terminar la guerra” en los términos de Kissinger significa que el establishment no podía proseguir su plan estratégico internacional con la opinión pública norteamericana en contra.

En la situación actual el “sueño americano” se está deshilachando debido a la percepción fatal para la sensación de “progreso” de que el nivel de vida de las actuales generaciones retrocedió con respecto a las anteriores y que el de las próximas será aún peor. De alguna manera y apelando al momento de Vietnam como metáfora, podría considerarse que Donald Trump es el resultado de que el establishment aún no se muestra dispuesto siquiera a moderar “la guerra” de la globalización mientras el consenso amenaza romperse. En un sentido, neokeynesianos y “populistas” –cada cual a su modo- están actuando como la voz de la conciencia de las élites políticas tradicionales enfrentadas a aquello que hace un tiempo el columnista Wofgang Münchau de Financial Times, figuraba simpáticamente como The elite’s Marie Antoniette moment. Hace unos días decía Paul Krugman –un amante de lo global- que lo raro es que la reacción contra la globalización haya tardado tanto. Señalaba también Krugman que el proceso globalizador se encuentra “sitiado” por la política –hemos insistido desde esta columna sobre el asunto– a la vez que sugería tratar a la globalización como un proyecto más o menos terminado, intentando reducir su magnitud.

Lo global

Ciertamente uno de los “accidentes geográficos” más peligrosos que aguarda a la administración Trump es aquel que opone los “éxitos” de la globalización a sus miserias. No se trata de una contradicción sencilla. La globalización devino el salvavidas del capitalismo tras la crisis de los años ’70, constituyendo el resultado económico más contundente de la ofensiva neoliberal. Embestida que –simplificando y sintetizando- tuvo entre sus ejes fundamentales la meta combinada de avanzar sobre el denominado “Estado de bienestar” de posguerra y establecer la más amplia movilidad internacional del capital.

De hecho –y amén de significativas derrotas como la de los Controladores Aéreos en 1981- una de las constantes en Estados Unidos durante las tres décadas pasadas estuvo definida –al decir de David Harvey- por exenciones fiscales a la inversión que actuaron como una manera de subvencionar la salida de capital del nordeste y del medio oeste del país. Desde aquellas zonas caracterizadas por altos índices de afiliación sindical –como la región del rust belt- se estimuló el desplazamiento de las inversiones hacia las regiones poco sindicalizadas y con débil regulación del sur y el oeste, pero también hacia México y al Sudeste Asiático. A su vez y como también señala Harvey, a partir de los años ’90 la financierización del capital, la inversión extranjera directa y de cartera, la innovación y la desregulación internacional de los mercados, crecieron en el mundo de manera significativa estableciéndose -fundamentalmente en el mundo anglosajón- una estrecha vinculación entre las corporaciones y la bolsa de valores. El denominado Tratado de Libre Comercio (TLC) entre Estados Unidos, México y Canadá y la creación de la Organización Mundial del Comercio (OMC) resultan eslabones fundamentales de ese proceso. Las deslocalizaciones hacia México y el Sudeste Asiático primero y luego hacia China con su entrada a la OMC en el 2001, fueron la esencia del proceso de globalización que instauró una nueva división internacional del trabajo con el establecimiento de cadenas de creación de valor integradas.

La síntesis se resume en una combinación irritante. Por un lado Estados Unidos colocó 586 empresas transnacionales en el ranking Forbes Global 2000 del 2016 cuyos ingresos combinados representan un total de 11.6 billones de dólares. Esta cifra representa el equivalente a aproximadamente el 68% del PBI norteamericano. Aunque esto no significa que esas empresas produzcan efectivamente dos tercios del PBI de Estados Unidos, la comparación da una idea del peso que estas firmas pueden tener sobre las decisiones de política norteamericana. Por el otro lado la mezcla de deslocalizaciones y cierres de empresas, el avance tecnológico –que tuvo su auge en los años ’90– y el lento crecimiento posterior a la crisis de 2008, generó un cóctel fatal que enlaza una desocupación estructural arrastrada por años, nuevos trabajos creados precarios incluyendo trabajos de medio tiempo y esporádicos, estancamiento e incluso caída salarial con la decadencia de vastos sectores de pequeña y mediana empresa.

El asunto es que la debilidad de la recuperación pos crisis de 2008 disminuyó no el proceso mismo de la globalización aunque sí, su dinámica. Esencialmente lo que se puso de manifiesto es una significativa combinación entre la disminución del crecimiento del comercio mundial y un incremento débil de medidas proteccionistas. Esta contradicción muestra que –al menos por el momento- la retórica proteccionista de Trump está más asociada a la necesidad de reestablecer el consenso interno que a los intereses de los sectores hegemónicos del capital. Aquellos sectores hubieran preferido largamente continuar con los tratados de “libre comercio” como el TPP o el Acuerdo Transatlántico que como puntualiza bien Noam Chomsky en ¿Quién domina el mundo?, no suelen tener en realidad nada que ver con el comercio sino que son pactos sobre los derechos de los inversores que contribuyen a debilitar la sindicalización obrera.

Dialéctica china

Aún no puede conocerse si la exaltada retórica anti China –que se hizo un poco más real al momento de atender la llamada de la presidenta de Taiwán– consiste en una suerte de “neo vandorismo americano” o si, efectivamente, Trump encarará una política cualitativamente más agresiva hacia el gigante asiático. En todo caso las señales no son unívocas ya que el anuncio de la anulación del Tratado Transpacífico favorece, en realidad, contradictoriamente a China.

Lo cierto es que también una mayor tensión chino-norteamericana, antecede a Trump. Si el crecimiento económico de China significó un factor contrarrestante a la crisis de 2008, la debilidad de la recuperación internacional –como señalamos en otras oportunidades– también se tradujo en un límite para conservar aquel rol. Esa demarcación comenzó a ponerse de manifiesto en los últimos años y con mayor contundencia, a partir de 2014. El ala liberal que representa un “líder fuerte” como Xi Jinping, es también expresión de que China está dejando de ser la meca del capital norteamericano e intenta un giro más agresivo hacia la conquista de espacios mundiales para la acumulación del capital. La dicotomía entre el lema trampista “make US great again” y el “make China great again” de quienes quieren alertar que un cierto aislacionismo de Trump podría abrir paso al avance del gigante asiático, contiene parte de la verdad. Las cartas de una mayor tensión chino-norteamericana están echadas más allá de las decisiones inmediatas de Trump, aunque esas decisiones –por supuesto- establecerán ritmos que pueden modificar en mucho el escenario.

En todo caso –y por ahora- cabe dejar planteadas algunas cuestiones fundamentales. Trump no gobernará contra las 586 empresas del ranking global Forbes 2000. Un Goldman Sachs estará a cargo del Departamento del Tesoro para asegurarlo. Al menos en lo más inmediato y en la medida en que China se agota como destino del capital sobrante norteamericano, no puede descartarse que los incentivos combinados ofrecidos por Trump generen cierto retorno de capitales hacia Estados Unidos con todos los límites que impone la integración de las cadenas de valor. Por último vale destacar que incluso un proteccionismo débil dirigido a recuperar “consensos” internos es probable que -en las condiciones generales reinantes- se presente como un serio obstáculo para las políticas de “coordinación” económica internacional tal como las conocimos en estos últimos años. Cuestión que hace esperar una mayor inestabilidad mundial incluyendo las repercusiones latinoamericanas que ya empiezan a sentirse.

Paula Bach

Paula Bach: Economista egresada de la Universidad de Buenos Aires (UBA).

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¿Qué tan realista es la autosuficiencia china?

décembre 30th, 2016 by Immanuel Wallerstein

Hoy los países tienen sentimientos encontrados acerca del futuro, pero claro, algunos están más seguros de sí mismos que otros. En la actualidad, son muy pocos los países en los que gane la auto-confianza. Me parece que esto le ocurre a Estados Unidos, a Europa Occidental y Oriental, Australia, Oriente Medio, y a la mayor parte de África y América Latina. La gran excepción al pesimismo reinante es China.

China se dice a sí misma que está llevando a cabo la mejor economía-mundo para la gente. China muestra seguridad porque creen que su modelo económico está funcionando mejor hoy en día que hace algunos años y, que lo están haciendo mejor que los demás.

China también se dice a sí misma que crece más fuerte y rápido que su entorno geopolítico; en el Este y Sudeste de Asia y en gran parte del resto del mundo.

China observa despectivamente la prioridad que Estados Unidos le está dando a su posición en Asia. Al parecer están seguros del grado de auto-control del gigante estadounidense. Y, ahora que el impredecible Donald Trump llega al poder, China piensan que puede manejar la arrogancia imperial de los Estados Unidos.

La pregunta es, ¿qué tan realista es esta auto-evaluación de China? Hay dos premisas implícitas en la auto-confianza de China, cuya validez deben ser investigadas.

La primera es, ¿Los países, o más bien los gobiernos de los estados, pueden controlar lo que está sucediendo con la economía-mundo?

La segunda, ¿podrán los países contener eficazmente el descontento popular, ya sea por la represión o por concesiones a las demandas populares?

Si esto último fue parcialmente cierto, alguna vez, en el sistema-mundo moderno, estas afirmaciones se han vuelto cada vez más inciertas con la crisis estructural del sistema capitalista en la que el mundo se encuentra hoy en día.

Cuando nos fijamos en la primera premisa, comprobamos que los países no tienen capacidad para controlar lo que les sucede con el sistema-mundo moderno. La mayor evidencia es lo que ha venido sucediendo, en los últimos años, a la propia China.

Sin duda, ningún estado ha trabajado tan duro como China para garantizar la continuidad de su alto rendimiento. China no ha dejado sus actividades al funcionamiento del « mercado ». El gobierno de China ha intervenido constantemente en la actividad económica.

De hecho, han dictado prácticamente lo que se va a hacer y cómo se va a hacer. Sin embargo, a pesar de todo lo que ha hecho el gobierno, China se ha encontrando con preocupantes retrocesos este último tiempo.

El gobierno ha enfrentado estos contratiempos lo mejor que ha podido, pero solo ha logrado moderar la crisis, no prevenirla. No niego las acciones del gobierno chino. Simplemente insisto en que hay que darse cuenta de los límites de su eficacia.

Si nos fijamos en la arena geopolítica, China ha logrado que otros estados reconozcan su política de « una sola China ». Teniendo en cuenta lo que era su situación hace cincuenta años, China lo ha hecho excepcionalmente bien en este campo. No obstante, recientemente Taiwan parece haber recuperando algo de terreno en su lucha por la autonomía. Tal vez esto sea una ilusión momentánea o, tal vez no.

La segunda premisa es aún más dudosa. Aunque los levantamientos populares contra regímenes autoritarios o corruptos no son nada nuevo, últimamente estos levantamientos son más frecuentes, más repentinos, e incluso tienen más éxito que en el pasado.

El ejemplo está justo al lado de China, en Corea del Sur. La presidente Park Geun-hye ha caído violentamente, de un día para otro, en las preferencias de la población. En estos momentos está siendo sometida a juicio político a pesar de su impresionante victoria electoral y del control que tiene sobre el aparato administrativo del estado.

Un vistazo a estos levantamientos muestran que, mientras que a menudo tienen éxito derrocando el régimen que está en el poder, ningún movilización popular ha sido capaz de crear un nuevo régimen perdurable.

No es que el gobierno chino, y el Partido Comunista de China, no sean conscientes de estas realidades. ¡Todo lo contrario! Sin embargo están convencidos que van a superar los obstáculos y lograran en los próximos diez a veinte años ubicarse como la estructura económica dominante en el mundo. Y, teniendo en cuenta esto, esperan prevalecer geopolíticamente sobre los demás, y en particular sobre los Estados Unidos.

Nadie puede estar seguro lo que pasara con esta rivalidad geopolítica. He hecho de abogado del diablo al cuestionar las dos premisas de la auto-confianza de China.

Como siempre digo yo, visualizo la situación actual del mundo como una rivalidad entre dos grupos que están combatiendo no acerca de cómo administrar el actual sistema mundial, sino más bien sobre la sociedad que debe sustituir a un sistema capitalista que ya no es viable tanto para sus super-élites, como para las clases sociales y pueblos oprimidos.

Immanuel Wallerstein

Immanuel Wallerstein: Sociólogo y científico social histórico estadounidense, principal teórico del análisis de sistema-mundo.

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Le New York Times déplore aujourd’hui que les négociations internationales sur la situation en Syrie se poursuivent sans aucune participation américaine : la Russie, l’Iran et la Turquie se rencontrent pour des pourparlers en Syrie, sans les États-Unis.

La Russie, l’Iran et la Turquie se sont réunis à Moscou mardi pour travailler à un accord politique qui mette fin à la guerre de près de six ans et trouver une solution au conflit qui serve leurs intérêts, en laissant les États-Unis de côté. 

Le secrétaire d’État John Kerry n’a pas été invité. Les Nations Unies n’ont pas non plus été consultées.

Avec les forces pro-gouvernementales ayant fait des gains critiques sur le terrain […] 

(Note : La dernière phrase disait à l’origine, à juste titre, « les forces pro-syriennes… », pas « les forces pro-gouvernementales… » Elle a été modifiée après que j’ai noté le changement de ton « pro-syrien » sur Twitter.)

La Russie a exclu les États-Unis de toute discussion à venir sur la Syrie, après que ceux-ci ont fait éclater un accord que Kerry, après avoir fait durer les négociations, avait finalement conclu avec le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov.

Dans une interview récente, Kerry reconnaît que c’est l’opposition du Pentagone, pas de Moscou ni de Damas, qui a fait voler en éclat son accord avec la Russie sur la Syrie :

Il a eu récemment un différend, au sein de l’administration, avec le secrétaire à la Défense Ashton Carter. Kerry a négocié un accord avec la Russie pour faire des opérations militaires conjointes, mais l’accord n’a pas tenu.

« Malheureusement, nous avions des divisions au sein de nos propres rangs qui ont rendu sa mise en œuvre extrêmement difficile, a déclaré Kerry. Mais je crois en cet accord, je pense que cela peut fonctionner, aurait pu fonctionner. »

L’accord de Kerry avec la Russie n’est pas « tombé à l’eau » tout seul. Le Pentagone l’a activement saboté, en attaquant intentionnellement et perfidement l’armée syrienne.

L’accord avec la Russie a été conclu en juin. Il prévoyait des attaques coordonnées contre ISIS et al-Qaïda en Syrie, tous deux désignés comme terroristes par deux Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies qui appellent tous les pays à les éradiquer. Pendant des mois, les États-Unis n’ont pas réussi à séparer leurs « rebelles modérés » formés, ravitaillés et payés par la CIA et le Pentagone d’al-Qaïda, bloquant ainsi l’accord. En septembre, l’accord a été modifié et s’est trouvé enfin prêt à être mis en œuvre.

Le Pentagone n’en voulait toujours pas, mais la Maison Blanche est passée outre :

L’accord que le secrétaire d’État John Kerry a annoncé avec la Russie, pour réduire le nombre de morts en Syrie, a creusé un fossé de plus en plus voyant entre M. Kerry et le secrétaire à la Défense, Ashton B. Carter, qui a de profondes réserves sur le projet de joindre les forces américaines aux russes pour cibler les groupes terroristes.

Carter fait partie des fonctionnaires de l’administration qui ont repoussé l’accord lors d’une conférence téléphonique avec la Maison Blanche la semaine dernière, au cours de laquelle M. Kerry, qui participait à la conférence depuis une installation sécurisée de Genève, a manifesté une contrariété de plus en plus grande. Le président Obama a finalement approuvé l’accord après des heures de débat, mais les responsables du Pentagone ne sont toujours pas convaincus.

[…]

« Je ne dis ni oui ni non », a déclaré le lieutenant-général Jeffrey L. Harrigian, commandant du Commandement central des Forces aériennes des États-Unis, à une conférence vidéo. « Il serait prématuré de dire que nous allons sauter dessus. »

Le général du CentCom a menacé de ne pas se conformer à la décision prise par son commandant en chef. Il n’aurait pas osé le faire sans l’accord du secrétaire à la Défense, Ash Carter.

Trois jours plus tard, les forces aériennes américaines de CentCom et des avions alliés danois ont attaqué les positions de l’armée syrienne près de la ville assiégée de Deir Ezzor. Trente-sept attaques aériennes qui ont duré une heure, ont tué entre 62 et 100 soldats de l’Armée arabe syrienne et fait beaucoup plus de blessés. Ces derniers tenaient une position défensive sur les collines surplombant l’aéroport de Deir Ezzor. Peu de temps après l’attaque aérienne américaine, les forces d’ISIS ont pris d’assaut les collines et elles les tiennent toujours. Le ravitaillement des 100 000 civils et soldats de Deir Ezzor est maintenant menacé, sinon impossible. L’attaque de CentCom met ISIS en position de conquérir Deir Ezzor et d’établir la « principauté salafiste » de leurs rêves dans l’est de la Syrie.

Dès le début de l’attaque américaine, le centre d’opérations syro-russe avait essayé de contacter l’agent de coordination du Commandement central des États-Unis pour stopper l’attaque. Mais cet officier était injoignable et les militaires de CentCom qui ont reçu les appels russes, ont tout simplement raccroché :

Quand l’officier russe a réussi à joindre son contact – qui n’était pas à son bureau – et à lui expliquer que la coalition bombardait une unité de l’armée syrienne, « un bon nombres de frappes » avaient déjà eu lieu, a déclaré à la presse le porte-parole du Commandement central américain, le colonel John Thomas, au Pentagone, mardi.

Jusqu’à l’attaque, les parties syrienne et russe avaient, comme convenu avec Kerry, maintenu un cessez-le-feu pour permettre la séparation des « tachetés » 1 de la CIA et des forces d’Al-Qaïda. L’attaque aérienne de CentCom a mis fin à l’accord entre Kerry et Lavrov :

A la réunion organisée d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question, les tempéraments étaient échauffés. Le représentant permanent de la Russie à l’ONU, Vitaly Chourkine, s’est interrogé sur le timing des frappes, deux jours avant que la coordination russo-américaine dans la lutte contre les groupes terroristes en Syrie, ne commence. 

« Je n’ai jamais vu une manifestation aussi extraordinaire de l’emploi abusif de la force par les Américains », a-t-il dit, après avoir brusquement quitté la réunion.

Le Pentagone a lancé son enquête habituelle de blanchiment et un gros rapport de synthèse (pdf) a été publié fin novembre.

Gareth Porter a quand même trouvé quelques informations utiles dedans.

Le rapport, publié par le Commandement central des USA, le 29 novembre, montre que les officiers supérieurs du Centre des opérations conjointes des forces aériennes étasuniennes (CAOC) de la base aérienne d’al-Udeid, au Qatar, qui sont responsables de la décision de lancer le raid aérien de septembre à Deir Ezzor :

  • ont induit en erreur les Russes sur l’endroit où des États-Unis allaient lancer des frappes, pour que la Russie ne puisse pas avertir les troupes syriennes

  • ont ignoré les informations et analyses du renseignement les avertissant que les positions ciblées étaient celles du gouvernement syrien et non de l’état islamique 

  • sont passés brusquement d’un processus de ciblage à une frappe immédiate, en violation des procédures normales de l’Armée de l’Air.

L’enquête a été dirigée par un général de brigade. Il était trop peu gradé pour enquêter sur le lieutenant général Harrington ou le défier. Le nom d’un co-enquêteur a été effacé du rapport et remplacé par la mention « information concernant un gouvernement étranger ». Cet officier était probablement danois.

Quatre jours après la publication officielle du rapport d’enquête, le gouvernement danois, sans donner aucune explication officielle, a retiré son contingent aérien de toute opération ultérieure sous commandement américain en Irak et en Syrie.

Avec l’attaque de Deir Ezzor, le Pentagone a :

  • mis ISIS en position de remporter la victoire au siège de Deir Ezzor, où plus de 100 000 civils et soldats sont menacés d’être brutalement assassinés, 

  • préparé le terrain pour l’établissement d’une « principauté salafiste » contrôlée par ISIS dans l’est de la Syrie

  • trompé un allié européen de l’OTAN et perdu sa coopération active sur la Syrie et l’Irak 

  • fait éclater l’accord de Kerry avec la Russie pour une lutte coordonnée contre ceux que l’ONU qualifie de terroristes, en Syrie

  • provoqué l’exclusion des États-Unis des négociations internationales ultérieures sur la Syrie

Il est clair que l’officier étasunien responsable de l’attaque et de ses conséquences est le lieutenant général Jeffrey L. Harrigian qui s’était déjà prononcé publiquement contre l’accord que son commandant en chef avait accepté. Il avait probablement l’appui du secrétaire à la Défense, Ash Carter.

La Maison Blanche n’a pas réagi à cette insubordination ouverte de l’armée, qui sape sa diplomatie.

Emptywheel note que, sur une autre question, la CIA est également en insurrection assez ouverte contre les décisions du président :

Cela m’inquiète que quelqu’un ait pensé que c’était une bonne idée de laisser fuiter des critiques sur un échange téléphonique [présidentiel] par l’intermédiaire du téléphone rouge. On pourrait penser que ce dispositif repose sur la confiance que, même si la situation est fortement dégradée, deux dirigeants d’États disposant de l’arme nucléaire peuvent se parler franchement et directement.

 

 

Article original en anglais :

syria-obama2

How The Military Excluded The White House From International Syria Negotiations

Traduction : Dominique Muselet

Note :

  1. Allusion aux chèvres tachetées que Jacob a reçues de Laban, en les séparant des autres chèvres dans la bible (Genèse 30:25 ;31:16) 
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Allons droit au but : Ankara 2016 n’est pas Sarajevo 1914. Ce n’est pas un prélude à la Seconde Guerre mondiale. Quiconque a planifié l’assassinat de Andrei Karlov, ambassadeur de Russie en Turquie – un diplomate de la vieille école cool, calme et serein – risque un puissant contrecoup.

L’assassin, Mevlut Mert Altintas, était un diplômé de l’académie de police de 22 ans. Il a été suspendu de la police nationale turque (TNP) en raison de liens soupçonnés avec l’organisation terroriste Fethullahista (FETO) après le putsch raté du 15 juillet contre Erdogan, mais est revenu au service en novembre.

Ce n’est pas un secret que les gulénistes s’infiltrent massivement dans la police nationale turque. Donc une conséquence prévisible de l’attaque sera une répression encore plus implacable de la part d’Erdogan et de son parti AKP sur le réseau Gulen. L’enquête turque devra se concentrer non seulement sur le service de sécurité principal, qui a échoué au centre d’art moderne d’Ankara, mais bien au-delà. Ce n’est pas très rassurant que le ministre de l’Intérieur turc, Suleyman Soylu, ait publié une déclaration laconique trois heures après les faits.

Le tueur en costume noir et cravate a crié des slogans sur la vengeance  « pour Alep » – y compris le «Allahu Akbar» – en turc et en arabe rudimentaire, ce qui pourrait établir une connexion avec la rhétorique d’un groupe islamiste, même si ce n’est pas une preuve concluante.

Le timing est crucial. L’attentat a eu lieu un jour seulement avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Turquie et de l’Iran à Moscou pour une discussion stratégique sur la Syrie. Les ministres étaient déjà en contact étroit depuis quelques semaines sur la façon de conclure un accord global sur Alep – et au-delà.

Et ce, juste après l’accord crucial, préalablement établi entre Poutine et Erdogan, qui impliquait que des milliers de rebelles modérés, obéissant à la Turquie, puissent utiliser un couloir pour sortir d’Alep. Ankara était entièrement en phase avec le plan. Cela élimine en soi la possibilité d’un faux drapeau provoqué par Ankara.

Le président Poutine, pour sa part, a clairement dit qu’il voulait être informé sur le(s) commanditaire(s) du tueur. C’est quelque chose qui pourrait être interprété comme un code subtil à destination des services de renseignement russes, déjà très au courant.

L’ensemble du panorama

Sur le plan bilatéral, Moscou et Ankara travaillent maintenant étroitement dans la lutte contre le terrorisme. Le ministre turc de la Défense a été invité en Russie pour des négociations sur le système anti-aérien. Le commerce bilatéral est en plein essor, y compris la création d’un fonds d’investissement commun. Sur le front de l’énergie, le gazoduc Turkish Stream, en dépit de l’obsession de l’administration Obama à propos de son sabotage, a fait l’objet d’une loi d’État à Ankara au début du mois.

Les atlantistes sont consternés que Moscou, Ankara et Téhéran soient maintenant pleinement engagés dans la conception d’un avenir syrien suite à la bataille d’Alep, à l’exclusion du duo OTAN-GCC (Pays du Golfe).

C’est dans ce contexte que doit être interprétée la récente capture, par les forces spéciales syriennes à Alep, d’un groupe d’agents de l’OTAN-GCC – déployés par la coalition US.

Le parlementaire syrien Fares Shehabi, chef de la Chambre de commerce d’Alep, a publié les noms des officiers de la coalition capturés. La plupart sont saoudiens. Il y a un Qatari. La présence d’un Marocain et d’un Jordanien s’explique par le fait que le Maroc et la Jordanie sont des membres non officiels du GCC.

Et ensuite il y a un Turc, un Américain (David Scott Winer) et un Israélien. L’OTAN ne se manifeste donc que par l’intermédiaire de deux agents, mais le lien OTAN-GCC est plus qu’établi. Si cette enquête se poursuit – et c’est encore un gros «si» – ce peut bien être du personnel militaire de la coalition et des commandants sur le terrain qui conseillaient les rebelles modérés et sont maintenant devenus un atout de négociation formidable entre les mains de Damas.

L’OTAN et le GCC restent absolument cois. Même pas de dénis des non-dénis. Cela pourrait supposer un accord dans l’ombre pour la libération des prisonniers de valeur, renforçant encore l’emprise de Damas.

C’est le président Poutine qui a tout de même établi, de facto, un axe Russie–Iran–Turquie traitant des faits sur le terrain syrien, parallèlement au charabia de la lourde rhétorique impuissante de l’ONU qui se débite à Genève. Avec diplomatie, Moscou souligne que les travaux de l’axe complètent les discussions de Genève. En fait, tout n’est que le résultat d’un travail basé sur la réalité qui est supposé poser, et sceller, des paramètres définitifs sur le terrain avant que Donald Trump n’entre à la Maison Blanche.

Pour résumer, le projet de changement de régime de plusieurs milliards de dollars sur cinq ans – toujours en cours – de l’OTAN-GCC en Syrie a misérablement échoué. Le rusé Erdogan semble avoir appris sa leçon de realpolitik. Sur le front atlantiste, néanmoins, cela ouvre de nombreuses avenues pour canaliser le ressentiment géopolitique.

La vue d’ensemble ne pouvait pas être plus totalement insupportable pour les atlantistes néocons / néolibérauxcons. Ankara, lentement mais sûrement, s’est tourné vers la voie eurasienne. Au revoir à l’UE, et finalement à l’OTAN. Bienvenue aux Nouvelles routes de la soie chinoises – une ceinture, une route (OBOR) –, à l’Union économique eurasienne (EEU), dirigée par la Russie, à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), au partenariat stratégique Russie-Chine, et à la Turquie comme pôle central de l’intégration en Eurasie.

Pour que tout cela se produise, Erdogan a certainement conclu qu’Ankara devait être à bord de la stratégie à long terme Russie–Chine–Iran pour pacifier et reconstruire la Syrie et en faire un carrefour majeur des Nouvelles routes de la soie. Entre cela et une alliance passagère d’intérêts avec le Qatar, l’Arabie saoudite et les États-Unis, il n’y a certainement pas photo.

Mais ne vous y trompez pas. Il y aura du sang.

Pepe Escobar 

 

Article original en anglais :

Who Profits from Turkey’s ‘Sarajevo Moment’?, CounterPunch, 21 décembre 2016.

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

 

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Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)


décembre 30th, 2016 by Diana Johnstone

Si la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis fut une honte nationale, la réaction des perdants offre un spectacle plus triste encore. Hillary Clinton et son camp sont incapables d’admettre leur défaite.

Pourquoi ça ?

Parce que leur grand projet d’imposer l’hégémonie de l’Amérique « exceptionnelle » au monde entier, en renversant les régimes récalcitrants l’un après l’autre, paraît menacé par l’outsider Donald Trump. Celui-ci s’est prononcé contre la politique de « changement de régime », réalisation dont Hillary se vantait depuis son rôle essentiel dans la destruction de la Libye de Kadhafi. L’ensemble de l’establishment occidental, composée en gros d’idéologues néo-conservateurs, d’interventionnistes libéraux, de la haute finance, de l’OTAN, ainsi que de la plupart des dirigeants médiatiques et politiques des États-Unis et de l’Union Européenne, sont tous engagés à refaçonner le Moyen-Orient pour satisfaire Israël et l’Arabie Saoudite et à démolir l’impertinente Russie. Ils ont par conséquent été saisis d’une panique hystérique à l’idée que leur projet commun de globalisation puisse être saboté par un intrus imprévisible.

Le désir exprimé par Donald Trump d’améliorer les relations avec la Russie contredit la volonté de Hillary Clinton de « faire payer la Russie » pour sa mauvaise conduite au Moyen-Orient et ailleurs. Si le nouveau président tient ses promesses, cela pourrait constituer un coup sérieux au renforcement militaire de l’OTAN sur les frontières de la Russie, entrainant des pertes sérieuses pour l’industrie américaine de l’armement qui prévoit de gagner des milliards de dollars en vendant des armes superflues aux alliés de l’OTAN sous prétexte de la prétendue « menace russe ».

Les craintes du parti de la guerre sont peut-être exagérées. Les premiers choix de collaborateurs de Trump laisse prévoir une survie probable de la prétention des États-Unis à être la nation « exceptionnelle » et indispensable. Mais les priorités pourraient changer. Et ceux qui sont habitués à un règne absolu ne peuvent tolérer que celui-ci soit remis en cause.

Les mauvais perdants d’en haut



Les membres du Congrès, les grands médias, la CIA et jusqu’au président Obama se sont ridiculisés, et la nation avec eux, en affirmant que la cabale clintonienne a perdu l’élection à cause de Vladimir Poutine. Dans la mesure où le reste du monde pourrait prendre ces pleurnicheries au sérieux, cela devrait augmenter encore le prestige déjà considérable de Poutine. L’idée qu’un piratage moscovite de quelques messages internes au parti démocrate puisse faire perdre le candidat favori du puissant establishment étatsunien ne peut que signifier que la structure politique des États-Unis est si fragile que quelques révélations de courriels peuvent provoquer son effondrement. Un gouvernement notoirement connu pour fouiner dans les communications privées du monde entier, ainsi que pour renverser des gouvernements les uns après les autres par des moyens moins subtils et dont les agents se sont vantés d’avoir manipulé les Russes en 1996 pour faire réélire le totalement impopulaire Boris Eltsine, semble maintenant réduit à pleurer, « maman, Vlady joue avec mes jouets de piratage ! »

Il serait normal que les Russes préfèrent un président des États-Unis qui écarte ouvertement la possibilité de déclencher une guerre contre la Russie. Cela ne fait pas de la Russie « un ennemi », c’est juste un signe de bon sens. Cela ne signifie pas que Poutine soit assez naïf pour imaginer que Moscou puisse décider du résultat de l’élection avec quelques tours de passe-passe.

Tout ce spectacle misérable n’est rien d’autre que la poursuite de la russophobie exploitée par Hillary Clinton pour distraire de ses propres scandales multiples. En tant que pire perdante dans l’histoire électorale américaine, il lui faut blâmer la Russie, plutôt que de reconnaître qu’il ne manquait pas de raisons pour la rejeter.

La machine de propagande a trouvé une réponse aux informations gênantes : elles sont fausses. Cette fois-ci, les conspirationnistes de Washington sont en train de se surpasser. Les geeks russes étaient supposés savoir qu’en révélant quelques messages internes du Comité national démocrate, ils pouvaient assurer l’élection de Donald Trump. Quelle formidable prescience !

Obama promet des représailles contre la Russie pour avoir traité les États-Unis comme les États-Unis traitent, disons, le Honduras (et même la Russie elle-même jusqu’à ce que Poutine y mette un terme). Poutine a rétorqué que pour autant qu’il sache, les États-Unis n’étaient pas une république bananière, mais une grande puissance capable de protéger ses élections. Ce que Washington est en train de nier avec véhémence. Les mêmes médias qui ont affirmé l’existence des « armes de destruction massive » de Saddam transmettent à présent cette théorie du complot absurde avec tout le sérieux du monde.

En dénonçant ce « complot » russe sans donner de preuves, la CIA se départit de la discrétion habituelle des services de renseignement lorsqu’ils se soupçonnent mutuellement de manoeuvres, car le but du récit actuel est de convaincre le public américain que l’élection de Trump est illégitime, dans l’espoir vain d’abord de gagner le collège électoral, puis de paralyser sa présidence en le qualifiant d’agent de Poutine.

Les mauvais perdants d’en bas



Les mauvais perdants au sommet savent au moins ce qu’ils font et ont un but. Les mauvais perdants d’en bas expriment des émotions sans objectifs clairs. Appeler à « la résistance » comme si le pays venait d’être envahi par des extraterrestres n’est qu’une fausse auto-dramatisation. Le système électoral américain est archaïque et bizarre, mais Trump a joué le jeu selon les règles. Il a fait campagne pour remporter les Etats pivots, et non une majorité populaire, et c’est ce qu’il a obtenu.

Le problème n’est pas Trump mais un système politique qui réduit le choix de l’électorat à deux candidats détestés, soutenus par de grandes fortunes.

Quoiqu’ils pensent ou ressentent, les manifestants de rue anti-Trump, plutôt jeunes, créent une image d’enfants gâtés d’une société de consommation hédoniste qui piquent des crises lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Bien sûr, certains sont véritablement préoccupés pour leurs amis immigrants illégaux et craignent leur déportation (ce qui se faisait déjà sous Obama). Il reste possible d’organiser leur défense. Il est probable que la plupart des manifestants auraient préféré Bernie Sanders, mais que cela leur plaise ou non, leurs protestations sont la continuation des thèmes dominants de la campagne négative de Hillary Clinton. Elle a joué sur la peur. En l’absence de tout programme économique pour répondre aux besoins de millions d’électeurs qui ont montré leur préférence pour Sanders, et de ceux qui se tournèrent vers Trump tout simplement à cause de sa vague promesse de créer des emplois, sa campagne a exagéré la portée des déclarations les plus politiquement incorrectes de Trump, créant l’illusion que Trump était un raciste violent dont le seul programme était de susciter la haine. Pire encore, Hillary a stigmatisés des millions d’électeurs favorables à Trump comme « un panier de déplorables, racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes – tout ce que vous voulez ». Ces remarques ont été faites à un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa politique identitaire pour gagner les voix des minorités en stigmatisant la majorité blanche – qui elle-même est en passe de devenir minoritaire. La prémisse des politiques identitaires est que les minorités ethniques et sexuelles sont opprimées et donc moralement supérieures à la majorité blanche, qui est l’oppresseur implicite. C’est cette tendance à trier les gens selon des catégories moralement distinctes qui divise la population, tout autant —sinon plus — que les hyperboles de Trump sur les immigrants mexicains ou musulmans. Elle a servi à convaincre un grand nombre de gens dévoués au politiquement correct à considérer la classe ouvrière blanche des régions du centre des États-Unis comme des envahisseurs ennemis qui menaceraient de les envoyer tous dans des camps de concentration.

Effrayés par ce que Trump est accusé de vouloir faire, ses adversaires d’en bas ont tendance à ignorer ce que ses adversaires d’en haut sont en train de faire. La dernière trouvaille de la campagne Clinton, à savoir rejeter la faute de sa défaite sur les « fausses nouvelles », soi-disant inspirées par l’ennemi russe, est une facette de la tendance croissante de vouloir censurer Internet, d’abord pour pédophilie, ou antisémitisme, et prochainement sous prétexte de combattre les « fausses nouvelles » — c’est-à-dire celles qui vont à l’encontre de la ligne officielle. Cette menace contre la liberté d’expression est bien plus grave que les saillies machistes de Trump que la campagne Clinton a bruyamment gonflées pour créer le scandale.

Il est normal et souhaitable que se développe une opposition politique aux mesures réactionnaires de la future administration Trump. Mais une telle opposition devrait s’atteler à définir les enjeux et fixer des objectifs précis, au lieu d’exprimer un rejet global sans résultat pratique.

La réaction anti-Trump hystérique est incapable de saisir les implications de la campagne qui vise à blâmer Poutine pour la défaite de Hillary. Les anti-Trump veulent-ils la guerre avec la Russie ? J’en doute. Mais ils ne veulent pas reconnaître que malgré tout, la présidence Trump présente une occasion d’éviter la guerre avec la Russie. Ceci est une fenêtre d’opportunité qui se refermera brutalement si l’establishment clintonien et le parti de la guerre obtiennent gain de cause. Qu’ils en soient conscients ou non, les manifestations de rue aident cet establishment à délégitimer Trump et à saboter le seul élément vraiment positif dans son programme : la paix avec la Russie.

Ajustements dans la liste des ennemis



Par leurs choix fatalement erronés au Moyen-Orient et en Ukraine, les dirigeants à Washington ont mis les États-Unis dans une trajectoire de collision avec la Russie. Incapable d’admettre que les États-Unis ont parié sur le mauvais cheval en Syrie, le Parti de la Guerre ne voit pas d’autre choix que de diaboliser et de « punir » la Russie, au risque en fin de compte d’avoir recours aux arguments décisifs du vaste arsenal nucléaire du Pentagone. La propagande anti-russe a dépassé les niveaux extrêmes de la guerre froide. Presque tout le monde s’y met, en rivalisant d’inventivité. Qu’est-ce qui peut mettre un terme à cette folie ? Qu’est ce qui peut servir à créer des attitudes et des relations normales envers cette grande nation qui aspire avant tout à être simplement respectée et à promouvoir le droit international basé sur la souveraineté nationale ? Comment les États-Unis peuvent-ils faire la paix avec la Russie ?

Il est clair que dans l’Amérique capitaliste et chauvine il n’y a aucune chance de passer à une politique de paix en nommant mon ami l’excellent pacifiste David Swanson aux relations extérieures américaines, aussi souhaitable que cela puisse être.

De façon réaliste, la seule façon dont l’Amérique capitaliste puisse faire la paix avec la Russie est en développant les affaires capitalistes. C’est ce que Trump propose de faire.

Face aux réalités, un peu de réalisme est utile. Le choix du patron de Exxon, Rex W. Tillerson, comme secrétaire d’État est la meilleure démarche possible pour mettre fin à la course actuelle vers la guerre avec la Russie. A ce stade, le slogan américain pour la paix ne peut être que « Faites les affaires, pas la guerre ».

Mais la « résistance » à Trump ne soutiendra probablement pas cette politique pragmatique en faveur de la paix. Cette politique se heurte déjà à une opposition au Congrès, chez des Démocrates et des Républicains avides de guerre. Au lieu de soutenir la détente, en criant « Trump n’est pas mon président ! », les gauchistes désorientés renforcent par inadvertance cette opposition, qui est pire que Trump.

Éviter la guerre avec la Russie ne transformera pas Washington en un havre de douceur et de lumière. Trump est dotée d’une personnalité agressive, et les personnalités opportunistes et agressives de l’establishment, notamment ses amis pro-Israëliens, vont l’aider à retourner l’agressivité des États-Unis vers d’autres cibles. L’attachement de Trump à Israël n’a rien de nouveau, mais semble particulièrement intransigeant. Dans ce contexte, les mots extrêmement durs de Trump envers l’Iran sont de mauvais augure, et il faut espérer que son rejet déclaré des guerres de « changements de régime » s’appliquera ici comme ailleurs. La rhétorique anti-chinoise de Trump ne promet rien de bon, mais à la longue il n’y a pas grand chose que lui ou les États-Unis puissent faire pour empêcher la Chine de redevenir la « nation indispensable » qu’elle était pendant la majeure partie de sa longue histoire. Des accords commerciaux plus stricts ne conduiront pas à l’Apocalypse.

L’échec de l’élite intellectuelle



La triste image des Américains d’aujourd’hui comme de mauvais perdants, incapables d’affronter la réalité, doit être attribuée en partie à l’échec éthique de la « génération 1968 » des intellectuels. Dans une société démocratique, le premier devoir des hommes et des femmes ayant le temps, le goût et la capacité d’étudier avec rigueur la réalité est de partager leurs connaissances et compréhension avec ceux qui ne disposent pas de tels privilèges. La génération des intellectuels dont la conscience politique a été temporairement éveillée par la tragédie de la guerre du Vietnam aurait dû reconnaître que leur devoir était d’utiliser leur position pour éduquer le peuple américain sur l’histoire et les réalités du monde que Washington se proposait de redessiner. Mais l’actuelle phase du capitalisme hédoniste offre aux intellectuels de bien plus grandes opportunités de réussite en manipulant les masses qu’en les éduquant. Le marketing de la société de consommation a même contribué au développement de la politique identitaire en ciblant le marché des jeunes, le marché gay, et ainsi de suite. Une masse critique d’universitaires « progressistes » s’est retirée dans le monde abstrait du post-modernisme, et a fini par diriger l’attention des jeunes sur la bonne manière de réagir à la sexualité des autres ou d’élargir leur conception du « genre ». De telles élucubrations ésotériques alimentent le syndrome de « publier ou périr » et permettent aux universitaires en sciences humaines d’éviter le moindre sujet qui pourrait être jugé critique du militarisme croissant des États-Unis ou des dérives du monde « globalisé » dominé par la haute finance. La controverse la plus aigue qui secoue aujourd’hui le monde universitaire est de savoir qui doit utiliser quelles toilettes.

Si les snobs intellectuels peuvent ricaner avec une telle auto-satisfaction sur les pauvres « déplorables » des régions qu’ils ne voient que d’en haut en prenant l’avion d’une côte des États-Unis à l’autre, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes ignoré leur devoir social primaire qui est de chercher la vérité et de la partager. Gronder des inconnus pour leurs attitudes supposées « mauvaises » tout en donnant l’exemple social de la course à la promotion personnelle effrénée ne peut que produire cette réaction anti-élite appelée « populisme ». Trump est la revanche de ceux qui se sentent manipulés, oubliés et méprisés. Quels que soient ses défauts, il était le seul choix qui leur était offert pour exprimer leur révolte dans une élection pourrie. Les États-Unis sont profondément divisés idéologiquement, ainsi que sur le plan économique. Les États-Unis sont menacés, non pas par la Russie, mais par leurs propres divisions internes et l’incapacité des Américains non seulement à comprendre le monde, mais à se comprendre entre eux.

Diana Johnstone

Article original en anglais :

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The 2016 Elections: “The Bad Losers” and What They Fear Losing, 20 décembre 2016

Traduction VD pour le Grand Soir.

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Nous avons subi 2016. Nous attendons avec espoir 2017.

décembre 29th, 2016 by Chems Eddine Chitour

«Tout le secret pour rester jeune en dépit des années, et même des cheveux blancs, c’est de protéger en toi l’enthousiasme par le maintien de l’harmonie dans ton âme.»

 Henri-Frédéric Amiel

 

Rituellement, à la fin de chaque année, on fait le bilan de l’année en cours et en donnant du même coup quelques tendances pour l’année qui vient. 2016 n’a sûrement pas été la meilleure année que nous ayons connue. Une année de perturbations, les conséquences d’une gestion néolibérale du monde: terrorismes, crises migratoires, débâcle des pays de l’Opep plus rentiers que jamais, convulsions climatiques. Deux bonnes nouvelles: Alep a été libérée, un début de lueur pour la cause palestinienne. Un nouveau départ pour le Moyen-Orient?

La  visite du président américain Obama à Cuba concrétisée en 2016, n’a pas donné le souffle de sérénité tant attendu par la levée de l’embargo. Par contre, la disparition de Fidel Castro a été d’autant mieux ressentie comme celle d’un géant qui a marqué le XXe siècle au nom de la liberté. Cuba a résisté à l’Empire et ne s’est pas dissoute. Malgré  ce  que l’on pourrait  reprocher à Fidel Castro  en terme de déficit de  libertés pour les citoyens, indépendamment de l’appréciation discutable du magister dixit de l’Occident sans conteste, Castro a donné une visibilité internationale basée sur le savoir,  et le compter sur soi.   Il n’est  que de constater comme le fait l’OMS la performance du système de santé cubain.  A bien des égards, les hommes politiques actuels, sont des nains qui discutent du sacerdoce  d’un géant dont il n’aperçoive que la cheville. Hasta siempre commandante

Les principales escales de l’année 2016 dans le monde

La guerre en Syrie a eu la grosse part de l’information main stream. On sait que les pourparlers qui ont débuté le 25 janvier 2016, à Genève, n’ont abouti à rien du fait de l’ambivalence de la politique occidentale. Toujours deux fers au feu. Avec Al Nosra qui fait du bon boulot -en égorgeant notamment des enfants- et Assad «qui ne mérite pas de vivre» et qui vient de libérer Alep en décembre en faisant prisonniers des dizaines d’officiers occidentaux qui «conseillaient» les terroristes. Pas un mot par contre du génocide de la coalition arabe au Yemen menée par l’Arabie saoudite qui mène une véritable guerre d’extermination avec la complicité de l’Occident et d’Israël à la fois en termes d’armement et de médias.

Par ailleurs, toujours en 2016, le Sommet humanitaire mondial du 23 au 24 mai à Istanbul (Turquie) qui avait pour but de proposer des solutions aux défis et définir un programme pour l’action humanitaire dans le futur n’a débouché sur rien de tangible.  Les Jeux olympiques de Rio ont eu lieu du 5 au 21 août 2016 et plus de 10.500 athlètes de 206 comités nationaux olympiques ont participé à cet événement malgré le coup d’Etat fomenté par la droite qui a vu l’éviction de Dilma Roussef. Sans doute, les progrès les plus remarquables réalisés au cours du sommet du G20 tenu à Hangzhou (Chine) ont été le changement d’attitude de l’architecte du texte final, la Chine, qui a montré sa force tranquille en misant sur la quatrième révolution.

Enfin, l’année 2016 a été marquée par l’accord de la Turquie avec l’Europe pour endiguer l’émigration moyennant 3 milliards de dollars. Le président turc Erdogan a survécu à une tentative de coup d’Etat en Juillet. Ce sera le début du rapprochement russo-turc sur le plan économique et sur le plan politique avec un début de solution de la crise syrienne.

La bataille d’Alep: victoire de la vérité

L’Armée syrienne aidée par la Russie  et  l’Iran  a réussi à venir à bout des  terroristes d’Alep est  ( 30%) à peine de la ville d’Alep qui continue à vivre normalement. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l’Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar Al Assad n’aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui. De plus, tous ceux qui claironnaient ne méritaient pas de vivre, voire voulaient le punir sans savoir qu’ils étaient sur le point d’être balayés par l’Histoire qu’ils auront traversée d’une façon honteuse.

Que l’on se souvienne de la mécanique diabolique pour arriver à la partition de la Syrie voulue par l’Empire et le sionisme et suivie d’une façon servile par les vassaux, d’abord créer un gouvernement off shore,  proposé par la France de Sarkozy puis  avec Hollande   Avec cela on crée un OSDH  de toutes pièces qui – des bords de la Tamise- comptabilise les morts et les blessés à partir de Londres. On serait à 300.000 morts en 2000 jours de combat, soit une moyenne de 150 morts par jour! Qui dit mieux?

Le camp occidental dans sa version obamienne et hollandaise après son échec de n’avoir pas pu imposer un gouvernement dirigée par des dirigeants fantômes- il est bien difficile de mettre un nom de leader unique accepté par toutes les organisations terroristes- livre une ultime bataille, celle de désigner la Russie comme bouc émissaire et de désigner le gouvernement légitime de la Syrie comme bourreau de son peuple. Un constat: les médias se déjugent sans fausse honte, mais ont des difficultés à prendre les virages de la réalité. On aurait voulu présenter des cohortes de hères mourant de faim, de froid et que voit-on des cars où les réfugiés montent calmement, des voitures avec des enfants qui ne semblent ni mourir de faim ni de froid faisant même en riant le V de la victoire en face de la caméra occidentale qui aurait voulu capter autre chose. N’ayant rien à se mettre sous la dent, les médias recrutent des journalistes «libres» qui sont payés proportionnellement au déversement de fiel sur le pouvoir.

On apprend  par la même que plus de 110 officiers de l’Otan ont été capturés dans un bunker des terroristes Al-Nosra à Alep. Selon des rapports concordants sortant d’Alep ce 16 décembre 2016, au moins 14 officiers militaires de la coalition de l’Empire anglo-sioniste ont été capturés par les forces spéciales syriennes ce matin dans un bunker terroriste d’Al-Qaïda/Al-Nosra à Alep Est. Que faisaient ils ? Pourquoi un double  langage, côté cours on lutte contre le terrorisme avec une coalition et des négociations avec la Russie et de l’autre, côté jardin on met à la disposition des révolutionnaires un véritable arsenal et de la nourriture payés par les  ventripotents   rentiers du Golfe . Après la reddition des terroristes les Alepois racontent leur calvaire  en terreur et de famine.. sans compter les charniers de civils mis à mort  dont on a pas fini de faire l’inventaire

Vladimir Poutine, l’homme de l’année incompris en Occident

Vladimir Poutine, que l’on croyait vulnérable, non seulement a tenu bon, mais il fait bouger les lignes. En Ukraine, en Syrie, où il a pris les rênes de la lutte contre Daesh. L’Europe avec ses rodomontades, n’a pas tenu longtemps devant la détermination de la Russie. Pour une quatrième fois consécutive, le magazine Forbes l’a désigné en 2016, l’homme le plus puissant. Malgré un battage innommable des médias et une politique impériale autiste, notamment de la part des valets européens envers l’Empire, l’Etat syrien aidé par des troupes russes et iraniennes est venu à bout du terrorisme entretenu et alimenté par l’Occident.

L’Occident interdit aux citoyens du Monde d’aimer leurs pays. En l’occurrence Vladimir Poutine a été traumatisée par la disparition de l’Union Soviétique. Certains en Europe, et surtout y ont vu la fin de l’histoire comme le  claironné  Francis Fukuyama l’idéologue du Pentagone. On a longtemps cru que la fin de l’Urss était synonyme de la fin de la Russie.  Sur ordre de l’empire  les pays européens prennent des sanctions contre la Russie. Ainsi Le 31 juillet, les dirigeants européens ont  renouvelé les sanctions imposées pour faire plier Poutine sur l’Ukraine. Si  en 2017 Trump rompt les rangs par l’assouplissement des sanctions, l’Union européenne aura du mal à maintenir sa cohésion car même dans les 27, certains pays ne veulent plus participer à cette punition qui a permis à la Russie d’être plus autonome, voire autosuffisante.

A  l’occasion des 25 ans de la chute de l’URSS, Vladimir Fédorovski ancien diplomate russe ,  interviewé par Alexis par Feertckak nous parle des conditions de la reddition en rase compagne de  Michaël Gorbatchev  dont on dit que le hochet du Prix Nobel a récompensé le bradage de l’URSS, Il parle ensuite de la gestion erratique de Boris Eltsine pour arriver au coup d’arrêt donné  par Vladimir Poutine à la déliquescence de la Russie.

« Nous vivons les conséquences de la rencontre manquée entre la Russie et l’Occident en 1991. Il y a eu une sorte d’alignement des planètes avec plusieurs phénomènes politiques et économiques qui se sont combinés. L’échec de Gorbatchev est précisément une victoire puisqu’il a permis à la Russie de sortir du communisme sans effusion de sang. Pour la population russe, c’est un immense traumatisme. Les Russes détestent Gorbatchev. Ils lui font porter le chapeau. Vladimir Poutine le juge lui-même par le mot d’incompétent. Il y a chaque semaine des demandes pour qu’il soit jugé pour haute trahison… Les Américains réinventent eux aussi l’histoire». (1)

«  Incriminant l’Occident qui n’a pas respecté sa parole, il ajoute : « Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev. Ces accords ont bel et bien existé: le deal diplomatique concernait la réunification de l’Allemagne, que l’URSS acceptait. En échange, les Américains s’engageaient à respecter les intérêts géostratégiques de la Russie. (…) Mais à partir de son discours de Munich en 2007, Vladimir Poutine, et les Russes de manière générale, ont tiré une conclusion très grave à mon sens pour l’Occident. Ils en ont conclu qu’en 1991, l’Occident ne voulait pas tuer le communisme, mais qu’il voulait tuer la Russie. (…) À partir de là, Vladimir Poutine a utilisé l’outil militaire et la diplomatie du pétrole pour défendre les intérêts russes. Pour lui, les choses sont simples, l’Occident sera obligé de compter avec les intérêts de Moscou ». (1)

Enfin toujours dans le même ordre, la mort de l’ambassadeur russe à Ankara,  le 19 décembre a été l’aboutissement d’une campagne hystérique contre la Russie pour voir finalement libérés du joug de Daesh des civils qui disent être soulagés. Tous les pays occidentaux et Ban Ki-moon n’ont pas arrêté de dénoncer la reprise d’Alep où on découvre un véritable arsenal et de la nourriture en quantité, Alexei Pouchkov, du comité des Affaires étrangères de la Douma [le Parlement russe], avait raison lorsqu’il a dit, à la suite de la mort d’Andrei Karlov, que l’Occident était responsable parce que son hystérie et ses délires sur les événements d’Alep ont favorisé un climat de haine déchaînée envers la Russie.

Bilan de la présidence d’Obama: une fin de règne sans gloire

Le président Obama qui a débuté dans l’euphorie de la promesse d’un nouveau départ avec le monde musulman (discours du Caire) au point d’avoir eu le prix Nobel, termine la présidence dans l’incertitude la plus totale, même le vote de la résolution contre les colonies en Palestine est plus vu comme un règlement de comptes envers l’administration israélienne (Netanyahu arrive aux Etats-Unis invité par le Congrès et ignore le président Obama). Le président Obama aura déçu tout le monde, pour n’avoir pas été du côté de la morale. Nous lisons sur le site Blomberg sous la plume de Leonid Berchidski:

«L’un des principaux résultats de la présidence de Barack Obama est le sentiment que les États-Unis ne sont plus la puissance dominante. Dans les conditions actuelles, Washington peut être négligé, la Russie se trouve à l’avant-garde de cette nouvelle tendance: cette semaine, les ministres russe, iranien et turc des Affaires étrangères se sont réunis à Moscou afin de discuter de la situation en Syrie. Les États-Unis n’ont pas été invités ».  (2)

« Au terme de cette rencontre, les ministres ont adopté une déclaration selon laquelle leurs pays se disent prêts à servir de garant de l’accord entre le gouvernement syrien et l’opposition. La déclaration précise notamment que tout autre pays «capable d’influencer la situation en Syrie» peut se joindre à cette initiative. Dans sa récente intervention, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a souligné que la Russie et les États-Unis restaient en contact, mais qu’à chaque fois que Moscou et Washington concluaient un accord, les Américains ne respectaient pas leurs engagements et se mettaient à faire la morale. (…) Un autre argument est le Brexit que les Britanniques ont voté en boudant les États-Unis avec leurs mises en garde. L’aspiration grandissante globale à prendre ses distances de Washington est le résultat direct des incohérences d’Obama dans sa politique extérieure. Il la qualifie d’«orientée vers les valeurs», alors que la majorité des pays du monde ne partagent pas ces valeurs, soupçonnent les USA de jouer double jeu et les accusent d’arrogance.» (2)

Le conflit libyen: La responsabilité totale de l’empire et de ses vassaux

Un cadeau du tandem Obama-Clinton, de Cameron et de Sarkozy est le chaos en Libye après le lynchage d’El Gueddafi. Ces quatre personnes ne seront plus là, mais le drame libyen est toujours actuel.

«En Libye, écrit le général Jean-Bernard Pinatel, l’année 2017 va commencer avec une situation profondément modifiée par rapport à janvier 2016 tant sur les plans politique que sécuritaire. Cette évolution constitue un succès pour la politique russe et chinoise en Méditerranée orientale et annonce l’échec de l’accord de Tunis de décembre 2014, réalisé sous l’égide de l’ONU et soutenu par les puissances occidentales. Sur le plan sécuritaire, comme on pouvait l’entrevoir au début 2016, la greffe de Daesh n’a pas réussi à prendre en Libye. Sur le plan politique, ces actions, qui sont probablement l’amorce d’un ralliement de Misrata au général Haftar, fragilisent le Conseil de Présidence issu de l’accord de Tunis de décembre 2014 et qui est présidé par Fayez al-Sarraj et dont les Misratis étaient le principal soutien. Face à cette situation c’est clairement le général Haftar qui tient dans ses mains l’avenir du pays à condition qu’il arrive à pérenniser son rapprochement avec Misrata. (…) Comme le constatait le secrétaire général de l’ONU dans son rapport du 1er décembre 2016 sur la Mission d’appui des Nations unies en Libye, la situation politique est toujours bloquée. Le Conseil de la Présidence est incapable de mettre en application l’Accord politique libyen conclu en décembre 2015. (3) (4)

Cependant, une lueur d’espoir avec les visites à quelques jours d’intervalle du maréchal Haftar et du Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj à Alger ces derniers jours augurent d’une entente entre les deux parties protagonistes. Si cela réussit, le drame de la Libye cessera en 2017. L’Algérie qui s’est éloignée du fait des parasitages en tout ordre revient à sa façon d’une façon discrète et pourrait faire aboutir un accord.

Que sera le monde en 2017

A en croire les médias occidentaux les peuples hors occidentaux n’existent pas! On ne parle pas ou si peu de  leur devcenir sauf s’ils sont en litige avec les dirgeants occidentaux .  Nous allons donc par suivisme , ne traiter que du futur de l’Empire et de ses vassaux, avec en creux le sort des pays vulnérables . En  Europe le Brexit a sonné le glas de l’Europe des technocrates de Bruxelles ; les peuples européens relèvent la tête et n’acceptent plus d’être dirigées à coup de directives.  Naturellement pour la Commission, c’est un avertissement d’autant plus criard que l’on apprend que l’ancien commissaire Barroso  est devenu vice président de Goldman Sachs et que les négociations pour le poste avaient commencé avant qu’il ne quitte la   Commission . Ce fut la Béresina . Cameron a été obligé de quitter le pouvoir.  Le non de Nigel Farage l’ayant emporté.

Il fallait trouver un coupable au fait que le peuple anglais ait mal voté Pour Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, le ras-le-bol des peuples composant l’Europe c’est du populisme. Pour lui:

«Les démocraties occidentales seront encore contestées l’année prochaine, car on prévoit des partis populistes faire des gains en Europe». La démocratie libérale en Europe et aux États-Unis est en crise ».

Il est vrai que le populisme de droite a augmenté au cours des dernières années, alimenté par l’agitation sociale provoquée par la récession en cours, le terrorisme, et de la xénophobie déclenchée par un afflux massif de réfugiés et de migrants de la guerre par le Moyen-Orient et en Afrique. Nulle part les dirigeants occidentaux  ne parlent de leurs responsabilités: «L’enfer c’est les autres», disait Sartre. Ayant été sourds aux appels désespérés des peuples les dirigeants européens furent choqués par le vote des électeurs anglais (Brexit) de ne pas rester sur le bateau Europe qui fait eau de toutes parts. Ils font peur aux électeurs en diabolisant Marine Le Pen qui pourrait être élue présidente de la France. De même pour eux l’islamophobe des Pays – Bas (PVV), Geert Wilders, pourrait remporter les élections.

Les négociations du Brexit seront lancées en mars, si le Premier ministre britannique Theresa May déclenche l’article 50. Pour les décideurs de l’UE, les principaux défis découlent de «la perception d’un manque de contrôle et de craintes liées à la migration, le terrorisme et l’insécurité économique et sociale», lit-on dans les conclusions du sommet de Bratislava. Trois dirigeants des pays du G7 sont sur le point de quitter le pouvoir.

Après Barack Obama, Mattéo Renzi, David Cameron et François Hollande, le G7 sera affaibli car l’Italie, l’hôte de la célébration du Traité de Rome aussi. Le sommet du G7 est en pleine tourmente car l’Italie est à la fois trop importante pour la laisser échouer, et trop grande pour pouvoir la sauver financièrement. En face, l’inoxydable Poutine, le sage chinois et l’énigmatique indien. Ni la Russie ni la Chine ne sont invités au sommet qui se tiendra en Sicile, en dépit de leur influence croissante au Moyen-Orient et de l’Asie du Sud-Est.

Le 31 mars, le Premier ministre britannique enverra une lettre à Bruxelles pour déclencher le compte à rebours de deux ans pour le divorce. En Allemagne, Angela Merkel est menacée par la colère et la peur depuis que plus d’un million de demandeurs d’asile sont venus en Allemagne. De plus, l’attentat de Berlin du 19 septembre a donné du grain à moudre aux extrémistes qui peuvent empêcher un quatrième mandat de Angela Merkel en septembre.

L’énigme Trump : Une victoire inattendue

La victoire de Donald Trump a stupéfié les Européens qui avaient misé sur Hillary Clinton plus proche de l’idéologie obamienne. Donald Trump, qui prend les rênes de la Maison-Blanche le 20 janvier, se prépare à désengager l’Amérique de la scène mondiale. Le vide politique sera rempli par la Chine, qui aspire à devenir une superpuissance mondiale, dans le domaine économique. Si le président Trump tient toutes ses promesses, ce sera un chamboulement dans les pays satellites et au Moyen-Orient. Il est possible que «America first» permettra une certaine retenue sur le front syrien avec un deal avec la Russie. Par contre, concernant Israël nous allons au-devant d’une escalade, notamment avec la volonté américaine d’annuler la fameuse résolution concernant les colonies. S’agissant du climat, la COP21 présentée comme un succès a été un vaste canular qui a lancé un sortilège sur les participants, Aucune limite à la pollution, aucune contrainte. Même si en 2016 un accord a été signé par les grandes puissances le 4 novembre enlevant de ce fait toute crédibilité à la Cop22 qui a démarré le 7 novembre. Le président Trump climato-sceptique devant l’Eternel nous promet de détricoter l’accord et avec l’abandon des 2 °C.

Par contre avec la Chine, de sombres jours se profilent à l’horizon du fait des positions tranchées de l’administration Trump : « Le journal  Global Times, organe du parti communiste au pouvoir, assure que Pékin ne reculera à aucun prix devant Trump et la guerre qu’il a déclarée à la Chine. Le texte lance une sérieuse mise en garde à l’adresse de la nouvelle administration américaine et n’écarte pas la possibilité d’une confrontation USA/Chine au cours du mandat de Trump. « Il semblerait que M.Trump soit déterminé à multiplier des actions hostiles à l’encontre de Pékin. Sa politique est vengeresse aussi bien en termes économiques qu’en termes politiques. » (…) Le journal rappelle ensuite que la Chine de 2016 n’a rien de commun avec la Chine d’il y a dix ans.

« La Chine s’est bien renforcée, et ce, dans divers domaines. Il n’est plus question qu’elle prenne son mal en patience et qu’elle tolère l’attitude de Trump. La Chine ne reculera devant rien. » Global Time poursuit : « Si c’est le bellicisme qui devrait régir désormais les relations sino-américaines, la Chine saura réagir en fonction des circonstances et elle aura une nouvelle définition des liens entre les deux États. » (5)

Le conflit israélo-palestinien

Rien de nouveau sous le soleil ! La colonisation illégale continue et ce n’est pas la résolution votée par le Conseil de Sécurité à l’unanimité des 14 membres et de l’abstention des Etats Unis qui fera la différence. La position américaine est incompréhensible si on ne prend pas en compte  deux données qui n’ont rien à voir avec l’empathie  américaine envers la détresse des Palestiniens. D’abord,  le mépris avec lequel Benyamin Netanyahu traite le président américain, au point de se faire inviter au Congrès et de ne pas rendre une visite de courtoisie au Président des Etats Unis. La deuxième chose est le fait que le président Obama étant sur le départ a peut être eu des remords, lui qui avait promis au Caire de contribuer à l’avènement de deux Etats côte à côte. On comprend dans ces conditions cette activité fébrile en moins d’un mois faisant un forcing avec véritablement un dialogue de sourds . Le premier ministre Netanyahu annonçant qu’il ne tient pas compte de la Résolution et qu’il attend la prise de son ami Trump pour que les  choses redeviennent comme avant…

Bref les Etats-Unis s’apprêteraient à proposer la reconnaissance d’un Etat palestinien! Celui-ci inclurait des échanges de territoires et une reconnaissance des frontières de 1967. Selon le journal palestinien Al-Quds, l’un des points majeurs de sa proposition résiderait dans une reconnaissance d’un Etat palestinien se fondant sur le tracé des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. En échange, les Palestiniens devraient reconnaître Israël comme Etat juif, John Kerry envisagerait de proposer ce texte au mois de janvier, soit quelques jours à peine avant la passation de pouvoir entre Barack Obama et Donald Trump. (6)

Et en Algérie ?

Là encore ! Rien de nouveau sous le soleil à part la chute des prix du pétrole. Déjà en 2015 nous attirions l’attention sur les problèmes du pays, notamment sécuritaires. Les Algériens savent que le pays est en danger avec ce qui se passe à nos frontières. Quelque chose venant des Américains et des Occidentaux se concocte. Cependant, il en est autrement sur le plan économique. L’Algérie a perdu plus de 50% de ses revenus pétroliers. A tort, l’Algérie ne faisant pas preuve d’humilité pense qu’elle a réglé le problème des prix du pétrole. Ce qui est non seulement faux, mais surtout dangereux, car deux messages sont distillés: l’Algérie pays des miracles et le deuxième message plus dangereux celui de retomber dans le farniente «Arrougdou» «Dormez braves gens, le pétrole veille sur votre paresse».

Plus que jamais, une feuille de route est nécessaire pour une transition multidimensionnelle sur tous les plans (énergies, agriculture, éducation, économie de la connaissance), qui serait une rupture avec le schéma traditionnel de gestion. Pour cela il faut initier un débat avec les experts, la société civile, les étudiants, bref les forces vives de la nation. Un Etat stratège devait donner l’exemple, notamment par la réduction du train de vie, par une pédagogie des actions qui doivent être acceptées et mises en oeuvre par les citoyens. S’agissant de l’intégration, il est illusoire de croire que nous pouvons fabriquer à titre d’exemple le silicium, les pays européens l’achètent en Chine. Par contre, un partenariat d’ensemble avec un pays leader est indiqué. Nous avons perdu dix ans à dire que le photovoltaïque n’était pas rentable!

Enfin, personne ne peut garantir à moins d’être devin qu’il y aura du pétrole en Algérie en 2030! Même le mode de transport sera hybride et le diesel  selon toute vraisemblance va disparaître. Pourquoi construire 3 raffineries et miser sur le diesel?  Pourquoi ne pas laisser un viatique aux générations futures et miser surtout sur les usages nobles du pétrole comme la pétrochimie?   Faire des promesses sans une stratégie transparente , cohérente et qui mobilise toute l’Algérie, relève de vœux pieux pour ne pas dire de la tentation de croire que les choses s’arrangeront d’elles mêmes avec des y a qu’à.. avec au passage avec une bénédiction divine !

Enfin, rien ne peut se faire encore une fois sans la formation des hommes qui est absente du discours des hommes politiques actuels. L’année 2016 a vu le retour de l’irrationnel comme nous l’avons vu  avec le classement Pisa où notre système éducatif occupe  dernière place, l’affaire du RHB et le sort de la langue arabe liés à une dimension divine. L’éducation devrait être la prunelle de nos yeux, et en l’occurrence le moment est venu de se frotter aux normes internationales pour savoir comment nous pouvons aller vers ce graal de l’économie de la connaissance seule défense immunitaire contre la rente ne sera plus là !

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

1.http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00255-vladimir-fedorovski-la-chute-de-l-urss-est-encore-un-traumatisme-national-en-russie.php

2.https://fr.sputniknews.com/international/ 201612241029332861-usa-russie-negligence/

3.http://arretsurinfo.ch/vers-une-prise-de-pouvoir-du-general-khalifa-haftar/

4.http://www.geopolitique-geostrategie.fr/

5.https://francais.rt.com/international/31338-etats-unis-sappreteraient-proposer-reconnaissance-etat-palestinien

6.http://reseauinternational.net/pekin-pret-a-redefinir-ses-relations-avec-les-etats-unis/#L1hMdEeV7DL1hgwf.99

 

Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/257228-nous-attendons-avec-espoir-2017.html

 

 

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Occidente: la riscrittura del passato

décembre 29th, 2016 by Manlio Dinucci

«Strage Berlino, perché il terrorista si è lasciato dietro i documenti?»: se lo chiede il Corriere della Sera, parlando di «stranezze». Per avere la risposta basta dare uno sguardo al recente passato, ma di questo non vi è più memoria.

È stato riscritto dal «Ministero della Verità» che — immaginato da George Orwell nel suo romanzo di fantapolitica 1984, critico del «totalitarismo staliniano» — è divenuto realtà nelle «democrazie occidentali». Si è così cancellata la storia documentata degli ultimi anni.

Quella della guerra Usa/Nato contro la Libia, decisa — provano le mail della Clinton — per bloccare il piano di Gheddafi di creare una moneta africana in alternativa al dollaro e al franco Cfa [1]. Guerra iniziata con una operazione coperta autorizzata dal presidente Obama, finanziando e armando gruppi islamici prima classificati come terroristi, tra cui i nuclei del futuro Isis. Poi riforniti di armi attraverso una rete Cia (documentata dal New York Times nel marzo 2013 [2]) quando, dopo aver contribuito a rovesciare Gheddafi, sono passati nel 2011 in Siria per rovesciare Assad e attaccare quindi l’Iraq (nel momento in cui il governo al-Maliki si allontanava dall’Occidente, avvicinandosi a Pechino e a Mosca [3]). Cancellato il documento dell’Agenzia di intelligence del Pentagono (datato 12 agosto 2012, desecretato il 18 maggio 2015 [4]), in cui si afferma che «i paesi occidentali, gli stati del Golfo e la Turchia sostengono in Siria le forze che tentano di controllare le aree orientali» e, a tale scopo, c’è «la possibilità di stabilire un principato salafita nella Siria orientale».

Cancellata la documentazione fotografica del senatore Usa John McCain che, in missione in Siria per conto della Casa Bianca, incontra nel maggio 2013 Ibrahim al-Badri, il «califfo» a capo dell’Isis [5]. Allo stesso tempo, ispirandosi alla «neolingua» orwelliana, viene adattato a seconda dei casi il linguaggio politico-mediatico: i terroristi, definiti tali solo quando servono a terrorizzare l’opinione pubblica occidentale perché appoggi la strategia Usa/Nato, vengono definiti «oppositori» o «ribelli» mentre fanno strage di civili in Siria. Usando la «neolingua» delle immagini, si nasconde per anni la drammatica condizione della popolazione di Aleppo, occupata dalle formazioni terroriste sostenute dall’Occidente, ma, quando le forze siriane sostenute dalla Russia cominciano a liberare la città, si mostra ogni giorno il «martirio di Aleppo».

Si nasconde però la cattura da parte delle forze governative, il 16 dicembre, di un comando della «Coalizione per la Siria» — formato da 14 ufficiali di Stati uniti, Israele, Arabia Saudita, Qatar, Turchia, Giordania, Marocco [6]— che, da un bunker in Aleppo Est, coordinava i terroristi di Al Nusra e altri.

Su questo sfondo si può rispondere alla domanda del Corriere della Sera: come già avvenuto nella strage di Charlie Hebdo e in altre, i terroristi dimenticano o lasciano volutamente un documento di identità per essere subito identificati e uccisi. A Berlino si sono verificate altre «stranezze»: perquisendo il camion subito dopo la strage, la polizia e i servizi segreti non si accorgono che sotto il sedile del guidatore c’è il documento del tunisino, con tanto di foto. Arrestano quindi un pachistano, che rilasciano dopo un giorno per insufficienza di prove. A questo punto qualche agente particolarmente esperto va a guardare sotto il sedile del guidatore, dove scopre il documento di identità del terrorista. Intercettato per caso in piena notte e ucciso da una pattuglia presso la stazione di Sesto, a un chilometro da dove era partito il camion polacco usato per la strage. Tutto documentato dal «Ministero della Verità».

Manlio Dinucci

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Il Pentagono fa il giro del mondo

décembre 29th, 2016 by Manlio Dinucci

Arriva oggi in Italia il capo del Pentagono Ash Carter che, a nome dell’uscente amministrazione Obama, sta facendo «il giro del mondo per ringraziare le truppe Usa schierate in Asia, Medioriente ed Europa e incontrare importanti partner e alleati».

Il tour è iniziato il 3 dicembre dalla California, dove Carter ha tenuto il discorso di chiusura al «Forum Reagan», che gli ha conferito il premio «La pace attraverso la forza».

Carter si è quindi recato in Giappone, dove ha passato in rasegna le truppe Usa e incontrato il ministro della difesa Inada. Il Giappone, che contribuisce con 1,6 miliardi di dollari annui alla permanenza di 50 mila soldati Usa sul proprio territorio, è particolarmente importante quale base avanzata dei sistemi missilistici Usa schierati contro la Cina a «scopo difensivo» e, precisa il Pentagono, è un alleato «in grado di difendere altri paesi che possano essere attaccati».

Dal Giappone Carter è volato in India, divenuta il secondo acquirente mondiale di armi Usa dopo l’Arabia Saudita: un risultato della strategia di Washington che mira a indebolire i rapporti dell’India con la Russia, minando il gruppo dei Brics attaccato allo stesso tempo attraverso il golpe «istituzionale» in Brasile.

Il capo del Pentagono è quindi andato in Bahrein, dove ha partecipato al «Dialogo di Manama» organizzato dall’Istituto internazionale di studi strategici, influente think tank britannico finanziato dall’emirato con oltre 38 milioni di dollari. Intervenendo sulla «logica della strategia americana in Medioriente», Carter ha precisato che in questa regione sono schierati oltre 58 mila militari Usa, tra cui più di 5 mila sul terreno in Iraq e Siria, «non solo per contrastare terroristi come quelli dell’Isis, ma anche per proteggere i nostri interessi e quelli degli alleati» (ragione per cui gli Usa e le monarchie del Golfo, come ampiamente documentato, hanno segretamente sostenuto l’Isis, funzionale alla loro strategia in Siria e Iraq). Carter ha accusato la Russia di non combattere l’Isis in Siria, ma di aver solo «infiammato la guerra civile e prolungato le sofferenze del popolo siriano». Ha quindi aggiunto che, poiché «l’Iran continua a schierare missili», gli Usa stanno realizzando con gli alleati «una difesa missilistica regionale», comprendente un potente radar in Qatar, missili Thaad negli Emirati e altri sistemi missilistici (in realtà non si difesa ma di offesa, dato che gli stessi tubi di lancio possono essere usati per missili da attacco anche nucleare).

Dal Bahrein Carter è andato in Israele, dove ieri ha partecipato col ministro della difesa Lieberman alla cerimonia dell’arrivo dei primi due caccia F-35 per l’aeronautica israeliana, simbolo della sempre più stretta partnership militare con gli Usa, «portata a livelli senza precedenti dall’accordo decennale di assistenza firmato lo scorso settembre».

Da Israele il capo del Pentagono arriva oggi in Italia, per una visita di due giorni alle truppe Usa qui stazionate allo scopo — dichiara un documento ufficiale — di «sostenere le operazioni degli Usa e della loro coalizione su scala mondiale, tra cui la deterrenza all’aggressione russa nell’Europa orientale e il rafforzamento del fianco sud della Nato».

Il tour mondiale, che si concluderà a Londra il 15 dicembre con una riunione della «coalizione anti-Isis», ha uno scopo politico ben preciso: riaffermare alla viglia delle consegne la strategia dell’amministrazione Obama, che avrebbe dovuto proseguire la democratica Clinton, perché restino aperti i fronti di tensione e guerra a Sud e ad Est che il democratico Obama lascia in eredità al repubblicano Trump.

Che ha almeno il merito di non essere Premio Nobel per pace.

Manlio Dinucci

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O Pentágono faz a volta ao mundo

décembre 29th, 2016 by Manlio Dinucci

Chega hoje (13 de dezembro) à Itália o chefe do Pentágono, Ash Carter, que, em nome da administração cessante de Obama, está fazendo “a volta ao mundo para agradecer às tropas dos EUA instaladas na Ásia, Oriente Médio e Europa e se encontrar com importantes parceiros e aliados”.

Por Manlio Dinucci*

O giro começou no dia 3 de dezembro a partir da Califórnia, onde Carter fez o discurso de encerramento do “Forum Reagan”, que lhe conferiu o prêmio “A paz através da força”.

Em seguida, Carter partiu ao Japão, onde passou em revista as tropas dos EUA e se encontrou com o ministro da Defesa, Inada. O Japão, que contribui com 1,6 bilhão de dólares anuais para a permanência de 50 mil soldados estadunidenses em seu próprio território, é particularmente importante como base avançada dos sistemas de mísseis dos Estados Unidos instalados contra a China com “escopo defensivo” e, precisa o Pentágono, é um aliado “em condições de defender outros países que possam ser atacados”.

Do Japão, Carter voou à Índia, que se tornou o segundo comprador mundial de armas dos EUA depois da Arábia Saudita: um resultato da estratégia de Washington que visa a debilitar as relações da Índia com a Rússia, minando o grupo dos Brics atacado ao mesmo tempo através do golpe “institucional” no Brasil.

O chefe do Pentágono foi em seguida ao Bahrein, onde participou no “Diálogo de Manama” organizado pelo Instituto Internacional de Estudos Estratégicos, influente think tank britânico financiado pelo emirado com mais de 38 milhões de dólares. Intervindo sobre a “lógica da estratégia norte-americana no Oriente Médio”, Carter precisou que nesta região estão instalados mais de 58 mil militares dos EUA, entre os quais mais de cinco mil no terreno no Iraque e na Síria, “não só para lutar contra os terroristas como os do chamado Estado Islâmico (Isis, na sigla em inglês), mas também para proteger os nossos interesses e os dos aliados” (razão pela qual os EUA e as monarquias do Golfo, como amplamente documentado, apoiaram secretamente o Isis, funcional à sua estratégia na Síria e no Iraque).

Carter acusou a Rússia de não combater o Isis na Síria, mas de ter somente “inflamado a guerra civil e prolongado o sofrimento do povo sírio”. Em seguida, acrescentou que como “o Irã continua a instalar mísseis”, os EUA estão realizando com os aliados “uma defesa regional de mísseis”, compreendendo um potente radar no Catar, mísseis Thaad nos Emirados e outros sistemas de mísseis (na realidade, não de defesa mas de ofensiva, uma vez que os mesmos tubos de lançamento podem ser usados para mísseis de ataque também nuclear).

Do Bahrein, Carter foi a Israel, onde ontem (12 de dezembro) participou com o ministro da Defesa, Lieberman, na cerimônia da chegada dos primeiros dois caças F-35 para a aeronáutica israelense, símbolo da cada vez mais estreita parceria militar com os EUA, “levada a níveis sem precedentes pelo acordo decenal de assistência assinado em setembro último”.

De Israel o chefe do Pentágono chega hoje na Itália, para uma visita de dois dias às tropas estadunidenses com o escopo – declara um documento oficial – de “apoiar as operações dos EUA e da sua coalizão em escala mundial, entre as quais a contenção da agressão russa na Europa oriental e o fortaleciemnto do flanco sul da Otan”.

A volta ao mundo, que se encerra em Londres em 15 de dezembro, com uma reunião da “coalizão anti-Isis”, tem um escopo político bem preciso: reafirmar na véspera da entrega do governo a estratégia da administração Obama, que a democrata Clinton teria prosseguido, para que permaneçam abertas as frentes de tensão e guerra no Sul e no Leste que o democrata Obama deixa como herança ao republicano Trump. Que ao menos não tem o mérito de não ser Prêmio Nobel da Paz.

Manlio Dinucci

Jornalista e geógrafo.

Artigo original em italiano :
Fonte: Il Manifesto

Tradução de José Reinaldo Carvalho para Resistência

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Não à reforma belicista da Constituição italiana

décembre 29th, 2016 by Manlio Dinucci

A maioria dos italianos, desafiando os fortes poderes alinhados com Renzi, frustrou o seu plano de reforma anticonstitucional. Mas para que isto possa abrir um novo caminho ao país, é necessário outro NÃO fundamental: O NÃO à “reforma” belicista que destruiu o Artigo 11, um dos pilares básicos da nossa Constituição.

Por Manlio Dinucci*

As escolhas econômicas e políticas internas, como as feitas pelo governo Renzi rejeitadas pela maioria dos italianos, estão de fato indissoluvelmente ligadas às de política externa e militares. Umas são funcionais às outras. Quando justamente se propõe aumentar a despesa social, não se pode ignorar que a Itália queime, na forma de despesas militares, 55 milhões de euros por dia (cifra fornecida pela Otan, na realidade é mais alta). Quando justamente se pede que os cidadãos tenham voz na política interna, não se pode ignorar que também não têm nenhuma voz na política externa, que continua sendo orientada para a guerra.

Enquanto estava em curso a campanha do referendo, passou em silêncio quase total o anúncio feito no início de novembro pelo almirante Backer da U.S. Navy ( a marinha dos EUA): “A estação terrestre do Muos em Niscemi, que cobre grande parte da Europa e da África, está em operação”.

Realizada pela General Dymanics – gigante estadunidense da indústria bélica, com faturamento anual de 30 bilhões de dólares  – a estação de Niscemi é uma das quatro do sistema Muos (Mobile User Objective System). As demais estão na Virgínia, no Havaí e na Austrália. Através dos satélites da Lockheed Martin – outro gigante estadunidense da indústria bélica com 45 bilhões de dólares de faturamento – o Muos interliga à rede de comando do Pentágono submarinos e navios de  guerra, caças-bombardeiros e drones, veículos militares e destacamentos terrestres em movimento, em qualquer parte do mundo em que se encontrem.

A entrada em operação da estação Muos em Niscemi potencializa a função da Itália como trampolim de lançamento das operações militares dos EUA/Otan para o Sul e o Leste, no momento em que os EUA se preparam para instalar sobre nosso território as novas bombas nucleares B61-12.

Passou sob quase total silêncio, durante a campanha do referendo, também o “plano para a defesa europeia” apresentado por Federica Mogherini: esse plano prevê o engajamento dos grupos de batalha deslocáveis em dez dias por 6 mil quilômetros desde a Europa.

O maior desses grupos, de que a Itália é a “nação guia”, efetuou, na segunda metade de novembro, o exercício militar “European Wind 2016”, na província de Udine. Participaram 1.500 soldados da Itália, Áustria, Croácia, Eslovênia e Hungria, com uma centena de meios blindados e muitos helicópteros. O grupo de batalha guiado pela Itália, do qual se certificou a plena capacidade operacional, está pronto para ser deslocado já a partir de janeiro, para “áreas de crise”, sobretudo na Europa oriental.

Para evitar equívocos com Washington, Mogherini detalhou que isso “não significa criar um exército europeu, mas ter mais cooperação para uma defesa mais eficaz em plena complementaridade com a Otan., em outras palavras, que a União Europeia quer aumentar a sua força militar permanecendo sob comando dos EUA na Otan, da qual são membros 22 dos 28 países da União. Enquanto isso, o secretário geral da Otan, Stoltenberg, agradece ao recentemente eleito presidente Trump por “ter levantado a questão da despesa com a defesa”, detalhando que “não obstante os progressos alcançados na divisão dos encargos, ainda há muito a fazer”.  Em outras palavras, os países europeus da Otan deverão endossar uma despesa militar muito maior.

Os 55 milhões de euros, que pagamos a cada dia para as despesas militares, logo aumentarão. Mas sobre isto não há referendo.

Manlio Dinucci

Jornalista e geógrafo

Artigo original :

Renzi

No alla «riforma» bellicista

Publicado em Il Manifesto.

Tradução de José Reinaldo Carvalho para Resistência

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Celeste Sáenz de Miera, periodista y conductora del programa Voces del Periodista, transmitido por ABC Radio (760 AM), realizó el miércoles 28 de diciembre una larga entrevista a Ariel Noyola Rodríguez, economista por la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM) y corresponsal en América Latina del Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research).

En un primer momento, Noyola Rodríguez realizó un resumen de los acontecimientos más sobresalientes que ocurrieron en la economía mundial a lo largo del año 2016; el triunfo de la postura a favor de la salida del Reino Unido de la Unión Europea (también conocido como ‘Brexit’), la victoria electoral de Donald Trump sobre Hillary Clinton, entre otros.

Luego, el también Premio Nacional de Periodismo 2016 en la categoría de Mejor Análisis Económico y Financiero, ahondó sobre las grandes dificultades que enfrenta la economía estadounidense que, a más de ocho años de que estalló la crisis financiera global de 2008, tras la quiebra del banco de inversiones Lehman Brothers, aún no consigue recuperarse del todo.

 Noyola Rodríguez tocó también la situación económica de los países emergentes, la de China, la India y otros BRICS. Finalmente, se abordó el panorama de la economía mexicana, que de acuerdo con distintas firmas de inversión, se ha venido desacelerando en los meses recientes.

La entrevista realizada a Ariel Noyola Rodríguez se encuentra disponible en formato MP3:

Ariel Noyola Rodríguez

Ariel Noyola Rodríguez: Economista egresado de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).

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Belgique. Etat d’exception sans état d’urgence.

décembre 29th, 2016 by Jean-Claude Paye

La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1ier décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l’incrimination de la matérialité de l’acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l’écriture du droit pénal. Il s’agit moins de s’attaquer à des faits qu’à des intentions. Toute l’évolution législative va consiter à abstraire toujours d’avantage l’objet véritable de l’incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d’en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C’est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu’il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d’incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l’Union européenne.

Le 13 et 15 décembre 2016, l’Assemblée nationale et le Sénat français ont adopté la loi prolongeant l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017. Ce régime d’exception est en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015 et a déjà été prorogé à quatre reprises. Si la France est engagée dans un état d’urgence devenu permanent, il n’existe pas dans la Constitution belge, de disposition analogue au régime de l’état d’urgence, tel qu’il résulte de la loi française de 1955. L’article 187 de la loi fondamentale prévoit au contraire que « la Constitution ne peut être suspendue en tout ni en partie ». Seul l’« état de guerre » est visé à l’article 167 de la loi fondamentale.

Des dispositions relevant de l’état d’exception.

Pourtant, suite aux attentats dans les deux pays, le gouvernement belge a bien adopté des dispositions relevant de l’état d’exception. Douze mesures ont été rendues publiques en janvier 2015[1] et dix-huit en novembre de la même année[2], tel le retrait de documents d’identité pour les personnes, présentant « un risque pour l’ordre public ou la sécurité », la possibilité d’effectuer des perquisitions, de jour comme de nuit, pour les infractions terroristes ou le port du bracelet électronique pour les personnes fichées par les services d’analyse de la menace. Les perquisitions de nuit seront légalisées par la loi du 27 avril 2016.[3] Elles sont désormais autorisées en cas d’association de malfaiteurs ou en cas d’organisation criminelle, s’il existe des « indices sérieux de possession d’armes prohibées ».

Cette loi crée aussi la base juridique pour une centralisation des banques de données des services de police et de renseignement concernant les combattants terroristes étrangers qui sont ou ont été résidents en Belgique. Cependant, cette liste est extensible, car dépendante de la subjectivité des opérateurs et de l’intention attribué aux personnes concernées. Ainsi, elle contiendra également des données de personnes qui ont « volontairement ou non » été empêchées de se rendre dans la zone de conflit ou qui ont « l’intention » de s’y rendre, et de personnes qui ne remplissent pas ces critères, mais « pour qui il existe certaines indications qu’elles pourraient être considérées » comme des combattants terroristes étrangers.[4]

La différence entre l’Hexagone et la Belgique se mesure au nombre de perquisitions et d’assignations à résidence, proportionnellement beaucoup plus important en France, ainsi que du caractère administratif des mesures. C’est aussi dans la réduction des libertés publiques que la mise en place d’un état d’urgence a fait la différence, en permettant d’interdire régulièrement manifestations et rassemblements sur la voie publique.

Déplacement à l’étranger « à des fins terroristes ».

En ce qui concerne l’attaque contre les libertés privées, la Belgique a aussi été saisie d’une frénésie législative qui peut, dans certains cas, dépasser le modèle hexagonal. Présentée comme devant faire face à des attentats comme ceux de Charlie Hebdo à Paris et en rapport avec les mesures antiterroristes de janvier 2015, la loi du 20 juillet 2015[5] incrimine les déplacements à l’étranger et le retour en Belgique « à des fins terroristes ». Elle modifie également les règles relatives à la déchéance de nationalité, en cas de condamnation pour infraction terroriste.

Ainsi, un nouveau comportement terroriste est inséré dans le Code pénal, à savoir le déplacement à l’étranger et le retour en Belgique, aux fins de commettre une infraction terroriste. Par ailleurs, les écoutes téléphoniques, en cours d’instruction, sont désormais autorisées pour ce type de délit. Enfin, toutes les infractions « terroristes » peuvent désormais mener à une déchéance de nationalité. Ces comportements seront punis indépendamment de la réalisation ou non de l’acte lui-même, puisque le but serait de « prévenir un résultat dommageable ». La législation ne se contente de s’attaquer aux organisations terroristes, mais poursuit également les « loups solitaires », des personnes qui agiraient de façon  isolée, mais qui seraient virtuellement liées au « terrorisme international ».

La possibilité, pour le juge, de prononcer la déchéance de la nationalité belge, est désormais étendue à toutes les infractions terroristes prévues par le Code pénal, en cas de condamnation, comme auteur, coauteur ou complice, à une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans sans sursis. Il existe toutefois une exception, pour le cas où la déchéance aurait pour effet de rendre le prévenu apatride.

Incitation « indirecte » au terrorisme.

Ensuite, la loi  du 3 août 2016 « portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme »[6] rend punissable l’incitation au déplacement à l’étranger « à des fins terroristes », ainsi que le recrutement, pour voyager à l’étranger ou pour revenir en Belgique, « à des fins de terrorisme ». Auparavant, seule l’incitation ou le recrutement, afin de réaliser un “attentat terroriste,” étaient visés.

Surtout, la loi supprime un des éléments constitutifs de l’infraction existante, à savoir la nécessité qu’ « un tel comportement, qui préconise directement ou non la commission d’infractions terroristes, ‘’crée le risque’’ qu’une ou plusieurs de ces infractions puissent être commises ». Cette formulation, contenue dans la loi de 2013, provient de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. On notera que cet élément constitutif de l’infraction n’est pas non plus repris dans l’infraction de « provocation publique au terrorisme », contenue dans le Code pénal français.

La loi du 3 août 2016 modifie profondément l’incrimination d’incitation au terrorisme,  contenue dans la loi du 18 février 2013[7]. Celle-ci poursuivait le fait de diffuser ou mettre à la disposition du public un message, avec l’intention d’inciter, « directement ou indirectement », à la commission d’une infraction terroriste. L’incrimination d’incitation indirecte permet d’autonomiser l’écrit ou la parole émise de la réalisation de l’acte.

Auparavant, cette possibilité, offerte par la loi de 2013, avait été refusée, début 2008, par les parlementaires belges, majorité et opposition confondue, lors d’un contrôle de subsidiarité de la proposition de Décision cadre 2008/919/JAI du Conseil de l’Union européenne qui impose la poursuite de l’incitation au terrorisme. Pourtant, le texte qui a été adopté en 2013 n’est en rien différent de celui refusé en 2008[8]. Le changement d’attitude du pouvoir législatif est symptomatique du chemin parcouru, en quelques années, dans le processus d’abandon des libertés fondamentales.

Dans le cadre de la loi de 2013, l’incitation indirecte au terrorisme était déjà d’une incrimination particulièrement floue, violant le principe de légalité. Le magistrat doit spéculer sur les intentions dissimulées de l’auteur, ainsi que la sensibilité subjective de ceux qui reçoivent ou peuvent recevoir le message. Le juge devait aussi déterminer si la diffusion du message « crée le risque » qu’une infraction terroriste aurait pu être commise, même si il n’y a pas eu de passage à l’acte. Il s’agit donc d’un élément purement subjectif qui ne doit être confronté à aucune objectivation.

Incitation au terrorisme comme délit d’opinion.

C’est pourtant cette évaluation qui est supprimée par la loi de 2016. La notion de risque ne serait donc plus nécessaire pour nommer, une parole ou un écrit, d’incitation indirecte au terrorisme, renforçant ainsi la possibilité de créer un pur délit d’opinion.

De même que son modèle, la loi française sur la provocation publique au terrorisme, le nouveau projet de loi viole la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention du terrorisme. Cette dernière est particulièrement explicite : « … Pour évaluer  » si un tel risque’’ est engendré, il faut prendre en considération la nature de l’auteur et du destinataire du message, ainsi que le contexte de l’auteur et du destinataire du message, ainsi que le contexte dans lequel l’infraction est commise…[9] »

Ainsi, la parole ou l’écrit contesté sont en soi criminalisés, même s’ils ne conduisent pas, ni ne présentent aucun risque d’un passage à l’acte terroriste. Cette incrimination pourrait, par exemple, permettre de s’attaquer à une contestation radicale de la politique extérieure de Belgique, à une parole ou à des écrits qui encourageraient les populations syriennes à se défendre face aux bombardements des forces de l’OTAN sur leur territoire.

La commission de cette infraction requiert toujours un dol spécial, comme le précise l’usage des termes “avec l’intention d’inciter directement ou indirectement à la commission d’une infraction terroriste.” C’est une nouvelle fois, au détriment de tout élément objectif, l’aspect subjectif qui est valorisé.

La « participation » à un délit terroriste.

Le processus de subjectivation du droit pénal se poursuit. Le 1ier décembre 2016, la Chambre vient d’adopter le projet de loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme »[10]. Le texte modifie la notion de participation à une organisation terroriste. Cette dernière incrimination, introduite par la loi du 19 décembre 2003, punit « toute personne qui participe à une activité d’un groupe terroriste ….en ayant connaissance que cette participation contribue à commettre un crime ou un délit du groupe terroriste.» La loi de 2016 remplace les mots « en ayant connaissance » par « en ayant eu ou en ayant dû avoir connaissance » et le verbe « contribue » par « pourrait contribuer ». L’élargissement de l’incrimination est considérable. Elle crée une notion de connaissance potentielle qui se substitue à un savoir réel. Tout dépendra d’un pouvoir très large d’appréciation du juge.

Une telle incrimination s’oppose à la sécurité juridique qui nécessite que, pour qu’un acte soit punissable, il faut que l’auteur soit en mesure de savoir, au moment où il agit, que cet acte constitue une infraction. Ainsi, la loi suggère qu’il vaut mieux s’abstenir de tout acte de solidarité envers des groupes engagés, sur le terrain, contre la politique internationale de la Belgique.

Les parlementaires viennent d’accepter ce qu’ils avaient auparavant refusé. Rappelons que, au cours des travaux parlementaires de la loi du 10 janvier 1999 “relative aux organisations criminelles”, une législation qui anticipe les lois antiterroristes, les mots “ou doit savoir” ont été omis de l’article qui incrimine la participation à certaines activités de l’organisation criminelle. Au cours de la discussion, il avait été indiqué que on « renversait ainsi la charge de la preuve », que le juge risquerait de se voir  accorder une marge d’appréciation trop étendue et qu’il soit conduit à déduire la culpabilité d’un suspect « in abstracto, sans référence à son vécu ».[11]

La « préparation » d’un délit terroriste.

La loi  de décembre 2016 prévoit aussi la poursuite des actes préparatoires à une infraction terroriste, actes qui consistent à « faciliter et rendre possible » l’exécution de l’action, mais « ne constituent pas des actes matériels de ladite infraction.» L’exposé des motifs précise que les actes préparatoires sont à distinguer de la tentative. Incriminer les premiers permettrait d’intervenir en amont à la commission de l’infraction, au stade préparatoire de l’acte. La tentative se caractérise, en revanche, par la manifestation d’actions extérieures qui forment un commencement d’exécution du délit.

Contrairement à la tentative qui porte sur des actes matériels, l’essentiel de la notion de préparation d’une infraction terroriste se fonde sur un élément subjectif, l’intention attribuée au prévenu. Ainsi, cette incrimination peut porter sur des actes qui peuvent n’avoir rien d’illégal, mais qui deviennent constitutifs d’une infraction, car ils sont couplés à une “intention” de commettre un acte terroriste.

Le gouvernement s’est inspiré des législations française et allemande. Mais, celles-ci prévoient une liste de comportements qui doivent être considérés comme des actes préparatoires. On notera que la loi française requiert la combinaison d’un acte préparatoire (le fait de détenir, de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances de nature à créer un danger pour autrui) avec un autre (par exemple : recueillir des renseignements sur des lieux visés par une action). Cette solution n’a pas été retenue, car considérée comme « trop restrictive ». En Belgique, c’est l’élément subjectif, l’intention criminelle attribuée à l’auteur, qui permettra de déterminer si l’action posée est illégale, sans aucune tentative, contrairement à la France, d’objectiver quelque peu l’incrimination des actes préparatoires.

La subjectivation du droit pénal belge peut, dans certains cas, dépasser son modèle hexagonal. L’attaque contre les libertés privées y est donc, au moins, aussi prégnante. La France garde seulement un avantage, en ce qui concerne le démantèlement des libertés publiques, grâce à l’installation d’un état d’urgence devenu permanent.

Jean-Claude Paye 

 


[1]« 12 mesures contre le terrorisme et le radicalisme », Document présenté en conférence de presse à l’issue du Conseil des Ministres du 16 janvier 2015,http://www.premier.be/sites/default/files/articles/PPT_16012015_d%C3%A9finitif.pdf

[2]« Les 18 mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme », Le Vif, le 19 novembre 2015,,http://www.levif.be/actualite/belgique/les-18-mesures-prises-par-le-gouvernement-pour-lutter-contre-le-terrorisme/article-normal-434835.html

[3]Loi relative à des mesures complémentaires en matière de lutte contre le terrorisme, loi du 27 avril 2016 publiée le 9 mai 2016,http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/article_body.pl?language=fr&caller=summary&pub_date=16-05-09&numac=2016009200

[5]Loi du 20 juillet 2015 visant à renforcer la lutte contre le terrorisme, Moniteur belge, le 5août 2015, http://www.legalworld.be/legalworld/content.aspx?id=87148&LangType=2060

[6]Projet de loi portant sur des dispositions diverses en matière de lutte contre le terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 3 août 2016 DOC 54 1951/006  http://www.lachambre.be/FLWB/pdf/54/1951/54K1951006.pdf

[7]Loi du 18 février 2013 modifiant le livre II, titre Ierter du code pénal, Moniteur belge, le 4 mars 2013, http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&la=F&table_name=loi&cn=2013021801

[8]«Manuel Lambert, Jan Fermon, « L’incitation indirecte au terrorisme : un terme qui piège la liberté d’expression ? », Ensemble N° 78, avril 2013, http://www.asbl-csce.be/journal/Ensemble78droits51

[9]In « La lutte contre le terrorisme : l’urgence est mauvaise conseillère », Ligue des droits de l’Homme, le 17 juillet 2016, http://www.liguedh.be/les-documents-des-commissions-thematiques/2660-la-lutte-contre-le-terrorisme-lurgence-est-mauvaise-conseillere-

[10]Projet de loi modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme, texte adopté en séance plénière, le 1ier décembre 2016, DOC 54 1579/013, http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/1579/54K1579013.pdf

[11]Rapport Vandenberghe, Doc. parl., Sénat 1997-98, n° 1-662/4, pp.  13-14  et pp.  28-29.

 

Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de L’emprise de l’image. De Guantanamo à Tarnac. Editions Yves Michel.

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Obama, la grande désillusion

décembre 29th, 2016 by Oscar Fortin

Autant il aura été le grand espoir d’une Amérique traumatisée par les guerres de G .W. BUSH contre les soi-disant terroristes en Afghanistan et en Irak, autant la désillusion est grande au terme de ses deux mandats. Le prix Nobel dont on l’a honoré au tout début de son premier mandat se révélera une véritable fumisterie. Avec encore plus de cynisme que G.W.Bush, il a poursuivi sur le sentier de la guerre en Afghanistan, en Libye, en Syrie et, en Amérique latine, il a intensifié son interventionnisme au Venezuela, au Honduras, en Équateur, en Bolivie, au Paraguay, au Brésil et en Argentine.

S’il faut lui reconnaître certaines vertus, il faut les y trouver d’une part dans ses habiletés à s’asservir la grande majorité des pays d’Europe et d’autre part, d’avoir fait de l’OTAN la prolongation de l’armée étasunienne.  À cette mutation de l’Europe au service des intérêts de l’Empire, il faut y ajouter cette récupération des terroristes pour en faire l’armée secrète de ses nouvelles conquêtes, la Libye et la Syrie entre autres. En Amérique latine, il aura soutenu les activités de paramilitaires et de mercenaires, visant à renverser le gouvernement du Venezuela. Les réserves de pétrole qui s’y trouvent ont de quoi attiser les ambitions du prédateur qu’est l’Empire. Obama aura tout fait pour répondre à ces ambitions.

Son charme, ses beaux discours et son art de la manipulation porté à un niveau d’excellence ont connu leurs heures de gloire jusqu’à l’arrivée de cet autre chef d’État, en la personne de Vladimir Poutine, élu Président de la Fédération de Russie. Autant, le premier joue au Président de la Nation la plus forte, la plus honorable, la plus responsable du destin du monde, autant, le second, est Président   d’un peuple et d’une Nation qui ont leurs mots à dire quant à la destinée de notre monde.   Ce qu’Obama est parvenu à faire avec les chefs d’État des pays européens, il n’est pas parvenu à le faire avec le chef d’État de Russie, Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine se révèle être un homme qui respecte sa parole et ses engagements. En ce sens, il se révèle être un Chef d’État fiable. Par contre, l’image d’un Barack Obama, chef d’État fiable, s’évapore à un rythme accéléré sous les pressions de Vladimir Poutine en Ukraine et en Syrie. Se révèle de plus en plus un Obama incohérent dans ses paroles et ses engagements. Nous en avons eu une illustration parfaite dans le dernier accord signé sur le cessez-le-feu en Syrie entre John Kerry et Sergueï Lavrov. À peine signé cet accord, l’aviation étasunienne intervient de nuit pour attaquer l’armée syrienne, partie à l’accord. Cette situation a fait dire à Poutine qu’on ne pouvait plus se fier à Obama, qu’il n’était pas fiable. Ce n’est tout de même pas le Pentagone qui préside les destinées du peuple étasunien. Ce que fait le Pentagone a, sous une forme ou une autre, l’accord de la Maison-Blanche.

Les derniers évènements qui ont marqué la libération de la ville d’Alep ont mis à jour la grande tricherie d’Obama le révélant comme celui qui utilise secrètement les terroristes comme forces de frappe pour renverser le gouvernement légitime de Bachar El Assad. Obama et les terroristes marchant main dans la main pour renverser un gouvernement légitime.  Alors que le peuple des États-Unis croit que son Président fait tout ce qui est possible pour éliminer cette plaie du terrorisme dans le monde,  Obama, leur envoie des instructeurs, leur expédie des armes et fait tout pour les protéger des forces armées gouvernementales et de celles de ses alliés, dont la Russie, l’Iran et le Hezbollah. Dans pareil scénario, Obama, Prix Nobel de la paix, se retrouve transformé en complice directe des terroristes, alliés des Etats-Unis et de l’OTAN en Syrie contre le gouvernement de Bachar el-Assad.

Voilà ce qu’est devenue l’image de cet homme qui avait représenté tellement d’espoir pour la paix. Il a fait rêver, l’espace d’un moment, à un monde, marqué par plus de justice et de respect du droit des personnes et des peuples. Il faut se rappeler que les années de G.W. Bush nous en avaient fait voir de toutes les couleurs, particulièrement en Irak et en Afghanistan.  Obama, avec ce qui s’est passé en Libye et en Syrie, n’a rien à envier à son prédécesseur.  Sa cruauté en Libye et en Syrie aura été aussi grande que celle de Bush en Irak et en Afghanistan.  La seule différence c’est qu’elle fut davantage dissimulée, mais non moins cruelle. On ne peut plus dissocier de la cruauté des terroristes ceux qui le rendent possible par les armes, les formateurs, et l’argent.

Une nouvelle toute récente nous apprend qu’un accord de cessez-le feu vient d’être conclu entre le gouvernement syrien et l’opposition armée.* Ce qu’il y a de particulier, c’est que les Etats-Unis ne faisaient pas partie des échanges, réalisés sous la modération de la Russie, de la Turquie et de l’Iran. En somme, le trouble fête n’y était pas. Une paix devient possible.

On comprend mieux que l’État profond du peuple étasunien en soit arrivé à voter pour un candidat issu d’un autre monde que celui des emballages politiques des partis. L’hypocrisie, le mensonge, la manipulation trouveront-ils en Tromp  une fin de non-recevoir? Il faut l’espérer. Il donne l’image d’un homme au franc parlé, sans entourloupettes et de nature à respecter ses engagements. L’avenir nous le dira à partir de 20 janvier 2017.

Obama la grande désillusion et bon débarra !

Oscar Fortin
29 décembre 2016

* Lire également : Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daech (29 décembre 2016)

 

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Le contexte de l’attentat contre un marché de Noël à Berlin reste flou, mais les politiciens et les médias l’utilisent comme prétexte pour monter une offensive en Allemagne et partout en Europe.

Faute de preuves tangibles qu’il avait lancé le poids-lourd sur la foule place Breitscheidtplatz, en plein centre de Berlin, la police a dû relâcher mardi un réfugié de 23 ans, originaire du Pakistan. Les recherches se concentrent sur un jeune Tunisien, qui en vit Allemagne depuis juillet 2015 et que les services de sécurité ont placé sous surveillance parce qu’il serait lié à l’Etat islamique.

Selon la presse, les enquêteurs ont trouvé une pièce d’identité d’Anis Amri sous le siège du conducteur du camion lancé sur la foule à la Breitscheidtplatz. La raison pour laquelle ils ne l’ont découverte qu’une journée et demi plus tard, bien qu’ayant précédemment examiné le véhicule pour prélever les traces de DNA du premier suspect, reste tout aussi énigmatique que la raison pour laquelle un auteur en fuite laisserait sa carte de visite sur les lieux du crime.

Selon Ralf Jäger, le ministre de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord/Westphalie, le Land où vivait Amri, la participation de cet homme à l’attentat n’était « pas encore du tout élucidée. »

Sur la base des seules informations disponibles, on ne peut dire rien de définitif sur les origines de l’attentat. Un contexte islamique ne peut pas être exclu ; une provocation d’extrême-droite non plus. Il faut se rappeler que l’attaque perpétrée par un jeune étudiant de 18 ans à Munich l’été dernier avait immédiatement été qualifiée d’acte terroriste islamiste, jusqu’à ce qu’il s’avère que le délinquant était un extrémiste de droite.

Ceci n’empêche pas les politiciens et les médias d’utiliser l’attentat de Berlin pour lancer une campagne concertée contre les réfugiés et exiger un renforcement massif de l’appareil d’Etat. Le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’allié bavarois de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) au pouvoir, mènent la meute.

Ils ciblent directement ou indirectement la présidente du CDU, Angela Merkel, qui briguera, aux élections de l’automne prochain, un quatrième mandat de chancelière d’Allemagne. Merkel a depuis longtemps renoncé à sa posture plus favorable aux réfugiés fuyant les guerres impérialistes en Irak, en Syrie, en Libye, et dans d’autres pays de la région, pour basculer vers le refoulement et de la déportation. Toutefois, ses critiques continuent de l’accuser d’être « molle » face au « problème » des réfugiés.

Immédiatement après l’attentat, Marcus Pretzell, un politicien influent de l’AfD, a écrit sur son compte Twitter : « Ce sont les morts de Merkel ! » Mercredi soir, l’AfD a organisé une veillée devant la chancellerie à laquelle allaient également participer des organisations d’extrême-droite dont Pegida, les Identitaires (Identitären) et le NPD.

Mardi, le ministre-président bavarois, Horst Seehofer (CSU), a annoncé à Munich : « C’est notre devoir envers les victimes, leurs familles et toute la population que de repenser et de réajuster l’ensemble de notre politique en matière d’immigration et de sécurité. »

Le ministre bavarois de l’Intérieur, Joachim Herrmann, a affirmé au micro de la radio Deutschlandfunk que les délinquants étaient « des gens qui étaient arrivés en Allemagne dans le cadre du flux de réfugiés. » Il a ajouté, « les risques sont évidents. »

Lors du talk-show « Maischberger » diffusé mardi par l’ARD, on a réclamé un renforcement massif de l’Etat. Shlomo Shpiro, un « expert » israélien en terrorisme, a qualifié l’attentat de Berlin de « 11 septembre allemand ». Aux Etats-Unis, a-t-il dit, les gens avaient du jour au lendemain pris conscience de la menace terroriste. « Les solutions », a-t-il dit, « sont la police, le renseignement, la politique sécuritaire mais aussi sociale ».

Il a réclamé la suppression des« lois, des règlementations et des structures dépassées » ancrées dans la constitution allemande suite à l’expérience du régime nazi. Shpiro a dit qu’il faudrait centraliser l’appareil de surveillance ainsi que l’appareil policier. Il a avoué que le « renseignement a mauvaise réputation en Allemagne – mots-clés Stasi, Gestapo, etc. » Mais, a-t-il dit, l’époque où on s’épanchait sur les crimes de ces organisations est « révolue. »

Klaus Bouillon, président de la conférence des ministres de l’Intérieur, a réclamé des « solutions simples » face au terrorisme qui « se poursuivra certainement. » Il a ajouté, « Il nous faut donc renforcer la police, de nouvelles formes d’organisation, et plus d’armes. Nous devons nous demander s’il nous faut légiférer afin d’aider les autorités chargées des enquêtes et s’il faut contrôler davantage les nouveaux médias ? »

Les Verts et le parti La Gauche (Die Linke) participent à cette campagne. Lors de l’émission de Maischberger, la présidente du groupe des Verts au Bundestag, Katrin Göring-Eckardt, a attaqué Shpiro et Bouillon sur leur droite. Elle a critiqué l’absence de centralisation du renseignement, qui selon elle aurait dû se faire il y a longtemps. Le Vert Boris Palmer a exigé au micro de la radio allemande Deutschlandfunk : « Il faut plus de déportations. »

Die Linke (La Gauche) exige quant à elle depuis longtemps davantage de policiers.

Partout en Europe, les partis de droite et les gouvernements se servent de l’attentat de Berlin en guise de confirmation de leur politique autoritaire et xénophobe.

Le ministre tchèque des Finances, Andrej Babis, un homme d’affaires millionnaire, a dit que la politique de Merkel était « responsable de cet acte terrible. (…) C’est elle qui a laissé entrer en Allemagne et dans toute l’Europe des flux incontrôlés de migrants sans papiers, sans savoir qui ils étaient vraiment. » Les migrants n’ont « pas de place » en Europe, a-t-il souligné.

Le politicien d’extrême-droite néerlandais Geert Wilders a publié une image de Merkel avec les mains couvertes de sang et a rendu les « lâches dirigeants de l’Europe » responsables d’un « tsunami » d’attaques terroristes islamiques.

L’ancien dirigeant d’UKIP (Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni) Nigel Farage a publié sur Twitter : « Terribles nouvelles de Berlin mais ce n’est pas surprenant. De tels événements seront l’héritage de Merkel. »

Le dirigeant du parti au pouvoir PiS, Jaroslaw Kaczynski, a promis : « Nous défendrons la Pologne. » Le ministre de l’Intérieur du pays, Mariusz Blaszcak, a signalé : « Si l’ancien gouvernement était encore au pouvoir, nous aurions plusieurs milliers, voire 10.000 immigrés islamistes dans le pays. Alors, le risque serait grand. Il s’agit toujours d’une ‘lutte des civilisations’. » Il a ajouté que ce n’était « pas par hasard qu’on a ciblé un marché de Noël. »

Le rédacteur du journal Die Zeit, Josef Joffe, exultait dans les pages du journal britannique Guardian : « Finalement, le cocon a éclaté pour de bon. Les Allemands, préoccupés en permanence de la protection des données, accepteront bientôt une surveillance intensifiée par nos services de renseignement et ceux de nos alliés… Dorénavant, l’Allemagne … montrera peut-être un peu plus de gratitude à la NSA [américaine], au GCHQ [anglais] et à la DGSE [le renseignement extérieur français]. »

Le militarisme allemand en profiterait aussi, a-t-il poursuivi. « Le pacifisme traditionnel de la nation suite à la Seconde Guerre mondiale perd son prestige face à l’expansionnisme de Poutine qui empiète sur les frontières orientales de l’OTAN, et Donald Trump rejettera l’alliance traitée ‘d’obsolète’. »

Il conclut: « Mais avant tout, s’il se révélait que l’auteur du crime est un réfugié, on révisera fondamentalement la ‘porte ouverte’ de Merkel aux réfugiés. » Cette politique était « un grand geste moral résultant du vilain passé de l’Allemagne – un acte d’expiation historique. » Mais, a-t-il ajouté, « Les intentions les plus nobles tournent mal lorsque le terrorisme légitime des partis anti-immigrants et isolationnistes de droite et d’extrême-gauche. »

Rien n’indique que la campagne xénophobe bénéficie d’un soutien significatif. L’atmosphère à Berlin est calme. La plupart des personnes interviewées expriment leur tristesse et l’espoir que l’attentat n’empoisonnera pas le climat politique et ne donnera pas de nouvel essor à l’extrême-droite. En visant à politiser cet horrible événement à peine 14 heures plus tard, Seehofer a suscité une indignation généralisée.

On assiste à une campagne délibérée des cercles dirigeants, qui voient dans l’attentat contre le marché de Noël un prétexte idéal. C’est en cela, quelles que soient les affirmations de l’« expert » en terrorisme, Shpiro, que réside le véritable parallèle au 11 septembre.

L’attentat à New York et à Washington, dans lequel le renseignement américain a joué un rôle qui reste non élucidé, a fourni un prétexte aux guerres impérialistes au Moyen-Orient, par lesquelles l’impérialisme américain a cherché à défendre son hégémonie mondiale, tout en érigeant un vaste appareil de surveillance en vue de réprimer la classe ouvrière. Le produit achevé de ce processes est l’élection de Donald Trump, dont le gouvernement est composé de membres de l’oligarchie financière et de l’armée.

Les élites dirigeantes d’Europe suivent à présent la même voie. Elles réagissent ce faisant aux tensions sociales grandissantes et à l’éclatement de l’Union européenne. Les conflits entre et au sein des partis bourgeois sont de nature purement tactique. Tous les partis traditionnels s’accordent sur les grandes lignes politiques : le militarisme et la contre-révolution sociale.

Peter Schwarz

Article original, WSWS, paru le 22 décembre 2016

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Anis Amria, le Tunisien de 24 ans qui aurait conduit le camion qui a tué lundi douze personnes et fait 50 blessés sur le marché de Noël de Berlin, été abattu dans la nuit de 22 au 23 décembre par la police à Milan.

Les enquêteurs auraient trouvé ses papiers d’identité, son téléphone portable et ses empreintes digitales à l’intérieur du camion qui a servi à perpétrer l’horrible attentat. L’Etat islamique a publié une vidéo, probablement enregistrée il y a quelques semaines déjà, dans laquelle Amria prête allégeance à l’organisation terroriste et lance un appel à « abattre les infidèles. »

L’événement reste confus, et les circonstances dans lesquelles il s’est déroulé soulèvent de nombreuses questions. A présent, on sait que les services de sécurité savaient parfaitement qu’Amria planifiait des attaques terroristes. Il avait été en prison en Italie, puis arrêté en Allemagne et surveillé pendant plusieurs mois. Les conditions légales pour le détenir étaient réunies, mais les autorités ont refusé de le faire.

De plus, vu comment on se sert de cet événement pour affaiblir la chancelière Angela Merkel et faire virer la politique allemande encore plus à droite, ce serait une erreur que de ne pas envisager une possible implication de sections de l’Etat – si ce n’est en dirigeant l’attentat, alors en créant les conditions permettant à Amria d’agir.

L’Allemagne a une longue tradition de provocations politiques. En 1933, les nazis ont organisé l’incendie du Reichstag, puis déclaré qu’un communiste néerlandais malvoyant était l’unique responsable. Le but était d’écraser le Parti communiste et de faire voter la Loi d’habilitation (Ermächtigungsgesetz) sanctionnant la dictature de Hitler.

Les services secrets ont aussi joué un rôle dans la démission du chancelier Willy Brandt en 1974. Tout en sachant déjà que son conseiller Günter Guillaume était un espion des services secrets de la République démocratique allemande, ils ont permis à Brandt, qui ne se doutait de rien, de prendre ses vacances avec Guillaume afin de le discréditer totalement.

Cet attentat s’est produit sur fond de conflits aigus au sein de la classe dirigeante allemande. Depuis sa brève ouverture des frontières allemande l’année dernière, au plus fort de la crise des réfugiés, on dénonce âprement Merkel, y compris au sein de son propre parti.

Ces forces ont vite réagi à l’attentat en exigeant un changement brutal de politique. Le sang des victimes n’avait pas encore séché que le dirigeant de l’Union chrétienne sociale bavaroise, Horst Seehofer, proclamait que « la politique en matière d’immigration et de sécurité » devait à présent être « repensée et réajustée. »

L’extrême-droite a réagi encore plus agressivement. Le représentant de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Marcus Pretzell, a écrit sur Twitter : « Ce sont les morts de Merkel ! » Quelques heures à peine après l’attentat, le professeur de droite de l’université Humboldt, Jörg Baberowski, a réclamé la démission du ministre de l’intérieur Thomas de Maizière, un proche de Merkel.

En octobre 2015, le Welt am Sonntag a publié un article intitulé « Les autorités de sécurité attendent impatiemment le feu vert de Merkel », qui fait état d’une « résistance massive » à la politique de Merkel sur les réfugiés parmi les services secrets et le renseignement. Le Welt cite un document qui circulerait dans le milieu du renseignement, et qui insiste qu’il faut stopper les réfugiés à la frontière, même si Merkel ordonne le contraire.

Ce que l’on sait sur l’attaque à l’heure actuelle suggère aussi une implication de l’Etat.

Dans le Süddeutsche Zeitung, Heribert Prantl soulignait vendredi que les services d’immigration, les procureurs et l’appareil judiciaire auraient facilement pu arrêter Amria qui avait tenté de s’armer illégalement, au nez des services secrets et de la police.

Selon Prantl, on aurait pu imposer à Amria de strictes règles de séjour en le classifiant en tant que « danger pour la sécurité », puis l’arrêter s’il n’observait pas ces restrictions. Or, cela n’a pas été fait. Prantl écrit : « Les autorités qui le surveillaient ont-elles assumé les risques qu’il présentait parce qu’elles espéraient obtenir des renseignements en le surveillant ? N’ont-elles rien dit aux autres autorités parce qu’elle voulait garder les informations pour elle-même ? »

Avant l’arrivée d’Amria en Allemagne, il avait fait quatre ans de prison en Sicile pour vol, où de toute évidence il s’est tourné vers l’extrémisme islamique. La police pénitentiaire a envoyé un rapport détaillé sur sa « radicalisation et sa volonté de pratiquer le terrorisme islamiste. »

Amria a toutefois pu échapper à la déportation et partir en Allemagne au milieu de 2015. Selon le Süddeutsche Zeitung, les autorités italiennes n’auraient pas transféré ces données en temps utile au Système d’information européen. Les autorités italiennes contestent ce point.

En Allemagne, Amria a immédiatement rejoint le groupe islamiste du prédicateur Abou Walaa. Selon le Süddeutsche Zeitung, les renseignements allemands avaient placé un mouchard dans ce groupe et connaissaient bien ses activités. Ils savaient que certains de ses membres s’apprêtaient à se battre pour l’Etat islamique ou à commettre des attentats en Allemagne.

Selon un membre des services, Amria a fait partie de ce groupe et participé à des exercices. Il aurait évoqué sans cesse sa volonté de commettre des attentats.

Peu après ce signalement, deux policiers ont stoppé Amria le 30 juillet 2016 pour un contrôle d’identité à Friedrichshafen. En vertu du rejet de sa demande d’asile, Amria devait quitter le territoire et n’était pas autorisé à séjourner en dehors de Rhénanie-du-Nord/Westphalie. Mais la police l’a seulement détenu un jour à Ravensburg avant de le relâcher, sous prétexte qu’elle ne pouvait le déporter faute de documents.

A cette date, le renseignement intérieur savait aussi grâce aux écoutes et à la surveillance des chats Internet qu’Amria planifiait quelque chose de dangereux. Selon la Bayerischer Rundfunk, une mention existait dès mars dernier dans son fichier d’un risques terroristes, selon laquelle Amria cherchait à recruter des gens partout en Allemagne « pour perpétrer avec lui des attaques à motivation islamiste. »

Et pourtant, le procureur fédéral qui avait repris en mars 2016 l’enquête sur le groupe d’Abou Walaa, transféra l’affaire contre Amria aux autorités de Berlin. Les autorités berlinoises ont survillé Amria 24h sur 24, mais en septembre dernier, mystérieusement, cette surveillance a été interrompue.

Bien que sa relation avec le groupe d’Abou Walaa ait été bien documentée, et que les services de sécurité marocains aient averti en septembre et en octobre leurs collègues allemands qu’Amria planifiait un attentat, ces derniers n’ont rien fait.

La réaction des autorités à l’attentat pose davantage de questions. Immédiatement, la police a interpellé un réfugié pakistanais innocent sur la base d’un seul témoignage douteux. On l’a présenté comme étant fortement suspecté, dans l’absence totale de preuves, que ce soit de sang ou de résidus de tir, qui l’auraient relié au crime.

Ce n’est qu’après la publication de rapports par la presse qu’on avait trouvé les papiers d’identité d’Amria dans le camion que les enquêteurs reconnurent que le réfugié était innocent, et qu’ils recherchèrent Amri. Vendredi, suite à une nouvelle inspection du camion, il s’avéra qu’on avait aussi trouvé le téléphone portable d’Amri.

L’explication officielle de la découverte tardive des papiers d’identité est loufoque. Paraît-il qu’il a fallu mener d’autres enquêtes d’abord, avant de pouvoir inspecter la cabine du camion.

Cette histoire est encore décrédibilisée par le tweet de l’un des politiciens d’extrême droite les plus connus d’Allemagne, le fondateur de Pegida, Lutz Bachmann. Deux heures à peine après l’attentat, il écrivait, « Info interne venant de la direction de la police de Berlin : l’auteur (de l’attaque) est un musulman tunisien. »

Si ce n’est pas du pur hasard, ceci prouve que les enquêteurs avaient déjà su plus tôt qui était responsable de l’attentat et que c’était l’extrême droite, en plus, que l’on a informée d’abord.

Les liens étroits qui existent en Allemagne entre les services secrets et l’extrême-droite sont bien documentés. De nombreux éléments laissent croire que les groupes d’extrême-droite et les autorités publiques étaient impliqués dans l’attentat de l’Oktoberfest en 1980. Dans les années 1990 et 2000, le groupe terroriste d’extrême-droite NSU a commis au moins dix meurtres sous le nez des autorités. Dans les deux cas, on mobilisa de considérables ressources et une bonne dose d’énergie criminelle pour dissimuler ces liens.

Le soutien, du moins indirect, par Berlin des milices islamistes en Libye et en Syrie a aussi renforcé les liens entre le gouvernement allemand et ces milices, dont les membres ont souvent pu se déplacer librement entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Christoph Vandreier

Article original, WSWS, paru le 24 décembre 2016

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Réseau Voltaire — Un cessez-le-feu a été conclu en Syrie, a annoncé le président russe Vladimir Poutine, en présence de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense [1]. La Russie et la Turquie s’en sont portées garants. La République islamique d’Iran qui a participé à l’élaboration de l’accord se tient discrètement en réserve.

Trois documents ont été signés par la République arabe syrienne et sept groupes rebelles représentant plus de 60 000 jihadistes :
- 1. Faylaq al-Sham (4 000 combattants)
- 2. Ahrar al-Sham (16 000 combattants)
- 3. Jaysh al-Islam (12 000 combattants)
- 4. Suvar agi-Sham (12 000 combattants)
- 5. Jaysh al-Mujahidin (8 000 combattants)
- 6. Jaysh Idlib (6 000 combattants)
- 7. Jabhat al-Shamiyah (3 000 combattants)

Les trois documents sont :
- Le cessez-le-feu (excluant al-Qaïda et Dacsh) sur l’ensemble du territoire à partir de ce soir, jeudi 29 décembre 2016, à minuit heure locale.
- Les mesures visant au respect de la trêve et au déploiement des forces russes.
- Les conditions des négociations de paix qui se tiendront à Astana (Kazakhstan). L’Iran et Égypte seront associés à ces négociations et les États-Unis pourront s’y joindre une fois le président élu Donald Trump investi (c’est-à-dire après le 20 janvier 2017). L’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Qatar et les Nations unies seront sollicités.

L’accord brise l’unité des jihadistes en deux groupes : d’un côté ceux qui poursuivent les objectifs de l’Otan et qui ont refusé de le signer, de l’autre ceux qui ont accepté de baisser les armes.

En parrainant cet accord avec la République islamique d’Iran, la Turquie —membre de l’Otan— a renoncé à son ambition de devenir le leader du monde sunnite et s’est éloignée des États-Unis.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution a annoncé qu’elle soutenait cet accord.

Au début du mois, le Qatar s’est retiré de la guerre contre la Syrie. Il est entré au capital de Rosneft, la plus grande société au monde, et a lié sa politique énergétique à celle de la Russie.

Cet accord est en discussion depuis deux mois. Les parties qui s’y opposent —particulièrement Israël et le Royaume-Uni— ont tenté de le faire échouer en assassinant l’ambassadeur de Russie à Ankara, puis en bombardant les 28 et 29 décembre l’ambassade de Russie à Damas.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne participent pas à ce cessez-le-feu. Washington a été accusé par le président Erdoğan de continuer à soutenir Al-Qaïda et Daesh, ce que l’ambassade US à Ankara a démenti. Cependant, le président sortant Barack Obama a signé, le 23 décembre, la loi fiscale de Défense autorisant la livraison d’armes à l’« opposition » (sic) en Syrie.

L’Arabie saoudite, qui n’a pas commenté l’accord, a annoncé venir en aide aux réfugiés syriens. Le royaume devrait distribuer de l’aide humanitaire, exclusivement à partir des mosquées qu’elle a installées dans les camps de réfugiés.

Le président Poutine a donné ordre à son ministre de la Défense de réduire la présence militaire russe en Syrie. Cependant, la Russie poursuivra son action contre le terrorisme (al-Qaïda et Daech).

La guerre contre la Syrie a coûté la vie à au moins 300 000 Syriens. Elle a été planifiée par les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan, et financée par les monarchies du Golfe.

 

 

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The « One-China Principle » is an Irreversible Trend

décembre 29th, 2016 by People's Daily

The resumption of diplomatic ties between China and Sao Tome and Principe reflects that the one-China principle has become an irreversible trend of times, the People’s Daily said in a commentary published on Tuesday, one day after the two countries declared to resume diplomatic relations at the ambassadorial level.

Following is the translation of the article published in China’s Renmin Ribao (People’s Daily):

China and Sao Tome and Principe signed a Joint Communiqué on Resumption of Diplomatic Relations on Monday after the latter declared to cut ties with Taiwan six days ago. The two governments have decided to resume diplomatic relations at the ambassadorial level as of the date of the signing of this Joint Communiqué.

Sao Tome and Principe acknowledged the one-China principle in the Joint Communiqué, admitting that the government of the People’s Republic of China is the only legitimate government representing China, and Taiwan is an integrated part of the Chinese territory.

China’s Foreign Ministry welcomed Sao Tome and Principe’s return to the correct track of one-China principle immediately after it cut ties with Taiwan. On December 26, the two countries solemnly declared in respective capitals to resume diplomatic relations at the ambassadorial level.

The resumption of diplomatic ties between the two countries, which is an irreversible trend of times, not only reflects the acceptance of the one-China principle, but also serves the fundamental and long-term interest of the two countries and their people.

It is well known that Resolution 2758 passed by the 26th session of United Nations General Assembly in October 1971 has recognized the People’s Republic of China as « the only legitimate representative of China to the UN. » Since then, the one-China principle reflected in the resolution has become an internationally recognized consensus and an accepted norm of international relations.

Based on the principle, Sao Tome and Principe chose to cut the so-called diplomatic ties with Taiwan and resume ties with the People’s Republic of China, which has maintained international justice and the norms of international relations.

Concerning the core interest of China and national sentiment of Chinese people, one-China principle is the premise and political basis for any country to keep a friendly partnership with China. China will never compromise on this issue. Any people or forces who try to challenge or barter it away will be resolutely opposed by China and by international community as well.

China and Africa have always been a community of shared interest and destiny. The Johannesburg Summit of the Forum on China-Africa Cooperation held in 2015 has ushered them into a new era of win-win cooperation and common development.

The 10 major China-Africa cooperation plans for the coming three years announced by Chinese President Xi Jinping at the summit has been well accepted by African countries, bringing new hope of cooperation to the continent.

Now, China has become Africa’s largest trading partner and source of investment. Many African countries have expressed their willingness to realize economic independence and sustainable development through cooperation with China. China has become a reliable partner of Africa in pursuit of sustainable development.

It is a right choice for Sao Tome and Principe to end relations with Taiwan. In addition, the excuses given by Taiwan further proved its unconsciousness of current situation.

What’s more, given the rich natural and human resources, Africa’s priority is to develop. It is expected that international community could offer assistance to the economic and sustainable development of the continent. In other words, what Africa needs most is self-restoration ability rather than pure assistance.

The world has witnessed and will see more profound and complex changes. China’s surging growth of comprehensive national power and influence has substantially altered the balance in cross-Straits relations. The mainland is now superior to Taiwan in terms of both strength and influence.

To acknowledge the 1992 Consensus and admit one-China principle is the prerequisite of and basis for the peaceful development of cross-straits relations. Taiwan authority should be aware of the big picture and stop its self-deception.

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The right to food campaign is dismayed by the Indian government’s reckless attempt to renew currency notes, known as “demonetization”, without any serious attention to the consequences it may have for poor people. This move serves no clear purpose and is a major attack on the right to food and the right to life.

Demonetization was sold to the public by claiming that it would flush out the black economy. In a rare display of near-unanimity, economists of all persuasions have exposed this misleading claim. Illegal income is not usually held in the form of wads of cash.

It is spent, invested, laundered or converted in other ways into safer and more profitable stores of value than currency notes. That is the main reason why the bulk of old Rs 500 and Rs 1000 currency notes have found their way back to the Reserve Bank of India during the last two months, contrary to the assumption that demonetization would leave crooks with large amounts of unusable notes. Another possible reason is that demonetization ended up enabling them to launder their black money by dispersing it into Jan Dhan and other accounts. The government is now planning to counter this by investigating millions of accounts and asking people to explain how they earned as little as a few lakhs of rupees. This will open the door to large-scale harassment, and perhaps also to the spread of corruption in the banking system. Meanwhile, the country’s big-time defaulters (powerful corporations that borrowed lakhs of crores of rupees from public sector banks) continue to get away scot-free.

Even as it makes a song and dance of demonetization, the government is showing no interest in other measures that are likely to be more effective in curbing corruption. Three years after the Lokpal Act came into force, no Lokpal has been appointed. Likewise, the Whistleblowers Protection Act (passed in February 2014) awaits implementation. In fact, the government has introduced amendments in Parliament to dilute these two Acts. It has also failed to reintroduce the Grievance Redressal Bill, which had support of all parties but lapsed with the dissolution of the Lok Sabha in 2014. And of course, political parties continue to evade financial transparency.

With the corruption narrative exposed, the government is now presenting demonetization as a step towards a “cashless economy”. Whatever the merits of cashless payment systems, blanket demonetization is a ridiculous way of promoting them. The main beneficiaries of this approach are the private companies involved in cashless payments. Never has state power been put so blatantly at the service of corporate interests.

While the social benefits of demonetization are limited and uncertain, its stupendous costs are becoming more evident every day. The ravage begins with more than 100 demonetization-related deaths – suffocation in bank queues, heart attacks, suicides and more. This massacre has caused astonishingly little concern in the corridors of power, where passing reference is made, at best, to the “inconvenience” faced by the public. And for every person who died, how many have fainted, fallen ill, gone hungry or sunk into depression?

Further, this is only the tip of the volcano. The big damage has only begun to unfold, as economic recession hits millions of vulnerable families. It does not require a PhD in economics to understand that when the bulk of the population is strapped for cash, economic activity and employment take a dip. Every day, fresh reports confirm that this is happening. Farmers have been dumping vegetables on the roads for want of a remunerative price. Traders and vendors have seen their sales dive, often by 50 per cent or more. Sales of durable goods have crashed across the board. Construction activity has slowed down. And most importantly, workers have been laid off on a large scale.

Other victims include pensioners and NREGA workers, who find it difficult to secure their meagre pensions and wages at the best of times. Now, with the banking system jammed, millions of them are in danger of their lifeline being cut off for weeks of even months.

The government’s reaction to this catastrophe is astonishingly smug. For one thing, it is claimed that the recession will be short-lived, and that the economy will bounce back very soon. It is in the nature of a recession, however, that getting out of it may not be easy. For another, the public is being asked to grin and bear it as long as the crisis lasts, without any measures being taken to protect people from insecurity and impoverishment. Instead of facing the crisis, the government relies on propaganda and public relations to deny it, and to give people an illusion that their suffering is a glorious contribution to the nation’s progress.

By way of partial compensation for the intolerable hardships being imposed on the people by this reckless and pointless demonetization drive, we demand: 1. Immediate increase of the centre’s contribution to social security pensions for widows, the elderly and disabled persons (under the National Social Assistance Programme) from Rs 200 per month to Rs 1,000 per month. 2. Immediate implementation of National Food Security Act provisions for universal maternity entitlements (Rs 6,000 per child). 3. Immediate central assistance for the inclusion of milk, eggs and fruits in school midday meals and ICDS. 3. Immediate increase in the annual NREGA budget to Rs 60,000 crores, with effect from 2016-7. 4. Immediate compensation for all families of victims of demonetization-related deaths. 5. Immediate reversal of all recent reductions in social spending by the central government, as a share of GDP. 6. Full disclosure of how, when, why and by whom the decision was made to demonetize.

These measures, aside from repairing some of the injustice that demonetization has done to the Indian people, will also help to avoid a prolonged recession by regenerating purchasing power. The right to food campaign stands in solidarity with all those affected by this irresponsible policy.

Steering Committee of the Right to Food Campaign:

National Networks:

Kavita Srivastava and Dipa Sinha (Conveners – Steering Committee), Annie Raja, (National Federation for Indian Women), Colin Gonsalves , (Human Right Law Network), Aruna Roy, Nikhil Dey and Anjali Bhardwaj, (National Campaign for People’s Right to Information), Madhuresh, Arundhati Dhuru and Ulka Mahajan (National Alliance of People’s Movements), Asha Mishra and Kashinath Chatterjee (Bharat Gyan Vigyan Samiti), Ashok Bharti (National Conference of Dalit Organizations), Anuradha Talwar, Gautam Modi and Madhuri Krishnaswamy (New Trade Union Initiative), Binayak Sen (People’s Union for Civil Liberties), Subhash Bhatnagar (National Campaign Committee for Unorganized Sector workers), Paul Divakar and Asha Kowtal (National Campaign for Dalit Human Rights), Mira Shiva, Radha Holla and Vandana Prasad (Jan Swasthya Abhiyan), Ranjeet Kumar Verma, Prahlad Ray, Praveen Kumar, Anand Malakar (RashtriyaViklang Manch), Lali Dhakar, Sarawasti Singh, ShilpaDey and RadhaRaghwal (National Forum for Single Women’s Rights), G V Ramanjaneyulu, Kavita Kuruganthi (Alliance for Sustainable and Holistic Agriculture), Jashodhara (National Alliance for Maternal Health and Human Rights), Ilango (National Fishworkers Federation), Zasia, Sonam, and Noor Jehan (Bhartiya Muslim MahilaAndolan)

State Representatives: M Kodandram, Rama Melkape, VeenaShatrughana (Andhra Pradesh), Gangabhai and Samir Garg (Chhattisgarh), Abhay Kumar (Karnataka), Suresh Sawant, MuktaSrivastava (Maharashtra), Balram and James Herenj, Gurjeet Singh, Dheeraj (Jharkhand), Ashok Khandelwal, Shyam and Vijay Lakshmi (Rajasthan), Sachin Jain (Madhya Pradesh), Joseph Patelia, SejalDand, Neeta Hardikar and (Gujarat), Saito Basumaatary, RajuNarzari, BonditaAcharya and Sunil Kaul (Assam), Rupesh, (Bihar), V Suresh (Tamil Nadu), BidyutMohanty Raj Kishore Mishra, (Orissa), Sabina, Sunita, Devendra Gandhi, Kanhaiya and Mamta (Uttar Pradesh), Amrita Johri, Abdul Shakeel, Vimla, Koninika Ray and Rajender Kumar (Delhi), Fr Jothi SJ and Mr. Saradindu (West Bengal)

Individual Representatives: Manas Ranjan, Vidya Bhushan

Email: [email protected], Website: www.righttofoodcampaign.in 

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“We can eat only if we work every day,” D. Narayanappa said after returning to Bucharla from Bengaluru on November 4. Like many other Dalits in this village, he migrates to the city to work on construction sites for most of the year, coming home every now and then for a few days.

But in November, the migrants stay on for a month or more in their village in Roddam mandal of Anantapur district on the Andhra Pradesh-Karnataka border. During this month, like the others, Narayanappa too works on the farms in Bucharla to keep bringing in an income. Not working for some length of time is not an option.

‘We are Ambedkar’s people,’ says D. Narayanappa at his home in Bucharla, explaining why his community finds it so much more difficult to borrow money informally

This year, the sacrifices were scheduled for November 29. The migrants had started coming home with the money they had saved, looking forward to the festivities. Then, demonetisation hit them.

Along with the severe shortage of cash in the village, lower groundnut and mulberry yields after a poor monsoon and falling or fluctuating prices have eaten into the farmers’ incomes in Roddam. They have not been able to regularly employ labourers. Many agricultural labourers from various castes in the village were not paid their daily wages – Rs. 150 for men, Rs. 100 for women – for 15 days in November.

Writing on the wall: an out-of-work Dalit man rests outside the ration store in Bucharla. Ironically, a government helpline number for the jobless is painted on the wall
Writing on the wall: an out-of-work Dalit man rests outside the ration store in Bucharla. Ironically, a government helpline number for the jobless is painted on the wall

To get past November without work, and still be able to celebrate Shanti, the Dalits had to eat less. “We have to prolong the rice we have for a few more days,” said Hanumakka, an agricultural labourer.  In November, her family, like the others in the SC colony of around 600 Dalits ate fewer meals every day, and skipped having their weekly meat.

Narayanappa’s seven-member family – his wife, two sons, their wives, and a two-year-old granddaughter – used to consume around 90 kilos of rice and 30 seers (one seer is a little less than a kilo) of ragi every month. “But in November we only ate around 60 kilos of rice and 10 seers of ragi,” he says.

Narayanappa purchases rice from a shop run by G.R. Raghavendra in Roddam village, around three kilometres from Bucharla — a sack of 50 kilos costs Rs. 1,200. Raghavendra’s business is bleak. “In October, we sold around 20 bags of rice, each weighing 25 kilos,” he says. “Last month [November] we sold only 8-10 bags.”

G.R. Raghavendra (left) at his provision store in Roddam village. In November, he sold less than half the rice he did the previous month to customers hit by the cash crunch

Other grocery shops in Roddam, which serve the 21 villages of the mandal, have also seen business drop after demonetisation. “The sales of all essential items have reduced,” says P. Ashwathalakshmi, a shopkeeper in the village. “We used to sell three cartons of soaps every week. In the first week of December, we couldn’t even fully sell one carton.

”The residents of the SC colony in Bucharla get only a part of their grains from the ration shops; the rest they buy in limited quantities at least once a month – they cannot afford to buy large stocks to store. “This time, we didn’t buy because of [a lack of] money [and made do with the rice from the ration shops],” says Hanumakka, who now stays home because work in the village has nearly disappeared.

Hanumakka (left) and her daughter, with rice taken on credit from the ration shop, which will allow for December payments to be made later

The people of the Dalit colony aren’t new to scarcity. Many of the men here were bonded labourers in various villages in the region before the 1990s. For them, the present situation evokes memories of that period. But, they say, it is less severe this time. “This scarcity [due to demonetisation] is better than the other drought we had around 30 years ago,” Narayanappa, now 49, says, “In my 20s, we used to starve for three or four days in a row. We would soak tamarind seeds in water and eat them, or eat the rhizomes from palm trees to survive. At that time, I had been a jeethagadu [a bonded labourer] for 14 years.

 

”Now, the former bonded labourers migrate for many months every year looking for work, more so after agricultural options in the village have decreased. Most of Narayanappa’s family migrates to Bengaluru, returning home for a few days once in 3-4 months. They usually work on construction sites in the city, and live on the top of the buildings they work in, or in crammed rooms by the roadside. But they manage to eat full meals paid for by their strenuous work. “We make sure we eat meat two times during a week,” Narayanappa says. This has changed after demonetisation.

After Narayanappa’s family returned to Bucharla in the first week of November, finding no work on the farms, they have had to stretch their savings to meet all expenses. People from the other castes in the village are coping slightly better by sharing stocked grains or borrowing saved money from each other. The people from Narayanappa’s caste have meagre stocks and can’t easily borrow from others in the village.

“We are Ambedkar’s people,” Narayanappa says, to explain why they are unable to borrow money informally, or share stocks with others in the village. He is trying to not mention his caste name (Madiga), which is sometimes used as a pejorative in Telugu. Besides, he does not want to appear needy. “Now we have prestige,” he says. “Even if someone offers us food, we won’t take it. We might eat very little. But we tell them that we have eaten well.”

Narayanappa’s locked home. His family, along with others, has left for Bengaluru weeks ahead of their normal schedule

While the members of Narayanappa’s caste are trying to adapt to demonetisation by eating less, the cash shortage in the Roddam branch of Canara Bank that has shaken many families in the village is not the main concern in the SC colony. “We don’t have much money with us. All we want is some work,” says Narayanappa.

 

Postscript: After going half-hungry for a month,  Narayanappa’s family left for Bengaluru on December 4, three weeks before their planned departure. Many other Dalit families have also left, leaving their children with the elderly. The SC colony in Bucharla that tried to stay festive and crowded last month became silent a week after the festival.

Rahul M. is an independent journalist based in Anantapur, Andhra Pradesh. You can contact the author here:@twrahul
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Caminaba lentamente por la Plaza San Martín en la ciudad de Buenos Aires cuando se me acerca una persona de unos 70 años y en un buen español pero con acento extranjero, me pregunta por algún medio de transporte público que lo deje en la estación de Liniers. Le indico y le explico que estaba bastante lejos. Enseguida le pregunto de donde era y, en tanto una palabra llevaba a otra, se genera una conversación sostenida. Nos sentamos en un banco cerca del monumento del glorioso y admirado General don José de San Martín y esa plática se transforma en una entrevista, pues saco un cuaderno y bolígrafo y empiezo a escribir mis preguntas y sus respuestas.

El hombre dijo llamarse André Brisson y que era de nacionalidad belga. Me comentó que estaba en Buenos Aires para recoger información sobre la comunidad árabe en Argentina, como parte de un trabajo que viene desarrollando en toda América Latina, en su carácter de historiador e investigador socio-político en la materia. Enseguida se rio y me dijo: “no soy agente de ningún servicio de informaciones, nacional o extranjero”. Me contó que estaba haciendo una evaluación y análisis con el objeto de registrar la reacción política-sociológica de dicha comunidad en el continente frente a los acontecimientos en Oriente Medio, en particular en Siria.

Le expuse mi alegría por haberlo encontrado y le manifesté que ese es uno de los temas a los que dedico mi atención. De ahí surgió el diálogo que sigue.

Roberto Verttuti: ¿Cuál cree usted que es el origen de los acontecimientos en Oriente Medio?

André Brisson: El origen de acontecimientos de este tipo es casi siempre el mismo. Para no ir tan lejos, le puedo decir que la primera y segunda guerra mundial, la guerra de Corea, de Vietnam, de Angola, de Mozambique, de Argelia, de Congo, de Mali, de Cuba, de Nicaragua, etc., así como el levantamiento guerrillero en la década de 1960-70 en gran parte de América Latina, tuvieron como objetivo, más allá de una proclamada “lucha por la libertad”, “defensa de la libertad y en contra de la tiranía”, “defensa de la patria” o cualquier otra cosa parecida, el dominio político para el manejo económico o estratégico. No digo que sea incorrecto, por ejemplo, el luchar por la liberación de la opresión colonial o independizarse del yugo tiránico. Digo que lo que mueve a ello es la búsqueda del control económico de los recursos del lugar o el control del espacio físico del caso. Y esas luchas pueden ser justas o injustas: son justas cuando se oponen al embate de un agresor y al robo o manejo de territorio por parte del extranjero y son injustas cuando el objetivo es robar riquezas o controlar territorios que no pertenecen a quienes agreden. A veces se combinan situaciones de uno y otro tipo que hacen las cosas más complejas, como sería el trabajo de los cipayos que operan a favor del agresor y en contra de los intereses nacionales. Justamente, me contaba un historiador argentino que este país es proverbial por la cantidad de cipayos que siempre existieron aquí. Aún hoy día. Y que eso permitió que los ingleses pudiesen llegar a considerar allá por 1933, en palabras de Sir Guillermo Leguizamón –uno de los tantos cipayos argentinos, según me dijo–, que “la Argentina es una de las joyas más preciadas de la corona de su Graciosa Majestad”. Y ese cipayismo tan pernicioso que tiene distintas formas y prácticas, en Siria lo ejercen esos a los que la “prensa seria” llama “rebeldes”, “opuestos al régimen”, “oposición moderada”, etc. Todos eufemismos para no decir cipayos y traidores a la patria, que es lo que son.

RV: Usted habló de control económico y de control de espacio geográfico. ¿Qué control es el principal en Oriente Medio? ¿El económico o el geográfico?

AB: Ambos. El intento, el proyecto inicial era, evidentemente, una transformación de las demarcaciones de los países de la zona para una mejor dominación y robo económico. Pensaban seguramente que con los cipayos y la intrusión de formaciones mercenarias armadas, es decir, la intrusión de terroristas, conseguirían lo que los ingleses consiguieron económicamente en Argentina en la década de 1930. Por supuesto, la cuestión económica casi siempre es la fundamental y es por eso que los mercenarios, en el caso de Siria, apenas empiezan con sus tropelías una de las primeras cosas que hacen es robar el petróleo y negociarlo a precio vil a favor de sus amos, vía Turquía esencialmente. Pero se encontraron con la sorpresa que la Siria de la década de 2010 no es la Argentina de 1930. Los cipayos sirios resultaron para sus amos un fiasco y los planificadores del desguace de Siria debieron valerse casi exclusivamente de los mercenarios terroristas que ellos prepararon.

RV: ¿Y a qué se debe ese fiasco, teniendo en cuenta que el gobierno y los patriotas sirios carecían de la capacidad militar para resistir el asalto armado de extranjeros mercenarios?

AB: Para intentar responder a su pregunta me referiré antes a otra cosa, para mí no estudiada en profundidad, que es el fenómeno que podemos denominar “ave fénix”, y lo contrario. Trataré de explicarme. Los pueblos, según mi entender, poseen un “hado”, lo cual se expresa de muchas maneras. Algunos pueblos surgen, digamos, “de la nada”, crecen, se agigantan, dominan hasta límites insospechables y luego, como pompas de jabón que estallan, vuelven casi o totalmente “a la nada”. De ser en un momento –a veces mucho tiempo calendario– una especie de sol, se convierten luego en un pequeño pedregullo, en un minúsculo granito de tierra. Siempre hablo con otros de este tema porque me intriga. Para poner un ejemplo, no deja de sorprenderme cómo el poder y reino de Alejandro el Grande se perdió en la noche de la historia y Macedonia nunca más pasó de ser una pequeña república. Ahí tenemos también, en el mismo andarivel, al Egipto de los faraones, los imperios Azteca e Inca, la España en donde “nunca se ponía el sol”, el imperio portugués, el imperio romano, Grecia, etc. Fueron y dejaron de ser. Aparentemente, para siempre.

Pero otros de esos “gigantes” fueron y volvieron a ser, retomaron gran parte del poder que tuvieron. No desaparecieron. No quedaron perdidos en la historia. Y entre ellos está Rusia, la que se ubica entre los “destacados” que pasaron por ciertos avatares pero siempre mantuvieron su potencialidad, unas veces latente, otras veces patente. Y también entre esos pueblos que mantuvieron su potencialidad se encuentra Siria. Y en la actual coyuntura de Oriente Medio se cruzaron o entroncaron dos “aves fénix” –Rusia y Siria– de una manera extraordinaria, en la justa defensa de lo económico y de lo geográfico. De ahí que la derrota que enfrenta la política occidental y sus cipayos en Siria es muchas veces peor que la que enfrentaron Francia y EEUU en Vietnam. En este país asiático el fracaso fue esencialmente militar. Pero en Siria abarca las facetas económica, política, militar y especialmente cultural, a lo que hasta ahora, que yo sepa, nadie presta la suficiente atención. Se trata de un proceso de derrota apabullante. No hay que pasar por alto que el “ave fénix” que es Siria tiene que ver con el otro “ave fénix” de características insospechadas que es Rusia. Se puede decir que esa yuxtaposición daría un “nuevo mundo” si se concreta el triunfo sobre el terrorismo mercenario esencialmente extranjero, es decir, no sirio. Y de darse ese triunfo, implica lo económico, lo geográfico, lo cultural y lo espiritual. Allí, en Siria, se acoplan, para realimentarse, la histórica importancia-grandeza de Rusia con la histórica importancia-grandeza árabe en su versión más destacada, es decir, la versión islámica. Esto, estoy convencido, será tema de muchos estudios que ayudarán a descifrar cosas aún veladas.

RV: ¿Usted cree entonces que la llamada “primavera árabe” no tiene nada que ver con esto?

AB: Todo lo contrario. Si lo denominado por el periodismo en general como “democratización del mundo árabe” hubiese afectado a todos los que afectó sin incluir a Siria, le puedo asegurar que, como dicen los españoles, “otro gallo cantaría”. Pero el destino, predestinación o decisión del Arquitecto Universal quiso que la incluyese. Quizás, muy posiblemente, si no la hubiese incluido, dicha “democratización del mundo árabe” habría sido exitosa para sus ejecutores: lo de Libia se hubiese reproducido por otras partes. Pero al incluir a Siria, la remodelación geográfica y económica de Oriente Medio sufrió un giro impensado y negativo para sus diseñadores.

RV: Me deja intrigado. ¿Qué perseguían esos diseñadores y porqué no lograrían su cometido?

AB: Lo que perseguían era “sencillo” y conocido por muchos, especialmente por quienes lo pergeñaron: Estados Unidos y la Unión Europea, con la ayuda imprescindible de Turquía, Arabia Saudita e Israel. Pero tiende al fracaso total al no estar logrando su cometido debido a varios errores: primero, quienes lo acometen se creen superiores, intocables; segundo, se creen que todos los demás son incapaces frente a ellos; tercero, se piensan que el poder económico lo puede todo. Y aquí volvemos a un punto anterior: la participación de Rusia. Más de uno, sobretodo en la izquierda y en el nacionalismo “ingenuo” o mentecato, pensaron que la abstención en el Consejo de Seguridad de la ONU de Rusia y China frente a la propuesta europea de una zona de exclusión aérea y el actuar de inmediato en Libia, era parte de una traición. Y que esa iba a ser la política normal de ambas de allí en adelante. Es decir, que eso se iba a repetir cuando la agresión se dirigiese a Irak, Siria y donde fuese. Error. La táctica de Rusia y China fue esencialmente la misma de Mao cuando firmó el acuerdo con Chian Kai Shek. La jugada era riesgosa. Por supuesto, no era para gallinas ni cotorras sino para águilas y halcones. Había que tener muchas pelotas, discernimiento claro, firmeza sin par y mucho valor. Se trataba de una jugada de ajedrez extremadamente delicada, pues se sacrificaban algunos peones y otras piezas pero se dejaba preparado el terreno para arrebatar más al contrincante e incluso dejar planteado el jaque mate. Y en ese “juego” se sumaba, como ingrediente, el tiempo necesario para la preparación y puesta a punto de la máquina bélica defensiva. ¿Se piensa usted que la no intervención directa de China en Siria se debe a un problema de cobardía o incapacidad? Nada más equivocado. Fue y es parte de una estrategia, que hasta ahora se demuestra exitosa en gran medida. Y esa jugada o estrategia rusa-china se inscribe en lo mejor de su tradición en lo que hace a esto. Hasta tal punto, que de allí nace la creación de un frente de consecuencias insospechadas: una unión-coordinación entre Rusia, China, Siria, Irán y Hezbollah, que seguramente le traerá al eje Estados Unidos-Unión Europea más de un grave dolor de cabeza, más de un traspié de consecuencias impredecibles. Es por esto que los diseñadores de esa estrategia no alcanzan sus objetivos. El eje agresor se está llevando la misma sorpresa que se llevó Chian Kai Shek con Mao allá por la década de 1930.

RV: Por lo que usted dice, parecería que al régimen de EEUU y sus aliados les falta materia gris, que son incapaces de prever movimientos del agredido y en consecuencia marcharían a un desastre mayor. ¿Es así?

AB: Por lo que veo, a usted no se le pasan por alto ciertos detalles. Algo así planteó en su momento Mao en 1956 al decir que los Estados Unidos eran un tigre de papel, es decir, carecían de capacidad de decisión, entendimiento y fuerza. No obstante, el presidente ruso de entonces Krushchov le agregó: sí, es de papel pero tiene dientes de bombas atómicas. Y más valdría que a nadie dé un tarascón, como el que dio a Japón. Es decir, cierto grado de incapacidad o error más o menos momentáneo no puede considerarse imbecilidad ni falta de suficiente estructura de todo tipo. Eso por un lado. Por otro lado, veo algo mucho más importante desde el punto de vista geoestratégico. Trataré de explicarme. La creación del Estado de Israel no fue precedida por una “lucha independentista” de los nuevos colonizadores contra los ingleses en Palestina. Lo que sí es cierto es que prepararon todo en función de instalar en esa tierra un nuevo gobierno prediseñado en función de sus intereses. Y para ello los ingleses sacrificaron gente propia para hacer parecer que los judíos “conquistaron” Palestina: el Estado de Israel es el producto de un plan de la corona británica. Y en ese plan se incluía sacrificar algunos soldados y funcionarios, como el miembro de la ONU y conde sueco Folke Bernadotte, mediador en Palestina. Esa era la manera de darle a algo apariencia de real, hacerlo creíble. De la misma manera, la caída del muro de Berlín no tuvo nada de espontáneo sino que fue parte de un plan preparado por Estados Unidos y otros, con la colaboración de los traidores al mando de la ex Unión Soviética. Y en la misma línea de acción se incluye Playa Girón, es decir, la invasión a Cuba por los anticastristas en 1961 y su derrota. Y digo que lo de Playa Girón se incluye en el mismo tipo de esquema porque en ese caso los que fueron usados como leños a ser incinerados fueron los “idiotas útiles” denominados “gusanos”. Playa Girón es la resultante, desde mi punto de vista, de un acuerdo entre el gobierno de Estados Unidos con el gobierno de la ex URSS y Fidel Castro. Todo esto lo reseño para apuntalar lo que dice el refranero popular: en política casi nunca es verdad lo que se ve en la superficie, en la “realidad”, sino lo que no se ve, lo que se pacta y acuerda en secreto, por debajo de la mesa. Y para mí, lo que está sucediendo en Siria no escapa a esa “técnica”. ¿Por qué sería eso así? Veamos. El “ave fénix” llamado Rusia no figuraba como algo importante para Estados Unidos-Europa en lo que hace a Oriente Medio. Sucedió que Rusia-China hicieron una jugada táctica riesgosa pero espectacular, que desubicó al eje occidental, pues este estaba convencido, como dijimos, que las potencias de Oriente mantendrían su posición de “abstención” para luego repartirse con ellas “esferas de influencia”, como sucedió luego de la IIGM. De ese modo, Estados Unidos-Europa creyeron que seguirían siendo los que marcaban la cancha, los que decidían, dónde, cuándo y con quién se enfrentaban, qué era lo que se repartía, etc. Pero no fue eso lo que sucedió, como lo vimos y lo vemos. Entonces el eje occidental salió rápidamente del error, cambió algunas cosas y marchó a una “negociación”, del tipo antes indicada.

RV: Nuevamente me invade la sorpresa. ¿Podría decirme qué es lo que negociaron?

AB: Según mi entender una salida a la situación, ajustándose a la nueva realidad.

RV: ¿Qué significa eso?

AB: Pongamos por ejemplo el caso de Playa Girón. Los anticastristas se lanzan a reconquistar la Isla de Cuba, es decir, expulsar a Fidel Castro del poder. Según se dijo, el presidente Kennedy autorizó la operación. Y como todos sabemos fue un desastre para los atacantes. Pero pasado el tiempo se acusó al propio Kennedy de haber “arreglado” todo con Castro e incluso se llegó a decir que el asesinato del presidente norteamericano tenía que ver con esa supuesta traición a los anticastristas. Una vez más, la verdad no sería lo que se ve como “realidad” sino lo que se negocia a escondidas. ¿Qué habrían negociado Castro y Kennedy por debajo de la mesa? Algunos dijeron que la permanencia de Castro en el poder en la Isla para ulteriores acuerdos-acciones. Personalmente estoy convencido que algo de eso hubo. Me hace acordar a la caída del Che Guevara, entregado por quienes debían protegerlo. Siempre la verdad queda oculta y si alguien dice lo contrario o discrepa se lo acusa de “provocador”, “agente del enemigo” o cosa semejante y se lo desconoce. Y se lo desconoce porque a ninguna de las partes implicadas le conviene que se sepa la verdad. En el caso de Siria nos encontramos con una situación parecida. Un grupo de fuerte peso en el escenario internacional propone la remodelación de toda una zona del mundo e incluso plantea cómo se operaría. Ese grupo, mediante los mecanismos correspondientes, impone quiénes actuarán y cómo. Al aplicarse esa planificación, todo parecía que iba sobre rieles. Y surgió un imprevisto: Rusia. En pocas semanas la situación va cambiando casi dramáticamente. Los mercenarios empiezan a perder la iniciativa. Se producen distintos avances y retrocesos hasta que la situación para los terroristas es solo de retroceso. Pero, ¿cómo se da todo ese proceso? Se da con la aceptación por parte de las fuerzas occidentales de los ataques rusos, especialmente los aéreos. Y estos fueron, indiscutiblemente, los ataques claves para detener primero, hacer retroceder después y derrotar por último, a los terroristas. ¿Sucede eso en toda la zona? No. Ocurre especialmente en Siria. No ocurre en Irak y solo en cierto grado en Yemen. ¿Y por qué el eje occidental con sus cipayos en la zona no salen a dar una batalla aérea para impedir los bombardeo rusos? Creo que es una pregunta interesante. ¿Se acuerda lo que pasó en la ex Yugoslavia? El eje occidental dio luz verde a los serbios para que arrasen a los bosnios y croatas. La maquinaria serbia se estancó y el eje puso límite de tiempo a los serbios para que culminen su “tarea”. Se les venció el tiempo. El eje cambió de táctica y a partir de ese momento incluye la derrota serbia. ¿Solamente eso? No. En este tipo de enfrentamiento nunca se persigue un solo objetivo sino varios. Y esto es muy importante para tenerlo debidamente en cuenta. Entre esos otros objetivos estaba, por ejemplo, la “independencia” de Kosovo. Es decir, la preparación de unas de las futuras bases de los llamados “yihadistas” (terroristas). Cabe acotar que la desintegración de Yugoslavia fue planificada para evitar el crecimiento de la influencia rusa. Siempre Rusia… Lo del Oriente Medio no escapa a ello, y tiene relación con el paso de oleoductos y gasoductos. ¿Qué es lo que sucedió entonces en Siria? También allí se combinaron varias situaciones y distintos objetivos. El “ave fénix” ruso demuestra su capacidad, inesperada para el eje occidental, de operar como operó. Forzar las cosas en ese terreno, llevaría a una hecatombe mundial. Entonces, evidentemente, se negocia. Se negocia cierto reparto momentáneo de la zona como parte del reconocimiento de la sorprendente capacidad para la acción de Rusia. Es decir, se repite en cierta manera “Playa Girón”: se alienta a una parte (a los terroristas) a una especie de asalto decisivo, cuando en realidad se planifica su derrota y caída estrepitosa.

RV: Me deja perplejo. ¿Entonces lo que acontece en Siria es otra “Playa Girón”?

AB: Se parece porque hay algunos elementos, pero no lo es.

RV: ¿Podría explicarme eso?

AB: Intentaré. Es evidente que lo sucedido en Cuba en 1961 fue producto de una negociación, lo cual permitió la permanencia de Castro en el poder. En ese acuerdo participaron dos partes. Cuba-la ex URSS por un lado y el capitalismo occidental por el otro lado. Negociaron un statu quo, el mantener cierto tipo de situación por un período de tiempo indeterminado. Y la situación que querían mantener era, por parte de la ex URSS, que no hubiesen más procesos revolucionarios en América Latina pues no estaba en condiciones económicas de sostener tal cosa. A su vez, el capitalismo occidental quería que nada alterara su influencia en la zona. Ese acuerdo, al que llegaron, implicaba la destrucción de todo lo que lo torpedease. De ahí, aunque no fue lo único, el desastre de los anticastristas en Playa Girón…. Cosas vederes, Sancho, que non crederes….

En el caso de Siria también hubo una negociación por debajo de la mesa. También implicaba destruir todo lo que la torpedease. Allí negociaban, por un lado, Siria-Rusia y, por el otro lado, EEUU-países europeos. Estos últimos necesitaban, a toda costa, salir de la experiencia tipo Afganistán en la que se habían metido a partir de su falso diagrama de “democratización del mundo árabe”. Se había dado cuenta Occidente que de seguir adelante marchaba a desastres incalculables. Hasta aquí es una negociación tipo Playa Girón. Pero lo que sigue no. Siria-Rusia no buscan ningún statu quo. Lo que buscan es la creación de un nuevo orden universal basado en premisas que nada tienen que ver con la filosofía materialista propia del capitalismo ni con la filosofía materialista propia del marxismo. Lo que buscan Siria-Rusia, junto con China e Irán, según declaraciones de las autoridades de esos países, es la creación de nuevas relaciones socio-políticas en donde el humanismo, la dignidad humana, tengan un peso real. Si ese es realmente el objetivo, la derrota del Occidente agresor y sus socios en la zona, de EEUU en particular, es mucho más grave que la derrota de Vietnam.

RV: ¿Usted cree que lo que plantea ya se ha concretado y es irreversible?

AB: No dije tal cosa. Gran parte de ese camino ya se ha recorrido. Pero aún es bastante lo que falta por recorrer, por lo que no podemos hablar de irreversibilidad de nada. Por ejemplo, la situación en Irak dista mucho de ser la de Siria. En Yemen, por otra parte, se está librando una lucha de tal heroicidad por lo asimétrica, que no me cabe ninguna duda que ocupará páginas brillantes en la historia. La complejidad de lo de Oriente Medio es grande. Pero las perspectivas, actualmente, dan esperanza de ver desarrollos muy positivos para la raza humana. Si en verdad se produce un acuerdo Trump-Putin que impulse un reordenamiento mundial humanista con base en principios éticos-morales fundado en lo teológico, quizás estemos ante grandes cambios a favor de la vida y la convivencia pacífica y un RENACER ESPIRITUAL. Dicha posibilidad me trae a la memoria palabras de Augusto César Sandino dirigidas al presidente norteamericano en 1929 que, desde que las leí, me resuenan permanentemente como clarines estridentes: “No desconozco los recursos materiales de que dispone su Nación, todo lo tienen, pero les falta Dios”. Creo que esta es una de las grandes diferencias con los acuerdos de “Playa Girón”. Espero haber respondido a sus interrogantes.

RV: Considero que lo expresado merece un profundo análisis. Muchas gracias por el tiempo brindado y todo lo expuesto.

Roberto Verttuti

Roberto Verttuti: Maestro, activista, escritor, traductor y periodista independiente argentino y musulmán.

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Mientras un rabino israelí prohibía la visita al árbol de Navidad por ser “una afrenta a la identidad judía”, el Consejo de Seguridad de la ONU aprobaba una resolución exigiendo a Israel el fin de los asentamientos en Cisjordania y Jerusalén, y la destrucción de las viviendas palestinas. EEUU, por vez primera, dejó de vetar una condena a Israel y se abstuvo. La iniciativa fue presentada por Egipto, aunque había sido gestada por la Casa Blanca, como refleja la prensa hebrea del mes pasado.

Si con ello, Barak Obama pretendía en la recta final de su presidencia colocarse en el lado correcto de la historia, y también salvar a Israel de sí mismo, fracasó en ambos objetivos. Esta resolución que se niega a tomar medidas para forzar a Israel a cumplirla, no hace ninguna referencia al cruel bloqueo a Gaza, ni trata el derecho de retorno de los refugiados, se convertirá en otro papel mojado.

Al principio de su mandato, Barak Obama mostró algo de simpatía hacia la causa palestina: eligió a Egipto, no a Israel, como el destino de su primer viaje al extranjero, donde reconoció “la intolerable situación del pueblo palestino”. También intentó desligar la agenda política de EEUU para Oriente Próximo a los planes de Tel Aviv, pero ante los gritos de Netanyahu de “Aquí mando yo”, al final se rindió, convirtiéndose en el presidente de EEUU que más apoyo diplomático, económico y militar ha prestado al régimen israelí: vetó dos resoluciones en 2011 y 2013 que condenaban los asentamientos ilegales de Israel y se negó a reconocer el Estado palestino. Luego, sin rubor, respaldó la brutal agresión de Israel a Gaza en 2014 y firmó un paquete de ayuda militar a este país por el valor de 40.000 millones de dólares (sacados del bolsillo de los norteamericanos), mientras presionaba a los palestinos que debían “portarse bien” tragando bombas, como condición previa de iniciar el proceso de paz. La cuestión palestina es otro de los grandes fracasos de Obama en su política exterior.

Lo que une a Trump con Netanyahu

El provocador Donald Trump, que ha prometido “reducir la asistencia de EEUU a Naciones Unidas” como castigo por esta resolución, comparte con Netanyahu la ideología racista: Uno habla de la “supremacía blanca” (¡blanca estadounidense!) sobre el mundo y el otro la de los judíos sobre los pueblos de Oriente Próximo. Entre las tareas de los 100 primeros días en el cargo del presidente Trump está el traslado de la embajada de EEUU de Tel Aviv a Jerusalén. La gravedad de dicho plan es tal que Obama acaba de renovar por otros seis meses la renuncia presidencial a mover la sede diplomática de Tel Aviv. Lo mismo hicieron Bush y Clinton. Sin duda, las discrepancias en el seno del poder en Washington sobre el papel de Israel en la zona es una de las principales barreras para la solución de la cuestión palestina.

Una relación asimétrica donde un pequeño país ha vivido la superpotencia, sin siquiera darle las gracias o mostrarle respeto al menos en público. Israel está más interesado en la tierra, el agua y el petróleo de los vecinos que en la paz, y avanzará en sus planes de crear el “Gran Israel”, ahora que la “cuestión palestina” no es prioridad para la ONU o para alguna potencia, y eso a pesar de que sus aliados temen las imprudencias de los mandatarios hebreos.

Esta derrota diplomática de Israel no significa ninguna victoria para Palestina. La caída de la Unión Soviética primero y la destrucción de Irak, Libia, Siria y la soga al cuello de Irán que representa el acuerdo nuclear, han cambiado el equilibrio de fuerzas en la región en perjuicio del pueblo palestino. El proceso de paz está muerto y en estos momentos ya no sirven los mecanismos tradicionales de ejercer una presión tangible sobre Israel para que cumpla con la legalidad internacional. Difíciles tiempos para los palestinos que exigen nuevas e ingeniosas formulas de conseguir sus derechos.

Nazanín Armanian

Nazanín Armanian: Investigadora en geopolítica de Oriente Medio y el mundo islámico.

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Estados Unidos en rumbo de colisión con la ONU

décembre 29th, 2016 by Thalif Deen

Estados Unidos ha tenido una relación de amor y odio con la Organización de las Naciones Unidas (ONU) desde 1952, cuando se inauguró la sede del foro mundial en la ciudad de Nueva York.

Ahora, el presidente electo de Estados Unidos, Donald Trump, advirtió que revisará su relación con la ONU, irritado por una resolución del Consejo de Seguridad que el 23 de este mes censuró a Israel por lo que considera asentamientos ilegales de colonos en los territorios ocupados de Cisjordania y Jerusalén oriental.

Estados Unidos se abstuvo en la votación, pero los restantes miembros permanentes del Consejo de Seguridad – China, Francia, Gran Bretaña y Rusia – votaron a favor de la resolución, junto con Angola, Egipto, España, Japón, Malasia, Nueva Zelandia, Senegal, Ucrania, Uruguay y Venezuela, los 10 miembros no permanentes.

En represalia, Israel amenazó con construir 5.600 viviendas más en la Jerusalén ocupada, aislándose aun más de la comunidad internacional.

Después de que el actual presidente estadounidense Barack Obama se negó a vetar la resolución, como Trump quería, el presidente entrante, que asumirá sus funciones el 20 de enero, cuestionó la eficacia del foro mundial y lo calificó de “un club donde la gente se reúne, habla y pasa un buen rato”.

“En cuanto a la ONU, las cosas serán diferentes después del 20 de enero”, advirtió Trump.

En la actualidad, Estados Unidos es el mayor contribuyente al presupuesto bianual de la ONU, con 22 por ciento del total, seguido por Japón (9,7 por ciento), China (7,9 por ciento), Alemania (6,7 por ciento) y Francia (4,8 por ciento).

El presupuesto asciende a unos 5.400 millones de dólares, con la exclusión de los fondos para el mantenimiento de la paz y las contribuciones voluntarias a los fondos y programas de la ONU.

Después de la votación del Consejo de Seguridad el viernes 23, el senador republicano Lindsey Graham dijo que formará una coalición bipartidaria para suspender o reducir la financiación de Washington a la ONU.

Y el senador republicano Tom Cotton advirtió que la ONU y “las naciones que apoyan la resolución (contra Israel) han puesto en peligro todas las formas de ayuda (que reciben) de Estados Unidos”.

Jim Paul, exdirector ejecutivo de Global Policy Forum, una organización con sede en Nueva York que analiza la labor realizada por la ONU, dijo a IPS que la amenaza de suspender la cuota estadounidense al foro mundial existe desde la década de 1980.

“Esta amenaza solo es efectiva si funcionarios asustados de la ONU o de Estados miembros la creen y reaccionan apresurándose a adoptar los últimos requisitos del Estado intimidador”, señaló.

“En realidad sería sano que la cuota estadounidense se redujera y la ONU no dependiera tanto de los fondos” de Washington, agregó Paul.

El fallecido primer ministro sueco Olaf Palme (1969-76 y 1982-1986) sugirió que la estructura de cuotas de la ONU debería cambiarse para que ningún país individual pagara más de 10 por ciento del total del presupuesto.

“El costo para los demás Estados no sería muy oneroso y el cambio produciría beneficios políticos reales”, afirmó Paul, un conocido orador y escritor sobre la ONU y asuntos de política mundial.

A lo largo de los años, sucesivos gobiernos estadounidenses manipularon a la ONU en su beneficio, como una extensión de su política exterior, añadió. Así, ocasionalmente se le niega el ingreso a un jefe de Estado u otro alto funcionario para que pueda hablar en la sede del foro mundial, explicó Paul.

“Podemos concluir que a Washington le gusta recordarle a los demás Estados -y a la ONU como institución- que puede hacer lo que quiere e imponer su voluntad, aunque a los demás no les guste”, dijo.

A pesar de que Estados Unidos firmó en 1947 un convenio sobre la sede de la ONU que le exige facilitar el funcionamiento de la organización, Washington le ha negado visas a varios jefes de gobierno que tenían previsto hablar ante la Asamblea General.

No obstante, “se podría llegar a decir que Estados Unidos ha manipulado a la ONU para que le sirva a sus intereses globales”, afirmó Palitha Kohona, exdirector de la Sección de Tratados de la organización.

En este contexto, volver a la confrontación de principios de los noventa, cuando Estados Unidos retenía sus cuotas, sería autodestructivo, agregó el otrora embajador de Sri Lanka ante la ONU.

Estados Unidos ya no es el único país con una influencia financiera abrumadora. “Amenazar a la ONU con sanciones financieras solo daría lugar a la caída de la influencia estadounidense en la (organización) y a nivel mundial. Todos los países, especialmente países como Estados Unidos, deben seguir trabajando juntos para hacer del mundo un lugar mejor”, exhortó Kohona.

Aunque las quejas contra la ONU no cesan – por las multas de estacionamiento impagas, los privilegios y las exenciones de impuestos de sus diplomáticos de alto rango – los políticos estadounidenses rara vez han admitido las ventajas políticas y económicas que genera para su país la presencia del foro mundial en su territorio.

“El informe sobre el impacto de la ONU 2016″, publicado recientemente por la alcaldía de la ciudad de Nueva York, concluye que la organización internacional genera 3.690 millones de dólares de la producción económica de la ciudad.

Las 15.890 personas empleadas directamente por la ONU ganaron aproximadamente 1.640 millones de dólares que, junto con los gastos de funcionamiento del foro, ayudaron a generar y mantener 7.940 puestos de trabajos en la ciudad.

A diferencia de los alcaldes pasados, el actual mandamás de la ciudad de Nueva York, Bill de Blasio, es un fuerte partidario de la ONU.

“La ciudad de Nueva York no es solo una capital económica y cultural, sino también diplomática. Estamos orgullosos de ser la ciudad anfitriona de la sede de la ONU y de la comunidad diplomática más grande del mundo”, declaró tras la publicación del informe.

Sin embargo, los beneficios políticos que la ONU le deja a Estados Unidos no se destacan tan claramente.

Kohona dijo a IPS que Estados Unidos, con su vasta influencia económica y política, manipuló a la ONU para justificar sus acciones, incluidas las intervenciones militares.

“Uno recuerda los esfuerzos que hizo (el exsecretario de Estado) Colin Powell, con videos y fotografías, para convencer al Consejo de Seguridad de la existencia de armas de destrucción masiva en Iraq, o las intensas llamadas telefónicas a diplomáticos cuyos países integraban el Consejo de Derechos Humanos cuando se sometió a su votación una resolución patrocinada por Estados Unidos sobre Sri Lanka”, dijo.

También están surgiendo pruebas de la flagrante manipulación estadounidense de los medios de comunicación internacionales, incluso con noticias falsas, con el objetivo de influir en la diplomacia, aseguró.

Thalif Deen

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Así expresó el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, al concluir el octavo periodo ordinario de sesiones de la octava legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular

El líder histórico de la Revolución Cubana nos legó su ejemplo imperecedero, su irrenunciable optimismo y fe en la victoria. El mejor monumento a sus ideales y obra es hacer realidad cada día los postulados contenidos en su brillante definición del concepto de Revolución, que hizo público el 1ro. de mayo del 2000 y que millones de cubanos suscribimos.

Así expresó el General de Ejército Raúl Castro Ruz, Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, al concluir el octavo periodo ordinario de sesiones de la octava legislatura de la Asamblea Nacional del Poder Popular.

Raúl recordó sus palabras del pasado 3 de diciembre en Santiago de Cuba, cuando anunció la voluntad de Fidel de que su nombre y su figura nunca fueran utilizados para nombrar instituciones, plazas, parques, avenidas, calles u otros sitios públicos, ni erigir en su memoria monumentos, estatuas ni otras formas similares. Nuestro parlamento ha consagrado en ley la voluntad expresada por el compañero Fidel, expresó.

Su espíritu de lucha permanecerá en la conciencia de los revolucionarios de hoy, de mañana y siempre, y así lo demostraremos en la revista militar y marcha del pueblo combatiente el 2 de enero, en homenaje al Comandante en Jefe y nuestra juventud, manifestó.

Al realizar un análisis de la economía, el General de Ejército rememoró sus palabras en la sesión ordinaria de diciembre del 2015, cuando advirtió que el desempeño de este sector en el 2016 enfrentaría limitaciones financieras, a causa de la caída de los ingresos por exportaciones y de los precios de los principales rubros, entre otros factores, proyecciones que fueron confirmadas a mediados del presente año.

Las limitaciones en los suministros de combustible y las tensiones financieras se agravaron en el segundo semestre conduciendo al decrecimiento del Producto Interno Bruto en un 0,9 %. A pesar de ello, se preservaron los servicios de educación y salud gratuitos, subrayó Raúl, y ratificó que no se produjo el colapso de la economía ni el regreso de los apagones, como auguraban no pocos malintencionados medios internacionales de prensa.

No se pueden olvidar los efectos negativos que genera el bloqueo, indicó, y comentó que Cuba sigue sin poder realizar transacciones internacionales en dólares estadounidenses.

Otro impacto en la economía cubana provocaron este año las afectaciones que ocasionó Mathew, con un saldo significativo de destrucción de viviendas, centros educacionales y de salud, entre otros, según puntualizó en sus palabras Raúl.

Gracias a las medidas adoptadas para la protección de la población no tuvimos que lamentar la pérdida de vidas humanas, como sucedió por desgracia con otros Estados, dijo.

Agradeció además las muestras de solidaridad y el apoyo material recibido de muchospaíses y las organizaciones internacionales del sistema de Nacionales Unidas para la recuperación, y una mención especial realizó a la hermana República de Venezuela, a iniciativa de su presidente Nicolás Maduro.

En cuanto al plan de la economía para el 2017 alertó quepersistirán tensiones financieras, sin embargo prevemos que la economíaretome la senda ascendente y que el Producto Interno Bruto crezca moderadamente en el entorno del 2 %.

Para lograrlo será preciso cumplir tres premisas decisivas: garantizar las exportaciones y su cobro oportuno, incrementar la producción nacional que sustituya importaciones, y reducir todo gasto no imprescindible, auguró.

Continuaremos ejecutando los programas de inversiones en función del desarrollo sostenible de la economía nacional, para lo cual será imperativo, según apuntó, dinamizar la inversión extranjera, “esfera en la que no estamos satisfechos y han sido frecuentes las dilaciones excesivas del procesonegociador”. Es preciso superar de una vez y por siempre la mentalidad obsoleta, llena de prejuicios, contra la inversión foránea.

Abundó que debemos despojarnos de falsos temores hacia el capital externo. No vamos ni iremos al capitalismo, eso está totalmente descartado, así lo recoge nuestra Constitución, pero no debemoscogerle miedo y poner trabas a lo que podemos hacer en el marco de las leyes vigentes, lo que implica lapreparaciónde los cuadros y especialistas que negocien, así como profundizar en las deficiencias y errorescometidos en el pasado para no repetirlos, indicó el general de ejército.

Raúl agregó que Cuba no produce todo el combustible que necesita; rubro que ha sido espada de Damocles desde el triunfo de la Revolución, por lo que sin renunciar al incremento de la producción nacional de petróleo, debemos acelerar el desarrollo de las fuentes renovables de energía, que significan un 4,65 % de la generación de electricidad en el país.

Sobre el experimento aplicado en Artemisa y Mayabeque, y la aprobación para continuar trabajando hasta que concluya la actual legislatura, subrayó, entre otras ventajas, que ha permitido poner en práctica un conjunto de principios organizativos, que incrementan la atención a los consejos populares, delegados de circunscripción y la población en general.

No obstante, se pusieron de manifiesto deficiencias que impidieron la consolidación del modelo de gestión, dijo, y señaló dificultades como el elevado nivel de fluctuación de cuadros de esas instancias, la insuficiente atención y supervisión por organismos y entidades nacionales, entre otras.Corresponde, de conjunto con las estructuras del Partido en las diferentes instancias superar los errores y avanzar sinretrocesos en su culminación en el nuevo plazo concedido, afirmó.

Cuando en pocas horas recordaremos un aniversario más del triunfo de la Revolución y el advenimiento del nuevo año, Raúl concluyó enviando una felicitación al pueblo de Cuba.

Granma

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Comme prévu par les forces russes, Alep-Est a été libéré avant Noël. C’en est fini des décapitations par les Takfiris d’Alep-Est. A la place, il y a eu une messe de Noël dans la cathédrale Saint Elie, en partie détruite, de la vieille ville d’Alep-Est.

Au total, environ 88 000 personnes ont quitté la zone pendant l’évacuation d’Alep-Est. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, quelque 35 000 (13 000 militants et leurs familles immédiates) sont parties vers des zones tenues par Al-Qaïda dans le gouvernorat d’Idleb. L’Organisation de secours humanitaire de l’ONU a constaté que 54 000 personnes sont entrées dans Alep-Ouest qui est tenue par le gouvernement.

Actuellement, la zone est fouillée par des équipes de sapeurs-démineurs qui ont trouvé des bombes bien cachées. Plusieurs ont explosé et tué des dizaines de soldats de l’armée syrienne. On a découvert des charniers où s’entassaient des corps de soldats syriens et de civils exécutés par Al-Qaïda, Ahrar al Sham et d’autres groupes soutenus par les États-Unis, vraisemblablement peu de temps avant leur évacuation. Le gouvernement syrien aurait voulu négocier leur libération avant l’évacuation. Mais il était plus que probable que la prolongation de la présence des Takfiris pendant les négociations aurait engendrée beaucoup de morts supplémentaires, et, par ailleurs, la politique internationale exigeait une solution rapide de la crise.

On a trouvé de nombreux entrepôts d’armes et de nourriture ainsi que des cliniques de soins intactes. Les combattants et leurs familles étaient de toute évidence très bien approvisionnés et équipés pendant que le reste de la population manquait de tout. La valeur des armes et les munitions trouvées (vidéo d’une seule cachette – 12) – fabriquées principalement en Bulgarie, payées par les Saoudiens et transportées et distribuées par les États-Unis – est estimée à environ 100 millions de dollars.

Les forces turques et certaines de leurs forces islamistes syriennes par procuration tentent de prendre Al-Bab, à l’est d’Alep, aux forces de l’État islamique. Leur opération « Bouclier de l’Euphrate » rencontre beaucoup de difficultés. Leurs forces par procuration se sont enfuies au lieu de combattre ISIS. Le 22 décembre, un kamikaze a tué environ 16 soldats turcs. Au total, quelque 80 à 90 soldats turcs ont été tués pendant cette courte campagne – plus de pertes que les Russes en ont subies depuis le début de leur campagne en Syrie, il y a plus d’un an. Dix des chars les plus modernes de l’armée turque, des Léopard 2A4 de construction allemande, ont été endommagés ou détruits par les forces d’ISIS. Ces dernières utilisent des missiles antichars TOW fabriqués par les États-Unis et fournis par la CIA aux « rebelles modérés » qui combattent le gouvernement syrien. Des images réalisées par ISIS de dégâts causés par les combats dans Al-Bab montrent des «  Casques blancs » soutenus par G.B. / U.S. en train de faire des opérations de « sauvetage ».

L’armée turque vient d’envoyer 500 forces spéciales supplémentaires ainsi que de l’artillerie pour prendre Al-Bab. Les avions turcs ne sont pas autorisés dans l’espace aérien syrien et les États-Unis ont refusé tout soutien aérien à la Turquie. Aujourd’hui, les forces aériennes russes (!) ont offert un soutien aérien aux troupes turques qui combattent ISIS à Al-Bab. (Rappelez-vous que les propagandistes néo-cons prétendaient que la Russie donnait un soutien aérien à ISIS.)

Dans l’est de la Syrie, ISIS essaie à nouveau de prendre l’enclave détenue par le gouvernement à Deir Ezzor, mais n’a pas réussi jusqu’à présent à faire la moindre avancée. Les forces kurdes des YPG et des groupes mercenaires tribaux qui portent le nom (assez amusant) de Forces démocratiques syriennes, toutes deux sous commandement américain, s’approchent lentement de la ville de Raqqa tenue par ISIS.

Peu de temps avant Noël, le président des États-Unis a signé une nouvelle directive autorisant la distribution de systèmes portables de défense anti-aérienne (Manpads) aux «rebelles modérés » en Syrie. Comme pour les TOW que la CIA a distribués aux « rebelles modérés », certains de ces MANPADS finiront inévitablement dans les mains d’ISIS et il y a un risque qu’ils soient utilisés contre des avions civils en dehors de la Syrie. Les YPG / SDF kurde veulent également de telles armes bien que leur seul ennemi potentiel qui possède des forces aériennes soit l’armée turque de l’OTAN. Les Russes considèrent la distribution de MANPADS à leurs ennemis en Syrie comme un « acte hostile » et réagiront probablement en conséquence.

Avec l’augmentation de ses pertes en Syrie, le président turc Erdogan se met à accuser les États-Unis de soutenir ISIS et d’autres groupes terroristes en Syrie – les groupes qu’Erdogan lui-même avait soutenus jusqu’au coup d’État contre lui probablement inspiré par les États-Unis. Ses incessants revirements idéologiques (pro-ISIS / anti-ISIS, pro-russe / anti-russe / pro-russe, etc.) affectent ses partisans. (Les problèmes économiques n’aident pas non plus.) On peut penser que l’assassinat récent de l’ambassadeur russe en Turquie par un policier islamiste est la conséquence de cette confusion.

Les partisans d’Erdogan ne sont pas les seuls à ne plus s’y retrouver entre les différents acteurs, alliés et intérêts en Syrie. Elijah Magnier a fait un topo de fin d’année perspicace sur l’actuel « équilibre régional et international au Levant ». La première partie couvre Les revirements turcs dans la guerre syrienne et la deuxième partie Le rôle de la Russie dans la guerre syrienne et les différences dans la tactique envers l’Iran. Il conclut:

Il y aura encore des combats en Syrie mais on peut voir se dessiner un accord de paix à l’horizon 2017. Parfois, la diplomatie nécessite le langage des armes et du feu pour imposer la paix aux participants. Une chose est certaine: les djihadistes ne déposeront pas les armes pour la bonne raison que cela ferait disparaître l’essence de leur idéologie: ils seraient obligés de quitter la Syrie pour un autre pays.

Le premier choix des Takfiris qui quitteraient la Syrie serait la Turquie où ils ont une base de soutien et de nombreux partisans de leur idéologie. Avec sa guerre contre la Syrie et son soutien aux islamistes radicaux, Erdogan a placé son pays dans la situation même où le Pakistan s’était mis lorsque Muhammad Zia-ul-Haq soutenait les Moudjahidines fournis par la CIA en Afghanistan contre le gouvernement afghan progressiste, en 1978. Résultat, le Pakistan fait face, depuis, à une insurrection lente, bouillonnante et mortelle. Il faudra probablement des décennies à la Turquie pour débarrasser le pays autrefois laïc d’un tel cancer mortel.

Moon of Alabama

Article original:

christmasaleppo-s

Aleppo Liberated, Exodus of Al Qaeda Rebels, Turkey’s Problems Increase

Traduction : Dominique Muselet
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Pas de “Paix sur terre” en 2016

décembre 28th, 2016 by Andre Damon

« La paix sur terre et bonne volonté à toute l’humanité », ainsi se lisent les paroles d’un chant de Noël populaire. Les vacances de fin d’année sont une saison où ces sentiments sont généralement exprimés, sincèrement par de larges couches de la population, mais avec les plus grands cynisme et hypocrisie par diverses personnalités politiques.

La trajectoire réelle de la politique mondiale, cependant, était peut-être mieux reflétée dans un tweet du futur président des États-Unis. « Les États-Unis doivent grandement renforcer et développer leur capacité nucléaire », a déclaré Trump jeudi. Cela a été suivi d’un énoncé par la présentatrice de la MSNBC, Mika Brzezinki vendredi : « Qu’on en fasse une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque tournant et leurs survivrons tous. »

Les déclarations de Trump, dans le cadre d’un échange avec le président russe Vladimir Poutine, dans lequel les deux hommes se vantaient des arsenaux nucléaires de leurs pays respectifs, semblent être appropriées pour décrire la fin d’une année de carnage.

En 2016, une grande partie de la planète a été engloutie dans des conflits militaires. Et les États qui étaient nominalement en paix ont passé leur temps à se préparer à la guerre et à maltraiter les réfugiés fuyant ces conflits armés.

Bien que des chiffres définitifs n’aient pas encore été publiés, au moins 150 000 personnes ont été tuées dans des conflits armés à travers le monde en 2016. Il y a eu trois « guerres majeures », avec un nombre de morts fixé pour 2016 à plus de 10 000 :

*La guerre civile syrienne, dans laquelle 46 442 personnes auraient été tuées cette année. Depuis que les États-Unis ont commencé à soutenir l’insurrection islamiste en 2011, environs 470 000 personnes sont mortes. La guerre a contraint 4,9 millions de personnes à fuir à l’étranger et a déplacé 6,6 millions de personnes en Syrie.

*La guerre en Irak, dans laquelle 23 584 personnes ont été tuées cette année. Depuis que les États-Unis ont envahi le pays en 2003, plus d’un million de personnes sont mortes. En novembre, 3,1 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays et des millions d’autres avaient fui à l’étranger.

*La guerre en Afghanistan, où 21 932 personnes ont été tuées cette année. Depuis que les États-Unis ont commencé à fournir des armes aux Moudjahidin, les prédécesseurs des Taliban, en 1978, plus de deux millions de personnes ont été tuées dans ce pays, déchiré par l’invasion et l’occupation de 2001.

Ces trois conflits ont représenté les deux tiers des morts dans des conflits militaires dans le monde. Ils ont également conduit à une crise des réfugiés sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon les Nations Unies, il y avait 65,3 millions de personnes déplacées à la fin de 2015, en hausse de 5 millions comparé à 2014 et de près de 25 millions depuis 2011.

La montée du nombre de réfugiés et le traitement de plus en plus cruel qu’ils ont subi aux mains des pays destinataires ont été la cause du plus grand nombre de décès de réfugiés jamais enregistrés par l’Organisation internationale pour les migrations.

Quelque 7100 réfugiés sont morts cette année, contre 5740 en 2015. La moitié des décès a eu lieu pendant que les réfugiés cherchaient à gagner l’Europe à travers la mer Méditerranée en fuyant la guerre et la dévastation du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Cette année, l’Europe a fermé ses portes aux réfugiés. L’UE a accepté de payer la Turquie pour servir de gardien de l’Europe et empêcher les réfugiés d’entrer, pendant qu’elle militarisait sa patrouille frontalière et déployait les marines de ses pays membres pour arrêter le « trafic d’êtres humains ».

Cette évolution trouve son expression la plus claire en Allemagne, l’État le plus puissant de la région, qui se militarise rapidement à mesure qu’il s’affirme comme la puissance européenne dominante. Alors que la Chancelière Angela Merkel proclamait hypocritement une « culture d’accueil » à l’égard des réfugiés en 2015, elle a adopté ce mois-ci de larges sections du programme du parti fasciste de l’Alternative pour l’Allemagne, préconisant l’interdiction du voile intégral et la répression accentuée des réfugiés.

Au-delà des « guerres brûlantes » de l’Irak, de la Syrie et de la Libye, la poussée des États-Unis pour encercler militairement la Chine a attisé les braises autour des poudrières régionales du monde. Cette année, près de 300 personnes sont mortes lors de raids et de bombardements sur la frontière entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances possédant des armes nucléaires. Dans l’intervalle, les tensions militaires entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui menacent également l’escalade vers la guerre nucléaire, se sont considérablement intensifiées.

Le dernier quart de siècle de guerre sans fin et en pleine expansion a atteint un stade nouveau et encore plus explosif. Dès la première guerre du Golfe de 1991, qui a précédé directement la dissolution de l’Union soviétique, les États-Unis ont cherché, par le biais d’une succession d’aventures à l’étranger, à inverser leur déclin économique à long terme.

Obama quittera ses fonctions en étant le premier président américain à servir deux mandats complets en état de guerre permanente. Il entrera dans l’histoire comme l’homme qui a proclamé le droit du président d’assassiner des citoyens américains sans un procès en bonne et due forme et qui a personnellement autorisé des « frappes » de drones qui ont entraîné la mort de milliers de personnes.

Ces guerres sans fin, cependant, n’ont pas réussi à atteindre le but souhaité. Au cours des quinze dernières années, la Chine a triplé sa part du marché mondial des exportations, tandis que la part des exportations des États-Unis a diminué. Les opérations militaires américaines, de l’Irak à l’Afghanistan en passant par la Libye, sont devenues des bourbiers et des débâcles. En Syrie, la défaite des islamistes, les forces par procuration de la CIA, ce mois-ci, a fait ressortir l’échec des États-Unis à imposer leur volonté sur le Moyen-Orient et le monde.

Mais seul un imbécile croirait que ces échecs vont transformer l’élite dirigeante américaine en pacifistes. Au contraire, ils ont conduit celle-ci à se concentrer de plus en plus directement sur ses plus grands concurrents.

L’inauguration de Donald Trump marquera une nouvelle phase dans le conflit mondial. Les provocations de Trump contre la Chine et sa déclaration selon laquelle il salue une nouvelle course aux armements avec la Russie ne sont que les premières indications de l’acharnement dont son gouvernement fera preuve pour préserver les intérêts de l’oligarchie américaine.

L’année 2017, centenaire de la révolution russe de 1917, posera de nouveau la lutte contre la guerre comme la tâche politique la plus haute et la plus urgente pour l’humanité.

Andre Damon

Article paru en anglais, WSWS, le 24 décembre 2016

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Les récents évènements en Corée du Sud ont fait la une des médias mondiaux. Intérêt justifié par l’ampleur des manifestations de rejet de masse  de la Présidente. Pour autant   les motifs de cette opposition massive et pacifique sont-ils convaincants ?

Cette question surgit nécessairement quand on constate que les forces de police sud coréennes supérieurement équipées et  allant facilement au contact  et souvent de façon assez rude avec les manifestants sont restées très discrètes. Les manifestations seraient donc une réaction à des accusations de corruption de la présidente et de son entourage.

Or tous les observateurs impartiaux, tous les diplomates étrangers en poste à Séoul savent que la corruption est consubstantielle avec le miracle économique sud coréen qui a fait d’un petit pays agricole pauvre en 1953 la douzième économie mondiale. Les Chaebols, ces grandes entreprises  les Hyundai, Daewwo, LG, Samsung, Hanjin et autres qui vendent aujourd’hui dans le monde entier ont un pouvoir d’influence considérable sur le gouvernement sud-coréen quelles que soient ses orientations. Très exactement un capitalisme monopoliste d’Etat où l’Etat au service des monopoles capitalistes nationaux. Dans ce contexte une accusation de corruption  qui soudainement crée une crise politique au plus haut niveau est-elle un évènement inattendu, un mouvement d’humeur incontrôlé dans une société disciplinée ? Lors de la campagne électorale pour les présidentielles de 2012 tant Mme Park que son adversaire de centre gauche avaient annoncé une ferme volonté d’agir contre la corruption.

Pour tenter de répondre à cette question il convient de revenir sur la personne de la présidente destituée et sur son histoire.

Elle est la fille de Park Chung Hee. Ce militaire issu d’un milieu modeste commence sa carrière dans l’armée japonaise au Mandchoukouo. Sorti de formation en 1944 il est libéré après la capitulation le 02 septembre 1945 avec le grade de sous-lieutenant. IL a 28 ans. Il travaille dans la police puis rejoint l’armée coréenne. Mais lorsque la ligne de démarcation au 38° parallèle est mise en place  il est chassé de l’armée car il est à l’époque adhérent au parti sud coréen des travailleurs  et donc considéré comme communiste. Mais il est réintégré dés le début de la guerre dans l’armée sud coréenne et suivra aux Etats-Unis une formation militaire d’un an pendant la guerre. Il en ressort avec le grade de général de brigade.

Ce jeune général a des ambitions politiques.  A la suite du renversement du président /dictateur Syngman Rhee par d’imposantes manifestations étudiantes,  un gouvernement est élu. D’abord restée passive l’armée renverse ce gouvernement et Park Chung Hee s’attribue bientôt tous les pouvoirs. Il  gouverne le pays d’une main de fer pendant 18 ans de 1961 à 1979. Il lance un programme d’industrialisation sous l’état d’urgence, réprimant tous les troubles sociaux engendrés par la brutalité du processus de développement. Il s’agit d’un programme national sous des barrières douanières élevées et avec une forte limitation des libertés publiques y compris syndicales. Il va finir assassiné par  Kim Jae Kyu le chef des services secrets la KCIA, la CIA coréenne. Pas un assassinat clandestin et commandité, non, des coups de revolver au milieu d’une réunion de travail de l’équipe présidentielle, comme un règlement de comptes entre mafieux. La mort du général Park Chung Hee débouche sur une brève période de libéralisation mais quelque mois plus tard l’homme fort éliminé  est remplacé par un autre homme fort, le général CHUN DOO HWAN  qui poursuit la même politique. La population sud-coréenne très sévèrement encadrée n’intervient pas dans ces troubles violents circonscrits au sein de la direction politique d’un pays sous influence d’une armée étrangère sur puissante qui, même si elle est concentrée le long du 38° parallèle, reste une armée d’occupation effectuant chaque année avec l’armée sud-coréenne des manœuvres  imposantes destinées à impressionner les pays voisins et en priorité la RPDK.

La fille du général Park est présente sur les lieux de l’assassinat de son père comme elle l’était  quatre ans plus tôt le jour de l’assassinat de sa mère Yuk Young Soo par un « sympathisant » nord-coréen rapidement jugé et exécuté et depuis la mort de sa mère elle joue auprès de son père le rôle de « première dame ». L’accession de Madame Park Geun Hye à la présidence de la République de Corée en 2012 est celle d’un personnage du sérail accoutumé à ses violences, internes et externes, et parfaitement informé des rapports de force internationaux dans lesquels son pays est inséré, bon gé mal gré.

Elle a inévitablement une idée sur les raisons de la liquidation de son père et elle sait que la partition de la Corée est le déterminant principal de la position du tuteur étasunien. Or il se trouve que vient d’arriver à la Maison Blanche un nouvel occupant, Jimmy Carter, dont la mission principale telle qu’elle lui a été confiée par l’oligarchie capitaliste dominante qui s’exprime au sein du Council of Foreign Relations est de tourner la page après la défaite vietnamienne c’est-à-dire de donner à la politique impériale un visage moins martial. La Corée du Sud du général Park qui a envoyé au Vietnam plus de 300 000 soldats combattre aux côtés de l’armée Us  y a été l’allié le plus fidèle et le plus engagé de Washington.   Cette image avait donc besoin d’être gommée…

Les faits et gestes de Madame Park Geun Hye comme ceux de tout président sud coréen ont été suivis avec la plus extrême attention par l’ambassadeur des Etats-Unis à Séoul et par le département d’Etat. Or elle commet de leur point de vue un premier faux pas : une visite officielle à Beijing en 2013 où elle est accueillie par le Président Xi Jinping qui fait ainsi progresser la politique chinoise à l’égard de la Corée. Il s’agit d’une politique qui pourrait être qualifiée d’équidistante. La Chine a pris conscience du fait qu’elle ne peut  faire progresser la réunification de la Corée dans l’arène internationale que si elle ne s’appuie pas que sur la seule République Populaire et Démocratique de Corée (RPDK). Ses liens avec celle-ci demeurent évidemment très étroits   mais toute solution diplomatique à la partition suppose l’établissement de liens confiants avec la Corée du Sud. Ils le sont déjà avec les Chaebols qui ont beaucoup investi en Chine, ils doivent être étendus à la sphère politique.

C’est tout le sens de la visite de Madame Park Geun Hye à Beijing. Message bien reçu à Washington dont les inquiétudes vont être confirmées et accrues par la participation  de la présidente sud coréenne devant les caméras du monde entier à l’immense manifestation pékinoise de commémoration de la victoire des alliés en 1945 contre les puissances de l’Axe : Allemagne, Italie et Japon en Septembre 2015. A cette occasion Madame Park exprime le sentiment profond du peuple coréen, qu’il soit du sud ou du nord, face au colonisateur japonais qui est le facteur le plus décisif d’une future réunification.

Ce jour là, la présidente a certainement franchi une ligne rouge diplomatique nettement tracée à Washington. Le temps n’étant plus aux assassinats directs de dirigeants politique en voie de dissidence, Madame Park  Geun Hye n’allait pas  conne son père être abattue par un de ses collaborateurs. Il fallait donc mettre en place  un dispositif de renversement de présidente de type brésilien, une crise « interne » manipulée  avec des ingrédients spécifiques :  d’abord la corruption qui  bien qu’endémique et même constitutive du système sud coréen peut toujours servir puis l’apparition de l’élément maléfique, et en même temps très « people »  : l’amie, la conseillère  influente , la femme de l’ombre, corruptrice et corrompue elle-même,  qui peut être réel mais n’est connu que d’un cercle très étroit et n’est livré en pâture à l’ opinion publique par des médias bien soumis que sur décision prise au plus haut niveau.

Arguments destinés à masquer le motif profond de son élimination : la conférence de presse du 12 Janvier 2015 au cours de laquelle la présidente affirme qu’elle est prête à rencontrer Kim Jong Un sans conditions pour parler de l’avenir commun, ce qui est dans le droit fil de la politique chinoise et à l’exact opposé de celle d’Obama. La presse occidentale rappela alors que Madame Park Geun Hye s’était rendue à Pyongyang en 2002 pour y rencontrer Kim Jong Il alors qu’elle n’était que simple députée. Elle sentait déjà le soufre …

La couverture médiatique mondiale des manifestations hostiles à Madame Park Geun Hye qui vont déboucher sur sa destitution est là pour confirmer le déroulement d’une opération de remplacement de dirigeant « imposée par la rue », rue sud coréenne à qui serait accordée soudain une formidable  liberté d’expression et de manifestation. Laquelle évidemment, on l’aura compris, ne saurait s’étendre à la question de la réunification du  pays, sujet tabou.

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Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, je fais dix propositions sur la prise de pouvoir par le peuple |1|.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, je pense par exemple à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire » parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures anti-sociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Selon moi, après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué l’année dernière en Grèce. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand ils ont appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5% des Grecs, qui refusèrent d’obéir aux exigences des créanciers.

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Je dirais que cet audit devra être simultané à la suspension des remboursements de la dette. Les situations dans 28 pays de l’Union européenne sont différentes. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce, et comme serait le cas du Portugal et de Chypre. En Espagne, il faudrait voir. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

Quatrième mesure. Mettre en place des contrôles des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus d’un certain montant des transferts.

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Selon moi, socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |2|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, de toute façon, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics … Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne. Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Je pense que dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue en tant que partis et syndicats de classe. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, selon moi, il faudra faire une réforme monétaire redistributive. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie décréter, par exemple, que jusqu’à 200.000 euros liquides, le taux de change serait de 1 euro pour 100 pesetas. Mais au-dessus de 200.000 (ou peut-être au-dessus de 100.000), le taux de change serait de 1.5 euros pour obtenir 100 pesetas. A un niveau encore supérieur, il serait de 2 euros. Au-delà de 500.000, il faudrait donner 10 euros pour obtenir 100 pesetas. Ceci consiste en une réforme monétaire redistributive. Cela diminue le liquide en circulation et redistribue la richesse liquide des ménages. Et bien sûr, cela élimine une partie des actifs liquides des 1% les plus riches. Sachant que, je ne connais pas exactement ce que les données du Pays basque et de l’Espagne, mais près de la moitié de la population n’a même pas d’épargne. 30% de la population, les moins riches, ont des dettes, pas d’actifs liquides. Ils ont éventuellement du patrimoine en termes de logement (hypothéqué ou non), mais cette proportion de la population n’a pas de capital.

La septième mesure : Bien sûr, une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité et l’eau, et d’autres bien de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine.

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

Neuvième mesure : Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois anti-sociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150.000 euros, par exemple. Cela permettrait d’éviter d’aller en justice.

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Bien sûr, il faudra tenir compte des questions de nationalités, etc. mais il s’agit d’ouvrir un véritable processus constituant, que ce soit aux niveaux des nationalités ou au niveau de l’État en tant que tel. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont pour moi dix propositions de base à soumettre au débat. Mais je mets ces mesures à un niveau élevé de priorité. Parce que je crois que, sans mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec des politiques d’austérité. Il n’y a pas de marge de manœuvre pour rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent qu’ils peuvent éviter cela, ce sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Le niveau européen, l’architecture européenne est telle, et la crise du capitalisme est tellement étendue qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. Selon moi, l’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doit venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin et la transition de éco-socialiste est une nécessité absolue et immédiate.

Eric Toussaint

 Traduit par Trommons

Notes

|1| Ce texte correspond à la conférence que Eric Toussaint a donnée à Bilbao le 25 Septembre 2016 lors de la troisième réunion écosocialiste internationale http://alterecosoc.org/?lang=fr

|2| Pour une explication à propos de la socialisation des banques, voir Que faire des banques ? Version 2.0, http://www.cadtm.org/Que-faire-des-banques-Version-2-0

Eric Toussaint docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est l’auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.
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Passionnant câble de la Diplomatie américaine de 2006 sur ses actions visant à appuyer un régime change en Syrie… (Câble révélé par Wikileaks en 2015)

Il montre ce qu’est la diplomatie de l’ombre…

Lire un intéressant commentaire en anglais ici

Cable du 13/12/2006 

(SARG = Syrian Government)

Influence sur le Gouvernement syrien en 2006

1. (S) Résumé. Par rapport à 2005, le gouvernement syrien termine l’année 2006 renforcé, tant en interne qu’à l’international. Des pressions supplémentaires et plurilatérales pourraient avoir un impact sur la Syrie, mais le régime s’appuie sur une petite clique qui est immunisée contre ces pressions. Néanmoins, l’assurance croissante de Bachar el-Assad – et sa dépendance vis à vis de cette petite clique – pourrait lui faire commettre des erreurs et faire des choix politiques irraisonnés en répondant aux défis sous l’emprise de l’émotion. Cela pourrait nous fournir de nouvelles occasions. Voire ses réactions à la limite de la déraison face à la perspective d’un procès Hariri ou face à la publicité faite à Khaddam et au Front de Salut National. De plus, on connait l’intérêt que Bachar porte à son image et à sa réception dans le monde. Cela pourrait altérer ses décisions. Nous pensons que le point faible de Bachar est sa façon de réagir aux problèmes qui surgissent, fussent-ils supposés ou réels. Par exemple, le conflit entre les avancées (modestes) des réformes économiques et la corruption endémique, la question kurde et la menace que représente pour le régime la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces points faibles et propose des mesures de type actions, déclarations ou signaux que pourraient prendre le gouvernement américain afin de favoriser l’émergence de telles occasions. Ces propositions devront être concrétisées et transformées en actes. Nous devons être prêts à agir rapidement afin de saisir de telles occasions. Beaucoup de nos suggestions mettent en avant l’usage de la diplomatie publique et de moyens indirects pour envoyer des messages qui influencent le premier cercle. Fin du résumé.

2. (S) Alors que l’année 2006 se termine, Bachar semble plus fort qu’il ne l’était il y a deux ans. L’économie du pays est stable (au moins sur le court terme), l’opposition intérieure au régime est faible, intimidée même et, du point de vue de Damas, les problèmes dans la région semblent aller dans une direction favorable à la Syrie. Néanmoins, quelques points faibles anciens et quelques problèmes émergents peuvent fournir l’occasion d’augmenter la pression sur Bachar et son premier cercle. La prise de décision dans ce régime se limite à Bachar et à son premier cercle dont les choix tactiques sont souvent mal pensés et parfois guidés par l’émotion à l’instar du discours de Bachar, le 15 août, qui fut la risée du monde entier. Certaines de ces faiblesses, comme les vues quasi délirantes de ce régime concernant le Liban, peuvent être exploitées pour faire pression sur le régime. Les actions qui déséquilibrent Bachar et qui accroissent son insécurité sont dans notre intérêt parce que son inexpérience et la très petite dimension de son cercle de décideurs le rendent susceptible de maladresses diplomatiques qui peuvent l’affaiblir dans son pays et dans la région. Bien qu’il soit difficile d’estimer les conséquences de ses erreurs et que les bénéfices puissent en être variables, si nous sommes prêts à profiter rapidement des situations qui peuvent se présenter, nous pourrions influencer le point névralgique du régime : Bachar et son premier cercle.

sarg

3. (S) Nous résumons ci-après les faiblesses potentielles et les moyens possibles de les exploiter :

– Faiblesse :

– L’ENQUÊTE HARIRI ET LA COUR DE JUSTICE : l’enquête Hariri – et la perspective d’une cour de justice libanaise – a entrainé une réaction violente du gouvernement syrien, principalement à cause de l’embarras causé par l’enquête. Rationnellement, le régime devrait penser qu’il peut traiter n’importe quelle demande de comparution d’officiels syriens en refusant de livrer quelque suspect que ce soit, ou, dans des cas extrêmes, en provoquant des “suicides “. Mais il semble que la mise en cause de la dignité et de la réputation internationale de la Syrie est pour Bachar le vrai problème. Le sentiment farouchement entretenu que la Syrie devrait continuer à exercer un rôle dominant au Liban intervient dans cette susceptibilité. Nous devrions essayer d’exploiter cette extrême sensibilité, sans attendre la formation de la cour de justice.

– Action possible :

– PUBLICITÉ : mettre publiquement en évidence les conséquences de l’enquête en cours à la manière de Mehlis angoisse personnellement Bachar et peut le pousser à des actes irrationnels. Le régime redoute profondément la surveillance internationale qu’une cour de justice – ou des accusations de Brammertz même contre des personnalités de second plan – déclencherait. Les accusations de Mehlis en octobre 2005 ont causé des tensions extrêmes au sein du premier cercle qui entoure Bachar. Bien que la famille se soit ressoudée, ces cassures pourraient bien se trouver juste au-dessous de la surface.

– Faiblesse :

– L’ALLIANCE AVEC TÉHÉRAN : Bachar avance prudemment dans ses relations grandissantes avec l’Iran. Il recherche une assistance nécessaire sans s’aliéner totalement les voisins arabes sunnites modérés de la Syrie en passant pour un soutien des Perses et des fondamentalistes chiites. On peut voir la décision de Bachar de ne pas assister au sommet Talabani/Ahmadinejad à Téhéran, après le voyage du ministre des Affaires étrangères Moallem en Irak, comme une manifestation de la sensibilité de Bachar à la vision arabe sur son alliance avec l’Iran.

– Action possible :

– JOUER SUR LES CRAINTES SUNNITES DE L’INFLUENCE IRANIENNE : En Syrie, on redoute l’activisme iranien tant au niveau du prosélytisme chiite qu’au niveau de la conversion des sunnites, surtout des pauvres. Quoique souvent exagérées, ces craintes reflètent l’agacement et l’attention accrues d’une partie de la communauté sunnite en Syrie face à l’expansion de l’influence iranienne dans leur pays à travers des activités qui vont de la construction de mosquées aux affaires. Les missions locales égyptienne et saoudienne ici (tout comme les chefs religieux sunnites syriens en vue), prêtent une attention croissante à cette question et nous devrions coordonner plus étroitement avec leurs gouvernements les moyens de mieux rendre public ce problème et de concentrer l’attention régionale sur lui.

– Faiblesse :

– LE PREMIER CERCLE : En définitive, le régime est dominé par la famille Assad et, à un degré moindre, par la belle-famille de Bachar el-Assad, les Makhloufs. Beaucoup de membres de la famille les trouvent de plus en plus corrompus. La famille et les parasites autour, aussi bien que la secte Alaouite plus généralement, ne sont pas protégés contre les querelles et les conspirations anti-régime. Ce fut évident l’année dernière quand des proches de certains piliers du régime (incluant les Makhloufs) nous ont approchés pour évoquer les options de l’après-Bachar. La corruption est un grand diviseur et le premier cercle de Bachar est soumis aux querelles et aux disputes habituelles liées aux trafics et à la corruption. Par exemple, Maher Assad est connu pour être particulièrement corrompu et incorrigible. Il n’affiche aucun scrupule dans ses querelles avec des membres de la famille ou avec d’autres. La communauté alaouite redoute aussi terriblement de possibles représailles si un jour la majorité sunnite reprend le pouvoir.

– Action possible :

– NOUVELLES DENONCIATIONS : Les sanctions ciblées contre des membres du gouvernement et leurs proches sont généralement bien accueillies par la majorité des composantes de la société syrienne. Mais la procédure de ces dénonciations doit exploiter les déchirures et affaiblir le premier cercle plutôt que de rapprocher ses membres. La dénonciation de Chaoukat l’a personnellement très irrité et a suscité un très vif débat ici dans le monde des affaires. Alors que les réactions publiques à la corruption ont tendance à être étouffées, les rappels continus de la corruption au sein du premier cercle ont une certaine résonance. Nous devrions chercher des moyens de rappeler au public nos précédentes dénonciations.

– Faiblesse :

– LE FACTEUR KHADDAM : Khaddam sait où le régime cache ses squelettes, ce qui provoque une énorme irritation chez Bachar, largement disproportionnée par rapport au soutien dont bénéficie Khaddam en Syrie. Bachar el-Assad, et son régime en général, suivent chaque information impliquant Khaddam avec un intérêt émotionnel énorme. Le régime réagit avec une colère funeste quand d’autres pays arabes accueillent Khaddam ou lui permettent de faire une déclaration publique dans leurs médias.

– Action possible :

– Nous devrions continuer à encourager les Saoudiens et d’autres de permettre à Khaddam d’avoir accès à leurs médias, en lui fournissant un moyen de révéler les turpitudes du gouvernement syrien. Nous devrions prévoir une réaction exagérée du régime qui renforcera son isolement et lui aliénera ses voisins arabes.

– Faiblesse :

– LES DIVISIONS AU SEIN DES SERVICES DE SÉCURITÉ ET MILITAIRES : Bachar se protège constamment des actions de ceux qui ont des relations au sein de l’armée et des services de sécurité. Il est aussi inquiet de la loyauté que des officiers supérieurs (ou d’anciens officiers supérieurs) ressentent envers d’anciens éléments du régime mécontents comme Rifaat Assad et Khaddam. Le premier cercle se préoccupe continuellement de savoir qui obtient quelle part de la corruption. Les gestes de Bachar pour réduire le cercle de ceux qui touchent les plus grosses part de butin ont donné plus de place aux bénéficiaires qui ont des liens avec les services de sécurité.

– Action possible :

– ENCOURAGER LES RUMEURS ET LES SIGNES DE COMPLOT EXTERNE : Le régime est extrêmement sensible aux rumeurs de complot et à l’agitation dans les services de sécurité et dans l’armée. Des alliés régionaux comme l’Égypte et l’Arabie Saoudite devraient être encouragés à rencontrer des personnalités comme Khaddam et Rifaat Assad comme un moyen d’envoyer de tels signaux, avec, par la suite, des fuites orchestrées émanant de ces réunions. Ceci touche de nouveau à la paranoïa interne de ce régime et augmente la possibilité d’une réaction exagérée funeste.

– Faiblesse :

– RECRÉER DES FORCES OPPOSÉES AUX ÉLITES BAASSISTES ET AUTRES ÉLITES CORROMPUES : Bachar continue à mettre en œuvre un courant stable d’initiatives en matière de réformes économiques et il est tout a fait possible qu’il croie que cette question est de son devoir pour la Syrie. Bien que limités et inefficaces, ces étapes ont incité en retour des expatriés syriens a investir et a créé au moins l’illusion d’une ouverture croissante. En trouvant des façons de mettre en question publiquement les efforts en matière de réformes de Bachar, – en indiquant, par exemple, l’utilisation de réformes pour déguiser le copinage – il est possible d’embarrasser Bachar et de réduire ses efforts pour étayer sa légitimité. Révéler la corruption de la famille d’Assad ou de son cercle de proches aurait un effet semblable.

– Action possible :

– METTRE L’ACCENT SUR L ‘INCAPACITÉ A RÉFORMER : l’Accentuation des échecs de réforme, particulièrement dans la période préparatoire aux élections présidentielles 2007, est un mouvement que Bashar trouverait fortement embarrassant et de délégitimisation. Comparer les efforts de réforme syriens limités avec ceux du reste du Moyen-Orient embarrasserait et irriterait Bachar.

– Faiblesse :

– L’ÉCONOMIE : Perpétuellement sous-performante, l’économie syrienne crée des emplois pour moins de 50% des diplômés de l’université du pays. Le pétrole représente 70% des d’exportations et 30% des revenus gouvernementaux, mais la production est dans une phase de baisse régulière. La Syrie sera probablement un importateur net de pétrole d’ici 2010. Peu d’experts croient que le SARG soit capable de gérer avec succès les problèmes économiques à venir.

– DÉCOURAGER LES FDI, PARTICULIÈREMENT DES ETATS DU GOLFE : La Syrie a profité d’une hausse considérable de l’investissement direct étranger (FDI) durant les deux dernières années, qui semble s’accélérer. Les plus importants de ces nouveaux investissements sont dans aucun doute faits par les États du Golfe.

– Faiblesse :

– LES KURDES : Les groupes de la société civile et l’opposition politique les plus organisés et les plus audacieux sont parmi la minorité ethnique kurde, concentrée dans le nord-est de la Syrie, et aussi en communautés à Damas et Alep. Ce groupe a été enclin à protester violemment dans sa zone ethnique quand d’autres n’oseraient pas. Il y a peu de menaces qui préoccupent autant Bachar que l’agitation des Kurdes. En une rare occasion, les services secrets militaires syriens ont convoqué notre Attaché Militaire d’Ambassade en mai 2006 pour protester contre ce que les Syriens ont pensé être des efforts américains pour fournir une formation militaire et de l’équipement aux Kurdes en Syrie.

– Action possible :

– METTRE EN ÉVIDENCE LES PLAINTES KURDES : l’Accentuation des plaintes kurdes dans des déclarations publiques, y compris la divulgation de violations des droits de l’homme, renforcera les préoccupations du régime vis à vis de la population kurde. Concentrez-vous sur les conditions économiques difficiles dans des zones kurdes et le refus du SARG de longue date d’offrir la citoyenneté à environ 200 000 Kurdes apatrides. Cette question devrait être traitée avec précaution parce que donner trop d’importance au problème kurde en Syrie pourrait porter atteinte à nos efforts d’unir les forces de l’opposition, étant donné que la société syrienne (majoritairement arabe) est très opposée aux objectifs des Kurdes.

– Faiblesse :

Des éléments extrémistes utilisent de plus en plus la Syrie comme une base, tandis que le SARG a fait quelques actions contre des groupes affichant des liens avec Al-Qaïda. Avec le meurtre du leader d’Al-Qaïda à la frontière avec le Liban début décembre et les attaques terroristes en augmentation à l’intérieur de la Syrie, culminant le 12 septembre par l’attaque contre l’ambassade des EU, la politique du SARG de soutien des terroristes en Irak et ailleurs peut être vue comme un retour de boomerang.

– Actions possibles :

Rendre publique la présence de transit (ou lié à l’étranger) de groupes extrémistes en Syrie, non limité à la mention du Hamas et du PIJ [Mouvement du Jihad en Palestine, NdT]. Rendre publics les efforts syriens contre des groupes extrémistes d’une manière qui suggère sa faiblesse, des signes d’instabilité et des retours de flammes non contrôlés. L’argument du SARG (d’habitude utilisé après des attaques terroristes en Syrie) qu’il est aussi une victime du terrorisme devrait être utilisé contre lui pour donner une plus grande importance à l’augmentation des signes d’instabilité en Syrie.

4. (S) CONCLUSION : Cette analyse ne prend pas en compte les Islamistes syriens anti-régime parce qu’il est difficile d’obtenir une image précise de la menace que de tels groupes posent en Syrie. Ils sont certainement une menace à long terme. Tandis qu’il expose les fragilités auxquelles la Syrie fait face à cause de son alliance avec l’Iran, il ne détaille pas entièrement ce sujet. Le résultat final est que Bachar entre dans la nouvelle année dans une position plus forte qu’il n’a eue depuis plusieurs années, mais ces forces portent aussi en elles – ou masquent parfois – des fragilités. Si nous sommes prêts à les aider, elles nous offriront des occasions de perturber sa prise de décision, le garderont dans une situation instable et lui feront payer cher ses erreurs.

ROEBUCK

Source de la traduction : Les Crises.fr – Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

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Libérer Idleb après Alep-Est

décembre 28th, 2016 by Thierry Meyssan

La libération d’Alep-Est marque la fin de la tentative de renversement de la République arabe syrienne. Elle n’a été possible que par l’abandon du Qatar et le retournement partiel de la Turquie. Reste qu’une partie de la Syrie est toujours occupée par des jihadistes au service de l’Otan. Les prochaines victoires militaires et la fin de la guerre dépendent donc des négociations secrètes qui viennent de débuter avec des membres de l’Alliance atlantique.

La libération d’Alep-Est par l’Armée arabe syrienne n’a été possible que parce que des acteurs étrangers ont accepté de cesser d’y soutenir les jihadistes. Leur retrait ne pouvait pas être négocié par la République arabe syrienne, mais uniquement par la Fédération de Russie.

Moscou est parvenu à retourner le Qatar et à en faire un de ses alliés. Début décembre, ce revirement a été scellé par la vente par Moscou d’un cinquième du capital de Rosneft à Doha. Rosneft, c’est le joyau de la Russie, c’est la plus grande société au monde. En opérant cette transaction, prétendument pour renflouer le déficit budgétaire russe, Igor Setchine et Vladimir Poutine ont uni indissociablement les politiques énergétiques des deux plus grands exportateurs de gaz au monde. De fait, le Qatar a laissé tomber ses jihadistes alors qu’il dispose depuis mai dernier d’un bureau permanent au siège de l’Otan à Bruxelles.

L’autre évolution est celle de la Turquie. Si celle-ci en tant qu’État reste un membre de l’Otan, son président Recep Tayyip Erdoğan est devenu à titre personnel un adversaire de Washington. Depuis les élections législatives, la CIA a tenté déjà par quatre fois de l’assassiner, dont le 15 juillet dernier. Moscou tente donc de s’appuyer sur Erdoğan pour découpler la Turquie des États-Unis.

Même si cette manœuvre est complexe et peut demander du temps, elle a affolé Tel-Aviv qui a commandité l’assassinat de l’ambassadeur Andrei Karlov à Ankara ; un meurtre dument approuvé et célébré par le New York Daily News, quatrième quotidien US et porte-voix du lobby sioniste le plus dur. Peut-être Tel-Aviv a-t-il également commandité la mort par balle, le même jour à Moscou, du directeur du bureau Amérique latine du ministère russe des Affaires étrangères, Peter Polshikov.

Après avoir un instant envisagé que la mort de Karlov soit l’effet d’un double jeu d’Erdoğan, dont l’assassin avait été un garde du corps, Moscou a constaté qu’il n’en était probablement rien. Vladimir Poutine a alors renforcé la sécurité de la Russie et celle de ses représentants à l’étranger. Au demeurant cet épisode atteste que, malgré les apparences, le président Erdoğan n’est plus maître chez lui.

La capture d’officiers étrangers dans un bunker de l’Otan à Alep-Est illustre l’évolution du conflit. Il s’agit principalement de ressortissants britanniques, états-uniens, français, saoudiens et turcs. En confirmant publiquement une liste non-exhaustive de 14 noms, l’ambassadeur Bachar Ja’afari a placé l’Otan devant ses responsabilités ; une démarche bien différente de celle qui avait prévalu, en février 2012, lorsque la Syrie avait négocié bilatéralement avec la France et la Turquie durant le siège de l’Émirat islamique de Baba Amr. À l’époque, Damas avait restitué une quarantaine d’officiers turcs et une vingtaine d’officiers français à leur armée d’origine, soit par l’intermédiaire de Mikhaïl Fradkov (directeur des services de Renseignement russe), soit directement à l’amiral Édouard Guillaud (chef d’état-major français) à la frontière libanaise. Mais l’accord qui avait été conclu avec le président Nicolas Sarkozy ne fut pas respecté par son successeur, François Hollande.

L’existence d’un bunker de l’Otan à Alep-Est confirme ce que nous disions sur le rôle de coordination des jihadistes par le LandCom de l’Otan, depuis Izmir. Or, jamais le Conseil atlantique, organe suprême de l’Alliance atlantique, n’a donné son feu vert à cette opération. Comme lors de l’attaque de Tripoli (Libye), en août 2011, Washington a utilisé les moyens de l’Otan à l’insu de certains de ses membres. Ce faisant, il applique la doctrine Rumsfeld selon laquelle il n’y a plus de coalition permanente autour des États-Unis, mais uniquement des coalitions à la carte, selon les cibles choisies par Washington.

La libération de la Syrie devrait se poursuivre à Idleb. Ce gouvernorat est aujourd’hui occupé par une kyrielle de groupes jihadistes sans commandement commun. Ceux-ci étant incapables d’assurer leur intendance et encore moins celle de la population civile, la zone est de facto gouvernée par l’Otan via de pseudos-ONG. C’est tout au moins ce qu’a constaté le mois dernier un think-tank états-unien. Pour y vaincre les jihadistes, il faudrait d’abord couper leur voie d’approvisionnement, c’est-à-dire fermer la frontière turque. C’est à cela que s’applique désormais la diplomatie russe.

Thierry Meyssan

 

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L’avenir est à vous, Comandante Fidel

décembre 28th, 2016 by Rémy Herrera

Fidel Alejandro Castro Ruz. Figure de légende moderne. Comme lui, aucun autre. Avec lui, l’humanité entière, ou presque. Depuis ce soir du 25 novembre 2016, par millions, dizaines, sans doute centaines de millions, des hommes et des femmes ont témoigné leur respect, leur admiration pour le leader historique de la Révolution cubaine. Sur l’île bien sûr, et plus loin. Partout dans le monde.

En Chine, où l’on sait les efforts que déploya Cuba pour préserver l’éphémère unité d’un front commun des pays socialistes avant le schisme sino-soviétique ; et qu’elle fut la première des nations d’Amérique à reconnaître la République populaire, son aînée de dix ans, colossale à côté. En Inde où, depuis un abrazo, l’accolade à Nehru, sa popularité est devenue immense. Et que dire de Java, jadis saignée à blanc pour extraire l’écarlate, tout juste après Bandung, après qu’il eut reçu le kriss de l’amitié des mains de Sukarno ? Le Viêt-nam se souvient des milliers de Cubains s’étant portés volontaires pour combattre avec Hô Chi Minh qui fit le choix, afin de se libérer seul et fortifier sa propre révolution, de n’accepter que les civils venus soutenir le Viêt Minh. Au Laos, qu’aida aussi Cuba, tandis qu’un Bob McNamara civilisait la rive gauche du Mékong, en déversant napalm, défoliant, agent orange. Impérialisme et droits de l’homme en même temps, le bel exploit ! Trop forts ces « Ricains » : le flingot sur la hanche, ils font croire ce qu’ils veulent, foutent en l’air un pays et voudraient qu’on acquiesce !

Sur le continent africain, plein de sagesse et de reconnaissance, que Fidel aimait tant, comme on aime un aïeul un instant retrouvé dans le sourire de ses enfants. À Banjul, où les murs du système de santé ne tiennent debout que grâce à lui. Au plus profond du Burkina Faso, terre dioula honneur moré, où l’esprit du Cubain a désormais rejoint celui qu’on invoque à nouveau, Thom’Sank. Re-soufflera bientôt. À Asmara, où ses portraits barbus ornent maintes maisons depuis que Cuba, pourtant appui de l’Éthiopie, reconnut à la rouge Érythrée le droit à l’auto-détermination, lorsque l’une et l’autre étaient socialistes. Roue crantée et machete croisées d’Angola, soleil à douze branches de Namibie, montez haut, brillez, un monde vous contemple ! Dans toutes les mémoires, Fidel est là. Vivant. Bissau, Bafatá de Cabral, Kasaï lumumbiste, forêts obscures du Kivu. Tanzanie du Mwalinu, Ghana de l’Osagyefo. Afrique australe, « ligne de front », de l’anti-apartheid, dans chaque tête il se tient aux côtés de son ami, son frère, son camarade, Nelson Mandela. Fidel fait redresser la tête, bomber le torse, lever le poing. Deux syllabes et deux autres, un ¡Viva!, deux points d’exclamation, qui rendent plus forts, ou moins seuls, les gosses errants des slums boueux de Monrovia ou de Freetown. Ce sont les siens, d’une île minuscule, qui pansent les plaies des oubliés. En première ligne, sans peur, mais larmes dans les yeux, Cuba si loin. Ce sont ses fils, ses filles, qui enseignent aux rebuts du capitalisme que même contraints de survivre en animaux sur des tas d’immondices ou sous des caveaux de cimetière, tous ont des droits, des droits égaux, qui leur apprennent qu’on reste humain jusque dans des taudis de misère. Fidel. Dans sa voix se tenait la colère, tonnait l’indomptable révolte contre ce monde-là.

Et l’univers arabo-musulman. Des femmes kashmiri connaissent ce prénom, avec celui de la jeune doctora qui vint porter secours aux pieds de la demeure des neiges, Himalaya, quand trembla Muzaffarabad. À Alger, hier Mecque des révolutionnaires, endeuillée huit longues journées, juste une de moins qu’en son pays natal. Le temps d’une guerre, jusqu’à la liberté, moudjahidine, des orphelins furent recueillis là-bas. Fidel veilla sur eux. Ils sont tous bien rentrés, au bras de Ben Bella. Et voilà qu’à presque cent ans, en survêtement de fennec, lui aussi chanta one, two, three ! Au Caire, par où il passa voir le maître de Suez, Gamal Abdel Nasser. La Palestine, Cuba la porte au cœur. Toutes les deux savent ce que donner veut dire quand on a peu, si peu pour soi. L’île se rappelle : la main tendue de Yasser Arafat, l’entraide, quand les temps devinrent durs, quand l’ordinaire vint à manquer après la chute, à l’Est, de l’un des socialismes. En Syrie également, où les pentes du Golan furent un temps défendues par des Cubains en armes qui arrêtèrent la marche sûre de Tsahal vers Damas. Israël n’oublie pas non plus, mais pour mieux suivre, hélas, comme un seul homme, le tyran qui impose un crime à toute l’humanité. Blocus. Honte à vous, États-honnis d’Amérique !

Au Sud, l’Amérique qu’on dit latine, avec son arc caribéen. Elle qui s’est rebellée pour que Cuba ne soit pas l’exception. Elle qui s’est débattue et qui s’est mise debout. Elle qu’on veut remettre à genou. Plus politisée et lucide qu’ailleurs, grâce aux leçons de Fidel, à l’exemple du Che et des héros tombés. Là où pour ainsi dire, la cruauté des riches, leur violence sans pitié, leur haine écumeuse s’aperçoivent à l’œil nu, comme la lutte des classes. L’émotion, la ferveur, la détermination sont ici, surtout. À fleur de peau. L’adhésion à Fidel se dit tout haut, se crie. Guatemala meurtri et Paraguay martyr, Bolivie insoumise, Colombie guerrillera. Et Venezuela, plus que jamais bolivarien, le premier à les avoir reconnus lui et son Ejercito rebelde, où naquit une petite sœur, hermanita Chavista, nueva Caravana de la Libertad. Mexique, qui ne coupa jamais les ponts. Haïti de Toussaint. Fidel serait né brésilien, l’hémisphère aurait basculé.

Ailleurs, au-delà du plus lointain des horizons imaginables, son aura, encore. Jusqu’à ces points perdus d’Océanie, Fidji, Salomon, Tonga, éclats de terre éparpillés aux limites bleutées du planisphère, Kiribati, Vanuatu, Tuvalu, Nauru. Jusqu’aux Highlands papouasiens, silhouettes inquiétantes, plus noires de peau qu’en Guinée, masquées, os dans le nez, et restées cannibales assure le dépliant en quête de frissons, de sous-développement garanti, résidu d’un autre âge. Jusque-là sont allés les soins dont a rêvé Fidel. Alors qu’on ne parvient pas même à les voir prodiguer aux plus nécessiteux du « modèle du monde » – autre embargo des Yankis, guerre insidieuse contre leurs pauvres à eux. Cuba a proposé, mais en vain, de mettre à leur disposition ses brigades de médecins pour agir et soigner dans les quadrilatères décrépis de Harlem – plus décrépis que les façades pastel et colorées de l’Habana Vieja, c’est dire.

En Ukraine même, les familles, les proches des enfants de Tchernobyl disposent de preuves matérielles : Cuba en accueillit près de 20 000. Gratuitement, cela va sans dire, mais mieux vaut le dire. Y compris quand le régime ukrainien vota le maintien du blocus, par anti-communisme, ressemblant trait pour trait à l’ancien qui lors de Barbarossa se réjouit un peu vite de voir Kiev encerclée. Cuba prolongea son hospitalité aux enfants irradiés. Les soigna, les guérit. Ainsi se conduisit la Cuba de Fidel. Ne séduirait-elle pas ? Jusqu’à l’Est ? Jusqu’au Nord ? Un Nord qui a tôt fait d’oublier un Sven Olof Palme, et l’honneur sauvé. Ce Nord « injuste et plein de convoitises, qui se ferme et se remplit de haines », comme l’écrivait déjà un héros, Martí, illustre prédécesseur qui inspira Fidel.

Aujourd’hui, ce sont les forces les plus honnêtes, progressistes, nombreuses, qui se rejoignent et remercient Fidel pour ce qu’il a laissé : la défense de l’humanité. Les révolutionnaires de la planète serrent les rangs autour de lui et réaffirment qu’ils lutteront, continueront la lutte, épaule contre épaule. Au cours des siècles, rares, fort rares ont été les hommes d’État qui à ce point pénétrèrent les cœurs, comprirent que les peuples sont seuls sujets à transformer l’histoire, qui formèrent les consciences, infléchirent les idées, influencèrent ainsi le fil des événements. Robespierre, Lénine ou Mao. Telle est sa mesure. Voilà sa grandeur. Fidel est de cette taille.

Et Cuba si petite, avec son sémaphore planté dessus, luz qui porte par delà toutes les mers. Grâce à lui, on y partagea le repas, le logis et le livre. Quand l’Est lâcha prise, on partagea encore. Quand l’Ouest sauta à la gorge, pour étrangler, pour tuer, on partagea ce qui restait. Presque rien. Tous connurent la faim, mais aucun ne mourut. On partagea la dignité, la sérénité du juste, la souffrance des manques. Fierté de résister. Pour nous prouver à tous que l’on peut résister. Presque tout. Fidel : « Il fallait forger la conviction et tenir la promesse de résister, de lutter et de vaincre, quand bien même il nous aurait fallu nous retrouver seuls. Nous ne pouvions pas nous rendre. Cela naurait pas été digne de lhistoire de ce pays, de nos ancêtres. Il sagit dune lutte, et dans la lutte, lessentiel, cest le peuple, qui surprend tout le monde par ses vertus. Nous étions ouverts à toutes les possibilités, à lexception de celle de renoncer au socialisme, à lunité, au pouvoir du peuple, aux conquêtes de la Révolution, à lexception de celle daccepter que dautres soient maîtres de notre destinée. Nous avions fait notre choix depuis longtemps : le socialisme ou la mort ! ».

La Cuba de Fidel garda le feu en vie. Dix ans durant, toute seule, comme une grande, quand un bloc retomba en arrière. Elle éclaira la nuit, nuit de la réaction, tel un Octobre rouge. Avant que d’autres viennent reprendre le flambeau, Indiecitos, mulaticos, tous Bolivarianos. Fidel fut à la hauteur de son peuple. De sa loyauté, sa droiture, sa générosité. La combattivité de ce peuple cubain qui, plus longtemps qu’aucun autre, peut-être plus qu’un autre, apporta un soutien, inlassable, inébranlable, à sa révolution, à cette génération d’exception, née de la guérilla, inflexible et intègre, accompagnant pendant six décennies son Commandant en chef. Lider maximo, qui eut tant de pouvoir. Lui-même s’en inquiéta, tant de pouvoir. Il ne le chercha pas pourtant, il ne l’arracha pas. Tous vinrent à lui, d’Holguín, de Santiago, Santa Clara, Camagüey, Plaza de la Revolución, pour lui remettre, consentir, lui confier, et surtout l’exercer. Parce que c’était lui. Incomparable, incontestable. Même les saints le protégèrent en syncrétisme métissé, santeria Ocha religion Yorúba, Palo Monte regla Conga, la société Abakuá, et Arará. Obbatalá Santísimo, Mbumba de la Charité, Changó Santa Bárbara Yoasi, et Yemayá, ils firent aussi la traversée des déportés, presque un million, on les pleure si peu, depuis les pontons de la côte des Dents, du golfe du Bénin, du Biafra, de Loango, Gabinde, Mayumba, du Mozambique. Elugo, Fanti, Ganga, Yolof ou Mani, ils venaient de là-bas. Oublierait-on ceux de Canton et le delta des Perles, emmenés enchaînés sur les mêmes bateaux ? Des rois, des papes ont pu voir ça. Un peuple exigea Martí et Marx réunis. C’était Fidel qu’il fallait. Sans leurs volontarismes, les deux entremêlés par des liens si intimes, dévotions réciproques, où en serait-elle donc cette belle Révolution ? Ceux qui traitent Fidel, quand ils connaissent l’île, de « dictateur brutal, cruel », sanguinaire, savent qu’ils mentent, qu’ils se mentent à eux-mêmes, qu’ils sont des hypocrites. Qu’ils cherchent à nous trumper.

L’insulte n’y fera rien, le crachat ne touche pas. Fidel avait choisi le camp des opprimés, celui des actes conséquents, cohérents, courageux, constamment du coté des humildes, de la canaille, pour espérer, et croire encore en l’être humain. Qu’on peut en tirer quelque chose. Écoutons Neruda : « ses mots en actions, ses faits qui chantent ». Il nationalisa la terre et la distribua. Cette Reforma agraria, Benny la célébra. Guajiros, laissons parler le poète, Guillén : « il souleva la glèbe, jusquau myrte, au laurier ». Puis il socialisa moyens de production, outils industriels, raffineries de pétrole, les remettant enfin dans les mains du travail. Il plaça même la banque sous contrôle de l’État. Et l’État sous celui du Parti. Et ce Parti lui-même au service d’idéaux : pour le peuple, santé, éducation, lumière, et la sécurité, tout dans la gratuité. Mit fin à la ségrégation, au sexisme, au crime organisé, dans un pays pourtant ossifié de longue date, maltraité, quatre siècles d’esclavage, prostitué plus de six décennies par des gringos avides qui nous l’avaient pourri, Chicago des tropiques. Fidel apprit aux riches les bonnes manières, eux qui n’en avaient cure. À leurs fréquentations si mauvaises, il enseigna aussi à bien se comporter, à vivre en société. Ou alors à partir. Ils déguerpirent, débarrassant le sol de tous les exploiteurs. C’est pour cela que Fidel était fait. Para nuestra Cuba, Cuba Socialista, patrie universelle.

Ses critiques, les maîtres de la bourse, ont dû se rendre compte, arithmétique élémentaire, que nous sommes le nombre, écrasant, massif, la vraie majorité, celle des peuples. Cuba aime Fidel, et très profondément. Et le monde avec elle, que cela plaise ou non. De quoi avons-nous peur ? Est-ce si difficile de dire ce que l’on est ? De quoi aurions-nous honte, d’aimer tant nos héros ? L’humanité arrive à la rescousse. Toute l’humanité. Ou presque, disions-nous. Les autres, en leur for intérieur, n’ignorent pas que si ce monde doit changer, bien nécessairement, si l’on marche en effet vers un mieux et non pas le chaos, alors oui c’est sûr, c’est tout entier que le futur lui appartient. Comandante Fidel, l’avenir est à vous !

Rémy Herrera

chercheur au CNRS

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Introduction

La question des droits de l’homme à Cuba a toujours suscité de très nombreuses controverses en Occident. Les médias se sont toujours montrés unanimes pour stigmatiser les autorités de La Havane, les accusant notamment de perpétrer des violations massives des droits fondamentaux de leurs concitoyens. Les classes politiques – à quelques exceptions près – ne sont pas en reste et pointent régulièrement du doigt l’île de la Caraïbe à ce sujet. Une constante est notable : l’opposition cubaine occupe l’espace médiatique en Europe, aux Etats-Unis et plus généralement à travers le monde et, dans le même temps, le point de vue des autorités cubaines sur ces questions cruciales est systématiquement passé sous silence.

Pourtant, il est relativement simple de se forger une opinion sur la situation des droits de l’homme à Cuba et à travers la planète. Amnesty International, organisation fondée en 1961, publie chaque année un rapport sur la situation des droits humains au niveau mondial. Ainsi, pour obtenir une image globale, il suffit de consulter les études annuelles qui sont disponibles en plusieurs langues. Les médias n’hésitent pas se baser sur ces travaux pour évoquer la problématique des droits de l’homme à Cuba. Néanmoins, il est curieux d’observer qu’aucune analyse comparative n’est proposée à l’opinion publique. Pourquoi ne pas comparer, par exemple, les derniers rapports d’Amnesty International sur Cuba, la France et les Etats-Unis ? Cela ne permettrait-il pas à l’opinion publique de se faire une idée plus précise sur la réalité des droits de l’homme à Cuba en prenant comme références deux grandes démocraties occidentales qui s’érigent souvent en juges moralisateurs ?

L’étude comparative est une démarche scientifique salutaire qui permet de briser clichés et préjugés. Cet article se propose donc de présenter les conclusions d’Amnesty international sur la situation des droits de l’homme à Cuba, en France et aux Etats-Unis. Le but est de fournir au public les éléments factuels concrets qui lui permettront de se forger une opinion plus juste sur la Cuba d’aujourd’hui.

Les droits de l’homme à Cuba

Selon le dernier rapport d’Amnesty International, « les libertés d’expression, d’association et de circulation continu[…]ent à être soumises à des restrictions draconiennes ». L’organisation note que « plusieurs milliers de cas de harcèlement à l’égard de détracteurs du régime, d’arrestation et de détentions arbitraires ont été signalés[1] ». AI se fait plus précise en signalant que « des défenseurs de droits humains et des journalistes » subissent des « détentions de courte durée » pouvant aller jusqu’à « neuf heures ». Pour l’année, AI avance le chiffre de 8 600 personnes, en se basant sur les données de la Commission cubaine des droits humains et de la réconciliation nationale. AI souligne par exemple que « trois militants qui auraient tenté d’approcher le pape pour évoquer les droits humains » ont été arrêtés.

L’organisation dénonce le fait que des opposants subissent des « actes de répudiation », c’est-à-dire des « manifestations organisées par des partisans du régime avec le concours d’agents des services de sécurité ». AI pointe du doigt « des poursuites pénales motivées par des considérations politiques ». Elle signale que l’appareil judiciaire est sous l’emprise du pouvoir politique, sans fournir davantage d’information.

AI rappelle également que les autorités contrôlent Internet en « bloquant et filtrant certains sites, ce qui restrei[nt] l’accès à l’information et les critiques antigouvernementales ». AI souligne que le réseau de téléphonie mobile a été perturbé lors de la visite du pape en septembre 2015.

En revanche, AI ne signale aucun cas de violences physiques de la part des autorités contre les opposants ou les citoyens, ni de cas de mauvais traitements, de torture, de disparition, ou d’assassinat commis par les forces de l’ordre, et ne dénombre, à ce jour, aucun prisonnier politique.

Les droits de l’homme en France

Pour ce qui est de la France, pour l’année 2015, Amnesty International note que les autorités « ont souvent poursuivi des personnes pour des déclarations qui ne constituaient pas des incitations à la violence et relevaient de l’exercice légitime de la liberté d’expression[2] ».

AI souligne également que « les autorités ont assigné à résidence 26 militants écologistes dans le cadre de la COP 21 en raison de leur participation présumée à des manifestations violentes dans le passé ».

L’organisation dénonce l’adoption d’« une nouvelle loi autorisant la surveillance de masse de toutes les communications électroniques à destination – ou en provenance – de l’étranger ». Le pouvoir exécutif peut autoriser ce type de surveillance « sans aucune consultation préalable ni contrôle judiciaire indépendant, dans le but d’atteindre des objectifs définis en termes vagues ».

AI condamne également les violations réitérées des « droits des réfugiés et des migrants ». Elle souligne que les conditions de vie dans le campement de Calais s’apparentent « à un traitement inhumain », en se basant sur un rapport du Conseil d’Etat. L’entité exprime également sa préoccupation « face aux actes de violence, de harcèlement et de mauvais traitements commis contre des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés par des agents des forces de l’ordre à Calais ». AI regrette « le recours abusif à la détention administrative contre les migrants de Calais ». L’organisation souligne que « des mineurs non accompagnés ont continué d’être régulièrement placés en détention dans la ‘zone d’attente’ de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ».

L’organisation liste plusieurs cas de « discrimination » à l’égard des populations Roms, en notant que « des migrants et des demandeurs d’asile ont également fait l’objet d’expulsions de force de campements de fortune tout au long de l’année ».

AI rappelle également que la Cour européenne des droits de l’homme s’est saisie de « trois affaires concernant des personnes transgenres qui n’avaient pas pu obtenir la reconnaissance de leur genre féminin à l’état civil ».

AI rapporte enfin des atteintes à la « liberté d’expression » en pointant du doigt la condamnation de 14 personnes qui « avaient participé à des initiatives non violentes dans un supermarché pour appeler au boycott des produits israéliens ».

Les droits de l’homme aux Etats-Unis

Pour ce qui est des Etats-Unis, AI dénonce l’impunité persistante pour les autorités responsables de crimes[3]. Ainsi, « aucune mesure […] n’a[…] été prise pour mettre un terme à l’impunité dont bénéficiaient les responsables des violations systématiques des droits humains commises dans le cadre du programme de détention secrète mis en œuvre par la CIA ». L’organisation note que « la plupart, voire la totalité, de ces détenus avaient été soumis à une disparition forcée et à des conditions de détention ou des méthodes d’interrogatoire qui violaient l’interdiction de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

AI dénonce la persistance de détentions arbitraires et note que les « prisonniers de Guantánamo étaient toujours privés de leurs droits fondamentaux ». « À la fin de l’année, 107 hommes étaient détenus à Guantánamo ; la majorité d’entre eux n’avaient pas été inculpés ni jugés ».

AI signale également les violences policières et souligne qu’« au moins 43 personnes, dans 25 États, sont mortes après avoir été touchées par des décharges de pistolets Taser administrées par des policiers, ce qui portait à 670 au moins le nombre total de décès survenus dans de telles circonstances depuis 2001 ». L’organisation rappelle que « la plupart des victimes n’étaient pas armées et ne représentaient manifestement pas une menace de mort ou de blessure grave au moment où elles ont reçu les décharges ».

AI dénonce plusieurs centaines d’homicides commis par les forces de l’ordre. Elle souligne qu’entre « 458 et plus de 1 000 personnes » ont été tuées « par des responsables de l’application des lois » en 2015. L’organisation pointe un fait récurrent : « Les données limitées disponibles indiquent que les hommes noirs sont surreprésentés parmi les victimes d’homicides imputables à la police ».

AI condamne les violences contre les migrants et notamment contre les « plus de 35 000 enfants migrants ». Elle souligne que beaucoup de familles « ont été détenues dans des locaux où elles étaient privées de nourriture saine et d’eau potable et n’avaient pas accès à un avocat ni aux soins médicaux éventuellement nécessités par leur état ». L’organisation note également des discriminations à l’égard des minorités sexuelles en rappelant que « les personnes transgenres étaient généralement détenues en fonction de leur genre à la naissance, ce qui les rendait vulnérables à des sévices, ou maintenues à l’isolement sans accès à une thérapie hormonale ».

Au sujet des droits des femmes, AI rappelle que « les Amérindiennes et les femmes autochtones de l’Alaska victimes de viol étaient toujours privées d’accès aux soins de base, y compris des examens médicaux et d’autres services de santé essentiels comme la contraception d’urgence ». Elle ajoute que « les Amérindiennes et les femmes autochtones de l’Alaska continuaient de subir un niveau disproportionné de violence ; elles risquaient 2,5 fois plus que les autres femmes de subir un viol ou une autre forme d’agression sexuelle ». AI pointe également « des écarts marqués dans l’accès des femmes aux soins de santé sexuelle et génésique, y compris la santé maternelle ». De la même manière, « le risque de mourir des suites de complications liées à la grossesse était toujours quatre fois plus élevé pour les Afro-Américaines que pour les femmes blanches ». AI dénonce également les attaques commises contre le droit des femmes à disposer de leur corps en rappelant que « plus de 230 projets ou propositions de loi visant à restreindre l’accès à un avortement légal et sans risque ont été déposés dans un grand nombre d’États ».

Au niveau des conditions carcérales, AI rappelle que plus de 80 000 prisonniers (sur une population carcérale de 2, 2 millions de personnes) sont « détenus dans des conditions de privation physique et d’exclusion sociale ». Pour ce qui est de la peine capitale, l’organisation note que 27 hommes – dont un âgé de 74 ans – et une femme ont été exécutés en 2015, et que 3 000 personnes « étaient sous le coup d’une condamnation à mort ». AI souligne également qu’un handicapé mental, Warren Hill, a été exécuté le 27 janvier 2015. Elle note que « tous les experts qui l’ont examiné, y compris ceux qui avaient été désignés par l’accusation, ont convenu qu’il présentait un handicap mental, ce qui rendait son exécution anticonstitutionnelle ».

Une comparaison nécessaire

La lecture de ces trois rapports est révélatrice. Ainsi, alors que Cuba est constamment stigmatisée sur la question des droits de l’homme, une comparaison des conclusions d’AI pulvérise les clichés sur l’île. Par exemple, pour Cuba, Amnesty international n’a pas rapporté de cas de violation des droits des réfugiés et des migrants (France, Etats-Unis), de traitement inhumain (France, Etats-Unis), d’acte de violence et de mauvais traitement commis par les forces de l’ordre (France, Etats-Unis), de mineurs placés en détention (France, Etats-Unis), de discrimination à l’égard des minorités (France, Etats-Unis), de discrimination à l’égard des personnes transgenres (France, Etats-Unis), d’impunité pour les autorités responsables de crimes (Etats-Unis), de disparition forcée (Etats-Unis), de torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants (Etats-Unis), de violences policières (Etats-Unis), d’homicide commis par les forces de l’ordre (Etats-Unis), d’homicide commis par les forces de l’ordre en majorité contre les hommes noirs (Etats-Unis), de personnes privées de nourriture saine, d’eau potable et de soins médicaux par les autorités (Etats-Unis), de violation réitérée des droits des femmes issues des minorités (Etats-Unis), de privation de soins de base et de services essentiels pour des femmes victimes de viol (Etats-Unis), de discrimination contre les femmes enceintes en raison de leur origine ethnique (Etats-Unis), d’attaques contre le droit des femmes à disposer librement de leur corps (Etats-Unis), de prisonniers détenus dans des conditions de privation physique et d’exclusion sociale, de peine de mort appliquée (Etats-Unis), de peine de mort appliquée contre une femme (Etats-Unis), de peine de mort appliquée contre un homme âgé de 74 ans (Etats-Unis), de peine de mort appliquée contre un handicapé mental (Etats-Unis) ou de peine de mort appliquée en violation de la Constitution du pays (Etats-Unis).

Ainsi, au vu de ce comparatif, il est difficile pour la France ou pour les Etats-Unis de s’ériger en procureur sur la problématique des droits de l’homme. Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, a fait preuve de clairvoyance en rappelant la chose suivante : « La France n’a pas de leçons à donner[4] » à Cuba. De son côté, le futur Président Donald Trump s’est montré moins inspiré en exigeant de Cuba une amélioration de la situation des droits de l’homme et l’instauration d’une économie de marché[5]. Nul doute qu’il devrait revoir son jugement après la lecture du rapport d’AI sur les Etats-Unis.

Conclusion

La comparaison des différents rapports d’Amnesty International apporte un éclairage significatif. Contre toute attente, Cuba présente un meilleur bilan que son principal détracteur, à savoir les Etats-Unis. Du côté de la France, les critiques émises par AI incitent à l’humilité. Ainsi, ni la France, ni les Etats-Unis, ne disposent de l’autorité morale nécessaire pour s’ériger en juge.

Il est important de rappeler que les rapports d’Amnesty International n’évoquent aucunement le respect des droits économiques et sociaux – qui sont des droits humains fondamentaux – tels que l’accès à l’alimentation, à un logement, à la sécurité, à l’éducation, à la santé, à la culture, au sport, aux loisirs, domaines dans lesquels Cuba excelle selon toutes les organismes des Nations unies, qui citent son système de protection sociale comme l’exemple à suivre. Un chiffre est éloquent : selon l’UNICEF, le seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à avoir réussi à éliminer la malnutrition infantile est Cuba.

Les rapports d’Amnesty International contredisent les discours occidentaux sur Cuba. En fournissant une information partielle, partiale et sans aucune mise en perspective de la situation cubaine avec le reste du monde, les médias, au lieu d’informer l’opinion publique, l’induisent en erreur en construisant une image sur l’île des Caraïbes qui ne correspond pas à la réalité.

Salim Lamrani

Université de La Réunion

 Source de la photo : © SIPA

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/expliquez-nous/expliquez-nous-le-blocus-de-cuba_1771347.html

 

 

[1] Amnesty International, « Rapport 2015-2016 : Cuba », 2016. https://www.amnesty.org/fr/countries/americas/cuba/report-cuba/ (site consulté le 6 décembre 2016).

[2] Amnesty International, « Rapport 2015-2016 : Cuba », 2016. https://www.amnesty.org/fr/countries/europe-and-central-asia/france/report-france/ (site consulté le 6 décembre 2016).

[3] Amnesty International, « Rapport 2015-2016 : Cuba », 2016. https://www.amnesty.org/fr/countries/americas/united-states-of-america/report-united-states-of-america/ (site consulté le 6 décembre 2016).

[4] Le Figaro, « Ségolène Royal fait l’éloge de Fidel Castro, tollé dans la classe politique », 4 décembre 2016.

[5] L’Express, « Trump menace de mettre fin au rapprochement avec Cuba », 28 novembre 2016.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

Contact : [email protected] ; [email protected]

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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Después de Alepo, liberar Idlib

décembre 28th, 2016 by Thierry Meyssan

La liberación del este de Alepo pone fin al intento de derrocamiento de la República Árabe Siria. Y ha sido posible porque Qatar abandonó la partida y porque Turquía prácticamente ha cambiado de bando. Pero una parte de la geografía siria aún se halla bajo la ocupación de los yihadistas, servidores de la OTAN. Las próximas victorias militares y el fin de la guerra dependen, por tanto, de las negociaciones secretas que acaban de iniciarse con varios miembros de la alianza atlántica.

liberación del este de Alepo por el Ejército Árabe Sirio se hizo posible porque varios actores extranjeros aceptaron retirar su respaldo a los yihadistas. La República Árabe Siria no podía negociar por sí misma la salida de los actores que abandonan la escena, sólo podía hacerlo la Federación Rusa.

Moscú logró convertir a Qatar en un aliado. El cambio de bando de Qatar quedó sellado, a principios de diciembre, con la venta a Doha de una quinta parte del capital de Rosneft, el gigante ruso de los hidrocarburos. Rosneft es la joya de Rusia, es la empresa más grande del mundo. Con esa transacción, supuestamente destinada a equilibrar el déficit del presupuesto ruso, el presidente de Rosneft Igor Setchin y el presidente ruso Vladimir Putin unieron indisolublemente las políticas energéticas de los dos principales exportadores de gas del planeta. De hecho, Qatar abandona a sus yihadistas, aunque tiene una oficina permanente en la sede la OTAN, en Bruselas, desde mayo de 2016.

El otro actor que cambió de casaca es Turquía. Aunque Turquía sigue siendo miembro de la OTAN, el hecho es que su presidente, Recep Tayyip Erdogan, se ha convertido, en el plano personal, en adversario de Washington. Desde las elecciones legislativas, la CIA ha tratado de asesinarlo 4 veces –la más reciente fue el pasado 15 de julio. Así que Moscú utiliza ahora a Erdogan para separar a Turquía de Estados Unidos.

Aunque es una maniobra complicada que puede exigir bastante tiempo, lo cierto es que ya causa inquietud en Tel Aviv, comanditario del asesinato del embajador ruso en Ankara –crimen debidamente aprobado, e incluso celebrado públicamente en las páginas del New York Daily News, el cuarto diario más importante de Estados Unidos y portavoz del grupo de presión sionista más radical. Es posible que Tel Aviv esté también detrás de la muerte de Peter Polshikov, director del buró a cargo de Latinoamérica en el ministerio ruso de Relaciones Exteriores, hallado muerto en su apartamento de Moscú, con un balazo en la cabeza.

Después de haberse planteado la posibilidad de que el asesinato del embajador ruso en Ankara, Andrei Karlov, fuese resultado de un doble juego de Erdogan, Moscú comprobó que esa hipótesis resulta muy poco probable. Vladimir Putin ordenó reforzar las medidas de seguridad en Rusia y la protección de sus representantes en el extranjero. En todo caso, el asesinato del embajador ruso demuestra que el presidente Erdogan ya no controla plenamente la situación en su terreno.

La captura de un grupo de militares extranjeros en un bunker construido en el este de Alepo viene a ilustrar la evolución del conflicto. Se trata principalmente de oficiales británicos, estadounidenses, franceses, sauditas y turcos. Al dar a conocer públicamente, en Nueva York, una lista no exhautiva con los nombres de 14 de esos militares, el embajador sirio Bachar Jaafari puso a la OTAN ante sus responsabilidades, actitud muy diferente de la que Siria había adoptado –en febrero de 2012– cuando negoció bilateralmente con Francia y Turquía durante el asedio del Emirato Islámico implantado en Baba Amro. En aquel momento, Damasco entregó a ambos países unos 40 oficiales turcos y una veintena de militares franceses capturados en Baba Amro. Los militares turcos fueron liberados a través de la mediación del director de los servicios de inteligencia rusos, Mijaíl Fradkov, mientras que los franceses fueron entregados directamente al almirante Edouard Guillaud –el entonces jefe de estado mayor de las fuerzas armadas de Francia–, quien vino personalmente a recogerlos en la frontera libanesa. A cambio de la entrega de los militares franceses, el gobierno sirio y la administración del entonces presidente francés Nicolas Sarkozy concluyeron un acuerdo en el que Francia se comprometía a abandonar la guerra contra la República Árabe Siria, acuerdo posteriormente violado por el sucesor de Sarkozy, Francois Hollande.

La existencia de un bunker de la OTAN en el este de Alepo confirma lo que siempre denunciamos sobre el papel de coordinación con los yihadistas que desde el inicio de la crisis ha desempeñado el LandCom de la OTAN, desde la ciudad turca de Esmirna (Izmir). Pero el Consejo del Atlántico Norte nunca fue consultado sobre esa operación. Al igual que en el momento del asalto a Trípoli –la capital libia– en agosto de 2011, Washington utilizó los medios de la OTAN a espaldas de algunos miembros de ese bloque militar. Y con ello aplica la doctrina Rumsfeld, según la cual ya no existe una coalición permanente alrededor de Estados Unidos sino únicamente una sucesión de coaliciones “a la carta”, según los blancos que selecciona Washington.

El proceso de liberación total del suelo sirio debería proseguir ahora con la liberación de Idlib. Esa gobernación siria se halla actualmente bajo la ocupación de una multitud de grupos yihadistas sin mando común. Como esos elementos son incapaces de garantizar la administración del territorio que controlan, y mucho menos de satisfacer las necesidades de la población civil, ese territorio está siendo gobernado de facto por la OTAN a través de falsas ONGs. Así lo comprobó el mes pasado un think tank estadounidense.

Para vencer a los yihadistas de Idlib habría que cortarles su vía de abastecimiento, o sea sellar la frontera turca. Eso es lo que la diplomacia rusa está tratando de obtener.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan: Periodista francés, director y fundador de la Red Voltaire.

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La guerra nuclear en 140 caracteres

décembre 28th, 2016 by Alejandro Nadal

Uno de los peores lugares para desencadenar una nueva carrera armamentista debe ser sin duda Twitter. Pero no para Donald Trump. Y para demostrarlo el 23 de diciembre lanzó un mensaje claro: Estados Unidos, señaló, deben fortalecer y expandir su capacidad atómica hasta que el mundo por fin despierte a la realidad de las armas nucleares.

Por si quedaban dudas, al día siguiente Trump volvió a twittear: ¡Que comience una nueva carrera armamentista! Pareciera que ya no habría lugar a dudas: junto a otras extravagantes promesas de su campaña el presidente electo ahora quiere añadir una nueva etapa en la carrera de armamentos nucleares.

Para tener cierta perspectiva hay que recordar que este año el presidente Barack Obama sentó las bases de un gigantesco programa de modernización del enorme arsenal estratégico de Estados Unidos.

Dicho plan incluye un gasto superior a 348 mil millones de dólares para modernizar y actualizar misiles, bombarderos, cargas nucleares, submarinos, sistemas de monitoreo e identificación de blancos, así como la infraestructura de control y comando del Pentágono. A eso hay que añadir planes para fortalecer el subsistema de investigación y desarrollo tecnológico de todos los componentes de las fuerzas armadas. Algunos analistas independientes calculan que el costo de tales proyectos podría superar el billón (castellano) de dólares.

Estados Unido mantienen hoy un arsenal de aproximadamente mil 750 cabezas nucleares desplegadas en misiles balísticos intercontinentales lanzados desde sus bases en tierra (ICBM), en cohetes lanzados desde submarinos (SLBM) y en bombarderos estratégicos. A este número hay que agregar 180 cargas tácticas localizadas en bases en Europa. En la categoría de misiles ICBM se encuentran 441 Minuteman III, con un alcance de 6 mil kilómetros, colocados en silos subterráneos. Estos misiles pueden ser disparados en menos de cinco minutos después de recibir una orden presidencial.

Por su parte, los misiles SLBM desplegados en submarinos (de propulsión nuclear) suman 288 y todos están dotados de hasta ocho cargas independientes. Estos submarinos tienen la capacidad de permanecer ocultos durante largos periodos de tiempo y desde esa perspectiva constituyen el componente disuasivo por excelencia en caso de lo que algunos analistas llaman un intercambio nuclear.

El llamado de Trump suena ridículo si se considera el hecho de que los arsenales de Estados Unidos han atravesado múltiples programas de modernización desde los peores años de la guerra fría. De hecho, los acuerdos de control y reducción de armamentos que fueron negociados con la antigua Unión Soviética sirvieron para adelgazar el abultado inventario de cargas nucleares, misiles y bombarderos, al eliminar los elementos obsoletos y vulnerables, y abriendo espacio para los más modernos y letales. Un resultado fue el incremento en la precisión de los nuevos cohetes, lo que hizo posible reducir el tamaño de las cargas nucleares individuales. Todo esto llevó a una reducción en los arsenales nucleares y a una impresión de que el peligro estaba disminuyendo.

Es decir, el desplante de Trump (y de Obama) es absurdo desde otro punto de vista. Si hacemos una lista de los países que más invierten en armamentos resulta que el gasto militar de Estados Unidos es mayor al acumulado de las siguientes 10 naciones en dicha escala. Para el estado en el que se encuentra hoy día la economía estadunidense resulta claro que un dispendio improductivo de este calibre representa un oneroso fardo lleno de implicaciones negativas. Ni la economía será más competitiva, ni se generarán empleos productivos. Y si alguien piensa en los posibles beneficios tecnológicos que este dispendio podría traer aparejados, hay que recordar que las innovaciones que generaron los misiles y sus sistemas de navegación ya no se van a repetir.

Vladimir Putin no quiere dejar solo a su compañero de juegos y anunció a los pocos días del tuit de Trump que si Estados Unidos quiere iniciar una nueva carrera de armamentos, Rusia estaría más que dispuesta a responder al desafío. De hecho, el plan de Moscú consiste en remplazar todo el arsenal nuclear viejo heredado de la guerra fría por componentes modernos a lo largo de los próximos 10 años. Dicho sea de paso, Inglaterra, Francia, China, India, Pakistán e Israel siguen la misma trayectoria de modernizar sus arsenales nucleares.

Para el resto del mundo, el panorama es sombrío. Es cierto que el número de armas nucleares se redujo desde su punto máximo en lo más álgido de la guerra fría. Pero queda mucho por hacer para realmente eliminar el riesgo de la aniquilación nuclear. La lentitud con la que ha procedido la reducción de armamentos nucleares es una señal de alarma a la que hay que agregar el sensible deterioro del régimen de no proliferación.

Se calcula que una guerra nuclear tendría una duración de media hora. Pero el mundo de la posguerra sufriría miles de años. Eso no cabe en 140 caracteres.

Alejandro Nadal

Alejandro Nadal: Profesor e investigador de economía en el Colegio de México (COLMEX).

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Los demócratas no tienen a quién culpar sino a sí mismos

décembre 28th, 2016 by Alexander Azadgan

Mucho se ha dicho acerca de la victoria de Donald Trump y como no me gusta regurgitar información, diré esto: los demócratas no tienen a nadie más a quien que culpar que a ellos mismos.

En primer lugar, esta es la segunda vez en la memoria reciente, la primera vez fue en las elecciones presidenciales del 2000 y la subsiguiente polémica victoria de George W. Bush, y ahora en 2016 con Donald Trump, que el candidato opositor ganó en realidad el voto popular pero perdió las elecciones debido a nuestro sistema de colegio electoral, lo que dio como resultado que la presidencia fuera para el candidato perdedor.

Hay mucha discusión en este momento en los Estados Unidos acerca de que deberíamos acabar con el colegio electoral en conjunto. El Sr. Trump incluso insinuó eso antes de las elecciones. Por supuesto, ahora que ha sido beneficiario del mencionado sistema, probablemente estará en contra de la abolición del Colegio Electoral porque trabajó a su favor.

Si se fuera a abolir el sistema de colegios electorales, se requeriría una convención constitucional que, bajo la división actual en Washington, parece una imposibilidad. Pero el Colegio Electoral es un sistema anticuado. Originalmente el Colegio Electoral fue fundado para dos propósitos:

En primer lugar, para servir al establecimiento de la élite. Los Padres Fundadores no creían realmente en las elecciones que los hombres comunes podían tomar. Ellos querían tener un órgano de supervisión que supervisaría los resultados en caso de que el público hiciera una « elección equivocada ».

En segundo lugar, el colegio electoral fue diseñado en caso de que hubiera una intervención extranjera en el voto popular o en casos de manipulación de votos. El propósito del Colegio Electoral era supervisar tales situaciones y servir como mecanismo de corrección.

Irónicamente, el tema de la intervención extranjera directa en términos de piratería estuvo ampliamente presente en estas elecciones. Si ese fuera el caso, entonces el colegio electoral no hizo realmente su trabajo y realmente trabajó en contra de la misma razón por la que se creó, que era la de evitar cualquier intervención extranjera. Por lo tanto, esta era una situación muy interesante es incongruente.

Por supuesto, todavía no sabemos si todas las acusaciones de pirateo son verdaderas o si son propaganda. Naturalmente, el gobierno ruso ha negado firme y categóricamente tales acusaciones infundadas.

Además, es muy paradójico que Washington se queje de cualquier potencial intervención extranjera porque siendo del todo honestos, durante los últimos 70 años nos hemos convertido en un imperio en lugar de la república que estábamos diseñados para ser (desde la victoria sobre Japón en 1946 para ser exactos), y hemos interferido en casi todas las elecciones de los demás. Así que ahora, si esto realmente nos hubiera sucedido, sería muy kármico.

Pero personalmente, dudo que hubiera una intervención. Hace varios días, el presidente Obama volvió a plantear esta cuestión, alegando que la CIA tenía evidencias reales. Pero al igual que en muchos otros casos durante los últimos 15 años, en los que la CIA hizo acusaciones flagrantes, una vez más tenemos una situación en la que no proporcionan ninguna evidencia real. Son simplemente afirmaciones sin fundamento, utilizando las tácticas habituales de guerra psicológica de los medios de comunicación.

Creo que estos son actos desesperados de perdedores amargados – típicos gritos liberales de juego sucio. Los demócratas no tienen a quien culpar sino a sí mismos. Es su propia culpa la nominación de un candidato corrupto y decrépito que fue ampliamente odiado. Todas las encuestas indicaron claramente que si los demócratas hubieran nominado al senador Bernie Sanders, habría sido el único que podría haber derrotado a Donald Trump. En cambio, a través de los corruptos poderes usurpadores de los Clinton, el establishment demócrata nombró a Hillary, quien tenía índices de desaprobación muy altos. Todos los augurios fueron ignorados y ella usurpó su poder.

Así que no debería ser una sorpresa que Donald Trump ganara. Con tan deprimente elección este año, el Colegio Electoral eligió a Trump en un intento de poner un tope a la anarquía derechista generalizada si Hillary hubiera sido coronada.

Alexander Azadgan

Alexander Azadgan: Profesor adjunto multi-galardonado de Gestión Global Estratégica y Economía Política Internacional.

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