Varoufakis aime beaucoup Macron, personnellement

février 22nd, 2017 by Bruno Adrie

« Je l’aime beaucoup, personnellement », a dit Yanis Varoufakis lors d’une interview donnée à l’Opinion le 21 février 2017 en parlant d’Emmanuel Macron avant d’ajouter: « On a travaillé ensemble ».

Pour Yanis Varoufakis, Macron a été le seul ministre du gouvernement Hollande « qui semblait comprendre ce qui était en jeu au sein de la zone euro ». Lui et Macron partagent, selon ses dires, « la même vision des profonds défauts de la zone euro ». « Nous étions en désaccord en matière de réformes microéconomiques ou sur la libéralisation du marché du travail, mais c’est quelqu’un que je respecte », a -t-il ajouté. Et pour finir : « Je crois que c’est mutuel. On connaît nos points d’accord et de désaccord. On a un vrai dialogue ».

Une telle déclaration, que toute personne saine d’esprit sera tentée de laisser couler en silence vers les égouts de l’oubli – que nous importe, en effet, cette amitié ou ce respect mutuel supposés entre Yanis et Emmanuel – ne pourrait-elle pas avoir son importance en période électorale ? En effet, Yanis Varoufakis a su conserver, malgré son ratatinement sous la main de fer de la Troïka, une aura de penseur rebelle, de ministre hors pair, décontracté, audacieux, sans cravate et ne mâchant pas ses mots; malgré aussi, il faut le dire, son attachement avoué à l’Europe et un passé pas si brillant puisqu’avant de devenir membre de la coalition Syriza qui n’a servi, en définitive, qu’à étouffer les voix les plus radicales (Costas Lapavitsas, Zoé Konstantopoulou), il avait été conseiller du Pasok, ce faux parti de gauche comme tous les partis sociaux traîtres, dont l’existence est destinée à faire durer le statu quo, à garder le peuple bien arrimé au bûcher néolibéral, en l’oignant de grands jets d’eau fraîche avant chaque élection, pour lui faire croire que la cuisson s’est arrêtée, que les choses vont changer, qu’une équipe est là pour le sauver, malgré l’Union européenne, malgré l’OTAN, malgré la rapacité d’une oligarchie qui, elle aussi, est inextinguible.

En regardant le parcours de Yanis Varoufakis, il est difficile de ne pas penser à un autre universitaire, français celui-là, à Thomas Piketty, économiste de renom, l’auteur des mille pages qui l’ont rendu célèbre et que peu de gens ont lues, et qui s’est rangé, il y a peu, derrière le bonhomme carnaval Hamon, le pantin de papier mâché collé de travers à la magouille salivée, après avoir conseillé Hollande en 2012 et Royal en 2007. Etrange mimétisme. Etrange découverte des mêmes chemins de traverse s’offrant à deux universitaires tentés par la sophistique politico-électorale.

« Je l’aime beaucoup, personnellement » a donc proféré Yanis Varoufakis en pleine campagne macronienne, apportant à celui qui veut passer pour un réformateur, le soutien implicite de celui qui en est resté un dans l’esprit mal renseigné d’un public qui ne reçoit de l’actualité que les impressions floues que la presse mainstream veut faire passer pour de l’information.

« Je l’aime beaucoup, personnellement ». En disant cela, Yanis Varoufakis trahit une fois de plus son appartenance à la clique atlantiste et montre qu’il n’a fait jusqu’à présent que des simagrées. « Erratic marxist » – marxiste imprévisible, instable, capricieux, changeant, irrégulier – a-t-il dit de lui-même. Il nous avait prévenus, cet Hercule d’opérette qui avait dit au journaliste Paul Mason qu’il détruirait les bases sur lesquelles l’oligarchie grecque fait reposer sa puissance politique. Ce qu’il voulait c’était juste être connu, se montrer, conquérir une cote médiatique à entretenir ensuite pour faire des petits concerts rémunérés. Ce petit chanteur n’a pas gagné l’Eurovision du bobard orbitalisé mais, au moins, maintenant, il peut faire carrière en coulisse et ça a l’air de lui plaire.

« Je l’aime beaucoup, personnellement ». Qui sait si en disant cela, il n’a pas voulu redorer l’auréole de saint Macron, en lui prêtant un peu d’or de la sienne, prise à l’icône trompeuse que les médias lui ont façonnée.

Je suis certain qu’aujourd’hui, Emmanuel aime beaucoup Yanis, politiquement.

Bruno Adrie

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Ce 20 février est une journée qui commence mal, très mal, par la nouvelle du décès de Monsieur Vitali Tchourkine, délégué permanent de la Russie auprès des Nations Unies. Une perte certainement terrible pour la Fédération de Russie. Une perte tout aussi terrible pour la Syrie. Qu’il repose en paix, ainsi que tous les soldats, médecins, infirmiers, volontaires et experts russes tombés en Syrie. Sacrifices qui ajoutent de la peine à la peine de tout un peuple reconnaissant pour toutes les fois où les amis russes sont intervenus afin de le soutenir contre des agresseurs sans foi ni loi.

II. Des agresseurs qui s’emploient à ressusciter « le Pacte de Bagdad » comme l’explique Madame Bouthaïna Chaabane, conseillère politique du Président Bachar al-Assad, dans son article de ce 20 février, publié par le quotidien syrien Al-watan :

Un rapport confidentiel établi en 1983, et déclassifié le 20 janvier 2017 [1], révèle que les États-Unis ont encouragé Saddam Hussein à attaquer la Syrie dans l’objectif d’occuper les deux pays par une guerre sanglante qui épuiserait leurs forces.

Ce rapport s’appuie sur les déclarations de Graham Fuller, un ex haut fonctionnaire de la CIA, lequel affirme que les États-Unis ont fortement cherché à convaincre Saddam Hussein d’attaquer la Syrie, sous un prétexte ou un autre, dans le but de frapper les deux plus importantes forces du Moyen-Orient arabe et de les éloigner du front de lutte israélo-arabe. Mais vu que Saddam était engagé dans la guerre contre l’Iran, il fallait lui offrir de quoi le tenter avec le soutien de la plupart des États régionaux inféodés aux États-Unis, comme l’Arabie saoudite et d’autres Pays du Golfe, lesquels auraient financé cette guerre afin d’affaiblir la Syrie en tant que force régionale en plein développement. D’où la fourniture d’équipements modernes à Saddam afin de boucler la boucle des pays voisins menaçant la Syrie : la Jordanie, la Turquie et Israël.

Ainsi, et selon les prédictions de ce rapport datant de 1983, la Syrie menacée de trois côtés et peut-être plus, pouvait être contrainte à faire des concessions dans le conflit avec Israël. Par ailleurs, le rapport affirme que convaincre Saddam d’adopter ce scénario était crucial car il devait rompre le rang des arabes et dissimuler le fait qu’Israël et les États-Unis avaient intérêt à ce que cette guerre ait lieu.

Raison pour laquelle les États-Unis ont travaillé à obtenir le consensus des Pays arabes inféodés en faveur de Saddam dans cette affaire, tandis que les études israéliennes de l’époque saluaient l’idée de créer des tensions sur les frontières syro-irakienne, syro-libanaise, syro-jordanienne et syro-turque ; Israël estimant que son problème était la Syrie, non Saddam.

Or, trente ans auparavant, une alliance colonialiste s’est formée en pleine Guerre froide et fut indûment qualifiée de « Pacte de Bagdab » :

[Le Pacte de Bagdad, dont le nom officiel est « Traité d’organisation du Moyen-Orient », a été fondé le 24 février 1955 entre l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni, rejoints par les États-Unis en 1958. Il sera rebaptisé « Organisation du Traité central » (Central Treaty Organisation) ou CenTO, après le retrait irakien le 24 mars 1959.

Le Pacte de Bagdad -et le Cento après lui- fait partie des alliances internationales du camp occidental dans le contexte de la Guerre froide. Son but était de « contenir » (politique américaine du containment) le communisme et l’Union soviétique en ayant une ligne d’États alliés à sa frontière sud et sud-ouest ; Ndt] [2].

Une alliance regroupant donc la Turquie, l’Iran du Chah, l’Irak sous contrôle du Royaume-Uni, avec le soutien des Pays du Golfe œuvrant contre Jamal Abdel Nasser, afin d’empêcher la propagation des idées nationalistes dans les pays arabes et d’arrêter le soutien de l’Égypte aux mouvements de libération en Afrique et en Asie. Mais la révolution de 1958 en Irak a brisé ce pacte, suivie de l’union de l’Égypte et de la Syrie en République arabe unie [1958-1961], rejointe par l’Irak après dissolution, mais l’union tripartite n’a pas eu lieu.

Ici, il nous faut remarquer que la Turquie a toujours été l’ennemie du nationalisme arabe et particulièrement de la Syrie et de l’Irak, comme si elle ne leur pardonnait toujours pas l’effondrement de l’Empire ottoman et la perte de ses colonies arabes.

Quant aux gouvernants de l’Arabie saoudite et des Pays du Golfe, une lecture attentive de l’Histoire révèle la légèreté qui caractérise leur comportement face à leurs propres causes. D’ailleurs, dans les années 1962 et 1963, le Président Nasser avait souligné le danger des réactionnaires arabes incapables de soutenir la Palestine pour la bonne raison que ceux qui les armaient, armaient Israël. Et donc, qu’ils ne pouvaient que se tenir sur la ligne israélienne ; sinon, que faisaient les bases militaires américaines sur leurs territoires ?

Autrement dit, les Pays du Golfe étaient déjà secrètement engagés dans une réelle et véritable alliance avec Israël. Aujourd’hui, cette alliance est devenue publique. Et le lecteur de l’Histoire observant les événements actuels peut se dire : « Qu’hier ressemble à aujourd’hui ! ».

Car, voici que la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar s’allient de nouveau, et ouvertement, avec les États-Unis et Israël pour financer la guerre enragée menée depuis six ans contre la Syrie, la Libye, l’Égypte, le Liban, le Yémen et l’Irak, avec destruction de leurs infrastructures, de leurs économies, de leurs institutions, de leurs armées, de leurs statuts au niveau international, de leurs monuments historiques et de leur identité culturelle.

Voici que sous la pression des États-Unis, les dirigeants arabes se comportent en associés ou en spectateurs de la « Guerre du printemps arabe », déclenchée grâce au rôle essentiel joué par la Ligue arabe dirigée par le Qatar.

Et voici que la Turquie ottomane d’Erdogan tissent des liens d’alliance avec l’Arabie saoudite et des Pays du Golfe, soutenue en cela par une décision israélo-américaine, afin que la guerre continue à embraser la Syrie sous le slogan « isoler et affaiblir l’Iran », alors que le but israélo-américain est de détruire l’ensemble des arabes, y compris ceux qui les suivent à la trace et financent leurs guerres contre d’autres arabes.

Ce qui signifie que depuis les années cinquante du siècle dernier et jusqu’à ce jour, les outils utilisés contre des arabes, sont des frères arabes inféodés à Israël et aux États-Unis, secrètement ou publiquement. Sauf qu’à chaque fois, sont créés les scénarios appropriés pour qu’ils bondissent sur leurs frères par l’Histoire, l’arabité, la civilisation et la religion, sans que cela n’empêche qu’ils soient eux-mêmes dépossédés de toutes leurs ressources. Et le résultat est bien l’affaiblissement de tous les Arabes qu’ils soient complices de l’ennemi, résistants ou la cible du même ennemi.

Certes, la réaction arabe contre le Pacte de Bagdad fut bonne, en théorie, puisqu’elle a mené à renforcer l’union entre l’Égypte et la Syrie, mais elle n’a pas abouti à la mise place des mécanismes pouvant lui assurer force et pérennité.

Ce que les Arabes perdent toujours c’est le temps. Ils endurent depuis soixante-dix ans des réactionnaires fidèles aux ennemis de la nation, desquels ils sont complices et dont ils accueillent les bases assurant la sécurité d’Israël, tout en finançant leurs guerres.

Malgré cela, il n’y a toujours pas de vrai projet pour contrer le dernier projet réactionnaire israélo-turc travaillant à leur effondrement et à l’épuisement de leurs énergies afin de les transformer tous en une nation faible et vaincue.

Combien de fois faut-il que les événements prouvent que l’Occident et Israël mettent à exécution leurs plans par l’intermédiaire de leurs agents, des Frères Musulmans et des oppositions manipulées par leurs services du renseignement ? N’est-il pas venu le temps de mettre en place notre propre alliance arabe, forte et résistante, sur des bases solides et selon des mécanismes avancés, quitte à apprendre de nos ennemis ?

N’est-il pas venu le temps de réaliser qu’aujourd’hui Erdogan, Israël et les États-Unis pompent l’argent des Pays du Golfe pour financer leur guerre terroriste contre la Syrie, l’Irak, le Yémen et l’Egypte, exactement comme lorsque l’Occident et les dirigeants du Golfe pro-occidentaux ont encouragé Saddam à s’embourber dans la guerre irako-iranienne ? À l’époque ils l’avaient désignée par le « double endiguement » dans l’espoir d’affaiblir l’Irak et l’Iran à la fois. Finalement, l’Irak a été détruit et mis sous occupation, tandis que l’Iran est devenu une puissance nucléaire.

Par conséquent, une coopération arabe sincère est désormais une exigence existentielle pour nous préparer à faire face à l’ennemi qui planifie pour une longue bataille à venir, mais dont les termes et les objectifs ne seront probablement pas divulgués d’ici une trentaine d’années !

III. Un pacte élargi bien au-delà du premier d’après l’analyse du Général Amin Hoteit qui revient, toujours ce 20 février, sur le nouveau plan américain visant la partition de la Syrie et sinon, la prolongation d’une guerre d’usure au bénéfice d’Israël :

Les premières déclarations de Trump concernant la « crise syrienne » portaient sur deux points : l’établissement de zones de sécurité pour la protection des déplacés et la guerre contre Daech. Et alors que le premier point a soulevé des problèmes complexes d’ordre pratique et juridique, le second a paru acceptable car initialement interprété dans le cadre d’un comportement contraire à celui d’Obama, avec modification des priorités, des méthodes et des objectifs stratégiques essentiels.

Mais, au bout d’un mois à la Maison Blanche, il est clair que les paroles et les promesses de Trump ne correspondent qu’à une modification linguistique, les objectifs stratégiques américains en Syrie restant inchangés. En effet, dès les premiers jours suivant son investiture, il s’est employé à réorganiser le camp des agresseurs et à redistribuer les missions futures aux partenaires anciens et à ceux nouvellement recrutés pour rejoindre ce camp sur le terrain.

Un nouveau plan américain est donc sur les rails. Bien que ses détails ne soient  pas encore clairement précisés, nous pensons que les États-Unis travaillent à ce qu’il repose sur quatre piliers essentiels qui sont la Turquie, la Jordanie, les Émirats arabes unis et lesdites Forces Démocratiques Syriennes [FDS].

Ce faisant, il ne s’agit évidemment pas d’écarter l’Arabie saoudite et le Qatar, mais de répartir les missions entre les financiers propagandistes et les guerriers sur le terrain, avec la possibilité d’intégrer plus tard des forces militaires saoudiennes si les circonstances le permettent.

Avant de répondre à la question de savoir quelles sont les missions attribuées à chacun et leurs objectifs cachés, il nous faut rappeler que les « zones de sécurité », voulues par Trump pour de prétendues raisons humanitaires, sont en réalité destinées à poursuivre l’objectif premier de partition de la Syrie, contrarié par les victoires retentissantes de l’Armée arabe syrienne les semaines précédant son investiture. Et aussi, que sa volonté de « combattre Daech » s’est accompagnée du refus des États-Unis de toute coopération militaire avec les forces qui le combattent effectivement et efficacement sur le terrain syrien, que ce soit l’Armée arabe syrienne, que ce soit le camp des défenseurs de la Syrie, tout en suggérant l’envoi de troupes au sol, alors que des forces américaines sont déjà présentes dans plusieurs bases militaires récentes au nord de la Syrie.

Partant de ces réalités et du refus de l’OTAN de coopérer avec la Russie, nous pouvons dire que Trump brandit le slogan de la lutte contre Daech, mais dissimule l’intention d’une intervention militaire directe, ou indirecte par l’intermédiaire de ses alliés, et qu’en cela il répond aux attentes d’Israël qui lui donne le choix entre résoudre le conflit par une action militaire directe au bénéfice du camp des agresseurs ou le prolonger en poursuivant la logique des guerres par procuration à des acteurs locaux ou régionaux afin de torpiller toute chance de solution politique.

C’est pourquoi, il ne nous faudra pas trop compter sur la réunion de Genève 4, ce 23 février, en dépit des dispositions apparemment favorables des États-Unis, lesquels ne voient pas d’intérêt à négocier une solution politique de la crise syrienne alors que les réalités du terrain ne sont pas à leur avantage. Ils préfèrent miser sur une escalade militaire, probablement sur une période minimum de trois mois, en ameutant de nouvelles forces qui pourraient modifier la situation et les amener aux négociations dans des conditions plus confortables.

Ceci étant dit, revenons aux missions attribuées aux nouvelles forces censées pouvoir concrétiser les objectifs américains.

D’abord la Jordanie, pays qui subit des pressions contraires :

  • Pression russe qui l’invite à la réunion d’Astana 2 censée consolider et définir les modalités du processus de cessation des hostilités décidé à la réunion d’Astana 1, alors qu’il s’était soustrait à son engagement de fermer ses frontières aux terroristes en raison de pressions américaine et saoudienne à la fois.
  •  Pression américaine qui le pousse à prendre en charge la création d’une dite « zone de sécurité » dans le sud syrien, aux frais des Pays du Golfe et en coordination avec Israël, conformément à ses exigences.
  •  Pression saoudienne qui le somme de soutenir les groupes terroristes attaquant la ville de Daraa par une dernière opération intitulée « Plutôt la mort que l’humiliation », laquelle a échoué jusqu’ici du fait de la bravoure des défenses syriennes dans la région.

Ensuite, les  Émirats arabe unis, pays pour la première fois directement plongé par les États-Unis en territoire syrien, et qui semble avoir été choisi pour les raisons suivantes :

  • D’une part, rassurer les tribus arabes de la région nord-est dont les habitants hésitent à combattre sous la bannière desdites « Forces Démocratiques Syriennes » dominées par les Kurdes et soutenues par les USA, l’animosité des Émiratis pour les Frères Musulmans [dont Erdogan est le chef de file, NdT] pouvant compenser cette hésitation.
  • D’autre part, atténuer les angoisses des Turcs qui craignent la création d’une entité indépendante kurde dans cette région nord-est de la Syrie, laquelle serait gérée par les Émirats, justement là où les USA cherchent à installer leur nouvelle base militaire.

Quant à la Turquie, troisième volet essentiel du plan américain qu’il faut absolument éloigner de la Russie, elle aura les mains libres dans le centre de la Syrie pour couper entre l’Est et l’Ouest par la création d’une prétendue « zone de sécurité » de 5000 Kms2, laquelle atténuera encore plus ses angoisses face aux Kurdes, servira ses intérêts et, du même coup, empêchera l’État syrien de restaurer son unité territoriale et démographique.

La mise en œuvre de ce énième plan américain nécessite le report de toute solution politique, à Genève ou ailleurs, et la non-consolidation du processus de cessation des hostilités, sauf dans un sens compatible avec les objectifs américains.

C’est ce qui explique le comportement négatif de la Turquie et de la Jordanie à la réunion d’Astana 2. Et c’est aussi ce qui explique les déclarations de Staffan Mistura destinées à torpiller Genève 4 par la proposition d’un ordre du jour qui n’est pas de son ressort, mais de celui de la Constitution adoptée par le peuple syrien.

Pour finir, nous pensons que les espoirs fondés sur un changement de la politique américaine, notamment son abandon de l’exploitation du terrorisme pour se mettre à le combattre, sont sans doute déplacés, et que les objectifs visant la partition de la Syrie paraissent inchangés.

Reste l’hypothèse qu’en tentant de modifier l’équilibre actuel des forces sur le terrain, Trump ne cherche qu’à gagner des cartes exploitables à la table des négociations ; auquel cas, il nous faut rester concentrés sur le terrain militaire, tout en restant nécessairement disponibles sur le terrain politique.

IV. Pour conclure, il n’est pas interdit de partager l’optimisme de Monsieur Nasser Kandil dans une brève de ce 19 février :

  • Tout observateur de la guerre sur la Syrie sait que l’opposition et les factions armées sont des façades syriennes complètement contrôlées par des volontés étrangères du fait d’une dépendance inchangeable financière, militaire, géographique et politique.
  • Washington, la Turquie et l’Arabie saoudite se partagent la gestion de ces façades.
  • Genève et Astana sont des stations de fructification des résultats militaires de la guerre en Syrie par des accords politiques entre une station et la suivante.
  • Au début, Genève était une occasion de tester le degré de maturité de l’État syrien et de ses alliés pour accepter l’idée de la défaite et accorder les concessions qui remettraient la Syrie au camp adverse, contre l’arrêt de la guerre. Les termes désignant une telle reddition ont varié, mais leur sens est resté invariable avec Lakhdar Brahimi et Staffan de Mistura.
  • Suite aux victoires de l’Armée syrienne, depuis le positionnement russe jusqu’aux batailles d’Alep, la situation s’est inversée et Genève est devenue une station d’évaluation du degré de maturité du camp guerrier adverse pour reconnaître sa défaite et obtenir de quoi sauver la face sous le titre de « la guerre contre le terrorisme ».
  • Astana est destinée à tester la séparation entre le Front al-Nosra et les autres factions armées, et Genève est destinée à ôter l’exclusivité de la représentation de l’opposition au « Groupe de Riyad », en attendant l’émergence d’une opposition compatible avec la dernière station.
  • La Turquie n’a pas encore mûri parce que les États-Unis ne sont toujours pas mûrs.
  • Cette fois-ci, Genève, ce sera pour la « photo souvenir ».

B. Chaabane ; A. Hoteit ; N. Kandil

 

 

Sources : Al-Watan / Elnashra / Top News Nasser Kandil

[Par Bouthaïna Chaabane : حلف بغداد الجديد]

[Par Amin Hoteit :  خطة ترامب ظاهرا وباطنا… وتأثيرها على جنيف4]

[Par Nasser Kandil : جنيف صور تذكارية – كتب ناصر قنديل]

Traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

20/02/2017

 

Notes :

[1] BRINGING REAL MUSCLE TO BEAR AGAINST SYRIA

https://www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP88B00443R001404090133-0.pdf

[2] Pacte de Bagdad

https://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/pactedebagdad

 

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Las palomas armadas de Europa

février 22nd, 2017 by Manlio Dinucci

Los dirigentes europeos tratan por todos los medios de aumentar la presencia de la OTAN en el este de Europa y sus capacidades de intervención en el sur. Así pretenden evitar un posible acercamiento entre Washington y Moscú y tratar a la vez de obtener todo lo que puedan antes de tener que aumentar su propia contribución a la alianza atlántica.

Los ministros de Defensa de la OTAN reunidos en Bruselas, en el marco del Consejo del Atlántico Norte, decidieron nuevos pasos para el «fortalecimiento de la Alianza», ante todo en el frente del este, con el despliegue de nuevas «fuerzas de disuasión» en Estonia, Letonia, Lituania y Polonia. Al mismo tiempo, decidieron aumentar la presencia de la OTAN en todo el este de Europa con la realización de ejercicios terrestres y navales. En junio, estarán completamente operativos 4 batallones multinacionales que deben desplegarse en esa región.

También se acrecentará la presencia naval de la OTAN en el Mar Negro. Se inició además la creación de un mando multinacional de fuerzas especiales, que inicialmente contará con unidades de Bélgica, Dinamarca y Holanda. Finalmente, el Consejo del Atlántico Norte felicita a Georgia por sus progresos en el proceso que llevará ese país a convertirse en miembro pleno de la OTAN, con lo cual se convertiría –junto a Estonia y Lituania– en el tercer miembro de la alianza atlántica directamente fronterizo con Rusia.

En el frente sur, directamente vinculado con el frente del este, sobre todo debido a la confrontación Rusia-OTAN-Siria, el Consejo del Atlántico Norte anuncia una serie de medidas para «contrarrestar las amenazas provenientes del Medio Oriente y del norte de África y para proyectar estabilidad más allá de nuestras fronteras».

En el Mando de la Fuerza Conjunto Aliada en Nápoles se creó el Polo hacia el Sur, cuyo personal se eleva a 100 militares y cuya misión consistirá en «evaluar las amenazas provenientes de la región y enfrentarlas junto a las naciones y organizaciones socias». Para ello dispondrá de aviones-espías AWACS y de drones que rápidamente entrarán en disposición operativa en la base de Sigonella, situada en Sicilia [Italia].

Para las operaciones militares ya está lista «Fuerza de Respuesta» de la OTAN, con 40 000 soldados, sobre todo su «Fuerza de Avanzada de Muy Alta Rapidez Operativa».

El Polo hacia el Sur, según explica el secretario general de la OTAN Jens Stoltenberg– aumentará la capacidad de la OTAN para «prevenir las crisis». En otras palabras, la OTAN podrá efectuar intervenciones militares «preventivas». La alianza atlántica adopta así, en conjunto, la doctrina del «halcón» Bush hijo sobre la guerra preventiva.

Los primeros en desear un reforzamiento de la OTAN, ante todo con objetivos anti-rusos, son, en este momento, los gobiernos europeos miembros de la alianza, que generalmente se presentan como «palomas». Su temor es que la administración Trump les coja la delantera o acabe marginándolos si decide abrir negociaciones directas con Moscú.

Particularmente activos están los gobiernos del este de Europa. Varsovia, que no se conforma solamente con la 3ª Brigada blindada estadounidense enviada a Polonia por la administración Obama, ahora solicita a Washington, por boca del influyente Kaczynski, la protección del «paraguas nuclear» estadounidense, o sea el despliegue en suelo polaco de armas nucleares estadounidenses que apunten hacia Rusia.

Kiev, por su parte, retomó en la región de Donbass la ofensiva contra los rusos de Ucrania recurriendo tanto a intensos bombardeos artilleros como al asesinato sistemático de líderes de la resistencia mediante atentados tras los cuales también se esconde la participación de los servicios secretos occidentales. Al mismo tiempo, el presidente Porochenko anunció un referéndum para incorporar Ucrania a la OTAN.

Y ¿quién corrió a respaldarlo? El primer ministro griego Alexis Tsipras, quien, de visita oficial en Kiev –los días 8 y 9 de febrero–, expresó al presidente Porochenko «el firme apoyo de Grecia a la soberanía, la integridad territorial y la independencia de Ucrania» y, por tanto, su no reconocimiento a lo que Kiev llama «la ilegal anexión rusa de Crimea». Según Tsipras, su encuentro con Porochenko creó las bases para «años de estrecha colaboración entre Grecia y Ucrania» y contribuirá a «alcanzar la paz en la región».

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci: Geógrafo y politólogo.

Artículo original en italiano:

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Le colombe armate dell’Europa

Edición del martes 21 de febrero de 2017 de il manifesto.

https://ilmanifesto.it/le-colombe-armate-delleuropa/

Traducido al Español por la Red Voltaire.

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IMAGEN: Enrique García Rodríguez, economista y presidente ejecutivo de la Corporación Andina de Fomento (CAF) por 25 años.

Para un economista latinoamericano con el recorrido de Enrique García, la irrupción de Donald Trump en Estados Unidos o el nuevo papel estratégico de China hacen que este sea “un momento para repensar la integración regional en América Latina”.

Veterano de muchas crisis, Enrique García está a punto de terminar su mandato de ¡veinticinco años! al frente de la CAF, el Banco de Desarrollo de América Latina al que llegó en 1991 después de ser ministro de Planeamiento en su país, Bolivia, y desempeñar puestos de gran responsabilidad en el Banco Mundial, el Fondo Monetario o el Banco Interamericano de Desarrollo.

Dice que “el cuadro internacional es muy diferente y más complejo que hace unos años”, que “hay que ser cauteloso con Trump”, que “China es un jugador importante pero su ritmo de crecimiento no es el que tenía hace cinco años”, o que “los extremos (en política, en economía) no son nada buenos”…

Durante su entrevista con Efe, se le nota un lenguaje corporal tan prudente y sosegado como sosegado y prudente es su criterio, marcado siempre por una actitud templada, pragmática, cautelosa.

Aunque consciente de las medidas que está tomando el presidente Trump, García apunta que la estabilidad del sistema en Estados Unidos, la firmeza que equilibra los tres grandes poderes de la Unión -el Ejecutivo, el Legislativo y el Judicial- aconsejan no precipitar el juicio.

Y sin embargo opina que decisiones como las que afectan a México, por ejemplo, o a asuntos como el comercio o la inmigración son “señales” para que América Latina vaya tomando posiciones.

“Creo que es un buen momento para repensar la integración regional en América Latina; una integración que no está funcionando como se soñaba -es la verdad- pero que, en este punto de inflexión, se puede avanzar en aspectos concretos”.

Su idea es “identificar aquellos temas o cuestiones que hagan progresar a la región a un ritmo más acelerado; que la hagan más competitiva”.

García opina que “América Latina no está en crisis”, y puntualiza que “aunque algunos países tengan problemas, su potencial de crecimiento es alto”, y que la Alianza del Pacífico -México, Colombia, Perú y Chile- puede, a su juicio, acercarse al Mercosur “si se estabiliza la macroeconomía en ambas regiones”.

Aunque haya corrientes, tendencias políticas muy diversas en el ámbito latinoamericano, el aún presidente de la CAF (su mandato concluye el 31 de marzo) sostiene, tajante, que la macroeconomía no tiene ideología”. Números son números.

Insiste en que “los extremos no son nada buenos”, en que “ni estatismo ni neoliberalismo a ultranza”, en que “hay que buscar el equilibrio entre el Estado y el mercado”, principalmente porque hay cosas que aquél no puede hacer sin éste y viceversa.

Cuando habla de España, Enrique García entiende que su presencia política en América Latina -no la económica- fuera más limitada durante la crisis porque “tenía que mirar más hacia su problema interno”, aunque cree que “es momento de retomar la iniciativa ahora que la situación ha mejorado”.

Echando un vistazo a sus veinticinco años al frente de la CAF (con sede en Caracas), su presidente se queda con varios logros, entre ellos que este organismo haya pasado de estar formado por cinco países andinos a convertirse en una gran institución con 19 naciones de América Latina y el Caribe más España y Portugal.

La capacidad de préstamo de la CAF ha pasado durante su mandato de 400 millones de dólares a 12.000, y su situación financiera es tal que las agencias de calificación de riesgos (Standard and Poor’s, Fitch o Moody’s) han aumentado hasta catorce veces su nivel de solvencia.

García señala que la CAF ha podido desarrollar “una agenda integral centrada en la estabilidad macroeconómica, la eficiencia microeconómica, la equidad y la cohesión social, y el equilibrio medioambiental”.

Y, en fin, como problemas críticos que siguen amenazando al mundo, el veterano economista señala dos viejos conocidos: la falta de transparencia y la lacra de la corrupción.

Enrique García

Enrique García: Economista y presidente ejecutivo de la Corporación Andina de Fomento (CAF).

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Macri es uno de los suyos

février 22nd, 2017 by Rafael Mayoral

Desde los años treinta, cada vez que el capitalismo entra en crisis, el liberalismo se desprende de los ropajes democráticos y regresa a sus feudos. Engañan a los pueblos buscando a alguien que diga con palabras escogidas lo que los pueblos golpeados quieren escuchar. Cada ciclo histórico, como si fuera una condena, los pueblos vuelven a votar a sus verdugos. Pero no todos. Esa es la disputa en América Latina. A los poderosos, no les resulta tan sencillo regresar. Por eso, para asustar a los que no convencen, encarcelan a los que protestan. Especialmente a quienes tienen cabeza y corazón. Por ejemplo, a Milagro Sala. En esa pelea andamos a ambos lados del Atlántico. Los amigos y los adversarios cruzan océanos y se encuentran. Por eso, nosotros, aquí, en España, nos sentimos encarcelados con Milagro.

Macri visita España, y Madrid tiene que saludarle como Jefe del Estado de un país hermano. Conocemos las reglas del protocolo, pero duele. Sabemos que Macri está haciendo sufrir a nuestras hermanas y hermanos argentinos. Sabemos que Macri prometió en campaña no tocar los programas sociales, pero está sembrando la Argentina de pobres e indigentes. Sabemos que Macri vuelve a matar simbólicamente a las víctimas del terrorismo de Estado y sabemos que Macri desprecia los derechos humanos. Sabemos que Macri forma parte de esa internacional conservadora que apoya golpes de Estado parlamentarios y que defiende la esclavitud por deudas de los países de la periferia, incluida la Argentina.

Sabemos que Macri está con los jueces y no con la justicia, que está con las empresas multinacionales y no con las cooperativas, que está con los que contaminan y no con los contaminados. Sabemos que Macri está con el lenguaje del imperio y no con las lenguas indígenas, que está con los torturadores y no con los torturados, que está con Satanás aunque siempre ha tenido una cuenta en algún banco del viejo Vaticano. Sabemos que está con Juan Pablo II pero no puede estar con el papa Francisco. Sabemos que Macri está con los que desahucian y no con los desahuciados, que está con los financieros y no con los hipotecados, que está con las petroleras y no con la Madre Tierra. Sabemos que Macri es un presidente manchado con el escándalo de los paraísos fiscales y sabemos que tiene el corazón donde descansa su cartera. Sabemos que Macri alza la voz defendiendo los derechos humanos en los países que intentan gobernar para las mayorías pero mantiene encarcelada injustamente a una mujer, Milagro Sala, porque no le tiene miedo a ese mundo dorado y podrido que representan los Macri de este mundo. Sabemos que Milagro está con el vaso de leche a los niños y Macri está con los fondos buitre. Sabemos que Milagro es la vida de la solidaridad y de los pobres y Macri un recuerdo torpe del Rey Midas al que nunca le enterraron con todo su oro. En España nos topamos con Macri pero nos acordamos de Milagro.

Y aquí, en Madrid, le recordamos al Presidente de la Argentina que los mandatarios pasan pero la solidaridad de los pueblos permanece, que él quedará en la historia como un triste momento de marcha atrás, mientras Milagro Sala vive en cada pueblo que no tiene miedo a los poderosos. Macri, como Rajoy, como Trump, como Temer son el fantasma lúgubre del  neoliberalismo y Milagro es la respuesta que siempre los heraldos de la muerte van a encontrar cada vez que toquen la dignidad del pueblo. Por eso estamos con Milagro. Por eso sabemos que Macri no es uno de los nuestros porque es, con toda la evidencia, uno de los de ellos. Uno de los de siempre.

Uno de los que nos ponen en marcha para evitar que nos vuelvan a robar la democracia.

Rafael Mayoral

Juan Carlos Monedero

Rafael Mayoral: Diputado de Podemos. 

Juan Carlos Monedero: Profesor de Ciencia Política y cofundador de Podemos.

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Grecia regresa al escenario

février 22nd, 2017 by Alejandro Nadal

Los tiempos no podían ser más desafortunados para recibir noticias negativas sobre la crisis en Grecia. Después de algunos meses en el congelador, el tema de la moratoria y de una posible salida griega de la esfera del euro vuelve a sembrar la alarma en Europa. Pero ahora esto se combina con los exabruptos de las primeras semanas de Trump en la Casa Blanca, así como con las peripecias sobre las negociaciones del Brexit y las perspectivas de las elecciones en Francia, Holanda y Alemania en los próximos meses. Este torbellino de acontecimientos corre el riesgo de entorpecer el desenlace de las negociaciones sobre el rescate en Grecia y sus consecuencias.

La gravedad del problema que afronta la economía griega no debe sorprender a nadie. Para quien ha seguido de cerca la crisis en la eurozona no es nada nuevo ver el tsunami de vencimientos que se perfila este verano y que no podrá ser contenido fácilmente. Desde hace tiempo hemos observado cómo las decisiones tomadas por la Comisión Europea y los acreedores simplemente han consistido en, como se dice vulgarmente, ir pateando el bote para ganar tiempo. Bueno, pues parece que el tiempo se acabó y ha llegado el momento de tomar decisiones.

La primera constatación es que los programas de rescate de la economía griega no han funcionado. La economía sigue sin poder regresar a algo que se parezca a un sendero de crecimiento. El año pasado el PIB acusó una tasa de crecimiento positiva, pero todavía en un rango muy mediocre (0.6 por ciento). Y los reclamos triunfalistas sobre la salida de la recesión (por parte del ministro de economía, Giorgos Stathakis) son más propaganda que el resultado de una evaluación rigurosa sobre el desempeño económico de su país.

Lo cierto es que el desplome económico que duró de 2008 hasta 2015 equivale a una pérdida real en el nivel del PIB superior a 25 por ciento. Y el nivel de desempleo se mantiene en 28 por ciento, una cota comparable a la de la gran depresión. El estándar de vida de la población ha sufrido en todos los renglones, desde servicios de salud, hasta consumo de alimentos.

A nivel macroeconómico, los tecnócratas amigos de la austeridad fiscal siempre justificaron sus paquetes draconianos con el argumento de que el nivel de endeudamiento de la economía griega iría reduciéndose paulatinamente. Pero hoy se observa que ese resultado no sólo no se ha alcanzado, sino que no se podrá lograr en el marco de las políticas actuales. Cuando arrancaron los programas de rescate en 2010 se esperaba que la razón deuda/PIB pasaría de 115 por ciento a un nivel cercano a 150 por ciento en 2015 debido al peso que tendrían las metas de austeridad (superávit primario) sobre la economía helénica. Sin embargo, hoy el coeficiente deuda/PIB supera la marca de 176 por ciento. Claramente el programa de ajuste que la troika impuso en Grecia ha desembocado en un círculo vicioso que engendra menos crecimiento y mayor endeudamiento. Ese programa se encuentra fuera de control.

Este verano Atenas afronta vencimientos por más de 10 mil 500 millones de euros y no tiene capacidad de pago. En un informe técnico preparado por funcionarios del Fondo Monetario Internacional se concluye que bajo las condiciones actuales, la economía griega no podrá alcanzar las metas de crecimiento que permitirían afrontar el servicio de la deuda. El Fondo no cree que Atenas pueda alcanzar un superávit primario de 3.5 por ciento del PIB y al mismo tiempo crecer en 2017. Y bajo tales circunstancias, los protocolos del FMI le obligarán a no participar en un nuevo paquete de rescate al lado de las instituciones europeas.

En la última ronda de negociaciones el FMI argumentó que Grecia solamente podría volver a crecer y a reducir su coeficiente de endeudamiento si se realizara una quita significativa en el monto de su deuda. Pero el FMI sabe que la Comisión Europea no aprobará una quita y seguirá presionando a Atenas, casi hasta el punto de orillarla a la salida de la esfera euro. En los últimos meses el gobierno griego dio marcha atrás en algunas promesas a sus acreedores, lo que contaminó más el tenso ambiente de las negociaciones. Para Alemania, Holanda y Finlandia, la situación es propicia para expulsar a Atenas de la unión monetaria. Sus cálculos pueden desembocar en muy mal resultado para el euro y para todo el proyecto europeo.

Después de siete años de una implacable austeridad fiscal y de un programa de privatizaciones y ‘reformas estructurales’, Grecia sigue sufriendo la peor crisis experimentada por una economía desarrollada. Y la debacle no hace más que profundizarse y extenderse. Pareciera que esta tragedia ya la hemos visto muchas veces. Pero esta vez las cosas pueden ser diferentes. Tsipras y su partido pueden llegar al límite y a romper el delgado hilo del que está colgando la permanencia de Grecia en el euro. Después del golpe del Brexit, el Grexit podría ser fatal para el euro. Pero después de ocho años de castigo, quizás es la mejor salida para Grecia.

Alejandro Nadal

Alejandro Nadal: Profesor e investigador de economía en el Colegio de México (COLMEX).

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Vietnam y Rusia dispuestos a desarrollar nexos más amplios

février 22nd, 2017 by Teresita Vives Romero

Las relaciones entre Vietnam y Rusia muestran hoy bases más sólidas tras la visita aquí de la presidenta del Consejo de la Federación, Valentina Matvienko, marcada por la reafirmación de la voluntad común de continuar ampliando los nexos.

El tema dominó los encuentros de la líder parlamentaria con el jefe de Estado vietnamita, Tran Dai Quang, el primer ministro, Nguyen Xuan Phuc, la presidenta de la Asamblea Nacional, Nguyen Thi Kim Ngan, y el secretario general del Partido Comunista, Nguyen Phu Trong.

De las coincidencias destaca la referida a la meta de elevar el comercio bilateral a 10 mil millones de dólares para 2020, que fue de tres mil 500 millones de dólares en los primeros 11 meses de 2016.

Al respecto, Dai Quang llamó a coordinar estrechamente para implementar de manera efectiva el Tratado de Libre Comercio entre Vietnam y la Unión Económica Eurasiática, a la que pertenecen también Armenia, Belarús, Kazajstán y Kirguistán, y aprovechar las ventajas de ese acuerdo para incrementar las exportaciones y las inversiones.

Ese tema estuvo presente en todos los encuentros de la visitante con las autoridades anfitrionas.

El presidente comunicó también a Matvienko el deseo de fomentar los vínculos de cooperación en defensa, seguridad, educación, cultura, turismo y ciencia-tecnología, así como entre localidades de las dos naciones.

Mientras, el jefe de gobierno precisó que además de los proyectos de colaboración en marcha en la industria petrolera, este país favorece las inversiones de la otra parte en áreas como energía renovable, incluida la hidroeléctrica, e infraestructura ferroviaria.

Por su parte, la presidenta de la Asamblea Nacional reiteró que Vietnam siempre prioriza el fortalecimiento de la asociación estratégica integral y desea perfeccionar la coordinación entre los dos países, legislaturas y localidades.

La posición del otro territorio en ese sentido se infiere de las declaraciones de Motvienko en sus pláticas con el presidente Dai Quang: reforzar la cooperación con Vietnam en todos los sectores es una prioridad absoluta en la política exterior de Rusia.

Añadió que el Consejo de la Federación y los parlamentarios rusos harán todo lo posible por contribuir al fortalecimiento de las relaciones bilaterales y señaló que su nación quiere importar más productos agrícolas de este mercado, al resaltar que el objetivo de su visita es profundizar los nexos bilaterales.

Para ello, entre las medidas con vistas a fortalecer la coordinación entre los dos órganos legislativos, se acordó intensificar el intercambio de delegaciones y de información, impulsar la supervisión del cumplimiento de los acuerdos gubernamentales y consolidar el apoyo mutuo en los foros multilaterales.

Además de los aspectos mencionados, estas relaciones tienen en el turismo un sector de creciente importancia, apreciable en la cifra de 430 mil viajeros rusos a la nación indochina el año pasado, lo que favorece el desarrollo de los nexos entre ambos pueblos.

Otro actividad destacada de los vínculos bilaterales tiene que ver con las frecuentes contactos de alto nivel.

En mayo de 2016 el primer ministro Xuan Phuc realizó una visita oficial a Rusia durante la cual se alcanzaron importantes acuerdos y cinco meses después el presidente Dai Quang se entrevistó con su homólogo Vladimir Putin en Lima, Perú, donde asistieron a la Cumbre del Foro de Cooperación Económica Asia-Pacífico.

Como Vietnam será la sede de igual cita del bloque este año, es muy posible que ambos estadistas dialoguen nuevamente en esa ocasión para beneficio de las relaciones entre los dos países.

Teresita Vives Romero

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Numerosas tareas pendientes en el camino de la integración, iniciado por la Comunidad Caribeña (Caricom) hace 44 años, figuran en un extenso comunicado emitido por esa agrupación subregional al finalizar aquí su 28 Cumbre.

Con sede en esta capital, Caricom fue creada en 1973 para transformar la Asociación Caribeña de Libre Comercio en un Mercado Común y enfrentar los desafíos de sus 15 países miembros, fomentando el comercio y las relaciones económicas.

Irwin LaRocque, secretario general de la agrupación, expresó satisfacción por el desarrollo de la reciente cumbre (16-17 de febrero) y la marcha del proceso integracionista, pese a la necesidad de seguir avanzando. Más que nunca antes, resumió, debemos unir nuestros esfuerzos y nuestros recursos.

No es poca la incertidumbre y la preocupación reinante entre los caribeños, que insistieron en la necesidad de unirse para alcanzar el crecimiento económico y el desarrollo, particularmente debido a lo que algunos mandatarios definieron como un ‘hostil escenario global’.

Pese a ello, la conferencia de ocho jefes de Estado, cinco cancilleres y numerosos otros funcionarios, cerró con un llamamiento positivo, de orgullo caribeño, y la decisión de cumplir las tareas pendientes y de enfrentar colectivamente sus grandes retos.

El presidente de Guyana y de Caricom, David Granger, recordó la vulnerabilidad de estos países por sus reducidas dimensiones territoriales y poblacionales y el azote frecuente de violentos fenómenos naturales.

Se trata de 18 millones de personas que viven, como dijo, en siete mil cayos, islas, islotes y arrecifes diseminados en 2,4 millones de kilómetros cuadrados de mar. Fuentes internacionales estiman que una cantidad similar, pero no precisada, de caribeños radica en Estados Unidos, Canadá y Reino Unido, entre otros países.

El mandatario guyanés subrayó: ‘estamos viviendo en un escenario económico revuelto. Muchas de nuestras mercancías y servicios quedaron deprimidas en el mercado internacional en los dos últimos años… Nuestra primera preocupación ahora es la economía’.

Por ello, la cumbre de dos días abarcó números temas, pero se concentró en tres grandes capítulos: la economía y el pretendido establecimiento del mercado único subregional (CSME); la criminalidad y seguridad, no como problemas nacionales sino de toda la región; y las relaciones internacionales de Caricom.

Los mandatarios indicaron que tomarán prontas medidas para enfrentar prácticas de bancos globales, que perciben al Caribe como una zona de riesgo y pretenden retirarle sus servicios de corresponsalía, lo cual afectará el comercio, las inversiones, el turismo y las remesas.

Trascendió también que persiste la expectativa por los lazos comerciales y económicos de la región, especialmente con Estados Unidos, potencia que -al igual que el Reino Unido- acaba de dar un nuevo rumbo a su política exterior.

Varios líderes caribeños manifestaron en privado y en público su esperanza de que los lazos de Caricom con ambos países continúen como los desarrollados con sus anteriores administraciones.

El actual problema migratorio fue abarcado bajo el titulo ‘un análisis de la comunidad caribeña a la luz de los hechos políticos en Estados Unidos’, que incluyó su impacto en los países de la subregión.

El primer ministro de Granada, Keith Mitchell, quien asumirá la presidencia rotativa de Caricom en julio próximo, precisó que sigue la incertidumbre ante las medidas migratorias anunciadas por Washington. Tenemos que esperar y ver, comentó, respecto a la huella que dejará esa política en el Caribe.

Ralph Gonsálves, primer ministro de San Vicente y las Granadinas, por su parte, dijo a Prensa Latina desconocer detalles de la nueva política migratoria, pero opinó que ‘tiene potencial para un impacto negativo. Dependerá de cuán grande sea la red cuando caiga. Pero, sin duda, no es algo que instintivamente nos inspire a inclinarnos a apoyarla’.

Durante la cumbre, se realizaron varios encuentros bilaterales y se firmaron algunos acuerdos puntuales, sobre seguridad, comercio, turismo, cultura, infraestructura, transporte y el traslado de personas y mercancías dentro de la comunidad.

Figuraron también la proyectada regulación de servicios tecnológicos de información y comunicación, las relaciones con República Dominicana, la situación en Surinam, los temas fronterizos Belice-Guatemala y Guyana-Venezuela y un importante acuerdo comercial Cuba que otorga mutuas concesiones arancelarias para numerosos productos.

Paralelamente, las esposas de los jefes de Gobierno sostuvieron una reunión para denunciar problemas como el embarazo juvenil, la violencia contra mujeres y niños y el tráfico de personas, así como la transmisión de HIV de madre a hijo en el Caribe.

Jorge Luna

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As pombas armadas da Europa

février 21st, 2017 by Manlio Dinucci

Novos passos no “fortalecimento da Aliança” foram decididos pelos ministros da Defesa da Otan, reunidos em Bruxelas no Conselho do Atlântico Norte.

Antes de tudo, na frente oriental, com o deslocamento de novas “forças de dissuasão” para a Estônia, Letônia, Lituânia e Polônia, em conjunto com uma acrescida presença da Otan em toda a Europa oriental com exercícios terrestres e navais. Em junho estarão plenamente operacionais batalhões multinacionais que se instalarão na região.

Ao mesmo tempo, aumentará a presença naval da Otan no Mar Negro. Igualmente, começa a criação de um comando multinational das forças especiais, formado inicialmente de forças belgas, dinamarquesas e holandesas. Enfim, o Conselho do Atlântico Norte, felicita a Geórgia por seus progressos no caminho que a fará entrar na Aliança, tornando-se o terceiro país da Otan (com a Estônia e a Letônia) diretamente fronteiriço com a Rússia.

Na frente meridional, diretamente ligada à oriental em particular através da confrontação Rússia-Otan na Síria, o Conselho do Atlântico Norte anuncia uma série de medidas para “enfrentar as ameaças provenientes do Oriente Médio e o Norte da África e para projetar uma estabilidade para além de nossas fronteiras”.

Junto ao Comando da força conjunta aliada em Nápoles, foi constituído o Hub para o Sul, com um  pessoal de cerca de 100 militares. Ele terá por missão “avaliar as ameaças provenientes da região e enfrentá-las juntamente com as nações e organizações parceiras”. Disporá de aviões espiões  Awacs e de drones que se tornarão rapidamente operacionais em Sigonella (Sicília).

Para as operações militares já está pronta a “Força de resposta” da Otan de 40 mil soldados, em particular sua “Força de ponta com elevada rapidez operacional”.

O Hub para o Sul – explica o secretário geral Stoltenberg – aumentará a capacidade da Otan para “prever e prevenir as crises”. Em outros termos, uma vez que o Hub “preveja” uma crise no Oriente Médio, no Norte da África ou em outra parte, a Otan poderá efetuar uma intervenção  militar “preventiva”. Desse modo, a Aliança Atlântica adota completamente a doutrina do “falcão” Bush sobre a guerra preventiva.

Os primeiros a querer um fortalecimento da Otan, totalmente com funções anti-Rússia, são neste momento os governos europeus da Aliança, estes mesmos que se travestem de “pombas”. De fato, eles temem ser ultrapassados ou marginalizados se a administração Trump abrir negociações diretas com Moscou.

Os governos do Leste são particularmente ativos. Varsóvia, não contente com a 3ª Brigada blindada enviada à Polônia pela administração Obama, demanda agora a Washington, pela boca do influente Kaczynski, ser coberta pelo “guarda-chuva nuclear” estadunidense, ou seja, ter em seu território armas nucleares estadunidenses apontadas para a Rússia.

Kíev relançou a ofensiva no Donbass contra os russos da Ucrânia, seja através de pesados bombardeios, seja através do assassinato sistemático de chefes da resistência nos atentados por trás dos quais se encontram também os serviços secretos ocidentais. Ao mesmo tempo, o presidente Porochenko anunciou um referendo sobre a adesão da Ucrânia à Otan.

E o primeiro-ministro grego Alexis Tsipras foi dar-lhe um forte aperto de mão: em visita oficial a Kíev em 8 e 9 de fevereiro, ele expressou ao presidente Porochenko “o firme apoio da Grécia à soberania, integridade territorial e independência da Ucrânia” e, em consequência, o não reconhecimento do que Kíev chama de “ilegal anexação russa da Crimeia”. O encontro, declarou Tsipras, lançando as bases para “anos de estreita colaboração entre a Grécia e a Ucrânia”, contribuirá para “alcançar a paz na região”.

Manlio Dinucci

Artigo original em italiano :

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Le colombe armate dell’Europa

il manifesto, 21 de fevereiro de 2017

Tradução de José Reinaldo Carvalho para Resistência

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Le néo-marxisme et le Nouveau Moyen-Orient

février 21st, 2017 by Andrew Korybko

Le regain de dynamisme que connaissent les adeptes autoproclamés de l’idéologie marxiste de l’ère de la Guerre froide, 25 ans après la dissolution de l’Union soviétique, constitue l’une des plus curieuses bizarreries de l’histoire récente ; et chose intéressante, il gagne tout particulièrement du terrain au Moyen-Orient. Cela pourrait apparaître comme une surprise pour les observateurs dilettantes qui ont été persuadés par les médias de masse que la région est uniquement imprégnée de radicalisme religieux ; ce n’est d’ailleurs certainement pas faux mais ça n’englobe pas tout le panel des extrémismes actuellement en action dans les environs. L’une des incidences les plus inattendues des révolutions de couleur dans la région, popularisées sous le nom de « Printemps arabes », a été la phase d’offensive des milices armées « néomarxistes » kurdes qui ont fini par attaquer les gouvernements syrien, turc et iranien, invoquant chacune leurs prétendues « raisons » propres mais œuvrant en réalité dans le cadre d’un plan coordonné avec l’appui des États-Unis afin de remodeler géopolitiquement le Moyen-Orient.

La Syrie et la Turquie

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut en premier lieu aborder le terme de « néo-marxisme » présent dans le titre. L’auteur s’est avant tout référé aux positions déclarées et au manifeste du PYD syrien, qui mène actuellement la charge en faveur d’un séparatisme non kurde déclaré à travers la décision de mettre l’accent sur l’idéologie qui guide les milices régionales kurdes opposées au gouvernement. Le PYD est une organisation politique et ethnique extrémiste qui tente de canaliser la pensée marxiste dans le but d’imposer un « confédéralisme démocratique » en Syrie dont l’objectif consiste essentiellement à dissoudre l’État à travers une décentralisation, débouchant sur une mosaïque de cantons fondés sur des critères ethniques. Le PYD est étroitement lié au PKK turc et ces organisations revendiquent de concert l’inspiration qu’elles puisent auprès de Murray Bookchin, dernier marxiste étasunien qui a écrit abondamment sur sa conception de la« décentralisation ».

Dans la pratique, toutefois, on peut difficilement distinguer cela de la phase politique finale à laquelle aspirent les marxistes fondamentalistes (« wahhabites séculiers »), à savoir la suppression de l’État et son remplacement par des conseils communautaires et d’autres structures gouvernementales non traditionnelles. Que cette posture soit représentative ou pas du marxisme conventionnel et de la pensée gauchiste plus généralement, il revient aux communautés elles-mêmes et à leurs multiples polémistes d’en décider, mais l’étiquetage du PYD et du PKK comme « néo-marxistes » vient de leurs postures politiques consistant à se réclamer de ce que le public assimile généralement (à tort ou à raison) à cette idéologie. D’ailleurs, dans la mesure où ils se sont montrés actifs durant le XXIe siècle et ce depuis la dissolution soviétique à la fin de la Guerre froide, le préfixe « néo » s’applique pour distinguer ces organisations et leurs tendances idéologiques du marxisme « classique » qui était associé (à tort ou à raison) à cette période.

Il ne s’agit pas ici de convaincre quiconque que le PYD et le PKK sont « marxistes » mais plutôt de mettre en lumière le fait que c’est de cette façon qu’ils s’identifient eux-mêmes, et d’insister sur les motivations idéologiques qui sous-tendent leur activité militante.

Irak et Iran

Par-delà la Syrie et la Turquie, on peut voir également s’étendre l’influence des groupes de militants « néo-marxistes » kurdes en Irak et en Iran. Tous deux marqués à gauche, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) et son allié le parti d’opposition Gorran, basé dans le gouvernorat régional du Kurdistan au nord de l’Irak, sont en bons termes avec le PKK. Le Parti démocratique kurde (PDK) dirigé par Barzani est opposé au PKK et au marxisme, ce qui explique le soutien considérable dont il bénéficie de la part des Turcs, bien qu’il brandisse régulièrement la menace de chercher à prendre son « indépendance ». Il est intéressant de noter que l’Iran s’aligne sur l’UPK et le parti Gorran malgré leurs liens avec le PKK, ce qu’on pourrait en partie mettre sur le compte du fait que Téhéran considère avec bienveillance les réserves manifestées par ces groupes quant à l’éventualité d’un « Kurdistan irakien indépendant » dans un futur proche, et qui pourrait donc témoigner d’une implication de Téhéran dans une guerre par procuration de basse intensité pour disputer à la Turquie l’influence (et les pipelines) au sein du Gouvernorat régional du Kurdistan.

Tous les groupes kurdes irakiens et leurs milices affiliées sont favorables à un « fédéralisme » ou à un séparatisme à des degrés divers et peuvent généralement être décrits comme bienveillants à l’égard des USA (le PDK clairement plus que l’UPK ou Gorran) mais ne sont pas nécessairement « néo-marxistes » dans un cadre tel que le présent article le définit. Par conséquent, ils seront largement tenus à l’écart dans le reste de l’analyse à venir, mais s’ils ont été mentionnés abondamment dans un premier temps, c’était pour montrer leurs liens relatifs avec les organisations à l’origine de troubles en Syrie et en Turquie.

Toutefois, au milieu de ce drame intra-irakien complexe, le groupe terroriste pro-israélien et socialiste Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) a récemment trouvé refuge dans le nord de l’Irak et a commencé à lancer régulièrement des attaques transfrontalières contre les forces iraniennes à la frontière. Cette organisation fait partie du « Congrès des nationalités iraniennes pour un Iran fédéral » (CNIIF), un groupe de coordination composé de diverses minorités ethnico-religieuses luttant contre Téhéran pour le même genre de « solution politique » que le « fédéralisme » du PYD et du PKK. Ce but ultime relie ainsi le PDKI à ses homologues syriens et turcs, et on peut même considérer de manière plus générale qu’il en va de même avec leurs comparses irakiens, en dépit des réticences de ces derniers à s’associer à eux ouvertement ou en général, à cause de la sensibilité bien compréhensible de l’Iran.

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Les échecs des « fédéralistes » et l’OMPI

Il n’y a rien de négatif en soi dans le fédéralisme, pas plus que ce système politique ne découle de la pensée marxiste, mais le « confédéralisme démocratique » du PYD et du PKK ainsi que le « fédéralisme identitaire » du Congrès des nationalités iraniennes pour un Iran fédéral (CNIIF) charrient des idées radicales inspirées par cette idéologie et communément qualifiées de « marxisme culturel » (à tort ou à raison), ce qui s’avérerait en définitive désastreux pour l’unité nationale des divers États menacés par ces initiatives si elles venaient à y être appliquées.

À l’écart du nœud syro-turco-iraquien formé par les groupes militants « néo-marxistes »kurdes, mais combattant pour des objectifs idéologiquement similaires en Iran, se trouve l’« Organisation des moudjahidines du peuple iranien » (OMPI), une organisation terroriste d’extrémistes marxistes qui a été retirée des listes d’organisations terroristes il y a quelques années par le département d’état US et qui se trouve désormais reconnue par Washington comme un « parti légitime d’opposition » (malgré les citoyens US que ses partisans ont tués dans le passé).

Ce groupe et les organisations syriennes, turques et iraniennes susmentionnées ne se contentent pas de partager le dénominateur commun du « néo-marxisme », ils se caractérisent également par le solide degré de soutien dont ils jouissent de la part des États-Unis, bien qu’il faille préciser qu’ils ne s’entendent pas tous les uns avec les autres, du fait de la forte haine supposée que les Kurdes nourrissent à l’égard de l’OMPI après que ces derniers les ont prétendument combattus sous le règne de Saddam Hussein en Irak.

Les États-Unis et le PKK

Quand bien même les USA incluent officiellement le PKK dans leurs listes des organisations terroristes, la Turquie a accusé à diverses reprises les États-Unis de soutenir indirectement ce groupe via l’approvisionnement en matériel et en armes envers le PYD, ce qui laisse entendre que Washington se sert des Kurdes syriens comme d’intermédiaires pour fournir un soutien à leurs homologues turcs. Il n’y a rien d’irréaliste dans une telle assertion si l’on considère que les USA s’opposent à l’heure actuelle au président Erdogan, et les relations entre Ankara et Washington se sont notablement refroidies depuis la tentative ratée de coup d’État pro-US de l’été dernier. S’il est vrai qu’une telle considération peut choquer certaines personnes et ne susciter qu’un vif scepticisme dans le milieu ordinaire des médias alternatifs, les États-Unis ont en réalité bel et bien un sérieux problème avec le membre officiel de l’OTAN qu’est la Turquie en raison de l’implication d’Ankara dans l’entente tripartite des grandes puissances russe, iranienne et turque fondée dans le but d’aboutir à un processus de résolution progressive du conflit en Syrie ; cela explique pourquoi les USA trahiraient leur « allié » en mettant en branle contre lui l’arme non-conventionnelle du séparatisme kurde au moyen d’une transmission clandestine d’armes du PYD vers le PKK.

La convergence géopolitique du « néo-marxisme » wahhabite

Le drame de la guerre hybride qui enserre les Kurdes retient considérablement moins l’attention des médias que Daech, mais il n’en est pas moins dangereux pour la stabilité du Moyen-Orient. À vrai dire, alors que Daech a tenté pendant plusieurs années sanglantes de bâtir un « État islamique » au Moyen-Orient, les organisations militantes kurdes mentionnées dans cet article se sont mises à élaborer quelque chose de semblable, à un degré nettement moindre, en vue d’atteindre leur objectif commun de créer une entité politique transnationale du « Kurdistan ». Ce dessein s’est dernièrement signalé à travers l’aspiration à former une confédération apatride des communautés kurdes à cheval entre la Syrie, la Turquie et l’Irak, conformément à l’idéologie « post-étatique » et «  néo-marxiste » des groupes s’en revendiquant au sein des trois États susmentionnés.

Bien qu’ils ne soient pas « néo-marxistes », les Kurdes irakiens sont partisans aussi bien d’une « fédéralisation » que d’un séparatisme total, et développeraient leurs propres relations indépendantes avec leurs autres homologues politiques kurdes s’ils concrétisaient leur projet de remodelage de la carte de la région. Bien que des différences linguistiques et historiques empêcheraient vraisemblablement la création d’un « super-État » kurde unifié, l’effet concret de tels développements pourrait rapidement se traduire à la fois par la dissolution des États multiethniques, dont ces populations sont partie-prenante, et par la montée de facto d’un « second Israël géopolitique » dans une portion de cette zone, ou en d’autres termes à un régime politique soutenu par les tenants d’un monde unipolaire et taillé dans un territoire volé à d’autres pays. Cette éventualité détruirait naturellement l’embryon d’alliance tripartite des grandes puissances et symboliserait également le parachèvement du plan « israélien » Yinon de 1982, celui d’une fragmentation planifiée des États à travers la périphérie musulmane de l’État hébreux garantissant tout bonnement l’accession de Tel-Aviv au rang de puissance incontestée au Moyen-Orient.

Le redécoupage géopolitique du Moyen-Orient n’a rien de nouveau pour les stratèges étasuniens non plus, c’est la raison pour laquelle Washington apporte un si vif soutien à ces organisations. L’ancienne secrétaire d’État Condoleeza Rice a parlé pour la première fois de l’avènement d’un « Nouveau Moyen-Orient » en juillet 2006 au cours de la guerre « israélienne » piteusement ratée contre le Hezbollah et le Liban, et le lieutenant à la retraite Ralph Peters a publié un mois auparavant son plan détaillé Frontières de sang traitant de « ce à quoi ressemblerait un Moyen-Orient meilleur ».

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Le New York Times a embrayé en septembre 2013 avec une carte scandaleuse montrant « comment 5 pays pourraient en devenir 14 », et le fondateur de Stratford, George Friedman, vient de rendre publique sa propre carte mettant en évidence la façon dont 17 centres de pouvoir distincts ont émergé au sein de rien moins que 5 pays souverains. Alors que le processus transnational de dissolution d’États était catalysé à travers la région par les révolutions colorées dites du « Printemps arabe » et l’expansion consécutive de Daech, ces deux événements successifs déclenchés par Washington ont créé les conditions favorables à une résurgence des groupes « néo-marxistes » partisans d’un changement de régime, tel que l’OMPI ainsi que des organisations géopolitiquement révisionnistes telle que le PYD.

Cela signifie que Washington dispose désormais de deux puissants outils en vue de l’élaboration du plan Yinon du XXIe siècle pour le « Nouveau Moyen-Orient » : les wahhabites et les « néo-marxistes », qui s’opposent farouchement les uns aux autres mais font office d’instruments complémentaires de la politique étrangère étasunienne (aussi bien en tant qu’« idiots utiles » qu’en tant qu’intermédiaires purs et simples). La façon dont les USA ont manié l’arme du wahhabisme au cours des trois dernières décennies a depuis longtemps été documentée par les organes de presse alternatifs, mais on en a bien moins dit en comparaison sur la manière dont ils fourvoient le monde par le biais de leur instrumentalisation de la fausse gauche. En théorie, les gauchistes sont censés être favorables à des objectifs multipolaires et s’opposer à la structure unipolaire du pouvoir occidental, mais ce n’est pas nécessairement le cas lorsqu’il est question des nombreux mouvements « gauchistes » bien connus en Amérique du Nord, en Europe et désormais au Moyen-Orient.

Le virus atlantico-arabe

Le parti démocrate ainsi qu’une grande partie de l’éventail des autres organisations supposément de gauche aux États-Unis ont été cooptés précisément par le même establishment auxquels ils prétendent s’opposer. On peut en dire autant au sujet d’à peu près n’importe quelle organisation socialiste au sein de l’UE. Pour ce qui est du Moyen-Orient, les partis kurdes les plus populaires ont été compromis, le CNIIF ainsi que l’OMPI sont à n’en point douter liés à Georges Soros et ses mouvements mondiaux de « protestation »(émeutes ou révolutions de couleur), et représentent la gauche factice qui expectore des slogans économiques gauchistes mais a perdu le principe moral de la résistance géopolitique au néo-impérialisme occidental. Dans un triste coup du sort, et du fait de leurs propres choix condamnables, ces mêmes groupes sont devenus l’avant-garde post-moderne de l’ordre mondial dont leurs prédécesseurs spirituels du temps de la Guerre froide ont combattu si vaillamment l’accomplissement.

Il ne s’agit pas de dire que chaque organisation gauchiste auto-proclamée dans ces trois parties du monde est « factice » (après tout, le parti Baas et le Parti social nationaliste syrien continuent d’incarner les principes respectables associés au idéaux de gauche de la Guerre froide) mais seulement qu’on y trouve une pléthore de raisons justifiant une suspicion immédiate vis-à-vis des prétendus groupes marqués à gauche qui opèrent à l’heure actuelle dans ces régions. Les États-Unis tout entiers font les frais d’une déstabilisation menée par la contre-révolution clintonienne et ses partisans de la fausse gauche, tout comme l’Union européenne est livrée au chaos par les « wahhabites séculiers » qui ont « ouvert les portes de l’intérieur » en se faisant les complices du projet étasunien de déploiement de l’« arme de l’immigration de masse » contre le continent. D’une manière analogue, le Moyen-Orient fait maintenant face à la menace d’un changement de régime et au révisionnisme géopolitique, non pas de la part des forces en pleine débâcle de Daech ni d’autres groupes terroristes wahhabites, mais par l’action des groupes « néo-marxistes » connaissant un regain de vitalité tels que le PYD, le PKK, le PDKI, le CNIIF et l’OMPI. Tous ces groupes prétendent représenter la « gauche » mais sont en réalité partie prenante de la gauche factice mondiale au service des intérêts étasuniens, que ce soit en connaissance de cause ou non.

La « guerre civile gauchiste »

Le seul moyen de contrecarrer cela pour la gauche véritable et ses militants sincères et authentiques en Amérique du Nord, en Union européenne ainsi qu’au Moyen-Orient est de faire entendre la voix d’une opposition incessante contre ces gauchistes factices du néo-impérialisme occidental, de manière à regagner le respect de leur idéologie et à l’affranchir de la main basse que les USA ont faite dessus. Les États-Unis ont pris en charge la narration « gauchiste » dominante et s’appliquent à la changer en caisse de résonance de la propagande néo-impérialiste, s’appuyant sur des collaborateurs tels que VaroufakisSanders et une armée de blogueurs de « médias alternatifs » pour légitimer leur « coup d’État ». Lorsqu’ils sont confrontés à la plus petite opposition de la part de leurs « camarades » de la gauche véritable (sans parler des gens non issus de la gauche), ils ont recours à des anathèmes perfides pour les qualifier de « racistes, fascistes », et/ou de « suprématistes blancs » dans une réaction viscérale désespérée visant à les discréditer aux yeux de ce qu’ils présument être le public « politiquement correct ». La raison d’être de cette démarche est de préserver leur monopole narratif de sorte que les voix discordantes n’aient aucune chance d’influencer l’opinion publique contre les stratégies de l’establishment de la gauche factice.

Pour ce qui est de l’instrumentalisation d’armées de procuration « néo-marxistes »en vue de réorganiser géopolitiquement le « Nouveau Moyen-Orient », cela prend typiquement la forme d’une condamnation du choix souverain qu’a fait l’Iran de devenir une République islamique (discours véhiculé par l’OMPI, le PDKI et le CNIIF), accompagnée d’une culpabilisation du public mondial dans le but de lui faire accepter un ou plusieurs États kurdes « indépendants » ou « fédéralisés » en guise de « récompense » pour avoir combattu Daech. Dans les deux cas, interconnectés via la zone de combat sur laquelle se déroule la guerre hybride turco-irako-irano-syrienne, la tromperie et les arguments purement et simplement faux ou occasionnellement hors de propos concernant les « droits sociaux », l’« égalité économique » et la « démocratie » sont colportés dans le but de mener des gauchistes mal informés et/ou immatures à soutenir ces projets géopolitiques de la gauche factice. Au fil du temps, sous l’effet d’une pression suffisante et au travers de subtiles degrés de divergence idéologique vis-à-vis de leurs principes fondamentaux, d’authentiques gauchistes peuvent être endoctrinés avec succès pour se muer en gauchistes factices s’ils ne sont pas dotés de la volonté politique nécessaire à la résistance contre l’establishment, ce qui s’avère être la déplorable tendance en Amérique du Nord et au sein de l’Union européenne.

C’est également dans ces deux régions que le soutien des gauchistes est le plus prononcé envers le séparatisme kurde ainsi qu’une « révolution verte 2.0 » qui se conjuguent dangereusement pour représenter une menace très sérieuse à l’encontre des États multipolaires de Syrie et d’Iran. Même si les gauchistes véritables se retrouvent à soutenir le séparatisme kurde en Turquie et/ou en Irak, et/ou un changement de régime au sein d’un des deux pays – en justifiant leur position par la conviction selon laquelle ces États sont d’une loyauté discutable à l’égard de l’ordre mondial multipolaire qui émerge – il faut qu’ils prennent conscience que de tels virus géopolitiques, de par leur nature même et leurs conséquences évidentes, ne seront pas « circonscrits » à ces deux seuls pays mais se répandront de manière inévitable vers la Syrie aussi bien que vers l’Iran. Par conséquent, même s’ils venaient à sympathiser avec certaines des positions actuellement promues par leur semblables de la gauche factice, il leur faut demeurer inébranlables en mettant ces derniers en butte à la cohérence géopolitique caractérisant l’opposition au système international dirigé par l’Occident.

Cela pourrait en définitive mener à une « guerre civile des gauches » (idéologiquement parlant, pas nécessairement en termes physiques) visant à libérer cette idéologie de son présent statut de porte-voix US privilégié du néo-impérialisme ; à supposer qu’il ne soit pas déjà trop tard pour ça, bien entendu.

Andrew Korybko

Article original en anglais :

Neo-Marxist

“Neo-Marxism” And “The New Middle East”

Publié par Oriental Review le 24 janvier 2017

Traduit par François, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est le chroniqueur politique états-unien travaillant actuellement pour l’agence Sputnik.

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Le colombe armate dell’Europa

février 21st, 2017 by Manlio Dinucci

Ulteriori passi nel «rafforzamento forzamento dell’Alleanza» sono stati decisi dai ministri della Difesa della Nato, riuniti a Bruxelles nel Consiglio Nord Atlantico. Anzitutto sul fronte orientale, col dispiegamento di nuove «forze di deterrenza» in Estonia, Lettonia, Lituania e Polonia, unito ad una accresciuta presenza Nato in tutta l’Europa orientale con esercitazioni terrestri e navali.

A giugno saranno pienamente operativi quattro battaglioni multinazionali da schierare nella regione. Sarà allo stesso tempo accresciuta la presenza navale Nato nel Mar Nero. Viene inoltre avviata la creazione di un comando multinazionale delle forze speciali, formato inizialmente da quelle belghe, danesi e olandesi. Il Consiglio Nord Atlantico loda infine la Georgia per i progressi nel percorso che la farà entrare nella Alleanza, divenendo il terzo paese Nato (insieme a Estonia e Lettonia) direttamente al confine con la Russia.

Sul fronte meridionale, strettamente connesso a quello orientale in particolare attraverso il confronto Russia-Nato in Siria, il Consiglio Nord Atlantico annuncia una serie di misure per «contrastare le minacce provenienti dal Medioriente e Nordafrica e per proiettare stabilità oltre i nostri confini». Presso il Comando della forza congiunta alleata a Napoli, viene costituito l’Hub per il Sud, con un personale di circa 100 militari. Esso avrà il compito di «valutare le minacce provenienti dalla regione e affrontarle insieme a nazioni e organizzazioni partner».Disporrà di aerei-spia Awacs e di droni che diverranno presto operativi a Sigonella.

Per le operazioni militari è già pronta la «Forza di risposta» Nato di 40mila uomini, in particolare la sua «Forza di punta ad altissima prontezza operativa».

L’Hub per il Sud – spiega il segretario generale Stoltenberg – accrescerà la capacità della Nato di «prevedere e prevenire le crisi». In altre parole, una volta che esso avrà «previsto» una crisi in Medioriente, in Nordafrica o altrove, la Nato potrà effettuare un intervento militare «preventivo». L’Alleanza Atlantica al completo adotta, in tal modo, la dottrina del «falco» Bush sulla guerra «preventiva».

I primi a volere un rafforzamento della Nato, anzitutto in funzione anti-Russia, sono in questo momento i governi europei dell’Alleanza, quelli che in genere si presentano in veste di «colombe». Temono infatti di essere scavalcati o emarginati se l’amministrazione Trump aprisse un negoziato diretto con Mosca. Particolarmente attivi i governi dell’Est. Varsavia, non accontentandosi della 3a Brigata corazzata inviata in Polonia dall’amministrazione Obama, chiede ora a Washington, per bocca dell’autorevole Kaczynski, di essere coperta dall’«ombrello nucleare» Usa, ossia di avere sul proprio suolo armi nucleari statunitensi puntate sulla Russia.

Kiev ha rilanciato l’offensiva nel Donbass contro i russi di Ucraina, sia attraverso pesanti bombardamenti, sia attraverso l’assassinio sistematico di capi della resistenza in attentati dietro cui vi sono anche servizi segreti occidentali. Contemporaneamente, il presidente Poroshenko ha annunciato un referendum per l’adesione dell’Ucraina alla Nato.

A dargli man forte è andato il premier greco Alexis Tsipras che, in visita ufficiale a Kiev l’8-9 febbraio, ha espresso al presidente Poroshenko «il fermo appoggio della Grecia alla sovranità, integrità territoriale e indipendenza dell’Ucraina» e, di conseguenza, il non-riconoscimento di quella che Kiev definisce «l’illegale annessione russa della Crimea». L’incontro, ha dichiarato Tsipras, gettando le basi per «anni di stretta cooperazione tra Grecia e Ucraina», contribuirà a «conseguire la pace nella regione».

Manlio Dinucci

 

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Les colombes armées de l’Europe

février 21st, 2017 by Manlio Dinucci

De nouveaux pas dans le « renforcement de l’Alliance » ont été décidés par les ministres de la Défense de l’Otan, réunis à Bruxelles dans la Conseil Atlantique Nord. Avant tout sur le front oriental, avec le déploiement de nouvelles « forces de dissuasion » en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, conjoint à une présence Otan accrue dans toute l’Europe orientale avec exercices terrestres et navals. En juin seront pleinement opérationnels quatre bataillons multinationaux à déployer dans la région.

En même temps sera accrue la présence navale Otan en Mer Noire. En outre est lancée la création d’un commandement multinational des forces spéciales, formé au départ de forces belges, danoises et hollandaises. Enfin, le Conseil Atlantique Nord félicite la Georgie pour ses progrès dans le parcours qui la fera entrer dans l’Alliance, devenant le troisième pays Otan (avec l’Estonie et la Lettonie) directement frontalier avec la Russie.
Sur le front méridional, directement lié à l’oriental en particulier à travers la confrontation Russie-Otan en Syrie, le Conseil Atlantique Nord annonce une série de mesures pour « contrecarrer les menaces provenant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et pour projeter une stabilité au-delà de nos frontières ».

Auprès du Commandement de la force conjointe alliée à Naples, est constitué le Hub pour le Sud, avec un personnel d’environ 100 militaires. Il aura la mission d’ « évaluer les menaces provenant de la région et de les affronter ensemble avec des nations et organisations partenaires ». Il disposera d’avions-espions Awacs et de drones qui deviendront rapidement opérationnels à Sigonella (Sicile).

Pour les opérations militaires est déjà prête la « Force de riposte » Otan de 40 mille soldats, en particulier sa « Force de pointe à très haute rapidité opérationnelle ».

Le Hub pour le Sud -explique le secrétaire général Stoltenberg- accroîtra la capacité de l’Otan à « prévoir et prévenir les crises ». En d’autres termes, dès que le Hub aura « prévu » une crise au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou ailleurs, l’Otan pourra effectuer une intervention militaire « préventive ». L’Alliance Atlantique au complet adopte, de cette façon, la doctrine du « faucon » Bush sur la guerre préventive.

Les premiers à vouloir un renforcement de l’Otan, avant tout en fonction anti-russe, sont en ce moment les gouvernements européens de l’Alliance, ceux qui en général se présentent en habit de « colombes ». Ils redoutent en fait d’être dépassés ou marginalisés si l’administration Trump ouvrait des négociations directes avec Moscou.

Les gouvernements de l’Est sont particulièrement actifs. Varsovie, ne se contentant pas de la 3ème Brigade blindée envoyée en Pologne par l’administration Obama, demande maintenant à Washington, par la bouche de l’influent Kaczynski, d’être couverte par le « parapluie nucléaire » étasunien, c’est-à-dire d’avoir sur son sol des armes nucléaires étasuniennes pointées sur la Russie.

Kiev a relancé l’offensive dans le Donbass contre les Russes d’Ukraine, soit à travers de lourds bombardements, soit à travers l’assassinat systématique de chefs de la résistance dans des attentats derrière lesquels se trouvent aussi des services secrets occidentaux. En même temps, le président Porochenko a annoncé un référendum pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan.

Et c’est le premier ministre grec Alexis Tsipras qui est allé lui prêter main forte : en visite officielle à Kiev les 8-9 février, il a exprimé au président Porochenko « le ferme appui de la Grèce à la souveraineté, intégrité territoriale et indépendance de l’Ukraine » et, en consé
quence, la non-reconnaissance de ce que Kiev appelle « l’illégale annexion russe de la Crimée ». La rencontre, a déclaré Tsipras, jetant les bases pour « des années d’étroite collaboration entre Grèce et Ukraine », contribuera à « atteindre la paix dans la région ».

Manlio Dinucci 

 

Article original en italien :

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Le colombe armate dell’Europa

Edition de mardi 21 février 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/le-colombe-armate-delleuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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The volume of international transfers of major weapons has grown continuously since 2004 and increased by 8.4 per cent between 2007–11 and 2012–16, according to new data on arms transfers published today by the Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Notably, transfers of major weapons in 2012–16 reached their highest volume for any five-year period since the end of the cold war.

The flow of arms increased to Asia and Oceania and the Middle East between 2007–11 and 2012–16, while there was a decrease in the flow to Europe, the Americas and Africa. The five biggest exporters—the United States, Russia, China, France and Germany—together accounted for 74 per cent of the total volume of arms exports.

Asia: major increases for some states

Arms imports by states in Asia and Oceania increased by 7.7 per cent between 2007–11 and 2012–16 and accounted for 43 per cent of global imports in 2012–16.

India was the world’s largest importer of major arms in 2012–16, accounting for 13 per cent of the global total. Between 2007–11 and 2012–16 it increased its arms imports by 43 per cent. In 2012–16 India’s imports were far greater than those of its regional rivals China and Pakistan.

Imports by countries in South East Asia increased 6.2 per cent from 2007–11 to 2012–16. Viet Nam made a particularly large jump from being the 29th largest importer in 2007–11 to the 10th largest in 2012–16, with arms imports increasing by 202 per cent.

‘With no regional arms control instruments in place, states in Asia continue to expand their arsenals’, said Siemon Wezeman, Senior Researcher with the SIPRI Arms and Military Expenditure Programme. ‘While China is increasingly able to substitute arms imports with indigenous products, India remains dependent on weapons technology from many willing suppliers, including Russia, the USA, European states, Israel and South Korea’.

Middle East: arms imports almost double

Between 2007–11 and 2012–16 arms imports by states in the Middle East rose by 86 per cent and accounted for 29 per cent of global imports in 2012–16.

Saudi Arabia was the world’s second largest arms importer in 2012-16, with an increase of 212 per cent compared with 2007–11. Arms imports by Qatar went up by 245 per cent. Although at lower rates, the majority of other states in the region also increased arms imports. ‘Over the past five years, most states in the Middle East have turned primarily to the USA and Europe in their accelerated pursuit of advanced military capabilities’, said Pieter Wezeman, Senior Researcher with the SIPRI Arms and Military Expenditure Programme. ‘Despite low oil prices, countries in the region continued to order more weapons in 2016, perceiving them as crucial tools for dealing with conflicts and regional tensions.’

Arms exporters: the USA accounts for one-third of total

With a one-third share of global arms exports, the USA was the top arms exporter in 2012– 16. Its arms exports increased by 21 per cent compared with 2007–11. Almost half of its arms exports went to the Middle East.

‘The USA supplies major arms to at least 100 countries around the world—significantly more than any other supplier state’, said Dr Aude Fleurant, Director of the SIPRI Arms and Military Expenditure Programme. ‘Both advanced strike aircraft with cruise missiles and other precision-guided munitions and the latest generation air and missile defence systems account for a significant share of US arms exports.’

Russia accounted for a 23 per cent share of global exports in the period 2012–16. 70 per cent of its arms exports went to four countries: India, Viet Nam, China and Algeria.

China’s share of global arms exports rose from 3.8 to 6.2 per cent between 2007–11 and 2012–16. It is now firmly a top-tier supplier, like France and Germany which accounted for 6 per cent and 5.6 per cent, respectively. The ongoing lower rate of French arms export deliveries may end soon because of a series of major contracts signed in the past five years. Despite a spike in arms exports in 2016, German arms exports—counted over a five-year period—decreased by 36 per cent between 2007–11 and 2012–16. 

Other notable developments

  • Algeria was the largest arms importer in Africa with 46 per cent of all imports to the region.
  • The largest importers in sub-Saharan Africa—Nigeria, Sudan and Ethiopia—are all in conflict zones.
  • Total arms imports by states in the Americas decreased by 18 per cent between 2007–11 and 2012–16. However, changes in import volumes varied considerably. Colombia’s arms imports decreased by 19 per cent, while Mexico’s arms imports grew by 184 per cent in 2012–16 compared with 2007–11.
  • Imports by states in Europe significantly decreased by 36 per cent between 2007–11 and 2012–16. Initial deliveries to Europe of advanced combat aircraft as part of major contracts started in 2012–16 and further deliveries will drive import volumes up in the coming years.
  • Imports by Azerbaijan were 20 times higher than those of Armenia in 2012–16.
The trend in international transfers of major weapons, 1950—2016. Data and graphic: SIPRI

The SIPRI Arms Transfers Database contains information on all international transfers of major weapons (including sales, gifts and production licences) to states, international organizations and armed non-state groups from 1950 to the most recent full calendar year, 2016. SIPRI data reflects the volume of deliveries of arms, not the financial value of the deals. As the volume of deliveries can fluctuate significantly year-onyear, SIPRI presents data for 5-year periods, giving a more stable measure of trends.

For information or interview requests contact Stephanie Blenckner ([email protected],  or Harri Thomas ([email protected].

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El diálogo y la paz están entronizados hoy como las prioridades esenciales de los venezolanos, pese a que el mazo pretende aplastar al olivo que el gobierno extiende a sus adversarios internos y externos.

Contra esta nación sudamericana está en marcha una campaña de muchos años donde confluyen operaciones políticas, diplomáticas y económicas, y un actor nada solapado ganó protagonismo en los últimos días, la cadena estadounidense de televisión CNN con sus ataques al gobierno y al vicepresidente ejecutivo Tareck El Aissami.

Este lunes el presidente de la República, Nicolás Maduro, sostuvo un encuentro con el expresidente de España, José Luis Rodríguez Zapatero, uno de los acompañantes internacionales que ven en las conversaciones la única alternativa para evitar males mayores en momentos en que aumentan las presiones contra la paz.

En la cita en el Palacio de Miraflores, en Caracas, estuvieron presentes la ministra para Relaciones Exteriores, Delcy Rodríguez; el coordinador del diálogo por parte del Gobierno Nacional, Jorge Rodríguez; y la ministra para el Despacho de la Presidencia, Carmen Meléndez, aunque no trascendió el contenido de las pláticas.

En octubre del 2016 la oposición venezolana aceptó la convocatoria del Presidente para trabajar juntos en una mesa de diálogo por la paz del país pero, desde entonces a la fecha poco hacen los integrantes de la llamada Mesa de la Unidad Democrática (MUD) para acercar posiciones e insisten en acciones que muchos califican de ‘traición a la patria’.

Luego de un primer encuentro en el cual se conformaron cuatro mesas temáticas: 1. Paz, Respeto al Estado de Derecho y a la Soberanía Nacional; 2. Verdad, Justicia, Derechos Humanos, Reparación de Víctimas y Reconciliación; 3. Económico-Social; 4. Generación de Confianza y Cronograma Electoral, poco se avanzó.

Ante esta situación, tanto Zapatero como los demás acompañantes, el expresidente dominicano Leonel Fernández y el panameño Martín Torrijos, la Unión de Naciones del Sur y El Vaticano, insisten en que se necesitan más encuentros entre quienes piensan diferente a fin de encontrar puntos en común imprescindibles para la reconciliación de las partes.

Sin embargo, hay que ver qué hacen algunos miembros de la MUD para favorecer algo que Aristobulo Istúriz, ministro para las Comunas, calificó este lunes de guerra global.

Recientemente Maduro denunció que Julio Borges, Freddy Guevara y Luis Florido, son los principales responsables de que exista una intervención contra Venezuela, plan que tratan de vender en Washington, en el Senado colombiano y en reuniones secretas con funcionarios de la embajada estadounidense en Bogotá, según fuentes de crédito.

Venezuela sufre una guerra global, subrayó Istúriz, al referirse a las acciones realizadas por la oposición que busca ante organismos internacionales y en ‘otras puertas’ que el país sea blanco de una agresión.

Es llamativo que los parlamentarios de la MUD, Julio Borges, Freddy Guevara y Luis Florido, abusen de su inmunidad buscando que triunfe el mazo contra el olivo y provocando una acción del gobierno contra ellos por promover una intervención contra Venezuela, algo que en otro país muy probablemente sería un delito de alta traición.

Según Istúriz, ellos van a abrirle las puertas a una intervención criminal del imperio, en cualquier país del mundo es delito, frente a nuestra Constitución es traición a la Patria, las instituciones tienen que accionar más temprano que tarde, el pueblo pide justicia, dijo el dirigente bolivariano.

Ojala impere la cordura, y los tambores de la guerra no acallen el clamor favorable a las negociaciones pacíficas, esperan la mayoría de los venezolanos que la apoyan, según las encuestas.

Luis Beaton

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El presidente Donald Trump cumple hoy un mes en el cargo con un nivel de popularidad muy bajo, escándalos, renuncias de algunos consejeros, litigios judiciales y un enfrentamiento ininterrumpido con los medios de prensa.

Una encuesta reciente de la empresa Gallup mostró que apenas 38 por ciento de los estadounidenses aprueba la labor de Trump, mientras el promedio de sondeos que elabora el sitio RealClearPolitics le otorgó 45 por ciento de apoyo entre los ciudadanos y 50,2 por ciento de rechazo.

Las cifras lo convierten en el mandatario con menor aceptación en la historia norteamericana a un mes de su inauguración, de acuerdo con estudiosos del tema, a lo que se une una cobertura negativa de los medios frente a sus polémicas decisiones y planteamientos.

El bloqueo en los tribunales federales a la orden ejecutiva para evitar la entrada a Estados Unidos de ciudadanos de Irán, Iraq, Siria, Yemen, Somalia, Sudán y Libia fue de acuerdo con criterio de expertos, el acto más controversial del mandatario hasta la fecha.

En ese sentido, recibió dos golpes decisivos, el primero cuando el juez James Robart, del occidental estado de Washington, congeló dicho decreto y después en el momento en que esa decisión la ratificaron tres jueces de la Corte de Apelaciones del Noveno Circuito, en San Francisco, California.

Uno de los reveses más significativos para Trump en las últimas semanas fue la renuncia del exgeneral Michael Flynn, asesor de Seguridad Nacional, ante alegaciones de que no informó de manera apropiada sobre sus conversaciones con el embajador ruso en Washington, Sergey I. Kislyak.

Entre los logros de Trump en el período, publicaciones especializadas señalan la confirmación en el Senado de la nueva secretaria de Educación, la multimillonaria Betsy DeVos, y de Scott Pruitt, quien estará al frente de la Agencia de Protección del Medio Ambiente.

También dio luz verde a la reanudación de las obras de los oleoductos Keystone XL y Dakota Access, a pesar de las protestas de los ambientalistas y la oposición de los demócratas.

Durante un acto celebrado este sábado en Melbourne, Florida, el gobernante volvió a su habitual tono de campaña, y logró reunir allí a más de nueve mil personas, de acuerdo con estimaciones de la policía local.

En su discurso, Trump afirmó que ‘la Casa Blanca funciona muy bien’, una afirmación que según medios de prensa contradice los reportes de sus propios ayudantes, aliados y adversarios.

Trump mencionó en Melbourne un número de supuestos enemigos: los demócratas, terroristas, jueces, miembros de bandas y carteles de la droga, desconocidos que llegan desde otros países y sobre todo los periodistas.

El jefe de la Casa Blanca prometió allí reducir los impuestos a las grandes corporaciones, aumentar los gastos militares, disminuir las regulaciones destinadas a proteger el medio ambiente; así como reemplazar la Ley de Salud Asequible (Obamacare), aprobada en 2010 por el presidente Barack Obama.

Algunos señalan que el principal problema de Trump es que está más interesado en participar en campañas proselitistas que en dirigir el país, y según sus propios consejeros, es incapaz de centrarse en asuntos de Gobierno durante períodos prolongados, pues prefiere ver la televisión o llamar a sus amigos en Nueva York.

Las posiciones cambiantes y los frecuentes twits de Trump en diferentes aspectos de la vida política y económica del país, obstaculizan el control de la estructura del poder federal y la concreción de las medidas que debe adoptar, estima Josh Dawsey en un artículo publicado este lunes en RealClearPolitics.

Según, Niall Stanage, el presidente Trump conmemora su primer mes en la Casa Blanca golpeado por una serie de controversias, pero con una posición inflexible al aseverar que está cumpliendo las promesas que lo llevaron a la victoria electoral en las presidenciales del 8 de noviembre pasado.

Stanage recordó este lunes en el diario The Hill que la credibilidad del nuevo gobernante sufrió un fuerte daño, incluso el día de su estreno el 20 de enero, cuando el Secretario de Prensa de la Casa Blanca, Sean Spicer, insistió, en que la audiencia asistente a la inauguración de Trump fue la más grande en la historia del país, a pesar de las evidencias en sentido contrario.

Prensa Latina

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La lucha antineoliberal

février 21st, 2017 by Emir Sader

Bolivia y en Ecuador los movimientos sociales se han cansado de tumbar a gobiernos neoliberales y han decidido, finalmente, fundar sus propios partidos y lanzar candidatos a la presidencia de la nación. Mientras tanto, en el marco del Foro Social Mundial, o al lado de él, ONGs, algunos movimientos sociales e intelectuales de Europa y América Latina se oponían a esa vía y proponían la “autonomía de los movimientos sociales”. Esto es, no deberían meterse en política ni con el Estado, menos todavía con la  política. 

En Argentina, frente a la peor crisis económica, política y social de su historia, los movimientos renunciaron a lanzar candidaturas a la presidencia de la República con el slogan: “Que se vayan todos”. El resultado: Menem ganó en la primera vuelta, prometiendo que iba a dolarizar definitivamente la economía argentina, con lo cual llevaría a la ruina sin retorno no sólo a la Argentina, sino a todos los procesos de integración latinoamericana.

La ilusión despolitizada y corporativa del “Que se vayan todos” dejaría el campo libre para esa monstruosa operación menemista, con los efectos negativos en toda la región. La ilusión era la de que ellos se irían, sin que se los hicieran irse, sin que fueran derrotados con un proyecto superador del neoliberalismo. Felizmente apareció Néstor Kirchner, que asumió la presidencia del país, para iniciar el rescate más espectacular que Argentina haya conocido de su economía, de los derechos sociales de los trabajadores y del prestigio del Estado.

Mientras tanto, movimientos que habian adherido a la tesis de la autonomía de los movimientos sociales, como los piqueteros argentinos, simplemente desaparecieron. En México, después del enorme prestigio que habían tenido, al asumir una posición semejante –”Cambiar el mundo sin tomar el poder”, de John Holloway y Toni Negri, quien condenaba a los Estados como superados instrumentos conservadores–, los zapatistas han desaparecido de la escena política nacional, recluidos en Chiapas, el estado más pobre de México. Más de 20 años después, ni Chiapas, ni Mexico fueron transformados sin tomar el poder, hasta que los zapatistas han decidido lanzar a una dirigente indígena a la presidencia del país. Aun sin decir que van a transformar el país con una victoria electoral, pero saliendo de su aislamiento en Chiapas para volver a participar de la vida política nacional de México, abandonando sus posiciones de simple denuncia de las elecciones y de abstención.

Mientras tanto, Bolivia y Ecuador, rompiendo con esa visión estrecha de restringir a los movimientos sociales solamente a la resistencia al neoliberalismo, han fundado partidos –MAS en Bolivia, Alianza PAIS en Ecuador–, presentaron candidatos a la presidencia –Evo Morales y Rafael Correa–, han triunfado y pusieron en práctica los procesos de mayor éxito en la transformación económica, social, política y cultural de América Latina en el siglo XXI. Han refundado sus Estados nacionales, impuesto el desarrollo económico con distribución de la renta, se han aliado a los procesos de integración regional, al mismo tiempo que han integrado las más amplias capas del pueblo a los procesos de democratización política.

Al contrario del fracaso de las tesis de la autonomía de los movimientos sociales, que han renunciado a la disputa por la hegemonía alternativa a nivel nacional y de lucha por la construcción concreta de alternativas al neoliberalismo, bajo la dirección de Evo Morales y de Rafael Correa, Bolivia y Ecuador han demostrado como solamente la articulación entre la lucha social y la lucha política, entre los movimientos sociales y los partidos políticos, es posible construir bloques de fuerza capaces de avanzar decisivamente en la superación del neoliberalismo.

Las tesis de Toni Negri sobre el fin del imperialismo y de los Estados nacionales fueron rotundamente desmentidas ya desde la acción imperialista después de las acciones del 2001, mientras que los gobiernos sudamericanos han demostrado que solamente con el rescate del Estado es posible implementar políticas antineoliberales, como el desarrollo económico con distribución del ingreso. La pobreza persistente en Chiapas puede ser comparada con los avances espectaculares realizados, por ejemplo, en todas las provincias de Bolivia, para demostrar, también por las vias de los hechos, cómo la acción desde abajo tiene que ser combinada con la acción de los Estados, si queremos efectivamente transformar al mundo.

Otras tesis, como las de varias ONG o de Boaventura de Sousa Santos, de optar por una “sociedad civil” en la lucha en contra del Estado, no puede presentar ningún ejemplo concreto de resultados positivos, aun con las ambiguas alianzas con fuerzas neoliberales y de derecha, que también se oponen al Estado y hacen alianza con ONGs y con intelectuales para oponerse a gobiernos como los de Evo Morales y de Rafael Correa, pero también en contra de otros gobiernos progresistas en América Latina.Tienen en común visiones liberales del mundo.

Además del fracaso teórico de las tesis de la autonomía de los movimientos sociales, se les puede contraponer los extraordinarios avances económicos, sociales, políticos, en países como Argentina, Brasil, Venezuela, Uruguay, además de los ya mencionados, como pruebas de la verdad de las tesis de la lucha antineoliberal como la lucha central de nuestro tiempo.

Emir Sader

Emir Sader: Sociólogo y científico político brasileño, es coordinador del Laboratorio de Políticas Públicas de la Universidad Estadual de Rio de Janeiro (UERJ).

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Ecuador: El proyecto de Alianza País, en juego

février 21st, 2017 by Editorial La Jornada

Aunque hasta ayer no se conocía el resultado definitivo de los comicios presidenciales del domingo pasado en Ecuador, las tendencias sobre 88.75 por ciento de los votos escrutados indican que el candidato oficialista, Lenin Moreno, se quedó a unas décimas del 40 por ciento de los votos requeridos para ser proclamado presidente electo, por lo que el país andino habrá de ir a una segunda vuelta, que deberá disputarse entre Moreno y el opositor derechista Guillermo Lasso.

Es pertinente recordar que, según las leyes electorales ecuatorianas, para que un aspirante presidencial pueda ganar en primera vuelta debe obtener, además del 40 por ciento de los votos válidos, diez puntos de ventaja sobre su rival más cercano. Este segundo requisito podría cumplirse, habida cuenta de que hasta el cierre de esta edición Lasso, con cerca del 28.31, estaba por debajo de esa diferencia.

Lo cierto es que, aun si Alianza País, el partido progresista del presidente saliente Rafael Correa, logra conservar el gobierno en una segunda vuelta, Ecuador experimenta el reflujo de los programas políticos similares que fueron desalojados del poder el año pasado, en elecciones en Argentina y por medio de un golpe de estado parlamentario en Brasil.

Al desgaste lógico del ejercicio de la presidencia debe sumarse el retroceso económico experimentado en los últimos años por la región, pero acaso también el sistemático golpeteo oligárquico en contra del gobierno de Correa y las desavenencias en la izquierda por el respaldo de éste a los sectores extractivistas, que generó un malestar inocultable en pueblos indígenas y movimientos ambientalistas.

Sea como fuere, está en juego la continuación del programa progresista que en una década disminuyó en forma decisiva la desigualdad y la pobreza en Ecuador, redistribuyó el poder político, acotó la capacidad de los poderes fácticos –especialmente, los de la prensa empresarial– para incidir a trasmano en procesos institucionales, recuperó el ejercicio de la soberanía nacional e insertó al país en el más ambicioso proceso de integración regional que haya tenido lugar en la historia de América Latina tras su independencia.

Si Alianza País llegara a perder la presidencia ecuatoriana, mucho de lo ganado en años recientes en el subcontinente se perdería, y Venezuela y Bolivia quedarían como únicos exponentes del giro social, soberanista y latinoamericanista que se vivió en Sudamérica hasta el año pasado. Ello sería especialmente trágico en momentos en que la Casa Blanca experimenta una regresión hacia las maneras más brutales y abiertamente colonialistas en su relación con las naciones situadas al sur del río Bravo.

Por tales razones, cabe esperar que, de dirimirse la presidencia ecuatoriana en una segunda vuelta, como todo indica que ocurrirá, el proyecto de Alianza País logre mantenerse en el Palacio de Carondelet sin perder su legitimidad ni su respaldo popular. Pero nada está escrito y en democracia no hay manera de conocer de antemano los resultados de un ejercicio electoral.

La Jornada

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ONU Mujeres está profundamente preocupada por la brutal violencia sexual y el asesinato de mujeres y niñas que ha sido recientemente señalada por las mujeres en Argentina y que repercute en toda América Latina y más allá.

Esta es una forma de terror íntimo que ha sido normalizada en su magnitud y a través de la aceptación de su inevitabilidad en algunas partes. Pero no es normal y no puede continuar. Más allá de los costos personales inaceptables, se revelan profundos y perjudiciales fallos de la sociedad que últimamente tienen un alto costo en la pérdida de progreso en cada país. Unimos nuestras voces a todos aquellos que dicen “Ni una menos” y llamamos a acciones urgentes en todos los niveles, desde los gobiernos hasta las personas que impulsan cambios, para prevenir que no haya ni un solo asesinato más.

La violencia contra las mujeres y las niñas debe parar. Primero de todo, el reciente caso de femicidio de una adolescente en Argentina y el asesinato de una niña de 9 años en Chile no deben quedar sin castigo. Globalmente, la impunidad es un elemento clave en la perpetuación de la violencia y la discriminación contra las mujeres.

Si los hombres pueden tratar a las mujeres tan mal como quieran con pocas o ninguna consecuencia, ello niega todos los esfuerzos para construir un mundo que sea seguro para las mujeres y las niñas y en el que ellas puedan florecer. Globalmente, unas 60.000 mujeres y niñas son asesinadas cada año, con frecuencia como una escalada de violencia doméstica. Estudios nacionales en Sudáfrica y Brasil estiman que cada seis horas una mujer es asesinada por su compañero íntimo.

El hogar no es un refugio y es arriesgado para las mujeres denunciar a sus agresores. Salir al exterior también comporta peligros. Estudios recientes en Brasil indican que el 85 por ciento de las mujeres tienen miedo a salir a la calle. En Port Moresby, Papúa Nueva Guinea, en torno al 90 por ciento de mujeres y niñas han experimentado alguna forma de violencia sexual cuando acceden al transporte público. Como comunidad internacional hemos articulado fuertemente su espacio propio para una población pujante de mujeres y niñas, y las múltiples formas en que esto es mejor para todos.

Desde la Agenda 2030 para el Desarrollo Sostenible adoptada en septiembre de 2015 hasta la Nueva Agenda Urbana adoptada esta semana, está claro que debemos acabar con la violencia y prevenir su repetición. Ello requiere de leyes y políticas públicas, ciudades seguras, transporte público, mejores servicios y el compromiso de hombres y niños en la construcción de una cultura que acabe con todas las formas de discriminación contra las mujeres y niñas y que lleve al fin del femicidio.

El cambio debe suceder a muchos niveles, tanto en las estructuras culturales como físicas de nuestras sociedades. Trabajamos de cerca con la sociedad civil y el movimiento feminista, que han sido actores clave en la denuncia de la violencia, impulsando el cambio de políticas y proponiendo soluciones. Para recoger más información y apoyar el fin de la impunidad, junto a la Oficina del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos (OACNUDH), hemos desarrollado un modelo de protocolo que permite investigar este tipo de crímenes adecuadamente para acabar con la impunidad, además de identificar las brechas en la cadena de investigación para lograr prevenir los femicidios.

Vamos a usarlo inicialmente para la investigación del femicidio en América Latina, donde el número de países con altas tasas de femicidio está creciendo. Estamos alineadas con la Relatora Especial de Naciones Unidas para la Violencia contra las Mujeres, sus causas y sus consecuencias, que ha llamado al establecimiento de un observatorio global de femicidio con un panel interdisciplinario de expertos para recolectar y analizar datos sobre femicidios. Existen algunos progresos alentadores: en América Latina, 16 países —casi la mitad de los países en la región— han adoptado legislación para asegurar que el femicidio es adecuadamente investigado y castigado. Esto debe ser una tendencia global.

No es la responsabilidad de un solo sector, pero sí un esfuerzo colectivo y coordinado. Llamamos a que los gobiernos reconozcan la magnitud y las implicaciones de la violencia contra las mujeres y las niñas, y se comprometan a recoger datos con los cuales cuantificarla y no sólo a proveer servicios para las sobrevivientes y víctimas, sino a incrementar sustantivamente una fuerte acción judicial para lograr el cierre de casos y las respectivas condenas; además de esfuerzos constructivos y creativos para prevenir y castigar todos los crímenes violentos contra las mujeres y las niñas.

A nivel mundial, el año pasado suscribimos el objetivo de igualdad de género y eliminación de todas las formas de violencia contra las mujeres y las niñas. Lograr esto no es solo el fin de una terrible violación de los derechos humanos, es la clave para la construcción de un mundo mejor y más equitativo —un planeta 50–50.

Phumzile Mlambo-Ngcuka

Phumzile Mlambo-Ngcuka: Directora Ejecutiva de ONU Mujeres.

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Trump, empleo y robots

février 21st, 2017 by Silvia Ribeiro

Uno de los principales factores en que se apoyó Donald Trump en campaña –y que ahora usa para justificar absurdas medidas anti-inmigrantes, altos impuestos a las importaciones y otras– fue la promesa de reducir la pérdida de empleos.  Sin embargo, según las estadísticas oficiales de Estados Unidos, la mayor parte de la pérdida de empleos en Estados Unidos se debió al aumento de automatización y robotización de las industrias.

Estados Unidos produce ahora 85 por ciento más bienes de los que producía en 1987, pero con una planta laboral de dos tercios de la que existía entonces (FRED Economic Data). La proyección es que con mayor uso de sistemas de inteligencia artificial, la automatización se expandirá a más industrias y sectores, eliminando más puestos de trabajo.

Las industrias que anunciaron recientemente que se quedarán o relocalizarán plantas a Estados Unidos, como Ford y General Motors, ya tienen una parte importante de su producción automatizada y van por más. Gran parte de los supuestos nuevos “puestos de trabajo” que crearán serán en realidad realizados por robots. General Motors se ufana de ser la empresa automotriz que más ha invertido en nuevas tecnologías, incluyendo el desarrollo de vehículos no tripulados, lo cual también redundará en menos puestos de trabajo (choferes, distribución de productos y otras ramas).

Carrier, que anunció que dos plantas de producción de equipos de aire acondicionado se quedarán en Estados Unidos en lugar instalarse en México (lo cual se presenta como logro de Trump) reconoció a la prensa que los incentivos fiscales que Trump le prometió, serán usados para aumentar notablemente la automatización de sus plantas, con lo cual aumentará sus ganancias a mediano plazo, pero reducirá los puestos de trabajo.(Business Insider 5/12/16)

Ya como presidente electo, el New York Times le preguntó a Trump si los robots iban a remplazar a los trabajadores que votaron por él. Trump reconoció alegremente “Lo harán, pero nosotros vamos a construir los robots también”. (NYT, 23/11/16  https://tinyurl.com/juymes5).

Sólo que por ahora, el país con mayor fabricación de robots industriales en el mundo es China, que ya ha realizado grandes inversiones para ser además el primer productor global de robots aplicados a la agricultura y a nuevos campos de manufactura industrial. (NYT 25/1/17  https://tinyurl.com/hwmd4p6).

El traslado de grandes plantas de manufactura industrial a México y otros países del Sur en las últimas décadas se debió a que las trasnacionales encontraron así formas de aumentar exponencialmente sus ganancias, explotando una situación de bajos a ínfimos salarios, pésimas condiciones y derechos laborales y terreno impune para la contaminación y devastación ambiental, además de ahorrarse el pago de impuestos en su sede. Todo lo cual fue asegurado y aumentado con los tratados de libre comercio. La vuelta de algunas plantas industriales a Estados Unidos se basa en una reevaluación de sus ventajas comparativas a partir de las crisis actuales. Seguramente, la amenaza de Trump de colocar altos impuestos a las importaciones es un componente, pero la nueva ola de automatización “inteligente” juega un rol clave. Si Trump, como prometió a las empresas, les subvenciona con dinero del erario un desarrollo más rápido hacia la nueva generación de automatización inteligente, esto sin duda forma parte de la ecuación de ganancias de esas empresas. Claro que también le sirve a Trump como supuesta demostración de fuerza y como imagen de que está revirtiendo la pérdida de empleos.

Pero las predicciones sobre la cantidad de empleos que se perderán por la aplicación industrial de nuevas formas de robótica e inteligencia artificial en ese país varían de 9 a 47 por ciento, según el estudio que se tome de referencia.  A nivel global, recientes reportes de la OCDE, la Universidad de Oxford y el Foro de Davos –entre los más citados en el tema– todos prevén mayor pérdida neta de empleos que la que ya ha ocurrido, una tendencia que afirman se ha acelerado desde el año 2000. UNCTAD, el organismo de Naciones Unidas sobre comercio y desarrollo, prevé que en los llamados países en desarrollo hasta dos tercios de los empleos pueden ser sustituidos por robots (UNCTAD 2016, https://tinyurl.com/zu2r3vc)

Pero la automatización y la robótica están lejos de ser novedades. La “novedad” es el salto exponencial en el desarrollo de la inteligencia artificial y la convergencia con esa y otras nuevas tecnologías, como nano y biotecnología, que se está expandiendo más allá de la fabricación industrial, a la agricultura y alimentación, transporte, comunicación, servicios, comercio, industrias extractivas, entre otros sectores claves; con múltiples impactos ambientales, a la salud, y también sobre el empleo.

Un proceso de convergencia que en el Grupo ETC llamamos BANG desde 2001 (bits, átomos, neuronas, genes) y que el Foro de Davos desde 2016 llama “cuarta revolución industrial”.  La automatización de las últimas décadas ha significado un aumento de la productividad, pero no mayor bienestar social, sino lo contrario: estancamiento de salarios y aumento de la desigualdad. Nótese que de los ocho hombres más ricos del planeta ­–que concentran más riqueza que la mitad de la población mundial– la mayoría son empresarios informáticos o cuya actividad está fuertemente vinculada a la digitalización y robotización.

Y según los reportes mencionados, la expansión de la nueva ola de automatización “inteligente” eliminará más empleos de los que generará, afectando también sectores distintos de los que ya venían siendo sustituidos por ella. Cómo intentará Trump resolver esa contradicción, es un enigma.

Silvia Ribeiro

Silvia Ribeiro: Investigadora del Grupo ETC.

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La colonisation : Oeuvre négative et crime contre l’humanité

février 21st, 2017 by Chems Eddine Chitour

«On me parle de progrès, de ‘réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. (…) Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme (…).» Aimé Césaire (Immense écrivain )

Un coup d’éclair dans un ciel déjà électrisé par les affaires en France lors de l’élection présidentielle. Le candidat Emmanuel Macron de passage à Alger venu tâter le pouls indirectement de la perception algérienne de l’élection française eu égard aux liens de sang entre les deux peuples déclare au journal Echorouk News: «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.» Des propos qui ont déclenché des protestations de la part de la droite et de l’extrême droite.

On prête à Emmanuel Macron de vouloir capter potentiellement un électorat issu de l’émigration. Ce qui est sûr c’est qu’il va s’aliéner l’électorat de Droite, et celui du reliquat des rapatriés habitant le Sud de la France qui  à des degrés divers  ont souffert du déracinement et de cette fuite dans le chaos que même les dirigeants du FLN n’appréhendaient  pas être aussi forte c’était sans compter sur la politique de la terre brûlée mise en œuvre par l’OAS qui a tout fait pour créer les conditions du chaos  mais aussi des révolutionnaires de la vingt cinquième heure qui voulant se rattraper  se seraient rendus coupables d’exactions envers les Européens d’Algérie ce qui a précipité le divorce définitif des deux communautés

Les négationnistes niant  l’évidence

Qui trouve-t-on dans le landerneau chauvin de la droite? Les positions de l’extrême droite sont connues à l’instar du guide Jean-Marie Le Pen tortionnaire devant l’Eternel et qui à titre d’exemple de ses multiples basses oeuvres, oublia son poignard lors d’une perquisition et un interrogatoire- torture à mort dans un appartement, poignard exhibé bien plus tard par le fils du torturé avec les initiales J.M Le Pen 1er R.e.p. Avec Le Pen tous les racistes revanchards et les petits pieds-noirs entraînés dans la tourmente et sensibles au discours de l’OAS qui a tout fait pour diviser les deux communautés, à l’indépendance commettant l’irréparable.

Parmi les enragés, il y a les émigrés de la deuxième ou troisième génération qui sont plus royalistes que le roi, on y trouve beaucoup d’Italiens, de Libanais, de Roumains, de Hongrois, d’Arméniens. La France c’est eux il n’y a qu’eux qui doivent en parler. Le filon Algérie est porteur, il permet de capter des voix. A des degrés divers ils ont une histoire avec l’Algérie. Il y a Gérald Moussa Darmanin qui déclare: «Honte à Emmanuel Macron qui insulte la France à l’étranger: crachats inacceptables sur la tombe des français tirailleurs, supplétifs, harkis morts pour une France qu’ils aimaient.» «Son grand-père, Moussa Ouakid, né en 1907, d’origine algérienne, adjudant-chef dans l’armée française, fut fait prisonnier et a participé à la Libération en 1945 et participe ensuite à la Guerre d’Algérie dans l’armée française.» (1)

Il y a Christian Estrosi:

«Je suis bouleversé qu’une personnalité politique telle que Emmanuel Macron vienne aujourd’hui discréditer la grande histoire de France. Christian Estrosi, fils unique d’un immigrant italien, débute d’abord comme pilote de Grand Prix motocycliste ce qui lui vaudra plus tard le surnom de ‘motodidacte » (…)» (2)

Il y a naturellement la droite à la fois sensible au discours des races supérieures de la suprématie de la race blanche et quelque part croisés des temps modernes. Gérard Longuet et «souchien» en sera l’un des tenants :

«(…) Au printemps 1964, il prend part, en compagnie d’Alain Madelin, à la création du mouvement Occident, groupuscule d’extrême droite (…) Il rejoint le Groupe union défense (GUD), groupuscule d’extrême droite puis Ordre nouveau, (…) Après avoir manifesté par un bras d’honneur son opposition personnelle à la demande formulée par l’Algérie d’«une reconnaissance franche des crimes perpétrés» par le colonialisme français, Gérard Longuet a expliqué: «La France n’a pas à avoir honte de sa présence en Algérie pendant la colonisation.» (3)

L’autre exemple nous est donné par François Fillon et sa haine viscérale de l’islam. Il n’est que de lire sa dernière logorrhée, un brûlot où il donne sa vision de l’islam certes, en y mettant les formes, mais on sent le parti pris irréductible.

Mais il y a pire qu’eux, ce sont les gauchistes – pas tous heureusement- dans un langage ambigu se déclarent progressistes pour la liberté des peuples et contre la colonisation. Nous avons un échantillon avec le plus illustre d’entre eux, François Mitterrand, qui signa la mise à mort de près de 200 patriotes envoyés à la guillotine…

Massacre de masse ou génocide?

Apparemment le mot génocide est interdit pour qualifier les atrocités en Algérie, c’est dit on une marque déposée pour qualifier les massacres de masse à l’endroit des Juifs sous le IIIe Reich . Le mot ayant été proposé par Raphaël Lemkin intellectuel  juif rescapé des camps de la mort, nazi. Benjami Stora utilisera le mot massacre de masse pour qualifier les millions de morts algériens depuis l’invasion coloniale, la colonisation proprement dite et  la Révolution de Novembre de1954

On ne peut mieux résumer cette période noire avec les mots de Jaurès citant Clemenceau le 27 mars 1908:

«On a tué, massacré, violé, pillé tout à l’aise dans un pays sans défense, l’histoire de cette frénésie de meurtres et de rapines ne sera jamais connue, les Européens ayant trop de motifs pour faire le silence (…). Rien n’est plus contraire aux intérêts français que cette politique de barbarie.» Rappelons nous les enfumades des tribus d’Oued Riah du Dahra en mai-juin 1845. Avec Bugeaud, Cavaignac et Saint Arnaud, dont Victor Hugo a pu dire qu’il avait les états de service d’un chacal. Nous pouvons déduire ce que furent les massacres de masse en Algérie en ajoutant d’abord les dizaines de milliers de morts algériens sur les théâtres de guerre pour la France à partir de 1837, Pour rappel Les régiments de tirailleurs algériens écrivirent pour l’armée française parmi les pages les plus glorieuses de son histoire. Ils furent de tous les conflits au nombre de 11  ils participent à toutes les campagnes du Second Empire et de la IIIe République et de la IVe République» (4)

En 1854 lors du siège de Sébastopol (1853-1856) sur 2800 tirailleurs envoyés en Crimée, plus de 900 sont tués ou blessés. Durant la guerre de 1870-71, les trois régiments de tirailleurs (environ 9000 hommes) sont envoyés en France où ils combattent lors des batailles de Wissembourg et Froeschwiller-Woerth. Les régiments sont décimés et après Froeschwiller, le 2e Tirailleurs ne compte plus que 450 hommes valides sur 3000. Après la défaite de Sedan du 2 septembre 1870, un régiment de tirailleurs combat dans l’Armée de la Loire. Leurs pertes sont estimées à 5000 tués La Marche des Tirailleurs ou Chant des Turcos relate l’exploit du 2e Régiment de Tirailleurs algériens à Froeschwiller le 6 août 1870. Les Tirailleurs chargèrent les canons prussiens et furent anéanti à 90%.» (4)

Si on y ajoute les dizaines de milliers de morts du carnage de mai 1945, le million de morts de la Révolution de Novembre 1954. C’est au total au bas mot 5 millions d’Algériens qui passèrent de vie à trépas pour des causes diverses: l’acharnement bestial de l’armée d’Afrique, les famines et la maladie qui eurent leurs dîmes de plus d’un million et demi de morts, ensuite les vies «offertes» pour la gloire et l’honneur de la France et enfin la répression du pouvoir colonial pendant une durée de 132 ans d’une occupation sans partage envers un peuple qui n’aspirait qu’à vivre dans la dignité. Un simple calcul – à titre indicatif-montre que pendant les 132 ans de l’invasion brutale d’un pays sans défense, et la colonisation criminelle  soit 13500 mois, c’est en moyenne 360 morts par mois, 12 morts/jour ou encore un mort de mort violente toutes les deux heures pendant 132 ans.» (4)

Dès 2010 Fillon avait admis que la colonisation était un crime contre l’humanité

Curieusement, Fillon, qui tire à boulets rouges sur Macron, avait reconnu par deux fois que la colonisation était un crime contre l’humanité. En 2010, François Fillon Premier ministre avait procédé à une modification du droit pénal pour se conformer aux principes portés par la Cour pénale internationale stipulant que le crime de génocide, caractérisé par une volonté manifeste de nuire ou d’exterminer une population civile. Cela s’applique tout à fait à ce qui s’est passé en Algérie.

« Fillon oublie ce qu’il disait lui-même récemment: «Cette repentance permanente est indigne d’un candidat à la présidence de la République», a réagi François Fillon, au cours d’un meeting à Compiègne, ce mercredi 15 février. Il qualifiait lui-même la colonisation et l’esclavage d »abomination» dans une interview accordée la semaine dernière au Quotidien de la Réunion. Également interrogé sur le passé colonial de la France par la chaîne Reunion 1er, François Fillon avait, là aussi, lié colonisation et esclavage pour les dénoncer vigoureusement: «Que cela soit la colonisation ou que cela soit l’esclavage. L’esclavage est le crime le plus abominable qui n’ait jamais été commis par l’humanité». Déjà, en octobre 2016 sur France 2, François Fillon, à l’époque candidat à la primaire, avait été interpellé par un syndicaliste guadeloupéen, «Bien sûr que la colonisation est aujourd’hui, avec les critères qui sont les nôtres, un crime. Bien sûr» avait-il expliqué.» (5)

Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité

«Pour Bruno Guigue, la réaction chauvine suscitée par ses propos, en tout cas, montre que le révisionnisme colonial fait partie de l’ADN de la droite française. Il faut les entendre fulminer, ces humanistes à géométrie variable, lorsque cette page sinistre de l’histoire de France est pointée du doigt.(…)Contre ces impostures réactionnaires, il faut relire ce qu’écrivait Aimé Césaire en 1955 dans son magnifique ´´Discours sur le colonialisme´´. Il citait le colonel de Montagnac, l’un des conquérants de l’Algérie: «Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes.» Il donnait la parole au comte d’Herisson: «Il est vrai que nous rapportons un plein baril d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis´´.(…) Partout, la conquête coloniale fut effroyable. Le colonisateur au drapeau tricolore l’a déshonoré, ce drapeau. Il l’a noyé dans le sang des peuples martyrisés par ceux qui prétendaient leur apporter la civilisation au bout du fusil.(…)». (6)

«Pour  l’historien Benyamin Stora, Emmanuel Macron a pris soin de rappeler la face civilisatrice, par effraction, de la colonisation. Ce n’est pas la première fois qu’un homme politique tient des propos analogues – sans aller jusqu’à la qualification de crime contre l’humanité. En 2007, Nicolas Sarkozy avait condamné fortement la colonisation ainsi que François Hollande. Du coup, cela tend à politiser le débat et à en faire une affaire franco-française. A la question «La colonisation est-elle un crime contre l’humanité?» Benjamin Stora répond: «Cela fait très longtemps que les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de tortures durant la longue période de la colonisation » (7).

Benjamin Stora nous informe que  Michel Rocard avait tenté de faire jugé un criminel parmi tant d’autres en vain :

« En 1959,écrit-il  Michel Rocard publiait un rapport concluant à des déplacements de 2 millions de paysans en Algérie. Mais la France a construit un système juridique qui fait qu’aucune plainte ne peut aboutir et que cette période ne peut être jugée. Il est indispensable, pour qu’un crime contre l’humanité soit reconnu, qu’un Etat ou un particulier dépose plainte. C’est ce qu’avait tenté de faire Rocard en attaquant en 1986 Jean-Marie Le Pen pour torture pendant la guerre d’Algérie. Mais, en raison des lois d’amnistie votées dans les années 1960, aucune plainte ne peut aboutir. Seules des poursuites devant des tribunaux internationaux pourraient débloquer le processus ».  (7)

« C’est un problème d’autant plus insoluble qu’en France, dès que l’on prononce les mots «crimes contre l’humanité», le débat se clôt ou se politise. Il est quasiment interdit d’évoquer tout acte de violence commis par la France pendant la colonisation. On oppose immédiatement l’apport des «Lumières», l’oeuvre civilisatrice de la France… Or, en matière de colonisation, la France a bâti un faux modèle républicain: elle a proclamé le principe d’égalité, mais ne l’a que rarement mis en pratique. Les «crimes contre l’humanité» incluent aussi bien des génocides comme la Shoah ou celui des Arméniens que des massacres de masse perpétrés en Afrique ou en Algérie.» (7)

La colonisation «crime contre l’humanité»: Pourquoi Macron a raison

C’est la conviction de Bruno-Roger Petit qui nous explique pourquoi Macron a raison:

«Emmanuel Macron a juridiquement tort, mais a-t-il politiquement raison? Le pénal suffit-il à caractériser le moral? Relisons Bel ami, ces pages d’introduction où Maupassant campe le personnage de Georges Duroy, déambulant dans Paris en quête de destin: «Et il se rappelait ses deux années d’Afrique, la façon dont il rançonnait les Arabes dans les petits postes du Sud. Et un sourire cruel et gai passa sur ses lèvres au souvenir d’une escapade qui avait coûté la vie à trois hommes de la tribu des Ouled-Alane et qui leur avait valu, à ses camarades et à lui, vingt poules, deux moutons et de l’or, et de quoi rire pendant six mois. On n’avait jamais trouvé les coupables, qu’on n’avait guère cherché d’ailleurs, l’Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat». Maupassant livre une anecdote. Que l’on devine vraie. Que l’on sait ordinaire, dans le sens où elle est répétée à l’infini depuis que la France s’est emparée de l’Algérie. Et que cela va encore durer soixante-dix ans. Comment dire mieux la colonisation française, sa violence et son injustice? Comment ne pas comprendre les traces laissées dans la conscience d’un peuple? Comment nier l’indélébile empreinte mémorielle?» (8)

Bruno Roger Petit poursuit:

«Emmanuel Macron raconte une histoire que bien des Français n’ont pas envie d’entendre. Parce qu’il la raconte du point de vue des victimes. (..)Après Vichy, la colonisation est le passé qui ne passe pas, et la polémique déclenchée par le propos de Macron en atteste. Alors haro sur Macron qui ne connaît pas le droit… «faute politique», «faute historique», «faute juridique» disent-ils. Mais il n’en est pas un pour dire «faute morale».(…) Quitte à oublier Clemenceau et son célèbre discours de 1885 qui, répondant à l’apologie des vertus de la colonisation énoncée par Jules Ferry, avait dressé cet impressionnant réquisitoire: «Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur! Voilà l’histoire de votre civilisation! Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui: de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme!»» (8)

Conclusion

« La colonisation  déclare l’historien Pascal Blanchard, en soi n’est pas juridiquement un « crime contre l’humanité », ce n’est pas le même phénomène que l’esclavage. Même si les textes internationaux énoncent que « les crimes contre l’humanité doivent être commis par une puissance étatique qui pratique une politique d’hégémonie idéologique ». Par contre, certaines pages de l’Histoire de la colonisation, comme la conquête de l’Algérie, de 1830 à 1842, celle de l’Indochine, ou encore la grande révolte et sa répression en Nouvelle-Calédonie en 1878 et la guerre au Cameroun dans les années 1950, ont été de l’ordre de l’inacceptable, et donc du crime contre l’humanité au regard des « faits ». Y compris au regard du droit français, depuis la loi du 26 décembre 1964 où la notion de crime contre l’humanité fait son apparition dans le code pénal. On est dans un pays paradoxal avec 12 744 musées, mais il n’y en a aucun qui traite, parle ou appréhende l’Histoire coloniale. Quand l’Histoire ne peut pas rentrer au musée, c’est qu’elle est encore brûlante, manipulée aussi ou qu’elle n’a pas trouvé le temps de l’apaisement des mémoires. Elle reste donc dans le champ du politique, des manipulations de l’histoire et des mémoires en conflit ». (9)

Pour nous la colonisation fut un génocide dans la durée avec un traumatisme toujours actuel, cent trente deux ans après, nous n’arrivons pas à guérir de cette invasion d’un beau matin de juillet 1830, nous n’arrivons pas à faire notre deuil du fait de l’arrogance à géométrie variable de la puissance qui seule se croit autorisée à dicter la norme, de ce que c’est qu’un massacre, un génocide, une oeuvre positive..qui est en réalité une oeuvre négative

Nul doute que cette déclaration marquera un tournant, mais il est inutile d’attendre une quelconque repentance de la génération actuelle en France. L’Algérie se devrait de rester digne, et de ne pas verser dans la solution mercantile de miettes pour solde de tout compte. Elle devrait peut-être rassurer la France que la douleur algérienne n’est pas une pompe à finance qui commerce de la dignité des millions de morts pour avoir seulement lutté pour la liberté du pays.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

1.https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rald_Darmanin

2.https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Estrosi

3.https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Longuet

4.Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/215694-une-inutile-demande-de-repentance.html

5.http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/16/francois-fillon-critique-les-propos-demmanuel-macron-sur-la-col/?utm_hp_ref=fr-homepage

6. http://www.mondialisation.ca/oui-la-colonisation-est-un-crime-contre-lhumanite/5575306

7.Benjamin Stora  http://www.leparisien.fr/politique/macron-sur-la-colonisation-les-historiens-ont-apporte-la-preuve-de-massacres-juge-stora-17-02-2017-6687714.php#_=_

8.Bruno-Roger Petit https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/la-colonisation-crime-contre-l-humanite-pourquoi-macron-a-raison_454711

9. http://www.la-croix.com/France/Politique/Certaines-pages-de-lHistoire-de-la-colonisation-sont-de-lordre-du-crime-contre-lhumanite-2017-02-17-1200825594?ref=yfp

 

 

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/260793-oeuvre-negative-et-crime-contre-l-humanite.html

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Comme si la campagne présidentielle américaine n’avait pas été assez pénible, en voici une autre : en France.

Le système en France est très différent du système américain, avec de nombreux candidats en concurrence sur deux tours, la plupart capable de s’exprimer fort bien, même parfois en abordant de vraies questions politiques. Leur temps de passage gratuit à la télévision réduit l’influence de l’argent. Le premier tour le 23 avril désignera les deux finalistes pour l’élection du 7 mai, ce qui permet un plus grand choix qu’aux Etats-Unis.

Et malgré la supériorité de leur système, les chefs de file de la classe politique veulent singer les mœurs de l’Empire, jusqu’à se faire l’écho du thème qui a dominé le show 2016 outre-Atlantique : les Russes diaboliques s’en prennent à notre merveilleuse démocratie.

L’imitation du système américain a commencé avec les « primaires » tenues par les deux principaux partis de gouvernement qui aspirent manifestement à devenir les équivalents des Démocrates et des Républicains dans un système à deux partis. Le parti de droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy s’est déjà rebaptisé Les Républicains et les dirigeants du soi-disant parti socialiste n’attendent qu’une occasion de se proclamer Les Démocrates. Mais au train où vont les choses, ni l’un ni l’autre ne semblent sûrs  de l’emporter cette fois-ci.

Etant donné l’impopularité du gouvernement socialiste du président sortant François Hollande, les Républicains ont longtemps été considérés comme les favoris naturels pour battre Marine Le Pen, que tous les sondages donnent en tête au premier tour. Dans une perspective aussi prometteuse, la primaire des Républicains a suscité plus du double de votants volontaires (tenus de verser une menue obole et de faire allégeance aux « valeurs » du parti afin de pouvoir voter) que celle des socialistes. Sarkozy fut éliminé, mais plus surprenant, le favori le fut aussi, le fiable maire de Bordeaux Alain Juppé, qui caracolait en tête des sondages et des éditoriaux de la presse.

Les valeurs familiales de Fillon

En une surprenante manifestation de vaste désenchantement public envers la scène politique, les électeurs Républicains ont accordé la victoire haut la main à l’ancien premier ministre François Fillon, un catholique pratiquant à la politique domestique ultra-néolibérale : réduction de l’impôt sur les revenus des sociétés, coupes drastiques dans les allocations sociales, y compris l’assurance maladie – accélérant ce que les gouvernements précédents ont fait, mais plus franchement. Ce qui est moins conventionnel, Fillon condamne fortement la politique antirusse actuelle. Il dévie aussi de la détermination du gouvernement socialiste à renverser Assad en exprimant sa sympathie pour les chrétiens harcelés en Syrie et pour leur protecteur, qui se trouve être le gouvernement d’Assad.

Fillon a l’allure respectable d’une personne à qui on peut donner le bon Dieu sans confession. Comme thème de campagne, il a mis l’accent sur sa capacité vertueuse à lutter contre la corruption.

Mal lui en a pris ! Voilà que le 25 janvier, l’hebdomadaire semi-satirique Le Canard enchaîné a tiré les premiers coups de feu d’une campagne médiatique en cours conçue pour détruire l’image de Monsieur Propre, en révélant que sa femme, la Britannique Penelope, a reçu un salaire mirobolant pour lui servir d’assistante. Comme Penelope est connue comme femme au foyer qui élève leurs enfants à la campagne, l’existence de cet emploi est sérieusement mis en doute. Fillon a aussi rétribué comme avocat son fils pour des tâches non spécifiées, et sa fille pour prétendument l’aider à écrire un livre. En un sens, ces allégations prouvent la force des valeurs familiales du candidat conservateur. Mais sa cote a chuté et il risque des poursuites pénales pour fraude.

Le scandale est réel, mais le choix du moment est suspect. Les faits datent de plusieurs années, et le moment de leur révélation est bien calculé pour assurer sa défaite. En outre, le lendemain même des révélations du Canard enchaîné, une enquête judiciaire a été ouverte. Vu tous les tripatouillages non divulgués et les crimes de sang non résolus commis par ceux qui contrôlent l’état français au fil des années, surtout durant ses guerres à l’étranger, enrichir sa famille peut sembler relativement mineur. Mais ce n’est pas ainsi que le public le voit.

Cui bono ?

On tient en général pour acquis que, bien que la candidate du Front national, Marine Le Pen, soit constamment en tête des sondages, quiconque arrivera second l’emportera au second tour parce que la classe politique et les organes de presse établis se rallieront au cri de « Sauvons la république ! ». La peur du Front national comme « menace pour la république » est devenue une sorte de racket de protection pour les partis établis, puisqu’il stigmatise comme inacceptable un vaste pan de leur opposition. Dans le passé, les deux principaux partis ont été en connivence sournoise pour renforcer le Front national afin de prendre des votes à leurs adversaires.

De sorte que faire tomber Fillon accroît les chances que le candidat d’un parti socialiste à présent complètement discrédité puisse se retrouver comme par magie en seconde position, comme le chevalier qui pourfendra le dragon Le Pen. Mais qui, au juste, est le candidat socialiste ? Ce n’est pas clair. Il y a le candidat officiel du parti socialiste, Benoît Hamon. Mais le sous-produit indépendant de l’administration Hollande, Emmanuel Macron, « ni de droite ni de gauche », obtient le soutien de la droite du parti socialiste ainsi que de la plupart de l’élite globaliste néolibérale.

Macron est le vainqueur programmé. Mais d’abord, un coup d’œil à son opposition à gauche. Avec moins de dix pour cent de popularité, François Hollande s’est rendu à contrecœur aux objurgations de ses collègues pour éviter l’humiliation d’une cuisante défaite s’il briguait un second mandat. La primaire peu fréquentée du parti socialiste devait choisir le farouchement pro-Israélien premier ministre Manuel Valls. Ou sinon, sur sa gauche, Arnaud Montebourg, une espèce de Warren Beatty de la politique française, notoire pour ses liaisons romantiques et ses plaidoyers en faveur de la ré-industrialisation de la France.

Mais de nouveau, surprise ! Le vainqueur fut un terne et peu connu tâcheron du parti, Benoît Hamon, qui chevaucha la vague de mécontentement populaire pour apparaître comme un critique et une alternative « de gauche » à un gouvernement socialiste qui a trahi toutes les promesses faites par Hollande de combattre « la finance » et, au lieu de cela, a attaqué les droits des travailleurs. Hamon a pimenté sa revendication d’homme de gauche en présentant un truc à la mode ailleurs en Europe mais une nouveauté dans le discours politique français : « le revenu de base universel ». L’idée de donner à chaque citoyen une allocation, la même pour tous, peut sembler attrayante pour les jeunes qui ont de la difficulté à trouver un emploi. Mais cette idée, appuyée par Milton Friedman et les autres apôtres du capitalisme financier débridé, est en fait un piège. Le projet tient pour acquis que le non-emploi est permanent, contrairement aux projets visant à créer des emplois ou à partager le travail. Il serait financé en remplaçant toute une panoplie d’allocations sociales, au nom de « l’élimination de la bureaucratie » et de « la liberté de consommation ». Le projet achèverait l’affaiblissement de la classe ouvrière comme force politique, en détruisant le capital social commun représenté par les services publics, et en partageant les classes dépendantes entre travailleurs payés et consommateurs oisifs.

Il y a peu de chance que le revenu universel devienne un point sérieux à l’ordre du jour de la politique française. Pour le moment, la revendication de radicalité de Hamon sert à détourner les électeurs du candidat de gauche indépendant Jean-Luc Mélenchon. L’un et l’autre rivalisent pour le soutien des verts et des militants du parti communiste français, lequel a perdu toute capacité à définir ses propres positions.

La gauche divisée

Orateur impressionnant, Mélenchon s’est fait connaître en 2005 en tant qu’opposant de premier plan à la proposition de constitution européenne, qui fut rejetée clairement par les Français dans un referendum mais fut néanmoins adoptée sous un autre nom par l’assemblée nationale française. Comme beaucoup de gens de gauche en France, Mélenchon est un ancien trotskiste (tendance posadiste, plus sensible aux révolutions du tiers monde que ses rivales) passé au parti socialiste qu’il a quitté en 2008 pour fonder le Parti de gauche. Il a sporadiquement courtisé le parti communiste à la dérive pour qu’il le rejoigne dans le Front de gauche, puis s’est proclamé le candidat pour la présidence d’un nouveau mouvement indépendant appelé « La France insoumise ». Mélenchon est combatif envers la presse française docile, alors qu’il défend des positions non orthodoxes, par exemple en faisant les louanges de Chavez ou en rejetant la politique étrangère russophobe actuelle de la France. Contrairement au conventionnel Hamon, qui suit la ligne du parti socialiste, Mélenchon veut que la France quitte l’euro et l’OTAN.

Il y a deux très fortes personnalités dans cette compétition: Mélenchon à gauche et son adversaire de choix, Marine Le Pen, à droite. Dans le passé, leur rivalité dans les élections locales les a empêchés l’un et l’autre de gagner, alors même qu’elle arrivait en tête. Leurs positions en matière de politique étrangère sont difficiles à départager : critique de l’Union européenne, désir de quitter l’OTAN, bonnes relations avec la Russie.

Comme tous deux dévient de la ligne établie, ils sont tous deux dénoncés comme « populistes », un terme qui en est venu à vouloir dire quiconque fait davantage attention à ce que veulent les gens ordinaires qu’à ce que l’Establishment édicte.

En matière de politique sociale, de préservation des services sociaux et des droits des travailleurs, Le Pen est bien à la gauche de Fillon. Mais le stigmate attaché au Front national comme parti d’extrême-droite demeure, bien que, avec son proche conseiller Florian Philippot, Marine Le Pen ait écarté son père, Jean-Marie, et ajusté la ligne du parti pour attirer les électeurs de la classe ouvrière. La principale relique du vieux Front national est son hostilité envers l’immigration, qui à présent se concentre sur la peur des terroristes islamiques. Les tueries terroristes de Paris et de Nice ont rendu ces positions plus populaires qu’elles ne l’étaient. Dans son effort de surmonter la réputation d’antisémite de son père, Marine Le Pen fait de son mieux pour courtiser la communauté juive, aidée par son rejet de l’islam « ostentatoire », allant jusqu’à réclamer l’interdiction de porter un foulard musulman en public.

Un second tour entre Mélenchon et Le Pen serait une rencontre entre une gauche ravivée et une droite revivifiée, un vrai changement loin de l’orthodoxie politique qui a aliéné une bonne partie de l’électorat. Cela pourrait rendre la politique excitante de nouveau. Alors que le mécontentement populaire envers « le système » grandit, il a été suggéré (par le mensuel non-conformiste Causeur d’Elizabeth Lévy) que l’antisystème Mélenchon pourrait bien avoir la meilleure chance de battre l’antisystème Le Pen en s’attirant les voix de la classe ouvrière.

Comment fabriquer un consensus

Mais l’establishment néolibéral, pro-OTAN et pro-Union européenne, s’active à empêcher que cela n’arrive. Sur toutes les couvertures de magazines comme dans tous les talkshows, les médias ont montré leur allégeance à un candidat modéré « Nouveau ! Amélioré ! » vendu au public comme un produit de consommation. A ses rassemblements, de jeunes volontaires soigneusement entraînés et placés en vue des caméras accueillent la moindre vague déclaration de l’orateur de clameurs délirantes en agitant des drapeaux et en scandant « Ma ! Cron ! Président ! » avant d’aller en boîte faire la fête offerte pour les récompenser. Jamais un candidat sérieux à la présidence n’a autant ressemblé à un robot, en ce sens que c’est une création artificielle conçue par des experts pour une tâche spécifique.

Emmanuel Macron était un banquier d’affaires de premier plan qui gagnait des millions au service de la banque Rothschild, quand, en 2007, à l’âge de 29 ans, ce brillant jeune économiste fut invité dans la cour des grands par Jacques Attali, un gourou immensément influent, dont le conseil depuis les années 1980 a joué un rôle central dans la conversion du parti socialiste au globalisme néolibéral procapitaliste. Attali le fit entrer dans son groupe de réflexion privé, la Commission pour la libération de la croissance française, qui avait aidé à la conception des « 300 propositions pour changer la France » présentées au président Sarkozy un an plus tard comme un projet de gouvernement. Sarkozy a échoué à les mettre en œuvre toutes, par crainte de révoltes syndicales, mais les socialistes soi-disant de gauche ont pu se permettre des mesures antisyndicales drastiques grâce à leur discours plus lénifiant.

Lequel discours fut illustré par le candidat présidentiel François Hollande en 2012 quand il suscita l’enthousiasme en déclarant dans une réunion publique : « Mon ennemi réel c’est le monde de la finance ! » La gauche applaudit et vota pour lui. Entretemps, par précaution, il avait dépêché Macron à Londres pour rassurer l’élite financière de la City qu’il ne s’agissait que d’un discours électoral.

Après son élection, Hollande fit entrer Macron dans son équipe. Ensuite, il lui fut confié un poste gouvernemental à consonance super moderne comme ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique en 2014. Avec le charme terne d’un mannequin de grand magasin, Macron a éclipsé son irascible collègue, le premier ministre Manuel Valls, dans leur rivalité silencieuse pour succéder à leur patron, le président Hollande. Macron s’est acquis l’affection des grandes entreprises en donnant à ses réformes antisyndicales un air jeune, propre et « progressiste ». En fait, il a quasiment suivi l’agenda d’Attali.

Le thème, c’est « la compétitivité ». Dans un monde globalisé, un pays doit attirer du capital d’investissement pour être concurrentiel, et pour cela il est nécessaire d’abaisser les coûts du travail. Une façon classique de ce faire, c’est d’encourager l’immigration. Avec la montée des politiques identitaires, la gauche est mieux placée que la droite pour justifier une immigration massive en termes moraux, comme une mesure humanitaire. C’est une raison pour laquelle le parti démocrate aux Etats-Unis et le parti socialiste en France sont devenus les partenaires politiques du globalisme néolibéral. Ensemble, ils ont changé les perspectives de la gauche officielle de mesures structurelles promouvant l’égalité économique en des mesures morales promouvant l’égalité des minorités et de la majorité.

Seulement l’an dernier, Macron a fondé (ou on a fondé pour lui) son mouvement politique, baptisé « En marche ! » et caractérisé par des réunions publiques avec de jeunes groupies portant des T-shirts Macron. Au bout de trois mois, il a senti le besoin de diriger la nation et il a annoncé sa candidature à la présidence. De nombreuses personnalités ont déserté le bateau socialiste échoué et rejoignent Macon, dont la forte ressemblance politique à Hillary Clinton suggère que c’est lui qui peut montrer la voie afin de créer un parti démocrate français sur le modèle américain. Hillary a certes perdu, mais elle reste la favorite de l’OTANistan. Et bien évidemment, la couverture médiatique américaine confirme cette notion. Un coup d’œil au papier extatique de Robert Zaretsky dans Foreign Policy acclamant « le politicien français anglophone et germanophile que l’Europe attendait » ne laisse aucun doute : Macron est bien le chouchou de l’élite globalisante transatlantique.

Pour le moment, Macron est second seulement de Marine Le Pen dans les sondages, qui montrent aussi qu’il la vaincra haut la main au second tour. Toutefois, son charme soigneusement manufacturé est vulnérable à une plus grande information publique sur ses liens étroits avec l’élite économique.

La faute aux Russes

Face à cette éventualité, il existe une frappe préventive, importée directement des Etats-Unis : c’est la faute aux Russes !

Qu’ont fait les Russes de si terrible ? En gros, ils ont fait savoir qu’ils avaient une préférence pour des amis plutôt que pour des ennemis comme chefs de gouvernement. La belle affaire ! Les médias d’information russes critiquent, ou interviewent des gens qui critiquent, les candidats hostiles à Moscou. Rien de bien extraordinaire, là encore.

A titre d’exemple de cette ingérence choquante, qui prétendument risque de saborder la république française et les valeurs occidentales, l’agence d’information russe Sputnik a interviewé un membre républicain du parlement français, Nicolas Dhuicq, qui a osé dire que Macron pourrait être « un agent du système financier américain ». Ce qui est pour le moins évident. Mais le tollé qui en est résulté a fait l’impasse sur ce détail pour accuser les médias étatiques russes de « commencer à faire circuler des rumeurs selon lesquelles Macron a eu une affaire extra maritale homosexuelle » (The EU Observer, 13 février 2017). En fait, cette « calomnie sexuelle » circulait déjà surtout dans les milieux homosexuels de Paris, pour lesquels le scandale, s’il en est un, n’est pas l’orientation sexuelle prêtée à Macron mais plutôt le fait qu’il la nie. L’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, était ouvertement homosexuel ; le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, est homosexuel ; en France, être homosexuel n’est pas un problème.

Macron est soutenu par un « lobby homo très fortuné », aurait affirmé Dhuicq. Tout le monde sait de qui il s’agit : Pierre Bergé, le riche et influent directeur commercial d’Yves Saint Laurent, la personnification du radical chic, farouche partisan de la gestation pour autrui, un sujet brûlant en France, et la vraie controverse derrière l’opposition ratée au mariage homosexuel.

L’Etat profond monte à la surface

L’étonnante adoption en France de la campagne antirusse américaine montre une lutte titanesque pour le contrôle de la « narration » – la version de la réalité internationale consommée par la masse des gens qui n’ont pas les moyens d’entreprendre leurs propres recherches. Le contrôle de la narration est le cœur critique de ce que Washington décrit comme sa « puissance douce ». La puissance dure peut livrer des guerres et renverser des gouvernements. La puissance douce explique aux quidams pourquoi c’était la bonne chose à faire. Les Etats-Unis peuvent littéralement tout se permettre aussi longtemps qu’ils peuvent raconter l’histoire à leur avantage, sans risque d’être contredits de façon crédible. En ce qui concerne les points sensibles du monde, que ce soit l’Irak, la Libye ou l’Ukraine, le contrôle de la narration est fondamentalement exercé par le partenariat entre les services de renseignement et les médias. Les services de renseignement écrivent l’histoire et les grands médias la racontent.

Ensemble, les sources anonymes de « l’Etat profond » et les médias de masse ont pris l’habitude de contrôler la narration racontée au public. Ils ne veulent pas abandonner ce pouvoir. Et ils ne veulent assurément pas le voir contesté par des outsiders – notamment par les médias russes qui racontent une histoire différente.

C’est une des raisons de la campagne extraordinaire en cours pour dénoncer les médias russes et autres médias alternatifs comme diffuseurs de « fausses nouvelles », afin de discréditer des sources rivales. L’existence même de la chaîne d’information internationale russe RT a suscité une hostilité immédiate : comment les Russes osent-ils se mêler de notre version de la réalité ! Hillary Clinton avait mis en garde contre RT quand elle était secrétaire d’état et son successeur John Kerry a dénoncé la chaîne comme « un mégaphone de propagande ». Ce que nous disons est vrai ; ce qu’ils disent ne peut être que de la propagande.

La dénonciation des médias russes et de la prétendue « ingérence russe dans nos élections » est une invention majeure de la campagne Clinton, qui a ensuite infecté le discours public en Europe occidentale. Cette accusation est un exemple évident de double standard, ou de projection, étant donné que l’espionnage américain de tous, y compris les alliés, et l’ingérence américaine dans les élections à l’étranger sont de notoriété publique.

La campagne dénonçant les « fausses nouvelles » émanant de Moscou bat son plein en France comme en Allemagne à l’approche des élections. C’est cette accusation qui empoisonne la campagne, pas les médias russes. L’accusation que Marine Le Pen est « la candidate de Moscou » est non seulement supposée ruiner ses chances, mais c’est aussi un ballon d’essai pour susciter une possible « révolution de couleur » si d’aventure elle gagnait l’élection du 7 mai. L’ingérence de la CIA dans les élections étrangères est loin de se limiter à des bulletins d’information controversés.

En l’absence d’une authentique menace russe en Europe, affirmer que les médias russes « empiètent sur notre démocratie » revient à désigner la Russie comme un ennemi agressif et, par-là même, à justifier l’énorme accroissement du potentiel militaire de l’OTAN dans le nord-est de l’Europe, ce qui ravive le militarisme allemand et dévie la richesse nationale vers l’industrie d’armement.

D’une certaine façon, l’élection française est une extension de l’élection américaine, dans laquelle l’Etat profond a perdu sa candidate préférée, mais pas le pouvoir. Les mêmes forces sont à l’œuvre ici, soutenant Macron comme un Clinton français, mais prêtes à stigmatiser tout opposant comme un instrument de Moscou.

Ce qui s’est passé ces derniers mois a confirmé l’existence d’un Etat profond qui est non seulement national mais transatlantique et aspire à être global. La campagne antirusse est une révélation. Elle révèle à bien des gens qu’il y a réellement un Etat profond, un orchestre transatlantique qui joue le même air sans chef d’orchestre apparent. Le terme « Etat profond » apparaît soudain même dans le discours des fidèles au système, comme une réalité qui ne peut être niée, même s’il est difficile de la définir avec précision. Au lieu de Complexe militaro-industriel, on devrait peut-être l’appeler Complexe médiatico-cum-renseignement-militaro-industriel (Military Industrial Media Intelligence Complex – MIMIC en anglais). Son pouvoir est énorme, mais reconnaître qu’il existe est le premier pas pour nous libérer de son emprise.

Diana Johnstone

 

Article original en anglais :

Elections présidentielles 2017 France-1

France: Another Ghastly Presidential Election Campaign; The Deep State Rises to the Surface

Traduit par Marcel Barang pour Arrêt sur Info

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Hamon, le frondeur, les cocus et les arrivistes

février 20th, 2017 by Bruno Adrie

Je vis dans une France où le député des Yvelines et conseiller régional d’Ile de France, ayant autrefois occupé les fonctions de député européen, de porte-parole du Parti socialiste, de ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire et de ministre de l’Education Nationale, peut se présenter comme un socialiste frondeur alors qu’il n’a pas voté une motion de censure, sous prétexte qu’elle était de droite, contre la loi El Khomri. Je vis dans une France où il y a encore des gens pour s’accrocher à cette baudruche gonflée au gaz hilarant qui « traîne pourtant », nous rappelle Marianne, « une réputation d’apparatchik un rien combinard ».

Combinard, il l’a été indéniablement, lorsque, afin d’être élu à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes, il n’a pas hésité à faire repousser la limite d’âge à 29 ans alors que pour être candidat, il fallait avoir 25 ans maximum.

Combinard, il l’a été aussi en 2005 en rejoignant l’équipe Emmanuelli-Peillon, trahissant du même coup Montebourg qui l’avait nommé « porte-parole et cheville ouvrière du Nouveau parti socialiste »* trois ans auparavant, sous l’étiquette duquel il avait été élu député européen (2004).

Combinard, le député des Yvelines et conseiller régional d’Ile de France est aussi homme de réseaux : « Son aire d’influence s’étend du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à La Mutuelle des étudiants (LMDE), en passant par l’Union nationale lycéenne (UNL) et une bonne partie de l’UNEF »* lit-on dans Marianne. Et plus loin : « Pour Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, « les réseaux Hamon, c’est une vraie entreprise de placement. »*

En lisant cela, je comprends que les intéressés, les arrivistes, les futurs placés, ceux qui se poussent du coude en escaladant les échelons de la machine électorale qu’on appelle encore PS, soutiennent Benoît Hamon, le manœuvrier, l’homme de réseau, l’apparatchik qui « s’occupe de tout le monde [et] place les uns et les autres sur des listes ou dans des cabinets, notamment locaux » et c’est d’ailleurs pour ce choix et pour leur arrivisme que je les méprise. « Tous à la gamelle ! », tel est leur perpetuum mobile.

Mais ceux que je ne comprends pas, ce sont les autres, les trompés, les cocus enflés par un candidat Hollande qui en 2012 avait dénoncé devant eux une finance sans visage pour aller aussitôt rassurer la vraie, celle qui en a plusieurs, des visages, et prépare ses mauvais coups dans les donjons de verre de la City. « Aujourd’hui, il n’y a pas de communistes en France », avait-il crié aux grands spéculateurs, « ou pas tellement… La gauche a été au gouvernement pendant 15 années durant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a pas à avoir peur »**.

« Allez, venez messieurs les pirates! venez piller les biens des Français qui vont m’élire sous peu! Venez, je vous ouvre les portes du pays et vous tiens la France prête pour continuer la curée! », voilà ce qu’il leur a dit le futur président Hollande.

Alors ceux-là, les trompés, les cocus, les enflés, je les juge coupables, allons, pas autant que les arrivistes, mais coupables tout de même, d’avoir été naïfs et paresseux – contrairement aux arrivistes qui ne le sont pas et ne méritent aucune grâce -, coupables d’avoir soutenu le PS, cette deuxième droite comme l’ont qualifiée Jean-Pierre Garnier et Louis Janover, une deuxième droite qui n’a de socialiste que l’intitulé trompeur et dont la fonction a été et reste aujourd’hui de désarmer les salariés devant une offensive patronale de période de crise et de soumettre la France à l’OTAN, à l’Europe et à un capital dont la voracité est illimitée.

Hamon le frondeur, les cocus et les arrivistes…

Bruno Adrie

 

*Citations tirées de Etienne Girard, « Du MJS à la primaire : Benoît Hamon, 25 ans de combines au PS », Marianne, Dimanche 22 Janvier 2017 

** « Today there are no Communists in France. Or not many … the left was in government for 15 years in which we liberalised the economy and opened up the markets to finance and privatisations. There is no big fear » , The Guardian, 17 février 2012.

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Ayant lancé sa campagne à Lyon, la candidate présidentielle du Front National (FN), Marine Le Pen, a dévoilé 144 engagements dans son programme électoral. Elle préconise des mesures brutales contre les immigrants et en particulier contre les musulmans, une politique intérieure sécuritaire, une augmentation des dépenses militaires, et une rupture avec l’OTAN et avec l’Union Européenne (UE).

Malgré l’hostilité massive envers ce programme dans la population française, Marine Le Pen a encore de fortes chances de remporter les présidentielles. Selon un sondage Ipsos publié ce jeudi, elle arriverait en tête au premier tour de l’élection, avec 25 à 26 pour cent des voix, devant Emmanuel Macron, avec 20 à 23 pourcent.

Cela reflète l’impopularité et la banqueroute du Parti Socialiste (PS) de Hollande, qui entre dans les derniers mois d’une présidence dominée par la guerre, l’austérité et son imposition de l’état d’urgence. Le parti est divisé au sujet du vainqueur des primaires, Benoît Hamon ; une section importante du parti soutient Macron, un ancien banquier d’investissement.

Les Républicains (LR) sont aussi en pleine crise, après la publication d’allégations que leur candidat, François Fillon, a rémunéré sa femme à la hauteur d’un million d’euros pour un travail fictif en tant qu’attachée parlementaire. Le Pen cherche a bénéficier de l’effondrement de la démocratie bourgeoise en France et le dégoût populaire croissant contre l’establishment politique en France et à travers l’Europe.

Macron, l’ex-ministre de l’Economie sous Hollande, a aussi profité de la crise des deux partis ; les sondages montrent qu’actuellement il vaincrait Le Pen au second tour. Cependant, en évoquant une enquête Ifop selon lquelle seulement 36 pourcent des électeurs de Macron sont sûrs de voter pour lui, Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop, a déclaré : « Marine Le Pen, est la candidature la plus sérieuse pour le second tour, compte tenu de la continuité du score du FN depuis 2012 ».

Macron « bénéficie de l’attente de renouvellement, il bénéficie de la difficulté des candidats des partis de gouvernement, Benoît Hamon et surtout François Fillon, mais il a la part d’électeurs la moins sûre de leur choix, les plus indécis », il a ajouté.

L’élite dirigeante française, et surtout le PS, s’ inquiète de plus en plus de la large désillusion avec les partis traditionnels et la possibilité croissante d’une victoire du FN. Le Monde écrit jeudi : « Au Parti socialiste, c’est la panique. Pas tellement parce que Hamon serait un mauvais candidat, mais parce que tout sourit à Marine Le Pen… La victoire de Donald Trump, le candidat anti-élite, à la tête d’une démocratie aussi ancienne et puissante que les États-Unis démontre que le populisme peut gagner un peuple éduqué, à la pointe de la technologie la plus avancé ».

L’élection de Trump a intensifié l’incertitude profonde et les tensions politiques en Europe. Le Pen soutient activement Trump, dont son administration soutient le FN – les milieux médiatiques et politiques passent largement sous silence le soutien qu’offre le FN à Trump, malgré l’impopularité écrasante de Trump en France. Le programme du FN évoque la condamnation de l’UE par Trump en tant qu’un outil de l’Allemagne, ainsi que sa célébration du vote Brexit l’année dernière.

Dans le tout premier article de son programme, le FN s’engage à organiser un référendum sur un retrait français de l’UE. Il déclare que la France doit « retrouver notre liberté et la maîtrise de notre destin ». Le FN prétend vouloir quitter l’OTAN, ce qui renvoie aux remarques de Trump selon lesquelles l’alliance est « obsolète », et mener une politique étrangère plus indépendante, avec « une capacité de Défense autonome dans tous les domaines ».

En matière de militarisme, Le Pen propose d’augmenter le budget de la défense à 2 pour cent du PIB dès sa première année en fonction, puis à 3 pour cent avant la fin de son mandat ; le rétablissement du service militaire obligatoire d’un minimum de 3 mois ; et la pérennisation de l’arsenal nucléaire français.

La militarisation de la France ne se vise pas seulement des cibles extérieures, mais aussi la classe ouvrière à l’intérieur. Le FN promet de « réarmer massivement les forces de l’ordre », de recruter 15 000 policiers et gendarmes et d’effectuer la « modernisation » de leurs armes. Il propose de cibler les banlieues et d’organiser « la reprise en main par l’Etat des zones de non-droit ».

Le Pen a aussi indiqué vouloir développer des liens plus étroits avec la Russie, et a appelé, à plusieurs reprises, à lever les sanctions américaines et européennes contre la Russie. Son orientation vers Moscou a entraîné des accusations sans preuves dans la presse que le Kremlin se mêle dans les élections françaises pour favoriser Le Pen contre Macron, des allégations qui font écho à celles mobilisées contre la campagne de Trump.

Des divisions intenses éclatent au sein de l’élite dirigeante européenne sur la façon de répondre à la crise de l’UE et l’élection de Trump. Certains éléments de la classe dirigeante française veulent à tout prix éviter une présidence FN, qui pourrait entraîner la désintégration totale de l’EU.

Cependant, des sections importantes de la bourgeoisie française, que représente Le Pen, ont conclu que la monnaie unique nuit à la France et favorise l’Allemagne. Face à la faiblesse économique croissante française vis-à-vis l’Allemagne, ils envisagent une stratègie qui consisterait à s’allier avec la Russie, l’administration Trump, ou les deux, pour faire pression sur Berlin.

Cet effondrement de l’ordre capitaliste international d’après-guerre a donné l’occasion au FN de se développer comme force centrale de la politique bourgeoise. Il se présenter en un parti fiable à la bourgeoisie ; il a expulsé son fondateur, Jean-Marie Le Pen, en 2015 en raison de remarques qui défendaient le régime de Vichy et minimisaient l’Holocauste. L’expulsion de Le Pen père était une décision tactique de la part du FN, car ses opinions ouvertement réactionnaires nuisaient à la campagne de sa fille Marine pour « dédiaboliser » le parti.

Les tentatives du PS de constitutionaliser la déchéance de nationalité, un principe invoqué lors de la déportation des Juifs aux camps de concentration pendant l’Occupation, souligne l’adaptation ouverte du PS à la politique du FN. Le PS a aussi imposé l’état d’urgence, brutalement démantelé le camp de réfugiés à Calais et soutenu l’interdiction du voile et des maillots de bain musulmanes dits « burkini ». Après les attentats à Paris de novembre 2015, Hollande a invité Marine Le Pen à l’Elysée à plusieurs reprises, prétendument afin de construire « l’unité nationale ».

Les partis de la pseudo-gauche, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte Ouvrière (LO) ont joué un rôle tout aussi sale. En indiquant plus ou moins explicitement leur soutien pour Hollande en 2012, et en travaillant avec les syndicats pour étouffer la colère ouvrière contre la politique du PS, y compris la Loi travail de 2016, ils ont bloqué l’opposition du PS depuis la gauche, et ont ainsi laissé l’initiative politique aux mains de l’extrême-droite.

Le soutien du NPA et plus explicitement de LO à l’interdiction du voile et des burkinis, au nom de la laïcité et l’égalité des genres, a ouvert un boulevard à Le Pen pour formuler davantages de politiques xénophobes et antimusulmanes. Dans la section de son programme intitulée « Refaire de la France un pays de libertés », le FN exige davantage d’attaques contre les musulmans ; il envisage défendre les droits des femmes en « [luttant] contre l’islamisme».

Le programme brutal et anti-immigrant du FN propose également l’augmentation des contrôles frontaliers ; la suppression du droit du sol ; l’interdiction de la naturalisation des étrangers en situation illégale ; et la simplification du processus de leur expulsion.

Alice Laurençon

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Equatorianos vão às urnas neste domingo (19) em eleições presidenciais e legislativas

Por Edu Montesanti
Especial para Caros Amigos

Neste domingo (19) será decidido no Equador, em eleições presidenciais e legislativas, se a Revolução Cidadã que rompeu com o Consenso de Washington e mudou historicamente o país sul-americano seguirá, ou se a direita que aposta na financeirização da economia retornará ao poder.

A campanha eleitoral, encerrada no dia último dia 16, esteve envolvida em mentiras e em manipulação da informação por parte da oposição, uma campanha da difamação inflada pela mídia oligárquica, ou « campanha suja » segundo o presidente Rafael Correa, eleito presidente pela primeira vez em 2006 e reeleito duas vezes (2009 e 2013).

Pois a « campanha suja recheada de demagogias não se limitou aos candidatos de oposição pró-Washington: « Na campanha eleitoral, as elites empresariais que sempre usaram as instituições estatais em benefício de seus interesses privados, tomaram a iniciativa de apresentar queixas contra a corrupção para aparecer como defensores da ética pública », aponta o economista equatoriano Jorge Orbe León, professor do Instituto de Altos Estudos Nacionais (IAEN) de Quito, capital do Equador.

O presidenciável Lenín Moreno, do governista Movimiento Alianza PAÍS, desde o início da campanha lidera as pesquisas de opinião pública. Seus principais adversários, Cynthia Viteri e Guillermo Lasso, disputam o segundo lugar para a presidência equatoriana alternando-se na disputa pelo segundo turno: as últimas pesquisas de opinião pública divulgadas em 8 de fevereiro, apontam o ex-vice-presidente de Correa com 32,3%, Lasso com 21,5%, e Viteri com 14%. « É pouco provável que tenha segundo turno », avalia o professor doutor Orbe.

Os resultados destas sondagens, diante de todo o jogo baixo da direita e da manipulação midiática, são um dos grandes exemplos de que a Revolução Cidadã, que ao longo dos anos sofreu constantes tentativas de golpe arquitetadas e financiadas por Washington, e até de magnicídio em 2010, soube qual caminho seguir a fim de dar continuidade às conquistas sociais, em diversos casos entre as maiores da região (a menor taxa de desemprego latino-americana hoje é do Equador: 5,3%): transformar as classes menos favorecidas não somente em consumidoras, mas em cidadãs que pudessem, junto da ascensão da extrema pobreza à classe média, resistir aos ataques das classes dominantes e de todo o tipo de manipulação midiática.

O projeto de continuidade da Revolução Cidadã, que em dez anos simplesmente triplicou o salário mínimo proporcionando ganhos reais aos trabalhadores como jamais antes, passa por isto: « Protagonismo da sociedade: alcançar maior politização da sociedade, única garantia de que qualquer mudança programática que realize a Revolução Cidadã, não seja passageira. A irreversibilidade do processo depende apenas de uma sociedade consciente de seus direitos e da importância de suas lutas históricas. Neste sentido, coloca-se muita ênfase no território, em “escutar as pessoas. Democracia radical: governar os mercados, colocar a economia a serviço da cidadania (o termo cidadania denota que o cidadão é considerado muito mais que consumidor enquanto dotado de consciência política, de igualdade de direitos diante de um Estado que lhe garante serviços básicos como saúde, educação, segurança, saneamento como direito e não como bens de consumo). Além disso, incentivar os mecanismos de participação cidadã para que a sociedade possa imiscuir-se de uma melhor maneira no governo.

Mais que tudo, a Revolução Cidadã tem transformado e se apoiado na educação, a qual, consequentemente, tem proporcionado consciência cidadã. « Em matéria de segurança, nos últimos dez anos o país deu um salto impressionante, a tal ponto que hoje  o Equador é um dos lugares mais seguros para se viver na América Latina », lembra o docente da Iaen. É exatamente isto que está em jogo no país andino nas eleições deste dia 19: a soberania nacional e o protagonismo da sociedade em relação à história do país, tendo o exercício da cidadania como seu grande pilar.

Nesta entrevista, o economista e docente Jorge Orbe León faz um balanço dos candidatos, da própria Revolução Cidadã há dez anos no poder equatoriano, e apresenta perspectivas para o país andino.

Para o economista, que aponta importantes dados envolvendo conquistas sociais no Equador nos últimos anos, Lenín Moreno « representa a força das mudanças econômicas, políticas e sociais que a Revolução Cidadã proporcionou nos últimos dez anos no Equador, em favor dos setores sociais com menor renda », enquanto os adversários, um retrocesso a tempos em que as elites eram as que se beneficiavam de um Estado promotor da concentração de riquezas, através do que qualifica de Estado mínimo sem sentido.

Confira a seguir a entrevista sobre uma das campanhas presidenciais mais importantes da América Latina nos últimos anos.
Caros Amigos – Qual sua visão, professor dr. Jorge Orbe, sobre os candidatos que lideram os três primeiros lugares nas pesquisas, pela ordem segundo as últimas pesquisas: Lenin Moreno (Movimiento Alianza PAÍS), Guillermo Lasso (CREO – SUMA), e Cynthia Viteri (Partido Social Cristão)?
Jorge Orbe – Nas eleições de 19 de fevereiro, a população equatoriana deverá decidir entre defender seu futuro ou um retorno ao passado.

Lenin Moreno incorpora a possibilidade de recriar um sistema político baseado na democracia participativa e na política econômica redistributiva, que promove o emprego e a recuperação econômica de grandes, médias e pequenas empresas, desde que estejam dispostas a investir com base em responsabilidade social, fiscal e ambiental.

As candidaturas de Cynthia Viteri e de Guillermo Lasso representam o desejo das elites econômicas de recuperar o poder do Estado para implementar políticas públicas voltadas à concentração da riqueza, em benefício dos setores de grandes atividades.

Quando Rafael Correa tomou posse em 2007 como presidente da República, encontrou um país destruído, propondo então a necessidade de refundar a nação com uma nova constituição que estabeleceu a base jurídica para um novo sistema econômico e político, projetado para superar os problemas gerados pelo neoliberalismo que, durante três décadas, afetou gravemente a dignidade e os interesses dos setores mais vulneráveis da sociedade.

As mudanças políticas impulsionadas pela Revolução Cidadã tornaram possível reconstruir a economia nacional e reformar o Estado, a fim de garantir os direitos econômicos, sociais e culturais da população; preparar o país para o século XXI inserindo o país, de forma inteligente, na economia mundial através de uma nova estratégia de desenvolvimento endógeno centrado no ser humano. Esta nova estratégia de desenvolvimento exclui a possibilidade do mercado, ou do Estado, tornar-se eixo da história nacional.

No início, a Revolução Cidadã descartou a possibilidade de construção de uma sociedade centrada no mercado, bem como uma sociedade centrada no Estado. Rafael Correa se propõe a estabelecer a supremacia do ser humano sobre o capital, para o qual era necessário articular uma mudança nas relações de poder observando que o ser humano não deve estar a serviço do mercado ou do Estado. Pelo contrário, o mercado e o Estado devem estar em função do interesse da sociedade e não das elites econômicos ou políticos. PAÍS visa a construção de uma sociedade com mercado, não uma sociedade de mercado com um Estado moderno e eficiente, cujas políticas são definidas com base no exercício da democracia participativa.

Lenin Moreno, candidato do Movimiento Alianza PAÍS, tem a melhor chance de sucesso uma vez que representa a força das mudanças econômicas, políticas e sociais que a Revolução Cidadã tem proporcionado nos últimos dez anos no Equador, em favor dos setores sociais de menor renda.

Guillermo Lasso é um banqueiro próspero que, em 2012, fundou uma política de acesso ao poder do partido do Estado e, a partir daí, promoveu políticas econômicas em favor do capital financeiro.

Em grande medida, sua riqueza vem dos lucros gerados por sua participação como super ministro da Economia em um governo que, em 1999, desencadeou uma crise bancária de grandes proporções, com consequências desastrosas para o país: inflação, desvalorização, recessão, falência de empresas, desemprego, aumento da pobreza e da miséria, mortes, suicídios e mais uma onda migratória na história nacional.

Cynthia Viteri pertence ao Partido Social Cristão, de direita. Seu programa propõe a defesa conservadora do capitalismo e da promoção de uma economia social de mercado.

É a favor da privatização da economia, da redução de impostos das empresas e da anulação da regulação e do controle do Estado; representa os interesses de um setor produtivo e financeiro ligado à economia agro-exportadora.

O Partido Social Cristão encarna uma postura autoritária, o tempero necessário a fim de estabelecer uma economia de mercado organizada para servir os interesses das empresas, especialmente aqueles setores empresariais que estão ligados ao mercado externo.

O candidato governista promete continuar com as políticas do presidente Correa. Em que pontos, especificamente, o senhor concorda com essas propostas? 
A meta nacional é que o Equador deixe para trás os flagelos do passado, e um deles é ter uma economia dedicada exclusivamente para a produção de commodities. Busca-se privilegiar uma economia que promova uma exportação diversificada, eco-eficiente e de valor agregado, bem como com base nos serviços economia do conhecimento e da biodiversidade. Em outras palavras, a mudança da matriz produtiva requer uma maior geração de riqueza envolvendo o desenvolvimento produtivo em outras linhas de ação, como o turismo ou as relacionadas com ciência e tecnologia, capazes de alcançar um desenvolvimento sustentável.

Para fazer isso o Estado deverá recuperar o controle sobre setores estratégicos, e definir suas prioridades na transformação da matriz energética para se deslocar de energia cara e poluente, com base em hidrocarbonetos (usinas), a uma mais barata, renovável e limpa. Neste sentido, desde 2010 foram investidos cerca de 5 bilhões de dólares na construção de oito usinas hidrelétricas para gerar energia renovável e de repotencialização de outras estações.

Neste momento, já estão em operação a Usinas Hidrelétricas Manduriacu, Sopladora e Coca Codo Sinclair as quais, com a Hidropaute, Mazar e outras que se incorporem como Toachi Pilatón, Delsitanisagua e Minas-San Francisco, serão pilares da mudança da matriz energética. Desde novembro de 2016, o país já exporta energia para Colômbia e Peru.

Assim, podemos dizer que a nova matriz energética, com base na geração de energia limpa e renovável, é quase completa, embora no longo prazo, a falta ainda a ser feito; não a mudança da matriz produtiva, como a economia equatoriana permanece primário-exportadora. Portanto, para superar essas limitações, é necessário promover investimentos de longo prazo público-privadas, especialmente os que estão relacionados com o conhecimento e as novas tecnologias.

A mudança da matriz produtiva coloca o desafio de aumentar as exportações de produtos equatorianos mais representativos, mas com alto valor agregado, ou seja,processando-os bem como reduzindo as importações e aumentando a produção doméstica. Este processo requer o investimento produtivo sustentável, especialmente nas áreas da educação e tecnologia de processo de ponta.

Em matéria de segurança, nos últimos dez anos o país deu um salto impressionante, a tal ponto que hoje o Equador é um dos lugares mais seguros para se viver na América Latina. O relatório do Igarapé Institute Homicide Monitor, publicado no ano passado, atestou que as cidades equatorianas de Ambato, Quito e Cuenca estão entre as dez mais seguras em toda a América Latina. A medição foi feita levando em consideração a taxa de homicídios por 100 mil habitantes. No entanto, há muito a ser feito, especialmente para controlar o micro-tráfico e no combate ao crime organizado transnacional.

Os principais candidatos da oposição propõem a eliminação de diversas instituições públicas – no caso de Lasso, do Ministério de Ensino Superior, Ciência, Tecnologia e Inovação (Senescyt), e do Conselho de Participação Cidadã e Controle Social (CPCCS), enquanto Viteri, do Conselho de Participação Cidadã e Controle social. Afirma a Organização Internacional do Trabalho que o Equador é o segundo país com o menor percentual de funcionários públicos da América Latina, a maioria deles concentrados no setor de educação e saúde. Portanto, o esvaziamento proposto por Lasso e Viteri não reduziria o número de médicos e professores? Sua visão sobre tudo isso, professor Orbe.

Logo após ter encontrado instalações destruídas, tais como estradas, escolas, colégios, universidades e hospitais públicos, o governo de Rafael Correa assumiu a responsabilidade de investir, em dez anos, 22 bilhões de dólares no setor de educação e 16 bilhões de dólares em saúde.

Agora, as crianças e os jovens dão continuidade aos estudos em edifícios modernos com laboratórios adequados e professores treinados. Para melhorar a qualidade da educação, a política educacional também incluiu a formação e avaliação dos professores.

A formação de professores é prioridade, mas também foram proporcionados aumentos salariais: em 2006, um professor recebia um salário entre 90 e 200 de dólares por mês; hoje seu salário varia entre 600 e 1.600 dólares.

No Ensino Superior, estabeleceu-se um sistema de crédito e certificado universitário, o qual levou ao fechamento de 17 universidades que não cumpriam as normas exigidas pré-estabelecidas.

Agora, de acordo com a Unesco o Equador é o segundo país que mais progrediu em educação na região, e o que mais investiu em ensino superior: 2% do PIB (2 bilhões de dólares), embora ainda haja muito a ser feito.

A melhora na qualidade e a ampliação da educação gratuita fizeram que, entre 2007 e 2015, aumentassem as matrículas nas faculdades entre os mais pobres, cujos indicadores aumentaram de 36,5% para 57,3%. Agora, 60% dos jovens desfrutam de educação pública com o desafio de melhorar ainda mais a qualidade.

A atenção às pessoas com deficiência deixou de ser uma dádiva para se tornar política de Estado. Entre 2007 e 2012, o trabalho do vice-presidente Lenin Moreno concentrou-se na área social. O objetivo principal foi oferecer qualidade de vida às pessoas com deficiência, e implementar o conteúdo da Convenção da ONU sobre os Direitos das Pessoas com Deficiência. O processo começou declarando estado de emergência para todo o sistema de prevenção de deficiência física, depois foram oferecidos atenção e fornecimento de ajudas técnicas e produtos médicos, acessibilidade, registro e capacitação.

No Equador, a mudança foi drástica: até 2006 se atendia 5 mil pessoas, e em 2015 esse número chegou a mais de 128 mil cidadãos de todas as idades atendidos, muitos deles em situação de pobreza extrema. O acesso dessas pessoas a um melhor nível de vida é reconhecido na Constituição como direito; a partir disso, o governo encarrega-se de proporcionar às pessoas com deficiência acesso à moradia digna. Até 2017, o governo planeja entregar 20 mil casas para pessoas com deficiência. O programa Manuela Espejo é referência na América Latina e reproduzida em outros países, com conselhos e assistência no Equador.

A prioridade do governo foi melhorar a saúde pública: o investimento acumulado em saúde ao longo da última década foi de cerca de 16 bilhões de dólares. Apenas em 2015, mais de 1.800 bilhões de dólares foram investidos, ou seja, três vezes mais que os 535 milhões de dólares investidos em 2006.

O presidente Correa ressaltou, em várias ocasiões, que por vários anos antes do seu governo não se havia construído no país e nem sequer um único hospital público. Na última década, no entanto, 11 hospitais e 51 centros públicos de saúde foram inaugurados. A cidadania recuperou sua confiança: os cuidados médicos no sistema público de saúde aumentaram de 16 milhões em 2006 para 39 milhões de pacientes em 2015. Para melhorar os serviços de saúde, o Estado contratou milhares de profissionais capacitados, nacionais e estrangeiros. Entre 2008 e 2015, o Estado contratou 34 mil médicos.

Na segurança social, os números são igualmente relevantes: os beneficiários passaram de 1,57 milhões para 3,5 milhões, elevando a demanda por serviços, especialmente de saúde. Neste contexto, o Estado assinou um acordo com os hospitais privados para receber pacientes, mas o custo excessivo fez com que esse sistema ficasse limitado. Em 2015 foram desembolsados 780 milhões de dólares, mas investigações encontraram superfaturamento, por isso tomou-se a decisão de construir novas casas com fundos próprios de saúde.

Os candidatos empresariais propõem cortes de impostos e redução de funcionários do governo, o que significaria o advento de uma lenta agonia das instituições do Estado e do público a fim de privatizar serviços públicos, especialmente em energia, comunicações, educação e saúde. Redução de impostos envolve cortar os direitos econômicos e sociais da maioria da população.

Viteri e Lasso coincidem no que diz respeito à derrubada de restrições à importação, à eliminação dos impostos entre outras coisas sobre a evasão de divisas e as terras agrícolas. A candidata do Partido Social Cristão propõe autonomia e independência do Banco Central, assinatura de um acordo comercial com os Estados Unidos. Essas propostas não visam beneficiar o alto empresariado, os banqueiros e os exportadores configurando-se  claramente em benefícios pessoais de uns poucos, em detrimento da maioria da sociedade equatoriana? O que significaria ao Equador a política econômica prometida por ambos os candidatos oposicionistas?
De acordo com dados fornecidos pelo Instituto Nacional de Estatística e Censos (INEC), entre 2007 e 2016 a pobreza por renda a nível nacional caiu de 62% para 44% da população, e a pobreza extrema caiu seis pontos percentuais, ficando em 10% em março 2016. Na última década, mais de um milhão de equatorianos deixaram a pobreza extrema. Uma das razões para esses resultados é a cobrança de impostos melhorada e a redistribuição da riqueza, traduzida em investimentos que beneficiam as pessoas e melhoram a qualidade de vida. Nos últimos dez anos, essas pessoas passaram a fazer parte da classe média.

Em relação à pobreza por necessidades básicas insatisfeitas, em 2008 o número chegou a 47%, enquanto que em 2015, caiu para 32%. A questão da equidade foi uma das questões mais controversas durante o último período de governo de Rafael Correa. Entre 2007 e 2015, o quinto mais pobre da sociedade dobrou sua renda mensal per capita. Em 2006, os 10% mais ricos registravam 42 vezes mais que os 10% mais pobres. Essa lacuna foi reduzida em 25 vezes. A desigualdade é um problema global que afeta também o Equador e, sem dúvida, Rafael Correa trabalhou para superar, com progressos consideráveis, mas os desafios permanecem.

Entre 2007 e 2015, trabalhou-se para melhorar obras de saneamento, especialmente no setor rural. Foram realizados progressos significativos na cobertura de serviços de eliminação de excrementos (de 41% para 72%). A isso se somou a redução da superlotação, de 28% para 15% de acordo com levantamento realizado pelo INEC. A erradicação do trabalho infantil e de adolescentes (5 a 17 anos) também foi diminuída em seis pontos. Em 2007, o índice situou-se em 12,5%, enquanto em 2015 esse percentual caiu para 5,9%.

Entre 2007 e 2016 investiu-se 357 milhões de dólares em renovação da Rede Nacional de Aeroportos e, de acordo com o Fórum Econômico Mundial, entre 2006 e 2015 o Equador subiu 57 posições no ranking de melhor qualidade neste processo; antes, o país havia sido classificado na 82ª posição, e hoje está na 25ª.

De 2007 a 2016, o atual governo tem investido cerca de 10 bilhões de dólares para melhorar a rede rodoviária estadual; este investimento mudou a vida de milhares de pessoas e revigorou a economia do Equador. Diante disso, várias empresas estrangeiras hoje estão interessadas em investir no Equador: as concessões dos portos de Manta, Posorja e Puerto Bolívar trouxeram um investimento de 2.1 bilhões de dólares que vêm de multinacionais com sede na Turquia, no Chile e em Dubai.

Há dez anos eram muito comuns as inundações no inverno, bem como a seca que impedia o plantio nos meses de verão. Esse cenário foi deixado para trás, especialmente para aqueles que vivem em comunidades próximas de rios, ou aqueles que vivem da agricultura. Para resolver este problema, o governo investiu mais de 1 bilhão de dólares em seis projetos universais que protegem milhares de hectares de plantações. O fenômeno do El Niño, registrado em 2015, não teve o mesmo efeito devastador de anos anteriores, precisamente por causa desses edifícios. Atualmente, 142 mil hectares de terras beneficiam-se da infra-estrutura criada para o controle de inundações.

Em suma, o governo da Revolução Cidadã recuperou o público. Um relatório especial do Banco Interamericano de Desenvolvimento (BID) colocou o Equador acima do nível regional, sobre a eficiência dos serviços públicos. Em 2011, o país ocupava o 15º lugar, e já no final de 2015 subiu para a sexta colocação.

Este progresso acompanha a valorização do trabalho de servidores públicos. De acordo com o Orçamento Geral do Estado consolidado por Grupo de Gastos de 2016, a categoria de salários e vencimentos dos funcionários públicos representam 29% do Orçamento Geral do Estado; ou seja, 8,9% do produto interno bruto. As normas internacionais exigem que esta despesa não deve exceder, em média, 25% do orçamento.

Uma das premissas do atual governo é que « o público deve ter alta qualidade ». O início da mudança – e o mais visível – foi a moralização das entidades públicas. Nos governos anteriores, a ideia de que o público não valia a pena e, por isso, muitos serviços acabaram privatizados como luz e telefone empresas, tornou-se generalizada. Entre as instituições que experimentaram modernização e mudanças estão o Registro Civil (cartórios equatorianos), empresas elétricas, Correios do Equador, a Corporação Nacional de Telecomunicações, instituições de justiça e, em geral, todas as entidades estatais. Todos são guiados por um princípio básico: prestar um bom atendimento ao cidadão. Esta década também mudou a visão do funcionário público, e o valor da eficiência.

Uma política econômica como a delineada pelos candidatos Cynthia Viteri e Guillermo Lasso, representa o retrocesso de todos os avanços descritos acima. Agora que se modernizaram as instituições e os serviços públicos, as elites empresariais estão tentando privatizar esses serviços, já que isso significa uma grande oportunidade de negócio em seu favor.

Nas condições históricas do Equador hoje, o desejo das elites empresariais é aproveitar o grande investimento público nos últimos anos, o que traria aumento dos custos dos serviços públicos, especialmente em comunicações, eletricidade, segurança, educação e saúde, e os consequentes cortes nos direitos sociais para a maioria da população.
Quais os principais desafios econômicos, políticos e sociais do Equador hoje?
Devido à queda dos preços internacionais do petróleo, a crise econômica e financeira da União Europeia, a valorização do dólar e os danos causados pelo terremoto, o país teve que aumentar o nível de dívida externa e estabelecer medidas de segurança, para controlar o déficit da balança de pagamentos. Como o Equador não tem moeda própria, o governo foi forçado a adquirir dívida pública que, atualmente, representa 37% do PIB. Embora não era apropriado na fase descendente do ciclo fazer um ajuste fiscal deste tipo, o novo governo terá de fazê-lo. O problema é se os custos do ajustamento vão afetar os pobres, ou se se protege os setores mais vulneráveis da sociedade.

O Equador não precisa de menos Estado, conforme proposto por opositores ao governo. Pelo contrário, é necessário um Estado forte e eficaz, capaz de apoiar todos os esforços produtivos e redistributivas necessários para garantir os direitos econômicos e sociais da população. Precisamos de eficiência no Estado, mas não a eficiência definida como o ajuste e a diminuição de funcionários públicos, especialmente professores, médicos, policiais, como querem os opositores à Revolução Cidadã. Precisamos da eficiência de um Estado capaz de apoiar seus cidadãos, com os serviços básicos que visam garantir os direitos sociais.

Um dos aspectos sobre os quais gira a campanha eleitoral no Equador, é a necessidade de criação de emprego. Além da declaração geral, os candidatos não explicaram as estratégias para este fim. O assunto é complicado quando, por razões de concorrência e competitividade, as empresas incorporam regularmente máquinas e ferramentas que economizam trabalho e jogam vastos setores da população ao desemprego e ao subemprego. Nestas circunstâncias, incapazes de vincular-se com a « economia formal », com o setor empresarial privado, segmentos significativos da população urbana impulsionam estratégias de sobrevivência relacionados com empresas familiares e emprego informal.

Um Relatório sobre Investimento Estrangeiro Direto na América Latina e no Caribe, elaborado pela CEPAL em 2012, mostra que a repatriação de lucros para o exterior chega a 92% do lucro do investimento direto estrangeiro na região. Por outro lado, as empresas transnacionais são uma fonte secundária de criação de emprego uma vez que, entre 2003 e 2013, contribuíram com apenas 5% da criação líquida de empregos na América Latina. As atividades de comércio e de construção são as que criam mais postos de trabalho (sete empregos para cada milhão de dólares investidos), seguidas pela indústria e serviços (três postos de trabalho). As atividades mineiras, incluindo o petróleo, criam um posto de trabalho para cada dois milhões de dólares.

De acordo com a última Pesquisa Nacional de Emprego e Desemprego realizada pelo Instituto Nacional de Estatística e Censos, em junho de 2016 o desemprego no Equador situou-se em 5,3%. No entanto, o subemprego em todo o país atingiu 19,9%, enquanto o trabalho formal chegou a 41,2%.

Da mesma forma, de acordo com a última Pesquisa Nacional de Emprego e Desemprego do Instituto Nacional de Estatística e Censos, a população economicamente ativa, ou seja, o número de pessoas capazes de trabalhar no Equador aumenta em mais de 200 mil pessoas por ano. Se assumirmos que a grande indústria precisa investir 100 mil dólares para gerar uma fonte de emprego direto, o país precisaria de um investimento anual de 20 bilhões de dólares por ano para atender a demanda de trabalho formal incorporado na indústria! Daí a necessidade de se promover o desenvolvimento de pequenas e médias empresas que necessitam de menor capital de investimento, de preferência utilizando matérias-primas nacionais e emprega mais trabalhadores.

A questão que se coloca é: apesar das mudanças promovidas pelo atual governo sob a racionalidade atual do mercado capitalista que domina a economia mundial, a economia equatoriana pode criar o emprego necessário para atender o número de pessoas que se incorpora a cada ano no mercado de trabalho, ou, inversamente, é necessária uma transformação estrutural que abra uma nova etapa no desenvolvimento histórico do país e da humanidade?

Finalmente, eu gostaria de ressaltar que uma dívida do governo de Rafael Correa tem relação com falhas existentes na luta contra a corrupção. No momento, deve-se notar que, em uma declaração pública divulgada no mês passado, o Gabinete do Controladoria-Geral afirmou que, em 2.172 relatórios de auditoria tinham estabelecido glosas 33.000 ordens de reintegração de funcionários públicos para 661 milhões de dólares. Apesar de ter entregue esses relatórios para o Ministério Público, não se sabe ainda ações instituição tomadas a este respeito.

Na campanha eleitoral, as elites empresariais que sempre usaram as instituições estatais em benefício de seus interesses privados, tomaram a iniciativa de apresentar queixas contra a corrupção para aparecer como defensores da ética pública.

Sobre os resultados, na minha opinião é pouco provável que tenha segundo turno. No entanto, se for o caso, o que se dará entre Lenín Moreno e Guillermo Lasso, o que significa uma disputa entre o capitalismo redistributivo contra o neoliberalismo em estágio avançado;  capital financeiro internacional contra o capital produtivo com afã de acumulação nacional; a democracia republicana formal contra o autoritarismo financeiro despótico; a defesa do Público contra a privatização em estágio avançado; teologia sem libertação contra o Opus Dei.
Tendo e vista que o Equador tem alcançado maior soberania e, consequentemente, destaque na região nos últimos anos, diferentemente do que acontecia antes da Revolução Cidadã, qual a importância para a atual conjuntura da América Latina as eleições deste dia 19 de fevereiro em seu país?

Após as mudanças políticas no Brasil e na Argentina, o ano de 2016 para a América Latina significou o retorno do neoliberalismo e do poder econômico das elites. Neste momento existe o risco no Equador, o que confirma aquilo que se tem denominado como o fim do ciclo de governos progressistas na região.

Como é sabido, no início do século XXI foram estabelecidos vários governos progressistas na América Latina. Desde então, o pensamento político da região tem sido caracterizado pela defesa do Estado em favor dos setores mais vulneráveis, a defesa da soberania nacional em uma escala continental, a busca da satisfação das necessidades básicas para a maioria da população, o caráter nacional-popular de políticas públicas e o desenvolvimento de uma democracia econômica e social que se estende à democracia formal republicana.

Tudo isso está em jogo, mas também a possibilidade de que a América Latina constitua em um bloco econômico e político autônomo, que negocie seus interesses de forma soberana com Estados Unidos, China, Rússia e União Europeia, pois o Equador tem desempenhado papel ativo no processo de integração latino-americana.

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La defunción del nonato Tratado Transatlántico, el retiro de Estados Unidos del TPP, la –por ahora– comedia de Trump con Peña Nieto por el muro y el NAFTA, las medidas xenófobas promulgadas –luego frenadas por la Justicia– y las acaloradas discusiones sobre el “impuesto fronterizo”, hablan por sí solos tanto de los límites de la “globalización” como de los obstáculos para cercenarla. Señalamos desde esta columna que el choque entre “éxitos” y desventuras de la globalización dibujaba el terreno más escabroso que tendría que transitar el novel presidente norteamericano. Y, efectivamente, si Wall Street recibió su asunción con una cálida bienvenida superando la barrera de los 20 mil puntos, la firma del decreto que suspendía temporalmente el programa para aceptar refugiados y limitaba el ingreso de ciudadanos de siete países de mayoría musulmana, no tuvo igual acogida. Wall Street mostró su peor caída en un año. Es que Wall Street habla y en un sentido parece estarle diciendo a Trump que se cuide con el nivel arancelario para importaciones mexicanas y chinas… Discúlpesenos la digresión pero Trump también respondió decretando el inicio del proceso de revisión de la ley Dodd Frank –una regulación financiera débil implementada en 2010 por la administración Obama- y adelantó luego que anunciaría rebajas impositivas. Las bolsas volvieron a subir…Hay ahí un diálogo sintomático e imperdible.

En cuanto al decreto xenófobo, las estrellas chispeantes de Silicon Valey pero también Goldman Sachs –origen del flamante Secretario del Tesoro-, la Ford Motors, la General Electric, la Boeing, Nike y otras “no tecnológicas”, salieron inmediatamente a repudiarlo. Incluso las que como Ford están negociando a cuenta gotas sus planes de deslocalización empresaria, le están avisando a Trump que no se meta demasiado con la globalización –o por lo menos que no se pase de la raya. A causa del decreto, el CEO de Uber tuvo que renunciar a su cargo de asesor económico del gobierno mientras el mayor impulsor de los autos eléctricos prefirió permanecer dentro del consejo –del que entre otros también forman parte los directivos de las súper “globals” innovadoras Tesla, Space X, IBM y la cadena de ventas internacionales Wal-Mart Stores- para así poder influir en la opinión de Trump, según sus palabras…Los organismos y élites “globales” políticas y económicas internacionales incluyendo desde la ONU hasta Mutter Ángela –como retrató a Merkel hace no mucho tiempo el influyente semanario alemán Der Spiegel- jugaron su carta filantrópica defendiendo a refugiados y migrantes a quienes –de más no está recordar- dejan morir por miles a diario en las aguas del Mediterráneo, segregan en campos de concentración o –en el “mejor” de los casos- usan como mano de obra barata.

El asunto es que “globalización” y baratura de la mano de obra extranjera –cuestión para la cual la inmigración representa un potente símbolo- son aspectos inescindibles y resultan “la” sustancia mediante la cual el capital reestableció su dominio tras el fin de las condiciones excepcionales de los años de posguerra. Y esta sustancia es –nada más ni nada menos- que lo que hoy está en cuestión. Donald Trump es el símbolo más cabal de un proceso que durante los últimos 8 o 9 años fue perdiendo –moderadamente, hay que remarcarlo- su dinámica económica y que en ese curso fue horadando con mayor virulencia el pilar de los mecanismos políticos que le daban sustento. Este movimiento complejo reúne en la figura de Trump gran parte de los difíciles interrogantes sobre el derrotero próximo de la economía capitalista.

Sobre glorias y paradojas

Señalamos reiteradamente desde esta columna la dualidad entre éxito y fracaso del neoliberalismo que, en lo fundamental, puede distinguirse temporalmente. Para decirlo sintéticamente: la más amplia libertad al movimiento de capitales –incluida la conquista de nuevos espacios para la acumulación– y una “libertad” restringida y opresiva al movimiento de personas, acompañada del creciente retroceso de las condiciones de existencia de las clases trabajadoras de los países centrales, constituyó la esencia de las décadas de moderado crecimiento neoliberal que siguieron a la crisis de los años ’70. Este trípode que alentó la instauración de una nueva división mundial del trabajo y se erigió en garantía de continuidad del liderazgo norteamericano tras la ruptura del “pacto social” de posguerra, no estuvo exento de la creación de elementos de nuevos “consensos”. El lugar del crédito como estímulo al consumo, máscara del estancamiento salarial y pérdida de beneficios de amplias franjas de trabajadores en los países centrales –Estados Unidos es un paradigma- fue escalando posiciones.

La ilusión de la “democratización de las finanzas” alcanzó su máximo impulso con las hipotecas subprime en los años 2000. En paralelo, la inversión de capital se fue localizando en regiones y países que adquirían la fisonomía de “talleres industriales” como el Sudeste Asiático, México, la India y luego China y Europa del Este. En el mismo proceso en el que el capital foráneo usufructuaba altos estándares de explotación de la mano de obra, incorporaba a millones –muchos de los cuales pasaban de la miseria absoluta a un ingreso miserable- al mercado de trabajo y de consumo capitalista. Al calor de la industrialización de algunas regiones periféricas particulares surgieron tanto sectores de trabajadores especializados y mejor pagos, como nuevas clases medias numerosas que -como en los casos de China o México- tuvieron roles protagónicos en el desarrollo del proceso “consumista”. En síntesis crédito y consumo –como formas derivadas de un capital ficticio creciente- resultaron las estrellas más brillantes de las últimas décadas neoliberales, a la vez que la desigualdad crecía a ritmos desconocidos desde fines del siglo XIX.

Pero no sólo de raigambre económica fueron los elementos de lo que podría llamarse un “consenso” frágil. En un interesante artículo, la intelectual feminista estadounidense, Nancy Fraser, habla de un neoliberalismo “progresista” al que define como “alianza de las corrientes principales de los nuevos movimientos sociales (feminismo, antirracismo, multiculturalismo y derechos de los LGBTQ), por un lado, y, por el otro, sectores de negocios de gama alta ‘simbólica’ y sectores de servicios (Wall Street, Sylicon Valey y Hollywood).” Agrega Fraser que “En esta alianza las fuerzas progresistas se han unido efectivamente con las fuerzas del capitalismo cognitivo, especialmente la financiarización. Aunque maldita sea la gracia lo cierto es que las primeras prestan su carisma a este último.”

Quizás lo más significativo –al menos para el asunto que estamos tratando- resulte que el antirracismo –o la antidiscriminación, da igual- le haya “prestado su carisma » a aquellos cuyas ganancias se encuentran “ontológicamente” asociadas a la superexplotación –sujeta en múltiples oportunidades a prácticas aberrantes e incluso “ilegales”– de mano de obra extranjera tanto migrante como en su lugar de origen. Hoy las multinacionales cognitivas –y las que no lo son no tanto- están embanderando ese “carisma” para defender las bases de una producción “globalizada”, el secreto de su ascenso.

El desencanto

El asunto es que el armado de aquellos múltiples consensos neoliberales sufrió un shock tras la caída de Lehman y comenzó a hacer agua al calor de las débiles condiciones de recuperación que le siguieron. Como explicamos en diversas oportunidades no existió “tierra arrasada” durante el pos 2008 –cuestión que en parte se debió la puesta en escena de una relativa coordinación interestatal. La recuperación económica resultó lo suficientemente “sólida” como para aventar el fantasma de los años ’30 pero lo suficientemente débil –y este es el núcleo del “estancamiento secular”- como para demoler los frágiles consensos internos conquistados hasta entonces. En el curso de esos años la carroza se fue transformando en calabaza… el hechizo del crédito estaba roto y amplios sectores de las clases trabajadoras –fundamentalmente de los países centrales- empezaron a sentir el peso de las conquistas perdidas en décadas previas –incluyendo entre ellas, empleos de buena calidad.

Y ¿qué hay del “neoliberalismo progresista”? Dice bien Fraser que “la victoria de Trump no es solamente una revuelta contra las finanzas globales. Lo que sus votantes rechazaron no fue el neoliberalismo sin más, sino el neoliberalismo progresista.” Y se explica: “Clinton fue el principal ingeniero y portaestandarte de los ‘Nuevos Demócratas’ (…) en vez de la coalición del New Deal entre nuevos obreros industriales sindicalizados, afroamericanos y clases medias urbanas, Clinton forjó una nueva alianza de empresarios, suburbanitas, nuevos movimientos sociales y juventud.” Y agrega que “Durante todos los años en los que se abría un cráter tras otro en su industria manufacturera el país estaba animado y entretenido por una faramalla de ‘diversidad’, ‘empoderamiento’ y ‘no discriminación”. Y resulta que fue “Fue esa amalgama la que desecharon in toto los votantes de Trump (…) Para esas poblaciones, al daño de la desindustrialización se añadió el insulto del moralismo progresista que se acostumbró a considerarlos culturalmente atrasados. Rechazando la globalización, los votantes de Trump repudiaban también el liberalismo cosmopolita identificado con ella.”

Cabe agregar –otra vez- que aquella amalgama “liberal progresista antidiscriminatoria” constituyó la base de una potente operación ideológica destinada a ocultar la discriminación de los trabajadores chinos o mexicanos cuyos salarios resultan, para el último caso, entre 6 y 10 veces menoresque aquellos de sus pares norteamericanos. Trabajadores estos últimos que por supuesto y a la vez, también fueron “discriminados” con la pérdida de sus empleos, viéndose sometidos luego a múltiples formas de precarización. Pero al producirse esa especie de movimiento en reversa en el que tienden a desarmarse múltiples consensos, las cosas aparecen invertidas de resultas que un lado de las víctimas –la mano de obra barata- emerge como victimaria, como quienes “robaron” el trabajo a los “locales” que integran, por supuesto, la otra parte de las víctimas. Y en ese perverso juego de cambio de roles –que tuvo una contraparte poderosa en el voto a Bernie Sanders y en sectores de los electores de Trump que al parecer se oponen a las políticas antiinmigrantes- las empresas “globales” especializadas en explotación de mano de obra extranjera, asoman como los “progres”, defensores/salvadores de quienes son en realidad sus víctimas directas.

China y Vietnam: consensos en “deconstrucción”

Si bien el fenómeno de desencanto y repudio a las élites políticas y económicas está localizado primordialmente en los países centrales, hay quienes están hablando de elementos de un proceso similar en China, una suerte de “The end of the chinese dream” –con todas las limitaciones que se le deben reconocer al “chinese dream”. Contrariamente a lo sucedido en Estados Unidos y en el “centro”, durante los últimos años y por esas cuestiones de la “demanda”, los miserables salarios chinos devinieron bastante menos miserables. El asunto bastó para que comenzaran las deslocalizaciones…hacia Vietnam –donde el salario básico oscila entre los 150 y 200 dólares mensuales contra un promedio de 650 en China (ver Le Monde diplomatique, febrero 2017)-, Bangladesh, Birmania e incluso…México. Nike, Adidas, Puma, Lacoste, Foster, Samsung, Foxconn, Apple, Cannon, son algunas de las empresas filantrópicas que se están retirando de China hacia localizaciones más “económicas” (Idem).

Mientras el desarrollo tecnológico avanza en China, parece estar adquiriendo cierto peso un sector de trabajadores cuya fuerza de trabajo no resulta lo suficientemente barata ni posee los perfiles tecnológicos requeridos. Cuestión que a su vez se encuentra íntimamente relacionada al hecho de que China no puede continuar sosteniendo –también debido a la debilidad de la recuperación mundial- el modelo exportador que construyó el consenso chino-americano de las últimas décadas. Un consenso que –vale aclarar- se sostuvo sobre sus pies en los años pos Lehman y empezó a exteriorizar debilidades a partir del año 2014. Para seguir pensando derivaciones de la “deconstrucción” de los consensos, los límites al modelo exportador chino y su tortuosa –y necesaria- lucha por convertirse en algo más que la segunda economía mundial, están transformando al gigante asiático de un soporte para el modelo anglosajón en una amenaza potencial.

Hay ahí una suerte de diálogo profundo entre la economía y la política, al que venimos haciendo referencia hace ya tiempo. Si Donald Trump –por solo hablar del más shockeante de los fenómenos recientes- es el resultado de las características económicas particulares de la recuperación posterior a la crisis de 2008, la defunción del Tratado Transpacífico es una consecuencia -previsiblemente- derivada del ascenso de Trump.

Y el fin del Tratado Transpacífico, entre otras cuestiones de alto calibre como las aún inciertas consecuencias geopolíticas y económicas sobre la relación chino-norteamericana, le está cortando el aliento a países que, como Vietnam, se imaginaban como el “segundo taller del mundo” (ver Le Monde…) tras el encarecimiento de la mano de obra china y el cerco económico que se le dibujaba al gigante asiático si se concretaba el tratado. Es decir que la pretensión de eventuales “nuevos consensos” internos y externos, parecería estar quedando relegada al mundo de la ilusión.

Comienzan a ponerse en juego variados factores que como mínimo delinean una tendencia hacia la ruptura de los múltiples consensos construidos durante las últimas décadas, algunos de ellos prorrogados con bastante habilidad –como el chino-norteamericano- o forjados –como los elementos de coordinación interestatal- en el escenario pos Lehman.

Ser o no ser global… 

Si Trump tiene el objeto de mostrarse a sí mismo como el representante del más radical de todos los cambios, lo cierto es que enfrenta la ímproba tarea de intentar conformar a sus electores –a quienes prometió el oro y el moro…- sin atacar demasiado las bases de la internacionalización del capital. Justamente una de las contradicciones actuales más flagrantes –venimos insistiendo sobre este asunto– es aquella que muestra que no es la catástrofe económica sino las derivaciones políticas de una crisis potencialmente catastrófica, el fenómeno que está colocando en el centro al “nacionalismo” y al –por ahora- discurso proteccionista.

Pero el tipo de “protección” al que pueden aspirar en las condiciones actuales las grandes empresas de origen norteamericano es naturalmente muy distinto al que pueden ansiar los hombres y mujeres -trabajadores comunes- para los cuales el “sueño americano” se está transformando en pesadilla. Aunque dicho un poco esquemáticamente, si la “protección” que persiguen los primeros tiene básicamente la forma de los mal llamados “Tratados de libre comercio” –una práctica habitual de las últimas décadas asentada en pactos sobre los derechos internacionales de los inversores-, la que buscan los segundos está asociada a una –difícilmente imaginable- reindustrialización de Estados Unidos. Un tercer sector -parte fundamental de los electores de Trump- lo integra la pequeña y mediana empresa naturalmente interesada en exenciones impositivas y un crecimiento del consumo interno, aunque a la vez estrechamente dependiente –en múltiples oportunidades, al menos- del trabajo súper barato de los inmigrantes ilegales.

Pero cuando Trump envía señales del carácter pretendidamente “real” de su discurso, sugiriendo que frenará la inmigración e impondrá fuertemente las importaciones, “amigos” y enemigos le saltan a la yugular. Por solo dar dos ejemplos, el iPod de Apple viene con un sello que dice “Hecho en China, diseñado en California” y la propia Boeing –la mayor empresa exportadora de bienes manufacturados de Estados Unidos- produce una porción significativa de las piezas de avión en Méxicodesde donde además importa –entre otros productos- cocinas para los aviones, sistemas de cableado, aires acondicionados, timbres y mantas de aislamiento. Pero no sólo las “top” estarían en problemas, sino también los empresarios tamberos…Las deportaciones podrían provocar la desaparición de más de7000 tambos que no tendrían quién les trabaje… Más allá de negociaciones parciales -como en el caso de Carrier, Ford o Boeing, entre otros- Trump no puede modificar cualitativamente una estructura de cadenas de valor diseñada para aprovechar múltiples ventajas en diversos rincones del planeta y construida con tanto “esmero” durante los últimos cuarenta años. Estructura que –de más no está repetir- constituyó la esencia de la salvación del capital posterior a la crisis del ’70. Es difícil imaginar cuál podría ser la nueva “gran empresa” capitalista que sustituya el armado neoliberal.

En el terreno que podríamos llamar “financiero” vale dejar planteado como interrogante –aunque no vamos a desarrollar el asunto aquí- si la previsible liquidación de la ley Dodd Frank y la resurrección de los proyectos de construcción de los polémicos oleoductos de Keystone XL y Dokota Access, implican una apuesta de Trump al armado de alguna nueva burbuja petrolera. Cuestión que empero nacería rodeada de múltiples contradicciones como la muy probable revaluación del dólar que –sin ser el único factor que lo determina- repercutirá negativamente sobre el precio de las materias primas incluido, por supuesto, el petróleo.

Con toda la incertidumbre que sigue sobrevolando la escena, lo cierto es que las políticas de Trump apuntarán como mínimo a una “reforma” de la globalización, asunto que –amén de las formas políticas, es claro- tiene elementos de contacto con las sugerencias de distintos liberales “aterrados” o neokeynesianos pro global, como Paul Krugman. El problema es que la idea de “reformar la globalización” con medidas proteccionistas –aunque sean débiles- tiene aroma a contrasentido y es muy probable que en su intento derrame crisis de todo tipo. En el plano interno, profundizando grietas en las alturas que tenderán a combinarse con la crisis de consenso latente. En el plano internacional, incrementando las fricciones –cuestión que ya es evidente- y tal como observamos desde esta misma columna, estableciendo un límite estricto a la “coordinación interestatal” que cumplió un rol tan destacado en la contención de la crisis durante los últimos años.

Paula Bach

Paula Bach: Economista egresada de la Universidad de Buenos Aires (UBA).

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Odebrecht, la trama detrás de la trama

février 20th, 2017 by Juan Peris-Mencheta Barrio

El pasado 21 de diciembre de 2016 salía a la luz pública que el emporio brasileño Odebrecht, la mayor constructora de América Latina con más de 168 000 empleados e ingresos de más de 40 000 millones de dólares y cuyo presidente ya fuera juzgado y encarcelado en 2015 en el marco del escándalo Petrobras, había recurrido de manera masiva al pago de sobornos a políticos, partidos y funcionarios por un monto estimado por el Departamento de Justicia de Estados Unidos en 788 millones de dólares para conseguir la concesión de licitaciones públicas en varios países latinoamericanos (Brasil, Panamá, República Dominicana, México, Guatemala, Ecuador, Perú, Venezuela, Colombia, Argentina y Guatemala) y africanos. Los impactos políticos y económicos del caso están aún por calibrarse, a medida que las informaciones van filtrándose, pero conviene detenerse en aquello que el caso Odebrecht no debería ocultarnos en su espectacular estallido mediático.

Una Púnica a escala latinoamericana

Para dimensionar adecuadamente la magnitud del delito y a la vez curarnos preventivamente de cualquier prejuicio chovinista, la suma comprometida a lo largo y ancho del caso Odebrecht se corresponde con la suma total de lo defraudado en España por las tramas Púnica, ERE de Andalucía, Gürtel y el caso Saqueo, por sólo escoger algunos de los más de 120 casos de corrupción censados en nuestro país.

Más allá de su magnitud, el entramado Odebrecht revela tanto la intensidad como el modus operandi (relativamente simple y homogéneo) mediante el cual se ha generalizado esta inmensa dinámica de colusión entre los intereses de las grandes corporaciones transnacionales (especialmente aquellas dedicadas a la extracción de materias primas y a la realización de grandes obras públicas) y los defendidos por las élites político-administrativas de numerosos estados periféricos del Sistema-Mundo, por recuperar la terminología de Wallerstein.

Al mismo tiempo, muestra que la impunidad se ha banalizado a tal punto que difícilmente será un desafío superable en los dos próximos decenios en América Latina y quizás de manera más acusada en un continente africano, que sigue siendo la presa más inerme de los grandes entramados crematísticos en torno a los cuales se despliega el capitalismo internacional: hasta el momento, sólo en Brasil (con el PT vastamente tocado), en Colombia y, desde la semana pasada en Perú (con el expresidente Toledo directamente implicado) hay personas juzgadas o imputadas.

Pero lo que subyace tras el que ha sido ya definido como el mayor caso de corrupción en la historia reciente de América Latina no es otra cosa sino la consecuencia del despliegue del capitalismo en su nueva fase de acumulación, embarrancada ya en el pillaje compulsivo de lo que hasta ahora pertenecía al dominio público, al Estado social, o seguía bajo el control de las comunidades locales, y que está siendo, en tiempos de la gobernanza neoliberal, llevado a cabo por la alianza entre los Estados (los centrales como promotores y los periféricos como cómplices necesarios) y los oligopolios privados.

Más allá de Odebrecht

El neoextractivismo es una estrategia de desarrollo económico adoptada por la mayoría de los gobiernos de América del Sur, con especial intensidad a principios del siglo XXI. Apoyada argumentalmente en la necesidad de alimentar las arcas públicas en pos de la aplicación de políticas redistributivas, se basa en la intensificación al interior de la matriz productiva de aquellas actividades de explotación de la naturaleza para la obtención de recursos no procesados, dirigidos de forma prioritaria a la exportación.

Si bien en su modo de operación el neoextractivismo se basa en el extractivismo convencional, difiere de éste en el papel protagónico que adquieren los Estados periféricos en un proceso productivo cuya mayor plusvalía es captada por los Estados centrales. Esta participación puede adoptar una forma directa, a través de empresas estatales, o indirecta, a través de la operación de empresas transnacionales a las que se aplican tributaciones especiales y regalías, así como otros diversos mecanismos de regulación, permitiéndose la obtención de un porcentaje mayor de ingresos para las arcas estatales. Parte de estos recursos sirven para la puesta en marcha de programas sociales y otras iniciativas públicas que dotan a los gobiernos de cierto grado de legitimidad y de hecho, es sobre esta base sobre la que reposa el argumentario de los gobiernos neoextractivistas al enfrentar las críticas desde la izquierda, el ecologismo, las comunidades indígenas, los sectores urbanos de clase media y estudiantiles y los activistas altermundialistas, que se encuentran cada vez con mayor intensidad denunciando los estragos de esta estrategia de desarrollo.

Sin embargo, como se han encargado de demostrar diversos autores latinoamericanos (Gudynas, Svampa, Acosta, Escobar, Lander, entre otros) los mayores ingresos que supuestamente podrían percibir las economías de los países en los que se ceba ahora con especial intensidad el sistema capitalista global en busca de commodities cada vez más escasas, no se contabilizan enormes “externalidades” tales como la pérdida de biodiversidad, el deterioro de ecosistemas y de los servicios y funciones ambientales que prestan, la desestructuración y paulatina disolución de culturas ancestrales, ni los recursos económicos que será necesario destinar para descontaminar los vectores ambientales (agua, aire, agua y suelo).

Según Maristella Svampa, las políticas de lo que ella denomina el neo-extractivismo progresista (en referencia a los gobiernos latinoamericanos de izquierda que adoptaron este modelo) deben ser reevaluadas, puesto que “en la medida en que no se ha realizado un balance objetivo que dé cuenta de los activos y pasivos que provocarán las nuevas explotaciones extractivas, la afirmación sobre mayores ingresos debe al menos relativizarse”[1]. En realidad, la “maldición de la abundancia” a la que se refiere acertadamente Alberto Acosta[2] cuando describe la condena que sufren los países ricos en materias primas a vivir permanentemente en el esquema primario-exportador subordinado al metabolismo capitalista internacional operado desde los Estados centrales en co-gobernanza con las corporaciones transnacionales y los grandes organismos internacionales, se ha cumplido con su factura de profundización de las dinámicas uniformizadoras y ampliadoras de los cercamientos privatizadores del capitalismo global, incluso en aquellas circunstancias histórico-políticas más favorables a una posible ruptura con el orden económico imperante.

¿Pero es que de este balance catastrófico para las posibilidades de un desarrollo sustentable en América Latina y en el mundo no han sido conscientes los gobernantes de la región, en su mayoría progresistas y de izquierdas en el primer quinquenio? Todo tiende a hacernos pensar que sí lo han sido, pero que lo que ha operado aquí es la visión pragmática y sobre todo, lo que Marx llamaría la “subsunción bajo el capital”, y que Wolin ha descrito posteriormente como la gran simbiosis entre el capital y el Estado[3], convertido en gran empresa extractiva, y por la cual las nuevas élites políticas latinoamericanas, que eran en un principio en sus discursos y primeras acciones de gobierno radicalmente refractarias a constituirse en piezas subordinadas al engranaje global, acaban siendo cooptadas por y para la supervivencia del capital en una de sus fases críticas (que Harvey achaca más a la sobreacumulación de capital que a la sobreproducción de mercancías).

La pregunta aquí es obligada: ¿de qué nos sirven los Estados como propietarios (soberanos) de nuestros bienes comunes estratégicos cuando, cediendo el usufructo de nuestros territorios de manera prácticamente ilimitada a las grandes transnacionales, se convierten en meros administradores/legitimadores del pillaje? El avance de los grandes espacios de liberalización comercial y financiera, que ocurre actualmente bajo la forma de Acuerdos de Libre Comercio y de Inversiones (TTIP, CETA, TPP, etc), es tan sólo la expresión más mediatizada de las nuevas apuestas del cosmocapital para dar el golpe de gracia tanto a la soberanía de Estados (cuyas élites administrativas han sido vastamente cooptadas) como a los Derechos Humanos (en especial los económicos y sociales y ambientales) y al Derecho Internacional en general…

La pista de Odebrecht nos lleva por tanto hasta el verdadero meollo de la cuestión detrás del inmenso nubarrón de corrupciones: el expolio programado que se lleva dando en toda América Latina y en África por parte del entramado trans-estatal-corporativo, en perjuicio no sólo de las poblaciones donde se localizan los recursos extraídos sino, de manera agregada y en la asunción de nuestra cada vez mayor interconexión e interdependencia, del desarrollo sustentable de todas las sociedades.

Sin lugar a dudas, el espacio paradigmático de esa operación de expolio a gran escala es la Amazonía, y su puntal y mayor exponente ya operativo, la Iniciativa de Integración Regional Sudamericana (IIRSA). Un mega-proyecto iniciado justo a comienzos del milenio compuesto de centenas de proyectos viales, hidrocarburíferos, mineros, agro-forestales, hidrológicos y de ocupación y destrucción progresiva del ecosistema amazónico y las culturas que lo habitan que se ha desarrollado contra todas las advertencias científicas y sin consulta ciudadana alguna. La columna vertebral del IIRSA, la Carretera Interoceánica Brasil-Perú, ha tronchado ya por la mitad el que es el segundo mayor pulmón del planeta, su segunda reserva de agua dulce (quizás la primera, cuando se pueda calcular el volumen total de aguas subterráneas que posee) y su principal sumidero de carbono. Odebrecht, por cierto, empresa constructora de uno de sus tramos, pagó 20 millones de dólares al entonces presidente Alejandro Toledo para asegurarse la concesión.

Preparar nuestras sociedades para abordar una transición inteligente hacia una era post-capitalista (la transición forzosa será el colapso sistémico, ecológico y civilizatorio, que nos espera en caso de seguir sosteniendo el actual sistema) supone no sólo denunciar y actuar con toda la fuerza del derecho y de las movilizaciones sociales contra la inmensa tela corrupción, sino poner en cuestión el entramado de intereses geopolíticos y puramente crematísticos que la sostiene y la estira cada día más hacia nuestro colapso como especie.

Juan Peris-Mencheta Barrio

Juan Peris-Mencheta Barrio: Politólogo, asistente acreditado en el Parlamento Europeo.


[1] SVAMPA, M., “Consenso de los commodities, giro eco-territorial y pensamiento crítico en América latina” en OSAL Nº32, CLACSO, Buenos Aires, 2012.

[2] ACOSTA A., La maldición de la abundancia, Abya-Yala, Quito, 2009.

[3] WOLIN, S.S., Democracy Incorporated. Managed Democracy and the Specter of Inverted Totalitarianism, Princeton University Press, Princeton, 2008.

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Grecia – La izquierda radical después de Syriza

février 20th, 2017 by Antonis Ntavanellos

El sufrimiento en que está hundida la gran mayoría de la población griega puede ser ilustrado con estas cifras: el 49,2 % de las familias solo disponen como única fuente de ingresos la jubilación de uno de sus miembros; el 37,1 % de las familias afirman vivir con menos de 10 000 euros al año. Oficialmente, el 73,3 % de la gente declarada en paro está clasificada como parada de larga duración. En este contexto, es evidente que el 73,5 % de las familias interrogadas durante el período que se extiende del 14 al 26 de noviembre de 2016 “pronostican” que su situación financiera se deteriorará en el futuro. Estos datos no revelan el descalabro de los servicios públicos, en primer lugar el de la salud y el de la educación.

El salario mínimo para la gente asalariada mayor de 25 años era el siguiente: 1 de enero de 2010: 739,56 euros; 1 de julio de 2011: 751, 39 euros; 14 de febrero de 2012: 580,08 euros. Los datos publicados por Eurostat indican que, en el seno de los países de la Unión Europea, Grecia es el único en el que el salario mínimo de 2016 era claramente inferior al de 2008. Hay que precisar también que es un salario mínimo por un empleo a tiempo completo. Ahora bien, solo el 42,6 % de los y las asalariadas trabajan a tiempo completo. De cuatro personas asalariadas que hayan obtenido un empleo en 2016, dos obtienen un salario inferior a 600 euros. Y los empleos de dos o de cuatro horas por semana son corrientes, como exige la “flexibilidad del trabajo” que debe asegurar la “competitividad” de la economía griega y, sobre todo, una estadística a la baja del paro. El salario horario en numerosos sectores está a la altura de 3 euros y el Ministro de Trabajo ha tenido que reconocer que 125 000 personas asalariadas ganan menos de 100 euros por mes, lo que plantea interrogantes sobre su “seguridad social” y su futura jubilación.

La distribución por determinados patronos de cupones de alimentos es algo cada vez más frecuente. Por ejemplo, un persona empleada en una sociedad puede cobrar un salario de 800 euros y 160 euros en bonos de compra para obtener bienes. La empresa tiene la obligación de pagar el salario mínimo, pero puede proponer bonos de compra para la parte que depasa el salario mínimo. La prensa indica la extensión de este sistema en el sector bancario, el comercio y la construcción.

El sociólogo Christos Papatheodorou de la Universidad Panteion de Atenas confía al periodista de Le Monde (14/02/2017): Las últimas medidas tomadas por el gobierno de Alexis Tsipras van a empobrecer aún más a la población griega y van a aumentar las desigualdades. La subida de los impuestos ataca una vez más a las clases medias y no a las personas más acomodadas, que han abierto desde hace mucho cuentas en el extranjero y encontrado los medios para escapar al fisco. En 2009, el 18 % de la ciudadanía griega estaba amenazada de pobreza o de exclusión social. En 2013, según las últimas cifras conocidas, era el 49 %. Tal empobrecimiento es algo nunca visto.

Desde 2013, la situación no ha hecho sino agravarse. Los desahucios, por imposibilidad de pago de los préstamos se han disparado. Comienza a darse un movimiento análogo a lo que se ha producido en regiones del Estado español contra estos desahucios; por ejemplo, en Tesalónica. En cuanto a las decenas de miles de personas refugiadas, están encerradas y son víctimas de una tortura cotidiana.

Desde hace 15 días existe una amplia movilización de agricultores con bloqueo de carreteras, de acceso a aeropuertos, etc. Se ven estrangulados por los nuevos impuestos, la supresión de subvenciones al gasoil, la revisión drástica de las jubilaciones, etc. La convergencia de la movilización en Atenas está a debate.

Ha habido diversas luchas sectoriales entre los estudiantes, los jubilados, los bomberos, el sector de la salud… Sin embargo, el frente de los acreedores no está dispuesto a ceder. Hundir a la mayoría de la población griega en lo que, en el pasado, se llamaban “casas de reeducación” remite a las exigencias de un “orden nuevo” que se oculta tras la pantalla de las “negociaciones en el seno de una Europa democrática” y de una “bendición por una mayoría parlamentaria” que apoya a un gobierno “democráticamente elegido”. La contrarrevolución del ordoliberalismo toma arraigo en Grecia, con la decrepitud del sistema político que se deriva de ello. Publicamos a continuación una entrevista con Antonis Ntavanellos, que analiza la evolución política desde 2010. En próximas fechas analizaremos la coyuntura política.

Liz Walsh: En la medida en que Syriza se ha revelado incapaz de poner fin a la austeridad, ¿valía la pena construir un partido amplio que implicara a diferentes corrientes de la izquierda radical, revolucionarias y reformistas? ¿La lucha por un gobierno de izquierdas era el camino adecuado?

Antonis Ntavanellos: Syriza fue fundada a comienzos de 2004, sobre la base de la experiencia acumulada anteriormente en el Foro Social Griego (FSG). El FSG era un frente unificado en el seno de los movimientos sociales. Reunía en la acción a fuerzas cuyas tradiciones y orígenes ideológicos eran diferentes (por decirlo de forma resumida: reformistas, centristas y marxistas revolucionarios).

El período estaba caracterizado por ataques capitalistas intensos, una crisis de la izquierda tradicional así como un declive de los sindicatos y de las organizaciones sociales. En este contexto, el FSG logró organizar una ola de grandes movilizaciones contra el neoliberalismo y manifestaciones masivas contra la guerra. El FSG constituyó la forma principal tomada en Grecia por el movimiento internacional contra la mundialización capitalista neoliberal.

Al mismo tiempo, el FSG era una afirmación del valor de un frente común, aportando una renovación en los debates en el seno de la izquierda griega, en donde las tradiciones estalinistas seguían teniendo fuerza.

Tras los acontecimientos de Génova, en 2001 [movilizaciones masivas contra la cumbre del G7 en Génova, momento fuerte del “movimiento antiglobalización”], toda la izquierda europea estuvo atravesada por el debate que consistía en saber si y cómo podíamos expresar en las luchas políticas la unidad de acción que habíamos establecido ya en las calles. Estaba claro que esto implicaba la perspectiva de una participación común en elecciones. En 2004, aceptamos este desafío, participando en la creación de Syriza.

Syriza era la forma griega adoptada como respuesta al debate general sobre los “partidos amplios” de la izquierda radical. A la vez que aceptaba el desafío participando en Syriza, la Izquierda Obrera Internacionalista (OEA) tenía una orientación sobre los partidos amplios que era diferente de la que dominaba entonces, tal como estaba expresada por ciertas secciones de la IV Internacional, por ejemplo.

No considerábamos, en primer lugar, a los partidos amplios como la “respuesta final” a la cuestión del partido. Considerábamos que se trataba de un proceso transitorio en una situación muy específica, con el telón de fondo de una crisis de los movimientos de resistencia y de la izquierda.

En segundo lugar, por esta razón, no prometimos jamás y jamás hemos aceptado la disolución de nuestra organización. No hemos relegado nunca a un segundo plano nuestros propios “instrumentos” independientes de construcción y de “comunicación” política con las personas interesadas: periódico, revista, reuniones y actividades públicas propias.

Además, defendimos públicamente, desde el comienzo, la necesidad de una corriente de izquierdas organizada en el seno de Syriza. Aunque nuestre formación, DEA, gozara del respeto y del reconocimiento de una amplia parte de los miembros de Syriza, no se sumó jamás a la mayoría dirigente; ni siquiera en la fase más “radical” de Alexis Tsipras.

Este planteamiento se reveló de una gran importancia en el momento de la crisis. Esto explica -parcialmente- la rapidez de la reacción de la izquierda de Syriza en 2015, si se compara con lo que ocurrió, por ejemplo, en Brasil [cuando el primer gobierno Lula de enero de 2003] o en Italia [crisis del Partido de la Refundación Comunista].

Los once años de la experiencia Syriza han contribuido a la formación de una amplia capa de militantes políticos en Grecia. Esta capa es más fuerte numéricamente (en términos relativos) que en otros muchos países de Europa. Es también más fuerte políticamente: está entrenada por la lucha y ha superado la “enfermedad infantil” de la dispersión de las fuerzas en un “movimientismo social”.

Es la razón por la que, quienes hemos combatido con vigor las políticas del gobierno Syriza-Griegos Independientes desde febrero de 2015, defendamos la experiencia del primer período de acción radical de Syriza.

Estamos convencidos de que esta capa de activistas políticos, hombres y mujeres, no ha dicho su última palabra. Estamos convencidos de que esas personas protagonizarán luchas contra el gobierno Tsipras y jugarán un papel muy importante en la configuración de la nueva situación, dando forma a la época “post-Syriza”.

Tras haber firmado [en julio 2015] el tercer memorándum con los acreedores, el gobierno de Tsipras pone en marcha políticas neoliberales típicas: disminución de los salarios, de las jubilaciones y de las prestaciones sociales; privatizaciones y creación de un sistema de relaciones laborales más “flexibles”; aumento de los impuestos a los sectores populares, etc. Con estas políticas económicas reaccionarias, el gobierno Tsipras sigue siendo incapaz de realizar reformas democráticas, ni siquiera las más elementales, ni siquiera las que no tienen “coste financiero”. Para gobernar, necesita apoyarse en el aparato represivo del Estado.

Para los marxistas revolucionarios, la cuestión de un “gobierno de la izquierda” ha sido espinosa siempre. La primera vez que fue propuesto como estrategia en el seno de Syriza, en 2008, le rechazamos considerándola una estrategia parlamentario-reformista. No fue aceptada. Todo cambió como consecuencia del estallido de la crisis y sobre todo como consecuencia de las masivas luchas sociales de 2010-2011. En ese momento, amplios sectores de la población se movilizaban masivamente -y con tenacidad- para echar abajo los memorándums [impuestos por la Troika y aceptados por los gobiernos griegos]. Comprendían que para alcanzar este objetivo, debían derrocar el gobierno.

A pesar de la importancia de las luchas y de la determinación de las masas, la situación no era revolucionaria en Grecia: el enfrentamiento no había alcanzado el nivel de una “lucha a muerte”, el enfrentamiento no había adoptado la forma clara de la “lucha de una clase contra otra”. Y la clase trabajadora no disponía de sus propias organizaciones sociales independientes capaces de reivindicar un poder real. Estos límites hicieron que la voluntad de derrocamiento fuera “desviada” hacia la reivindicación de un gobierno de la izquierda, incluso en el ambiente de una victoria electoral.

Debíamos reconcer este contexto y buscar la línea política más radical en estos parámetros. Reintrodujimos en el debate público en Grecia las discusiones sobre el gobierno de izquierdas que se desarrollaron en el IV Congreso de la Internacional Comunista [1923]. Este Congreso consideraba esta cuestión como una política transitoria en dirección a una emancipación socialista.

Hemos luchado en este sentido y todas nuestras iniciativas tácticas estaban determinadas por este planteamiento. Esto nos ha permitido mantenernos firmes en nuestra orientación de clase y conservar el respeto hacia nuestra organización tanto de numerosos miembros de la base de Syriza como por militantes exteriores.

Actualmente, Nuestro balance crítico del eslogan de un gobierno de izquierdas gira principalmente sobre dos puntos.

· El primero concierne a los factores objetivos. Se ha demostrado que una política transitoria que integre un gobierno de la izquierda supone un grado más elevado de intervención política de las masas a través de sus propias organizaciones sociales que el que habíamos creado en Grecia en 2015.

· El segundo tiene que ver con factores subjetivos: el equilibrio de las fuerzas entre reformistas y revolucionarios en el seno de la coalición y en el movimiento social. El proyecto de un “gobierno de la izquierda” supone una determinación política bastante más fuerte para un enfrentamiento de este tipo que lo que significó la resolución de Syriza en su conjunto en 2015.

Es importante señalar que DEA no afirmó jamás que Syriza lograría llevar a cabo, de forma auténtica, un proyecto “gobierno de la izquierda”. En nuestra opinión, se trataba más bien de una fórmula que servía de marco ideológico para nuestras acciones -acciones que comprendían el enfrentamiento en el seno de Syriza contra el grupo dirigente alrededor de Tsipras- que una apreciación de lo que ocurriría finalmente.

En el corazón de los acontecimientos trascendentales, las ideas son siempre importantes, aunque permanezcan en la superficie. En el momento del test decisivo, la mayoría dirigente de Syriza puso sus orígenes eurocomunistas en primer plano y se volvió hacia esa configuración política.

El gobierno de Tsipras claudicó tan rápidamente porque rechazó enfrentarse a la clase dominante local durante los seis cruciales primeros meses de 2015 y porque tenía la ilusión de que era posible llegar a una solución de consenso gracias a negociaciones con la UE (Unión Europea), revisando las posiciones anteriores de Syriza y modificándolas a fin de “permanecer a cualquier precio en el seno de la Eurozona”. El resultado de estas dos importantes retrocesos condujo a la firma del tercer memorándum por Alexis Tsipras en julio de 2015.

Cuando el primer gobierno Tsipras, DEA jugó un papel central reforzando la determinación de la izquierda en el seno de Syriza, la Corriente de Izquierdas, a oponerse a la claudicación. En el desastre de Syriza, emergió un nuevo partido-movimiento político, la Unidad Popular (LAE), a fin de mantener la esperanza en la existencia de un camino diferente al seguido por Syriza.

¿Cuál es el clima en el seno de la clase trabajadora y cuál es la orientación de LAE tanto para favorecer la resistencia a la austeridad como la construcción de fuerzas de izquierda? ¿Cuál es la posición de LAE sobre la pertenencia a la UE teniendo en cuenta que el eslogan de DEA en el seno de Syriza era “ningún sacrificio por el euro, ninguna ilusión en el dracma”? ¿Ha cambiado esto tras la experiencia de Syriza?

En 2013, DEA fundó la Plataforma de Izquierdas (PIG) en el seno de Syriza, con la Corriente de Izquierdas (la tendencia de izquierdas del partido Synaspismos cuyo portavoz más conocido es Panayiotis Lafazanis). La PIG era el centro de la resistencia contra Tsipras, y alrededor de ella se produjo una ruptura rápida y masiva en el curso del verano de 2015 cuando alrededor del 50 % de los miembros y cuadros del partido se nos sumaron fuera de Syriza.

La PIG cofundó la Unidad Popular (LAE por sus iniciales griegas) con dos organizaciones que rompieron con Antarsya, la coalición de la izquierda anticapitalista. En las elecciones de septiembre de 2015, LAE no consiguió tener su propio grupo parlamentario puesto que reunimos el 2,9 % de los votos, es decir, menos del 3 % que es el umbral que permite entrar en el Parlamento. Este fracaso puede ser atribuido al plazo extremadamente corto que podíamos utilizar (menos de tres semanas para organizar un “nuevo partido” y realizar la campaña electoral) y sobre todo a las calumnias unánimes de los medios de masas contra el “ala izquierda de Syriza”, definiéndonos como “peligrosos aventureros”.

Algunos meses más tarde, alrededor de 5 000 activistas organizados participaron en la conferencia fundadora de LAE. Es evidente que LAE reúne la mayor parte de la izquierda organizada opuesta al memorándum en Grecia fuera del Partido Comunista (KKE).

Vale la pena decir algo a propósito de la evolución del KKE. Su dirección parece estar poniendo en práctica un giro a la izquierda en el terreno de las ideas: habla de socialismo, rechaza la estrategia de las “etapas” intermedias, renueva la historia del partido sobre una base crítica, abriendo de nuevo el debate sobre su estrategia durante la resistencia entre 1940 y 1944 así como durante la guerra civil que le siguió. Este proceso tiene por objetivo principal descartar toda colaboración con otras fuerzas de izquierda, toda acción común, ni siquiera la más pequeña. Esto se parece más a la política estalinista del tercer período (1927-1928 a 1935) que a una vuelta hacia una política revolucionaria efectiva.

En el seno de LAE, DEA plantea una forma organizativa democrática que permita a otras fuerzas sumarse a LAE, incluyendo Antarsya y otras fuerzas que han abandonado Syriza. Intentamos, de nuevo, construir una corriente común de la izquierda radical opuesta al memorándum.

Sin embargo, lo hacemos en una situación política diferente.

· La rapidez de la capitulación de Syriza -y el giro abrupto pasando del No expresado en el referéndum del 5 de julio de 2015 al Si al tercer memorándum de Tsipras de los días 12-13 de julio en la reunión del Eurogrupo- y el cinismo de la política gubernamental que siguió engendraron la desmoralización entre una gran parte de la gente. El hundimiento de la confianza hacia Syriza ha sido rápido, pero la amplia mayoría popular sigue silenciosa por el momento. No se ha expresado directamente en luchas sectoriales (y defensivas, hay que subrayar), sino en un giro hacia la lucha individual para sobrevivir en medio de la crisis.

· El mantenimiento de movilizaciones, aunque sean muy pequeñas, necesita un esfuerzo organizado de la izquierda política bastante más importante. La contribución de LAE en este sentido es manifiesta. A través de nuestras acciones anteriores, hemos heredado un programa común en términos de objetivos contra la austeridad: la defensa de los salarios y de las jubilaciones; la lucha contra la flexibilidad, la oposición a las privatizaciones; la batalla contra los desahucios, etc.

LAE sigue defendiendo también, de forma unánime, la nacionalización-socialización de los bancos así como la suspensión del pago de la deuda, con el objetivo de su anulación. Se trata de “nudos” indispensables para un programa transitorio necesario para derrotar la austeridad y dirigirse hacia el socialismo.

· Sin embargo, emergen nuevas cuestiones de forma permanente. Has preguntado sobre lo que ocurría con nuestra antigua consigna de “ningún sacrificio por el euro-ninguna ilusión en el dracma”. Era una consigna “algebraica” en el momento del ascenso de Syriza. Cuando nos vimos confrontados a posiciones rígidas de los acreedores y de los dirigentes de la UE, que exigían muchos más sacrificios, tuvimos que radicalizar la consigna y defender abierta y claramente la salida de la zona euro como precondición necesaria para derrotar la austeridad y anular los memorándums. Hay también unanimidad en el seno de LAE en torno a ello.

Si la salida de la zona euro es efectivamente una precondición necesaria, esto no significa no obstante que sea suficiente en términos de programa de izquierdas, de la clase trabajadora. Afirmamos que una salida de la zona euro y un enfrentamiento con los dirigentes de la UE solo tendrá un contenido emancipador si está combinada a un programa más amplio de medidas anticapitalistas que abra una perspectiva socialista. Otros compañeros y compañeras, en el seno del LAE, piensan que una salida de la zona euro es objetivamente una solución progresista en la medida en que prepararía el camino a un crecimiento de la economía griega, lo que crearía objetivamente más ocasiones para la acción de las clases trabajadoras y populares.

· Se trata, en cierta forma, de una repetición de la controversia entre los partidarios de una estrategia socialista revolucionaria y quienes son favorables a una estrategia de “independencia nacional”, es decir una estrategia de las “etapas intermedias”. Un debate que atravesó a la izquierda durante los años 1960 y 1970. Ahora mismo, en el seno de LAE existe una discusión de ese tipo.

Este debate se ha vuelto más importante aún tras el voto favorable al Brexit, el ascenso de Marine Le Pen en Francia, de Geert Wilders en los Países Bajos (Partido de la Libertad) o también después del referéndum contra la reforma constitucional de Matteo Renzi en Italia (diciembre de 2016). Algunas fracciones de las clases dominantes europeas parecen perder confianza en la zona euro y volverse hacia el proteccionismo así como hacia políticas de “preferencia nacional”. Esta tendencia está claramente favorecida por la victoria electoral de Donald Trump en Estados Unidos.

En Grecia no hay una fracción seria de la clase capitalista que contemple mejores perspectivas fuera de la zona euro o que defienda una vuelta al dracma. Esto podría cambiar porque la crisis del capitalismo griego es extremadamente profunda, porque todo el mundo sabe que el tercer memorándum conduce a un callejón sin salida y porque numerosos capitalistas temen que al final del camino de las “devaluaciones internas” en el seno de la zona euro no existe ningún tipo de recompensa por parte de los acreedores, sino la bancarrota y la expulsión de la zona euro. Ya empiezan a aparecer en la prensa las primeras voces provenientes del coro del establishment sobre la necesidad de prepararse para todas esas eventualidades.

Syriza participa también en las tentativas de la Unión Europea de crear una fortaleza Europa encerrando a las personas refugiadas en campos y devolviendo a algunas a Turquía. ¿Puedes describirnos la situación de las personas refugiadas en Grecia y, en particular, en las islas? Hemos asistido en toda Europa al ascenso de partidos de extrema derecha. ¿Ha sido Amanecer Dorado capaz de capitalizar la decepción representada por Syriza, así como la llamada crisis de las personas refugiadas?

El destino de las personas refugiadas ha sido determinada por el acuerdo reaccionario y racista concluido entre la UE, Turquía y Grecia. Es importante subrayar que a fin de “controlar” la aplicación del acuerdo, una flota de guerra de la OTAN ha entrado en el mar Egeo (principalmente debido a la insistencia del gobierno Tsipras) y vigila la situación en Siria así como los navíos de guerra rusos estacionados en el Este del Mediterráneo.

El acuerdo atribuye a Turquía la responsabilidad de mantener a la mayoría de las personas refugiadas dentro de sus fronteras. Implica igualmente el “encierro” de ciertos refugiados (más de 60 000) en Grecia, haciendo extremadamente difícil sus esfuerzos para llegar a Europa central y luego, finalmente, a Europa occidental. A fin de desanimar a las personas refugiadas para entrar en Grecia, el poder organiza una abominable “acogida”: son encerradas en campos aislados, principalmente en las islas, sin esperanza ni perspectivas.

En las jornadas más difíciles de este invierno, la situación en los campos se ha vuelto totalmente insostenible. Ha habido revueltas contra esas condiciones execrables, así como contra los ataques racistas organizados por la extrema derecha.

¡En un país que recibe cada verano 21 millones de turistas, el gobierno afirma que le es difícil ofrecer hospitalidad decente para 60 000 personas! A pesar de todo, lo que es positivo es que una gran parte de la población griega manifiesta una solidaridad firme.

Las principales tareas a las que hace frente el movimiento antirracista organizado son las siguientes: en primer lugar cambiar la situación en los campos imponiendo un control social y democrático de las condiciones que prevalecen en ellos, así como presionar para la transferencia de las personas refugiadas a espacios de acogida abiertos y decentes, en las ciudades. En segundo lugar, exigir que los y las hijas de las personas refugiadas sean aceptadas de pleno derecho en las escuelas públicas [los cursos se organizan a veces oficialmente, pero fuera de las clases de los niños y niñas “griegos”] así como un acceso por entero a la atención sanitaria en los hospitales públicos. En fin, una oposición a los esfuerzos de Amanecer Dorado y de la extrema derecha que intentan organizar una respuesta racista.

La dirección de Amanecer Dorado y un gran número de sus militantes, están siendo acusados de ser miembros de una organización criminal. Debido a ello, se han retirado con precaución: sus “tropas de asalto” han sido retiradas de las calles y ha habido un fuerte declive del número de “incidentes” ligados a la violencia racista.

La desilusión masiva que representa Syriza aporta sin embargo nuevas posibilidades a Amanecer Dorado. Esta formación se sitúa constantemente en tercera posición en los sondeos, con una estimación del 8 % en las intenciones de voto. La dirección intenta explotar esta ocasión mediante un giro parlamentario: presentan un perfil más “respetable”, se expresan sobre todo como “nacionalistas” y no como neonazis, intentando así introducir en el espíritu de sus partidarios que existe la perspectiva de que puedan jugar un papel en un gobierno futuro. Sin embargo, este giro engendra también tensiones en el seno de Amanecer Dorado.

Al mismo tiempo, otros políticos de extrema derecha lanzan iniciativas de cara a crear un partido nacionalista amplio, que sería capaz de cooperar con Nueva Democracia en el caso de que la “gestión” de la crisis en Grecia tuviera que necesitar un gobierno de la “derecha dura”.

Nuestra tarea no es permanecer pasivos y hacer predicciones sobre la evolución de los neonazis y de la extrema derecha. Debemos continuar movilizándonos a fin de hacer quebrar a Amanecer Dorado, una organización que es una amenaza seria para la izquierda y el movimiento de las y los trabajadores. La mejor forma de hacerlo es ligar la lucha antifascista con la lucha por derrotar a la austeridad y por la anulación de los memorándums.

Antonis Ntavanellos

Liz Walsh

Artículo original en francés:

La gauche radical après Syriza, publicado el 14 de febrero de 2017.

Traducido por Faustino Eguberri para VIENTO SUR.

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El próximo 19 de febrero se decide en Ecuador, a través de elecciones presidenciales y legislativas, si sigue la Revolución Ciudadana, que ha cambiado históricamente el país suramericano, o si vuelve la derecha al poder.

La campaña electoral ha estado involucrada en mentiras y manipulación de informaciones por parte de la oposición, una « campaña sucia » como ha denominado el presidente Rafael Correa, electo presidente por primera vez en 2006 y reelecto dos veces más.

En esta entrevista el profesor doctor Jorge Orbe, del Instituto de Altos Estudios Nacionales de Ecuador (IAEN), hace un balance de los candidatos con perspectivas para el país andino.

El economista Jorge Ober también analisa el significado de las próximas elecciones en Ecuador para América Latina, que vive entre gobiernos progresistas y al ataque de una derecha golpista, sin proyectos y financiada por Washington.

A seguir, la versión íntegra de la entrevista sobre una de las campañas electorales más importantes de América Latina en los últimos años.

 

Entrevista a Jorge Orbe León por Edu Montesanti para Caros Amigos.

¿Cuál es su visión, profesor doctor Jorge Orbe, sobre los candidatos que encabezan los tres primeros puestos en las encuestas, Lenin Moreno (Movimiento Alianza PAIS), Cynthia Viteri (Partido Social Cristiano) y Guillermo Lasso (CREO – SUMA)?

En las elecciones del próximo 19 de febrero, la población ecuatoriana deberá decidir entre defender su futuro o retornar al pasado.

Lenin Moreno encarna la posibilidad de recrear un sistema político basado en la democracia participativa y una política económica redistributiva que fomente el empleo y la reactivación económica de la grande, mediana y pequeña empresa, siempre y cuando estén dispuestas a invertir con responsabilidad social, fiscal y ambiental. Las candidaturas de Cynthia Viteri y Guillermo Lasso representan el afán de las élites económicas por retomar el poder del Estado, a fin de aplicar políticas públicas orientadas a la concentración de la riqueza, en beneficio de los grandes sectores empresariales.

Cuando Rafael Correa asumió en 2007 la presidencia de la república, se encontró con un país destruido, por lo que planteó la necesidad de refundar la nación, con una nueva Constitución que configuró una nueva arquitectura institucional y estableció las bases jurídicas de un nuevo sistema económico y político, orientado a superar los problemas generados por el neoliberalismo que,durante tres décadas, afectó severamente la dignidad y los intereses de los sectores más vulnerables de la sociedad.

Los cambios políticos impulsados por la Revolución Ciudadana permitieron reconstruir la economía nacional y reformar el Estado, a fin de garantizar los derechos económicos, sociales y culturales de la población; preparando al país para el Siglo XXI e insertándolo inteligentemente en la economía mundial, a través de una nueva estrategia de desarrollo endógeno, centrada en el ser humano. Esta nueva estrategia de desarrollo descarta la posibilidad de que el Mercado, o el Estado, se convierta en el eje articulador de la historia nacional.

En sus inicios, la Revolución Ciudadana descartó la posibilidad de construiruna sociedad centrada en el mercado, así como también una sociedad centrada en el Estado; Rafael Correa se propuso lograr la supremacía del ser humano por sobre el capital, para lo cual era necesario articular un cambio en las relaciones de poder, señalando que el ser humano no debe estar al servicio del mercado ni del Estado; por el contrario, el mercado y el Estado deben estar en función de los intereses de la sociedad y no de las élites económicas o políticas. Alianza PAÍS aspira a construir una sociedad con mercado, no una sociedad de mercado, con un Estado moderno y eficiente, cuyas políticas se definan en base al ejercicio de la democracia participativa.

Lenin Moreno, candidato del Movimiento Alianza PAÍS, tiene las mayores probabilidades de triunfo, puesto que representa la fuerza de los cambios económicos, políticos y sociales que la Revolución Ciudadana ha propiciado en los últimos diez años en Ecuador, a favor de los sectores sociales con menos ingresos.

Guillermo Lasso es un banquero próspero que, en 2012, fundó un partido político a fin de acceder al poder del Estado y, desde allí, promovió políticas económicas a favor del capital financiero. En gran medida, su riqueza proviene de los beneficios generados gracias a su participación como Superministro de Economía en un gobierno que, en 1999, provocó una crisis bancaria de grandes proporciones, con terribles consecuencias para el país: inflación, devaluación, recesión, quiebra de empresas, desempleo, mayor pobreza e indigencia, muertes, suicidios y la mayor ola migratoria de la historia nacional.

Cynthia Viteri pertenece al Partido Social Cristiano, que es un partido político de derecha. Su programa propone la defensa conservadora del capitalismo y el impulso de una economía social de mercado. Es partidaria de privatizar la economía, reducir los impuestos empresariales y anular la regulación y control del Estado; representa los intereses de un sector productivo y financiero, vinculado con la economía agro exportadora. El Partido Social Cristiano encarna una postura autoritaria, condimento necesario para instaurar una economía de mercado que se organice al servicio de los intereses empresariales, especialmente de aquellos sectores corporativos que están vinculados con el mercado externo.

Los principales candidatos de oposición plantean la eliminación de diferentes instituciones públicas – en el caso de Lasso, la Secretaría Nacional de Educación Superior, Ciencia, Tecnología e Innovación (SENESCYT) y el Consejo de Participación Ciudadana y Control Social (CPCCS), mientras que Viteri, el Consejo de Participación Ciudadana y Control Social. Lo afirma la Organización Internacional del Trabajo que Ecuador es el segundo país con menor porcentaje de empleados públicos en la región, mayormente concentrados en el sector de la educación y la salud. Por lo tanto, ¿el achicamiento previsto por Lasso y Viteri no supondría la reducción del número de médicos y docentes? Su visión sobre todo eso, profesor Orbe.

Luego de haber encontrado instalaciones destruidas: carreteras, escuelas, colegios y hospitales públicos, el Gobierno de Rafael Correa asumió la responsabilidad de invertir en 10 años 22.000 millones de dólares en el sector de la educación y 16.000 millones de dólares en la salud.

Ahora los niños y jóvenes realizan sus estudios en edificios modernos, con laboratorios apropiados y profesores capacitados. Para mejorar la calidad de la educación, la política educativa incluyó también la capacitación y evaluación de los docentes. La capacitación docente fue una prioridad, pero también se han efectuado mejoras salariales: en 2006 un maestro recibía un salario entre 90 y 200 dólares mensuales; hoy su sueldo oscila entre 600 y 1.600 dólares. En materia de Educación Superior, se estableció un sistema de acreditación y certificación universitaria que condujo al cierre de 17 universidades que no cumplían con los estándares requeridos. Ahora, según la Unesco, Ecuador es el segundo país que ha mejorado más en la región y el que más invierte en educación superior: 2% del PIB (2.000 millones de dólares), aunque todavía hay mucho por hacer. El mejoramiento de la calidad y la gratuidad de la educación hizo que, entre 2007 y 2015, subieran las matrículas en bachillerato de la población más pobre, cuyos indicadores aumentaron de 36,5% a 57,3%. Ahora, el 60% de los jóvenes gozan de educación pública con el desafío de mejorar aún más su calidad.

La atención a personas con discapacidad dejó de ser dádiva y se volvió una política de Estado. Entre 2007 y 2012, el trabajo del vicepresidente de la República, Lenin Moreno, se concentró en el área social. El objetivo central fue ofrecer calidad de vida a las personas con discapacidad e implementar los contenidos de la Convención de la ONU sobre los derechos de las personas con discapacidad. El proceso se inició declarando en estado de emergencia a todo el sistema de prevención de discapacidad, luego se otorgó atención y provisión de ayudas técnicas e insumos médicos, accesibilidad, registro y capacitación. En Ecuador el cambio fue drástico: hasta 2006 se atendía a 5.000 personas y en 2015 esa cifra llegó a más de 128.000 ciudadanos de todas las edades, muchos de ellos en condiciones de extrema pobreza. El acceso de estas personas a un mejor nivel de vida está reconocido en la Constitución como un derecho; de allí que, el Gobierno se encarga de facilitar a las personas con discapacidad el acceso a una vivienda digna. Hasta 2017, el gobierno tiene previsto entregar 20.000 casas para las personas con discapacidad. El programa Manuela Espejo es un referente en Latinoamérica y se replica en otros países, con asesoría y asistencia de Ecuador.

Un tema prioritario del Gobierno fue mejorar la Salud Pública: la inversión acumulada en salud, durante la última década, bordea los 16.000 millones de dólares. Solo en 2015 se invirtieron más de USD 1.800 millones, es decir, 3 veces más de los 535 millones de dólares invertidos en 2006. El Presidente ha destacado, en varias ocasiones que, durante varios años, antes de su gobierno, no se había construido en el país ni un solo hospital. En la última década, en cambio, se inauguraron 11 hospitales y 51 centros de salud. La ciudadanía recobró su confianza: la atención médica en el sistema público de salud pasó de 16 millones en 2006 a 39 millones de pacientes en 2015. Para mejorar los servicios de salud, el estado contrató miles de profesionales capacitados, nacionales y extranjeros. Entre 2008 y 2015, el Estado contrató a 34.000 médicos.

En materia de seguridad social, las cifras son igualmente relevantes: los afiliados pasaron de 1,57 millones a 3,5 millones, lo que elevó la demanda de servicios, especialmente de salud. En ese contexto, el Estado firmó un convenio con las clínicas privadas para que reciban a los pacientes, pero el excesivo costo provocó que se limitara dicho sistema. En 2015 se desembolsaron 780 millones de dólares, pero investigaciones al respecto hallaron sobreprecio, por eso se tomó la decisión de construir nuevas casas de salud con fondos propios.

Los candidatos empresariales plantean la reducción de impuestos y la reducción de empleados públicos, lo que significaría el advenimiento de una lenta agonía de la institucionalidad estatal y de lo público, con el fin de privatizar los servicios estatales, especialmente en materia de energía, comunicaciones, educación y salud. La reducción de impuestos implica el recorte de derechos económicos y sociales de la mayoría de la población.

Viteri y Lasso coinciden en eliminar las restricciones a importaciones, eliminar impuestos, entre otros a la salida de divisas y a la tierra agrícola. La candidata del Partido Social Cristiano propone dar autonomía e independencia del Banco Central, la suscripción de un tratado de comercio con Estados Unidos. ¿Tales propuestas no están destinadas a beneficiar a los sectores empresariales, banqueros y exportadores siendo claramente un beneficio personal en detrimento de las mayorías? ¿Qué significaría para Ecuador la política económica prometida por ambos candidatos?

Según los datos proporcionados por el Instituto Nacional de Estadística y Censos (INEC), entre 2007 y 2016, la pobreza por ingresos a nivel nacional disminuyó de 62% a 44% de la población, y, la pobreza extrema se redujo en 6 puntos porcentuales, ubicándose, en marzo de 2016, en el 10%. En la última década, más de un millón de ecuatorianos dejaron atrás la pobreza extrema. Una de las razones para obtener estos resultados es la mejor recaudación de impuestos y la redistribución de la riqueza, traducida en inversiones que benefician a la población y mejoran su calidad de vida. En los últimos 10 años más personas pasaron a formar parte de la clase media.

En cuanto a la pobreza por necesidades básicas insatisfechas, en 2008 la cifra llegaba al 47%, mientras que en 2015 bajó al 32%. El tema de la equidad fue uno de los puntos más controversiales durante el último período del gobierno de Rafael Correa. Entre 2007 y 2015 el quintil más pobre duplicó su ingreso mensual per cápita. En 2006, el 10% más rico registraba 42 veces más ingresos que el 10% más pobre. Esa brecha se redujo 25 veces. La desigualdad es un problema mundial que también afecta a Ecuador y, sin duda, Rafael Correa trabajó para vencerla, con avances importantes, pero con desafíos pendientes. Entre 2007 y 2015, se trabajó para mejorar las obras de saneamiento, sobre todo en el sector rural. Se registraron importantes avances en la cobertura de servicios de eliminación de excretas (de 41% a 72%). A ello se sumó la reducción del hacinamiento, del 28% al 15%, según la encuesta realizada por el INEC. La erradicación del trabajo infantil y de adolescentes (de entre 5 y 17 años) también disminuyó en 6 puntos. En 2007 ese índice se ubicó en el 12,5%, mientras que para 2015 ese porcentaje disminuyó a 5,9%.

Entre 2007 y 2016 se invirtieron 357 millones de dólares en la renovación de la Red Nacional de Aeropuertos y, según el Foro Económico Mundial, entre 2006 y 2015, Ecuador escaló 57 posiciones en el ranking de mejor calidad en vías; antes, el país estaba en el puesto 82, y hoy se encuentra en el 25. Desde 2007 hasta 2016, el Gobierno actual ha invertido cerca de 10.000 millones de dólares para mejorar la red vial estatal; esta inversión cambió la vida de miles de personas y dinamizó la economía de los ecuatorianos. Sobre esta base, ahora, varias empresas extranjeras tienen interés de invertir en Ecuador: las concesiones de los puertos de Manta, Posorja y Puerto Bolívar, traen consigo una inversión de 2.100 millones de dólares que provienen de transnacionales con sede en: Turquía, Chile y Dubái.

Hace 10 años eran muy comunes las inundaciones en la temporada invernal, así como también las sequías que impedían sembrar en los meses de verano. Ese escenario va quedando atrás, sobre todo para quienes habitan en las comunidades cercanas a los ríos o para quienes viven de la agricultura. Para afrontar este problema, el Gobierno invirtió más de 1.000 millones de dólares en 6 proyectos multipropósitos, que protegen miles de hectáreas de cultivo. El fenómeno de El Niño, que se registró en 2015, no tuvo el mismo efecto devastador que en años anteriores, precisamente gracias a esas construcciones. En la actualidad, 142.000 hectáreas de terreno se benefician de la infraestructura creada para el control de inundaciones.

En síntesis, el Gobierno de la Revolución Ciudadana recuperó lo público. Un informe especial elaborado por el Banco Interamericano de Desarrollo (BID) ubica a Ecuador arriba de los niveles regionales, respecto a la eficiencia de los servicios públicos. En 2011, el país ocupaba el puesto 15 y, a fines del año 2015 escaló al sexto casillero. Ese progreso va de la mano de la valoración del trabajo del servidor público. Según el Presupuesto General del Estado consolidado por Grupo de Gastos de 2016, el rubro de sueldos y salarios de funcionarios públicos representa el 29% del Presupuesto General del Estado (PGE); es decir, el 8,9% del Producto Interno Bruto (PIB). Los parámetros internacionales precisan que este gasto no debe superar, en promedio, el 25% del presupuesto.

Una de las premisas del actual Gobierno es que “lo público debe tener alta calidad”. El inicio del cambio -y lo más visible- fue el adecentamiento de las entidades públicas. En gobiernos anteriores se generalizó la idea de que lo público no valía, por ello se privatizaron muchos servicios, como las empresas eléctricas y telefónicas. Entre las instituciones que experimentaron modernización y cambios están el Registro Civil, las empresas eléctricas, Correos del Ecuador, la Corporación Nacional de Telecomunicaciones; las instituciones de Justicia y, en general, todas las entidades estatales. Todas se guían por un principio básico: brindar una muy buena atención al ciudadano. En esta década se cambió también la visión del servidor público y el valor de la eficiencia.

Una política económica como la que plantean los candidatos, Guillermo Lasso o Cynthia Viteri, representa el retroceso de todos los avances antes descritos. Ahora que se han modernizado las instituciones y los servicios públicos, las élites empresariales buscan privatizar esos servicios, puesto que significa una gran oportunidad de negocios a su favor. En las actuales condiciones históricas del Ecuador, el afán de las élites empresariales es apoderarse de la gran inversión pública realizada en los últimos años, lo que traerá consigo el encarecimiento de los servicios públicos, especialmente comunicaciones, electricidad, seguridad, educación y salud, con el consiguiente recorte de los derechos sociales para la mayoría de la población.

El candidato oficialista promete seguir con las políticas del presidente Correa. ¿En qué puntos está Usted de acuerdo con tales propuestas?

Un objetivo nacional es que Ecuador deje atrás sus lacras del pasado; una de ellas es tener una economía dedicada solamente a producir bienes primarios. Se busca privilegiar una economía que promueva una exportación diversificada, eco-eficiente, con valor agregado, así como con servicios basados en la economía del conocimiento y en la biodiversidad. En otras palabras, el cambio de la matriz productiva exige generar más riqueza, involucrando en el desarrollo productivo otras líneas de acción como el turismo, o, aquellas ligadas al desarrollo científico y tecnológico, capaz de lograr un desarrollo sostenible.

Para ello, el Estado debía recuperar el control sobre los sectores estratégicos y definir sus prioridades en la transformación de la matriz energética, para pasar de una energía cara y contaminante, basada en hidrocarburos (centrales térmicas), a una más barata, renovable y limpia. En esta dirección, desde 2010, se invirtieron cerca de 5.000 millones de dólares en la construcción de 8 centrales hidroeléctricas, para generar energía renovable y para repotenciar otras estaciones. Al momento, ya se encuentran en operación las Centrales Hidroeléctricas Manduriacu, Sopladora y Coca Codo Sinclair que, junto a HidroPaute, Mazar y otras que se incorporen, como ToachiPilatón, Delsitanisagua y Minas-San Francisco, serán pilares del cambio de la matriz energética. Desde noviembre de 2016, el país ya exporta energía a Colombia y Perú.

De allí que, se puede afirmar que la nueva matriz energética, basada en la generación de energías limpias y renovables, prácticamente está completa, aunque, en el largo plazo, falta aún por hacer; no así el cambio de la matriz productiva, pues la economía ecuatoriana sigue siendo primario-exportadora. Por tanto, para superar estas limitaciones, se requiere promover inversiones público-privadas a largo plazo, especialmente aquellas que están vinculadas con el conocimiento y las nuevas tecnologías.

El cambio de la matriz productiva plantea el desafío de incrementar las exportaciones de los productos ecuatorianos más representativos, pero añadiendo alto valor agregado, es decir, procesándolos; además de reducir importaciones y aumentar la producción nacional. Este proceso requiere un proceso sostenido de inversión productiva, sobre todo en áreas de educación y de tecnología de vanguardia.

En materia de seguridad, durante los últimos diez años, el país ha dado un salto impresionante, a tal punto que, en la actualidad, Ecuador es uno de los países más seguros para vivir en América Latina. El informe del Igarapé Institute Homicide Monitor, publicado el año pasado, señala que las ciudades ecuatorianas de Ambato, Quito y Cuenca están entre las 10 más seguras de toda América Latina. La medición se hizo tomando en cuenta la tasa de homicidios por cada 100.000 habitantes. Sin embargo, hay mucho por hacer, sobre todo para controlar el micro-tráfico de estupefacientes y el asentamiento del crimen organizado transnacional.

¿Cuáles son los grandes desafíos económicos, políticos y sociales de Ecuador?

Debido a la disminución del precio internacional del petróleo, la crisis económica y financiera de la Unión Europea, la apreciación del dólar y los daños ocasionados por el terremoto, el país tuvo que incrementar su nivel de endeudamiento externo y establecer salvaguardias para controlar el déficit en la Balanza de Pagos. Como Ecuador no tiene moneda propia, el gobierno se vio obligado a adquirir deuda pública, que en este momento representa el 37% del PIB. Si bien en la fase descendente del ciclo no era apropiado hacer un ajuste fiscal, el nuevo gobierno tendrá que hacerlo; el problema es si los costos del ajuste descansarán sobre los más pobres, o, si se protege a los sectores más vulnerables de la sociedad.

En Ecuador no se necesita menos Estado, como proponen los opositores al gobierno. Por el contrario, se necesita un Estado fuerte y eficaz, con capacidad de apoyar todos los esfuerzos productivos y redistributivos necesarios para garantizar los derechos económicos y sociales de la población. Necesitamos eficiencia en el Estado, pero no eficiencia entendida como ajuste y disminución de funcionarios públicos, especialmente: maestros, médicos, policías, como quieren los opositores a la Revolución Ciudadana, sino la eficiencia de un Estado capaz de apoyar a sus ciudadanos con servicios básicos orientados a garantizar los derechos sociales.

Uno de los aspectos sobre los que gira la campaña electoral en Ecuador es la necesidad de generación de empleo. Más allá del enunciado general, los candidatos no han explicado las estrategias orientadas a este fin. El asunto se complica cuando, por razones de competencia y competitividad, las empresas incorporan periódicamente máquinas y herramientas que ahorran mano de obra y arrojan a vastos sectores de la población a una situación de desempleo y subempleo. En estas circunstancias, imposibilitados de vincularse a la “economía formal”, con el sector empresarial privado, significativos segmentos de la población urbana impulsan estrategias de supervivencia vinculadas con emprendimientos familiares y el trabajo autónomo.

Un Informe sobre la Inversión Extranjera Directa en América Latina y el Caribe, elaborado por CEPAL en 2012, muestra que la repatriación de utilidades al exterior alcanza el 92% de los ingresos de inversión extranjera directa realizada en la región. Por otra parte, las empresas transnacionales son una fuente secundaria de creación de empleos, pues, entre 2003 y 2013, contribuyeron apenas con el 5% de la creación neta de empleos en Latinoamérica. Las actividades de comercio y de construcción son las que crean más empleo (siete puestos por cada millón de dólares de inversión), seguidas por la industria manufacturera y los servicios (tres puestos). Las actividades mineras (incluido el petróleo) crean un puesto de trabajo por cada 2 millones de dólares.

Según la última Encuesta Nacional de Empleo y Desempleo realizada por el Instituto Nacional de Estadística y Censos, en junio 2016, el desempleo en Ecuador se ubicó en 5,3%. Sin embargo, el subempleo a nivel nacional alcanzó el 19,9%, mientras que el empleo adecuado llegó al 41,2%.

De igual forma, según la última Encuesta Nacional de Empleo y Desempleo del Instituto Nacional de Estadística y Censos, la población económicamente activa PEA, es decir el número de personas en condiciones de trabajar en el Ecuador, aumenta en más de 200.000 personas al año. Si asumimos que en la gran industria se requiere invertir 100 mil dólares para generar una fuente de empleo directo, ¡el país necesitaría una inversión anual de 20.000 millones de dólares anuales para atender la demanda de trabajo formal incorporado a la industria! De allí la necesidad de fomentar el desarrollo de la mediana y pequeña empresa que requiere menor capital invertido, preferentemente utiliza materias primas nacionales y emplea más trabajadores.

La pregunta es: ¿no obstante los cambios realizados por el actual gobierno, bajo la racionalidad actual del mercado capitalista que domina la economía global, la economía ecuatoriana puede crear el empleo necesario para atender el número de personas que se incorporan cada año al mercado de trabajo, o, por el contrario, es necesario una transformación estructural que inaugure una nueva etapa en el desarrollo histórico del país y de la humanidad?

Finalmente, quisiera anotar que una deuda pendiente del gobierno de Rafael Correa tiene relación con los fallos existentes en la lucha contra la corrupción. Por el momento, cabe señalar que, en un comunicado público difundido hace un mes, la Contraloría General del Estado manifestó que, en 2.172 informes de auditoría, había establecido glosas a 33.000 funcionarios públicos con órdenes de reintegro por 661 millones de dólares. A pesar de haber entregado esos informes a la Fiscalía, no se conoce aún las acciones que esta institución haya adoptado al respecto.

En la campaña electoral, las élites empresariales que siempre han utilizado la institucionalidad del Estado en beneficio de sus intereses privados, han tomado la iniciativa en denuncias contra la corrupción, para aparecer como defensores de la ética pública

A mi juicio, es poco probable que haya segunda vuelta; empero, si hay segunda vuelta, ésta tendrá lugar entre Lenin Moreno y Guillermo Lasso, lo que significa una disputa entre capitalismo redistributivo vs. neoliberalismo a ultranza; capital financiero internacional vs. capital productivo con afán de acumulación nacional; Democracia Republicana formal vs. autoritarismo financiero despótico; Defensa de lo Público vs. Privatización a ultranza; Teología sin Liberación vs. Opus Dei.

Visto que Ecuador ha logrado mayor soberanía y destaque en la región en los últimos años, diferentemente de lo que pasaba antes de la Revolución Ciudadana, ¿qué importancia tiene para el momento actual de Latinoamérica las elecciones de este 19 de febrero?

Luego de los cambios políticos acaecidos en Brasil y Argentina, el año 2016 significó para América Latina el retorno del neoliberalismo y de las élites económicas al poder. En este momento ese riesgo existe en Ecuador, lo que ratificaría aquello que se ha denominado como el fin del ciclo de los gobiernos progresistas en la región.

Como es conocido, a principios del siglo XXI, en Latinoamérica se establecieron varios gobiernos progresistas. Desde entonces, el pensamiento político latinoamericano se ha caracterizado por la defensa del Estado en favor de los sectores más vulnerables; la defensa de la Soberanía Nacional a escala continental; la búsqueda de la satisfacción de las necesidades básicas para las mayorías de la población; el carácter nacional-popular de las políticas públicas; y, el desarrollo de una democracia económica y social que amplía la democracia formal republicana.Todo ello está en juego, pero, además, la posibilidad de que América Latina se constituya en un bloque económico y político autónomo, que negocie sus intereses de manera soberana con Estados Unidos, China, Rusia, o, la Unión Europea, pues Ecuador ha tenido una participación activa en el proceso de integración latinoamericana.

Jorge Orbe León

Texto en portugués :

Ecuador

Equador decide entre a Revolução Cidadã e neoliberais pró-Washington

Jorge Orbe León: Economista, Diplomado en Población y Desarrollo, Magíster en Administración de Empresas.

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James Mattis (surnommé « chien enragé »), ancien général de la Marine et secrétaire américain à la Défense, a prononcé un discours lors de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, qui a été conçue pour apaiser les tensions entre l’Europe et l’Amérique qui sont apparues à la suite de l’investiture du président Donald Trump.

Mattis a lancé un avertissement à la conférence visant à justifier une nouvelle escalade du militarisme américain et de l’OTAN. « Nous voyons tous notre communauté de nations menacée sur plusieurs fronts alors que l’arc d’instabilité se construit sur la périphérie de l’OTAN et au-delà », a-t-il déclaré à la conférence qui a réuni quelque 70 ministres de la Défense ainsi qu’un certain nombre de chefs d’État. Le Vice-président américain, Mike Pence, s’est lui adressé à la conférence le samedi 18 février.

L’« arc d’instabilité » est une expression qui englobe de multiples cibles pour l’agression américaine, y compris le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Iran et la Russie.

Mattis a ensuite déclaré que « la sécurité américaine est liée de façon permanente à la sécurité de l’Europe », ajoutant : « J’ai beaucoup de respect pour le leadership de l’Allemagne en Europe ».

En même temps, il a fait écho aux remarques faites lors d’une réunion de l’OTAN à Bruxelles, où il a averti que Washington pourrait « modérer » son soutien à l’alliance si d’autres États membres n’augmentaient pas leurs dépenses militaires. « C’est une exigence juste que tous ceux qui bénéficient de la meilleure alliance mondiale apportent leur part proportionnelle des coûts nécessaires pour défendre nos libertés », a-t-il dit.

Les remarques du chef du Pentagone semblaient en grande partie en continuité avec la politique étrangère des États-Unis poursuivie par les Administrations précédentes et étaient en contradiction avec les attaques rhétoriques de Trump contre l’OTAN la caractérisant comme étant « obsolète » et son étiquetage de l’Union européenne comme un « consortium » exploité par l’Allemagne pour ses propres intérêts.

Le discours de Mattis est venu au milieu de la féroce bataille intestine au sein de l’establishment américain sur la politique américaine à l’égard de la Russie, qui a atteint un point culminant avec la démission forcée du conseiller de sécurité nationale de Trump, Michael Flynn, suite à la révélation dans la presse de ses conversations avec l’ambassadeur de Russie aux États-Unis avant l’inauguration.

Mattis et le secrétaire d’État américain, l’ancien PDG d’ExxonMobil, Rex Tillerson, qui assistait à une réunion à proximité avec les ministres des Affaires étrangères du G-20 à Bonn, ont signalé qu’il n’y avait pas de perspective imminente de rapprochement qui allégerait sensiblement les tensions entre Washington et Moscou.

Alors que Mattis parlait à Munich, l’armée américaine se déployait en Bulgarie dans le cadre du renforcement de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN en Europe de l’Est et aux frontières de la Russie qui compte aujourd’hui 4000 troupes américaines ainsi que des forces de la Grande-Bretagne, l’Allemagne et d’autres alliés de l’OTAN. Cet accroissement a continué sans relâche depuis que Trump est entré à la Maison-Blanche.

Le discours du chef du Pentagone a été accompagné par des remarques de son homologue allemand, la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, qui comprenait des critiques assez pointues de la rhétorique sur l’Europe venant de la Maison-Blanche de Trump.

« Nos amis américains savent bien que votre ton sur l’Europe et l’OTAN a un impact direct sur la cohésion de notre continent », a déclaré von der Leyen à la Conférence de Munich sur la sécurité. Mettant en garde contre tout mouvement de Washington vers un rapprochement avec la Russie, elle a ajouté : « Il ne peut y avoir une politique d’équidistance entre des alliés et ceux qui remettent ouvertement en question nos valeurs, nos frontières et le droit international. »

En ce qui a constitué une attaque à peine voilée sur la tentative avortée de Trump d’imposer une interdiction de voyager à sept pays majoritairement musulmans, la ministre allemande de la Défense a déclaré à la conférence : « Nous devrions faire attention à ce que cette lutte ne devienne pas un front contre l’islam et les musulmans. Sinon, nous risquons de nous creuser une tombe plus profonde où la violence et la terreur ne se développent que plus loin ».

Avant la conférence de Munich, Mattis avait déclaré qu’il ne pourrait y avoir de coopération militaire entre les États-Unis et la Russie jusqu’à ce que Moscou « fasse preuve de bonne volonté », réitérant la position des États-Unis sous-jacente des sanctions prises contre la Russie vis-à-vis de l’Ukraine et de la Crimée.

Tillerson a sonné une note similaire vendredi, rejetant explicitement tout changement de la stratégie générale poursuivie par Washington à l’égard de la Syrie depuis le lancement de la guerre orchestrée par la CIA pour le changement de régime il y a près de six ans. Rencontre avec ses homologues d’autres grands partisans des « rebelles » islamistes, dont la France, l’Arabie saoudite, la Turquie et la Grande-Bretagne, le secrétaire d’État américain a souligné qu’il n’y aurait pas de coopération militaire avec la Russie en Syrie jusqu’à ce que Moscou se distancie du gouvernement de Bashar al-Assad et accepte la légitimité des rebelles liés par Al-Qaïda que les États-Unis et ses alliés ont armés et soutenus.

Tillerson a également réaffirmé son soutien aux négociations menées par l’ONU sur la Syrie, qui devraient reprendre jeudi prochain à Genève. Le gouvernement russe du président Vladimir Poutine avait invité Washington à participer aux pourparlers négociés par la Russie, la Turquie et l’Iran à Astana, la capitale du Kazakhstan, mais l’administration Trump n’a envoyé que l’ambassadeur local en qualité d’observateur.

Alors que les interventions de Tillerson et de Mattis à Bruxelles, Bonn et Munich visaient clairement à apaiser les tensions qui se sont produites entre les États-Unis et l’Europe, le caractère amer de la bataille qui fait rage au sein des milieux dirigeants de Washington a été exprimé à Munich par un discours extraordinaire prononcé par le sénateur républicain de l’Arizona, John McCain, chef du comité des services armés du Sénat. Ce conflit interne n’a rien à voir avec les droits démocratiques ou sociaux de la grande majorité de la population, mais est plutôt guidé par un conflit sur les stratégies américaines de guerre.

McCain a décrit l’Administration Trump, que son parti appuie ostensiblement, comme étant dans le « désarroi », et a suggéré qu’elle faisait partie d’un « rejet croissant des valeurs universelles au profit de vieux liens de sang et de race et de sectarisme ».

Se référant à la démission forcée du conseiller à la sécurité nationale de Trump, McCain a déclaré à son auditoire à Munich : « Je pense que la question Flynn est évidemment quelque chose qui montre qu’à bien des égards cette Administration est en désordre et qu’ils ont beaucoup de travail à faire ».

En faisant la distinction entre la rhétorique de « l’Amérique d’abord » de Trump et les politiques avancées par ses principaux conseillers, McCain a poursuivi : « Je sais qu’il existe une profonde préoccupation à travers l’Europe et le monde que les États-Unis renoncent au manteau du leadership mondial. Je ne peux parler que pour moi-même, mais je ne crois pas que ce soit le message que vous allez entendre de tous les dirigeants américains qui se sont suffisamment souciés de voyager ici à Munich ce week-end. Ce n’est pas le message que vous avez entendu aujourd’hui du secrétaire à la Défense Jim Mattis. Ce n’est pas le message que vous entendrez du vice-président Mike Pence. Ce n’est pas le message que vous entendrez du secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly.

McCain, l’un des plus vifs défenseurs de l’agression contre la Russie, a été au centre d’une polémique le mois dernier où il a transmis des documents aux agences de renseignement américaines alléguant des liens secrets entre Moscou et Trump et son équipe de campagne.

Ces actions, ainsi que l’attaque ouverte contre un président au pouvoir par son propre parti lors d’une conférence internationale à Munich, sont pratiquement sans précédent. Ils reflètent l’hostilité intense au sein de l’appareil militaire et de renseignement américain contre tout mouvement de l’Administration Trump pour se retirer de l’escalade prolongée des provocations et de l’agression contre la Russie. Dans la mesure où Trump a avancé une politique alternative, il n’a pas été une de retraite de militarisme mondial, mais plutôt un changement tactique vers la première préparation de la guerre d’abord contre l’Iran et escalade de la confrontation américaine avec la Chine.

Bill Van Auken

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 18 février 2017

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La transparence de la vie politique a ses limites, comme le montre à nouveau le cas de François Fillon et de ses discrètes activités de sa société de conseil 2F. Le candidat de la droite n’est pas le seul à conseiller des multinationales et à en tirer de substantiels revenus : lobbyistes, avocats, dirigeants d’entreprises peuplent les bancs du Parlement. Quels sont les intérêts qu’ils déclarent ? Ont-ils mis fin à leurs activités une fois élus ou sont-elles jugées compatibles avec leur mandat ? Animent-ils des clubs parlementaires en lien avec ces intérêts privés qui sont aussi les leurs ?

On le sait, nombre d’« élus du peuple » au Parlement ne défendent pas uniquement l’intérêt général. Quoiqu’en dise la Constitution française, ils représentent aussi les intérêts particuliers de leur circonscription ou de leur territoire, ce qui peut les conduire à écouter d’une oreille plus attentive les entreprises qui y sont implantées. Ils sont aussi soumis à de nombreuses pressions de la part d’intérêts privés à l’occasion des projets de loi sur lesquels ils doivent se prononcer. Certains parlementaires se sont fait une spécialité de la défense d’un secteur économique particulier, jusqu’à siéger dans une multitude de clubs, de commissions, de think tanks ou d’organismes publics ou parapublics liés à ces intérêts. D’autres sont encore plus intimement liés à des intérêts privés : ceux qui dirigent une entreprise, siègent au sein d’un conseil d’administration ou exercent une activité de conseil en tant qu’avocat ou consultant.

L’exemple le plus récent concerne bien évidemment François Fillon. En plus des soupçons d’emplois fictifs dont auraient bénéficié sa femme et ses enfants, le candidat de la droite et du centre a également travaillé pour le compte d’un grand groupe conseillant les multinationales françaises, Ricol Lasteyrie, par l’intermédiaire de sa propre société de conseil, 2F. Celle-ci lui a permis de dégager de substantiels revenus, et il a longtemps refusé de dévoiler le nom de ses clients avant de reconnaître, sous la pression, avoir touché des émoluments d’Axa, de Fimalac et de la banque Oddo. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy n’est pas le seul parlementaire français à exercer ce type d’activité de consultant en parallèle de son mandat. Il suffit d’éplucher les déclarations d’intérêts et d’activités des députés et sénateurs faites auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie politique pour s’en rendre compte.

Plusieurs parlementaires sont eux-mêmes d’anciens lobbyistes, comme Frédéric Lefebvre (LR) ou Malek Boutih (PS), directeur des « relations institutionnelles » de la radio Skyrock jusqu’en 2012. Le plus grand nombre exercent leurs activités de conseil à travers le statut d’avocat. Parmi nos 577 députés et 348 sénateurs, une cinquantaine sont avocats de profession. Certains sont retraités. Beaucoup ont suspendu leurs activités suite à leur élection. D’autres, au contraire, sont devenus avocats une fois élus, à la faveur de leur ancien statut de haut-fonctionnaire et grâce à un décret pris en 2012 par Nicolas Sarkozy, juste avant l’élection présidentielle, leur permettant, quasi automatiquement, de rejoindre le barreau. Ce décret a été abrogé depuis par la Garde des Sceaux Christiane Taubira.

Devenir ou être avocat autorise les députés à exercer une activité de conseil au cours de leur mandat, ce qui est interdit aux autres… [1]. Certains, comme le montre notre échantillon ci-dessous, ne s’en privent pas. Diriger une entreprise pendant son mandat, ou siéger au conseil d’administration de grandes entreprises privées, n’est pas, non plus, interdit par les règles déontologiques du Parlement. A l’inverse, le cumul d’un mandat électif avec des fonctions de direction dans des entreprises publiques n’est pas autorisé [2]. La famille Dassault, dont deux membres siègent à l’Assemblée et au Sénat, incarne de façon emblématique ce cumul d’une fonction élective avec les intérêts d’une ou de plusieurs entreprises.

Ces deux exceptions montrent déjà les limites de la « transparence de la vie politique » et la lutte contre les conflits d’intérêts. La déclaration d’intérêt auxquels sont soumis députés et sénateurs depuis 2014 est aussi très partielle : s’ils exercent des activités de conseils, ils ne sont pas obligés de mentionner leurs clients. Quant à vérifier leur véracité et éventuelles omissions, le citoyen doit s’en remettre au travail d’investigation de journalistes ou d’associations : la Haute autorité n’a aucun pouvoir de vérification, ni de sanction. Voici un florilège des risques de potentiels conflits d’intérêts que dévoilent ces déclarations :

François Brottes (PS) : une transition qui rapporte gros

Député PS jusqu’en août 2015, il a quitté son mandat en cours de législature pour devenir patron de RTE, la filiale d’EDF en charge des réseaux de transmission électrique. Un poste qui lui rapporte 250 000 euros de rémunération fixe par an [3], soit plus de 20 000 euros par mois. Avec la part variable, François Brottes pourrait percevoir jusqu’à 400 000 euros annuels, s’il fait aussi bien que son prédécesseur (voir ici). Problème : c’est François Brottes qui a été rapporteur spécial de la loi sur la transition énergétique lorsqu’il était député. Une loi décisive pour EDF et sur laquelle l’entreprise a pratiqué un lobbying intense (voir notre article). L’ancien député avait notamment déposé un amendement qui favorisait le chauffage électrique.

Dominique Bussereau (LR) : l’appel du large

Élu à l’Assemblée nationale depuis 1986, il est membre du conseil d’administration de CMA CGM, premier groupe français de transport maritime. Pour cette activité, le député a perçu 12 000 euros de jetons de présence sur les deux années 2012 et 2013, et 7620 euros en 2014. Dominique Bussereau connaît bien le secteur des transports pour en avoir été le secrétaire d’État en 2002. Il a aussi fondé, en 1995, le club parlementaire Avenir Transport [4], qui accueille parmi ses membres une vingtaine de grandes entreprises comme Alstom, SNCF, Air France, RATP, Keolis, Vinci ou Transdev. Ce club parlementaire est coprésidé par le socialiste Gilles Savary. Il était aussi à la date de son élection membre du conseil de surveillance de l’agence de notation environnementale TK Blue. Il en a démissionné en 2013.

Jean-Pierre Cantegrit (LR) : œnologue de luxe

Ce sénateur représentant des Français de l’étranger occupait jusqu’à fin 2014, en parallèle de son mandat, un poste de chargé des relations extérieures au sein du Groupe Castel, « spécialiste des métiers du Vin et de la Bière et boissons gazeuses » et « n°3 mondial des vins ». Ce travail lui rapportait plus de 72 000 euros annuels [5]. Dans ces secteurs, deux clubs parlementaires, des structures où se retrouvent parlementaires et acteurs économiques, sont particulièrement actifs : le Club de la Table française et l’Association nationale des élus de la vigne et du vin.

Luc Chatel (LR) : des revenus en hausse de 266%

Le député, ancien ministre de l’Éducation entre 2009 et 2012, a créé sa propre société de « conseil en stratégie et accompagnement », appelée LCH, juste avant le début de son nouveau mandat, en mai 2012. Cette société lui a apporté plus de 50 000 euros de revenus en 2012 et plus de 183 000 euros en 2013, dernière année renseignée de la déclaration d’intérêts du député, qu’il n’a pas mise à jour depuis. Luc Chatel n’a pas répondu à nos sollicitations sur la nature de son activité ni sur l’identité de ses clients [6].

Serge Dassault (LR) : un mirage au Sénat

Sénateur Les Républicains, élu depuis 2004, il cumule sa fonction élective avec une longue liste d’intérêts : président du groupe industriel Marcel Dassault (qui lui a apporté plus de 620 000 euros en 2013), PDG de Dassault médias, le groupe qui édite Le Figaro, directeur général de la société des Châteaux Dassault, administrateur d’une série d’entreprises du groupe Dassault, comme Dassault Falcon Jet Corporation (filiale basée aux USA), Dassault International ou Dassault Système. Serge Dassault est aussi président d’honneur et administrateur de Dassault aviation, président et membre du conseil d’administration de Dassault Belgique Aviation, président et gérant d’une société immobilière d’investissements… À se demander quand Serge Dassault peut trouver le temps d’étudier les projets de loi de passage au Sénat [7].

Olivier Dassault (LR) : administrateur en rafales

Le fils de Serge Dassault a été élu à l’Assemblée nationale de 1988 à 1997, puis sans interruption depuis 2002. Il est également administrateur de Dassault aviation, de Dassault médias, vice-président du groupe Valmonde (éditeur du magazine Valeurs actuelles), administrateur de la société du Figaro, président du conseil de surveillance du groupe Marcel Dassault (rémunéré pour cela plus de 350 000 euros bruts annuel, sans compter les dividendes), administrateur et membre du conseil de surveillance de deux autres sociétés, et président du conseil de surveillance de la société d’investissements immobilier de Serge Dassault [8].

Autant dire que le groupe d’armement et de médias a de quoi défendre ses intérêts au Parlement. Étrangement, l’entreprise Dassault n’est enregistrée dans aucun des registres de lobbying du Parlement français, ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat, contrairement à d’autres entreprises du secteur de l’armement comme Thalès. Dassault est par contre inscrite dans le registre de lobbying de l’Union européenne. La famille n’y dispose pas encore d’un siège de député européen…

Philippe Dominati (LR) : abonné aux centres d’appels

Philippe Dominati, sénateur depuis 2004, est aussi administrateur et président du conseil de surveillance de Téléperformance, qui gère des centres d’appels et emploie 188 000 salariés dans le monde. Cette activité lui a rapporté 87 800 euros en 2014 et 121 800 euros en 2015 [9]. Le sénateur a également administré, en 2009 et 2010, l’entreprise Theolia – devenue depuis Futuren, qui produit de l’électricité éolienne – pour un rémunération globale de 200 000 euros [10].

François Fillon (LR) : des conseils chèrement payés

L’ancien Premier ministre, député Les Républicains, et candidat de la droite à la présidentielle, a créé en 2012, une entreprise de conseil, 2F Conseil, juste avant de démarrer son mandat de député. Il a déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique des revenus de 70 000 euros issus de cette activité en 2012, et de plus de 142 000 euros en 2013, soit sept fois le salaire moyen. Ses déclarations à la Haute autorité s’arrêtent en 2013. Ce n’est pas illégal : la loi n’oblige les députés à déclarer revenus et activités qu’une seule fois au cours de leur mandat.

Mais pour l’année 2015, la société 2F Conseil a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 38%, qui atteint près de 300 000 euros [11]. Et selon Le Monde, François Fillon aurait gagné 750 000 euros entre 2012 et 2015 grâce à sa société. Quelle est la nature exacte de ces « conseils » ? Qui sont ses clients ? Leur identité est-elle de nature à présenter un conflit d’intérêt ? Nous avons contacté l’équipe de François Fillon à ce sujet, sans réponse. Début février, Médiapart révélait que, parmi ses clients, figure le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance, un grand groupe de conseil aux entreprise du Cac 40 et aux multinationales françaises (comme Air France, Alstom, BPCE, EDF, Engie, Altran…). François Fillon siège également au comité stratégique de ce cabinet (lire aussi notre article : Les très discrètes mais lucratives « activités de conseil » du candidat François Fillon).

Razzy Hammadi (PS) : de l’urbanisme à l’Assemblée nationale

Le député de Seine-Saint-Denis dirigeait un cabinet de conseil en urbanisme et habitat, HQB Conseil. Il assure avoir vendu ses parts en 2012 après son élection à l’Assemblée nationale. Cette activité lui a rapporté 4500 euros nets mensuels entre 2010 et 2012 [12].

Benoît Hamon (PS) : dirigeant au salaire moyen

Dans la case « profession » de sa déclaration d’activité, le candidat socialiste à la présidentielle a indiqué, en 2014, « directeur de société ». Avant de devenir député en 2012, Benoît Hamon dirigeait une petite société d’études d’opinion, Le Fil. Une activité qui lui rapportait environ 2000 euros mensuels, soit environ le salaire moyen. Il a quitté sa fonction de direction une fois élu [13].

Jean-François Lamour (LR) : défense d’intérêt

Député et membre de la commission défense de l’Assemblée, il siège également au conseil d’administration de la Fondation Safran, la fondation « pour l’insertion » de l’un des grands groupes d’armement français [14].

Gérard Longuet (LR) : cumulard d’activités annexes

Élu sénateur en 2001, Gérard Longuet dirige une société de conseil depuis 1994, Sokrates group. Sa déclaration d’intérêts affiche une rémunération issue de cette activité de 42 000 euros en 2013, et 18 000 euros les années précédentes. « L’activité est modeste en raison de son manque de disponibilité », fait-il savoir par le biais de ses collaborateurs parlementaires, qui ajoutent : « Les clients passés, présents ou à venir sont couverts par le secret professionnel. »

En plus de son mandat et de son activité « modeste » pour Sokrates group, l’ardent défenseur de François Fillon préside le conseil d’administration de Sea Invest Afrique, filiale d’un groupe belge de manutention portuaire, et siège parmi les administrateurs de Sea Invest France et Cockerill Maintenance & Ingénierie (voir ici) [15].

Alain Marsaud (LR) : bénévole pour Veolia

Élu à l’Assemblée nationale de 1993 à 1997, et depuis 2002. Entre ses deux mandats, il est directeur général adjoint du pôle eau de la Compagnie générale des eaux et directeur de l’analyse et de la prospective de Vivendi Universal. Il est également, bénévolement assure-t-il, membre du conseil d’administration indépendant de plusieurs filiales de Veolia, dont la Compagnie générale des eaux est l’ancêtre : Veolia Voda (la filiale en Europe de l’Est, devenu Veolia Central and Eastern Europe), Veolia Water and Technology, et a été administrateur de la Sidem, filiale active dans le déssalement des eaux. Il indique même sur son site être administrateur, là encore à titre gracieux, de la fondation Serge Dassault pour les personnes handicapées [16].

Laure de la Raudière (LR) : un club parlementaire très stratégique

La députée Laure de la Raudière était, avant de commencer son mandat, directrice générale d’une entreprise de conseil en stratégie, Navigacom, spécialisée dans les infrastructures réseaux et télécoms pour des grands groupes français. Parmi les clients de l’entreprise se trouvent Air France, SNCF, Thales, PSA, Louis Vuitton, Lafarge, DCNS, ArcelorMittal, Crédit agricole, Société générale… La députée a toutefois quitté ses fonctions en 2010 et n’en est plus actionnaire depuis 2012. Elle est aujourd’hui coprésidente du club parlementaire Nouvelle révolution industrielle, où elle croise à nouveau ces grandes entreprises [17].

Thierry Solère (LR) : lucratif recyclage

Le député est consultant de profession. Il a conseillé une entreprise de gestion des déchets, Chimirec Développement, avant d’en devenir salarié depuis 2014, pendant son mandat, pour un salaire brut mensuel de 12 000 euros [18].

Rachel Knaebel

- Cet article fait partie d’une série sur le lobbying réalisée en collaboration avec la rédaction du mensuel Alternatives économiquesdans le cadre d’un projet commun de développement du journalisme d’investigation économique et social, soutenu par la Fondation Charles Leopold Mayer.


Photo : CC Dominique Archambault

 

 

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Harry van Bommel, Député de gauche, dans son bureau à La Haye. Il a fait appel à une « équipe ukrainienne » qui comprenait des Russes dans un effort pour peser sur le référendum néérlandais l’année dérnière sur un traité commercial avec l’Ukraine. Photo Ilvy Njiokiktjien pour The New York Times

Un nouvel article assez amusant sur les fausses nouvelles a été publié dans le New York Timesd’aujourd’hui.

Voilà son titre : fausses Nouvelles, faux Ukrainiens : Comment un groupe de Russes a influencé un vote hollandais

C’est amusant parce qu’aucun élément de l’article ne vient corroborer le titre. Au contraire, l’article se révèle n’être lui-même rien d’autre qu’une fausse nouvelle. Il fait état d’événements anciens, qui ne sont pas des nouvelles, et il n’apporte aucun élément à l’appui de sa thèse.

Quelques expatriés ukrainiens ont fait campagne aux Pays-Bas contre un vote sur un accord d’association UE-Ukraine. Des Hollandais d’origine russe ont fait campagne dans le même sens. Les Néerlandais ont finalement rejeté l’accord avec 61,1% de voix contre et 38,1% pour.

Ce vote a eu lieu en avril 2016. Je ne comprends pas pourquoi ce vote mérite aujourd’hui un article. Son but n’est certainement pas de d’informer sur l’actualité ou sur le vote lui-même. L’article n’explique pas sur quoi portait précisément le vote, ni ne mentionne les chiffres du résultat.

Quelques expatriés aux Pays-Bas ont participé à des discussions publiques et ont fait campagne contre l’accord et ils ont finalement gagné. Ils l’ont fait sans cacher leur identité, honnêtement et dans le cadre de la loi. Absolument rien ne prouve qu’ils aient eu une influence indue sur le vote.

Mais cela ne convient pas au NYT. « C’est Poutine qui l’a fait » est un impératif permanent pour le NYT. Et donc, les Ukrainiens qui ont fait campagne doivent être de « faux Ukrainiens », et en réalité des Russes, parce qu’il est impossible, aux yeux du NYT, qu’un Ukrainien se prononce contre le putsch violent de Maidan et ses conséquences :

Ils ont assisté à des réunions publiques, ils sont apparu à la télévision et ont utilisé les réseaux-sociaux pour dénoncer le gouvernement pro-occidental de l’Ukraine comme une kleptocratie sanguinaire, indigne d’un soutien néerlandais.

Les membres les plus actifs de l’équipe ukrainienne venaient en réalité de Russie, ou des régions russophones d’Ukraine, et ont relayé la ligne du Kremlin comme des perroquets.

L’auteur semble dire que les gens « des régions russophones d’Ukraine » (qui représentent au moins le tiers du pays) sont de « faux Ukrainiens » ? Qu’ils n’ont aucune volonté propre en tant qu’Ukrainiens et qu’ils sont seulement capables de « relayer la ligne du Kremlin comme des perroquets » ? Ces Ukrainiens russophones sont-ils de moindre valeur ? Est-ce mal de ne pas relayer comme un perroquet la ligne de Washington / Bruxelles ?

Puis vient une restriction qui ôte toute sa force au coup que l’article voulait porter :

Il est difficile de savoir si l’équipe ukrainienne a été dirigée par la Russie ou si elle a agi de la sorte parce qu’elle partage les mêmes idées…

Est-ce que la raison de leur attitude ne pourrait pas être ni l’une ni l’autre de ces deux raisons, mais une troisième ? Peut-être qu’ils sont convaincus que l’accord UE-Ukraine n’est dans l’intérêt bien compris d’aucun des deux pays ? (Ce n’est pas dit dans l’article mais l’accord en question est beaucoup plus qu’un accord commercial ou économique. Il comprend des clauses d’alignement dans les domaines de la défense et de la politique.)

Voyons de plus près ces « Faux Ukrainiens » et ces « Groupe de Russes » :

Un de ces contacts [russes] est Vladimir Kornilov, un historien et analyste politique né en Russie ; il a grandi dans l’Est de l’Ukraine et vit actuellement à La Haye, où il mène des recherches personnelles au Centre des Etudes Eurasiennes.

Avant le référendum néerlandais l’an dernier, M. Kornilov a fait campagne contre l’accord commercial de l’Ukraine en disant plaisamment de lui-même qu’il est un « expatrié ukrainien à La Haye » qui, stupéfait du flux apparemment interminable de mensonges et de propagande » contre la Russie, s’est senti obligé de répondre.

Vladimir Kornilov semble avoir la quarantaine. Quand il est né, il n’y avait pas de « Russie » ni d’« Ukraine » comme aujourd’hui. La Russie historique comprenait l’Ukraine. Lorsque Kornilov est né, c’était l’Union Soviétique avec ses nombreuses entités fédérales. « Né en Russie » et « a grandi en Ukraine orientale » sont des catégorisations nationales que personne n’avait faites avant que l’URSS ne s’effondre. Les gens auraient dit « né à Moscou » et « grandi à Donetsk » ou quelque chose comme ça.

Kornilov s’insurge avec force contre l’article du NYT et surtout contre le titre sur les « faux Ukrainiens » :

Vladimir Kornilov @ Kornilov1968

@nytimesworld Chers éditeurs ! Qu’est-ce que cela signifie « Faux Ukrainiens » ? Votre auteur sait très bien que je suis un citoyen ukrainien et que je n’ai pas d’autre passeport.
4:07 AM – 16 Feb 2017

Le seul « Russe » mentionné dans l’article est un jeune étudiant qui est arrivé enfant aux Pays-Bas :

Nikita Ananjev était un membre particulièrement actif de l’équipe ukrainienne ; c’est un étudiant de 26 ans né à Moscou qui est arrivé avec sa mère aux Pays-Bas, où il préside maintenant l’Association des étudiants russes.

Ananjev se décrit lui-même publiquement comme quelqu’un qui « a été élevé comme un Hollandais mais qui est encore russe à 80% ».

Kornilov et Ananjev sont les deux seuls noms que le NYT peut fournir à l’appui de sa thèse. Ils sont les « Faux Ukrainiens » et le « Groupe de Russe », dont le titre parle.

Le « faux Ukrainien » n’est pas « faux » du tout, c’est un vrai Ukrainien. Le « groupe de Russes » est un étudiant de Rotterdam élevé en Hollande. Le NYT n’a trouvé aucun signe d’une quelconque pression russe sur leurs idées ou leurs opinions. Il n’y a aucune preuve dans l’article, pas la moindre preuve, que ces personnes « aient fait basculer » le vote hollandais. Le NYT n’essaie même pas de le démontrer.

Le peuple néerlandais, a voté contre la préférence des éditeurs du NYT à une large majorité. Que la raison puisse en être le fait que l’accord sur lequel portait le vote n’était pas très bon, ou l’illégalité du putsch de Maidan organisé par les États-Unis, cela ne les intéresse pas du tout et ne soulève aucune question. A la place, ils nous servent de fausses allégations qu’ils présentent comme des faits sur une soi-disant influence étrangère, sans aucune preuve à l’appui.

L’expression « Fausse nouvelle » du titre ne prend sens que si on l’applique à l’article lui-même.

Il n’y a aucun argument dans l’article qui justifie le titre. Il n’y a pas de « faux Ukrainiens », il n’y a pas de « groupe de Russes » et les quelques militants expatriés n’ont pas « fait basculer le vote néerlandais ».

L’article est aussi une fausse nouvelle dans le sens qu’il ne contient aucune nouvelle du tout. Le vote a eu lieu il y a 10 mois. Avant le vote, les expatriés ont fait campagne contre l’accord tout à fait ouvertement. Rien n’a changé depuis. Il n’y a pas un seul fait nouveau dans l’article.

C’est de la propagande pure et simple. Il n’y a pas un seul fait qui vienne corroborer le titre. C’est un effort plutôt raté pour alimenter la campagne anti-russe qui a été exacerbée par Hillary Clinton pour gagner l’élection et ensuite pour expliquer son échec quand elle a été battue. Il colle avec l’illusion impériale de la « seule superpuissance » qui est le fonds de commerce du NYT. Mais il rate son coup. L’article ne convainc personne et il est facile à percer. Ce sont des fake news.

Moon of Alabama

Article original en anglais : In Which Reporting About « Fake News » Turns Out To Be Such, Moon of Alabama, 16 février 2016

Traduction : Dominique Muselet

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Antecipando-se ao encontro com Netanyahu no próximo dia 15 de Fevereiro em Washington, pela primeira vez o presidente norte-americano comenta pessoalmente ocupações israelenses na Cisjordânia, e o faz de maneira moderadamente crítica: « Não cooperam com o processo [de paz] »
Donald Trump afirmou que as ocupações de Israel na Cisjordânia « não cooperam o processo » de paz em entrevista ao jornal Israel Hayom nesta sexta-feira, 10, primeira do presidente norte-americano a um meio de comunicação israelense desde que assumiu a Presidência no último dia 20 de janeiro.
Também foi a primeira vez que o presidente norte-americano comentou pessoalmente as ocupações, em uma entrevista bem ao seu estilo: ambíguo, superficial, com poucas palavras e esbanjando habilidade em ficar bem com todos os lados possíveis, enquanto for de seu interesse como magnata. “Toda vez que você toma a terra para ocupações, há menos terra disponível. Mas estamos prestando atenção a isso, e estamos atentos a outras opções, as quais veremos », disse Trump, e acrescentou: « Mas não, eu não sou alguém que acredita que levar adiante essas ocupações seja boa para a paz”.
Apesar de criticas moderadas o suficiente para não colocarem em questão o que elas representam para a nação palestina e para o direito internacional, Trump afirmou que fortalecerá os laços com Israel. « Há boa química entre nós, e ele é um bom homem; quer o bem de Israel, e deseja a paz », referindo-se ao primeiro-ministro israelense, Benjamin Natanyahu.Trump prometeu que não assumirá uma postura hostil em relação a Tel Aviv. « Não condeno Israel », entrando assim, em contradição na entrevista e aos ditos e feitos desde a campanha presidencial colocando-se como rigoroso defensor da aplicação da lei (para os inimigos, cinismo peculiar aos norte-americanos), e ignorando (em perfeita consonância com os grandes meios de comunicação internacionais, de propriedade exatamente de sionistas) que as ocupações israelenses vão muito além de construção de moradias em terras alheias: são baseadas no massacre armado com subsequente expulsão de seus proprietários, que ali habitam há séculos.O ponto em que Trump chegou mais próximo de uma crítica contundente às « políticas » (crimes de lesa-humanidade) israelenses, foi quando afirmou esperar que Israel haja de maneira racional em relação à paz, sugerindo que as ocupações não se tratam de meros « equívocos políticos ». Porém, não definiu o que significa ser mais razoável em relação aos palestinos além da ideia implícita de se deter as ocupações (o que, apenas isso, não resolverá em nada a questão).

Em outro momento da entrevista, fazendo as vezes de refém de Israel como seus antecessores na Casa Branca, o novo presidente dos Estados Unidos afirmou que o acordo nuclear com o Irã (no mínimo questionável se é justo e eficiente para a nação persa) « foi um desastre para Israel ».

Sem discutir o acordo em si e muito menos colocá-lo no contexto global, é fácil compreender por quê o mandatário republicano, também nisso, raciocina sob ponto de vista sionista: estes estão entre os três maiores lobistas da política norte-americana, junto da indústria bélica e petrolífera.

Inclusive por isso, já se pode esperar que mesmo as suaves e vazias críticas de Trump a um dos mais graves massacres pós-Segunda Guerra Mundial, seja suficiente para gerar mais uma onda de histeria entre sionistas em todo o mundo, com a mesma fúria de sempre que ataca agressivamente toda e qualquer crítica – desta vez, certamente o novo inquilino da Casa Branca será acusado de « anti-semita » por muitos, alarmados com a aparente reviravolta nos gestos de Trump a Israel em relação aos discursos que remontam a campanha presidencial.

Apesar da ambiguidade e da superficialidade, as palavras do ultra-direitista Donald Trump sobre as ocupações israelenses poderiam geram algum ânimo nos que desejam a paz no Oriente Médio.

Já o proprietário do Israel Hayom é Sheldon Adelson, homem de negócios judeu-norte-americano com fortes laços a Netanyahu e ao Partido Republicano dos Estados Unidos. Adelson doou milhões de dólares à campanha do republicano eleito, e um dos únicos doadores convidados ao juramento de posse de Trump. Há poucos dias, na terça-feira, 7, compareceu a um jantar com a esposa na Casa Branca com a família Trump.

De maneira realista, nada leva a crer que, desta vez, haverá paz e justiça entre a humanidade.
Edu Montesanti
11 de Fevereiro de 2017
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Benoît Hamon, voiture-balai d’un PS vermoulu

février 20th, 2017 by Bruno Guigue

Que certains aient appelé de leurs vœux un compromis gribouillé sur un coin de table entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, rétrospectivement, donne des sueurs froides ! Si « La France insoumise » s’est donnée la peine de bâtir un programme, on suppose que ce n’est pas pour se livrer, en catimini, à des marchandages pré-électoraux avec une social-démocratie moribonde. Le péril semble écarté, mais c’est le moment de rappeler quelques évidences.

Il faudrait l’admettre une fois pour toutes : M. Hamon n’est qu’un margoulin chargé de recycler la vieille garde d’un parti vermoulu qui contamine tout ce qu’il touche. Ni son programme de bric et de broc, ni ses concessions aux caciques solfériniens, ni le ralliement alimentaire des girouettes écologistes ne viendront démentir cette analyse. Ceux qui ont combattu la Loi-Travail sous les crachats combinés du « Figaro », du FN, du MEDEF et de Manuel Valls, par contre, en savent quelque chose.

Le pouvoir socialiste a trahi ses engagements, il a failli à sa mission et berné le peuple. La démonstration est plus que suffisante. Que M. Hamon se présente aujourd’hui la bouche en cœur n’y changera rien. Durant toutes ces années, que l’on sache, il a été ministre et député socialiste. Il vient d’investir pour les législatives ceux qui ont poignardé dans le dos les travailleurs de ce pays et ruiné l’indépendance nationale. Sa candidature est une supercherie, une arnaque. C’est la voiture-balai des rescapés d’un quinquennat de trahison.

Depuis 2012, ce dirigeant socialiste a approuvé la politique étrangère d’une présidence qui a battu tous les records de servilité atlantiste, d’arrogance néo-coloniale et de veule soumission à la politique sioniste. M. Hamon se réjouit de notre allégeance à l’OTAN, il répète comme un perroquet les poncifs néo-cons sur la Syrie, il est un chaud partisan de l’intégration européenne et ne voit aucun inconvénient à la politique dictée par l’ordolibéralisme allemand puisqu’il se garde bien d’indiquer comment y mettre fin.

Ses propositions en témoignent. Alors que la monnaie unique européenne est une usine à chômage et qu’il est urgent d’en sortir, M. Hamon veut la sauver. Comment ? En créant un parlement de l’euro. Avec qui, et pour quoi faire ? Il paraît qu’on en rit encore à Berlin. Il veut instituer le revenu universel, mais cette marotte électorale signifie en réalité l’acceptation du chômage de masse. C’est une idée néo-libérale déguisée en lubie progressiste, dans laquelle le secrétaire général de la CGT, à juste titre, voit la « négation du travail ».

Pour exécuter les diktats de la Banque centrale européenne et asservir le pays aux multinationales, le PS a poursuivi sous la présidence de François Hollande une démolition en règle des acquis de la Libération que la droite n’avait jamais osé entreprendre. Redoublant de zèle, les socialistes ont mené aussi loin que possible la mise en cause des droits collectifs, chaque régression permettant de franchir un nouveau seuil symbolique. M. Hamon a la bouche en cœur, mais il est socialiste. Demain, s’il est élu, il fera la même chose.

Pour ceux qui ont la mémoire courte, il faut rappeler que les droits des travailleurs français ont été conquis de haute lutte. Sans les occupations d’usines de l’été 36, les salariés ne partiraient jamais en congés payés. Sans les combats héroïques de la Résistance et de la Libération, la Sécurité sociale et les comités d’entreprise n’auraient jamais vu le jour. Sans les grèves ouvrières de juin 68, la revalorisation salariale exigée par la croissance des Trente Glorieuses serait restée un vœu pieux.

Le parti socialiste, lors de ces combats historiques, était aux abonnés absents. Léon Blum a pris acte du rapport de forces en mai-juin 1936, puis il a saboté le Front populaire en trahissant la République espagnole. La SFIO n’a joué qu’un rôle secondaire à la Libération, où le général de Gaulle confia les postes-clé aux communistes, qui ont créé la Sécurité sociale et promu l’effort de reconstruction économique. En 1968, le PS était inexistant, et c’est la CGT de Georges Séguy qui a négocié les accords de Grenelle. Quant aux avancées de 1981, le PS les a reniées, en même temps qu’une souveraineté dont il est avec la droite le principal fossoyeur.

L’expérience historique sert quand même à quelque chose. Le rôle des socialistes, c’est d’organiser une alternance au pouvoir purement cosmétique, dont le principal résultat est d’empêcher une véritable alternative à la tyrannie du capital. C’est de nous distraire de l’essentiel pour garantir la pérennité d’un système dont la caste politicienne reçoit ses prébendes. C’est de substituer à la véritable question, celle de la répartition du produit social et de l’exercice de la souveraineté populaire qui en est la condition, toute une série de contre-feux et de querelles grotesques.

De la théorie du genre à l’antisémitisme, du mariage pour tous au voile islamique, de la réforme de l’orthographe à la gestation pour autrui, de la dépénalisation du cannabis au revenu universel, le PS adore les controverses périphériques. Illusionniste par goût et par profession, il a une dilection particulière pour ces écrans de fumée qu’on jette aux yeux des citoyens médusés. M. Hamon va nous en servir, de la poudre aux yeux, vous allez voir. La voiture-balai de ce quinquennat d’imposture, elle aussi, est « en marche ».

Bruno Guigue

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Ante la adopción de una ley por parte del Parlamento Israelí, el pasado 6 de febrero, que legaliza de manera retroactiva, los asentamientos ilegales en Palestina, en particular en Cisjordania, son varias las organizaciones internacionales y los Estados que han levantado la voz expresando su repudio y rechazo a dicha iniciativa.

Un repudio generalizado
A la condena hecha por el Secretario General de Naciones Unidas (véase comunicado oficial de Naciones Unidas) y de la Unión Europea (Nota 1), hay que añadir las reacciones de rechazo contra esta ley israelí expresadas por Alemania, Egipto, Francia, Turquía, entre muchos otros. España inició el 2017 con un comunicado condenando la decisión del Ejecutivo israelí de autorizar nuevos asentamientos (Nota 2).
Foto extraída de artículo de prensa de la BBC de enero del 2017

Las reacciones oficiales registradas en América Latina

En América Latina, esta ley israelí ha dado lugar a varias reacciones oficiales. Es por ejemplo el caso de los comunicados oficiales circulados por los aparatos diplomáticos de Argentina (Nota 3), de Brasil (Nota 4), de Chile (Nota 5) y de México (Nota 6). Es de notar que el comunicado mexicano fue el primero , y que es el único en referirse expresamente a una reciente resolución del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas condenando de forma vehemente la política de colonización israelí en territorio palestino.

La reciente resolución 2334 adoptada por el Consejo de Seguridad

Como se recordará, a finales del 2016, y por primera vez desde el año 1980, el Consejo de Seguridad de Naciones Unidas pudo adoptar – gracias a la abstención de Estados Unidos – una resolución condenando enérgicamente los asentamientos israelíes en territorios palestinos: se trata de la resolución 2334 (2016) adoptada el 23 de diciembre del 2016. En un reciente análisis sobre las implicaciones jurídicas de la resolución 2334, se lee incluso que la ausencia de una « s » en los términos usados en este texto reviste particular relevancia de cara al futuro:

 » What is also particularly striking is that Security Council resolution 2334 (2016), when addressing the legal status of the West Bank and East-Jerusalem, does not refer anymore to the occupied “Palestinian territories” in the plural but, like other organs of the United Nations beforehand, instead now also rather refers to the occupied “Palestinian territory” in the singular (“du territoire Palestinien” respectivly ‘le territoire palestinien” in the French text). This in turn presupposes that, while obviously not amounting to a recognition of a state, the Security Council hereby has taken the position that there exists at least a Palestinian entity with a defined ‘territory’ rather than merely some ‘Palestinian territories’  » (véase ZIMMERMANN A., « Security Council Resolution 2334 (2016) and its Legal Repercussions Revisited« , EJIL Talk, 20/01/2017, disponible aquí).

Con ocasión de la presentación del borrador de esta histórica resolución, Israel y el entonces Presidente electo Donald Trump realizaron diversas gestiones diplomáticas para frenar a toda costa su votación, y aplazarla de unas pocas semanas, sin lograr mayor éxito (sobre estas y otras particularidades, véase nuestro breve análisis, BOEGLIN N., « La resolución 2334 del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas que condena colonización israelí: breve puesta en perspectiva« , DIPúblico, 10/01/2017, disponible aquí).

La particular vehemencia diplomática de México

El comunicado de México difiere sensiblemente del de Argentina, Brasil y Chile en cuanto a su contenido así como su extensión. En su comunicado, México procede a « reiterar » su preocupación: « México reitera que la expansión de los asentamientos israelíes en Cisjordania y Jerusalén Oriental representa un obstáculo mayor al proceso de paz, el cual debe encontrar una solución integral fundada en la existencia de dos Estados, Israel y Palestina, económicamente viables, que convivan en paz y seguridad y con fronteras reconocidas internacionalmente« . Es probable que el tono empleado por la diplomacia de México no sea del todo ajeno a las recientes tensiones ocasionadas por un desacertado « tweet » del Primer Ministro israelí apoyando la construcción de un muro entre Estados Unidos y México. Al respecto, remitímos a nuetra breve nota: BOEGLIN N., « Las “disculpas” de Israel a México por tweet del Primer Ministro de Israel apoyando muro entre México y EEUU: Breves apuntes« , editada en Ius360, 15/02/2017, disponible aquí.

La usual discreción diplomática de Costa Rica

Fiel a la peculiar cautela para manifestarse ante la situación imperante en Palestina y los derechos de su pueblo, Costa Rica (al igual que Colombia y Panamá), se ha mantenido al momento sin expresar mayor preocupación con respecto a esta ley aprobada por el Parlamento israelí. Esta misma actitud se dejó entrever con ocasión de la última ofensiva militar israelí en Gaza en el 2014 (véase nuestra breve nota publicada por el Centro de Estudios de Medio Oriente y África del Norte CEMOAN de la Universidad Nacional – UNA- en Costa Rica). El número especial de la Revista Al-Kubri de la UNA reseña de forma sistemática dichas reacciones, así como el carácter ambigüo y contradictorio de las declaraciones oficiales dadas por las autoridades de Costa Rica en el 2014. Pese a haber reconocido a Palestina como Estado en el 2008, en setiembre del 2011 las autoridades de Costa Rica se monstraron indecisas ante un posible voto en Naciones Unidas sobre el reconocimiento de Palestina como Estado Miembro de Naciones Unidas (ver nota de prensa del Semanario Universidad).

Más recientemente, con relación a un tema distinto, en septiembre del 2015, una carta colectiva suscrita por descendientes de migrantes árabes respondió a desafortunadas declaraciones del Jefe de Estado sobre las supuestas dificultades que enfrentarían refugiados sirios si llegaran a Costa Rica:  » Los abajo firmantes, descendientes todos de territorios que hasta 1945 formaron parte de la Gran Siria, es decir, los ticos descendientes de sirios, palestinos, libaneses o jordanos, nos sentimos ofendidos por lo inapropiado de los comentarios de un Presidente que se enorgullece del carácter multicultural y pluriétnico del país » (véase carta titulada « Carácter multicultural y pluriétnico de Costa Rica incluye lo árabe« , publicada en el Semanario Universidad, 16/09/2015). Nos permitimos traer este tema a colación, dado que puede ayudar a entender la singular cautela de las actuales autoridades de Costa Rica con relación a la situación en Palestina.

Conclusión

Más allá de la peculiar percepción que puedan tener las autoridades de Costa Rica con relación a lo que ocurre en Palestina, esta reciente ley israelí ha sido objeto de un rechazo generalizado por parte de diversos Estados y organizaciones internacionales. Desde el punto de vista jurídico, constituye una violación flagrante a la reciente resolución 2334 del Consejo de Seguridad, y a un sinnúmero de resoluciones similares. Desde el punto de vista político, evidencia nuevamente la actitud desafiante de Israel hacia el resto de la comunidad internacional. En momentos en que la primera reunión de la dupla Donald Trump – Benjamin Netanyahu ha causado temores fundados e incertidumbre en diversos sectores de la comunidad internacional, por el tono y el contenido de sus declaraciones, no cabe duda que Palestina espera ansiosa reacciones decididas frente a esta nueva arremetida israelí aprobada por la Knesset el pasado 6 de febrero.

Nicolas Boeglin

Notas

Nota 1: En un comunicado de prensa de la Unión Europea se lee que:

« Federica Mogherini speaks to Palestinian President Mahmoud Abbas Bruxelles, 09/02/2017 – 09:16 – UNIQUE ID: 170209_01 Press releases

Before leaving to Washington late on Wednesday, Federica Mogherini, High Representative for Foreign Affairs and Security Policy/Vice-President of the European Commission, had a phone call with the Palestinian President Mahmoud Abbas to discuss the recent developments regarding the Middle East peace process.

The High Representative informed the President about the discussions at the Foreign Affairs Council on Monday, stressing the consensus on the longstanding European Union’s policy on the Middle East peace process. The EU remains fully committed to work with the two parties and its international and regional partners on the two-state solution as the only way to end the conflict and move the peace process forward. The EU also expressed its opposition to the ‘Regularisation Law’ adopted by Israeli Knesset this week – settlements are illegal under international law and endanger the prospects for a peaceful solution of the conflict.

The High Representative and the President also discussed the EU-Palestinian relations and reconfirmed the commitment to further develop them

Nota 2: El comunicado español del 2 de enero del 2017 se lee de la siguiente manera: 

« COMUNICADO 036 Autorización de asentamientos en Cisjordania 01/02/2017

España condena la decisión del gobierno de Israel adoptada ayer de autorizar la construcción de tres mil viviendas para asentamientos en Cisjordania. Esta decisión contraria al derecho internacional, junto con otras dos muy recientes referidas a Cisjordania y a Jerusalén oriental y totalizando seis mil viviendas, señala una tendencia muy preocupante de las autoridades de Israel en relación con el proceso de paz, dificulta la reanudación de las conversaciones con la parte palestina y supone una amenaza para la viabilidad de la solución de dos estados, única capaz de resolver el conflicto de forma justa y definitiva« . 

Nota 3: El comunicado de Argentina con fecha del 10 de febrero se lee como sigue:

« Argentina lamenta la decisión del parlamento israelí sobre los asentamientos en Cisjordania 

10 Febrero 2017 Información para la Prensa N°: 030/17

La Argentina observa con preocupación la aprobación por parte del Parlamento israelí de la Ley de Regularización, el pasado 6 de febrero, que legaliza la construcción de asentamientos en la Ribera Occidental ocupada.

La República Argentina se suma a la comunidad internacional, al considerar que esta Ley es contraria al Derecho Internacional, y a reiterados pronunciamientos de las Naciones Unidas, incluyendo del Consejo de Seguridad, y que, de ser implementada, obstaculizaría la posibilidad de lograr una paz justa y duradera, basada en la solución de dos Estados, conviviendo en paz y seguridad dentro de fronteras internacionalmente reconocidas.

Información para la prensa Nº 030/17 » 

Nota 4: El comunicado de Brasil, con fecha del 12/02/2017 se lee así: 

« Nota 42  Asentamientos israelíes en Cisjordania 

Brasil cree que la expansión territorial de los asentamientos israelíes en Cisjordania es un obstáculo a la paz. En este sentido, la legislación destinada a regularizar los asentamientos, recientemente aprobado por el Parlamento de Israel, no contribuye a la solución del conflicto.

Brasil ha recurrido sistemáticamente a las partes a que se abstengan de utilizar la violencia y promover actos de provocación que se desvían más lejos de la solución de dos estados.

Brasil apoya una solución de dos estados para el conflicto entre Israel y Palestina, que esté de acuerdo con el derecho a la libre determinación del pueblo palestino y las preocupaciones de seguridad de Israel. 

Nota 5: El comunicado oficial de Chile se lee de la siguiente forma: 

« Chile rechaza la expansión de los asentamientos en territorios palestinos 

El gobierno de Chile expresa su profunda disconformidad con la aprobación de una ley por parte del Parlamento de Israel, que permite la expropiación de propiedad privada palestina en Cisjordania. Esta ley facilitaría la legalización de decenas de asentamientos y colonias construidas ilegalmente en territorio palestino.

Chile se une al rechazo de la comunidad internacional sobre la expansión de estos asentamientos, que representan un serio obstáculo a la posibilidad de alcanzar una paz duradera que se fundamente en la solución de dos Estados que convivan en paz y seguridad y con fronteras reconocidas internacionalmente.

Esta posición fue reafirmada por Chile en la reciente Conferencia de París sobre la Paz en Medio Oriente, a la cual concurrieron 70 países y 4 organizaciones internacionales« . 

Nota 6: El comunicado de México con fecha del 7 de febrero se lee de la siguiente manera:

« México lamenta la decisión del Parlamento de Israel de aprobar una ley que legaliza asentamientos construidos en propiedad privada palestina 

Comunicado No. 046.- México reitera que la expansión de los asentamientos israelíes en Cisjordania y Jerusalén Oriental representa un obstáculo mayor al proceso de paz, el cual debe encontrar una solución integral fundada en la existencia de dos Estados, Israel y Palestina.

El Gobierno de México, por medio de la Secretaría de Relaciones Exteriores (SRE), lamenta la decisión del Parlamento de Israel de adoptar una ley que pretende legalizar asentamientos israelíes construidos sin autorización oficial sobre propiedad privada palestina en Cisjordania.

México reitera que la expansión de los asentamientos israelíes en Cisjordania y Jerusalén Oriental representa un obstáculo mayor al proceso de paz, el cual debe encontrar una solución integral fundada en la existencia de dos Estados, Israel y Palestina, económicamente viables, que convivan en paz y seguridad y con fronteras reconocidas internacionalmente.

El Gobierno de México hace un llamado al Gobierno de Israel a revertir esta decisión y a actuar de conformidad con las resoluciones pertinentes de la Organización de las Naciones Unidas, particularmente la resolución 2334 (2016) del Consejo de Seguridad.

México reafirma su apoyo a una solución justa, duradera e integral al conflicto israelí-palestino, y hace un llamado a las partes a comenzar negociaciones directas cuanto antes y sin precondiciones, con el apoyo de la comunidad internacional« .

Nicolas Boeglin, Profesor de Derecho Internacional Público, Facultad de Derecho, Universidad de Costa Rica (UCR).
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Amnesty international attise la guerre en Syrie

février 20th, 2017 by Rick Sterling

Amnesty international (AI) a fait de bonnes investigations et de bons rapports au fil des ans, qui ont mérité au groupe un large soutien. Cependant, ce qui est moins connu est qu’Amnesty international a aussi mené des enquêtes fautives aux conséquences sanglantes et désastreuses.

Un exemple marquant est celui de l’Irak où AI a corroboré l’histoire fausse que des soldats irakiens volaient des incubateurs du Koweit, laissant les bébés mourir sur le sol gelé. La tromperie a été planifiée et effectuée à Washington afin d’influencer le public et le Congrès des États-Unis.

Un exemple plus récent est celui de 2011 où de fausses accusations ont été portées concernant la Libye et Mouammar Kadhafi alors que les puissances occidentales et du Golfe tentaient de renverser son gouvernement. Les dirigeants d’AI se sont joints à la campagne en déclarant que Kadhafi employait des « mercenaires » pour menacer et tuer des civils qui protestaient pacifiquement. La propagande a réussi à faire taire la critique envers ce qui est devenu une invasion et un « changement de régime ».

Au-delà d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU afin de « protéger des civils », l’OTAN a lancé des attaques aériennes soutenues et renversé le gouvernement libyen en conduisant au chaos, à la violence et à un flot de réfugiés. AI a plus tard réfuté ses accusations de « mercenaires », mais le dommage avait été fait.

Le sensationnel rapport d’Amnistie Internationale

Puis, le 7 février, Amnesty international a publié un nouveau rapport intitulé « Abattoir humain : pendaisons et exterminations de masse à la prison de Saydana », qui accuse le gouvernement syrien d’exécuter des milliers de prisonniers politiques, un ensemble d’accusations qui ont reçu un traitement sans discernement dans les nouvelles des principaux médias.

À l’instar des histoires des incubateurs irakiens/koweïtiens et des « mercenaires » libyens, le rapport sur l’« abattoir humain » arrive à un moment critique. Il accuse et condamne le gouvernement syrien au sujet d’atrocités horribles envers des civils – et AI en appelle explicitement à la communauté internationale pour prendre « des mesures ». Mais le rapport d’AI est profondément biaisé et se résume à une condamnation du gouvernement syrien par un tribunal-bidon.

Les normes d’AI ignorées

1. Le rapport d’Amnesty international viole les propres normes de recherche de l’organisation. Comme en fait état le professeur Tim Hayward ici, le Secrétaire général d’Amnesty international, Salil Shetty, proclame qu’Amnesty fait sa recherche « de façon très systématique et primaire, en ce que nous recueillons des preuves avec notre propre personnel sur le terrain. Et chaque aspect de notre collecte de données est basé sur la corroboration et le recoupement de la part de toutes les parties, même s’il y a, vous savez, plusieurs parties dans toute situation parce que toutes les questions dont nous traitons sont passablement contestées. Alors il est très important d’obtenir différents points de vue et de vérifier les faits de façon transversale. »

2. Mais le rapport d’Amnesty fait défaut à tous égards : il s’appuie sur des tiers, il n’a pas rassemblé son information à partir de différents points de vue et il n’a pas été contrevérifié par toutes les parties. Les conclusions du rapport ne sont pas basées sur des sources primaires, des preuves matérielles ou le propre personnel d’AI ; les résultats sont uniquement basés sur les revendications d’individus anonymes, principalement dans le sud de la Turquie d’où la guerre en Syrie est coordonnée.

3. Amnesty a rassemblé des témoins et des dépositions d’un seul côté du conflit : l’opposition soutenue par l’Occident et le Golfe. Par exemple, AI a consulté le Réseau syrien pour les droits de l’homme qui est connu pour rechercher l’intervention de l’OTAN en Syrie. AI a établi une liaison avec la Commission pour la justice internationale et la responsabilité, une organisation financée par l’Ouest pour pousser des chefs d’accusation criminels contre le leadership syrien. Celle-ci n’est évidemment pas une organisation neutre, indépendante ou non partisane.

Si AI faisait ce que son secrétaire général prétend que l’organisation fait toujours, elle aurait consulté des organisations à l’intérieur ou à l’extérieur de la Syrie pour entendre diverses versions de la vie à la prison de Saydnaya. Depuis la sortie du rapport d’AI, AngryArab a publié le récit d’un dissident syrien, Nizar Nayyouf, qui a été emprisonné à Saydnaya. Il contredit plusieurs affirmations dans le rapport d’Amnesty international, le type de contre-vérification qu’AI a négligé de faire dans le cadre de cette importante étude.

4. L’accusation d’Amnesty selon laquelle les exécutions étaient « extrajudiciaires » est exagérée ou fausse. D’après la propre description d’Amnesty, chaque prisonnier comparaissait brièvement devant un juge et chaque exécution était autorisée par un haut dirigeant du gouvernement. Nous ne savons pas si le juge consultait de la documentation ou d’autre information concernant chaque prisonnier. On pourrait faire valoir que le processus tel que décrit était superficiel, mais il est clair que même si les allégations d’AI sont vraies, il y avait là une forme de processus judiciaire.

5. La suggestion d’Amnesty selon laquelle tous les prisonniers de Saydnaya sont condamnés est fausse. Amnesty cite un témoin qui explique à propos de la cour : « Le juge demande le nom du détenu et s’il a commis le crime. Selon que la réponse est oui ou non, il sera condamné. » Mais cette affirmation est contredite par un ancien prisonnier de Saydnaya qui est maintenant un réfugié en Suède. Dans ce reportage, l’ancien prisonnier dit que le juge « lui a demandé combien de soldats il avait tué. Quand il a répondu ‘aucun’, le juge l’a épargné. » Ceci est l’évidence qu’il y a un processus judiciaire de quelque sorte et qu’il y a des acquittements.

6. Le rapport d’Amnesty inclut des photographies satellites avec des légendes qui sont dénuées de sens ou erronées. Par exemple, comme le souligne le dissident syrien Nizar Nayyouf, la photo à la page 30 exposant un cimetière de martyrs est « stupide au-delà de toute expression ». La photo et la légende montrent que ce cimetière a doublé en taille. Cependant, cela ne prouve pas les pendaisons de prisonniers qui n’auraient jamais été enterrés dans un « cimetière de martyrs » réservé aux soldats de l’armée syrienne. Au contraire, cela confirme le fait qu’Amnesty international ignore par ailleurs : des soldats syriens sont morts en grand nombre.

7. Le rapport d’Amnesty revendique à tort – basé sur des données fournies par l’un des groupes recherchant l’intervention de l’OTAN – que « les victimes sont massivement des civils ordinaires qui sont censés s’opposer au gouvernement ». Bien qu’il soit certainement vrai que des civils innocents sont parfois injustement arrêtés, comme cela se produit dans tous les pays, la suggestion que la prison de Saydnaya est remplie avec 95% de « civils ordinaires » est absurde. Amnesty international peut seulement faire cette affirmation sans affronter le ridicule parce qu’AI et d’autres organisations occidentales ont effectivement « disparu » de la réalité de la Syrie. D’autres faits essentiels, complètement absents du rapport d’Amnesty, sont les suivants :

– Les puissances occidentales et les monarchies du Golfe ont dépensé des milliards de dollars annuellement depuis 2011 pour recruter, financer, entraîner, armer et soutenir au moyen d’une propagande sophistiquée une violente campagne pour renverser le gouvernement syrien.

– Dans le cadre de cette opération, des dizaines de milliers de fanatiques étrangers ont envahi la Syrie et des dizaines de milliers de Syriens ont été radicalisés et payés par les monarchies wahhabites dans le Golfe pour renverser le gouvernement.

– Plus de 100 000 soldats de l’Armée syrienne et de la Défense nationale ont été tués en défendant leur pays. La plupart de cette information publique est toujours ignorée par Amnesty international et les autres médias principaux dans l’Occident. Cette opération de « changement de régime » s’est accompagnée d’une distorsion massive et d’un camouflage de la réalité.

8. Sans fournir de preuve, Amnesty international accuse le plus haut dirigeant religieux sunnite en Syrie, le grand mufti Ahmad Badreddin Hassoun, d’autoriser l’exécution de « civils ordinaires ». Alors que le grand mufti est une victime personnelle de la violence de la guerre – son fils a été assassiné par des terroristes près d’Alep –, il a constamment appelé à la réconciliation. Après le meurtre de son fils, le grand mufti Hassoun a prononcé un discours éloquent exprimant le pardon pour les meurtriers et demandant la fin de la violence.

Qu’est-ce que cela dit à propos d’Amnesty international en ce qu’elle porte des accusations personnelles spécifiques contre des personnes qui ont personnellement souffert, ne fournissant aucune preuve de culpabilité ?

9. Dans le rapport, Amnesty utilise des accusations sensationnelles et émotionnelles à la place de preuves factuelles. Le titre du rapport est : « Abattoir humain ». Et qu’est-ce qui accompagne un « abattoir » ? Un frigo à viande. Ainsi, le rapport utilise l’expression « frigo à viande » en sept instances séparées, vraisemblablement pour faire en sorte de renforcer la métaphore centrale d’un abattoir.

Même la citation d’ouverture du rapport est hyperbolique : Saydnaya est la fin de la vie – la fin de l’humanité. Le rapport offre un contraste marqué avec la recherche objective fondée sur des faits et l’investigation ; il semble conçu pour manipuler les émotions et, ainsi, créer un nouveau soutien public en Occident pour une nouvelle escalade de la guerre.

10. Pourtant, les accusations d’Amnesty international selon lesquelles le gouvernement syrien applique une politique d’ « extermination » sont contredites par le fait que la vaste majorité de Syriens préfère vivre dans des zones contrôlées par le gouvernement. Quand les « rebelles » ont finalement été éconduits d’Alep-Est en décembre 2016, 90% des civils se sont précipités dans des zones sous contrôle gouvernemental.

Ces derniers jours, des civils de la province de Lattaquié qui avaient été emprisonnés par des terroristes au cours des trois dernières années ont été libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers. [Cette vidéo montre le président syrien Bachar Al-Assad et sa femme rencontrant certains civils.]

11. Le rapport d’Amnesty est accompagné d’un dessin animé de propagande de trois minutes qui renforce le récit selon lequel des civils syriens qui protestent pacifiquement sont emprisonnés et exécutés. En écho avec le thème du rapport, l’animation s’intitule : « Prison de Saydnaya : abattoir humain ». Amnesty international semble nier qu’il y a des dizaines de milliers d’extrémistes violents en Syrie, déclenchant des voitures piégées, lançant des mortiers et attaquant par ailleurs des zones civiles chaque jour.

Compte tenu de la crise nationale – avec autant de djihadistes violents à confronter – il est improbable que la sécurité syrienne ou des autorités de la prison gaspillent des ressources sur des civils non violents, même si cela ne garantit pas que le gouvernement syrien a les mains propres non plus. Des erreurs et abus doivent se produire dans cette guerre comme dans toutes les autres.

Mais le rapport d’AI ressemble davantage à la propagande qui a entouré le conflit syrien depuis le début, étant pauvrement équilibré et rappelant la « gestion de la perception » utilisée pour justifier l’invasion étasunienne de l’Irak en 2003 et l’assaut de l’Occident en Libye en 2011. L’hyperbole d’AI est aussi contredite par le fait que la Syrie a plusieurs partis d’opposition qui se disputent des sièges à l’Assemblée nationale et qui font ouvertement campagne pour le soutien public tant à la droite qu’à la gauche du parti Baas.

12. L’affirmation d’Amnesty selon laquelle les autorités syriennes répriment brutalement les protestations pacifiques ignore davantage le processus de réconciliation syrienne. Au cours des dernières années, des militants armés de l’opposition ont été encouragés à déposer leurs armes et à rejoindre pacifiquement la société, un programme largement non signalé dans les médias occidentaux parce qu’il contredit le récit du « chapeau noir » du gouvernement syrien. [Un exemple récent est rapporté ici.]

13. Le rapport d’Amnesty cite les photographies « César » comme des preuves à l’appui de ses accusations d’« abattoir », mais ignore le fait que presque la moitié de ces photographies démontre le contraire de ce qui est revendiqué. Les « photographies César » largement publicisées étaient un canular financé par le Qatar pour saboter les négociations de Genève de 2014 comme documenté ici.

14.

Alors que le rapport d’Amnesty porte plusieurs accusations contre le gouvernement syrien, AI ignore la violation de la souveraineté syrienne effectuée par les pays occidentaux et du Golfe. Il est curieux que de grosses ONG comme Amnesty international focalisent sur des violations des « droits humains » et de « droit humanitaire », mais qu’elles ignorent le crime d’agression, aussi appelé guerre contre la paix.

Selon le tribunal de Nuremberg, l’agression est « le crime international suprême, différant seulement des autres crimes de guerre en ce qu’il contient en lui-même le mal cumulé de l’ensemble ». L’ex-ministre nicaraguayen et ancien président de l’assemblée générale des Nations Unies, le père Miguel D’Escoto, est quelqu’un qui devrait savoir. Il dit : « Ce que le gouvernement des États-Unis fait en Syrie équivaut à une guerre d’agression, laquelle, selon le tribunal de Nuremberg, est le pire crime qu’un État puisse commettre contre un autre État. » Amnesty international ignore cette réalité.

Formation et contexte

Nicolette Waldman (Boehland) est la co-auteure de ce rapport d’Amnesty international, et elle a été interviewée sans critique dans DemocracyNow, le 9 février. La formation et les œuvres antérieures de Waldman révèlent les interconnexions entre les « think tanks » influents de Washington et les fondations de milliardaires qui financent des « organisations non gouvernementales » – ONG – déclarant être indépendantes, mais qui ne le sont pas dans les faits.

Waldman a précédemment travaillé pour le « Centre pour les civils en conflit » dirigé par des responsables comme l’Open Society de Georges Soros, le Human Rights Watch financé par Soros, Blackrock Solutions et le Centre pour une nouvelle sécurité américaine (CNAS).

Le CNAS peut être l’indication la plus significative d’une orientation politique depuis qu’il est dirigé par Michele Flournoy qui était pressentie pour devenir secrétaire à la Défense si Hillary Clinton avait gagné l’élection. Le CNAS a été un moteur principal derrière les plans néoconservateurs et interventionnistes libéraux visant à intensifier la guerre en Syrie. Alors que les travaux passés ou les associations ne définissent pas toujours les travaux nouveaux ou futurs, dans ce cas-ci, les accusations sensationnelles et douteuses semblent s’aligner sur ces objectifs politiques.

Conclusion

L’organisation jadis grandement respectée s’est, dans un passé récent, laissée utiliser comme outil de propagande pour justifier l’agression occidentale contre l’Irak et la Libye, ce qui semble être le rôle qu’AI joue présentement en Syrie.

Le rapport d’Amnesty international est un mélange d’accusations sur ouï-dire et de sensationnalisme dans la lignée des thèmes de propagande occidentale qui ont entouré la guerre syrienne dès le départ. En raison de la réputation non méritée d’Amnesty pour son indépendance et son exactitude, le rapport a été repris et diffusé largement. Les organes de presse des médias libéraux supposément progressistes se sont joints de concert pour faire écho aux accusations douteuses.

Peu ou pas de scepticisme s’applique lorsque la cible est le gouvernement syrien, qui a fait face à des années d’agression parrainées par l’étranger. Si ce rapport justifie une nouvelle escalade du conflit, comme Amnesty international semble le vouloir, le groupe va à nouveau servir à rationaliser l’agression occidentale en Syrie, comme il l’a fait en Irak et en Libye.

Rick Sterling

 

Article original en anglais :

amnesty-international

Amnesty International’s “Kangaroo Report” on Human Rights in Syria, publié en anglais le 12 février 2017.

Traduit par Julie, relu par Catherine pour le Saker francophone

 

Rick Sterling est un journaliste d’investigation basé dans la région de la baie de San Francisco.

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Guerre hybride 8. Beaucoup de problèmes en Tanzanie 2/2

février 20th, 2017 by Andrew Korybko

La Tanzanie occupe une place importante dans le paradigme global du projet One Belt One Road de la Chine car elle est l’hôte de quatre grands projets d’infrastructures de connectivité en cours de construction par Pékin. On pense également que le pays possède d’énormes gisements de gaz naturel et de pétrole au large, dont certains se trouvent dans les eaux de Zanzibar ou tout près et qui ont poussé les autorités de l’archipel à s’impliquer davantage pour avoir plus d’autonomie et leur permettre d’étendre leur juridiction. Ce dernier point est très litigieux et sera discuté plus en profondeur à la fin de la recherche, de sorte que pour l’instant l’étude se concentrera uniquement sur les projets d’infrastructure continentaux dans le pays et leur pertinence régionale pour son projet de Route de la Soie en Afrique en de l’Est.

Avant de commencer cette partie de l’analyse, le lecteur doit se familiariser avec la carte personnalisée que l’auteur a dessiné pour visualiser chacun de ces projets:

(Toutes les routes sont approximatives et pas exactes)

  • Point Vert : Port de Tanga
  • Ligne verte : Oléoduc Ouganda – Tanzanie
  • Point Rouge : Port de Bagamoyo
  • Ligne rouge : Corridor central
  • Point Bleu : Dar es Salaam
  • Ligne bleue : TAZARA
  • Point noir : Mtwara
  • Ligne noire : Couloir de développement de Mtwara
  • Ligne Orange : oléoduc Mtwara – Dar es Salaam
  • Cadre blanc : Zanzibar

Avant d’expliquer l’importance de chacun de ces projets, le lecteur doit être conscient que chacun d’entre eux est une construction chinoise, d’une manière ou d’une autre. Selon certains rapports, la Chine envisageait de financer la modernisation du port de Tanga, mais même si ce projet n’est pas confirmé, Pékin a toujours des intérêts dans ces installations parce qu’elles servent de terminal pour le pipeline pétrolier ougandais–tanzanien. Bien que n’étant pas annoncée très officiellement, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) a investi dans les champs de pétrole ougandais, ce qui explique cette connexion. Le port de Bagamoyo est un projet tout à fait différent, car il est bien connu que la Chine a prêté 10 milliards de dollars de crédit pour sa construction. Elle a également prêté 7,6 milliards de dollars pour le chemin de fer du Corridor central, dont le contrat a été accordé à la Chine pour 9 milliards de dollars.

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Quant à Dar es-Salaam, des hommes d’affaires chinois de la province de Jiangsu (lieu du terminal portuaire de la Route de la Soie d’Eurasie de Lianyungangse sont engagés à investir 5 milliards de dollars dans la région au cours des cinq prochaines années. L’ancienne capitale tanzanienne est également le terminus du chemin de fer TAZARAconstruit par la Chine entre l’État littoral et son voisin zambien sans littoral, riche en cuivre, dans les années 1970. En ce qui concerne le corridor de développement de Mtwara, la Chine construit déjà une ligne de chemin de fer entre cette ville portuaire de l’océan Indien et son homologue du lac Malawi / Nyasa, Mbamba Bay dans le cadre de la concession de 9 milliards de dollars accordée au corridor central. Pékin veut avoir accès aux 3 milliards de dollars de placements de minerai de fer et de charbon qu’elle a réalisé, et cet itinéraire aidera également la Russie à extraire de l’uranium de sa mine sur la rivière Mkuju.

En ce qui concerne le projet final à étudier, l’oléoduc Mtwara – Dar es-Salaam était une initiative de 1,23 milliard de dollars financée et construite par la Chine. À l’avenir, il y a la possibilité pour la Chine de participer à l’éventuelle usine de GNL de 30 milliards de dollars à Lindi, une petite ville très proche de Mtwara. Compte tenu des investissements actuels de la Chine dans l’infrastructure du pays et dans les entreprises liées à l’énergie, il est fort probable que Pékin participera à ce plan à quelque titre que ce soit. Dans ce cas, la Chine pourrait étendre son empreinte stratégique dans le sud de la Tanzanie pour compléter ses intérêts liés au GNL dans le nord du Mozambique. En conséquence, cet investissement possible pourrait être considéré comme une excroissance du corridor de développement Mtwara et non comme une nouvelle initiative distincte de celui-ci. Ainsi, la recherche va maintenant examiner plus de nuances stratégiques derrière les quatre projets susmentionnés.

Le pipeline ougandais-tanzanien et le port de Tanga

La Chine n’a pas de contrôle direct sur le pipeline et le port, mais elle y a néanmoins un intérêt en raison de la nécessité d’accéder à ses investissements pétroliers en Ouganda. L’auteur a écrit plus tôt comment il a publié une analyse pour Katehon sur ce sujet, touchant aux implications plus larges de la rivalité ougandaise-kenyane, pour en examiner brièvement les aspects les plus pertinents, alors que ce pipeline n’a jamais été censé passer par la Tanzanie comme premier choix. La décision surprise d’abandonner les conceptions originales du LAPSSET a été un choc majeur pour le Kenya, qui a perdu ainsi des sommes incalculables de revenus de transport et qui maintenant n’a plus un partenaire fiable pour l’aider à financer le projet de pipeline de ses propres dépôts du nord-ouest.

Nairobi avait espéré que le géant pétrolier français Total, l’un des investisseurs pétroliers ougandais et la compagnie qui construira le pipeline désigné de Kampala auraient choisi le Kenya et partagé ainsi le fardeau financier de ce coûteux projet. Sans leur participation ou celle d’un autre investisseur majeur, il est impossible pour le gouvernement kenyan de payer le pipeline lui-même. Il y a toujours une chance que Total permette à ses gisements sud-soudanais de passer par la route LAPSSET originale au Kenya, mais là encore, on a déjà dit que l’entreprise préférerait que toutes ses ressources soient exportées via le même pipeline qui, dans ce cas serait celui ougandais-tanzanien se terminant au port de Tanga. Peu importe que le Sud-Soudan ait signé pour cette initiative ou non, le fait est que Tanga devrait devenir un terminal énergétique très important d’Afrique de l’Est dans un proche avenir, et il est prévu que l’investissement chinois croîtra en conséquence avec lui.

Le Corridor central et le Port de Bagamoyo

Ce projet ferroviaire massif envisage de relier les hauts plateaux africains à l’océan Indien via le centre de la Tanzanie, reliant le port à bâtir de Bagamoyo au Rwanda, au Burundi, et vraisemblablement à l’est de la RDC. L’ampleur de cette initiative est énorme, et ce n’est pas pour rien que les observateurs ont couronné celui-ci comme l’un des plus grands projets portuaires en Afrique de l’Est, en concurrence avec l’autre port chinois de Lamu au Kenya. Les deux sont censés être en mesure de gérer 20 millions de conteneurs par an, ce qui, pour les mettre en perspective, donne des capacités d’expédition 25 fois plus grandes que celles de Dar es Salaam à l’heure actuelle (voir le lien précité). Les attentes de tout le monde sont très élevées pour une bonne raison, puisque le couloir central traversera la bande d’espace très peuplée reliant Dar es-Salaam à la capitale Dodoma positionnée au centre du pays et à la ville de Mwanza, qui aboutit au lac Victoria. Elle atteindra également de manière prospective les deux pays appauvris du Rwanda et du Burundi, mais qui ont tous deux un potentiel combiné de 20 millions de personnes, soit un peu moins de la moitié de celui de la Tanzanie. Cela donne lieu à beaucoup d’optimisme pour qu’un grand trafic commercial transite entre ces nœuds clés.

Ce n’est pas la raison pour laquelle le port de Bagamoyo est construit pour accueillir plus de 20 millions de conteneurs par an. Les Chinois et les Tanzaniens attendent évidemment que le Corridor central finisse par les relier aux régions orientales riches en ressources de la RDC, ce qui fournirait alors aux deux parties un lien direct avec ces produits et rendrait ces pays, ainsi que leurs projets d’infrastructure, des routes commerciales indispensables pour le marché mondial. La RDC a également beaucoup de main d’œuvre disponible et de potentiel commercial, mais c’est principalement l’extraction des ressources qui intéresse le plus les investisseurs et qui pourrait les convaincre de financer le projet au-delà des frontières de la CAE et dans les pays d’Afrique centrale. En outre, en raison de la concurrence Ouganda-Kenya et le coup de « mauvais sang » provoqué par le rejet de Kampala du Corridor LAPSSET pour ses exportations de pétrole, on ne peut pas totalement écarter que l’Ouganda pourrait soit réfuter le projet de chemin de fer standard du Kenya et le remplacer par le Corridor central ou diversifier judicieusement ses axes de dépendance à l’exportation du secteur réel et compléter le projet de Nairobi par celui de Dodoma. Cela donnerait en fait au Corridor central le potentiel de relier tous les pays de la CAE, à l’exception du Kenya, ce qui justifie largement les projections de 20 millions de conteneurs par an qui ont été discutées.

TAZARA

Le projet d’infrastructure de l’autorité ferroviaire Tanzanie-Zambie (TAZARA) va probablement entrer dans l’histoire comme le premier projet d’infrastructure d’outre-mer significatif de la Chine. Il a été construit dans les années 1970 dans le but d’approfondir les liens fraternels entre les trois parties et donner à la Chine l’accès aux gisements de cuivre enviables de la Zambie. Le gouvernement socialiste-révolutionnaire de Lusaka était déjà idéologiquement prédisposé envers la Chine et préférait vendre ses ressources à l’État maoïste plutôt qu’au bloc capitaliste. Mis à part ces facteurs intangibles intéressants, la Zambie enclavée avait également un motif géostratégique clair pour s’assurer un accès fiable à la mer et dès lors au marché mondial. Ces facteurs se sont combinés de manière à rendre le projet TAZARA gagnant-gagnant pour toutes les parties impliquées. Malheureusement, le projet s’est finalement largement délabré et cette infrastructure n’était plus l’ancrage stable qu’elle avait pu être autrefois, c’est pourquoi la Chine est retournée sur place et a rénové ses investissements vieux de plusieurs décennies. Mais elle a pris le contrôle total du projet en échange.

L’intention de la Chine de contrôler le TAZARA est qu’il forme l’épine dorsale cruciale de sa Route Transafricaine du Sud (STAR), un plan pour relier la côte de l’océan Indien à l’Atlantique via les territoires du centre-sud du continent. Dans la pratique, STAR comporte deux itinéraires, qui se chevauchent sur une grande partie de son itinéraire. Le premier connecte le TAZARA au centre de la Zambie et ensuite poursuit vers le chemin de fer angolais jusqu’à Benguela.

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Ce projet serait facilité par le futur chemin de fer du Nord-Ouest que Lusaka veut construire, tandis que le second repart du centre de la Zambie et se connecte à l’ex-région de Kinshasa en RDC avant de rejoindre le même trajet vers Benguela. Dans les deux cas, l’objectif est clair. La Chine veut un système de transport unimodal (ferroviaire) reliant les deux côtes du continent. Son équivalent, la Route transafricaine du Nord (NTAR), est une vision multimodale beaucoup plus complexe du point de vue logistique dans laquelle le chemin de fer à voie standard du Kenya (ou éventuellement le Corridor central) passe par l’Ouganda puis fait route vers le nord-est de la RDC, à Kisangani avant de poursuivre en aval vers la capitale Kinshasa, puis finit sur rail, soit de cette ville au port atlantique de Matadi, soit de sa capitale sœur du Brazzaville à Pointe Noire sur l’océan.

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Corridor de développement Mtwara

Souvent négligé par rapport à ses homologues ayant des contreparties géostratégiques plus évidentes, le corridor de développement Mtwara est encore un projet très ambitieux en lui même. Bien que la base structurelle de sa composante ferroviaire était évidemment de relier la Chine à ses investissements miniers sur le côté oriental du lac Malawi / Nyasa, elle a également servi à Pékin à mettre un pied dans la région riche en ressources de Mtwara, qui abrite commodément la zone encore plus riche en énergie du bassin du Rovuma du nord du Mozambique. Cela explique les motivations énergétiques du projet, mais d’autres intérêts sont également desservis par ce chemin de fer. Parce qu’il se termine sur le lac Malawi / Nyasa, il donne accès par ferry au pays sans littoral et désespérément pauvre du Malawi. Bien que cet État ne soit économiquement nullement impressionnant, il a un secteur agricole fort qui pourrait intéresser les investisseurs étrangers. Avec un terminal ferroviaire construit par la Chine sur la baie de Mbamba et une connexion par ferry à travers le lac vers le Malawi, ce pays sans littoral pourrait ainsi acquérir une route d’exportation diversifiée pour diminuer sa dépendance envers les ports de Beira et de Nacala au Mozambique. Cela pourrait également contribuer à amener le développement sur ces terres oubliées, ce qui pourrait aider à maintenir la stabilité intérieure. En raison de son emplacement géostratégique à la jonction entre ses voisins zambiens, tanzaniens et mozambicains beaucoup plus importants, tout conflit civil au Malawi, avec les armes de migration de masse qui en résulteraient, pourraient déstabiliser toute la région et mener à une chaîne de conséquences imprévues menaçant finalement les investissements de la Chine dans ces pays.

Andrew Korybko

Partie 1 :

tanzanie

Guerre hybride 8. Beaucoup de problèmes en Tanzanie (1/2)

13 février 2017

 

Article original en anglais : Hybrid Wars 8. Lots of trouble to Tanzania, Oriental Review, 20 janvier 2017

Traduction par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Diane pour Le Saker francophone.

 

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides: l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime(2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

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El nuevo feminismo y sus precursoras

février 20th, 2017 by Carta Abierta

En octubre de 2016 se llevó a cabo el primer Paro Nacional al actual gobierno. No fueron organismos sindicales tradicionales quienes lo hicieron, sino mujeres convocadas y autogestionadas por organizaciones de una nueva y originalísima floración del feminismo, bajo el llamado de “Ni una menos. Vivas nos queremos”, sugerente expresión que habla de vacíos y ausencias intolerables. Esta demostración de hastío, de osadía y de bravura colocó definitivamente la cuestión de género en la consideración primaria de la discusión política y obliga a repensar bajo estímulos novedosos los actos de crítica general a todas las formas de la existencia menoscabada y a las agraviantes acciones gubernamentales en estas y otras tantas materias.

La movilización masiva de las mujeres, sus organizaciones lenta y sólidamente construidas, sus manifiestos, reclamos y proclamas, acompañadas por miles de hombres, pusieron en un lugar expectante las luchas por la transformación estructural y las reformas inmediatas de una sociedad capitalista moderna que anida secretos bastiones de un arcaico patriarcalismo. No son lo mismo, pero en su yuxtaposición, capitalismo avanzado y la lengua patriarcal asentada en su impalpable despotismo cotidiano, dan lugar a uno de los rostros más opresivos del mundo contemporáneo. Ambos se especializan en desplegar violencias explícitas y violencias sutiles, entrelazadas en una combinación que alterna la sangre con el tiempo. Las violentas se expresan cuando se desata la furia ante lo que consideran insoportable de las conciencias femeninas que se rebelan. Las sutiles están vinculadas a los vericuetos fraguados en los escondites fósiles del lenguaje, que se inscriben silenciosamente sobre los cuerpos para vejarlos con un sello letal. Ocurre cuando descubren que lo que creen que es el asfixiante nudo que predestina a la subordinación de las mujeres, se va aflojando.

Los brutales femicidios como forma extrema de violencia de género, muchas veces salen de la forma en que va madurando explosivamente un alambique lingüístico antediluviano, que muy habitualmente se esconde en la supuesta inocencia de un chiste o un proverbio que atravesó indemne generaciones desatentas. Todo ello fue originando, precisamente en este nuevo tiempo histórico de sombrías características, el surgimiento masivo de una respuesta de miles de mujeres, hecho de masas inédito en nuestro continente. La voluntad explícita de las mujeres argentinas –de diversas clases sociales y franjas etarias– fue la de no aceptar una rendición hacia estos protocolos de la humillación, sean los más encubiertas o los más costumbristas. Ese núcleo de violencia se expresa bajo invisibles formas cotidianas que muchas veces cobra víctimas que son sentenciadas de antemano en conversaciones aparentemente triviales, donde el lugar común sumado a arcaicas arrogancias, expone el borde amenazante en que se sitúa un lenguaje que le dictamina a las mujeres una inferioridad que creen justificada en imaginarias culpas, ya juzgadas por tribunales misteriosos. Muchos, crédulamente, aceptan que fue esta situación la que ha tallado para siempre órdenes de la naturaleza y mandatos modelados por viejos manuales de biología.

A lo largo de siglos la despolitización del cuerpo de la mujer, sustraído por el Estado, las instituciones confesionales o los pactos de servidumbre que sostienen a los partidos del Orden, pudo ser convertido en un ámbito obsequioso, cuyo acatamiento servil era elogiado como sustento mismo de la vida en común a condición de suprimirle sus posibilidades sensitivas y sus tendencias a la emancipación. Este largo ciclo de hundimiento de vidas en una supuesta culpa de incapacidad, se convirtió en un grito público de protesta, donde habitó desde siempre la intensa voz silenciosa que heredan todas las sociedades en las fisuras donde las mujeres, una y otra vez hicieron saber de sus existencias libres y creadoras.

De la aparición de los feminismos sufragistas a comienzos del siglo XX hasta los movimientos sociales surgidos con distintas motivaciones en largos períodos de nuestra historia, un núcleo social de sensibilidades irredentas buscaba rostros femeninos para manifestarse, sea el de Alicia Moreau de Justo, el de Salvadora Medina Onrubia, Cecilia Grierson, Hermina Brumana, Liliana Maresca, Alejandra Pizarnik, Mary Sánchez, Alicia Eguren, Eva Perón, las Madres y Abuelas de Plaza de Mayo. Las diferencias entre ellas las conocemos, pero el nuevo movimiento feminista las solicita como precursoras y las convoca en las mismas pancartas. Esta historia es conocida, heterogénea y conmocionante. Las distintas etapas, ciclos, obras y teorizaciones del movimiento feminista escriben un largo capítulo de las luchas sociales del siglo que pasó y de éste. Muchos quisieran arrancar estos retratos y nombres –y los que mencionamos son apenas un puñado– con un grotesco manotón administrativo. Pero ellas están adheridas a las paredes públicas donde se guardan los largos adobes de toda memoria social activa.

Los Encuentros Nacionales de Mujeres atravesaron estos últimos 31 años en un crecimiento incesante (llegando el Encuentro 2016 a reunir más de 80 mil asistentes) elevando la calidad, mecanismos, instrumentos y fronteras de nuestra democracia, multiplicando y masificando las organizaciones específicas, sus demandas y la construcción creciente de protagonismo femenino en la vida económica, política, social y cultural del país.

Los temas que se señalan ya son ampliamente conocidos: están vinculados a la reflexión sobre los modelos tradicionales de familia, a la construcción alternativa de subjetividades, a la reflexión sobre las neutralidades supuestas del lenguaje y cómo tratarlas, a la crítica a las imágenes femeninas construidas por los medios masivos, a las formas oblicuas de un nuevo patriarcalismo que se presenta esgrimiendo renovados fetichismos de devoción sobre el cuerpo femenino, al que se le otorgan excepcionalidades sigilosamente vigiladas por nuevos órdenes publicitarios. Estos últimos pueden constituir un patriarcalismo encubierto que imagina pseudo-libertades femeninas que previamente encapsulan en nuevos y refinados prejuicios. Pero, finalmente, las distintas fórmulas de ataque al símbolo cultural de lo femenino, pero en demasiados casos cobrando víctimas concretas, es el odioso y multiplicado femicidio, un atroz fantasma que recorre a la Argentina puntuando con su presencia fatídica lugares públicos o domésticos.

En la actualidad, la eliminación y debilitamiento sistemático de instancias públicas destinadas a garantizar los derechos y asegurar la integridad de las mujeres, se suma a la persecución de dirigentes sociales agravada por su condición de género, como el caso de Milagro Sala en Jujuy.

La lucha social de las clases trabajadoras condujo históricamente a la demanda por la igualdad en la obtención del empleo y en las condiciones de salario y trabajo, y hoy estas luchas miran con interés a las del feminismo, así como estas muchas veces encarnan con sus singularidades nuevas y heredadas luchas, como hoy ocurre en distintas latitudes en materia de minorías étnicas, migrantes y religiosas, entre otras. Constituyen así igual, las luchas de género, un estímulo para los reclamos impostergables de trabajadores en general, niños, personas desvalidas, condenados de la tierra o personas que los sistemas de dominio consideran descartables. Las luchas feministas son también como campanillas de alerta ante las grandes organizaciones sociales y políticas, que a pesar de la función activa que deberían cumplir, parecen paralizadas ante un conjunto de sórdidas decisiones políticas que atemorizan a todo un país y logran en muchos casos un apoyo pasivo.

Pero en estas manifestaciones que recorren ahora ilimitados territorios en todo el mundo, se aprietan memorias disímiles que hoy afloran a la memoria, por ser parte inescindible de las tareas; asoman pues tanto la ley del voto femenino del peronismo como la fuerte participación de las mujeres en las insurgencias de décadas pasadas, las grandes escritoras olvidadas como Eduarda Mansilla o las maestras socialistas Chertkoff, en su pionerismo barrial en la ciudad de Buenos Aires.

El paro de mujeres del 8 de marzo, que apoyamos muy explícitamente, es un aviso general para encontrar la clave que desprenda los nudos que traban el toque de alerta para resistir todas las violencias antidemocráticas y de género hoy en curso. El actual movimiento feminista nos llama porque sus banderas, de tan nítidamente específicas en defensa de la vida, enseguida cobran el rostro activo de la defensa del trabajo y de la democracia. La tradición socialista y anarquista fue la precursora de las luchas por la igualdad de la mujer, junto a los liberales progresistas que acompañaron a los sectores más avanzados de la prédica de la igualdad, y la tradición nacional y popular ofreció siempre su democrática versión de la mujer movilizada y sapiente de sus derechos, y la diseminó masivamente, generando aún más altos niveles de participación política y creciente reconocimiento de la diversidad.

La dictadura de 1976 se ensañó de la manera más brutal con las mujeres en los campos de concentración, no solo acudiendo a las tremendas razones generales del genocidio ya planificado, sino también por haberse atrevido a “tomar el cielo por asalto”. A la tortura que no discriminaba géneros se sumaron los delitos sexuales ejecutados de manera sistemática. La represión dictatorial fue enfrentada como nadie puede ignorarlo, por la acción de las Madres y Abuelas de Plaza de Mayo que produjeron con su lucha un giro copernicano en los combates por los derechos humanos en general, incluidos muy especialmente en ellos las demandas de las mujeres.

Los gobiernos posteriores no incrementaron los avances en el espacio social, más allá de la sanción de la ley de cupo que sostuvo que las listas de legisladores nacionales no podían tener más de dos tercios de candidatos de un mismo sexo y obligó a intercalar uno entre tres a personas de sexo diferente. Y, sin embargo, se generaron e incrementaron los movimientos feministas y de género –colectivos como LGBTTTIQ, incluyendo identidades lésbica, gay, bisexual, transexual, transgénero, travesti, intersexual y queer–, creció la preocupación en distintas organizaciones políticas, sociales y culturales, se produjo una literatura, un cine, una televisión y unas artes plásticas que se sumaron e inspiraron las luchas por generar los cambios que muchas mujeres y también hombres demandaban. Estas acciones fueron enfrentadas desde múltiples frentes, pero en su fondo último, a pesar de mostrarse dadivosos o condescendientes, también fueron atacadas o relativizadas en los grandes medios de comunicación, más allá de excepciones señalables. Es que allí sigue predominando una línea general basada en temáticas, lenguajes y marco publicitarios que deben dejar de considerarse sexistas y discriminatorios.

¿No es tiempo de una reflexión autocrítica de los compañeros hombres del campo popular? Pues muchos no han comprendido aun de qué modo el lenguaje de la violencia manifiesta, habita los mismos prejuicios acerca del carácter pasivo, en todo sentido, que habría de tener la mujer. Lo manifiesto y lo latente se conjugan en forma cómplice, pues bajo un teñido de aceptación de las demandas de género, se sigue sosteniendo la misma lengua inculpatoria hacia el cuerpo femenino.

El movimiento de las mujeres está llamado, al incluir subjetividades excluidas por la sociedad, a un lugar en la construcción política con formas totalmente inéditas, en múltiples formas de acción. El verdadero combate entonces, es el cambio de los núcleos éticos que propone el movimiento de las mujeres, horizonte renovado para el conjunto de la política y marca el futuro de una posibilidad emancipadora. Durante el gobierno de Cristina Fernández de Kirchner, tan injustamente denostado, se aprobaron disposiciones y leyes que es necesario mencionar: la del Matrimonio Igualitario, Regulación del pago de trabajo al personal doméstico, Protección Integral para Prevenir, Sancionar y Erradicar la violencia contra las Mujeres, la de Educación Sexual Integral, de Parto Humanizado, de Anticoncepción Quirúrgica, así como la suscripción de la Convención sobre la Eliminación de todas las formas de Discriminación Contra la Mujer y la sanción de la Ley Contra la Trata de Personas porque –aun contemplando un universo social más amplio– abrió cauce al combate de la trata de mujeres y niñas con destino a la prostitución, su recuperación y reinserción social mediante trabajo digno.

Más temprano que tarde se deberán aprobar leyes de despenalización de la interrupción voluntaria del embarazo, discusión de la que nadie puede desconocer sus delicados aspectos pero que es reclamada por el cuerpo vivo de millones de mujeres. Esta luchas tienen y deben tener autonomía y dirección libre, pero para ser victoriosas debe siempre estar inscriptas en el proceso y el contexto de la marcha del movimiento popular por la soberanía popular, la justicia social, la independencia nacional y la solidaridad con los pueblos de América Latina y el mundo.

Carta Abierta

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El gobierno de Donald Trump ha formulado las tácticas para llevar a cabo su anunciada guerra contra los 11 millones de inmigrantes indocumentados en Estados Unidos –la mayoría mexicanos–, que incluyen medidas para ampliar y acelerar las detenciones y deportaciones, multiplicar las filas de los agentes de migración y proceder de inmediato a la construcción del muro.

Dos borradores de memorandos elaborados por el Departamento de Seguridad Interior y firmados por su secretario, el general retirado Michael Kelly, establecen el esquema e instrucciones para la implementación de las órdenes ejecutivas firmadas por el presidente Donald Trump el 25 de enero sobre las nuevas medidas sobre mayor control de la población indocumentada y la construcción del muro fronterizo.

Los borradores fueron filtrados a algunos medios el fin de semana (primero los periódicos McClatchy, después Washington Post Reuters) están bajo revisión de abogados de la Casa Blanca, pero podrían ser ya aprobados esta semana.

Kelly justifica las medidas con el argumento de que la oleada de inmigración en la frontera sur ha desbordado a las agencias federales y los recursos y ha creado una significativa vulnerabilidad de seguridad nacional para Estados Unidos.

La orden de mayor impacto inmediato es la ampliación dramática de la definición de cuáles indocumentados serán prioridad para aplicar las medidas de persecución, que en esencia pone ahora en riesgo a todo indocumentado.

Ya no sólo un inmigrante condenado por un delito está sujeto a la deportación, sino cualquiera que haya sido simplemente acusado de un delito, o que haya cometido actos que pudieran constituir un delito; que haya cometido fraude o haya mentido en relación con un asunto oficial ante una agencia gubernamental; que haya abusado de los servicios públicos, que esté bajo órdenes de abandonar el país o que a juicio de un oficial de inmigración represente un riesgo a la seguridad pública o la seguridad nacional. O sea, casi todos los 11 millones caben en alguna parte de esta lista.

Las medidas también establecen que inmigrantes indocumentados detenidos –aparentemente con ciertas excepciones– ya no serán liberados antes de sus citas en los tribunales de inmigración, lo cual puede implicar semanas y hasta años de espera y separación de familias.

Más aún, según el abogado de migración Jose Pertierra, las nuevas definiciones son tan amplias que cualquiera que haya cometido incluso una infracción o delito menor es sujeto de deportación. Por lo tanto, afirma el abogado a La Jornada, si él lleva a un cliente ante un tribunal que tiene sólo un antecedente delictivo –tan menor y común como mentirle a una autoridad sobre sus documentos, o ser arrestado por manejar bajo la influencia de alcohol– podría ser sujeto a quedar detenido ahí mismo. No sabemos qué hacer ante eso; estamos ante una situación en la que presentar a un cliente ante un tribunal es como llevar a un cristiano a los leones en la época romana.

A la vez, las medidas permitirán a las autoridades solicitar procedimientos expeditos de deportación para cualquier indocumentado que haya permanecido en este país hasta por dos años; actualmente sólo se aplican a los que han estado dos semanas o menos. Otra medida permite que todo inmigrante mexicano detenido en la frontera sea de inmediato regresado a México para esperar la conclusión de sus audiencias sobre deportación, evitando así que sean detenidos en instalaciones estadunidenses.

Las directrices también se enfocan en frenar el flujo de menores de edad no acompañados (unos 155 mil han llegado a lo largo de los últimos tres años desde Mexico y Centroamérica, indica el documento) e incluyen fiscalizar a sus padres en Estados Unidos por conspirar para violar nuestras leyes de inmigración, con el fin de lograr que sus hijos lleguen por manos de traficantes.

Muros y policías

Se ordena que la agencia de Aduanas y Control Fronterizo (CBP) de inmediato inicie la planeación, diseño, construcción y mantenimiento de un muro fronterizo. Pero aclara que esto será en lugares apropiados y empleando materiales y tecnología apropiada para lograr un control operativo más efectivo de la frontera, lo que de nuevo deja la duda de si, como se ha especulado, no se contempla un muro físico a lo largo de la frontera. Más aún, el memorando deja ambiguo el controvertido tema de los fondos para financiar la construcción del muro.

Los memorandos incluyen instrucciones para iniciar la contratación de 10 mil agentes adicionales de la agencia de control de inmigración (ICE) y 5 mil más para la Patrulla Fronteriza, tal como se indicaba en las órdenes ejecutivas de Trump.

A la vez, se ampliará un programa de colaboración de las agencias federales con policías locales para la persecución de inmigrantes indocumentados. El programa promulgado por el presidente Bill Clinton fue criticado por los abusos de derechos civiles que provocó y fue semi-abandonado por el gobierno de Barack Obama.

Otra medida es que migrantes detenidos que crucen la frontera terrestre contigua a Estados Unidos serán retornados a ese mismo territorio desde donde cruzaron, sin importar su país de origen.

Las nuevas medidas remplazan casi todas las emitidas sobre este rubro por gobiernos anteriores, lo cual incluye el enfoque limitado aplicado por el gobierno de Barack Obama de dirigir los esfuerzos de deportación sólo contra criminales reincidentes o los que tienen vínculos con el terrorismo.

Por ahora las medidas no incluyen a los dreamers

Sin embargo, es notable por su ausencia en estos memorandos el programa de Acción Diferida para los Llegados en la Infancia (DACA, por sus siglas en inglés), establecido por orden ejecutiva de Barack Obama, que beneficia a 750 mil jóvenes indocumentados. En torno a la DACA, Trump ha repetido que buscará una solución para muchos de estos jóvenes –aunque recordó que entre ellos también hay criminales–, ya que tiene un gran corazón.

Estas medidas se revelan poco después de que se filtró otro documento que indica que el gobierno de Trump estaba considerando el uso hasta de 100 mil elementos de la Guardia Nacional en 11 estados para la persecución de inmigrantes, lo que provocó pánico y furia entre diversos sectores.

Aunque la Casa Blanca declaró que esa propuesta era falsa, varias fuentes informaron a los medios que estaba circulando a los niveles más altos del nuevo gobierno. Sin embargo, no se hace mención de la Guardia Nacional en los memorandos de Kelly.

El nivel de alarma entre comunidades inmigrantes, y sus defensores, se ha elevado cada día desde que Trump llegó a la Casa Blanca.

Joanne Lin, abogado de la Unión Estadunidense de Libertades Civiles (ACLU), afirmó en una declaración que el debido proceso legal, la decencia y el sentido común son tratados como obstáculos inconvenientes en el camino a las deportaciones masivas. El gobierno de Trump está decidido a infligir crueldad sobre millones de familias inmigrantes por todo el país. Agregó que estas políticas son una combinación sin precedente de acciones inconstitucionales radicales al hacer casi todo migrante “una prioridad para la detención y deportación.

Unos 11 millones viven en este país fuera de la ley. De repente, por decreto presidencial, todos son prioridad para la deportación, todos son supuestos criminales, todos son amenazados con destruir su vida, junto con miembros de sus familias. El fin para ellos puede llegar en cualquier momento, comenta el editorial del New York Times. Este es el Estados Unidos de hoy, de este mes, de esta mañana, afirma, al indicar que de repente los inmigrantes se sienten “fugitivos… aterrorizados de que el gobierno de Estados Unidos los encontrará, o a sus padres, o a sus hijos, les exigirán sus papeles y se los llevarán”.

Quizá por primera vez en su historia, el Times invita a resistir todo esto con el poder de la gente en las calles, ante la limitada reacción y poder de legisladores opositores y de los tribunales.

David Brooks

David Brooks

Nota del Editor: La copia de los memorandos se encuentra en el siguiente enlace.

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El ciclo intensificado de noticias está rodando pero el verdadero saqueo de Estados Unidos todavía no ha empezado

La cosa empezó en junio de 2015 cuando el escalador de la Torre Trump entró en la carrera por la presidencia al son de Rockin’ in the Free World cantado por Neil Young (Pero hay una señal de alerta en el camino / hay mucha gente que dice que muertos estaríamos mejor / yo no siento como Satán, pero estoy con ellos…). En cierto sentido, la sacudida no ha parado nunca y, en este momento, el mundo –libre o no– ha sido decididamente sacudido. Nadie, desde Beijing a Ciudad de México, de Bagdad a Berlín, de Londres a Washington puede negarlo.

Quien hoy recuerde eso, en esos momentos iniciales de su campaña, ¿había Donald Trump tomado nota ya del tamaño de su primera multitud (parcialmente contratada)? (“Por encima de cualquier expectativa. Nunca ha habido una multitud como esta…”). Y, desde entonces, él ha sido constantemente él mismo –menos un hombre fuerte que un hombre extrañamente cansado. Y en el proceso, mientras se convertía en presidente, emergió como un fenómeno mediático de un tipo que nunca habíamos visto antes.

Primero fueron esos miles de millones de dólares de propaganda gratuita en los medios durante la carrera por la nominación en el Partido Republicano gracias a que lo mostraban sin que importara qué estaba haciendo, diciendo o tuiteando. Cuando ya en la campaña electoral llegó el momento de confrontar con Hillary Clinton, Trump ya era la máxima atracción de la audiencia, y las cámaras y los periodistas se derretían por él; entonces, la cobertura mediática no hizo más que crecer, como volvió a hacerlo durante los meses de la transición. Hoy en día, por supuesto, su presidencia es la historia del segundo –de cada segundo de cada día– y la cobertura semanal se ha duplicado y sus ‘me gusta’ son únicas en la historia.

Pensemos en esto como el ciclo de noticias 25/8*. Desde aquel lejano junio del año pasado hasta ahora, a pesar de que nunca ha parado, de alguna manera todavía no lo hemos captado del todo. Nunca en la historia de los medios ha habido algo singular –un ser humano– que fuera capaz de concentrar la “noticias” de este modo, haciendo de su persona lo fundamental de toda la información. Solo en algunos periodos relativamente breves Trump ha desaparecido de los titulares de prensa o de las pantallas de la TV, por lo general cuando golpeó algún grupo terrorista islámico o atacó algún “lobo solitario” nacional, como en San Barnardino, en París o en Orlando; dada la campaña de Trump, estos acontecimientos han sido del todo funcionales a sus propósitos; no lo hubiera sido el haberse mantenido en el centro de la atención, como será durante su presidencia.

La interminable presidencia de Donald Trump (apenas ha empezado)

Diecinueve meses más tarde, la personalidad de Trump, sus declaraciones, sus tuits, sus discursos, sus azarosos pensamientos, sus comentarios al pasar, sus reclamos, sus quejas y por supuesto, sus actuaciones, están en el centro de todo. El narcisismo de un hombre en particular adquiere un nuevo significado cuando se infla al nivel de la sociedad. Así es; en ciertos momentos –el asesinato de John F. Kennedy, la persecución del Bronco blanco de OJ Simpson, los ataques del 11-S–, un acontecimiento o una personalidad particular lo ha desbordado todo y dominado la primara plana de todos los medios. Pero jamás una persona ha sido capaz de hacer esto en cualquier circunstancia, en momentos de noticias reales y en momentos en que a esa persona no le pasa nada.

Por ejemplo, pensemos en el New Yor Times, el periódico que tanto Steve Bannon, el asesor en alza de Donald Trump, como yo hemos leído religiosamente todos estos años. En este momento, Trump o las personas y acontecimientos relacionados con él monopolizan su primera plana de un modo bastante extraño. Regularmente, él figura hoy en cuatro o cinco de los más o menos seis principales titulares de cada día y frecuentemente un sorprendente 60 por ciento de las seis columnas de las páginas interiores de noticias. Y eso sin contar la nota editorial y la página de opinión opuesta a la anterior, que en estos días se ocupan casi exclusivamente de Trump.

Desde temprano por la mañana hasta tarde por la noche, ahí donde uno mire en los medios de Estados Unidos –y sin duda del mundo–, el último par de semanas no ha sido otra cosa que una avalancha de noticias sobre Trump y sus rasgos, ya sea enfocadas en controversias, polémicas o manifestaciones contra la prohibición de los musulmanes que el presidente y su gente insisten en que no se trata de una prohibición de los musulmanes; o en el tamaño de la multitud en su asunción a la presidencia; o en la chaqueta mal cortada de Sean Spicer; o en la firma de una orden ejecutiva para empezar a construir ese “gran, ancho y hermoso muro” en nuestra frontera sur; o en la cancelación de la visita del presidente de México y los airados o conciliatorios tuits, llamadas telefónicas y boicots que siguieron, por no hablar del arancel del 20 por ciento a las importaciones mexicanas propuesto por la administración Trump (a medias cancelado después) para conseguir que México pague el muro, lo que en realidad obligaría a que los consumidores estadounidenses aflojaran buena parte del dinero (aparentemente, convirtiéndonos a todos en mexicanos): o en inaudito nombramiento del supremacista blanco Steve Bannon en el Consejo Nacional de Seguridad (y el cese del presidente del estado mayor conjunto); o en la expulsión de la secretaria de Justicia en funciones Sally Yates después de que ella ordenara a sus abogados que no acataran la prohibición presidencial de viajar; o en el revuelo provocado por un nuevo nombramiento en la Corte Suprema, presentado en un especial presidencial al estilo de Apprentice, la serie de máxima audiencia de la TV; o en aquella sesión de confirmación boicoteada por los senadores demócratas; o en las intimidaciones a Irán; o en la amenaza de enviar tropas estadounidenses a México para sacar a los “hombres malos de ahí abajo”… pero, ¿para qué continuar? Usted lo ha visto todo (usted no podría elegir otra cosa, ¿acaso podría?). Y dígame si no han parecido por lo menos dos meses, por no decir dos años, de vertiginosos acontecimientos (o no acontecimientos).

En estas interminables semanas, más parecidas a meses, Trump hizo lo aparentemente imposible: estimuló la protesta en todo el mundo; despertó la animosidad –si no la enemistad– y el nacionalismo desde México a Irak, desde el Reino Unido hasta China; en suma, hizo que México se uniera detrás del más impopular de los presidentes de su historia, indujo la creación de un movimiento espontáneo de protesta nacional como no se veía desde hace 50 años, en los tiempos de la guerra de Vietnam, un movimiento que muestra todos los indicios de que crecerá; insultó al primer ministro de Australia, alienando a Estados Unidos de su principal aliado en Oceanía; y este no es más que el inicio de una lista de los “logros” del nuevo presidente en un tiempo que casi no ha pasado.

Por lo tanto, esta es la pregunta del día: ¿cómo podemos poner algo de esto en contexto mientras dibujamos la imagen del momento? Para empezar, tal vez una forma sería tratar de examinar las noticias que todo lo involucran; las de ayer, las de hoy y las de mañana.

De hacerlo, usted podría –pienso– llegar a la conclusión de que, a pesar del ruido y la furia de las dos últimas semanas**, en realidad todavía no ha pasado casi nada. Sé que, dadas las circunstancias, esto resulta difícil de creer, pero en lo fundamental la era Trump –o si usted lo prefiere, el daño Trump– aún esta por empezar (aunque contémosles esto a lo iraquíes, iraníes y otros pillados en vuelo, esposados nada más pisar tierra y, en algunos casos, enviados de vuelta al infierno en la Tierra). Aun así, ¿crisis? Los medios ya están hablando de crisis constitucionales pero, créame, aún no ha visto nada. ¿Conflictos de intereses? De momento, con todo lo nefastas que puedan ser las noticias, apenas ha sido un atisbo de lo que seguramente vendrá. ¿Delitos contra el país? Casi no han empezado.

Es cierto que las personas nombradas por Trump para que se ocupen de la seguridad nacional, desde el Pentágono y la CIA hasta el departamento de Seguridad Interior y el Consejo Nacional de Seguridad, en buena parte están su puesto, aunque se haya informado que, como parte de una situación muy cambiante, el asesor en Seguridad Nacional Michael Flynn parece haber perdido la confianza del nuevo presidente y Steve Bannon –que anteriormente no contaba en el ámbito de la seguridad nacional– está en la cresta de la ola. Aparte de esto, todavía son pocos los nombrados en el gabinete que están de verdad funcionando. En ese conjunto de milmillonarios y multimillonarios, hay quienes apenas han sido confirmados y quienes todavía no. Ni siquiera han empezado a presidir en departamentos en los que hay muchos equipos que parecen dominados por el caos y el miedo o empezando a expresar cierta resistencia.

Esto significa que lo que Bill Moyers ya ha denominado la “carrera de la demolición” de la era Trump todavía no se ha iniciado de verdad, aparte de un congelamiento en la contratación en los sectores del gobierno ajenos a la seguridad nacional. Dicho de otra manera, si usted piensa que lo sucedido en las dos últimas semanas era algo noticiable, solo espere que se instale el gabinete más rico de nuestra historia, una verdadera pandilla de depredadores capitalistas, entre ellos un secretario de Comercio apodado “el rey de las bancarrotas” por su habilidad en la compraventa de empresas quebradas con pasmosos beneficios; o un secretario del Tesoro conocido en California como “el rey de las ejecuciones hipotecarias” por haber desahuciado a miles de propietarios (incluyendo militares en activo) cuyas viviendas fueron compradas a precio vil por él y sus socios en la estela del la crisis financiera de 2008; o el jefe del departamento de Estado que hasta ayer no más dirigía la depredación mundial de ExxonMobil. Como equipo, ellos y sus colegas están preparados tanto para desmantelar las agencias que han de dirigir como hacer pedazos su misión. Probablemente, en esto esté también Scott Pruitt, director de la Agencia de Protección Ambiental (EPA, por sus siglas en inglés) –un hombre que se desempeñó durante mucho tiempo en el sector de la gran energía–, que parece resuelto a reducir la EPA a una entidad que no nos proteja de nada; o un rey de la comida chatarra, que en su nueva función de secretario de Trabajo, está en contra del salario mínimo y a favor de reemplazar a los trabajadores por máquinas. ¿Noticias? ¿Piensa usted que sabe qué son dos semanas de esta administración? Ni de casualidad.

Y no se olvide de la Casa Blanca; ahora se trata de un trabajo en familia –una combinación de una organización global basada en la propiedad inmobiliaria (los Trump) y un imperio de los bienes raíces (el yerno Jared Kusher). Es obvio que las decisiones que se tomen en la Casa Blanca, pero incluso también en las oficinas gubernamentales de la capital de otros países, en las calles de ciudades del extranjero y hasta entre yihadistas afectarán a la fortuna de ambas familias. No soy el primero que señala que ninguno de los países de origen de los siete musulmanes afectados por la prohibición de inmigración de Trump está entre aquellos en los que él tiene tratos comerciales. Por supuesto, en tanto patriarca, Donald J. dirigirá el Despacho Oval y su yerno estará en algún sitio cercano con posibilidad de acceder a su suegro cuando lo desee, mientras su hija Ivanka tendrá alguna función todavía no anunciada (posiblemente aún no decidida) en la administración de su padre. Si ahora mismo viviéramos en el mundo árabe esto parecería algo tan familiar como una tarta de manzana –tal vez debería decir hummus–: un gobierno de orientación familiar regido por un hombre autoritario alrededor del cual se congrega la flor y nata de los predadores capitalistas del país, muchos de ellos con sus propios y graves conflictos de intereses.

Pensado de otra forma, podríamos decir: bienvenidos a Arabia Saudí, o a la Siria de Bashar al-Assad anterior a la catástrofe, o… bueno, tantos otros países del mundo menos desarrollado y cada vez más caótico.

Un gobierno de saqueadores

Desde el cuidado de la salud y la política fiscal hasta la protección medioambiental, este será sin duda un gobierno de los saqueadores, ejercido por los saqueadores y para beneficiar a los saqueadores; en cuanto al Congreso, otro tanto de lo mismo. Aun así, solo hemos visto apenas la vislumbres de lo que se avecina.

En semejante época en la que ningún milmillonario ha quedado fuera, olvidemos las antiguas marismas de Washington (aunque, en realidad, la ciudad no fue levantada en zona de marismas). El gobierno de Donald J. Trump parece destinado a producir un lodazal de ciénagas y seguramente, en algún momento, dará un nuevo significado a la expresión ‘conflicto de intereses’. Aun así, también este proceso no ha hecho más que empezar.

De un gobierno integrado por depredadores del 1 por ciento, ¿qué podemos esperar sino ser saqueados y víctimas de delitos de todo tipo? (preguntemos a los habitantes de la mayor parte de los países árabes). De todos modos, aparte de lo que acaben siendo, no serán otra cosa que los acostumbrados delitos cometidos en la historia del ser humano. Poco de nuevo habrá en ellos, excepto tal vez por los extremos que puedan alcanzarse en Estados Unidos. Causarán dolor, por supuesto –como también beneficios para unos pocos– pero tarde o temprano esos delitos y quienes los cometan saldrán del centro de la escena y con el tiempo caerán en el olvido.

Esto será cierto salvo un solo futuro delito. Es probable que resulte ser el más imperdonable de todos ellos y quienes hayan participado en su comisión serán –sin ninguna duda– los más grandes delincuentes de todos los tiempos. Podríamos llamarles “terraristas”***, y el conjunto de sus acciones sería un “terricidio”. Si hay un personaje único en la administración Trump que concentra la esencia de esto es, por supuesto el ex directivo de ExxonMobil y actual secretario de Estado Rex Tillerson. Su antigua compañía tiene una nefasta historia no solo en la explotación de los combustibles fósiles sino también en el ocultamiento de información sobre el daño hecho por estos combustibles mediante la emisión de gases de efecto invernadero que provocan el calentamiento de la atmósfera y los mares de la Tierra, y la financiación del negacionismo climático; en resumen, la destrucción del planeta en la eterna búsqueda de mayores beneficios.

En este momento, esta persona se suma a la administración de un presidente que una vez dijo que el cambio climático era un “cuento chino”, y quien, con una sorprendente determinación nombró –primero en su equipo de transición y después en su gobierno– a un equipo sin precedente de negacionistas del cambio climático y de los llamados escépticos climáticos. Ellos, y solo ellos, están ocupando posiciones claves en todos los departamentos y agencias del Estado de algún modo conectadas con los combustibles fósiles y el medioambiente. Una de las primeras medidas de esta administración fue dar luz verde a los muy controvertidos oleoductos, uno de ellos destinado a transportar la más sucia de las sustancias con contenido de petróleo, las arenas bituminosas de Canadá desde Alberta a la costa del golfo de México; otra, fue animar a quienes explotan los yacimientos no convencionales de Bakken, North Dakota, utilizando la tecnología de fracturación hidráulica (fracking) para que mantengan su ritmo de producción. En su anhelo por hacer que Estados Unidos regrese a los años cincuenta del siglo pasado, el presidente Trump ha prometido una nueva era de explotación de los combustibles fósiles. Evidentemente, está a punto de arrojar el acuerdo climático de París al basurero de la historia y acabar también con el apoyo al desarrollo de las fuentes de energía alternativas (al hacerlo –la palabra ‘ironía’ es muy débil aquí– cederá una enorme posibilidad de creación de empleo a los chinos, los alemanes y otros).

Se podría pensar en una perfecta programación, pero justamente dos días antes de asumir la presidencia –esto es, dos días antes de que el sitio web de la Casa Blanca eliminara cualquier referencia al cambio climático– tanto la Administración Nacional Oceánica y Atmosférica (NOAA, por sus siglas en inglés) como la Agencia Nacional Aeroespacial (NASA, por sus siglas en inglés) –la página web de cada una de ellas sería sin duda “limpiada” por los negacionistas climáticos de Trump– informaron de que en 2016, por tercera vez consecutiva, la temperatura de la Tierra había roto todos los récords (esto quiere decir que 16 de los 17 años más calurosos lo habían sido en el siglo XXI). Según la NASA, entre 2013 y 2016, el planeta se había calentado bastante más de 0,35 ºC, “el mayor aumento de temperatura registrado por la NASA para un lapso de tres años”.

El año pasado, informó The Guardian, “América del Norte vio el mayor número de tormentas e inundaciones en más de 40 años. Globalmente, en 2016, hemos observado por encima de 1,5 veces más de catástrofes climáticas extremas que en el promedio de los últimos 30 años. Además, la disminución de la capa de hielo en los mares alcanzó un nuevo récord”. Y la lista no ha hecho más que empezar. Ya no se trata de algo terriblemente complicado. No se trata de discutibles datos científicos. Esta es nuestra realidad; es incuestionable que lo que el futuro promete a nuestros hijos y nietos es un mundo con fenómenos climáticos cada vez más intensos: aumento del nivel del mar, supersequías cada vez más prolongadas (al mismo tiempo que lluvias torrenciales), junto con calor, mucho calor.

A menos que se produzcan sorpresivos avances en las tecnologías de las energías alternativas u otras maravillas, esto –una vez más– es demasiado obvio para ponerlo en duda. De este modo, tanto nuestro nuevo presidente y su administración, resueltos a impedir no solo el conocimiento científico cobre el cambio climático sino también cualquier intento de mitigar el fenómeno, como los ex colegas de Rex Tillerson en las empresas de la gran energía, que prefieren sacar de circulación la información sobre toda esta cuestión en favor de los combustibles fósiles y el enriquecimiento personal, estarán cometiendo el más elemental de los crímenes contra la humanidad.

En estos años que vienen, estas personas, como grupo, sacarán el segundo mayor emisor de gases de invernadero del mundo de las apuestas del cambio climático y harán lo necesario para asegurar que el acogedor planeta en el que la humanidad vive desde hace tanto tiempo sea en el futuro un lugar muy lúgubre. En el interminable aluvión de “noticias” centradas en Donal Trump de este momento, esta –la principal de todas– se ha perdido en el barullo. Aun así, al contrario de cualquier otro conjunto de acciones a las que podrían dedicarse (salvo tal vez una guerra atómica), esta es de verdad la definición de la noticia del siglo. Después de todo, los tiempos del cambio climático no son los de nuestra escala de tiempos; forman parte del tiempo planetario, entonces podría ser que fuera un momento definitorio en la historia de la humanidad.

Tom Engelhardt

Tom Engelhardt: Cofundador del American Empire Project, autor de The United States of Fear y de una historia de la Guerra Fría, The End of Victory Culture. Forma parte del cuerpo docente del Nation Institute y es administrador de TomDispatch.com. Su libro más reciente es Shadow Government: Surveillance, Secret Wars, and a Global Security State in a Single-Superpower World.

Notas:

* El inglés de Estados Unidos tiene una expresión (numérica) 24/7 que significa ‘las 24 horas del día durante los siete días de la semana’, es decir, algo que no se interrumpe nunca. Para denotar una intensificación extrema, el autor ha creado una nueva expresión: 25/8, es decir, más de lo que ya era el máximo posible. (N. del T.)

** La nota original en inglés de esta traducción fue publicada el 7 de febrero de 2017. (N. del T.)

*** En realidad, en castellano hay una palabra que define esto; es ‘geocida’, es decir, quien comete ‘geocidio’. A riesgo de escribir un barbarismo, el traductor ha intentado ser fiel a la redacción del autor; aun así, hace esta aclaración… (N. del T.)

Artículo original en inglés:

Crimes of the Trump Era (a Preview), publicado el 7 de febrero de 2017.

Traducido por Carlos Riba García para Rebelión.

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Lo que parece una guerra sin cuartel entre el presidente de Estados Unidos, Donald Trump, y los principales medios de prensa de este país, llama la atención en el primer mes de gestión del magnate inmobiliario, que se cumple hoy.

El mandatario republicano insiste en atacar a los medios, acuñando una frase ya casi cotidiana ‘Fake News’ (falsas noticias) para calificar buena parte de lo publicado sobre su gestión en la Casa Blanca.

Sin embargo, el pasado viernes la cruzada antiprensa de Trump escaló hasta un nivel que no pocos consideran sin precedentes, al punto de escribir en su cuenta de Twitter que The New York Times y la mayoría de las grandes cadenas de televisión (CNN, NBC, ABC y CBS) son ‘enemigos del pueblo estadounidense’.

Casi de inmediato surgieron las reacciones, incluyendo las de voces importantes del propio Partido Republicano.

‘Así es como comienzan los dictadores’, opinó el senador por Arizona John McCain, correligionario de Trump que declaró a una televisora: ‘si usted quiere preservar la democracia como la conocemos, debe tener una prensa libre, y en ocasiones adversa’.

Por su parte, los medios siguen respondiendo con dureza, muy pendientes a cualquier desliz del 45 presidente de la Unión y su círculo cercano, que por cierto no han sido pocos en el primer mes de la administración.

Algunas bajas -la más notable la del asesor de Seguridad Nacional, Michael Flynn-, afirmaciones de Trump fácilmente refutables y errores en sus mensajes de Twitter, han encontrado críticas, cuestionamientos y burlas.

Ni siquiera la cadena Fox News, que no oculta el respaldo al polémico mandatario, dejó pasar su más reciente ataque a la prensa, cuando el presentador de noticias Chris Wallace alertó el domingo que el calificativo de ‘enemigos del pueblo’ dado a varios medios cruzaba la línea.

Algunos periodistas han ido más allá, al sugerir comparaciones entre las posturas de Trump y las del fascista Adolf Hitler en sus comienzos, o al acusar al multimillonario de mostrar un autoritarismo sin antecedentes en la Casa Blanca.

TRUMP Y LA AYUDA A SUS CRÍTICOS

Además de políticas impopulares en una parte de la población estadounidense, como la cruzada antiinmigrantes y la discriminación de musulmanes, Trump expresa en público criterios que motivan una respuesta inmediata.

El jueves pasado, en una rueda de prensa, el presidente presumió de una supuesta victoria inédita desde Ronald Reagan, con 306 votos del Colegio Electoral en la contienda que en noviembre lo enfrentó a la demócrata Hillary Clinton.

‘Por qué los estadounidenses deberían confiar en usted cuando usted asegura que la información que reciben es falsa, pero usted mismo provee informaciones incorrectas’, preguntó el reportero de NBC News Peter Alexander, después de recordarle que Barack Obama ganó con 365 en 2008 y 332 en 2012, mientras George H. Bush lo hizo con 426 en 1988 (También Bill Clinton lo superó).

La propia televisora NBC lanzó una rápida encuesta la víspera, después de que el mandatario aseverara el sábado en un mitin político en La Florida que su administración estaba funcionando de manera perfecta.

El sondeo arrojó que el 96 por ciento de los participantes rechazaba esa imagen transmitida por el republicano.

En el mismo acto de la localidad floridana de Melbourne, Trump se refirió a ‘lo sucedido anoche en Suecia. Suecia, quién lo creería?’, como un intento de respaldar su discurso acerca de la necesidad de proteger al país de los inmigrantes.

Sus comentarios dieron a entender que el país escandinavo había sido blanco de algún ataque terrorista u otro grave incidente, y tras las dudas desatadas aclaró en Twitter que había basado sus declaraciones en un programa de televisión de Fox News, las cuales motivaron una respuesta del gobierno sueco.

‘Estamos dispuestos a informarle a la administración estadounidense sobre las políticas de inmigración e integración suecas’, escribió la embajada de Estocolmo en su cuenta de la red social.

¿LA COMUNIDAD DE INTELIGENCIA, OTRA GUERRA?

Por si fuera poco, Trump fustigó a la comunidad de inteligencia, por su supuesta complicidad con la prensa en el caso de Flynn, quien renunció hace una semana, presionado por acusaciones de que no reportó apropiadamente al vicepresidente Mike Pence sus conversaciones telefónicas de diciembre con el embajador ruso en Washington, Serguei Kislyak.

De acuerdo con el exdirector de la CIA Leon Panetta (2009-2011), las fricciones entre el mandatario y la comunidad de inteligencia están lejos de ser una buena idea.

Semejante escenario provoca falta de confianza y desmoraliza, afirmó ayer en una entrevista concedida a NBC News, en la cual se abordó el tema de las acusaciones del mandatario a agencias de inteligencia por la filtración de informaciones que llevaron a la escandalosa renuncia del ahora exasesor de Seguridad Nacional.

Para Panetta, Trump ataca a personas que no son ni republicanas ni demócratas, cuya función es proteger al país.

‘Son buenos patriotas que ponen en peligro su vida para mantener informado al presidente. Por tanto, lo último que necesitan es un presidente que cuestione su patriotismo y su lealtad’, precisó el también ex secretario de Defensa (2011-2013), ambos cargos bajo la gestión de Obama.

En medio de las dificultades de la nueva administración, un editorial de The New York Times calificó a Trump de aprendiz de la Casa Blanca, y lo instó a incorporar algo de orden a su estilo de trabajo, en aras de evitar que las cosas en Estados Unidos marchen muy mal.

Mientras, expertos apelan a un menor uso de las redes sociales por el dirigente y a una mayor atención a quienes se supone tienen la misión de asesorarlo.

Prensa Latina

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China ante los riesgos de la « Ruta de la Seda »

février 20th, 2017 by Ignacio Niño Pérez

Desde los primeros indicios de la intención de China de poner en marcha su proyecto de la Ruta de la Seda (conocido como OBOR-One Belt-One Road-“Silk Road Economic Belt” y  “XXI century maritime Silk Road”), son muchos los análisis que se han publicado sobre el alcance, motivaciones e implicaciones de ese proyecto.

No es extraño el interés que el mismo ha suscitado ya que, en su esencia, está la vocación china de dar respuesta a muchas de sus actuales preocupaciones domésticas y globales. Así, una idónea puesta en marcha de esta iniciativa lograría dar solución a muchas de sus inquietudes. En lo interior, lograría “exportar” su exceso de capacidad productiva, encontraría nuevos mercados y oportunidades para sus empresas de cara a dinamizar su economía y, desde el punto de vista del desarrollo regional, supondría un fuerte impulso a las regiones del centro y oeste del país, las menos desarrolladas económicamente.

Igualmente, en una dimensión externa, el proyecto es de una importancia vital para las actuales ambiciones globales chinas: supondría un mayor dinamismo de la conflictiva zona oeste del país (Xinjiang, especialmente), integrándola económicamente en mayor medida con Asia Central en un intento de que ese mayor desarrollo rebaje las tensiones interétnicas; lograría ampliar la presencia e influencia de China en un largo número de países (especialmente en su entorno más cercano), reforzando su estrategia de una mayor presencia global; y, en una dinámica reforzada por el relativo “aislacionismo comercial e ideológico” actual de EEUU, se percibiría como el país que, en el momento actual, está liderando el esfuerzo por el aperturismo y la interconectividad global.

De alguna forma, la relevancia del proyecto OBOR se encuentra en que el mismo nos muestra, a la vez, tanto las ambiciones y aspiraciones chinas como, junto a ello, las problemáticas actuales del país a las que busca dar respuesta con su puesta en marcha. De ello la importancia de analizar y conocer bien el alcance de esta iniciativa y sus implicaciones.

La centralidad del proyecto para el futuro del país es clara y los propios dirigentes chinos han insistido en ello, identificándolo como la gran apuesta para los próximos años. Pero ello es, sin duda, el aspecto más llamativo de los que suscita el mismo ya que con esta apuesta tan evidente por un proyecto cuya puesta en marcha implica a tantos países, China pone su gran proyecto de futuro en manos de un entorno global que no controla y cuya evolución es cada vez más errática. Ello supone un cambio de orientación completo y muy evidente frente a la concepción histórica en la RPC bajo la cual el país nunca ha dejado que el entono internacional condicionara su modelo ni su futuro. El proyecto OBOR hace que, a partir del mismo, China esté cada vez más condicionada por la evolución del contexto internacional y que, por tanto, deba prestar cada vez mayor atención al mismo.

Es por ello que una gran parte del análisis que se hace del proyecto OBOR venga de la toma en consideración de los “riesgos” del mismo, ya sean estos de tipo financiero (capacidad de movilizar los recursos privados y externos necesarios); geopolíticos (estabilidad o inestabilidad de los países sobre los que se desarrollarán los proyectos); políticos (relación de China con cada uno de esos países y sensibilidad de la población local a una mayor presencia china), etc.

En los últimos años estos riegos ya han estado muy presentes y se ha visto como algunas de las apuestas más representativas del proyecto OBOR se han enfrentado a serios problemas que pueden llegar a cuestionar su rentabilidad o, incluso, su propio desarrollo. Un ejemplo muy significativo es el de la ruta que parte de Xinjiang, por zonas de la Cachemira paquistaní hasta llegar al puerto de Gwadar. La ambición del mismo está muy comprometida ante los evidentes riesgos de su implementación sobre el terreno en zonas con presencia talibán. También en una dimensión más política, recientemente hemos visto otro ejemplo de estos riesgos cuando en Europa Oriental, en la zona en la que más y mejor se han posicionado los intereses chinos (los países de Europa Central y Oriental agrupado en el CEE16), algunos dirigentes de países claves (Polonia) han manifestado sus dudas en relación a la conveniencia de una intensa apuesta por un mayor presencia china en sus países y el desarrollo del proyectos estratégicos (como la terminal de ferrocarriles de Lodz).

En todo caso, la voluntad china de desarrollar un proyecto de un tal alcance puede suponer una buena noticia en un contexto como el actual y es que, para desarrollar con éxito el mismo, es necesario que China muestre su perfil más conciliador. Lo estamos viendo con ejemplos recientes como el caso de Vietnam u otros países del área ASEAN (vitales en el proyecto OBOR), con los que China ha sido capaz de rebajar mucho la tensión. No en vano le va en ello la posibilidad de cumplir con sus objetivos. Un entorno hostil, fruto de una China más asertiva, puede suponer la imposibilidad de desarrollar los proyectos más emblemáticos de la Ruta de la Seda y con ello la inviabilidad de la misma.

En definitiva, el proyecto de la Ruta de la Seda no solo puede suponer un largo listado de proyectos de infraestructuras a lo largo de Asia, África y Europa (como se ha venido resumiendo el mismo) sino que, más aún, puede implicar una necesaria mayor voluntad de entendimiento de China con los países asociados a este proyecto, y una reducción de las tensiones.

La mayor exposición de China a los riesgos globales que le supone la puesta en marcha de esta ambiciosa iniciativa no solo indica un cambio de rumbo en relación a su tradicional baja exposición a  nivel internacional sino que, como añadido a ello, puede adelantar una mayor voluntad de cooperación y entendimiento a escala global en la medida en que esta es la condición necesaria e indispensable para que un proyecto de tamaña ambición se haga realidad.

Ignacio Niño Pérez

Ignacio Niño Pérez: Máster en Estudios chinos por el INALCO-Paris VII (París) y colaborador del Observatorio de Política China.

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Who Americans Consider Their Greatest Enemies

février 19th, 2017 by Niall McCarthy

Americans have consistently identified ISIS as the biggest threat to their nation across multiple polls. Traditional foes, such as the countries making up George W. Bush’s infamous « Axis Of Evil », have been pushed into the background by the rise of non-state actors like Al-Qaeda and ISIS. In recent years however, the threat presented by some of America’s traditional enemies has started to manifest itself once again. Russia’s annexation of Crimea came as a reality check to the Obama administration while as recently as last Saturday, North Korea conducted a ballistic missile test.

YouGov conducted a poll to find out which countries Americans perceive as their nation’s biggest enemies. North Korea has continued to make headlines even after that missile launch with news emerging earlier this week that Kim-Jong-un’s half brother was allegedly poisoned in an airport in Malaysia. Both incidents have illustrated the unpredictability of the nuclear-armed regime in Pyongyang and it comes as little surprise that 57 percent of Americans consider North Korea their enemy.

Some of the entries on the upper portion of the infographic below are surprising. Iraq and Afghanistan were considered U.S. enemies by 29 and 23 percent of respondents respectivley, despite their governments being key U.S. allies in the fight against Islamic extremism. Iran was labelled an enemy by 41 percent of Americans, even though a deal was signed last year to prevent Tehran developing nuclear weapons.

This chart shows the percentage of American adults considering these countries an enemy of the U.S.

Infographic: Who Americans Consider Their Greatest Enemies  | Statista You will find more statistics at Statista

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El presidente de Estados Unidos, Donald Trump, no ha entendido que el pueblo de México está en contra de la sucursal que el “gobierno imperial” de Washington y Nueva York le ha impuesto desde 1970 para acá.

Trump tiene claro que esa camarilla -cuya cabeza visible, ahora, es Hillary Clinton– quiere derrocarlo a través de la violencia, interna y externa.

Por ejemplo, se sabe ya que el multimillonario especulador George Soros está detrás de las manifestaciones -algunas de ellas muy violentas- en contra de Donald Trump.

También, que ese núcleo de subversivos cosmopolitas y apátridas se enriquece mediante la promoción de las guerras. Digámoslo claro: es el establishment clintoniano el que atiza la violencia letal en Crimea, en Siria y en Irak, por citar tres ejemplos.

Con base en lo anterior, es que afirmamos que Trump debe cambiar de estrategia en el caso de México, por su bien y por el nuestro. Procedamos a explicarnos:

1. La mayoría de los medios de comunicación en México opera como caja de resonancia de los que manipulan a la opinión pública mundial. Por eso, pone a Trump como violento, antimexicano y racista. Con ese “bombardeo” diario de mensajes envenenados, fabrican una reacción contraria de los mexicanos al jefe de la Casa Blanca; reacción basada sobre todo en el aspecto emocional. El golpeteo es emocional y, por ende, muy peligroso.

2. En tanto, el establishment utiliza la guerra en otras partes del mundo, con la esperanza de evitar un acuerdo tripartita: Washington, Moscú y Beijing. De concretarse, se conjuraría el riesgo de una guerra global, lo que se traduciría en grandes pérdidas para el complejo militar, industrial y financiero que se apoderó de los Estados Unidos desde 1913, cuando se formó la Reserva Federal. Sin guerra, bajaría la venta de armas y el financiamiento de las mismas.

3. Ese establishment no dudaría, por lo tanto, en provocar un conflicto armado en México, con el pretexto de respaldar a la población mexicana que está enojada con Trump. Esto provocaría dos perdedores: México y Trump. Los ganadores serían los halcones de la guerra y de la usura, a quienes sirve Hillary Clinton. En nuestra tierra operan guerrilleros y narcotraficantes. Al buen entendedor…

Lo que debe hacer Trump, por lo tanto, es cambiar de estrategia. ¿Cómo? Esbocemos algunas posibles acciones de Estado:

1. Desenmascarar a los operadores del “gobierno imperial” que operan en nuestro país, a fin de que la opinión pública de nuestro país los conozca.

2. Demostrar con palabras sencillas que al amparo del Tratado de Libre Comercio de América del Norte (TLCAN), las empresas transnacionales establecidas en Estados Unidos se dedicaron a montar plantas maquiladoras en México, que pagan salarios de miseria y que, como lógica consecuencia, provocaron el éxodo de cientos de miles de trabajadores rurales y urbanos a tierras estadounidenses, con la esperanza de ganar allá lo que les regatean aquí.

3. Demostrar que el muro fronterizo fue ordenado por el ex presidente George Walker Bush y respaldado por su sucesor, Barack Obama.

4. Detener el flujo de armas ilegales a nuestro país y frenar el altísimo consumo de drogas en Estados Unidos. Enfrentar el tema del narcotráfico no sólo desde el punto de vista de seguridad, sino de salud pública.

A los mexicanos, en tanto, nos correspondería -nos corresponde, en realidad- organizarnos para apoyar a los micro, pequeños y medianos empresarios, comprándoles, además de promover a los genuinos líderes ciudadanos para que desplacen por la vía legal a los dueños de la sucursal del “gobierno imperial” que se enriquecen a costa del pueblo al que dicen gobernar.

Porque Peña Nieto y compañía son simples lacayos de la camarilla que ataca a Trump.

Claro que estamos en desacuerdo con los abusos de mister Donald; por eso, le decimos que reconozca sus errores y que enmiende sus faltas. Por su bien y… por el nuestro.

Jorge Santa Cruz

Jorge Santa Cruz: Periodista mexicano.

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Ecuador – Puertas giratorias

février 19th, 2017 by Florencia Saintout

Este domingo dentro de una parte de la mitad del mundo, allí donde la poeta Fernanda Espinoza escribió “en la selva, la luna es más grande y más tibia, un círculo de cera con penacho de luciérnaga”, se va a elegir presidente, vicepresidente y asambleístas. Y se va a elegir algo más: si los ecuatorianos aceptan o no que los funcionarios públicos puedan tener bienes en paraísos fiscales. Pregunta necesaria en un contexto mundial de ominosa existencia de capital financiero sin límite. 

Junto a las  abigarradas singularidades de la región, en la que cada país tiene sus realidades nacionales propias, hay una pregunta que se hace común: ¿quiénes gobernarán nuestros destinos? ¿Lo hará la política -imperfecta, abierta, hecha de hombres y mujeres de corazón y hueso- o lo hará el capital que no tiene bandera, ni convicciones, ni frío, ni hambre, solamente intereses?

Las elecciones presidenciales del 19 de febrero en Ecuador no van a pasar inadvertidas para la región, tengan el resultado que tengan. Si gana el candidato de Alianza PAIS, Lenin Moreno, confirmará la hipótesis de que la historia nunca va en una sola dirección como un ren iracundo o ciego, y reforzará esperanzas allí donde este último tiempo de gobiernos antipopulares han puesto consternación. Si gana el candidato de la derecha, el banquero que jugó un papel fundamental en la crisis de 1999, aumentará la desigualdad y desaparecerán derechos tal cual ha sucedido en Argentina desde el triunfo de Mauricio Macri.

El presidente Rafael Correa denunció una campaña sucia. Ve atrás de ella el mismo poder que ha sostenido otras campañas sucias recientes: medios de comunicación que no son solamente medios y que nada tienen de neutrales. Sistemas enlazados internacionalmente. Solo para verlo en Ecuador: hasta la reforma constitucional ecuatoriana de 2008, 118 banqueros estaban vinculados a 201 medios de comunicación, por lo que la comunidad de intereses entre el poder financiero y el mediático se hace extrema en este país y no queda en sus fronteras.

Para interrumpir prematuramente a los gobiernos democráticos de América Latina, las derechas desplegaron en las últimas décadas los llamados golpes blandos o guerras de baja intensidad. Las estrategias fueron múltiples e incluyeron lockouts patronales, corridas cambiarias, entre otras. El objetivo: el desgaste. Pero cuando los gobiernos populares pudieron sortear las crisis económicas e incluso crecer muy a pesar de las oligarquías locales, la estrategia de ataque en tiempos electorales se centró básicamente en las  campañas de desprestigio, a través de cierto periodismo, de los proyectos y sus candidatos. Éstas han ido complejizando sus tramas que nada tienen ya que ver con el periodismo, al punto de que se autodefinen como “periodismo de guerra” en tiempos de paz: crean crisis; crean guerras.

Las campañas de desprestigio se replican de manera metódica –han construido métodos, siguen recetarios– a lo largo y a lo ancho del Cono Sur y las formas de dañar la imagen del referente político son múltiples. A la cabeza, están  las denuncias de corrupción. Es necesario hacer énfasis en la palabra “denuncias” en tanto la presentación de pruebas en la mayoría de los casos ha sido prácticamente nula.

Brasil ha sido testigo del peor de los desenlaces, un golpe institucional ejecutado por el tridente medios de comunicación/corporación financiera/poder judicial que a su vez  opera hoy en la Argentina para la persecución al kirchnerismo. Hace unos días, el ex presidente Lula da Silva despidió a su compañera de vida y compartió que Marisa Rocco murió triste, víctima de la injusticia de los canallas.

El sábado pasado una orquesta similar sesionó en Ecuador. El mismo tridente ha tratado de usar casos de corrupción en Petroecuador denunciados por el gobierno para desinformar y confundir a la población, tomando como voz autorizada a los prófugos de la justicia, receta muy conocida por los argentinos.

Dos canales de televisión –Ecuavisa y Teleamazonas– y el periódico Expreso se trasladaron a Miami a entrevistar al ex ministro de Hicrocarburos Carlos Pareja Yanuzelli, “Capaya”, prófugo de la Justicia ecuatoriana que lo investiga por enriquecimiento ilícito, tráfico de influencias y peculado.

El acusado involucró al candidato Jorge Gras, candidato a vicepresidente de Alianza País, en el caso de corrupción por el cual es buscado por la justicia. Como denunció Rafael Correa, “los entrevistadores le preguntan de todo… ¡menos por el dinero que robó! (…) Esta farsa pone en evidencia cómo se forjan los engaños destinados a sorprender a la opinión pública encubriendo a los involucrados en actos de corrupción”. Para ensuciar a otro hay que limpiar al testigo y dejarlo como un patriota, un perseguido político que teme por su vida.

En otra escena, el prófugo se somete a una prueba de polígrafo llevada a cabo por un presentador de Sábado Gigante, un programa de entretenimientos de Miami. El gobierno ecuatoriano mostró pruebas de que pocos días antes de que las entrevistas vieran la luz, Capaya se reunió con otros dos prófugos, los banqueros William y Roberto Isaías, quienes habrían financiado la operación. ¿Quiénes son los hermanos Isaías? Los dueños de un imperio económico que incluía TC Televisión, GamaTV, Cablevisión y el banco Filanbanco, cuya quiebra influyó en la crisis bancaria de 1999. Al año siguiente, cuando inició el proceso judicial que los involucraba por malversación de fondos públicos y de los clientes del banco, huyeron a EE.UU, donde adquirieron acciones de otros medios de comunicación como  CNN Latino y MIA TV.

También en bancos y medios invertía el empresario Fidel Egas, dueño del banco Pichincha y –hasta 2010– también del canal Teleamazonas. Aunque, según un fallo de primera instancia de mayo pasado, esta venta fue nula, en tanto Egas habría dado crédito a sus empleados condicionados a que si renunciaban tenían que devolver las acciones.

La cadena de televisión abierta Ecuavisa del empresario Xavier Alvarado Roca, socio del Grupo Pérez –propietarios de El Universo– en el sistema de televisión pago Univisa, también entrevistó al prófugo Capaya. Y por último, asistieron a la cita en Miami periodistas del Diario Expreso, cuyo dueño es Galo Martínez Merchán, ministro de gobierno antes y durante la dictadura de su amigo Velasco Ibarra, donde desaparecieron y asesinaron a varios dirigentes estudiantiles.

El entramado está lleno de nudos y el lector puede perderse en tanto nombre. Lo que sin duda no dejará de ver son las puertas giratorias entre negocios y periodismo, lo que hace muy difícil pensar que allí se juegue algo del orden de la verdad.

Florencia Saintout

Florencia Saintout: Decana de la Facultad de Periodismo y Comunicación Social de la UNLP.

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La semana que concluye hoy marcó un punto de inflexión en Guatemala, donde las contradicciones entre los distintos sectores sociales llegaron a extremos y dejaron en claro la polarización frente a problemas esenciales del país.

La discusión legislativa en torno a las reformas constitucionales al sector justicia, y en particular respecto al artículo 3 del proyecto que pretende modificar el 203 de la carta magna vigente, confirmó una verdad harto conocida: el racismo y la discriminación siguen vivos en esta nación, donde conviven 23 pueblos originarios.

El rechazo a reconocer el pluralismo jurídico y a las autoridades indígenas ancestrales como sujetos de derecho para impartir justicia en sus territorios motivó los debates más enconados durante cinco horas en el Congreso y hasta redundó en el abandono de la sala del plenario por decenas de diputados.

Previo a ello los representantes legales de los pueblos originarios tuvieron que esperar una contraorden para poder ingresar a la sede parlamentaria, tras ser cateados cual posibles criminales.

Mientras, empresarios, ciertos consultores y prensa reiteran prejuicios e insisten en que el análisis sobre el derecho de estas naciones no está agotado y acusan de injerencia a la Comisión Internacional Contra la Impunidad (Cicig).

El ente, establecido por la Organización de Naciones Unidas en Guatemala en 2007 y ahora bajo la dirección del abogado colombiano Iván Velásquez, es el principal artífice del azote contra la corrupción desatado hace dos años.

Asimismo se le atribuye el proceso de institucionalización progresiva del Ministerio Público, que con este respaldo logró fortalecer su credibilidad.

Ello no escapa de la ciudadanía, que reiteró su apoyo a la Cicig y a Velásquez, como antes cuestionó el mantenimiento de la figura del antejuicio, pese a su inclusión en el plan de cambios constitucionales, debatido en primera vuelta en el legislativo a finales de 2016 y ahora entrampado hasta un nuevo análisis.

Tampoco son muchos los convencidos de que los choques de esta semana en el parlamento unicameral sean fortuitos, y menos los repuntes de la violencia en ese ámbito, que dejó una decena de muertos.

El Día de San Valentín de 2017 será recordado con dolor en Guatemala, donde ocurrieron cinco ataques armados en esta capital y en el municipio metropolitano de Mixco, con cinco taxistas muertos.

Pero, además, será inolvidable para familiares y amigos de Carlos Daniel y Ã’scar Armando, de 10 y 11 años de edad, respectivamente, quienes fueron secuestrados cuando iban para la escuela y luego aparecieron hecho cadáveres en dos costales, atados de pies y manos.

El entierro de los dos niños el 14 de febrero devino movilización popular en los Ajuixes, comunidad rural de San Juan Sacatepéquez, en el departamento de Guatemala, en tanto organismos internacionales denunciaron ante el mundo el grado de vulnerabilidad que acecha a la infancia en este país centroamericano. En Guatemala ‘la violencia alcanza niveles inaceptables. Cada día mueren dos niños y niñas en promedio a causa de la violencia, 40 quedan huérfanos de alguno de sus padres, nacen seis bebés de niñas menores de 14 años producto de una violación’, alertó el Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia.

Mas la violencia incide igual sobre quienes disienten del orden establecido bajo los cánones del esquema neoliberal, y prueba de ello fue el apresamiento del promotor social maya q´quechi´ Abelino Chub Caal, por su acompañamiento a comunidades cercanas al Lago Izabal y al Río Polochic, en la zona nororiental.

Como suele ocurrir en esos casos, los medios de prensa no se dieron por enterados de la captura del defensor de los derechos humanos, divulgada por el empeño de organizaciones civiles en denunciarla a través de las redes sociales.

Frente a ese panorama y el anuncio de la probable salida de prisión preventiva del hijo mayor y del hermano del presidente de Guatemala, Jimmy Morales, acusados de fraude, casi movió a risa a muchas personas escuchar al mandatario asegurar que le habían llegado rumores de un posible golpe de Estado.

Ello, después de que su vicepresidente Jafeth Cabrera dijera que el aumento de la violencia responde a un intento de desestabilizar al Gobierno, en una Guatemala que reclama mayor efectividad de las autoridades elegidas en una segunda vuelta, tras la ola de protestas anticorrupción en 2015.

Prensa Latina

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Il y a moins d’un mois, j’ai averti qu’une révolution de couleurétait en cours aux États-Unis. Mon premier élément de preuve était la prétendue « enquête » que la CIA, le FBI, la NSA et d’autres menaient contre le candidat du président Trump au poste de conseiller à la sécurité, le général Flynn. Ce soir, le complot pour se débarrasser de Flynn a finalement réussi et le général Flynn a dû offrir sa démission. Trump l’a acceptée.

Maintenant, mettons immédiatement une chose de côté : Flynn était loin d’être un saint ou un homme parfaitement sage qui aurait sauvé tout seul le monde. Il ne l’était pas. Cependant, Flynn était tout simplement la pierre angulaire de la politique de sécurité nationale. Pour une raison : Flynn a osé l’impensable, il a osé déclarer que la communauté boursouflée du renseignement américain devait être réformée. Flynn a aussi essayé de subordonner la CIA et l’état-major au président via le Conseil national de sécurité. Autrement dit, Flynn a tenté de lutter contre le pouvoir et l’autorité absolus de la CIA et du Pentagone et de les subordonner à la Maison Blanche. Flynn voulait aussi travailler avec la Russie. Non pas parce qu’il aimait la Russie, l’idée d’un directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency) fan de Poutine est ridicule, mais Flynn était rationnel, il comprenait que la Russie n’était pas une menace pour les États-Unis ou l’Europe et que la Russie et l’Ouest avaient des intérêts communs. Et c’est un autre crime-pensée absolument impardonnable à Washington DC.L’« État profond », dirigé par les néocons, a forcé Flynn à démissionner sous le prétexte idiot qu’il avait eu une conversation téléphonique avec l’ambassadeur de Russie sur une ligne ouverte, non sécurisée et clairement surveillée.

Et Trump a accepté cette démission.

Depuis que Trump est arrivé à la Maison Blanche, il a pris coup sur coup de la part des médias néocon-sionistes, du Congrès, de toutes les « stars » de Hollywood, culs doublement bénits, bien-pensants et propres sur eux, et même des politiciens européens. Et Trump a encaissé chaque coup sans jamais riposter. Nulle part on n’a vu son fameux « Vous êtes viré ! ». Mais j’avais encore de l’espoir. Je voulais espérer. Je sentais que c’était mon devoir d’espérer.

Mais maintenant, Trump nous a tous trahis.

Vous souvenez-vous comment Obama a montré son vrai visage lorsqu’il a hypocritement dénoncé son ami et pasteur le révérend Jeremiah Wright Jr. ?  Aujourd’hui, Trump a montré son vrai visage. Au lieu de refuser la démission de Flynn et de licencier ceux qui ont osé concocter ces accusations ridicules contre lui, Trump a accepté sa démission. Ce n’est pas seulement un acte d’une lâcheté abjecte, c’est aussi une trahison extraordinairement stupide et auto-destructrice, parce que maintenant Trump sera seul, complètement seul, confronté à des personnages comme Mattis et Pence – des types enragés de la Guerre froide, des idéologues infectés jusqu’à la moelle, des gens qui veulent la guerre et ne se préoccupent tout simplement pas de la réalité.

Je le répète, Flynn n’était pas mon héros. Mais il était, tous comptes faits, le héros de Trump. Et Trump l’a trahi.

Les conséquences de tout cela seront immenses. Pour une raison : Trump est maintenant clairement brisé. Il n’a fallu que quelques semaines à l’« État profond » pour castrer Trump et le faire s’incliner devant les puissances établies. Ceux qui auraient voulu le soutenir comprendront maintenant qu’il ne les soutiendra pas eux-mêmes et ils s’éloigneront tous de lui. Les néocons se sentiront des ailes d’avoir éliminé leur pire ennemi et, enhardis par cette victoire, ils pousseront leur avantage, doublant la mise encore et encore.

C’est fini, les gars, l’État profond a gagné.

À partir de maintenant, Trump deviendra le proverbial shabbes goy, le type errant du lobby israélien. Hassan Nasrallah avait raison lorsqu’il l’a traité d’« imbécile ».

Les Chinois et les Iraniens riront ouvertement. Les Russes ne riront pas – ils seront polis, ils souriront et essayeront de voir si quelques politiques sensées peuvent encore être sauvées de ce désastre. Certaines, peut-être. Mais tout rêve d’un partenariat entre la Russie et les États-Unis est mort ce soir.

Les dirigeants de l’Union européenne vont bien sûr faire la fête. Trump n’a jamais été le terrifiant croquemitaine qu’ils craignaient. Il s’avère qu’il est un paillasson – c’est très bon pour l’UE.

Où tout cela nous laisse-t-il – nous, les millions de « déplorables » anonymes qui font de leur mieux pour résister à l’impérialisme, à la guerre, à la violence et à l’injustice ?

Je pense que nous avions raison d’espérer parce que c’est tout ce que nous avions – des espoirs. Pas des attentes, seulement des espoirs. Mais maintenant, nous avons objectivement très peu de raisons d’espérer. D’une part le « marais » de Washington a triomphé. Nous ne pouvons trouver un réconfort relatif que dans deux faits indéniables :

  1. Hillary aurait été bien pire que n’importe quelle version d’une présidence Trump.
  2. Pour vaincre Trump, l’État profond américain a dû terriblement affaiblir les États-Unis et l’Empire anglosioniste. Tout comme les purges de Erdogan ont laissé l’armée turque en ruines, la « révolution de couleur » anti-Trump a infligé de terribles dommages à la réputation, à l’autorité et même à la crédibilité des États-Unis.

Le premier fait est évident. Permettez-moi de clarifier le second. Dans leur rage haineuse contre Trump et le peuple américain – c’est-à-dire « le panier de déplorables » –, les néocons ont dû montrer leur vrai visage. Par leur rejet du résultat des élections, leurs émeutes, leur diabolisation de Trump, les néocons ont mis en évidence deux choses cruciales : premièrement que la démocratie américaine est une sinistre plaisanterie et qu’eux, les néocons, sont un régime d’occupation qui gouverne contre la volonté du peuple américain. En d’autres termes, exactement comme Israël, les États-Unis n’ont plus de légitimité. Et puisque, tout comme Israël, les États-Unis sont incapables d’effrayer leurs ennemis, ils sont fondamentalement nus, sans légitimité, sans capacité de coercition. Donc oui, les néocons ont gagné. Mais leur victoire élimine la dernière chance pour les États-Unis d’éviter un effondrement.

Trump, malgré tous ses défauts, a favorisé les États-Unis face à l’Empire mondial. Trump était aussi tout à fait conscient que « plus de la même chose » n’était pas une option. Il voulait des politiques adaptées aux capacités actuelles des États-Unis. Maintenant que Flynn est parti et que les néocons ont repris tout le contrôle – c’est terminé. Maintenant nous allons revenir à l’idéologie au-dessus de la réalité.

Trump aurait probablement pu faire l’Amérique, disons, pas « grande de nouveau », mais au moins plus forte, une puissance mondiale importante qui pouvait négocier et user de son influence pour obtenir des autres le meilleur accord possible. Maintenant, c’est fini. Une fois Trump brisé, la Russie et la Chine reviendront tout droit à leur position d’avant Trump : une résistance ferme soutenue par une volonté et une capacité d’affronter et de vaincre les États-Unis à tous les niveaux.

Je suis sûr que personne aujourd’hui ne fait la fête au Kremlin. Poutine, Lavrov et les autres comprennent sûrement exactement ce qui s’est passé. C’est comme si Khodorkovsy avait réussi à briser Poutine en 2003. En fait, je dois rendre honneur aux analystes russes qui depuis plusieurs semaines ont comparé Trump à Ianoukovitch, qui avait aussi été élu par une majorité du peuple et qui a échoué à montrer la détermination nécessaire pour stopper la « révolution de couleur » lancée contre lui. Mais si Trump est le nouveau Ianoukovitch, les États-Unis deviendront-ils la prochaine Ukraine ?

Flynn était vraiment la pierre angulaire de la politique étrangère attendue de Trump. Il y avait une chance réelle qu’il règne sur les agences à trois lettres, immenses, gonflées et toutes puissantes, et qu’il concentre la puissance américaine contre le véritable ennemi de l’Occident : les wahhabites. Flynn parti, tout cet édifice conceptuel s’est écroulé. Nous allons être laissés avec des gens comme Mattis et ses déclarations anti-iraniennes. Des clowns qui n’impressionnent que d’autres clowns.

La victoire des néocons est un immense événement et il sera probablement totalement déformé par les médias officiels. Ironie de l’histoire, les partisans de Trump essayeront aussi de minimiser tout cela. Mais la réalité est que, sauf miracle de dernière minute tout à fait improbable, c’est fini pour Trump et les espoirs de millions de gens aux États-Unis et dans le monde, qui avaient espéré que les néocons pourraient être chassés du pouvoir au moyen d’une élection pacifique. Il est clair que cela n’arrivera pas.

Je vois des nuages très noirs à l’horizon.

The Saker

Article original en anglais :

Flynn

The Neocons and the “Deep State” have Neutered the Trump Presidency, It’s Over Folks!

 

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Hervé pour le Saker francophone

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Le Printemps érable. Le mouvement étudiant qui a fait trembler le Québec.

février 19th, 2017 by Claude Jacqueline Herdhuin

Dans la morosité actuelle, qui se souvient du Printemps érable? Mouvement qui s’est battu jusqu’à ce qu’un décret du gouvernement péquiste abroge les dispositions de la Loi 78, le 20 septembre 2012, et annule la hausse des frais de scolarité. L’élément déclencheur avait été l’augmentation des frais de scolarité projetée pour la période 2012 à 2017 dans le budget provincial 2012-2013 du gouvernement libéral de Jean Charest. Du 13 février au 7 septembre 2012, largement appuyé par le peuple québécois, le mouvement étudiant n’a pas baissé la garde avant d’obtenir satisfaction.

À l’époque, j’avais commencé mon doctorat à l’Université du Québec à Montréal, où je travaillais également en tant qu’auxiliaire d’enseignement. J’ai pu constater l’intelligence et le savoir-faire des étudiants et des associations étudiantes de l’UQAM, reconnue comme l’université québécoise la plus militante. Malgré ce qu’on a pu lire et voir dans certains médias, tout se déroulait dans le plus grand respect. Les associations étudiantes ont des statuts et des règlements auxquels elles ne dérogent pas. J’ai assisté à de nombreuses réunions et assemblées générales, en tant qu’étudiante et déléguée syndicale, et je n’ai jamais vu d’échanges et de prises de décision plus démocratiques. Les levées de cours se faisaient dans le calme et le dialogue était de mise. Bien sûr, j’ai eu l’occasion d’entendre des étudiantes et des étudiants mécontents. Certains arguaient vouloir étudier en paix, terminer leurs études et obtenir rapidement leur diplôme afin de pouvoir travailler. Ce qui était en soit légitime. Mais ils représentaient une minorité et, devons-nous le rappeler, la grève étudiante était votée et reconduite démocratiquement, selon des règles transparentes et bien établies. Des professeurs, je dirais la majorité, comprenaient, voire soutenaient, les revendications étudiantes.

Qui se souvient des concerts de casseroles, de la solidarité du peuple québécois avec le mouvement étudiant? En 2012, il était encore possible de rêver de justice sociale, que dis-je rêver! D’œuvrer pour la justice sociale. Il restait encore un minimum de conscience collective. La conscience de l’autre. Les étudiants et les non-étudiants savaient qu’ils vivaient sur la même planète et que leur futur dépendait de leurs efforts communs. L’immense succès du Printemps érable est le fruit de la solidarité du peuple québécois.

Qu’en est-il cinq ans plus tard?

La grève de 2015 et la violente répression qu’elle a subie de la part du gouvernement et des institutions ont marqué le début d’une nouvelle ère. N’oublions pas la répression policière, les décrets municipaux et l’intervention musclée de la SPVM à l’UQAM le 8 avril 2015, à la demande du recteur Robert Proulx. J’ai écrit à l’époque, dans un article pour Mondialisation :

Plus jamais de printemps érable. Plus jamais 2012. Telle est la position de notre gouvernement, malheureusement appuyée par le recteur. La direction de l’UQAM a frappé fort, et ce, d’emblée, en décidant d’expulser neuf étudiants et étudiantes, le 20 mars dernier. La raison invoquée : « Ils auraient commis du vandalisme et des actes illégaux » lors d’activités de perturbation à l’université, remontant à 2013. En prenant cette décision, la direction voulait créer un climat de peur au sein de la population étudiante. En ciblant des militants et des militantes, elle voulait museler les associations étudiantes et décourager toute activité militante. […] Ces expulsions politiques ont déclenché une réaction immédiate, professeurs, chargés de cours et étudiants se sont unis pour demander à la direction de revenir sur sa décision. Expulsion d’un an pour six étudiants et expulsion définitive pour trois étudiantes et étudiants, dont Justine Bélanger, déléguée étudiante qui siégeait, à ce moment-là, au conseil d’administration et au comité exécutif.

En 2012, le mot solidarité avait un sens. La conscience de l’autre et de son bien-être existait encore. La répression du mouvement étudiant de 2015 et le lavage de cerveau, savamment mis au point par nos dirigeants politiques et leurs serviteurs (parmi lesquels les médias de masse appartenant à des intérêts privés au service du pouvoir politique), ont balayé toute solidarité. La solidarité à petite échelle existe encore, quand elle ne dérange pas trop. Mais la solidarité sociale a disparu au profit du chacun pour soi. Il n’y a plus ou peu de vision collective, de vision de société à grande échelle. Certes, les mouvements militants existent toujours, fort heureusement, mais la répression les a fragilisés. Les lois et décrets de tout genre visant à encadrer et contrôler les mouvements sociaux ont fait leur œuvre. Dans une société, déjà très individualiste, où chacun est responsable de soi, mais pas des autres, il reste peu de place pour s’unir et définir une vision de société commune. La peur, savamment instillée par les gouvernements occidentaux après le 11 septembre 2001, a réussi à diviser au lieu d’unir. La différence devient immédiatement suspecte, l’autre dérange dès qu’il ne suit pas le courant de pensée dominant. Tout cela a abouti à une fossilisation de l’individu dans un contexte où austérité signifie chacun pour soi. L’économie de partage et la solidarité pourraient être un moyen d’échapper à cette psychose sociale, mais elles aussi sont souvent mal vues. Partage et solidarité impliquent l’inclusion de l’autre et non son exclusion. Tâche difficile dans un contexte où tout encourage à l’exclusion.

Cinq ans plus tard, Donald Trump a été élu président des États-Unis. En France le Front national fait partie des favoris des candidats à la présidentielle. L’extrême droite connaît une montée fulgurante à l’échelle planétaire avec tout ce que cela entraîne comme haine et divisions. Le mouvement étudiant a été muselé. Le droit de grève des étudiants et des étudiantes n’est pas reconnu, ce qui laisse un vide juridique inquiétant. Les injonctions, dont se sont prévalus les recteurs de certaines universités, sont faciles à obtenir.

La population étudiante est extrêmement articulée, politisée et consciente des enjeux qui se jouent actuellement dans notre société et partout dans le monde. Elle se compose majoritairement de jeunes qui étudient et travaillent fort pour protéger les droits de la communauté étudiante, faire respecter le droit pour tous d’accéder aux études. Elle lutte contre l’injustice sociale, sensibilise et crée des liens tant dans les murs des institutions d’enseignement qu’à l’extérieur.

Les étudiants et les étudiantes, loin d’être nombrilistes, ont une vision globale du monde dans lequel ils vivent et de l’avenir. Ils sont l’espoir d’un Québec et d’un monde plus juste. Les études doivent être accessibles à tous, car au-delà d’un diplôme et d’un métier, elles permettent d’acquérir des connaissances intellectuelles et humaines et de sortir de soi-même pour s’ouvrir à l’autre. C’est ce qui a rendu possible le Printemps érable. Comme me répétait mon père « Étudie et tu seras libre. ».

Claude Jacqueline Herdhuin

Auteure, réalisatrice

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La famine, arme des forts contre les faibles

février 19th, 2017 by Bruno Guigue

Si on voulait vraiment la preuve que la faim n’est pas un accident climatique ou je ne sais quelle fatalité qui pèserait sur des contrées abandonnées des dieux, il suffirait de regarder la carte des famines à venir. Dressée par l’économiste en chef du Programme alimentaire mondial, Arif Husain, cette carte est édifiante. Selon lui, 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans quatre pays au cours des six prochains mois : le Yémen, le Nigéria, le Sud-Soudan et la Somalie (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1017205/programme-alimentaire-mondial-onu-yemen-nigeria-soudan-sud). Or la cause majeure de cette insécurité alimentaire est politique. Quand elle n’a pas directement provoqué le chaos générateur du non-développement ou la rupture des approvisionnements, l’intervention étrangère a jeté de l’huile sur le feu. La guerre civile et le terrorisme y ont ruiné les structures étatiques, banalisant une violence endémique et provoquant l’exode des populations.

Au Yémen, les bombardements saoudiens, depuis mars 2015, ont généré un désastre humanitaire sans précédent. L’ONU s’alarme de la situation, mais c’est une résolution du conseil de sécurité qui a autorisé l’intervention militaire étrangère ! La fermeture de l’aéroport de Sanaa et l’embargo infligé par la coalition internationale ont privé la population de médicaments. Les stocks de blé baissent à vue d’œil. Les banques étrangères refusent les transactions financières avec les établissements locaux. 14 millions de personnes, soit 80 % de la population, ont besoin d’aide alimentaire, dont 2 millions sont en état d’urgence. 400 000 enfants souffrent de malnutrition. Jugée coupable de soutenir le mouvement houthi, la population yéménite est condamnée à mort. En fournissant son arsenal à Riyad, les puissances occidentales participent à ce crime de masse.

Au Nigéria, la situation chaotique dans laquelle est plongé le nord-est du pays gangrène toute la région. Des millions de personnes, fuyant les violences du groupe Boko Haram, s’entassent dans des camps de réfugiés. Totalement dépendants de l’aide humanitaire, ces populations « survivent par 50 °C, dans des huttes au toit de tôle, avec un point d’eau, des cuisines communes et un repas par jour », explique Arif Husain. Alimenté par la propagande saoudienne, le terrorisme défie aujourd’hui cet Etat, le plus peuplé du continent, qui comptera 440 millions d’habitants en 2050. Depuis la calamiteuse destruction de la Libye par l’OTAN, l’Afrique sub-saharienne est devenue le terrain de chasse préféré des djihadistes. La famine qui s’annonce est la conséquence directe de cette déstabilisation.

Au Sud-Soudan, la proclamation de l’indépendance, en 2011, a débouché sur une guerre civile où deux camps rivaux se disputent le contrôle des richesses énergétiques. Cet Etat sécessionniste, fragmenté, enclavé, coupé du nord auquel l’opposa une interminable guerre civile, est le fruit de la stratégie américaine. Cette création artificielle visait à contrecarrer l’influence du Soudan, inscrit de longue date sur la liste des « rogue states ». Porté sur les fonts baptismaux par Washington, qui a armé la guérilla sécessionniste de John Garang pendant 20 ans, le Sud-Soudan est aujourd’hui un champ de ruines. Depuis décembre 2013, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées. 2,5 millions ont fui leurs foyers et près de 5 millions font face à une insécurité alimentaire « sans précédent », selon l’ONU. Pour les réclamations, prière de s’adresser aux néo-cons de Washington.

En Somalie, les aléas climatiques font peser la menace d’un nouveau désastre alimentaire. En 2011, la terrible famine consécutive à la sécheresse avait fait 260 000 morts. Cette vulnérabilité de l’agriculture vivrière reflète l’état de non-développement du pays, écartelé en une dizaine d’entités politiques rivales. Le règne sanglant des seigneurs de la guerre locaux, les interventions militaires étrangères (USA, Ethiopie, Kenya), l’influence croissante, sur fond de décomposition politique, de l’organisation islamiste radicale Al-Shabab, ont donné à ce pays l’indice de développement humain le plus faible de la planète. Depuis l’effondrement du régime marxiste de Syaad Barré en 1991, les structures étatiques se sont évanouies. L’économie est exsangue, le système éducatif délabré. La hausse des prix des denrées et la chute des revenus, aujourd’hui, font redouter le pire.

D’autres zones de tensions, hélas, suscitent l’inquiétude. Les conflits en cours en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Ukraine, en Libye, au Zimbabwe, bouleversent les conditions de vie et génèrent des flux migratoires. Certains pays, enfin, vivent dans une insécurité alimentaire chronique : la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Burundi, le Mali, le Niger. Ce n’est pas un hasard si la plupart de ces pays sont en proie à la guerre civile, au terrorisme et à l’intervention militaire étrangère. Le désordre qui y sévit est d’abord de nature politique et géopolitique. Loin d’être une fatalité, il résulte de causes endogènes et exogènes identifiables. La famine ne tombe pas sur les damnés de la terre comme frappe la foudre. C’est l’arme des puissants pour écraser les faibles.

Bruno Guigue

 

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Trump’s new defense chief James Mattis hit the ground running, so to speak, and top on his agenda was meeting with his counterparts in South Korea and Japan. Just two weeks after being sworn in as Secretary of Defense, he was in South Korea, the initial stop on his first itinerary abroad, presumably to reassure the U.S.’ historical ally of the Pentagon’s continued commitment to the alliance between the two countries. 

What was unusual about this trip is that it broke with the now decade-long tradition of U.S. defense secretaries making the Middle East the destination of their first overseas trips. It also departs from the unspoken custom of U.S. dignitaries stopping in Tokyo before Seoul. What, then, prompted Mattis to rush to Seoul immediately after taking office?

Trump’s inauguration speech contained virtually no mention of his foreign policy goals and signaled a distinctly inward-looking and isolationist vision. “For many decades, we’ve enriched foreign industry at the expense of American industry; subsidized the armies of other countries, while allowing for the very sad depletion of our military. We’ve defended other nations’ borders while refusing to defend our own,” he said. “From this day forward, it’s going to be only America first, America first.”

North Korea: Trump’s First Foreign Policy Test in Asia

A scan of Trump’s cabinet leads one to believe U.S.’ foreign policy focus, if anything, will continue to be intervention in the Middle East and upping the ante in the so-called “war on terror.” Mattis commanded the Marines in the U.S. invasion of Afghanistan and Iraq and is an outspoken critic of the U.S.’ nuclear deal with Iran. Trump’s first pick for national security advisor Mike Flynn was well known for his controversial views on Islam before he eventually resigned over his alleged Russian connections. And Trump expects, however inanely, his son-in-law Jared Kushner to “produce peace in the Middle East.”

As far as Asia is concerned, U.S.’ alliance with Japan, not South Korea, will likely be the anchor of Trump’s security policy in the region. Japan’s prime minister Shinzo Abe was the first foreign leader to meet Trump after his November election win and met him again this past weekend over a round of golf at Trump’s Mar-a-Lago estate in Florida.

So why, again, did Mattis cross the Pacific in such a hurry to visit Seoul?

What Keeps them Up at Night

The clue may be found in the recent remarks of Robert Brown, the commander of U.S. Army Pacific, at the Center for Strategic and International Studies. “The thing that keeps me up at night, the thing that worries me the most is North Korea,” he said on January 25 in a keynote address on the forecast for the Asian region in 2017.

State Secretary Rex Tillerson echoed this sentiment in a recent phone conversation with his South Korean counterpart Yun Byung-se. Referring to the North Korean nuclear program as an “immediate threat,” Tillerson reportedly said the issue will be foremost in his face-to-face talks with Yun in the near future.

From the outset of his administration, even before he’s had a chance to get his house in order, Trump is faced with a North Korea that has, for the past eight years while the previous U.S. administration refused to engage, been quietly sharpening its sword. North Korean leader Kim Jong-un warned in his new year address that his country is close to test-launching an intercontinental ballistic missile (ICBM) capable of delivering a nuclear warhead to the continental United States. And just one day before Trump took office, North Korea placed two missiles presumed to be ICBMs on mobile launchers in plain view of U.S. spy satellites.

Spooked, the Pentagon deployed its Sea-Based X-Band Radar out of Pearl Harbor 2,000 miles northwest of Hawaii to watch for a possible North Korean launch. This might also explain why, within minutes of Trump’s inauguration, the White House posted a policy position on its website announcing its intention to develop a “state of the art” missile defense system to protect against attacks from North Korea and Iran.

An incoming government official not given to following the U.S.-North Korean conflict may ask oneself, “How the heck did we get here?”

Byung-jin versus Strategic Patience

U.S.-North Korean relations during the previous Obama administration may be characterized as a contest between “byung-jin” versus strategic patience— strategic patience being the U.S.’ policy of waiting and preparing for the eventual collapse of the North Korean regime, and “byung-jin” being North Korea’s strategy of making parallel progress in economic development and its nuclear deterrence capability.

The United States has always maintained a certain level of tension on the Korean peninsula and painted North Korea as a belligerent pariah to justify U.S.’ strategic presence on the Asian continent, which it considers vital to its economic and geopolitical interests. This is all the more important now in view of China’s growing influence in the region. But a belligerent with nuclear weapons is another matter altogether. For the past twenty years, the United States has tried to stall North Korea’s nuclear development while constantly threatening to bring about the regime’s collapse through crippling sanctions and military exercises that rehearse provocative war plans including the decapitation of the North Korean leadership.

In defiance, Kim Jong-un has pursued a simultaneous “guns and butter” approach— eluding the sanctions through a combination of multi-year economic plans, a series of work speed-up campaigns that mobilize the entire population, and a boost in tourism and special economic zones to attract foreign currency; and devoting the country’s top scientists and engineers to developing an effective nuclear deterrent.  The Hyundai Research Institute, a South Korean think tank notes that despite the sanctions, North Korea’s per capital income has risen steadily since the 2000’s.

At the end of Obama’s presidency, the consensus in Washington was that strategic patience had failed. North Korea had not collapsed, and to the contrary, experts warned that the country will soon have an ICBM that can strike the continental United States. Siegfried Hecker, an American nuclear scientist at Stanford University, who visited North Koreas’s plutonium processing plant at Yongbyon in November 2010, estimates that North Korea might develop the capacity to strike the West Coast of the United States with a nuclear warhead within five years. Hecker wrote, the North is now probably able “to put nuclear weapons on target anywhere in South Korea and Japan and even on some U.S. assets in the Pacific.”

Richard N. Haass, president of the Council on Foreign Relations, concurs— “It is only a matter of time before North Korea increases its nuclear arsenal (now estimated at 8-12 devices) and figures out how to miniaturize its weapons for delivery by missiles of increasing range and accuracy.”

Byungjin, apparently, has triumphed over strategic patience.

Limited Options for Trump 

Trump’s former advisor Michael Flynn seemed to reject the option of continuing the status quo, which would be to stick one’s head in the sand and simply ignore North Korea. According to a South Korean official who met with him back in November, Flynn had said North Korea’s nuclear program would be a high priority under the new administration.

What, then, are the options before Trump?

Some advocate military action to take out North Korea’s nuclear program. But they would be well-advised to remember that former President Bill Clinton considered this option in the early 1990’s and ultimately nixed the idea based on a Pentagon assessment that even limited action could escalate into a full-scale war and lead to the death of one million people. And that estimate was made before North Korea possessed nuclear weapons.

Global intelligence firm Stratfor outlined the challenges of a military action against North Korea in a five-part analytical series entitled “Removing the North Korean Nuclear Threat” published last year—

First, we simply do not have a comprehensive or precise picture of the North Korean nuclear program, especially when it comes to the number of weapons and delivery vehicles — we do not know for sure where they are located or how well they are protected. Second, we have no way of knowing just how good the U.S. intelligence picture really is when it comes to the North Korean nuclear program. Predicting the likelihood of a U.S. strike is difficult to do when the decision to carry out an attack would depend heavily on the degree of confidence the United States places in its intelligence.

The destruction of North Korea’s nuclear infrastructure is hardly enough to remove the deterrent. Therefore, though the United States can be reasonably certain of its ability to destroy the nuclear infrastructure in a single strike, it would require an extremely accurate intelligence picture — far beyond what is likely — for Washington to be reasonably certain of having hit and destroyed all available weapons and delivery vehicles. The longer the North Korean program evolves, the more this becomes a reality. Realistically, absent the use of nuclear weapons or the invasion and occupation of North Korea, the United States and its allies are already at a point where they cannot guarantee the complete removal of the threat of a North Korean nuclear attack.

The United States has 28,500 troops, some with families, stationed in South Korea, and North Korea is capable of striking key U.S. assets in the region, including Guam and Okinawa. Even limited surgical action could escalate to a full-scale regional confrontation with potential Chinese involvement. The United States, on the other hand, is still too bogged down in the Middle East to shift its attention effectively to another region as volatile as Northeast Asia. War, for anyone of rational mind, is clearly not an option.

The Myth of China’s Leverage over North Korea

Others advocate pressuring China to denuclearize North Korea. But how will this administration persuade China to solve a crisis that is essentially a problem between the United States and North Korea while Trump threatens a trade war with China? Also, China has made clear that if the United States wants its cooperation on North Korea, it should first reverse its controversial decision on the deployment of the Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) anti-missile system in South Korea.

(As a quick aside- the Pentagon wants to place missile interceptors and the THAAD radar in South Korea to counter North Korea’s missile threat and spy on China’s missile activity. This has been most ardently opposed by the residents of Seongju South Korea, where the THAAD system will be based, and China. Despite the political crisis that has engulfed South Korea, where the current administration has no legitimacy in the eyes of the public, the United States has been aggressively pushing forward the THAAD deployment decision and has said that it plans to complete the deployment by this summer.) All indications suggest the Trump administration will continue the same policy on the THAAD deployment, and that will make it difficult to get Chinese cooperation on North Korea.

Moreover, the strategy of pressuring China to denuclearize North Korea is based on the assumption that China has the kind of leverage, presumably economic, that can force North Korea to abandon its only deterrence capability. But it’s unclear that this is true.

In a report for the Wilson Center, James Person warns against outsourcing North Korea policy to China and says China’s leverage over North Korea “is a double-edged sword.” Cutting off North Korea’s economic lifeline would invite instability on China’s borders and precipitate a refugee crisis in Northeast China, “the last thing Bejing wants,” he writes. (Actually, what China may want even less is the prospect of a unified Korean peninsula led by a pro-U.S. South Korean government as its neighbor should North Korea collapse.) Moreover, Person argues, China’s leverage is limited, and North Korea’s relationship with China has historically been fraught with tension and mistrust. “Economic leverage does not enable the Chinese leadership to impose policy directives upon North Korea at will—precisely what North Korea most resisted throughout the Cold War,” he writes.

North Korea, furthermore, may not be as economically reliant on China as the United States believes. As it rebuilt its nearly-collapsed economy, North Korea placed strong emphasis on the principle of self-reliance. It devoted scientific and technological research to ensuring that their basic economic building blocks, such as steel, fertilizer and textile, are made with indigenous raw materials and technical know-how. “So that we don’t have to rely on exports and can be free from the volatile fluctuations of the global market,” explained the manager of a fully-automated sock factory in Pyongyang on the author’s trip to North Korea in 2011.

The Path to Peace

The only remaining and sensible option is to start talks, but what type of talks? The sole concern for the United States is to eliminate North Korea’s nuclear weapons. North Korea’s concern is to remove the threats to its sovereignty, i.e. the sanctions that prevent its full economic potential; the military exercises that constantly threaten war and simulate the collapse of its regime; the perpetual state of war since 1953 when an armistice put a temporary halt to the Korean War and the parties failed to produce a peace treaty; and the presence of 28,500 U.S. troops stationed south of the de-militarized zone.

The United States, if it were to negotiate, will most likely try to repeat what it has done in the past— impose a moratorium on North Korea’s nuclear weapons program and draw out the talks as long as possible while dangling the possibility of incentives, such as economic assistance and the removal of a limited layer of sanctions. But it may quickly realize that the negotiating table is no longer what it used to be.

For one, economic incentives are not what North Korea is primarily after. In a little-noticed statement issued in July 2016, North Korea laid out the terms for denuclearization and presented five conditions, all of which were very clearly not about economic assistance but had to do with removing the threats (either perceived or real) to its sovereignty posed by U.S. nuclear weapons. North Korea is no longer the energy-starved nation arduously toiling to survive as it was during the former Clinton and Bush administrations. And it now possesses a range of options in its nuclear arsenal. It successfully flight-tested a long-range submarine-launched ballistic missile last year and claims it successfully detonated a hydrogen bomb. Western experts dispute North Korea’s claims about its nuclear capability, but what matters at the negotiating table is that North Korea now feels confident enough in its deterrence capability to reject anything less than a fundamental resolution to its longstanding conflict with the United States.

The sheer arrogance of our policy makers in Washington may blind them, but they may gradually wake up to what former National Intelligence Director James Clapper concluded last year– that persuading North Korea to renounce nuclear weapons, “their ticket to survival,” is “probably a lost cause.” Unless the United States declares an end to the Korean War, signs a peace treaty and finally withdraws its troops from the peninsula, that is.

Upcoming War Games

Every year from late February through March, the U.S. and South Korean militaries conduct combined exercises called Key Resolve Foal Eagle, massive war games involving tens of thousands of U.S. troops, including from Guam, Okinawa and the U.S. mainland, and the deployment of strategic weapons.  And every year, North Korea stages a demonstration of protest before the war games begin. 2017 is no exception.

North Korea fired an intermediate-range ballistic missile into the East Sea last Sunday, and more missile tests may follow. In an exclusive interview with NBC on January 25, Choe Kang-il, deputy director general for North American affairs at North Korea’s foreign ministry, reiterated Kim Jong-un’s new year message that their country is ready to test-fire an ICBM “at any time, at any place.” Referring to the upcoming Key Resolve Foal Eagle exercises, he added, “As long as the U.S. conducts these joint military exercises we will increase our nuclear deterrent forces and our preemptive strike forces.”

If North Korea follows through on its notice of an ICBM test, then how Trump responds will be an early indicator of how U.S.-North Korean relations might play out during his administration. If he responds with tough talk and more sanctions, we’re in for escalation of tensions that could include North Korea test-launching an SLBM, followed by successive tests of an atom bomb and a hydrogen bomb, i.e. the whole kitten caboodle in its nuclear arsenal. In other words, the situation will likely get much bleaker before turning around for the better. If, on the other hand, Trump drastically scales down or halts the war games in preparation for talks, it would indicate that someone with a clear head regarding the Korea crisis has the ear of his administration and there’s a chance for improved relations.

What’s been reported thus far about this year’s Key Resolve Foal Eagle is confusing, to say the least. According to a Yonhap News report filed on February 8, Seoul and Washington are reportedly “in talks to deploy U.S. strategic assets,” including the Nimitz-class super-carrier USS Carl Vinson Strike Group, B-52 and B-1B bombers, to the Korean Peninsula during the exercises. The allies will, according to the same article, conduct the exercises as though the THAAD missile defense system, planned for deployment later this year, is already in operation and rehearse a preemptive strike plan called “4D,” which stands for detect, disrupt, destroy and defend. This reflects the recent comments of General Vincent Brooks, commander of U.S. Forces in Korea (USFK), who advocates the integration of offensive capabilities in the so-called U.S. missile “defense” system. “Defense is not enough. If we’re not also able to kill the archers, then we’ll never be able to catch enough arrows,” he said at an air and missile defense forum hosted by the Association of the U.S. Army on February 7. “So we have to have an offensive capability also integrated into our air and missile defense system.”

On the other hand, an earlier Yonhap report on January 30 curiously stated that South Korea’s Joint Chiefs of Staff (JCS) “will lead the upcoming exercises with the U.S. staff playing a supporting role” and suggested that the United States will play a markedly diminished role this year. It quoted an unnamed South Korean defense ministry official as saying, “During the upcoming Key Resolve exercise, Seoul’s JCS will be responsible for exercise planning and control, operation of opposing forces, and after-drill meetings.” The article also  announced that this year’s exercise command center will be in an underground bunker of South Korea’s Capital Defense Command, not the usual bunker of the South Korea-U.S. Combined Forces Command.

The two reports together don’t stack up. How would an exercise led by the South Korean JCS incorporate the THAAD system, which is solely operated by the United States? The confused reports about the upcoming Key Resolve Foal Eagle exercise may reflect general disorientation within the Trump administration and/or discord between the Pentagon and the South Korean Defense Ministry on how to approach North Korea. That, most likely, is the reason why newly-appointed defense chief Mattis scurried to Seoul within weeks of assuming office. And while there, he presumably surveyed the political mess that the current Park Geun-hye administration and the South Korean ruling party are in and could not possibly have come away with a clear or satisfying assessment of the near future for the U.S-South Korean alliance.

Mattis and his boss would do well to learn from the failures of their predecessors. North Korea is not collapsing, and its nuclear threat is real. The lives of 28,500 U.S. troops, not to mention the 75 million Koreans on the Korean peninsula, are at stake. The only sensible path is dialogue towards a fundamental solution— signing a peace treaty to bring closure to the Korean War and finally withdrawing U.S. troops from the Korean peninsula in exchange for a halt in North Korean nuclear weapons development and a commitment to non-proliferation. Suspending the upcoming war games and abandoning U.S.’ preemptive nuclear strike prerogative should be the first stop on that path.

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Éditorial du New York Times, 18 février 2017: Il faut empêcher le Kremlin de mettre la main sur les élections en France

« Tout comme les Etats-Unis sont plongés dans la question du rôle de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016, la France est déterminée à empêcher toute ingérence de ce genre dans ses prochaines élections présidentielles. »

Wikileaks, 16 février 2017: Ordres d’espionnage de la CIA pour l’élection présidentielle française de 2012

« Tous les principaux partis politiques français ont été ciblés pour être infiltrés par des espions humains («HUMINT») et électroniques («SIGINT») de la CIA pendant les sept mois précédant l’élection présidentielle française de 2012. Les révélations sont contenues dans trois ordres de mission de la CIA publiés aujourd’hui par WikiLeaks … »

En plus grand

NYT:

« Lundi, Richard Ferrand, le directeur de la campagne d’Emmanuel Macron, a affirmé que les Russes avaient fait des « centaines et même des milliers » de tentatives de piratage contre M. Macron, et que RT et Spoutnik, des médias contrôlés par le gouvernement, répandaient des fausses nouvelles, comme on savait qu’ils l’avaient fait pendant la campagne électorale américaine. Les histoires sur M. Macron vont des allégations sur une secrète liaison gay extraconjugale à l’accusation qu’il a utilisé des fonds publics pour payer des voyages à l’étranger. »

Marine Le Pen, la  candidate du Front national d’extrême-droite, qui a reçu un financement russe, devrait remporter le plus grand nombre de voix au premier tour du scrutin, le 23 avril. »

Wikileaks:

« L’ordre d’espionner les partis politiques qui ne sont pas au pouvoir et les stratégies de campagne des candidats ciblait François Hollande, Marine Le Pen et d’autres personnalités de l’oppositionIl avait pour but de percer les stratégies électorales des partis de l’opposition pour l’élection; d’obtenir des informations sur la dynamique interne des partis et sur leurs dirigeants potentiels; d’évaluer les efforts pour influencer et mettre en œuvre les décisions politiques; de mesurer le soutien des autorités locales, des élites gouvernementales ou des élites entrepreneuriales; de savoir ce qu’ils pensaient des États-Unis; d’évaluer leurs efforts pour créer des liens avec d’autres pays, dont l’Allemagne, l’Ukraine, la Libye, Israël, la Palestine, la Syrie et la Côte d’Ivoire; et pour obtenir des renseignements sur le financement des partis et des candidats. »

NYT:

« La France est avisée de prendre des mesures dès maintenant, mais il est trop tôt pour savoir si elles auront beaucoup d’effet. M. Ayrault avait tout à fait raison quand il a déclaré mercredi une chose qui devrait être évidente pour tous les gouvernements démocratiques: « Après ce qui s’est passé aux États-Unis, il est de notre responsabilité de prendre toutes les mesures pour que l’intégrité de notre processus démocratique soit respecté ». « Notre démocratie est en jeu, a-t-il ajouté, ainsi que notre souveraineté et notre indépendance nationale ».

(Pour mémoire: En 2014, le Front national de Marine Le Pen a contracté un prêt régulier auprès de la première banque russe-tchèque enregistrée à Moscou, après que les banques françaises aient rejeté toutes les demandes de prêt de la part du parti. Le 1er juillet 2016 la licence de la FCRB a été révoquée par la Banque centrale de Russie pour d’autres raisons.)

Je suis d’accord avec le NYT que « Ayrault a absolument raison » de prendre des mesures dès maintenant. Ces mesures empêcheront peut-être de nouvelles ingérences américaines dans les élections françaises, ingérences que les rédacteurs du NYT prennent tellement soin d’ignorer.

Elles devraient également permettre de tordre le coup à l’idée stupide que quelques articles biaisés des médias russes pourraient – plutôt que les « nouvelles » complètement fausses du NYT – influencer les décisions des électeurs en France ou ailleurs.

Moon of Alabama

 

 

Original: Elections In France – CIA Spies On Political Parties, NYT Claims « Russian » Interference, Moon of Alabama,

Traduction : Dominique Muselet

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Petróleos Mexicanos, la gallina desplumada

février 18th, 2017 by Mouris Salloum George

Dentro de un mes -79 Aniversario de la Expropiación Petrolera-, ante los mexicanos se exhibirá, no el águila imperial que en tiempos remotos simbolizó la soberanía nacional. Presidirá la fecha, una gallina desplumada.

De la vieja, gorda y ponedora gallina de los huevos de oro, a los compatriotas no les quedaron ni las plumas.

En 2008, como gancho para lograr la aprobación de su Reforma Energética, Felipe Calderón se aventó la gran burla de anunciarLos bonos ciudadanos con valor de 100 pesos. Una emisión inicial, se dijo entonces, sería de cinco millones de pesos.

Se trataría de convencer a los compatriotas de que el petróleo seguiría siendo de su patrimonio.

Ya para 2014; esto es, seis años después, el director corporativo de la Empresa Productiva del Estado, Alberto Beauregard dio por abandonada aquella iniciativa: Pemex sigue siendo atractiva para los inversionistas extranjeros. Obviamente, en dólares y euros, y no en devaluados pesos mexicanos.

Pemex, del tercer al octavo sitio en el ranking mundial

En el periodo de 2000 a 2012 (el de La docena trágica), Pemex generó ingresos por siete billones 753 mil millones de pesos. Para el periodo de 2004 a 2015, Pemex había caído en elranking mundial, del tercer al octavo sitio.

En el recorrido, las refinerías de Pemex en territorio nacional bajaron su producción de un millón 78 mil barriles diarios, a 779 mil barriles.

En 2009, Pemex tenía deuda por un monto de 625 mil millones de pesos. En el más reciente reporte entregado al Senado (noviembre) se da cuenta que la deuda de Pemex se disparó hasta un billón 797 mil millones de pesos. Es decir, 187 por ciento más.

(El titular de la PGR, Raúl Cervantes, viaja a Brasil a enterarse de cómo anda la corrupción allá).

Tan decreciente y sombrío cuadro explica el por qué de los temidos e irritantes gasolinazos.

Pemex no tiene llenadera: Emite más papeles de deuda

Pero hay cosas buenas que merecen contarse, y ésta en una de ellas: Esta semana se dio a conocer que Pemex colocó papeles de deuda por cuatro mil 250 millones de euros. Sólo por esta colocación en “tres tramos”, los que vengan tendrán que arriar hasta 2028. Si bien les va.

Otra buena noticia que hay que contar, es que ayer don Juan Pablo Castañón fue reelecto para un periodo más como jefe de la burocracia privada representada por el Consejo Coordinador Empresarial (CCE).

Estaba tan emocionado por su reelección, que don Juan Pablo anunció inversiones productivas por la friolera de tres y mediobillones de pesos.

El compromiso, sin dar un cronograma y los sectores a los van esos recursos, se anunció en el XL aniversario de la fundación del CCE.

Que se recuerde, desde el último año del sexenio de Ernesto Zedillo Ponce de León, los hombres de negocios, en cada aniversario del CCE, anuncian colosales inversiones privadas, sin precisar para cuándo.

Hoy, con sólo la mitad de los recursos prometidos por Castañón, se pagaría el total de la deuda de Pemex. Por poner un ejemplo. Y habría remantes para activar las Zonas Económicas Especiales, cuya gestión está en manos casualmente del ex presidente del CCE, Gerardo Gutiérrez Candiani.

Repitiendo lo dicho sobre Calderón en 2008, hay quienes siguen creyendo que con grandes burlas se puede domar el “el humor social”. Eso parece ser tentación de suicidio.

Mouris Salloum George

Mouris Salloum George: Director del Club de Periodistas de México A.C.

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Pakistán en pie de guerra tras ataques terroristas

février 18th, 2017 by Roberto Castellanos Fernandez

Las Fuerzas Armadas pakistaníes desarrollan hoy una masiva operación antiterrorista en todo el territorio nacional, donde murieron más de un centenar de extremistas y una docena de uniformados en las últimas horas.

La ofensiva castrense es una respuesta a una serie de atentados ejecutados por grupos armados de corte islámico que desde principios de mes ensangrentaron a ese país.

El miércoles, tres atacantes suicidas causaron la muerte de siete personas en la provincia de Khyber Pakhtunkhwa en incidentes separados. Dos días antes una operación similar en la ciudad de Lahore dejó 14 víctimas mortales.

Pero el más cruento ocurrió el jueves cuando un suicida detonó ocho kilogramos de explosivos en un templo sufí de la sureña provincia de Sindh, causando al menos 88 muertos y 343 heridos.

Reivindicado por el Estado Islámico (EI), el ataque ocurrió en el santuario de Lal Shahbaz Qalandar en la ciudad de Sehwan, a unos 200 kilómetros al noreste de Karachi, la urbe más populosa de la nación.

Al momento de la explosión el templo estaba abarrotado de fieles, que cada jueves se congregan allí para orar y ejecutar un dhamaal, una danza folclórica tradicional de los sufíes.

Los sunitas radicales consideran esa práctica como una herejía, lo cual convierte a sus practicantes en blanco de los grupos terroristas como el EI.

En respuesta, los militares iniciaron operaciones de búsqueda y captura por todo el territorio nacional y anunciaron el lanzamiento de dos números telefónicos para denunciar cualquier acción sospechosa.

‘No dejaremos que la agenda hostil se imponga cueste lo que cueste’, advirtió el jefe del Ejército, general Qamar Javed Bajwa, quien afirmó que la sangre derramada no quedará impune.

Según el Servicio de Relaciones Públicas castrense (ISPR) en poco más de 24 horas fueron abatidos más de 100 insurgentes mientras otras 90 personas fueron arrestadas en las ciudades de Islamabad y Rawalpindi.

En la capital, los cuerpos de seguridad inspeccionaron más de 350 viviendas y detuvieron a 42 personas, 10 de ellas de nacionalidad afgana.

Por su parte, el Departamento Antiterrorista de la nororiental provincia de Punjab ordenó restringir el movimiento de mil 450 ciudadanos presuntamente vinculados con grupos extremistas.

Otra consecuencia del atentado suicida contra el templo sufí fue la paralización del tibio acercamiento entre Pakistán y Afganistán.

El gobierno de Islamabad exigió a Kabul aplicar medidas contra lass formaciones armadas que supuestamente utilizan el territorio afgano para ejecutar ataques contra Pakistán.

El asesor de Relaciones Exteriores del primer ministro pakistaní, Sartaj Aziz, telefoneó al titular de seguridad nacional afgano, Hanif Atmar, para demandar acciones drásticas contra los extremistas.

La mayoría de los ataques en Pakistán son reivindicados por organizaciones terroristas cuyo liderazgo se esconde en Afganistán, afirmó ayer Bajwa en una conversación telefónica con el general John Nicholson, comandante de las tropas estadounidenses desplegadas allí.

Mientras, el jefe del ISPR, Asif Ghafoor, llamó a las autoridades de Kabul a entregar a 76 extremistas que presuntamente se esconden en su nación.

El militar reveló que funcionarios de la embajada afgana fueron convocados a la sede del Ejército pakistaní para recibir la lista.

Existen pruebas que demuestran el respaldo desde el otro lado de la frontera a organizaciones terroristas, estimó un comunicado del ISPR, por lo cual anunció el cierre indefinido de la línea de demarcación.

Desde junio de 2014 el Ejército desarrolla una campaña contra los reductos de los grupos radicales en especial en las zonas limítrofes con Afganistán.

Aunque diversas ONG y el gobierno confirman que el número de ataques y de muertos disminuyó considerablemente desde esa fecha, las formaciones terroristas están lejos de ser derrotadas, como lo demuestran sus recientes atentados.

Roberto Castellanos Fernandez

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Caricom: Unidad ante desafíos e incertidumbre

février 18th, 2017 by Jorge Luna

La vulnerabilidad de los países caribeños ante amenazas de la naturaleza y desafíos económicos y políticos quedó de manifiesto en la recién concluida Cumbre de la Comunidad Caribeña (Caricom), que llamó al urgente fortalecimiento de la unidad regional.

El presidente de Guyana y de la agrupación integracionista de 15 países, David Granger, señaló las dificultades de los miembros de Caricom para impulsar el desarrollo económico, entre otras razones, por ser decenas de territorios diseminados en 2,4 millones de kilómetros cuadrados.

Puso como ejemplo las dificultades del transporte para el traslado de personas y mercancías dentro de la región, problemas de infraestructura para el turismo y frecuentes desastres naturales, pero insistió en el carácter único de la región y subrayó su orgullo de ser caribeño.

Más allá de estos retos, resaltó la incierta relación de Caricom con el resto del mundo, especialmente sus lazos comerciales y económicos con Estados Unidos y Reino Unido, potencias que acaban de dar nuevo rumbo a sus políticas internacionales.

Granger, en nombre de los ocho primeros ministros y varios cancilleres y funcionarios de alto nivel que asistieron a la cumbre, recordó que los países de Caricom tradicionalmente tuvieron una relación de respeto y cordialidad con Estdos Unidos y esperan que así continue con la actual administración.

El primer ministro de Granada, Keith Mitchell, quien asumirá la presidencia rotativa de Caricom en julio próximo, precisó que persiste la incertidumbre ante las medidas migratorias anunciadas por Washington, puesto que en Estados Unidos radican millones de caribeños.

Tenemos que esperar y ver, comentó, respecto al impacto que tendrá esa política en el Caribe.

Ralph Gonzalves, primer ministro de San Vicente y las Granadinas, por su parte, dijo a Prensa Latina desconocer con precisión la nueva política migratoria, pero apuntó que ‘tiene potencial para un impacto negativo. Dependerá de cuán grande sea la red cuando caiga. Pero, sin duda, no es algo que instintivamente nos inspire a inclinarnos a apoyarla’.

Otros mandatarios definieron el actual escenario internacional como un ‘hostil paisaje global’.

Aparte de las relaciones internacionales, la conferencia priorizó el debate de temas económicos y de seguridad. Al respecto, indicaron que el auge de la criminalidad no es un problema solo nacional sino regional.

En lo económico, la cumbre resaltó la necesidad de seguir avanzando en el establecimiento pleno del llamado Mercado y Economía Únicos de Caricom (CSME, por sus siglas en inglés) para garantizar el camino del desarrollo en la región. Los líderes caribeños coincidieron en que ese proyecto tiene aún varios aspectos pendientes de concreción.

Vinculado con ese tema, los mandatarios indicaron que Caricom tomará prontas medidas para rechazar las prácticas de ciertos bancos corresponsales internacionales, que perciben al Caribe como una zona de riesgo, lo cual afecta su comercio, inversiones, turismo y remesas.

Jorge Luna

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Crecen inestabilidad e incertidumbre en la Casa Blanca

février 18th, 2017 by Roberto García Hernández

La decisión del vicealmirante retirado Robert Harward de rechazar la propuesta del presidente Donald Trump para ocupar el cargo de asesor de Seguridad Nacional, constituye hoy un nuevo elemento de inestabilidad e incertidumbre en la Casa Blanca.

Harward, quien sirvió durante cuatro décadas en la Marina, argumentó anoche razones personales para esquivar la designación del mandatario, lo que tiene lugar poco después de la renuncia -a solicitud de Trump- del exgeneral Michael Flynn, ante alegaciones de que informó de manera imprecisa sobre sus contactos con la embajada de Rusia en Washington.

Expertos señalan que la negativa de Harward a aceptar el puesto -que no necesita aprobación del Senado- añade otro revés al mandatario, cuyas primeras tres semanas en el poder algunos califican de tumultuosas y que la más reciente edición de la revista Time asegura es un verdadero caos.

Keith Kellogg, también general retirado, quien ocupó provisionalmente el puesto que dejó Flynn, es uno de los posibles aspirantes a permanecer en esa posición de forma definitiva, aunque también se menciona a David Petraeus, quien renunció como director de la CIA en 2012, en medio de un escándalo por mantener una relación extramarital, cuya designación, en lugar de resolver el problema, pudiera complicarlo.

Entretanto, un editorial del diario The New York Times pidió hoy el nombramiento de un fiscal especial que investigue de manera profunda e inmediata los supuestos nexos de consejeros del jefe de la Casa Blanca con las autoridades rusas.

El periódico señala que no se puede confiar en el director del FBI, James Comey, como un investigador neutral, debido a que su ‘interferencia en las presidenciales de noviembre de 2016 comprometió la integridad de esa agencia y dañó la imagen de la candidata demócrata Hillary Clinton’ en los días finales de la contienda.

Según el rotativo neoyorquino, Comey se subordina directamente al Fiscal General, Jeff Sessions, quien a su vez no solo es el más ardiente defensor de Trump en la Cámara alta, sino también fungió como jefe del comité asesor de seguridad nacional en la campaña del magnate inmobiliario por el partido rojo.

Niall Stanage, especialista en asuntos de la actual Administración, señala este viernes en el diario The Hill, que la sorpresiva conferencia de prensa de Trump ayer en la Casa Blanca fue un intento fallido por pasar la página de lo que hasta ahora fue un ‘tumultuoso comienzo’ de su mandato.

Según Stanage, las dificultades del actual gobernante van más allá de la renuncia de Flynn, de las dudas sobre la competencia de la Administración y de las persistentes filtraciones de datos y rumores acerca de luchas internas entre el personal que acompaña al gobernante.

Durante el intercambio de Trump con los medios ayer, calificado de salvaje por algún que otro comentarista, los reporteros increparon al magnate inmobiliario sobre su verdadero compromiso con el respeto a la libertad de expresión.

En dicho encuentro, el jefe de la oficina oval prometió que la semana próxima emitirá una nueva orden ejecutiva sobre inmigración, por lo que no habrá apelación contra el veto reciente de la Corte del Noveno Circuito a su anterior decreto en esa materia.

En ese sentido, el Departamento de Justicia envió la víspera a ese tribunal un documento de 47 páginas en el que explica las razones por las cuales, en lugar de seguir el actual litigio, el Presidente intenta en el futuro cercano emitir otra moción, tras una revisión sustancial de la anterior, pero que según expertos tendrá los mismos objetivos.

En medio de esta situación compleja, el Senado y la Cámara de Representantes recesan sus labores la semana próxima, con motivo del Día del Presidente que se celebra el lunes 20 de febrero.

Esto implica que cualquier gestión sobre el tema en el Capitolio tendrá que esperar por el regreso de los legisladores de sus respectivos territorios, pero su ausencia de Washington al parecer no restará fuerza al debate sobre este escándalo que ya empieza a rememorar los días tumultuosos de Watergate.

Roberto García Hernández

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Le marais contre-attaque

février 18th, 2017 by Pepe Escobar

La sordide comédie de basse fosse mettant en vedette Michael Flynn est due à une hémorragie de fuites de la CIA publiées dans les journaux à sa solde qui a abouti au résultat escompté : une victoire retentissante des néocons et des néolibéraux-cons de l’État profond aux USA à l’issue d’une bataille en particulier. Mais la guerre est loin d’être terminée. En fait, elle vient à peine de commencer.

Même avant la chute de Flynn, des analystes russes discutaient avidement de la possibilité que le président Trump puisse être un nouveau Viktor Ianoukovitch, qui n’a pu stopper la révolution de couleur qui frappait à sa porte. La révolution de couleur Made in USA de l’axe formé par les néocons de l’État profond, les néolibéraux-cons démocrates et les médias institutionnels, va se poursuivre sans relâche, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Mais plus encore que Ianoukovitch, Trump pourrait reprendre à son compte une citation du Petit timonier Deng Xiaoping (« Traverser la rivière en tâtant les pierres ») en la transformant ainsi : « Traverser le marais en sentant la pointe des crocs ».

La démission de Flynn pourrait être interprétée comme une retraite tactique de Trump. Après tout, Flynn pourrait revenir, mais dans l’ombre comme Roger Stone. Si le conseiller adjoint à la sécurité nationale en poste K. T. McFarland prend sa place, comme les plus ardents défenseurs de Trump le souhaitent, le rapport de forces du théâtre d’ombres de Kissinger, dans sa version remixée du XXIe siècle, s’en trouvera renforcée. Après tout, McFarland est un atout de Kissinger.

Cet appel ne sera pas détruit dans les cinq secondes

Flynn a travaillé avec les forces spéciales ; il a été le directeur de l’Agence du renseignement de la défense (DIA) ; il a eu accès continuellement à des renseignements classifiés ultras secrets. Il savait évidemment que toutes ses communications ouvertes et non sécurisées étaient surveillées. Pour se placer de manière à succomber au chantage de Moscou, il aurait fallu qu’il devienne une réincarnation des Pieds nickelés.

Flynn et l’ambassadeur russe Sergey Kislyak ont sûrement discuté de coopération dans la lutte contre le groupe armé État islamique (Daech) et de ce à quoi Moscou s’attend en retour, c’est-à-dire à une levée des sanctions. Les médias institutionnels étasuniens n’ont même pas réagi lorsque les services secrets des USA ont admis avoir en leur possession une transcription des nombreux appels téléphoniques entre Flynn et Kislyak. Pourquoi ne pas les publier alors ? Imaginez le scandale intergalactique si ces appels avaient révélé que les services secrets russes surveillaient les communications de l’ambassadeur des USA à Moscou.

Personne n’a porté attention aux deux passages clés commodément enfouis au milieu de cet article paru dans les médias institutionnels étasuniens.

1) « L’agent du renseignement a dit que rien à l’intérieur du gouvernement n’indiquait que Flynn avait fait quoi que ce soit d’illégal. »

2) « (…) la situation était devenue insoutenable, pas pour une question d’avoir été compromis par la Russie, mais parce qu’il [Flynn] a menti au président et au vice-président. »

Récapitulons : rien d’illégal et Flynn n’a pas été compromis par la Russie. Le « crime », selon les factions de l’État profond, c’est d’avoir parlé à un diplomate russe.

Le vice-président Mike Pence est une pièce maîtresse du puzzle. Après tout, son rôle majeur consiste à être le garant des intérêts des néocons de l’État profond au cœur même de l’administration Trump. La CIA est à l’origine de la fuite. La CIA espionne sûrement tout le personnel opérationnel de Trump. Flynn s’est planté sa propre épée dans le corps. Un excès d’arrogance classique. Son erreur fatale a été d’élaborer des stratégies de son propre chef, avant même qu’il ne devienne conseiller à la sécurité nationale. « Mad Dog »Mattis, T. Rex Tillerson (qui sont tous les deux très proches de Kissinger soit dit en passant) et surtout Pence n’ont pas aimé du tout une fois qu’ils en ont été informés.

Un « homme aux capacités très limitées »

Flynn était déjà compromis par son embarrassant livre de désinformation coécrit avec le néocon Michael Ledeen et par son iranophobie juvénile. Mais Flynn était aussi la cheville ouvrière de ce qui aurait pu vraiment changer les règles du jeu, à savoir placer la CIA et les chefs d’état-major interarmées sous le contrôle de la Maison-Blanche.

Une source étasunienne extrêmement bien renseignée que j’ai déjà appelée « X », qui a décrit en détail ce que nous réserve l’administration Trump, soutient catégoriquement que « cette décision donne à Trump l’air d’être indépendant. Tout se déroule comme prévu ».

« X » souligne comment « la NSA peut pénétrer dans n’importe quel système téléphonique non sécurisé dans le monde. Flynn était un homme aux capacités très limitées qui parlait trop. Nous n’entendons jamais parler de ceux qui exercent le véritable pouvoir dans les services de renseignement et nous ne connaissons pas leurs noms. Nous pouvons le voir dans l’approche de Flynn envers l’Iran. Il nuisait à un accord de paix au Moyen-Orient engageant la Russie, l’Iran et la Turquie en Syrie. Il devait donc partir. »

« X » ajoute ceci : « Les Russes, qui n’ont pas la stupidité de parler entre eux en utilisant des lignes non sécurisées, s’attendaient à ce que Flynn contrôle ses propres lignes téléphoniques. Flynn n’est pas parti parce qu’il a appelé les Russes, mais pour d’autres raisons, dont certaines ont un lien avec l’Iran et le Moyen-Orient. C’était un élément potentiellement incontrôlable même pour les services de renseignement. C’est un cas d’indications erronées pour éloigner de la véritable cause. »

Se situant à l’exact opposé de « X », une évaluation analytique soutient que les requins flairent le sang, que les hyènes encerclent leur proie, que Trump est vulnérable, qu’il a perdu à la fois son charme et la maîtrise de la politique étrangère. Pas encore.

Sur le Grand échiquier, la chute de Flynn n’est qu’un pion qui est tombé parce que le roi ne pouvait le protéger. C’est seulement si les néocons et les néolibéraux-cons continuent de se déchaîner, si la complicité des néolibéraux-cons dans l’ascension de Daech n’est pas totalement exposée et si la possibilité tant vantée d’une détente avec la Russie est perdue pour de bon que nous saurons vraiment que le « drainage du marais » (en matière de politique étrangère) a échoué.

Chose certaine, la guerre fratricide entre l’administration Trump et les factions les plus puissantes de l’État profond sera plus qu’infernale. L’équipe Trump ne pourra survivre que si elle est capable de donner des armes à ses alliés à l’intérieur de l’État profond. À ce moment-ci, par rapport au grand projet de Kissinger visant à briser la « menace » eurasiatique en faveur du mouvement unipolaire, l’Iran est pour l’instant soulagé, la Russie ne se fait pas d’illusion et la Chine sait très bien que le partenariat stratégique sino-russe va se raffermir encore plus. Le marais a l’avantage pour l’instant.

Pepe Escobar

Article original en anglais : The Swamp Strikes Back, Sputnik, 15 février 2017

Traduit par Daniel, édité par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

 

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Le Parquet national des finances (PNF) a annoncé hier qu’il poursuivrait les enquêtes sur François Fillon, le candidat aux élections présidentielles des Républicains (LR). Son score s’est effondré dans les sondages et Fillon a été soumis à une pression croissante depuis que l’hebdomadaire Canard Enchaîné a publié un article il y a trois semaines, l’accusant de créer des emplois fictifs illégaux pour sa femme et leurs enfants, accumulant une facture totale d’environ un million d’euros.

« En tant qu’autorité de poursuite, il est de mon devoir d’affirmer que les nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d’envisager, en l’état, un classement sans suite de la procédure », a écrit la procureur Éliane Houlette dans un communiqué. Cela suggère que le PNF envisage soit de porter plainte contre Fillon, soit de remettre l’affaire à un juge d’instruction spécialisé, préparant ainsi la voie à une bataille judiciaire plus longue.

L’équipe juridique de Fillon a publié un communiqué déclarant qu’après « trois semaines d’enquête et de très nombreuses auditions, il n’y a pas d’éléments suffisants pour requérir des poursuites », alors que Fillon a déclaré qu’il s’en remettrait désormais « au seul jugement du suffrage universel ».

Ce qui a lieu, c’est un âpre combat de factions au sein de l’élite dirigeante française, alors que le pouvoir judiciaire, sous les yeux vigilants de la direction du Parti socialiste (PS), mène une offensive dévastatrice contre la campagne de LR. Avec Fillon relativement isolé dans ses vues pro-russes sur la politique étrangère, il est maintenant pris dans les conflits tourbillonnants sur les liens à la Russie à l’intérieur de l’alliance de l’OTAN.

Cette campagne a déjà fait une victime à savoir le conseiller à la sécurité nationale de l’administration Trump, Michael Flynn, qui a été accusé d’avoir discuté de manière inappropriée des sanctions américaines contre la Russie avec des responsables russes.

La campagne de Fillon est gravement endommagée, car il n’a pas pu expliquer les accusations en public, affirmant qu’il avait le droit d’employer sa famille, puisque c’est quelque chose qui est légal au Parlement français. Toutefois, il a refusé de parler des emplois fictifs, qui sont eux illégaux. Plus d’une semaine après la sortie des révélations, il a finalement affirmé que seul lui-même pouvait déterminer que sa femme et ses enfants avaient accompli les tâches qu’il leur avait confiées, et personne d’autre.

L’assaut implacable des médias et de la magistrature contre la campagne LR se poursuit et s’intensifie, dépassant largement Fillon lui-même. La veille de la publication du communiqué du PNF sur Fillon, un autre article est paru dans le Canard enchaîné, accusant le député Thierry Solère, porte-parole de la campagne Fillon, de fraude fiscale.

En outre, l’ancien président Nicolas Sarkozy a récemment été inculpé de « financement illégal d’une campagne électorale ». Sa campagne avait dépensé de 20 millions d’euros la limite légale de 22,5 millions d’euros lors des élections présidentielles de 2012. Sarkozy fait également face à des enquêtes dans une longue liste d’autres scandales, y compris des accusations qu’il aurait financé sa campagne 2007 avec des fonds du chef de l’État libyen, Mouammar Kadhafi, que la France et les forces de l’OTAN ont assassiné à la fin de la guerre libyenne en 2011.

Les finances de LR, qui ont provoqué d’innombrables scandales au cours des dernières décennies, sont sans doute corrompues. Aux côtés de Fillon et Sarkozy, le troisième candidat majeur dans les Primaires de LR de l’année dernière pour l’élection présidentielle, Alain Juppé, a déjà été reconnu coupable en 2004 de créer des emplois fictifs sous la direction de Jacques Chirac quand ce dernier était maire de Paris. Toutefois, ce n’est pas là le moteur des accusations.

La tentative de saboter la campagne de Fillon est fondée sur l’opposition au programme de Fillon, et notamment son orientation en politique étrangère vers le régime du président Vladimir Poutine en Russie. Les révélations d’irrégularités dans les conditions d’emploi de la femme et des enfants de Fillon sont apparues moins d’une semaine après son voyage à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel où il a appelé à une alliance avec l’Allemagne et la Russie dirigée contre l’administration Trump.

Ce voyage a fortement dérangé non seulement des forces puissantes à Washington, mais aussi, le gouvernement du PS, et le candidat le plus proche du président François Hollande, le banquier – qui se présente comme indépendant des partis – Emmanuel Macron. Celui-ci a appelé à maintenir les relations étroites de Paris avec Berlin et Washington.

Il semble que les informations que le Canard Enchaîné a publié dans ses exposés sur Fillon et Solère avait été préparé depuis longtemps, bien avant le début de la couverture médiatique très large de ces allégations le mois dernier.

Mediapart, site d’enquêtes journalistiques, avait déjà révélé les éléments contenus dans l’article du Canard enchaîné sur Solère en septembre dernier : une plainte officielle avait été déposée par les autorités financières françaises auprès du pouvoir judiciaire. À ce moment-là, aucun détail n’était disponible. Toutefois, la plainte a d’abord été soumise à la Commission des infractions fiscales, organisme indépendant qui a eu lieu au cours de l’été 2016. Ainsi, les preuves utilisées par Le Canard enchaîné avaient été connues des autorités clés depuis au moins septembre 2016.

C’est dans la foulée du voyage de Fillon à Berlin que ces preuves sont apparues soudainement dans le Canard enchaîné et sont devenues le point central d’une campagne médiatique visant à discréditer le candidat à la présidence.

Cette campagne reflète les tensions profondes à l’intérieur de l’alliance de l’OTAN sur les positions pro-russes controversées que Fillon a prises à plusieurs reprises au cours des crises internationales majeures ces dernières années.

Fillon était Premier ministre de Sarkozy durant l’hiver 2010, lors des premières étapes de la confrontation franco-allemande sur la crise de la dette grecque, lorsque la France a conclu la vente de quatre porte-hélicoptères Mistral à la Russie. Cela faisait partie d’une stratégie visant à rivaliser avec l’Allemagne pour l’influence politique et commerciale en Russie, et les responsables allemands ont vivement critiqué cette vente en coulisses. La forte pression de l’Allemagne et de l’Europe de l’Est a par la suite conduit à l’annulation de la vente ; François Hollande a ensuite vendu les deux navires de guerre construits à l’Égypte.

Quand Obama a reculé d’une guerre en Syrie en septembre 2013, embarrassant le gouvernement Hollande, qui avait agressivement poussé à la guerre, Fillon a réagi en s’envolant directement pour Moscou et en rencontrant Poutine, principal allié du régime syrien. Fillon a critiqué l’alignement de Hollande sur Washington : « J’espère que sur cette question la France va revenir à son indépendance et la liberté de jugement et d’action qui seules lui donnent l’autorité morale dans cette crise ».

Après que Fillon ait remporté la nomination du LR en novembre dernier, des journaux, dont Le Canard Enchaîné, enquêtaient déjà sur des rapports selon lesquels la société de conseil 2F de Fillon aurait reçu des fonds russes. Selon le rapport initial du Canard, c’est cette enquête qui l’a amenée à publier sa première pièce sur la femme et les enfants de Fillon le mois dernier.

 Stéphane Hugues et Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 17 février 2017

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O presidente da Venezuela Nicolás Maduro, afirmou nesta quarta-feira, 15, que a CNN en español e o Departamento de Estado dos Estados Unidos impõem ao presidente norte-americano Donald Trump uma política de agressão massiva em relação à Venezuela. « A CNN e o Departamento de Estado estão impondo ao senhor uma política equivocada », disse o líder da Revolução Bolivariana durante a inauguração da Gran Misión Justicia Socialista na capital Caracas.
“Digo isso claramente, a Venezuela quer relações de respeito nos termos de igualdade com os EUA”, tuitou também o presidente venezuelano. Enquanto isso, a Comisión Nacional de Telecomunicaciones de Venezuela (Conatel) afirmou que dará início a um processo judicial contra a rede de notícias norte-americana, e às consequentes medidas cautelares.

Através de comunicado por escrito, a Conatel ordenou como medida preventiva a suspensão e a retirada imediata das transmissões da CNN en español no país, por considerar que a emissora « vem difundindo, de forma sistemática e reiterada no decorrer de sua programação diária, de forma clara e perceptível conteúdos que constituem agressões diretas que atentam contra a paz e a estabilidade democrática do nosso povo venezolano, já que os mesmos geram um clima de intolerância ».

A nota insta os meios de comunicação, jornalistas e correspondentes a oferecer informação veraz e oportuna, e acrescenta em referência à CNN: « Sem argumento probatório e de maneira inadequada, difamam e distorcem a verdade ».

O Porquê da Guerra Midiática contra a Venezuela
Ao se conversar com cidadãos venezuelanos sobre a Revolução Bolivariana, é muito comum escutar em todos os cantos do país caribenho: « Hugo Chávez abriu os olhos do povo », referindo-se à história de saques imperialistas apoiados nas elites locais. Uma das cenas mais comuns na Venezuela hoje, de norte a sul, leste a oeste, é crianças indo e retornando de suas escolas com a Constituição nas mãos – aprovada através de referendo popular em 1999, é a mais democrática do mundo.

A Revolução Bolivariana devolveu identidade à sociedade local, tornou o povo protagonista de sua história além de ter colocado as riquezas naturais do país, historicamente nas mãos das classes dominantes que as repassavam aos Estados Unidos, à sociedade.

Como essa recuperação da riqueza material e moral tem sido feito pode ser resumido da seguinte maneira, deixando bem claro o porquê da guerra midiática global contra a Venezuela: Hugo Chávez rompeu, assim que assumiu o poder em 1999, com os ditames do Fundo Monetário Internacional (FMI) abrindo mão, desta maneira, do Consenso de Washington que impõe abertura das economias nacionais em favor de empresas estrangeiras; medidas econômicas contrárias aos investimentos sociais por incentivar a desregulamentação do mercado de trabalho e a privatização de longo alcance, inclusive da produção e comercialização do petróleo, de cujo produto a Venezuela possui as maiores reservas do planeta.

É da comercialização do petróleo que o governo bolivariano aparece no topo da lista mundial de investimentos sociais, com 73,6% do orçamento previsto para o ano fiscal de 2017. É desnecessário dizer (?) que exatamente o « outro negro » é o grande motivo de obsessão de Tio Sam, levando-o a promover invasões, assassinatos, golpes e guerra indiscriminadamente nos quatro cantos do planeta.

Tais medidas não significam que o Estado venezuelano tem declarado que os Estados Unidos são um país inimigo, pelo contrário: nos anos de Chávez, a PDVSA, estatal petrolífera da Venezuela, chegou a distribuir óleo de calefação a baixo custo a milhares de famílias pobres de Massachusetts, depois de um acordo entre Caracas e Washington.

A questão bolivariana tem sido uma só: soberania e conversão das riquezas nacionais em favor da sociedade como um todo, o suficiente para gerar crises de histeria nas elites locais (historicamente ligadas aos norte-americanos) e internacionais.

Dado que os grandes meios de comunicação pertencem a essas mesmas elites, tal contexto deixa bem claro o jogo sujo da mídia a fim de deslegitimar o governo venezuelano e jogar no descrédito o Socialismo do Século XXI idealizado por Chávez e fielmente seguido por Maduro hoje, que tem dado muito certo a que pesem todos os boicotes comunicacionais, econômicos (inflação artificial, armazenamento e contrabando de produtos básicos etc) e sociais através das tentativas de golpe suave.

Pior que Ignorar, É Querer Continuar Ignorando

Pois a lavagem cerebral com forte dose de agressividade que não aceita verdades diferentes das suas (isto sim, matéria-prima de regimes fascistas e totalitários) é tão eficazmente aplicada às massas, mesmo em pleno século XXI da revolução da informação da Internet através de inúmeros meios alternativos, que cada vez que se publica artigos como este o rebate não se dá através de contra-argumentação, mas de manifestações como esta (são centenas e centenas para cada autor que se atreve a citar fatos como os desta reportagem):

Ah vão tomar no c+ seus vermelhos de m++da com esse argumento esdruxulo… postem a verdade .. lulistas do ca++lho…

estão na contra mão… digam essas merdas em público aqui em maringá e verão o que sobra de voces pra voltarem pra casa…

A postagem não falava absolutamente nada de lulismo nem sequer do Brasil, mas uma leitora ousou compartilhar no Fez-se Buque artigo bem semelhante a este sobre a democracia e as conquistas sociais na Venezuela, deste mesmo autor. O mais doentio é que esses mesmos seres que primam pela irracionalidade verborrágica encontram cara-de-pau suficiente para condenar a Venezuela pelo que julgam excesso de… intolerância e violência!

Exatamente assim se deram os golpes militares na América Latina do século XX, de cuja história as sociedades mais incautas do continente sul-americano não tiraram lição absolutamente nenhuma.

Venezuela: Não a Democracia que o Pentágono Midiático Quer

Sobre isso tudo, observou o jornalista britânico Mark Weisbrot em 2012 no jornal The Guardian: « Em Washington, democracia tem uma simples definição: um governo faz o que o Departamento de Estado norte-americano quer que seja feito? ». Do contrário, é considerado governo tirânico.

Pois essa definição de democracia por parte dos lords do bem-dizer, estendida pateticamente aos seus catadores de migalhas dos países subdesenvolvidos, é confirmada por cabos secretos liberados aos milhares por WikiLeaks – e pela própria história.

Pois dentro da República Bolivariana da Venezuela, o que tem mantido Maduro no poder, e junto a Revolução ano a ano premiada por Unicef, FAO e os mais respeitados órgãos internacionais por avanços sociais que incluem ampla garantia dos direitos humanos, é exatamente a alta politização e a consciência cidadã: as massas colorem as ruas com bandeiras, faixas, a Constituição nas mãos e apresentações culturais para, pacifica e bravamente, defender a democracia cada vez que ela é ameaçada – e isso se dá praticamente toda semana de maneira contagiante em um país que respira revolução. É o que tem garantido a permanência de Maduro no Palácio de Miraflores, com todas as agressivas tentativas de golpe.

Conforme disse o jornalista colombiano William Ospina: « A Venezuela é um país ímpar, único no mundo onde os ricos protestam e os pobres celebram ».

Edu Montesanti

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Le suffrage universel comme arme de l’adversaire

février 18th, 2017 by Bruno Adrie

Dans leur livre La deuxième droite, initialement édité en 1986, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover ont écrit qu’ « en acceptant de se soumettre aux mécanismes du système électoral, on conforte l’idée qu’il ne peut exister une voie radicale pour sortir du statu quo, on se place sur le terrain choisi par l’adversaire à qui on offre les meilleures armes ». Une formule qui n’est pas sans rappeler Léon Bloy lorsqu’il écrivait que « le suffrage universel, c’est l’élection du père de famille par ses enfants ».

L’idée aura de quoi surprendre chez le citoyen trituré depuis les bancs de l’école par les scalpels de la bonne morale républicaine. On conçoit qu’il lui sera difficile de prêter une oreille autre que distraite à la possibilité ou, pire, à la nécessité d’inventer une démocratie qui ne se limiterait pas à « envoyer tour à tour au Parlement et au gouvernement des majorités opposées sur la manière de gérer le système capitaliste mais d’accord pour n’en pas toucher les fondements. » (Garnier et Janover, op. cit.)

Quand on pense que c’est au nom de cette conception de la démocratie, d’une démocratie réduite au versement à heures fixes de bulletins dans des urnes pas toujours transparentes (surtout lorsqu’elles sont devenues des voting machines électroniques) qu’on a, jusqu’à la chute du Mur, entretenu la guerre froide et, ensuite, déclenché des guerres humanitaires contre des dictateurs qui avaient la mauvaise idée non pas d’être dictateurs, mais de se croire maîtres chez eux et de se payer le luxe de refuser les projets alléchants que des multinationales dépliaient sous leurs regards indifférents dans le but de garantir ou d’accroître les revenus, je devrais dire la rente, des classes dominantes étasuniennes et européennes, habituées à calculer mais pas à travailler…

Et c’est bien à cause de ces dictateurs à nuques raides que le suffrage universel doit être promoted, comme on dit outre Atlantique. Et pour le promouvoir ce système électoral, tous les moyens sont bons : on conspire, on sabote, on remue de l’agitation sociale avec les gros bâtons de la propagande, on colore les révolutions, on souffle sur les braises des guerres civiles, on finance des coups d’Etats ou bien on bombarde, tout simplement et massivement, en n’excluant pas l’utilisation de bombes à l’uranium appauvri, comme nous venons de le constater une fois de plus dans le cas de la Syrie.

L’arrivée fracassante du suffrage universel tant vanté par la presse et si facilement acheté par l’argent fait surgir d’heureux élus encostumés que les mains empressées des lobbies shampouinent et manucurent, obtenant, après moult caresses, que les pays libérés réclament le maintien sur place des forces libératrices afin de garantir la paix et la stabilité dans la région. Ces pays demandent aussi la permission d’ouvrir leurs frontières à la libre circulation des biens, des services et des capitaux venant de l’étranger. Puis ils offrent généreusement à l’ami libérateur un environnement fiscal non agressif. Pour finir, ils décident, afin de plaire au FMI, de réduire le train de vie de leur Etat gaspilleur afin de cantonner ce dernier au rôle – coûteux mais ne le disons pas – de créateur d’un environnement favorable aux forces du marché.

D’où ma question : avec ou sans Macron, où mènent ces élections ?

Bruno Adrie

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Les trois réunions de haut niveau prévues cette semaine traduisent l’aggravation des conflits et de la crise en Europe à la suite de l’élection du président américain Donald Trump.

Les ministres de la Défense de l’OTAN se rencontrent mercredi et jeudi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères du G20 se réunissent vendredi à Bonn et la 53 Conférence de Munich sur la sécurité se tiendra au cours du week-end. Le vice-président Mike Pence, le secrétaire à la Défense James Mattis, et plusieurs sénateurs font partie des participants américains.

La chancelière allemande Angela Merkel participera également à la conférence ainsi que plusieurs dizaines de chefs d’État, 50 ministres des Affaires étrangères et 30 ministres de la Défense d’autres pays.

Wolfgang Ischinger, le président de la Conférence de Munich sur la sécurité, avait durement critiqué le nouveau président américain avant la tenue de la réunion en lançant un appel à l’Union européenne de faire preuve d’unité et d’amorcer un renforcement militaire. Fort d’une expérience de 45 ans, ce diplomate de 70 ans figure parmi les personnalités les plus influentes de la politique allemande.

« Désormais, les États-Unis n’ont malheureusement plus aucune valeur comme figure de proue symbolique de la morale politique de l’Occident », a dit samedi dernier Ischinger au journal Tagesspiegel qui a son siège à Berlin. « L’arrivée de Trump signifie la fin de l’Occident dont les États-Unis étaient le porte-flambeau que tous les autres cherchaient à imiter. La tâche de l’Europe est maintenant de remplacer cette perte. »

Ischinger a dit n’avoir jamais connu en 40 ans une telle « déstabilisation maximale » comme celle survenue « depuis que les États-Unis [remettent en cause] certains éléments de l’ordre mondial, l’OTAN et l’intégration européenne. »

Il a ajouté, « Jusque-là, la politique étrangère et de sécurité était plutôt une structure statique dotée de bases et de règlements solides. Actuellement nous sommes confrontés à une nouvelle conditionnalité globale avec un degré maximum d’imprévisibilité. C’est extrêmement dangereux. »

Ischinger a proposé de défendre le « système de valeurs occidental » en augmentant considérablement les dépenses militaires en Europe et ce tout particulièrement en Allemagne. Il réclame, dans les pages du Tagesspiegel,que le budget militaire allemand ne passe pas seulement son niveau actuel de 1,2 pour cent pour atteindre 2 pour cent comme l’exigent les États-Unis, mais à 3 pour cent du PIB. Ce montant doit inclure les dépenses d’aide au développement et l’assistance diplomatique et humanitaire qui deviendraient ainsi une partie du budget militaire. « Cette approche ne serait pas d’emblée rejetée par tous les partisans de la gauche », a dit Ischinger.

Ischinger a déclaré lundi à la presse qu’une telle augmentation des dépenses militaires n’était pas dans l’intérêt des États-Unis, mais de l’Allemagne. « La question qui se pose ici n’est donc pas ce qu’un garçon de moindre importance élabore au Pentagone », a-t-il dit. La question est plutôt celle de savoir ce dont la Bundeswehr [armée allemande] a besoin pour protéger le pays.

Pour renforcer la capacité de frappe de l’armée allemande, Ischinger insiste sur une coopération plus étroite au sein de l’Union européenne dans le domaine militaire et de l’armement.

« Si les membres de l’UE achetaient ensemble leurs avions de chasse ou leurs armes, ils ne paieraient que la moitié du prix unitaire », a-t-il déclaré au Tagesspiegel selon ses calculs. « Nous disposons de six fois plus de systèmes d’armement que les États-Unis pour près de la moitié des coûts, mais notre capacité de combat est inférieure à 10 pour cent. » Avec la fin « du régionalisme […] en liaison à un pouvoir décisionnel en matière de politique étrangère, nous Européens serions une puissance politico-militaire qui en fait ferions impression. »

Contrairement à d’autres politiciens européens, qui « préféreraient laisser tomber l’alliance avec les États-Unis aujourd’hui plutôt que demain », Ischinger tient à repousser jusqu’à l’extrême une éventuelle rupture avec les États-Unis. C’est ce qu’il a écrit dans un article d’opinion paru jeudi dans le Süddeutsche Zeitung. « Au lieu de se détourner définitivement des États-Unis, nous devrions coopérer avec tous ceux qui sont intéressés à la préservation des valeurs de la communauté transatlantique. »

Comme partenaires éventuels, Ischinger a nommé « les adversaires de Trump au Congrès » mais « aussi des membres du nouveau gouvernement ». Il fallait chercher à « intégrer autant que possible le nouveau gouvernement américain », a-t-il dit. « Intégrer et gagner de l’influence – c’est précisément la realpolitik qui est maintenant requise. »

Ischinger fonde avant tout ses espoirs sur le secrétaire à la Défense « Mad Dog » Mattis, le vice-président Pence et le secrétaire d’État Rex Tillerson, qui, contrairement à Trump, ont jusqu’ici exprimé leur soutien à l’UE et à l’OTAN.

La démission du conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, qui était également censé assister à la Conférence de Munich sur la sécurité, a été enregistrée avec un soulagement par les partisans de l’UE. Flynn était considéré comme un adversaire de l’UE et un allié de Moscou, au moment où de nombreux politiciens européens estiment qu’il est nécessaire de suivre une voie de confrontation avec la Russie afin d’empêcher que l’Union européenne s’effondre davantage.

Dans son article paru dans le Süddeutsche Zeitung, Ischinger n’a laissé aucun doute quant au fait que sa politique d’« intégration et de prise d’influence » servait à gagner du temps pour permettre un réarmement militaire. « À court et à moyen terme », a-t-il remarqué, les Européens ne « pourront pas renoncer à la garantie de sécurité des États-Unis. » De toute évidence, à long terme il voit les choses différemment.

Il trace dans le même temps des lignes rouges « dont la violation déclencherait une grave crise transatlantique. » Il a tout d’abord prévenu que, « S’il en venait effectivement à une nouvelle politique gouvernementale sous Donald Trump, qui considère l’UE comme un adversaire, de souhaiter que l’UE s’effondre rapidement en soutenant des populistes d’extrême-droite, ce serait alors la catastrophe majeure pour les relations mutuelles. » Il avait précédemment qualifié une telle politique de « déclaration de guerre sans armes ».

Ischinger a désigné comme sa deuxième ligne rouge un éventuel accord entre la Russie et les États-Unis aux dépens de l’Europe et la troisième comme étant de nouvelles sanctions contre l’Iran, ce que l’Allemagne n’appuierait pas.

Ischinger demande instamment aux États européens de faire preuve d’unité et de confiance en soi parce que Trump « serait difficilement en mesure de réaliser ses plans » contre l’Europe. Dans le même temps, il a souligné qu’« en particulier nous, les Allemands, devons considérablement accroître nos efforts dans les domaines de la politique étrangère, du développement et de la défense au vu de la fragile situation mondiale. »

Le plaidoyer d’Ischinger en faveur d’un énorme renforcement militaire montre que sa critique à l’encontre de Trump et des opposants de droite de l’UE en Europe n’a rien à voir avec la défense d’une « communauté de valeurs ». Il y a trois ans, la Conférence de Munich sur la sécurité avait servi de théâtre au gouvernement allemand pour proclamer « la fin de la retenue militaire ». Le ministre allemand des Affaires étrangères de l’époque et actuel président Frank-Walter Steinmeier avait déclaré : « L’Allemagne est trop grande et trop importante pour se contenter de commenter la politique mondiale depuis le banc de touche ». Il reçut pour cela le soutien de son prédécesseur, le président Joachim Gauck, et de la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen.

L’avènement de Trump et la résurgence du militarisme allemand sont le résultat de la crise insoluble du capitalisme mondial. La classe dirigeante de tous les pays n’a d’autre réponse à l’aggravation des tensions sociales et économiques que de démarrer une lutte acharnée pour un nouveau partage du monde du pouvoir politique et économique. Les tentatives de l’Allemagne de réorganiser militairement l’Europe sous sa direction vont inévitablement de nouveau faire éclater en Europe les conflits qui avaient déjà provoqué deux guerres mondiales au siècle dernier.

Peter Schwarz

Article original, WSWS, paru le 16 février 2017

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