Au Salvador, 25e anniversaire des Accords de paix

janvier 21st, 2017 by Maurice Lemoine

Le 16 janvier 1992, dans le château de Chapultepec (Mexique), au terme de plus de vingt-huit mois de difficiles négociations, le gouvernement salvadorien du président Alfredo Cristiani et l’opposition armée du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) signaient des accords de paix. Gros de 95 pages et de 27 pages d’annexes, ce texte mettait fin à une sanglante guerre civile née à la fin des années 1970 – quand, les fraudes électorales devenant chaque fois plus insupportables, les luttes populaires se développaient – entre un régime autoritaire et une guérilla révolutionnaire stimulée qui plus est, en 1979, par la victoire des sandinistes sur le dictateur Anastasio « Tachito » Somoza au Nicaragua. En pleine confrontation est-ouest, cette même année 1979 fut également marquée par l’élection à la Maison-Blanche de Ronald Reagan, républicain qu’appuyaient les milieux d’affaires, le Pentagone et le lobby de l’industrie de la Défense.

Entre cette année phare et, douze années plus tard, la fin de l’affrontement armé, prit peu à peu corps et s’installa, sous la pression de Washington et grâce à l’alignement des médias, une « Histoire officielle » de la tragédie : celle-ci se résumait à la pénible situation de gouvernements salvadoriens démocratiques et réformistes aux prises avec deux calamités, mises sur le même plan : à l’extrême droite, des escadrons de la mort « incontrôlés » ; à l’extrême gauche, une guérilla marxiste totalitaire, à l’occasion qualifiée de « polpotienne », inféodée et plus ou moins manipulée par Moscou.

Néanmoins, le 15 mars 1993, quelques mois après la signature des accords de Chapultepec, éclatera une véritable bombe, la dernière du conflit. A cette date, en effet, la Commission de la vérité constituée sous l’égide de l’ONU rend public son rapport sur les exactions d’une guerre civile qui a fait plus de 75 000 morts, dont deux tiers civils, et un million de déplacés, dans un pays de 5,5 millions d’habitants. Premier point, et sans doute pas le moins important : « Cette explosion plonge ses racines profondes dans une histoire nationale de violence qui a permis de qualifier les opposants politiques d’ennemis pour mieux les éliminer [1]. » Qu’on nous pardonne le rapprochement : on se croirait en Colombie ! En fait, du document salvadorien, il ressort que, pendant douze années, les présidents salvadoriens Napoleón Duarte et Cristiani, les ambassadeurs américains Deane Hinton, Thomas Pickering, Edwin Corr, William Walker, ainsi que les présidents Reagan et George Bush (père) ont sciemment menti, couvert ou caché des crimes. En effet, révèle alors la commission d’enquête de l’ONU, dont le rapport comporte les noms de plus de 18 000 victimes, « la grande majorité des violations étudiées (…) ont été commises par des membres des Forces armées ou par des groupes en lien avec elles ». 

En particulier durant les pires années, celles de la « guerre sale » (1981-1984), 65 % des cas relèvent des exécutions extrajudiciaires, 25 % des disparitions forcées, 20 % des tortures. En ce qui concerne les responsabilités, presque toujours citées dans les dénonciations, elles sont attribuées aux agents de l’Etat, aux paramilitaires reliés à celui-ci et aux escadrons de la mort pour 85 % des cas ; au FMLN pour 5 % [2].

Des officiers se sont rendu coupables de 15 777 exécutions sommaires, 2 308 « disparitions », 1 560 cas de torture et ont fait 11 157 victimes en attaquant de manière brutale des civils sans défense. « L’Etat salvadorien, peut-on lire par ailleurs, dans les agissements de membres des Forces armées et/ou de fonctionnaires civils, est responsable d’avoir aidé, encouragé et toléré le fonctionnement des escadrons de la mort qui ont illégalement attaqué des membres de la population civile ». Allant plus loin, la Commission écrit, d’une manière qu’on qualifiera d’explosive : « Il faut également signaler que, pour sa part, le gouvernement des Etats-Unis tolérait, apparemment sans grande considération officielle, les agissements d’exilés salvadoriens vivant à Miami, en particulier entre 1979 et 1983. Ce groupe d’exilés a directement financé et indirectement dirigé quelques escadrons de la mort. Il serait bon que d’autres enquêteurs, disposant de plus de moyens et de temps, fassent toute la lumière sur cette histoire tragique pour pouvoir donner l’assurance que ne se répétera jamais plus aux Etats-Unis une tolérance envers des personnes ayant quelque chose à voir avec des actes de terreur dans d’autres pays. » 

Pour la petite – ou la grande ! – Histoire, on mentionnera au passage que des enquêteurs se sont effectivement attaqués à démasquer ces réseaux d’extrême droite, à Miami. Mais pas à l’instigation de Washington, comme demandé par l’ONU. Il s’est agi de Cubains ! Au début des années 1990 en effet, La Havane, victime d’attentats organisés dans l’île depuis la Floride par les mêmes mafias, y infiltra entre autres cinq de ses agents – Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero. Ce sont ces cinq agents qu’arrêta le FBI, en septembre 1998. Jugés en 2001 à Miami, ils furent condamnés au terme d’un procès ubuesque à des peines démesurées – de quinze années à une double perpétuité – pour avoir « espionné les Etats-Unis » [3]. Ce scandale donna lieu, jusqu’au 17 décembre 2014, date de la libération des trois derniers emprisonnés, afin de favoriser le rapprochement entre Washington et La Havane promu par Barack Obama, au scandale dit des « Cinq de Miami » [4].

Pour en revenir au Salvador en 1993, la Commission de la vérité donne l’une des clés du conflit en notant que les escadrons de la mort y sont nés entre 1967 et 1979 – c’est-à-dire avant le déclenchement de l’insurrection populaire –, dans le but « d’identifier et d’éliminer les prétendus communistes en milieu rural », permettant au gouvernement, durant ces années de dictature militaire, de se maintenir essentiellement grâce à « une violence sélective ». Dans ces conditions, était-il illégitime d’avoir recours aux armes, alors même que toute sortie démocratique demeurait désespérément fermée ?

Suite à la publication de ce document, l’ensemble de la direction du FMLN assume ses responsabilités et se déclare solidairement responsable des violations des droits humains qui lui sont reprochées – quelque 400 meurtres et plus de 300 disparitions. Les militaires salvadoriens, à qui sont imputés l’immense majorité des crimes, nient les faits, accusent l’ONU de partialité et multiplient les manœuvres pour empêcher l’épuration de l’armée. Pour sa part, l’évêque auxiliaire de San Salvador, Mgr Gregorio Rosa Chávez, n’hésite pas, à demander la mise en procès des Etats-Unis, responsables de la mort de tant de Salvadoriens.

Victoire morale, bien que tardive, pour les défenseurs des droits humains, les progressistes de tous horizons et les journalistes qui ont refusé de chanter à l’unisson. La vérité éclate enfin face aux bons apôtres de la désinformation médiatique – phénomène dont on rappellera ici qu’il n’a rien de nouveau.

« Salvador : les mystères du “massacre” d’El Mozote » , titre ainsi, le 30 décembre 1992, sur cinq colonnes, le quotidien Le Monde, sous la plume de son correspondant en Amérique centrale Betrand De La Grange, alors que la Commission d’enquête diligentée par l’ONU se rend sur les lieux d’un des crimes les plus abominables du conflit. Depuis des années, De La Grange s’acharne contre les insurgés et brosse un tableau apocalyptique de la révolution sandiniste voisine – comme le fait aujourd’hui, dans le même quotidien, son digne successeur Paulo Paranagua dans sa croisade digne de l’Inquisition contre la gauche « populiste » latino-américaine en général et le Venezuela en particulier.

On notera tout d’abord les guillemets encadrant le mot massacre. On n’en avait guère entrevu lorsque le même « journaliste » titrait en première page, le 27 juin 1991 : « Charniers sandinistes » (qui n’existaient que dans son imagination et dans celles d’un certain nombre de ses confrères, du Figaro jusqu’à Libération).

Il se trouve que, en ce mois de décembre 1992, les circonstances du massacre d’El Mozote et des hameaux salvadoriens voisins, l’un des événements les plus inhumains causés par la Bataillon Atlacatl – « unité d’élite » qui avait terminé son entraînement quelques mois auparavant sous la supervision de conseillers militaires américains – sont alors parfaitement connues depuis longtemps. Il n’empêche que notre journaliste gratifie ses lecteurs d’un long papier dans lequel est insidieusement privilégiée la version des autorités salvadoriennes : « Pour l’armée, il ne fait aucun doute que les victimes ont péri sous le feu croisé des combattants, quand elles ne participaient pas elles-mêmes aux combats. » Avant de terminer par une conclusion « objective » (guillemets !), mais lourde d’un sous-entendu qui a couru tout le long du texte : « La Commission devra notamment déterminer si les habitants d’El Mozote ont été victimes d’un massacre planifié, comme à Oradour, ou si l’affaire a été montée en épingle par le FMLN pour émouvoir la communauté internationale et discréditer le gouvernement, comme les adversaires du dictateur roumain Ceausescu le firent en décembre 1989, avec le faux charnier de Timisoara » – autre fable largement répercutée en son temps (et entre autres) par Libération, Le Nouvel Observateur, L’Evenement du Jeudi, TF1, France Inter et… Le Monde, évidemment [5].

Lorsque tombe le rapport de l’ONU, l’énigme, qui n’en était pas une, est définitivement résolue. En fonction des exhumations effectuées, la Commission de la vérité publie la conclusion suivante : «  Toutes les informations recueillies suggèrent l’idée d’un crime massif dans lequel on ne trouve aucun élément qui pourrait faire penser à un affrontement éventuel entre deux groupes (…) Il est totalement prouvé que, le 11 décembre 1981, des unités du Bataillon Atlacatl ont donné la mortdans le hameau d’El Mozote, de façon délibérée et systématique, à un groupe de 200 hommes, femmes et enfants qui constituaient la totalité de la population civile que les militaires avaient trouvé la veille à cet endroit et qu’ils détenaient depuis en leur pouvoir. » Cette conclusion, les lecteurs du « quotidien de référence » ne la connaîtront pas. Pour eux demeurera l’idée qu’il s’agissait possiblement, et même presque certainement, vu la tonalité de l’article, d’une manipulation du FMLN – dans le plus pur style de Timisoara ou… du Monde, le « quotidien de référence »  ?

D’ailleurs, pour bien enfoncer le clou, le faussaire médiatique assénera encore dans une livraison ultérieure : « L’euphorie de la paix ne peut faire oublier que la guerre a fait 80 000 morts, en majorité des civils, victimes des escadrons de la mort ou des représailles de la guérilla. » Les deux sur le même plan, également responsables. Quant à l’armée gouvernementale, pendant ce temps, on suppose qu’elle faisait du tourisme ou chassait les papillons. Commission de la vérité ? Jamais entendu parler.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que ce rapport, en faisant la lumière sur la véritable nature du conflit salvadorien déplut, autant qu’à De La Grange, au général René Emilio Ponce, ministre de la Défense salvadorien de l’époque. Dans une allocution télévisée, celui-ci critiqua le document de l’ONU qualifié d’ « injuste, incomplet, illégal et insolent, dont la partialité dénot(ait) une claire intention de détruire l’institutionnalisme, la paix sociale et les Forces armées ».

Au Guatemala voisin qui, le 29 décembre dernier, a célébré, lui, le vingtième anniversaire des accords qui, en 1996, ont mis un terme à une guerre civile encore plus épouvantable – 150 000 morts, 50 000 disparus, un million de réfugiés, 200 000 orphelins, 40 000 veuves ; au total, 1 440 000 victimes –, la révélation de l’ampleur du terrorisme d’Etat a tout autant commotionné. Dans la foulée de ces accords, fut décidée la création d’une Commission d’éclaircissement historique (CEH) dépendant de la Mission des Nations unies pour le Guatemala (Minugua). Son installation eut effectivement lieu, le 31 juillet 1997, après de nombreuses difficultés.

Le 23 avril 1998, Mgr Juan Gerardi, archevêque auxiliaire de Ciudad Guatemala, rend public le rapport sur la Récupération de la mémoire historique (REHMI) intitulé « Guatemala, nunca mas » (« Guatemala, jamais plus »), élaboré par le Bureau des droits humains de l’archevêché (ODHA) et dont les résultats seront confiés à la mission officielle de l’ONU. « La vérité fait mal, mais elle est nécessaire », dit en prélude l’archevêque, avant de révéler la teneur d’un document de 1 400 pages qui exhume l’horreur et dynamite l’amnésie officielle. Accablant. Il concerne 422 massacres, plus de 55 000 cas de violations des droits humains et chiffre l’ampleur globale de la tragédie : l’armée se voit attribuer la responsabilité de près de 80 % des crimes de guerre – 7,3 % pour la guérilla.

En mettant le doigt sur la mémoire sale du Guatemala, l’archevêque a bien entendu secoué le pays, mais a cependant omis le dernier crime des escadrons de la mort : le 26 avril, cinquante-quatre heures à peine après ses révélations explosives, il a été retrouvé, la tête fracassée à coups de brique, assassiné [6].

De ce bref rappel de faits datant d’un quart de siècle en Amérique centrale, on tirera quelques modestes conclusions. La première, c’est que les chiffres sont tellement parlants qu’il n’est nul besoin de les commenter. La seconde, afférant au traitement médiatique, constatera que rien n’a changé. Il stigmatisait hier les insurgés et minorait l’importance du terrorisme d’Etat ; pour ne prendre qu’un seul exemple, il minimise aujourd’hui, quand il ne la nie pas totalement, l’importance de la déstabilisation en cours dans le chaos qui afflige le Venezuela.

En second lieu, puisque ces anniversaires coïncident avec les accords de paix récemment signés avec les FARC en Colombie, on fera ici un pari : si, comme au Salvador et au Guatemala, la Commission de la vérité – prévue dans le cadre du Système intégral de vérité, justice, réparation et non répétition – va à son terme, et pour peu que ses conclusions soient révélées, le citoyen en quête d’information découvrira à quel point la réalité de ce conflit vieux de plus de cinquante ans a peu à voir avec le « storytelling » qui lui a été proposé [7]. Dans le cadre de la Juridiction spéciale pour la paix, cette commission doit en effet recueillir, pour établir leur responsabilité, les témoignages de tous les acteurs du conflit : guérilleros, militaires, entrepreneurs, civils, agents de l’Etat. En terme de chiffres, le résultat risque d’être dévastateur, accablant : on évoque déjà, entre autres, la présence de douze mille dossiers de civils et de chefs d’entreprises entre les mains de la justice de ce pays.

Raison pour laquelle ces véritables maîtres de la Colombie, mobilisés autour de l’ex-président Álvaro Uribe, font et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour torpiller les Accords de paix.

Maurice Lemoine

NOTES

[1] « De la Locura a la Esperanza. La guerra de 12 años en El Salvador », Informe de la Comisión de la verdad para El Salvador, Naciones Unidas, San Salvador – Nueva York, 1992-1993.

[2] Le rapport attribue 342 crimes au FMLN, 4281 à l’armée, 1 656 à la police, 2 248 aux groupes paramilitaires et 817 aux escadrons de la mort.

[3] Lire Maurice Lemoine, Cinq Cubains à Miami, Don Quichotte, Paris, 2010.

[4] La libération de Gerardo Hernández, Ramón Labañino et Antonio Guerrero eut lieu dans la foulée de l’annonce par Cuba de la libération de l’Américain Alan Gross, sous-traitant au département d’Etat condamné en mars 2011 à 15 ans de prison pour avoir distribué dans l’île du matériel illégal de communication par satellite.

[5] A Timisoara, il y aurait eu entre 90 et 147 victimes, et non 4 000, 5 000 ou même 12 000 comme annoncé par les médias. Lire Ignacio Ramonet, « Télévision nécrophile », Le Monde diplomatique, mars 1990.

[6] Nommé à la tête de l’évêché du Quiché en 1974, Mgr Gerardi avait été contraint d’abandonner la région en 1981 et à s’exiler quatre ans au Costa Rica. Quatre prêtres de son diocèse avaient été assassinés ou avaient disparu, et lui-même avait été la cible de plusieurs attentats.

[7] « Storytelling » : méthode de communication basée sur une structure narrative du discours qui permet de faire émerger une histoire séduisante et convaincante utilisée pour faciliter l’acceptation d’un message non explicitement annoncé.

El Salvador au temps de la guerre civile

Photographies : Maurice Lemoine

 

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L’Euro est en train de tuer l’Europe.

janvier 21st, 2017 by F. William Engdahl

L’Euro est littéralement en train de détruire les nations et les économies de l’UE. Depuis que le régime des devises fixes est entré en vigueur dans les transactions en 2002, en remplacement des monnaies nationales, le régime des taux de change fixes a dévasté l’industrie dans les États périphériques au sein des 19 membres de l’Euro, en donnant un avantage disproportionné à l’Allemagne. La conséquence peu remarquée a été une contraction de l’activité industrielle et l’impossibilité de résoudre les crises bancaires qui en résultèrent. L’Euro est un désastre monétariste, et la dissolution de l’UE, désormais pré-programmée, n’en sera qu’une conséquence.

Ceux d’entre vous qui sont habitués à mes réflexions sur l’économie savent déjà ce que je pense du concept tout entier de mondialisation : un terme qui fut popularisé sous la présidence de Bill Clinton afin de rendre “glamour“ l’agenda des multinationales qui venait d’émerger avec la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1994, qui n’est en fait qu’un jeu de dupes destructeur au profit de quelques centaines d’« acteurs mondiaux » géants. La mondialisation détruit les nations pour faire progresser l’agenda de quelques centaines de multinationales géantes échappant à toute règlementation. Elle se base sur une théorie réfutée, qui fut promue par le partisan anglais du libre-échange au XVIIIe siècle, David Ricardo, connue sous le nom de Théorie de l’avantage comparatif, et utilisée depuis par Washington pour justifier l’élimination de toutes les barrières commerciales protectionnistes, au bénéfice des « acteurs mondiaux » les plus puissants, pour la plupart basés aux États-Unis.

Le projet américain en voie de capoter, connu sous le nom de Partenariat Trans-Pacifique (PTP) ou Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), n’est quasiment que du Mussolini sous stéroïdes. Les quelques centaines de multinationales les plus puissantes vont se trouver formellement au-dessus des lois nationales, si nous sommes assez fous pour élire des politiciens corrompus soutenant une telle absurdité. Cependant, rares sont ceux qui ont étudié de près les conséquences du renoncement à la souveraineté monétaire de leur pays au profit de l’Euro.

Effondrement de l’industrie

Les nations composant ce qui est appelé de manière trompeuse l’“Union Européenne“, suivent un concept qui fut ratifié par un nombre d’États-membres européens alors beaucoup plus réduit à l’époque (douze contre vingt-huit aujourd’hui), qui composaient la Communauté économique européenne (CEE). Une version européenne de la folie des grandeurs qui s’est emparée de la Commission de la CEE sous la présidence du politicien mondialiste français Jacques Delors, lorsqu’il a dévoilé ce qui allait s’appeler L’Acte unique européen, signé en février 1986 par 12 États.

Delors a alors renversé le principe instauré par la France du général De Gaulle, ce que De Gaulle appelait « l’Europe des patries ». La conception qu’avait De Gaulle de la Communauté économique européenne (à l’époque six nations incluant la France, l’Allemagne, l’Italie et les trois du Benelux) était d’avoir des réunions périodiques des dirigeants des six nations du Marché commun. De là, des chefs d’État élus auraient élaboré des politiques et pris des décisions. Une assemblée élue parmi les membres des parlements nationaux contrôlerait les agissements des ministres. De Gaulle considérait la bureaucratie bruxelloise de la CEE comme un corps purement technique, subordonné aux gouvernements nationaux. La coopération devait être fondée sur la « réalité » qu’est la souveraineté nationale 1. L’acquisition de pouvoirs supranationaux sur les nations individuelles de la CEE était un objet d’anathème pour De Gaulle, et à juste titre. Il en va des personnes comme des nations : l’autonomie est la base, et les frontières ont une réelle importance.

L’Acte unique de Delors proposait de renverser cette Europe des patries par le moyen de réformes radicales de la CEE, aboutissant à l’idée destructrice que les diverses nations, ayant des histoires, des cultures et des langues différentes, pouvaient dissoudre leurs frontières et devenir une sorte d’ersatz des États-Unis d’Europe, dirigés de haut en bas par des bureaucrates non élus depuis Bruxelles. C’est par essence une vision corporatiste dans le style fasciste mussolinien : une bureaucratie européenne non démocratique, non responsable contrôlant arbitrairement les peuples, soumise à l’influence, à la pression et à la corruption des opérateurs privés.

C’est un projet qui a été conçu par les plus grandes multinationales basées en Europe, dont l’organisation, le lobby était la Table ronde européenne des industriels [European Roundtable of Industrialists (ERT)] : un groupe de pression influent des principales multinationales européennes (fonctionnant par cooptation, sur invitation expresse uniquement) telles que le suisse Nestlé, la Royal Dutch Shell, British Petroleum, Vodafone, BASF, Deutsche Telekom, Thyssen-Krupp, Siemens et bien d’autres multinationales géantes européennes 2. L’ERT, ce n’est pas surprenant, est le principal lobby de Bruxelles incitant à l’adoption de l’accord commercial PTIC avec Washington 3.

L’ERT était en 1986 le principal moteur de l’Acte unique de M. Delors, qui a conduit au monstre de Frankenstein appelé l’Union européenne. L’idée initiale de l’UE a bien été la création d’une autorité politique centralisée non élue, décidant de haut en bas du futur de l’Europe, sans contre-pouvoirs démocratiques : il s’agit au fond d’une notion véritablement féodale.

Le concept d’un ensemble États-Unis d’Europe, dissolvant les identités nationales qui remontaient à mille ans ou plus, trouve son origine dans les années 1950 lorsque la réunion du Bilderberg de 1955 à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne de l’Ouest, discuta pour la première fois de la création à partir des six États-membres de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), d’une « monnaie commune, et […] cela impliquait nécessairement  la création d’une autorité politique centralisée » 4. De Gaulle n’était pas présent.

Le projet de créer une Union monétaire fut dévoilé en 1992 lors d’une conférence de la CEE à Maastricht, aux Pays-Bas, suite à la réunification des deux Allemagne. La France et l’Italie, soutenues par la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, l’ont imposé à l’Allemagne malgré ses réticences afin de « contenir la puissance d’une Allemagne réunifiée ». La presse conservatrice britannique se déchaînait contre l’Allemagne en la présentant comme un « Quatrième Reich » en puissance, en passe de conquérir économiquement et non militairement l’Europe. De façon ironique, c’est exactement ce qui a émergé de fait, à partir des structures de la zone Euro d’aujourd’hui : du fait de l’Euro, l’Allemagne domine économiquement tous les 19 pays de la Zone euro.

Le problème avec cette création de l’Union économique et monétaire (UEM, renommée ensuite « Union monétaire européenne », UME) prescrite dans le Traité de Maastricht, est que la monnaie unique et la Banque centrale européenne « indépendante » ont été lancées sans être liées à une entité politique légale unique, avec de véritables États-Unis d’Europe. L’Euro et la Banque centrale européenne sont une création supranationale, responsable devant personne. Elle a été mise en place en l’absence d’une véritable union politique organique, comparable à celle qui s’était créée lorsque 13 États, liés par la même langue anglaise, à la suite d’une guerre menée pour obtenir l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, créèrent et adoptèrent la Constitution des États-Unis d’Amérique. En 1788, les délégués des 13 États se sont mis d’accord pour établir une forme républicaine de gouvernement, destinée à représenter le peuple des États, avec une séparation des pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif. Rien de tel n’existe avec l’Union monétaire européenne.

Les bureaucrates de l’UE ont un terme mignon pour qualifier cette déconnexion entre les officiels non élus de la BCE, contrôlant la destinée économique des 19 pays membres et des 340 millions de citoyens constituant ce qu’on appelle la zone Euro. Ils appellent cela le « déficit démocratique ». Ce déficit est devenu gargantuesque depuis la crise bancaire et financière mondiale de 2008 et l’émergence d’une Banque centrale européenne non-souveraine.

L’effondrement de l’industrie

La création de l’Euro en tant que monnaie unique depuis 1992 a enserré les pays membres de l’Euro dans une camisole de force économique. La valeur de la monnaie ne peut pas être changée [dévaluée] afin de doper les exportations nationales, durant les périodes de dépression économique telles que celle que nous connaissons depuis 2008. Le résultat a été que la plus grande puissance industrielle de l’Eurozone, l’Allemagne, a bénéficié de la stabilité de l’euro, pendant que les économies les plus faibles de la périphérie de l’UE, y compris et surtout la France, ont subi les conséquences catastrophiques du taux fixe de l’Euro.

Dans un rapport récent, le centre de réflexion néerlandais Gefira Foundation, souligne que l’industrie française s’est contractée depuis l’adoption de l’euro. « Elle n’a pu se remettre des crises de 2001 et 2008 parce que l’Euro, une monnaie plus forte que le franc français ne l’aurait été alors, est devenu un fardeau pour l’économie française. Les taux de change flottants jouent le rôle d’indicateur de la puissance de l’économie et de stabilisateur automatique. Une monnaie plus faible sert à regagner de la compétitivité pendant une crise, alors qu’une monnaie plus forte soutient la consommation de produits manufacturés étrangers. » 5

L’étude remarque qu’en raison de cette camisole de force monétaire, la politique de la BCE a créé un Euro trop fort par rapport aux autres devises principales, pour permettre à la France de maintenir ses exportations depuis le retournement économique de 2001. L’Euro a entraîné un accroissement des importations en France, et parce que la France n’avait aucune flexibilité de change, son industrie « n’a pas pu retrouver sa compétitivité sur les marchés mondiaux après la crise de 2001, si bien que son industrie n’a cessé de décliner lentement depuis ». Les Français ont perdu l’outil de stabilisation économique du taux de change flottant 6.

Aujourd’hui, d’après Eurostat, l’industrie ne représente plus que 14,1 % de la valeur ajoutée brute totale française. En 1995, c’était 19,2 %. En Allemagne il est de 25,9 %. Le plus frappant a été l’effondrement de l’industrie automobile française jadis florissante. Malgré le fait que la production automobile mondiale ait pratiquement doublé entre 1997 et 2015 (de 53 millions à 90 millions de véhicules annuels), et alors que l’Allemagne a augmenté sa production automobile de 20 % (de 5 à 6 millions), à partir du moment où la France a adopté l’Euro, la production automobile française a été presque divisée par deux, de presque 4 millions de véhicules à moins de 2 millions.

Les lois de renflouement interne [bail-in, NdT], conséquences de l’Euro.

La même camisole de force de l’Euro empêche toute restructuration sérieuse des banques de la zone Euro ébranlées depuis la crise de 2008. La création de la Banque centrale européenne supranationale et non-souveraine a rendu impossible, pour les États-membres de la zone Euro, de résoudre leurs problèmes bancaires créés durant les excès de la période antérieure à 2008. Le cas de l’Italie avec sa requête de faire renflouer [bail-out, NdT] par l’État sa troisième banque la plus importante, la Monte dei Paschi, est exemplaire à ce titre. Malgré des licenciements draconiens et des fermetures d’agence qui ont pour le moment enrayé la panique, Bruxelles refuse d’autoriser l’État italien à secourir la banque à hauteur de 5 milliards de dollars, et exige que la banque fasse appel à une nouvelle disposition législative bancaire de l’UE appelée « renflouement interne » [bail-in] à la place 7. Bien qu’ils n’oseront sans doute pas encore mettre en œuvre ce renflouement interne ailleurs qu’en Italie, cette directive fait à présent partie du droit de l’UE, et elle va certainement être un instrument de choix pour l’Eurogroupe non élu, quand surviendra la prochaine crise bancaire.

Le renflouement interne, expression qui sonne mieux à l’oreille que le plan de sauvegarde des banques par l’argent des contribuables, requiert en fait que les déposants de la banque soient volés sur leurs propres dépôts bancaires, afin de « sauver » une banque au bord de la faillite, si d’aventure Bruxelles ou l’Eurogroupe non élu décide qu’une telle mesure de renflouement interne des dépôts est nécessaire, après que les détenteurs d’actions et autres créanciers obligataires se sont révélés incapables de couvrir les pertes. Cette spoliation par le renflouement interne fut déjà appliquée par l’UE aux banques chypriotes en 2013 : les déposants ayant individuellement plus de 100 000 € de dépôts ont perdu 40 % de leur argent 8.

Si vous êtes un déposant, disons, à la Deutsche Bank, et que les actions en bourse vacillent, comme cela a été le cas, et que des procédures légales menacent son existence même, et que le gouvernement allemand refuse d’envisager le plan de sauvegarde mais expose la banque à un renflouement administratif, vous pouvez être sûr que chaque déposant qui a un compte supérieur à 100 000 € va commencer à rechercher d’autres banques, ce qui ne fera qu’accentuer la crise pour la Deutsche Bank. Alors tous les autres déposants restants seraient vulnérables à un renflouement administratif comme il a été initialement proposé par l’Eurogroupe pour les banques chypriotes.

L’abdication de la souveraineté monétaire

Sous l’égide de l’Euro via les règles édictées par l’Eurogroupe et la BCE, les décisions ne sont plus souveraines mais centralisées : elles sont prises par des bureaucrates sans visage non élus démocratiquement, comme le ministre des Finances néerlandais Jeroen Djisselbloem, le président de l’Eurogroupe.
Au cours de la crise bancaire chypriote, Djisselbloem avait proposé de saisir tout l’argent des dépôts, petits ou grands, afin de recapitaliser les banques. Il a été contraint de reculer à la dernière minute, mais cela montre bien ce qui peut arriver lors de la prochaine crise bancaire de l’UE, qui est pré-programmée par l’institution défaillante qu’est l’Euro et sa BCE fatalement viciée 9.

Sous l’empire des règlementations de la zone Euro en vigueur depuis janvier 2016, les gouvernements nationaux des pays de l’UE ont interdiction de renflouer leurs banques avec l’argent des contribuables, empêchant ainsi toute résolution de problèmes de liquidité bancaire jusqu’à ce qu’il soit trop tard. L’Allemagne a adopté une loi de renflouement interne des banques comme d’autres gouvernements de l’UE 10. Les nouvelles règles de renflouement interne résultent d’une directive bureaucratique concoctée par les bureaucrates sans visages non-élus de la Commission européenne, connue sous le nom de Directive sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances (RBRD) 11.

En 1992, lorsque les banques suédoises devinrent insolvables, suite à l’éclatement d’une bulle immobilière, l’État est intervenu par l’intermédiaire de Securum, une structure de défaisance permettant d’assainir les banques endettées (“bad-bank/good bank“). Les banques en banqueroute furent temporairement nationalisées. Des prêts immobiliers non performants, se comptant en milliards, furent versés dans cette structure de défaisance d’État, Securum. Les directeurs de banques s’étant faits remarquer pour leur addiction aux risques financiers furent démis de leurs fonctions. Les banques nationalisées, déchargées de leurs prêts toxiques, furent ensuite autorisées, sous la tutelle de l’État, à reprendre l’allocation de prêts et purent ainsi redevenir profitables, avant d’être à nouveau privatisées lorsque la situation économique s’améliora. L’immobilier non rentable l’était redevenu lorsque l’économie se redressa au cours des années suivantes, et au bout de cinq ans l’État put vendre les actifs avec un profit total net et liquider Securum 12. Ainsi, les contribuables ne furent pas mis à contribution.

La BCE empêche de résoudre le problème bancaire

Mais à présent que l’UE fait face à un nouveau cycle de crises d’insolvabilité bancaire, des banques comme la Deutsche Bank, la Commerzbank et d’autres banques majeures de la zone Euro risquent de nouvelles crises des capitaux, parce que l’UE ne dispose pas d’un pouvoir fiscal central, aucune flexibilité pour nationaliser des banques par l’argent du contribuable n’est possible. Les mesures visant à donner du temps aux banques en difficulté, comme par exemple l’octroi d’un moratoire temporaire sur les saisies et reprise de possession en cas de retard de paiement, ou bien la sous-traitance de systèmes de paiements électroniques à des banques commerciales, ne sont plus possibles.

La zone Euro ne possède pas d’autorité fiscale centralisée, donc ce genre de solution ne peut plus être mis en œuvre. Les problèmes du système bancaire ne peuvent être résolus que par les autorités monétaires, par la politique malsaine des intérêts négatifs de la BCE, le soi-disant « assouplissement quantitatif » consistant pour la BCE à acheter des milliards et des milliards d’Euros de dettes privées et publiques douteuses, sans fin, ce qui rend du même coup les compagnies d’assurance et les fonds de retraite insolvables.

La réponse n’est définitivement pas celle qui est proposée par le cleptocrate George Soros et d’autres, à savoir de donner au “super-État“ de Bruxelles non élu le pouvoir fiscal central lui permettant d’émettre des obligations européennes [Euro bonds]. La seule solution possible, sauf à détruire les économies de toute la zone Euro lors de la prochaine crise d’insolvabilité bancaire, consiste à démanteler le monstre de Frankenstein appelé Union monétaire européenne, avec sa BCE et sa monnaie commune.

Les 19 pays différents de l’Eurozone ne constituent pas ce que les économistes appellent une « zone monétaire optimale », et ne l’ont jamais constitué. Les problèmes économiques de la Grèce ou de l’Italie, ou même de la France, sont extrêmement différents de ceux de l’Allemagne, du Portugal ou de l’Espagne.

En 1997, avant sa mort, un des économistes que j’apprécie le moins, Milton Friedman, avait déclaré : « L’Europe est l’exemple même d’une situation défavorable à une monnaie commune. Elle est composée de nations distinctes, parlant différentes langues, avec différentes coutumes, et des habitants qui ressentent une bien plus grande loyauté et un attachement à leur propre pays plutôt qu’à un marché commun ou une vision de l’Europe. » En ce sens, je dois dire qu’il avait raison. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. L’Euro et la Banque centrale européenne détruisent l’Europe aussi efficacement qu’a pu le faire la Seconde Guerre mondiale, mais ils le font sans les bombes ni les ruines.

William F. Engdahl

Article original en anglais :

Europe

The Euro and the European Central Bank (ECB) Are “Murdering Europe”. How Globalization Destroys Nations

Traduction par Jean-Maxime Corneille, relu par nadine pour le Saker Francophone

Notes

  1. Dan White, De Gaulle’s Europe of the Fatherlands, The Stanford Daily, Volume 138, Issue 11, 7 octobre 1960 
  2. NDT : mais également surtout américaines (voir notamment Florence Autret : L’Amérique à Bruxelles, Seuil, 2007 ; La Grande Dissimulation : L’Histoire secrète de l’UE révélée par les Anglais,Christopher Booker et Richard North, Editions du Toucan/L’Artilleur, 2016). Il faut comprendre ici une rivalité anglo-américaine, notamment racontée par l’auteur dans Pétrole, une guerre d’un siècle : les Britanniques ayant beau jeu de dénoncer volontiers les États-Unis tout en minimisant leur propre influence… mais le contexte de la création de l’Union européenne (1957, juste après l’affaire de Suez, 1956), était en effet celui d’une domination américaine et d’un suivisme anglais. 
  3. Website, European Roundtable of Industrialists, Members 
  4. Bilderberg Group, Garmisch-Partenkirchen Conference, 23-25 September, 1955 
  5. GEFIRA, The End Of A Great Industrial Power French Car Production Has Collapse Since Joining The Euro 
  6. Ibid. 
  7. Directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances 
  8. Phoenix Capital,  We’ve All Been Warned (the Cyprus « Bail-In » Model is coming to a Country Near You) 
  9. NdT : bien des initiés et connaisseurs du sérail bruxellois avaient alerté en leur temps sur le fait que l’euro représentait un risque de destruction pour l’Europe. Par exemple Daniel Guéguen, l’un des lobbyistes français les plus en vue de Bruxelles, dès 2004 (L’Euro: outil de la construction européenne ou instrument pour sa destruction ? , Juan Carlos Gonzalez Alvarez & Daniel Guéguen, Collection Grands Débats Européens, Eis Europe Information Service). 
  10. Hugo Dixon , EU enters brave new world of bank bail-ins, January 4, 2016, Reuters 
  11. European Commission,  EU Bank Recovery and Resolution Directive (BRRD), 15 April, 2014 
  12. Wikipedia, Securum

 

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur le pétrole, la géopolitique et les OGM.

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La députée d’Hawaï, qui s’est rebellée contre les deux partis sur la question de la Syrie, a rencontré des fonctionnaires du gouvernement lors d’une mission d’ »enquête sur le terrain« .

Tulsi Gabbard, représentante Démocrate d’Hawaii, vient de quitter Damas, qui a été déchirée par la guerre, après ce que son assistante décrit comme une mission d’enquête sur le terrain visant à mettre fin à un conflit de près de six ans en Syrie.

Le voyage d’un membre du Congrès dans un pays dévasté est extrêmement rare, d’autant plus que les combats continuent, en violation directe d’un récent accord de cessez-le-feu négocié par la Turquie et la Russie. Cette semaine, des forces gouvernementales syriennes soutenues par des militants libanais ont tenté de récupérer une zone contrôlée par les rebelles près de Damas, dont la station de pompage approvisionne la majeure partie de la ville en eau.

Tulsi Gabbard, vétéran de la guerre en Irak qui a été sujette à des spéculations sur une possible nomination dans l’administration Trump, après avoir rencontré en privé le président élu en novembre, a fréquemment désavoué son parti et l’establishment de la politique étrangère de Washington dans des débats sur le conflit syrien.

Pendant des années, elle s’est opposée à une politique américaine de changement de régime et a dit que le pays deviendrait plus instable et dangereux si le président syrien Bashar al-Assad était évincé.

En décrivant l’objectif du voyage, la porte-parole de Gabbard, Emily Latimer, a déclaré qu’elle « estimait qu’il était important de rencontrer un certain nombre d’individus et de groupes, y compris des chefs religieux, des travailleurs humanitaires, des réfugiés et des dirigeants gouvernementaux et communautaires ».

Ce mois-ci, elle a présenté la loi Stop Arming Terrorists, qui interdit au gouvernement américain de fournir des fonds et des armes à des groupes militants sunnites travaillant au renversement du régime d’Assad, comme le Front du Levant, Jabhat Fateh al-Sham et Al-Qaïda.

Dans des interviews, elle a appelé les États-Unis à abandonner leur objectif d’éliminer Assad pour se concentrer sur l’élimination d’État islamique et d’al-Qaïda.

« Gabbard est depuis longtemps engagée pour la paix et la fin des guerres contre-productives et interventionnistes« , a-t-elle déclaré à Foreign Policy.

Lorsqu’on lui a demandé si Gabbard a rencontré Assad, l’homme fort souvent blâmé pour un conflit qui a tué 400 000 personnes et en a déplacé des millions, Latimer a refusé de commenter, en citant des questions de sécurité et de logistique.

Pour ses critiques, Gabbard est une apologiste d’un régime qui a commis d’innombrables crimes de guerre et déstabilisé le grand Moyen-Orient. Pour ses partisans, elle est une voix solitaire en bonne santé mentale contre le flot croissant d’interventionnisme bipartisan qui risque d’embourber les États-Unis dans un autre conflit au Moyen-Orient.

Elle a, à plusieurs reprises, comparé Assad à Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein, des dictateurs brutaux qui ont été la proie de l’intervention occidentale dans des conflits devenus plus tard impopulaires.

« Je ne pense pas qu’Assad devrait être retiré, a déclaré Gabbard à CNNSi Assad est retiré et renversé, ISIS, al-Qaïda, al Nusra – ces groupes extrémistes islamiques vont marcher tout droit sur Damas et prendre toute la Syrie. […] Ils seront encore plus forts. »

Le président Barack Obama et les dirigeants du Congrès ont soutenu que toute résolution du conflit en Syrie doit aboutir au départ d’Assad. Mais les vues de Gabbard ont trouvé l’appui de Trump, qui a longtemps soutenu que l’opposition syrienne avait été infiltrée par les extrémistes islamiques et ne peut pas être digne de confiance.

Stephen Bannon, principal stratège de Trump, apprécierait Gabbard pour ses opinions sur l’extrémisme et sa capacité à canaliser les sentiments populistes de gauche.

Après la rencontre entre Gabbard et Trump en novembre, elle a publié une déclaration disant que le président élu « m’a demandé de le rencontrer au sujet de nos politiques actuelles concernant la Syrie, notre lutte contre des groupes terroristes comme al-Qaïda et ISIS« .

« Lorsque je ne serai pas d’accord avec le président élu Trump sur certaines questions, je n’hésiterai pas à exprimer ce désaccord, a-t-elle ajouté. Cependant, je crois que nous pouvons être en désaccord, même fortement, mais toujours nous réunir sur des questions qui comptent pour le peuple américain et affectent leur vie quotidienne. »

John Hudson

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Liens

Dedefensa : Gabbard à Damas : comme envoyée de Trump ?

Syrian Prespective : Tulsi Gabbard visite Damas lors d’un voyage surprise en Syrie


La représentante Gabbard à Damas 

Le 18 janvier 2017  – Source news.antiwar.com

Tulsi Gabbard (D-HI) a fait un voyage en Syrie cette semaine, une visite inopinée qui l’a vue passer un temps considérable dans la capitale de Damas « pour promouvoir et travailler pour la paix« .

L’entourage de Gabbard, pour des raisons de sécurité, a dit que beaucoup des détails du voyage ne seront pas révélés jusqu’à ce qu’elle soit revenue aux États-Unis, et a refusé de dire si elle avait rencontré directement le Président Bachar al-Assad, confirmant qu’elle avait rencontré plusieurs dirigeants du gouvernement à Damas.

Gabbard a rencontré le président élu Donald Trump depuis son élection, et on a dit qu’il étudiait l’idée de lui proposer un poste important au sein du Cabinet. Il est donc tout à fait possible qu’elle ait fait la visite en tant que négociatrice de facto de l’administration Trump.

Ils ont spécifiquement refusé de dire si la représentante Gabbard a rencontré Assad, ce qui équivaut à l’aveu qu’elle l’a fait, et il est difficile d’imaginer qu’elle se rendrait à Damas uniquement pour parler de paix sans rencontrer le président syrien.

Il est plus probable que le déni vise à empêcher tout débat officiel spécifique autour de la visite jusqu’à l’investiture de vendredi [20 janvier, NdT], et que cela représente une tentative de l’administration Trump de se positionner secrètement avant les prochains pourparlers de paix syriens qui commencent lundi à Astana, au Kazakhstan.

Trump a déjà critiqué publiquement la politique américaine actuelle en Syrie et a parlé de ruiner les efforts d’armement des différentes factions rebelles. Gabbard a longtemps critiqué la contrebande d’armes de la CIA et pourrait facilement jeter les bases d’un changement rapide de politique dans les jours à venir.

 

Article original en anglais : Democratic Rep. Gabbard Makes Secret Trip to Syria, Foreign Policy, 18 janvier 2017

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone

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Prévisions 2017 – Tendances mondiales

janvier 21st, 2017 by Andrew Korybko

Alors que les changements de paradigmes géostratégiques et les réarrangements politiques non traditionnels continuent à se développer partout dans le monde, les États-Unis feront avancer leur campagne de guerre hybride sur les projets des Nouvelles routes de la soie – One Belt One Road – de la Chine, tandis que la présidence de Trump est l’ultime variable inconnue qui pourrait façonner la situation internationale de manière totalement imprévisible.

Le grand réarrangement

La Nouvelle Guerre froide a déclenché une réorganisation mondiale des partenariats d’une ampleur et d’une portée jamais vues dans l’Histoire. Pour énumérer les plus importants qui se produisent simultanément, nous voyons :

* Le partenariat le plus étroit jamais conclu entre la Russie et la Chine.

* La Tripartite entre la Russie, l’Iran et la Turquie.

* Le partenariat militaire-stratégique entre les États-Unis et l’Inde.

* L’Ukraine chipée énergiquement à la Russie par les États-Unis (provoquant la Nouvelle Guerre froide).

* Le rapprochement de la Russie avec le Japon.

* Le rapprochement de la Russie avec le Pakistan.

* L’Égypte se dirige vers la Russie en s’éloignant des États-Unis et des royaumes du Golfe.

* Le Mercosur se soumet au contrôle unipolaire tandis que l’Alliance du Pacifique devient plus multipolaire.

* La Chine a le potentiel de connecter les deux blocs commerciaux sud-américains avec TORR (voie ferroviaire transocéanique).

* La Chine et le Mexique font des progrès dans leurs relations bilatérales pour se préparer à la présidence Trump.

* L’Inde se tourne contre le Népal et le pousse vers la Chine pour la première fois.

* Le pivot des États-Unis vers l’Asie est tombé à l’eau en raison des gains chinois en Thaïlande, aux Philippines et en Malaisie.

* Et la Birmanie de Suu Kyi se tourne pragmatiquement vers la Chine.

Les réarrangements géopolitiques énumérés ci-dessus se poursuivront dans les deux prochaines années jusqu’à ce que la situation internationale se stabilise relativement. Ce qui se passe en ce moment est que le monde entier se trouve en état de turbulence du fait de l’instabilité globale que les États-Unis ont déclenchée en retardant la progression inévitable d’un ordre unipolaire vers un ordre multipolaire. Il est possible que certains des partenariats susmentionnés changent pendant cette période troublée, mais pour la plupart, beaucoup d’entre eux resteront probablement sur leurs nouvelles trajectoires et ne seront pas remis en cause par les intrigues américaines, bien que ce ne sera certainement pas faute pour Washington d’avoir essayé…

La guerre hybride sur OBOR

En relation avec la tendance ci-dessus, on peut s’attendre à ce que les États-Unis ne ralentissent pas leurs efforts dans une variété de guerres hybrides contre la Chine concernant son projet de Nouvelles routes de la soie – One Belt One Road – partout dans le monde. L’auteur a publié des articles hebdomadaires pour Oriental Review à ce sujet au cours de l’année dernière, mais tout se résume essentiellement à la « Loi de la guerre hybride », dont la version modifiée et élargie stipule :

L’objectif principal derrière chaque guerre hybride est de perturber, de contrôler ou d’influencer les projets transnationaux multipolaires à travers des conflits d’identité provoqués de l’extérieur (ethnique, religieux, régional, politique, etc.) à l’intérieur d’un État de transit visé, dans le but de tordre le bras du régime, de le changer ou de le forcer à modifier sa politique. Exemple ici.

En extrapolant cette ligne directrice, il est possible de prévoir plusieurs champs de bataille de la guerre hybride qui resteront à l’avant-plan au cours des prochaines années. Dans le désordre, ce sont :

CPEC corridor économique entre la Chine et le Pakistan.

* TORR ligne ferroviaire transocéanique construite par la Chine entre le Brésil, la Bolivie et le Pérou.

* Les projets ferroviaires transafricains de la Chine (explorés longuement dans les analyses africaines de l’auteur sur Oriental Review).

* Le chemin de fer à grande vitesse Balkan Silk Road entre Budapest et Le Pirée.

* La route ASEAN Silk Road à grande vitesse entre la Chine, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.

* La future ligne ferroviaire à grande vitesse trans-Asie centrale entre la Chine et l’Iran.

* Et le canal nicaraguayen pour doubler la canal de Panama.

Par conséquent, bien que la méthode spécifique de guerre hybride n’ait pas encore été révélée, il existe des raisons stratégiques solides de croire que les États-Unis finiront par déclencher des déstabilisations asymétriques contre chacun des pays impliqués, ce qui signifie que tous les analystes axés sur l’avenir devraient surveiller avec vigilance ces espaces régionaux.

L’énigme Trump

Finalement, la dernière tendance dont on peut attendre qu’elle joue un rôle important en 2017 est l’énigme Trump, car personne dans le monde ne sait vraiment comment le président élu se comportera en dehors de l’homme lui-même. Il a déjà été très franc sur l’avancement de quelques principes clés de sa politique étrangère, à savoir son souhait d’une nouvelle détente avec la Russie dans la Nouvelle Guerre froide, son intention de renégocier ou de briser l’accord nucléaire iranien et le rapprochement cubain, son attitude sévère au sujet de la politique monétaire et commerciale de la Chine, son opposition à l’ALENA et aux millions d’immigrants clandestins qui ont envahi les États-Unis en provenance de l’Amérique latine (en particulier ceux qui ont commis des violences pendant leur séjour dans le pays). Considérant l’approche homme d’affaires de Trump envers l’OTAN et les partenariats militaires traditionnels des États-Unis, ainsi que ses désaccords idéologiques avec l’hyper-libéralisme de l’UE, on peut déjà s’attendre à ce que la présidence de Trump soit définie par des bouleversements inédits, nombreux et passionnants alors que les États-Unis s’adaptent péniblement, mais tardivement, à l’inévitable ordre mondial multipolaire.

Andrew Korybko

 Article original en anglais : 2017 Forecast: Global Trends, Katehon, 14 janvier 2017

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime(2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

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Les frappes aériennes coordonnées par l’aviation russe et turque contre l’Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie ont mis en lumière la crise qui entoure l’intervention de Washington dans ce pays dévasté, ainsi que les contradictions croissantes au sein de l’OTAN à la veille de l’investiture de Donald Trump.

Les bombardements ont touché les alentours de la ville syrienne d’al-Bab, où des combats sanglants se déroulent depuis des semaines entre les troupes turques et les militants de l’EI.

Politiquement, l’action conjointe de la Russie et de la Turquie, un Etat membre de l’OTAN depuis 65 ans, est sans précédent. Elle est en contradiction flagrante avec la campagne anti-Moscou menée par Washington et le reste de l’OTAN, qui ont rompu les liens inter-armées avec la Russie, imposé des sanctions, et déployé de manière de plus en plus provocatrice des milliers de troupes sur les frontières russes. Rien que la semaine dernière, Washington a envoyé en Pologne 3 000 soldats, soutenus par des chars et de l’artillerie, et des centaines de marines américains sont arrivés en Norvège.

La collaboration de la Turquie avec la Russie pose un autre défi à l’OTAN, alors que Trump a ébranlé les Etats membres européens de l’OTAN en traitant l’alliance d’ « obsolète » et en accusant ses membres de ne pas « s’occuper du terrorisme » et de ne pas « payer leur contribution » à l’OTAN.

L’attaque aériennea été menée dans le cadre d’un mémorandum conclu entre les armées russe et turque la semaine précédente, selon le ministère russe de la Défense.

Le document, signé le 12 janvier, visait à empêcher les « incidents » entre l’aviation turque et russe, ainsi qu’à préparer « des opérations conjointes … en Syrie pour détruire des groupes terroristes internationaue », a déclaré le lieutenant-général Sergueï Rudoskoy.

Les relations russo-turques ont atteint leur point le plus bas en novembre 2015, quand un chasseur turc a abattu un bombardier russe qui attaquait des combattants islamistes près de la frontière turco-syrienne. L’incident a failli provoquer une guerre entre la Russie et la Turquie, et avec elle l’OTAN. À l’époque, les combattants étrangers, des armes et d’autres ressources acheminés par les puissances impérialistes et leurs alliés en Syrie pour y mener la guerre transitaient par la Turquie.La Russie, elle, intervenait pour soutenir son principal allié au Moyen-Orient, le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad. En juin 2016, Ankara a cherché à améliorer ses relations avec Moscou, qui avait réagi à la destruction de son bombardier par des sanctions économiques. Moscou et Ankara se sont rapprochés à la suite du coup d’Etat avorté du 15 juillet 2016, que le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan a attribué aux États-Unis et à ses alliés.

Le tournant dans les relations turco-russes est arrivé à la fin de l’année dernière, avec la déroute par l’armée syrienne appuyée par la Russie des milices liées à Al-Qaïda et soutenues par les Etats-Unis dans leur dernier bastion urbain, dans l’est d’Alep. La Turquie s’est jointe à la Russie pour négocier le retrait des derniers « rebelles » du secteur et un cessez-le-feu à l’échelle nationale, qui continue de prévaloir dans une grande partie du pays.

Washington a été expressément exclu des négociations au sujet d’Alep et du cessez-le-feu. Ce n’est qu’au dernier moment que Moscou a invité le gouvernement de Trump, malgré les objections de l’autre allié majeur de la Syrie, l’Iran, à participer à des pourparlers sur une solution politique à la guerre à Astana, la capitale du Kazakhstan, la semaine prochaine.

Les frappes aériennes russo-turques autour d’al-Bab sont intervenues à la suite de vives protestations d’Ankara sur le refus du Pentagone de fournir un soutien aérien similaire aux troupes d’Ankara. La réticence du Pentagone résulte des objectifs contradictoires poursuivis par la Turquie, qui a envoyé ses troupes en Syrie en août dernier. C’était ce que le gouvernement Erdogan a baptisé « Opération Bouclier Euphrates ».

Ostensiblement dirigé contre l’Etat islamique, la cible principale d’Ankara était en fait le Parti de l’Union démocratique kurde en Syrie (PYD) et son aile militaire, les Unités de protection du peuple (YPG). Ankara considère que ces groupes sont liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu’Ankara a interdit et contre lequel il a mené une contre-insurrection prolongée en Turquie. L’offensive contre al-Bab vise principalement à empêcher que la ville ne tombe aux mains du YPG, et à bloquer une jonction entre les enclaves kurdes orientales et occidentales le long de la frontière turque.

Pour sa part, Washington a utilisé le YPG comme son principal mandataire contre l’EI, en envoyant des forces spéciales américaines pour armer, former et diriger ces troupes kurdes.

Le refus des Etats-Unis d’offrir un soutien aérien aux forces turques autour d’Al-Bab a provoqué des dénonciations colériques de Washington par le président turc, qui accusait les Etats-Unis de soutenir les « terroristes » au lieu de leur allié, la Turquie. Ankara a aussi commencé à retarder le feu vert des vols américains à partir de la base d’Incirlik dans le sud de la Turquie et a menacé de carrément refuser l’accès de Washington et ses alliés à la base.

Ces menaces, combinées à l’accord turco-russe de mener des frappes conjointes, auront probablement amené le Pentagone à infléchir son précédent refus de soutenir les forces turques et de lancer des bombardements limités autour d’al-Bab cette semaine.

Ce champ de bataille enchevêtré et géostratégiquement tendu est susceptible de devenir encore plus dangereux suite à l’ascension de Trump à la Maison Blanche.

Trump aurait demandé au Pentagone de soumettre des propositions pour battre l’EI en Syrie et en Irak de manière décisive dans les 90 jours. Le général Joseph Dunford, chef d’état-major interarmées des Etats-Unis, a déclaré mercredi qu’il «présenterait des options pour accélérer la campagne» contre l’EI au général James Mattis, le nouveau secrétaire à la Défense de Trump.

Selon CNN, qui citait des responsables anonymes du Pentagone, « le Département de la Défense est prêt à fournir au nouveau gouvernement des options militaires pour accélérer la guerre contre l’EI en Syrie qui pourrait voir l’envoi de troupes américaines au combat ».

« Une option pourrait impliquer des centaines, voire des milliers de troupes américaines dans des combats pour prendre Raqqa », la capitale syrienne de l’EI, selon CNN. « Dans les prochains mois, le Pentagone pourrait envoyer sur le terrain plusieurs équipes de combat américaines … chaque équipe pouvant compter jusqu’à 4 000 hommes ».

On prépare aussi une intensification des provocations militaires contre l’Iran, que Mattis, dans son audition devant le Sénat, a qualifié de «plus grande force de déstabilisation au Moyen-Orient». Il a ajouté que le gouvernement Trump doit «bloquer la tentative iranien [d’établir son] hégémonie régionale. »

Tout laisse à croire, nonobstant la rhétorique de Trump sur l’amélioration des relations avec Moscou, que l’impérialisme américain se prépare à une nouvelle éruption de militarisme au Moyen-Orient qui menacera encore plus de dégénérer en une nouvelle guerre mondiale.

Bill Van Auken

Article paru en anglais, WSWS, le 20 janvier 2017

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Le problème, ce n’est pas Trump. C’est nous

janvier 21st, 2017 by John Pilger

John Pilger s’amuse de ceux à qui l’élection de Trump arrachent des cris d’orfraie, alors qu’ils étaient silencieux durant ces années où Obama balançait 72 bombes par jour sur les pays les plus pauvres de la planète. Il y a pourtant une ligne droite qui a mené d’Obama à Trump.

Le jour où le président Trump sera inauguré, des milliers d’écrivains aux États-Unis exprimeront leur indignation. « Pour nous guérir et aller de l’avant…, disent les membres de Writers Resist, nous voulons contourner le discours politique direct, à la faveur d’un regard inspiré sur l’avenir et sur la manière dont nous, en tant qu’écrivains, pouvons être une force unificatrice pour la protection de la démocratie ».

Et d’ajouter : « Nous exhortons les organisateurs et les orateurs locaux à éviter d’utiliser les noms de politiciens ou d’adopter la langue “anti” comme point central de leur événement Writers Resist. Il est important de veiller à ce que les organisations à but non lucratif, qui sont interdites de campagne politique, soient mises en confiance pour participer et parrainer ces événements. »

Ainsi, toute véritable protestation doit être évitée, car elle n’est pas exonérée d’impôt.

Comparez ces railleries avec les déclarations du Congrès des écrivains américains, tenu au Carnegie Hall, à New York, en 1935. Et encore deux ans plus tard. C’était des événements électriques, avec des écrivains discutant de comment ils pourraient faire face aux événements menaçants d’Abyssinie, de Chine et d’Espagne. On lisait les télégrammes de Thomas Mann, de C. Day Lewis, d’Upton Sinclair et d’Albert Einstein, reflétant la crainte que le pouvoir grandissait maintenant et qu’il était devenu impossible de discuter de l’art et de la littérature sans politique ni même action politique directe.

« Un écrivain, disait la journaliste Martha Gellhorn lors du second congrès, doit être un homme d’action présente. . . Un homme qui a donné une année de sa vie aux  grèves de l’acier, aux chômeurs ou aux problèmes des préjugés raciaux, cet homme-là n’a pas perdu ni gaspillé son temps. C’est un homme qui a su ce à quoi il appartenait. Si vous deviez survivre à une telle action, vous auriez ensuite à en dire la vérité, nécessaire et réelle. Et elle durera. »

Ses mots résonnent à travers l’onction et la violence de l’ère Obama, ainsi qu’à travers le silence de ceux qui se sont rendus complices de ses tromperies.

La menace d’un pouvoir rapace était en pleine ascension bien avant la montée de Trump. Cette menace a été acceptée par les écrivains, dont beaucoup sont des privilégiés et des célébrités. Elle a aussi été acceptée par les gardiens des portes de la critique littéraire et de la culture, y compris la culture populaire. C’est indéniable. L’impossibilité d’écrire et de promouvoir une littérature dépourvue de politique, ce n’est pas pour eux. La responsabilité de s’exprimer, peu importe qui occupe la Maison-Blanche, ce n’est pas pour eux.

Aujourd’hui, le symbolisme factice est tout. L’« identité » est tout. En 2016, Hillary Clinton a stigmatisé des millions d’électeurs comme « un panier de déplorables racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes — et ainsi de suite ». Ses insultes ont été distribuées lors d’un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa cynique campagne pour gagner les minorités en abusant d’une majorité blanche essentiellement ouvrière. C’est ce qu’on appelle diviser pour régner ; ou politique de l’identité, dans laquelle la race et le genre cachent la classe, et permettent de mener la lutte des classes. Trump l’a très bien compris.

« Quand la vérité est remplacée par le silence », a déclaré le poète dissident soviétique Yevtushenko, « le silence est un mensonge ».

Ce n’est pas un phénomène américain. Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, comptait que « pour la première fois en deux siècles, aucun éminent poète, dramaturge ou romancier anglais, n’était prêt à remettre en question les fondements du mode de vie occidental ».

Pas de Shelley pour parler des pauvres, pas de Blake pour les rêves utopiques, pas de Byron pour maudire la corruption de la classe dirigeante, pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler la catastrophe morale du capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter était le dernier à se faire entendre. Aujourd’hui, parmi les voix insistantes du féminisme consumériste, nul ne fait écho à Virginia Woolf, qui a décrit « l’art de dominer les autres… de gouverner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital ».

Il y a quelque chose à la fois de vénal et de profondément stupide à voir comment les écrivains célèbres s’aventurent hors de leur petit monde confortable pour embrasser un « problème ». Dans l’édition du 10 décembre du Guardian, il y avait cette image rêveuse de Barack Obama regardant vers le ciel, avec les mots « Incroyable élégance » et « Adieu le Chef ».

Le sycophante a couru comme un ruisseau pollué babillant à travers le journal page après page. « Il était une personne vulnérable à bien des égards…. Mais la grâce. La grâce omniprésente : dans la manière et la forme, dans l’argumentation et l’intellect, avec l’humour et la fraîcheur…. Il est un hommage flamboyant à ce qui a été, et ce qui peut être encore… Il semble prêt à continuer à se battre et reste un formidable champion à avoir de notre côté… … La grâce… les niveaux presque surréalistes de la grâce… »

J’ai compilé ces citations. Il y en a d’autres, encore plus hagiographiques et dépourvues d’atténuation. Gary Younge, le principal apologiste du Guardian pour Obama, a pour sa part toujours veillé à prudemment modérer ses propos, disant que son héros « aurait pu faire plus » : oh, mais il y avait des « solutions calmes, mesurées et consensuelles… »

Aucun d’entre eux, cependant, ne pourrait surpasser l’écrivain américain Ta-Nehisi Coates, récipiendaire d’une subvention de « génie » de 625 000 $ reçus d’une fondation libérale. Dans un essai interminable pour l’Atlantique intitulé « Mon président était noir », Coates a apporté un nouveau sens à la prosternation. Le dernier « chapitre », intitulé « Quand vous êtes parti, vous m’avez pris avec vous », une ligne tirée d’une chanson de Marvin Gaye, décrit le fait de voir les Obama « sortir de la limousine, s’élever de la peur, sourire, agiter, défier le désespoir, défier l’histoire, défier la gravité ». L’Ascension, pas moins.

Un des courants persistants de la vie politique américaine, c’est cet extrémisme du culte qui frise avec le fascisme. Cela a été exprimé et renforcé au cours des deux mandats de Barack Obama. « Je crois en l’exceptionnalisme américain avec chaque fibre de mon être », a déclaré Obama, qui a développé le passe-temps militaire favori de l’Amérique, les bombardements et les escadrons de la mort (« opérations spéciales »), comme aucune autre président ne l’a fait depuis la guerre froide.

Selon une enquête du Council on Foreign Relations, rien qu’en 2016, Obama a largué 26 171 bombes. Soit 72 bombes par jour. Il a bombardé les plus pauvres du monde, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Somalie, en Syrie, en Irak et au Pakistan.

Chaque mardi — comme l’a rapporté le New York Times — Obama a personnellement choisi ceux qui seraient assassinés, principalement par des missiles Hellfire tirés depuis des drones. Des mariages, des funérailles et des bergers ont été attaqués, ainsi que ceux qui tentaient de recueillir les parties du corps composant la « cible terroriste ». Un sénateur républicain de premier plan, Lindsey Graham, a estimé, d’un air approbateur, que les drones d’Obama ont tué 4 700 personnes. « Parfois, vous frappez des innocents et je déteste ça, a-t-il dit, mais nous avons arraché quelques doyens à Al-Qaïda. »

Tout comme le fascisme des années 1930, de grands mensonges sont livrés avec la précision d’un métronome : grâce à un média omniprésent dont la description correspond désormais à celle du procureur de Nuremberg : « Avant chaque grande agression, à quelques exceptions près, ils lançaient une grande campagne de presse visant à affaiblir leurs victimes et à préparer psychologiquement le peuple allemand… Dans le système de propagande… c’était la presse quotidienne et la radio qui étaient les armes les plus importantes. »

Prenez la catastrophe en Libye. En 2011, Obama a déclaré que le président libyen Mouammar Kadhafi planifiait un « génocide » contre son propre peuple. « Nous savions… que si nous attendions un jour de plus, Benghazi, une ville de la taille de Charlotte, pourrait subir un massacre qui aurait retenti dans toute la région et entaché la conscience du monde ».

C’est le mensonge reconnu des milices islamistes confrontées à la défaite par les forces gouvernementales libyennes. Ce mensonge est devenu l’histoire des médias ; et l’OTAN — emmené par Obama et Hillary Clinton — a lancé 9 700 « sorties de frappes » contre la Libye, dont plus d’un tiers visaient des cibles civiles. On a utilisé des ogives d’uranium ; les villes de Misurata et de Syrte ont essuyé des tapis de bombes. La Croix-Rouge a identifié des fosses communes, et l’Unicef a rapporté que « la plupart [des enfants tués] avaient moins de dix ans ».

Sous Obama, les Etats-Unis ont étendu les opérations secrètes de « forces spéciales » à 138 pays, soit 70 % de la population mondiale. Le premier président afro-américain a lancé ce qui représentait une invasion à grande échelle de l’Afrique. Rappelant le partage de l’Afrique à la fin du XIXe siècle, le US African Command (Africom) a construit un réseau de quémandeurs parmi les régimes africains collaboratifs avides de pots-de-vin et d’armements américains. La doctrine du « soldat à soldat » d’Africom embarque les officiers américains à tous les niveaux de commandement, du général à l’adjudant. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

C’est comme si la fière histoire de la libération de l’Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était confinée à l’oubli par l’élite coloniale noire du nouveau maître. Nouveau maître dont la « mission historique », a averti Frantz Fanon il ya un demi-siècle, est la promotion du « capitalisme effréné, bien que camouflé ».

C’est Obama qui, en 2011, a annoncé ce qui est devenu connu comme le « pivot à l’Asie », à travers lequel près des deux tiers des forces navales américaines seraient transférés vers l’Asie-Pacifique pour « affronter la Chine », selon les mots de son Secrétaire à la Défense. Il n’y avait pas de menace de la part de la Chine ; toute l’entreprise était inutile. C’était une provocation extrême pour garder le Pentagone et ses gradés déments heureux.

En 2014, l’administration Obama a supervisé et financé un coup d’État fasciste en Ukraine contre le gouvernement démocratiquement élu, menaçant la Russie dans cette frontière occidentale par laquelle Hitler avait envahi l’Union soviétique, causant la perte de 27 millions de vies. C’est Obama qui a pointé des missiles en Europe de l’Est en direction de la Russie. Et c’est le lauréat du Prix Nobel de la Paix qui a augmenté les dépenses en ogives nucléaires à un niveau supérieur à celui de tous les gouvernements depuis la guerre froide — alors qu’il avait promis, dans un émouvant discours prononcé à Prague, d’« aider à débarrasser le monde des armes nucléaires ».

Obama, l’avocat constitutionnel, a poursuivi plus de lanceurs d’alerte que n’importe quel autre président dans l’histoire, même si la Constitution américaine les protège. Il a déclaré Chelsea Manning coupable avant la fin d’un procès qui était une parodie. Il a refusé de grâcier Manning qui a subi des années de traitements inhumains considérés par les Nations Unies comme des actes de torture [Le 17 janvier, après la publication originale de cet article, Obama a annoncé la grâce de Manning, NDT]. Il a pourchassé Julian Assange à travers un procès entièrement bidon. Il a promis de fermer le camp de concentration de Guantanamo et ne l’a pas fait.

Après la catastrophe des relations publiques de George W. Bush, Obama, le smooth operator de Chicago passé par Harvard, a été enrôlé pour restaurer ce qu’il appelle le « leadership » des Etats-Unis à travers le monde entier. La décision du comité du prix Nobel en faisait partie : une sorte de racisme inversé qui béatifiait l’homme sans autre raison que d’attirer les sensibilités libérales et, bien sûr, le pouvoir américain, à défaut d’attirer les enfants qu’il tue dans des pays démunis, principalement musulmans.

C’est l’Appel d’Obama. Il n’est pas sans rappeler le sifflement d’un chien : inaudible pour la plupart, irrésistible pour les méchants et les sots, surtout les « cerveaux libéraux décapés dans le formaldéhyde de la politique identitaire », comme le disait Luciana Bohne. « Quand Obama entre dans une pièce, s’est épanché George Clooney, vous voulez le suivre quelque part, n’importe où. »

William I. Robinson est professeur à l’Université de Californie et membre d’un groupe non contaminé de penseurs stratégiques américains qui ont conservé leur indépendance pendant les années de sifflement intellectuel depuis le 11 septembre. Il a écrit cette semaine :

« Le président Barack Obama… a peut-être fait plus que quiconque pour assurer la victoire de [Donald] Trump. Tandis que l’élection de Trump a déclenché une expansion rapide des courants fascistes dans la société civile américaine, une issue fasciste pour le système politique est loin d’être inévitable…. Mais cette lutte exige un peu de clarté sur la façon dont nous sommes arrivés au bord d’un précipice aussi dangereux. Les semences du fascisme du 21e siècle ont été plantées, fertilisées et arrosées par le gouvernement Obama et l’élite libérale en faillite politique. »

Robinson souligne que « le fascisme est avant tout une réponse aux profondes crises structurelles du capitalisme, comme celle des années 1930 et celle qui a débuté avec la crise financière de 2008 (…). Il y a une ligne presque droite d’Obama à Trump… Le refus de l’élite libérale de contester la rapacité du capital transnational ainsi que sa marque de politique identitaire ont éclipsé le langage des classes ouvrières et populaires… Ce refus a ainsi poussé les travailleurs blancs dans une “identité” de nationalisme blanc et a aidé les néo-fascistes à les organiser ».

Ce semis est la République de Weimar d’Obama, un paysage de pauvreté endémique, de police militarisée et de prisons barbares : la conséquence d’un extrémisme « de marché » qui, sous sa présidence, a entraîné le transfert de 14 mille milliards de dollars de deniers publics vers Wall Street.

Peut-être que son plus grand « héritage » est la cooption et la désorientation de toute opposition réelle. La « révolution » spécieuse de Bernie Sanders ne trouve pas d’application concrète. La propagande est son triomphe.

Les mensonges au sujet de la Russie — où les Etats-Unis sont déjà intervenus ouvertement dans les élections — ont fait des journalistes les plus importants du monde la risée de tous. Dans le pays dont la presse est la plus libre au monde, le journalisme libre n’existe plus que dans ses honorables exceptions.

L’obsession de Trump est une couverture pour beaucoup de ceux qui se disent de « gauches/libéraux ». Comme s’ils voulaient revendiquer une forme de décence politique. Ils ne sont pas « de gauche », et encore moins « libéraux ». Une grande partie de l’agression américaine contre le reste de l’humanité est venue de prétendus gouvernements démocrates libéraux — comme celui d’Obama. Le spectre politique de l’Amérique s’étend du centre mythique à la droite lunaire. Les « gauchistes » sont des renégats sans abri que Martha Gellhorn a décrits comme une « fraternité rare et tout à fait admirable ». Elle exclut ceux qui confondent la politique avec l’obsession de leur nombril.

Tandis qu’ils « guérissent » et « vont de l’avant », les militants de Writers Resist et d’autres anti-Trumpistes réfléchiront-ils à cela ? Plus précisément : quand un véritable mouvement d’opposition surgira-t-il ? En colère, éloquent, dans le style un pour tous, tous pour un ? Jusqu’à ce que la vraie politique revienne dans la vie des gens, l’ennemi n’est pas Trump, c’est nous-mêmes.

John Pilger

Article original en anglais :

Donald_Trump_by_Gage_Skidmore

The Issue is Not Trump. It is Us., publié le 17 janvier 2017

Traduction: Investig’Action

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Le langage de l’ “État juif” : la violence

janvier 21st, 2017 by Jonathan Cook

Cette photographie prise par Keren Manor est un nouveau témoignage de la situation des Palestiniens – ceux parmi eux qui sont citoyens d’Israël – plus éloquent que tous les mots. L’homme qui gît à terre est Ayman Odeh, membre du parlement israélien, qui est à la tête de la “liste conjointe”, le troisième plus important groupe parlementaire à la Knesset, et l’homme politique palestinien ayant le plus haut rang en Israël.

La police israélienne vient de lui tirer dessus avec des balles enrobées de caoutchouc [1], non pas une fois mais deux fois – y compris à la face. Odeh est l’un des hommes politiques les moins enclins à l’affrontement, parmi l’importante minorité palestinienne d’Israël, qui représente un cinquième de la population. Le message qui est le sien est constamment en faveur de la paix et de l’amitié entre tous les citoyens israéliens, qu’ils soient Juifs ou Palestiniens. Cela ne semble pas lui avoir valu la moindre protection contre la doctrine du “tirer d’abord – discuter ensuite” qui est celle des forces de sécurité israélienne vis-à-vis des Palestiniens.

Cette image devrait être perçue comme aussi choquante que le serait celle d’un Bernie Sanders ou d’un Jeremy Corbin ensanglanté et rampant dans la poussière, sous le regard impassible de policiers étatsuniens ou britanniques.*

Le nettoyage ethnique continue

Le contexte est également important.

Odeh s’était joint au millier d’habitants de Umm al-Hiran – tous citoyens d’Israël – aux premières heures de la matinée de mercredi, pour une manifestation afin d’arrêter les équipes de démolition de 150 habitations de leur village situé dans le Negev. Dans les années 1950, Israël avait autorisé ces familles à s’établir dans la zone de Umm al-Hiran, après les avoir chassées durant la Nakba des terres, beaucoup plus fertiles, où elles étaient initialement établies. Le prétexte invoqué à l’époque pour les chasser des terres de leurs ancêtres était qu’Israël en avait besoin pour installer un kibboutzexclusivement juif.

Tout ceci s’est produit sous le régime de la loi martiale qu’Israël a imposé à ses citoyens palestiniens pendant près de deux décennies. Plus de 60 ans plus tard, exactement le même scénario se reproduit, mais cette fois cela se passe devant des caméras. Umm al-Hiran est détruit afin qu’une communauté exclusivement juive, qui conservera le nom de Hiran, puisse être construite sur les ruines des maisons de ces familles.

Israël n’a jamais inscrit Umm al-Hiran dans un plan d’aménagement du territoire, de sorte que maintenant la localité peut être déclarée “illégale” et ses habitants considérés comme des “squatteurs” et des “intrus”. Ces familles sont donc, pour la deuxième fois, la cible d’un nettoyage ethnique, non pas en période de guerre, mais en temps de paix et par leur propre État*.

Et elles sont loin d’être les seules. Des milliers d’autres familles, et leurs villages, subissent le même sort.

La vérité, c’est que rien n’a changé depuis les années 1950. Israël continue à se conduire comme si la loi martiale s’imposait toujours à ses citoyens palestiniens. C’est toujours un “État juif”, c’est-à-dire un État où les droits des Juifs prévalent toujours face à ceux qui Palestiniens, théoriquement eux aussi “citoyens”. Et il traite toujours les non-Juifs comme une menace, comme un ennemi.

Israël n’est pas un État normal. C’est une ethnocratie, et elle est dirigée par une variante du nationalisme ethnique qui a déchiré l’Europe il y a un siècle.

Ayman Odeh est un leader qui fait campagne pour la paix et l’égalité entre les citoyens Juifs et Palestiniens. Aujourd’hui, il a reçu la réponse [de l’État juif]. La place qui lui est réservée est d’être meurtri, ensanglanté et brisé, rampant dans la poussière. Tel est le langage d’un “État juif”.

Jonathan Cook

Article original en anglais :

Israel_Palestine_Flag

Violence: The Language of a Jewish State. Palestinian Citizens of Israel

Traduction :  Pour la Palestine 

[1] Lorsque dans les médias dominants on parle de “balles de caoutchouc”, il s’agit presque toujours de projectiles métalliques enrobés d’une couche de caoutchouc, susceptibles de causer des traumatismes extrêmement sérieux et même parfois mortels. L’expression est utilisée par ces médias pour donne l’impression

Jonathan Cook vit à Nazareth et est lauréat du prix spécial Martha Gellhorn de journalisme. Ses ouvrages récents sont « Israel and the Clash of Civilisations: Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East » (Israël et le choc des civilisations : l’Irak, l’Iran et le plan de remodelage du Moyen-Orient) (Pluto Press) et Disappearing Palestine: Israel’s Experiments in Human Despair (La disparition de la Palestine : expérimentations israéliennes autour du désespoir humain) (Zed Books).

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Syrie : Casques Blancs, le masque de la terreur

janvier 21st, 2017 by Anna News

Les fameux Casques Blancs, dont un responsable a été reçu en grande pompe à l’Elysée par François Hollande (mais refoulé à l’entrée des Etats-Unis pour ses liens avec des organisations terroristes), nominés pour le Prix Nobel de la Paix, et prochainement adaptés à Hollywood par George Clooney, sont-ils les héros des temps modernes que nous présente la presse française et occidentale ou les dignes épigones des tueurs du Bataclan ?

Sayed Hasan 

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La fine dell’ideologia a Cuba?

janvier 21st, 2017 by Arnold August

Nel 1960, il sociologo ed accademico USA Daniel Bell (1919-2011) pubblicò “La fine dell’ideologia”, opera che è diventata un classico nelle scienze politiche ufficiali. La pubblicazione è stata catalogata, dal Times Literary Supplement, come uno dei 100 libri più influenti della seconda metà del XX secolo.

Nonostante che negli anni 1950 ed inizi anni ’60 ci sono stati altri sostenitori della “Fine dell’ideologia” Bell è considerato come il più influente. Anche se si ebbero alcuni cambiamenti, questa scuola di pensiero ha un denominatore comune. Cercando di non semplificare troppo questa importante tendenza, ai fini del presente articolo, è possibile affermare che sorse a causa del percepito fallimento sia del socialismo, nell’ex URSS, come del capitalismo in Occidente. Vale a dire, nacque in opposizione all’ “estremismo”.

Nel novembre del 1968, insieme ad altri studenti di scienze politiche della McGill University di Montreal, fondiamo l’Associazione degli Studenti di quella disciplina. Organizziamo uno sciopero e presentiamo due principali rivendicazioni: la prima, esigere la partecipazione degli studenti nei comitati di contrattazione della Facoltà; la seconda -associata a questo potenziale rafforzamento studentesco- reclamare un insegnamento ed un curriculum più inclusivo.

Quest’ultimo poteva includere pubblicazioni non solo di Daniel Bell -naturalmente considerato obbligatorio e un indiscutibile riferimento nelle scienze politiche-, ma anche di scienziati sociali progressisti, così come le opere di Marx e di Lenin. Allora quest’ultimo era escluso. Dopo dieci giorni di occupazione e sciopero, la richiesta degli studenti fu accettata dall’università.

Bell non vide giungere l’inevitabile insurrezione che si stava preparando negli USA tra i cittadini di origine africana, poco dopo che il suo best-seller uscisse alle stampe. Quelle lotte progressiste, così come quella dei popoli indigeni, hanno la loro origine, all’inizio delle Tredici Colonie. Negli anni 1960, gli studenti USA furono attratti da ideologie e politiche alternative. Di fatto, il movimento giovanile era onnipresente in tutto il Nord America ed in gran parte dell’Europa.

Mentre negli anni ’60 questa tendenza si caratterizzava per diversi aspetti della sinistra politica ed ideologica, e sperimentava i suoi alti e bassi, sembrava l’addio delle tesi della fine dell’ideologia. Tuttavia, l’eredità di Bell continua a perseguitarci.

Nell’ultimo anno, all’incirca, a Cuba si è registrato un continuo aumento di articoli in un linguaggio indiretto circa l’idea della fine dell’ideologia, scritti da alcuni marginali blogger ed intellettuali cubani. All’inizio erano timidi, ma poi sempre più audaci.

Parlano della “sterile dicotomia tra socialismo e capitalismo”, consigliando ai rivoluzionari cubani di essere “equilibrati e profondi nei loro giudizi” quando si tratta di criticare l’imperialismo USA, o di evitare l’estremo di essere “fidelista o anti-castrista,” etichettando come “estremisti” o “fanatici” i marxisti-leninisti o i fidelisti, scrivendo su due grandi errori del rivoluzionario a Cuba, la destra e la sinistra come un “dogma escludente” e, infine, postulando che “la vita è più complessa anche delle ideologie”.

Leggendo questi articoli ritornavano, continuamente, alla mia mente quei giorni universitari del 1968. Come poteva essere possibile che noi ci opponessimo alla fine dell’ideologia, nel cuore del capitalismo, e che ora essa torni a sorgere – tra tutti i luoghi immaginabili- proprio a Cuba? Si potrebbe sostenere che l’opposizione a Cuba sta venendo da “sinistra”, vale a dire da coloro che affermano di sostenere la rivoluzione. Bene, da dove altro potrebbe sorgere se non dalla cosiddetta sinistra?

Non dimentichiamo che Bell si considerava di sinistra e che la sua opposizione all’ideologia era, apparentemente, da una prospettiva di sinistra e non di destra. E’ così che riuscì a costruire la sua credibilità. Bell si era disilluso del socialismo e non vedeva alcuna alternativa, per cui portò una battaglia sia contro il capitalismo che contro il socialismo. Il suo lavoro riflette il suo dilemma personale e politico. Tuttavia, oggettivamente parlando, questa cosiddetta neutralità rispetto agli estremi consistette nel lanciare un salvagente al capitalismo. Non è un caso che Bell sia così apprezzato dalle élite dominanti dell’Occidente.

Ho sempre affermato che la più pericolosa opposizione alla Rivoluzione cubana proviene dalla cosiddetta sinistra, e non dalla destra apertamente Plattista. Si tratta di un cancro nella società cubana che, se si lascia crescere senza una forte resistenza ideologica, potrebbe influire su qualche ingenuo, soprattutto tra i giovani, gli intellettuali e gli artisti.

Allo stesso tempo, quando Bell scriveva i suoi saggi alla fine degli anni 1950, compilati nel suo volume del 1960, Cuba costituiva lo scenario della più evidente confutazione della sua teoria: l’attacco al Moncada, del 1953, il suo risultante programma ed il trionfo della rivoluzione il 1 gennaio 1959. Fidel Castro ed il Movimento 26 luglio costituirono l’embrionale cammino di una nuova ideologia marxista-leninista a Cuba.

Lungi dall’essere un periodo segnato dalla fine dell’ideologia, Cuba diede al mondo la rinascita e la fiducia nella necessità dell’ideologia. Cuba rappresentò il termine della fine dell’ideologia. La rivoluzione cubana sorse durante l’auge della guerra fredda, ma si erse, risolutamente, contro ogni intimidazione da parte della cosiddetta sinistra o dell’imperialismo. Per la sinistra di quel tempo, e ancor più per la destra, questa posizione non corrispondeva al politicamente corretto. Così, Fidel ebbe la perspicacia di non rivelare l’intero scenario nel periodo iniziale. Tuttavia, l’ideologia era al centro del pensiero e dell’azione.

Dal 1953 Cuba è sempre stata -ed è ancora- la quintessenza dello sviluppo dei principi ideologici. Ogni parola scritta e pronunciata da Fidel è intrisa di ideologia. Cuba non è anchilosata, al contrario continua evolvendosi seconda la situazione. In caso contrario, non avrebbe potuto sopravvivere ai suoi nemici per tutto questo tempo.

Sono convinto che uno dei principali obiettivi di fondo della campagna mediatica corporativa internazionale contro Fidel, poco dopo la sua morte, consisteva in una vendetta dell’imperialismo contro di lui per il suo rifiuto a capitolare sul tema dell’ideologia.

Ma perché? -potranno chiedersi i media interminabilmente- la rivoluzione cubana mai sottoscrisse la fine dell’ideologia, come avrebbe dovuto fare, secondo le scienze politiche ufficiali? In tutti questi anni, dal 26 luglio 1953 fino al 25 novembre 2016, Fidel visse e morì come lo richiese agli altri: come un umile rivoluzionario.

Nell’attuale contesto storico, cercano d’impregnare la cultura politica cubana di “neutralità” riguardo l’ideologia: l’opposizione agli “estremi”, “equidistanza” tra il socialismo ed il capitalismo, ecc, non costituisce una sfida al dogmatismo della sinistra come cercano di presentarlo.

La vera sfida è contro il socialismo e l’ideologia marxista-leninista. Negli anni 1960, la teoria di Bell compiaceva i circoli dominanti che volevano mantenere lo status quo. Le elites erano al potere e non avevano paura di essere sloggiate dal loro stesso capitalismo! La Fine della ideologia e la sua critica al capitalismo era solo un pretesto per criticare il socialismo. Nel 1968, presso la McGill University, questo fu il principale argomento degli insegnanti e amministratori conservatori.

Apparentemente loro non erano né a favore né contro alcuna ideologia. “Tutte le opzioni politiche sono benvenute”, assicuravano. Nonostante, Bell fu ancora più accettato. Egli si opponeva, loro dicevano, sia al capitalismo che al socialismo. Tuttavia, coloro che favorivano lo status quo del capitalismo sostennero la fine dell’ideología.

Coloro che si oppone all’ideologia “estrema” della sinistra furono totalmente integrati nell’ideologia capitalista e aiutarono ad elaborarla e diffonderla. Lo scopo della “Fine della ideologia”, negli anni 1960, e ora rispetto a Cuba, è porre fine alle ideologie marxiste-leniniste e socialista.

Arnold August 

 

Castro Révolution cubaine

¿El final de la ideología en Cuba?By Arnold August, January 06, 2017

Italiano : http://firmas.prensa-latina.cu/

Arnold August : Giornalista e relatore canadese

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Donald Trump le révolutionnaire ?

janvier 21st, 2017 by Oscar Fortin

J’ai lu et relu le discours de Donald Trump à son peuple au moment d’assumer la présidence des États-Unis d’Amérique. Un discours que bien des chefs d’État des pays émergents en Amérique latine et ailleurs dans le monde pourraient faire leur sur de nombreux points.

Le diagnostique, trop sombre pour certains, qu’il fait sur l’état de la Nation met en évidence les faiblesses d’un système qui a servi les intérêts d’une certaine élite, mais qui a laissé dépérir les conditions des travailleurs et du peuple.

 « Pendant des décennies, nous avons enrichi l’industrie étrangère aux dépens de l’industrie américaine; subventionné les armées d’autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée; nous avons défendu les frontières d’une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l’étranger pendant que les infrastructures de l’Amérique se sont délabrées et abimées. »

C’est le genre de diagnostique que font bien des pays du Tiers-monde qui ont souffert de la colonisation de pays puissants venus s’enrichir au dépens des populations et avec la complicité d’une certaine élite nationale corrompue et de politiciens soumis.

Que l’on pense à Fidel Castro qui s’est porté au secours de son peuple, soumis à la dictature de Batista et aux multinationales qui en ratissaient les richesses.  Que l’on pense au Chili d’Allende soucieux de redonner à son peuple son indépendance et les richesses de son pays pour vaincre la pauvreté, assurer des écoles gratuites, des services de santé et redonner espoir et confiance à tous et à toutes. C’est également le cas de la Bolivie d’Évo Morales, de l’Équateur de Rafael Correa, du Venezuela d’Hugo Chavez et de Maduro. Tous veulent redonner le pouvoir à leur peuple et lui assurer la priorité sur ses propres richesses, son indépendance, l’accès à l’éducation, à la santé et à un niveau de vie respectueux de la personne humaine.

N’en va-t-il pas  de même avec Donald Trump ?

« Les Américains veulent de bonnes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et de bons emplois pour eux-mêmes.

Ce sont des revendications légitimes et raisonnables pour un public juste. »

Comment ne pas partager ce point de vue et vouloir qu’il en soit ainsi pour tous les peuples de la terre?

Ces objectifs comportent toutefois des mesures concrètes qui ne seront pas sans affecter ceux et celles qui s’accommodaient bien du système existant.

« Chaque décision sur le commerce, les impôts, l’immigration, les affaires étrangères sera prise au bénéfice des familles et des travailleurs américains.

Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays fabriquant nos produits, spoliant nos entreprises et détruisant nos emplois. La protection conduira à une grande force et prospérité. »

Ces mesures ne sont pas sans nous rappeler celles prises par plusieurs pays émergents dans le monde. De nombreuses nationalisations se sont avérées nécessaires pour que les pays concernés puissent retrouver leur plein pouvoir sur leurs richesses. Il y eut également l’expulsion de diplomates, d’organisations humanitaires aux objectifs malveillants. Des mesures que les grandes puissances qui en bénéficiaient n’apprécièrent guère.

Un des points, sans doute le plus important sur le plan des relations internationales, est celui de reconnaître que chaque peuple dispose de ces mêmes droits et qu’il n’est pas dans sa politique d’intervenir par la force ou les menaces dans les affaires internes des autres peuples.

« Nous rechercherons l’amitié et la bonne volonté des autres nations du monde, mais nous le ferons avec l’idée que c’est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.

Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie, mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre. »

Si Donald Trump donne suite à cette promesse, bien des peuples, victimes de l’interventionnisme étasunien, lui en seront grandement reconnaissants. Il en va de même pour ces centaines de bases militaires qui s’imposent à de nombreux peuples à travers le monde.  Le rapatriement de ces bases militaires lui permettra de faire de grandes économies pour son peuple tout en redonnant aux nations concernées leur indépendance.

La vision que nous livre Donald Trump le rapproche davantage d’un monde multipolaire que d’un monde unipolaire. À ce titre, il se montre ouvert au respect de chaque peuple au droit de chacun de travailler en priorité pour ses propres intérêts. Dans une telle optique, le monde des échanges se convertira en gagnant-gagnant, chacun y trouvant  ses propres intérêts. Un principe avancé par le Président chinois au sommet tout récent de Davos.

L’avenir nous dira si les paroles de Donald Trump seront suivies d’actions concrètes et cohérentes avec ces dernières. La non-intervention dans les affaires internes des autres pays fait partie de celles-là. À y donner suite, les relations internationales entre les peuples en seront profondément modifiées pour le mieux-être de ces peuples.

Ses rencontres à venir avec Vladimir Poutine et le Président chinois nous donneront une première idée jusqu’où il est prêt à aller dans cette révolution.

Oscar Fortin

Le 20 janvier, 2017

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Entrevue accordée par le Président syrien à la chaîne japonaise TBS [Texte intégral]

Question 1 : Merci, Monsieur le Président, pour nous avoir offert l’opportunité de connaître votre point de vue sur ce qui se passe en Syrie et l’avenir de ce pays. Ma première question : maintenant que la rencontre d’Astana approche, que cherchez-vous et qu’en attendez-vous ?

Le président Al-Assad : Tout d’abord, vous êtes les bienvenus à Damas et je suis heureux de m’adresser au public japonais, pour la première fois, depuis le début de cette guerre sur la Syrie. Nous n’avons pas d’attentes, disons que nous avons l’espoir qu’Astana devienne une plateforme de dialogue entre les différentes parties syriennes sur tous les sujets. Mais je pense qu’au tout début, elle se concentrera plus particulièrement sur le cessez-le-feu en différents endroits, afin de protéger des vies et permettre à l’aide humanitaire d’atteindre les différentes régions du pays. Ce sera, ainsi que nous le voyons, la priorité.

Il n’est pas clair qu’elle puisse porter sur un quelconque sujet politique, car il n’est pas encore clair qui va y participer. Jusqu’ici, il s’agit de discussions entre le gouvernement et les groupes terroristes pour établir le cessez-le- feu et permettre à ces groupes terroristes de rejoindre le « processus des réconciliations » ; ce qui signifie, renoncer à leurs armes et bénéficier de l’amnistie du gouvernement. C’est la seule chose que nous pouvons en attendre pour le moment.

Question 2 : Et, acceptez-vous que des discussions sur la formation d’un gouvernement de transition aient lieu au cours de cette rencontre ?

Le président Al-Assad : Tout ce qui sera discuté devra être fondé sur la Constitution, parce qu’elle n’est pas liée à des discussions entre gouvernement et opposition, ou entre gouvernement et groupes terroristes; mais à chaque citoyen qui a le droit de définir l’avenir de la Syrie. Dans notre Constitution, il n’y a rien qui corresponde à un gouvernement de transition, mais la possibilité d’un gouvernement régulier, composé de représentants des différents partis et des différentes entités politiques, que nous qualifions de « Gouvernement d’union nationale ». Par conséquent, oui, il est ouvert à quiconque voudrait y entrer, qu’il appartienne à un parti de l’intérieur ou de l’extérieur de la Syrie. C’est notre position. Plus tard, et à partir d’un tel gouvernement, il sera possible de parler d’élections législatives ou parlementaires aboutissant à la formation d’un nouveau gouvernement, fondé sur les résultats de ces élections.

Question 3 : Le nouveau président des États-Unis, M. Donald Trump, sera bientôt investi dans ses fonctions. Qu’attendez-vous de lui ? Qu’espérez-vous comme changement politique à cette occasion ?

Le président Al-Assad : Comme vous le savez, la plupart des présidents américains étaient issus des milieux politiques ou avaient occupé des postes politiques. Ce n’est pas son cas. Et, si vous lisez les médias, dont les médias américains, il est considéré comme imprévisible parce qu’ils en connaissent peu sur sa vision. La seule chose sur laquelle nous pouvons fonder notre jugement est son discours durant sa campagne pour la présidence, d’où vous pouvez retenir ce qui est bon pour nous et notre priorité d’aujourd’hui : combattre le terrorisme.

Le président Trump a dit que sa priorité était de combattre l’EIIL. C’est évidemment l’un des aspects du terrorisme, l’une des organisations terroristes. Or, lorsque vous parlez de l’EIIL, vous devez aussi parler d’Al-Nosra et, maintenant, de tant d’autres groupes affiliés à Al-Qaïda présents en Syrie. Mais je pense qu’en parlant de l’EIIL, il faisait du terrorisme sa priorité. Par conséquent, nous attendons et nous espérons que la prochaine administration mettra vraiment à exécution cette partie de son discours et aidera ainsi non seulement la Syrie car, aujourd’hui, le terrorisme n’est plus un problème syrien, mais le problème du Moyen-Orient et du monde. Nous espérons que cette nouvelle administration contribuera sincèrement à forger une vraie alliance pour combattre les terroristes dans la région, alliance dans laquelle la Syrie sera évidemment en première ligne.

Question 4 : J’ai lu une entrevue dans laquelle vous avez parlé des lobbies à Washington DC. Ils sont entrain d’empêcher le changement de politique. C’est ce que vous pensez ?

Le président Al-Assad : Il est très clair que de grands médias, différentes institutions et différents lobbies se combinent pour empêcher tout changement qui nuirait à leurs propres intérêts, une politique destructrice que nous observons depuis au moins 17 ans. Depuis l’arrivée de George Bush au pouvoir en 2000, les États-Unis ne font visiblement, que lancer des guerres directes ou par procuration ; ces compagnies, lobbies et médias y trouvant des intérêts financiers dans la plupart des cas. Aujourd’hui, il est évident qu’ils mettront des obstacles pour empêcher toute politique du nouveau président orientée dans le sens de la lutte contre le terrorisme, le respect de la souveraineté d’autres pays et même la détente dans le monde, via de bonnes relations avec la Russie ou avec toute autre grande puissance comme, par exemple, la Chine.

Question 5 : Dans le cadre de la lutte contre ledit « État islamique », chercherez-vous une coordination avec des acteurs tels la Turquie, les Kurdes et les USA ?

Le président Al-Assad : Tout d’abord et pour rester transparent, l’EIIL a été créé sous la supervision des États-Unis en 2006. À l’époque il était confiné en Irak et était désigné par « État islamique ». Ce n’est qu’avec le conflit en Syrie qu’il est devenu l’« État Islamique en Irak et au Levant » ou EIIL [Daech].

C’est alors que la Turquie s’est chargée de le parrainer pour exploiter les champs pétrolifères syriens, exporter le pétrole et ainsi obtenir de quoi financer et armer encore plus de terroristes. La Turquie a donc été directement impliquée dans la contrebande de pétrole et Erdogan, lui-même, est le complice de Daech. Par conséquent, nous ne pouvons pas espérer un vrai combat contre l’EIIL de la part de la Turquie ou des États-Unis.

L’exemple le plus frappant est la reprise de Palmyre par les éléments de Daech, il y a quelques semaines. Ils sont arrivés par le désert sous la surveillance des drones américains. Aujourd’hui, au moment où nous parlons, Daech mène des attaques sur Deir ez-Zor à l’Est de la Syrie, et les Américains ne font rien pour l’arrêter.

Ladite « Coalition internationale contre le terrorisme » opère depuis plus d’une année et demie. Elle n’a rien accompli, parce que les États-Unis ne sont pas sérieux. Quant à la Turquie, Erdogan est un « Frère Musulman », instinctivement proche et sympathisant de l’EIIL et d’Al-Qaïda parce qu’ils partagent la même idéologie. Il ne peut s’en éloigner. Il tente quelques manœuvres pour montrer qu’il est contre les terroristes de l’EIIL et du Front al-Nosra mais, en réalité, soutient quotidiennement ces deux organisations, soutien sans lequel elles ne peuvent pas survivre.

Question 6 : À Alep et ailleurs, vos Forces et les Forces armées russes ont été critiquées pour bombardements aériens des zones résidentielles, des quartiers et des hôpitaux. Diriez-vous que ces tragédies humaines étaient inévitables pour libérer Alep ?

Le président Al-Assad : En réalité, les pays qui ont accusé la Russie et la Syrie de commettre ces crimes ou d’autres, sont les mêmes pays qui ont soutenu les terroristes, en commençant par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et leurs semblables. Ceux-là qui ont soutenu les terroristes directement, à travers les médias et leurs politiques ou par l’envoi d’armes, d’argent et toute sorte de soutien logistique n’ont pas le droit de pleurer sur les civils syriens, car c’est à cause d’eux que ces civils  et qu’un peuple innocent ont été assassinés au cours des six dernières années. C’est le premier point.

Deuxièmement, de par notre Constitution, la loi et la morale, notre rôle de gouvernement est de libérer les citoyens syriens des terroristes. Est-il possible que quelqu’un s’attende à ce qu’un gouvernement qui voit n’importe quelle région de son pays contrôlée par des terroristes qui tuent des gens, qui détruisent tout, imposent leur idéologie haineuse à tout un peuple -l’idéologie wahhabite- regarde sans réagir ?

Si vous voulez parler des victimes, bien sûr que toute guerre fait des victimes et que toute guerre, quelle qu’elle soit, est une mauvaise guerre avec du sang et des morts. Vous ne pouvez pas parler d’une bonne guerre, c’est évident. Et si vous devez recourir à la guerre pour lutter contre le terrorisme, vous aurez des victimes, malheureusement. Nous avons fait de notre mieux pour l’éviter, mais ceux qui ont pleuré sur les civils, ont-ils présenté des preuves attestant que la Syrie ou la Russie, tuaient des civils ?

L’autre question est comment un gouvernement peut-il moralement tuer son propre peuple ? Et aussi, si nous tuons notre propre peuple, les civils, comment pouvons-nous résister six ans en tant que gouvernement, Armée et Président ? Ce n’est pas logique. Ce n’est pas réaliste. Nous sommes là parce que nous avons le soutien du peuple. Mais en fin de compte, comme je l’ai dit, il y a toujours des victimes, et nous espérons que nous pourrons vraiment mettre fin à cette guerre dès que possible; C’est la seule façon d’arrêter l’effusion du sang syrien.

Question 7 : Vos Forces ont été soupçonnées d’avoir utilisé des bombes contenant du chlore gazeux. Le nieriez-vous ?

Le président Al-Assad : Vous parlez d’armes chimiques, c’est-à-dire de l’usage d’armes pouvant tuer des milliers de gens en peu de temps, ce qui n’a pas été le cas en Syrie depuis le début de la crise. Le plus important est qu’en tant que gouvernement, c’est d’un point de vue moral que vous ne le feriez pas. Comme je viens de le dire, vous ne tueriez pas votre propre peuple. Vous n’utiliseriez pas d’armes de destruction massive contre votre propre peuple. Troisièmement, ce qui est plus important encore est qu’en 2013, nous avons signé le traité d’interdiction des armes chimiques et renoncé à notre arsenal. Depuis 2013, nous ne disposons plus d’armes chimiques.

En fait, ce sont les terroristes qui ont utilisé ce type d’armement, une première fois, en 2013. Et, au printemps 2013, nous avons demandé aux Nations Unies d’envoyer une délégation pour enquête, mais les Américains l’ont bloquée parce qu’ils savaient que si la délégation venait en Syrie, elle trouverait la preuve concrète que les terroristes ont utilisé du chlore gazeux contre nos soldats. Aussi, je nierai absolument ce discours qui reflète le récit occidental et fait partie de la diabolisation du gouvernement syrien et de l’Armée syrienne.

Question 8 : Il y a des millions de réfugiés, de personnes déplacées dont des enfants en bas âge, et des centaines de milliers de morts. Comment voyez-vous votre responsabilité en tant que président ?

Le président Al-Assad : Quand vous parlez des réfugiés, vous parlez d’une tragédie, surtout lorsqu’il s’agit des enfants, des jeunes et des moins jeunes, qui n’ont rien à voir avec cette guerre. Ils n’ont aucune affiliation et sont innocents, mais ce sont eux qui paient le prix avant tous les autres. Vous parlez donc d’une tragédie que nous vivons au quotidien ; ce qui, en tant que gouvernement, nous incite à faire de notre mieux pour nous débarrasser des terroristes qui ont créé ce problème et ramener la paix et la stabilité en Syrie.

C’est la question que posent les Syriens au Président. Mais bien que vous compatissiez aux souffrances de tous les Syriens du fait de cette guerre, leur question n’a pas de rapport avec ce que vous ressentez, mais avec ce que vous allez faire. Quand allez-vous vous débarrasser de ces terroristes ?

Et l’aspect le plus important que beaucoup ignorent, en Occident et dans le monde, est qu’une partie du problème des réfugiés n’est pas seulement liée aux terroristes eux-mêmes. Il est lié à l’embargo infligé au peuple syrien par l’Occident et ses alliés. Il n’a pas eu d’effet sur le gouvernement, il a affecté la vie de chaque citoyen syrien. D’où les réfugiés qui se retrouvent à l’étranger, non seulement à cause de la menace des terroristes, mais aussi parce que les besoins fondamentaux d’une vie normale ne sont plus disponibles, qu’il s’agisse de nourriture, d’éducation, de soins médicaux et de n’importe quoi d’autre. Ils ont dû quitter pour trouver, quelque part ailleurs, le minimum vital que tout un chacun recherche.

Question 9 : Dans ce cas et dans le cadre du processus de rétablissement de la paix, considéreriez-vous votre démission comme une option, si vous pensez qu’elle est nécessaire à la réconciliation ?

Le président Al-Assad : La démission ou le maintien du Président est une question nationale qui concerne chaque Syrien, car en Syrie il est élu au suffrage universel direct. Ce n’est donc pas un droit du gouvernement ou de l’opposition, c’est le droit de chaque Syrien.

Quiconque veut que le Président quitte le pouvoir, peut s’exprimer par la voie des urnes. Donc, non, ce n’est pas un sujet dont nous discutons avec l’opposition ou un pays étranger. Il s’agit d’une question syrienne liée à la Constitution. Des élections à la date prévue ou anticipées –qui ne sont pas sur la table actuellement- sont la seule manière de dire si je dois partir ou non.

Encore une fois, je ne suis pas la raison du problème. En tant que Président, je dois aider mon pays pendant cette crise, non fuir et m’échapper en laissant les gens se débrouiller. Non, ce n’est pas la solution. En période de crise, le Président doit tenir la barre. Une fois la crise terminée, il ferait savoir s’il souhaite rester ou partir. Et c’est là que le peuple syrien lui répondrait par un oui ou par un non : vous devez partir, nous ne voulons plus de vous.

Question 10 : Qu’attendez-vous du Japon ? Quel rôle espérez-vous qu’il joue pour la restauration de la paix et la reconstruction de la Syrie ?

Le président Al-Assad : Permettez-moi d’être franc avec un hôte japonais en Syrie. Depuis notre indépendance et le début des relations entre nos deux pays il y a des décennies, le Japon a joué un rôle vital et très important dans le développement de différents pays, y compris la Syrie, en soutenant les infrastructures, etc. Il est toujours resté impartial quant aux différentes questions du Moyen-Orient et a toujours respecté le droit international, jusqu’au début de cette crise.

Pour la première fois, le Japon a rompu avec cette politique en déclarant que le président syrien devrait partir. La question est : cette déclaration, est-elle fondée sur les valeurs et la morale du peuple japonais ? Certainement pas. La moralité rigoureuse des citoyens japonais en la matière est de notoriété publique. Est-elle fondée sur le droit international ? Non, nous sommes un pays souverain, nous sommes un pays indépendant, personne au monde n’a le droit de nous dire qui devrait rester et qui devrait partir. Malheureusement, cette déclaration s’alignait sur la politique américaine et occidentale.

Et puis, le Japon a rejoint l’embargo sur la Syrie alors qu’il aidait le peuple syrien. L’embargo sur le peuple syrien est-il lié à quoi que ce soit concernant les intérêts du peuple japonais, ses valeurs, ses lois, sa Constitution ou quoi que ce soit d’autre ? Je ne le pense pas.

Par conséquent, comment le Japon pourrait-il jouer ce rôle alors qu’il n’a même pas d’ambassade en Syrie et ne sait même pas ce qui s’y passe. En fait, politiquement, les Japonais sont aveugles comme tant de pays occidentaux qui n’ont plus aucune relation avec notre gouvernement ou notre pays. Ils ne peuvent donc jouer aucun rôle parce qu’ils ne sont pas au courant de ce qui se passe et que leurs informations viennent des pays occidentaux, ce qui nous paraît absurde.

Reconstruction de la Syrie ? Vous ne pouvez pas parler de reconstruction alors que vous imposez un embargo. Vous ne pouvez pas me donner la nourriture d’une main et la reprendre de l’autre. Il s’agit de politiques. Les Japonais doivent revenir au droit international, nous sommes un pays souverain. Ils ont toujours respecté la Syrie et nous attendons d’eux qu’ils reviennent vers la ligne qui a distingué le Japon de la plupart des pays du monde.

C’est là que le Japon peut certainement aider les Syriens, jouer un rôle important en ce qui concerne la paix, l’arrêt de l’hémorragie et la reconstruction de la Syrie. La plupart des réfugiés n’ont pas besoin de quelqu’un qui leur dise « vous êtes les bienvenus » en Allemagne, en France ou ailleurs. Ils veulent retourner dans leur pays. Ils ne veulent pas que vous les aidiez là-bas, ils veulent que vous les aidiez ici. C’est ainsi que nous voyons le rôle du Japon à l’avenir. Nous espérons qu’il redeviendra le Japon que nous avons connu par le passé.

Le journaliste : Comme vous le savez, le Japon a de l’expérience en matière d’urbanisme et a joué un rôle dans la construction de la nation il y a soixante-dix ans. Il pourrait vous conseiller pour sa reconstruction.

Le président Al-Assad : Certainement. Nous espérons.

Question 11 : Comme vous le savez, le journaliste japonais Jumpei Yasuda, un journaliste compétent qui est aussi mon ami, a été capturé en Syrie en juin 2015. Avez-vous des informations sur sa situation ?

Le président Al-Assad : Jusqu’ici, non, nous n’avons aucune information à son sujet. Nous en sommes désolés. En tant que Syriens, nous sommes ceux qui peuvent comprendre les sentiments de sa famille. Nous avons tant de disparus par la faute de cette guerre. Si j’ai la moindre information, je vous la communiquerai.

Le journaliste : Il a été pris en otage par le Front al-Nosra.

Le président Al-Assad : Je pense que ceux qui pourraient aider en matière d’informations sont les Turcs, parce qu’ils sont les superviseurs du Front al-Nosra et doivent avoir toutes les informations en sa possession, par le biais de leurs services de renseignement et de leur gouvernement.

Le journaliste : Le gouvernement japonais a-t-il contacté votre gouvernement ?

Le président Al-Assad : Malheureusement, non. Il n’y a eu aucun contact entre nos deux gouvernements et sur aucun sujet, y compris ce journaliste, qui est finalement un citoyen japonais.

Question 12 : Vous avez défini le rôle japonais à travers son rôle de membre de la Coalition des États-Unis. Vous le pensez ?

Le président Al-Assad : En Syrie ?

Le journaliste : Oui.

Le président Al-Assad : La question est : qu’est ce que cette Coalition a pu accomplir ? En réalité : rien ! L’EIIL était en expansion depuis le début de ses frappes aériennes, qui ont été plutôt cosmétiques. En toute franchise, ce n’est que lorsque les Russes sont intervenus fin septembre 2015, que l’EIIL a commencé à rétrécir. Cette coalition n’a rien accompli, sinon tuer des soldats syriens qui combattaient l’EIIL, détruire les infrastructures que les Syriens ont construit depuis l’indépendance, ces soixante-dix dernières années. Et ceci quel que soit le secteur : champs pétrolifères, raffineries, ponts, écoles… Tout a été détruit par cette Coalition. C’est sa seule réalisation, malheureusement.

Question 13 : Combien de temps vous faudra-t-il pour reconstruire le pays ? Quel est votre calendrier ?

Le président Al-Assad : Nous n’avons pas attendu la fin de la crise. Nous avons travaillé les plans et nous avons commencé par les banlieues détruites autour de Damas et maintenant nous planifions pour Alep et d’autres villes, afin de les reconstruire d’une manière moderne. Nous n’avons pas attendu et nous n’allons pas attendre. Nous pouvons commencer de suite, car le peuple syrien est déterminé à reconstruire le pays.

Nous avons bâti la Syrie. La Syrie n’a pas été bâtie par des étrangers. Nous l’avons fait avec nos ingénieurs, notre labeur, nos ressources et l’aide technique, mais non financière, de quelques amis. Nous pouvons donc la reconstruire. Cela prendra du temps parce qu’il faudra beaucoup d’argent. Chaque Syrien reconstruira sa maison selon ses moyens, même limités. Puis, il y a les réfugiés et les expatriés, dont certains aisés qui veulent revenir. Il y a le soutien de nos amis en Russie, en Chine, en Iran. D’autres pays ont commencé à en discuter et nous proposent leur aide financière.

Des ressources existent et il faudra du temps, mais le plus important est que vous ayez la capacité de reconstruire votre pays. Nous ne sommes pas inquiets à ce sujet. Ce qui nous préoccupe, c’est comment reconstruire l’esprit des gens qui ont été sous le contrôle de l’EIIL et d’Al-Nosra pendant de nombreuses années.

Comment reconstruire les esprits pollués par instillation de l’idéologie wahhabite ou haineuse, comme je vous l’ai décrite. Des gens qui ont vu la mort et les meurtres, des meurtres commis parfois par de jeunes enfants sur des adultes innocents. Comment reconstruire et réhabiliter ces esprits ? C’est notre plus grande préoccupation de l’après-crise.

Journaliste : Merci. Merci beaucoup.

Le président Al-Assad : Merci à vous.

 

Dr Bachar Al-Assad

Président de la République arabe syrienne

20/01/2017

Source : SANA [ Syrian Arab News Agency]

Texte original en anglais

http://sana.sy/en/?p=98592

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=pieZO1jRc5w

Traduit par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

 

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Incertitude politique en Irak post-Daech

janvier 20th, 2017 by Andrew Korybko

Le futur politique de l’Irak est encore incertain à cause de l’approfondissement des divisions du pays entre ses différentes composantes chiite, sunnite et kurde, qui ont été exacerbées par Daesh au cours des dernières années. Certes, l’Irak est depuis 2003 miné par des violences communautaires, mais jamais auparavant ces trois communautés n’ont été aussi éloignées l’une de l’autre. Jusqu’à présent, aucune n’avait de base sérieuse pour proclamer sa quasi-indépendance, à part bien sur les Kurdes, mais même Erbil (capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, appelée Hewlêr en kurde, NdT) ne pouvait espérer proclamer son indépendance tant que l’armée irakienne projetait une image de puissance dans tout le pays.

Cependant, il s’agissait exactement de cela, une simple image de puissance, comme en atteste la rapidité avec laquelle l’armée irakienne a reculé devant l’offensive de Daech à l’été 2014. La situation actuelle de dramatiques divisions communautaires en Irak est directement liée à cette période au cours de laquelle le soi-disant État irakien unifié a cessé d’opérer dès lors que son pouvoir s’est retrouvé confiné à la seule ville de Bagdad, et encore pas dans tous les quartiers.

L’actuelle campagne de libération de la ville de Mossoul progresse au ralenti, une situation qui peut être attribuée à la dangereuse méfiance mutuelle que se portent toutes les factions « alliées », ainsi qu’à l’effort des États-Unis d’exacerber cette méfiance mutuelle afin de mieux « diviser pour régner » sur ce qui est de facto son ancienne colonie irakienne. De plus, l’intrusion de deux autres puissances étrangères, en plus des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, a transformé l’Irak en une zone de conflits par procuration, à l’instar de la Syrie et de l’Afghanistan.

Pour simplifier, la Turquie soutient le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak [abrégé en GRK, NdT] à cause des liens étroits avec Ankara cultivés depuis des années par son dirigeant Massoud Barzani, tandis que l’Iran soutient les milices chiites, et les États-Unis l’armée régulière irakienne et quelques tribus sunnites triées sur le volet. Même s’il existe des rapports faisant état de tensions entre les Kurdes et les chiites (et plus généralement on pourrait dire entre la Turquie et l’Iran par le biais de leurs alliés sur le terrain en Irak), le détonateur d’une guerre civile potentielle en Irak se situe entre les sunnites et chacun des deux autres groupes.

De plus, le pouvoir à Bagdad, quelle que soit la faction ethnico-religieuse qui le domine à un moment donné, est réticent à décentraliser l’État plus qu’il ne l’est déjà, ce qui signifie que le pouvoir à Bagdad résistera à toute tentative de développement d’un fédéralisme identitaire dans un environnement politique débarrassé de Daech, même s’il est difficile d’affirmer qu’il risquerait une guerre civile sur cette question.

Ceci nous amène à analyser l’éventualité d’une nouvelle période de violences communautaires après que l’Irak soit nettoyée de l’engeance que représente Daech. Ni l’Iran ni la Turquie ne veulent voir leur voisin commun plongé dans une guerre sans fin, même s’ils ont tous les deux des intérêts à protéger au sein même du territoire irakien. Toutefois, étant donné la nouvelle lune de miel dans laquelle convolent Téhéran et Ankara depuis l’échec du coup d’État fomenté par les États-Unis contre Erdogan, il est peu probable qu’ils se risquent unilatéralement à des manœuvres dangereuses qui pourraient être interprétées par l’autre partie comme susceptibles de déclencher une guerre civile. Ainsi, il est probable que ces deux puissances moyen-orientales soutiennent une initiative tendant à faire de l’Irak un État fédéral, avec la création légale de trois micro-États indépendants de fait les uns des autres, basés sur les trois communautés identitaires qui peuplent l’Irak aujourd’hui.

Pour être honnête, la minorité sunnite pro-américaine est aussi, d’une certaine façon, en faveur d’une telle solution, et a milité auparavant en ce sens. Le problème, tel que cette minorité le perçoit, est que les régions kurde et chiite de cet Irak fédéral contiennent la majorité des réserves pétrolières du pays et concentrent la majeure partie de l’activité économique du pays. Cela signifie que la partie sunnite de cet arrangement territorial serait la plus pauvre et sous-développée, ce qui ne manquerait pas de devenir un terreau fertile pour la propagation d’idéologies radicales, et la prolongation de sympathies pour Daesh. Même si la partie sunnite du pays parvenait à obtenir un partage des revenus pétroliers de la part des deux autres entités, ce qui est hautement improbable, cela ne constituerait aucunement un palliatif à ses lacunes économiques et idéologiques. Ainsi, quelle que soit la constitution de l’Irak post-Daech, de nature fédérale ou autre, il apparaît que la partie sunnite du pays restera la plus potentiellement belligène et sujette à des influences et provocations extérieures, ce qui semble expliquer pourquoi cette solution a la faveur des États-Unis.

Washington a compris que cette communauté sunnite peut constituer une plate-forme fiable pour la déstabilisation du champ de bataille interconnecté qu’est devenu le Syrak (Syrie et Irak). Même si les Kurdes peuvent fort bien remplir la même fonction stratégique, et ils le font déjà à l’heure actuelle du fait de leurs liens étroits avec les États-Unis et Israël, il y a de fortes chances que le concert tripartite des grandes puissances que forment la Russie, l’Iran et la Turquie réussirait à neutraliser, ou tout du moins à diluer cette menace stratégique.

À l’opposé, il est moins sûr qu’ils y parviendraient de la même manière avec les communautés transnationales et ultra-traditionnelles sunnites qui peuplent les zones rurales du Syrak : en effet, la diffusion d’images de la neutralisation des minorités sunnites serait extrêmement dommageable et pourrait provoquer des tensions régionales, sans parler d’un possible éclatement de cette tripartite russo-irano-turque naissante, si la majorité sunnite venait à être isolée [par les États-Unis et Israël, NdT] d’une Turquie musulmane influencée par les Frères musulmans.

Dans un avenir proche, le rapport de force en Irak post-Daech, qui dépend largement de la campagne actuelle de libération de Mossoul, nous donnera une indication claire de la direction politique que prendra l’Irak. La possibilité d’un conflit ethnique précédant ou suivant immédiatement la fin de cette campagne militaire est très élevée, et les États-Unis et leurs alliés du Golfe pourraient très bien créer les conditions pour la réalisation de ce scénario, afin de mieux pouvoir diviser pour régner dans la région du Syrak, tout en créant des difficultés nouvelles pour la Turquie et l’Iran.

Le scénario idéal verrait un Irak revenir à sa structure politique antérieure, à savoir un État reposant sur des tensions communautaires mais « unifié ». Cela semble toutefois impossible, ce qui signifie qu’il est bien plus probable qu’un fédéralisme identitaire soit largement instauré dans le futur. Cela amènera son lot de difficultés, à savoir sur la réorganisation territoriale du pays, en particulier au sujet des revendications kurdes sur la région de Kirkouk. Il faut anticiper d’autres problèmes au sujet du partage des revenus pétroliers, de l’organisation des forces armées de chaque micro-État, de la division de Bagdad, et de l’autorité hypothétique que détiendront le gouvernement central et ses différents corps (militaire, fiscal, diplomatique, etc.) sur chacune des trois entités.


 

Andrew Korybko

Hamsa Haddad

Article original en anglais :

Flag_of_Iraq_(2004-2008).svg

Political Uncertainty In Post-Daesh Iraq

Paru sur New Eastern Outlook

Traduit par Laurent Schiaparelli, vérifié par Wayan, relu par Cat pour Le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence de presse Sputnik. Hamsa Haddad est un chercheur syrien basé à Moscou.

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This paper will reconsider previous work on the demographic transition under way in West Papua (the Indonesian provinces of Papua and Papua Barat) in the light of documents received from the Indonesian Statistics Office (Badan Pusat Statistic BPS) that give an ethnic breakdown across the 29 regencies that comprise Papua province and the eleven regencies in Papua Barat. They show that, while the proportion of Papuan people as a percentage of the entire population continues to decline, this process varies widely between different regencies. While some have a strong majority of non-Papuan people other regencies are still overwhelmingly Papuan.

This dichotomy is closely linked with topography – the mountainous interior outside of urban areas having a Papuan majority and the accessible lowlands a non-Papuan majority. The consequences of this dichotomy – a large chunk of West Papua about the size of Great Britain is peopled almost exclusively by Melanesian people, even as some of the coastal regions become non-Papuan majority– is profound. West Papuans of the interior have not only survived Indonesian occupation but have kept their lands and cultures largely intact, which continues to underpin calls for an independent West Papua and conflict with the Indonesian government and its security forces.

While coastal regions continue to receive large numbers of non-Papuan migrants resulting in the increasing minoritisation of the Papuan people and their concomitant militarization, marginalization and dispossession. This process is also occurring in the highlands from expansion of the oil/gas sector and mining sector; the proliferation of new regencies (with new bureaucracies) and the continuing development of new roads, all of which alienate traditional land and draw in migrants. Meanwhile the conflict over the political status of West Papua will continue, and indeed grow, as external actors, such as the Pacific countries of Vanuatu and the Solomon Islands, shine a spotlight on the conflict and advocate for the right to self-determination for the West Papuan people.

The Importance of West Papua to Indonesia

The territory of West Papua (the Indonesian provinces of Papua and Papua Barat) makes up about 24% of Indonesia’s total landmass but contains only 1.7% of the nation’s population. It is also Indonesia’s richest region in terms of natural resources with the largest extant tracts of rainforest in south-east Asia; vast oil and gas reserves, and possibly the world’s largest deposits of copper and gold. Indeed the Papua’s giant Freeport Mine is the largest economic entity in Indonesia and the country’s largest taxpayer.

The economic exploitation of these resources, especially in the establishment of massive oil palm plantations (millions of hectares are underway or planned), and the economic opportunities that arise from a fast growing local economy has drawn in hundreds of thousands of migrants from other regions of Indonesia motivated by self-interest and previously by government sponsored transmigration programs. The migrants differ starkly from the indigenous (mainly Christian) Melanesian inhabitants of West Papua, being light skinned Asians predominantly of the Muslim faith.

West Papua is also symbolically central to the self-conceptualization of the Indonesian state as an archipelago nation whose motto is Bhinneka Tunggal Ika (Unity in Diversity) and it represents the final victory of the Indonesian nationalists over the Dutch after 350 years of brutal colonial rule. This means that the future of West Papua, and the movement by Papuan nationalists to break away from Indonesia, is a first order concern for the Indonesian government and military. The demographic transition now underway wherein new migrants have become the majority in many regencies is one of the underlying drivers of conflict in West Papua and is fueling the widespread desire for independence amongst the Papuan people. This is resulting in a direct challenge to the authority and legitimacy of the Indonesian state and its sovereignty over West Papua.

Map One showing the territory of West Papua (the Indonesian provinces of Papua and Papua Barat), previously known as Irian Jaya. Note the large chain of mountain ranges that run through the island of New Guinea all the way to the Bird’s Head region and the flat coastal plains to the north and south of this highlands region.

West Papuan Demographic Transition

In a series of papers since 2006 I have examined the demographic transition that has taken place in West Papua following Indonesian takeover in 1962-63, and especially since the census of 1971, which found the total population of 923,000 as being 96% Papuan and only 4%, or 36,000 people, as non-Papuan1. The basis of this argument is that the non-Papuan sector of the population is growing faster than the Papuan sector due to large scale inward migration of non-Papuans from other parts of Indonesia and the vastly substandard living conditions of ethic Papuans, including high infant and maternal mortality rates, that cause a lower overall fertility rate. Due to patchy statistical information the rate of growth of the two population sectors had to be estimated from different censuses data and then extrapolated as a projection of a possible future demographic break down.

While the trends are clear and unambiguous the actual population growth rates vary depending on assumptions about future inward migration and respective fertility rates. It also must be presumed that in a region as vast and as rugged as West Papua, census data will always be incomplete, as well as containing certain inaccuracies. Therefore while the data allows one to establish trends with great confidence, the precise number of future population segments should be taken as indicative (with the caveat that projections are based on past growth rates remaining consistent, which may not always be the case). Nonetheless the population of West Papua continues to grow and the percentage of the population which is non-Papuan also continues to rise. This is a driver of conflict: newcomers take resources such as land, forests and minerals from traditional land owners; the Indonesian security apparatus continues to grow to maintain control over the territory and resource extraction in particular; Papuan people are further marginalized and lose even their basic freedoms of speech and association, and so Papuan discontent at the Indonesian occupation also grows and with it the desire for independence. Therefore understanding the demographic transition that is underway is central to comprehending the nature of the conflict in West Papua.

Where this paper extends the argument made in previous works is in the examination of the Papuan population on a regency by regency basis. Whereas in previous analyses the figures were largely conflated to look at the territory of West Papua (both Papua and Papua Barat provinces) as a whole, we are now able to rather forensically examine each particular region in isolation. This allows a deeper more finely grained insight into the process.

Map Two showing the territory of West Papua including the Indonesian provinces of Papua and Papua Barat (West Papua) and the administrative regions called kabupatan (regencies).

My previous analysis determined that the long term annual growth rate for the Papuan population was 1.84% and that of the non-Papuan population 10.82%2 for the period from 1971 up to 2000. From my calculations this meant that indigenous Papuans comprised about 48%3 of the entire population of West Papua (Papua and Papua Barat provinces) in 2010. The figures received from the BPS are from the 2010 census and identify the inhabitants of Papua province as either Suku Papua (Papuan tribe) or Suku Bukan Papua4 (non-Papuan tribe). According to these figures out of a total population of 2,883,381 in Papua Province, some 2,121,436 were Papuan (73.57%) and 658,708 Non-Papuan (22.84%), the remainder being unknown. The BPS figures for Papua Barat show that the total population is 753,399 of which 51.49% is Papuan5.

Thus these BPS figures differ somewhat from my previous figures where I estimated that in 2010 for a combined population of Papua Province and Papua Barat Province of 3,612,854 some 1,730,336 (47.89%) were Papuan and 1,882,517 (52.10%) were non-Papuan. The new BPS figures now indicate that the Papuan proportion of the total population of Papua and Papua Barat provinces is 66.26%, or 2,409,670 Papuans out of a total population of 3,612,8546. This means (according to the BPS figures) that the historical growth rate of the Papuans for the period 1971-2000 (1.84%) and the non-Papuans (10.82%) have changed. However the total number of Papuans in the 2000 Indonesian census, where there was a breakdown of tribal populations, was 1,505,405 while the number of Papuans in the 2010 Indonesian census (Papua and Papua Barat provinces) was 2,409,670. This seems hard to believe as it implies a Papuan population growth rate of nearly 5%. The historical Papuan growth rate was 1.84% (1971 to 2000). The current estimated growth rate for the whole of Indonesia is 1.40%7. The 2013 estimate for the growth rate of PNG is 2.1%. How can a growth rate of 5% for the Papuan population be explained? The answer to this question explains why there is a divergence of my previous predictions and the figures released by BPS.

One explanation is that previous and current Indonesian governments have deliberately pursued a policy that researcher and analyst, Emil Ola Kleden describes as the ‘unclarity of ethnic composition in Papua [that] reflected Indonesia’s lasting political stand on this issue. Both Old and New Order regimes held the view that knowing the ‘truth’ about ethnic composition could result in social and political instability8’. One example of this policy of ‘unclarity’ is that the BPS documents from the 2010 census relating to ethnicity quoted in this paper were only briefly displayed on the provincial BPS website before being taken down9.

Besides any deliberate Indonesian government policy there are several other possible explanations for the confusion over the Papuan population growth rate and the subsequent total Papuan population and they lie in the uncertainty of the data collected by BPS over various census periods. I have derived my figures from the 1971; 2000 and 2010 censuses and extrapolated growth rates from the changes in population numbers between censuses. It is very possible that:

  • The 1971 census was inaccurate due to the recent takeover of Irian Barat (as the territory of West Papua was then officially designated) by the Indonesian military; the relatively loose state control over a vast and wild country and the limited resources of the Indonesian state apparatus to conduct such a census.
  • The 2000 census was inaccurate due to the widespread turmoil that was unfolding across much of Eastern Indonesia in the wake of the fall of President Suharto and the subsequent independence of East Timor. In West Papua militia and other groups were active and the Indonesian state apparatus was again poorly equipped to undertake such a huge process as a census across the vast and restless stretches of West Papua.
  • The 2010 census may well be accurate, although given that West Papua remains a very large and relatively undeveloped region with low population densities spread throughout very rugged terrain where a low level insurgency still continues it is highly likely some groups were not included. It is also possible that groups of Papuans were included who had not been included in previous census (which could go some way to explaining the rapid increase in the number of Papuans).
  • Anecdotally there has been an incentive for the local regent (bupati) and other local leaders and politicians to inflate the number of people in villages and tribes to leverage more resources from the provincial government – funds allocated for health and education services for instance. This may or may not have had an effect on census data.

Besides actual difficulties in data collection there are also assumptions embodied in the data that may impact the outcome – either intentionally or unintentionally. For instance Table One shows the average annual population growth rates for Indonesian provinces going back to 1971 by decade. For Papua (and previously Irian Jaya Province) the growth rates have been 2.31% (1971-1980); 3.46% (1980-1990); 3.22% (1990-2000); 5.39% (200-2010) but just 1.99% for 2010-2014. This last figure is an estimation as censuses are conducted every ten years. This is counter intuitive as the population growth rate has been growing for four decades in a solid trend, inward migration of non-Papuans into Papua has been strong in recent years (not least due to massive development in the oil palm sector that has brought in many workers), and there has been rapid growth in (non-Papuan dominated) urban areas.

Together the above points mean that the data provided by BPS must be used with a degree of caution. It is highly possible that Papuans who missed out on earlier censuses due to their isolation were included in subsequent censuses as the strengthening Indonesian state apparatus and modern communications and transportation improved the efficiency of BPS field operatives. It is also quite possible that the numbers of Papuan people living in remote regions have been inflated to secure more government funding (and electoral advantage).

Does this mean that it is impossible to draw conclusions on the demographic transition that is underway in West Papua? No. Even if precise numbers might be elusive trends can clearly be established from the BPS data which hold even when the exact numbers of respective population groups are unclear. By examining the data from the 2010 census it is apparent that:

  • The percentage of Papuans as a proportion of the total population of the Papua and Papua Barat is falling over time, primarily due to inward migration. This process is ongoing.
  • In some regions the percentage of Papuans as a proportion of the population has fallen catastrophically. This is particularly true in most urban centres such as Jayapura and Sorong, and in the flat coastal areas such as Merauke and Keerom. This process is ongoing (see below).
  • That in large areas of the highlands and remote regions of both Papua and Papua Barat provinces Papuan people still make up in excess of 90% of the total population.

Figures from the BPS publication, Profil Penduduk Menurut Suku Hasil SP 2010 di Papua, (Population Profile Result According to Tribe in Papua 2010), show that the most of the Non-Papuan population reside in only a few of Papua’s 28 kabupatens (regencies). According to the Suku document 556,422 Non-Papuans (84.47%) out of the total 658,708 are found in just seven of Papua’s 28 regencies, leaving just 102,286 non-Papuans spread out in the remaining 21 regencies.


Table One showing average annual population growth rates by decade. Source: BPS.

It is clear that the trend of an increasing proportion of non-Papuans in the overall population of Papua and Papua Barat province is continuing. What the Suku document shows is that the non-Papuans are concentrated in a few regencies, most of which are located in the border region close to neighbouring PNG; in Mimika near the Freeport Mine; on Biak Island and in the urban centre of Nabire. Table Two shows the actual breakdown for each regency in Papua Province by ethnic group. This table shows that there are five regencies with a majority of non-Papuans: Merauke (62.73%); Nabire (52.46%); Mimika (57.49%); Keerom (58.68%), and Jayapura City (65.09%). This means that there are still 23 regencies where Papuans are in the majority although there are another six with substantial non-Papuan populations: Jayapura (rural) (38.52%); Yapen Waropen (21.91%); Biak Numfor (26.18%); Boven Digoel (33.04%); Sarmi (29.75%), and Waropen (20.41%). The remaining 17 regencies are all overwhelmingly Papuan in their ethnic composition, although with a non-Papuan presence concentrated heavily in the towns. For instance Lanny Jaya is 99.89% Papuan; Tolikara 99.04%; Yahukimo 98.57%; Paniai 97.58%, and Jayawijaya 90.79% Papuan. This dramatic population disparity is graphic shown in Table Three.

Table Three, Jumlah Penduduk Suku Papua dan Bukan Papua Menurut Topografi Wilayah di Papua, Tahun 2010 (Total Population of Tribe Papua and not Tribe Papua According to Topography in Papua Year 2010), is quite staggering in revealing the incredible inconsistency in the ethnic makeup of the various regencies in Papua Province. Table Three divides the regencies of Papua Province into three geographical zones: Dataran Mudah (easy plains); Dataran Sulit (difficult plains) and Pegunungan (mountain range). It is immediately apparent that the non-Papuan population is predominant in the hospitable ‘easy plains’, significant in the ‘difficult plains’, but very sparse in the ‘mountain ranges’. The non-Papuan population has moved to and settled regions most conducive to types of agriculture of industrial development in line with the economic models seen elsewhere in Indonesia. They have not moved in large numbers to the mountainous regions – with some exceptions such as the fertile agricultural lands of the Baliem Valley where much land has been ‘bought’ from traditional Dani subsistence farmers.

In Papua Barat province the population divide similarly runs between urban and remote areas. In Sorong regency Papuans make up only 36.07% of the population and non-Papuans 73.93% with Javanese being the single biggest ethnic group at 41.46%. Meanwhile the mountainous regencies of Trambraun and Maybrat both have Papuan populations in excess of 95% of the total populations10.

Table Two showing the ethnic breakdown of regencies into Papuan and Bukan Papuan (non-Papuan) charts in 2010. Source: Indonesian Statistics Office, BPS.

Table Three showing the regencies of Papua Province broken into Papuan and Bukan Papuan (non-Papuan) population cohorts and by geographic region into Dataran Mudah (easy plains); Dataran Sulit (difficult plains) and Pegunungan (mountain range). Source: Indonesian Statistics Office, BPS. Note that the non-Papuan population cohort is indicated by the darker shaded portion of the bar graphs and is predominantly in the Dataran Mudah (easy plains) region of Papuan province. Relatively few non-Papuan people live in the Pegunungan (mountain range) regions of the highlands.

This situation has echoes of the occupation of Australia by European settlers. The fertile ‘easy’ country of the coastal regions, particularly along the Eastern seaboard, was quickly taken over by farmer settlers, but the harsh interior and northern reaches of Australia were left alone for nearly a century from initial European invasion in 1788. It was really only with the expansion of the cattle industry in the late nineteenth century that large areas of the centre and north were occupied by the colonialists, driven by commercial imperatives. Similar settlement patterns unfolded in New Zealand, Canada and the United States where the economics of settler colonization (where the colonisers never left) resulted in widespread land alienation from traditional owners and the death of indigenous peoples on a massive scale. Will this same process unfold in Papua Province driven by mining projects, new regencies and roads as well as new military bases, rather than cattle?

Whereas in previous analysis’s I conflated the population segments and treated the population of West Papua (Papua Province and West Papua Province) as a single entity and extrapolated future population projections based on previous growth rates, the Suku, and other, documents allow for focused analysis. The basic finding that the non-Papuan sector of the population is growing faster than the Papuan is sound, but with great regional variance. The projection that the non-Papuan sector of the population would come to dominate the Papuan sector and comprise a majority is correct in certain regencies, but clearly not yet happening in other regencies, especially in the highlands. The non-Papuan sector of the population now clearly dominates the richest areas and the urban centres of power, with all the benefits that brings such as education and health services.

One region where the demographic transition has been well researched is Keerom, where non-Papuans made up around 60% of the population in 2010 (this figure would be significantly higher in 2017). From being 100% Papuan in 1963 the authors’ predict on current trends that the Papuan percentage of the population will fall to 15-20% within the next decade or so11. The Papuans are systematically discriminated against by having manifestly inferior health and education services, greatly reduced access to sealed roads, piped water and electricity and have lost large areas of land to migrant ‘land grabbing’ for both small scale agriculture and large scale oil palm projects12. Besides the racial divide the two populations are also divided by religion – Papuans being predominantly Christian and migrants predominantly Muslim. Fear and mistrust characterize relations between the two communities. As migrants continue to encroach on Papuan land tension continues to simmer. Such conditions are a breeding ground for inter-ethnic violence, up to and including genocide, which I have discussed at some length in previous publications13.

Another region where non-Papuan domination has already become entrenched is in Merauke Kabupaten, in the southern region of Papua province, where the Papuans comprised less than 40 percent of the population in 2010 (this figure would be lower in 2017). This is a region where huge oil palm development is proceeding as part of the Merauke Integrated Food and Energy Estate (MIFEE). Millions of hectares of plantations are underway or in the planning stages – all on land taken from traditional owners, often under coercion and with little or no compensation. Papuans are even deprived of employment as labourers on the plantations as workers are being brought in from Java, many of whom apparently do not speak the lingua franca and official national language, Bahasa Indonesia (and are therefore unable to communicate with local Papuans who can speak it)14. The Javanese are seen as more reliable and dedicated workers than the Papuans – which may be true as the Papuans are used to the more relaxed lifestyle of subsistence farming15. Apparently these Javanese settlers have themselves been forced off their land in Java due to large scale industrial developments, for example, the expansion of Java’s network of freeways; there is therefore an economic imperative to resettle them elsewhere and Papua is still seen as largely ‘empty’.

Ethnic tension in Merauke is high and minor incidents, such as traffic accidents, easily escalate into violent stand offs where the (predominantly non-Papuan) police side with the migrants. There are reports that police are also arming migrants, who are fearful of the Papuans’ ‘primitiveness’16 and believe them to be uncivilized and violent. Further exacerbated by religious differences this situation is a powder keg contained only by a repressive military and police presence. It is a situation where everyday life is one of oppression and misery for most of the Papuan population who suffer the indignity of being an occupied population: having their traditional lands stolen; discrimination in employment; very poor levels of health and education services and no basic freedoms of expression and association. Violence meted out to Papuans suspected of supporting ‘separatism’ is swift and ranges from beatings, incarceration and torture to extrajudicial killings. The police and military act with impunity and the legal system is effectively an arm of the security apparatus.

Concluding Comments

Previously I have predicted that, if the trends of the past few decades remained constant, the Papuan sector of the total population of West Papua would continue to fall until it was a ‘small and rapidly dwindling minority’17. This paper extends that argument and finds while such a conclusion is correct for some regencies, it is not for others. Indeed the situation predicted as a possible future for West Papua as a whole – the minoritisation of the Papuan people – is already a reality in rural areas such as Keerom and Merauke, and urban centres such as Jayapura and Sorong.

The fact that only relatively small numbers of migrants have moved into the highlands regions of Papua and Papua Barat means the highland Papuan groups, such as the Dani and the Mee, are not in imminent danger of becoming a ‘small and rapidly dwindling minority’, even as their lowland brothers and sisters suffer that fate. Migrants are increasingly drawn to the economic advantages, and relative safety, of the lowland regions where they can work on oil palm plantations or ‘own’ their own small agricultural blocks, as well as works as traders, public servants and participants in the rapid economic expansion that is underway. These opportunities are more limited in the highlands but growing as new regencies are created and new roads and settlements built, and as mining and oil/gas projects proliferate.

While some regions are Papuan dominated and others migrant dominated, regions such as Sarmi, Biak Numfor and Jayapura (rural) still have a Papuan majority but are receiving large numbers of migrants. If these trends continue they will end up in the same pernicious situation as the migrant dominated areas discussed above where the Papuans become marginalised and their future existence is put in peril.

The consequences of these new findings are profound:

  • The Papuan people living in regencies such as Sorong, Merauke, Jayapura City, Keerom and Mimika are already a minority and are set to become further marginalized as non-Papuan migrants continue to arrive to work in the agricultural sector and pursue other economic opportunities. Non-Papuan migrants clash with the Papuan population due to loss of traditional lands; discrimination in employment, health and education services; religious tensions, and by the increasing suppression and human rights abuses inflicted by Indonesian security forces, especially in response to perceived ‘separatist’ activity. This is set to continue and grow as more non-Papuan migrants arrive, fueling ethnic tensions and laying the ground for violent, even genocidal, conflict.
  • The Papuan people living in regencies in the mountainous interior of the country are still the overwhelming majority. The relatively small number of non-Papuan migrants in these areas are involved in trade, civil service, the construction industry and the security forces. While new roads, airports and industrial developments are underway, large numbers of migrants will only arrive when economic opportunities are present, such as oil palm or other plantations (where possible); mines; gas and oil fields are expanded or other projects are established. It seems likely that this will occur, at least in some areas, as the economic imperative driving development reaches ever further into remote areas. Conflict over such resource development and the ongoing security response with ‘sweeping’ operations and military reprisals seems likely to continue under current Indonesian government policies. The situation can be described as ongoing insurgency which is now characterized by non-violent resistance on the part of the Papuans demanding not just their basic human rights but also that of self-determination, bolstered by rapidly growing international support, particularly from the small Pacific island nations such as Vanuatu and the Solomon Islands.
  • Given the above the conflict in Papua Province (and West Papua Province) will only grow short of a fundamental shift in Indonesian policy including: the recognition of traditional land ownership rights; ceasing militarization and military impunity; respect for the fundamental human rights of free speech and association; progressive education, health and employment opportunities, and the emergence of political organisations that adequately reflect the interests of the Papuan people. At this stage such policy shifts by the Indonesian government appear unlikely.
  • International support for the basic rights of the Papuan people is growing rapidly with a goal of taking the issue to the United Nations, having (West) Papua put back on the Schedule of Non-Self Governing Territories and, ultimately, having the flawed 1969 Act of Free Choice, whereby Indonesia gained sovereignty over the region, revisited. These figures mean that the ‘problem’ of West Papua will not be resolved any time soon by the effective minoritisation of the Papuan people, at least not in the highlands. On the contrary large portions of the Papuan people retain their lands and cultures intact and are quite capable of both having an open and honest vote on their integration into Indonesia, and, given the chance, functioning as an independent nation.

This paper shows how that the process of settlement by recent non-Papuan migrants in the territory of West Papua is far from uniform. On the contrary most of the migrants have settled in the coastal plains and urban centres while the vast highlands regions remain populated predominantly by Papuan people. However the highlands regions will be increasingly attractive to migrants as the Indonesia government pursues aggressive economic development policies including creating new regencies (and their concomitant bureaucracies); building roads and developing mineral; oil/gas and forestry resources. While the Indonesian government claims that accelerated development will help resolve Papuan grievances against Indonesian rule the opposite is likely as the Papuans get left behind in the development process in favour of non-Papuan migrants; they become further marginalized within an Asian Muslim society, and their traditional lands are forcibly taken over by government or commercial interests. Therefore it looks likely that the changing demographic make of West Papua will continue to fuel conflict into the future.

The author would like to thank Septer Manufandu for his insightful comments and assistance with this essay.

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Notes

1For instance, West Papua: Genocide, Demographic Change, the Issue of ‘Intent’ and the Australia-Indonesia Security Treaty, Australia Institute of International Affairs, Adelaide, 23/10/06; Not Just a Disaster, Papuan Claims of Genocide Deserve to be taken Seriously, Inside Indonesia Issue 97, July-Sept. 2009; West Papuan Demographic Transition and the 2010 Indonesian Census: “Slow Motion Genocide” or Not?, Papua Papers No. 1, CPACS, University of Sydney, September, 2010. More recently with Camellia Webb-Gannon, A Slow Motion Genocide: Indonesian Rule in West Papua, Griffith Journal of Law and Human Dignity, Vol. 1(2), 2013, pp. 142-165.

2See West Papuan Demographic Transition and the 2010 Indonesian Census: “Slow Motion genocide” or not? Op. cit.

3Ibid.

4Suku meaning ‘tribe’ and Bukan meaning ‘not’ in Bahasa Indonesia

5Statistics on Ethnic Diversity in the Land of Papua, Indonesia, Aris Ananta; Dwi Retno Wilujeng Wahyu Utami; Nur Budi Handayani, Asia & Pacific Policy Studies, Vol. 3, Issue 3, September 2016, p. 3.

6There is some variance in the figures from the Badan Pusat Staistik of total populations etc. although these are statistically insignificant.

7www.bps.go.id/linkTabelStatis/print/id/1268

8This quote is from a paper presented by Emil Ola Kleden, ‘Papua, Indonesia and Climate Change’ for the conference, At The Intersection: Climate Change in the Pacific and Resource Exploitation in West Papua, organized by the West Papua Project at the University of Western Sydney on November 3-4, 2016. Kleden refers to Ananta, A., Evi Nurvidya Arifin, M. Sairi Hasbullah, Nur Budi Handayani, Agus Pramono, Demography of Indonesia’s Ethnicity, Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, 2015, p.10.

9

10Statistics on Ethnic Diversity, op. cit.

11Cypri J. P. Dale and John Djonga, The Papuan Paradox: The Patterns of Social Injustice, the Violations of Right to Development, and the Failure of Affirmative Policies in Kabupaten Keerom, Papua, Yayasan Teratai Hati Papua, Arso, Keerom, Papua, and Sunspirit for Justice and Peace, Flores, NTT, Indonesia, 2011, slide 45.

12Ibid.

13See Jim Elmslie and Cammi Webb-Gannon, A Slow-Motion Genocide: Indonesian Rule in West Papua, Griffith Journal of Law & Human Dignity, Vol. 1[2] 2013, pp. 142-165.

14Confidential source with firsthand knowledge of conditions in Merauke.

15Personal comment from a Papuan source who related that many Papuan people are unused to the controlled and repetitive regime of industrial agriculture, and intensely bored from such occupations as security ‘guards’.

16Ibid.

17For instance see, Jim Elmslie, West Papuan Demographic Transition and the 2010 Indonesian Census: “Slow Motion Genocide” or not?, Papua Papers No. 1, West Papua Project, Centre for Peace and Conflict Studies, University of Sydney, 2010, p.4.

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Le 16 janvier dernier, au sud de Bethlehem, dans le village de Tequa, l’armée israélienne lâchait ses chiens harnachés jusqu’aux dents contre des villageois palestiniens n’ayant pour autres moyens de résistance que des pierres et l’un ou l’autre cocktail molotov.

Le jeune Qusai Hasan al Omour, adolescent de 17 ans y était abattu de trois balles dans la poitrine.

Blessé mortellement par ces tirs mais toujours vivant, ses proches et amis tentaient de lui porter secours mais en étaient empêchés par des tirs nourris provenant de la soldatesque israélienne.

Au bout d’un moment, quelques-uns de ces criminels venaient récupérer le corps de l’adolescent. Sans le moindre ménagement, ils l’empoignaient pour le tirer jusque derrière leurs jeeps stationnées non loin des lieux. La vision de cette horde de soldats se comportant comme des chiens sauvages ne peut que provoquer un sentiment de révulsion, tant la scène est atroce. Où reflue donc leur part d’humanité dans ces instants terribles ?! Ces soldats, leurs familles, ceux qui les soutiennent et ceux qui leur donnent des ordres sont-ils des pères et mères sans âme ? Ont-ils perdu toute morale, tout respect pour la vie humaine ? Sont-ils conscients que de tels agissements, mus par un racisme exacerbé, les perdent à jamais et les envoient dans les tréfonds d’une inhumanité égale à celle des pires tortionnaires qu’en d’autres temps, ils condamnaient ?!

A ce moment, au-travers de cris et de lamentations, quelques femmes palestiniennes courageuses tentaient d’approcher les soldats pour leur demander de pouvoir s’occuper du blessé, mais en étaient à leur tour empêchées par des tirs qui en blessaient l’une d’elles.

Impuissants à le soigner sur place, au lieu d’emmener le blessé en urgence vers un hôpital, ces barbares l’ont embarqué une fois décédé, le dérobant ainsi au regard de ses proches.

Vidéo: https://www.facebook.com/younes.arar/videos/10155728448455760/

Comme je le dénonçais déjà il y a quinze ans, dans mes témoignages en tant qu’Observateur civil dans les Territoires occupés (« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur), il s’agit là, hélas, d’une « scène ordinaire de la vie en Palestine »…

La guerre coloniale israélienne – car c’est bien ainsi qu’il faut la nommer – se poursuit donc dans une impunité totale, faisant de nos gouvernements qui savent mais ne sévissent pas, des complices dont il faudra qu’un jour, une Justice digne de ce nom exige des explications.

Daniel Vanhove

19.01.17

Daniel Vanhove est  observateur civil et auteur.

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« Le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du marché. » Benito Mussolini (1883-1945), politicien italien, journaliste et chef du Parti national fasciste. (Citation en anglais : Mats Erik Olshammar, Dragon Flame, 2008, p. 253; citation en français : « Benito Mussolini, Doctrine, Institutions, 1933.)

« Le fascisme vraiment dangereux est celui qui veut faire aux États-Unis de façon américaine ce que Hitler a fait en Allemagne de façon prussienne. Le fasciste américain préférerait éviter la violence. Il procède en empoisonnant les chaînes d’information au public. Le défi pour le fasciste n’est jamais de savoir comment présenter la vérité au public, mais plutôt comment exploiter le bulletin de nouvelles pour tromper le public et l’amener à accorder plus d’argent et de pouvoir au fasciste et à son groupe. » Henry A. Wallace (1888-1965), politicien américain, 33e vice-président des États-Unis, 1941-1945. (Citation en anglais : « The Danger of American Fascism », The New York Times, 9 avril 1944, et « Democracy Reborn », 1944, p. 259; citation en français : « Vivre sous le fascisme », Tribune libre unitarienne, vol. 7, no 2, 2011.)

« Le démagogue : celui qui prêche des doctrines qu’il sait être fausses à des gens qu’il sait être des idiots. » H. L. Mencken (1880-1956), journaliste et essayiste américain. (Citation en anglais : « Minority Report », 1956, p. 207; citation en français : Wikiliberal, démagogie.) 

« Avec toute la somme de travail qui l’attend, le Congrès doit-il vraiment considérer l’affaiblissement des pouvoirs du Défenseur indépendant de l’éthique, aussi injuste que cela puisse paraître, sa priorité numéro un? Concentrez-vous sur la réforme fiscale, le système de santé ou d’autres choses bien plus importantes! » Donald Trump (1946- ), le 3 janvier 2017, après que les républicains de la Chambre des représentants ont voté à 119 contre 74 en faveur du placement du Bureau d’éthique du Congrès indépendant sous le contrôle de la Chambre des représentants (nota : ils ont fait marche arrière à la suite de la critique de M. Trump).

*       *       *

Le candidat à la présidence Donald Trump a donné espoir à bien des Américains lorsqu’il a reproché à ses adversaires politiques leurs liens étroits avec Wall Street et, surtout, lorsqu’il a promis qu’il allait « assécher le marais » à Washington D.C. Il pourrait bien remplir cette dernière promesse, mais il devra composer avec les républicains de la Chambre pour ce qui est de cette question centrale. Le candidat Trump a suscité aussi bien des espoirs lorsqu’il a promis de mettre fin aux guerres coûteuses à l’étranger et de se concentrer plutôt sur la manière d’empêcher la délocalisation des emplois, de créer plus d’emplois pour la classe moyenne au pays et d’éviter que cette dernière s’amenuise encore plus aux USA.

Il ne fait aucun doute que le cabinet qu’il a assemblé est formé de personnes bien intentionnées et capables. Il est normal aussi qu’un nouveau président s’entoure de partisans loyaux et de gens avec qui il se sent à l’aise idéologiquement et personnellement. Soyons justes. Peu de progressistes et d’universitaires ont appuyé Donald Trump aux élections de novembre 2016. Cependant, du moins sur papier, on peut dire que le cabinet de Trump semble être plus à droite que lui-même ne l’est.

N’empêche que l’administration Trump sera probablement la plus favorable aux grandes sociétés et aux mieux nantis de l’histoire des USA. C’est quelque peu ironique, car pendant la campagne présidentielle de 2016, M. Trump dominait dans les villes pauvres et économiquement défavorisées, tandis que Mme Clinton comptait sur l’appui des villes et des comtés plus riches.

La vue d’ensemble qui semble se dessiner est celle d’un gouvernement des USA qui convient à un complexe industriel, financier et militaire replié sur soi, formé en grande partie de milliardaires et de financiers de Wall Street (Ross, Mnuchin, Cohn, Clayton, etc.), de va‑t‑en‑guerre notoires (Mattis, Flynn, etc.) et de sionistes avérés (Bolton, Friedman, Greenblatt, etc.). Il s’agit toutefois d’un gouvernement corporatiste hostile aux grandes multinationales américaines (GM, Coca-Cola, etc.), à la réglementation économique et à la mondialisation de l’économie en général.

Compte tenu de sa composition, il y a une réelle possibilité que l’arrivée de l’administration Trump, qui privilégie le marché intérieur, marque le début d’une nouvelle ère des barons voleurs se caractérisant par un capitalisme de laissez-faire à l’intérieur des USA, quelque peu similaire à celle qui a conduit, en réaction, à l’adoption de la Sherman Anti-Trust Act en 1890. Si c’est le cas, l’histoire pourrait se répéter. Seul l’avenir le dira.

Une envie réelle de changement radical

Il ne fait aucun doute que les élections présidentielles de 2016 aux USA ont fait ressortir une envie réelle de changement radical pour une grande partie de l’électorat américain, ainsi que son mécontentement et son insatisfaction à l’égard de la situation actuelle, marquée par un blocage politique à Washington D.C. et par une économie plus ou moins moribonde aux USA.

Les politiques économiques soutenues par l’establishment aux USA au cours du dernier quart de siècle ont fait en sorte que les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres, en plus de réduire la mobilité économique et sociale de la famille américaine moyenne, qui est aujourd’hui bien inférieure à celle des autres économies avancées. Il s’agit là d’une cause importante de désillusion et de colère parmi de nombreux Américains qui trouvent que le système économique les défavorise au profit des plus richissimes.

Le président Trump parviendra-t-il à amener un changement fondamental, voire révolutionnaire, notamment en réduisant la corruption politique et en contribuant à davantage de justice économique et sociale pour les travailleurs américains? Va-t-il au contraire s’empêtrer dans le bourbier politique qui règne à Washington D.C.? Là encore, seul l’avenir le dira.

D’autre part, le président Trump peut difficilement prétendre avoir reçu de l’électorat un mandat politique fort en faveur du changement, compte tenu du fait qu’il a obtenu 2 865 000 votes de moins que Hillary Clinton, la candidate démocrate à la présidence. La dernière fois que cela s’est produit, c’est en 2000, lorsque George W. Bush, le candidat républicain à la présidence, a obtenu environ 540 000 votes de moins que son adversaire Al Gore. Il a tout de même été élu président par le collège électoral des USA.

De plus, en professant vouloir cumuler ses responsabilités de président des USA et ses responsabilités à titre de dirigeant de facto de sa propre société immobilière internationale, et en refusant de placer ses intérêts d’affaires personnels dans une fiducie sans droit de regard, créant ainsi une situation de conflit d’intérêts permanente, le président Donald Trump envoie un mauvais signal. Puis ce n’est pas en transférant ses responsabilités exécutives quotidiennes à ses fils qu’il satisfait aux critères de transparence.

Pendant la campagne de 2016, le candidat Trump a dit clairement que « [S]i je deviens président, je vais me ficher éperdument de mon entreprise. C’est des pacotilles (…) Ma participation sera nulle, parce que tout ce qui comptera pour moi, ce sera notre pays et rien d’autre. » L’intérêt public, ce n’est effectivement pas la même chose que les intérêts personnels privés, et il est difficile de croire que M. Trump a changé d’avis sur une question aussi importante. Les gens devraient s’attendre de leurs politiciens qu’ils ne se servent pas de leurs fonctions pour s’enrichir directement ou indirectement, point à la ligne.

Penchons-nous maintenant sur la façon dont une administration Trump favorable aux entreprises peut apporter des résultats avantageux à court terme, mais devenir très nuisible à plus long terme, tant aux USA qu’ailleurs dans le monde.

1. L’approche autoritaire de Donald Trump est susceptible de menacer la démocratie américaine.

La démocratie américaine risque d’être sérieusement mise à l’épreuve dans les mois et les années qui suivront, quand l’administration du président Donald Trump entreprendra un virage fondamental à la politique intérieure et extérieure des USA. Ce pourrait aussi bien être pour le meilleur que pour le pire.

C’est parce que le nouveau président des USA, Donald J. Trump (1946- ), est un homme d’affaires, un magnat de l’immobilier international en fait, qui possède des hôtels, des terrains de golf et des casinos dans de nombreux pays, qui n’a aucune expérience politique et qui exerce un contrôle complet sur son entreprise familiale. L’homme d’affaires Donald Trump a aussi tendance à se fier davantage à son instinct qu’à sa tête quand il prend des décisions d’affaires importantes, tout en étant porté à agir de manière intéressée. C’est une personne qui, par tempérament et à l’occasion, n’hésite pas à dénigrer, à humilier et à intimider son entourage pour obtenir ce qu’il veut. En fait, son modus operandi dans ses relations avec les gens semble reposer sur l’intimidation et le bluff dans le but d’obtenir des concessions et quelques bénéfices personnels.

Il y a une quinzaine d’années, un autre homme d’affaires a été élu président des USA : un magnat du pétrole texan appelé George W. Bush (1946- ), qui se vantait aussi de prendre ses décisions en se fiant à son instinct. On ne peut pas dire que les choses ont bien tourné pour les États-Unis pendant qu’il était au pouvoir, Bush II ayant fini par être considéré comme l’un des pires présidents des USA. Le candidat à la présidence Trump a même dit publiquement que George W. Bush a été « le pire président de l’histoire », en ajoutant qu’il aurait dû être destitué pour avoir menti à propos de la présence d’armes de destruction massive en Irak, avec l’intention manifeste d’inciter le peuple américain à soutenir une guerre contre ce pays.

Il est vrai que George W. Bush n’a pas caché son intention de gouverner de manière autoritaire lorsqu’il a déclaré ceci : « Je suis le commandant en chef, je n’ai pas d’explications à donner, je n’ai pas à expliquer pourquoi je dis telle chose. C’est le côté intéressant d’être président. Il se peut que quelqu’un doive m’expliquer pourquoi il a dit telle chose, mais je n’ai pas l’impression de devoir une explication à qui que ce soit », comme l’a rapporté Bob Woodward dans son ouvrage intitulé Bush s’en va-t-en guerre (2002). Le président Trump va-t-il utiliser ces propos comme un précédent ou sera‑t‑il plus ouvert à des idées nouvelles pour améliorer les choses?

2. Le risque de guerres commerciales et de protectionnisme excessif inquiète.

Le président Donald Trump n’a pas hésité à défendre le protectionnisme commercial. Ses porte-parole ont constamment répété que son administration est protectionniste. C’est une chose d’adopter des mesures protectionnistes ponctuelles, mais c’en est une autre d’adopter une politique protectionniste globale pouvant entraîner une désintégration économique généralisée et causer des perturbations économiques coûteuses, de l’incertitude et, peut‑être aussi, une crise économique mondiale.

Cela pourrait aussi entraîner l’adoption de lois restrictives semblables à la Loi Hawley-Smoot de 1930, qui prévoyait l’imposition de tarifs élevés et d’autres obstacles à l’importation de biens produits à l’étranger.

Il existe cependant des lois commerciales internationales qui empêchent un pays d’imposer à un autre pays des tarifs punitifs ou des entraves commerciales sans raison. Si l’administration Trump en venait à contrevenir à ces lois, d’autres gouvernements nationaux pourraient user de représailles, ce qui pourrait causer nuire sensiblement au commerce international et à la prospérité mondiale. Dans les années 1930, les « politiques protectionnistes du chacun pour soi » ont eu pour effet d’augmenter le chômage et d’intensifier la Grande Crise. Personne n’est absolument certain que cela ne se répéterait pas si des politiques semblables étaient mises de l’avant aujourd’hui.

En fait, on est loin d’être certain que l’augmentation des droits de douane à l’importation apporterait beaucoup à l’économie des USA. Ce genre d’obstacle au commerce ferait augmenter les prix des biens aux États‑Unis et les travailleurs à bas salaires auraient plus de difficulté à se les procurer. Les exportations américaines pourraient souffrir aussi quand d’autres pays rétorqueront en augmentant leurs droits de douane sur les biens produits aux USA et provenant des USA, ce qui causera du chômage dans de nombreuses industries exportatrices américaines, notamment dans le secteur agricole.

La hausse des prix due aux politiques protectionnistes américaines pourrait amener la Fed à relever les taux d’intérêt plus vite, ce qui causerait un ralentissement dans les industries sensibles à leurs fluctuations, comme l’industrie de la construction. La hausse des taux d’intérêt aux USA ferait aussi monter le dollar américain par rapport aux autres devises, ce qui provoquerait un nouveau ralentissement des exportations américaines à l’étranger et aurait des répercussions négatives sur l’objectif escompté du protectionnisme.

Le président Trump et ses conseillers pourraient d’ailleurs tirer des leçons de la situation économique de l’exercice 2017‑2018, quand ils s’apercevront que leurs politiques protectionnistes entraînent une hausse vertigineuse du dollar américain, nuisent aux exportations américaines et, peut‑être aussi, font chuter le marché boursier. Ce sont les grandes sociétés multinationales américaines qui pourraient souffrir le plus d’un dollar artificiellement fort et des mesures de représailles d’autres pays, tout comme les personnes qu’elles emploient ou qui y ont investi de l’argent à la bourse.

Il est donc impossible d’affirmer que la création d’emplois dans les industries de substitution aux importations ne sera pas contrebalancée par la perte d’emplois dans les industries exportatrices des USA. Le résultat pourrait être négatif pour l’ensemble de l’économie américaine. Les politiques protectionnistes peuvent aussi entraîner à long terme une baisse de la productivité américaine en général, due à une réduction des économies d’échelle causée par une contraction des industries exportatrices des USA et de leurs investissements.

3. L’économie nord-américaine pourrait être perturbée et les relations politiques pourraient tourner au vinaigre. 

Les États-Unis ont besoin d’alliés et d’amis dans le monde, et son voisin, le Canada, est le meilleur ami qu’il puisse avoir. En 1988, l’administration Reagan est parvenue à un Accord de libre-échange (ALE) avec le Canada, un pays qui possède une économie de marché et un niveau de vie similaires. En 1994, l’administration Clinton a élargi l’Accord de libre-échange USA-Canada pour y inclure le Mexique, dont le niveau de vie correspond à moins du tiers de celui des USA. C’est accord, c’est l’ALENA.

TreatiesL’administration Trump compte non seulement résilier une entente commerciale déjà signée (PTP) avec des pays asiatiques et mettre fin aux négociations en vue d’établir un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), mais le président Trump voudrait aussi rouvrir et renégocier l’Accord de libre‑échange nord‑américain (ALENA). Pareille mesure isolationniste est susceptible d’engendrer des frictions économiques et politiques inutiles tout en créant beaucoup d’incertitude. Elle met aussi en danger l’économie des pays voisins que sont le Canada et le Mexique. Espérons que le sang‑froid l’emportera et que ce petit né de la coopération économique ne sera pas jeté avec l’eau du bain des irritants commerciaux.

M. Trump et ses conseillers devraient savoir que le commerce est une route à deux voies et qu’un pays compense ses importations par ses exportations. Ils doivent donc savoir que le Canada est le premier partenaire commercial en importance des USA et que pour 35 États (New York, Pennsylvanie, Michigan, Minnesota, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, New Hampshire, Wisconsin, Alaska, etc.), le Canada est la première source de recettes d’exportations de leurs biens et services.

En 2015, à titre d’information, les États-Unis ont exporté au Canada des biens et services d’une valeur totale de 337,3 milliards de dollars, et importé du Canada des biens et services d’une valeur totale de 325,4 milliards de dollars, pour un excédent net en faveur des USA s’élevant à 11,9 milliards de dollars. En 2015, le Canada constituait le premier marché d’exportation des États‑Unis. En 2014, les investissements directs des entreprises américaines au Canada valaient 386,1 milliards de dollars, tandis que les investissements directs des entreprises canadiennes aux États‑Unis valaient 261,2 milliards de dollars.

L’administration Trump devrait savoir qu’en 2015, près de 9 millions d’emplois aux USA dépendaient du commerce et des investissements avec le Canada. Par conséquent, le Canada ne pose pas problème aux USA sur le plan commercial. M. Trump et les autres politiciens américains devraient le savoir. Les économies canadiennes et américaines sont bien intégrées et se complètent l’une et l’autre.

La devise devrait être :  si une chose n’est pas brisée, rien ne sert de la réparer.

4. Des changements brutaux dans la politique intérieure des USA pourraient nuire aux pauvres et enrichir les richissimes, creusant ainsi l’inégalité, si de meilleures politiques ne les remplacent pas. 

Le candidat à la présidence Trump a promis de réduire l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 35 % à 15 %. Bien que le taux d’imposition réel des sociétés payé dans la majorité des cas soit bien inférieur au taux affiché (il se rapproche davantage de 12 %), une baisse aussi brusque du taux d’imposition officiel des sociétés devrait enrichir davantage les riches. En fait, la hausse des marchés boursiers après le 8 novembre est due en grande partie à cette promesse de réduire le taux d’imposition des sociétés.

Le candidat Donald Trump a aussi promis de déréglementer les méga-banques américaines, qui ont été au cœur de la crise financière de 2008 due aux prêts hypothécaires à risque, et surtout de mettre fin à la loi Dodd-Frank sur la régulation bancaire, qui oblige les banques à détenir davantage de capital à titre de police d’assurance contre les échecs catastrophiques. C’est donc reparti : des politiciens qui se plient au désir de ceux qui peuvent leur verser de l’argent, compromettant ainsi la stabilité du système financier au complet et les emplois de millions d’Américains. Si la mesure est adoptée, la prochaine crise financière pourrait être appelée « la crise financière de Trump ».

Sur le plan social, la promesse de Trump d’abolir le plan de réforme de la santé d’Obama (Obamacare) sans proposer d’alternative valable pourrait affecter les Américains les plus pauvres. En fait, qu’adviendra‑t‑il des quelque 20 millions d’Américains qui ne bénéficiaient pas auparavant d’un accès sécurisé aux services de santé par l’intermédiaire d’un régime d’assurance parrainé par leur employeur? En politique, il est habituellement plus facile de démanteler des choses que de construire quelque chose de valable.

5. Les affrontements économiques et politiques entre les USA et la Chine pourraient avoir des conséquences très fâcheuses pour la paix mondiale. 

Le gouvernement chinois demeure communiste et autoritaire même si à partir de 1978, sous la direction de Deng Xiaoping (1904-1997), il s’est mis à favoriser une économie socialiste plus décentralisée orientée sur les marchés. Le plus grand pas de la Chine en matière de politique économique s’est fait le 11 décembre 2001, lorsqu’elle a abandonné officiellement le protectionnisme comme politique pour rejoindre l’Organisation mondiale du commerce (OMC), intégrant ainsi l’économie mondiale.

Il est vrai que les USA ont un déficit commercial avec la Chine. En 2015, par exemple, les exportations américaines en Chine s’élevaient à 116,1 milliards de dollars, tandis que les biens chinois importés aux USA étaient évalués à 483,2 milliards de dollars, ce qui représentait un déficit commercial équivalant à 367,1 milliards de dollars. Cela est en partie dû au fait que de nombreuses sociétés américaines ont investi en Chine et qu’ils ont importé des biens provenant de la Chine. Cela explique aussi en partie l’important déficit budgétaire du gouvernement des USA, qui contribue aussi au déficit de son commerce extérieur. Il est vrai aussi que la Chine est un grand pays où les salaires sont bas et où les produits sont vendus à un prix très concurrentiel.

Un point de discorde important entre les USA et la Chine concerne la valeur du yuan, la devise chinoise. Pour certains, le yuan est artificiellement sous-évalué, ce qui a pour effet de réduire le prix des biens chinois sur les marchés internationaux et de stimuler les exportations chinoises. Le gouvernement chinois prétend que le taux de change du yuan est l’expression de ses conditions économiques (c.‑à‑d. sa main‑d’œuvre à bon marché), et que la valeur du yuan s’est en fait appréciée ces vingt dernières années et que le pays a des déficits commerciaux avec d’autres pays.

C’est une question qui devrait être réglée par un conseil d’experts financiers internationaux plutôt que de servir de prétexte à une guerre commerciale.

6. En se rangeant encore plus ouvertement du côté d’Israël que les administrations précédentes, l’administration Trump pourrait envenimer les choses au Moyen‑Orient.

Pendant la campagne électorale, le candidat Trump a dit à maintes reprises qu’il voulait réduire la durée du mandat des membres du Congrès, lutter contre la corruption politique et mettre fin à l’influence des dizaines de milliers de lobbies à Washington D.C.

Ironiquement, dans la soirée du lundi, 21 mars 2016, M. Trump s’est présenté devant le lobby étranger le plus puissant des USA, à savoir le American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) pro-israélien, une organisation qui s’appuie sur un réseau de lobbyistes qui se vante d’avoir accès à un large bassin de bailleurs de fonds. Il a ensuite livré un des discours les plus démagogiques et complaisants qu’un politicien peut faire pour obtenir des votes et de l’argent d’une organisation de lobbying. Tant et si bien que le lendemain, la présidente de l’AIPAC, Lillian Pinkus, a dû s’excuser pour certaines des remarques de M. Trump.

Pendant son discours, M. Trump a cherché à plaire à son auditoire en déclarant qu’il était prêt à fermer les yeux sur la question des colonies israéliennes illégales autorisées par le gouvernement d’Israël en territoire occupé, que les Palestiniens veulent se donner comme futur État. Il est même allé plus loin en disant qu’à titre de président des USA, il imposerait « à 100 % » son veto à toute tentative des Nations Unies d’imposer un État palestinien à Israël, sous les acclamations et les applaudissements de son auditoire. M. Trump a poursuivi en promettant de « déménager l’ambassade américaine dans la capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem », un revirement politique qui serait dénoncé par la plupart des autres pays, même si les délégués de l’AIPAC ont accueilli la nouvelle par des acclamations et des applaudissements.

Peu après son discours à l’AIPAC, c’est sans surprise que des milliardaires américains reconnus comme le magnat du jeu Sheldon Adelson, le propriétaire de casino Phil Ruffin, l’investisseur militant Carl Icahn et d’autres sont devenus des donateurs importants de la campagne de Trump. Drôle de façon d’assécher le marais!

7. Le président Trump a fait des remarques incendiaires et des déclarations inexactes à propos de l’Iran

Le candidat Trump, lors de son discours complaisant livré à l’AIPAC, a promis de « démanteler l’accord désastreux conclu avec l’Iran ». Il a même colporté le mensonge que les USA ont « donné » 150 milliards de dollars à l’Iran. En fait, il s’agissait des propres fonds de l’Iran qui étaient gelés dans des institutions financières américaines à la suite de sanctions imposées unilatéralement. Ce n’était un « cadeau », mais bien une restitution.

On a dit de l’administration de George W. Bush qu’elle fabriquait « sa propre réalité ». L’administration de Donald Trump ira-t-elle dans le même sens en fabriquant « ses propres faits »?

Rappelons-nous en quoi consistait l’accord sur le nucléaire iranien.

Il s’agissait d’un accord conclu avec six pays (France, Allemagne, R.-U., Russie, Chine et USA) qui éliminait toute possibilité que l’Iran ne mette au point des armes nucléaires dans un avenir rapproché. Le président Trump va‑t‑il insulter tous ces pays et entrer en guerre contre l’Iran juste pour plaire à ses riches donateurs? J’espère bien que non, car ce serait dingue. Je doute fort que ce soit le type de « changement » que les électeurs américains souhaitent, c.‑à‑d. d’autres guerres d’agression à l’étranger inspirées par les néocons.

8. L’on s’attend à ce que l’administration Trump témoigne peu de respect pour l’environnement.

Scott Pruitt, le nouveau chef de l’Agence pour la protection de l’environnement (APA), est ouvertement contre la science du climat et la législation sur la qualité de l’air. À titre de procureur général de l’État de l’Oklahoma, il s’est opposé au plan pour une énergie propre de l’APA. Il pourrait être favorable à la combustion du charbon, très polluante.

En fait, c’est une chose d’être un climatosceptique, mais c’en est une autre d’être en faveur de la pollution de l’air. Certaines activités économiques engendrent des coûts liés à la pollution pour la population au complet en plus de causer des maladies. Ces coûts sociaux externes ne sont pas inclus dans les prix de marché des biens privés. Ils le devraient.

On n’a qu’à se tourner vers certaines villes chinoises comme Pékin pour voir jusqu’à quel point la pollution de l’air peut être destructive, lorsque les habitants doivent porter des masques quand ils sortent de la maison. La combustion du charbon à grande échelle crée du smog et est susceptible de générer une pollution de l’air mortelle. C’est ce que la Chine apprend à ses dépens, là où la pollution cause des milliers de décès prématurés.

De nombreux membres de l’administration Trump nient l’existence des changements climatiques et s’opposent aux recommandations des climatologues. Prenons Rick Perry, l’ancien gouverneur républicain du Texas et le choix du président Trump au poste de secrétaire à l’Énergie, qui refuse de croire qu’il y a un changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre. Il est pourtant indéniable, par exemple, que l’année 2016 a été la plus chaude de tous les temps et que la tendance au réchauffement se poursuivra à mesure que les émissions de CO2 continueront d’augmenter.

Ainsi, sur le plan de l’environnent, l’on s’attend à ce que l’administration Trump soit anti‑intellectualiste et anti‑scientifique.

9. Après avoir fait des déclarations en ce sens, l’administration Trump devrait remplir la Cour suprême des USA de juges d’extrême-droite. 

Le candidat à la présidence Donald Trump s’est dit prêt à remplir la Cour suprême des USA de juges pro‑vie d’extrême‑droite. M. Trump est reconnu pour avoir été pro-choix pendant la majeure partie de sa vie, bien qu’il ait exprimé son antipathie personnelle pour l’avortement, à trois exceptions près : lorsque la santé de la femme est en danger, en cas de viol et en cas d’inceste. En 1999, par exemple, il a déclaré à l’émission « Meet The Press » de la chaîne NBC, « Je suis très pro-choix. »

Cependant, lors de la dernière campagne présidentielle, le 1er août 2016, M. Trump est allé plus loin en disant que « je vais choisir de très bons juges de la Cour suprême, (…) dont la philosophie se rapproche du juge Antonin Scalia (1936-2016), un des juges les plus à droite à avoir siégé à la Cour suprême des USA.

Les propositions les plus controversées de l’administration Trump porteront sans aucun doute sur le type de juges qu’il proposera en vue de leur confirmation par le Sénat.

10. L’aspect positif, c’est que l’administration Trump se prépare à mettre fin à la nouvelle guerre froide avec la Russie fomentée par les néocons à Washington. 

Sur la scène internationale, la contribution la plus positive de l’administration Trump pourrait être de mettre fin à la nouvelle guerre froide créée artificiellement avec la Russie, que les néocons au sein de l’administration Obama à Washington ont fomenté à partir de rien ces dernières années. Le président Donald Trump a été très clair à ce sujet en exprimant son désir d’adopter une approche plus pacifique envers la Russie et le président Vladimir Poutine. À bien des égards, il considère même la Russie comme un allié des USA et non comme l’adversaire dangereux que l’establishment néocon à Washington D.C. tente de le dépeindre depuis quelques années. Si l’on parvient à cette nouvelle détente avec la Russie, ce serait une réalisation majeure pour la paix dans le monde et la prospérité des USA.

Conclusion

L’un des aspects les plus négatifs de la démocratie est que, dans les faits, elle pousse les politiciens à être complaisants envers des groupes d’intérêts pour obtenir des votes et de l’argent, au détriment de l’intérêt public et du bien commun.

D’après ce que nous savons aujourd’hui, l’administration Trump pourrait être la plus tournée vers le commerce intérieur, la plus isolationniste et protectionniste sur le plan économique, et la plus favorable aux groupes d’intérêts. Si elle se dirige vraiment dans ce sens, cela pourrait avoir des répercussions négatives aux États‑Unis et dans le monde.

En tant qu’économiste, j’ai bien peur que l’administration Trump, qui est sans expérience, aille trop loin en désorganisant les multinationales américaines et en augmentant les droits de douane à l’importation. Cela pourrait engendrer des guerres commerciales désastreuses entraînant une stagflation qui nuiraient à l’économie américaine et aux économies nationales étrangères.

La nouvelle administration devrait faire preuve de prudence et éviter de devenir une administration extrémiste.

À suivre…

Rodrigue Tremblay

 

Article original en anglais :

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What to Expect from the Trump Administration: A Protectionist and Pro-Corporate America Government, publié le 17 janvier 2017

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

 

Rodrigue Tremblay est professeur émérite d’économie à l’Université de Montréal et on peut le contacter à l’adresse suivante : [email protected]

Il est l’auteur du livre  « Le nouvel empire américain » et du livre « Le Code pour une éthique globale ».

Pour entendre le prof. Tremblay traiter d’humanisme sur Youtube, cliquez sur :

https://www.youtube.com/watch?v=AnksHUtN-zk

https://www.youtube.com/watch?v=ikLJbiH2BqM

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A Financial genocide, if there was ever one. Death by demonetization, probably killing hundreds of thousands, if not millions of people, through famine, disease, even desperation and suicide – because most of India’s money was declared invalid. The official weak reason for this purposefully manufactured human disaster is fighting counterfeiting. What a flagrant lie! The real cause is of course – you guessed it – an order from Washington. 

On 8 November, Narendra Modi, the Indian Prime Minister, brutally declared all 500 (US$ 7) and 1,000 rupee-notes invalid, unless exchanged or deposited in a bank or post office account until 31 December 2016. After this date, all unexchanged ‘old’ money is invalid – lost. Barely half of Indians have bank accounts.

The final goal is speedy global demonetization. India is a test case – a huge one, covering 1.3 billion people. If it works in India, it works throughout the developing world. That’s the evil thought behind it. “Tests” are already running in Europe.

The Nordic countries, Sweden, Denmark, Finland, are moving rapidly towards cashless societies. Electronic money, instead of cash, allows the hegemon to control the entire western world, all those who are enslaved to the dollar monetary system. Meaning literally everybody outside the Shanghai Cooperation Organization (SCO) that includes, China, Russia, most of Central Asia, Iran, Pakistan and – yes, India is an apparent candidate to join the SCO alliance.

There was no limit set in rupee amounts that were allowed to be deposited in bank or postal accounts. But exchanges or withdrawals were limited the first two days to 2,000 rupees, later to 4,000 rupees, with promises to further increases ‘later on’. The restrictions have to do with limited new bank notes available. The new money is issued in denominations of 500 and 2,000 rupee-notes.

On 9 November, none of the country’s ATM machines were functioning. Withdrawing money was possible only from banks. Queues behind bank counters were endless – lasting hours and in some cases days. Often times, once at the teller, the bank was out of cash. Imagine the millions, perhaps billions of labor hours – production time and wages – lost – lost mostly by the poor.

The banned bank notes constitute about 85% in value of all cash in circulation. India is a cash society. About 97% of all transactions are carried out in cash. Only slightly more than half the Indian population has bank accounts; and only about half of them have been used in the last three months. Credit or debit cards are extremely scarce – basically limited to the ‘creditworthy’ elite.

In rural areas, where most of the poor live, banks are scarce or none existent. The poor and poorest of the poor, again – as usual – are those who suffer most. Hundreds of thousands of them have lost almost all they have and will be unable to fend for their families, buying food and medication.

According to most media reports, Modi’s demonetization was an arbitrary decision. Be sure, there is nothing arbitrary behind this decision. As reported on 1 January 2017 by German investigative business journalist, Norbert Haering, in his blog, “Money and More”, this move was well prepared and financed by Washington through USAID ().

Mr. Modi didn’t even bother presenting the idea to the Parliament for debate.

In November 2010 President Obama declared with then Prime Minister Manmohan Singh, a Strategic Partnership with India. It was to become one of his foreign policy priorities which was renewed during Obama’s visit to India in January 2015 with the current PM Modi (image right). The purpose of this partnership was not just to pull one of the most populous BRICS countries out of the Russia-China orbit, but also to use it as a test case for global demonetization. Mind you, the orders came from way above Obama, from the omni-potent, but hardly visible Rothschild-Rockefeller – Morgan – et al, all-domineering bankster cartel.

This horrendous crime that may cost millions of lives, was the dictate of Washington. A cooperation agreement, also called an “anti-cash partnership”, between the US development agency (sic), USAID, with the Indian Ministry of Finance, was worked out. One of their declared ‘common objectives’ was gradually eliminating the use of cash by replacing it with digital or virtual money.

It takes two to tango. The PM of the second largest nation in the world, one would expect, would have a say in the extent to which a foreign country may interfere in India’s sovereign internal affairs, i.e. her monetary policies – especially a foreign country that is known to seek only Full Spectrum Dominance of the globe, its resources and its people. The head of India, a prominent BRICS country (BRICS = Brazil, Russia, India, China, South Africa), one would expect, could have sent the naked emperor to climb a tree – and say NO to this horrendous criminal request. But Modi did not.

Is India with PM Modi still a viable BRICS country? Or more importantly, India is currently poised to become a member of the Shanghai Cooperation Organization (SCO). Is India under Modi worthy of being admitted into this powerful Asian economic and military block, the only authoritative counterbalance to the west? – At this point, putting hundreds of millions of his countrymen at peril by obeying Washington’s nefarious dictate, Modi looks more like a miserable traitor than a partner of the New East.

USAID calls this operation “Catalyst »

Inclusive Cashless Payment Partnership“. Its purpose is “effecting a quantum leap in cashless payment in India” – and of course, eventually around the globe. According to the Indian Economic Times, this program had been stealthily financed by USAID over the past three years. Funding amounts are kept secret. Who knows, where else in the world Catalyst is quietly funding and preparing other human financial disasters.

All fits into the Big Scheme of things: Reducing the world population, so less resources are needed to maintain 7.4 billion people – and growing – many of them finite resources that can be used by a small elite, supported by a few million slaves. This is the world according to still ticking war criminal numero UNO, Henry Kissinger. Forcefully reducing the world population is his one big objective since just after WWII, when he became a key member of the Rockefeller sponsored Bilderberg Society.

Some of the same people are currently spreading neo-fascist mantras around the world, at the infamous WEF (World Economic Forum) in Davos, Switzerland (17-20 January 2017). WEF attendees (by invitation only) are a mixed bag of elitist ‘private’ billionaires, corporate CEOs (only corporations registering at least US$ 5 billion in sales), high-flying politicians, Hollywood’s cream of the crop, and more of the kind. Pretty much the same definition applies to the Bilderbergers.

Like with the Bilderbergers, the key topics discussed at the WEF, those themes that are supposed to guide the world further and faster towards the New (One) World Order, are discussed behind closed doors and will hardly surface into the mainstream. It is, however, highly likely that the “Cashless India” decision – a trial for the rest of the world – had previously been discussed and ‘ratified’ by the WEF, as well as the Bilderbergers. None of this is known to the common people, and least to the Indians.

All-out efforts are under way to maintain highly lucrative disaster capitalism, or at least to slow down its decline – because its end is in sight. It’s just a question of time. Hence, the term Catalyst (accelerator) for the USAID program is well chosen. Time is running out. One of the best ways of controlling populations and unbending politicians is through financial strangleholds. That’s what a cashless society is all about.

According to Badal Malick, former Vice President of India’s most important online marketplace Snapdeal, later appointed as CEO of Catalyst:

 “Catalyst’s mission is to solve multiple coordination problems that have blocked the penetration of digital payments among merchants and low-income consumers. We look forward to creating a sustainable and replicable model. (…) While there has been (…) a concerted push for digital payments by the government, there is still a last mile gap when it comes to merchant acceptance and coordination issues. We want to bring a holistic ecosystem approach to these problems.“

This is further supported by Jonathan Addleton, USAID Mission Director to India:

“India is at the forefront of global efforts to digitize economies and create new economic opportunities that extend to hard-to-reach populations. Catalyst will support these efforts by focusing on the challenge of making everyday purchases cashless. »

What an outright heap of bovine manure!

Those who are supporting the Catalyst idea in India – and presumably elsewhere in the world, are, as per an USAID Beyond-Cash report, more than 35 Indian, American and international organizations (http://cashlesscatalyst.org/), mostly IT and payment service providers, including the Better Than Cash Alliance, the Gates Foundation (Microsoft), Omidyar Network (eBay), the Dell Foundation Mastercard, Visa, Metlife Foundation. All of them want to make money from digital payments – another transfer from the poor to the rich – another catalyst for widening the rich-poor gab – worldwide.

Screenshots from http://cashlesscatalyst.org

Interestingly, the USAID – Indian partnership to temporarily banning most cash coincides with Raghuram Rajan as President of the Reserve Bank of India (September 2013 – September 2016). Mr. Rajan has also been chief economist of the International Monetary Fund, and there is talk that he may be poised as Mme. Lagarde’s successor at the helm of the IMF. It is clear that the IMF, and by association the World Bank, is fully aboard with this project to transform western society into slavehood of digital money – with emphasis on wester society, because the East, the Russia-China-Iran-SCO axis, where the future lays, has already largely detached itself from the dollar based western – and fraudulent – monetary scheme.

Mr. Raghuram Rajan is an influential but also highly controversial figure. He is also a member of the so-called Group of Thirty, “a rather shady organization, where high ranking representatives of the world’s major commercial financial institutions share their thoughts and plans with the presidents of the most important central banks, behind closed doors and with no minutes taken.

It becomes increasingly clear that the Group of Thirty is one of the major coordination centers of the worldwide war on cash. Its membership includes other key warriors like Rogoff, Larry Summers and others” (N.Häring, 1.1.2017). On the other hand, Rajan is extremely disliked by the Indian business society, mostly because of his tight monetary policy as head of the Indian Central Bank (go figure!). Under pressure, he did not renew his term as India’s central bank governor in 2016.

The Group of Thirty sounds akin to the highly secretive Board of Directors of the infamous Basle-based BIS (Bank for International Settlement), also considered the central bank of all central banks, which meets once a month in secret (during a weekend for lesser visibility) and no minutes taken. The BIS is a Rothschild controlled private bank, close associate of the FED, also privately owned. It is clear, with the FED, BIS and IMF in connivance, the dice are cast for a cashless (western) society.

Washington’s interest in a cashless society goes far beyond the business interests of IT, credit card and other financial institutions. More importantly is the surveillance power that goes with digital payments. As with electronic communications today – every one of them read, listened to and spied on throughout the world – some 7 to 10 billion electronic messages per day – every digital payment and transfer will be controlled and checked worldwide by the Masters of the dollar-based hegemony. Every transfer will be registered and monitored by an American-Zionist control mechanism. This is the only way (totally illegal) sanctions can be dished out to governments that refuse the dictate of Washington and its western European lackeys. Cases in point are Russia, China, Iran, Cuba, Venezuela, Syria — the list is endless.

The Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) recently reported that Employees of a German manufacturing firm doing completely legal business with Iran were put on a US terror list, which meant that they were shut off most of the financial system and even some logistics companies would not transport their furniture any more.

Norbert Häring concludes,

“Every internationally active bank can be blackmailed by the US government into following their orders, since revoking their license to do business in the US or in dollars, basically amounts to shutting them down. Deutsche Bank had to negotiate [in September 2016] with the US treasury for months whether they would have to pay a fine of 14 billion dollars and most likely go broke, or get away with seven billion and survive. If you have the power to bankrupt the largest banks even of large countries, you have power over their governments, too. This power through dominance over the financial system and the associated data is already there. The less cash there is in use, the more extensive and secure it is, as the use of cash is a major avenue for evading this power.”

Concluding Remarks

Back to India. It is not difficult to imagine what the implications of such a massive demonetization operation might have in a country like India, where hundreds of millions live in or near poverty, with a large rural population, where almost all transactions are carried out in cash – and where cash is everything for survival. This is death by financial strangulation.

No blood, No traces – no media coverage. It is a clandestine willful mass-murder, carried out by the Indian government on its own people, while instigated by the chief assassins, operating from within the Washington Beltway killer farms, no scruples, no morals, no ethics – what Washington knows best to achieve its purpose.

This no-holds-barred strategy is accelerating, as time runs out. The ship is slowly but surely turning towards another dimension, another world view – one of in which humanity may gain back its status of a solidary being. These atrocities around the globe may go some ways – but I doubt they will go all the way. There is a spiritual limit on how far evil can go.

Peter Koenig is an economist and geopolitical analyst. He is also a former World Bank staff and worked extensively around the world in the fields of environment and water resources. He lectures at universities in the US, Europe and South America. He writes regularly for Global Research, ICH, RT, Sputnik, PressTV, The 4th Media, TeleSUR, TruePublica, The Vineyard of The Saker Blog, and other internet sites. He is the author of Implosion – An Economic Thriller about War, Environmental Destruction and Corporate Greed – fiction based on facts and on 30 years of World Bank experience around the globe. He is also a co-author of The World Order and Revolution! – Essays from the Resistance

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Uno de los conceptos que generó la mayor controversia en el artículo precedente, “¿El final de la ideología en Cuba?”, fue el de que “siempre he aseverado que la más peligrosa oposición a la Revolución cubana proviene de la llamada izquierda, y no de la derecha abiertamente plattista o anexionista”. La mayoría de los lectores elogiaron el artículo, muchos otros participaron en serios debates, mientras tan sólo un par de personas lo objetaron fuertemente, señalando particularmente esta frase.

Quisiera entonces analizar esta percepción. En ella se menciona la “abiertamente derecha plattista o anexionista.” Esto significa que en Cuba existen tanto una oposición abiertamente pro Estados Unidos, así como los anexionistas solapados. Estos últimos son los llamados izquierdistas. Su discurso incluye una crítica (moderada) al sistema social, económico y político estadounidense. Éstos no aceptan abiertamente el capitalismo como alternativa, como los anexionistas, quienes apoyan más francamente el modelo estadounidense como su modelo. Un estadounidense que ha vivido en Cuba como su país adoptivo durante cierto número de años, escribió algunos comentarios positivos cuidadosos acerca del artículo y del tema del socialismo versus el capitalismo:

“En el Norte, en su más simple forma, esto podría reducirse a la aceptación del “mal menor”. Ambos sistemas son deficientes pero, convenientemente, el socialismo lo es más, así que, simplemente, ignoremos esta opción. Pero, cualquier cambio del capitalismo es puramente cosmético con el sólo objetivo de evitar el socialismo. Aquí [en Cuba], dado que ya hemos llegado al socialismo, el argumento presentado es que el capitalismo presenta algunos aspectos buenos, así que sumémoslos simplemente al socialismo. Dado que el enfoque es adicionar en lugar de sustraer al capitalismo —esto hace que el objetivo aquí sea opuesto al del Norte. En lugar de mejorar el socialismo con el objetivo de evitar el capitalismo, su idea es adoptar las mejores características del capitalismo, como si ambos sistemas fuesen compatibles, con partes intercambiables, las que, por supuesto, no lo son.”

Se trata de un punto muy acertado. Un cubano comparó esto a “la utilización de piezas de repuestos de un reloj Timex para arreglar un Rolex.” En esta analogía, por supuesto que el Rolex es el socialismo mientras que el Timex es el capitalismo. Sin embargo, el punto central es que las piezas que constituyen las dos marcas no son compatibles. Algunos de la llamada “izquierda” pueden argumentar que Cuba está introduciendo algunas medidas de economía de mercado propias del capitalismo. Sin embargo, la economía de mercado ha existido desde mucho tiempo antes que el capitalismo, inclusive en los sistemas más “primitivos”. No se trata de una característica exclusiva de ningún sistema. No se trata de un invento del capitalismo. Por el contrario, los cambios realizados en Cuba contribuyen a mejorar el Rolex, pero con partes rejuvenecidas y no con partes usadas de un marca totalmente diferente e incompatible.

La oposición de la “izquierda” contribuye objetivamente al “American Dream” de instaurar el capitalismo en Cuba, aún cuando, por supuesto, ellos lo niegan de forma vehemente. Para describir su imagen anticapitalista, algunos inclusive se definen a sí mismos como “socialistas-demócratas”, en tanto que opositores al supuestamente autoritario socialismo cubano. El punto de vista del pensamiento único estadounidense del sistema está especializado en etiquetar con guiones conceptos tales como los socialistas-demócratas. La “democracia” es quizás el concepto más manipulado en política, análisis que va más allá de este corto artículo. Es suficiente mencionar por el momento que, con base en el punto de vista del pensamiento único estadounidense, el término democracia sirve de palabra clave para contradecir al socialismo. En Cuba, cuando se agrega la etiqueta “democracia” como por arte de magia, aquellos en el Norte interesados en subvertir la revolución cubana saben que los individuos partidarios del socialismo etiquetado con guiones están en su campo ideológico.

Esta y otras tendencias similares al interior de la oposición “izquierdista”, aún cuando en aparente contradicción entre ellas, tienen al menos una característica en común. Desde diferentes ángulos, todas convergen en un modo de pensar: el sistema cubano y el gobierno son “autoritarios”; el Partido Comunista de Cuba y el Ejército están omnipresentes; el sistema es centralizado, por lo cual el Estado juega dos funciones principales (aun cuando Cuba fue descentralizada a partir del año 2008, pero en sus propios términos, al interior del socialismo). Esta posición se presenta ostensiblemente a favor del socialismo, pero de un “socialismo” muy, muy, democrático. Con el fin de fomentar esta imagen, cada incidente en el sistema cubano es señalado con la finalidad de presentar a Cuba como autoritaria. Contando principalmente con algunos intelectuales, el objetivo es atomizar y dividir la sociedad cubana, buscando destruir su unidad, construida desde 1959.

Por el contrario, aquellos comentaristas en Cuba de una tendencia de derecha abiertamente anexionista, critican al gobierno cubano por no ir lo suficientemente lejos ni rápidamente en la adopción de lo que ellos llaman “medidas capitalistas”. Los anexionistas defienden abiertamente el capitalismo para Cuba bajo la tutela de Estados Unidos. Esta tendencia también acusa al gobierno “autoritario” de restringir lo que ellos esperan como el inevitable deslizamiento de Cuba hacia el capitalismo. De esta manera, el término “democracia” es manipulado por los llamados izquierdistas y abiertamente pro estadounidenses y pro capitalistas de derecha.

Existe otro común denominador asociado a los dos extremos aparentemente opuestos. No hay duda que actualmente en Cuba tiene lugar una viva discusión y un debate acerca del mejoramiento del socialismo y del sistema político cubanos. La actitud hacia Estados Unidos en el nuevo y complicado contexto del post 17D, está por supuesto atada a estas controversias. Estas deliberaciones están tomando lugar a muchos niveles e instancias de la sociedad cubana y del sistema político. Estos debates constituyen una característica de la cultura política cubana que conlleva esta tradición de larga data. Si en este momento se toman los medios cubanos como ejemplo, diferentes artículos de opinión vienen siendo publicados en la prensa oficial, tales como el Granma y Juventud Rebelde. Algunos de ellos han sido escritos por los llamados periodistas y escritores alternativos tales como Iroel Sánchez, Elier Ramírez, Enrique Ubieta, Luis Toledo Sande y Esteban Morales, para nombrar tan sólo a unos pocos. Estos intelectuales y muchos otros tienen sus propios blogs activos e igualmente participan a diario en los medios sociales (como Facebook y Twitter) en la resistencia contra la guerra cultural liderada por Estados Unidos.

Sin embargo, cuando la oposición de “izquierda” o de derecha describe a Cuba para el beneficio del consumo extranjero y parte del doméstico (sin equivocación acerca de ello, sus puntos de vista se centran en la hostil prensa extranjera contra Cuba), invariablemente aplauden y destacan lo que llaman el periodismo de “oposición” o “alternativo.” La oposición de “izquierda” coacciona, supuestamente, el epítome del pluralismo, tan sólo se citan entre ellos mismos y a oponentes de ideas semejantes, dentro de un enfoque bastante monolítico. Es así como también los medios del establecimiento estadounidense manejan cualquier debate. Éstos citan tan sólo su propio pensamiento: una consanguinidad perversa.

Por el contrario, los intelectuales cubanos verdaderamente alternativos (algunos de ellos mencionados anteriormente), que trabajan por el mejoramiento del sistema, se encuentran en la lista negra e inclusive son vilipendiados por los “izquierdistas.” Los medios del “establishment” reconocen entonces estas credenciales tan sólo a aquellos que consideran “alternativas de buena fe”, generando invariablemente una avalancha de invitaciones tanto a los de “izquierda” como a los de derecha para viajar a Estados Unidos o para ser publicados en medios extranjeros en Cuba, a manera de intercambio contra la entrega de los bienes esperados: afirmar que el sistema cubano es autoritario o dictador. Amén. Este intercambio es flagrante hasta el punto que, el hecho de que un cubano reciba de su parte estas credenciales, podría considerarse el peso del dólar o el beso de la muerte.

Así, tanto la oposición de la “izquierda” como de la derecha abiertamente anexionista, son dos alas de la misma águila estadounidense. No se debe subestimar su influencia en algunos sectores intelectuales de la sociedad cubana. Sería ingenuo hacerlo. También sería equivocado sobreestimar su influencia en la sociedad cubana, puesto que el socialismo cubano se caracteriza por un alto nivel de conciencia política ampliamente acumulado a lo largo de muchas décadas. Esto permite a los revolucionarios y a los patriotas cubanos comprender sus manipulaciones y así, en el proceso, enriquecer aún más la herencia ideológica de la Revolución cubana.

Arnold August

Arnold August: Periodista y conferencista canadiense.

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El mundo con Trump en el año 2017

janvier 20th, 2017 by Wim Dierckxsens

Introducción

El triunfo inesperado de Trump produjo también algunas reacciones sorpresivas del “mercado[i]”. Esto se manifiesta en parte, en que los inversionistas asumen mayores riesgos en sus compras de activos (acciones) en vez de bonos y que compran dólares vendiendo otras monedas e incluso oro. Este comportamiento sucede porque el presidente recientemente electo ha afirmado que implementará políticas de inversión en infraestructura y aplicará recortes tributarios para fortalecer la producción. Si prosigue en este plan, conducirá también a mayores déficits fiscales, y tasas de interés en alza en los EUA (Estados Unidos de América).

El aspecto global de la re-calibración de los “mercados” se centra en las tentaciones de invertir en dólares a costa del euro y el yen, ya que ambos están aún atascados en tipos de interés más bajos y hasta negativos. Los flujos de capital, obviamente, favorecen al dólar que repunta en el mercado a costa del Euro y el Yen. Lo cual podría significar una nueva gran crisis bancaria en la Unión Europea y su ingreso en un eventual proceso que debilita su unidad estratégica, hecho que no dejaría de tener un sabor a triunfo para el capital financiero globalista si el camino es el de la desintegración de la UE según como se resuelva la crisis de la UE, recordemos que este viene de ser recientemente derrotado en las elecciones de EUA (ya que su candidata era Clinton) y en el Brexit[ii] de Gran Bretaña.  Está claro que el globalismo financiero ha quedado debilitado aún más en EUA al perder ahora el poder ejecutivo, ya había perdido el poder legislativo y el poder judicial, y nunca fue dominante en el mercado interno ni en el pentágono. Aunque si lo sigue siendo en el mercado mundial. Pero la UE, como UE, sigue teniendo opciones más fuertes de articulación en el multipolarismo de los Brics, junto a China-Rusia-India-etc. Aunque también pueda ser tensionada desde un EUA que intenta fortalecerse desde su continentalismo[iii].

Pero el capital financiero global no se quedara inmóvil en EUA, la Reserva Federal (FED) ya subió las tasas de interés días después del triunfo de Trump. La Fed considera que ahora es el momento para aumentar las tasas de interés, anunciando además tres aumentos para 2017 y proyectando otros tres, tanto en 2018 como en 2019. Recordemos como operaron los anuncios del presidente de la Fed Ben Bernanke, en junio de 2013, sobre la decisión de aumentar las tasas del 0,25% al 2,5%, produciendo la primera gran corrida financiera global con una salida brutal de inversiones de las economías emergentes hacia posiciones expectantes. Hecho que produjo una ralentización de la economías emergentes del 5% al 1%, con China del 7,8% al 4%[iv].

Muchos norteamericanos esperan el milagro económico de Trump, pero la verdad es que la Reserva Federal no estará bajo su control hasta la segunda mitad del año 2018, son los globalistas pro-Clinton quienes seguirán teniendo el control y un fuerte poder en la Fed[v], de poder fijar las tasas de interés. Por ello no sería extraño que el nuevo presidente, más temprano que tarde, haga el esfuerzo político de poner fuera de juego a la Reserva Federal, dejando en manos del Departamento del Tesoro[vi] sus funciones esenciales. De otra manera deberá esperar hasta la segunda mitad de 2018, que podría ya ser demasiado tarde[vii].

Reserva Federal de EE.UU.: institución de corte colonial

La Junta de gobernadores de la Reserva Federal consta de siete asientos. Dos de ellos quedaron vacantes desde 2014, cuando Obama nombró dos gobernadores nuevos que fueron rechazados en el Senado dominado por los republicanos. Los cinco gobernadores en ejercicio todos son banqueros, de formación en economía o abogacía. El período de la presidenta, Janet Yellen termina el 3 de febrero de 2018 y el Vicepresidente Stanley Fisher podrá quedarse hasta el 2020. La costumbre es que ambos se retiren en 2018 y que Trump tenga la posibilidad de nombrar en tal caso, según afirma, a personas que expresen los intereses del sector empresarial industrial, comercial y agrícola.  Lo anterior implica que desde ahora hasta principios de 2018, la lucha entre el neoliberalismo financiero globalizado enfrentado con, el continentalismo financiero neoconservador y el nacionalismo industrialista norteamericano será intensa; y si los globalistas quieren causar un colapso financiero para debilitar a D.Trump, lo tendrán que realizar lo antes posible, durante el año 2017 o principios de 2018[viii].

Está claro que conforme la Fed aumente la tasa de interés subirá la cantidad de dólares destinados al servicio de la deuda estadounidense que ya es de 14 billones de dólares. Los intereses serán la partida del presupuesto del Gobierno Federal que más rápidamente crecerá con la suba de la tasa de interés. Es obvio que los globalistas tienen un plan para debilitar a D.Trump y para que colapse la economía norteamericana, y lo vienen ejecutando desde que resultó ganador Trump en las elecciones del de noviembre de 2016 a partir de: los anuncios de que la Fed aumentaría la tasa de interés, de las movidas para que no llegue a los 270 electores en los veinte colegios electorales el 19 de diciembre de 2016, de las mediáticas movilizaciones de jóvenes en los grandes centros urbanos, a partir de la denuncia de la intromisión de hackers rusos, etc.

En el plano de la economía con el anuncio de un plan de fuertes incrementos en las tasas de interés tienden a provocar un colapso y harán lo imposible a través de las principales corporaciones-mediáticas  bajo su dominio de responsabilizar a Trump y sus apoyos económicos y políticos, pues, el colapso es un proceso y no un suceso.  El colapso/crack bancario implicaría sin duda procesos de ´bail-in´, un corralito bancario reduciendo o prácticamente eliminando el dinero-en-efectivo para así poder tener el control sobre la población entera a través de sus cuentas bancarias, hecho que afectaría de manera directa a todas personas bancarizadas[ix].

El plan de los globalistas se orienta a acabar con el dólar como moneda internacional de referencia y este colapso limitaría fuertemente el peso del dólar en el mercado internacional.  De este modo el valor del nuevo dólar ya no sería controlado por la Reserva Federal, esta probablemente tendría que ceder este rol al Fondo Monetario Internacional (FMI) y el dólar perdería mucho de su actual poder adquisitivo, mediante procesos de devaluación e inflación.

Mientras tanto D.Trump y sus apoyos, en el Contientalismo financiero neoconservador y en el nacionalismo industrialista, también necesitan aumentar la tasa de interés para atraer el crédito mundial, orientando el flujo de capital especulativo de la gran burbuja hacia EUA, y de la especulación a la producción, que incluye el regreso de las inversiones de ETN´s[x], para financiar su plan de reindustrializar EUA y reposicionarlo como potencia industrial mundial, con el objetivo de confrontar estratégicamente con los globalistas y con el multipolarismo industrialista Brics.

La pregunta es si los globalistas lograran construir la imputación de la responsabilidad de Trump y sus políticas, o si por el contrario el gran público podrá ver claramente que es la élite financiera globalista quien controla la mano que mece la cuna de la crisis. En tal caso el panorama incluso se abriría para una alternativa sistémica[xi].

Qué pasará en el primer año del gobierno D.Trump

Para ello es importante analizar la próxima fase del ciclo de crédito, y las implicancias para las tasas de interés y de inflación. Un recorte fiscal para estimular la producción en EUA significará un alza en las tasas de interés y con ello sobre los precios, que van ir en ascenso. En este sentido podríamos encontramos con una política “muy prudente” de Trump de no comenzar con su política fiscal o de hacerlo de manera muy gradual[xii]. El alza de precios de las materias primas se producirá de todos modos debido al almacenamiento continuo de materias primas realizado por China y su plan ya en marcha de Nueva Ruta de la Seda[xiii], cuya demanda de estos ´commodities´ compite con la demanda esperada que generan las obras de infraestructura y reindustrialización anunciadas por D.Trump.

Hasta que asuma D.Trump, los bancos están en la fase inicial que marcará pérdidas en bonos, ya que se verán obligados a vender sus tenencias en bonos para crear espacio de financiar los mega-proyectos de infraestructura. La venta masiva de bonos que se espera implicará una pérdida de precio de los mismos con las pérdidas bancarias correspondientes.

Los mecanismos detrás de los flujos de crédito bancario del sector financiero al productivo hoy son diferentes a las situaciones en tiempos anteriores (1970-79). A partir del año 2008 el ciclo de crédito financiero se ha prolongado y distorsionado artificialmente[xiv], debido a que la mayoría de las malas inversiones acumuladas (1999-2006), que normalmente hubieran sido eliminadas en la fase de desaceleración del ciclo de crédito (2009-2014), desde la Fed y su red de bancos centrales subordinados se les ha permitido persistir, para lo cual se ha agregado toda una emisión sin respaldo. Lo anterior gracias a la supresión agresiva de los tipos de interés por la Reserva Federal que creó una burbuja de emisión de dinero sin respaldo a tasas de interés cero y hasta negativas. Se construyó así una burbuja financiera varias veces más grande que la que estallo en 2008 en EUA, con la caída del banco de inversión Lehman Brothers, pero ahora de tamaño global.

En consecuencia, el acumulado crédito bancario de estos tiempos nunca se reasignó[xv] del uso improductivo al productivo, sino que se ha ampliado sin cesar en nombre de la ingeniería financiera (burbuja). Entrando al 2017, los bancos todavía tienen que vender sus tenencias en bonos comprados a precios altos, cuando las tasas de interés estaban excepcionalmente bajas. Ahora están presionados para venderlos a fin de lograr el suficiente espacio en su cartera, para poder ofrecer préstamos destinados a la expansión de la infraestructura y para financiar un déficit fiscal en alza. Se espera en 2017 una venta masiva y en consecuencia una verdadera caída en el precio de los bonos del Tesoro. Esto ocurrirá en el 2017, suponiendo que D.Trump siga con sus planes económicos.

Sin embargo, los actores que apuestan por la actividad industrial, comercial y agraria ya han anticipado a la baja los precios de los bonos en poder de los bancos. Han anticipado grandes pérdidas para los grandes bancos que recibieron bonos emitidos a tasa 0% y sin respaldo, y que ahora deben sí o sí venderlos. Pues, el precio del bono es inverso a su rentabilidad.

Dado que, antes de los planes expansivos de D.Trump, los rendimientos en bonos se encontraban a niveles inusualmente altos (debido a las tasas de interés excepcionalmente bajas 0% o negativas), ahora se esperan grandes pérdidas bancarias en el mercado de bonos con la subida de las tasas de interés.

Se esperan pérdidas muy grandes para los bancos debido a que deberían venderlos cuando, tanto fuera de EUA (Chinos sobre todo) como los mismos bancos dentro de EUA, hay una fuerte presión para invertir en: a) los grandes proyectos de infraestructura dentro y fuera de EUA, b) por la política de la FED de elevar las tasas de interés por motivos geopolíticos en la disputa entre los capitales financieros dentro de EUA, c) también como resultado de las expectativas de inflación y d) como consecuencia de la propia caída de los bonos.

La liquidación de bonos del tesoro en el exterior

El efecto a la baja de los bonos del Tesoro no solo se define por causas internas. Ya hemos mencionado en nuestro artículo anterior[xvi] que no solo China sino los países asiáticos en general, con la excepción de Japón, se están deshaciendo masivamente de los bonos del Tesoro. Esta liquidación masiva de bonos es algo que Washington ya temía desde hace años, porque pondría a la Reserva federal en la posición de tener que aumentar las tasas de interés. Un alza en las tasas de interés se reforzará sobre todo si esta liquidación de bonos continúa o incluso si se acentuara en los próximos meses.

Ya Trump advertía que cuando la Fed aumente demasiado a menudo las tasas de interés, el dólar se fortalecerá al haber una fuerte demanda del billete verde, al menos temporalmente, hasta que luego serán ´trocados´ por oro o materias primas, aumentando el precio de ambos. El día que la presidencia de la FED acelere el aumento en las tasas de interés (el próximo aumento ya podrá ejecutarse en febrero de 2017) Trump no podrá contar con Yellen y su ´board´, porque no le responden, para aplicar la expansión monetaria que se ocupa para financiar su déficit fiscal. Él hará la presión necesaria sobre la Fed para poder “guiar” los aumentos las tasas de interés y de ser necesario no esperara hasta febrero de 2018 para reemplazarla de una forma u otra. A él la gustaría poder reemplazar a Yellen pero su mandato termina en febrero de 2018[xvii].

Las consecuencias de un estímulo fiscal

Los bonos:

El presidente electo tiene como proyecto promover un estímulo fiscal sustancial para la empresa privada industrial, comercial y agrícola. La diferencia entre un estímulo monetario y otro fiscal se encuentra en la inflación de precios. El estímulo monetario tiende a inflar los precios de los activos, mientras que un estímulo fiscal tiende a inflar los precios al consumidor. Por lo tanto, el estímulo fiscal conduce con mayor certeza al aumento de las tasas de interés debido al efecto de inflación de precios. El alza en los rendimientos de los bonos se produce al venderlos a precios en baja. La baja del precio de los bonos causará pérdidas dolorosas para aquellos bancos con fuertes inversiones en bonos (sobre todo los de corto plazo) que compraron en su momento más caro.

Esto se suma a una debilidad estructural que todos los bancos acarrean desde la crisis de 2008 y que se ha sumado a un mundo de bancos y bancos centrales expuestos a la gran burbuja financiera que se generó para posponer el escenario de ganadores y perdedores entre las grandes bancas financieras transnacionales. Los grandes perdedores inmediatos del 2008, lograron posponer la resolución de la crisis, producto de una lucha de intereses financieros trasnacionales, hasta poder construir-imponer un escenario favorable en la puja.

Este es el fundamento de esa gran burbuja financiera que deja expuestos a todos los bancos centrales, a todas las monedas internacionales, a todos los grandes bancos a la crisis de la burbuja financiera y que al mismo tiempo les ha permitido posponer su resolución desde 2008, hasta ahora. Pero ahora el terreno es uno mucho más complejo que en 2008, es de mucha mayor envergadura y ya no solo existen opciones en esquemas financieros sino que emergieron ya las opciones alternativas anti-financieras y multipolares universales[xviii].

Las acciones

Se puede esperar que el cambio de un estímulo monetario, durante el período post crisis de 2008 a 2016, a otro fiscal en 2017 afecte también negativamente los precios de los activos, por las razones que quedarán claras a continuación. En la fase expansiva (de la producción), el dinero debe abandonar las actividades puramente financieras. Sin embargo, no se puede tener a la vez un estímulo fiscal y una reasignación de recursos económicos al sector privado no financiero sin crear un poderoso efecto de precios sobre los relativamente escasos activos financieros. En consecuencia, no sólo se espera una caída en los precios de los bonos debido a un aumento en los rendimientos vía intereses de los mismos, sino  también en los mercados bursátiles habrá un clara tendencia al alza y a tal punto que los fundamentos de las acciones parecerán estar en su mejor momento. Por lo tanto, la euforia postelectoral con la victoria de D.Trump en las bolsas de valores es un reflejo de un sentimiento positivo, que va por delante de la realidad[xix].

La expansión monetaria y las tasas de interés

Los keynesianos argumentarían que las tensiones a las que se enfrenta el sector financiero pueden compensarse con la expansión del crédito. En general podría ser, siempre y cuando los bancos tengan espacio en sus hojas de balance para un incremento adicional del crédito, lo cual no es la realidad actual. La realidad consiste en un sistema bancario financiero sobresaturado de bonos de deuda (burbuja financiera) principalmente en dólares, por un monto que es 22 veces la economía real, que no tienen respaldo en la economía real. Y que necesitan que los tenedores de bonos asuman las pérdidas, para poder ser re-direccionados a potenciar la economía real (infraestructura y producción industrial, comercial y agraria)[xx].

Sin embargo, los efectos inflacionarios de la expansión fiscal sobre los precios al consumidor se convierten en una fuerza considerable y relativamente inmediata, que domina rápidamente las decisiones de la política monetaria. Esto se debe a que, a través del aumento en el gasto público en infraestructura y producción, el déficit fiscal se traduce directamente en un aumento de la demanda de bienes y servicios, elevando los precios a medida que se gasta dinero extra creado a partir de la nada (burbuja). Por otro lado, el resultado será que el banco central inevitablemente aumentará las tasas de interés a fin de proteger el poder adquisitivo de la moneda[xxi].

El ejemplo más claro en la memoria viviente para explicar las consecuencias de la política económica de Trump, es la economía de Gran Bretaña en la primera mitad de los años setenta. A partir de 1970, el gobierno estimuló agresivamente la economía al aumentar el déficit fiscal a partir de una baja en las tasas de interés. El resultado fue un alza en el mercado bursátil que terminó en mayo de 1972. Los intereses pagados por los bonos del gobierno británico habían tocado fondo más temprano en ese mismo año. A medida que se percibía que la economía mejoraba, el Banco de Inglaterra aumentó los tipos de interés con la inflación de precios como consecuencia. Los bonos se solían vender a menor precio al tiempo que sus rendimientos crecieron. La especulación llevó la inversión de los mercados de valores a la propiedad comercial, cuando los alquileres y los valores de los inmuebles subieron debido a la expansión de la demanda de oficinas, impulsada por un boom económico artificial.

La inflación de precios se aceleró hasta el punto en que las tasas de interés tuvieron que ser aumentadas aún más todavía, provocando un colapso en el mercado inmobiliario, lo que obligó al rescate de los bancos involucrados. A lo largo del ciclo, la tasa básica del Banco de Inglaterra había aumentado del 5% en septiembre de 1971 al 13% en noviembre de 1973, precipitando el colapso del mercado inmobiliario.  Los rendimientos de los bonos a largo plazo se habían duplicado a más del 15% y a fines de 1975 la bolsa de valores había perdido 75% de su valor. La situación financiera del Gobierno británico era tan mala que tuvo que pedir prestado dinero al FMI.

Todo esto sucedía en Gran Bretaña entre 1970-1979, cuando el mundo se encontraba aun sin una decisión de emisión de dinero por los bancos centrales sin respaldo en la economía real. Si se encontraba en medio de la crisis del respaldo oro del dólar como moneda fiduciaria[xxii], provocada por la decisión de Alemania y Francia en 1967 de exigir sus acreencias con EUA en oro, hecho que fue resuelto con la decisión de EUA de plantear el no reconocimiento de la deuda, el no respaldo en oro del dólar y el pasaje al respaldo del dólar en el comercio de petróleo con Arabia Saudita (llamado desde entonces petrodólares). Todo esto sucedía cuando la economía de EUA era aún el motor central de la economía mundial. Algo que ha dejado de suceder a partir de la crisis de 2008 y que es el gran fundamento de esta crisis mundial.

Con lo cual se nos plantea el dilema acerca de cuál será el camino que recorrerá la política de D.Trump en la economía de EUA en una situación mundial totalmente distinta a la de 1970/79.

El oro, el colapso sistémico y la perspectiva posterior

El oro se encuentra atrapado en una baja temporal de su precio, siendo su venta una forma rápida para que los fondos de cobertura[xxiii] ubicados en Estados Unidos compren dólares con un precio y rendimientos en alza. Si bien esta presión puede persistir, sobre todo si el euro se debilita más, consideramos que es esencialmente un efecto temporal de coyuntura. En 2017, el oro tendrá una tendencia al alza.

Entre 1970 y fines de 1974, el oro subió de $35 a $197.50, un aumento de más del 500%. Durante ese período, como ya se mencionó, la tasa básica del Banco de Inglaterra pasó de 5% a 13%. La tasa de descuento de la Fed subió de 4,5% en 1972, al 8% en agosto de 1974. Así observamos que un aumento en el precio del oro fue acompañado por un aumento en la tasa de interés, lo que contradice los saberes de la economía convencional de hoy.

El 21 de enero de 1980 el oro alcanzó un precio máximo de 850 dólares, cuando la tasa de descuento de la Fed se situó en un 12%. La actual convicción de que un aumento de las tasas de interés sería malo para el oro fue refutada por esos acontecimientos. La razón por la que el oro subió no tuvo que ver con las tasas de interés, y si tuvo todo que ver con la aceleración de la inflación de precios. La única manera de detener el aumento del precio del oro era elevar los tipos de interés lo suficientemente altos y fuertes como para dar un golpe que pudiera colapsar la actividad económica, tal como lo hizo Paul Volcker en 1980-81, y lo que podría llegar a hacer la Fed si siguiera manos de los globalistas en el año 2017.

Otra manera de mirar el precio del oro en perspectiva es pensar en él en términos de precios de las materias primas, que en el largo plazo tienden a ser más estables cuando se mide en oro, que cuando se mide en monedas fiduciarias[xxiv]. Dada la perspectiva al alza de los precios de las materias primas, ya que tanto China como Estados Unidos compiten por las mismas y aumentan la cantidad de dinero para pagarlas, es más lógico que el precio del oro mantenga su nivel de poder adquisitivo frente al aumento de los precios de los ´commodities´ y no en relación con la pérdida de poder adquisitivo de las monedas fiduciarias.

Ahora bien, China, y los Brics, se han preparado para este momento histórico, habiendo emprendido una política de larga data de almacenamiento de oro desde 1983. La cantidad de oro que el país ha acumulado, además de las reservas oficiales declaradas, es un secreto de estado, pero la estimación es de al menos 20.000 toneladas. En 2002, el Estado chino probablemente ya tenía asegurado suficiente oro físico para permitir que sus propios ciudadanos se unieran a la iniciativa, porque en ese año el Banco del Pueblo estableció la Bolsa de Oro de Shanghai y levantó la prohibición de la propiedad privada de oro en China.

En los últimos catorce años, los particulares y las empresas en China han acumulado al menos otras 10.000 toneladas, y China por lejos se ha convertido en el mayor productor y refinador de oro. Podemos decir que China se ha preparado a sí misma y a sus ciudadanos con suficiente antelación para el colapso del poder adquisitivo de las monedas fiduciarias que su demanda de ´commodities´ probablemente provocará. Lo único que debe hacer es deshacerse de sus bonos del Tesoro de los Estados Unidos acumulados en el pasado antes de que se estos se queden sin valor, cosa que ya está haciendo de manera acelerada.

Además, China ha ido desarrollando un esquema de poder productivo, multipolar y de escala universal. Esquema que comparte con Rusia y la Unión Económica Euroasiática, con la India y su área de influencia, con Brasil-Argentina y la Unasur-Celac, con Sudáfrica y la Unión Africana, a los cuales se suma Pakistán, Irán, Siria, Egipto y otros. Un esquema con moneda internacional centrada en el yuan y la canasta de monedas Brics, con un Banco de Infraestructura y Desarrollo (BAII), un Fondo de fomento, un sistema propio de compensación de intercambio, un plan de infraestructura y desarrollo que muy pronto llega a Inglaterra con un tren de cargas de alta velocidad[xxv].

BRICS, uno de los principales ejes de acumulación de capital en escala mundial

Un plan de infraestructura que tiene en su hoja de la ruta de la seda llegar hasta EUA por el Puente Terrestre que une Siberia y Alaska, y que tiene a sectores del poder en EUA, los Roosveltianos en el Partido Republicano que promueven esta salida productiva para el pueblo norteamericano. Y que promueven también la re-institucionalización de la Ley Glass Steagall como único modo de debilitar estructuralmente al capital financiero global, al impedir que la banca de financiera de inversión pueda existir y dar sustento a las redes financieras globales. Por lo tanto, Trump también tiene una vía hacia el industrialismo nacional por medio de esta articulación con los Brics.

En cambio, EUA está muy mal preparado para enfrentar un alza de precios de las materias primas. Sus reservas de oro, asumiendo incluso que son como se indica, lo cual es por lo menos dudoso[xxvi], son insuficientes para asegurar un dólar en declive, y en cualquier caso la conversión en oro de posiciones en dólares ya no será fácil. En los años venideros y en términos de demanda de los ´commodities´, Estados Unidos le tocará jugar de todos modos de segundo violín a la par de China (y no como en 1970, cuando Gran Bretaña ocupaba ese lugar), empeorando potencialmente la situación de los precios en dólares.

Debido a la continua demanda no cíclica de materias primas de China, existe un riesgo significativo que ni siquiera una depresión debido a la liquidación de la deuda provocada por alzas significativas en las tasas de interés logrará controlar la inflación de precios expresada en monedas occidentales. A diferencia de los años setenta, cuando el dólar ponía la música con que todos los demás bailaban, en este momento China, Rusia y todas las naciones vinculadas a ellos por el comercio ya no bailan al son de la música del dólar. En consecuencia, la política monetaria estadounidense ya no ejerce un control absoluto sobre la inflación de los precios mundiales, medida en dólares u otras monedas fiduciarias.

Por lo tanto, las presiones inflacionarias (de los precios de las materias primas) podrían persistir, por más que caigan los precios de los bonos del Tesoro (títulos de deuda estadounidense). La posibilidad de que el entorno de precios en dólares siga siendo inflacionario en medio de una fuerte recesión económica de Estados Unidos no puede descartarse, incluso si en 2018 la política monetaria de la Reserva Federal ya estuviera manejada por la administración Trump.

Golpes, Crisis y Colapsos

Un probable colapso financiero en EUA en 2017

Ahora bien, al intentar Donald Trump implementar las políticas fiscales expansionistas de Gran Bretaña de 1970, todas las señales de un ciclo similar se están gestando hoy en EUA pero en una escala muy superior. Pero hay diferencias obvias, en particular la alta carga de la deuda en el sector privado. En la década de 1970, los niveles de deuda del sector privado eran bajos y tan así que los precios inmobiliarios residenciales en el Reino Unido inicialmente no se vieron afectados por el aumento de las tasas de interés. Hoy en día, las propiedades residenciales en EUA cuentan con hipotecas que alcanzan un 80% del valor de la propiedad. De hecho, el nivel de deuda del sector privado en general en Estados Unidos es ahora tan grande que un aumento en la tasa de interés de los fondos federales en un dos a tres por ciento ya puede ser suficiente para que colapsen tanto los precios de la vivienda residencial y el sector financiero de EUA como un todo.

Un probable colapso financiero en la UE en el 2017

Otra diferencia importante es la interconexión de los mercados. El aumento de los rendimientos de los bonos del Tesoro de los Estados Unidos sin duda se traducirá en la migración de euros a dólares buscando rendimientos crecientes de inversiones en dólares. Esto afecta en particular a la zona del euro. Los bancos de la eurozona enfrentarán pérdidas en el mercado de bonos (ya que sus inversores buscarán venderlos para invertir en dólares) potencialmente tan grandes que todo el sistema bancario europeo podría colapsar y hasta su propia supervivencia podría verse amenazada por estos desarrollos. Es probable que el BCE[xxvii] continúe inyectando dinero en el sector financiero en un intento desesperado por salvar a los bancos, pero sólo podrá hacerlo mientras que el efecto de la inflación de precios de un euro en caída, no lo obligue a elevar las tasas de interés también.

Ante la amenaza de una fuerte crisis bancaria la Comisión Europea está aumentando los controles sobre la moneda en efectivo y los metales preciosos como el oro y la plata. En el marco de los “ataques terroristas”, como él que tuvo lugar esta navidad en Berlín se pretende limitar la posibilidad de operar con dinero en efectivo y, primero que nada desde y hacia el exterior. Lo anterior tiene que ver con la implementación de un corralito que cierra las oportunidades de fuga de dinero hacia afuera. La posesión de oro se hará ilegal, lo que implica una clara confiscación de la riqueza ciudadana. Al sacar de circulación los billetes de mayor valor,  se limitará la posibilidad de guardar dinero fuera del banco, bajo el colchón. Todo lo anterior para preparar un ´bail in´ (corralito cambiario) para el momento de la bancarrota[xxviii].

Con la perspectiva que Donald Trump asuma como presidente de EUA, justo cuando el sistema bancario europeo encabezado por Alemania consiguió una sorpresiva victoria en el Comité de Basilea sobre la banca financiera globalista de Wall Street en torno a las reglas de crédito.  Alemania junto con Francia ha logrado que el mercado de capitales no se subordine a las reglas de juego de los megabancos norteamericanos. Lo que está en juego es el liderazgo económico a nivel global en un momento que los bancos chinos también consideran jugar un papel protagónico y tener mayor control sobre el mercado de capitales. Tratase de un gran reto político, ya que Deutsche Bank ha logrado sobrevivir como el último banco que podrá competir con los grandes bancos de inversión de Wall Street.

Lo anterior beneficiaría a los países de la UE en caso de una crisis financiera o en torno a disputas sobre el alza o no de las tasas de interés ya que no dependerán de un ´club´ de bancos americanos, los cuales monopolizarían la compra de bonos del Tesoro[xxix].

Es interesante mencionar en este contexto también que Trump acusó al billonario George Soros de ser parte clave de esta estructura global de poder  responsable de ´robar las riquezas´ a la clase trabajadora, a costa de la soberanía nacional y al servicio exclusivo del capitalismo globalizado.  Ahora que Trump ocupa la Casa Blanca, el gobierno de Hungría, como miembro de la Unión Europea, se siente con el respaldo suficiente para poner todos los instrumentos políticos a su disposición para desmantelar las grandes ONG´s relacionadas con Soros[xxx].

La crisis de la UE es un proceso que viene desde 2009 y tiene que ver con resolver en que esquema de poder mundial formara parte, ya que no puede serlo por sí misma pero es un componente central para definir el poder mundial. Las tensiones están siempre presentes por este motivo y la UE no solo tiene opciones en el esquema unipolar financiero continental, sino que también los tiene en los esquemas universales multipolares. Decimos que la UE no tiene opción en el globalismo unipolar porque implica se desaparición como UE.

D.Trump y su ´matrimonio´ con Rusia en 2017

El Nuevo presidente de EUA anunció que su próximo Secretario de Estado será Rex Tillerson, ejecutivo de la empresa petrolera ExxonMobil, el hombre que dio inicio al ´fracking´, al desarrollo del petróleo y gas no convencional.  El Departamento del Estado que dirigirá está encargado de toda clase de guerras económicas en el mundo. Todo esto en un momento donde los días del dólar parecen estar contados y que las monedas fuertes están cada vez más situadas en el Este. Rex Tillerson tiene un lazo fuerte con la Dinastía Rockefeller, cuya fortuna en Standard Oil derivo en la fundación de ExxonMobil.

Tillerson y su control sobre el gas natural -que tiene el poder de llevar el precio de petróleo a una caída libre-, podría resultar su arma económica por excelencia en la guerra económica y la negociación comercial.  La capacidad y habilidad de controlar la oferta y demanda de la energía será el principal juego de poder. Putin podrá ser o no un aliado en este proceso, ya que Exxon-Mobil también tiene fuertes inversiones en la Federación Rusa e intereses comunes para explorar el Ártico. Pero para el año 2017, esto alejará una potencial guerra militar con Rusia y habrá paz en este año en ese sentido[xxxi].

Trump y su relación con China y América latina

Gran Bretaña, en los años setenta, así como los EE.UU. en los próximos años, ambos tienen un problema específico común: el aumento de precio de los ´commodities´ (materias primas) en general y de la energía en particular. La demanda artificial generada por la expansión fiscal en los Estados Unidos en los años 1970-74 contribuyó a un aumento significativo en el nivel general de los precios de las ´commodities´. El más notable fue el aumento en el precio del petróleo, ya que la OPEP subió el precio por barril de US$3 a US$12 tan sólo en 1973. El alza de los precios de los ´commodities´ se pagó mediante la expansión monetaria, al igual que hoy.

Pero hoy, China está llevando a cabo vastos planes de infraestructura para toda Asia[xxxii], lo que le obliga a almacenar y consumir cantidades sin precedentes de materias primas industriales y energía. Estos planes de China y los BRICS, también involucran y contienen a los capitales financieros globales con los cuales suman y explican que el 63%[xxxiii] del PMB[xxxiv] mundial se produzca en las economías emergentes (no en EUA). Los planes expansivos de Trump entrarán en conflicto con los planes más grandes que China ya tiene en marcha, elevando aún más los precios de los ´commodities´ expresados en dólares. Esto, además de las alzas ya observadas antes que asumiera Trump, empeora la perspectiva de los precios aún más todavía.  Aquí queda claro el porqué del conflicto de intereses entre China y EEUU en la política económica de Trump. Esto podrá tener un efecto rebote hacia América Latina. En el conflicto latente por las materias primas es de esperar que la doctrina Monroe se reintroduzca con casi seguridad y con mucha fuerza.

El presidente electo Donald Trump está impulsando una agenda negativa para América Latina: promete construir un muro en la frontera sur de Estados Unidos, renegociar o terminar el Tratado de Libre Comercio de América del Norte –TLCAN/Nafta- con México y Canadá, y aniquilar el Acuerdo de Asociación Transpacífico con países asiáticos y latinoamericanos. Si toda la oferta política de Trump para América Latina se limita en 2017 a una agenda negativa –anticomercio, antiinmigración y antiacuerdos contra el cambio climático– China llenará el vacío y ganará aún más influencia en la región.

El anuncio de Trump sobre eliminar el Acuerdo de Asociación Transpacífico –TPP- fue un regalo para China”, que aprovecho muy bien en la reunión de la APEC en Perú en noviembre de 2016[xxxv]. Es importantes tener presente que, al calor de del año electoral en Estados Unidos, ha pasado inadvertida la ofensiva de China para aumentar su presencia en América Latina. Durante su última gira por la región, Xi entre otras cosas inauguró la mayor presa hidroeléctrica de Ecuador, construida por una firma china con préstamos chinos, y exploró nuevas inversiones en infraestructura en Perú y Chile. China ya tiene acuerdos de libre comercio con Chile, Perú y Costa Rica, y puede firmar nuevos acuerdos con países latinoamericanos o expandir sus negociaciones de la zona de libre comercio asiático a países latinoamericanos en un futuro cercano. Pero principalmente también ya los tiene con Brasil, Argentina, Venezuela y Bolivia.

A mediados de noviembre, poco después de las elecciones en Estados Unidos, el presidente chino Xi Jinping visitó Ecuador, Perú y Chile. Fue la tercera visita del líder chino a América Latina desde que asumió el cargo en 2013. Xi ha visitado en tres años diez países latinoamericanos, casi tantos como los 11 a los que ha ido el presidente Obama durante sus ocho años en el cargo.

A modo de conclusión: Escenarios de golpe por crisis inducidas

El plan estratégico que Obama ha seguido debilitando la influencia norteamericana en la política exterior como nación hegemónica, ya que el proyecto del capital financiero globalista no tiene el objetivo de construir ´Otro siglo norteamericano´, sino un gobierno global por encima de todas las naciones incluso por encima de EUA.

Un gobierno global que se estructura a partir de una red de cities financieras que controlan los bancos centrales de las naciones y que a partir de monopolizar la política monetaria del país se imponen subordinando a los gobiernos electos y se articulan en una red global de cities financieras. Por ello podríamos describirlo como un globalismo, porque se impone al nacionalismo y continentalismo; unipolar porque expresa una forma de capital financiero global como unidad central; y multilateral porque su territorialidad se compone como red de cities financieras y gobiernos de bancos centrales.

Por otro lado, con la visión de la seguridad nacional y ´Make America Great Again´, la administración Trump empieza a mostrar la heterogeneidad de su composición de poder. Por un lado, ya se perfilan en su gabinete los actores del continentalismo unipolar financiero con la posible presencia muy fuerte de Goldman Sachs y sus CEO´s, del complejo industrial militar y sus generales, más la Exxon-movil, Rockefeller y Kissinger.

Este continentalismo unipolar proyecto poder desde 1950 lo cual entro en crisis con el ascenso del globalismo financiero a partir de 1999-2008, y se plantea el desafío de imponerse en la interna unipolar financiera y poder seguir haciéndolo a partir de disputar el gobierno de Trump, a partir de EUA y su TLCAN/Nafta (México y Canadá) que se amplia como ALCA. Proyectando un mundialismo financiero que se apoya en Alemania para subordinar a la Unión europea y África, y en Japón para subordinar al Asia-pacifico como apoyos subordinados.

Puede percibirse ya la mano de Kissinger detrás del trono de Trump en materia de política exterior, que se orienta a enfrentar a China e Irán y utilizar a Putin y Rusia para evitar la posibilidad que se realice una Eurasia unificada como multipolarismo Brics, proyecto  que significa un contrapeso muy grande para las ilusiones tanto de un mundo unipolar con un enfoque nacionalista y neoconservador norteamericano como de un mundo unipolar bajo la hegemonía del capital financiero globalizado.

Son China y Rusia los países que más defienden la soberanía nacional y la idea de un mundo multipolar. Los globalistas atacaron sobre todo a Rusia para evitar esa integración de Eurasia ya que tenían su red financiera globalizada fuertemente desarrollado en China y no en Rusia. La administración Trump de la mano de Kissinger atacará sobre todo a China, ya que es el punto de mayor fortaleza desde donde se proyecta tanto el multipolarismo Brics como el Unipolarismo global, y necesita evitar que el gobierno global y unipolar se levante a expensas de EUA.

Por ello, es importante observar la orientación y reorientación de los flujos de capital a partir de las subas de tasas de interés. El capital financiero global produjo masas de dinero ficticio en los bancos centrales de EUA, la UE, Gran Bretaña, Japón, China y oriento esos flujos de capital ficticio a financiar el despliegue de las plataformas globales y la infraestructura en las economías emergentes. Proceso de despliegue que consolido la deslocalización de las ETN´s desde los países centrales (EUA, GB, Alemania, Francia, etc.) hacia los países periféricos desde 1994, re-denominándolos como economías emergentes y consolidándolo desde 2009 en adelante. Pero este proceso de flujos de capital creciente hacia la periferia y economías emergentes, también facilito, potencio y consolido el proyecto del multipolarismo universal productivo estatal Brics y el de diálogo ecuménico interreligioso.

Por lo tanto, el unipolarismo continental financiero cuando se plantea el aumento de tasas de interés, desde la Fed o desde el tesoro de EUA, lo hace para reorientar el flujo de capitales ficticios de la gran burbuja financiera desde las economías emergentes hacia los EUA. Para desfinanciar al unipolarismo global y a los Multipolarismos, pero también para repotenciar la infraestructura de los EUA y recuperar la centralidad de motor de la economía mundial. que no tiene desde 2001-2010, cuando de explicar el 60% del PBM pasó a explicar solo el 37%. Pasando a ser el motor de la economía mundial, china y el área Asia-pacifico.

El nacionalismo industrialista Norteamericano expresado directamente en los discursos de D.Trump se plantea reorientar los flujos de capital y crédito hacia los EUA para reindustrializar la economía norteamericana, para devolver los empleos de calidad a los trabajadores norteamericanos, etc. En este sentido coincide, con el continentalismo, en el enfrentamiento con China y el globalismo financiero de los Obama-Clinton. Pero se enfrenta con el Contientalismo unipolar cuando plantea la necesidad del TLCAN/Nafta. Y coincide con el multipolarismo Brics cuando ve la oportunidad de ser parte de la nueva ruta de la seda.

Wim Dierckxsens

Wim Dierckxsens: Doctor en Ciencias Sociales de la Universidad de Nimega, Holanda. Tiene postgrado en demografía por la Sorbonne. Fue funcionario de las Naciones Unidas; Investigador del Instituto de Estudios para el Desarrollo, Universidad Tilburg, Holanda. Fue director del Postgrado en Economía de la UNAH en Honduras y fundador de la Maestría en Política Económica, UNA, Costa Rica.

Notas:


[i] La denominación de “mercados” hace referencia a los comportamientos de los grandes capitalistas que componen ´jugadas de poder´,  que arrastran tras de sí a pequeños empresarios, poblaciones y gobiernos.

[ii] Brexit referéndum británico para ratificar la salida o no de Gran Bretaña de la UE. Se lo denominó Brexit porque fue la propuesta mayoritaria de salir de la UE.

[iii] Geopolítica de la Crisis Económica Mundial, Globalismo vs Universalismo. Walter Formento y Wim Dierckxsens. Ed Fabro, Septiembre de 2016.ISBN 978-987-713-096-6.

[iv] Fuente ídem Nota 3.

[v] Banco Central de EUA (Estados Unidos de América).

[vi]Transferir el poder del control soberano de la moneda del banco central (Reserva Federal) al ministerio de economía (Departamento del Tesoro). Un objetivo que también se propusieron Abraham Lincoln entre 1861-65 y J.F.Kennedy entre 1961-63. Lincoln en tiempos de la guerra de secesión de EUA, secesión del dominio que Gran Bretaña ejercía sobre las colonias norteamericanas y guerra civil entre el norte con un programa industrialista de desarrollo soberano y el sur con programa agrario dependiente articulado a la gran industria británica. Kennedy en tiempos de la guerra fría de la pos-segunda guerra mundial donde EUA se impone en occidente, subordina a Gran Bretaña y Europa con su Plan Marshall de “reconstrucción” como motor del desarrollo de su poder industrial y sus corporaciones multinacionales, en medio de la guerra de Vietnam, la revolución cubana, la crisis de los misiles y enfrentada a la URSS, en un mundo geoestratégicamente bipolar.

[vii] Michael Snyder, Why The Fed Might Actually Raise Rates 3 Times in 2017, www.silverdoctors.com, 21 de diciembre de 2016.

[viii] John_Mauldin, Trump Appointees Could Make Up The Majority Of The Fed In Two Years, www.marketoracle.co.uk, 20 de diciembre de 2016.

[ix]La gran mayoría de la población ya cobra sus sueldos, paga sus deudas y hace compras cotidianas a través del sistema bancario y sus tarjetas de débito y crédito.

[x] ETN´s –Empresas TransNacionale´s.

[xi] Mac Slavo, Brandon SmithWarns the System Is Crashing: “Prepare for Bank Confiscations, Shortages, Insurgency”, www.silverdoctors.com , 27 de diciembre de 2016

[xii] Si bien en lo estratégico ya se inició su impacto, todos los cálculos indican que el impacto concreto en la población de EUA recién se notara dentro de 3 años.

[xiv] El programa llamado de flexibilización cuantitativa -EQ -2009/2014-, que implico una monstruosa emisión masiva de la Fed sin respaldo en la economía real (burbuja ficticia o artificial), a tasa 0% y con compra de deuda mala -bonos basura- a los bancos. Construyendo una gran burbuja financiera cuyo tamaño es al menos 10 veces más grande que la que estallo en 2008 con la caída del Lehman Brothers. Que involucra a todos los bancos centrales de las grandes economías y a sus monedas.

[xv] Nunca se pudo reasignar porque la gran puja de poder financiera hizo estallar la crisis en 2008 y paralizo la economía real inclusive hasta hoy.

[xvi] Elecciones en EEUU 2016: Ganó la profundización de la crisis global. Wim Dierckxsens y Walter Formento

19/12/2016. http://www.alainet.org/es/articulo/182448.

[xvii] He would like to replace Yellen but her term will not end until February 2018. Dan_Steinbock, Why Are Foreign Nations Dumping US Treasuries, http://webcache.googleusercontent.com, 21 de diciembre de 2016.

[xviii] Geopolítica de la Crisis Económica Mundial, Globalismo vs Universalismo. Walter Formento y Wim Dierckxsens. Ed Fabro, Septiembre de 2016.ISBN 978-987-713-096-6.

[xix] Tyler Durden, Trump Vs China: Ciclos de Crédito y Oro, www.GoldMoney.com, 3 de diciembre de 2016.

[xx] Si los bonos de la burbuja financiera logran ser re-direccionados hacia el desarrollo de la infraestructura para la producción industrial, agraria y comercial de EUA, los grandes perdedores serán los bancos financieros globales cuyas empresas transnacionales se encuentran localizadas en las economías emergentes y principalmente en el Asia-pacifico. Esto implica también que los flujos de materias primas cambiaran de dirección alejándose del Asia-pacifico para dirigirse a EUA. Dejando un “mercado de 4000 millones de habitantes para ir a uno de 500 millones EUA-México-Canadá. Todo lo cual no da muestras de la complejidad y obstáculos mayúsculos que implica tal “redireccionamiento”, tal golpe de timón.

[xxi] Idem Nota xi.-

[xxii] Es dinero que no se respalda por metales preciosos ni nada que no sea una promesa de pago por parte de la entidad emisora.  Es importante tener en cuenta que entendemos la confianza de la comunidad como el conjunto de la riqueza aparente que presenta la comunidad emisora de la moneda. Es el modelo monetario que predomina actualmente en el mundo, y es el del dólar estadounidense, el euro y todas las otras monedas de reserva.-

[xxiii] Un fondo de cobertura (« hedge fund »), también denominado instrumento de inversión alternativa y fondo de alto riesgo, es un instrumento financiero de inversión. Esto fondos financiero de inversión global –hedge fund- son los instrumentos que caracterizan a la banca de inversión, instrumentos sin regulación internacional y base estructural de las nuevas territorialidades de poder global, los mal llamados “paraísos fiscales”.

[xxiv] Es decir, dinero que no se respalda por metales preciosos ni nada que no sea una promesa de pago por parte de la entidad emisora.  Es importante tener en cuenta que entendemos la confianza de la comunidad como el conjunto de la riqueza aparente que presenta la comunidad emisora de la moneda. Es el modelo monetario que predomina actualmente en el mundo, y es el del dólar estadounidense, el euro y todas las otras monedas de reserva.-

[xxv] Idem nota xiii

[xxvi] el Dr. Paul Craig Roberts, ex subsecretario del Tesoro de Estados Unidos durante el gobierno de Ronald Reagan afirma: los estadounidenses “no tienen el oro y no lo pueden entregar, y han forzado a que Alemania acepte esos términos y deje de pedirlo debido a que no puede ser entregado”. http://scl.io/MhMUvyRd#gs.0OaYeCU.http://scl.io/MhMUvyRd#gs.

[xxvii] Banco Central Europeo.

[xxviii]Tyler Durden, Europe Proposes Confiscating Gold In Crackdown On “Terrorist Financing”, www.silverdoctors.com, 28 de diciembre de 2016.

[xxix]Alessandro Grassiani, Germany and Europe try to resist hegemony of US Banks, http://www.italy24.ilsole24ore.com ,4 de enero de 2017.

[xxx] Simon Zoltmon, Hungary plans to crackdown on all Soros-funded NGO´s, Bloomberg, 10 de enero de 2017.

[xxxi] Aaron Dykes, Trump’s Secretary of State Pick Will “Determine War or Peace With Russia” Through His Power Over Energy, www.truthstreammedia.com, 28 de diciembre de 2016.

[xxxii]China anunció en 2014 la creación de la iniciativa “One Belt, One Road” (OBOR) un proyecto económico que busca potenciar los flujos comerciales entre Asia y Europa, pero que también implica un claro objetivo político: crear y fortalecer vínculos con los países participantes y potenciar su influencia en Asia y Europa. (…) es un vasto plan de acuerdos comerciales y de infraestructura que supone la construcción de puertos, aeropuertos, carreteras y gaseoductos y la colaboración en los ámbitos de energía, finanzas, ciencia y tecnología e I+D; incluso prevé la creación de un área de integración económica. El proyecto estaría respaldado principalmente por el Banco Asiático de Inversión en Infraestructura (AIIB en inglés), liderado por China, a lo que se añadiría un fondo de 40.000 millones de dólares aportados por Pekín. Si las cifras de inversión anunciadas por China se toman al pie de la letra, nos encontramos ante la iniciativa de diplomacia económica más ambiciosa desde el Plan Marshall. http://elordenmundial.com/2016/11/01/la-nueva-ruta-la-seda-iniciativa-economica-ofensiva-diplomatica/ .

[xxxiii] Idem Nota x.-

[xxxiv] Producto Mundial Bruto (PMB).

[xxxv] El APEC Perú 2016 fue la vigésimo octava (XXVIII) reunión anual del Foro de Cooperación Económica Asia-Pacífico (en inglés, Asia-Pacific Economic Cooperation, APEC) y vigésimo cuarta (XXIV) de sus líderes, realizada en Lima entre el 19 y el 20 de noviembre de 2016.

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La guerra y la paz en el siglo XXI

janvier 20th, 2017 by Prof. Pablo González Casanova

Al empezar un análisis que en algo sea útil a la investigación para la paz es menester aclarar cómo es la guerra hoy y en qué se distingue de las del pasado inmediato. La lucha internacional por la Paz que prevaleció en la Post-guerra puso especial énfasis en los peligros de la guerra nuclear y de la guerra convencional entre las grandes potencias. En los hechos, durante un largo período se dieron la “guerra fría” entre “la democracia” y “el comunismo”, y también los más variados movimientos armados de liberación nacional, unos directa o indirectamente vinculados a las potencias “comunistas” y otros a un “Tercer Mundo” cuya máxima expresión se dio en Bandung.

A la competencia entre la URSS y Estados Unidos por aumentar el poder nuclear de uno contra otro, en medio de altibajos dramáticos en los descubrimientos de una y otra parte, se añadió una guerra ideológica que puso en el centro de las persuasiones y las persecuciones al comunismo y el anticomunismo, con purgas de un lado, y cacerías de brujas, de otro, que pasaban de exaltar las bondades del socialismo o la democracia a castigar pública y penalmente a los disidentes. Tal vez lo que más distinguió a la guerra fría de la actual fue la lucha entre dos sistemas, el capitalista y el socialista, y tanto su impacto en las luchas de liberación nacional como en la posterior restauración del capitalismo y triunfo del capitalismo y del llamado “mundo libre”.

Durante ese período, en las guerras por mantener su dominio, los antiguos países coloniales e imperialistas siguieron varios tipos de políticas, unas de contrainsurgencia, golpes de estado, intervención militar abierta y encubierta, y otras de descolonización formal y relativa que dio creciente importancia a la categoría de la “dependencia”. En todos los casos se emplearon políticas combinadas de cooptación y represión, y la vieja teoría de “La zanahoria y el garrote” amplió considerablemente sus experiencias.

Al mismo tiempo, varias metrópolis del mundo capitalista impulsaron el Estado Social o “Welfare State”, que en buena parte fue una formidable arma de guerra, al ofrecer a buena parte de los trabajadores obtener por la paz lo que otros querían por la guerra. El keynesianismo se volvió un gran paradigma, apoyado por notables economistas y por socialdemócratas y numerosos líderes progresistas del Tercer Mundo.

La estructuración del “estado social” o “estado providencialista” se basó en políticas de impuestos crecientes al capital con las que éste por otra parte logró que aumentara la capacidad de compra de la población al tiempo, que ganaba el apoyo de buen número de trabajadores, pues éstos veían en la vida diaria cómo aumentaban sus salarios en servicios y derechos con la Salud Pública, la Educación Pública, y la Seguridad Social que los gobiernos les proporcionaban, y con la creciente fuerza de sus organizaciones sindicales y electorales.

En el “estado de bienestar” o “providencialista”, la política constituyó un gran apoyo a la socialdemocracia como forma de lucha pacífica que, entre presiones y negociaciones, parecía asegurar en lo inmediato y en el curso del tiempo importantes triunfos a los ciudadanos y a los trabajadores del “Mundo Libre”. Era, no sólo en palabras, sino “en hechos” un poderoso argumento en la Guerra Fría contra las dictaduras “comunistas”.

Al mismo tiempo, en la periferia mundial, las grandes potencias combinaron sus políticas de “desarrollo económico social” con otras muchas “intervencionistas” y golpistas, que aplicaron alternativa o simultáneamente, mientras, al mismo tiempo acumulaban experiencias y conocimientos técnicos sobre estrategias, tácticas y modelos de guerra contrainsurgente que dominarían cada vez más en América Latina, África, el Medio Oriente y Asía.

Las políticas más sofisticadas de contrainsurgencia no sólo acumularon conocimientos directamente vinculados con la combinación de las políticas sociales y las políticas de guerra. También permitieron a las grandes metrópolis de Occidente cobrar conciencia de la importancia que iba teniendo un hecho largamente conocido. En la mayoría de los movimientos rebeldes, buena parte de sus dirigentes, cuadros y clientelas, tras la toma del poder pasaban a integrar una “nueva burguesía” con variadas tendencias a la “colusión” y la “corrupción”. Así, las potencias imperialistas fueron actualizando una nueva política de la recolonización y la restauración en que se redujeran sus concesiones sociales y al desarrollo.

En los antiguos países coloniales, semi-coloniales o formalmente independientes surgió a su vez una nueva estructuración de burguesías y oligarquías locales cuyo peso fue aumentando conforme se integraban a la misma nuevos contingentes, miembros que venían de las propias filas rebeldes. Semejante tendencia se dio también en los países del socialismo de Estado, aunque en formas más veladas, y entre denuncias de los propios revolucionarios y de autores muy serios, cuyas críticas era difíciles de convalidar, dada la furiosa “Guerra Fría” que libraban los propios medios intelectuales de Occidente, y la identificación que de sus críticos hacían los partidarios del socialismo y el comunismo, acusándolos de agentes y plumíferos del imperialismo, ofensiva por demás exitosa. Más tarde a muchos tomaría de sorpresa la franca restauración del capitalismo en Rusia, China y el inmenso campo socialista, un fenómeno que ocurrió desde la segunda mitad del siglo XX y se hizo patente y público con Gorbachov en Rusia y con la llamada Revolución Cultural en China. En ambos casos –con las necesarias variantes– las grandes potencias aplicaron renovadas políticas de cooptación, colusión y corrupción, así como las de divisionismo y desestabilización, de individualismo, clientelismo o populismo. Pero la indudable responsabilidad recayó en quienes de la dictadura del proletariado en muchos casos hicieron una nueva tiranía.

El proceso revolucionario de los movimientos nacionalistas, comunistas, socialistas llegó en un momento dado, a volverse presa fácil de las políticas golpistas –violentas y pacificas- que llevaron al neocolonialismo de la “dependencia”, y a impulsar y lograr la restauración del capitalismo en el “campo socialista”—con excepción de Cuba y su heroica capacidad de resistir un bloqueo y asedio que lleva más de medio siglo—. Tras un período de lógica progresista que impulsó durante varias décadas las políticas de “desarrollo” contra las del nacionalismo revolucionario y el socialismo, la nueva política de las fuerzas triunfantes, en metrópolis y periferias, fue la implantación de la globalización neoliberal, encabezada por Estados Unidos, y por los países de la OTAN, bajo la preeminencia de Alemania y Francia, con Inglaterra como mancuerna entre Norteamérica y Europa Occidental.

El fin del “estado social” correspondió también al fin de la política “desarrollista”, y ésta fue sucedida por la política neoliberal, agudizada en los países dependientes para la des-estructuración y destrucción del precario estado social, que habían logrado, de las empresas extractivas, de las industriales, comerciales y de servicios, de las instituciones educativas, que habían alcanzado grandes progresos no sólo en la alfabetización de los pueblos sino en la educación a todos sus niveles de conocimiento, que en el terreno de la investigación científica y humanística les habían permitido ocupar posiciones de punta en numerosas áreas… Si un desarrollo semejante y en muchos casos superior se había dado en los países dominados por el socialismo de Estado, tras que éstos restauraron el capitalismo de estado, los principales continuaron impulsando muchos de sus antiguos logros, en particular los que son útiles a las corporaciones del desarrollo nacional de Rusia, China y los antiguos países del Este de Europa que dejaron de ser parte de la Unión Soviética. De otro lado en las áreas del mundo periférico y dependiente, codiciadas o ya controladas por las grandes corporaciones metropolitanas serían éstas las beneficiarias y nuevas propietarias de los recursos y empresas de su interés, mientras impulsarían con frecuentes golpes de estado y con la corrupción y represión macropolítica ampliada, de la cooptación, el crecimientos de las empresas multinacionales y transnacionales, unas y otras impulsoras de la sub-rogación con pequeñas empresas en que los trabajadores son explotados sin límite y que darían al traste con los variados avances sociales, económicos, culturales y políticos logrados en varios países durante el período anterior.

Fue así como se inició el período de la guerra y la paz en que vivimos, con algunas características y tendencias de carácter general. La primera de ellas es resultado del comportamiento de las nuevas burguesías surgidas de los propios movimientos emancipadores. Siendo más o menos contradictoria en relación a la globalización neoliberal, en la mayor parte de los casos atrajo a la mayoría de las viejas y nuevas oligarquías, y a los antiguos líderes “revolucionarios” y sus descendientes.

Así se dio un inmenso viraje entre el ideal buscado, y el fenómeno resultante de acumulación original o por despojo, de oportunismo y sumisión –en que incurrieron numerosos dirigentes antes dizque revolucionarios, y sus estirpes o sucesores. —Si en muchos de ellos ya se había dado un comportamiento cada vez más contradictorio –represivo, acumulativo—éste se acrecentó de un modo impresionante. Si muchos de sus gobiernos en los últimos tiempos mostraban un comportamiento cada vez más contradictorio en las políticas del estado social y nacional con más o menos éxito en el logro de niveles de desarrollo sustentable, industrial, cultural, económico y político (no por ello menos desigual) al mismo tiempo su creciente dependencia de préstamos impagables y otras irregularidades se tornaban cada vez más evidentes, con crecientes reacciones y protestas populares y de las clases y sectores medios que en muchos países serían acalladas por las fuerzas militares-.

Las variaciones que se dieron en el largo período de la post-guerra anterior al neoliberalismo llevan también a destacar el hecho de que en muchos de esos países se formaron amplios sectores medios, “clases medias” con niveles educativos y culturales de que sus antepasados carecían. Esos cambios siendo estructurales se volvían cada vez más incosteables, e inaceptables para el empresariado nacional y extranjero, pues al mismo tiempo se hallaban en creciente crisis moral y política muchos de los líderes populistas de sindicatos, uniones campesinas y partidos, –en México llamados “charros” que eran parte de un estilo de gobernar decadente, y cada vez más contradictorio.

Un proceso semejante al de los países en desarrollo del “Sur del Mundo” o del “Tercer Mundo”, se dio en los a países del “Socialismo de Estado” dirigidos por los partidos comunistas. Los procesos revolucionarios y contrarrevolucionarios, heroicos unos y autodestructivos otros, se dieron en Rusia, China, y el campo socialista, en sus países o regiones metropolitanos y periféricos. Los obstáculos y tropiezos. unas veces surgieron por haber alcanzado altos niveles de desarrollo y sentir el freno que a sus capacitaciones daba el socialismo de estado encabezado por rusos y chinos, y otras por haberse iniciado desde arriba y por los propios patronos del estado llamado socialista, un proceso contrarrevolucionario que los llevó a la restauración abierta del capitalismo y que a fin de cuentas acabó con la URSS y con la República Popular China-

En los hechos, la restauración del capitalismo correspondió a la mayor “acumulación original” o por desposesión y despojo en a historia de la Humanidad, y abrió una nueva etapa en la lucha por la paz y en las características de una guerra que a nivel mundial hoy ya no se da entre estados capitalistas y estados socialistas, o estados que con la liberación tengan como proyecto implantar un verdadero socialismo.

La tragedia no sólo abarcó a las grandes potencias del Este que emprendieron el camino al socialismo sino también a los países y pueblos del Sur y de la inmensa y creciente periferia. El triunfo del capitalismo corporativo en el mundo entero, desde Rusia hasta China y desde Vietnam hasta Yugoeslavia, con la rara y significativa excepción de Cuba, cambia radicalmente tanto el sentido de la guerra como el de la lucha por la paz.

De hecho, ya desde antes de la caída abierta, los servicios de inteligencia de Estados Unidos habían logrado entre otros acuerdos, uno con China que está relacionado con las nuevas características de la “Larga Guerra” a que se refiere hoy la política del Pentágono. Los encuentros de Kissinger con Mao Tse Tung hacia finales de los sesenta son sin duda origen de las luchas que se dieron entre los comunistas prosoviéticos y los maoístas. En esas luchas se insertaron los provocadores con acciones a menudo sangrientas, y que entre otros triunfos de sus ofensivas desestabilizadoras que lograron la caída de Salvador Allende, y el ascenso de Pinochet, lo que significó, por un lado, la última derrota que el mundo ha vivido del camino pacífico al socialismo y por otro, el inicio a nivel mundial de la nueva guerra contra el Estado Social (el welfare state), contra el nacionalismo revolucionario y sus legados, e incluso contra el desarrollismo, antes auspiciado por las grandes potencias occidentales.

El gobierno del golpista Pinochet fue de hecho el primer ensayo sangriento del neoliberalismo globalizador, de la desnacionalización y la privatización de bienes y servicios públicos, de propiedades y recursos nacionales, sociales y comunales, financieros, económicos, culturales y educativos de los países periféricos. Pocos años después, Margaret Tatcher, más tarde baronesa de Kestevok, en su dignidad de Primer Ministro del gobierno inglés –y haciendo prueba de su elogiada “mano de hierro”—dio inicio al neoliberalismo en los países metropolitanos. El neoliberalismo globalizador era otra guerra o un conjunto de medidas político económicas que partían de la guerra y desataban la guerra.

Todos los hechos confirman que en esos tiempos empezó la nueva guerra-paz en que vivimos, distinta a la que se dio durante la “Guerra Fría”, y en la que obviamente triunfaron los países capitalistas. Si en esta nueva guerra destacan los ataques financieros junto y por encima de los militares, se trata de una guerra integral que ha pasado a la ofensiva y que no sólo dispone del notable desarrollo de los sistemas complejos autorregulados, orientados a fines, adaptables y creadores, inteligentes, de primera y segunda generación, con ésta que corresponde a la conciencia de los errores cometidos por el sistema y que el sistema debe corregir para lograr sus objetivos. No sólo dispone de ellos sino de una economía política de guerra –empíricamente comprobable–– que en la toma de decisiones aplica, con todo el rigor y la fuerza de que disponen los “complejos empresariales-militares—políticos y mediáticos” a los que el propio Eisenhower, en su último discurso como Presidente, consideró como una amenaza para la democracia, y eso, con las limitaciones con qué él entendía la democracia.

El recurso a los sistemas complejos autorregulados e inteligentes permite montar variados teatros de guerra que hacen particularmente difícil a sus víctimas o a sus opositores o enemigos, desentrañar el sentido de lo que ocurre. No saben contra quien luchan ni con quien, como que los enemigos y amigos han sido suplantados por su verdadero enemigo, que juega a la guerra con ellos y que con los suplentes los distrae de la guerra de veras, y los enreda y derrota.

En las luchas de distracción y “guerras a modo” los insumisos no arriesgan su vida por lo que creen o por quien creen, sino contra el falso enemigo que les pone en el frente de batalla su verdadero enemigo. Sus triunfos son en realidad victorias de su verdadero enemigo y –lo que sí son suyos– son sus fracasos.

Cuando el verdadero teatro de la guerra se logra aclarar en los hechos, o con los avisos de compañeros de lucha, allegados o familiares, los instintos coléricos que despiertan, y el frío sentir asesino a que mueven, hacen a los desengañados volver sus armas y explosivos contra quienes los armaron y entrenaron, y contra los sitios y plazas de veraneo y quietud donde, hombres, mujeres, ancianos, niños y jóvenes descansan, deambulan y viven su vida tranquila como, ocurrió en el bello Nilo o recientemente en Niza y en las grandes capitales de ciudades de París o Berlín

La cultura del odio sustituye hoy a la vieja ideología de la liberación. Si las víctimas metropolitanas expresan el dolor de sus heridas con himnos patrios e infaustas ceremonias, éstas adquieren un cierto aire de falsedad al ver cómo se olvidan las víctimas de los “golpes aéreos” que sus lejanas naciones, ciudades y pueblos han sufrido y sufren. Enterados como terroristas de que los hombres solemnes han jugado con ellos y con su religión y raza, tejen grandes redes y contactos criminales en el propio mundo feliz de los países metropolitanos, donde no pocos nacieron, estudiaron y crecieron, y con sus papeles en forma o sin papeles se inscriben en las redes de terroristas rebeldes radicales y con ellas cometen actos de terrorismo que antes u otros de su religión y raza usaban contra su propia familia o patria.

El teatro del terror se cae y se rehace. Los medios denuncian con razón el mismo espanto que en el Oriente abarca ciudades y pueblos enteros, y que atribuyen a los mismos frankensteins que sus gobiernos y corporaciones han formado, armado y aprovisionado, hechos éstos que callan o atribuyen a potencias y fuerzas enemigas. Se organiza así el infierno de las mentiras mundiales y de las guerras.

En la crítica de estas guerras no es posible defender ni al terrorismo de estado ni al terrorismo rebelde, pero sí puede advertirse que en ellas de dan las más sofisticadas formas de organización, ocultamiento de la realidad y horror de las mentes y las manos de numerosos seres humanos alterados, enajenados, bestializados en el hablar, el mirar, actuar, torturar, matar y el sentir que como “desesperados” de su antigua condición humana; un sentir que los lleva a cometer actos suicidas, en que destruyen su propia vida como al salvaje con que buscaron acabar y no acabaron. Mientras tanto desde las alturas, sentados en veloces aviones, los pilotos bombardean casas y calles y destruyen pueblos, ciudades y países enteros, que van de Irak y Afganistán hasta Libia y Siria, entre otros. Y abajo, en la tierra, ente las comunidades y los campesinos pobres se da una guerrita de sicarios, soldados y policías cómplices y compañías que les quita sus tierras, viveros, chozas y animalitos a los habitantes originales. La guerra de abajo y en el campo, se libra en numerosos casos por otros terroristas a menudo calificados dizque fanáticos radicales y por variados contingentes armados y aprovisionados por las grandes potencias de la OTAN y de Estados Unidos, o por sus aliados de los emiratos árabes. En esas guerras y las de barrios marginados y ciudades miseria participan especialistas o personal local adiestrado en el manejo de “drones” asesinos, o en el empleo de niños y niñas bomba que, con los minutos calculados, siembran el terror en las filas enemigas al tiempo que ellos mismos estallan.

Pero baste con esos ejemplos para tener un desagradable e incómodo conocimiento de cómo es hoy la guerra en sus manifestaciones militares y paramilitares, y consideremos el hecho de que la guerra del siglo XXI está articulada al proyecto de globalización neoliberal y unipolar, en el que habiendo ya perdido sus promotores el añorado ideal de dominar los poderes, recursos y mercados del mundo, en asociaciones subalternas con las potencias que dominan en los cinco continentes, han perdido ya –quiera que no el “sueño americano”–, el dominio unipolar del mundo, y están perdiendo el sueño globalizador neoliberal, auspiciado por el complejo empresarial—militar—político y mediático que no pudo ni ganar las últimas elecciones a la presidencia de “América”, mientras han surgido y se han hecho sentir esos dos grandes bloques de países que se le enfrentan cada vez más al “Sueño”, encabezados por otras dos grandes potencias no menos ávidas de poder, riquezas y utilidades.

Así hoy puede afirmarse con suficientes elementos que el bloque original encabezado por Estados Unidos, al que con encontrados intereses se sumó una Unión Europea, en creciente y cada vez más patente desestructuración sobre todo desde el BREXIT y la separación de Inglaterra, ya no tiene más alternativa que encontrar un precario acuerdo de paz con los otros bloques o que desatar una guerra que sería sin duda la última de la especie humana.

Los nuevos bloques que se han formado en torno a Rusia y China y que son 100% capitalistas, resultan tremendos e inevitables competidores en la lucha por los recursos de la tierra, por los mercados de trabajo, por los mercados de consumo, y por los puntos estratégicos necesarios para seguir con el juego de amenazas militares que se combina con el de las amenazas mercantiles.

Así, en la imposibilidad de describir otros desastres humanos que está provocando esta guerra global, y que nos convocan a otra política de paz también distinta, y muy distinta, no podemos sino decir que hay muchos otros daños y sufrimientos que ésta guerra integral provoca, como el mayor éxodo humano en la historia universal, o como las millonarias hambrunas y pandemias genocidas naturales y artificiales, derivadas de las acciones de un sistemático despojo de pueblos, comunidades y naciones así como de la difusión de virus naturales y artificiales que asolan sobre el mundo, y como el comercio a la vez legal y criminal del los transgénicos y la destrucción de los recursos terrestres uno por uno. Detenernos en ellos nos impediría analizar otra guerra más oscura que se da junto con esta doble la guerra y que se está dando en el mundo entero, que es la guerra financiera y económica del neoliberalismo globalizador.

Cobrar conciencia de la misma, nos permite ver hasta qué punto la guerra y la paz del siglo XXI también por la inmensa fuerza de este otro tipo de guerra son distintas de las anteriores y nos plantean de una manera que no se presta a dudas, el reto de que luchar por la paz implica necesariamente –y téngase la ideología que se tenga– luchar por otra organización de la vida y el trabajo.

El neoliberalismo viene de Friedrich August von Hayeck y de Milton Friedman, con éste como tutor de los Chicago Boys, y con ellos, el principal asesor del tirano Pinochet. Ambos economistas dieron por muerta la ley del valor de Ricardo y otros clásicos, y preconizaron la reducción al mínimo de los impuestos a los ricos y de los servicios a los pobres. Friedman, escribió un artículo puritano titulado: “El deber de los negociantes es hacer negocios”, y en él quiso confirmar que no tienen ningún otro deber. Esa era su moral. Su pensamiento –como el de Hayeck— fue recibido con clamoroso entusiasmo por corporaciones y multimillonarios, que de sus tesis derivaron las nuevas políticas de “adelgazamiento del Estado” y del “Mercado Libre”.

Las fórmulas matemáticas que emplearon y de cuyo rigor se enorgullecían, tenían efectos secundarios directos e indirectos, centrales y laterales, buscados y no buscados, que necesariamente llevaban al enriquecimiento colosal de los super-ricos y super-poderosos. Ambos teóricos de “los ricos y los poderosos” obtuvieron “resultados” monetaristas y matemáticos descosificados, pensando y afirmando que correspondían a los conocimientos científicos más avanzados, y que de aplicarlos bien se iba de seguro a implantar “el milenio americano” y de paso a resolver los problemas del mundo.

Los principales actores de la globalización neoliberal reforzaron la unión estrecha de todos sus promotores y dispusieron que el “Complejo empresarial-militar-político y mediático” fuera el núcleo simbiótico para la toma de decisiones y la puesta en marcha del proyecto que “haría grande a América” y la colocaría por encima de todos con un poder Mundial unipolar. Las más variadas empresas e instituciones financieras, bancarias, políticas, militares, mediáticas de los países que participaran activamente en él proyecto serían los nodos de un entramado global, que abriría sus puertas al mercado libre, y aprovecharía las “inversiones libres de impuestos” y “los préstamos de intereses impagables”, para crear un inmenso entramado global con gobiernos que harían de los tratados de libre comercio su “nueva y verdadera Constitución” tendiente a legitimar y legalizar todo tipo de acumulaciones del gran capital, dejando por supuesto, que a los gobiernos neoliberales y a los negocios organizados se agregara por arriba el “poder en la sombra” de “los ricos entre los ricos”, y por abajo “el acicate del crimen organizado” en el que muchos de sus vástagos de sangre, egresados de Harvard y otras universidades ya eran de “la familia”, todo mientras en el mundo de la luz trabajarían con la mayor eficiencia y eficacia los empresarios, administradores, ingenieros y técnicos de élite, y los gobernantes, diplomáticos y políticos carismáticos, defendidos por un excelente comando militar del mayor ejército del mundo, y por servicios de seguridad superiores a los muy afamados ingleses, todos ellos auxiliados por funcionarios y empleados de alto nivel, y por las élites políticas del poder democrático y neoliberal, con sus enlaces en las distintas regiones y actividades de la nación y del mundo, bajo el “poder en la sombra” y en la luz. Para la realización eficiente y eficaz de sus objetivos muchos de sus ayudantes estarían altamente capacitados para manejar las técnicas de comunicación, de información, de mensajes y de organización, y otros estarían adiestrados en las luchas electrónicas, en la realidad virtual, en la publicidad de la democracia al estilo americano, aplicada como modelo global entre las variantes que se requirieran, pero que en todo caso contribuyeran a que la gente pensara que la solución a sus problemas es luchar por ese tipo de democracia y con ella y sus “representaciones”.

El doble manejo tecno-científico del poder en la sombra y del poder en la luz con el complejo empresarial-militar-político y mediático y sus múltiples agencias, permitiría dominar tanto “la realidad” como “el teatro”, tanto la verdad como la ilusión en sus rasgos clásicos y contemporáneos. Al mando del proyecto institucional –abierto o “reservado” por razones de seguridad— se encontraría desde luego el complejo empresarial—militar-político—y—mediático.

El llamado “Poder en la Sombra” no sólo se integraría por quienes efectivamente dominan, y lo encabezan que son los grandes billonarios de antigua sepa y los de nuevo ingreso en la especulación o la tecnología, sino se contrataría e invitaría a asesores y expertos del más alto nivel, así como a los potenciales candidatos a ocupar los más altos puestos públicos, del Presidente de la República para un poco abajo.

En la sombra de arriba a abajo, “el crimen organizado” se encargaría –con destacados banqueros —entre otras actividades— del “lavado de dinero” del comercio clandestino y de la administración de los “paraísos fiscales” que se ubicarían principalmente en Londres y Nueva York, pero también en Suiza, las Islas Bahamas, Panamá y varios países más. Sus contribuciones serían de la mayor importancia para el enlace de actividades que estarían a la luz de todos, y de otras que deberían permanecer en la oscuridad. Por su conducto no sólo se manejarían gigantescas sumas para la evasión de impuestos de los de arriba que de por sí se reducirían al máximo con las reformas neoliberales a las leyes fiscales; sino también circularían las fabulosas sumas que se emplean para armar y aprovisionar a los terroristas “moderados” que están destruyendo las infraestructuras y estructuras del Medio Oriente y el Sur de Asia, desde Afganistán hasta Siria pasando por Irak y Libia, lo que se hace no sólo por razones económicas como la posesión de recursos petroleros; o por la multimillonaria venta de armas y municiones que la industria militar produce, y que son motor de toda la economía, sino por razones estratégicas como las que se dan con el necesario control del Medio Oriente entre Europa y Rusia, o al otro extremo del mundo con el Mar de China, o que desde antes ya se dieron con el control de Europa del Este y los desprendimientos de la exURSS y de los países invadidos por ella como Polonia y Checoeslovaquia, o enfrentados a ella como Yugoslavia.

En la sombra también, pero con los de más abajo —impresentables—, el “crimen organizado”, al estilo de las corporaciones extendería sus redes, y dispondría de los recursos necesarios para organizar guerras como la de “los luchadores por la libertad” en Yugoeslavia, o como “La Primavera árabe” en el Norte de África, en las que destacan las de Egipto y Libia. “El crimen organizado” también tendría como actividades permanentes –con o sin el auxilio de las fuerzas civiles y militares- el hacerse cargo de las guerras de los terroristas y del narcotráfico, así como de la expulsión de comunidades, pequeños y medianos campesinos y propietarios de los sitios, terrenos, territorios, bosques y fuentes de agua de cuyos suelos y subsuelos se adueñan las corporaciones en su política de “acumulación primitiva”, “desposesión”, o despojo que con los “tratados de libre comercio” se han legitimado, tolerado o auxiliado, tanto en el terreno legal como en el legal-y-criminal, en que se juntan a escondidas gobierno y crimen organizado.

A este respecto es necesario darse cuenta que las anteriores actividades de la guerra neoliberal globalizadora se complementan con otras dos de la mayor importancia; una, que podríamos llamar la guerra blanda, y otra, que es la tradicional de los golpes de estado y las intervenciones militares, que cuando es necesario los acompañan o suplantan. La guerra blanda hegemónica se da en un proceso histórico de desestructuración del Estado-Nación metropolitano o dependiente en lo que concierne a sus instituciones, organizaciones y empresas públicas, centralizadas, descentralizadas y autónomas. Las armas y municiones de la guerra blanda que se emplea cada vez con mayor frecuencia son fundamentalmente financieras, con variadas combinaciones de las políticas de colusión, cooptación y corrupción, y de las acciones legales e ilegales, así como de aquellas de que se encargan destacamentos del crimen organizado y hasta grupos de gobernantes y sicarios que implantan las reformas estructurales con todo tipo de violencias contra los bienes y personas de los pobres a despojar.

En los estados del Sur o de la periferia del mundo –como México- e incluso en algunos estados desarrollados, el proceso de des-estructuración del Estado tiende a seguir los siguientes pasos: 1º. Una reforma fiscal que disminuye la carga impositiva de los sectores de altos ingresos y que se complementa con `procedimientos varios para la exención o la evasión legal o ilegal de impuestos, 3º. Un tratado de libre comercio con distintos compromisos que tienden a favorecer a las corporaciones frente a los medianos y pequeños productores nacionales, 4º La desaparición del Banco Central y la pérdida de control de la política monetaria y crediticia que deja de estimular a los empresarios nacionales, y de controlar entre otros el valor de las divisas, nuevo objeto de saqueo por las corporaciones que devalúan la moneda a la hora de las compras y la revalúan a la hora de los pagos entre otras especulaciones que llevan a crisis espectaculares de los precios como la de recia en Europa y la de Venezuela en América Latina, 5º. La lenta o abrupta desaparición de la banca gubernamental de fomento industrial, 6º. La disminución o cancelación de estímulos a cooperativas y empresas económico-sociales, 7º.La privatización y desnacionalización de los servicios de salud, educación y seguridad social, 8. La privatización y desnacionalización de las fuentes e industrias energéticas del petróleo y la electricidad, así como de empresas mineras y portuarias, 9º.El creciente desequilibrio en el gasto público y el consiguiente endeudamiento externo del gobierno federal y de los gobiernos de estados, municipios y ciudades hasta un punto en que intereses y principal son impagables 10º. En ese punto o un poco antes los prestamistas adquieren el derecho a supervisar la disposición y el uso del presupuesto nacional, y de los presupuestos de los distintos niveles de gobierno. 11º. La disposición de los créditos para adquirir bienes de consumo con exclusión de los de producción, en una política de doble negocio en que los prestamistas venden sus productos con lo que prestaron, 12º. La creciente entrega de recursos naturales del suelo y el subsuelo, de los mantos acuíferos y las playas, y de los sitios turísticos que pasan a manos de las corporaciones extranjeras mineras, agrícolas, industriales, comerciales y a sus cadenas con sucursales y empresas subrogadas, 13º. La solicitud de préstamos “buitre” para pagar intereses devengados e impagos, 14º. Las sucesivas y crecientes crisis financieras y monetarias que provocan fugas de capitales nacionales que superan el monto total del endeudamiento externo con los países prestamistas. 15º. La congelación y reducción de salarios directos e indirectos, mediante la privatización de servicios antes públicos, mediante la fijación de salarios mínimos de calculada depauperación, mediante procesos inflacionarios incontrolados, con lo que todas las medidas señaladas hacen víctima de las políticas neoliberales y localizadoras a la inmensa mayoría de la población, a unos por el despojo de sus tierras y recursos naturales, y otros por la reducción o anulación de salarios. 16º. El crecimiento derivado y sostenido de la población que se halla por debajo de la línea de la miseria, el aumento de la morbilidad y la baja de la esperanza de vida l7o. El consecuente crecimiento de la represión y el auge la corrupción así como de las desigualdades entre los ricos que se vuelven más ricos y los pobres que se vuelven más pobres, hechos que se señalan una y otra vez en la academia y los medios y a los que no se presta la menor atención por los gobernantes nativos, con la idea de que “así es la vida”, o que “así es el capitalismo ”, y con la explicación de que semejante situación se da por “exceso de población”, o como efecto de la crisis mundial que limpia de culpa al gobierno nacional, o porque hay quienes nacieron para ganar y otros para perder; o porque los que sólo ven lo malo es porque son fracasados o se quedaron fuera del presupuesto y no ven lo bueno de la vida 18º La política neoliberal globalizadora da lugar a derogación de facto o mediante actos ilegales que parecen legales de los derechos constitucionales, de los derechos sociales y de los proclamados derechos humanos individuales que excluyen el derecho a no morirse de hambre y otros parecidos 19º. La creciente vinculación de gobierno organizado (o desorganizado) y crimen organizado o mafioso, se denuncia y comprueba por jueces nacionales e internacionales sin el menor efecto de sanciones, frenos o cambios de política 20º. El creciente predominio de la acumulación por desposesión y despojo de las tierras comunales y los pequeños propietarios del campo junto con la ausencia de créditos para el campo y el libre ingreso sostenido de semillas transgénicas, un crimen legal global permitido por el derecho nacional e internacional, que obliga a los campesinos a ser clientes permanentes de las corporaciones, pues las semillas que venden no se reproducen y el campesino pierde el control de la agri-cultura y sólo puede entrar en contacto con la tierra si se vuelve cliente de la corporación, 21º..El deterioro y la extinción de servicios públicos de salud, educación, seguridad social, etc. 22º. El desempleo creciente de personal no calificado, calificado y especializado y el surgimiento de la generación “nini” que no tiene ni educación, ni trabajo, ni futuro, 23ª.La proliferación del narcotráfico y otros delitos contra la propiedad y la persona, junto con la impunidad abierta y ostensible, e incluso ostentosa de los altos funcionarios que delinquen abiertamente, 24º. La destrucción o debilitamiento de las antiguas organizaciones populistas y la criminalización de las que genuinamente representan a los ciudadanos, empleados, trabajadores y campesinos. 25º. La mutilación política, moral, social, cultural, económica de los partidos políticos que pasan de ser instituciones de luchas programáticas e ideológicas, a convertirse en meros recursos para obtener empleos de elección popular; y que como partidos políticos se enfrentan a la alternativa de prometer la solución de problemas sociales y nacionales y no cumplir o bien de no ofrecer nada que no estén autorizados a pedir, con lo que abiertamente pierden incluso el papel que originalmente les tenía asignado el estado de ser mediadores de las demandas de la ciudadanía, y de colaborar en las políticas de conflicto y consenso. Ni eso tienen y en su interior la des-estructuración intelectual, política y moral es el mayor estrago que la guerra financiera del neoliberalismo globalizador causa en sus integrantes y en una inmensa parte de la población, cuyas protestas y enojos, más que impulsados por una ideología político-social y orientados por un programa de acción pública nacional e internacional, viven y luchan pensando cuáles son las luchas que debe dar y las que no debe dar, cuándo, donde con quienes darlas y no darlas con tal de obtener puestos en el partido o en el gobierno, y reconocimientos y subsidios para el partido. Los estragos afectan a la oposición de izquierda y derecha y dan pie a que para obtener posiciones o puestos se junten aquí y allá una y otra con lo que se extiende la des-estructuración ideológica, programática y ética, por más que algunos de sus miembros den amplias muestras de valentía, de no robarse ni haberse robado nada, y de ser fieles a sus antiguas ideologías. El fenómeno da origen a lo que alguien llamó “inmediación violenta” y es como una derrota de países, partidos y ciudadanos, de campesinos sin tierra ni uniones, de obreros sin qué comer ni sindicatos que los defienden, de jóvenes sin juventud ni vida, que son los que más resisten y entre los que surgen los nuevos movimientos emancipadores con varios de ellos – como los de l968, o como los del 26 de julio en Cuba , o como los de los indios mayas zapatistas en el Sureste mexicano, que aportan nuevos valores y metas a la emancipación revolucionaria o radical que hace suyas las banderas de la Libertad, de la democracia con pueblos soberanos, de la justicia personal y social, de la autonomía de las regiones insertas en los estados nacionales, del respeto a todas las razas y religiones o creencias laicas, y a la democracia con el poder soberano de los pueblos y los trabajadores, metas y valores que en Occidente vienen de los profetas y cristianos de Israel, y que más recientemente con la teología de la liberación hacen suyas las metas socialistas y del comunismo no estatal sino del que se emparienta con sus clásicos marxistas con la solidaridad de comunidades y comunas que luchan en una sociedad considerablemente distinta en sus medos y relaciones de producción y de emancipación.

Mientras tanto en el sistema de dominación y acumulación actual se da una situación de desarrollo cero, de democracia cero, y algo muy semejante a la situación de los países que antes perdían la guerra en los campos de batalla y ahora también pierden las batallas en el campo financiero y sus enramados de corrupción y represión, con consecuencias muy graves en la moral pública que anda muy baja, y como destrozada por la corrupción y la represión estructural que acompaña a este modelo de variada guerra, que en el corto plazo sólo genera como respuesta , entre pequeños movimientos y grupos insumisos de crecimiento exponencial, una nueva moral de lucha, cooperación, compartición, libertad y democracia.

El hecho es que mientras eso ocurre en la inmensa mayoría de los países de la Tierrra se esbozan dos mundos emergentes, uno en que aparece la crisis de globalización misma y en que por todo el mundo surge una nueva extrema derecha que combina el autoritarismo de los líderes musolinescos que con la organización de bases de apoyo y algo parecido y distinto de las camisas negras. Que surge de buena parte de las clases trabajadores depauperadas y en los propios países metropolitanos. El fenómeno se da cada vez más en Europa y a últimas fechas en los propios Estados Unidos. Con su aparición vienen viejas amenazas de declarar a los países dependientes como Estados Fallidos o como Estados Canallas, y a ellas se añade la derogación de los Tratados de Libre comercio y la emigración de los capitales industriales a su lugar de origen dizque para dar empleo a sus trabajadores, y si se van las empresas industriales con ese supuesto fin ni por asomo se piensa en que se vayan las corporaciones petroleras, mineras y muchas otras que explotan los recursos naturales renovables y no renovables.

Trazar el perfil de las tendencias —en estas condiciones— es particularmente difícil, aunque por lo pronto se advierte que tanto el capitalismo neoliberal como el capitalismo de Estado están en crisis o tienden inevitablemente a la crisis. Para analizar esta crisis y pensar en términos de alternativas que sean útiles a una nueva lucha por la paz en el siglo XXI será necesario tomar en cuenta varios hechos que no son agradables, que incluso son incómodos y que tendemos a descalificar o negar consciente o inconscientemente.

Enuncio algunos de los principales, cuyo conocimiento “en activo” pienso que debe ser la tarea de la comunidad científica internacional organizada y no organizada, en su lucha por la paz.

Hoy la lucha por la paz debe estar vinculada a la lucha por el conocimiento de la grave crisis por la que atraviesa un sistema cuyo atractor principal es la maximización de poder, de riquezas y de utilidades. Al análisis profundo de las soluciones necesarias y posibles tendrá que preceder un reconocimiento y denuncia de los graves problemas de ecocidio que nos amenazan y en los cuales destacan 1º. El peligro de una guerra nuclear en una situación, que en estos días se encuentra en condiciones parecidas a las de la Guerra Fría con la movilización militar promovida los Estados Unidos y la OTAN en las fronteras de Polonia con Rusia, y con el desconocimiento por el presidente electo de Estados Unidos de la unidad territorial de China, políticas ambas que debería detener cuanto antes la nueva administración norteamericana, a reserva de acordar medidas más duraderas con las potencias nucleares para que saquen del tablero la “Guerra de destrucción mutua asegurada”, hoy varias veces más peligrosa que cuando fue definida así desde la segunda mitad del siglo pasado

En 2º lugar es necesario destacar que los peligros del cambio climático, y otros fenómenos de destrucción de la tierra y de la biósfera, lejos de ser una “creencia” con fieles y descreídos son consecuencia de un fenómeno que no puede ser resuelto por un sistema cuyo atractor principal es la maximización de utilidades, riquezas y poder.

En 3er. Lugar es ineludible plantear como problema científico central la organización de un mundo en que prevalezca, con la democracia y el respeto a las diferencias de religión, sexo, edad o raza, -en que prevalezca la soberanía de los pueblos, de los trabajadores, las comunidades y los ciudadanos, objetivo que en Occidente surgió desde la revolución francesas, y para el que no sólo tenemos la praxis o práctica de la creación histórica en Cuba y en La lacandona de los indios

La lucha por la paz hoy implica no dar por terminada la gran batalla liberadora que en el mito inició Prometeo. Implica recordar al mismo tiempo aquel otro mito en que al abrir Pandora la caja que contenía todos los males del mundo quedó sin embargo la esperanza, esa virtud teologal que mueve montañas.

Y al llamado de las emociones será necesario añadir en nuestra lucha la necesidad de investigar histórica y empíricamente, con la teoría crítica de las ciencias de los sistemas complejos, autorregulados y creadores, con ambos, el mundo moral organizado como fuerza emancipadora en la lucha, la cooperación y la compartición.

Pablo González Casanova

Pablo González Casanova: Sociólogo y ex rector de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).

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La Unión Europea en 2017: To be or not to be

janvier 20th, 2017 by Luis Enrique Casais Padilla

El calendario político europeo reciente ha venido marcado por el ya famoso “Brexit”, la repetición de las elecciones presidenciales en Austria que se saldó con la victoria del ecologista Alexander Van der Bellen frente a la ultraderecha de Norbert Hofer y el reciente rechazo a la reforma constitucional propuesta por Matteo Renzi en Italia.

No satisfechos con este último semestre, las consultas electorales previstas en países que representan aproximadamente el 40% de la economía europea, junto a otros hechos de envergadura, condicionarán los derroteros a seguir en el corto plazo y a medio plazo pueden llegar a marcar el ser o no ser de la Unión Europea.

Francia afronta en mayo unas elecciones donde los votantes deberán escoger principalmente entre extrema derecha (Frente Nacional), derecha extrema (Republicanos) y derecha de toda la vida (socialdemócratas). Cada partido ha elegido a los candidatos más a la derecha que ha podido encontrar. Junto a la ultra Marine Le Pen, Los Republicanos presentan a un conservador declarado admirador de las políticas de Margaret Thatcher, François Fillon, y Manuel Valls,  el ministro que aprobó por decreto la mayor y más protestada reforma laboral, intenta hacerse con la candidatura de los socialistas.

Previamente, en marzo, Holanda celebrará sus elecciones generales, donde actualmente encabeza los sondeos el Partido de la Libertad (PVV), liderado por el xenófobo Geert Wilders, que se presenta con un programa electoral de una sola página para el periodo 2017-2021 titulado “Holanda es de nuevo nuestra” en el que se recogen 11 puntos prioritarios, la mayoría de los cuales se centran en lo que Wilders denomina « desislamización » del país.

Tanto Francia como Holanda son miembros fundadores de la Unión, y sus candidatos de extrema derecha ya han anunciado que en caso de llegar al poder someterían a referéndum la permanencia en la Unión. Según muchos analistas políticos, muy difícilmente la UE aguantaría una nueva salida de un país miembro.

Por su parte, la crisis en Italia no hizo más que comenzar con el fracaso de Renzi en el referéndum, por lo que Italia, al menos teóricamente, debería enfrentarse a unas nuevas elecciones. Este caso es diferente: la posibilidad de que el Movimiento 5 Estrellas (Movimento 5 Stelle, M5S) pudiera alcanzar el poder frena esta opción. De momento, ya han impuesto a Paolo Gentiloni, aristócrata romano y ministro de Relaciones Exteriores del gobierno Matteo Renzi, como nuevo primer ministro. Y al igual que su antecesor, no ha sido elegido en las urnas. En Italia la democracia da miedo. Y en Europa da la sensación de que sólo preocupan los populistas de extrema izquierda, como despectivamente insultan diariamente los medios oficiales a las opciones políticas que defienden medidas sociales más justas y con un mayor reparto de la riqueza. Mientras tanto, la extrema derecha no parece sufrir esta persecución mediática.

En septiembre de 2017 Alemania tendrá elecciones parlamentarias. Los expertos tienen la vista puesta principalmente en los estados federales de Mecklemburgo-Pomerania Occidental y Berlín, donde los euroescépticos del partido Alternativa para Alemania (AFD) pueden obtener el mayor número de votos.

Además, durante el otoño de 2017 se esperan elecciones en Croacia, Hungría, Rumanía, Lituania y la República Checa. Países donde también existe una alta probabilidad de que se produzca un gran avance de los partidos euroescépticos y de extrema derecha.

Pero durante el próximo año no sólo tenemos elecciones en la UE. En marzo se espera el final de la política expansiva del Banco Central Europeo. Si a esto unimos las posibilidades de que la Reserva Federal de Estados Unidos revise al alza los tipos de interés, el problema bancario de la Unión se pondrá todavía más caliente. Recordemos la comprometida situación actual de la banca Italiana, con la Banca Monte dei Paschi di Siena a la cabeza, y la mucho más problemática situación del Deutsche Bank; banco calificado de Riesgo Sistémico y con urgente necesidad de recapitalización debido a la doble burbuja inmobiliaria y crediticia que padece.

En el mismo mes de marzo se espera la invocación por parte de la primera ministra británica, Theresa May, del artículo 50 del Tratado de la Unión, dándose así el inicio oficial de las negociaciones para la salida del Reino Unido. Todo esto, si la resolución judicial pendiente no lo impide. Tal y como está la economía británica, europea y mundial, bien pudiera darse que el tribunal designado decida parar el desarrollo de estos acontecimientos y esperar momentos menos comprometidos.

A todo esto súmese que en Bruselas da la sensación de que no haber vida inteligente. La Comisión Europea sigue empecinada en provocar la ira de los ciudadanos con sus políticas antidemocráticas. Como ejemplo, la última idea brillante que acaba de lanzar la comisaria europea de Mercado Interior, Elzbieta Bienkowska, es dejar exento el gasto militar a la hora de calcular el déficit público. ¿Cómo se justifica que se pueda “perdonar” el déficit que genere el gasto militar y no el gasto necesario en salud, educación, creación de empleos, asistencia a los más desfavorecidos, etc.?

Después de años de recortes y crisis lo que sería increíble es que los ciudadanos siguieran apoyando las opciones políticas tradicionales. El colapso del bipartidismo está siendo monopolizado por la extrema derecha con un programa político y social basado en un nacionalismo excluyente y xenófobo frente al ideal de convivencia que otrora defendió la Unión Europea. La inacción del sistema ante esta situación, al igual que ocurriera en los años 30 del pasado siglo, supone una muestra vergonzante de lo poco que les preocupa a las élites europeas estas opciones políticas. Probablemente porque es visto como una solución en su intento desesperado por mantener las tasas de valorización de los capitales.

Por el contrario, la toma del poder de partidos llamados despectivamente populistas de extrema izquierda, o la simple posibilidad de revueltas que pudieran encender la llama de conflictos mayores, sí preocupa y mucho. Esta es una de las causas del importante ascenso de la represión política, social, policial y judicial que se vive en toda Europa.

Luis Enrique Casais Padilla

Luis Enrique Casais Padilla: Doctor en Economía Internacional y Desarrollo, Actuario Matemático de Seguros y Licenciado en Economía por la Universidad Complutense de Madrid. 

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El presidente de China, Xi Jinping, pidió a la comunidad internacional unirse para alcanzar la paz global duradera y construir una comunidad de destino compartido para la humanidad ante los crecientes desafíos que encaran hoy todas las naciones.

En un discurso pronunciado en la oficina de la Organización de Naciones Unidas (ONU) en Ginebra, Suiza, Xi expuso su visión del futuro de la humanidad y abogó por un mundo de paz perdurable, con base en la prosperidad común, y un desarrollo abierto, limpio e inclusivo.

Enfatizó en que este milenario país ha estado y seguirá estando comprometido con la defensa de la paz mundial, porque ‘durante varios milenios, la paz ha estado en la sangre de nosotros los chinos y ha formado parte de nuestro ADN’, reiteró.

En ese sentido, reflexionó que China pasó de ser un país pobre y débil a convertirse en la segunda economía más grande del mundo, no comprometiéndose con la expansión militar o con el saqueo colonial, sino con el trabajo arduo de su pueblo y sus esfuerzos por defender la paz.

China nunca buscará la hegemonía, la expansión o las esferas de influencia, reiteró.

De acuerdo con Xi, que se encuentra en Suiza cumpliendo una visita de Estado de cuatro días desde el domingo y que brindó un alentador discurso en la inauguración de la Reunión 47 del Foro Económico Mundial en la ciudad de Davos, el desarrollo de China ha sido posible gracias al mundo y a la vez, esta nación ha contribuido al desarrollo del mundo.

El mandatario chino dio la bienvenida a todos los países a ‘subirse a bordo del tren rápido del desarrollo de China’.

Al respecto resaltó que su país ha proporcionado a otros países más de 400 mil millones de yuanes (58 mil 400 millones de dólares) en ayuda de 1950 a 2016 y que desde el inicio de la crisis financiera internacional, China aportó como promedio más de 30 por ciento del crecimiento global anual.

De igual modo adelantó que en los próximos cinco años, China importará ocho billones de dólares en productos, atraerá 600 mil millones de dólares en inversión extranjera, destinará 750 mil millones de dólares a la inversión en el exterior y los turistas chinos realizarán 700 millones de visitas al extranjero.

Expuso que los datos antes mencionados son un ejemplo de que el gigante asiático se mantiene sin cambio en su compromiso de alentar las asociaciones.

Xi insistió en que Beijing defiende una política exterior independiente y de paz y que está listo para ampliar la amistad y la cooperación con todos los demás países sobre la base de los Cinco Principios de la Coexistencia Pacífica.

Hemos formado asociaciones de diferentes tipos con más de 90 países y organizaciones regionales y construiremos un círculo de amigos en todo el mundo, expresó.

Según divulga la prensa local, el presidente dijo que China luchará por construir un nuevo modelo de relaciones entre grandes países con Estados Unidos, una asociación estratégica integral de coordinación con Rusia, una asociación de paz, crecimiento, reforma y civilización entre civilizaciones diferentes con Europa y una asociación de unidad y cooperación con los países BRICS.

Afirmó su compromiso invariable con el multilateralismo, proceso que catalogó como una manera efectiva de preservar la paz y promover el desarrollo.

Elogió el aporte universalmente reconocido durante décadas de la ONU y otros organismos internacionales al mantenimiento de la paz mundial y al sostenimiento del desarrollo.

También defendió que cada país tiene derecho a elegir de manera independiente su sistema social y su camino de desarrollo y urgió prohibir por completo y destruir totalmente las armas nucleares.

Combatir el terrorismo es la responsabilidad compartida de todos los países, manifestó, y pidió no sólo atender los síntomas de ese flagelo, sino eliminar sus causas de raíz.

Para alcanzar el llamado de la paz duradera también incorporó como imprescindible el rechazo al proteccionismo comercial y al aislamiento, y celebró el Acuerdo de París como un hito en la historia de la gobernanza climática.

Prensa Latina

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«La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.»

Baruch Spinoza, philosophe (1632 – 1677)

 

Ça y est, le président Obama s’en va laissant Donald Trump prendre en charge le pouvoir! Avant de revenir sur la dernière partie de la présidence, à savoir l’engagement sans retenue de Obama pour l’élection de Hillary Clinton, nous allons à notre façon donner un point de vue parmi tant d’autres de citoyens lambda appartenant à ce continent des ténèbres qu’est l’Afrique et cher à Hegel, mais aussi à cette espérance religieuse diabolisée car instrumentalisée du fait de ses dirigeants complaisants avec l’Empire qui les adoube et d’où ils tirent leurs seules légitimités pour le plus grand malheur de leur peuple.

Souvenons-nous de l’espoir suscité par la candidature de Obama, sa venue était vue comme une bénédiction du ciel après les années de feu, de sang, de malheur des deux mandatures de George Walker Bush. Le discours de rupture d’Obama, et même sa nomination, nous faisait espérer- grands naïfs que nous sommes- le retour de l’american way of life, celle d’Armstrong marchant sur la Lune, celle des pères fondateurs de la démocratie et de la liberté. Cette Amérique qui a pris le pari d’élire un Afro-Américain consacrant ainsi le rêve de Martin Luther King «I have a dream…».

Le capital de confiance et d’espoir des damnés de la Terre était immense, d’autant qu’à tort ou à raison, nous Africains nous nous sentions rétablis dans notre dignité après deux siècles d’esclavage. Ce fut d’autant plus beau que malgré les dénégations d’Obama affirmant qu’il est chrétien, beaucoup d’entre les naïfs que nous sommes pensaient à tort qu’un président qui a dans sa famille des parents musulmans ne peut que développer de l’empathie avec l’Islam.

Ceci nous fut confirmé par le fameux discours du Caire Salem Alikoum., « Je vous salue»

Il parle à cette occasion de «nouveau départ» pour qualifier la relation que l’administration qu’il dirige veut développer entre son pays et le monde arabo-musulman. Le président a su choisir trois bonnes citations du Coran, des allusions à l’âge d’or de l’islam et à sa contribution scientifique dont a pu bénéficier l’Occident; il a réaffirmé très fortement la liberté de conscience en faveur des musulmans aux États-Unis, et plus généralement Obama aura apporté à la sensibilité inquiète du monde musulman, les apaisements que celui-ci attendait depuis longtemps.

Dans ce qui suit nous allons montrer les faits les plus saillants vus encore une fois du Sud, nous survolerons rapidement l’aspect économique et l’obamacare qui est en passe d’être détricoté avant même la fin du mandat d’Obama et les meurtres racistes qui ont augmenté.

Bref inventaire de l’héritage d’Obama ayant consensus en Occident

Obama c’est avant tout le verbe et la verve. Retour sur trois paroles qui ont marqué l’opinion lors des années de présidence de Barack Obama.  « Oui nous pouvons » : « «Yes we can.» Le slogan choisi pour la campagne de Barack Obama en 2008 est indissociable de sa présidence. Il a eu deux significations: celui d’une Amérique qui veut en finir avec les années Bush et celui d’une communauté afro-américaine qui voit pour la première fois un président métis s’installer à la Maison-Blanche. «L’audace d’espérer.» «L’espoir face aux difficultés, l’espoir face à l’incertitude, avait-il martelé. L’audace d’espérer est le plus grand don que Dieu nous a donné.» «Je parie que demain, vous rejetterez la peur, et choisirez l’espoir.» «L’Amérique que j’aime.» L’Amérique qui se dessine dans les discours de Barack Obama est celle qui aurait assumé ses divergences politiques et assimilé ses différentes communautés. «Il n’y a pas d’Amérique blanche, ou d’Amérique noire, d’Amérique asiatique ou latino. Mais les États-Unis d’Amérique.» (1).

Les avis divergent sur l’héritage de la présidence de Barack Obama. La Tribune de Genève dresse un bilan avec quelques témoignages: «Grâce à l’Obamacare, 20 millions d’Américains qui n’avaient pas d’assurance-maladie ont pu s’en offrir une. Barack Obama n’a toutefois jamais réussi à vendre à ses concitoyens cette réforme qui les oblige à contracter une assurance-maladie, et les républicains ont entamé l’abrogation de la loi la semaine dernière. En matière d’environnement, M. Obama a soutenu l’accord de Paris sur le climat en 2015. Il a aussi protégé 141 millions d’hectares de terres et de mers contre leur exploitation à des fins énergétiques, tout en réduisant de moitié l’importation de pétrole des Etats-Unis.» (2)

Le lynchage d’El Gueddafi

A la suite des printemps arabes mis en oeuvre par les officines occidentales, les pays occidentaux pensaient rechaper le Monde arabe à moindre frais d’une façon soft. Ainsi, le président Obama a laissé faire Hillary Clinton en l’occurrence dans cette mise à mort voulue par Sarkozy conseillé par Bernard-Henry Lévy et Cameron. Pour Hillary Clinton, l’élimination du «dictateur» El Gueddafi qui eut pour épitaphe – Je suis venu, j’ai vu, il est mort» fut son plus grand succès et devait la qualifier pour la présidence grâce au succès de sa «stratégie de changement de régime». Ses emails révélés par le FBI sont la preuve de cette attente. Hillary avait adopté avec enthousiasme la politique des néoconservateurs et des interventionnistes libéraux prônant le renversement de gouvernements qui manquaient de respect pour la seule superpuissance, nation exceptionnelle, indispensable et unique leader du monde.

La mort de Ben Laden: la promesse tenue, gage de la réélection

Une autre prouesse à l’actif d’Obama, le meurtre en direct de Ben Laden à la télévision américaine et sous les yeux ravis du président des Etats-Unis et des principaux membres de son gouvernement tombés en extase a été un «bon point» pour le deuxième mandat. la traque d’Oussama Ben Laden a été autant une mission des différents présidents de Bill Clinton en passant par George W. Bush «Je veux Ben Laden mort ou vif» jusqu’à Barack Obama.Annonçant la mort de l’ennemi numéro un des Etats-Unis, il déclare: «Peu de temps après ma prise de fonction, j’ai demandé au directeur de la CIA de faire de la mort ou de l’appréhension de Ben Laden notre première priorité dans la lutte contre Al Qaïda.» Obama clamera qu’il est celui qui a éliminé la menace. Ben Laden sera jeté à la mer.

Politique étrangère: Syrie, Libye

«Le récent déplacement du président américain à La Havane lit-on sur cette contribution de Ouest France a bien sûr couronné de succès l’ouverture des États-Unis vers Cuba. Obama peut également s’attribuer une partie du mérite quant à l’accord nucléaire avec l’Iran. Pourtant, le bilan d’Obama en matière de politique étrangère est loin de faire l’unanimité. En atteste le débat suscité par le très long entretien accordé par le président à la revue The Atlantic dans son édition de mars. Concernant la Syrie, le fait marquant reste la décision de la Maison-Blanche de ne pas intervenir militairement en août 2013. Obama revendique cette décision, au prétexte que «les États-Unis ne peuvent pas tout». Revenant en détail sur l’intervention en Libye en 2011, Obama déclare «qu’il faisait peut-être trop confiance aux Européens «pour faire le suivi de cette intervention». Et de mentionner la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012. Bref, un fiasco qui fait aujourd’hui de la Libye l’un des terreaux du djihadisme salafiste. Barack Obama accuse les Européens et les pays arabes d’être des free-riders (profiteurs), relayant hélas le discours de certains candidats républicains, comme Donald Trump qui appelle au désengagement de l’Amérique face aux «coûts énormes» de l’Alliance transatlantique. Très critique vis-à-vis de l’Arabie saoudite, Obama demande à celle-ci de «partager le Moyen-Orient» avec son ennemi iranien. (..) Barack Obama témoigne d’un grand intérêt pour l’Asie-Pacifique depuis l’invention du terme «pivot asiatique» au début de sa présidence. Selon lui, c’est dans cette région que se trouvent les intérêts des États-Unis, et c’est là que se trouve le concurrent – ou partenaire? – principal: la Chine.» (3)

Trois bombes par heure dans le monde en 2016

Pour un président de paix, il y eut plus de guerres plus d’armes vendues. Un rapport du Council on Foreign Relations (CFR) a montré que Washington a bombardé la Syrie, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen ainsi que la Somalie en 2016. Pas moins de 26 171 bombes ont été larguées. 72 par jour. Trois par heure. Les frappes militaires américaines ont été nombreuses en 2016. Très nombreuses. Le toujours président des Etats-Unis avait fait du désengagement militaire de son pays une promesse de campagne, pourtant, le think tank basé à New York nous apprend que Washington a bombardé au moins sept nations en 2016: la Syrie, l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen et la Somalie. Sans surprise, la très grande majorité des bombardements américains ont concerné la Syrie et l’Irak. 24 287 bombes y ont été larguées selon les comptes du CFR. (…) En 2008, alors qu’il menait campagne il avait assuré que lorsqu’il deviendrait commandant en chef des forces armées, il «fixerait un nouvel objectif dès le premier jour»: la fin de la guerre en Irak. «Je mettrai un terme à cette guerre en Irak de manière responsable et terminerai la lutte contre al-Qaïda et les Taliban en Afghanistan.» (4)

Les Etats Unis champion des ventes d’arme

S’agissant du carburant des guerres, la fabrication et la vente des armes, tout va bien Selon l’organisme suédois Sipri, le marché des armes est florissant. En 2014, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1 776 milliards de dollars, ce qui représente 2,3% du produit intérieur brut mondial et environ 245 dollars par habitant En 2015, les 100 principales entreprises productrices d’armement dans le monde ont affiché globalement un chiffre d’affaires de 356,7 milliards USD réalisés dans les contrats d’armement (sur un chiffre d’affaires total de 1 118,1 milliards USD), Les Etats Unis , interviennent en moyenne pour 30 % des ventes.  (5)

Là encore, il y eut un désenchantement des partisans de la paix. Pratiquement tous les pays européens, mais aussi la Russie, la Chine et Israël ont alimenté les guerres certaines fois en  vendant des armes aux deux belligérants ! A croire le niveau des vies des occidentaux dépend du nombre d’armes vendues en clair du nombre de morts , de blessés et de désolation de pays vulnérables et misérables qui, certaines fois n’ont pas d’argent pour nourrir leurs peuples, mais trouvent toujours moyen de s’endetter pour se battre contre d’autres miséreux ou pour tenir en  respect leurs peuples dans des gouvernances interminables où le mot alternance n’a aucun sens. Dans ces pays, il n’y a que le darwinisme providentiel ou  l’émeute fomentées bien souvent par les pays occidentaux pour leurs propres intérêts pour arriver à l’alternance généralement aussi catastrophique… Dans ces pays  le lobby de l’armement dirige d’une façon invisible le pays . Aux Etats Unis  un seul président, Eisenhower, eut le mérite d’avertir le peuple américain contre le danger de la mainmise sur le pouvoir du complexe militaro-industriel.

Dans ce contexte pour juger du niveau des armes vendues , Nadia Prupis parlant de ce  marché de la mort écrit:

«Les États-Unis ont vendu plus d’armes que n’importe quel autre pays en 2015, malgré une baisse du commerce mondial des armes, selon un nouveau rapport du Congrès. Avec 40 milliards de dollars, les États-Unis ont signé plus de la moitié de tous les accords d’armement l’an dernier et plus du double du pays en deuxième place, la France, à 15 milliards de dollars. Les ventes d’armes américaines comprenaient des bombes, des missiles, des chars blindés, des hélicoptères d’attaque Apache, des chasseurs F-15 et autres articles (…) » (5).

On l’aura compris les dirigeants arabes sont aux premiers loges pour acheter les armes. Nadia Prupis écrit :

« Les principaux acheteurs, quant à eux, étaient le Qatar, l’Égypte, et l’Arabie saoudite, Beaucoup de ces armes ont été utilisées pour aider la coalition menée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis à combattre les rebelles au Yémen, entraînant des pertes civiles élevées. Le Guardian note que les résultats concordent avec une autre étude récente, qui concluait que l’administration Obama avait approuvé pour plus de 278 milliards de dollars de vente d’armes en huit ans, soit plus du double de l’administration Bush, 128,6 milliards de dollars.» (6)

La journaliste bien connue, Diana Johnstone décrit la paranoïa qui sévit à la fois dans le parti démocrate, mais aussi au sein de l’Administration actuelle qui accélère les mesures de rétorsion contre la Russie pour les rendre irréversibles, tels que l’expulsion de 35 diplomates fin décembre et l’accélération du déploiement des troupes américaines en Pologne à la frontière avec la Russie.

«L’impertinence de Vladimir Poutine, écrit-elle, ouvertement en faveur d’un «monde multipolaire», l’a hissé à la première place dans la liste des méchants. Il est promu «dictateur» et «menace existentielle» aux yeux de la nation exceptionnelle, cible numéro un du changement de régime. Hillary Clinton et ses partisans politiques et médiatiques s’accordent pour attribuer sa défaite à un complot mené par Vladimir Poutine visant à changer le régime aux Etats-Unis. Jamais à Washington n’a-t-on vu un parti au pouvoir si incapable d’accepter l’alternance, si vindicatif, si avide de trouver des boucs émissaires, si prêt à violer toutes les bienséances démocratiques et diplomatiques, si prêt à pratiquer la politique de la terre brûlée, même aux dépens de ces «valeurs» dont il se proclame le défenseur indispensable, à commencer par la liberté d’expression?» (7)

La folie de fin de règne à Washington: la phobie de Poutine

S’agissant de la comédie visant à impliquer Poutine dans l’ingérence dans les élections, les Etats-Unis qui ont déclenché 200 guerres en 240 ans d’existence n’ont jamais cessé d’interférer quand leurs intérêts étaient en jeu.: «Tout Washington est scandalisé, tandis que les membres du Congrès rivalisent entre eux pour diaboliser la Russie à cause de sa supposée ingérence dans la récente élection présidentielle américaine. «Toute intervention étrangère dans nos élections est absolument inacceptable», a déclaré Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants. Cet éclat de vertueuse indignation serait plus facile à gober si les Etats-Unis n’avaient pas eux-mêmes pris l’habitude chronique d’intervenir dans les élections à l’étranger. Sur une période d’un peu plus d’un siècle, les leaders américains ont utilisé toute une variété d’outils pour influencer les électeurs dans des pays étrangers. Nous avons choisi des candidats, les avons conseillés, financé leurs partis, conçu leurs campagnes, corrompu les médias pour les soutenir et menacé ou calomnié leurs rivaux».(8)

Une appréciation rendant compte de ce désamour graduel nous est donné par une diplomate russe: «La politique étrangère de l’administration Barack Obama au cours des huit années de la présidence d’Obama «suscite l’aversion du monde entier», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zaéskharova. «Je pense que cet homme [Obama] et son équipe – naturellement, parlant de l’homme, nous entendons l’équipe qui s’est révélée mauvaise pour tous sur la scène mondiale», Selon la diplomate russe, du point de vue moral, on peut blâmer l’équipe d’Obama d’avoir commis un «crime» car il a démontré que «le plus fort a des droits illimités à faire le mal». (9)

En définitive rien de nouveau sous le soleil!  Tous les président américains à partir de la chute du mur de Berlin furent frappés d’hubris , une sorte de messianisme de la certitude de la « Destinée Manifeste » qui leur donne mission de régenter le monde. Cela  a commencer avec Georges Bush  père qui parlait déjà après avoir laminé l’armée irakienne en 1991, du nouvel ordre mondial vertueux étant la seule hyper-puissance selon le bon mot de Hubert Védrine  et ayant sonné  d’après Francis Fukuyama, l’idéologue du Pentagone, la fin de l’histoire et annoncé un âge d’or qui allait durer mille ans.

On sait comment cette histoire est en train de se dérouler  , car nous eûmes après Bill Clinton qui s’illustra par le dépeçage des balkans avec la complicité de l’Europe et notamment de l’Allemagne Ce sera aussi la presque décennie du pétrole contre nourriture, une histoire abjecte dont l’épilogue fut la mort de 500.000 enfants prix à payer – pas cher- selon Madeleine Albright pour faire partir Saddam Hussein  qui n’est parti que  plus  tard. Il a fallu l’avènement  de Georges Walker Bush pour que la sentence s sentence  «  to be hanged by the neck until you are dead » se réalise  un matin de janvier de l’aid el adha en guise de sacrifice,’ il y a dix ans sous la gouvernance d’un certain Paul Bremer gouverneur d’un Irak en miettes Ces présidents venaient avec leurs certitudes gravées dans l’arbre ,bouleverser des équilibres sociologiques culturels et cultuels  plusieurs fois millénaires en y semant le chaos constructeur selon Condolezza Rice

La présidence Obama ne fut pas différente sauf que nous avons cru en ses promesses de désengagement de l’Irak, de l’Afghanistan. Nous seulement ne se fit pas, mais sous l’ère Obama fut inaugurée la terrible guerre des drones reapers et autres ; Pour ne pas risquer la mort des GI’S rien de plus simple : Une salle climatisée du fin fond du Texas,  un contrôle par satellite et une décision de mort par drone interposé. Il suffit alors au soldat de jouer au joystick pendant qu’à des milliers de kms de là c’est la mort, le deuil la désolation des vies brisées des pays en miettes.  Non content de tout cela après l’épisode Bin Laden,  deux conflits marquent l’ère Obama, la Syrie vidée de sa sève ,plusieurs milliers de morts et de blessés, la destruction honteuse de la Lybie avec deux vassaux  le tandem Sarkozy – Hollande et David  Cameron dont les prouesses envers les faibles aboutirent au lynchage de Kadhafi. Enfin la tolérance envers l’Arabie Saoudite pour causes de contrats d’armements et de pétrole  s’avère être une complicité dans la mort silencieuse du peuple yéménite

L’Occident s’est empressé de décerner le prix Nobel de la paix à  Barack  Obama pour la promesse d’une paix qui n’est jamais arrivée. Peut-être que le Comité Nobel ne sera plus aussi chaud pour l’octroi de ce prix? De plus s’agissant justement de la paix du monde, les années Bush ont traumatisé le monde, mais on ne s’attendait à rien de bon. Avec Obama nous avons cru à ses promesses qui comme dit Jacques Chirac n’engagent que les naïfs que nous sommes. A la place nous découvrons en fait «l’american way of war»… de l’empire qui tarde à comprendre que tout le monde aura à gagner avec un monde multipolaire. Peut être là encore un vœu pieux avec le nouveau président Trump  avec son obsession protectionniste.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

1.http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Trois-grandes-paroles-Barack-Obama-2017-01-15-1200817339

2. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/16/bilan-d-obama-le-paradoxe-americain_5063393_3222.html#ShE0hJ4U2o3afToz.99

3.http://www.ouest-france.fr/debats/point-de-vue/politique-etrangere-le-bilan-discute-dobama-4149159

4.http://reseauinternational.net/les-etats-unis-ont-largue-lequivalent-de-trois-bombes-par-heure-dans-le-monde-en-2016/#EYWYhUfTrZXxOtOX.995.

5.http://www.grip.org/fr/node/1942

6.Nadia Prupis http://lesakerfrancophone.fr/alors-que-le-commerce-mondial-declinait-la-vente-darmes-etasuniennes-a-bondi-en-2015

7.https://francais.rt.com/opinions/31994-folie-fin-regne-washington

8.http://www.mondialisation.ca/usa-nous-intervenons-dans-les-elections-dautres-pays-depuis-plus-dun-siecle/5568909

9. ttp://lesakerfrancophone.fr/le-monde-entier-est-degoute-par-la-politique-etrangere-de-ladministration-obama

 Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/258595-un-nobel-qui-a-fait-la-guerre-a-la-paix.html

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Le vocabulaire des bouffons

janvier 19th, 2017 by Comaguer

Les communicants de l’équipe MACRON ont labellisé HAMPERS les supporters du « jeune leader » (version française du Young leader pro étasunien dûment accepté outre-Atlantique pour servir les maitres de Washington : Maison Blanche, Pentagone, FED, FMI , Banque mondiale, Goldman Sachs et autres).

Ironie du verbe !

En anglais le verbe TO HAMPER veut dire : déranger, empêcher, faire obstacle à une théorie.

Il s’agit donc de faire croire que le jeune leader dérange quoi que ce soit. Fadaises et billevesées ! Tout au plus va-t-il déranger les candidats besogneux à la primaire du PS.

Ex associé gérant de la banque ROTHSCHILD, c’est-à-dire partageant les bénéfices de l’entreprise, il ne dérangera pas « la finance » (lire le capitalisme contemporain) dont il est un représentant au plus haut niveau, et le fourbe Hollande -souvenez-vous, « mon ennemi c’est la finance ! »- l’a choisi chez ROTHSCHILD comme secrétaire général  adjoint de l’Elysée avant d’en faire un ministre c’est à dire avant de le mettre en circulation comme gadget nouveau sur le marché politique, nouvelle tête de gondole de la foire aux mensonges.

La soumission de François II le Fourbe à la politique étasunienne, visible dans toute son action, l’a conduit dans un premier temps à faire adouber le jeune leader par la puissance dominante. Ce fut fait dès 2013 quand Macron fut accueilli par l’UNION INTERALLIEE, club franco-étasunien très chic (adhésion annuelle entre 25 000 et 50 000 €) installé à quelques pas de l’Elysée dans l’ancien hôtel Henri de Rothschild pour y « exposer la politique de la France » selon les propres termes de l’invitation. Etrange république où le président délègue un de ses mignons pour se prosterner devant les maitres …*

Passé ce premier grand oral, l’impétrant est passé l’année suivante devant le jury plus large et plus transnational du club de Bilderberg. Validé ! Après pareil parcours il ne manquait plus au jeune poulain qu’un bref galop ministériel avant d’aborder le grand prix de l’Elysée. Nous y voilà !

Avis aux HAMPERS macroniens : vous n’empêcherez rien ! Votre rôle est au contraire de pérenniser la vassalisation de la France dans l’empire militaro-capitaliste étasunien

Et puisque votre gourou vous invite à parler anglais, vérifiez !  HAMPER, substantif, veut aussi dire « panier à linge sale » !

 http://www.prixinterallie.org Voir sur ce lien une étonnante intervention en 1964 de Georges Pompidou lui aussi pur produit de l’écurie Rothschild devant le même cercle de l’Union Interalliée qui laisse entrevoir sa candidature à la présidentielle et la fin des « excentricités » gaullistes anti étasuniennes.

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Craignant un effondrement du PS aux élections présidentielles et une éventuelle défaite de l’ex-premier ministre Manuel Valls aux second tour des primaires PS, des sections de plus en plus larges du PS font appel à l’ex-ministre de l’économie Emmanuel Macron ou à l’ex-dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. C’est ce qui ressort du deuxième débat à la primaire du PS, deux fois moins suivi que le débat d’ouverture de la primaire PS avec 1,75 millions de téléspectateurs.

Macron et Mélenchon ont refusé de se présenter aux primaires PS. Toutefois, conscients que le PS se dirige vers une débâcle, avec un score pour le futur candidat PS inférieur à celui de Macron et Mélenchon, l’attention des candidats à la primaire du PS se focalise sur qui appuyer entre Macron et Mélenchon en vue de l’après présidentielle. En particulier, de larges sections du PS qui soutiennent le président Hollande tentent d’échapper à la débâcle en se liquidant vers une politique plus franchement à droite menée par l’ex-ministre de l’économie, sans étiquette.

Commentant pour Le Figaro le débat de dimanche soir, Thomas Guénolé, politologue et maître de conférences à Sciences Po affirme que « si ça continue comme ça dans les deux prochains débats, alors oui, Jean-Luc Mélenchon et Macron vont gagner la primaire du PS. ».

Manuel Valls, sur la station radio Europe 1, assure que s’il sort vainqueur de la primaire, il parlera avec Emmanuel Macron «pour créer les conditions du rassemblement».

Vincent Peillon, ancien ministre de l’éducation nationale, souhaite vouloir un rassemblement qui irait de «Macron à Mélenchon, en passant par Jadot. On n’est pas obligé quand on fait de la politique de ne penser qu’à sa boutique. Il y a l’intérêt de la France».

A propos de Mélenchon,Vincent Peillon souligne que «Jamais la gauche ne gouverne quand elle commence à faire des excommunications. … Et je le dis aussi pour Jean-Luc Mélenchon, parce que si à un moment il veut entrer dans un rassemblement, c’est-à-dire pas uniquement faire l’idiot utile de la campagne de la droite et de l’extrême-droite, en faisant perdre la gauche, il faudra qu’il cesse de dire au parti auquel il a appartenu pendant plus de 20 ans qu’ils sont historiquement inutiles».

Macron et Mélenchon n’ont pour l’instant montré aucune volonté officielle de négocier avec le futur candidat du PS. Macron avait déjà refusé l’appel du dirigeant du PS, Jean-Christophe Cambadélis, à se présenter à la primaire organisée par le PS.

Selon Challenges, « L’entourage de Macron affirme notamment que les élus socialistes, par centaines, prennent contact pour se rallier le jour venu, la page de la primaire tournée, quand les sondages confirmeront que le candidat officiel du PS pourrait freiner Macron dans son accession au second tour de la présidentielle et ainsi servir de marchepieds au duo Fillon-Le Pen. ».

Toujours selon le magazine, « Quelques hiérarques socialistes « modérés » qui, en principe, auraient dû contribuer à sa campagne (Valls), laissent entendre et font comprendre qu’ils ont d’ores et déjà choisi l’ex-ministre de l’Economie- pas seulement Ségolène Royal et Jean-Marc Ayrault qui partagent une identique détestation de Valls. ».

Ségolène Royal, ministre de l’écologie, a confié qu’« une fois désigné le vainqueur de la primaire, je verrai en fonction de tout: de l’ambiance, du niveau de la primaire, de ce qui se passe, de ce qui se dit. Je n’ai aucune contrainte. Je ferai ce qui me semble le plus utile à la victoire de la gauche ».

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, n’écarte rien non plus : « Lorsque nous y verrons plus clair, lorsque toutes les candidatures seront sur la table, que les candidats auront leurs signatures, alors il y aura des choix à faire »

Selon certains de ses proches, le chef de l’Etat qui était au théâtre dimanche soir plutôt qu’à regarder le second débat de la primaire, pourrait lui-même être tenté par un tel ralliement. « François Hollande va probablement soutenir Macron », a déclaré au JDD un de ses vieux amis, l’avocat Dominique Villemot, un commentaire dont il s’est distancié quelques heures après.

Ceci met à nu les discussions internes au PS montrant la crise profonde dans laquelle se trouve se parti. Des sections plus larges du PS qui s’attendent à une débâcle de leur futur candidat se servent de la campagne des primaires organisé par le PS pour promouvoir une candidature plus à droite comme Valls, mais surtout Macron qui jouit du soutien du patronat et des médias comme alternative à Fillon et Marine Le Pen.

La difficulté rencontrée par les candidats à la primaire du PS pour stabiliser le PS et proposer un candidat capable d’être au second tour de la présidentielle a pour cause l’impopularite de la politique antiouvrière, antidémocratique et proguerre de François Hollande. Durant son quinquennat, ce dernier a mené une politique de guerre, d’assassinats ciblés inconstitutionnels et d’austérité, en s’appuyant sur la mise en place d’un Etat policier pour réprimer l’opposition des travailleurs à sa politique, notamment avec la loi travail.

Les candidatures à la primaire de Montebourg et de Hamon représentent les courants « frondeurs » du PS, qui ont mollement critiqué la politique de Hollande afin de lui donner une couverture sur sa gauche. Dans cette primaire, Montebourg et Hamon jouent le même rôle, à savoir, présenter le PS faussement comme un parti au sein duquel des forces continuent à mener une politique de gauche.

Benoit Hamon et Arnaud Montebourg considèrent qu’il faut discuter avec le candidat écologiste Yannick Jadot et Mélenchon, mais ne souhaitent pas négocier avec Macron pour évoquer une candidature unique.

Selon Benoit Hamon, Macron « ne peut pas se déclarer de gauche en remettant en cause les 35 heures, en développant les emplois précaires ou en remettant en cause l’ISF ».

Sur RTL, Mélenchon a attaqué « primaire d’anciens ministres ». « Je ne partage pas le bilan du gouvernement Hollande (…) Ceux-là n’assument rien. Ils viennent et vous expliquent qu’il faudra voter pour eux parce qu’ils ne sont pas d’accord avec le type dont ils ont appliqué la politique. »

Ce commentaire souligne le peu de distance qui sépare Mélenchon, lui-même un ex-ministre PS de longue date, des candidats qui s’orientent vers le Hollande ou vers Macron. Ayant appliqué des politiques de guerre et d’austérité du président François Mitterrand aux années 1980 et 1990, avec lesquelles il prétendait ne pas être d’accord, Mélenchon a ensuite appelé à voter Hollande en 2012. Le discrédit qui pèse sur le PS touche donc également sa candidature.

Anthony Torres

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  1. Gavan McCormack, “Yamashiro Hiroji and the Okinawan Anti-Base Struggle”
  2. “Emergency Statement by 41 Criminal Law Scholars Demanding the Release of Yamashiro Hiroji,”

Yamashiro Hiroji and the Okinawan Anti-Base Struggle

Gavan McCormack

“If Takae and Henoko can be stopped, Japan will change. If they cannot be stopped then there is no future, either for Okinawa or for Japan.”1

Henoko, Takae, and Yamashiro Hiroji

For anyone who has spent any time on the front lines of the protracted resistance struggle by the people of Okinawa against construction of new bases for the Marine Corps at Henoko and Takae, one indelible impression is likely to be the performances of the master choreographer of the resistance, Yamashiro Hiroji. Conducting the assembled citizens day after day, month after month, in song, dance, and debate, this retired (64 year old) public servant has seemed to be a natural leader of the struggle to delay or prevent construction of the projected new bases for the Marine Corps at Henoko, adjacent to the existing Camp Schwab base on Oura Bay, and in the “Northern Training Area” in the Yambaru forest at Takae.2 At Henoko, the resistance has managed to hold off the base construction so that major works initially planned in 1996 have yet to begin (although the state, following a Supreme Court judgment in its favour in December 2016, appears determined to start work in January 2017).

As for Takae, discussed below, the reversion to Japan of about half (4,000 hectares) of the huge Northern Training Area, a thickly forested zone in the north of the island used for jungle warfare training purposes, was promised in 1996, conditional on the government of Japan constructing for the Marines six “helipads” in the zone it was to retain to replace those in the zone being returned. Construction began in 2007, punctuated by clashes between strongly opposed villagers and police and construction officials. That struggle, discussed further below, blew up into major conflict in the latter part of 2016.

The Henoko struggle took more-or-less its present shape following the issue by then Governor Nakaima Hirokazu of a license permitting reclamation of much of Oura Bay, the projected base site and home of Japan’s and Okinawa’s most diverse and healthy coral, in December 2013 (counter to his repeated pledges of opposition to any such project and under extreme national government pressure). From July 2014, a large swathe of the bay was declared off-limits, markers for the proposed reclamation were laid out and concrete blocks dropped into its depths. In November, however, Nakaima was defeated by Onaga Takeshi, a conservative politician who nevertheless was committed to stopping Henoko construction “using every power at my command.” Once assuming office, Onaga set up a “Third Party” expert committee to advise him and, when in due course it confirmed that the Nakaima decision had indeed been legally flawed, in October 2015 he cancelled the license and ordered the works stopped. The national government promptly stepped in to rescind that order and the survey resumed. At the site, having exhausted every possible legal restraint without avail, citizens adopted non-violent direct action tactics, blocking and picketing the entrance to Camp Schwab Marine Corps base. Adjacent to the fishing village of Henoko, the struggle unwinding there became known as the Henoko struggle.

In February 2015, just before the opening of a mass protest meeting against the base construction, local Japanese security agents in the service of the US Marine Corps arrested three protesters at the gate of Camp Schwab. One was Yamashiro.3 He was held on suspicion of breaching the controversial and stringent “special criminal law,” adopted in 1952 at the height of the Korean War, which prescribed severe punishment for unauthorized entry or attempted entry into US bases in Japan. Since it had never been invoked in the 43 years since Okinawa “reverted” to Japan from the US in 1972, Yamashiro thus had the distinction of having being singled out for quite exceptional treatment. However, film footage of the event appeared to contradict the official account. He seems to have been actually ordering demonstrators to be especially careful not to cross the boundary line when he was suddenly attacked by Marine Corps security personnel, flung to the ground, handcuffed, and dragged feet-first into the base. Handed over to the Japanese police, he was held overnight and released the following day. As the Okinawa Times noted, it appeared to be a clear case in which the constitutional right to freedom of assembly, opinion, and expression had been sacrificed to the overarching extraterritorial rights enjoyed by the US.4

Over the next year, many others were subsequently detained for varying periods, but only one shared the distinction with Yamashiro of being detained under the special criminal law. That was the prefecture’s preeminent novelist and literary prize-winner, Medoruma Shun. Medoruma, while part of a flotilla of canoes and kayaks carrying the protest on behalf of the creatures of the Bay on a daily basis to the government (Coastguard) ships, was pulled from his kayak in Oura Bay on 1 April 2016, and held, first by US and then by Japanese authorities, for 34 hours. The implication of his detention under the special criminal law was that he had been planning to launch an attack on the base – from his kayak.5 It was plainly absurd. Like Yamashiro, he too was released without indictment.

Part of the Canoe/Kayak Protest Flotilla, April 2016

If, however, laws were broken at Henoko and on Oura Bay, there is a prima facie case for thinking that the police and Coastguard were the guilty parties. Their mobilization to enforce a government construction project would appear to be in breach of the provisions of the Police Duties Execution Act and the Japan Coastguard Act, meaning that “both the police and the Japan Coastguard are consistently acting beyond their legal purviews and violating constitutional rights.”6

One can only speculate as to what the abortive invocation of the “special law” may have signified, but one explanation could be that the US side, irritated at the continuing delays in base construction, was thus pressuring Japan to exert more force to bring it back on schedule, while the Japanese side was reluctant to do that for fear of causing Okinawan anger to boil over, possibly threatening the entire base system.

During the complex events that followed Onaga’s cancelation of his predecessor’s reclamation license, law suits proliferated.7 Under a court ordered “amicable agreement” in March 2016, even preliminary survey works on Oura Bay were halted. They remained so till December 2016, when the Supreme Court ruled that Onaga had acted illegally. He then promptly cancelled his own order, though insisting that he would still stop base construction (by unspecified means). The state readied to start actual reclamation works from the New Year of 2017.

From Henoko to Takae

It was during that nine month lull in the Camp Schwab gate-front struggle that the focus shifted to the N-1 Gate in the Yambaru forest at Takae (access point to the Marine Corps Northern Training Area), about 40 kilometers away. There, the state concentrated on construction of a series of mini-bases for the Marine Corps’ Osprey VTOL aircraft, “Osprey pads” as they came to be known. As with so many aspects of the Okinawa base story, the term “helipad” was deliberately deceptive, implying something like a building top where a helicopter could take off and land whereas, as only gradually became clear, they were to be substantial structures, 75 metres in diameter and fed by specially constructed access roads that required clear-felling of wide swathes of forest and were designed to accommodate not helicopters but the distinctive Osprey (vertical take-off and landing powered aircraft) and Harrier jump-jet fighters. Though called “helipads” they were actually mini-bases. Two were completed and handed over to the Marine Corps in February 2015.

From July 2016, the state launched an intensive campaign to accelerate construction of the remaining four, determined to show President Obama that Japan was doing everything it could to maintain and reinforce the bilateral alliance (despite the delays and complications at Henoko). In place of the plan adopted in 2007 of building one Osprey-pad at a time so as to minimize damage to the forest it now moved to construct all four simultaneously. The estimated time for works completion was cut from 13 to 6 months, the daily number of trucks employed in delivering materials and equipment was quadrupled (33 to 124), many of them without license plates and therefore in breach of Okinawan road traffic law, SDF helicopters were mobilized (counter to the Self Defense law) to evade the civic blockade and deliver some very large equipment, and the number of trees felled rose to an estimated 24,000.8 To supervise the works, a massive police force was assembled, some 500 dispatched from mainland Japan, Police at the N-1 Gate site outnumbered citizens about 5 to 1.9

Like many others during this phase, Yamashiro shifted the focus of his protest from Henoko to Takae, from the defence of the sea creatures of Oura Bay to the defence of the denizens of the Yambaru forest. There, far from the public eye and scarcely noticed beyond Japan, a fierce battle raged between a massive police force and the tiny hamlet of Takae (population about 150 people) backed by Yamashiro and the citizen force, commonly a hundred or so, from around Okinawa and farther afield. It was a significant logistical challenge for the state to mobilize construction workers and materials to this relatively remote forest site, but it was much more so for Yamashiro and his citizen colleagues. They had to be able to mobilize their citizen forces at N-1 at all hours of the day and night, ready to face the overwhelming might of the state and knowing that they would inevitably be roughly dragged away, often to the accompaniment of abuse and insult.

Gouged Forest and Completed “Osprey Pads”
Asahi shimbun, December 17, 2016.

Target Yamashiro, Takae, October-December 2016

At the height of this struggle, on 17 October 2016, Yamashiro was detained during a brief flurry at N-1 Gate. Ten weeks later, as the year ended, he was still in a detention cell at Nago Police Station.

Initially, the prosecutors sought an order for his detention for having been caught “red-handed” inflicting damage to property (cutting one or more strands of barbed wire to gain access to the Marine Corps zone known as the Northern Training Area. It had been widely reported that the state’s construction workers were chopping down trees by the thousands across a wide area of forest, with presumably serious effects on the flora and fauna. The only way for the citizens to confirm that was the way Yamashiro chose: cut the wire and go in to see. On the morning of 20 October, the summary court (kan-i saibansho) rejected the prosecutor’s argument. Later that day, prefectural police appealed to Naha District Court against that decision and re-arrested Yamashiro on different grounds (obstruction of officials performing public duty). The detention was allowed.

Yamashiro Arrested, 17 October 2016

On the following morning, 21 October 2016, Yamashiro’s home and the tents of the protest movement at Takae were subjected to stringent searches, presumably on the supposition that Yamashiro had drawn up a detailed advance plan for the action. It appears that no materials were found. Yamashiro’s lawyer, Miyake Shunji, commented:

“It was improbable that any evidence would be found at Yamashiro’s home or at the tent of intent to do harm or interfere with prosecution of public duties, but clearly the intent was to oppress the opposition movement by increasing the number of arrests and widening the scope of investigation.”10

Target Yamashiro, Reviving Henoko Charges

On 11 November 2016, Yamashiro was indicted on both the wire-cutting and obstruction of public duties charges. His request for release on bail was rejected.

On 29 November 2016, Yamashiro was again arrested (for the third time since 17 October), along with three other activists, this time charged with “forcible obstruction of public business” at the Henoko site. Between 28 and 30 January, 2016 Yamashiro and others were alleged to have piled up 1,400 concrete blocks to try to obstruct entry to Camp Schwab base. Okinawan prefectural police again raided his home, the protest movement’s tents, and the office of the Okinawa Peace Movement Center:11 “Ten or more materials” (presumably boxes of material) were carted away, General Secretary Oshiro Satoru of the Okinawa Peace Movement Center commented:

“How could they possibly have expected to find materials relating to events almost a year earlier?12

On 20 December, two of the co-defendants were released. Along with one of the other defendants (who by this time was weak from twenty days of hunger strike) Yamashiro was re-arrested. The December indictments thus linked the earlier (Henoko) and later (Takae) phases of the resistance struggle. Yamashiro was the obvious central figure targeted by the authorities to crush the struggle in both its manifestations. At some high policy level in Tokyo, it seems that he had been chosen to serve as link between the two theatres of struggle. To justify the base construction cause, it would discredit him, showing him to be a violent fanatic, perhaps even a terrorist.

Detention

While many incidents of apparent use of excessive force by the riot police were reported in the Okinawan media, the struggle went for the most part unreported in Japan proper and globally. Occasionally tears were to be seen in the eyes of younger, Okinawan riot police as they dragged away, time and again, protesters old enough to be their parents, or even grand-parents, trying not to heed their pleas. Increasingly, riot police with no connection to the prefecture were sent in against the protesters for this reason.

Riot Police Drag Away Protesters, Takae, Late 2016

While the citizens stood their ground against provocation by the police (mostly those brought in from Tokyo or Osaka), some Osaka prefectural police were recorded shouting abuse at the protesters as Dojinand Shinajin (natives or Chink/Chinese). It would seem hard to deny that this was hate speech, but deny it the government did.13 The dominant sentiment in Tokyo was that expressed by Prime Minister Abe who, opening the special session of the Diet in September 2016, conveyed special appreciation for the work being done by police and military personnel, drawing a standing ovation from the parliament.14 For Okinawans that applause was salt in their wounds.

By the end of 2016, Yamashiro had been held in virtual solitary confinement for about ten weeks, denied repeated requests for release and forbidden to have any visitors (including his family) other than his lawyer, periodically marched in and out of court-rooms shackled and hog-tied like a serial killer or a terrorist.15 Initially, he was refused the right to take delivery even of a pair of socks16 but, as protest over that began to spread, on 20 December that ruling was relaxed. He was forbidden long socks but allowed one pair of short ones, presumably adjudged to be unlikely to lend themselves to any suicide attempt.17Even that “concession,” however, was negated by the rule that he could not wear such socks when inside his cell.18

Protesters Demand Yamashiro be Allowed Socks, Okinawa Times, 12 December 2016

Despite it being well-known that Yamashiro suffers serious illness (for which he underwent prolonged hospitalization in 2015), the prefectural police and judicial authorities continue to prolong his detention by bringing fresh charges against him. Public policy might be called upon to justify extended detention in case the defendant is suspected of intent to commit violent acts or destroy evidence, or there are fears that he might flee, but such suspicions were absurd in the Yamashiro case.

Of the various charges now pending against him that of cutting a barbed wire fence or of trying to prevent public officials carrying out their duty were political rather than criminal acts. If Yamashiro did cut one or more strands of wire, that offence was far less serious than that of the state’s contractors in cutting thousands of trees in the Yambaru forest. As for the “shaking [of a contractor] by the shoulder causing bruising,” that would of course be serious if it had a premeditated character, but in the context of daily melees, first at the Camp Schwab Gate and then at the N-1 Gate, continuing over many months and in all weathers, and the overwhelming preponderance of force on the side of the state and its contractors, such premeditation seems improbable, while the number of protesters who have suffered bruising or other injury by being summarily grabbed, beaten, detained, thrown aside, in some cases leading to hospitalization, is not known but is certainly greater than one.19 On Oura Bay during 2014-5, protesting canoeists (including Medoruma) were commonly dragged from their boats, dunked in the sea, or carried miles away and dumped on remote shores without legal warrant by an organ supposedly entrusted with the defence of Japan’s shores and bays. The real violence was overwhelmingly committed by state police and military authorities.

“Free Hiroji Yamashiro” Petition launched in December 2016

Law, Citizenship, Protest

For the state, it seems that whatever it takes to accomplish the ends of base construction is legitimate. Although Chief Cabinet Secretary Suga insists that Japan is a law-governed state, a hochi kokka as he puts it,20 the evidence from Henoko and Takae suggests otherwise. There is no sign of appreciation of the fact that

“Overall, citizens’ activities to oppose the construction of a new base which are taking place around Camp Schwab [and the mini-bases at Takae] are part of the exercise of freedom of expression guaranteed by the constitution.” 21

Clearly of high priority, and presumably decided at some high policy level, is the removal of one of the central figures of the protracted non-violent resistance movement, Yamashiro. Once removed, he has to be shown to be wicked and conniving, and, if at all possible, violent. On that the state and its organs now work.

From December 2016, however, public attention to the Yamashiro case began to grow. A statement demanding his release was issued by an international group of scholars (including this author) on 16 December.22 A Japanese online petition calling for his release was issued a few days later.23 An American specialist on Japanese law, professor at Meiji University in Tokyo, Lawrence Repeta, published an article in the Japan Times, paying attention especially to Japan’s obligations under the International Covenant on Civil and Political Rights (notably Articles 9, 14, and 15.24 Inter alia, Repeta noted that “the only purpose served by Yamashiro’s repeated arrests and detention is to punish a man who has never been convicted of any crime.” The Covenant, he insists, “requires (sic) that Yamashiro be released pending trial.”

A group of (initially) 41 criminal law specialists published in the Okinawa media a statement highly critical of the authorities’ handling of the case. That statement, translated by Sandi Aritza for the Asia-Pacific Journal, follows.

Emergency Statement by Criminal Law Scholars Demanding the Release of Yamashiro Hiroji

Translated by Sandi Aritza

Press Release: December 28, 2016

The Japanese government boasts that Japan is a country that respects the rule of law while using state power to trample on the democratically expressed will of the Okinawan people. As people study and think about the law, we are overcome by a feeling of powerlessness. Very unfortunately, the criminal justice system follows in the government’s footsteps, and is attempting to use the criminal code to suppress a non-violent, peaceful protest movement. Making it a crime to protect peace was a characteristic of the legal framework governing public order during World War II. However, today, it may still be possible to reverse this trend and take back the law. Therefore, we found it necessary to explain, from the perspective of legal scholars, why the arrest and detention of Mr. Yamashiro are themselves unlawful, and why his indictment must be rescinded and he must be released.

Ten days ago, a group of foreign intellectuals released a statement titled “Demand for the Release of Yamashiro Hiroji and Others”, and subsequently, Okinawa’s two newspapers quoted Mr. Yamashiro, still in detention, as saying that “Okinawans must unite to overcome this painful predicament” and that “the future is ours.” We feel that as scholars of criminal law in Japan, we have to immediately respond to this situation in which the criminal justice system is meting out injustice, and we therefore announce the attached “Emergency Statement by Criminal Law Scholars Demanding the Release of Yamashiro Hiroji” (December 28, 2016).

Organizers: Kasuga Tsutomu (Kobe Gakuin University), Honjou Takeshi (Hitotsubashi University), Maeda Akira (Tokyo Zokei University), Morikawa Yasutaka (University of the Ryukyus)

The full list of the 41 signatories as of 1 p.m. on December 28 can be found in Japanese at http://maeda-akira.blogspot.jp/2016/12/blog-post_27.html.

A second batch of signatures will be collected until mid-January 2017.

Emergency Statement

Yamashiro Hiroji, 64, director of the Okinawa Peace Movement Center, has been in detention pending trial for more than 70 days. Mr. Yamashiro has been arrested and indicted three times. He has not been allowed visitors and has not been permitted to see his family. Mr. Yamashiro has been interviewed by the two local newspapers through his lawyer and has said that “the Onaga prefectural administration and all Okinawans are being placed in a painful predicament” and that “many of my friends have long engaged in action to prevent [the construction] with all their might, and I cannot suppress my overwhelming anger toward the political power and violence that has been used to forcefully repress them devastatingly and mercilessly” (Okinawa Times, December 22, 2016; Ryukyu Shimpo, December 24, 2016). Mr. Yamashiro’s lengthy detention constitutes confinement without probable cause (a violation of Article 34 of the constitution). He must be released immediately. The reasons are as follows.

  • On October 17, 2016, on the grounds that while engaging in protest activity against the construction of helipads for Osprey training in the U.S. military’s Northern Training Area, Mr. Yamashiro cut one strand of barbed wire on top of a fence put up by Okinawa Defense Bureau employees to prevent entrance, and was arrested at the scene. On October 20, the Naha Summary Court dismissed the Naha district public prosecutors’ office’s petition for Mr. Yamashiro’s detainment, but the prosecutors’ office appealed and that same night, the Naha District Court ruled that Mr. Yamashiro should be detained.
  • Prior to this, at around 4:00 p.m. on the same afternoon, the Okinawa prefectural police arrested Mr. Yamashiro again, serving him with an arrest warrant on the suspicion of obstructing an Okinawa Defense Bureau employee in the performance of his duties and inflicting bodily harm. On November 11, Mr. Yamashiro was indicted on the charges indicated in both (i) and (ii), and on November 12, his request for release on bail was denied. (His appeals, including an appeal of an order denying his access to visitors, were also denied.)
  • Further, on November 29, Mr. Yamashiro was arrested again, this time on suspicion of forcible obstruction of business in relation to the construction of a new base in Henoko, Nago City, and on December 20, he was indicted on this charge.

Mr. Yamashiro is now being detained on the grounds that, because of the above three incidents, there is “probable cause to suspect that he has committed a crime” (suspicion of crime) and “probable cause to suspect that he may conceal or destroy evidence” (Code of Criminal Procedure, Article 60).

However, first, with regard to the suspicion that he has committed a crime, it is clear that the above three incidents concern acts performed as forms of political expression that convey the will of “All Okinawa,” a people’s movement that calls for abandonment of the plan to build a new base in Henoko and removal of the Osprey; there can only be “probable cause to suspect that a crime has been committed” with respect to the exercise of such a constitutional right in cases where the act violates a superior interest. Freedom of political expression must be protected to the greatest extent possible. There is a high likelihood that all of the incidents occurred accidentally and unavoidably during collisions with riot police members attempting to block protest activities, and in each case the extent of criminality is exceedingly low. In (i), the barbed wire that was cut was merely a single strand with a monetary value of approximately 2,000 yen. Regarding (ii), an Okinawa Defense Bureau employee reported injury on the grounds that he sustained a blow to the right arm when Mr. Yamashiro grabbed and shook him by the arm and shoulder. This is a de minimis case where voluntary questioning should have been sufficient. As for (iii), the incident occurred ten months ago—near the end of January, non-violent protesters, who were forcibly removed by the riot police when they sat on the road in front of the gate to Camp Schwab in order to prevent the entrance of construction vehicles, piled concrete blocks in front of the gate instead of sitting there, and the blocks were easily removed each time a vehicle was to enter the gate. In fact, the riot police were deployed and base construction work by the Okinawa Defense Bureau continued. In other words, Mr. Yamashiro’s actions did not warrant suspicion of criminality or physical detention.

Even if the suspicions against Mr. Yamashiro were hypothetically found to be valid, the dominant thinking in scholarship on the code of criminal procedure dictates that the risk of concealment or destruction of evidence as a reason for detention does not apply to cases where facts sufficient to prove a crime are apparent. Excluding case (ii), Mr. Yamashiro is unlikely to deny the facts of the charges against him. Further, Mr. Yamashiro is now being detained following indictment. The prosecutors have completed all investigation necessary for trial. Keeping a defendant in detention should be the very last resort used only when absolutely necessary to ensure the defendant’s presence in court. In the present case, it is inconceivable that there could be a risk of concealment or destruction of evidence of a crime. Therefore, there is no probable cause for Mr. Yamashiro’s detention.

Detention with no legal cause is unlawful. In addition, in a case where it cannot be expected that, if found guilty, the defendant will be subject to imprisonment, detention pending trial is never appropriate. Further, Mr. Yamashiro has health problems, and he is likely to suffer irreparable detriment if his physical confinement continues. In addition, his act that is suspected to be criminal was the exercise of a constitutional right, and detaining him has a chilling effect. Therefore, in light of the principle of proportionality, detaining Mr. Yamashiro for more than 70 days is unjustifiable. Given the above, keeping Mr. Yamashiro in detainment for any longer must be understood to constitute “unduly long detention” (Code of Criminal Procedure, Article 91).

In the context of the confrontation between Japan’s national government and Okinawa Prefecture over the U.S. military bases in Okinawa, Mr. Yamashiro’s lengthy detention is extremely worrisome. It suggests that Japan’s system of “hostage justice”, which has long been viewed as a problem, is now employed as a political tool. As scholars of criminal law, we cannot overlook this state of affairs. Mr. Yamashiro must be released immediately.

The Asia-Pacific Journal is grateful to the criminal law scholars for permission to translate and publish their Statement.

Notes

“Kankyo kaigi Okinawa taikai – ‘Kankyo-ken’ kakuritsu no giron o,” Okinawa taimusu, 24 October 2016.

Between 1982 and retirement in 2008, Yamashiro was an official in the Okinawan prefectural government, employed in various sections involving base workers, unexploded ordinance, and taxation.

“Henoko protesters detained by US military,” Ryukyu shimpo (English), 24 February 2016.

“’Keitokuho de futari taiho’ shinjigatai futo kosoku, naze,” editorial, Okinawa taimusu, 24 February 2016

Urashima Etsuko, “Medoruma Shun shi ga futo taiho,” Shukan kinyobi, 8 April 2016, pp. 7-8.

All Okinawa Council, et al., “Joint submission to United Nations, Human Rights Council, “Violation of freedoms of expression and peaceful assembly in Okinawa, Japan,” 11 December 2015, in Hideki Yoshikawa and Gavan McCormack, “Okinawa: NGO Appeal to the United Nations and to US military and government over base matters, December 2015 and December 2016,” The Asia-Pacific Journal – Japan Focus, December 2016.

On this complex process, see my ”Japan’s Problematic Prefecture – Okinawa and the US-Japan Relationship,” The Asia-Pacific Journal – Japan Focus, 1 September 2016.

Details in Okinawan media, July-August 2016, See especially “Takae doji chakko mubo na keikaku wa akiraka ni,” Okinawa taimusu, 28 August 2016,”Heripaddo koki tanshuku, Nichibei ryo seifu wa mori mo kowasu no ka,” Okinawa taimusu, 29 August 2016 and (24,000 trees felled) “Letter of concern and request, Inscription of Yambaru forest as a world natural heritage site,” 1 December 2016, in Yoshikawa and McCormack, op. cit.

To this author it was reminiscent of the “speedo” campaigns to complete construction of the Burma-Thailand railway in 1942. State policy (kokusaku) in both cases was unchallengeable, and whatever was necessary to accomplish it was deemed legitimate.

10 Watanabe Go, « Okinawa, han kichi undo rida Yamashiro gicho no koryu tsuzuku, ‘kyoken hatsudo’ no haikei wa?” Aera, 13 December 2016; See also, “Yamashiro gicho o saitaiho, komu shikko bogai, shogai yogi de,” Okinawa taimusu, 21 October 2016.

11 “4 Activists protesting US base relocation in Okinawa arrested,” Mainichi shimbun, 30 November 2016). Arrested with Yamashiro were Inaba Hiroshi, 66, from Ginoza together with Kinjo Takemasa, 59, and Kobun Sasaki, 40, both from Nago.

12 Watanabe, cit.

13 “Cabinet: No need for Tsuruho to apologize over ‘dojin’ issue,” Asahi shimbun, 22 November, 2016

14 “Abe’s instruction of Diet ovation for SDF criticized,” Japan Times, 27 September 2016.

15 The one exception to this was a prominent national politician and member of the House of Councillors, Fukushima Mizuho, who was allowed a brief interview on 20 December. (”Okinawa kunrenjo ‘henkan shikiten’ no kage de kogi rida horyu 2 kagetsu cho,” Chunichi Shimbun, 23 December 2016).

16 “‘Kutsushita no sashiire mitomete’ ‘pantsu to issho’ Okinawa kenkei ni 100 nin ga uttae,” Okinawa taimusu, 12 December 2016.

17 “Koryuchu no Yamashiro gicho e, kutsushita o sashiire jitsugen, Okinawa kenkei ga mitomeru,” Okinawa taimusu, 21 December 2016.

18 According to Fukushima, quoted in note 13, above.

19 For list of incidents of “Violence, Detention, and Arrests in Henoko, Okinawa in 2014-15,” see Yoshikawa and McCormack, op. cit.

20 “Kuni ‘hochi kokka’ de yusaburi,” editorial, Ryukyu shimpo, 25 October 2016

21 “Statement against wrongful detention in front of the Camp Schwab gate by riot police of Okinawa prefecture,” quoted in Yoshikawa and McCormack, op. cit.

22 “Okinawa, Nagosho de keisatsu de 50 nichi ijo mo koryu sarete iru Yamashiro Hiroji o shakuho seo”(We demand release of Yamashiro Hiroji and others from police detention!) see Okinawa taimusu and Ryukyu shimpo of 17 December, and see Peace Philosophy.

23 “Yamashiro Hiroji san ra no shakuho o,” (“Free Hiroji Yamashiro”)

24 Lawrence Repeta, “The silencing of an anti-US base protester in Okinawa,” Japan Times, 4 January 2017.

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Dans un discours prononcé à Lancaster House mardi, la Première ministre britannique, Theresa May, a pratiquement menacé l’Europe de guerre économique si le Royaume-Uni ne bénéficie pas d’un accès illimité aux marchés européens après sa sortie de l’Union européenne.

La position agressive de May est liée aux efforts visant à forger une alliance économique et politique avec l’administration entrante de Donald Trump aux États-Unis. C’est seulement la volonté de May d’être l’arme de Washington contre l’UE, et particulièrement contre l’Allemagne, qui peut expliquer la position combative qu’elle a prise avant de déclencher le Brexit en invoquant l’article 50 du Traité de Lisbonne.

Le discours de Lancaster House de May est un marqueur pour mesurer l’ampleur de la rupture des relations inter-impérialistes à la fois en Europe et entre l’Europe et l’Amérique. Il intervient un jour après une entrevue de Trump accordée conjointement au Sunday Times de Rupert Murdoch et au journal allemand Bild où le président élu américain a déclaré que le Brexit « finira par être une grande chose ». L’UE est « fondamentalement un véhicule pour l’Allemagne », a-t-il ajouté.

Mardi, le même jour que le discours agressif de May, le chancelier de l’échiquier britannique Philip Hammond a déclaré au sommet économique de Die Welt en Allemagne que si les exigences de la Grande-Bretagne n’étaient pas satisfaites, « il nous faudra changer notre modèle pour retrouver la compétitivité. Et vous pouvez être sûr que nous ferons tout ce que nous aurons à faire ».

L’éditorial du quotidien britannique Daily Telegraph a affirmé mardi que « le Royaume-Uni peut y aller seul et réussir » s’il fait « une promesse » de la menace de Hammond de faire de la Grande-Bretagne un aimant pour les sociétés internationales en imitant les réductions profondes des impôts sur les sociétés prévues par Donald Trump et en jetant les règlements européens à la poubelle ».

Le Spectator a relaté que le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a travaillé avec l’équipe de Trump sur les grandes lignes d’un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni qui devrait être « signé avant que le Royaume-Uni ne quitte l’UE […] »

Sentant le vent en poupe, May a commencé son discours avec des platitudes soulignant le désir de la Grande-Bretagne d’avoir des relations commerciales amicales et mutuellement bénéfiques avec le « meilleur ami et voisin » du Royaume-Uni. Bien que « beaucoup craignent » que le Brexit « puisse annoncer le début d’un plus grand désintégration de L’UE », a-t-elle ajouté, « ce ne serait pas dans les meilleurs intérêts de la Grande-Bretagne. »

Néanmoins, elle a déclaré que le Royaume-Uni quittait l’Union européenne, le marché unique et l’union douanière pour conclure des accords de libre-échange avec d’autres pays, y compris des marchés vitaux tels que la Chine. L’adhésion au marché unique ne pouvait pas être maintenue, contrairement aux souhaits de puissants secteurs du monde des affaires britannique, car cela aurait impliqué d’accepter la libre circulation des travailleurs de l’UE.

May a poursuivi en détaillant les exigences extraordinaires que le Royaume-Uni poserait. Elles comprenaient un accord de libre-échange avec l’UE qui n’entrave pas la signature d’accords commerciaux avec d’autres pays. Se référant à un commentaire du président Obama à la veille du vote pour le Brexit avertissant d’un éventuel endommagement des relations économiques de la Grande-Bretagne avec les États-Unis, May s’est vantée, « le président entrant Trump a dit que la Grande-Bretagne n’est pas « à l’arrière de la file d’attente » pour un accord commercial avec les États-Unis, la plus grande économie du monde, mais en tête de file ».

Elle a ajouté que le Royaume-Uni ne resterait pas membre de l’union douanière de l’UE, mais souhaiterait néanmoins « un libre échange sans droits de douane avec l’Europe ».

Pour soutenir ses demandes, May a souligné le rôle du Royaume-Uni en matière de sécurité militaire en Europe. Elle a déclaré : « La Grande-Bretagne et la France sont les deux seules puissances nucléaires de l’Europe. Nous sommes les deux les seuls pays européens dotés de sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations Unies, les femmes et les hommes de nos armées sont stationnés dans des pays européens, dont l’Estonie, la Pologne et la Roumanie. »

Sont venues ensuite les menaces de représailles économiques. Faisant remarquer que « certaines voix appellent à un accord punitif qui punisse la Grande-Bretagne et décourage les autres pays de suivre le même chemin », a averti May, « cela serait un acte d’autodestruction calamiteux pour les pays d’Europe ».

Privé de l’accès au marché unique le gouvernement britannique « serait libre de modifier la base du modèle économique britannique ». Il pourrait fixer des « taux d’imposition concurrentiels » et « adopter les politiques qui attireraient en Grande Bretagne les meilleures entreprises du monde et les plus gros investisseurs. »

Pour l’UE, cela signifierait « de nouveaux obstacles au commerce avec l’une des plus grandes économies du monde », menaçant les cinq cent milliards de livres d’investissements européens, les 290 milliards de livres d’exportations de l’UE vers la Grande-Bretagne et même « une perte d’accès pour les entreprises européennes » aux services financiers de la City de Londres. »

En réalité, le modèle économique de May et de Hammond pour la Grande Bretagne post-Brexit ne dépends de l’octroi ou non de concessions par l’UE. Le gouvernement a annoncé son intention de baisser l’impôt sur les sociétés à 17% d’ici 2020 dans le cadre de son plan visant à « compléter la révolution de [Margaret] Thatcher » par la déréglementation à grande échelle, des réductions d’impôts, des privatisations et l’élimination de ce qui reste de l’État providence. Il s’agit d’une perspective pour l’escalade de la guerre commerciale, combinée à un tournant toujours plus marqué vers le militarisme.

La cible d’une telle offensive économique pourrait être initialement l’Europe, mais May prétend que sur cette base, le Royaume-Uni « embrasserait le monde ». C’est illusoire. Trump a exprimé une hostilité constante envers la Chine, le pays cité par May comme le principal pays que ce tournant « hors de l’Europe et dans le monde » pourrait rapprocher du Royaume-Uni. En même temps qu’elle disait cela, le président chinois Xi Jinping avertissait le Forum économique mondial à Davos, en réponse aux menaces de Trump, que « personne ne sortirait gagnant dans une guerre commerciale mondiale. »

Le Royaume-Uni n’est pas non plus exempt d’une éruption de tensions nationales. L’une des 12 promesses du May fut de « renforcer l’Union [britannique] », mais elle a été faite dans des conditions où la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon du Parti national écossais (SNP) a menacé à maintes reprises de lancer un deuxième référendum sur indépendance de l’Écosse, citant la menace sur les intérêts commerciaux écossais posée par le Brexit.

Immédiatement après le discours de May, le Parlement écossais a adopté une motion du SNP indiquant que « dans le cas où le gouvernement britannique choisirait de quitter le marché unique, il faudrait trouver d’autres approches au Royaume-Uni qui permettent à l’Écosse de conserver sa place au sein du marché unique et aussi la dévolution des pouvoirs nécessaires au Parlement écossais. »

De plus, May a dû faire appel à un « esprit d’unité » lors des prochaines élections à l’Assemblée d’Irlande du Nord qui opposeront le Sinn Fein pro-UE au Parti unioniste démocratique pro-Brexit et elle s’est sentie obligée de promettre de maintenir la Common Travel Area (Zone de voyage commun) avec La République d’Irlande pour contrer les inquiétudes exprimées au sujet d’une possible « frontière dure » entre le Nord et le Sud de l’île.

Le discours de May était avant tout une déclaration de guerre de classe, car les travailleurs seront tenus de payer les frais de l’engagement de Hammond à « faire tout ce qui est nécessaire » pour rétablir la compétitivité.

Elle a semé son discours de phrases creuses sur la construction d’une « Grande-Bretagne plus juste » pour « tous ceux qui vivent et travaillent dans ce pays ». Mais seulement pour promettre de « contrôler l’immigration » en blâmant les migrants pour tous les maux sociaux infligé à la classe ouvrière par son gouvernement et les précédents.

L’attitude réelle des Tories envers les travailleurs s’exprime dans les demandes formulées cette semaine par 50 députés pour l’interdiction des grèves qui affectent les services essentiels et sont jugées « non raisonnables et non proportionnées ». Si le gouvernement n’a pas encore eu recours à de telles mesures, c’est qu’il peut compter sur la bureaucratie syndicale pour policer et trahir les luttes ouvrières, comme en témoigne la décision prise le même jour par le syndicat des conducteurs de trains d’Aslef de suspendre une grève de trois jours prévue contre Southern Rail.

May a promis un « Brexit calme et ordonné », alors même qu’elle a averti les médias et les partis d’opposition que de répondre aux demandes sur « les détails de notre stratégie de négociation » « signifieraient ne pas agir dans l’intérêt national ».

L’on s’attend à ce que la Cour suprême décide ce mois-ci que le déclenchement de l’article 50 doit être débattu au parlement, May a promis un vote parlementaire sur l’accord qui organisera le Brexit, qui doit être conclu d’ici 2019, tout en demandant à ses adversaires de ne pas bloquer la mise en œuvre du résultat du référendum. Cela a mené à une promesse sur la chaîne Sky News par le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn qui a affirmé « nous avons dit tout le long que nous ne bloquerons pas l’article 50 ».

Il a mis l’accent dans le reste de ses remarques sur les inquiétudes concernant « l’accès au marché européen » et a souligné qu’il y avait « un argument en faveur de la réglementation du marché du travail », c’est une demande qui vient des soutiens syndicaux de Corbyn qui ne pensent qu’à combattre l’effet des travailleurs migrants sur les salaires.

Chris Marsden

Article paru en anglais, WSWS, le 18 janvier 2017

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Tanques de guerra dos EUA instalados na Polônia

janvier 19th, 2017 by Manlio Dinucci

Em 12 de janeiro, dois dias depois de seu discurso de despedida, o presidente Obama deu vida ao maior deslocamento de forças terrestres na Europa Oriental desde o fim da guerra fria: um longo comboio de tanques de guerra e outros veículos blindados estadunidenses, proveniente da Alemanha, entrou na Polônia.

Por Manlio Dinucci*

Trata-se da 3ª Brigada blindada, transferida para a Europa desde o Fort Carson no Colorado: composta de cerca de 4.000 homens, 87 tanques, 18 obuses, 144 veículos de comabte Bradley e centenas de  Humvees. Todo o armamento foi transportado para a Polônia por via rodoviária e 900 vagões ferroviários.

Na cerimônia de boas-vindas na cidade polonesa de Zagan, o embaixador dos EUA Jones disse que “na medida em que cresce a ameaça, cresce o deslocamento de forças militares dos EUA à Europa”. De que “ameaça” se trata, esclareceu o general  Curtis Scaparrotti, chefe do Comando europeu dos Estados Unidos e ao mesmo tempo Comandante supremo aliado na Europa: “As nossas forças estão prontas e posicionadas para o caso em que seja necessário contrastar a agressão russa”.

A 3ª Brigada blindada ficará em uma base em Zagan por nove meses, quando será substituída por uma outra transferida dos EUA. Através dessa rotação, forças blindadas estadunidenses serão permanentemente deslocadas para o território polonês. Daí suas subdivisões serão transferidas, para treinamento e exercícios, a outros países do Leste, sobretudo Estônia, Letônia, Lituânia, Bulgária, Romênia e provavelmente também a Ucrânia, ou seja, serão contiuamente deslocadas para as proximidades da Rússia.

Um segundo contingente dos EUA será posicionado no próximo mês de abril na região oriental da Polônia, no chamado “Suwalki Gap”, um pedaço de terra plana ao longo de uma centena de quilômetros que, adverte a Otan, “seria uma porta de entrada perfeita para os tanques de guerra russos”. Assim, é ressuscitada a parafernália propagandística dos EUA/Otan da velha guerra fria: o argumento dos tanques de guerra russos prontos para invadir a Europa. Agitando o espectro de uma inexistente ameaça do Leste, chegam à Europa os tanques de guerra estadunidenses.

A 3ª Brigada blindada se junta às forças aéreas e navais instaladas pelos Estados Unidos na Europa na operação “Atlantic Resolve”, para “proteger os aliados da Otan e os parceiros em face da agressão russa”. Operação que Washington lançou em 2014, depois de ter deliberadamente provocado, com o golpe da Praça Maidan, um novo confronto com a Rússia. A principal artífice dessa estratégia na administração Obama foi Hillary Clinton, visando a romper as relações econômicas e políticas da Rússia com a União Europeia, prejudiciais aos interesses estadunidenses.

Na escalada anti-Rússia, a Polônia desempenha um papel central. Por isto, receberá em breve dos EUA mísseis de cruzeiro com longo raio de ação, com capacidade penetrante anti-bunker, que podem ser equipadas com ogivas nucleares. Já está em construção na Polônia uma instalação terrestre do  sistema de mísseis Aegis dos Estados Unidos, semelhante à que já está em funcionamento em Deveselu, na Romênia. Esta também dotada do  sistema MK 41 da Lockheed Martin, em condições de lançar não somente mísseis antimísseis, mas também mísseis de cruzeiro equipáveis com ogivas nucleares.

Em Varsóvia e outras capitais do Leste – escreve o New York Times – há, porém, “forte preocupação acerca de um possível acordo do republicano Trump com Moscou que “minaria todo o esforço feito”. Um pesadelo atormenta os governantes do Leste que baseiam a sua sorte na hostilidade para com a Rússia:  o de que voltem para casa os tanques de guerra enviados pelo democrata Obama.

 Manlio Dinucci

Artigo original em italiano :

Pologne militarisation

Carrarmati Usa schierati in Polonia

Publicado em Il Manifesto

Tradução de José Reinaldo Carvalho para Resistência

 

Manlio Dinucci é jornalista e geógrafo. .

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Photo : M. Vinh Xuan Toa cultive des légumes sous contrat avec le supermarché Metro à Ho Chi Minh-Ville, dans le cadre d’un projet coordonné par une entreprise membre de Grow Asie, Fresh Studio, et financé par le gouvernement néerlandais.

Les principaux groupes agro-industriels mondiaux sont en train de déployer un programme de partenariat public-privé destiné à prendre le contrôle de l’alimentation et de l’agriculture dans les pays du Sud.

Des milliers de serres sont agglutinées le long des vallées de la province de Lam Dong dans les hauts plateaux du centre du Vietnam. La nuit, la puissante lueur qui s’en échappe illumine un flot constant de camions transportant vers Ho Chi Minh-Ville ou les ports voisins des fruits, des légumes, des fleurs et des plantes aromatiques destinés à l’exportation. Il existe ici une vive concurrence entre les négociants. Le climat est idéal pour la production d’un certain nombre de cultures de rapport à forte valeur ajoutée, et les entreprises se battent pour sécuriser leur approvisionnement en produits agricoles ou pour conserver une part du marché lucratif des intrants chimiques, des semences et de matériels agricoles tels que des bâches en plastique pour les serres ou des tuyaux d’irrigation goutte à goutte.

Dans les hauts plateaux, l’agriculture est un secteur d’activité aux enjeux considérables. Chaque saison, les agriculteurs misent sur la culture dont le prix sera le plus élevé ou sur la nouvelle variété de semences qui atteindra les rendements promis par les distributeurs. Parfois, les gains sont importants. Mais il est tout aussi fréquent d’avoir des pertes à la suite de mauvaises récoltes, d’une baisse soudaine des prix ou d’arnaques des négociants. La dette pèse lourdement sur les agriculteurs de la région.

L’argent n’est pas le seul problème. Une crise imminente menace l’approvisionnement en eau en raison de l’épuisement des nappes phréatiques et de la pollution causée par l’infiltration des pesticides et des engrais, ce qui est en train d’aboutir à une crise de santé publique. Les conflits fonciers sont également en hausse, surtout dans les collines où vivent des communautés autochtones. Enfin, la production d’un si grand nombre de cultures qui ne sont pas consommées par les populations locales fait peser une menace potentielle sur la sécurité alimentaire. La plupart des agriculteurs semblent d’accord pour dire que le gouvernement n’a pas fait grand chose pour résoudre ces difficultés.

C’est dans ce contexte que certaines des plus grandes multinationales agroalimentaires du monde sont en train de déployer un programme promettant des solutions « basées sur le marché ». Les hauts plateaux du Vietnam central servent de vitrine à Grow Asie, un programme agricole dirigé par Nestlé, PepsiCo, Monsanto et d’autres géants de l’alimentation et du secteur agro-industriel. Grow Asia est le volet sud-est asiatique d’une initiative mondiale menée dans le cadre du Forum économique mondial, la « Nouvelle vision pour l’agriculture », qui promet d’augmenter la production alimentaire, la durabilité environnementale et les perspectives économiques à l’échelle mondiale de 20 % chaque décennie. Sous l’égide de Grow existent également Grow Afrique, Grow Amérique latine et plusieurs programmes nationaux.

Dans une logique de « partenariat public-privé », les multinationales agro-industrielles qui participent à Grow favorisent des liens étroits avec les gouvernements afin d’accroître leur pouvoir sur les marchés et les chaînes d’approvisionnement. <« Tout en prétendant favoriser la sécurité alimentaire et apporter des bénéfices aux petits agriculteurs, le programme Grow, dans la manière dont il se concentre sur un petit nombre de produits de base à forte valeur, révèle son objectif réel : accroître la production d’une tout petit nombre de produits au profit d’un tout petit nombre de sociétés. »>

Des chips de pomme de terre pour la sécurité alimentaire ?

Le principal projet de Grow Asie à Lam Dong encourage la production de pommes de terre dans le cadre de contrats entre des petits agriculteurs et le géant alimentaire américain PepsiCo. Le Vietnam est un marché en plein essor pour les snacks industriels, et PepsiCo est engagé dans une bataille avec le sud-coréen Orion pour la vente de chips de pomme de terre. PepsiCo a besoin d’une variété de pomme de terre particulière pour sa marque de chips, Lay’s, et il a essayé d’encourager les agriculteurs vietnamiens à en cultiver davantage. Du fait des pénuries d’approvisionnement locales, PepsiCo a misé sur les importations en provenance d’Europe mais, avec des ventes de chips qui devraient croître de façon exponentielle dans la région de l’ASEAN, l’entreprise veut mettre en place un approvisionnement local plus abordable.

Nguyen Hong Hang, le Directeur du Développement Agronomie de PepsiCo Vietnam, a passé neuf ans à travailler avec les agriculteurs Lam Dong pour les convaincre de cultiver des pommes de terre pour son entreprise. Il n’a pas été facile pour lui d’atteindre l’objectif de PepsiCo qui consiste à augmenter la production locale de 20 % par an. Les bénéfices pour les agriculteurs doivent correspondre à ceux qu’ils peuvent obtenir avec d’autres cultures et, chaque année, environ un quart des agriculteurs sous contrat avec PepsiCo abandonnent ou sont retirés du programme. Les neuf membres de l’équipe technique de M. Nguyen se réunissent régulièrement avec les agriculteurs pour leur fournir des services de vulgarisation et essayer de réduire leurs coûts de production, principalement grâce à des achats en gros d’engrais et des remises sur les plants de pomme de terre. Pourtant, M. Nguyen est inquiet : tous ses efforts pourraient être réduits à néant si le prix des pommes de terre chute à la suite des accords de libre-échange que le Vietnam est en train de mettre en œuvre. Dans ce cas, PepsiCo se tournerait probablement vers les importations ou s’occuperait lui-même de la culture des pommes de terre, comme il le fait en Chine.[1]

L’avantage du projet pour PepsiCo est clair : l’entreprise sécurise l’approvisionnement en pommes de terre dont elle a besoin pour ses chips. Mais en termes de contribution à la sécurité alimentaire, à l’environnement et à la réduction de la pauvreté, le projet Grow de PepsiCo se révèle inutile. Tout d’abord, les chips sont un danger pour la santé publique, pas une source alimentaire. Deuxièmement, les agriculteurs sous contrat avec PepsiCo utilisent plus d’engrais et de pesticides que tous les autres agriculteurs. Et si certains agriculteurs font des profits en produisant des pommes de terre pour PepsiCo, ces agriculteurs étaient en général relativement riches déjà avant le projet, et n’avaient pas de grosses difficultés à obtenir des revenus comparables avec d’autres cultures.[2]Enfin, il est important de prendre en compte l’impact économique indirect de l’évolution des préférences alimentaires, qui passe de produits traditionnels vendus par des fournisseurs locaux à des aliments transformés contrôlés par des sociétés étrangères.

Malgré ces problèmes, le programme Grow et ses impacts potentiels sur le terrain sont peu connus. Les agriculteurs qui ont un contrat de production de pommes de terre avec PepsiCo ne sont même pas conscients du fait qu’ils font partie d’une entité qui s’appelle Grow Asie. Il en va de même pour les agriculteurs participant aux projets Grow Asie gérés par d’autres entreprises au Vietnam. En réalité, Grow Asie n’est guère plus qu’un ensemble de projets d’agriculture contractuelle – exclusivement conçu par les entreprises agroalimentaires qui en sont membres – qui assure un approvisionnement en produits agricoles à ces entreprises. Le nom Grow vise uniquement à recueillir le soutien du gouvernement et des ONG et à ouvrir un nouvel espace politique aux entreprises pour leur permettre de côtoyer les politiciens et de faire pression en faveur de lois et réglementations favorables aux entreprises.

Au Vietnam, cet espace politique est un Groupe de travail en partenariat public-privé (PPP), composé de 15 représentants d’entreprises américaines et européennes membres de Grow, qui est en relation directe avec le ministre de l’Agriculture. Grâce à ce groupe de travail, les entreprises font pression pour changer les lois et réglementations nationales, et pour rallier le soutien du gouvernement et de certains groupes de la société civile à leurs projets d’investissement. Par exemple, PepsiCo s’est associé à d’autres entreprises membres du Groupe de travail PPP pour plaider en faveur de modifications des lois sur les semences au Vietnam, afin d’éviter les essais coûteux auxquels il doit procéder avant que ses variétés de pommes de terre puissent être cultivées dans le pays.

Il est probable que l’accroissement de l’offre en chips de pommes de terre Lay’s – et des profits de PepsiCo – contribuera beaucoup plus à affaiblir la sécurité alimentaire vietnamienne qu’à l’améliorer. Pourtant, de telles allégations sont utilisées pour promouvoir des projets Grow similaires dans le monde entier afin de faire progresser une stratégie de prise de contrôle par les entreprises.

Qu’est-ce que le programme Grow ?

Grow fait partie de la Nouvelle vision de l’agriculture, une initiative du Forum économique mondial (FEM) qui a été lancée en 2009 et est dirigée par 31 des entreprises « partenaires » du FEM intervenant dans le secteur alimentaire, que ce soit dans l’agriculture, la transformation des aliments ou vente au détail. Quatre-vingt dix pour cent de ces entreprises sont basées aux États-Unis et en Europe, et aucune d’entre elles ne vient de Chine, du Brésil, du Japon, de Corée, de Thaïlande ou d’Afrique du Sud, des pays qui possèdent également de grandes sociétés multinationales dans le secteur alimentaire.[3]Pourtant, l’initiative de la Nouvelle vision pour l’agriculture et son programme Grow sont entièrement axés sur l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie – les principaux marchés en expansion pour l’industrie alimentaire mondiale (voir la carte ci-dessous).

Photo : Nguyen Hong Hang, directeur du développement agronomique à PepsiCo Vietnam (à droite) et l’un des agriculteurs sous contrat avec PepsiCo, M. Phan Tung (à gauche), dans la Province de Lam Dong.

La Nouvelle vision pour l’agriculture est un document vague qui préconise des approches fondées sur le marché pour accroître la production alimentaire mondiale et assurer la durabilité environnementale.[4] Elle met principalement l’accent sur une agriculture contractuelle qui lie des petits agriculteurs à des entreprises multinationales (et moins, par exemple, sur les plantations industrielles). Mais les entreprises membres ne sont soumises à aucun cadre ou obligation spécifique. La Nouvelle vision pour l’agriculture est une initiative visant à réunir un sous-ensemble particulier d’entreprises agricoles et de multinationales agro-alimentaires dans le cadre d’une plateforme partagée d’intérêts communs qu’elles peuvent collectivement faire avancer dans des instances politiques clés. En d’autres termes, c’est un groupe de pression.

La Nouvelle vision pour l’agriculture a réussi, grâce à ses programmes et à d’autres prétendus dialogues multipartites, à faire accéder les intérêts de ses entreprises membres directement à certains des milieux les plus influents pour l’élaboration des politiques agricoles. Grâce à son programme Grow Afrique, lancé en juin 2011, les grandes entreprises de la Nouvelle vision ont établi un partenariat avec l’Union africaine et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) pour mettre en place et superviser « des engagements communs entre les gouvernements, les donateurs et les entreprises ». Le programme a ensuite été introduit dans le G8 en 2012, ce qui a abouti à la création de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique, un instrument clé pour contraindre les gouvernements africains à adopter des politiques favorables aux entreprises.[5]Les deux initiatives sont si étroitement liées que Grow Afrique et la Nouvelle Alliance publient leurs rapports annuels sous la forme d’une publication conjointe.[6]

Le programme Grow Asie, quant à lui, se situe dans le cadre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de son Cadre de sécurité alimentaire. Il a été lancé lors d’un forum de l’agriculture Grow en 2014, avec la participation de huit des dix ministères nationaux de l’agriculture de l’ASEAN, et le Secrétariat de l’ASEAN collabore désormais directement à la mise en œuvre de ses activités.[7]

En Amérique latine, les entreprises de la Nouvelle vision ont les yeux rivés sur l’Alliance du Pacifique (composée du Chili, de la Colombie, du Mexique et du Pérou), mais Grow s’est jusqu’à présent limité à un programme national au Mexique, appelé la Nouvelle vision du développement agricole ou VIDA (son acronyme espagnol).[8]Le programme fonctionne en étroite collaboration avec le Secrétariat mexicain de l’Agriculture (SAGARPA).[9]En juin 2016, le Forum économique mondial a annoncé que trois nouveaux pays d’Amérique latine avaient rejoint son initiative de Nouvelle vision pour l’agriculture : l’Argentine, le Nicaragua (par le biais d’un nouveau partenariat appelé CultiVamos), et la Colombie (par le biais de son programme Colombia Siembra).[10]

Grow est peut être dirigé par les entreprises, mais c’est néanmoins une initiative financée par les gouvernements. Grow Afrique est financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID), le Département britannique du développement international (DFID) et l’Agence suisse pour le développement et la coopération (DDC), tandis que Grow Asie est financé par le ministère des Affaires étrangères et du commerce (DFAT) du gouvernement australien et le ministère des Affaires mondiales du gouvernement canadien (GAC).[11]

Pays dans lesquels Grow est implanté et entreprises participantes*

*On pourra trouver la liste des entreprises à l’adresse : https://www.weforum.org/projects/new-vision-for-agriculture/

Grow sur le terrain

Le volet « privé » dans les partenariats public-privé préconisés par Grow est constitué des investissements que les entreprises affirment vouloir faire. Les entreprises disent qu’elles prévoient de dépenser 10 milliards USD pour les seuls investissements de Grow Afrique, dont 1,2 milliard avait déjà été investi fin 2015. Cependant, ces chiffres doivent être mis en perspective.[12] Tout d’abord, la plupart des projets d’entreprise sous l’égide de Grow sont des investissements proposés, sans aucune garantie qu’ils seront concrétisés. Deuxièmement, il s’agit de projets des entreprises, qui sont décidés indépendamment de Grow et des autres « parties prenantes ». Ils sont différents des PPP d’infrastructures, dans lesquels les gouvernements font entrer des entreprises privées pour aider au financement et à l’exploitation des projets sociaux qu’ils veulent construire, comme des hôpitaux ou des routes. Au contraire, Grow fait fonctionner le concept de PPP dans l’autre sens : ce sont les entreprises qui obtiennent des organismes publics – ainsi que des ONG et des organisations d’agriculteurs – un soutien à leurs projets.

L’objectif de ces projets porte sur un tout petit nombre de produits de base à forte valeur ajoutée, gérés par des groupes de travail spécifiques au produit. Les groupes de travail sont généralement co-dirigés par un organisme public et une entreprise. Ces groupes de travail sur les produits de base sont variables selon les pays, plusieurs produits de base visent plusieurs pays en même temps, comme, par exemple, le riz, le maïs, les pommes de terre, le café, le cacao et l’huile de palme. Il n’est pas surprenant que les projets Grow soient axés sur la mise en place de chaînes d’approvisionnement intégrées verticalement de cultures de base et de marché d’intrants pour les entreprises membres, et mettent clairement l’accent sur l’agriculture contractuelle. Outre qu’il crée une dépendance vis-à-vis des entreprises, un tel dispositif accélère l’érosion de la biodiversité locale et traditionnelle (par exemple, le projet de maïs de Monsanto et de Syngenta au Vietnam, voir ci-dessous). Voici quelques exemples :

  • Projet Unilever au Vietnam avec deux ONG, la Rainforest Alliance et IDH, de production de thé sous contrat avec deux ONG. Le projet vise à accroître de 30 000 à 35 000 tonnes par an l’approvisionnement d’Unilever en thé certifié, de haute qualité, au Vietnam.[13]
  • Projet Nestlé de production de café sous contrat en Indonésie avec Syngenta, Yara, Rainforest Alliance et Rabobank. Le projet mettra en œuvre un plan de financement dans lequel les agriculteurs qui ont des comptes bancaires personnels recevront des prêts de Rabobank et octroieront ceux-ci à d’autres agriculteurs pour qu’ils investissent dans la production de café.[14]
  • Projet Diageo de production d’orge sous contrat, avec l’Agence éthiopienne de transformation agricole. L’Agence fera appel à 6 000 petits agriculteurs pour cultiver de l’orge pour Diageo et augmenter de 20 % l’approvisionnement local en orge de l’entreprise.[15]
  • Projet Cargill et Monsanto de production de maïs sous contrat en Indonésie, avec la Bank Rakyat Indonesia et un programme de prêt gouvernemental appelé KKPE, qui fournit aux agriculteurs des prêts à faible taux d’intérêt dans le cadre d’un programme national de sécurité alimentaire. En application d’un accord conclu entre Monsanto, Cargill, BRI et trois groupes d’agriculteurs, un crédit KKPE est accordé aux agriculteurs pour leur permettre d’acheter des semences hybrides de Monsanto et de produire du maïs pour l’usine d’aliments pour bétail de Cargill en Indonésie.[16]

Le programme Grow affirme que ces investissements, et d’autres investissements qu’il soutient, respectent les Principes pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires (IAR).[17] Mais il ne demande pas à ses entreprises membres de se considérer comme responsables en cas de manquements à la réglementation, et il n’effectue aucun suivi ni aucune enquête sur le respect de cette réglementation.[18] Il conseille simplement ses membres et les invite à agir de façon responsable et à faire appel à la participation de certaines ONG et groupes d’agriculteurs. Grow [19]Asie, par exemple, dispose d’un Conseil de la société civile qui « joue un rôle de conseil pour permettre des retombées sociales et environnementales positives », mais n’a aucune autorité en matière de respect de la conformité.

De plus, il n’y a pas de processus sérieux pour évaluer dans quelle mesure les activités des entreprises soutenues par Grow vont dans le sens des objectifs plus généraux du FEM en matière de production alimentaire, de performances environnementales et d’amélioration des moyens d’existence. Comme pour le projet de PepsiCo au Vietnam, des enquêtes indépendantes sur le terrain à propos de certains de ces projets indiquent que ces derniers sont souvent très loin de répondre aux attentes (Voir ci-dessous).

Un aperçu de quelques projets Grow dans le monde

Le projet de production de maïs de Monsanto et Syngenta au Vietnam

L’un des projets de Grow Asie au Vietnam est un projet dirigé par Monsanto et Syngenta, destiné à aider le ministère de l’Agriculture à convertir, en cinq ans, 668 000 ha consacrés à la production traditionnelle de riz pour l’alimentation humaine, à la production d’un maïs hybride destiné à l’alimentation animale. Monsanto affirme que le projet, situé dans les provinces montagneuses du nord du pays, entraînera une augmentation de 2,5 à 4 fois des profits des agriculteurs. Mais le système de conversion a déjà eu des effets dramatiques sur les populations Xinh Mun qui vivent dans cette région. Au cours des dernières années, un grand nombre d’entre eux ont été encouragés à arrêter de planter leur riz de montagne traditionnel et à planter du maïs à la place. Des hommes d’affaires ont persuadé les villageois de franchir le pas en leur offrant des semences et des engrais, ainsi que des denrées alimentaires de base comme du riz, du sel, du GMS (glutamate monosodique), de l’igname et de la soupe, en échange de la signature de contrats pour cultiver du maïs. Comme bon nombre de ces villageois étaient analphabètes, peu savaient ce que contenaient les contrats.

Les agriculteurs ne se rendaient pas compte qu’ils auraient à rembourser le coût des semences à deux fois leur prix au moment de la récolte, en raison des taux d’intérêt élevés, et parce que les prix augmenteraient encore davantage s’ils ne réussissaient pas rembourser dans les délais. Les agriculteurs ont souvent fini par payer près de trois fois le prix initial pour les semences. De ce fait, près de 100 % des ménages du village sont maintenant endettés, et 30 à 40 % ont perdu des terres pour rembourser des dettes.[20]

Photo : L’un de ces investissements que Grow Afrique présente comme un exemple d’investissement responsable, est dirigé par AgDevCo, un « investisseur à impact social » britannique.

Le pôle d’irrigation d’AgDevCo au Ghana

Le Ghana est l’un des 12 pays africains qui participent à Grow Afrique. Le gouvernement est fier des 20 lettres d’intention que les entreprises ont signées, qui représentent 132 millions USD d’investissements dans le pays dans le cadre de Grow Afrique et de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique.[21] L’un de ces investissements, que Grow Afrique présente comme un exemple d’investissement responsable, est dirigé par AgDevCo, un « investisseur à impact social » britannique.

Avec le soutien politique du gouvernement du Ghana et le financement des gouvernements britannique et néerlandais, AgDevCo est en train de construire un « Pôle agricole irrigué » à Babator, dans le nord du Ghana. Le projet a commencé en 2014, lorsque la société a signé un accord avec les autorités traditionnelles qui lui a donné le contrôle sur 10 300 ha pour une période de 50 ans avec une possibilité de renouvellement pour 25 ans.[22]

AgDevCo réalise une grande partie de ses investissements « responsables » dans les terres agricoles en Afrique mais, selon des informations récentes, la société aurait versé des « knocking fees » (pots-de-vin) aux autorités traditionnelles, à l’occasion de l’acquisition de ces terres.[23]Par ailleurs, les membres des communautés locales déplacées par le projet disent qu’on leur avait promis de les associer à un système d’agriculture contractuelle, de leur fournir des semences à haut rendement et de l’eau d’irrigation provenant de la Volta Noire, et de construire des routes, des écoles et une clinique. Aucune de ces promesses ne s’est encore concrétisée et, bien que certaines indemnités aient été versées aux agriculteurs dont les cultures ont été détruites pour faire place au projet, les populations locales disent qu’elles ont été durement affectées par la perte de terres destinées à la production alimentaire et un accès réduit à la pêche du fait de l’utilisation de leurs ressources en eau par le projet.[24]

Mystérieux investissement en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est une cible importante pour les négociants multinationaux en raison de sa production de produits d’exportation comme le cacao et le café. C’est également un marché lucratif pour les importations de riz, qui ont longtemps été dominées par l’un des plus grands négociants de produits agricoles du monde : Louis Dreyfus Commodities (LDC), une entreprise privée française.

Grow Afrique affirme que 25 lettres d’intention, correspondant à 963 millions USD d’investissements, ont été signées entre la Côte d’Ivoire et ses entreprises membres. L’un des projets fait intervenir un important investissement de LDC, avec un soutien de Rabobank, pour une production locale de riz. Les populations locales en Côte d’Ivoire ont commencé à entendre parler de ce projet en janvier 2013, lorsque le PDG de LDC, Margarita Louis-Dreyfus, a fait un voyage personnel à Abidjan pour rencontrer le président Alassane Ouattara et signer un accord portant sur 100 000 à 200 000 ha de terres dans le nord du pays. Malgré l’immensité du projet, les détails de la transaction n’ont jamais été rendus publics.

Depuis cette date, cependant, le projet semble bloqué. Le ministère de l’Agriculture affirme que le gouvernement et l’entreprise sont actuellement en train de recruter des agriculteurs pour un système de production sous contrat.[25] Mais des agriculteurs appartenant à des coopératives rizicoles de Korhogo, où le projet est censé être situé, disent qu’ils ont déjà rejeté les contrats offerts par LDC. Ils disent qu’ils n’en ont pas apprécié les clauses et ne voulaient pas fournir à l’entreprise une partie de leurs terres.[26] Pendant ce temps, LDC reste silencieux sur le projet et continue de casser les prix en vendant du riz bon marché, importé d’Asie, moins cher que les producteurs locaux. L’origine du riz local acheté par le négociant, et qu’il affiche fièrement dans les salons du secteur agro-industriel dans le pays, demeure un mystère (voir image 6).

Photo : Un champ de pommes de terre Indofood à Sembalun, sur l’île de Lombok, en Indonésie, servant à l’approvisionnement d’une usine de chips.Agriculture contractuelle pour les chips Lay’s au Nusa Tenggara occidental, en Indonésie

 

En Indonésie, PepsiCo produit et commercialise ses chips de pomme de terre Lay’s par le biais d’une joint-venture avec la plus grande société alimentaire de l’Indonésie, Indofood.[27]Comme au Vietnam, Lay’s peine à mettre en place un approvisionnement local pour sa variété de pomme de terre. Indofood est intervenu en lançant un projet visant au développement de la culture de pommes de terre avec des petits agriculteurs, qui fonctionne maintenant dans le cadre de PISAgro, la structure indonésienne de GROW Asie.

L’un des projets d’Indofood dans le cadre de ce projet a commencé en 2012 et associe des groupes d’agriculteurs dans cinq districts de Sembalun, Lombok et Nusa Tenggara occidental. Les agriculteurs participants ont l’obligation d’acheter des plants de la variété de pommes de terre Atlantic de Syngenta, qui sont fournis et importés d’Australie par Indofood. La formation est dispensée par des organismes gouvernementaux provinciaux, le gouvernement australien et la Banque d’Indonésie.

Contrairement aux projets de pommes de terre Indofood dans d’autres régions d’Indonésie, dans ce cas, il n’y a pas de contrats entre l’entreprise et les agriculteurs, juste un accord verbal avec le dirigeant de chaque groupe d’agriculteurs. Les agriculteurs disent que l’absence de contrat leur donne une certaine flexibilité pour vendre sur les marchés locaux ou à d’autres acheteurs, mais elle permet également à Indofood de changer ses prix. Les agriculteurs disent que, pendant la saison 2016, le prix offert par Indofood était inférieur de moitié au prix des pommes de terre sur les marchés locaux. Les agriculteurs expliquent qu’ils ont vendu ce qu’ils pouvaient sur le marché local, mais la plus grande partie de leur production a dû être vendue à Indofood pour rembourser les dettes engagées pour les semences, les engrais et les frais administratifs.[28]

Horticulture high-tech et exportations de produits alimentaires transformés au Mexique

L’initiative mexicaine « Une nouvelle vision pour le développement de l’agro-alimentaire » (son acronyme espagnol est VIDA c’est-à-dire « vie ») s’accompagne de la participation de 40 entreprises et du Sagarpa (ministère mexicain de l’Agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation) et vise à accroître la production de céréales, d’oléagineux, de fruits et légumes, de cacao et de café. Elle revendique 85 000 agriculteurs participants dans l’ensemble du Mexique.

Comme ses homologues dans d’autres pays ciblés par Grow, le nouveau secrétaire à l’Agriculture du Mexique, José Calzada, est ébloui par le marketing de Grow et partage son obsession pour les exportations et les chaînes d’approvisionnement des entreprises : « Nous sommes en train de passer d’une agriculture traditionnelle à une mécanisation beaucoup plus importante et à des moyens de production technologiques. Précédemment, le Mexique a beaucoup investi pour aider l’agriculture « très traditionnelle », alors que maintenant la plus grande partie du budget vise à soutenir la technologie : construction de serres et d’infrastructures de haute technologie. »[29]

Pour J. Calzada, ce « miracle horticole » mexicain va de pair avec le miracle des « aliments transformés ». Si les exportations de produits horticoles dépassent les recettes pétrolières, les aliments transformés sont également en progression. Actuellement, le Mexique figure parmi les dix plus grands producteurs d’aliments transformés.[30] Les aliments transformés et l’exportation de produits horticoles remodèlent l’agriculture mexicaine, avec la production de matières premières comme les farines et les amidons, le sirop de maïs à haute teneur en fructose et les huiles alimentaires d’une part, et les petits fruits, le brocoli, les concombres et les tomates cultivés en serre d’autre part. Les petits agriculteurs sont entraînés à l’intérieur de ces programmes, mais les avantages profitent principalement à des grandes entreprises agro-industrielles et à un modèle de production basé sur les produits chimiques, les semences hybrides, la mécanisation, les environnements high-tech et des contrats qui contraignent les producteurs à vendre exclusivement aux entreprises.

Cette évolution, selon J. Calzada, exige également la délocalisation massive des jeunes mexicains pour qu’ils travaillent comme ouvriers dans les entreprises agricoles : « Nous avons besoin d’un grand nombre de jeunes. Beaucoup de jeunes ont quitté les champs pour les villes [sic]. Nous avons besoin qu’ils opèrent un retour stratégique […] Nous avons 25 millions de personnes dans les zones rurales et 7 millions travaillent dans les champs. »[31] Mais ce système ressemble à bien des égards à de l’esclavage et les conditions de travail ont donné lieu à un certain nombre de manifestations d’ouvriers agricoles au cours des deux dernières années.[32]

Serres Monsanto au Mexique.

Serres Monsanto au Mexique.

La prise de pouvoir de GROW

La plus grande influence de Grow ne s’exerce pas dans les champs, mais en coulisses. Les structures régionales et nationales qu’il a établies fournissent à ses entreprises membres un accès direct aux ministres et autres fonctionnaires de haut rang, et elles leur offrent de nombreuses opportunités de faire pression en faveur de changements de politiques qui favorisent leurs intérêts.

Au Mozambique, par exemple, Grow Afrique et l’USAID ont créé un groupe de travail consultatif sur les affaires commerciales (Business Advisory Working Group – BAWG), que GROW Afrique décrit comme « une structure du secteur privé visant à permettre au secteur agro-industriel privé de s’exprimer d’une seule voix auprès du gouvernement ». Les entreprises agro-industrielles veulent que le gouvernement leur facilitent l’acquisition d’autorisations d’exploitation des terres, connues au Mozambique sous le nom de DUAT (Direito do Uso e Aproveitamento da Terra). Selon Grow Afrique, « le groupe de travail a abordé cette question avec le ministère du Territoire, de l’Environnement et du Développement rural, qui a ensuite écrit aux bureaux provinciaux pour accélérer le traitement de la question des DUAT ».[33] Grow Afrique espère obtenir le même succès au Malawi, où il a engagé la branche sud-africaine de Deloitte pour lancer un projet pilote qui vise à mettre en place une structure similaire « pour faire avancer les actions sur les obstacles à l’investissement dans le secteur agricole ».[34]

Au Mexique, Grow a réussi, grâce à son programme VIDA, à formaliser une collaboration avec le Sagarpa pour développer des dispositifs d’agriculture contractuelle de type « agro-cluster » dans tout le pays. Ces dispositifs ont même été intégrés dans le Plan national de développement du Mexique pour 2013-2018.[35] En Indonésie, PISAgro (le programme Grow en Indonésie) est en train de mettre en place un système de crédit financier appelé « dispositif innovant de chaîne de valeur » pour accorder des prêts petits et moyens à des agriculteurs, en coopération avec la Chambre indonésienne de commerce (KADIN), l’Association indonésienne des économistes (ISEI) et Bank Rakyat Indonesia. Ce dispositif est destiné à fournir aux agriculteurs un financement pour accéder à des semences et des engrais de haute qualité ainsi qu’à une formation aux bonnes pratiques agronomiques.[36]

Grow organise la plupart de ses efforts de lobbying autour de produits de base particuliers qui présentent un intérêt pour ses membres, comme le maïs, les pommes de terre, le café, le manioc ou le cacao. Au niveau national, ses structures prennent la forme de groupes de travail sur un produit de base, réunissant des entreprises et des organismes gouvernementaux, comme le Groupe de travail sur la pomme de terre en Indonésie, dirigé par Indofood ou la Plateforme des parties prenantes au secteur industriel du manioc au Ghana, dirigée par Olam et SABMiller. Au sein des structures sur les différents produits de base, les entreprises peuvent alors travailler ensemble et chercher à obtenir des changements de politiques spécifiques ou le soutien du gouvernement.

Encadré 1. Un manque de vision sur les changements climatiques

L’un des objectifs déclarés de la Nouvelle vision pour l’agriculture du FEM est de réduire les émissions de CO2 provenant de l’agriculture de 20 % par décennie. Son approche consiste à mettre en œuvre des systèmes plus high tech basés sur le concept d’« Agriculture intelligente face au climat » et, dans cette logique, elle entretient des collaborations avec des ONG et des organisations d’agriculteurs.

Mais les éléments recueillis sur le terrain jusqu’à maintenant montrent que les programmes Grow n’ont pas fait grand chose pour réduire la plus grande source mondiale d’émissions de gaz à effet de serre de la production végétale, à savoir l’utilisation d’engrais azotés.[37] Les agriculteurs associés aux projets de production de pommes de terre et de maïs au Vietnam et en Indonésie, par exemple, ont augmenté leur utilisation d’engrais parce que les variétés pour lesquelles ils ont un contrat de culture exigent de plus grands apports d’engrais que les cultures et les variétés locales.[38] Dans de nombreux projets GROW, les agriculteurs ont même pour consigne d’utiliser les engrais azotés qui leur sont fournis, provenant de la société norvégienne Yara, l’une des entreprises clés derrière la Nouvelle vision pour l’agriculture du FEM et l’un des leaders de l’Alliance pour l’Agriculture intelligente face au climat. En effet, il y a une interaction fluide entre ces deux initiatives dominées par les entreprises.

Grow vise particulièrement à « relier plus de pays à des chaînes de valeur mondiales » et à accroître la production de produits de base destinés à l’exportation, et la transformation des aliments est fondamentalement en contradiction avec les véritables solutions aux changements climatiques. Ces chaînes de valeur mondiales détruisent les systèmes alimentaires locaux, à faibles émissions, au profit de systèmes très émetteurs de gaz à effet de serre qui nécessitent beaucoup de transports, de transformations, de stockage, de conditionnement, de réfrigération et de marketing.[39]

La Nouvelle vision pour l'agriculture du FEMLa Nouvelle vision pour l’agriculture du FEM

 

Grow, c’est la même méthode, avec les mêmes acteurs de l’industrie

L’objectif principal de Grow est de mobiliser l’investissement des entreprises sur de nouvelles formes d’agriculture contractuelle, en les revendant sous le nouveau vocable d’« agro-industrie inclusive ». S’ils ont réussi à persuader certains agriculteurs qu’ils sont les bénéficiaires de ce dispositif, les projets Grow facilitent en fait la mainmise des entreprises sur les systèmes alimentaires et agricoles et dépossèdent les petits agriculteurs de tout pouvoir.

Le programme Grow aide une poignée d’entreprises à accéder, comme jamais auparavant, aux structures gouvernementales, et ainsi aux marchés et aux producteurs. Ce faisant, les entreprises semencières et agrochimiques obtiennent un marché sûr, avec l’aide des crédits publics versés aux petits agriculteurs pour acheter leurs produits phytosanitaires et leurs semences hybrides. De plus, les entreprises agro-industrielles économisent beaucoup d’argent en amenant des agriculteurs à signer des contrats avec eux, ce qui leur évite de louer des terres pour mener une production à grande échelle. Enfin, les entreprises garantissent leur approvisionnement en produits et en matières premières agricoles, auprès de ces agriculteurs sous contrat, pour leur fabrication d’aliments transformés. Pour les entreprises, Grow offre un scénario gagnant-gagnant.

Mais il n’y a pas d’avenir pour les petits agriculteurs ou pour les petits négociants ou transformateurs du secteur alimentaire dans le cadre cette stratégie, sauf lorsqu’ils peuvent jouer un rôle de subordonnés pour atteindre le principal objectif des grandes entreprises agroalimentaires : garantir un approvisionnement bon marché de fruits et légumes et de matières premières pour les aliments transformés tout en vendant de plus en plus d’intrants agricoles industriels.

Il est important de prendre ce programme pour ce qu’il est : un mécanisme de prise de pouvoir des entreprises. Pour les agriculteurs et la société civile, le défi consiste à identifier et rejeter ces dispositifs qui n’apportent rien dans la lutte contre la faim, la pauvreté ou les changements climatiques. La solution passe par les communautés et les mouvements qui mettent en avant une vision de la souveraineté alimentaire basée sur les marchés locaux, l’agro-biodiversité et l’agroécologie.


[1] Entretien avec Nguyen Hong Hang, juillet 2016.

[2] Visites de terrain chez des agriculteurs sous contrat avec PepsiCo, juillet 2016.

[3] Cela va changer si l’acquisition de Syngenta par ChemChina se concrétise. On pourra trouver la liste des entreprises à l’adresse : https://www.weforum.org/projects/new-vision-for-agriculture/

[5] Oxfam France, Action contre la faim et CCFD, « La Faim, un business comme un autre », 2016, https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/rapport_nasan_bilan2016.pdf

[6] Voir leur Rapport d’avancement annuel conjoint pour 2014-15 à l’adresse : https://www.growafrica.com/node/23346

[7] Ces huit pays sont le Vietnam, l’Indonésie, les Philippines, le Myanmar, la Malaisie, le Laos, le Cambodge et Singapour.

[8] Voir : « World Economic Forum on Latin America : Advancing through a Renovation Agenda », programme arrêté lors de la réunion à la Riviera Maya, au Mexique, 6 – 8 mai 2015.

[9] World Economic Forum, « The Global Challenge on Food Security and Agriculture : A global initiative of the World Economic Forum », http://www3.weforum.org/docs/IP/2016/NVA/WEF_GlobalChallenge_FoodSecurityandAgriculture_Overview.pdf

[10] World Economic Forum, « Latin American Agriculture Will Drive Growth and Food Security, Leaders Say », 17 juin 2015, https://www.weforum.org/press/2016/06/latin-american-agriculture-will-drive-growth-and-food-security-leaders-say/

[11] World Economic Forum, « The Global Challenge », op cit.

[12] Ibid.

[14] Jenny Costelloe, « Sustainable Agriculture Partnerships : Something for Everyone », 29 octobre 2015, http://www.growasia.org/resources/blogs/sustainable-agriculture-partnerships/

[16] Monsanto Indonesia, « Kontribusi Monsanto Indonesia PISAgro Kemitraan Jagung Berkelanjutan terhadap Ketahanan Pangan dan Kesejahteraan Petani », 5 novembre 2014, http://www.monsanto.com/global/id/berita-pandangan/pages/kontribusi-monsanto-indonesia-pisagro-kemitraan.aspx; Kontan, « Upaya mewujudkan swasembada pangan melalui PISAGRO », 5 novembre 2014, http://industri.kontan.co.id/news/upaya-mewujudkan-swasembada-pangan-melalui-pisagro

[17] Voir : GRAIN, « Le piège de l’investissement agricole socialement responsable », le 14 octobre 2015, https://www.grain.org/fr/article/entries/5309-le-piege-de-l-investissement-agricole-socialement-responsable

[18] Voir, par exemple, la déclaration de principes de Grow Afrique « Grow Africa, Responsible investment and land : Making good practice a competitive advantage », août 2015, https://www.growafrica.com/sites/default/files/Position%20Statement-GA_RespInv_Land_%28FINAL%29.pdf

[19] Les membres du Conseil sont les suivants : AsiaDHRRA, Conservation International, Mercy Corps, Landesa, Rainforest Alliance, Initiative pour le commerce durable (IDH), Swisscontact, The Nature Conservancy et World Vision Australia.

[20] Duong Dinh Tuong, « A high price : mounting debt means tragedy for tens of thousands of farmers in Vietnam », GRAIN, 17 octobre 2016, https://www.grain.org/e/5570. L’article original, en vietnamien, est consultable à l’adresse : http://m.nongnghiep.vn/nuoc-mat-noi-buon-va-bi-kich-cua-ngan-van-kiep-nguoi-trong-ngo-o-son-la-post174288.html

[21] New Alliance for Food Security and Nutrition and Grow Africa Joint Progress Report 2014 – 2015, https://www.new-alliance.org/sites/default/files/resources/New%20Alliance%20Progress%20Report%202014-2015_0.pdf

[22] Selon les termes de l’accord de bail signé le 19 décembre 2014.

[23] Starr FM, « Ghana to lose over $3m project over land dispute », 28 septembre 2016, http://starrfmonline.com/1.9931865. Un « knocking fee » est un terme africain qui désigne généralement un don matériel ou financier fourni en échange du consentement d’une personne dans le cadre d’une négociation. Il peut être considéré comme une forme de corruption.

[24] Visites de terrain, avril 2016.

[25] Jeune Afrique, « Riziculture : Louis Dreyfus Déchante en Côte d’Ivoire », 7 janvier 2015, http://www.jeuneafrique.com/4310/economie/riziculture-louis-dreyfus-d-chante-en-c-te-d-ivoire/

[26] Entretiens avec des producteurs de riz dans le nord de la Côte d’Ivoire, mars 2016.

[27] Indofood assure la présidence du Groupe de travail sur la pomme de terre au sein de PISAgro/Grow Asie. Partiellement détenu par First Pacific Group, une société d’investissement basée à Hong Kong, cette entreprise est le plus grand fabricant mondial de nouilles instantanées.

[28] Visite de terrain, septembre 2016

[29] Thad Thompson, « Food exports surpass oil for Mexico », The Produce News, 11 mai 2016, http://www.theproducenews.com/the-produce-news-today-s-headlines/18727-food-exports-surpass-oil-for-mexico

[30] Le Mexique figure parmi les dix plus grands producteurs d’aliments transformés. Voir : GRAIN, « Le libre-échange et l’épidémie de malbouffe au Mexique », https://www.grain.org/fr/article/entries/5189-le-libre-echange-et-l-epidemie-de-malbouffe-au-mexique

[31] Thad Thompson, « Food exports surpass oil for Mexico », Op. cit.

[32] Voir le reportage et les photographies de David Bacon : « Farm Workers in Two Countries Boycott Driscoll’s Berries », The Progressive, 14 mars 2016, http://www.progressive.org/news/2016/03/188606/farm-workers-two-countries-boycott-driscoll%E2%80%99s-berries ; « Los trabajadores del Valle de San Quintín ya no están dispuestos a ser invisibles », Desinformémonos, 24 janvier 2016, https://desinformemonos.org/los-trabajadores-del-valle-de-san-quintin-ya-no-estan-dispuestos-a-ser-invisibles/ ; The Reality check, photographs and stories, http://davidbaconrealitycheck.blogspot.mx/ ; « Hemos decidido salir de las sombras » et « Migrantes oaxaqueños exigen cambios en los campos », Ojarasca 222, octobre 2015, http://www.jornada.unam.mx/2015/10/10/oja-sombras.html

[35] Sagarpa, « Impulsan Sagarpa y agroempresarios proyectos de seguridad alimentaria y desarrollo para pequeños y medianos productores », http://sagarpa.gob.mx/saladeprensa/2012/Paginas/2013B605.aspx

[36] Fiche d’information de PISAgro, « Building Indonesia food security through public private partnership », http://www.goldenagri.com.sg/pdfs/News%20Releases/2016/PISAgro%20Fact%20Sheet.pdf

[37] GRAIN, « Les Exxon de l’agriculture », septembre 2015, https://www.grain.org/e/5271

[38] Communication personnelle avec GRAIN, juillet et août 2016.

[39] GRAIN et La Vía Campesina, « Souveraineté alimentaire : cinq étapes pour refroidir la planète et nourrir sa population », décembre 2014, https://www.grain.org/e/5101

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La integración latinoamericana en la encrucijada global

janvier 19th, 2017 by Ariel Noyola Rodríguez

Las iniciativas de integración regional, esas que fueron impulsadas en su momento por José Martí y, más recientemente, por el fallecido comandante Hugo Chávez, esas orientadas a satisfacer las necesidades de los pueblos, se encuentran hoy en un serio predicamento. Las grietas de la integración regional se volvieron más evidentes en medio de la agudización de la crisis económica global, más todavía luego de que las tendencias recesivas de la economía mundial profundizaron, desde el año 2011, la caída de los precios de las materias primas (‘commodities’), golpeando sobre todo a los países sudamericanos.

La etapa de auge de los ‘commodities’ alcanzó su límite y no volverá en el corto plazo. Lo mismo sucede con la demanda boyante a la que China nos tenía acostumbrados: el gigante asiático ahora está en camino de transitar hacia un patrón de acumulación sustentado cada vez menos en las inversiones masivas y el comercio exterior, y cada vez más en el mercado interno. Por lo anterior, las iniciativas de integración regional corren el riesgo de colapsar en América Latina, si no surge un plan de reformulación.

Es urgente que los Gobiernos nacionales apuesten de una vez por todas por llevar adelante la integración productiva en nuestra región, hay que construir cadenas de valor horizontales tomando en cuenta la complementariedad económica entre países. A la vez que debemos proteger los logros obtenidos durante la primera década del nuevo milenio, hay que repensar también nuestros vínculos internacionales, en especial con aquellos socios comerciales que registran altas tasas de expansión económica. Enfoquemos nuestras energías en lograr metas de largo aliento, transformadoras, emancipadoras.

Es urgente que los países latinoamericanos diseñen, en bloque, una estrategia de relanzamiento de sus relaciones con la región asiática. Durante su más reciente gira por varios países de América Latina, el presidente de China, Xi Jinping, reiteró su compromiso de apoyar el proceso de industrialización de nuestra región. Justamente por esos días, las autoridades chinas publicaron una segunda versión del Libro Blanco, un documento que actualiza las directrices básicas que, desde la perspectiva del Gobierno chino, van a dar fundamento a las relaciones establecidas con la región latinoamericana a lo largo de los próximos años.

En este nuevo documento Pekín pone de relieve, entre otros elementos, la necesidad de incentivar la diversificación productiva de América Latina a fin de construir una relación estratégica que genere dividendos para ambas partes. En paralelo, el Libro Blanco admite la urgencia de apuntalar el desarrollo de seis sectores clave para la región: energía y recursos naturales, obras de infraestructura, agricultura, manufactura, innovación científica y técnica, y tecnologías de la información.

Frente a ello, los países latinoamericanos requieren tomar la iniciativa cuanto antes, los beneficios no vendrán solamente por obra de la buena voluntad de los chinos. En este sentido, consideramos que es fundamental seguir construyendo nuevos espacios de cooperación con China en el seno de la Comunidad de Estados Latinoamericanos y Caribeños (CELAC). Según declaraciones del mandatario Xi Jinping en el marco de la Reunión Ministerial del Foro entre China y CELAC, fijó el objetivo que para el final de la próxima década el comercio entre América Latina y China alcanzará los 500,000 millones de dólares; mientras que los flujos de inversión de Pekín hacia nuestra región conseguirán superar los 250,000 millones de dólares. A nuestro entender, debemos insistir en la necesidad de dotar de más recursos el fondo especial creado por China para el apoyo de pequeñas y medianas empresas productivas; de lo contrario, nuestros países seguirán profundizando su carácter dependiente en la economía mundial.

No es menos importante que nuestros países permanezcan muy alertas frente a iniciativas de integración que obedecen más a los dictados de la agenda imperial de Estados Unidos, que a un esfuerzo auténtico por consolidar la unidad de toda América Latina. En medio de un panorama económico caracterizado por recesiones agudas, se responsabiliza a los aparatos burocráticos del estancamiento de los procesos de integración regional tradicionales y, con ello, se busca dar paso a otras iniciativas aparentemente de vanguardia que se sustentan bajo una lógica eminentemente empresarial. Si bien el intento de poner en marcha el Acuerdo de Libre Comercio de las Américas (ALCA) consiguió ser derrotado en 2005 en Mar del Plata, Argentina, el Gobierno de Estados Unidos se ha venido abriendo paso desde entonces a través de la firma de tratados de libre comercio bilaterales e impulsando los mega acuerdos.

Bajo esta misma perspectiva, la Alianza del Pacífico, bloque comercial creado en 2011 y conformada por Chile, Colombia, Perú y México, evidencia este nuevo reposicionamiento de Estados Unidos en nuestra región. No es casualidad que todos los países de la Alianza del Pacífico tengan firmados acuerdos de libre comercio con Washington. En realidad, la Alianza no busca profundizar los vínculos entre América Latina y los países del Pacífico, sino servir de ‘caballo de Troya’ de las corporaciones estadounidenses para luego, lanzar un mega acuerdo de libre comercio que incluya a toda América Latina. Una vez alcanzado este objetivo, es previsible que Washington busque pasar de ser un país observador, a convertirse en un miembro pleno de la Alianza.

De allí se desprende la insistencia tanto de Mauricio Macri, presidente de Argentina, como de Michelle Bachelet, presidenta de Chile, de establecer puntos de convergencia entre la Alianza del Pacífico con el Mercado Común del Sur (MERCOSUR, integrado por Argentina, Brasil, Paraguay, Uruguay y Venezuela; Bolivia se encuentra en proceso de adhesión). De ahí también la ofensiva encabezada en buena medida por Michel Temer (actual mandatario de Brasil tras la destitución parlamentaria de la presidenta Dilma Rousseff) en contra de Venezuela para que abandone cuanto antes el MERCOSUR, a la que por desgracia se han sumado también los Gobiernos de Paraguay, de Argentina y de Uruguay. De lo que se trata, al final de cuentas, es de degradar el MERCOSUR de una unión aduanera con perspectiva estratégica, a un simple acuerdo de libre comercio a disposición de los grandes grupos corporativos.

En conclusión, la integración de los países de América Latina atraviesa por un periodo bastante convulso, tanto en términos económicos como políticos. Los pequeños logros alcanzados por los Gobiernos progresistas (creación de la Unión de Naciones Sudamericanos, entre otros) ahora están en la picota. La ofensiva conservadora actualmente en curso en América del Sur y la debacle de la mayoría de las economías latinoamericanas, avivó la rivalidad y el conflicto entre países que promueven proyectos de integración con objetivos diametralmente opuestos. Si los movimientos en resistencia no logran colocar el interés colectivo por encima de la restauración conservadora promovida por el capital trasnacional, la integración de los pueblos latinoamericanos jamás se concretará.

Ariel Noyola Rodríguez

Ariel Noyola Rodríguez: Economista egresado de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), corresponsal del Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research) en América Latina. 

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No a la guerra, No a la OTAN

janvier 19th, 2017 by Communiqué of the National Coordination No War, No Nato

El Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research) llama la atención de sus lectores con respecto a la siguiente declaración:

La Coordinación Nacional del Comité “No a la Guerra, No a la OTAN” considera que la manifestación a realizarse en Europa el 21 de enero, en contra del recién elegido presidente de Estados Unidos, Donald Trump, es equivalente a prestar apoyo al gobierno de Obama, quien ha colocado a Europa en la primera línea de ataque de la OTAN, incluida la cuestión nuclear, en contra de Rusia.

Trump es acusado de usurpar el puesto que había sido destinado originalmente a Hillary Clinton, gracias a una operación presuntamente orquestada por el presidente de Rusia, [Vladímir] Putin. La «evidencia» ha sido proporcionada por la CIA, una organización con bastante experiencia en el campo de la infiltración y los golpes de Estado.

Los estrategas neoconservadores, quienes están detrás de esta campaña, pretenden de este modo evitar un posible giro en las relaciones entre Estados Unidos y Rusia que [dicho sea de paso], la administración Obama ha llevado a un nivel similar al de la Guerra Fría.

La relajación de las tensiones con Rusia es un foco de alarma, tanto para los altos mandos de la OTAN, que han aumentado su importancia a causa de la nueva Guerra Fría, como para los grupos en el poder en los países del Este (en particular, Polonia, Ucrania y los países bálticos) – que están apuntalando la hostilidad cara a cara con Rusia para reforzar el ejército y el apoyo económico que reciben de la OTAN y la Unión Europea.

Esto quedó confirmado por el hecho de que el 12 de enero, en virtud de una decisión tomada por la administración de Obama, una brigada blindada estadounidense llegó a Polonia para fortalecer la alianza de fuerzas alrededor de la OTAN, bajo mando estadounidense. Estas [fuerzas de la OTAN] incluyen tropas de Italia, Europa del Este, llevan a cabo una escalada militar cada vez más peligrosa en contra de Rusia.

En este contexto, las manifestaciones contra Trump [programadas para el] 21 de enero forman parte de una estrategia de tipo militar.

A contrapelo de lo anterior, debemos participar en una movilización enfocada a:

  • Liberar a nuestros países a partir de del sometimiento de Estados Unidos, independientemente de quien sea su presidente;
  • Salir de la OTAN;
  • Eliminar las armas nucleares estadounidenses de nuestros territorios nacionales.
Artículo original en inglés:
usa-nato
No War, No NATO, publicado el 16 de enero de 2017.

Traducido por Ariel Noyola Rodríguez para el Centro de Investigación sobre la Globalización (Global Research).

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Mientras miles de personas en diversas partes del mundo aplauden la próxima excarcelación del luchador independentista puertorriqueño Oscar López Rivera, muchas familias estadounidenses también celebran hoy la conmutación de las penas de cientos de prisioneros.

Los medios de prensa norteamericanos y de otras partes del mundo difundieron ayer la noticia de que el presidente Barack Obama otorgó la conmutación de sentencia al reconocido prisionero boricua, quien permanece encarcelado en territorio estadounidense desde 1981.

Similar clemencia ejecutiva recibió la exanalista de inteligencia Chelsea Manning, apresada en 2010 por filtrar al portal digital WikiLeaks miles de documentos secretos sobre las guerras de Iraq y Afganistán.

Esos nombres, junto a los de otras figuras conocidas por la opinión pública como el del general James Cartwright y el beisbolista Willie McCovey, se incluyen en la lista de mil 385 conmutaciones y 212 indultos concedidos por el presidente saliente durante sus dos mandatos.

Tales cifras, según difundió la Casa Blanca, son las más altas en la historia del país y superan al total de clemencias ejecutivas otorgadas por los 12 jefes de Estado anteriores.

En un comunicado publicado este martes, la Presidencia dio a conocer que solo en esa jornada se beneficiaron con la conmutación 209 prisioneros y otros 64 recibieron perdón por los delitos cometidos.

Diversos medios de prensa señalan que en los dos días restantes antes de que el dignatario deje la Casa Blanca podrían anunciarse nuevas acciones de este tipo.

Pero más allá de mostrarse como cifras récord de la administración Obama, esos datos apuntan a la necesidad expresada por el propio mandatario de reformar el sistema de justicia penal en Estados Unidos.

Números oficiales indican que la nación norteña tiene 2,3 millones de prisioneros, lo cual representa el 25 por ciento de los encarcelados a nivel mundial pese a que el país solo representa el cinco por ciento de la población del planeta.

Del total de reos, el 60 por ciento son latinos o afronorteamericanos, lo que llevó al jefe de Estado a manifestar que el sistema de justicia penal permanece particularmente sesgado por motivos de raza y riqueza, y tiene un impacto adverso en las familias y comunidades.

Muchos de los indultos y conmutaciones otorgados por el mandatario son parte de una iniciativa lanzada en 2014 para liberar a personas que cumplen duras sentencias relacionadas con delitos de drogas no violentos, las cuales fueron impuestas en décadas pasadas.

En la actualidad, la mayoría de la población estadounidense tiene una percepción diferente sobre el tema y estima que el consumo de estupefacientes debe ser abordado como un problema de salud pública más que como una cuestión meramente relacionada con la ley.

De acuerdo con el diario The Washington Post, con el tiempo Obama se convirtió en una voz cada vez más fuerte contra la epidemia de encarcelamiento que afecta desproporcionadamente a las personas de color y la larga historia de injusticia en el sistema penal.

Sin embargo, diversos activistas se han quejado del lento y engorroso proceso de clemencia, al considerar que el mandatario levantó esperanzas en prisioneros que cumplen con los criterios establecidos por el Departamento de Justicia, pero solo una pequeña parte de ellos se ha beneficiado.

A riesgo de sonar ingratos decimos ‘gracias, pero, por favor, dese prisa’, expresó Kevin Ring, vicepresidente de una organización dedicada a combatir las penas excesivas.

De acuerdo con King, hay miles de personas que recibieron sentencias anticuadas y extremas y todas ellas merecen que sus peticiones de conmutación sean consideradas.

Al mismo tiempo, la Casa Blanca reconoció que la clemencia es un recurso extraordinario, concedido solo a los individuos que hayan demostrado estar dispuestos a hacer uso de su segunda oportunidad.

Por ello, la Presidencia considera que únicamente el Congreso puede lograr las reformas amplias necesarias para asegurar a largo plazo que el sistema funcione de manera más justa y efectiva al servicio de la seguridad pública.

Según el Post, mientras el presidente electo, Donald Trump, se prepara para asumir el cargo, los funcionarios de Justicia temen que su administración desmantele la iniciativa de clemencia de Obama, de ahí la cifra de conmutados esta semana.

Otros diarios indican que el multimillonario republicano ha prometido una plataforma dura contra el crimen y es poco probable que continúe las clemencias a partir del viernes próximo, pues se mostró abiertamente crítico con la postura de su predecesor en esa área.

Ello podría empeorar la situación de un sistema de justicia penal que, según la institución no partidista Centro Brennan, tiene tentáculos en casi todos los subgrupos demográficos del país y enormes costos económicos y sociales.

Martha Andrés

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Límites y contradicciones de las propuestas comerciales de Trump

janvier 19th, 2017 by Consuelo Silva Flores

Introducción

La campaña presidencial de 2016 provocó que Estados Unidos despertara de su mito sobre el libre comercio: éste nunca conduce a un comercio justo y equilibrado, e incluso puede actuar en contra de los trabajadores de su propio país cuando entra en proceso de descomposición. En rigor, en los últimos ocho años, los demócratas abandonaron a los trabajadores (a quienes antes pretendía representar) al ‘realismo’ del libre comercio. Tras el estallido de la crisis global conocieron el desempleo masivo, las labores de servicios inseguros y mal pagados, la pérdida generalizada del poder adquisitivo; sumados a la privatización de los sistemas de jubilación y atención médica. No debe sorprender, entonces, que la clase obrera blanca, sobre todo en la región de los grandes lagos (de Pennsylvania a Wisconsin), abandonara a los demócratas y votara contra el establishment político y Hillary Clinton.

Pero esta campaña presidencial puso también en evidencia que el ‘universalismo’ del libre comercio no era tal. El rápido crecimiento de China como una fuerza importante en la economía global está obligando a reconsiderar si el libre comercio sigue siendo una política que genera prosperidad a los países avanzados. La perspectiva de que China pueda ser una gran potencia económica está alimentando una paranoia generalizada en Estados Unidos. En términos más amplios, el temor es que no sólo estaría en cuestión la supremacía del imperio norteamericano, sino que además algunas naciones en desarrollo lideradas por China, especialmente las asiáticas, terminen por desplazar a las economías avanzadas de su estatus privilegiado.

Es cierto que el presidente electo, Donald Trump, busca la perpetuación del imperio económico y comercial estadounidense, pero lo hace sobre la base de culpar con dureza al comercio en general y a los « desastrosos » acuerdos comerciales en particular, de muchos de los problemas salariales y de empleo de los Estados Unidos. Por ello exige una “nivelación del campo de juego” en el ámbito del comercio global, proponiendo bloquear la firma de la Asociación Transpacífica (TPP), renegociar los acuerdos comerciales existentes, e incluso retirarse de la Organización Mundial del Comercio (OMC).

Por supuesto, el tiempo dirá si tales promesas pasan a ser simplemente retóricas propias de la campaña o se traducirán realmente en cambios de política comercial interna y externa. Este breve trabajo se propone analizar críticamente los alcances y contradicciones de los pilares de estas promesas, que sorprenden por su coherencia.

Los dilemas del TPP después de su rechazo

Donald Trump confirmó el 21 de noviembre pasado que se retiraría de la Asociación Transpacífica (TPP, por su sigla en inglés) el primer día de su administración. La oposición al TPP fue un tema central de su campaña, llamándolo un « desastre » y se comprometió a abolirlo cuando asumiera el cargo. En la práctica, esto significa que no presentará al Congreso la legislación de implementación necesaria para la participación estadounidense en el acuerdo.

El designado secretario de Comercio, Wilbur Ross, cita dos razones específicas por las cuales el TPP es un mal negocio: los funcionarios estadounidenses entregaron demasiadas concesiones y las reglas de origen para automóviles permitirían a China y a empresas de diversos países aprovechar el acceso al mercado estadounidense.

Sorprendentemente, estos planteamientos encuentran respaldo en estudios realizados por el keynesiano Robert E. Scott, citados por el propio Trump: “China tiene un gran superávit comercial con los países del TPP y los términos cruciales del acuerdo (específicamente los débiles requisitos de reglas de origen) proporcionaría una garantía de puerta trasera para China y otros países no – TTP con acceso libre de impuestos a EE.UU. y otros mercados del TPP. Esto sería especialmente importante para automóviles y piezas de automóviles, así como para otros productos clave. Los exportadores del TPP no se apartarán de sus proveedores chinos sólo porque firmaron un acuerdo comercial con Estados Unidos”. (Robert E. Scott, november 7, 2016. Economic Policy Institute)[1].

Como se ve, si bien China no era parte del TPP, su supuesta amenaza velada a través de las “reglas de origen”, lo convierte en el blanco de las críticas de algunos keynesianos y de Trump. El verdadero dato que importa, es considerar que el creciente déficit estadounidense con China entre 2001 y 2013 eliminó o desplazó 3.2 millones de empleos en el país y ha sido uno de los principales contribuyentes a la crisis del empleo industrial en los últimos 15 años. (Kimball y Scott 2014)[2]. Wal-Mart es el mayor minorista del mundo, siendo un conducto clave de las importaciones chinas en el mercado estadounidense[3]. Desde que China ingresó a la OMC en el año 2001, “casi 80% del crecimiento del déficit comercial de EE.UU. en bienes puede atribuirse a la creciente disparidad con China”[4].

Esas visiones desconocen el hecho que el mismo Obama había tomado decisiones contra China que violaban los principios del libre comercio. En su tan citado discurso acerca del TPP, señalaba: « … no podemos permitir que países como China escriban las reglas de la economía global. Debemos escribir nosotros esas reglas ». Con ello, Obama estaba reconociendo que “los Estados Unidos excluyeron deliberadamente a China de las negociaciones, lo que confirma que, como muchos analistas occidentales señalaron, el verdadero objetivo del TPP no era liberalizar el comercio, sino formar un bloque bajo el dominio estadounidense contra China”[5].

De esta manera, “el TPP (y el TTIP) diferían de manera decisiva de los acuerdos comerciales anteriores en el marco del GATT y de la creación de la OMC. Su verdadero contenido era el proteccionismo regionalizado para los Estados Unidos bajo las simples palabras de apoyo al libre comercio”[6]. Las pretensiones de Obama de escribir las reglas de la economía global quedaron truncadas con la elección de Trump.

TPP, siglas del Acuerdo Transpacífico de Cooperación Económica

El escenario global es todavía más complicado para la gran potencia, ya que habría que agregar que China viene estableciendo lazos comerciales y diplomáticos más profundos que los Estados Unidos con casi todos los países asiáticos del acuerdo transpacífico[7]. Estas naciones tienen economías que exhiben las tasas de más rápido crecimiento a nivel global en los últimos ocho años (China, India, Vietnam, ASEAN en su conjunto, etc.), a diferencia de Japón y Estados Unidos.

Por cierto, en el escenario anterior, el TPP fue blanco de otras numerosas críticas aparte de las indicadas por Ross y Scott, como el secretismo de las negociaciones y el lobby de las corporaciones, la acusación de manipulación de divisas y las controvertidas disposiciones de solución de controversias entre inversionistas-Estado, entre otras.

Algunos economistas del Peterson Institute for International Economics, tomando en cuenta que muchos partidarios de los demócratas Hillary Clinton y Bernie Sanders también se opusieron al TPP, buscan ahora apoyo en los líderes republicanos en el Congreso arguyendo que Trump debería renegociar el acuerdo. No obstante, hasta la fecha no hay indicación alguna de que la Administración Trump considere la posibilidad de revisar el tratado. El mismo Ross calificó al TPP como un « tratado estúpido » y en su lugar dice favorecer las negociaciones bilaterales donde los funcionarios estadounidenses puedan obtener más concesiones de los socios comerciales.

Ante la resignación provocada por el eventual retiro del TPP y la imposibilidad de su revisión, la discusión se ha trasladado a analizar la continua reducción del liderazgo de Estados Unidos a nivel global. Marcus Noland (2016) es enfático en aseverar al respecto que “la falta de ratificación del TPP le cedería a China el liderazgo en el establecimiento de normas comerciales en la región crítica de Asia y el Pacífico”[8]. Esto adquiere mayor sentido cuando se hacen explícitos los vínculos comerciales ya señalados de China con los países asiáticos miembros del TPP, sino igualmente al considerar que este país es sobre todo una fuerza importante detrás de un sistema de coproducción (cadenas de valor) más grande de Asia oriental.

En el mismo sentido, el Grupo de Trabajo Republicano sobre Seguridad Nacional de la Cámara de Representantes publicó un informe el 9 de junio en que señalaba: “Al retrasar el desarrollo de acuerdos comerciales fuertes, damos tiempo a nuestros competidores para socavar el sistema mundial de comercio que los Estados Unidos ha trabajado tan duro para construirlo. Países como China y Rusia están creando sus propios sistemas cerrados de comercio”[9].

La ascendencia china en la formulación de políticas comerciales probablemente iría acompañada de una mayor influencia en otras áreas donde se “beneficiaría a costa de Estados Unidos debido a otros componentes no económicos de la plataforma de Trump, como la demonización de los musulmanes y el consiguiente deterioro de las relaciones con los países de mayoría musulmana en Oriente Medio, África y Asia”[10]. Asimismo, China está impulsando iniciativas que van más allá del enfoque de Estados Unidos en el GATT y la OMC, como son el “One Belt One Road” (OBOR) y el “Banco Asiático de Inversión en la Infraestructura” (AIIB) que se proponen sentar las bases para el desarrollo práctico del comercio, en particular mediante la inversión en infraestructura.

En definitiva, China está haciendo un mayor uso de la división/socialización internacional del trabajo que otras grandes economías. El comercio de bienes y servicios de China en 2015 fue del 41,2% del PIB del país, comparado con el 36,8% en Japón y el 28,1% en Estados Unidos. Dado el éxito de su política de « apertura », corresponde a su interés nacional impulsar las propuestas para un comercio más libre y los TLC con las particularidades chinas.

 Los cuestionamientos al comercio internacional y a los tratados de libre comercio

Los documentos de la campaña de Trump criticaban no sólo la firma del TPP, sino además a los malos tratados comerciales existentes como el Tratado de Libre Comercio de América del Norte (TLCAN) y el Acuerdo de Libre Comercio entre Corea y los Estados Unidos (KORUS). Asimismo, amenazó reiteradamente con elevar los aranceles a los productos importados de China y México, y retirarse de la Organización Mundial del Comercio (OMC). Todos ellos habrían contribuido al déficit comercial y a muchos de los problemas salariales y de empleo de los Estados Unidos.

Primeramente, en varias ocasiones -incluyendo en su discurso sobre la política comercial del 28 de junio de 2016- Trump reconoció que su política podría requerir la derogación del TLCAN. A su vez, uno de los asesores de política exterior de Trump, Walid Phares, indicó que si Trump es elegido quisiera « volver a fojas cero » en todos los TLC existentes. México es el segundo mercado más importante de las exportaciones estadounidenses y el tercer socio comercial de Estados Unidos. Esta se considera la relación bilateral colindante más importante a nivel global.

Ante la creciente deslocalización que vive la industria automotriz norteamericana, las firmas con plantas en México buscan mecanismos para producir en otros países ante la mayor integración de las cadenas globales, mientras el “sindicato United Auto Workers ha defendido las posturas de Trump” puesto que señalan que pactos como el TLCAN “han alentado durante décadas la tercerización de la fabricación de miles de partes como volantes, asientos y motores”[11].

También, el mismo Trump ha desacreditado a KORUS (que se convirtió en ley en 2012 después de las negociaciones de los gobiernos de Bush y Obama) como un « acuerdo para matar trabajo » que destruyó 100.000 empleos en Estados Unidos. En caso de revisarse este acuerdo, los aranceles estadounidenses y coreanos retrocederían a niveles previamente negociados bajo las disposiciones de la Nación más Favorecida (NMF) de las respectivas leyes comerciales[12].

Por otra parte, Trump ha reiterado su plan de imponer un arancel del 35 por ciento a México muchas veces, a partir del 16 de junio de 2015, cuando anunció su candidatura. Al mismo tiempo, ha abogado por un arancel del 45 por ciento sobre los bienes chinos, básicamente como una acción compensatoria contra supuestos manejos de su divisa. En su sitio web se compromete a nombrar a China como manipulador de monedas en su primer día de gobierno. Uno de sus asesores, el economista Peter Navarro, describió la cifra del 45 por ciento como « perfectamente calculada »[13].

A lo anterior, Trump ha sumado la posible retirada de Estados Unidos de la OMC si Washington no logra renegociar algunas normas de la OMC, en particular en lo referente a tarifas aduaneras. Es poco probable que esto ocurra, y en caso de suceder, conduciría a la desarticulación de todas las negociaciones arancelarias y a la reversión de las tarifas al nivel NMF de cualquier acuerdo preexistente, posiblemente hasta los índices de Smoot-Hawley vigentes en 1934. A fines de noviembre, el director general de OMC, Roberto Azevedo, pidió no especular sobre tales advertencias, agregando que “no tengo ningún indicio de nadie de que pudiera ser así”.

El comercio internacional -o más precisamente los déficits comerciales- se ha convertido en la principal causa del declive de la manufactura norteamericana, lo que a su vez habría tenido serias consecuencias sobre los salarios y empleo de los trabajadores. Sin embargo, conviene precisar que durante el actual ciclo de recuperación -entre 2010 y el tercer trimestre de 2016- de la economía norteamericana, el déficit comercial de bienes y servicios promedió 3% del Producto Interno Bruto, frente a 5,1% en la expansión de 2002-2007. El déficit sólo de mercancías citado por Trump ha caído de 5,6% del PIB durante la expansión de 2002-2007 a 4,2% en la actual recuperación.

Los pronunciamientos de Trump en la campaña sugieren que la reducción de los déficits comerciales “bilaterales” de Estados Unidos podría ser su principal preocupación. Esto será difícil de lograr dado el principio de « reciprocidad », es decir, que los nuevos acuerdos comerciales deben aumentar previsiblemente las exportaciones tanto como aumenten las importaciones. Además, el análisis de la mayoría de las corrientes teóricas de la economía sostiene que la reducción de un déficit comercial bilateral no necesariamente se traduce en una reducción del déficit comercial total. Tal vez el déficit comercial global de Estados Unidos no sea el objetivo primordial de Trump, ya que el estímulo fiscal inherente a los recortes de impuestos y al gasto en infraestructura probablemente ampliarán dicho déficit.

En opinión de Robert E. Scott, “la globalización y los acuerdos de comercio e inversión han abierto el comercio con los países que se dedican a la manipulación monetaria y otras prácticas comerciales desleales para hacer que sus bienes sean menos costosos y menoscaben la competitividad de los productos estadounidenses”[14]. El problema central no estaría en el déficit comercial en sí mismo, al que habría que enfrentar con mayores aranceles como cree Trump, sino en la manipulación de la moneda.

En consecuencia, “la causa más importante de los crecientes déficits comerciales de Estados Unidos es la manipulación de la moneda y la desalineación de China y de otros 20 países, principalmente en Asia. Los gobiernos de estos países han comprado billones de dólares de activos extranjeros en los últimos 15 años, lo que ha hecho subir el precio del dólar estadounidense”. Esto, a su vez, “ha aumentado el precio de las exportaciones estadounidenses en todos los países en los que compiten con los manipuladores de divisas, y actúa como un subsidio a todas las exportaciones de nuestros competidores. Los crecientes déficits comerciales de Estados Unidos son responsables en gran medida de la pérdida de 5 millones de empleos manufactureros en los Estados Unidos entre enero de 2000 y diciembre de 2014[15].

Más allá que la manipulación de divisas sea la causa de fondo de los crecientes déficits comerciales de Estados Unidos, cuestión que discutiremos más adelante, importa destacar que la balanza comercial no puede ser la base del análisis del empleo[16].

De comenzarse por las propias relaciones comerciales, habría que decir que “a diferencia de los días en que Smoot-Hawley copatrocinaron la infame Ley de Aranceles de 1930, cuando las importaciones eran principalmente productos finales vendidos a los consumidores, la mitad de las importaciones de EE.UU. son hoy productos intermedios vendidos a las empresas, dice Ikenson. Las importaciones baratas ayudan a que sea rentable para éstas operar y dar trabajo a los estadounidenses”[17].

Frente a las amenazas proteccionistas de Trump, habría una profunda transformación en la economía mundial

Colocar el foco sólo en los flujos comerciales significa soslayar las relaciones sociales como base explicativa de los salarios y del desempleo. Por ejemplo, Lawrence Mishel ofrece algunas muestras: “Trump ha ignorado hasta ahora las muchas otras políticas intencionales que las empresas y el 1 por ciento superior han presionado para suprimir los salarios en las últimas cuatro décadas”. A través de la Reserva Federal se han implementado políticas que eran antagónicas al crecimiento del empleo y de los sueldos, pero favorables al sector financiero y a los tenedores de bonos. “El desempleo excesivo conduce a un menor crecimiento de los salarios, especialmente de los trabajadores con salarios bajos y medios”. Puede agregarse la austeridad gubernamental en los niveles federal y estatal que ha impedido la recuperación y el crecimiento de los sueldos. También hay un retroceso en la negociación colectiva, siendo la razón más importante en la contracción salarial (sobre todo de la de clase media). “Mientras tanto, el salario mínimo está ahora más del 25 por ciento por debajo de su nivel de 1968, a pesar de que la productividad desde entonces se ha más que duplicado”[18].

Por último, cabe señalar que de aplicarse las propuestas proteccionistas de Trump, provocarán represalias por parte de los socios comerciales de Estados Unidos, desencadenando una guerra comercial. Las relaciones comerciales se han visto tensadas, sobre todo entre Estados Unidos y China, por las reiteradas amenazas de Trump de establecer aranceles de hasta 45% a los productos hechos en el gigante asiático, como ya dijimos. Por su parte, el gobierno chino advirtió que si Washington toma alguna medida en su contra, ellos responderán.

En un informe publicado a principios de 2017, Ethan Harris, economista global de Bank of America Merrill Lynch, afirmó que “el mayor riesgo para la economía global este año es una intensificación de las tensiones comerciales entre EE.UU. y China”, agregando que “ambos países son cruciales para las cadenas globales de suministro y los mercados globales, por lo que una gran batalla sería un gran juego de saldo negativo”[19]. En verdad, esta guerra está en marcha, aunque de manera soterrada, con las sanciones antidumping aplicadas por Estados Unidos a 102 productos de China.

En cualquier caso, los efectos no se limitarían sólo a estas dos potencias y en caso de ampliarse el conflicto, pondría a la economía estadounidense en recesión y costaría a millones de estadounidenses sus empleos, según proyecciones hechas por el Peterson Institute for International Economics.

El libre comercio y la actual amenaza china

La propuesta comercial de Donald Trump representa ciertamente una ruptura con el consenso de las clases dominantes posterior a la Segunda Guerra Mundial. Este consenso en torno al libre comercio perduró en los últimos 50 años mientras la economía estadounidense experimentaba un enorme aumento de su producto interno y de la participación del comercio en éste, pero comenzó a resquebrajarse desde la Ronda de Doha de la OMC iniciada en 2001 (negativa a retirar los subsidios a los productores de algodón estadounidenses, entre otros), pasando por la promoción de acuerdos de libre comercio “bilaterales”, hasta el TPP que evidenciaba con claridad sus afanes “proteccionistas” supra regionales que excluían a China.

Más allá de este cinismo proteccionista, todos los presidentes estadounidenses, de Truman a Obama, y el público en general, declararon su apoyo a la doctrina de un comercio más libre. Es este largo compromiso que la campaña de Trump rompió, respaldándola en el hecho que la base manufacturera del país ha sido seriamente erosionada por el comercio global y los acuerdos de libre comercio en las últimas dos décadas, con claros perjuicios para los salarios y empleos de los trabajadores. Así, la política comercial pasó a convertirse -tal vez por primera vez- en una cuestión de primer orden en las elecciones y en la misma política nacional[20].

En última instancia está en cuestión el libre comercio bajo el fundamentalismo del mercado, entendido como un componente clave de la globalización neoliberal del comercio. Una pretensión que aspira a ser universalmente global acorde con una nueva forma de expansión del imperio norteamericano[21]. La propuesta comercial de Trump ha roto con ese universalismo del libre comercio y la propia globalización, para refugiarse en la implementación de políticas “proteccionistas”.

Trump comprendió que el desequilibrio del libre comercio estaba a favor, ya no de Estados Unidos, sino de China y las llamadas “economías emergentes”. Paul Samuelson, economista galardonado con el Premio Nobel, un ardiente partidario del libre comercio, ya en 2004 (artículo en Perspectivas Económicas) sugirió que el creciente poder económico de China pone en duda si el libre comercio convierte en un ganador (winner) a Estados Unidos. El miedo de la superpotencia a la economía china ha transformado a este país de posible socio estratégico en una amenaza actual, que se enfoca principalmente, en palabras de Henry Kissinger, en “el debilitamiento psicológico del adversario”, por lo cual « el imperialismo militar no es el estilo chino”.

Esta es una amenaza que tiene como sustento el espectacular aumento del poder económico de China, que asimismo cuenta con la población más grande del mundo, lo cual tendría un fuerte efecto desestabilizador. Esto ha llevado a que China sea ubicada en el centro de la globalización. A decir del keynesiano Thomas I. Palley, asesor Senior de Política Económica de la AFL-CIO, “la globalización se ha transformado gradualmente en un proyecto de « globalización centrada en China ». Este fenómeno tiene graves consecuencias económicas y geopolíticas para los Estados Unidos”[22].

Por lo demás, China es parte de un inmenso sistema integrado de producción en Asia oriental, teniendo con su población una estrecha afinidad cultural. La “real politik” de la fracción descontenta de las clases dominantes aconseja optar por una política comercial “dirigida” que reclama de sus ex socios la “nivelación del campo de juego” a través de varias medidas proteccionistas, como la manipulación de divisas y la imposición de aranceles, ya analizada.

De forma reiterada, Donald Trump ha amenazado a China con la imposición de aranceles

Con respecto a la manipulación de divisas, Trump se comprometió en su sitio web nombrar a China como manipulador de divisas en su primer día de gobierno y « comenzar un proceso que impone derechos compensatorios apropiados sobre productos chinos artificialmente baratos », bajo la amenaza de limitar las importaciones unilateralmente si no cooperan. Curiosamente, China no ha manipulado su moneda durante los últimos dos años según C. Fred Bergsten (2016), uno de los primeros en llamar la atención sobre estas prácticas. “Los chinos han intervenido fuertemente en el lado opuesto del mercado: en lugar de comprar dólares para mantener el renminbi débil, han vendido grandes cantidades de dólares para evitar que se deslice más. Su reciente intervención ha promovido la competitividad de los Estados Unidos en lugar de debilitarla”[23].

La gran mayoría de los economistas estadounidenses -neoclásicos y (pos)keynesianos- soslayan el hecho que el libre comercio mundial es llevado a cabo bajo la hegemonía del dólar donde Estados Unidos fabrica dólares de papel y el resto del mundo produce mercancías reales que los dólares de papel pueden comprar[24]. Ahora las economías compiten a través de las exportaciones para capturar los dólares necesarios que permitan servir las deudas externas denominadas en dólares y acumular reservas en dólares con el fin de mantener el valor de cambio de sus monedas locales en los mercados de divisas. Es absurdo esperar que los complejos problemas de la economía estadounidense puedan resolverse por el valor de cambio de una sola moneda extranjera.

Como “nombrar a un país como manipulador no tiene consecuencias operativas significativas”, lo que seguramente pretende Trump es tratar de “negociar con los chinos para reducir su gran superávit comercial”, según el mismo Bergsten. No obstante, como ya observamos, la reducción de un déficit comercial bilateral no necesariamente se traduce en una disminución del déficit comercial total de Estados Unidos.

En resumidas cuentas, estamos presenciando un evento clave en la economía mundial: Estados Unidos tiene su primer presidente proclamando el apoyo al proteccionismo desde la Segunda Guerra Mundial, mientras que China manifiesta su deseo de promover el aumento del comercio mundial y la globalización económica. Las circunstancias actuales analizadas le otorgan a China claras ventajas para desempeñar un papel global aún mayor, particularmente en comparación con el enfoque de Trump en Estados Unidos. De todas maneras, la continuidad de la crisis global, que ha arrastrado al comercio mundial en los dos últimos años, anuncia un escenario de agudización de las contradicciones no fácil de resolver.

Consuelo Silva Flores

Claudio Lara Cortes

Consuelo Silva Flores: Economista, Coordinadora del GT Integración y Unidad Latinoamericana del Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales (CLACSO). Miembro de la Red de Economía Mundial (REDEM) y del Consejo Directivo de la Sociedad de Economía Política Latinoamericana (SEPLA).

Claudio Lara Cortes: Economista, Director Magister en Economía, ELAP – U. ARCIS. Investigador del GT Integración y Unidad Latinoamericana y del GT de Crisis y Economía Mundial del Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales (CLACSO). Miembro de la Red de Economía Mundial (REDEM) y del Consejo Directivo de la Sociedad de Economía Política Latinoamericana (SEPLA).

Notas:


[1] Scott sostiene que debe tenerse en cuenta que los otros 11 miembros del TPP distintos a Estados Unidos tuvieron un déficit comercial de 168.400 millones de dólares con China en 2015 y un superávit comercial de casi $ 120.000 millones con los Estados Unidos en el mismo período. En opinión del autor, el déficit comercial de los Estados Unidos con los países del TPP costó 2 millones de empleos en ese país sólo en 2015, con pérdidas de puestos de trabajo en todos los Estados.

[2] Kimball, William, and Scott, Robert E. (2014). China Trade, Outsourcing and Jobs: Growing U.S. Trade Deficit with China Cost 3.2 Million Jobs between 2001 and 2013, with Job Losses in Every State. Briefing Paper #385. Washington, D.C.: Economic Policy Institute.

[3] Las importaciones chinas que ingresaron a través de Wal-Mart en 2013 probablemente totalizaron al menos $ 49.100 millones y el efecto combinado de las importaciones y exportaciones a China a través de Wal-Mart representó probablemente el 15.3 por ciento del crecimiento del déficit total de bienes de Estados Unidos entre 2001 y 2013. El déficit comercial de Wal-Mart con China habría eliminado o desplazado más de 400.000 empleos en el país entre 2001 y 2013.

[4] Epstein, Gene (2016). La peor idea de Donald Trump: poner barreras al comercio internacional. Wall Street Journal, 26 de diciembre de 2016.

[7] Principalmente, China ha propuesto conformar la Asociación Económica Regional Amplia (RCEP), un tratado de libre comercio (TLC) con los diez estados miembros de la Asociación de Naciones del Sudeste Asiático (ASEAN) (Brunei, Myanmar, Camboya, Indonesia, Laos, Malasia, Filipinas, Singapur, Tailandia, Vietnam) y los seis Estados con quien la ASEAN tiene TLC (Australia, China, India, Japón, Corea del Sur y Nueva Zelanda). Las negociaciones del RCEP se lanzaron formalmente en noviembre de 2012 en la Cumbre de la ASEAN en Camboya. China está pidiendo que se concluyan lo antes posible.

[8] Noland, Marcus (2016). A Diminished Leadership Role for the United States. En Marcus Noland (PIIE), Gary Clyde Hufbauer (PIIE), Sherman Robinson (International Food Policy Research Institute), and Tyler Moran (PIIE). Assessing Trade Agendas in the US Presidential Campaign. PIIE Briefing. September.

[9] A Better Way: Our Vision for a Confident America, House Republican Task Force on National Security, June 9, 2016, www.politico.com/f/?id=00000155-34cd-d270-ab57-f6cd1a190000

[10] Noland, Marcus (2016). Ibid.

[11] WSJ (2017). Según WardsAuto.com, “las automotrices produjeron 3,4 millones de vehículos en México en 2016 y se prevé un alza de 50% a 5,1 millones para finales de la década. De esta manera, México pasaría de representar 19,4% de los vehículos fabricados en América del Norte en la actualidad a 27,9% en 2020”. 06 de enero.

[12] « Renegociación de KORUS FTA May Dent Alliance: Funcionarios de Seúl », Yonhap, 16 de mayo de 2016, Disponible en internet en english.yonhapnews.co.kr/national/2016/05/16/11/0301000000AEN20160516004700320F.html

[13] Ver “Trump’s 45% Tariff on Chinese Goods Is Perfectly Calculated,” Los Angeles Times, July 21, 2016, www.latimes.com/opinion/op-ed/la-oe-navarro-trump-trade-china-tariffs-20160721-snap-story.html).

[14] Scott, Robert E.(2016). Currency manipulation and manufacturing job loss. Why negotiating “great trade deals” is not the answer. July 21. Economic Policy Institute.

[15] Scott, Robert E. (2016). Currency manipulation and manufacturing job loss. Why negotiating “great trade deals” is not the answer. July 21. Economic Policy Institute.

[16] Refiere al efecto neto de los flujos comerciales sobre el empleo, esto es, que las exportaciones sostienen los trabajos y las importaciones los desplazan.

[17] Epstein, Gene (2016). La peor idea de Donald Trump: poner barreras al comercio internacional. Wall Street Journal, 26 de diciembre.

[18] Mishel, Lawrence (2016). The Trump trade scam. June 29. Economic Policy Institute. Working Economics Blog. http://www.epi.org/blog/

[19] La Tercera, 7 de enero de 2017.

[20] Noland, Marcus; Hufbauer, Gary Clyde (PIIE); Robinson, Sherman (International Food Policy Research Institute) and Moran, Tyler (PIIE) (2016). Assessing Trade Agendas in the US Presidential Campaign. PIIE Briefing. September.

[21] Esta es una forma distinta a la promovida por los británicos, a través de Adam Smith, que también entendían el « libre comercio » como verdad universal, pero limitado a la esfera de influencia política dentro de su propio Imperio.

[22] Palley, Thomas I. (2013). The Perils of China-centric Globalization. En internet disponible en http://www.thomaspalley.com/docs/articles/economic_development/china-centric-globalization.pdf

[23] Bergsten, C. Fred (2016). China ya no está manipulando su moneda. Peterson Institute for International Economics-PIIE. 18 de noviembre.

[24] La cuestión del valor de cambio del yuan chino en relación con el dólar de EE.UU. es un problema técnico menor dentro del régimen peculiar de la hegemonía del dólar. No tiene una importancia macroeconómica fundamental.

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Discusiones sobre la tragedia siria

janvier 19th, 2017 by Claudio Katz

El giro de la guerra no atenúa el desastre humanitario. La sublevación democrática inicial fue usurpada por el yihadismo y se transformó en un conflicto entre bandos regresivos. En un escenario de ocaso de la primavera árabe y preeminencia del fundamentalismo despunta la perspectiva progresiva de un estado kurdo.

Las grandes potencias disputan intereses en un conflicto internacionalizado. Más intensa es la batalla por la hegemonía entre cuatro sub-potencias regionales. En la actual combinación de conflictos corresponde priorizar las batallas populares frente a las tensiones geopolíticas.

Es tan equivocado justificar los crímenes del gobierno, como ignorar la confiscación reaccionaria de la revuelta. Los errores provienentes del registro exclusivo de disputas inter-estatales no se superan con neutralismo. Lo ocurrido en Siria es una advertencia para América Latina.

La derrota sufrida por los yihadistas y denominados rebeldes en Alepo anticipa un giro en el desangre de Siria. Si el avance de las tropas del gobierno apoyadas por Rusia e Irán se confirma en las próximas batallas, la contienda podría quedar definida.

Este viraje se juega también en Mosul. La coalición de iraquíes, kurdos, turcos que actúa con apoyo aéreo de Estados Unidos y Francia acorraló a los fundamentalistas en su bastión de Irak.

Estos desenlaces cambiarían el mapa del conflicto pero no la tragedia que padece la región. Es previsible un desplazamiento de los enfrentamientos hacia otras zonas y la sustitución de choques entre militares por escaladas de terror contra la población civil. Las alertas ya se multiplican en todas las ciudades de Medio Oriente y Europa.

En Alepo se consumaron las mismas masacres que pulverizaron a otras ciudades multiétnicas. En el conflicto se computan más de 250.000 muertes y cuatro millones de refugiados. El nivel de barbarie se verifica en el tráfico de órganos humanos que realizan los contrabandistas entre los sobrevivientes (Armanian, 2016e). Los descendentes del despojo padecido por los palestinos vuelven a padecer el mismo destino de sus antecesores (Ramzy, 2015). Junto a la denuncia de esos crímenes resulta indispensable esclarecer lo ocurrido.

REBELIÓN Y USURPACIÓN

Hace seis años comenzó en Siria una sublevación con demandas democráticas semejantes a Egipto y Túnez. Ese levantamiento formó parte de las mismas protestas contra regímenes autocráticos que caracterizó a la primavera árabe. El movimiento se popularizó e incluyó la creación de comités para exigir reformas políticas. Pero la represión oficial superó todo lo conocido y desencadenó una guerra civil.

En su debut la rebelión despertó enormes simpatías, incentivó la deserción de cuadros militares y dio lugar al surgimiento de zonas liberadas. En términos políticos reunió una coalición de hermanos musulmanes, liberales y sectores progresistas. Pero el carácter sangriento de los enfrentamientos precipitó la militarización del campo opositor. Las organizaciones armadas se afianzaron en un escenario de variable empate.

Barack Obama (presidente de Estados Unidos) y Bashar Al-Assad (presidente de Siria)

El primer cambio de la rebelión se consumó con la presencia de los asesores provistos por Estados Unidos. El segundo viraje se concretó con el predominio de milicias yihadistas que no habían participado en la gestación de la sublevación. Como los fundamentalistas islámicos (salafistas) son acérrimos enemigos de los derechos ciudadanos, su dominio de la revuelta sepultó el sentido democratizador del alzamiento,

Los yihadistas se impusieron mediante acciones brutales. Varios grupos contaron con la financiación de Qatar y Arabia Saudita (Jaish al-Islam) y otras fracciones actuaron en forma más autónoma (Jabhat al-Nusra). Turquía aportó logística, circulación en las fronteras y contingentes propios (Ahrar as-Sham). Estas potencias sunitas apostaron a una ocupación extranjera, semejante a la registrada en el Líbano durante los años 80.

Entre los yihadistas se consolidó el protagonismo del grupo EI (Ejército Islámico, ex ISIS), que intentó establecer los cimientos de un Califato en las zonas conquistadas de Siria e Irak.

Al principio Estados Unidos avaló la presencia de estas bandas suponiendo que acelerarían la caída de Assad, sin quitarle el timón de la oposición a los sectores del ELS (Ejército Libre de Siria), manejados por el Pentágono.

Pero los fundamentalistas superaron a los grupos pro-occidentales y se apropiaron de su armamento. Tal como ocurrió con los talibanes y Al Qaeda, Estados Unidos perdió el control del campo que esperaba manejar.

En las zonas bajo su dominio, los salafistas impusieron códigos medievales contra las minorías religiosas. Asesinaron cristianos y kurdos, degradaron a las mujeres y quebraron la convivencia entre pueblos y creencias.

Esa usurpación transformó un conflicto inspirado en anhelos democráticos, en una batalla entre dos bandos igualmente reaccionarios y crecientemente contrapuestos por pertenencias comunitarias. Como acertadamente señaló un analista, esa degeneración enterró la sublevación inicial (Kur, 2016).

El avance militar de los yihadistas quedó detenido el año pasado. El gobierno de Assad reconquistó territorios con el auxilio de los bombardeos rusos y las acciones de las milicias pro-iraníes (Hezbolah). Contó también con el sostén de las comunidades alawitas, chiitas y cristianas aterrorizadas por el salvajismo de los salafistas. Cuando la guerra privó al país de alimentos y medicinas básicas, ambos bandos reclutaron a los desesperados por sobrevivir bajo alguna protección.

Los dos campos cometieron horrendos crímenes documentados por numerosas crónicas periodísticas (Febbro, 2016; R.L, 2016; Al-Haj Saleh, 2016). Esa barbarie compartida confirma la disolución del componente progresivo inicial que tuvo el conflicto.

PRIMAVERA, YIHADISMO Y KURDOS

El curso de la guerra en Siria sintonizó con tres procesos regionales. En primer lugar, la confiscación de la lucha democrática profundizó el retroceso general de la primavera árabe. Ese levantamiento ha quedado socavado por represiones dictatoriales y guerras yihadistas (Cockburn, 2016).

En medio de atentados y atropellos contra los trabajadores, en Túnez gobierna un ex ministro del viejo régimen de Ben Alí. En Egipto los militares restauraron el brutal sistema precedente, desplazando al gobierno electo de los hermanos musulmanes.

Los golpistas emiten condenas a muerte, engrosan las abarrotadas prisiones y torturan a miles de personas. Cuentan, además, con el aval de Estados Unidos y la co mplicidad de Europa. Su conducta confirma el carácter reaccionario de las cúpulas militares enfrentadas con el islamismo.

En Libia se verifica la misma regresión. Gadafi fue tumbado por el operativo que montó la OTAN para dividir al país. Occidente usufructúa de esa partición junto a Qatar y Turquía (que manejan la región de Trípoli) y Arabia Saudita (que se reparte el Torbuk con Egipto). Tal como ocurrió en África durante década anterior, el territorio ha sido reorganizado bajo el control de los señores de la guerra (Zurutuza, 2014).

En Irak continúa la demolición impuesta por un desangre sectario entre sunitas herederos de Sadam y chiitas asociados con Irán. Estados Unidos tolera esa matanza y supervisa la fractura del país, mediante frecuentes cambios de bando.

También los palestinos sufren las consecuencias de este dramático escenario regional. Israel refuerza la expropiación de Cisjordania extendiendo muros, apropiándose del agua y forzando la emigración.

En este desolador contexto zonal se asienta un segundo proceso de gravitación contrarrevolucionaria de los yihadistas. Esos grupos son continuadores del terrorismo talibán, que Estados Unidos fomentó hace varias décadas para expulsar a la Unión Soviética de Afganistán.

Las potencias occidentales han utilizado las milicias salafistas para destruir a los regímenes adversarios. Ese desmoronamiento refuerza la extinción de todos los vestigios de laicismo y modernización cultural.

Los fundamentalistas son una fuerza transfronteriza que se alimenta del odio generado por las agresiones imperialistas. Prometen regenerar la sociedad con estrictas normas de autenticidad religiosa, que incluyen alcanzar el paraíso a través de la inmolación suicida (Hanieh, 2016). La atracción que suscita entre jóvenes desengañados no sólo tiene fundamentos místicos. Expresa también el anhelo milenario de alcanzar la unidad árabe por medio de un Califato, asentado en la unanimidad religiosa (Jahanpou, 2014a).

Los yihadistas encarnan la versión extrema de la vertiente sunita del islamismo, en histórica rivalidad con los chiitas. Por eso trasladaron a Siria la guerra sectaria que desgarró a Irak. Los asesinatos que perpetraron en Túnez ilustran, además, su pretensión de disolver el sindicalismo y erradicar la militancia. Son destructores de la organización popular, exponentes de la barbarie (Achcar, 2015) o representantes de nuevos fascismos con referentes religiosos (Rousset, 2014).

Tal como ocurrió con Bin Laden tienden a desenvolver acciones propias que escapan al control de sus creadores (Petras, 2016). La variante más reciente del yihadismo surgió en las cárceles de Irak entre los oficiales del disuelto ejército de Sadam. Formaron el EI para resistir la expulsión de los sunitas del estado y para rechazar del acuerdo de gobernabilidad concertado por Estados Unidos con Irán (Rodríguez, 2015).

Pero a diferencia de sus precursores de Al Qaeda algunas vertientes han intentado construir un estado. Ocuparon pozos petroleros y se financiaron con la comercialización del crudo. Si ese proyecto territorial fracasa retomarán e l uso generalizado del terror.

Protestas en buena parte del mundo musulmán

En este terrible escenario se incubó un tercer acontecimiento inesperado y positivo: la consolidación de zonas autónomas bajo el control de los kurdos. Este grupo nacional aglutina a la mayor minoría sin estado de todo el planeta. Diseminados en varios países, sus derechos han sido negados por incontables gobiernos.

En su valiente resistencia al yihadismo crearon la posibilidad de un Kurdistán independiente (Feffer, 2015). Si obtienen esa meta conseguirán el objetivo que los palestinos no han logrado alcanzar.

Esa perspectiva abre una luz de esperanza en la tragedia de Medio Oriente. Combatiendo al ISI los kurdos ya construyeron un semiestado dentro de Irak. Han pactado con el gobierno chiita aprovechado el momentáneo aval de Estados Unidos y buscan reconstruir en Irán la efímera república que forjaron en los años 40.

En Siria batallaron durante años por su autonomía, pero en el conflicto actual establecieron un acuerdo con Assad para combatir a los yihadistas. Con un armamento muy limitado han logrado significativas victorias.

En Kobane demostraron la supremacía del heroísmo y la auto-defensa sobre el terror. Sus milicias integradas con mujeres, guiadas por normas de laicismo e impulsadas por proyectos económicos cooperativos son la contracara del oscurantismo yihadista (Kur, 2015).

Las victorias de los kurdos permitirían restaurar la convivencia entre árabes, armenios , turcomanos y asirios. Introducen un contrapeso progresista al ocaso de la primavera y a la reacción salafista.

EPICENTRO DE CONFLICTOS GLOBALES

La guerra actual difiere en el plano geopolítico de lo ocurrido en Libia. Allí prevaleció la unanimidad imperialista, Rusia jugó un papel secundario, Irán no fue determinante y las subpotencias que financiaron a la oposición se repartieron amigablemente el petróleo. Por el contrario en Siria se han concentrado múltiples conflictos internacionales.

Estados Unidos intentó aprovechar la rebelión democrática inicial para deshacerse de Assad. El cuestionado presidente no conserva ningún gramo del viejo antiimperialismo, pero actúa con un imprevisible pragmatismo. Aunque participó en la invasión yanqui a Irak, preserva una autonomía inadmisible para el Departamento de Estado. Por eso Obama intentó tres fracasadas políticas para derrocarlo.

Primero tanteó la instauración de una zona área de exclusión y amenazó con bombardeos directos. Pero no logró la cobertura de las Naciones Unidas, ni el sostén requerido para montar el control internacional de los arsenales químicos.

Posteriormente propició la división del país en cantones, en el escenario de caos que potenciaron los grupos del ELS manejados por la CIA. Como Assad se negó a exilarse y el yihadismo copó el bando rebelde, Washington optó por una negociación con Rusia para neutralizar a los fundamentalistas. Decidió tolerar al régimen, en el marco de las nuevas tratativas para logar el desarme nuclear de Irán (Armanian, 2016c).

Pero estas vacilaciones paralizaron a Obama y empujaron a los republicanos a exigir la continuidad de la campaña militar. Incluso Hilary propuso el endurecimiento y la intervención del Pentágono. La caída de Alepo implicó finalmente una derrota de Estados Unidos, que revierte sus avances en Libia y consolida sus retrocesos en Irak.

Nadie sabe qué hará Trump, pero ya anticipó un mayor apoyo a Israel que conduciría a retomar el hostigamiento de Assad. Avalará en la ONU el colonialismo sionista y amenaza con trasladar la embajada yanqui a Jerusalem. Los tres principales funcionarios militares del nuevo presidente (Flynn, Pompeo y Mattis) son partidarios de romper el acuerdo nuclear con Irán.

Pero reactivar el conflicto con Siria choca con la tregua sugerida a Rusia para confrontar con China. Renovar la presión militar sobre Damasco no es compatible con los acuerdos propuestos a Putin, para compatibilizar los gasoductos proyectados por Rusia (South Stream) y Estados Unidos (Nabucco). Es también difícil priorizar esos convenios hostilizando al mismo tiempo a Irán (Ramonet, 2017).

Hasta ahora Europa ha seguido las políticas más duras que impulsó Estados Unidos en Siria. Especialmente Francia incentivó el derrocamiento de Assad, facilitando la circulación de los yihadistas y la financiación de su armamento. Hollande busca ahora mayor protagonismo en la captura de Mosul.

Esta conducta fue reforzada con la utilización reaccionaria de los atentados padecidos por la población gala. No sólo volvió a imperar un doble rasero, para subrayar que la vida de un francés vale más que su equivalente del Tercer Mundo. La marcha oficial frente a lo ocurrido en Charlie Hebdo fue precedida por la prohibición de manifestaciones palestinas e incluyó la presencia de Netanyahu, como una explícita provocación al mundo árabe.

También los refugiados son manipulados para justificar operaciones bélicas de “protección humanitaria”. Mientras cierra las fronteras y convalida los naufragios en el Mediterráneo, Hollande multiplica el envío de tropas que potencian el éxodo de la población civil (Alba Rico, 2015).

Ese belicismo se explica por los negocios franceses con Arabia Saudita o Qatar y por los intereses coloniales que el yihadismo amenaza en África. Pero un ala del establishment (Fillon) ya propicia replanteos. Francia padece al mismo Frankestein que afecta a Estados Unidos desde el atentado de las Torres Gemelas.

La creciente participación de ciudadanos franceses de origen árabe en el yihadismo agrava el problema. La atracción del fundamentalismo entre los jóvenes desposeídos aumenta con la criminalización de los musulmanes y la expansión del fascismo islamofóbico.

En Siria se dirimen también las tensiones de Occidente con Rusia. En los últimos años la OTAN desplegó misiles en Europa Oriental, creó repúblicas fantasmales (Kosovo), propició incendios fronterizos (Georgia) e indujo golpes de estado entre los aliados estratégicos de su contrincante (Ucrania).

Pero la pasividad de la era Yeltsin quedó atrás y Putin encabeza una reacción defensiva en la esfera geopolítica (recaptura de Crimea) y económica (expropiación del magnate pro-Exxon Jodorkovski). La presencia rusa en Siria apuntala ese contrapeso.

Putin subió la apuesta luego del ataque del ISI a un avión ruso en Sinaí. Está empeñado en prevenir el resurgimiento de las milicias islamistas en su radio de Chechenia. Acordó con Obama el bombardeo a los grupos yihadistas y luego aprovechó el desconcierto de Estados Unidos para socorrer al acosado Assad.

Rusia apuntala en Siria sus propios intereses militares (una base naval y otra aérea) y económicos (gasoductos). Se encuentra en una situación muy distinta a la padecida cuando perdió Afganistán o se desplomó la URSS.

Pero compensar la fragilidad económica interna con expansión militar puede desembocar en el desastre que demolió al imperio zarista. El momento de gloria que vive Putin disimula las limitaciones de su maquinaria bélica y el dudoso sostén interno a operaciones de mayor envergadura (Poch, 2017).

La internacionalización del conflicto sirio condujo incluso a China a atenuar su estrategia general de prescindencia. A diferencia de lo ocurrido en Libia, ahora participa en las negociaciones sobre el futuro del país. Teme la expansión del yihadismo en sus fronteras y necesita asegurar el abastecimiento de petróleo. La estabilidad de Medio Oriente es vital para su proyecto de forjar un gigantesco emprendimiento comercial, emparentado con la vieja ruta de la seda.

DISPUTAS REGIONALES

Los conflictos entre las subpotencias de la región han influido más que las tensiones globales en el desgarro de Siria. Israel interviene en sintonía general con Estados Unidos. Pero hace valer intereses colonialistas que rompen el equilibrio de la primera potencia con sus socios del capitalismo árabe.

Netanyahu aprovechará el ascenso de Trump para intentar la captura completa de Cisjordania liquidando la farsa de los dos estados (Pappé, 2016). Con ese objetivo incentivó la demolición de Siria a través de bombardeos y socorros de la retaguardia yihadista. Esperaba destruir a un adversario que alberga palestinos y oxigena a Irán.

El gobierno israelí no acepta perder el monopolio atómico regional frente a las instalaciones construidas por los Ayatollahs. Despotricó contra el acuerdo nuclear que suscribió Obama y se dispone a dinamitar ese convenio, para revertir el resultado adverso de la guerra en Siria.

Arabia Saudita es un segundo protagonista que encabezó el sostén a los yihadistas para tumbar a Assad. Su régimen criminal-monárquico es la principal referencia de los fundamentalistas. El nuevo rey Salman inauguró por ejemplo su mandato con un récord de 153 ejecutados (Gómez, 2016).

Los sauditas disputan hegemonía con Irán recurriendo a fundamentos del Corán. Retoman la antigua contraposición entre sunitas y chiitas, que se cobró más de un millón de muertos en la guerra entre Irak e Irán (Jahanpour, 2014b).

Los monarcas saudíes no toleran la preeminencia lograda por sus adversarios en el régimen que sucedió a Sadam Hussein. Exigen, además, el sometimiento de todos los pobladores chiitas de la península arábiga, que encabezaron protestas durante la primavera árabe (Luppino, 2016).

En el estratégico enclave de Yemen los jeques comandan una atroz escalada de masacres, que ha creado una tragedia de desabastecimiento de agua y alimentos (Cockburn, 2017). Cuentan con la colaboración aérea de Inglaterra y la complicidad logística de Francia (Mundy, 2015). Mantienen, además, una estrecha asociación de compra de armamento y sostén del dólar con Estados Unidos (Engelhardt, 2016). Pero con el manejo de una colosal renta del crudo han construido un poder propio, que genera múltiples conflictos con Washington.

En los últimos años Estados Unidos incrementó su abastecimiento interno de combustible, redujo la dependencia de sus proveedores y utilizó el petróleo barato como instrumento de presión sobre Rusia e Irán, afectando también a sus socios sauditas.

Probablemente los monarcas avalaron la caída del precio para afectar la rentabilidad de la producción norteamericana (extracción con shale) y recuperar predominio. Pero también priorizaron la convergencia con Estados Unidos para disciplinar a la OPEP y debilitar a Teherán. Con Trump se avecinan nuevos acercamientos (guerra del Yemen) y distanciamientos (más negocios con Europa que con América).

Más conflictivo es el destino futuro de los yihadistas. Al igual que en Pakistán, nunca se sabe cuánto protegen los monarcas sauditas a los grupos terroristas que desestabilizan a Occidente (Petras, 2017).

Por esa razón más de un estratega del Departamento de Estado evalúa la conveniencia de promover una balcanización de Arabia Saudita. Exploran la posibilidad de transformar a ese país en una colección de impotentes mini-estados, semejantes a Qatar o Barheim (Armanian, 2016b).

El tercer actor regional -Irán- disputaba en la época del Sha poder regional con los Sauditas, dentro de un mismo alineamiento pro-norteamericano. Pero desde hace décadas el régimen teocrático choca con Estados Unidos. Apuntala especialmente el régimen de Assad para reforzar su preeminencia en Irak y contrarrestar el acoso saudita en Yemen. Participa en Siria no sólo con armas y asesores, sino con cierto despliegue de fuerzas regulares. Además, recluta chiitas en el mundo árabe con la misma intensidad que sus adversarios sunitas (Behrouz, 2017).

Los Ayatollah le permitieron a Rusia incursionar desde su territorio contra el ISI, pero mantienen abiertas las negociaciones nucleares iniciadas con Obama. Al cabo de varias décadas de aislamiento económico el régimen acepta un desarme parcial, a cambio de inversiones occidentales. Tramita un lugar protagónico en los gasoductos que diseñan las compañías petroleras (Armanian, 2016d) .

Los socios privilegiados del capitalismo iraní se definirán en la intensa batalla interna que libra el ala pro-occidental de Rohani, con la vertiente tradicionalista de Jameini. Todos buscan desactivar un descontento reformista que amenaza la supremacía de los teólogos y militares en el manejo del gobierno.

Finalmente la cuarta potencia regional -Turquía- pertenece a la OTAN y alberga una base militar con ojivas nucleares apuntando a Rusia. Pero los herederos del imperio otomano también operan como una sub-potencia con vuelo propio.

Especialmente el gobierno islámico-sunita conservador de Erdogan intentó un liderazgo de la zona, en estrecha alianza con la hermandad musulmana de Egipto. Pero luego del derrocamiento de ese sector consumó un cambio de frente, buscando primacía en la ofensiva contra Assad. Motorizó la acción de los yihadistas en Siria e incluso derribó un avión ruso para forzar la intervención directa del Pentágono. Con el mismo propósito potenció la crisis de los refugiados en Europa (Armanian, 2015).

Pero el peligro de gestación de un estado kurdo precipitó otro viraje espectacular de Erdogan. Turquía se forjó como país en la negación de los derechos de esa minoría y su gobierno complementa el viejo exclusivismo nacional (una sola lengua, raza e idioma) con el sostén religioso de las mezquitas (Gutiérrez, 2016).

Erdogan se sumó al bloque de rusos e iraníes para bloquear la expansión de los kurdos en sus fronteras. Rompió la tregua con los encarcelados líderes de esa minoría en Turquía y apuesta a negociar con Assad la obstrucción total de los anhelos kurdos (Lorusso, 2015).

El presidente cambió de bando para confrontar internamente con los pacifistas, laicos y progresistas que avalan las demandas (o las negociaciones) con los kurdos. Propicia un giro totalitario que inició desarticulando el improvisado golpe de estado reciente. Quizás montó un auto-golpe para justificar las persecuciones (Cornejo, 2016) o afronta conspiraciones pro-norteamericanas de los descontentos con su aproximación a Rusia (Armanian 2016a).

En cualquier caso, Turquía es un polvorín sacudido por choques en la cúpula militar. Erdogan sostiene a la fracción islamista que promueve un proyecto hegemónico neo-otomano (rabiismo) frente a sectores más atlantistas (kemalismo), en un marco de fracasado ingreso a la Unión Europea (Savran, 2016). En la guerra de Siria se dirime la supremacía de un grupo sobre otro.

CARACTERIZACIONES Y POSICIONAMIENTOS

La complejidad de la guerra en Siria obedece a una intrincada combinación de conflictos. La rebelión popular inicial se entremezcló con las tensiones entre potencias regionales y globales (Cinatti, 2016).

Ese tipo de mixturas en un mismo escenario bélico ha sido frecuente en la historia. La Segunda Guerra Mundial sintetizaba, por ejemplo, choques interimperialistas (Estados Unidos-Japón, Alemania-Inglaterra), con resistencias democráticas al fascismo y defensas de la URSS ante la restauración capitalista. Estos dos últimos componentes determinaron el alineamiento de la izquierda en el campo de los aliados (Mandel, 1991).

Para tomar partido en conflagraciones de este tipo, resulta necesario caracterizar cuál es el campo que contiene demandas legítimas o facilita triunfos populares. Es vital priorizar la lucha por abajo, para distinguir a las fuerzas más progresivas de cada escenario. Los conflictos geopolíticos nunca son indiferentes a la acción popular, pero están subordinados al curso de esas batallas.

Lenin propició esta estrategia socialista que jerarquiza los combates populares y toma en cuenta las tensiones por arriba. Superó el error de considerar tan sólo la confrontación con el enemigo principal o sostener ciegamente cualquier rebelión, omitiendo su función en el escenario global.

En el caso actual de Siria han prevalecido momentos de prioridad de la lucha democrática (levantamiento inicial contra Assad), derrota de los criminales reaccionarios (yihadismo) o sostén de los movimientos más avanzados (kurdos). En todos los casos se han verificado situaciones controvertidas.

En el debut de la primavera árabe las movilizaciones democráticas eran tan válidas en Túnez como en Siria. Pero esta última rebelión perdió legitimidad cuando fue usurpada por el oscurantismo.

En el caso de los kurdos, la enorme progresividad de su lucha no queda anulada por la protección coyuntural que obtienen de Estados Unidos. Por la misma razón persiste la validez de la causa palestina, a pesar de la financiación que brinda Qatar al Hamas e Irán al Hezbolah.

La imperiosa necesidad de frenar la barbarie yihadista condujo también a intensos debates en Mali, frente al arribo de tropas colonialistas francesas (Amin, 2013; Drweski,  Page 2013).

No es sencillo definir en Medio Oriente cómo se apuntala la lucha popular, en medio de las tensiones geopolíticas que inciden en esa batalla. Conceptualizar a los principales protagonistas de esas disputas contribuye a esas definiciones.

Estados Unidos comanda un bloque imperialista que ha destruido al mundo árabe con bombardeos, drones y asesinatos selectivos. Permanece en Afganistán amparando aventureros -que se financian con el cultivo de estupefacientes- y en la descalabrada sociedad iraquí, sostiene a los clanes más corruptos.

Washington redefine actualmente sus estrategias, sin perder el lugar preeminente que ocupa en la reproducción del orden capitalista global. Auto-limita su poder de intervención recurriendo a manejos indirectos (“soft power”) y una gestión imperial colectiva, que en Medio Oriente opera a través de un apéndice directo (Israel).

Vladímir Putin, un actor clave en el conflicto sirio

Las potencias regionales desenvuelven políticas sub-imperiales, guiadas por una cambiante relación de subordinación, autonomía y conflicto con el imperialismo central. Definen todas sus acciones en función de esos objetivos de supremacía zonal. Las variedades tradicionales (Turquía), nuevas (Sauditas) y en recomposición (Irán) de ese perfil se han verificado en la contienda de Siria. La intervención de esos países clarifica el sentido actual del sub-imperialismo, que fue conceptualizado en los años 70 con otros propósitos.

Finalmente el papel de Rusia debe ser evaluado en otro plano. No es un adversario ocasional, sino un rival estratégico de Estados Unidos. El Pentágono confronta desde hace mucho y en forma permanente con ese país.

Rusia no es la URSS. Se ha consolidado como una economía capitalista integrada a la mundialización neoliberal y actúa en Siria en función de los intereses de las clases dominantes y la burocracia del Kremlin.

Es una potencia con tradiciones imperiales que no opera a esa escala, sino en un nivel más precario. Por esa razón se perfila como un imperio en formación, que igualmente afecta la primacía de Occidente en Medio Oriente. Esa intervención puede cambiar la relación internacional de fuerzas, pero no constituye por sí misma una acción progresiva o favorable a los pueblos [1].

GOBIERNO Y OPOSITORES

Los debates sobre Siria oponen en la izquierda a los defensores del gobierno y del bando opositor. La tesis favorable al régimen no ignora su carácter represivo, pero subraya su impronta laica, progresista y multiétnica. Destaca la necesidad de asegurar la integridad territorial de ese estado, frente a la disgregación sufrida por Libia e Irak. También describe cómo las conspiraciones imperiales intentan socavar a un gobierno heredero del proyecto panárabe (Fuser, 2016).

Pero Assad no cometió excesos ocasionales. Encabeza un régimen atroz que reprimió en forma sanguinaria a los manifestantes. Los disparos a mansalva, bombardeos de aldeas y asesinatos de familias continuaron los crímenes de 1982 en la localidad de Homs.

El gobierno actual no guarda ningún parentesco con la constitución inicial de un estado aglutinante de todas las comunidades. Desde hace años aplica ajustes del FMI y apuntala la corrupción de camarillas que se enriquecieron con la gestión neoliberal.

La involución del Baath sirio se asemeja a la trayectoria seguida por Sadam Hussein o Gadafi. Todos debutaron con proyectos reformistas y concluyeron gobernando para clanes mafiosos.

La virulencia represiva de Assad reproduce también lo ocurrido en la década pasada en Argelia, cuando el gobierno desconoció un triunfo electoral islamista, precipitando matanzas de ambos bandos. Con los mismos pretextos de contener al fundamentalismo, el dictador egipcio Sisi descarga una virulenta represión contra la oposición.

Los reclamos democráticos de la población siria siempre tuvieron la misma legitimidad que las exigencias de otros pueblos. Esas demandas han sido enarboladas contra tiranos prohijados o enemistados con Estados Unidos.

Al razonar con criterios puramente geopolíticos desconociendo estos hechos, no sólo se ignoran las aspiraciones populares. Se cierra los ojos ante masacres que ningún progresista puede avalar. Esa actitud condujo durante décadas a dañar la causa del socialismo ignorando los crímenes de Stalin.

La tesis opuesta y favorable a la rebelión se ubicó al principio en la trinchera correcta, pero desconoció la degeneración ulterior de la revuelta. Algunos niegan esa involución afirmando que el levantamiento democrático se profundizó y radicalizó. Reivindican a los rebeldes y objetan la gravitación asignada a la CIA o al yihadismo (García; Dutra, 2016).

Pero los crímenes cometidos en el bando opositor desmienten esa evaluación. No tiene sentido hablar de una “revolución siria” luego de la confiscación perpetrada por lo salafistas. Esa expropiación sepultó el carácter progresista que al principio tuvo el segmento rebelde.

El grueso de los insurgentes no pertenece a genuinos grupos de resistentes obligados a pactar con el diablo. Están muy lejos de los irlandeses del IRA (que aceptaban armas del Kaiser) o de los maquis franceses (que recibían pertrechos de los norteamericanos). Al igual que los kosovares de Europa Oriental, primero quedaron bajo el radar de la OTAN y luego repitieron el devenir reaccionario de los talibanes.

El antecedente libio es muy esclarecedor de los errores cometidos por algunos pensadores de la izquierda, que idealizaron a los rebeldes monitoreados por el Pentágono. No sólo fue desacertado reclamar armas para ese sector, sino también aprobar la “zona aérea de exclusión” que establecieron las potencias occidentales. La caída de Gadafi no fue un “triunfo popular” sino un logro de las fuerzas reaccionarias.

Estas experiencias constituyen una advertencia para la acción actual de los kurdos, que cuenta con el visto bueno de Estados Unidos. Existen cuestionados liderazgos asociados con Israel, en un contexto controvertida evolución de los dirigentes apresados en Turquía (De Jong, 2015). Conviene recordar que la heroica lucha de los kurdos siempre estuvo signada por dramáticas manipulaciones y traiciones (Fisk, 2015).

Pero hasta ahora ninguno de esos peligros anuló la progresividad de la resistencia kurda. Esa lucha se diferencia del trágico curso seguido por la rebelión siria.

Cuando un conflicto se desliza hacia la encerrona que padeció el combate contra Assad, lo más positivo es frenar el desangre. Ese sacrificio destruye la capacidad de acción de los pueblos. Muchos años de confrontación entre bandos regresivos agotó por ejemplo a la población del Líbano y Argelia, que ya no tuvo disposición para participar en la primavera árabe. La actual demolición sectaria de Irak constituye otro desastre del mismo tipo.

Las iniciativas para alcanzar el fin de las hostilidades aportan las mejores propuestas de resolución progresista del conflicto sirio. Muchas personalidades y movimientos han trabajado en esta dirección. Denunciaron la intervención del imperialismo y promovieron negociaciones bajo la égida de las organizaciones populares (Katz, 2013). El mismo planteo exponen en la actualidad distintos pensadores y corrientes políticas (Domènech, 2016).

CAMPISMO Y NEUTRALIDAD

El segundo debate en la izquierda gira en torno a la valoración de los conflictos geopolíticos que condicionan la guerra en Siria. Una tesis destaca que existen dos campos en disputa: el imperialismo occidental liderado por Estados Unidos y el alineamiento de Rusia con Irán y Turquía. Estima que el triunfo de Assad favorece la multipolaridad que encarna esta última alianza (Fuser, 2016). Otros realzan especialmente el rol de Rusia en la gestación de esa alternativa (Zamora, 2016).

Pero esta visión juzga lo ocurrido en Siria en función del tablero mundial, olvidando la rebelión democrática que detonó los conflictos en ese plano. Observa sólo la intervención de las potencias y desconoce la acción popular. Por eso evalúa al gobierno sirio como si fuera un simple peón del ajedrez global. Omite los crímenes de Assad suponiendo que son datos secundarios de una gran partida internacional.

Con la mirada puesta en las tensiones inter-estatales ese abordaje sugiere que la primavera árabe no existió. A lo sumo considera su impacto sobre Egipto o Túnez, sin incluir a Siria en ese proceso. Las revueltas populares son también percibidas como manipulaciones de las embajadas estadounidenses, mediante frecuentes comparaciones con las “revoluciones de terciopelo” de Europa Oriental.

Pero esa analogía sólo registra la afinidad de la clase media liberal árabe con los valores norteamericanos, omitiendo que las protestas no irrumpieron en ningún país emulando a Occidente. Al contrario, estuvieron motivadas por el rechazo a las tiranías serviles de Estados Unidos (Mubarak, Ben Alí). En la mayoría de los casos predominó la misma hostilidad hacia el imperialismo que se observa en América Latina.

Es un gran error suponer que las transformaciones progresistas surgirán de una pulseada global entre potencias. Esos avances sólo pueden gestarse al calor de una acción popular, que debería ser el foco de atención de todos los pensadores de izquierda.

Mirando sólo las tensiones en la cúspide resulta imposible definir cuáles son las fuerzas progresivas en Medio Oriente. Los kurdos, por ejemplo, han sido últimamente protegidos por Estados Unidos y hostilizados (o a lo sumo tolerados) por el bando opuesto que integra Turquía.

Si se prioriza la gravitación del universo geopolítico correspondería denunciar (en lugar de apuntalar) las acciones de esa minoría. Es lo que sugieren algunos “campistas” extremos, en su descripción de los kurdos como agentes del imperialismo (Gartzia, 2016).

El desacierto general de ese enfoque proviene de suponer que el enemigo de mi enemigo se ha convertido en un buen aliado. Olvida que los yihadistas enfrentados con Washington no son mejores que el imperio.

La simplificación en torno a dos campos recrea el viejo modelo de muchos partidos comunistas de posguerra, que evaluaban cualquier acontecimiento en función del choque entre áreas socialistas y capitalistas.

En cualquier caso Rusia ya no es la URSS y carece de sentido justificar al régimen de Assad por el sostén que recibe de Putin. Ese apoyo obedece, además, a cálculos geopolíticos variables. De la misma forma que Siria acompañó a Estados Unidos en la guerra contra Irak, Rusia mantiene acuerdos de cooperación militar con Israel, especialmente en el manejo de los drones.

El viejo ultimátum de “ubicarse en uno de los dos campos” desprestigia a la izquierda. La realpolitik obstruyó en el pasado el proyecto socialista, con avales a la invasión rusa de Checoslovaquia, que impidieron apuntalar la renovación anticapitalista. El neoliberalismo se nutrió de esas frustraciones.

El planteo opuesto al “campismo” realza la existencia de dos bandos geopolíticos igualmente regresivos en el conflicto actual. Remarca que el eje de Siria, Rusia e Irán es tan nefasto como el alineamiento de Estados Unidos, Francia y Arabia Saudita (Alba Rico, 2016). Este enfoque considera que el escenario actual se asemeja a las guerras inter-imperialistas de principio del siglo XX y convoca a desenvolver la oposición a ambos polos.

Esta visión defiende acertadamente el derecho de los pueblos a rebelarse contra los gobiernos represivos. También denuncia el mar de sangre generado por los dos contendientes de Siria y aprueba las iniciativas de paz para contener esa destrucción.

Pero es problemático adoptar estas posiciones con preceptos neutralistas, olvidando la relevancia de las confrontaciones geopolíticas para las batallas populares. El resultado de esos conflictos no es indiferente a los combates antiimperialistas de los movimientos sociales y las naciones oprimidas.

En muchos casos la izquierda debe tomar partido frente a choques militares entre personajes abominables. Numerosos experiencias ilustran ese tipo de obligadas definiciones. No sólo la derrota de Hitler era positiva a manos del Stalin. También Thatcher era el enemigo principal en Malvinas frente a la dictadura de Galtieri y Bush era el adversario vencer ante el tirano Sadam. En situaciones complejas hay que registrar cuáles son los intersticios de intervención para los proyectos populares.

ADVERTENCIAS PARA AMÉRICA LATINA

La sangría de Medio Oriente constituye una gran alerta para otras regiones. Ilustra la devastación que genera la acción imperial y los enfrentamientos entre pueblos.

Afortunadamente América Latina no atravesó esa demolición y mantiene significativas diferencias con el mundo árabe. El cambio de relaciones de fuerzas -que introdujo el denominado ciclo progresista de la última década -impidió a Estados Unidos perpetrar sus tradicionales intervenciones en la región.

La situación de los movimientos populares también difiere sustancialmente de Medio Oriente. El baño de sangre y la desmoralización política -que sucedió a la derrotas de la primavera árabe- dista mucho del resistido y acotado retroceso político, que genera la restauración conservadora en Latinoamérica.

Pero lo sucedido en Irak, Túnez, Egipto, Libia o Siria es una gran advertencia ante la peligrosa presencia estadounidense en Colombia. Ya hay siete bases militares conectadas con la cuarta flota, que operan en estrecha asociación con un ejército de envergadura.

Colombia prepara además un ingreso a la OTAN, que conducirá a envíos de tropas a las zonas en conflicto. Quiénes luego lamentan la incorporación de Latinoamérica al radio de las represalias terroristas, suelen olvidar que el origen de esa desgracia se encuentra en la sumisión al Pentágono.

El sometimiento de Argentina a las aventuras estadounidenses en Medio Oriente condujo a dos graves atentados (AMIA y Embajada). Pero como Macri está embarcado en repetir esa subordinación hay que atenerse a las consecuencias.

Ha reabierto la absurda causa judicial sobre el Memorándum, suscripto por el gobierno anterior con Irán, para hacer buena letra con Trump y Netanyahu. Si esa dupla concreta el endurecimiento con los Ayatolah, tendrá a su disposición un pretexto de agresión fabricado en Argentina.

La alocada idea que el fiscal Nisman fue asesinado por orden de Teherán con la complicidad de Cristina Kirchner ya fue sugerida por cúpula sionista. No es la primera vez que Israel utiliza a la Argentina para sus operaciones contra Irán. Seguramente aprovechará la disposición de Macri a sumarse a cualquier operativo.

El líder del PRO ya abrió los archivos a la CIA, compra armamento a Tel Aviv entrena gendarmes en el estado de Georgia. También su colega brasileño -Temer- busca oxígeno con mayor sometimiento a Estados Unidos

En este marco la derecha venezolana utiliza argumentos de Medio Oriente para conspirar contra Maduro. Afirma que alineó a Venezuela en un “eje del mal” comandado por Rusia e Irán. Con ese disparate motoriza provocaciones golpistas, que incluyen llamados a la intervención extranjera con pretextos de crisis humanitaria.

No sólo pretenden repetir el golpe institucional perpetrado en Honduras, Paraguay o Brasil. Preparan acciones de mayor porte con exigencias de sanciones y aplicación de la Carta Democrática de la OEA. Los aviones espías del Pentágono acompañan la conspiración penetrando el espacio aéreo venezolano.

Frente a este acoso el gobierno bolivariano ha reforzado sus vínculos con el régimen sirio. Esa alianza es comprensible pero no justificable. Los acuerdos militares y las convergencias diplomáticas pueden concretarse, sin emitir opiniones sobre los gobiernos involucrados.

Los movimientos sociales, partidos políticos e intelectuales de izquierda tienen la palabra. Deben comprometerse con la verdad, siguiendo principios de rechazo de la intervención imperialista, oposición a los dictadores y solidaridad con los pueblos sublevados. Estos criterios ofrecen una brújula frente a la tragedia de Siria.

Claudio Katz

Claudio Katz: Economista, investigador del CONICET, profesor de la UBA, miembro del EDI.

Notas:

[1]  En un próximo trabajo expondremos nuestra interpretación del significado teórico de las nociones sub-imperialismo e imperialismo en formación.

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Ombres chinoises sur l’investiture de Donald Trump

janvier 18th, 2017 by Bruno Guigue

Le nouveau président n’aura pas attendu son investiture officielle pour projeter la rivalité sino-américaine sur le devant de la scène planétaire. Certains observateurs attribuent les diatribes anti-chinoises de Donald Trump à son amateurisme supposé, mais c’est une lourde erreur d’analyse. Elles relèvent en réalité d’une stratégie délibérée, que préfiguraient largement les critiques incessantes adressées à la mondialisation et au libre-échange, durant sa campagne, par le candidat républicain.

Habilement, mais en surestimant sans doute la capacité américaine à peser sur Pékin, M.Trump utilise la pomme de discorde taïwanaise pour faire monter les enchères de l’empoignade future sur les relations commerciales. En prenant au téléphone la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, il a allumé dès le mois de décembre un incendie diplomatique dont il alimente soigneusement le brasier. Pour ceux qui n’auraient pas compris, il a déclaré qu’il n’appartenait pas à Pékin de lui dicter sa conduite, et qu’il ne voyait pas pourquoi il devrait respecter le principe de la « Chine unique ».

Cette mise en cause d’un principe intangible de la diplomatie américaine depuis 1979 n’est pas anodine. La République populaire de Chine avait exigé la reconnaissance de ce principe par tout Etat désireux d’entretenir avec elle des relations diplomatiques. On ne saurait reprocher à la position chinoise son manque de clarté. Elle consiste à dire : vous êtes libres d’avoir ou non des relations avec nous, mais si c’est le cas, vous ne pouvez pas simultanément en avoir avec un Etat que nous ne reconnaissons pas, car cette île appartient à notre nation et y reviendra un jour.

Politiquement séparée du continent depuis 1949, cette « République de Chine » fut fondée par Tchang-Kaï-Chek, en désespoir de cause, suite à la déroute et à l’exil des troupes nationalistes face aux forces communistes. Allié de Washington, l’Etat insulaire a longtemps bénéficié d’un statut exorbitant en faisant partie, jusqu’en 1971, des membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU. Puis il fut poliment éconduit lorsque la République populaire de Chine, enfin reconnue à sa juste valeur, l’a remplacé dans les instances internationales, la visite de Richard Nixon à Pékin en 1972 ayant sanctionné cette nouvelle donne géopolitique.

Comme un éléphant républicain dans un magasin de porcelaine chinoise, Donald Trump pulvérise le credo fondateur de la normalisation sino-américaine. Ce n’est pas rien. Les Chinois, manifestement, prennent l’affaire au sérieux. « Qui que ce soit et quels que soient les objectifs recherchés, si quelqu’un tente de violer le principe de la Chine unique, ou a l’illusion de pouvoir s’en servir comme levier commercial, il fera face à l’opposition générale du gouvernement et du peuple chinois », a déclaré, le 16 janvier, le ministère chinois des Affaires étrangères.

Taïwan contre le libre-échange, le détroit de Formose contre les barrières douanières, les grandes manœuvres commencent ! C’est cocasse. Au moment où la surenchère pro-taïwanaise de Donald Trump exaspère Pékin, le président chinois, au sommet de Davos, bat en brèche les imprécations du futur locataire de la Maison-Blanche contre la mondialisation. « Nous devons dire non au protectionnisme, car il est impossible de stopper les échanges de capitaux, de technologies et de produits », a martelé Xi Jinping, visant implicitement le futur président américain et ses menaces de barrières douanières (AFP, 18/01).

Que le président chinois se fasse le chantre du libre-échange alors même que son pays multiplie les entraves à l’ouverture de ses propres marchés, évidemment, n’échappe à personne. Libre-échangiste côté cour et protectionniste côté jardin, Pékin joue sur tous les tableaux. Dans le monde impitoyable du capitalisme mondialisé, il faut croire que c’est la recette du succès. Mais les USA et la Chine ne sont pas exactement logés à la même enseigne. Les USA sont le premier importateur mondial, tandis que la Chine est le premier exportateur mondial.

Le « rêve américain » a désormais des allures de cauchemar. Sur trois ouvriers des années 70, le premier a été remplacé par un robot, le second par un ouvrier chinois, et le troisième redoute de finir comme les deux précédents. La part des USA dans le PIB mondial régresse. En 2025, la Chine pèsera 21%, les USA 16%. En 2050, la Chine pèsera 33% et les USA .. 9%. La roue tourne, inexorablement. Les ombres chinoises obscurcissent l’horizon. Elles planent déjà sur l’investiture du futur président, elles modèlent sa politique étrangère. Pour tenter de conjurer ce déclin annoncé, la nouvelle administration devra probablement engager un bras de fer dont l’issue est incertaine.

Bruno Guigue

18 janvier 2017

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Sélection d’article : 11 au 18 janvier 2017

War-USA

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine.

Par Bruno Guigue, 11 janvier 2017

Obama contradictions

Obama : L’homme qui ignore les contradictions

Par Oscar Fortin, 11 janvier 2017

B. al-Assad

Bachar al-Assad : “Après le mandat de Hollande, les Français sont-ils plus en sécurité?”

Par DR Bachar al-Assad, 11 janvier 2017

Alep seul au monde

Désinformation et falsification de la réalité : Syrie, un éditocrate seul au monde sur LCI

Par Luis Alberto Reygada, 12 janvier 2017

Mark WEISBROT

Etats-Unis : Les services de renseignement demandent aux Américains de leur « faire confiance les yeux fermés »

Par Mark Weisbrot, 12 janvier 2017

urss

Qui a tué l’URSS, qui est responsable et de quoi est-elle morte ?

Par Jean-Marie Chauvier, 12 janvier 2017

obama-fin

La Folie de fin de règne à Washington

Par Diana Johnstone, 12 janvier 2017

Algérie drapeau

L’Algérie échappe au chaos. Quelle réponse aux attentes de la jeunesse?

Par Chems Eddine Chitour, 12 janvier 2017

rafale

Primaires de la Gauche & Écolo : de sinistres va-t’en guerres confirmés !

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trump-élection

Trump est-il le “Back Door Man” d’Henry A. Kissinger & Cie?

Par F. William Engdahl, 13 janvier 2017

mad-dog

Avec un soutien bipartite, le futur ministre de la défense de Trump décrit les plans de guerre mondiale

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Capture d’écran 2017-01-15 à 15.02.55

VIDÉO – Syrie : “La France nous a trahis”

Par Boulevard Voltaire, 15 janvier 2017

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Communiqué : Manifestations anti-Trump en Europe et stratégie de guerre

Par Comité No Guerra no Nato, 15 janvier 2017

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Les Etats-Unis reconnaissent que les colonies israéliennes constituent un crime de guerre

Par Norman Finkelstein et Philip Weiss, 15 janvier 2017

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Un conflit dans le désert, les généraux algériens et l’amazighité

Par Cherif Aissat, 16 janvier 2017

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Luttes & dettes étudiantes au Québec

Par Eric Martin et Maud Bailly, 16 janvier 2017

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La débâcle de Jacob Zuma révèle la pauvreté et la corruption en Afrique du Sud

Par Prof. Patrick Bond, 16 janvier 2017

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Chars d’assaut déployés en Pologne

Par Manlio Dinucci, 17 janvier 2017

changement climatique

Démystifier le débat sur le changement climatique

Par Wayne Hall, 17 janvier 2017

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L’esprit néo-colonial est de retour. Bonne année quand même…

Par Michel Raimbaud, 17 janvier 2017

Poutine Erdogan

Syrie / Astana : Qui participera et dans quel but ?

Par Mouna Alno-Nakhal, 17 janvier 2017

fidelcastro 2

Vrai ou faux ? Salim Lamrani décortique les clichés sur Castro

Par Salim Lamrani et Grégoire Lalieu, 18 janvier 2017

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Trois réalités dont on ne vous parle pas au sujet de l’Afghanistan

Par Ulson Gunnar, 18 janvier 2017

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Menace sur l’Amérique du Sud. Les États-Unis vont installer une nouvelle base militaire au Pérou.

Par Ariel Noyola Rodriguez, 18 janvier 2017

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Théâtre d’ombres : le nouveau Grand Jeu en Eurasie

janvier 18th, 2017 by Pepe Escobar

Ainsi, en plein cœur de Bali, fasciné après une conversation sérieuse avec un dukun – un maître spirituel – j’étais sidéré : ce devrait être un nouveau Yalta, le cadre parfait pour un sommet Trump–Xi–Poutine fixant les paramètres à venir d’un nouveau Grand Jeu en constante évolution en Eurasie.

La culture balinaise ne fait aucune distinction entre le séculier et le surnaturel – sekalaet niskalaSekala est ce que nos sens peuvent discerner. Niskala est ce qui ne peut pas être détecté directement mais seulement suggéré, comme les mouvements géopolitiques massifs qui nous attendent.

Captif de la vitesse vertigineuse de l’ici et maintenant, l’Occident a encore beaucoup à apprendre d’une culture très évoluée qui a prospéré il y a cinq mille ans le long des rives de la rivière Sindhu – maintenant Indus – dans ce qui est actuellement le Pakistan, puis a migré de l’empire Majapahit de Java vers Bali au XIVe siècle sous la pression de l’avancée de l’islam.

Dans la conception hindou-balinaise de la structure cosmique, l’homme est une sorte de modèle à l’échelle de l’univers. L’ordre est personnifié par les dieux, le désordre personnifié par les démons de la terre. Il s’agit du dharma et du adharma.

Adharma règne sans contrôle en Occident.

Dans la philosophie religieuse hindou-balinaise, pour chaque force positive il y a un contrepoids, une force destructrice. Les deux sont inséparables – coexistant en équilibre dynamique. Le dualisme occidental est si peu sophistiqué par rapport à cela.

Dans le Suthasoma – un grand poème épique bouddhiste Mahayana composé dans le centre de Java à l’époque où le bouddhisme se mêlait joyeusement avec l’hindouisme shivaïste – nous trouvons un vers exceptionnel : « Bhineka tunggal ika » – c’est différent, mais c’est un.

C’est aussi la devise de l’Indonésie, blasonnée dans ses armoiries, sous l’oiseau mythique doré Garuda. C’est un message d’unité, comme le « E pluribus unum » américain. Maintenant, il ressemble plus à un message anticipant l’intégration eurasienne via les Nouvelles routes de la soie ; ce n’est pas par hasard si Xi Jinping a officiellement lancé la route de la soie maritime en 2013 en Indonésie.

Money trail: Not part of China's One Belt One Road concept at the outset, Xi Jinping's 2015 visit was seen by many as a green light. Photo: Reuters/Bobby Yip

L’ombre d’un passant sur une carte illustrant le mégaprojet « One Belt, One Road » de la Chine au Forum financier asiatique de Hong Kong, Chine, le 18 janvier 2016. Photo: Reuters/Bobby Yip
Avec l’ère Trump sur le point de commencer, la conjoncture géopolitique actuelle ressemble à – et se ressent comme – un immense Wayang kulit, un jeu d’ombre balinais.

L’origine historique du jeu d’ombre se trouve très probablement en Inde, bien qu’on le trouve partout en Asie. Le bien et le mal coexistent dans le jeu d’ombre, mais l’hindouisme cherche à représenter le choc comme une sorte de partenariat bizarre.

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Kulit signifie peau, couvrant. Wayang est la marionnette, faite de peau de vache, peinte et munie de bâtons que le dalang – le maître de marionnettes – manipule à volonté.

Chaque performance Wayang kulit est une histoire racontée par un dalang [marionnettiste] à travers des voix qu’il doit imiter, des ombres sur un écran et de la musique d’ambiance. Le dalang – sorte de prêtre – incarne tous les personnages et doit connaître par cœur les histoires qu’il raconte.

Seuls quelques individus en Occident peuvent être qualifiés de dalangs – en particulier dans la sphère géopolitique. Les dalangs réels sont en fait totalement invisibles, enfouis profondément dans le niskala. Mais nous avons leurs émissaires, les dalangs visibles, experts médiatiques et vénérés.

Le taureau blanc et la fille asiatique

Maintenant, comparez le jeu d’ombre balinais – représentant sekala et surtout niskala – avec l’approche made-in-Occident ; le fil d’Ariane qui pourrait, peut-être, nous guider hors du labyrinthe géopolitique actuel en utilisant un concept excessivement révéré : la logique.

D’abord, un rembobinage. Revenons à la naissance de l’Occident, en Europe. La légende nous raconte qu’un beau jour Zeus a jeté son œil vagabond sur une fille aux grands yeux brillants : Europe. Un peu plus tard, sur une plage de la côte phénicienne, un taureau blanc extraordinaire s’est présenté. Europe, intriguée, se rapproche et commence à caresser le taureau ; bien sûr, c’était Zeus déguisé. Le taureau emporta alors Europe et se dirigea vers la mer.

Zeus eut trois fils avec Europe – à qui il légua une lance qui ne manquait jamais sa cible. Un de ces fils, comme nous le savons tous, était Minos, qui construisit un labyrinthe. Mais surtout, ce que la légende nous a enseigné, c’est que l’Occident est né d’une fille – Europe – venue d’Orient.

La question est maintenant de savoir qui trouvera le fil d’Ariane pour nous sortir du labyrinthe, qui, cinq siècles après l’ère de la Découverte – dirigée par l’Occident – nous a conduits au déclin, avec en tête de file son chef, les États-Unis.

L’administration Obama, leader de l’Ouest « de l’arrière », a contre-attaqué avec un pivot vers l’Asie – lire confinement de la Chine – et une guerre froide 2.0 par la diabolisation de la Russie. L’ensemble du projet de l’UE fait face à un effondrement total. Le mythe de la supériorité culturelle et politique européenne / occidentale – cultivé au cours des cinq derniers siècles – est réduit en poussière, si l’on considère « toutes les immensités de la vague asiatique », comme l’écrit Yeats dans son poème The Statues. Ce sera certainement le siècle de l’Eurasie.

Une voie cohérente aurait été ce que Poutine a proposé en 2007 – un emporium unifié du commerce continental de Lisbonne à Vladivostok. L’idée a ensuite été reprise et élargie par les Chinois via le concept de One Belt, One Road (OBOR).

Au lieu de cela, l’administration Obama, menant l’Occident « de l’arrière », a contre-attaqué avec un pivot vers l’Asie et une Guerre froide 2.0.

Écoutez les dalangs occidentaux

Et cela nous mène, à la veille d’une nouvelle ère géopolitique possible, à ce que les dalangs occidentaux les plus visibles peuvent concocter dans le niskala.

Sekala se manifeste, dans les secteurs de l’État profond des États-Unis, par une hystérie hors de contrôle 24/7, à propos des actes russes diaboliques, avec les néocons/néolibérauxcons et les vestiges de l’administration Obama poussant la guerre froide 2.0 à ses limites. Pourtant niskala, où opèrent Henry Kissinger et Dr. Zbigniew Brzezinski , « Grand échiquier », est l’endroit où s’élaborent les concepts de l’action réelle. Ce n’est pas un secret que l’urbain, cérébral, et légendaire Kissinger conseille maintenant Trump. La stratégie à long terme pourrait être qualifiée, classiquement, de Diviser pour régner, mais légèrement remixée dans ce cas : une tentative de briser le partenariat stratégique Russie-Chine en s’alliant au nœud théoriquement le plus faible, la Russie, pour mieux contenir le nœud le plus fort, la Chine.

D’un « Nixon en Chine » à un « Trump à Moscou »

Former US National Security Advisor Zbigniew Brzezinski (L) and Former US Secretary of State Henry Kissinger at the Nobel Peace Prize Forum in Oslo December 11, 2016.Photo: Terje Bendiksby / NTB scanpix

L’ancien conseiller national en sécurité des États-Unis, Zbigniew Brzezinski (à gauche) et l’ancien secrétaire d’État américain, Henry Kissinger, participent au Forum du prix Nobel de la paix à Oslo, le 11 décembre 2016. Photo : Terje Bendiksby / NTB scanpix

Il est évident que les vains sycophantes dans le style de Niall Ferguson vont auréoler le rusé Kissinger de couronnes hagiographiques, inconscients du fait que Kissinger pourrait monter dans un manège plus rentable, sous la forme d’un business en plein essor pour son cabinet d’expertise florissant Kissinger Associates Inc., qui est aussi membre de US-Russia Business Council, côte à côte avec ExxonMobil, JPMorgan Chase et le champion du Big Pharma, Pfizer.

Pour résumer : on oublie les révolutions de couleur et autres régime change, pour laisser la place à un confinement bienveillant.

Il y a près d’un an, Kissinger avait déjà prononcé un discours sur la façon dont Washington devrait traiter Moscou :

« Les intérêts à long terme des deux pays exigent un monde qui transforme les flux contemporains turbulents en un nouvel équilibre qui sera de plus en plus multipolaire et mondialisé […] La Russie doit être perçue comme un élément essentiel de tout équilibre mondial, et non pas principalement comme une menace pour les États-Unis. » 

Un Kissinger multipolaire prônant que la Russie n’est « pas une menace » – on se demande pourquoi, à l’époque, la machine Clinton n’a pas accusé le vieil homme d’être, lui aussi, un otage de la romance avec Poutine.

De plus, quelques mois avant la victoire de Trump, mais en contraste marqué avec Kissinger, Brzezinski s’est trouvé dans un profond état d’alerte rouge, alarmé par « l’érosion des avantages technico-militaires des États-Unis », comme détaillé par exemple dans ce rapport du CNAS.

Brzezinski a sombrement affirmé l’évidence que l’infériorité militaire des États-Unis « signerait la fin du rôle mondial de l’Amérique » et que le résultat serait « très probablement un chaos mondial ».

Sa solution pour les États-Unis était alors « de façonner une politique dans laquelle au moins l’un des deux États potentiellement menaçants devient un partenaire dans la quête d’une stabilité d’abord régionale et ensuite plus large, et donc de contenir le rival le moins prévisible mais potentiellement le plus susceptible de passer en tête. À l’heure actuelle c’est la Russie, mais à plus long terme, cela pourrait être la Chine. »

Alors vous avez compris, encore et toujours diviser pour régner, afin de contrer les menaces indisciplinées.

Brzezinski, après la débâcle de la machine Clinton et d’Obama , n’est plus qu’un perdant pitoyable. Il a donc été obligé de rebattre légèrement les cartes. Contrairement à Kissinger, et fidèle à sa russophobie enragée, sa devise Diviser pour régner consiste à séduire la Chine pour l’éloigner de la Russie, assurant ainsi que « l’influence américaine est maximisée ». 

Dans une prévisible, et bien occidentale, contemplation de son nombril, Brzezinski suppose que la Chine ne peut pas choisir d’aller contre les États-Unis, car il est « dans son intérêt d’appartenir à l’ensemble dominant ». Pourtant, l’« ensemble dominant » n’est plus les États-Unis, c’est l’intégration eurasienne.

Les Nouvelle routes de la soie, ou OBOR, représentent le seul vaste projet d’intégration géoéconomique et géopolitique sur le marché. Alors que Kissinger peut rester, sans doute, l’ultime dalang de la realpolitik, Brzezinski, le mentor d’Obama est toujours otage de Mackinder.

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La direction chinoise, quant à elle, est déjà bien en avance sur Mackinder et Alfred Mahan. Les nouvelles routes de la soie visent à intégrer, par le commerce et les communications, non seulement le Heartland (One Belt), mais aussi le Rimland (One Road, la route maritime de la soie).

Un partenariat avec l’Union économique eurasienne (EEU) sera essentiel à l’ensemble du projet. Peu de gens se souviendront que lors de la crise de folie de la Guerre froide 2.0, en septembre dernier, le Forum économique de l’Est s’activait à Vladisvostok, avec Poutine proposant un « espace d’économie numérique » dans toute l’Asie-Pacifique et la Chine s’engageant à participer davantage au développement de l’Extrême-Orient russe.

Ce que nous voyons sans doute maintenant, ce sont les deux principaux dalangs occidentaux, Kissinger et Brzezinski, essayant de s’adapter à la nouvelle normalité – l’intégration eurasienne via les Nouvelles routes de la soie (OBOR) et l’Union économique eurasienne  (EEU) – en proposant des versions contradictoires et bienveillantes de la devise Diviser pour régner, alors que les services de renseignement américains continuent de s’accrocher, dans un désespoir agité, à l’ancien paradigme de la confrontation.

Comme piliers principaux – la Triple Entente ? – de l’intégration eurasienne, Moscou, Pékin et Téhéran sont très conscients de la présence d’un étranger, porteur de cadeaux, tapi dans niskala. Un étranger visant, en vrac, Moscou qui trahirait Téhéran en Syrie et sur l’accord nucléaire ; Moscou qui se séparerait de Pékin ; Pékin qui trahirait Téhéran ; et toutes sortes de permutations intermédiaires du théâtre d’ombre entre la contention et le pillage.

Ce sera l’histoire principale à suivre tout au long des Routes de la soie. Selon la parole mémorable de Yeats, « un miroir reflété dans un miroir, voilà tout le spectacle. » Pourtant, le spectacle doit continuer – avec les dalangs d’Est et d’Ouest lâchés dans le niskalaprofond.

Bienvenue dans le Tournoi des ombres du XXIe siècle.

Pepe Escobar

Article original en anglais :  Shadow play: the New Great Game in Eurasia, Asia Times, 10 janvier 2017

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

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Les aveux du criminel John Kerry

janvier 18th, 2017 by Thierry Meyssan

La guerre contre la Syrie est la première conduite durant plus de six ans à l’époque numérique. De très nombreux documents qui auraient dû rester longtemps secrets ont déjà été publiés. Certes, ils l’ont été dans des pays différents de sorte que l’opinion publique internationale n’en a pas conscience, mais ils permettent d’ores et déjà de reconstituer les événements. La publication d’un enregistrement de propos tenus en privé par John Kerry en septembre dernier révèle la politique du secrétariat d’État et contraint tous les observateurs —y compris nous— à revoir leurs analyses précédentes.

La diffusion par The Last Refuge de l’enregistrement complet de la rencontre entre le secrétaire d’État John Kerry et des membres de la Coalition nationale (22 septembre 2016 à la délégation des Pays-Bas aux Nations unies) remet en cause ce que nous avons cru comprendre de la position US vis-à-vis de la Syrie [1].

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Premièrement, nous avons cru que si Washington avait lancé l’opération dite du « Printemps arabe » pour renverser les régimes arabes laïques au profit des Frères musulmans, il avait laissé ses alliés entreprendre seuls la Seconde Guerre contre la Syrie à partir de juillet 2012. Ceux-ci poursuivant leurs propres buts (recolonisation pour la France et le Royaume-Uni, conquête du gaz pour le Qatar, expansion du wahhabisme et vengeance de la Guerre civile libanaise pour l’Arabie saoudite, annexion du Nord du pays pour la Turquie sur le modèle chypriote, etc.), l’objectif initial aurait été abandonné. Or, John Kerry affirme dans cet enregistrement que Washington n’a jamais cessé de chercher à renverser la République arabe syrienne, ce qui implique qu’il a contrôlé à chaque étape le travail de ses alliés. De fait, durant les quatre dernières années, les jihadistes ont été commandés, armés et coordonnés par l’Allied LandCom (commandement des Forces terrestres) de l’Otan basé à Izmir (Turquie).

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Deuxièmement, John Kerry y reconnaît que Washington ne pouvait pas aller plus loin du fait du Droit international et de la position de la Russie. Comprenons bien : les États-Unis n’ont pas cessé d’outrepasser leur droit. Ils ont détruit l’essentiel des infrastructures pétrolières et gazières du pays, sous prétexte de lutter contre les jihadistes (ce qui est conforme au Droit international), mais sans y être invités par le président el-Assad (ce qui viole le Droit international). Par contre, ils n’ont pas osé déployer leurs troupes au sol et combattre ouvertement la République, comme ils l’ont fait en Corée, au Vietnam et en Irak. Pour cela, ils ont choisi de placer leurs alliés en première ligne (leadership from behind — le leadership par l’arrière) et de soutenir sans grande discrétion des mercenaires, comme au Nicaragua au risque d’être condamnés par la Cour internationale de Justice (le tribunal interne de l’Onu). Washington ne veut pas s’engager dans une guerre contre la Russie. Et celle-ci, qui ne s’était pas opposée à la destruction de la Yougoslavie et de la Libye, s’est relevée et a repoussé la ligne à ne pas franchir. Moscou est en mesure de défendre le Droit par la force si Washington s’engage ouvertement dans une nouvelle guerre de conquête.

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Troisièmement, John Kerry y atteste que Washington espérait une victoire de Daesh sur la République. Jusqu’ici, —sur la base du rapport du général Michael Flynn du 12 août 2012 et de l’article de Robin Wright dans le New York Times du 28 septembre 2013— nous avions compris que le Pentagone entendait créer un « Sunnistan » à cheval sur la Syrie et l’Irak afin de couper la route de la soie. Or, il avoue que le plan allait beaucoup plus loin que cela. Probablement, Daesh devait prendre Damas, puis en être chassé par Tel-Aviv (c’est-à-dire se replier sur le « Sunnistan » qui lui avait été attribué). La Syrie aurait alors été partagée au Sud par Israël, à l’Est par Daesh et au Nord par la Turquie.

Ce point permet de comprendre pourquoi Washington a donné l’impression de ne plus rien contrôler, de « laisser faire » ses alliés : en effet, il a engagé la France et le Royaume-Uni dans la guerre en leur faisant croire qu’ils pourraient recoloniser le Levant alors qu’il avait prévu de diviser la Syrie sans eux.

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Quatrièmement, en admettant avoir « soutenu » Daesh, John Kerry reconnaît l’avoir armé, ce qui réduit à néant la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme ».

- Nous savions depuis l’attentat contre la mosquée al-Askari de Samarra, le 22 février 2006, que Daesh (initialement dénommé « Émirat islamique en Irak ») avait été créé par le directeur national du Renseignement US John Negroponte et le colonel James Steele —sur le modèle de ce qu’ils avaient fait au Honduras— pour mettre fin à la Résistance irakienne et instaurer une guerre civile.
- Nous savions depuis la publication par le quotidien du PKK, Özgür Gündem, du procès-verbal de la réunion de planification tenue à Amman le 1er juin 2014, que les États-Unis avaient organisé l’offensive conjointe de Daesh sur Mossoul et du Gouvernement régional du Kurdistan irakien sur Kirkouk.
- Nous savons maintenant avec certitude que Washington n’a jamais cessé de soutenir Daech.

 

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Cinquièmement, nous avions interprété le conflit entre d’un côté le clan Allen/Clinton/Feltman/Petraeus et de l’autre l’administration Obama/Kerry comme portant sur le soutien ou non à Daesh. Il n’en était rien. Les deux camps n’ont eu aucun état d’âme à organiser et à soutenir les jihadistes les plus fanatiques. Leur désaccord porte exclusivement sur le recours à la guerre ouverte —et le conflit avec la Russie qu’elle risque d’impliquer— ou sur le choix de l’action secrète. Seul Flynn —l’actuel conseiller de sécurité de Trump— s’est opposé au jihadisme.

Dans le cas où, dans quelques années, les États-Unis s’effondreraient comme jadis l’URSS, l’enregistrement de John Kerry pourrait être utilisé contre lui et contre Barack Obama devant une juridiction internationale —mais pas devant la Cour pénale internationale qui est aujourd’hui discréditée—. Ayant reconnu les extraits de cette conversation qui en avaient été publiés par le New York Times, il ne pourrait contester l’authenticité du fichier complet. Le soutien que Kerry affiche à Daech viole plusieurs résolutions des Nations unies et constitue une preuve de sa responsabilité et de celle d’Obama dans les crimes contre l’humanité commis par l’organisation terroriste.

Thierry Meyssan

 

[1] “Absolutely Stunning – Leaked Audio of Secretary Kerry Reveals President Obama Intentionally Allowed Rise of ISIS…”, The Last Refuge (The Conservative Tree House), January 1, 2017.

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Après la destitution parlementaire de Dilma Rousseff au Brésil et l’arrivée de Mauricio Macri à la Casa Rosada en Argentine, les États-Unis tentent désespérément d’augmenter leur présence militaire en Amérique latine, et en particulier dans le Cône Sud. Le Pérou, l’un des pays de l’Alliance du Pacifique, est la dernière victime des incursions impériales de Washington. Le gouvernement régional d’Amazonas (Pérou) a approuvé à la fin de 2016 l’installation d’une nouvelle base militaire américaine qui, dans l’opinion publique, est présentée comme un centre de secours en cas de catastrophes naturelles.

Juste quelques jours avant de quitter la Maison Blanche, Barack Obama a décidé de ne pas manquer l’occasion de renforcer le déploiement des forces américaines en Amérique du Sud.

Il se trouve que le gouvernement régional d’Amazonas, au Pérou, le commandement US du Southern Command  et l’entreprise Partenon Contractors EIRL viennent de signer le projet d’installation d’une nouvelle base militaire, camouflée sous le nom de Centre d’opérations régionales d’urgence (COER) d’Amazonas. Les travaux d’un montant un peu supérieur à $1 350 000 commenceront le 29 décembre 2016 et sont prévus pour durer environ 540 jours.

Selon les informations fournies par le gouvernement péruvien, la base militaire américaine aura un héliport de 625 mètres carrés, un bâtiment de deux étages, le premier sera un entrepôt d’aide humanitaire de 1 000 mètres carrés, et le seconde abritera les modules opérationnels – logistique, communication, surveillance et d’analyse, etc. – du COER. S’y ajoutent une salle de réunion, une salle de presse, des chambres et un parking de 800 mètres carrés.

Il ne fait aucun doute que cet interventionnisme est déguisé en aide humanitaire. Au contraire de ce qui est annoncé officiellement, il n’est pas orienté vers un renforcement de la réactivité des Péruviens contre les catastrophes naturelles. Les États-Unis plantent leurs griffes militaires dans le Cône Sud avec l’approbation du président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski. La souveraineté de l’Amérique du Sud est menacée.

Les États-Unis n’ont plus besoin de lancer des guerres de conquête pour affirmer leur hégémonie sur le territoire de l’Amérique latine. Maintenant, la discipline est assurée d’une manière beaucoup plus subtile grâce à des initiatives de militarisation clandestines. En plus de la lutte contre le terrorisme, Washington a utilisé la lutte contre le trafic de drogue, et son prétendu engagement à faire respecter les droits de l’homme, comme prétexte pour se mêler des affaires intérieures des autres pays.

Le Pérou est une plate-forme décisive pour les États-Unis dans le but de consolider son plan d’extension de la domination sur l’ensemble de l’Amérique du Sud, une région qui, comme nous le savons, a d’immenses réserves stratégiques de ressources naturelles – eau, gaz, pétrole, métaux, minéraux, etc.. Durant la dernière décennie, et plus, les gouvernements sud-américains ont fait subir d’énormes revers à la mainmise  économique et géopolitique des États-Unis sur le continent.

Cependant, depuis 2009 le Pérou n’a pas opposé toute sa résistance aux incursions impériales de Washington. Il est devenu l’un des pays d’Amérique latine qui avaient déjà la plus grande présence de forces armées américaines sur leur territoire avant l’approbation de la mise en place de cette nouvelle base militaire dans le département d’Amazonas. L’US Southern Command a déjà pris ses aises dans les régions de Lambayeque, Trujillo, Tumbes, Piura, San Martin et Loreto.

Il convient de noter que la coopération militaire entre Washington et Lima ne se limite pas à l’installation de bases militaires. Les États-Unis ont réussi à entrer pleinement dans l’appareil de sécurité et de défense. Par autorisation du Ministère de la Défense du Pérou, les unités d’Opérations spéciales du commandement conjoint des forces armées, du commandement du renseignement et de la composante spéciale du VRAEMont reçu une formation par les forces américaines entre mai et septembre 2016 .

En parallèle, les forces péruviennes ont mené un certain nombre d’exercices militaires conjoints avec les États-Unis. Selon leurs arguments, il s’agit de renforcer la stratégie de défense contre les agressions extérieures. L’un des exercices les plus importants est l’exercice des forces silencieuses (SIFOREX en anglais), qui se tient tous les deux ans dans la mer de Grau, considéré comme l’un des exercices navals d’importance internationale.

La situation du Pérou reflète clairement le fait que l’Amérique du Sud passe par des moments critiques et subit une forte campagne de harcèlement. Avec les difficultés économiques, la région est victime d’une puissante offensive venue de l’extérieur pour essayer de renforcer, de diverses manières, la présence de Washington.

Les incursions militaires américaines dans la région avancent à un rythme rapide, autant en profitant du tournant de certains gouvernements vers le conservatisme, principalement après l’arrivée de Mauricio Macri à la présidence de l’Argentine et la destitution parlementaire de Dilma Rousseff au Brésil, que par un effort continu visant à saper l’influence de pays comme la Chine, la Russie et l’Iran.

S’armer jusqu’aux dents au Pérou représente un enjeu vital pour les États-Unis, permettant plus tard de mener à bien l’installation d’une autre base militaire en Argentine, à la frontière avec le Brésil et le Paraguay.

Sans aucun doute, la construction d’un avenir meilleur pour les pays d’Amérique du Sud est en grave danger…

Ariel Rodriguez Noyola

 

Article original en espagnol :

US military base

Sudamérica bajo amenaza: EE.UU. instalará una nueva base militar en Perú, publié le 9 janvier 2017

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Ariel Noyola Rodriguez

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : [email protected]. Twitter :@noyola_ariel.

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Nigeria: El maldito fuego del hambre

janvier 18th, 2017 by Guadi Calvo

La confusa acción de la aviación nigeriana que el martes 17, atacó el campo de desplazados de Rann en Kala Balge, en el Estado de Borno en el noroeste del país, muy cerca de la frontera con Camerún, matando a más de cien personas, entre desplazados y colaboradores de la Cruz Roja, además de provocar 120 heridos, dejó expuesto con claridad una de las tantas consecuencias “colaterales”, que provoca la guerra contra el fundamentalismo wahabita, que en ese país está representado por el grupo Boko Haram, desde marzo de 2015, incorporado a la estrategia global del Daesh. La Cruz Roja reportó que entre su personal se produjeron exactamente seis muertos y trece heridos.

En el marco de la operación Lafiya Dole, puesta en marcha en mayo de 2016, por el gobierno del presidente Muhammadu Buhari, con la coordinación de la Fuerza Multinacional Conjunta (MJTF) con sede en Yamena (Chad) compuesta por los ejércitos de Níger, Chad y Camerún, ha conseguido dar importantes golpes a la guerrilla del mesiánico Abubakar Shekau, que desde el 2009 provocó más de 25 mil muertes, y 2.5 millones de desplazados. En estos días se acaban de cumplir dos años de la masacre de Baga, una aldea del Estado de Borno, donde en solo tres días Boko Haram asesinó a dos mil de sus habitantes.

Los pobladores del noroeste del país han denunciado que estos tipos de “accidentes”, desde el último año, se producen casi a diario, y han matado a numerosos civiles. Entre las víctimas se cuentan algunas de las 300 alumnas de Chibok, secuestradas por Boko Haram en abril de 2014. El año pasado cuando se logró rescatas a varias de ellas, informaron que un número indeterminado de sus compañeras habían muerto por este tipo de ataques de la Fuerza Aérea Nigeriana.

El general Lucky Irabor, comandante de las operaciones en la región, declaró que había recibió un informe con coordenadas de un encuentro de miembros del grupo wahabita, en cercanías al campo de desplazados: “Yo coordiné y di instrucciones de que el personal aéreo de la operación debía ir y abordar el problema”. Por lo que se cree que los datos podrían haber sido una trampa de los terroristas.

Boko Haram, a pesar de que se encuentra en constante replique desde que las acciones del MJTF se llevan a cabo desde hace marzo de 2015, por lo que han perdido algunos de sus “santuarios” en el estado de Borno a manos de la séptima división del ejército nigeriano en Maiduguri, al mando del general de brigada Victor Ezugwu, como el bosque de Sambisa o el villorrio de Damasak, su virulencia sigue intacta.

El 9 de diciembre último en el mercado de Maiduguri, capital del Estado de Borno, una doble explosión asesinó a 56 personas y provocó docenas de heridos. En ese caso, fueron utilizadas dos niñas que llevaban explosivos, como ya es práctica recurrente habían sido detonadas por control remoto.

La organización fundamentalista viene sufriendo numerosas derrotas, particularmente en los alrededores del Lago Chad, zona fronteriza de los cuatro países miembros fuerza multinacional (Nigeria, Chad, Camerún y Níger). Las operación han logrado eliminar o detener a cientos de miembros de la secta terrorista, al tiempo que se han liberado a más de 3000 personas que el grupo tenía secuestrados, o bien para pedir rescate o incorpóralos a sus milicias.

A pesar que se han detectado algunos resquebrajamientos, y los rumores de la aparición de un nuevo líder Abu Musab al-Barnawi, cuestión posteriormente desmentida por el propio Shekau, el grupo sigue tan vital como para poder mantener entre 3 y 4 mil cautivos.

Además Boko Haram, sigue controlando sus poderosas redes de complicidad con gran parte de la población local, musulmanes sunitas. El grupo cuenta con una organización descentralizada, y la estructura básica todavía no ha sido alcanzada por los que su capacidad logística y operacional sigue activa no solo en el nordeste de Nigeria, sino también en Diffa, Níger y en el norte de Camerún.

El Gobierno nigeriano ha dado por muerto a Abubakar Shekau por lo menos en cuatro oportunidades, la última fue en agosto pasado, lo que dio oportunidad a Shekau, para mostrarse en un video tan radical y exorbitado como siempre, lo que habla de su ánimo de combate.

Los desplazados de siempre

El “incidente” de ayer, que por otra parte no es el primero, solo expone otra de la tremenda realidad no solo del pueblo nigeriano, sino de la totalidad de África: Los desplazados.

En las zonas que controla la organización existen problemas para el abastecimiento de alimentos y medicación del casi millón de personas que viven en aldeas semi-destruidas por los continuos combates, así también como en los 15 campos de refugiados en el Estado de Borno. Allí los pobladores no tienen forma de abastecerse y solo les queda esperar la asistencia de algunas de las onges que operan en el sector, cada vez con más dificultades, por los ataques de uno y otro bando.

El 92% de los 2.5 millones de refugiados, están recluidos en diferentes campamentos de los estados de Borno, Yobe y Adamaw. Naciones Unidas ha informado que un cuarto de millón de niños sufre desnutrición aguda, de los que 50 mil morirán en las próximas semanas y que más de dos millones de personas siguen sin tener acceso a la ayuda internacional.

La capital de Borno, Maiduguri, lugar de nacimiento del fundador de Boko Haram Mohamed Yusuf, muerto en 2009, se ha convertido en un gigantesco campo de refugiados. A medida que fueron llegando a la ciudad desplazados de los campos y aldeas cercanas, han ido ocupado distintos edificios de la universidad, edificios públicos, calles, parques e incluso viviendas privadas. Los barrios que alguna vez parecían florecer, se han llenado de construcciones miserables de cartón y plástico.

En diferentes campos de refugiados se hacinan sin ninguna esperanza miles de personas como el de Banki, una pequeña localidad a 130 kilómetros al sudoeste de Maiduguri, que acoge cerca de 20 mil personas. El campo de Dalori y el de Bama también próximos a la capital estadual, son cerca de 50 mil refugiados en total, viven la crítica situación de la falta de alimento y medicamentos, particularmente los niños. Se ha denuncian que en esos campos mueren de hambre unas diez personas por día.

Unos 10 millones de personas que han quedado varadas en la región del lago Chad, algunos que porque se niegan a dejar sus ancestrales tierras, otros por temor a las acciones de Boko Haram, están sin abastecimiento de ningún tipo, por lo que no será raro que pronto la gran prensa del mundo se espante por el maldito fuego del hambre.

Guadi Calvo

Guadi Calvo: Escritor y periodista argentino, analista internacional especializado en África, Medio Oriente y Asia Central.

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Le point presse de décembre 2016 du général John Nicholson, commandant en chef des US Forces Afghanistan (USFOR-A), a semblé paradoxal et peut-être révélateur d’une faillite de la politique étrangère définissant l’occupation états-unienne en Afghanistan.

Le département de la défense états-unien a publié l’intégralité de la mise au point du général Nicholson, intitulée Department of Defense Press Briefing by General Nicholson in the Pentagon Briefing Room. De ce document l’on peut dégager trois vérités spécifiques.

1.    « Une armée afghane plus forte » nécessite plusieurs années supplémentaires d’assistance états-unienne.

Dans ce point presse, il a paradoxalement été soutenu que le régime mandataire que l’Amérique a tenté d’implanter à Kaboul au cours des 15 dernières années gagne en solidité et en indépendance vis-à-vis du soutien des USA et de l’OTAN, quand bien même des Marines se sont préparés à un redéploiement au sein de la province afghane de Helmand, dans le cadre de rotations de troupes annoncées par le Pentagone pour les prochaines années.

Dans un article intitulé Des milliers de Marines ont combattu dans le Sud de l’Afghanistan. A présent, ils reprennent du service, le Washington Post a signalé ceci :

Environ 300 Marines ainsi qu’une unité appelée Force opérationnelle Sud-Ouest vont se déployer dans le but de conseiller le 215e corps de l’armée afghane et la police nationale afghane au sujet de la 505e zone. Les forces travailleront en partie depuis une vaste installation afghane au cours de précédentes opérations des Marines sous le nom de Camp Leatherneck, mais elles seront implantées dans d’autres localités et pourront être amenées à combattre, d’après les déclarations d’officiers supérieurs des Marines datant de vendredi.

Le Washington Post a également rapporté :

Les officiers supérieurs des Marines n’ont pas dit pourquoi le service prendrait la relève de la mission à Helmand, mais il faut s’attendre à ce qu’il y ait de multiples rotations de forces opérationnelles des Marines dans les années à venir.

En d’autres termes, les promesses d’un retrait états-unien d’Afghanistan, qui constituèrent le fondement des promesses des campagnes électorales depuis des années, ont été faites en vain, compte tenu de la mobilisation sans cesse prolongée des troupes US dans le cadre d’un engagement infructueux visant à occuper l’état d’Asie centrale dans les années à venir, à la façon dont les troupes états-uniennes le firent au Viêtnam durant les années 1960-1970.

De même, les affirmations des commandants et des responsables politiques, selon lesquelles le gouvernement de l’Afghanistan ne cesse d’accroître son indépendance, ne résistent pas aux aveux les plus élémentaires que l’armée US et le gouvernement eux -mêmes concèdent au travers de statistiques et de calendriers de déploiement de troupes états-uniennes.

Tout comme le gouvernement sud-vietnamien révolu, le gouvernement afghan actuel ne peut se maintenir sans une présence étrangère significative car en dépit de l’immense quantité de ressources monétaires, militaires et politiques dont on l’a doté, il manque de légitimité en Afghanistan où cela importe précisément le plus.

2.    Les contribuables états-uniens paieront deux fois pour la force militaire inefficace de l’Afghanistan

Le point presse du général a également révélé que les moyens militaires que les contribuables états-uniens ont fourni au régime mandataire de Washington à Kaboul s’avéreront caduques, du fait que la majeure partie de ces moyens repose sur des contributions et de l’aide à la maintenance russes qui ne sont plus disponibles, depuis que Washington inflige des sanctions sans cesse croissantes à l’encontre de Moscou.

Répondant à une question émise durant le point presse, le général Nicholson a indiqué :

[…] les Afghans disposaient traditionnellement d’un noyau de pilotes de MI-17 qui étaient aguerris sur ce type d’appareils et dont certains étaient très expérimentés. Donc avant la Crimée et l’Ukraine et avant les sanctions, il y avait un consensus international favorable à ce qu’on continue d’employer des appareils de fabrication russe.

Tout cela a changé après 2014 et après que ces sanctions ont été imposées. Donc le problème est désormais celui du maintien de cette flotte pendant que nous en déployons une nouvelle. Le président Obama a transmis au Hill une requête ainsi que les fonds complémentaire pour la commande d’hélicoptères de modèle alpha UH-60. Ces hélicoptères seront donc modifiés par une transmission améliorée, de sorte qu’il leur soit possible d’opérer au sein de l’environnement dans ce secteur. Mais cela impliquera une transition pour les pilotes.

Cela signifie que les flottes d’hélicoptères de transport Mil Mi-17, dont les forces afghanes ont fait usage pendant des années, seront remplacées par des Sikorsky UH-60 Black Hawks de fabrication US (propriété du géant de la défense Lockheed Martin).

Du fait de cette initiative, non seulement les pilotes devront suivre une nouvelle formation pour manier les Black Hawks, mais les pièces de rechange, l’infrastructure aéroportuaire, les chaînes logistiques, la formation du personnel au sol et tous les autres aspects nécessaires au maintien des Black Hawks, devront également être établis et entretenus.

En substance, les contribuables états-uniens se retrouvent à financer deux fois les ressources nécessaires au transport en hélicoptère, en raison du surcoût drastique des Black Hawks – le programme dans son entier coûtant des centaines de millions de dollars supplémentaires selon Reuters – pour soutenir un appareil militaire afghan qui peine déjà à assurer sa survie.

3. Les USA ne combattent pas le terrorisme en Afghanistan

Pendant le point presse du général Nicholson, celui-ci a déclaré que la persistance de la présence états-unienne en Afghanistan avait pour but de vaincre al-Qaïda et « État islamique » (Daech). Cependant il était clair, à l’écoute de son compte-rendu, que les Talibans constituaient la principale menace pesant sur le régime mandataire de Kaboul appuyé par les États-Unis.

Le général Nicholson a fustigé le Pakistan, la Russie et l’Iran pour ce qu’il a dénoncé comme leur « influence néfaste » sur l’Afghanistan. Il a particulièrement reproché à la Russie et l’Iran de conférer une légitimité aux Talibans. Il a ainsi affirmé :

La Russie a ouvertement conféré une légitimité aux Talibans. Et leur narrative donne quelque chose de cette sorte : les Talibans sont véritablement ceux qui combattent État islamique, pas le gouvernement afghan.

Quoi qu’il en soit, le général Nicholson omet stratégiquement le fait que les USA et certains de leurs plus proches alliés au Moyen-Orient ont également octroyé aux Talibans une certaine légitimité, en cherchant à négocier auprès du groupe et de son allié qatari la possibilité d’ouvrir, à toutes fins pratiques, une ambassade à Doha, capitale du Qatar.

Le Times britannique a rapporté, dans un article de 2011 intitulé Le bureau taliban au Qatar approuvé par les États-Unis :

Les États-Unis ont donné leur bénédiction à une réhabilitation des Talibans à travers une étape cruciale dans le processus de réconciliation, au moment où le monde a interrompu son activité pour commémorer le 10e anniversaire des attaques du 11 septembre 2001.

Washington a appuyé le projet du réseau islamiste d’ouvrir des sièges politiques au sein de l’état du Golfe qatari d’ici la fin de l’année. L’initiative a été élaborée de sorte que l’Occident puisse entamer des pourparlers de paix formels avec les Talibans.

Plus récemment, la plate-forme médiatique du département d’État US a déclaré, dans un article datant de décembre 2016 intitulé Les Talibans aspirent à une reconnaissance de la part du bureau du Qatar et s’adressent directement aux États-Unis :

Le département des États-Unis a publié une déclaration vendredi, selon laquelle des fonctionnaires états-uniens reconnus ont pris connaissance de la déclaration des Talibans et ne semblent pas rejeter explicitement la perspective de pourparlers avec le groupe d’activistes.

Ainsi que nous l’avons longtemps affirmé, le seul moyen de mettre fin au conflit en Afghanistan réside dans un processus de paix et de réconciliation avec les Talibans. Nous sommes prêts à accepter toute résolution politique du conflit entre le gouvernement afghan et les Talibans, dès lors que l’aboutissement de tout processus garantit un arrêt de la violence, des relations avec le terrorisme international et l’acceptation d’une constitution pour l’Afghanistan, comportant la protection des femmes et des minorités de la part des Talibans.

Ceci entre clairement en contradiction avec les affirmations du général Nicholson.

En reconnaissant les Talibans comme un mouvement politique légitime, à quoi s’ajoute le financement par les alliés des USA des bureaux talibans dans leurs capitales pour renforcer leur légitimité, ce sont les États-Unis et non la Russie qui ont effectué la plus grande part du travail de sape contre leur propre narrative, si l’on tient compte de la soi-disant « guerre contre le terrorisme » et de tout le postulat par lequel ils justifient leur présence prolongée en Afghanistan.

Tandis que les USA affirment qu’ils combattent al-Qaïda et l’autoproclamé « État islamique » en Afghanistan, il est clair que le véritable combat qu’ils livrent se fait contre les Talibans et leur mainmise à travers le pays, face au régime mandataire des USA à Kaboul. L’arrangement négocié qu’ils tentent de conclure dans le même temps avec les Talibans, alors que leur campagne militaire contre le mouvement s’étale sur près de deux décennies, constitue à la fois une offre pour sauver le régime mandataire de Kaboul aux abois et un constat quant aux limites de l’influence états-unienne dans la région.

La couverture médiatique de la présence continue des États-Unis en Afghanistan s’est amenuisée dans médias US et européens, précisément du fait de l’écart considérable entre la narration, censée rendre compte de l’occupation, et la réalité. Au cours de l’année qui va suivre, pour ceux qui suivent attentivement le conflit, les USA continueront à fabriquer des excuses visant à justifier le maintien de leur présence dans le pays, tandis qu’ils s’appliqueront à négocier auprès des Talibans tout en cherchant à amoindrir leur poids politique et militaire.

En ce qui concerne les Talibans, le temps joue en leur faveur ; et si les déclarations du général Nicholson concernant la protection et les ressources que les Talibans recevraient depuis l’étranger sont fondées, alors aucune négociation ni aucune force militaire ne suffiraient à rendre victorieux Washington ou ses mandataires à Kaboul au cœur même de l’Afghanistan.

 Ulson Gunnar

Article original en anglais :

afghanistan war

Three Realities You Aren’t Being Told About Afghanistan. “US is Not Fighting Terrorism”

Traduit par François, relu par nadine pour le Saker Francophone

 

Ulson Gunnaranalyste géopolitique et écrivain installé à New-York travaillant notamment pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

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Huit milliardaires, dont six Américains, possèdent autant de richesses que la moitié inférieure de la population mondiale, soit environ 3,6 milliards de personnes, selon le dernier rapport sur l’inégalité mondiale de l’ONG britannique Oxfam.

Le rapport a été publié lundi, à la veille du Forum économique mondial annuel à Davos, en Suisse, où de nombreux ultra-riches convergeront cette semaine. Le document d’Oxfam présente des statistiques qui mettent en évidence la croissance stupéfiante de l’inégalité sociale, montrant que l’écart de revenu et de richesse entre une minuscule élite financière et le reste du monde s’élargit à un rythme accéléré.

La richesse est encore plus concentrée que l’organisation ne l’avait cru auparavant. L’année dernière, selon Oxfam, 62 personnes contrôlaient autant de richesse que la moitié inférieure de l’humanité. Dans son dernier rapport, l’organisation note que «si ces nouvelles données avaient été disponibles l’an dernier, elles auraient montré que neuf milliardaires possédaient les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de la planète».

Selon Oxfam, depuis 2015, le 1 pour cent le plus riche de la population mondiale possède plus que le reste du monde dans sa totalité, et au cours du dernier quart de siècle, le premier 1 pour cent a davantage augmenté son revenu que la moitié inférieure de l’humanité.

« Loin de bénéficier à la population dans son ensemble, les revenus et la richesse fuient vers le haut à un rythme alarmant », déclare le rapport. Les 1.810 milliardaires en dollars sur la liste Forbes de 2016 possèdent 6,5 mille milliards de dollars, autant « que les 70 pour cent les plus pauvres de l’humanité ».

Au cours des 20 prochaines années, quelque 500 personnes remettront à leurs héritiers plus de 2,1 mille milliards de dollars, un montant supérieur au produit intérieur brut de l’Inde, un pays de 1,3 milliards de personnes.

Oxfam cite des recherches récentes, dont celles de l’économiste Thomas Piketty, selon lesquelles aux États-Unis, la croissance des revenus des 50 pour cent inférieurs a été nulle au courant des 30 dernières années, alors que les revenus du premier 1 pour cent ont augmenté de 300 pour cent.

Le même processus est en cours dans les pays les plus pauvres du monde. Selon Oxfam, l’homme le plus riche du Vietnam gagne plus en une journée que la personne la plus pauvre du pays gagne en 10 ans.

Le rapport souligne le caractère systématique du siphonage des richesses mondiales vers le haut. Le secteur privé est axé sur l’obtention de «rendements toujours plus élevés pour les propriétaires riches et les cadres supérieurs» ; les entreprises sont «structurées pour éviter les impôts, compresser les salaires des travailleurs et exploiter les producteurs ».

Cela implique les pratiques les plus barbares. Oxfam cite un rapport de l’Organisation internationale du Travail, selon lequel 21 millions de travailleurs forcés génèrent 150 milliards de dollars en profit chaque année. De nombreuses grandes entreprises ont des liens avec des filatures de coton en Inde qui ont systématiquement recours au travail forcé des filles.

Les petits agriculteurs tombent également dans la pauvreté: dans les années 1980, les cultivateurs de cacao reçevaient 18 pour cent de la valeur d’une barre de chocolat, contre seulement 6 pour cent aujourd’hui.

De nombreuses statistiques soulignent toute l’étendue du pouvoir du patronat. En termes de revenus, 69 des plus grandes entités économiques mondiales sont maintenant des sociétés, non des pays. Les 10 plus grandes entreprises du monde, dont Wal-Mart, Shell et Apple, ont des revenus cumulés supérieurs aux revenus totaux des gouvernements de 180 pays.

Les auteurs évitent toute condamnation du système de profit en soi. Néanmoins, les informations fournies dans leur rapport constituent un verdict sans appel du capitalisme. Elles mettent en évidence dans les faits et les chiffres deux processus centraux délimités par Karl Marx, le fondateur du socialisme moderne.

Dans le Capital, Marx a expliqué que la logique objective du système capitaliste, motivé par la poursuite du profit, est de produire des richesses toujours plus grandes à un pôle de la société et la pauvreté, la misère et la dégradation à l’autre. Dans le Manifeste du parti communiste, il explique que les gouvernements ne sont que des comités exécutifs pour gérer les affaires de la classe capitaliste.

Ceci est illustré par les politiques fiscales et autres mesures «favorables aux entreprises» des gouvernements du monde entier. Selon Oxfam, le géant technologique Apple aurait payé une taxe de seulement 0,005 pour cent sur ses bénéfices européens.

Les pays en développement perdent environ 100 milliards de dollars par an en raison de la fraude fiscale et d’exonérations accordées aux entreprises. Au Kenya, l’Etat perd 1,1 milliard de dollars chaque année à cause des exonérations, soit près du double du budget annuel de santé du pays.

Les Etats sont complices de la fraude fiscale et la criminalité. Le rapport cite l’économiste Gabriel Zucman, selon lequel 7,6 mille milliards de dollars sont cachés dans les paradis fiscaux. En raison de la fraude fiscale, l’Afrique perd à elle seule 14 milliards de dollars, soit assez pour payer des soins qui sauveraient la vie de quatre millions d’enfants et embaucher assez d’enseignants afin que tous les enfants africains aillent à l’école.

Il y a une omission importante de la discussion d’Oxfam sur l’accélération des inégalités. Elle ne mentionne pas le rôle crucial des politiques des gouvernements des grand pays et des banques centrales dans la remise de billions de dollars aux banques, aux grandes entreprises et aux élites financières grâce aux renflouements bancaires et aux politiques d’assouplissement quantitatif depuis la crise financière mondiale en 2008.

Discuter de ces faits soulèverait des problèmes politiques inconfortables. Le rapport s’ouvre en citant favorablement les remarques de Barrack Obama à l’Assemblée générale de l’ONU en 2016 selon lesquelles un monde dans lequel 1 pour cent de la population possède autant que les 99 pour cent restants ne sera jamais stable.

Mais les politiques mêmes d’Obama ont joué un rôle clé dans la création de ce monde. Après avoir sauvé l’aristocratie financière des conséquences de leurs propres actions criminelles en renflouant massivement les banques, le gouvernement Obama et la banque centrale américaine ont assuré leur enrichissement supplémentaire en fournissant des crédits à des taux ultra-bas afin de stimuler la valeur de leurs actifs.

Sous Obama, l’accroissement des inégalités s’est accéléré, et la classe dirigeante a sombré dans le parasitisme et la criminalité. Obama a permis la saisie directe des rênes du pouvoir par l’oligarchie financière, incarné par la présidence imminente du milliardaire Donald Trump, à qui Obama remettra les clés de la Maison Blanche vendredi.

La motivation principale du rapport d’Oxfam est la crainte des conséquences politiques de l’inégalité et le désir de détourner la montée de la colère dans des voies inoffensives. Il met en avant la perspective d’une «économie humaine», prétendant que cela peut être réalisé sur la base du marché capitaliste, dès que les entreprises et les gouvernements changent leurs états d’ésprit.

On aperçoit l’absurdité de cette perspective, fondée sur la vision longtemps discréditée du fabianisme [travailliste] britannique, qui a dominé la pensée des classes moyennes anglaises depuis plus d’un siècle, dans le fait que le rapport s’adresse aux élites financières mondiales rassemblées à Davos. Il leur implore simplement de changer leurs habitudes.

La faillite de cette perspective est démontrée non seulement par les faits et les chiffres actuels, mais par l’expérience historique. Il y a un quart de siècle, après la liquidation de l’Union soviétique, l’euphorie capitaliste triomphait. Débarrassé de l’obstacle posé par l’URSS, la démocratie libérale-capitaliste devait dominer le monde et montrer à l’humanité ce qu’elle pouvait faire.

Et elle y a certainement réussi : le monde est marqué par toujours plus d’inégalité, une accumulation de richesses vraiment obscène, des formes antidémocratiques de gouvernement, la criminalité aux plus hautes sphères de la société et la danger de plus en plus immédiat d’une Troisième Guerre mondiale.

Ceci met en lumière un autre anniversaire: le centenaire de la Révolution russe. Malgré sa trahison subséquente par la bureaucratie stalinienne, la révolution russe a montré incontestablement, et pour toujours, qu’un monde au-delà du capitalisme et de tous ses maux sociaux est à la fois possible et nécessaire. Ses leçons doivent inspirer les immenses luttes sociales qui éclater onten conséquence des conditions sociales détaillées dans le rapport d’Oxfam.

Nick Beams

Article paru en anglais, WSWS,  le 17 janvier 2017

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1939-1945 Renault dans la collaboration (1e partie)

janvier 18th, 2017 by Annie Lacroix-Riz

Renault dans la collaboration, c’est une question qui est un peu revenue à l’ordre du jour. Elle a été relancée sur des bases intéressées de court terme, mais elle mérite de l’être sur des bases générales, vu son intérêt pour la connaissance historique.

Louis Renault et les autres dans la conjoncture présente

Commençons par les circonstances particulières. Vous le savez, il y a quelques années, après y avoir beaucoup réfléchi et l’avoir de longue date préparée, les héritiers de Renault, les petits-enfants de Renault, ont décidé de lancer une grande opération de récupération des pertes de leurs actifs industriels en se retournant contre l’État. Ils ont expliqué que les mesures prises contre Renault de 1944 jusqu’à la nationalisation-confiscation de la Société anonyme des Usines Renault (SAUR) du 16 janvier 1945, étaient des mesures tout à fait injustes à l’égard d’un grand-père quasi résistant, qui avait tout fait pour servir le secteur civil et la population française pendant la guerre ; qu’elles constituaient de pures spoliations et que par conséquent il fallait revenir sur cette iniquité, qui avait été le produit d’une sorte d’alliance contre nature entre De Gaulle et l’abominable Parti Communiste, alliance sur laquelle on était, sur le plan politique, heureusement déjà revenu. Ça a donné lieu pendant plusieurs années – l’opération ayant été lancée en grand depuis 2009 et surtout 2011 – à un déversement médiatique considérable qui a bénéficié de tous les moyens possibles radiophoniques et audiovisuels.

Il se trouve que je travaillais sur la collaboration économique, ce qui incitait à poser la question de Renault dans le cadre du thème plus général de la collaboration patronale, devenue une sorte de sujet tabou depuis quelques décennies. Or, à la faveur de l’ouverture des archives, j’ai, à partir des années 1980 et surtout 1990, découvert dans les sources originales ce qu’il était impossible de découvrir avant leur ouverture au public : c’est-à-dire jusqu’à quel degré l’industrie française, le capital financier français s’étaient engagés au service du IIIème Reich pendant l’Occupation de la France.

Les archives s’ouvraient mais, ça tombait mal, l’atmosphère générale se fermait : les classes dirigeantes étaient désormais traitées avec un infini respect, et, logiquement, les historiens académiques étaient devenus beaucoup moins curieux : la curiosité sur « ceux d’en haut » compromettait sérieusement les carrières. Alors même que les archives révélaient les agissements réels du grand patronat pendant la guerre, avait commencé à s’imposer la mise en cause du concept même de Collaboration, définie comme volonté d’entrer dans des relations privilégiées avec le partenaire, l’occupant allemand.

Cette mise en cause s’est accompagnée d’un autre aspect majeur, le changement de l’image générale de l’Occupation. Jusqu’à la décennie 1990, on avait, somme toute, même si ça manquait parfois de sincérité, à peu près respecté l’idée du Résistant ou de la Résistance : globalement, la Résistance à l’occupant restait considérée comme honorable, par opposition à la Collaboration. On estimait qu’il y avait ceux qui avaient lutté au nom de l’indépendance nationale, pour rétablir la souveraineté nationale violée par l’invasion et l’occupation allemandes du territoire, et puis il y avait le camp des « collaborateurs ». Car, même si on estimait que la collaboration économique n’existait pas, ou si l’on n’avait pas les moyens de la connaître avec précision, on tolérait quand même l’idée qu’on avait collaboré en France et que, ma foi, le patronat avait collaboré plutôt plus que la moyenne. Tout le monde ou presque connaissait la formule de De Gaulle accueillant le Président du Centre National du Patronat Français, Georges Villiers, qui avait été nommé maire de Lyon par Vichy en 1940, à la place du radical Herriot évincé, et l’était resté jusqu’en janvier 19431. On en a fait ces dernières années un résistant mais cette image n’existait pas après la Libération. Le grand patronat avait dû attendre 1946 pour reconstituer officiellement son organisation, la Confédération générale du patronat français, en en changeant d’ailleurs le nom (Conseil national du patronat français). Et de Gaulle était parfaitement compris des Français quand il disait à Georges Villiers, reçu alors : « Messieurs je ne vous ai pas vus beaucoup à Londres ».

Avant les années 1990, de tels propos étaient encore licites, même en milieu académique. Puis ils sont devenus beaucoup moins corrects, et le combat contre le concept même de collaboration s’est doublé – personne n’en sera surpris – d’une offensive de plus en plus ouverte contre les résistants et la résistance, le respect pour les uns et l’autre étant taxés par l’historiographie dominante de « résistancialisme »2. Au stade avancé de cette évolution, et nous l’avons atteint depuis un moment, non seulement la résistance et la collaboration ne pouvaient plus être sérieusement étudiées mais on pouvait réhabiliter Vichy. Et, c’est ce qui – à bas bruit ou plus ouvertement – se produit ces dernières années, avec une forte accélération qui se mesure par la production historiographique française. Laquelle développe cette idée qu’il y aurait un bon Vichy, assez débonnaire, qui aurait été un petit peu gâté sur la fin. Voyez, le mauvais de Vichy résulte d’une évolution imprévisible, comme pour l’Union Européenne : tout ça était convenable, jusqu’à la dérive tardive (avril 1942 et le retour de Laval, ou janvier 1944 avec Darnand au « Maintien de l’ordre ») qui est venue faire dérailler tout ça. Avec un Vichy assez honorable, soluble dans les solutions « occidentales » de l’après-guerre, contrasteraient par contre les pratiques abominables des résistants. Vous avez sans doute été frappés ces derniers temps par le fait qu’il n’y a pratiquement pas d’émission télévisée qui ne traite de la Libération sans afficher les horribles images de « l’épuration sauvage ». En particulier, bien entendu, cette image qui est devenue insupportable et symbole de barbarie, de femmes tondues, tout simplement, nous assure-t-on (ce qui est démenti par les archives des instructions de justice3), parce qu’elles avaient eu des relations amoureuses et/ou sexuelles avec des Allemands. On en était déjà à ce stade de la perception générale de Vichy, flatteuse, et de la Libération, ignominieuse4, lorsque, entre 2009 et 2014, les héritiers ont réalisé leur grande opération publique de lessivage et blanchiment. Ils ont alors amené la télévision à s’émouvoir unilatéralement, sans une voix discordante, sur Louis Renault5, à se pencher sur ses vacances émouvantes avec son petit garçon sur les plages de l’Ouest. C’est cette conjoncture qui a conduit les anciens de Renault, militants ouvriers descendants de résistants, et une historienne amatrice d’archives (expression qui semble relever du pléonasme) à passer alliance pour qu’on en sache un peu plus sur ce qui s’était vraiment passé.

Nous avons donc à cet effet formé une association, l’association « Résistance », qui a eu pour double objectif de combattre la dépréciation de la Résistance et la négation de la Collaboration patronale. Bien sûr, dans l’énorme tapage médiatique qui a envahi le champ ces dernières années, l’effort de l’association représente peu de chose. Mais il a quand même marqué des points et même si on n’a pu faire circuler qu’un tout petit filet de vérité, vous êtes là, vous faites partie de ceux qui font reculer les mensonges. On a évoqué tout à l’heure la période actuelle où les luttes sont difficiles, où elles ont été très affaiblies. Ça ne fait que souligner l’importance de chaque personne consciente des réalités pour qu’on soit en mesure de lutter contre le courant dominant et pour que des petits ruisseaux naissent les grandes rivières. Les grandes rivières, en l’occurrence, c’est que Louis Renault et la société anonyme des usines Renault méritent d’être connus parce que leur histoire vraie est significative de ce qui a caractérisé tout le grand patronat français : je dis bien, non une partie, mais tout le grand patronat français.

Tout à l’heure, Michel a dit à quel point était décisive la dimension de classe de l’histoire. Plus j’avance dans la fabrication de l’Histoire, plus je suis frappée par l’importance de cette dimension qui est aujourd’hui pratiquement exclue, interdite du champ académique : un jeune chercheur ne peut pas, et ce depuis un certain temps, orienter son travail de thèse autour de la conviction, tolérée il y a quelques décennies, que les classes s’opposent objectivement, que « l’Histoire n’est que l’Histoire de la lutte des classes » ; que, par cette affirmation, Karl Marx a simplement décrit une réalité confirmée par les sources économiques, sociales et politiques, françaises et internationales. Si nous avons, avec l’association Résistance, avec les anciens de Renault, avec des militants de la CGT et des militants politiques, avec les forces de progrès, qui ont toutes joué un rôle, marqué quelques points, c’est un acquis important aussi pour cette liberté historique, retirée aujourd’hui aux jeunes chercheurs. Car tout mouvement en avant à cet égard leur donnerait un petit plus de liberté ; et il bénéficierait à l’enseignement général de l’Histoire, qui a fait l’objet d’un excellent petit ouvrage dont l’un des auteurs, Gisèle Jamet6, se trouve dans cette salle ; il permettrait de faire davantage dès aujourd’hui pour nos enfants, confrontés au double mur de la dégradation de l’histoire à l’école et de l’intoxication audiovisuelle, et pour les adultes, alors que toute émission de télévision ou de radio est devenue une épreuve cruelle pour ceux qui savent deux ou trois choses précises sur les faits présentés.

Ce qui est sûr, il faut le dire honnêtement, et nous l’avons dit et répété tous autant que nous étions, c’est que Renault n’était pas le seul collaborateur mais qu’il était emblématique. Le plus souvent, on ne le sait pas, parce qu’aujourd’hui, on pleure surtout sur l’affreuse épuration. D’épuration, il n’y a pas eu, plus on était éminent, plus on avait commis d’horreurs, plus vite on a été lavé, blanchi, pas seulement en Allemagne occidentale ex-nazie, pas seulement en Italie ex-fasciste, mais aussi en France. Travaillant depuis plusieurs années sur la farce de l’épuration, qui fera probablement l’objet de mon livre prochain, j’en arrive quasiment à perdre le sommeil parce que ce lessivage n’a même pas épargné la collaboration de sang : on peut avoir tué, fait tuer 5 personnes, 10 personnes, 100 personnes et bien plus (les chefs de la police, dont Bousquet, et de la magistrature et les ministres de Vichy ont souvent à leur actif bien plus que ça, un certain nombre de grands patrons aussi d’ailleurs) et puis être resté bien tranquille quelquefois dès la Libération. Mettre l’accent sur le seul Renault suggérerait que vraiment c’est une exception, un personnage abominable dans un paysage serein. Non, ce n’est pas vrai, ses pairs en ont pratiquement tous fait autant mais Renault était le plus gros, et son entreprise la plus énorme. Elle s’était installée à l’extrême fin du 19ème siècle, et avait déjà considérablement prospéré grâce à la Première guerre mondiale, qui a beaucoup de caractéristiques communes avec la Seconde. C’est à dire que, à cette occasion, Renault avait surexploité la classe ouvrière et avait accaparé une masse de terrains dont on n’a même pas idée : ça a généré d’ailleurs dans les années 1920 une série de procès pour spoliations de petits propriétaires des terrains de Billancourt, affaires que personne ne connaît mais dont on trouve l’écho dans les archives policières de la Préfecture de Paris. Le patron de Renault avait été financé par l’État dans des conditions inouïes, comme d’ailleurs ses congénères, et il était devenu un exploiteur à énorme échelle : il possédait, à près de 100%, la plus grosse entreprise automobile dans un secteur automobile que, vous le savez, la France représentait avec éclat puisqu’elle a été un des grands constructeurs d’automobiles de la première moitié du 20e siècle. Ce Louis Renault a été emblématique et on l’a saisi comme symbole parce que ses petits-enfants voulaient faire payer le contribuable autant et plus qu’il avait déjà payé dans la première guerre mondiale, l’entre-deux guerres et la Seconde Guerre mondiale7. Nous trouvions cela très désagréable et nous avons fait un petit peu de clarté sur un phénomène qui est – j’y insiste – significatif.

La guerre de classes dans les années 1930

C’est à dire un Renault – commençons par l’avant-guerre – qui est évidemment un des symboles de l’exploitation ouvrière, de la surexploitation ouvrière et de l’enthousiasme pour la répression, au point que, vous le savez, les ouvriers de Louis Renault avaient pour habitude de le surnommer le « saigneur de Billancourt », avec un A. La Société anonyme des Usines Renault (SAUR) battait les records en matière d’accidents du travail ; les machines explosaient, il y avait 5 morts ici, 10 par-là, de ces morts, vous le savez, qui ne sont pas recensés par les journaux, pas plus dans l’entre-deux-guerres qu’aujourd’hui. Cet énorme exploiteur avait pour objectif politique, comme l’ensemble du grand patronat, la liquidation de la République, parce qu’il considérait ce régime comme une entrave au déploiement ad libitum de la liberté patronale. Sous la république, il y avait des syndicats jugés, même quand une partie d’entre eux étaient raisonnables car contrôlés et quand l’autre partie, combative, était persécutée ou interdite d’action ; il y avait un Parlement qui ne servait pas à grand-chose mais qui faisait obstacle à la rapidité des décisions ; il y avait des partis ouvriers dont l’un était particulièrement combatif, enfin tout ça était très déplaisant.

Renault, il faut le dire, s’inscrit parmi les premiers tuteurs du complot contre la République. Car il s’est agi d’un complot, bien que la plupart de mes collègues pratiquent à ce sujet la tactique de « l’éclat de rire pour masquer au public la vérité », expression qu’Henri Guillemin a justement utilisée à propos de la réaction des comploteurs du tandem Cagoule-Synarchie à la révélation, en septembre 1937, du complot contre la République qui avait Pétain et Laval pour chefs apparents (et le noyau synarchique du capital financier pour chef réel)8. Le coup d’État raté d’Eugène Deloncle et consorts, ha, ha, ha, c’était une plaisanterie. La Cagoule aurait « un parfum de romantisme noir », ce serait un pur « épiphénomène » dont on ne comprend pas la survie dans les têtes, ironise l’historiographie dominante. Non, c’était bien « une organisation politique d’envergure », au service du patronat le plus concentré, regroupé dans la synarchie9.

Renault, Louis Renault, tout son appareil et tout son entourage ont joué un rôle déterminant dans la constitution des ligues fascistes, puis dans l’organisation fondée en 1935-1936 qui s’est appelée La Cagoule et qui les a toutes regroupées, et dans la tactique de la tension. Vous avez peut-être vu récemment à la télévision une excellente émission sur « les années de plomb » en Italie et ce qu’on appelle la stratégie de la tension, c’est-à-dire les explosions répétées, les assassinats politiques, qu’il fallait mettre au compte des « rouges », eh bien, nous avons eu tout cela en France en 1937. Et Renault et les siens ont largement contribué au triomphe de cette ligne politique. Parlons d’ailleurs à cet égard de son entourage et notamment de son neveu par alliance François Lehideux, dont il avait fait un administrateur délégué avant d’en faire son directeur général, qu’il délègue formellement en 1935- 1936 à l’organisation des luttes de classes à la SAUR : c’est Lehideux qui est le fer de lance de la répression au moment où la classe ouvrière s’organise (Michel l’a dit tout à l’heure), c’est-à-dire quand en 1934-1935, elle se radicalise et que la léthargie d’après les échecs de 1920 cède devant la crise qui s’aggrave.

Renault, Lehideux et leur entourage sont partie prenante dans le complot préparatoire au régime de Vichy dont Lehideux lui-même sera un des plus importants ministres. Je ne reviens pas ici sur les détails, présentés dans mes ouvrages10, mais je cite pour mémoire le procès de mars 1939 sur la terrible répression qui suit l’échec de la grève de novembre 1938 chez Renault, cette grève qui administre une remarquable leçon patronale dans la conduite de la lutte de classes, et une leçon sur le rôle de l’État au service du grand patronat. Elle mérite un petit arrêt. Le 24 novembre 1938, une grève, parfaitement légale de l’avis écrit du commissaire de police de Billancourt, entamée à 14h30 se solde par l’entrée en masse dans les heures qui suivent de la police11 dans des conditions inouïes de brutalité – avec lesquelles vient de renouer la répression des manifestations de 2016 contre la « loi Travail » : c’est-à-dire avec une police qui donne de la matraque, qui insulte les ouvriers grévistes, qui leur tape sur la tête en criant : « un coup pour Blum ! un coup pour Thorez ! un coup pour Jouhaux ! » Une police qui anticipe directement, avec les mêmes fonctionnaires de police, la répression de sang de l’Occupation. C’est la même répression, avec les mêmes responsables et acteurs au sommet, et les mêmes victimes, puisque Renault et tout son appareil sont en liaison quotidienne, je dis bien quotidienne, avec les autorités les plus élevées de la répression : François Lehideux bombarde de ses courriers le ministre de l’intérieur, le préfet de police, ainsi le 24 novembre, contre la grève12, et le préfet de la Seine13, à propos de tout et n’importe quoi.

On peut à peine imaginer la minutie et l’inventivité de ses suggestions et exigences auprès des chefs de la police, dont je vais donner un seul exemple, sous le président du Conseil radical Daladier. Quand le Parti communiste est interdit par le décret-loi, le 26 septembre 1939, ça n’est pas la droite, c’est la gauche « raisonnable » qui est aux affaires : très exactement jusqu’au 21 mars 1940 où c’est l’homme de droite Paul Reynaud qui remplace l’homme de gauche Daladier, Daladier qui, avec des accents déchirants, décrivait, pendant la campagne électorale de 1936, la rapacité et la férocité des patrons de mines de charbon.

Sur la continuité entre la république agonisante et Vichy, le décret-loi Daladier du 26 septembre 1939 dispense de longs développements. Les dernières arrestations de résistants communistes de l’Occupation se font au nom de divers « chefs » de crimes, « terrorisme » et communisme : au printemps et à l’été 1944, la police de Vichy continue à arrêter, pour déporter les militants, pour les faire fusiller par les Allemands, sur la base du décret-loi Daladier du 26 septembre 1939. Et, lorsque le Parti communiste est interdit, la plupart de ses grands militants et responsables sont arrêtés et incarcérés (ou en fuite). L’occupant, renseigné et aidé par les dirigeants de l’État (Lehideux compris) et de l’appareil policier français, qui lui livreront ces chefs communistes, pourra aisément, désigner les otages : les communistes passeront alors du statut d’emprisonnés, à terme puis à vie, à celui, après remise au Reich depuis l’été et l’automne 1941, d’exécutés ou de déportés.

C’est depuis les interdictions d’août-septembre 1939 et la « drôle de guerre » que Renault, les siens et le capital financier français amorcent ce que Fernand Grenier, à Alger en mars 1944, appellera face à « l’homme de sang » Pierre Pucheu14, « l’extermination des cadres du mouvement ouvrier »15. Lehideux harcèle encore le préfet de la Seine le 19 mai 1940 (France déjà écrasée par la Wehrmacht) pour lui demander de fermer tous les cafés autour de Billancourt parce que les militants communistes continuent à s’y rencontrer clandestinement – ordres aussitôt exécutés16.

Il existe dans Gallica, une collection de L’Humanité17, à laquelle vous avez accès si vous disposez d’un ordinateur, c’est une Humanité qui vaut vraiment d’être lue parce que vous y trouvez l’écho de la vie sociale, des luttes des travailleurs : c’est même, avant-guerre, la principale source de la connaissance du mouvement ouvrier, dimension syndicale comprise, grâce aux rapports quotidiens des correspondants du travail. Je renvoie à ce sujet au très bon livre de Jean Paul Depretto et Sylvie Schweitzer sur Renault, sur l’usine Renault dans l’entre-deux guerres18. L’Humanité est aussi une remarquable source politique. Et on s’aperçoit en lisant le compte rendu du procès de mars 1939 de Renault contre les grévistes de novembre 1938, parmi lesquels Jean-Pierre Timbaud, que leur défenseur, Me Moro-Giafferi19, décrit aussi précisément que les archives policières le fonctionnement du fascisme ordinaire à la SAUR : « j’accuse la maison Renault de provocation et j’exprime la crainte qu’il y ait parmi le patronat des extrémistes affolés. La direction de Renault est connue par l’opinion publique pour la violence des opinions publiques qu’elle manifeste et qu’elle pratique ». Moro- Giafferi explique comment la maison Renault soutient les cagoulards, et révèle entre autres que, dans le dossier des enquêtes conduites depuis 1936 sur les cagoulards, a été découvert un chèque de la Maison Renault. Il y a là une philippique que vous apprécierez sans doute beaucoup20. Les lecteurs de cette intervention précise du très grand avocat peuvent comprendre autant que les chercheurs dépouillant les archives policières que la lutte des classes, en l’occurrence menée par Renault et son entourage, n’est pas une invention marxiste.

Annie Lacroix-Riz

Notes

1 Sur l’évolution de Georges Villiers, index de mes ouvrages Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, et Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Dunod-Armand Colin, 2016

2 https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistancialisme

3 Archives BB18 et BB30 notamment, que je consulte depuis plusieurs années pour préparer un nouvel ouvrage.

4 Sur l’atmosphère politique et historiographique, Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012, « Troublante indulgence envers la collaboration », Monde diplomatique, juillet 2015, p. 24 ; http://www.humanite.fr/critique-de-livre-par-claude-mazauric-la-grande-bourgeoisie-et-linavouable- collaboration
5 http://louisrenault.com/2015/12/28/lhumanite-du-23-decembre-2011-face-a-la-famille-renault-france-3-ecarte-annie- lacroix-riz-par-claude-mazauric/

6 Il faudrait mettre entre toutes les mains l’ouvrage de Gisèle Jamet et Joëlle Fontaine, Enseignement de l’histoire. Enjeux, controverses autour de la question du fascisme, Adapt-Snes éditions, Millau, 2016 (réédition prévue, Paris, Delga).

7 Rappelons que, via les frais d’occupation et le clearing, l’occupant n’a de 1940 à 1944 rien payé en France, et le contribuable tout, Industriels et banquiers français, p. 25-26 et passim.

8 Sur l’intelligente « tactique de l’éclat de rire », Guillemin, sous le pseudonyme de Cassius, La vérité sur l’affaire Pétain, Genève, Milieu du Monde, 1945, rééd., éditions d’Utovie, 1996, p. 50. Je l’ai décrite dans Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2010, chapitres 1 et 6, et l’applique à la négation de la trahison de Bazaine par l’historiographie dominante, « La défaite organisée de 1870 », Actes du colloque Henri Guillemin sur la Commune du 19 novembre 2016, à paraître, éditions d’Utovie, 2017.

9 « Avant-guerre, la Cagoule a pu apparaître comme une menace sérieuse contre la République. En réalité, elle a été un épiphénomène, certes bruyant, sanglant, fascinant même pour une frange réactionnaire, mais elle ne fut en rien, ni en 1936, encore moins sous l’Occupation, une organisation politique d’envergure. Apparemment, son parfum de romantisme noir ne s’est pourtant pas totalement évaporé. » Henry Rousso, Libération, 31 mai 1991, « Les Cagoulards, terroristes noirs »; critique, Le choix de la défaite, p. 43-44, et passim.

10 Le choix de la défaite et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, index François Lehideux.

11 Rapport officiel du commissaire de police de Boulogne-Billancourt, ? janvier 1939, BA, 2136, Renault, archives de la Préfecture de police (APP).

12 Lettres « recommandée[s] » et signées de Lehideux au ministre de l’intérieur Albert Sarraut et au préfet de police Roger Langeron, co-organisateur de la répression, 24 novembre 1938, BA, 2136, Renault, APP.

13 Sylvie Schweitzer, « Partis et syndicats aux usines Renault (1936-1939) », mémoire de maîtrise, université Paris 1, 1975, résumé et cité par La défaite du Front Populaire, Paris, Maspéro, 1977, p. 143-149; De Munich à Vichy, p. 95, et chapitre 3; Industriels et banquiers, p. 51-52.

14 Pertinax, Les fossoyeurs : défaite militaire de la France, armistice, contre-révolution, New York, 1943, 2 vol., t. II, p. 240 ; sur Pertinax, infra.

15 Contexte, Les élites, p. 181 sq.

16 Lettre de François Lehideux, directeur général des usines Renault, au préfet de la Seine Achille Villey, Billancourt, 19 mai 1940, et note de la préfecture, BA, 2136, Renault, APP, et Industriels et banquiers français, p. 52.

17 1904-26 août 1939 (date de son interdiction par décret-loi Daladier), et 1944, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302/date

18 Jean Paul Depretto et Sylvie Schweitzer, Le communisme à l’usine. Vie ouvrière et mouvement ouvrier chez Renault, 1920-1939, Roubaix, Edires, 1986.
19 Et non, comme je l’ai dit le jour de la conférence, Marcel Willard, qui fut un des avocats du procès des députés communistes de janvier 1940

20 L’Humanité, 7-t 9 mars 1939. Sur le traitement des ouvriers extraits de l’usine après une heure de grève, tabassés, insultés, arrosés avec les lances à incendie, sous l’œil hilare de deux mondains tout juste sortis de leurs mondanités mondanités respectives, le préfet de police Langeron et Lehideux, les 290 arrêtés, entassés dans les commissariats, Depretto et Schweitzer, Le communisme à l’usine, p. 264-271, et De Munich à Vichy, p. 95-96, et photos du cahier central.

 

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«José Manuel Barroso va a aportar una capacidad de análisis y una experiencia inmensa a Golman Sachs y sobre todo una comprensión profunda de Europa. Estamos impacientes por trabajar con él en el marco de nuestra labor de asesoramiento a nuestros clientes, en un contexto económico y de mercado incierto y delicado». Es en estos términos como se expresaba Michael Sherwood y Richard Gnodde, co-directores generales de Goldman Sachs International, realmente «impacientes» ante la idea de recibir al antiguo presidente de la Comisión Europea como nuevo colega en el seno del famoso banco de inversiones.

Un excelente fichaje para Goldman Sachs

Por medio de un comunicado fechado el 8 de julio 2016[1], el banco implicado en el maquillaje de las cuentas públicas de Grecia que posibilitaron su entrada en la zona euro anunció el reclutamiento de José Manuel Barroso, ex-primer ministro de Portugal de 2002 a 2004 y presidente de la Comisión Europea durante toda una década (del 2004 al 2014).

Así que quien fue más que condescendiente con los grandes bancos privados durante sus dos mandatos a la cabeza de la Comisión Europea e impulsó rescates bancarios de una amplitud hasta ese momento deconocida en Europa, pasa a ocupar las funciones de consejero y presidente no ejecutivo de Goldman Sachs International, rama europea del grupo estadounidense con sede en Londres. Durante su mandato como presidente de la Comisión Europea, Barroso se empleó a fondo en conseguir la impunidad para los grandes bancos, auténticos responsables de la crisis, así como de garantizar su supervivencia, ésto último por medio de inyecciones colosales de dinero público a costa de un endeudamiento y de una política de austeridad brutal para las poblaciones.

Ahora, este mismo Barroso es oficialmente contratado para aconsejar a uno de los bancos más implicados en la crisis de las hipotecas subprime (que desembocó en una de las peores crisis financieras desde la crisis de 1929) durante el proceso de salida del Reino Unido de la Unión Europea en el contexto del Brexit. No importa bajo qué bandera, ya sea como defensor de la UE o secundando la salida de uno de sus miembros, Barroso permanece fiel aliado de la banca.

Vender al sector privado la influencia adquirida en el sector público

Esta nominación ha suscitado una ola de indignación en los medios políticos y en los grandes medios comerciales. Sin embargo este comportamiento Goldman Sachs no tiene nada de excepcional en el microcosmos de los círculos políticos y financieros, el cual se caracteriza por la existencia de «puertas giratorias» entre la esfera pública y la privada. En efecto, el fenómeno que consiste en vender al sector privado la influencia adquirida en el sector público no es algo nuevo y es algo que se demuestra tremendamente beneficioso para las multinacionales. Estas obtienen por esta vía los contactos y las conexiones de los antiguos responsables políticos que sirven para conseguir nuevos contratos o para afinar mejor sus estrategias comerciales. Es el caso de Barroso que ha sido recrutado esencialmente por sus numerosos contactos en las altas esferas.

«En tanto que banco norteamericano que actúa internacionalmente y por lo tanto también en el ámbito europeo, Goldman Sachs tiene una necesidad imperiosa de saber qué se trama en los pasillos de Bruselas», explica Marc Roche, autor y director de un documental sobre Goldman Sachs. Este banco de inversión quiere saber antes que nadie lo que se prepara en términos de reglamentaciones en su ámbito de actividad, así como sobre la tasa de interés y en general sobre todas las decisiones macroeconómicas, puesto que estas decisiones van a influenciar sus actividades crediticias que componen el origen de sus beneficios[2].

En una entrevista al Financial Times que fue comentada por Mediapart, Barroso explica el interés de Goldman Sachs en su persona: «Evidentemente yo conozco bien la UE y conozco el entorno británico. Si mis consejos pueden ser útiles en las circunstancias actuales, estoy dispuesto claro está a colaborar».

Trayectoria controvertida

Se comprende mejor la amplitud de la «colaboración» que puede aportar José Manuel Barroso leyendo su declaración durante el discurso pronunciado en el Instituto Europeo de Florencia el 18 de junio de 2010, cuando afirma: «Lo que ocurre actualmente es una revolución silenciosa, paso a paso, hacia una gobernanza económica más fuerte. Los estados miembros [de la UE] han aceptado, y yo espero que ellos lo hayan comprendido bien, ceder a las instituciones europeas importantes poderes en materia de control y vigilancia»[3].

Repasemos algunos de los momentos cruciales de la controvertida trayectoria de José Manuel Barroso. En marzo de 2003 se alinea del lado norteamericano y británico para desencadenar la guerra de Irak, un fracaso apabullante, y organiza la cumbre de las Azores[4] con sus promotores principales, George W. Bush, Tony Blair y José María Aznar.

Ferviente defensor de los tratados de libre comercio, Barroso ha sido uno de los más vigorosos sostenes del Tratado de Lisboa, que retomó la parte esencial del Tratado Constitucional Europeo (TCE) rechazado en referéndum en el 2005 por cerca del 55% de los franceses[5] y el 62% de los votos holandeses. El Tratado de Lisboa por su parte fue aprobado sin consulta popular, despreciando la opinión de más de 20 millones de franceses y holandeses. Posteriormente y en el mayor de los secretos pone en marcha los tratados de libre comercio, hoy día fuertemente contestados, entre Europa y Canadá (CETA) así como el acuerdo entre Europa y los Estados Unidos (TTIP). Finalmente, como miembro representante de la Troika, Barroso se convertirá en el adalid de las políticas antisociales de austeridad.

Traducción de David Garcia Delgado.

 Jerôme Duval

Jerôme Duval: Miembro del CADTM, Comité para la abolición de las deudas ilegítimas (www.cadtm.org) y de la PACD, la Plataforma de Auditoría Ciudadana de la Deuda en el Estado español (http://auditoriaciudadana.net/). Es autor junto con Fátima Martín del libro Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016 y es también coautor del libro La Deuda o la vida, (Icaria, 2011), libro colectivo coordinado por Damien Millet y Eric Toussaint, que ha recibido el Premio al libro político en la Feria del libro político en Lieja, Bélgica, en 2011..

Notas


[1] Ver la carta de Goldman Sachs aquí y aquí en PDF

[2] Benoît Zagdoun, « Avec Barroso, Goldman Sachs continue à tisser sa toile au cœur du pouvoir ». France Télévisions, 13 de julio 2016.

[3] Citado por Anne Dufresne, « El consenso de Berlín », Le Monde Diplomatique, febrero 2012.

[4] El 16 de marzo de 2003, en el archipiélago de las Azores, el primer ministro portugués Manuel Barroso recibe al primer ministro británico Tony Blair, al presidente de los Estados Unidos George Bush Jr y al primer ministro español José María Aznar para acordar una operación militar conjunta en Irak. Menos de un mes más tarde, el 9 de abril, la coalición bombardea Bagdad.

[5] Ver los resultados del referéndum de 2005

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De nombreuses personnes à travers le monde, à commencer par des millions de Cubains, ont salué la mémoire de Fidel Castro. Mais le décès du révolutionnaire a aussi été l’occasion de ressortir quelques poncifs de la propagande anticastriste que l’on pensait ensevelis avec la guerre froide. Les voilà qu’ils remontaient à la surface médiatique: Castro a condamné les Cubains à la misère alors qu’il avait des millions de dollars planqués sur un compte secret; Castro a fait de Cuba une prison à ciel ouvert; Castro était homophobe… Et bien évidemment, l’incontournable « C’était un dictateur ». Nous avons soumis ces crachats funéraires à l’un des meilleurs spécialistes de Cuba, Salim Lamrani, pour un petit questionnaire vrai ou faux.

– Fidel Castro a condamné les Cubains à la misère

Salim Lamrani : Les indicateurs fournis par les institutions onusiennes sur Cuba apportent un démenti à cette affirmation. L’une des grandes réussites de Fidel Castro et de la Révolution est d’avoir créé un système de protection sociale qui est unanimement considéré comme étant l’exemple à suivre pour les nations du Tiers-monde, en universalisant l’accès à la santé, à l’éducation, à la culture, au logement, à la sécurité, au sport et aux loisirs.

Quelques chiffrent permettent d’illustrer ce propos. Le taux d’alphabétisation est de plus de 99% et l’UNESCO souligne que les élèves cubains disposent des meilleurs résultats scolaires de toute l’Amérique latine dans toutes les matières. Cuba alloue près de 14% de son budget à ce secteur. Aucun pays au monde ne fait mieux. En guise de comparaison, la France alloue environ 7% de son budget à l’éducation. Bien entendu, tous les cursus sont universels et gratuits pour tous les Cubains.

Pour ce qui est de la santé, l’espérance de vie est de 80 ans et le taux de mortalité infantile est de 4,6 pour mille. Aucun pays du continent d’Amérique, y compris le Canada et les Etats-Unis, ne dispose d’un taux de mortalité infantile aussi bas. Selon l’UNICEF, Cuba est le seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à avoir éliminé la malnutrition infantile. Cuba est le premier pays au monde à avoir éliminé la transmission mère/enfant du virus du sida. Il est bien entendu impossible d’atteindre de tels indicateurs sans accès à une bonne alimentation, des conditions de vie décentes, un système d’éducation performant, et des soins de première qualité.

On pourrait également disserter sur l’importante de la culture à Cuba qui est illustrée par les nombreuses manifestations organisées chaque année. On pourrait aussi évoquer la place centrale qu’occupe le sport qui contribue au bien-être physique et moral des citoyens et qui leur inculque des valeurs de partage, de générosité, d’altruisme et de solidarité fondamentales pour l’équilibre de la société.

Il convient de rappeler que ces réussites extraordinaires, uniques pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées, ont été obtenues dans un contexte d’hostilité extrême. Cuba souffre de sanctions économiques extrêmement sévères qui affectent toutes les catégories de la société et tous les secteurs de l’économie. Elles ont coûté plus de 120 milliards de dollars à l’île depuis plus d’un demi-siècle.

– Fidel Castro avait une fortune personne estimée à 900 millions de dollars.

L’estimation a été donnée par le magazine Forbes qui a avoué avoir arbitrairement décidé d’accorder une partie du PIB cubain à Fidel Castro. Le chiffre n’est donc pas crédible. D’ailleurs, tous les observateurs et toutes les personnalités étrangères qui ont eu le privilège de rencontrer Fidel Castro ont tous été frappés par les conditions de vie austères que s’imposait le leader de la Révolution cubaine. Il en est de même pour tous les cadres ayant un poste à responsabilité.

– Fidel Castro a fait de Cuba une prison à ciel ouvert, n’hésitant pas à faire massacrer ceux qui tentaient de s’enfuir.

SL : Aucune organisation internationale n’a jamais rapporté le moindre cas d’assassinat politique, d’exécution extrajudiciaire, de disparition ou de torture à Cuba depuis 1959. Aucun journaliste n’a été assassiné à Cuba depuis le triomphe de la Révolution. Peu de pays au monde, y compris les plus développés peuvent présenter un tel bilan sur les soixante dernières années.

Il y a 4 millions de touristes qui se rendent dans l’île chaque année. Si Cuba était une prison à ciel ouvert, où la population était réprimée, ils s’empresseraient de raconter cette supposée réalité à leur retour de l’île et choisiraient à l’évidence une autre destination pour leurs prochaines vacances. Or, l’immense majorité des touristes reviennent ravis de leur séjour à Cuba dont ils apprécient l’hospitalité, la chaleur humaine, la fraternité, l’histoire, la culture, la sécurité, l’absence de misère (même s’il y a de la pauvreté) et ont hâte d’y retourner.

Si Cuba était une prison à ciel ouvert, il n’y aurait pas 500 000 Cubano-américains en visite dans l’île chaque année. Il faut savoir que chaque année, plus de mille Cubains qui ont émigré à l’étranger choisissent de rentrer définitivement dans leur pays d’origine. Ces faits parlent d’eux-mêmes.

– Fidel Castro était homophobe.

SL : Cette question a souvent été instrumentalisée pour des raisons politiques. Dans les années soixante, les préjugés et les discriminations à l’égard des homosexuels étaient légion à travers le monde. Aucun pays n’en a réchappé, y compris les démocraties occidentales.

Au triomphe de la Révolution cubaine, en 1959, la société cubaine était de tradition catholique et patriarcale et il y avait, comme dans toutes les nations réunissant ces caractéristiques, des préjugés à l’égard de certaines catégories de la population.

La grande critique émise à l’encontre de Cuba concerne les Unités militaires d’aide à la production (UMAP) qui ont fonctionné environ deux ans dans les années 1960. Il est important de revenir aux faits. A Cuba, le service militaire est obligatoire. Dans les années soixante, les personnes qui ne souhaitaient pas effectuer leur service pour des raisons éthiques, philosophiques, religieuses ou personnelles devaient effectuer un service civique en réalisant des travaux agricoles dans des unités à la campagne. Au sein de ces UMAP, les homosexuels ont été victimes de discriminations, de vexations, de brimades et de moqueries et ont été logés dans des baraquements séparés.

Ces violations des droits humains sont parvenues aux oreilles de Vilma Espín, épouse de Raúl Castro, et surtout Présidente-fondatrice de la puissante Fédération des femmes cubaines. Elle en a donc informé Fidel Castro. Ce dernier, qui s’est toujours appuyé sur la jeunesse et les étudiants, a décidé d’envoyer clandestinement un groupe de militants de l’Union des jeunesses communistes au sein des UMAP pour vérifier les faits. Après plusieurs semaines d’observation, ils ont rendu un rapport accablant confirmant les atteintes aux droits de ces personnes et les UMAP ont été fermées en 1968, un peu moins de deux ans après leur création. Il faut rappeler que le seul rôle de Fidel Castro dans les UMAP a été de procéder à leur fermeture définitive.

Il convient également de dire que des intellectuels tels que Virgilio Piñera et Lezama Lima ont été marginalisés et ostracisés. Dès lors que l’on donne un certain pouvoir à des bureaucrates marqués par l’ignorance et les préjugés, ce type d’abus est malheureusement inévitable. L’homosexualité a été typifiée comme un délit pénal jusqu’en 1979 à Cuba.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les autorités ont pris plusieurs mesures pour lutter contre les préjugés. Ainsi, en 1993, l’Etat cubain a financé le film Fresa et chocolate qui dénonce les discriminations et les préjugés à l’encontre des homosexuels. Depuis 1995, les homosexuels participent en tant que groupe au défilé du 1er mai.  Le Centre national d’éducation sexuel, dirigée par Mariel Castro, réalise un travail pédagogique et culturel remarquable avec le soutien de l’Etat cubain pour lutter contre les préjugés et discriminations à l’encontre des homosexuels. L’Etat cubain finance intégralement les opérations de changement de sexe. Depuis 2007, le Ministère cubain de la santé finance même un festival de cinéma Gay chaque année. Adela Hernández, une personne transgenre née sous le nom de José Agustín Hernández, a même été élue à l’Assemblée municipale de la ville de Caibarién en 2012, ce qui montre l’évolution des mentalités à Cuba. A ma connaissance, il n’y a pas de cas similaire en France ou aux Etats-Unis. Ces faits démontrent que la situation des personnes à l’orientation sexuelle différente à Cuba ne correspond pas à l’image médiatique véhiculée dans les nations occidentales.

Cela dit, il est indispensable désormais de rappeler quelle était la situation des homosexuels à travers le monde, y compris dans les grandes démocraties occidentales. En un mot, elle était semblable à celle Cuba à la même époque. Les préjugés étaient largement répandus. En France, en 1960, le gouvernement du Président De Gaulle a classé l’homosexualité comme un « fléau social » et le parlement français a donné au pouvoir le droit de légiférer par décret pour combattre ce « fléau » (loi n° 60-773 du 30 juillet 1960). Il convient de rappeler également qu’à la fin de la Seconde Guerre mondial, les déportés homosexuels ne pouvaient prétendre à aucune reconnaissance de leur statut de victime de guerre ni à aucune indemnisation. En 1968, la France a adopté le point de vue de l’Organisation mondiale de la santé et a classé l’homosexualité comme une maladie mentale. L’OMS n’abrogera cette classification qu’en 1991. La France a considéré l’homosexualité comme un délit pénal jusqu’en 1981. Aujourd’hui, en France, les populations homosexuelles sont toujours victimes de certaines discriminations. Par exemple, elles ne peuvent pas faire un don du sang dans les mêmes conditions que les catégories hétérosexuelles.

Aux Etats-Unis, l’homosexualité était considérée comme un trouble psychiatrique et était même « traitée » par la lobotomie jusqu’en 1951. Sous le maccarthysme, les homosexuels étaient chassés de leur emploi et parfois même jetés en prison. Dans les années 1970, la police effectuait régulièrement des descentes dans les bars homosexuels. En mars 1970, 167 personnes ont été arrêtées dans un bar de Greenwich Village à New York. Jusqu’en 1990, les services d’immigration pouvaient refuser l’entrée aux Etats-Unis pour les étrangers homosexuels. Dans les années 1980, l’homosexualité constitue un délit pénal dans la moitié des 50 Etats des Etats-Unis. Aujourd’hui encore, au XXIe siècle aux Etats-Unis, l’homosexualité reste un délit pénal dans 13 Etats sur 50.

– Fidel Castro était un dictateur

SL : Aucun dirigeant au monde ne peut rester 30 ans à la tête d’un pays – car il convient de rappeler que Fidel Castro a été Président de la République de 1976 à 2006 – dans un contexte de guerre larvée avec les Etats-Unis sans un soutien majoritaire du peuple.

Les diplomates étasuniens en poste à Cuba sont d’ailleurs très lucides à ce sujet. Dans un mémorandum datant de 2009, Jonathan Farrar, alors chef de la section des intérêts étasuniens à La Havane – il n’y avait pas encore d’ambassade à l’époque – soulignait que « ce serait une erreur de sous-estimer le soutien dont dispose le gouvernement particulièrement auprès des communautés populaires et des étudiants ».

Tous les observateurs sérieux sont unanimes pour reconnaître que Fidel Castro était aimé des Cubains, même si, comme dans toute société, il y a toujours eu des secteurs insatisfaits.

Par ailleurs, il faut rappeler que Fidel Castro a été élu tous les cinq ans depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en 1976. Auparavant, sous la Cuba révolutionnaire, il y a eu deux autres présidents : Manuel Urrutia de janvier à juillet 1959 et Osvaldo Dorticós de juillet 1959 à décembre 1976.

Il faut savoir que des élections directes ont lieu à Cuba au niveau municipal, provincial et pour les législatives. Elles ont toutes lieu au scrutin universel et secret tous les deux ans et demi pour les élections municipales et tous les cinq ans pour les provinciales et les législatives. Le Parti communiste cubain, qui est le seul parti existant dans l’île, ne joue absolument aucun rôle électoral. La législation cubaine interdit au PCC de désigner les candidats. Ce sont les électeurs, au sein de leur circonscription, qui désignent les candidats. Pour chaque élection, il en faut au moins deux et au maximum huit. Une fois les candidats désignés, leur CV est affiché sur la place publique. Les campagnes électorales sont interdites. Il faut également savoir qu’à Cuba les élus peuvent être révoqués durant leur mandat si les électeurs en décident ainsi. Par exemple, un député élu à 57% des voix pourra être révoqué par ses électeurs si 57% +1 en expriment la volonté.

Pour les élections présidentielles, il s’agit d’un processus indirect. C’est le Parlement cubain qui élit parmi ses députés les membres du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres ainsi que leur Président. Ainsi, pour arriver à la Présidence de Cuba, Fidel Castro a d’abord dû être désigné candidat au Parlement, élu comme député au suffrage universel et secret, et ensuite élu par le Parlement comme Président du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres. A Cuba, le Président est à la fois le chef d’Etat et le chef du gouvernement.

 

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.

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Em seu mais recente livro, A Desordem Mundial, o cientista político Luiz Alberto Moniz Bandeira analisa as consequências para o resto do planeta das intervenções militares e diplomáticas dos Estados Unidos nas últimas décadas.

Do Oriente Médio à África, sem escapar o Leste Europeu, vicejam as “guerras por procuração, o caos, o terror e as catástrofes humanitárias”, fruto da tentativa fracassada de Washington de estabelecer o domínio completo da terra, mar e ar.

Enciclopédico e bem informado, Moniz Bandeira, na entrevista a seguir, parte da tese central da sua obra para cerzir uma intrincada correlação entre os recentes acontecimentos globais: o impeachment de Dilma Rousseff, a crise das esquerdas na América Latina, a tentativa de golpe na Turquia, o crescente enfrentamento entre a Rússia e o Ocidente. “Os EUA”, conclui o acadêmico, “aspiram instituir uma ditadura mundial do capital financeiro.”

CartaCapital: O senhor vê paralelos entre o golpe de 1964 e o movimento para derrubar a presidenta Dilma Rousseff?

Luiz Alberto Moniz Bandeira: Ambos, na sua essência, foram golpes de Estado. A diferença consistiu na forma. Interesses estrangeiros, aliados a poderosos segmentos do empresariado brasileiro, não mais bateram às portas dos quartéis.

A maioria das Forças Armadas aparentemente não mais se dispõe a intervir nas crises políticas, para mudar o regime, salvo se o poder rolar pelas ruas. Não desejam se desgastar, como ocorreu quando rasgaram a Constituição em 1964

Luiz Alberto Moniz Bandeira

Moniz Bandeira, enciclopédico

Por outro lado, os interesses estrangeiros que se aliaram aos setores empresariais do Brasil temeram o fracasso dos experimentos anteriores com os militares (nem sempre nem todos se submeteram aos desígnios antinacionais).

CC: Durante muito tempo, parte da intelectualidade acreditou que o Brasil estava imune a golpes parlamentares-judiciais como aqueles ocorridos em Honduras e Paraguai. O processo do impeachment encontrou, porém, pouquíssima resistência na sociedade e nos poderes constituídos. Por quê?

LAMB: Vários foram os fatores. Dilma Rousseff é uma mulher digna e honesta. Mas, desde que assumiu o governo, cometeu diversos erros, sobretudo de política econômica, e, também, no segundo mandato. O real ficou muito sobrevalorizado em uma conjuntura internacional bastante adversa ao crescimento do País, em razão da queda da cotação das commodities no mercado mundial.

Dilma e Lula
O PT de Lula e Dilma igualou-se aos partidos das classes dirigentes e perdeu autenticidade (Foto a direita : Ricardo Stuckert/Instituto Lula)

Por sua vez, o PT igualou-se aos partidos das classes dirigentes. Imiscuiu-se com o PMDB, uma aliança espúria, e grande parte de seus quadros deixou-se corromper, abandonou os valores que defendia e perdeu a ética e sua autenticidade como partido de esquerda.

As mazelas, ao virem à tona, permitiram à mídia corporativa empreender uma facciosa campanha para destruí-lo e também bloquear o regresso ao governo do ex-presidente Lula, cuja popularidade não se esvaíra. A campanha foi impulsada por interesses estrangeiros contrariados.

A elite financeira internacional e setores do empresariado brasileiro influenciaram, por meio da mídia corporativa, vastas porções das classes médias preconceituosas, que jamais aceitaram um metalúrgico nordestino como presidente da República. Houve uma luta de classes, deflagrada de cima para baixo, pelos endinheirados.

CC: A força-tarefa da Operação Lava Jato nega ter um viés político-ideológico, afirma investigar a corrupção “doa a quem doer” e costuma se comparar à Mãos Limpas italiana. O senhor concorda?

LAMB: Salta aos olhos o fato de o ex-presidente Lula, com a cumplicidade da mídia corporativa, sempre ser tratado nos aspectos legais de modo diverso dos outros citados na tal Operação Lava Jato.

O grampeamento e o vazamento de sua conversa com a então presidenta Dilma Rousseff constituiu grave ilícito penal e nenhuma punição foi dada ao juiz e aos policiais que executaram o monitoramento. Esses e outros feitos da força-tarefa tiveram e têm o propósito de estabelecer a presunção de que Lula é culpado de corrupção. Nenhuma prova consistente foi apresentada.

O que importa, porém, não é a prova, não é a lei, mas a “convicção” do juiz. A Lava Jato configura uma guerra jurídica, assimétrica, mediante o uso ilegítimo da Justiça, a manipulação da lei e de processos judiciais, com fins políticos e militares, uma lawfare, conforme conceito desenvolvido pelo coronel da Força Aérea dos Estados Unidos Charles J. Dunlap Jr., no ensaio Law and Military Interventions: Preserving Humanitarian Values in 21st Conflicts, apresentado na Duke Law School em 2001.

Motivos havia para a deflagração de uma lawfare contra o governo do Brasil. Washington jamais admitiu oposição ou discrepância com a sua política internacional. A partir de 2003, sob a Presidência de Lula e, depois, de Dilma Rousseff, o Brasil frustrou a implantação da Alca e compôs o grupo denominado BRICS, que busca romper a hegemonia do dólar.

Ademais, o Brasil comprou aviões da Suécia e não da Boeing, helicópteros da Rússia, tratou de construir o submarino nuclear e outros convencionais com tecnologia da França, continuou a expandir a produção de urânio enriquecido para suas usinas nucleares, não entregou a exploração do petróleo no pré-sal à Chevron e outras corporações dos Estados Unidos, avançou nos mercados da América do Sul e da África.

O juiz Sergio Moro e o procurador-geral, Rodrigo Janot, atacam o Brasil por dentro de suas entranhas ao destruir as grandes empresas nacionais, privadas e públicas, que concorrem no mercado exterior. Causam imensurável dano à economia, maior do que a corrupção que dizem combater.

Empresas de construção e outras da cadeia produtiva estão paralisadas, sem condições de investir, levadas ao limiar da bancarrota e obrigadas a entregar seus ativos a capitais estrangeiros, a custo muito inferior ao que realmente valem. A Operação Lava Jato depreda o Brasil, ao mesmo tempo que agrava a perda de sua credibilidade política, causada pelo golpe contra Dilma Rousseff.

Síria

A Síria é um dos símbolos da guerra por preocupação (Foto: Andrey Stenin/AFP)

CC: O Brasil copia as políticas de austeridade adotadas sem sucesso na Europa. Executivo, Legislativo e Judiciário avançam sobre direitos sociais e trabalhistas. Quais as consequências prováveis?

LAMB: As políticas de austeridade tendem, inevitavelmente, a piorar cada vez mais as condições macroeconômicas. Não há perspectiva de crescimento em 2017 e com o Brasil virtualmente estagnado, a afundar-se na recessão, o número de desempregados, que em setembro de 2016 era de, no mínimo, 12 milhões, vai voltar a crescer e baterá novo recorde no próximo ano, segundo a previsão do FMI.

Tais políticas de austeridade também provocarão inevitavelmente o recrudescimento das lutas sociais e da violência urbana, já fora de controle em São Paulo e outras cidades. Os investimentos diretos estrangeiros, decerto, não compensarão a queda dos aportes públicos. Capitais somente afluem para onde podem ter lucro. Com o ajuste fiscal que se pretende realizar, haverá forte redução do consumo e o incremento da pobreza e da miséria.

CC: A direita voltou ao poder na Argentina, no Brasil e no Peru. Na Venezuela, o governo de Maduro está por um fio. Quais fatores explicam essa mudança do pêndulo na América do Sul?

LAMB: O caso da Venezuela não é comparável ao da Argentina ou do Brasil, países que não tentaram estatizar até supermercados e implantar o “socialismo do século XXI”. O ex-presidente Hugo Chávez realizou extraordinárias reformas em benefício das camadas mais pobres e menos favorecidas da população.

Distribuiu fartamente a riqueza, mediante um conjunto dos mais avançados programas sociais. Iludiu-se, porém, com a perspectiva de que o preço do barril de petróleo se mantivesse alto. Nada poupou e esbanjou os dólares em nacionalização desnecessária, empresas que o Estado não tinha condições de administrar, e em atividades internacionais.

A Venezuela careceu de administração e sua economia permaneceu fundamentalmente extrativista, petroleira. Quando o preço do combustível despencou no mercado internacional, o país engolfou-se em profunda crise econômica, social e política.

A oposição conservadora, adensada por interesses alienígenas, robusteceu-se, ganhou as ruas e a maioria do Congresso. O presidente Nicolás Maduro assumiu com o país em crise e não soube gerenciar o Estado. Daí o seu governo estar por um fio.

Turquia

Na Turquia, pesaram as condições internas (Foto: Yagiz Karahan/Reuters/Latinstock)CC: E na Argentina?

LAMB: A situação é outra. O presidente Néstor Kirchner salvou o país da catástrofe social, econômica e política à qual o neoliberalismo o levara em 2001. Retirou a Argentina do fundo do poço e impulsionou o crescimento econômico ao longo da primeira década do século XXI.

Não obstante o período de grande estabilidade e prosperidade do seu governo e o de sua mulher, Cristina Kirchner, as dificuldades com os “fundos abutres” persistiram. A desaceleração do ritmo de crescimento econômico, decorrente da queda do preço das commodities, favoreceu, diante da divisão no peronismo, a vitória do neoliberal Mauricio Macri, no segundo turno, pela estreita margem de 51,34% a 48,66% de Daniel Scioli, apoiado tibiamente por Cristina.

De qualquer modo, há uma ofensiva do capital financeiro internacional para desregulamentar as relações de trabalho, a fim de comprimir os salários e compensar a queda da taxa média de lucros.

CC: Como interpretar a política externa adotada pelo governo Michel Temer? Melhor: há uma política?

LAMB: Temer não tem propriamente uma política externa. Tenta realinhar-se, agradar aos Estados Unidos e ao capital financeiro internacional, mas, como sempre, há continuidade na mudança, tanto assim que compareceu à reunião de cúpula dos BRICS, em Goa, e assinou a declaração conjunta, não obstante parecer visivelmente constrangido. A China é o maior parceiro comercial do Brasil e continua a investir mais e mais bilhões de dólares na sua economia.

CC: Há riscos de o conflito entre a Rússia e o Ocidente evoluir para um confronto armado, uma terceira guerra mundial?

LAMB: Riscos sempre há. A Rússia não parece, contudo, desejar qualquer guerra. Sua política é claramente defensiva, diante do avanço da Otan na direção de suas fronteiras. Daí a reintegração da Crimeia, que até 1954 fazia parte de seu território.

Quanto aos Estados Unidos, o chefe do Estado-Maior Conjunto das Forças Armadas, o general Joseph Francis Dunford Jr., perguntado no Senado sobre a possibilidade de estabelecer uma no-fly-zone na Síria, para defender Alepo, declarou: “Para controlarmos todo o espaço aéreo da Síria significaria entrar em guerra contra a Síria e a Rússia”. Os militares sabem, perfeitamente, que uma guerra contra a Rússia seria um jogo de soma zero. Não haveria vencedor

Vladimir Putin

O russo Putin não parece interessado em um conflito maior (Foto: Jussi Nukari/AFP)

CC: Como o senhor definiria Vladimir Putin?

LAMB: Putin salvou a Rússia do desastre, do colapso, conforme o próprio ex-presidente Mikhail Gorbachev declarou. Com lances precisos no tabuleiro da política internacional, recuperou a Rússia como superpotência mundial. É o maior, o único grande estadista das primeiras décadas do século XXI.

CC: Seu mais recente livro se chama A Desordem Mundial. Essa desordem seria parte da transição para um mundo multipolar ou uma forma de impedi-la?

LAMB: O que se vê no Oriente Médio e na África? O cenário é de guerras por procuração, massacres, terror, caos, catástrofes humanitárias. A União Europeia sofre com uma avalanche de refugiados e migrantes, que não tem muitos meios de assimilar e integrar, em meio a uma severa crise econômica.

Essas são as consequências dos esforços dos Estados Unidos para impor a full-spectrum dominance, o completo controle e domínio da terra, mar, ar e espaço. Os americanos não têm, porém, condições de ser o global cop, o gendarme global. Até 2016, gastaram perto de 4,7 trilhões de dólares nas guerras do Iraque e do Afeganistão.

Não sem razão, o conhecido economista Jeffrey D. Sachs, professor da Columbia University, escreveu que os EUA declinarão, como ocorreu com a União Soviética, nos anos 1970-1980, se não abandonarem a enganosa pretensão de império e continuarem a investir de forma desproporcional no militarismo, nas guerras do Oriente Médio e a convidar a China a uma corrida armamentista.

CC: Como se deu o processo de mutazione dello stato que o senhor descreve no livro? Ele explicaria o fato de os Estados Nacionais terem se endividado para salvar os bancos na crise de 2008 e, posteriormente, serem punidos por esse mesmo sistema financeiro?

LAMB: mutazione dello stato foi determinada nas origens dos Estados Unidos, com a instituição da república presidencialista, acompanhou o processo de acumulação do capital e acentuou-se na fase imperialista, em que o capital financeiro desenvolveu o militarismo para integrar, mediante a política de conquista mundial, as economias mais atrasadas, pré-capitalistas e não capitalistas.

Lá foi onde primeiro surgiram, a partir da crise de 1873, as formas monopolísticas de organização empresarial: trustes, cartéis e sindicatos. E sua história sempre foi de permanente guerra, com breves interregnos, em meio a crises econômicas periódicas, que abrangeram todo o sistema internacional, como a de 2007-2008.

Uma vez que o capitalismo constituiu o único modo de produção que se expandiu, mundialmente, é um todo e não um amálgama de Estados Nacionais. E o que os EUA aspiram é instituir uma ditadura mundial do capital financeiro, dos grandes bancos concentrados em Wall Street.

Erdogan

O turco Erdogan conseguiu apoio popular (Foto: Adem Altan/AFP)CC: A tentativa de golpe na Turquia insere-se nesse cenário de que forma? 

LAMB: A tentativa de golpe decorreu muito mais de contradições domésticas do que de fatores externos. É um país cujo exército tem uma tradição laica e republicana, desde que, com o desmembramento do Império Otomano, após a Primeira Guerra Mundial, o general Mustafa Kemal Atatürk aboliu o sultanato e emancipou a Turquia.

O presidente Recep Tayyip Erdoğan, eleito em 2014, aspira, segundo se supõe, restabelecer o califado, sob sua égide, com o apoio da população islâmica, que migrou para as cidades. A oposição é, porém, muito forte e o governo do presidente Erdogan enfrenta a rebelião curda, comandada pelo PKK. A instabilidade é enorme e insere a Turquia, um pivot country, no cenário da desordem mundial.

CC: O quanto o Brexit, a saída do Reino Unido da Comunidade, e o avanço dos partidos e lideranças de extrema-direita, casos da francesa Marine Le Pen e da alemã Frauke Petry, ameaçam a existência da União Europeia?

LAMB: Não vejo como o Brexit e o avanço de Marine Le Pen e Frauke Petry possam ameaçar a existência da União Europeia, apesar de todos os problemas existentes e decorrentes em larga medida da implantação da moeda única, o euro.

A Grã-Bretanha tem na União Europeia o seu maior mercado. Os vínculos econômicos, comerciais e empresariais entre a França e a Alemanha atualmente são tão estreitos que se confundem. E se assumirem o governo em qualquer dos dois países, Marine Le Pen e Frauke Petry não farão, certamente, tudo que querem e apregoam, mas o que podem.

Carta Capital, 28 de dezembro de 2016

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La impunidad de la gran delincuencia financiera

janvier 18th, 2017 by Jérôme Duval

El caso de Panamá, que ha causado gran revuelo, no es ni de lejos la única aberración en materia fiscal.

La incoherencia de las listas de los paraísos fiscales

El caso de Panamá, que ha causado mucho revuelo, no es ni de lejos la única aberración en materia fiscal. ¿Cómo explicar, por ejemplo, que las Bermudas –donde el banco Société Générale tiene una filial que ha obtenido 17 millones de euros de cifra de negocio en 2013 sin ningún asalariado- hayan sido retiradas de la lista francesa de los paraísos fiscales en enero de 2014? ¿Cómo Bélgica ha podido esperar a 2015 para colocar oficialmente el gran ducado de Luxemburgo en la lista belga de los paraísos fiscales? ¿Cómo es posible que ciertos Estados europeos, la Unión Europea (UE), el Grupo de Acción Financiera Internacional (GAFI), organismo intergubernamental de lucha contra el blanqueamiento de dinero, la OCDE o el FMI tengan listas de paraísos fiscales distintas?

Esta incoherencia de las falsas soluciones aportadas por actores que supuestamente luchan contra el fraude y la evasión fiscal favorece la impunidad de los grandes delincuentes financieros que disfrutan, por otro lado, de una justicia a medida, tolerante o continuamente esquivada.

La directiva sobre el “secreto comercial” protege a los delincuentes y encarcela a los periodistas

Sólo algunos días antes del proceso contra el filtrador Antoine Deltour, en el origen de las revelaciones del LuxLeaks, y diez días después del principio de las revelaciones de los Papeles de Panamá sobre las sociedades offshore en paraísos fiscales, la directiva europea sobre la protección del “secreto comercial” fue aprobada en el Parlamento Europeo el 14 de abril de 2016.
A pesar de una petición contra esta iniciativa firmada por más de 500.000 personas, una gran mayoría de los eurodiputados aprobaron el texto por 503 votos a favor, 131 en contra y 18 abstenciones de los 652 eurodiputados presentes en el Parlamento ese día.

Del lado francés, tan sólo los diez representantes de Europe Écologie-Los Verdes y del Frente de Izquierda votaron en contra, mientras que el Frente Nacional, el Partido Socialista y la derecha votaron mayoritariamente a favor. De Bélgica, sólo tres eurodiputados votaron contra esta directiva de los 20 que participaron en el voto.

En el conjunto, se observa, una vez más, un gran entendimiento entre las dos grandes familias liberales en el Parlamento Europeo, el Partido Popular Europeo y los socialdemócratas (S&D), que mayoritariamente votaron a favor de esa ley liberticida.

Esta directiva, propuesta en noviembre de 2013 por la Comisión Europea, amenaza “el trabajo de investigación de los periodistas y, por extensión, la información revelada del ciudadano”, protege a las empresas y sus maniobras ilegales prohibiendo la divulgación de sus “secretos económicos” a la opinión pública interesada.

Compromete seriamente el trabajo de los periodistas, filtradores, ONG y otros actores que intentan sacar a la luz informaciones sensibles de utilidad pública. “Esto va a voltear la carga de la prueba hacia los periodistas, que deberán probar que la difusión de la información era legítima”, advierte Véronique Marquet, miembro y abogada del colectivo Informer N’est Pas un Délit (“informar no es un delito”). “Esto (es igual a) preguntarles –continúa- si están dispuestos a asumir el riesgo de ser condenados, lo que constituye una verdadera arma de disuasión a disposición de las empresas”.

Criminalidad financiera y denuncia: dos pesos, dos medidas

Para completar el escándalo, siguiendo la misma lógica, la justicia luxemburguesa acaba de colocar los intereses de las multinacionales por encima del interés general. Mientras que los organizadores de la evasión fiscal gozan de una total impunidad, la sala correccional número 12 del tribunal de distrito de Luxemburgo ha condenado al filtrador francés Antoine Deltour a 12 meses de prisión con suspensión de la pena y 1.500 euros de multa. Raphaël Halet, otro filtrador, ha sido condenado a nueve meses de prisión con suspensión de la pena y mil euros de multa.

Estos dos filtradores, por tanto, permitieron que los ciudadanos europeos descubrieran cómo cientos de empresas multinacionales han podido escapar masivamente a los impuestos, firmando acuerdos secretos con Luxemburgo. Revelaron informaciones cruciales para el interés general y deberían estar protegidos y recompensados en vez de perseguidos y condenados.

Sus condenas recuerdan a los procesos contra uno de los fundadores del movimiento Alternatiba y de Action Non Violente COP21 (ANV-COP 21), Jon Palais. Activista de la asociación Bizi! (“vivir” en vasco), está acusado de “robo en grupo” y será juzgado el 9 de enero de 2017 por haber participado en una requisa ciudadana de sillas en una sucursal del BNP Paribas en París.

El banco francés, que tiene un beneficio neto de 6.700 millones de euros en el año 2015, está muy implantado en los paraísos fiscales y judiciales, con 170 filiales declaradas, de las que buena parte todavía están en activo. Su reciente decisión de cerrar sus sucursales en las islas Caimán británicas es muy insuficiente. Los capitales que se evaden en los paraísos fiscales hacen profunda falta al Estado, que se endeuda para afrontar sus gastos.

Recordemos que en Francia un informe del grupo de trabajo del Colectivo por una Auditoría Ciudadana (CAC) determina que más de la mitad de la deuda pública proviene de regalos fiscales y de tasas de interés excesivas. En su libro Offshore, paradis fiscaux et souveraineté criminelle («Offshore, paraísos fiscales y soberanía criminal»), Alain Deneault nos aclaraba las consecuencias de este fraude: “Defraudar al fisco no se limita a ahorrar gastos, sino que consiste en perjudicar la financiación de las instituciones públicas y, en consecuencia, la noción misma de bien público, para constituir polos de decisión offshore ocultos sobre cuestiones de envergadura histórica”.

Traducción de Gladys Martínez.

Jerôme Duval

Jerôme Duval: Miembro del CADTM, Comité para la abolición de las deudas ilegítimas (www.cadtm.org) y de la PACD, la Plataforma de Auditoría Ciudadana de la Deuda en el Estado español (http://auditoriaciudadana.net/). Es autor junto con Fátima Martín del libro Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016 y es también coautor del libro La Deuda o la vida, (Icaria, 2011), libro colectivo coordinado por Damien Millet y Eric Toussaint, que ha recibido el Premio al libro político en la Feria del libro político en Lieja, Bélgica, en 2011.

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Numerosas personas en el mundo, empezando por millones de cubanos, rindieron tributo a la memoria de Fidel Castro. Pero el fallecimiento del revolucionario también fue la ocasión para sacar otra vez algunos clichés de propaganda anticastrista que uno pensaba que estaban sepultados con la Guerra Fría. Otra vez surgen en los medios de comunicación. Castro condenó a los cubanos a la miseria mientras tenía millones escondidos en una cuenta secreta; Castro hizo de Cuba una cárcel al aire libre; Castro era homófobo… Y, obviamente, el inevitable “Era un dictador”. Sometimos esto a uno de los mejores especialistas de Cuba, Salim Lamrani, para un cuestionario “¿verdadero o falso?”.

Fidel Castro condenó a los cubanos a la miseria

Salim Lamrani: Los indicadores de las instituciones de las Naciones Unidas sobre Cuba desmienten esta afirmación. Uno de los grandes logros de Fidel Castro y de la Revolución es haber creado un sistema de protección social que se considera unánimemente como el ejemplo a seguir para las naciones del Tercer Mundo, universalizando el acceso a la salud, a la educación, a la cultura, a la vivienda, a la seguridad, al deporte y a la recreación.

Algunas cifras ilustran esta realidad. La tasa de alfabetización es de más del 99 % y la UNESCO subraya que los alumnos cubanos tienen los mejores resultados escolares de toda América Latina en todas las asignaturas. Cuba dedica cerca del 14 % de su presupuesto a la educación. Ningún país en el mundo invierte tanto en este sector. A guisa de comparación, Francia dedica alrededor del 7% de su presupuesto a la educación. Desde luego, todas las carreras son universales y gratuitas para todos los cubanos.

En cuanto a la salud, la esperanza de vida es de cerca de 80 años y la tasa de mortalidad infantil es de un 4,6 por mil. Ningún país del continente americano, incluso Canadá y Estados Unidos, tiene una tasa de mortalidad infantil tan baja. Según la UNICEF, Cuba es el único país de América Latina y del Tercer Mundo que ha erradicado la desnutrición infantil. Cuba es el primer país del mundo que ha eliminado la transmisión materno-infantil del virus del sida. Obviamente resulta imposible alcanzar semejantes indicadores sin un acceso a una buena alimentación, a condiciones de vida decentes, un sistema de educación eficiente y atención médica de primera calidad.

Podríamos disertar también sobre la importancia de la cultura en Cuba, que se ilustra mediante numerosas manifestaciones cada año. Podríamos evocar el espacio central que ocupa el deporte que contribuye al bienestar físico y moral de los ciudadanos y que les inculca valores de repartición, de generosidad, de altruismo y de solidaridad, fundamentales para el equilibrio de la sociedad.

Conviene recordar que estos extraordinarios logros, únicos para un país del Tercer Mundo con recursos limitados, se consiguieron en un contexto de hostilidad extrema. Cuba sufre sanciones económicas sumamente severas que afectan a todas las categorías de la sociedad y todos los sectores de la economía. Han costado más de 120.000 millones de dólares a la isla desde hace más de medio siglo.

Fidel Castro tenía una fortuna personal estimada en 900 millones de dólares.

SL: La revista Forbes dio la estimación y confesó haber otorgado de modo arbitrario una parte del PIB cubano a Fidel Castro. Por consiguiente la cifra no es creíble.  Por otra parte todos los observadores y todas las personalidades extranjeras que tuvieron el privilegio de conocer a Fidel Castro expresaron su asombro por las condiciones de vida austeras que se imponía el líder de la Revolución Cubana. Sucede lo mismo para todos los cuadros que tienen un cargo.

 -Fidel Castro hizo de Cuba una prisión al aire libre y no vaciló en masacrar a quienes intentaban huir.

SL: Ninguna organización internacional señaló alguna vez un caso de asesinato político, de ejecución extrajudicial, de desaparición o de tortura en Cuba desde 1959. Ningún periodista fue asesinado en Cuba desde el triunfo de la Revolución. Pocos países en el mundo, incluso los más desarrollados, pueden presentar semejante balance en los últimos sesenta años.

Hay más de cuatro millones de turistas que viajan a Cuba cada año. Si Cuba fuera una prisión al aire libre, donde se reprimiera a la población, se apresurarían a contar esta supuesta realidad a su regreso de la isla y elegirían obviamente otro destino para sus próximas vacaciones. Ahora bien, la inmensa mayoría de los turistas regresan felices de su estancia en Cuba de la cual aprecian la hospitalidad, el calor humano, la fraternidad, la historia, la cultura, la seguridad, la ausencia de miseria (aunque hay pobreza) y no ven la hora de regresar a la isla.

Si Cuba fuera una prisión al aire libre no habría medio millón de cubanoamericanos que visitaran la isla cada año. Conviene recordar que cada año más de mil cubanos que emigraron al exterior deciden regresar definitivamente a su país de origen. Estos hechos son elocuentes.

-Fidel Castro era homófobo.

SL: Este tema ha sido instrumentalizado muchas veces por razones políticas. En los años sesenta los prejuicios y las discriminaciones hacia los homosexuales eran legión en todo el mundo. Ningún país escapó de ello, incluso las democracias occidentales.

Cuando triunfó la Revolución cubana, en 1959, la sociedad cubana era de tradición católica y patriarcal y había, como en todas las naciones que tenían esas características, prejuicios hacia ciertas categorías de la población.

La gran crítica que se emite contra Cuba concierne las Unidades Militares de Ayuda a la Producción (UMAP) que duraron unos dos años en los años 1960. Conviene recordar los hechos. En Cuba el servicio militar es una obligación. En los años 1960 las personas que no deseaban hacer el servicio por razones éticas, filosóficas, religiosas o personales, debían hacer un servicio cívico realizando trabajos agrícolas en unidades en el campo. En esas UMAP los homosexuales fueron víctimas de discriminaciones, vejaciones y humillaciones y fueron alojados en viviendas separadas.

Esas violaciones de los derechos humanos llegaron a conocimiento de Vilma Espín, esposa de Raúl Castro, y sobre todo Presidenta-Fundadora de la poderosa Federación de Mujeres Cubanas. Entonces ella informó a Fidel Castro. Éste, que siempre se apoyó en la juventud y los estudiantes, decidió mandar clandestinamente a un grupo de militantes de la Unión de Jóvenes Comunistas en las UMAP para averiguar los hechos. Tras varias semanas de investigación emitieron un informe abrumador que confirmaba los atentados contra los derechos de esas personas y se cerraron las UMAP en 1968, o sea un poco menos de dos años tras su creación. Conviene recordar que el único papel de Fidel Castro en las UMAP fue proceder a su cierre definitivo.

Conviene recordar también que intelectuales como Virgilio Piñera y Lezama Lima fueron marginados y condenados al ostracismo. Cuando se da cierto poder a burócratas marcados por la ignorancia y los prejuicios, este tipo de abuso es lamentablemente inevitable. La homosexualidad se tipificó como delito penal hasta 1979 en Cuba.

¿Cuál es la situación hoy día? Las autoridades han tomado medidas para luchar contra los prejuicios. Así, en 1993, el Estado cubano financió la película Fresa y chocolate, que denuncia las discriminaciones y los prejuicios contra los homosexuales. Desde 1995 los homosexuales participan como grupo en el desfile del 1 de mayo. El Centro Nacional de Educación Sexual, que preside Mariela Castro, realiza un trabajo pedagógico y cultural notable con el apoyo del Estado cubano para luchar contra los prejuicios. El Estado financia íntegramente las operaciones de cambio de sexo. Desde 2007 el Ministerio cubano de Salud Pública financia también un festival de cine gay cada año. Adela Hernández, una persona transgénero nacida bajo el nombre de José Agustín Hernández, fue elegida a la Asamblea Municipal de la ciudad de Caibarién en 2012, lo que ilustra la evolución de las mentalidades en Cuba. Según mi conocimiento no hay un caso similar en Francia o en Estados Unidos. Estos hechos demuestran que la situación de las personas con una orientación sexual diferente en Cuba no corresponde a la imagen mediática vehiculada en las naciones occidentales.

Dicho eso, resulta imprescindible ahora recordar cuál era la situación de los homosexuales en el mundo, incluso en las grandes democracias occidentales. En una palabra, era semejante a la de Cuba en la misma época. Había muchos prejuicios. En Francia, en 1960, el Gobierno del Presidente Charles De Gaulle calificó la homosexualidad de “plaga social” y el Parlamento francés dio al poder ejecutivo el derecho de legislar por decreto para combatir esta “plaga” (Ley n°60-773 del 30 de julio de 1960). Conviene recordar también que después de la Segunda Guerra Mundial, los deportados homosexuales no podían pretender ningún reconocimiento de su estatus de víctimas de guerra ni ninguna indemnización. En 1968 Francia adoptó el punto de vista de la Organización Mundial de la Salud y clasificó la homosexualidad como una enfermedad mental. La OMS sólo abrogaría esta clasificación en 1991. Francia consideró la homosexualidad como un delito penal hasta 1981. Hoy día, en Francia, las poblaciones homosexuales todavía son víctimas de algunas discriminaciones. Por ejemplo, no puede donar sangre en las mismas condiciones que las categorías heterosexuales.

En Estados Unidos la homosexualidad se consideraba un trastorno psiquiátrico e incluso se “trataba” mediante la lobotomía hasta 1951. Bajo el macartismo, los homosexuales perdían su empleo y a veces terminaban en la cárcel. En los años 1970, la policía intervenía regularmente en los bares de homosexuales. En marzo de 1970, 167 personas fueron arrestadas en un bar de Greenwich Village, en Nueva York. Hasta 1990, los servicios de inmigración podían negar la entrada a Estados Unidos a los extranjeros homosexuales. En los años 1980, la homosexualidad era un delito penal en la mitad de los 50  Estados de Estados Unidos. Hoy día aún, en el siglo XXI, en Estados Unidos la homosexualidad es un delito penal en 13 Estados sobre 50.

-Fidel Castro era un dictador

SL: Ningún dirigente en el mundo puede quedarse 30 años a la cabeza de un país –pues conviene recordar que Fidel Castro fue presidente de 1976 a 2006– en un contexto de guerra larvada con Estados Unidos sin un apoyo mayoritario del pueblo.

Los diplomáticos estadounidenses que operan en Cuba son muy lúcidos al respecto. En un memorándum de 2009 Jonathan Farrar, entonces Jefe de la Sección de Intereses Norteamericanos en La Habana –no había todavía una embajada en esa época– subrayó que “sería un error subestimar el apoyo del cual dispone el Gobierno particularmente entre las comunidades populares y los estudiantes”.

Todos los observadores serios son unánimes en reconocer que Fidel Castro era amado por los cubanos, aunque, como en toda sociedad, siempre ha habido sectores insatisfechos.

Por otra parte, conviene recordar que Fidel Castro fue elegido cada cinco años desde la adopción de la nueva Constitución en 1976. Antes, bajo la Cuba revolucionaria, hubo otros dos presidentes: Manuel Urrutia de enero a julio de 1959 y Osvaldo Dorticós de julio de 1959 a diciembre de 1976.

Conviene saber que hay elecciones directas en Cuba a nivel municipal, provincial y legislativo. Todas se hacen con escrutinio universal y secreto cada dos años y medio para las elecciones municipales y cada cinco años para las provinciales y las legislativas. El Partido Comunista cubano, que es el único partido político de la isla, no desempeña en absoluto ningún papel electoral. La legislación cubana prohíbe al PCC designar a los candidatos. Son los electores, en sus circunscripciones, quienes designan a los candidatos. Para cada elección, hacen falta al menos dos candidatos y como máximo ocho. Una vez designados los candidatos, su currículum se pone en la plaza pública. Se prohíben las campañas electorales. Conviene recordar también que en Cuba los elegidos pueden ser revocados durante su mandato si lo deciden los electores. Por ejemplo, un diputado electo con un 57 % de los votos podrá ser revocado por los electores si el 57 % + 1 expresa su voluntad en ese sentido.

Para las elecciones presidenciales se trata de un proceso indirecto. Es el Parlamento quien elige entre sus diputados a los miembros del Consejo de Estado y del Consejo de Ministros así como a su Presidente. Así, para llegar a la Presidencia de Cuba, Fidel Castro primero tuvo que ser designado candidato al Parlamento, luego elegido diputado por sufragio universal y secreto y después elegido por el Parlamento como Presidente del Consejo de Estado y del Consejo de Ministros. En Cuba el Presidente es a la vez jefe del Estado y el Jefe del Gobierno.

 Salim Lamrani

Salim Lamrani: Doctor en Estudios Ibéricos y Latinoamericanos de la Universidad Paris Sorbonne-Paris IV. Profesor titular de la Universidad de La Reunión y periodista, especialista de las relaciones entre Cuba y Estados Unidos. Su último libro se titula Cuba, ¡palabra a la defensa!, Hondarribia, Editorial Hiru, 2016.

http://www.tiendaeditorialhiru.com/informe/336-cuba-palabra-a-la-defensa.html

Contacto: [email protected] ; [email protected]

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Tanques de asalto en Polonia

janvier 18th, 2017 by Manlio Dinucci

El 12 de enero de 2017, sólo 2 días después de su discurso de adiós, el presidente [saliente] Barack Obama inició el mayor despliegue de fuerzas terrestres [estadounidenses] en el este de Europa desde el fin de la guerra fría. Proveniente de Alemania, un largo convoy de tanques de asalto y otros vehículos blindados estadounidenses entró en Polonia.

Se trata de la 3ª Brigada Blindada, trasladada a Europa desde Fort Carson, en el Estado de Colorado. Esa fuerza se compone de unos 4 000 militares, 87 tanques, 18 cañones autopropulsados, 144 vehículos de combate Bradley y cientos de Humvees. Todo ese armamento fue trasladado a Polonia por carretera y mediante el uso de 900 vagones ferroviarios.

En la ceremonia de bienvenida, que se desarrolló en la ciudad polaca de Zagan, el embajador de Estados Unidos en Polonia, Paul W. Jones, dijo que «a medida que crece la amenaza, crece el despliegue militar estadounidense en Europa». Lo que el embajador llama «la amenaza» fue descrito por el general Curtis Scaparrotti, jefe del Mando de las tropas estadounidenses en Europa (EuCom) y, simultáneamente, Comandante Supremo de las fuerzas aliadas en Europa (SACEUR):

«Nuestras fuerzas están listas y posicionadas en caso de que sean necesarias para contrarrestar la agresión rusa.»

La 3ª Brigada Blindada estadounidense se mantendrá por 9 meses en una base cercana a Zagan, y será reemplazada por otra unidad proveniente de Estados Unidos.

Siguiendo ese sistema de rotación, habrá permanentemente fuerzas blindadas estadounidenses desplegadas en suelo polaco. Desde allí, sus destacamentos se moverán hacia otros países del este de Europa donde se entrenarán y realizarán ejercicios militares, fundamentalmente en Estonia, Letonia, Lituania, Bulgaria, Rumania y probablemente también en Ucrania. O sea, esas fuerzas estarán desplegadas de forma permanente al borde de Rusia.

Un segundo contingente militar estadounidense se desplegará en abril de este año en el este de Polonia, en el llamado «Suwalki Gap» (“Borde de Suwalki”), una extensa llanura de un centenar de kilómetros de largo que, según anuncia la OTAN, «sería un paso perfecto para los tanques de asalto rusos».

Se desentierra así nuevamente el arsenal propagandístico de Estados Unidos y la OTAN correspondiente a los tiempos de la guerra fría: la historia de los tanques de asalto rusos listos a invadir Europa. Recurriendo al espectro de una inexistente amenaza del este, son los tanques de asalto de Estados Unidos los que desembarcan en Europa.

La 3ª Brigada Blindada se agrega a las fuerzas aéreas y navales ya desplegadas en Europa por Estados Unidos, en el marco de la operación «Atlantic Resolve», para «tranquilizar a los aliados miembros de la OTAN y los asociados ante la agresión rusa». Washington emprendió la operación «Atlantic Resolve» en 2014, después de haber voluntariamente provocado en Kiev el pustch de la plaza Maidan, iniciando así una nueva confrontación con Rusia. Dentro de la administración Obama, Hillary Clinton fue la principal artífice de esa estrategia, tendiente a romper las relaciones económicas y políticas de Rusia con la Unión Europea, no convenientes a los intereses de Estados Unidos.

Polonia desempeña un papel central en la escalada anti-rusa. Por eso recibirá próximamente de Estados Unidos varios misiles de crucero de largo alcance, con capacidades penetrantes para garantizar la destrucción de búnkeres y capaces de llevar también cabezas nucleares. También en Polonia ya está en construcción una instalación terrestre perteneciente al sistema estadounidense AEGIS, instalación similar a la que ya funciona en Deveselu, Rumania. También está dotada del sistema Mk-41 de Lockheed Martin, capaz de lanzar misiles antimisiles, pero que puede igualmente disparar misiles crucero con cabezas nucleares.

En Varsovia y en otras capitales del este de Europa –según escribe el New York Times– existe actualmente «una fuerte preocupación» sobre un posible acuerdo del republicano Trump con Moscú, lo cual «socavaría todo el esfuerzo».

Una pesadilla atormenta a los gobernantes del este de Europa que basan sus fortunas en la hostilidad hacia Rusia: que regresen a casa los tanques de asalto enviados por el demócrata Obama.

Manlio Dinucci

Artículo original en italiano :

Pologne militarisation

Carrarmati Usa schierati in Polonia

Fuente : ilmanifesto.info

Traduzido por Red Voltaire

Manlio Dinucci es Geógrafo y politólogo.

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‘Guerra ao Terror’, A Maior Mentira da História

janvier 18th, 2017 by Edu Montesanti

O ano de 1979 marca a política norte-americana no Oriente Médio, região mais rica em petróleo do mundo: em plena Guerra Fria, a Revolução Iraniana derruba do poder o xá Reza Pahlevi, ditador laico pró-Ocidente, substituído pelo aiatolá Khomeini, o qual nacionaliza as ricas reservas petrolíferas do país.

Isso faz com que os Estados Unidos passem a fornecer diversos tipos de armas, entre elas químicas e biológicas (o que se configura grave crime de guerra), ao ditador Saddam Hussein, presidente secular do Iraque (país que possui a segunda maior reserva petrolífera do globo), na guerra contra o Irã (1980-1988) por questões fronteiriças, a qual se tornaria a batalha mais longa e sangrenta pós-II Guerra Mundial. É desta guerra que surge um dos maiores escândalos de corrupção da história dos EUA, envolvendo diretamente o presidente Ronald Reagan e seu vice, George H. W. Bush (pai), conhecido como Irã-Contras.

Ainda em 1979, a União Soviética invade o Afeganistão (região historicamente estratégica à geopolítica global) e, devido à tal invasão segundo a versão oficial, os EUA, com apoio de outros países, armam e ensinam métodos de tortura aos mujahidin (« combatentes » em árabe, também conhecidos como « senhores da guerra ») – grande parte dos que viriam a ser membros do Taliban e criminosos da Aliança do Norte colocados no poder pelos EUA pós-11 de Setembro.

Entre esses homens armados e treinados pela CIA está Osama bin Laden, futuro líder da rede terrorista Al-Qaeda. O fornecimento de armas e treinamento de guerreiros iraquianos e afegãos por parte da CIA, apesar de amplamente registrado através de inúmeras fontes e documentos governamentais, é ignorado pela cadeia mundial de notícias.

Quanto à invasão soviética de 1979 e o apoio norte-americano aos afegãos resistentes, seria provado posteriormente, igualmente através de depoimentos de ex-funcionários da Casa Branca e de documentos oficiais revelados, que a infiltração norte-americana em solo afegão precedeu a invasão soviética através de operações da CIA em estreita ligação com o Inter-Services Intelligence (ISI), serviço de Inteligência do vizinho Paquistão, fato tampouco divulgado pela grande mídia internacional.

Revelaria anos mais tarde Zbiegniew Brzezinski, funcionário do Conselho Nacional de Segurança dos EUA de 1977 a 1981, ao diário francês Le Nouvel Observateur, entre diversos relatos de suas conversas diretas com o então presidente de seu país, Jimmy Carter, alertando-o seriamente sobre os perigos da oculta política norte-americana naquela região, que segundo ele serviriam para induzir à invasão soviética e gerar um caos no Afeganistão, tudo isso, de suma importância para a história e mesmo para as relações internacionais hoje, abafado totalmente pela Imprensa mundial:

O envolvimento dos EUA no Afeganistão antecedeu ao da União Soviética, contrariando a versão oficial de que a ajuda da CIA aos mujahidin começou de 1980.

Em 1982, Malalaï Joya, com quatro anos de idade, refugia-se com a família do Afeganistão, nação que vive absoluto caos, ao Irã e depois ao Paquistão, onde passaria toda a sua infância e adolescência. Somam-se mais de 4 milhões de afegãos refugiados aos países vizinhos neste momento quando, em solo paquistanês, Joya fica sabendo das dores de seu povo, especialmente mulheres e meninas, as quais sofreram com a misoginia cruel dos mujahidin em seu país. O Afeganistão vive a pior situação sócio-política de sua história durante a resistência às forças soviéticas.

Com o passar do tempo, enquanto o número de afegãos refugiados aos países vizinhos cresce, em geral em péssimo estado de saúde, Joya decide ensinar meninas e mulheres a ler e escrever – inclusive sua própria mãe. Dentro do Afeganistão, sob apoio dos EUA os mujahidin levam o país a bater recordes mundiais históricos da plantação de ópio, do qual se produz a heroína, convertendo-se no maior produtor e exportador do produto em todo o mundo – o que serve para financiar os mujahidin através do contrabando, sobre o que vale ressaltar que a sociedade norte-americana é a maior consumidora de drogas do mundo.

Enquanto isso, o presidente norte-americano Ronald Reagan, que se veria envolvido no grave escândalo Irã-Contras, elogia publicamente os mujahidin afegãos, comparando-os com os « pais da fundação » dos Estados Unidos « por seu bravo comprometimento com a liberdade ». Em 1985 é criada no Afeganistão a Al-Qaeda por Bin Laden, um grupo pequeno formado por mujahidin, que reivindica a implantação de estados teocráticos no mundo árabe, contra o imperialismo: muito pouco cresceria ao longo de muitos anos.

Quando a União Soviética se retira do país em 1989, através dos Acordos de Genebra, inicia-se violenta guerra civil no Afeganistão. O saldo da Guerra Fria em solo afegão já foi altíssima, deixando duas dezenas de soviéticos mortos, e um milhão de afegãos. Nestes 10 anos, o total de injeção financeira dos EUA em favor dos combatentes afegãos soma 6 bilhões de dólares. Nos anos subsequentes, seguiria multiplicando-se a produção de ópio que serve como outra grande receita à resistência.

Em 1990, Hussein exige do vizinho Kuwait determinadas terras na região dos portos de Bubyian e Uarba, historicamente pertencentes ao Iraque, cuja anexação levaria este país a possuir a maior reserva petrolífera do mundo. A Casa Branca manifesta-se, dizendo que se trata de assunto interno entre os dois países, garantindo diretamente ao ditador iraquiano que não interferirá na questão, cujo encontro possui transcrição publicada.

Porém quando o conflito árabe se inicia, a administração de Bush pai, diretor da CIA nos anos de invasão soviética ao Afeganistão, endurece o discurso contra aquele que, desde o fim da década passada até o presente, recebe apoio direto de Washington: agora, é acusado de terrorista por colocar a humanidade em risco, com as mesmas armas fornecidas pelos EUA. Assim, inicia-se em 1991 a curta e devastadora Guerra do Golfo, que deixa o Iraque arrasado, mas não derruba Hussein (fato « curioso » que obriga os EUA a prolongar sua política « humanitária » no Oriente Médio).

Nos 100 dias de Guerra do Golfo, batizada pela administração de Bush de Operação Tempestade no Deserto, é mobilizado o maior contingente militar pós-II Guerra Mundial, desproporção de forças beligerantes que se configura crime de guerra: foi enviado ao Iraque o maior contingente militar da história mundial. Os EUA prometeram empreender uma « guerra cirúrgica » contra o Iraque: ao final do massacre, o número de civis mortos no Iraque excedeu, em muito, o de militares. Com novas bombas utilizadas pelos EUA, o espetáculo que se torna a cobertura midiática faz com que os ataques se assemelhem mais a um festival pirotécnico no Golfo Pérsico, em tempo real.

Em 30 de janeiro de 1991, observou Gregg Easterbrook, especialista em assuntos externos dos EUA, à revista norte-americana The New Republic:

“Mas a maior falha moral na Guerra do Golfo (…) foi a recusa do Ocidente em admitir, ou pelo menos discutir, não algumas mortes acidentais de civis, mas os 100 mil mortos entre os alvos militares no Iraque. Katherine Boo, do Washington Monthly, notou que ao longo da guerra a mídia norte-americana organizou grandes tabelas de perdas, listando em uma coluna quantos tanques e aviões do Iraque haviam sido abatidos. Mas não houve qualquer menção às mortes do lado iraquiano: era como se o objetivo do “exercício” fosse eliminar montes de máquinas e não seres humanos. As famosas palavras do chefe das Forças Armadas, Colin Powell, sobre o Exército Iraquiano – ‘vamos estilhaçá-lo e depois eliminá-lo’ – claramente eliminaram qualquer consideração sobre a condição humana do inimigo. O Pentágono liberou dúzias de vídeos que mostravam bombas inteligentes atingindo objetos inanimados como bases de mísseis; mas há que se lembrar que até o momento não foi liberado nenhum centímetro de filme mostrando qualquer combate envolvendo seres humanos. Censores militares enlouqueceram quando um comandante deixou alguns repórteres ver um vídeo feito de um helicóptero Apache que atacou um batalhão no Iraque. No tape, adolescentes aterrorizados correm caoticamente por todas as direções, enquanto metralhadoras disparando do helicóptero, que eles não conseguem ver, cortam seus corpos pela metade. O vídeo foi rapidamente tirado de circulação. Quando perguntei a razão disso a um funcionário do Pentágono, ele respondeu: ‘Se permitirmos que as pessoas vejam esse tipo de coisa, nunca haverá outra guerra’« .

No Afeganistão, em 1994 é fundado o Taliban, movimento estudantil composto por fragmentos de mujahidin. Com foco na luta interna, cresce muito rapidamente e dois anos mais tarde, após sangrentas batalhas no país, sufoca a guerra civil assumindo o poder com linha extremamente dura, especialmente contra as mulheres e contra toda e qualquer oposição. Forma Estado teocrático através da aplicação da Sharia, levada às últimas consequências, motivo pelo qual destrói Patrimônios da Humanidade, considerados objetos de idolatria.

Em 1998, com 20 anos de idade, Joya insiste à família para que retornem à terra natal, da qual as forças soviéticas saíram arrasadas há exatos 10 anos: ativista no Paquistão em prol das mulheres, em seu país de origem Joya quer ensinar em escolas clandestinas pois o Taliban, há quatro anos no poder, pratica perseguição sistemática e os piores crimes contra suas compatriotas, ocupando já mais de 90% do território afegão das mãos da Aliança do Norte..

A família de Joya teme seriamente tal trabalho, mas Joya está irredutível, e assume corajosamente, irredutivelmente o desafio na OPAWC (Organização para a Promoção das Habilidades das Mulheres Afegãs, na sigla em inglês). Apenas uma suspeita por parte dos talibans, que conta com espiões por todo o país, valer-lhe-ia, no mínimo, espancamento público, senão mesmo a morte. Assim, Joya e suas alunas vestem uma burca, fingem que carregam um Corão a fim de rezar, e vão estudar. Desde que o Taliban assumiu o poder em 1994, no entanto, a produção de ópio tem diminuído radicalmente, atingindo níveis baixíssimos.

Ainda em 1998, embaixadas dos EUA em países da África são atacadas a bomba, matando mais de 200 pessoas – dentre eles, alguns cidadãos norte-americanos. Osama bin Laden, expulso da Arábia Saudita anos antes por práticas terroristas, é apontado como o mentor dos bombardeios através da Al=Qaeda. Os EUA, sob governo de Bill Clinton, respondem bombardeando campos de treinamento da rede comandada por Bin Laden, além de atacar uma fábrica farmacêutica acusada de armazenar armas químicas

No final de 2000, George W. Bush (filho), ex-governador do Texas, é eleito presidente dos Estados Unidos, com programa de governo já preparado durante a campanha presidencial para a guerra, especialmente no Oriente Médio através do documento batizado de Project for the New American Century (Projeto para um Novo Século Norte-Americano).

Não por coincidência, sua equipe de governo é praticamente a mesma de seu pai, o que implica dizer que os arquitetos da « Guerra ao Terror » seriam os mesmos idealistas da resistência afegã (talibans e senhores da guerra) contra os soviéticos, e da Guerra do Golfo contra o Iraque em 1991. Logo no primeiro ano, Bush, que se tornaria o presidente que mais férias tirou na história dos EUA e em tão pouco tempo (antes de 11 de setembro de 2001), ver-se-ia entremetido em escândalos de corrupção envolvendo suas relações político-comerciais com a empresa Enron, dos próprios Estados Unidos. A mídia local não daria segmento a este sério e comprovado caso.

Há mais de 20 anos Bush mantém, a exemplo de diversos integrantes de sua equipe de governo e seu próprio pai, negócios petrolíferos com a família Bin Laden, herdeira da segunda maior fortuna saudita. Quando governador, Bush e seu vice-presidente Dick Cheney receberam no Texas uma delegação do Taliban, a fim de discutir a passagem de dutos pelo Afeganistão a serem construídos e explorados pela empresa norte-americana Unocal, sem chegar a um acordo. Deste encontro, o empresário Cheney consegue, para sua empresa Hulliburton, contrato para exploração de petróleo em solo afegão, e a BBC de Londres é o único veículo de comunicação em todo o mundo a divulgar tal encontro.

Em dezembro de 2000, a Al-Qaeda promove ataque suicida contra o USS Cole, embarcação norte-americana ancorada no porto do Iêmen. E em maio de 2001, poucas semanas após visita de líder taliban à Casa Branca a fim de melhorar a imagem dos donos do poder afegão perante o Departamento de Defesa dos EUA, a CNN noticia que o governo do país continua financiando os mujahidin: o secretário de Estado de Bush anuncia milionária « ajuda humanitária » ao governo taliban, que há 5 anos aterroriza a sociedade afegã com extremismo religioso. O jornalista Robert Sheer escreve dura matéria sobre o caso no diário Los Angeles Times, mas o caso perde-se no vazio.

Em agosto de 2001, a CIA entrega ao presidente Bush um documento de extrema urgência: Bin Laden Determinado a Atacar dentro dos EUA, é seu título. Bush, de férias em seu rancho no Texas, ignora totalmente o memorando e ofende o funcionário do serviço secreto de seu país, que o entregou a advertência. Esta é a última das advertências da CIA ao presidente Bush durante o primeiro semestre de 2001, alertando-o de ataques terroristas dentro do país.

 

Arquivo da Segurança Nacional dos EUA: Memorando entregue em janeiro de 2001 a Bush por Richard Clarke, funcionário da CIA solicitando medidas de segurança urgentes contra ataques terroristas, ignorado pelo presidente

Mais tarde, seria ainda revelado que funcionários de outras agências de Inteligência do país também haviam entregue sérias revelações de ataques em solo norte-americano, às vésperas do 11 de Setembro, ignorados por completo por Bush, pelo que se demitiram de seus cargos indignados. A esta altura, Bush despenca nos índices de aprovação e, além de crise econômica, há crise política enquanto o presidente se vê isolado inclusive dentro de seu partido, e envolvido em casos de corrupção.

Até setembro de 2001 o governo de Washington mantém estreitos laços com os talibans e com Osama bin Laden, recebendo alguns de seus líderes na Casa Branca para seguir discutindo negócios petrolíferos, pouco divulgados e logo abafados pela mídia internacional. A proposta norte-americana para a passagem de oleodutos através do solo Afeganistão é sempre rechaçada pelo Taliban.

Ainda às vésperas de 11 de setembro, os serviços de inteligência dos EUA alarmam a Casa Branca através de documentos: a administração de Bush deve agir, pois há planos de ataques em solo norte-americano com uso de explosivos. Porém, o presidente Bush, eleito de maneira comprovadamente fraudulenta além de envolvido em escândalos de corrupção com a empresa Enron, ignora e exige, terminantemente, que se esqueça a questão.

Por isso, oficiais da CIA se demitem, indignados afirmando que algo muito sério acometerá o país, matando vidas humanas. Paradoxalmente, seria revelado em outubro deste mesmo ano que Bin Laden, internado em julho no Hospital Americano de Dubai, capital dos Emirados Árabes (cortesia deste país, aliado da Casa Branca, ao saudita de origem iemenita) recebeu mais de uma vez visitas amigáveis de agentes da CIA. Portanto, segundo a versão oficial, os faraônicos ataques de 11 de setembro de 2001 teriam sido comandados por um paciente em Hospital Americano (o líder da Al-Qaeda esteve internado até horas antes de 11 de setembro), onde o suposto mentor dos ataques recebera gentilmente funcionários da Inteligência dos EUA.

11 de setembro de 2001, dia do maior ataque em solo norte-americano de toda a história: logo nos primeiros dias após tais crueldades que chocam o mundo, surgem sérias contradições em relação à versão oficial (além de elas mesmas, em alguns casos, contradizerem-se totalmente), através de testemunhas, especialistas (incluindo professores de universidades norte-americanas e diversos outros cidadãos que estiveram nos locais dos ataques) e radares além de alguns fatos no mínimo muito curiosos. Entre tantos outros:

Justamente neste dia, os Standard Operating Procedures (defesa aérea do país, a mais potente do mundo) estiveram inexplicavelmente suspensos, algo jamais ocorrido na história dos Estados Unidos não podendo, assim, enviar jatos que impedissem os supostos aviões (que por meia hora sobrevoaram os espaço aéreo mais seguros do mundo) de executarem seus ataques (tal omissão nunca seria explicada, nem aparecido o responsável por ela e, ainda mais intrigante, os controladores de voo e funcionários do FBI responsáveis pela questão não apenas não seriam demitidos, como seriam ainda promovidos).

Também seriam logo constatadas graves falhas ao permitir os ataques dos quatro aviões por parte da North American Aerospace Defence (defesa aérea dos EUA), da Federal Aviation Administration (controle de voos) e da National Manufacturing Competitiveness Council (Comando Militar Nacional), com base em gravações de áudio desses próprios serviços do país. Diversos de seus funcionários de alto escalão viriam a ser promovidos profissionalmente após o maior fracasso conjunto da história da segurança norte-americana.

A própria alegação da Casa Branca, através de Dick Cheney de que os caças à jato da Defesa do país não puderam deter os aviões supostamente sequestrados se deveu ao fato de que o presidente Bush, em visita a uma escola infantil no estado da Flórida, precisava dar autorização e, por isso, a comunicação atrasou-se, está em total desacordo com a legislação de segurança nacional e com os registros de diversos fatos, inclusive a hora em que Bush veio a saber dos atentados.

Imagens e testemunhas (civis e bombeiros) nas imediações das Torres Gêmeas no momento das quedas, deixam claro que explosivos foram detonados instantes antes do colapso das Torres Gêmeas do World Trade Center que, contrariando completamente as leis da física, foram abaixo à velocidade de queda livre (algo possível apenas através de implosão manipulada, jamais pelo calor do fogo; físicos, engenheiros, arquitetos e outros profissionais afirmam ainda que o calor do fogo (versão oficial para a queda) e a força do choque dos aviões seriam totalmente insuficientes para que o aço da estrutura dos arranha-céus causassem suas quedas), entre outras conclusões importantes e nada difundidas – em organizações não governamentais, esses contestadores das verões oficiais afirmam que mesmo uma labareda de fogo que cobrisse todas as torres, não poderiam derrubá-las. Logo após as quedas das torres, a prefeitura de Nova Iorque retirara os escombros do complexo do World Trade Center, estrutura mais moderna do mundo, não deixando vestígios que impedem investigações.

O próprio colapso do World Trade Center 7, vizinho às Torres Gêmeas não atingido pelos aviões, esteve envolto em totais contradições segundo especialistas que, baseados em estudos sobre os destroços e da maneira como o edifício ruiu – também na velocidade de queda livre -, afirmam ter-se tratado, indiscutivelmente, de implosão manipulada. Paralelamente, a administração de Bush evita tocar no assunto entre diversas contradições quando questionada.

Foi a primeira vez em toda a história que o calor do fogo derrubou edifícios, o que torna mais contraditória a questão da queda dos edifícios World Trade Center, levando-se em conta que prédios de outras cidades do mundo, com muito menos estrutura que os de Nova Iorque atingidos por graves incêndios, permaneceram intactos.

A manobra que o suposto avião fez para atingir o Pentágono só poderia ter sido feita por um piloto com ampla experiência, não por um amador reprovado várias vezes na escola de pilotagem; o dano no prédio do Pentágono não condiz com o que causa a colisão de um Boeing, versão oficial, contradição que vai de encontro com o que mostram os radares além do quê câmeras de um posto de gasolina, em frente ao edifício da Defesa dos EUA, tido como o local mais seguro do mundo, terem sido misteriosamente retiradas do local.

Logo após os ataques, conforme seria revelado mais adiante Bush freta secretamente um jatos para que a família Bin Laden nos Estados Unidos deixe o país, atitude no mínimo muito estranha enquanto era de se esperar que, diretamente ligada àquele que segundo a Casa Branca é o maior terrorista da história contra a sociedade local tendo tantas vidas cruelmente assassinado, os membros daquela família fossem chamados para depor em busca do paradeiro de seu membro inimigo da nação, Osama bin Laden, conforme qualquer investigação envolvendo qualquer crime, jamais protegidos, e protegidos ocultamente sem o conhecimento dos cidadãos estadunidenses.

Essas e outras questões, incluindo a suposta queda do quarto avião em uma floresta da Pensilvânia, são, desde o início, amplamente investigadas por organizações não governamentais dos Estados Unidos, as quais não recebem o mínimo espaço nos meios de comunicação mesmo chegando a importantes conclusões, que contradizem totalmente as versões oficiais.

Outro ponto fundamental envolvendo os ataques, entre diversos outros que viriam á tona com o passar do tempo através de investigações baseadas em depoimentos, estudos e diversos documentos, seria que tais atentados foram planejados com direto auxílio do ISI, serviço de Inteligência paquistanês, aliado histórico dos Estados Unidos mesmo às vésperas dos ataques que mudaram o curso da história.

Quanto a Bin Laden, acusado de imediato pela Casa Branca como mentor dos ataques, mas nunca formalmente, ele mesmo concederia, nos dias subsequentes, diversas entrevistas a veículos de informação do mundo árabe negando tal autoria, lamentando ainda pelos atentados enquanto vídeos mostrando o líder da Al-Qaeda reivindicando-os são repetidos todos os dias no Ocidente, sob traduções das TVs dos Estados Unidos – contestadas por especialistas em diversos lugares do mundo, inclusive no Brasil.

Já em 11 de setembro de 2001, sem permitir investigação policial nos locais dos ataques, Bush responsabiliza a Al-Qaeda pelos ataques deixando implícita guerra contra o Afeganistão em discurso com forte apelo religioso, evidenciando uma suposta luta do bem contra o mal afirmando ainda que qualquer um no mundo que não estiver ao seu lado, estará contra ele.

Três dias depois Bush, de uma catedral ao lado de um rabino e de um pastor evangélico, profere outro sermão belicista- religioso: está declarada a guerra unilateral contra o terror, que fere todas as leis internacionais. Nesse ínterim, vem à tona que seis dos 19 supostos sequestradores apontados pelo FBI estão vivos, longe dos EUA e Robert Mueller, diretor do FBI, reconhece que a identidade de vários dos sequestradores suicidas está em dúvida, reporta a BBC de Londres.

Cada um dos acusados falsamente pelos ataques protesta, em diferentes países, pela mentira, mas logo o caso é abafado e, nos anos subsequentes, todos os 19 seguiriam compondo a lista oficial dos terroristas suicidas, inclusive nas telas de cinema norte-americanas. Outro fato de fundamental importância na política externa norte-americana daqui em diante, jamais levada em conta pela Casa Branca, é que nenhum dos alegados terroristas é afegão nem iraquiano, mas originária de países aliados aos EUA no Oriente Médio.

Guerras preventivas, ou de agressão ferindo o direito internacional e a Constituição dos próprios Estados Unidos, e contra aqueles que, no passado, o país apoiou como « combatentes da liberdade », hoje sumariamente apontados como terroristas islamitas: o imperialismo levado às últimas consequências. Por duas vezes após o 11 de Setembro, o Taliban se dispõe abertamente a entregar Bin Laden em troca de que o governo de Washington não invada o Afeganistão, mas George Bush, « o presidente da guerra » como se autodenomina, está irredutível: « Não negociamos com terroristas ». Assim, a guerra do homem de guerra (em nome de Deus) é inevitável.

Em 18 de setembro, exatamente uma semana após os ataques que estão mudando o curso da história e Bush dispara nos índices de aprovação (baseado em muito ufanismo, levando a sociedade local a esquecer que o presidente é incompetente e corrupto), envelopes enviados a dois senadores dos EUA e a diversas redações jornalísticas do país contêm antraz, bactéria letal, matando algumas pessoas e deixando várias feridas. Produzido em laboratório estadunidense, ficaria mais tarde provado que o antraz foi elaborado pelo Instituto de Pesquisas Médicas de Doenças Infecciosas do Exército dos EUA, de Fort Detrick no estado de Maryland, por ocasião da II Guerra Mundial.

As alegações do vice-presidente Dick Cheney, quem geralmente toma a frente de Bush nos discursos mais controversos envolvendo os ataques nos EUA, são bastante tendenciosas, absolutamente contraditórias enquanto tenta acusar a Al-Qaeda, esquivando-se do fato do laboratório de suas Forças Armadas ser o único produtor da bactéria.

Em 26 de setembro é revelado que serviços de inteligência de outros países alertaram seriamente à Casa Branca de que a rede de Bin Laden planejara matar Bush, ignorados por este. Em 1º de outubro, o semanário norte-americano Newsweek revela que o FBI informou, às vésperas do 11 de Setembro, que o país estava na iminência de sofrer sérios ataques. Dois dias depois, Bin Laden concede entrevista a um jornal paquistanês, negando ser o mentor dos ataques de 11 de setembro.

A invasão ao Afeganistão em 7 outubro de 2001, batizada pela Casa Branca de Operação Liberdade Duradoura que promete ser « cirúrgica », é aprovada pela ONU, que com isso contraria sua Carta no que diz respeito ao empreendimento de uma guerra, retrocedendo à era pré-II Guerra Mundial em que se praticou as maiores barbaridades unilateralmente, supostamente em nome de segurança nacional, civilização e raça superior.

A guerra de Bush contra ao Afeganistão iniciou-se 26 dias após os ataques em solo norte-americano (os quais não podem ser considerados atos de guerra, conforme abordado acima). A resposta para imediatez militar estadunidense agora, e perante enorme investida, está no fato já mencionado: o programa de governo de Bush já assumiu a Casa Branca preparado para investidas bélicas no Oriente Médio.

Logo, a guerra « cirúrgica » de Washington contra o Afeganistão evidencia-se tão falaciosa quanto contra o Iraque, em 1991: mata impiedosamente inúmeros civis inocentes. Um dos primeiros alvos das forças norte-americanas são os meios de comunicação afegãos, e a sede da rede de TV Al-Jazeera do Qatar na capital afegã, Cabul, matando e ferindo gravemente diversos funcionários. A justificativa do secretário de Defesa de Bush, Donald Rumsfeld, para atacar os meios afegãos é que « são porta-vozes do Taliban, e dos terroristas que os abrigam ».

A total disparidade entre as forças beligerantes em questão ferem as leis internacionais, bem como o fato de que o Estado afegão não atacou os Estados Unidos, o que torna tal invasão ilegítima além da própria prática das forças estrangeiras no Oriente Médio, não poupando civis, cujo número de mortos excede, em muitas vezes, o de militares.

As leis internacionais também desaprovam declaração de guerra até que todas as vias diplomáticas sejam buscadas, o que Bush nunca fez nem jamais faria em seus oito longos anos na Casa Branca. Para nem mencionar que o acusado pela administração de George Bush, Osama bin Laden, não foi levado a um tribunal e julgado, outro grave ferimento ao direito internacional.

Enquanto isso, os EUA se mantêm irredutíveis quanto a assinar os acordos que fortaleceriam o Tribunal Penal Internacional, e submeteriam seus soldados a um julgamento internacional se necessário, bem como o Estado por crimes de guerra. Nunca na história dos EUA, um presidente foi tão unilateralmente agressivo quanto Bush tem sido, marca esta que apenas se fortaleceria em seus dois mandatos presidenciais.

No dia 5 de dezembro, quando se somam mais de 2.500 bombardeios aéreos sobre o Afeganistão, a guerra é formalemente terminada através da Conferência de Bonn, na Alemanha. O Taliban está totalmente rendido, e em seu lugar os EUA colocam no poder, em 21 de dezembro, o cientista político e ex-consultor justamente da Unocal, Hamid Karzai, para formar gabinete interino até que hajam eleições diretas. Assim que toma posse, Karzai aprova a construção dos dutos que levarão petróleo e gás natural do Mar Cáspio ao seu país, favorecendo a companhia petrolífera dos EUA.

O Afeganistão bateria, ano a ano, todos os seus próprios recordes históricos na produção de ópio, voltando a ser líder mundial assim como foi à época do apoio estadunidense na década de 1980 e primeira metade de 1990. Vale apontar, em meio a tudo isso, que a sociedade dos EUA é a maior consumidora de drogas do mundo.

Logo, as liberdades civis dentro dos EUA sofrem o pior revés da história da nação, outro grave ferimento à Constituição através da Patriot Act (Lei Patriota), uma das medidas de linha-dura aprovadas pela Nova Estratégia de Segurança Nacional, ou Doutrina Bush na qual o governo autoriza, entre outras coisas, que sejam espionados e presos cidadãos que se julgue necessário, mesmo sem provas, de atos terroristas ou de ligação com eles. Junto desta Doutrina, Bush sentencia o eixo do mal a ser combatido, a todo custo: Iraque, Irã e Coreia do Norte. E « quem não estiver ao nosso lado, está contra nós », isto é, do lado dos terroristas, é sua ameaça ao mundo.

É a Doutrina Bush que também permite aos EUA declarar guerra unilateralmente sempre que se sintam ameaçados, além de colocar qualquer nação que não esteja ao lao do país na « Guerra ao Terror » como inimiga, passível de ser igualmente atacada, com tudo isso se posicionando acima de qualquer lei, inclusive de sua própria Constituição.

Sob Estado policial, a histeria entre a sociedade norte-americana aumenta com publicações levianas em jornais, revistas e TVs sem nenhuma base, e extremamente sensacionalistas associando terrorismo com islamitas árabes enquanto não há nada que prove tal fato, alarmando os cidadãos, vendendo a ideia de que novos ataques, ainda piores que os de 11 de setembro, estão em curso. A partir de exposição sistemática das imagens dos aviões suicidas e das Torres Gêmeas em chamas, passam a ser criados e comercializados produtos « antiterror » em lojas do país: roupas, máscaras, paraquedas especiais que protegeriam as pessoas no caso de ataques.

A partir de então, Bush e os funcionários de seu governo concedem entrevistas totalmente desencontradas aos meios de comunicação, também excessivamente tendenciosos, aumentando as suspeitas da sociedade em reação ao 11 de Setembro e à « Luta contra o Terror ». A maior dificuldade da equipe de Bush é explicar a decisão unilateral de invadir o Iraque, enquanto a ONU afirma não haver naquele país bombas de destruição massiva: através da Resolução 1441, vários de seus inspetores de armas averiguaram e destruíram considerável quantidade de armas ao longo da década de 1990, sem no entanto ter encontrado nada que pudesse incriminar o regime de Hussein, considerado pela ONU um dos 10 países que mais respeitam as diferenças religiosas entre os 44 islamitas do mundo árabe (a ditadura local, cruel, resume-se à política e a reivindicações da minoria curda ao norte do país).

Em janeiro de 2002, o ex-agente do FBI John O’Neil, autodemitido do cargo em agosto de 2001 por ter suas investigações sobre a Al-Qaeda obstruídas pela casa Branca, afirma na CNN que « interesses petrolíferos das companhias dos EUA » não permitiram que seu trabalho seguisse. No mês seguinte, a ex-funcionária Julie Stirrs da Agência de Inteligência de Defesa do país, também autodemitida do cargo às vésperas do 11 de Setembro por ter suas investigações contra Bin Laden impedidas, afirma na rede de TV ABC News que a avalanche de documentos obtida em sua viagem ao Afeganistão fora confiscada por superiores no aeroporto de volta aos EUA, denunciando ainda que nunca nenhum alto escalão da Inteligência norte-americana se dispôs a ouvir o que ela trazia do Oriente Médio.

No dia 17 de abril, a senadora e ativista ambiental e pelos direitos humanos, Cynthia Anna McKinney do estado da Geórgia e uma das mais ressonantes apoiadores da criação de uma comissão para investigar o 11 de Setembro, inicia denúncias que Bush sabia com antecedência dos ataques em solo norte-americano. Passa então a ser duramente perseguida, política e pessoalmente.

Em maio, após constantes estudos independentes sobre o meio ambiente no local onde estavam as Torres Gêmeas, ativistas liderados pela ambientalista Jenna Orkin concluem que, ao contrário do que afirmou o prefeito nova-iorquino Rudolph Giuliani a fim de não interromper as atividades econômicas da região, o ar e a água têm estado seriamente contaminados, levando, até o presente, à morte diversos cidadãos e invalidando outros tantos, inclusive bombeiros que ali operaram no 11 de Setembro, e nos dias subsequentes.

Tal ocorrência é classificada de « desastre ambiental com proporções históricas » pelo que, nos próximos 10-15 anos segundo investigadores, número maior de pessoas morrerá por problemas respiratório, superando em muitas vezes o número de mortos nos ataques do 11 de Setembro: pela mentira governamental, milhares de trabalhadores não usaram equipamentos de proteção. Entre outras afirmações de Orkin em discurso púbico, incluem-se estas palavras:

No desastre ambiental do 11 de Setembro, Osama bin Laden não poderia
ter encontrado melhor colaborador, espírito mais próximo que o de George Bush

No final de 2002, quando fica claro que os EUA invadirão o Iraque, Hussein permite que a ONU inspecione seu país, abrindo o país como nunca antes e oferecendo cooperação integral. A vistoria da ONU não dá motivo às acusações da equipe de Bush. Tampouco há nada que ligue Hussein à Al-Qaeda e aos ataques do 11 de Setembro, ao contrário do que alega a Casa Branca.

A ONU, grande parte da sociedade local e diversos governos, inclusive de países vizinhos ao Iraque, são contrários à guerra e preveem uma catástrofe na região se os EUA invadirem Bagdá, alertando todos, constantemente, ao governo de Washington para que desista da invasão. Nada disso, porém, faz Bush mudar de ideia: « É consenso nesta administração que o Iraque desenvolve bombas de destruição em massa. (…) Saddam Hussein é aluno de Stálin. (…) Em se tratando de segurança, não precisamos da permissão de ninguém ».

Isso tudo contradiz as afirmações do presidente dos EUA quando perguntado por um jornalista sobre qual o envolvimento do Iraque no 11 de Setembro, pouco depois dos ataques daquele dia: « Nenhum ». Com o passar do tempo, conforme temos visto, nada surge para que a Casa Branca mude de ideia em relação a Bagdá. Em fevereiro de 2003, o jornal The New York Times revela que o governo britânico, principal aliado de Washington desde o início da « Guerra ao Terror », admite que baseou as alegações de que Hussein desenvolve bombas de destruição em massa em matérias de revistas e jornais, não em provas consistentes.

Bush leva às últimas consequências a teologia do pastor evangélico William Branham (1909-1965), que pregava que os EUA eram predestinados por Deus a salvar o planeta « pelo poder da espada »: antes que os inspetores da ONU terminem a vistoria, o Iraque é unilateralmente invadido pelas forças norte-americanas.

Para a Segunda Guerra do Golfo como também fica conhecida esta invasão, em março de 2003 na qual os EUA contam com o maior e mais moderno contingente militar da história, contra a Guarda Republicana iraquiana que se defende com as poucas e obsoletas armas remanescentes da guerra contra o Irã e da própria Tempestade no Deserto de 1991, a administração de Bush cria, dentro de seu país, um clima de histeria generalizada através de discursos ufanistas e apocalípticos, alegando que Hussein pode atacar « novamente » os EUA, e destruir o mundo a qualquer momento.

É no mínimo muito curioso que, paralelamente a isso, há anos a Coreia do Norte afirma desenvolver armas nucleares capazes de destruir os EUA, que nada fazem. Tal « enigma » por trás de mais essa hipocrisia made in USA não é difícil de ser desvendada quando consideramos que a Coreia comunista faz fronteira com a temível China, além de não possuir petróleo. Isso também ilustra muito bem, entre tantos fatos que se acumulam ao longo dos anos, o caráter completamente farsante da « Guerra ao Terror » – para nem mencionar que o único ataque nuclear da história foi perpetrado justamente pelos EUA, contra Hiroshima e Nagasaki ao final da II Guerra Mundial, e que Israel, maior aliado dos EUA no Oriente Médio, possui bombas nucleares enquanto massacra a população palestina.

As invasões ao Afeganistão e ao Iraque configuram-se no maior revés das relações internacionais desde o Tratado de Paz de Westfália há quase quatro séculos. Logo, os afegãos veem claramente que as promessas de Bush de libertá-los da opressão, sobretudo da misoginia, não se concretizará – tudo foi uma mentira. No Iraque, além da morte de civis cresce assustadoramente também o número de militares norte-americanos mortos e o de feridos (muitos deles de maneira grave, retornando inválidos ao país), fato quase nada divulgado pela Imprensa local e internacional.

Denúncias no Afeganistão e Iraque de abusos por parte das forças de ocupação são silenciadas, até que crimes de guerra jamais vistos após a derrota do fascismo se tornam escândalo mundial – logo também esquecidos pela grande mídia. Ao mesmo tempo, são trazidos à prisão norte-americana de Guantánamo, território cubano, acusados (na maioria dos casos sem provas e, em todos os casos, sem terem sido submetidos a julgamento) de ligação com os ataques de 11 de Setembro: sofrem torturas que geram indignação em todo o mundo, e condenações oficiais, mas a administração de Bush não dá ouvidos a nada disso. A criação da prisão de Guantánamo fora do território dos EUA visa justamente a tirar o governo federal do alcance dos tribunais do país, tanto quanto ferem as Convenções de Genebra, assinadas pelos próprios EUA, as práticas naquela detenção.

Em agosto de 2003, é morto no Hotel Canal na capital iraquiana de Bagdá o diplomata brasileiro da ONU, Sérgio Vieira de Mello, em circunstâncias bastante obscuras. Viera de Mello, Representante Especial da ONU no Iraque, o brasileiro era muito bem visto entre os iraquianos, tendo uma de suas vozes oficiais afirmado que sem ele seria impossível a reconstrução do país, e opôs-se desde o início à invasão norte-americana ao país, considerando-a ilegal assim como o órgão que representa. « Já que houve a ocupação, que dure o menor tempo possível », disse Vieira, explicando ainda que o governo de Washington aplicou de maneira distorcida a resolução 1483 a qual tirou a soberania do Iraque. « Ao invés de retirar a soberania e entregar à ONU, os EUA aplicaram-na a si mesmos ». Sua esposa explicaria, entre mistérios jamais revelados sobre sua morte, que a relação do diplomata com o estadunidense Paul Bremen, chefe da Coalizão, estava se esfriando rapidamente.

Contrariando todas as leis iraquianas de soberania, a administração de Bush invade o país em março de 2003 e simplesmente « vende » o país às empresas norte-americanas, que faturam trilhões de dólares, através da Ordem 39 através da qual os EUA se outorgam o direito de privatizar centenas de empresas, estatais, além de outro decreto prevendo que empresas estrangeiras podem se apropriar de 100% dos bancos, minas e fábricas.

Assim, os EUA ferem as regras estipuladas pela Convenção de Haia de 1907, as leis iraquianas, previstas na Constituição local, além da própria Lei de Guerras Terrestres e do código de ética do Exército dos EUA. Alguns analistas e organismos internacionais condenam o governo de Washington por isso, mas nada acontece e a mídia internacional ignora quase que totalmente tal questão.

Como resposta, a violência social explode no Iraque: protestos, explosões de oleodutos e homens-bomba espalham-se pelo país. O caos social iraquiano, igualmente desconsiderado no Ocidente, aumenta em relação aos anos de Hussein, hoje derrubado do poder e foragido. Dentro dos EUA, no segundo aniversário dos ataques do 11 de Setembro Bush e integrantes de sua equipe são processados por esposa de vítima fatal no World Trade Center.

Malalaï Joya é eleita a fim de participar de uma assembleia para aprovar a nova Constituição afegã em dezembro de 2003. Frente a frente com os mujahidin, hoje pertencentes à Aliança do Norte colocada no poder pelos EUA, denuncia-os em discurso de dois minutos que incendeia o local: é sumariamente expulsa e passa a viver escondida, ameaçada de morte. Passa então a enfrentar inimigos em três frentes, como costuma dizer: os senhores da guerra da Aliança do Norte, o Taliban e a ocupação norte-americana.

Em maio de 2004, são revelados chocantes crimes contra a humanidade pelos alegados « libertadores do Iraque » revelando uma « guerra particular às custas do Estado » conforme reportaria duramente dias depois o semanário alemão Der Spiegel, revista justamente de um dos países que mais se opõem à invasão ao Iraque (a começar pelo governo de Angela Merkel): inúmeras torturas de soldados dos EUA contra prisioneiros de guerra (futuramente, seria comprovado que mais de 80% eram inocentes, e viriam à tona ainda imagens de esposa e filhas desses prisioneiros estupradas pelos militares estadunidenes) a mando do secretário de Defesa de Bush, Donald Rumsfeld, que a princípio negou tudo. Tais práticas fazem o mundo recordar o terror causado pelos nazistas durante a II Guerra Mundial.

A esta altura, o mundo todo já se opões à invasão ao Iraque, havendo protestos em todas as partes. No Afeganistão é aprovada a nova Constituição, com alguns avanços e muitos retrocessos, especialmente no que diz respeito aos direitos humanos. Nesta mesma época, Richard Clarke, ex-funcionário da CIA que pediu demissão indignado pelas advertências da Inteligência sobre iminentes ataques do 11 de Setembro, ignoradas pela Casa Branca, faz sérias denúncias envolvendo as distorções de Bush e Rumsfeld para invadir o Iraque, « porque ele já planejava fazer alguma coisa contra o Iraque muito antes daquele momento ».

Também é revelado o Grupo de Operações Preventivas e Pró-Ativas (P2OG, na sigla em inglês), através do qual Donald Rumsfeld coordenou com a CIA atividades no Iraque a fim de provocar reações violentas e, assim, justificar mais intervenção militar naquele país. Seguindo perfeitamente a linha midiática na cobertura desta « Guerra ao Terror », o P2OG é completamente ignorado pela Imprensa predominante mundial.

Pouco depois, em outubro, a primeira eleição presidencial afegã coloca no poder Hamid Karzai da Aliança do Norte, o sempre preferido de Bush. O sufrágio universal afegão é comprovadamente corrupto e violento, atingindo grande parte de civis. O caos apenas cresce no Afeganistão enquanto o bombardeio « cirúrgico » dos EUA contra o país, conforme as palavras dos norte-americanos, massacram cada vez mais inocentes. Contudo, pouco espaço há para tudo isso na grande Imprensa internacional, e assim seguiria sendo ao longo dos anos.

A Comissão do 11 de Setembro, criada pelo Congresso para investigar as implicações dos ataques em solo norte-americano, que desde o início sofreu oposição de \Bush sob argumento de que distrairia da luta contra o terror, é melancolicamente encerrada: tratou de obscurecer cada fato envolvendo o 11 de Setembro, jamais esclarecer os fatos nem muito menos as teses contrárias às do governo; não apresentou resposta aos familiares das vítimas e demais questionadores das versões oficiais dos ataques. Foi do início ao fim controlada pelo governo, que impediu análise de diversos documentos e muitos de serem ouvidos – o próprio Bush se negou a depor.

Os memorandos de agentes da CIA entregues diretamente a Bush, apresentados como provas de que o governo sabia dos ataques, nunca foram nem seriam explicados no futuro. Nenhuma das inúmeras indagações sobre as implicações dos ataques terroristas seriam jamais questionadas pela grande mídia local nem estrangeira. Investigações independentes reivindicadas por organizações não governamentais e não partidárias, especialmente o Comitê Diretivo da Família pela Comissão 11/9, incluindo especialistas renomados dentro dos EUA, não seriam jamais realizadas, mas sempre ignoradas por Washington e sem nenhum espaço para debate na mídia.

Bush também se recusa a assinar, desde o início de seu governo, tratados em prol do meio ambiente – sendo os EUA maiores poluidores do ar. Tal recusa se manteria ao longo de todos os seus anos na Casa Branca. Além disso, o país é um dos mais violentos do mundo, onde está a maior população carcerária do planeta, a qual sofre injustiça (muitos não deveriam estar presos, gerando manifestações indignadas de juristas, que condenam a « democracia » da nação, qualificando-a de falaciosa), e tem seus direitos humanos seriamente feridos, como em poucas nações ocidentais hoje.

A crise financeira que parecia iminente nos EUA já não ronda mais, ao menos não tão perceptivelmente como anos antes: o estouro da bolha econômica está adiada, cujo crescimento tem sido impulsionado pelas guerras e saques no Oriente Médio.

Em 2004 a « Guerra Santa » de Bush está no auge, quando ele se reelege, novamente envolvido em casos comprovados de fraude eleitoral. Grande parte dos norte-americanos eram contra a invasão ao Iraque, e não veem resultados da empreitada no Afeganistão. A campanha presidencial foi extremamente apelativa em relação ao terrorismo internacional, usando de muito ufanismo com aceitação profundamente emotiva de diversos setores da sociedade local.

No Afeganistão, amplamente apoiada pelo povo Joya retorna à vida política em setembro de 2005, após novos ataques terroristas em Madri (2004) e em Londres (2005): eleita ao Parlamento, passa a denunciar crimes de narcotráfico e contra as mulheres pelos senhores da guerra da Aliança do Norte.

Em julho de 2005, é assassinado em Londres o brasileiro Jean Charles de Menezes, de 27 anos, pela Scotland Yard, policia secreta britânica, a qual usou balas que causam dores aterrorizantes na vítima antes de morrer, condenadas por agências internacionais de direitos humanos. O brasileiro fora confundido com um terrorista islamita que tentara executar ataque terrorista semanas antes na capital inglesa. A polícia britânica boicotaria de todas as formas investigações do crime contra Menezes, e os culpados não seriam jamais punidos.

Em dezembro de 2006, Hussein é julgado nos EUA e enforcado no Iraque por seu governo sanguinário, e por supostamente produzir bombas químicas e biológicas. Sobre os envolvimentos corruptos da condenação de Hussein, inclusive a filmagem e ampla divulgação de seu enforcamento, a cobertura da Imprensa dos EUA é altamente tendenciosa.

Junto dos ferimentos a todas as leis internacionais por parte da Casa Branca, que contraria a ONU e todos os organismos em favor de direitos humanos, junto dos discursos vazios e ufanistas de George Bush, e junto do vertiginoso aumento do número de civis massacrados pelas forças de ocupação no Afeganistão e no Iraque, cresce a manipulação midiática sobre a « Guerra ao Terror », maior mentira da história, apelando, como sempre, para a indústria do cinema, estigmatizando os povos árabes islamitas em todo o mundo, impondo ao inconsciente das pessoas que eles e sua religião são terroristas a fim de justificar a agenda belicista-imperialista dos EUA, « messiânica » segundo também vende a mídia, destinada a salvar a humanidade conforme a imagem que o país tem feito de si mesmo ao longo das décadas.

A atuação da mídia norte-americana tem sido a mesma em todos os eventos terroristas dos Estados Unidos ao longo do século XX, desde as dezenas de invasões, sabotagens, golpes e carnificinas contra países da América Latina, passando pelas bombas atômicas contra Hiroshima e Nagasaki em 1945, e pelos crimes de guerra contra o Vietnã a partir de duas décadas e meia mais tarde. Assim, legitima-se as empreitadas letais do Estado mais terrorista da história, ferrenhamente defendidas sobretudo pelas elites e pelos setores mais conservadores dos EUA, mudando apenas a escusa beligerante de acordo com a ocasião.

Com os direitos civis feridos como jamais aconteceu na história dos Estados Unidos, e com as invasões ao Afeganistão e Iraque sob imposição da Casa Branca ao mundo em nome da segurança nacional, o Império estabelece a política de linha-dura perfeita para expandir sua dominação global, especialmente na região mais rica em petróleo (recurso não renovável que, de acordo com o atual nível de consumo, esgotar-se-á em 50 anos segundo especialistas) do globo em tempos de crise econômica.

Em maio de 2007, Joya é novamente expulsa das atividades políticas por aqueles que acusa de corrupção e de violar direitos humanos ao perpetrar graves crimes contra civis inocentes em nome do mesmo fundamentalismo religioso dos talibans, especialmente contra as mulheres contrariando as promessas de Bush ao invadir o país.

Segundo a parlamentar, tais criminosos são apoiados pelo governo de Washington cujos soldados, denuncia também, cometem graves crimes dentro de seu país. A voz de Joya, dentro e fora do Afeganistão, tenta de todas as formas ser calada. Sua vida corre mais risco que nunca: vivendo clandestinamente em sua terra natal, trafega apenas de táxi escondida debaixo de uma burca, escoltada por 12 seguranças fortemente armados. Recebe solidariedade internacional, e passa a ser premiada em todo o mundo por sua coragem. Seu heroísmo vale até produção cinematográfica enquanto, ano a ano, cresce vertiginosamente o número de civis afegãos mortos pelos ataques das foras de ocupação.

Em fevereiro de 2008, após uma série de batalhas judiciais pelas condições em Guantánamo, o diretor da CIA, Michael Hayden, confessa no Congresso aplicação de métodos de tortura em solo cubano, cuja prisão a ONU vem condenando desde fevereiro de 2006 enquanto Bush negou, neste tempo todo, maus tratos a prisioneiros.

Em abril, Joya doa 30 mil dólares recebidos em prêmios internacionais por seu engajamento à construção de um hospital em sua cidade natal, mesmo mês que o gabinete da ex-parlamentar sofre ataque, após fazer denúncias de corrupção governamental, apontando o nome do parlamentar envolvido: o criminoso é pego, revela que foi subornado por integrantes do Parlamento, mas a Polícia local abafa o caso e ninguém é punido

Em outubro do mesmo ano, enquanto Joya tem sido premiada em todo o mundo, especialmente na Europa por sua luta contra os fundamentalistas religiosos e traficantes de drogas locais, e pelas denúncias contra a ocupação estrangeira sem sua terra natal, tendo sido motivo até de produções cinematográficas internacionais, a União Inter-Parlamentar que, com cooperação com a ONU, promove o diálogo parlamentar mundial em favor da paz e dos direitos humanos, condena, pública e documentalmente, a suspensão da militante afegã de suas atividades no Parlamento de seu país.

Ainda em 2008, é revelado que as bombas Mini-Nuke lançadas pelos EUA sobre o Iraque na Primeira Guerra do Golfo, eram de 6 a 30 vezes mais potentes que a atômica lançada contra Hiroshima, no final da II Grande Guerra. O orçamento militar norte-americano fecha este ano com os maiores gastos da história do país mesmo considerando a época da Guerra Fria.

Desta maneira, o 11 de Setembro funcionou como um novo Pearl Harbor aos EUA, exatamente como previa a expansão militar contida no programa Bush em campanha eleitoral, através do Project for a New American Century (tal documento ressaltou a necessidade de um novo acontecimento como o que levou os EUA à II Guerra Mundial, mencionando categoricamente Pearl Harbor).

Bush deixa a Casa Branca no início de 2009 com um dos índices mais baixos de aprovação da história, e com o forte estigma, dentro e fora do país, de mentiroso: não foram encontradas no Iraque bombas de destruição massiva, nem há nada que ligue Hussein à Al-Qaeda, dando razão à ONU. O Iraque agora vive um caos pior que sob a ditadura de Hussein, cujos assassinatos aumentam mês a mês vertiginosamente, a exemplo do Afeganistão que, ambos, Bush, prometeu libertar. Dentro dos EUA, seguem os crimes contra as liberdades civis além de todas as contradições e mentiras envolvendo o 11 de Setembro, completamente obscurecidas.

Demais fatos, no mínimo obscuros envolvendo o 11 de Setembro e todos os crimes cometidos na « Guerra ao Terror », acabam em grande parte caindo no esquecimento do grosso da sociedade local, ou em muitos casos sem que se tenha tomado conhecimento após cobertura tendenciosa da mídia: fator que pesa muito contra Bush dentro de casa é a grave depressão econômica que acomete seu país, segunda pior de toda a história dos EUA.

A sociedade norte-americana em geral cobra de Bush muito mais os prejuízos econômicos advindos das empreitadas militares no Oriente Médio que, baseadas em mentiras, retiraram dos cofres públicos crescentemente ano a ano, trilhões de dólares em menos de sete anos, do que a prática imperialista e os ferimentos aos direitos humanos contra outros povos.

Estes dois últimos fatores não estão na agenda política dos principais partidos, Republicano e Democrata, nunca foram prioridade midiática local nem internacional, e, por conseguinte, estão quase que totalmente fora do debate social, bem como o alto número de militares norte-americanos mortos e seriamente feridos – para nem mencionar os militares e civis iraquianos e civis cujas vidas têm sido massacradas, especialmente crianças e mulheres. As liberdades civis nunca foram tão atacadas em toda a história, por tanto tempo quanto nestes anos de « Guerra ao Terror ».

Barack Obama, eleito presidente em 2008 com discurso de renovação profunda dentro dos EUA, gerando grandes esperanças aos povos de todo o mundo devido ao discurso mais moderado que o de seu antecessor por estar sempre apoiado em discurso apresentando sobretudo maior preocupação com os direitos humanos, logo decepciona: assume o poder em janeiro de 2009, e dali em diante as liberdades civis seguiriam sendo feridas dentro dos EUA além das prisões ilegais e práticas de tortura em Guantánamo, manutenção de cuja prisão a ONU condena desde fevereiro de 2006, e o crescimento da morte de civis nos países invadidos, de modos crueis, contrariando assim suas promessas de campanha.

Em abril de 2009, Joya encontra-se na França com Matthis Chiroux, ex-militar norte-americano que pediu demissão em plenas atividades meses antes: Chiroux denuncia o que o Exército de seu país tem praticado no Iraque e Afeganistão, e pede perdão publicamente a Joya por ter lutado em seu país, contra seu povo.

Em junho do mesmo ano, Joya concede entrevista ao jornal brasileiro O Tempo, de Minas Gerais. A tradução de uma minientrevista publicada pelo diário é enviada, de nossa parte, ao Comitê de Defesa de Joya no Afeganistão, a qual está escondida em algum lugar do país. Recebemos a espantosa resposta de que a publicação fora completamente modificada de acordo com as palavras da ativista afegã.

Joya autoriza seu comitê a enviar-nos a versão original da extensa e bombástica entrevista, bem como os registros de seu contato com a repórter Renata Medeiros do diário mineiro para que sirvam como prova, tudo isso a fim de ser publicado e, assim, denunciada a distorção midiática pró-governo de Washington. Fazemos isso em coluna que mantemos no sitio Nolan Chart dos Estados Unidos, cuja matéria é republicada no Afeganistão pela Associação Revolucionária das Mulheres do Afeganistão.

Entre as mais fortes declarações de Joya, está a da associação da CIA no tráfico de ópio a partir do Afeganistão, de cujo produto, após a invasão norte-americana, o país da ativista volta a ser líder mundial batendo seus próprios recordes históricos, levando o país novamente à liderança internacional da produção e exportação da droga. Joya também condena o fato de uma potência econômica e militar como os EUA, apoiada por outras europeias, ser incapaz de vencer o Taliban, pequeno grupo de analfabetos que, sem apoio da sociedade afegã, valem-se de armas obsoletas – a ativista afegã aponta os indiscutíveis porquês disso… O que não interessa a O Tempo.

Joya também revela outros dados oficiais envolvendo o caos social que vive seu povo, entre eles: a cada 28 minutos, morre uma mulher durante o parto, e mais de 70% delas não recebe atendimento médico durante a gravidez (proibidas pelo Taliban); 70% sofre de insuficiência alimentar aguda; apenas 2% tem acesso à eletricidade; cerca de 92% não tem acesso a serviços sanitários; taxa de desemprego em 40%; a cada mil crianças nascidas, 128 não viverão mais que um ano, entre tantas informações chocantes e de alto valor jornalístico, que em absolutamente nada interessaram a O Tempo de Minas.

Paralelamente a isso, a quantidade de civis inocentes mortos no país pela invasão dos EUA atinge níveis assustadores, crescendo mês a mês – nas poucas vezes que a mídia internacional noticia tais fatos, considera as vítimas meros números de « conflito ». Assim, o jornalismo brasileiro segue à risca a pauta estabelecida por Washington nesta « Guerra ao Terror », a qual se baseia na desinformação. Jornalismo co-assassino, cúmplice dos piores ferimentos aos direitos humanos da atualidade, do cruel e infinito derramamento de sangue no Oriente Médio contra homens inocentes, contra milhares de mulheres, idosos e crianças. Em setembro, o chefe militar dos EUA no Oriente Médio, Matthew P. Hoh, pede demissão indignado, denunciando a corrupção de seu país no Afeganistão e Iraque, e os atentados contra civis inocentes.

A Constituição brasileira prevê diversos compromissos midiáticos, inculcando à regulação do setor. Por exemplo, as constituições sueca, alemã e britânica, países com maior tradição democrática do mundo, possuem leis bem definidas para a Imprensa, eficientemente reguladas que garantem práticas mais éticas, responsáveis respeitando, sobretudo, a liberdade de informação enquanto no Brasil os grandes meios de comunicação, paradoxalmente tendo em vista suas históricas práticas do antijornalismo, opõem-se histericamente a mesmo um debate sobre marco regulatório que transforme liberdade de Imprensa (que defende interesses comerciais e monopólio da informação) em efetiva liberdade de expressão, em uma autêntica democratização da mídia.

O exemplo mais célebre dessa liberdade de Imprensa no Brasil em detrimento da liberdade de expressão, do quanto a opinião nos meios de comunicação brasileiros são filtrados, editados, selecionados, distorcidos e/ou manipulados, foi dado pelo jornal O Tempo no caso de Joya, publicando a pífia minientrevista que a afegã jamais concedera. Essa libertinagem garantida pela anarquia jornalística que leva ao monopólio da informação, é o que as empresas de mídia, as grandes corporações que as sustentam, através de anúncios, e as elites não querem perder, evidentemente. WikiLeaks ainda revelaria telegramas em que embaixadores dos EUA no Brasil comentam a encomenda de entrevistas entre grandes veículos de informação brasileiros, especificando-os, a fim de favorecer Washington. É a verdadeira face do escárnio de « Guerra ao Terror » cada vez mais evidente.

Um histórico da cobertura da grande mídia dos EUA sobre o 11 de Setembro e a « Guerra ao Terror », junto de uma breve análise das produções cinematográficas (que sofrem influência direta do Departamento de Defesa dos EUA, « é nosso interesse participar da produção de filmes », pelo que impõe ao cinema local contrato restritivo) e da política histórica do país, não deixam dúvidas quanto à parceria de sucesso entre a mídia e o governo de Washington a fim de vender ao mundo ideias que coincidam com os interesses da Casa Branca, especialmente agora, na dita luta contra o terrorismo mundial que leva muita informação (em geral distorcida) e pouco conhecimento pleno às sociedades mundiais – alma do negocio chamado guerra e imperialismo. O apelo é sempre apoiado em excessivo e cego patriotismo, e nos supostos « valores cristãos » da sociedade norte-americana.

O principal objetivo midiático tem sido alcançado, com raro sucesso: associar Islã a árabes terroristas, além de fazer diversas deturpações envolvendo tal religião difundindo, assim, a islamofobia no mundo, polarizando cristãos e islamitas e reforçando a moderna « cruzada santa » dos EUA em todo o globo, em nome da salvação do país e da humanidade. Enquanto isso, jamais se menciona na Imprensa mundial, por exemplo, que aliados estratégicos dos EUA recebem enormes somas em dinheiro como investimento militar, ao mesmo tempo que ferem gravemente direitos humanos dentro de suas fronteiras.

A mesma mídia que acirrou os ânimos durante a Guerra Fria, na « Luta do Bem contra o Mal », e que ao longo da história, desde a genocida expansão ao Oeste norte-americano passando pelo Vietnã até os dias de hoje, criou várias justificativas para a expansão militar dos EUA no mundo, inclusive as sangrentas ditaduras latino-americanas. A grande mídia da desinformação trata, nada mais, de impor ao imaginário norte-americano e mundial a nova escusa oficial para novas investidas do governo de Washington, como sempre baseada em muita distorção e manipulação.

Deste modo, perpetua-se a necessidade vital de o Império possuir inimigos a fim de justificar a expansão de suas bases militares nos quatro cantos do mundo, especialmente na região mais rica do mundo em petróleo, e mais ainda em tempos de desesperante crise econômica que joga milhares de cidadãos nos EUA às ruas, sem emprego e até sem moradia.

Em agosto de 2009, a segunda eleição presidencial no Afeganistão é mais uma vez fraudulenta e marcada por forte violência. Somado a isso, homens da Aliança do Norte colocados no poder afegão pelos Estados Unidos (entre eles o presidente Hamid Karzai, reeleito agora), acusados de narcotráfico e perpetradores de horrendos crimes contra mulheres em nome da misoginia religiosa, estão agora envolvidos em um dos maiores casos de corrupção da história do Afeganistão, o Kabul Bank, que vem à falência fazendo com que milhares de cidadãos corram ao banco a fim de salvar suas poupanças, aumentando o caos social.

Joya, proibida de retornar ao Parlamento afegão enquanto vive clandestinamente no país, jurada de morte sempre trafegando escondida sob uma burca e escoltada por 12 guarda-costas fortemente armados, escreve sua autobiografia em outubro de 2009, logo espalhada a diversos países do mundo. Ajuda a montar também, em sua cidade natal de Farah, um orfanato e uma clínica médica em favor de mulheres vítimas de violência, com o dinheiro recebido como prêmio internacional, além de seguir ativa ensinando voluntariamente em escolas, em Farah e na capital do país, Cabul.

Em outubro, quatro meses após a calamitosa manipulação da informação praticada por O Tempo, favorecendo a política imperialista dos EUA, Joya concede entrevista ao vivo à CNN, onde fala livremente e, como sempre, faz duras críticas ao governo de Washington, evidenciando uma vez mais, agora de maneira incontestável, que o pseudojornalismo brasileiro é mais subserviente aos interesses dos EUA que a própria mídia norte-americana, tudo isso porque lá a prática jornalística está regulada pelas leis de Imprensa, garantindo um pouco mais de liberdade aos profissionais da comunicação.

É nesta época que o diário The New York Times, entre alguns outros veículos internacionais, dão razão às denúncias de Malalaï Joya a O Tempo (não publicadas pelo jornal brasileiro): há fortes indícios de que o governo norte-americano está ligado ao narcotráfico a partir do Afeganistão. Crianças afegãs são mortas por helicópteros norte-americanos enquanto colhiam lenha em montanhas no interior do país chocando a população local. E uma vez mais, soldados dos EUA são fotografados cometendo crimes de guerra contra inocentes, fazendo lembrar as torturas de Abu Ghraib em 2004.

Em agosto de 2010, o sítio WikiLeaks libera importante telegrama secreto emitido pela CIA: « E Se os Estrangeiros Virem os Estados Unidos como País ‘Exportador de Terrorismo’?, reconhecendo seu país como produtor e exportador de terroristas ao longo das décadas, algo elaborado também dentro dos serviços de Inteligência locais. Tais revelações desmistificam, por completo, a difundida ideia de que o terror é subproduto do Islã, e manifestando muita preocupação com a possibilidade de que outras sociedades se deem conta disso.

No dia 5 de outubro de 2010, o jornal britânico The Daily Telegraph revela que o MI5, uma das agências de Inteligência da Grã-Bretanha, também alertou a administração de Bush que os EUA sofreriam ataques terroristas através de memorandos entregues nos dias 6 de julho de 2001, e na própria manhã de 11 de setembro daquele ano. Agora, como sempre a mídia internacional ignora este fato tanto quanto Bush ignorou todas as advertências recebidas

Nesta mesma época, WikiLeaks revela como o governo dos EUA, desde Bush em 2003 até agora com o presidente Obama e sua secretária de Estado, Hillary Clinton, tentam blindar seus concidadãos nos quatro cantos do mundo da jurisdição do Tribunal Penal Internacional, fazendo lobby secreto junto a governos nacionais: com a criação do Artigo 98, a Casa Branca busca, na prática, que nenhum norte-americano seja processado no estrangeiro, ainda que flagrado cometendo crime hediondo. No Brasil, o governo Lula se mostra inclinado a acatar mais um abuso por parte do governo de Washington, tudo isso revelado através de documentos secretos.

Em abril de 2011, WikiLeaks libera mais telegramas secretos emitidos por oficiais do governo norte-americano, agora confirmando a tenebrosa infraestrutura do terror de Guantánamo além de revelar novas verdades criminosas e mandos e desmandos oficiais, sendo curioso o fato de que, nestes quase dez anos de prisões ilegais e torturas, a grande mídia mundial, especialmente norte-americana, não tenha nunca investigado e noticiado nada disso.

Entre outros cabos sigilosos envolvendo inclusive o Brasil, esta obra traz, também de maneira inédita no Brasil, outra tradução ao português de mensagem de embaixador dos EUA revelando as sabotagens e financiamentos ocultos na Síria, a fim de desestabilizar o governo local (algo fundamental para a geopolítica norte-americana no Oriente Médio).

Em maio, Bin Laden é assassinado no Paquistão: forças norte-americanas invadem o solo paquistanês sem permissão do governo local, e executam sumariamente um cidadão jamais levado à Justiça pela acusação de ter sido mentor do 11 de Setembro, algo sem nenhuma evidência, tudo isso uma vez mais contrariando gravemente o direito internacional.

A única superpotência mundial, assim, coloca-se acima da lei, pretensa última palavra a ser creditada sem questionamentos gerando, assim, mais revolta em todo o mundo. Contudo, a Al-Qaeda, que antes da invasão norte-americana ao Afeganistão operava apenas em solo afegão, tem se espalhado a diversos países do mundo árabe, onde opera com violência sobretudo no Iraque.

Ainda no primeiro semestre de 2011, Joya tem visto de entrada aos EUA negado pela Embaixada norte-americana no Afeganistão, por « ideologia de exclusão »: suas manifestações contrárias à ocupação do Afeganistão a tornam persona non grata para o governo da única superpotência mundial. Após manifestações por parte de intelectuais cidadãos de todo o mundo, escrevendo correios eletrônicos pressionando os políticos dos EUA, Joya consegue visto: suas três semanas no país mais belicista da história não poderia ter sido mais ruidosa, onde participa de discussão em faculdade, é entrevista por rádio e outros veículos de comunicação, e toma parte em uma forte manifestação de rua contra a ocupação de seu país. Enquanto isso, Malalaï Joya, sem nenhum apoio dos EUA, luta para retornar ao Parlamento afegão, direito sempre reconhecido por organismos internacionais.

Em setembro de 2011, exatamente há dez anos dos ataques terroristas em solo norte-americano, enquanto viajam de avião dentro dos EUA, Shoshana Hebshi, por « aparência árabe », e dois outros homens, por « demorarem muito no banheiro », são algemados e o voo é escoltado e desviado de sua rota por caças. Trata-se do Patriot Act e o caráter preconceituoso e excessivamente agressivo da chamada Guerra ao Terror levado às últimas consequências. Após ter sido esclarecido o « mal-entendido », a FOX News tenta deturpar e minimizar a questão, pró-governo norte-americano.

Em dez anos de « Guerra ao Terror », a Al-Qaeda está amplamente fortalecida, além do número de adeptos ser maior e estar espalhada pelo mundo árabe. Nesta década de expansão militar norte-americana, cujos gastos militares, ferimentos de leis internacionais e liberdades civis não têm precedentes na história dos EUA nem mundial pós-II Grande Guerra, Joya grava emocionante discurso, « Viva a Liberdade », apelando pela retirada das tropas estrangeiras de seu país.

Tudo isso com o intuito de espalhar mais bases militares dos Estados Unidos pelo mundo, especialmente no Oriente Médio, armar ainda mais o mundo, e radicalizar as posições contrárias às políticas expansionistas coercitivas de Washington, fazendo da tão dita Guerra ao Terror – que, baseada na lavagem cerebral, mata por ano muito mais civis inocentes que os ataques do 11 de Setembro – uma conveniente, fundamentalmente necessária ao governo norte-americano, a todo custo batalha sem fim. Quanto mais se espalham bases militares no mundo, mais controle se perde da política internacional e a ONU, cada vez mais de mãos atadas – são os paradoxos da mentirosa « Guerra ao Terror », cumprindo perfeitamente a lógica de que uma mentira necessita de outra para se autossustentar.

O término da chamada « Guerra ao Terror » significaria também, mesmo com uma vitória estadunidense, o término da escusa da única superpotência mundial com caráter imperialista em sua essência, para seguir ocupando a região mais rica em petróleo do planeta. A vitória da suposta « Luta contra o Mal » dos EUA seria, então, a derrota do já moribundo Império que assistirá seu fim, não muito distante, « com uma bomba e com uma lamúria », parafraseando o poeta T. S. Eliot.

Relatório anual de Direitos Humanos do departamento de Estado dos EUA apontou anos atrás que mais de um terço dos países que recebem ajuda financeira comete graves crimes contra os direitos humanos de suas fronteiras, além do que a Arábia Saudita, maior aliada de Washington no mundo árabe, é também, através de monarquia absolutista, uma das maiores violadoras dos direitos civis de todo o globo. Algumas das várias contradições da « zombaria de Guerra ao Terror », como diz Joya no Afeganistão.

« Coincidentemente » às desesperadas necessidades de Washington, o Afeganistão e o Iraque têm sido, nas palavras de Joya, « levados do fogo direto à frigideira », um caos que apenas tem se aprofundado após a invasão dos EUA, única superpotência mundial incapaz de vencer pequenos grupos mal armados, mal treinados, iletrados, com estrutura medieval. Dados internacionais apontam uma catástrofe social, econômica e política no Afeganistão em mais de uma década de « Guerra ao Terror », onde os direitos humanos tem sido ferido como no piores momentos de sua história.

Seguindo a lógica da irracional « Guerra ao Terror », para nem mencionar o direito internacional e a própria Constituição dos EUA conforme abordado, um governo como o de Washington que mantém armas nucleares e químicas, abriga terroristas e assassinos dos mais crueis em seu território, é aliado e fornecedor de armas a estados terroristas dentre os maiores feridores aos direitos humanos do globo, que sabia com antecedência de diversos ataques em seu solo não sendo eficaz em impedi-los, o acobertaram e em alguns casos até os fomenta, Washington que fere os direitos humanos locais como poucas nações democráticas hoje e recusa-se a assinar tratados de desarmamento, leis de guerra e ambientais, não deveria estar incluído no Eixo do Mal mundial? Enquanto enche as sociedades mundiais e sobretudo a sua própria de medo, ufanismo patriótico e extremismo religioso-cristão, a única superpotência mundial, apoiada na desinformação, faz com que tudo isso não seja nunca questionado, nem sequer lembrado ou sabido.

Mentiras e crimes praticados por um único Império, sem precedentes na história da humanidade. Império impositor de um sistema impostor, religiosamente extremista que, em nome de Deus e do monoteísmo do mercado, qualifica seres humanos de acordo com a nacionalidade, que terceiriza invasões e mercantiliza vidas a fim de alcançar seus objetivos econômicos. Desta maneira, é evidente que não se trata do Islã e de seus seguidores mais radicais tentando derrotar os valores ocidentais, mas sim estes fazendo de tudo, inclusive ferindo leis internacionais e constituições locais, para impor os seus valores e exercer domínio global.

Toda essa complexa realidade, ocultada pela mídia de massa internacional e que remete a tristes e inevitáveis conclusões envolvendo as políticas coercitivo-expansionistas dos Estados Unidos mundo afora, especialmente sobre seu imperialismo no Oriente Médio atrás de interesses econômicos e regionais, faz de Mentiras e Crimes da « Guerra ao Terror », e o Jornalismo Brasileiro Manchado de Sangue uma obra única no Brasil, dentre as poucas no mundo (apesar do enorme interesse de tantos milhões de pessoas sobre o assunto mais importante da atualidade) que tratam a fundo a maior mentira da história que mudou o curso da política internacional contemporânea, que mais caro custou do ponto de vista econômico e de vidas humanas.

Edu Montesanti

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La ascensión del trumpismo

janvier 18th, 2017 by Barry Sheppard

Una de las características de la reciente campaña electoral presidencial habrá sido la manifestación de las profundas divisiones en el seno de los dos partidos, demócrata y republicano. Esto se añadía al atasco en el Congreso, el pat, entre los dos partidos del capitalismo. Además de esto, el país está muy polarizado a propósito de la raza, la economía y muchas otras cuestiones.

Hay que subrayar igualmente que no hay un partido de masas de la clase trabajadora que habría podido convertirse en el campeón de una alternativa.

Donald Trump ha aparecido -luego ha sido elegido- como el hombre fuerte que va a coger los asuntos en sus manos y poner las cosas en su sitio. Aunque la forma en que va a hacerlo exactamente permanezca abierta sobre muchos puntos.

El trasfondo de esta desorientación en la política de la clase dominante, es la Gran Recesión de 2007-2008 con los rescates por el presupuesto federal de las instituciones financieras y de la industria del automóvil, mientras la masa de los trabajadores era golpeada por el paro, los desahucios, los recortes salariales, etc. En el lento restablecimiento económico durante los ocho años siguientes, las ganancias han subido pero no el nivel de vida de la clase obrera. El 95 % de los hogares no han visto subir sus rentas hasta alcanzar el nivel de 2007. La desigualdad en la distribución de la riqueza y de las rentas ha aumentado.

Estos ocho años corresponden a los años de la administración Obama. Durante estos ocho años, la administración Obama ha hecho poco para contrarrestar esta realidad. De hecho, cuando los republicanos han recuperado el control de la Cámara de Representantes en 2010, para girar duramente a la derecha, los demócratas se han visto superados por la derecha pero no demasiado. Y han dado su acuerdo a grandes recortes presupuestarios en los programas sociales.

Los aparatos demócrata y republicano prestan poca atención a la desesperación y la cólera creciente en toda la clase obrera, negros, blancos, latinos, asiáticos, y otros. Mucha gente de la llamada clase media teme ser echados hacia abajo, hacia la clase obrera, o ha caído ya allí. Los dos candidatos que han hecho campaña contra el establishment, Bernie Sanders entre los demócratas y Donald Trump entre los republicanos, han sintonizado con esta cólera.

De hecho, el demagogo Trump ha planteado pocas verdaderas propuestas para restablecer los empleos bien pagados. Ha acusado a otros países, particularmente México y China, países con muy bajos salarios en los que las empresas estadounidenses subcontratan los elementos de su producción de fuerte intensidad de mano de obra. Trump se ha jurado emplear las tarifas aduaneras para oponerse a ello. Ha combinado esta posición nacionalista con la estigmatización racista -utilizando la retórica del chivo expiatorio- de los negros, los latinos y las personas migrantes, haciéndoles culpables de la pérdida de empleos de los obreros blancos.

La campaña y los debates de las elecciones primarias del Partido Republicano han visto a Donald Trump atacar a sus opositores del aparato republicano haciendo un uso de insultos y expresiones denigrantes sin precedentes. Su argumento principal, que ha repetido sin cesar, era que un hombre fuerte debía encargarse del gobierno y cambiarlo todo. Y que él era ese hombre fuerte, por oposición a los “perdedores” que eran sus rivales. Que era el candidato de la “ley” y el “orden” y que si era elegido, emplearía su poder para hacer un gobierno nuevo de arriba abajo.

Al hacerlo, Trump se ha apoderado del Partido Republicano que le está ya completamente entregado. La mayor parte de los republicanos en el Congreso, dejando aparte algunas viejas glorias oficiales marginadas, son tan de derechas que Trump les va como anillo al dedo. Además, cualesquiera que sean las divergencias que puedan tener con él, están superadas por la conciencia que tienen de que triunfarán o caerán con él.

Entre los demócratas, las primarias se han reducido rápidamente a dos candidatos, Hillary Clinton y Bernie Sanders. Hillary Clinton era la opción del aparato del partido y como tal ha hecho campaña. Sanders, por su parte, ha hecho campaña como el opositor al 1% de los superricos y ha propuesto medidas para atenuar la suerte de las trabajadoras y trabajadores, presentándose a sí mismo como socialista demócrata. Sus propuestas comprendían una subida del salario mínimo a 15 dólares la hora, el reemplazo del Obamacare, basado en las compañías de seguros, por un seguro de enfermedad nacional para todos y todas, la gratuidad del acceso a los colegios y universidades públicas de los Estados, y otras propuestas de este tipo.

Ante la sorpresa del aparato demócrata, su campaña ha enganchado con los trabajadores y las trabajadoras, y entre los jóvenes en particular, incluyendo los jóvenes negros. En su mayor parte de gente de menos de 25 años, su formación política ha tenido lugar durante los años que han seguido a la Gran Recesión de 2007-2008. Bernie Sanders ha celebrado grandes y entusiastas mítines de masas que contrastaban con las modestas manifestaciones de la campaña de Hillary Clinton. El establishment se ha apiñado alrededor de Hillary Clinton para desacreditar a Bernie Sanders como han revelado los documentos publicados por WikiLeaks. Hillary Clinton ha sido también ayudada por la base tradicional de los demócratas entre las personas negras de más edad. Bernie Sanders ha perdido y luego ha hecho campaña en favor de Clinton. El talón de Aquiles de la campaña de Sanders -y lo que ha seguido- es que él apoyaba al Partido Demócrata, intentando reformarle y no construir un nuevo partido, social-demócrata, opuesto a la ciudadela de la clase dominante capitalista que es el Partido Demócrata.

Durante la campaña posterior a las convenciones de los dos partidos, tanto Hillary Clinton como Donald Trump recibían evaluaciones mayoritariamente negativas en los sondeos entre la población. Donald Trump ha hecho campaña como el candidato opuesto al establishment contra la Clinton del establishment. Finalmente, aunque Hillary Clinton haya logrado el voto popular [por alrededor de 2,5 millones de votos], es Trump quien ha obtenido la mayoría del Colegio electoral para emerger tras su victoria como el hombre fuerte que iba a transformar el gobierno a su imagen.

La base electoral de Trump se sitúa entre los elementos abiertamente racistas de las clases media y obrera blancas. Son ellas y ellos quienes se han reagrupado detrás de sus ataques racistas contra los mexicanos y la emigración latina; de su amenaza de “resolver” el problema del movimiento Black Lives Matter y de las comunidades negras en general con aún más ocupación y represión policiales; de sus proposiciones de prohibir a las personas musulmanas la entrada en el país e instituir una lista de vigilancia de las que vivan en el país, incluyendo a quienes tienen la ciudadanía; y de sus alusiones antisemitas.

Sus ataques contra las mujeres por su apariencia, luego su justificación por haberse jactado de sus agresiones sexuales, han sido también aplaudidas.

Todos los ataques de este tipo en sus mítines, que se volvían cada vez más masivos, han sido celebrados con ovaciones y consignas cantadas a coro, como lo han sido sus incitaciones a la violencia contra cualquier protestatario presente. Sus ataques contra Hillary Clinton eran aplaudidos a los gritos de “¡A la cárcel! ¡A la cárcel”.

Es importante subrayar que los racistas declarados son una minoría entre los blancos de todas las clases sociales, pero una minoría significativa; pero son una mayoría entre los blancos de la antigua Confederación de los Estados esclavistas del Sur. Esto está enraizado en toda la historia de los Estados Unidos desde la época de la esclavitud hasta el actual racismo estructural e institucionalizado sobre el que Black Lives Mater ha dirigido su foco.

Desde los años 1970, los republicanos han sido vistos en su conjunto como el partido de los blancos.

No todos, ni siquiera la mayor parte de quienes han votado por Trump son racistas declarados. Muchos esperan ingenuamente que Trump obligue al sistema a traer buenos empleos. Pero han estado dispuestos a dejar de lado el racismo declarado de Trump, su misoginia, y sus brutales intimidaciones, para votar por él. Como blancos y blancas, temían también, aunque fuera de forma inconsciente, ser rebajados hasta el nivel de los pueblos de color.

Trump puede contar no solo con el control por los republicanos de las dos cámaras del Congreso, sino también de los dos tercios de los Parlamentos de los Estados. Éstos aplican ya algunas de sus propuestas, y se dedican a atacar a los sindicatos, los derechos de voto, los derechos de las mujeres, etc. Serán enardecidos por la elección de Trump.

Trump hereda igualmente muchos aspectos del Estado fuerte de las administraciones pasadas, tanto demócratas como republicanas. El espionaje electrónico tentacular por la NSA (National Security Agency) de todos los americanos y de una gran parte del mundo está ya en sus manos, como lo están la CIA, el FBI y todas las agencias similares como la NCIS (el Servicio de Investigación Criminal de la Marina), célebre por la célebre serie de TV del mismo nombre. Desde hace más de medio siglo, la guerra ha sido la prerrogativa de los presidentes. Va a ser el comandante en jefe de la más formidable máquina militar que jamás haya visto el mundo.

¿A qué se va a parecer un régimen Trump?

Sus decisiones a la hora de conformar su gobierno y otros puestos dan una idea. Pero lo que es igualmente importante es la forma en que esas decisiones han sido tomadas. Desde su lujoso apartamento en la Trump Power, en la ciudad de Nueva York, ha recibido durante todas estas semanas a un gran número de personas para entrevistas privadas, ostensiblemente para examinar un amplio abanico de candidatos y de opiniones. Se ha convertido en un circo mediático cotidiano de especulación sobre sus intenciones. Ha recibido incluso a personajes del establishment republicano como Mitt Romney que se había negado a hacer campaña a su favor. Aunque haya calificado el cambio climático como una inocentada china, ha recibido al demócrata Al Gore, que se ha posicionado desde hace años como portavoz de la necesidad de frenar el calentamiento climático.

Son numerosos quienes en los medios privados han caído en la trampa de todo esto para pensar que Trump estaba quizás cambiando. Pero la realidad es que quienes han venido a hablar con Trump se inclinaban ante él como si estuvieran suplicando a los pies de un rey o de un papa, capitulando ante él de manera abyecta. El resultado fue realzarle más aún como el autócrata en el puesto de mando, que tendría en sus manos su destino. Debemos tener presente que este desfile hacia aparecer a los elegidos como gentes gratificadas por su voluntad y enteramente devotas a él.

Dicho esto, es revelador considerar las personas elegidas. Muchos han subrayado que el gabinete gubernamental que ha reunido está en gran medida compuesto de multimillonarios que en su conjunto totalizan más de 9,5 mil millones de dólares de fortuna. Puestos clave van a ser ocupados por generales, banqueros, señores de los combustibles fósiles, por personajes autoritarios y racistas.

Una decisión había sido tomada antes de las elecciones, el del nuevo vicepresidente, Mike Pence. Viene de los ultraevangelistas cristianos blancos que por primera vez tienen a uno de sus líderes en la Casa Blanca, aunque cada noche vuelva a dormir a otra residencia. Como miembro del Congreso, se ha opuesto a la financiación federal de los tratamientos anti-VIH si el gobierno no financiaba igualmente programas contra la homosexualidad. Se ha opuesto a la autorización, otorgada ya, a los gays para entrar en las fuerzas armadas. Declara que “me alegraré el día en que Roe vs Wade (el juicio del Tribunal Supremo que legalizó el aborto) sea echado al basurero de la historia”. Como gobernador de Indiana, ha firmado una de las leyes antiaborto más restrictivas de los Estados Unidos. Está igualmente en contra de las personas migrantes, apoya las escuelas cristianas contra las escuelas públicas, niega el cambio climático, y todo en este estilo.

Veamos algunas cortas descripciones a propósito de los otros elegidos por Trump y se podría decir aún mucho más.

El Fiscal General elegido por Trump, Jeff Sessions, un racista de Alabama, estará encargado de poner en pie la “ley y el orden” de Trump en el interior del país. Como Trump, apoya a la policía contra el movimiento Back Lives Matter, apoya la Guerra contra las drogas y la encarcelación en masa, y será duro con las personas inmigrantes. Podría emplear su función contra los disidentes.

Steve Bannon será el principal consejero de Trump. Es conocido como el antiguo propietario de Breitbart News del que él mismo ha declarado que era la voz de la extrema derecha “all-right”, un eufemismo para designar a los supremacistas blancos. Pero lo que es menos conocido es un alegato a favor de una presidencia autoritaria.

El Consejero para la Seguridad Nacional será el teniente general jubilado Michael Flynn. Ataca al islam como religión, declara que “temer a los musulmanes” es “racional”, afirma que Irán es la mayor amenaza para los Estados Unidos, y que la charia no deja de progresar en los Estados Unidos, etc.

El Secretario de Defensa de Trump está previsto que sea el general jubilado, llamado “Perro loco”, James Mattis, que fue comandante central en las guerras de los Estados Unidos contra Afganistán e Irak que destruyeron los dos países. Ha bromeado diciendo que era “divertido” (fun) matar afganos que se resistían a la invasión de los Estados Unidos.

Para dirigir los departamentos del tesoro y del comercio, Trump ha elegido a Steven Mnuchin y a Wilbur Ross, dos multimillonarios a la cabeza de fondos especulativos (hedge funds) que se han beneficiado de los desahucios durante la Gran Recesión.

Como Secretario de Estado, Trump propone al director de Exxon, Rex Tillerson, un negador del cambio climático (por usar un eufemismo) cuyo saber hacer internacional está limitado a las amplias propiedades de Exxon por todo el mundo, que aprovechará para favorecer gracias a su nueva función.

Hay una serie de nombramientos para dirigir agencias que esos personajes intentan debilitar o destruir. Comprenden:

Ryan Zinke como Secretario de Interior, responsable de gestionar las tierras y las aguas federales de todo el país. Es un antiguo comandante de los submarinistas de combate de la marina y, como congresista de Montana, ha propuesto eliminar las protecciones legales y reglamentarias que tienen relación con las tierras y aguas públicas.

Rick Perry, como Secretario de Energía. Ha propuesto abolir este departamento así como la Agencia de Protección del Medio Ambiente (EPA). Es un antiguo gobernador de Texas estrechamente ligado a los gigantes de los combustibles fósiles. Y un negador del cambio climático.

Como Secretario de Trabajo, Andrew Puzder, que está a la cabeza de una gran cadena de comida rápida. Está opuesto a los sindicatos, contra un salario mínimo y contra las regulaciones de la industria. Es conocido por sus ataques contra el Departamento de Trabajo cuya dirección va a tomar, departamento al que ha acusado siempre de ser favorable a los trabajadores.

Scott Pruit para la Agencia de Protección Medioambiental /EPA, un cercano a los reaccionarios de los combustibles fósiles. Rechaza la ciencia oficial del cambio climático y ha construido su carrera combatiendo las regulaciones de protección del medio ambiente. Trump ha declarado que el EPA ha “gastado durante mucho tiempo los dólares del contribuyente para un programa antienergía fuera de todo control que ha destruido millones de empleos” y que Scott Pruit “va a invertir esta tendencia”.

Ben Carson para el Departamento de Vivienda. Este millonario es un neurocirujano que no sabe nada de vivienda. Está opuesto a los programas de ayuda a los propietarios de su vivienda, en particular a los de bajas rentas. En general, piensa que los problemas que tienen las personas de bajas rentas son por su culpa.

Betsy DeVos como Secretaria de Educación. Está opuesta a las escuelas públicas y sostiene los programas de privatización, apoya las escuelas cristianas y ha impulsado este programa en Michigan. Viene también de una familia de multimillonarios y su hermano Erik Prince fue uno de los fundadores del ejército de mercenarios Blackwater USA muy conocido y contratado por el ejército estadounidense para hacer el trabajo sucio y los asesinatos en Irak.

Tom Rice, miembro de la Cámara de Representantes por Georgia, para dirigir el Departamento de Salud y de servicios a la persona. Ha llevado a cabo una cruzada contra el Obamacare declarando que era la medicina socializada. Va a ayudar a retirarlo para reemplazarlo por algo aún peor.

Estos son algunas de las personas de las que Trump se ha rodeado. Lo que va a plantear, son las posiciones de éstas. Hasta dónde podrá ir con este programa dependerá de la oposición que suscite.

Lo que Trump va a hacer con certeza

En primer lugar, será el candidato de “la ley y el orden”. Aumentará los poderes de la policía para mantener una losa sobre las comunidades negra y latina. No habrá ya supervisión federal (ya muy escasa) de la violencia policial en las comunidades. No habrá marcha atrás en la Guerra contra las drogas, o las encarcelaciones masivas, sino su aumento. Las acciones de empresas privadas de cárceles han subido en la Bolsa como consecuencia de la elección de Trump. Habrá aún más militarización de la policía.

Va a aumentar el control, ya imponente, de la frontera con México, pero no la de Canadá. Las deportaciones masivas realizadas por el gran deportador, Obama, van a aumentar con fuerza.

Los gastos militares van a aumentar significativamente. El arsenal estadounidense de armas nucleares, ya en vías de “modernización” por Obama, al precio de alrededor de un billón de dólares, va a aumentar.

Bajo una forma u otra, va a impedir a la mayor parte de las personas de religión musulmana inmigrar a los Estados Unidos, incluyendo a los millones de personas refugiadas desesperadas de las guerras de Washington contra los países árabes.

Son seguras grandes bajadas de impuestos para los ricos. Las reglamentaciones que afectan a las sociedades financieras serán reducidas. Las que afectan a las grandes compañías del petróleo, carbón, y del gas natural, incluyendo el fracking (fractura hidráulica) serán abolidas o quedarán sin repercusión práctica (ese es el real contenido de la negación por Trump del cambio climático), igual que las reglamentaciones de otras industrias, incluyendo los bancos y demás intereses financieros. Celebrándolo por adelantado, la Bolsa se ha disparado tras la elección de Trump.

Trump y el Congreso republicano van a legislar para derogar el Obamacare, pero lo que vayan a poner en su lugar no está claro. Tanto el propio Trump como los políticos republicanos temen una respuesta si demasiada gente pierde algo de su seguro de enfermedad o ve subir rápidamente los costes de su salud.

Trump va a designar un candidato para ocupar el puesto vacante en el Tribunal Supremo que dará su voto para derogar la sentencia Roe versus Wade, que había legalizado el aborto. Este nuevo juez servirá igualmente para apoyar a Trump si éste encuentra problemas legales, lo que es probable. Los Estados serán animados a dictar más restricciones al derecho al aborto.

Lo que va a hacer probablemente

Además de aumentar los gastos militares, Trump proyecta grandes trabajos de infraestructura. Esta perspectiva ha sido también un factor de la subida de la Bolsa. Pero ofrece propuestas contradictorias para el financiamiento posible de esos grandes trabajos y el Congreso republicano ha sido siempre reticente a votar gastos para este tipo de proyectos.

La Agencia para la Protección del Medio Ambiente, además de apoyar las proposiciones de Trump para la Big Energie evocadas más arriba, va a recortar otras reglamentaciones medioambientales y dejar probablemente que la Agencia misma deje de ser pertinente. Las protecciones al medio ambiente en el trabajo que protegen a los trabajadores van probablemente a sufrir también.

Probablemente, Trump va a aumentar los derechos de aduana que gravan las importaciones, particularmente las que vienen de China. Los negocios con Rusia van probablemente a mejorar. Pero Trump va a seguir un programa general proteccionista y nacionalista en economía.

A lo largo de toda su campaña, Trump ha atacado constantemente a los grandes medios privados, calificándolos de “basura mugrienta” (scum), o incluso peor. Va a continuar haciéndolo, pues intenta así domesticarlos, un esfuerzo que va a producir frutos, y que ha tenido ya un cierto éxito. Celebrará pocas conferencias de prensa y continuará empleando tweets y otros métodos para pasar por encima de la cabeza de los periodistas. Quiere modificar las leyes sobre la difamación y la calumnia para hacer más fácil llevar ante los tribunales a las personas y la prensa que “calumnien” a las figuras públicas como él mismo, algo que es difícil de hacer en el estado actual de la legislación.

Va a atacar los derechos democráticos en general, lo que está ya en marcha en los Estados gobernados por los republicanos. Cómo va a desarrollarse esto es algo que queda por ver, pero podemos esperarnos más restricciones del derecho de reunión y de manifestación, y más violencia policial con ese motivo.

Sobre la política exterior, queda mucho por ver. El designado para ser Secretario de Estado, Rex Tillerson, es un amigo del muy conservador y muy autoritario presidente ruso Vladimir Putin. La promesa de campaña de Trump de devaluar y de rebajar (downgrade) a la OTAN puede ser olvidada, o quizás no.

Las promesas de Trump de llevar una guerra comercial contra China han recibido un impulso al nombrar a Peter Navarro como su gurú del comercio en la Casa Blanca. Navarro es conocido por sus opiniones extremas contra el comercio con China, que implican “romper el libro de reglas” a propósito de la “relación económica bilateral más importante del mundo” según el Financial Times. Esto puede desembocar en una fisura más profunda entre China y los Estados Unidos en todos los terrenos.

Sabemos que la designación de David Friedman como embajador en Israel quita la hoja de parra de Washington de la “solución de dos Estados”. Friedman tiene lazos estrechos con los colonos israelíes de Cisjordania, está opuesto a todo Estado palestino, ni siquiera un Estado desprovisto de fuerzas armadas cuyas fronteras y política exterior estén controladas por Israel -es decir, la propuesta de un “Estado” palestino que hace Washington. Friedman está a favor de la anexión de Cisjordania. Trump declara que va a desplazar la embajada de los Estados Unidos en Israel de Tel-Aviv a Jerusalén, ratificando así la pretensión de Israel a la totalidad de la ciudad.

Nada de extraño por tanto en que Netanyahu se alegre de “trabajar con” Trump y que haya proseguido a toda marcha la implantación de nuevas colonias.

¿Cuál será la naturaleza del nuevo régimen de Trump?

Algunos en la izquierda liberal, y algunos socialistas también, han subrayado el racismo de Trump, su misoginia, su autoritarismo, sus pretensiones demagógicas de apoyar a los trabajadores, sus posiciones antidemocráticas, para pretender que es un fascista.

Es completamente falso. El fascismo es un movimiento de masas, organizado, e incluso armado, dispuesto a combatir al movimiento obrero (partidos y sindicatos) en la calle antes de tomar el poder y de aplastarle mediante una violencia masiva tras haber tomado el poder, y a instituir un Estado totalitario para hacerlo. La clase dominante capitalista no recurre a esta solución extrema mientras su dominación no haya sido amenazada por los trabajadores. No existe una amenaza así en los Estados Unidos, hoy por lo menos.

El fascismo es un asunto serio y emplear este término sin reflexionar implica tomarlo a la ligera. Trotsky, cuando ponía en guardia al movimiento obrero alemán contra el peligro del fascismo en ascenso, decía que el fascismo alemán, basado en una economía más desarrollada, haría parecer al fascismo italiano una comida campestre. Un fascismo en los Estados Unidos haría parecer, en comparación, al hitlerismo como una versión un grado por debajo.

Es cierto que grupos nacionalistas blancos, que tienen una mentalidad fascista, se han sumado a la campaña de Trump. Presumen abiertamente de que éste ha hecho su mensaje más aceptable (mainstream) y que han podido crecer gracias a ello. Pero siguen siendo pequeños, siguen fragmentados. Y son incapaces de unirse detrás de un líder. La nominación de Bannon es significativa sobre todo porque va a ser el principal consejero de Trump, pero es también un hueso a roer lanzado a la extrema derecha “alt-right”.

Entonces, ¿cómo caracterizar el fenómeno Trump? Aquí es útil recordar el análisis que hizo Marx del régimen de Luis Bonaparte, elegido presidente de la República francesa en diciembre de 1848 ante la sorpresa general, y que tomó el poder en 1851 en Francia mediante un golpe de Estado militar en un acto que bajó el telón de la revolución de 1848 y estableció un gobierno autoritario del “Emperador Napoleón III” que duró veinte años. Marx citaba a Víctor Hugo que llamaba a Luis Bonaparte Napoleón el pequeño. Efectivamente, en comparación con su famoso tío, Luis era una mediocridad, como Trump. Marx le llamaba una “insípida nulidad”.

Pero entonces, ¿cómo tomó el poder? Fue en el contexto de la incapacidad de los partidos burgueses en disputa para llegar a un acuerdo suficiente entre ellos y entre sus diversas fracciones internas con el fin de lograr gobernar efectivamente. Además, el movimiento obrero estaba de retirada, tras haber sufrido una importante derrota.

Se había creado un vacío de poder y Luis Bonaparte lo ocupó, prometiendo ser el hombre fuerte que tomaría las cosas en sus manos y las pondría en orden.

Luis Bonaparte prometió un programa masivo de trabajos públicos para desarrollar la industria, como Trump. Era personalmente un corrupto, como Trump, y está fuera de duda que Trump va a aumentar su bolsa y la de sus hijos, también la de sus amiguetes capitalistas, igual que hizo Luis Bonaparte. Luis Bonaparte tenía el apoyo de la policía -casi todas las asociaciones policiales (abusivamente llamadas sindicatos) en los Estados Unidos han hecho campaña por Trump. También una gran parte de la casta de los oficiales de las fuerzas armadas.

Luis Bonaparte tenía lazos estrechos con el hampa. Trump y su padre eran tiburones del sector inmobiliario en Nueva York, con lazos estrechos con el crimen organizado, lo que por otra parte era una necesidad para los promotores inmobiliarios en esa ciudad.

Ninguna analogía histórica es perfecta y los Estados Unidos en 2016-2017 no son la Francia de 1851. Pero hay parecidos manifiestos con la subida del mediocre Trump. No ha tomado aún todo el poder en sus manos, con una fachada de democracia burguesa, como había hecho Luis Bonaparte y es posible que no lo haga nunca. En el momento actual parece más bien el astuto maniobrero que era Luis Bonaparte antes de su golpe de Estado. Caracterizaría a Donald Trump hoy como un “me gustaría” ser Luis Bonaparte.

Pero bajo un aspecto la situación en los Estados Unidos es muy diferente a la de la Francia de 1851, lo que hace de una presidencia autoritaria de Trump -es lo que vamos a tener- algo bastante más peligroso que el régimen dictatorial de Luis Bonaparte. Es sencillamente la potencia de los Estados Unidos en el mundo de hoy y el poder, económico, policial y político de la clase capitalista de los Estados Unidos comparado a aquellos años lejanos en Francia. El peligro será aún peor si Trump consolida alrededor de su persona una dominación que se parezca al bonapartismo.

¿Qué puede impedirle realizar esa ambición? Luis Bonaparte pudo cabalgar una ola de boom económico por todo un período tras el descubrimiento de grandes yacimientos mineros de oro en California y en Australia. Comenzó a perder apoyos cuando este período de prosperidad decaía. Y fue derrocado cuando Alemania derrotó a sus ejércitos en la guerra franco-prusiana de 1870, que condujo a la Comuna de París (1871).

Parece hoy que Trump va a heredar una economía que conoce un modesto crecimiento. En cualquier caso, va a gozar de un período de “luna de miel” que le concederá el beneficio de la duda que de que pueda mejorar verdaderamente la vida de los trabajadores y las trabajadoras. Pero dada la experiencia de la Gran Recesión de 2007-2008, los ocho últimos años, y la situación de la economía mundial hoy, es probable que vaya a haber otra crisis económica durante la administración Trump. En consecuencia, las y los trabajadores que han votado por él podrán sentirse traicionados, lo que minará el apoyo del que puede disponer.

¿Pueden sectores de la clase dominante, exasperados por sus políticas temerarias volverse contra él en un cierto momento?

La clase obrera organizada es débil, en tamaño, en fuerza y carece de dirección, pero se puede esperar que no va a confiar en los demócratas sino en su propia fuerza para enfrentarse a Trump y a los continuos ataques de los republicanos contra los sindicatos. No será fácil para Trump poner en práctica los ataques que proyecta contra dos poblaciones grandes y principalmente proletarias, la afroamericana y la latina, que probablemente van a defenderse. Las mujeres, los amerindios, los ecologistas, la gente defensora de las libertades civiles y otros, van a resistir. Son esas fuerzas con las que debemos contar.

 Barry Sheppard

Artículo original en francés:

Etats-Unis. L’ascension du trumpisme, publicado el 1 de enero de 2017

Traducido por Faustino Eguberri para VIENTO SUR

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 Tho I myself am despised by society, and cast aside, it is I who must prove my innocence. Yogmaya Neupane

Nepal is perhaps unique in the world of nations today with its three top public offices occupied by women: Bidhya Devi Bhandari is president; Sushila Karki is chief justice; and Onsari Gharti Magar is speaker of Nepal’s parliament.   This record is particularly noteworthy in a fledgling democracy, a new Asian republic that since its founding in 2008, has been by members of Nepal’s communist and Maoist parties.

Those three appointments are surely a credit to leftist politicians currently dominating Nepal’s elected positions: prime-minister, and cabinet and parliament members. Although one must caution that these “socialist” administrations have done almost nothing to advance parity at institutional levels through land reform, economic equity, job creation and worker protection, or by attacking caste discrimination.

Parity for most Nepalese women is advancing only slowly as well. In the recent constitutional referendum, campaigners failed to win a 50% quota of parliamentary seats for women. In the family, discriminatory customs deny women their inheritance rights. And older women, even professionals, face strong resistance when asserting their independence from brothers and sons.

Nepal’s appointments of women to high office may be seen as merely symbolic. But symbols are potent– as effective today as in the past, in the West, acrossAfrica, and in the East. Note how (not so very long ago) a U.S. presidential hopeful set her sights on her nation’s top job, partly as a symbolic demonstration that American women were truly equal, and the country was fully democratic. (She didn’t succeed. And many Americans view this defeat as a sign of the many obstacles women still face.)

There are compelling indications that the symbolic promotion of women, such as those three Nepalese appointees, does make a difference. Its impact may even surpass the work of multitudes of NGOs devoted to ‘uplifting’ women. (Gender projects registered in Kathmandu constitute a sizable industry; its’ a burgeoning branch of human rights, absorbing many educated women in fundraising and planning, although with questionable results.

Yes, the number of educated Nepalese girls is less than boys. Yes, sisters and mothers are refused inheritance rights by domineering brothers and sons. Yes, there’s widespread wife abuse by drunken husbands. Yes, children are abandoned or sent to work far from home. Yes, many Nepalese women are victims of human trafficking. But most of these social ills can be tackled by good government, by policies which create more jobs for everyone, and enforce laws already in place to protect women and children. (Regulating out-of-control liquor consumption would certainly help as well.)

Symbols can be powerful incentives to motivate women too. So President Bhandari and other political women are to be applauded. We should welcome any actions that champion women’s achievements since these projects remind us of our historical precedents (and potential). And they correct the historical record.

Scanning world history even in the era of Google, one is hard-pressed to identify more than a handful of women who are widely acknowledged as outstanding public figures. (English-language web-lists are regrettably dominated by American personalities.)

So what has Nepalto offer beyond its current president, chief justice and speaker of parliament? Perusal of Nepali postage stamps by my colleague Sukanya Waiba offers more models than expected. In a list of 18, in addition to goddesses Sita and Shrina (wives of the Hindu god Ram), Maya Devi (mother of Gautam Buddha), a ‘living goddess’ Kumari, Princess Bhrikuti, daughter of an ancient king, and three 20th century queens of the Shah dynasty, we find noteworthy secular leaders. There’s the eminent singer Melwa Devi Gurung, the much admired, radical Marxist agitator and award-winning poet, Parijat Lama (Bishnu Waiba), and two Everest mountaineers Pemba Doma Sherpa and Passang Lhamu Sherpa. (The latter’s statue overlooks a prominent square inKathmanduValley.)

The most recent addition to this collection is one of several political activists. She’s the yogi, poet and revolutionary Yogmaya Neupane. A firebrand operating at a repressive time in Nepal’s history, at the turn of the 20th century, she chose a remote valley far from the capital as her center of operation. This past November (16.11.2016) a postage stamp issued in her honor marks her restoration and her recognition as a major historical figure, a champion of women’s rights, and an opponent of exploitation by religious functionaries and the rich.

An individual of profound insight and courage, Neupane confronted the rule of Juddha Shumshere Rana, an entrenched dictatorship. No dissent was tolerated duringNepal’s Rana era. Hindu priests’ authority was unassailable; and religious law dictated that women endure cruel conventions.

Yogmaya Neupane was eventually driven to her death (in 1940/41) whereupon all historical references to her and her movement were suppressed. Mention of her was forbidden; her surviving followers dispersed and fell silent. Only after 1990 when free speech was permitted, have Nepalese begun to examine Neupane’s career and conduct research into her movement. This is aided by a treasury of extraordinary poems newly brought to light, known as “Sarwartha Yogbani”. The declarations embodied in her quatrains are receiving serious attention by Nepali language scholars, historians, the Nepali press, and by interested Nepalese citizens as well as a London-based professor of Nepali literature.[1] Even novelists seem inspired by her. Here are more examples of Neupane’s fiery invocations composed in the 1920s in that faraway Himalayan village:

 Your fat bellies burst, and look: those bribes you horded and now ooze from you are poison/ so savor your riches while you can.

And:

Kill the corrupt, jail the thief/ judge with virtue, eliminate lies/ truth will reign when our redeemer arrives/ smashing king and courtiers alike.

A substantial and reliable Wikipedia entry (https://en.wikipedia.org/wiki/Yogmaya_Neupane) devoted to Neupane is certain to increase interest in her. In addition to the stamp, a Yogmaya National Women’s Prize founded by Nepal’s Srastā Samaj organization is awarded in recognition of her fight for women’s rights. The 2016 winner is Durga Ghimere, recognized as the first person to campaign against women trafficking (Kantipur, Nepali-language daily, 09/18/2016).[2] With this award a circle seems to have been completed.

The stamp honoring Neupane continues a tradition of recognizing women’s political activism in Nepal: in addition to the outspoken poet Parijat, five other contemporary women are featured: Setu B.K., martyred during the 2005 revolution that finally overthrew the king; Congress Party activist Chhaya Devi Parajuli; Mangala Devi, a major figure in Nepal’s Congress Party along with her husband Ganesh Man Singh; activist Sadhana Adhikari; and Moti Devi Shrestha, one of the founders of Nepal’s Communist Party. From this we may reasonably conclude that there’s nothing symbolic about President BD Bhandari, justice S. Karki, and Speaker OG Magar.

Notes

[1]  See BN Aziz, 1993, M. Hutt 2011, and D. Neupane, 2015 listed in the Wikipedia entry.

[2] With special thanks for assistance to U. Pant, DJK Sherpa, N. Subedi,  NM Tuladhar, and S. Waiba  

Barbara Nimri Aziz, a New York-based anthropologist and writer, hosted RadioTahrir on Pacifica-WBAI in New York City for 24 years. Her 2007 book Swimming Up the Tigris: Real Life Encounters with Iraq is based on her 13 years covering Iraq. Aziz’ writings and radio productions can be accessed at www.RadioTahrir.org.

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Moins de trois semaines après l’attaque terroriste perpétrée contre un marché de Noël à Berlin, le ministre de la justice Heiko Maas (social-démocrate, SPD) et le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière (chrétien-démocrate, CDU), se sont mis d’accord sur un nombre de lois plus c