Palestiniens d’Irak : entre massacre et exode

Al-Tanf Visual Mission : les Palestiniens dans un no-man’s land entre l’Irak et la Syrie

Refugees International

23 janvier 2007,

L’Irak avait à une époque une communauté de réfugiés palestiniens de 25 000 à 30 000 âmes. Ils avaient cherché refuge en Irak après les guerres israélo/arabe de 1948 et 1967. Jusqu’à 3 générations de réfugiés palestiniens sont nés en Irak et n’ont jamais vu leur patrie. Ils étaient bien traités par le régime de Saddam Hossein, principalement en tant que geste politique de soutien à la cause palestinienne.

Avec la chute du régime d’Hussein en Irak, les Palestiniens sont rapidement devenus des cibles. Considérés comme des partisans de l’ancien dictateur, les Palestiniens ont commencé en 2004 à essuyer des menaces de mort et des sommations de quitter l’Irak. Aujourd’hui, les Nations unies estiment qu’il y a moins de 5 000 Palestiniens en Irak. Beaucoup d’entre eux ont été tués et la plupart ont cherché refuge hors de l’Irak : déplacés hors de leurs foyers et de communautés pour la deuxième fois en 60 ans.

Malgré le fait que la Syrie ait une politique de portes ouvertes pour les réfugiés iraquiens, les Palestiniens n’ont plus le droit de se réinstaller en Syrie étant donné que 450 000 réfugiés palestiniens y vivent déjà et que la Syrie ne veut plus de réfugiés qui s’y réinstallent en permanence.

Les gouvernements arabes et occidentaux, auxquels se sont adressé les Nations unies, ont également refusé de réinstaller ce groupe. En conséquence, 372 Palestiniens sont actuellement piégés dans un ‘no-man’s land’ entre la frontière de l’Irak et de la Syrie. Avec peu d’options possibles offertes, une femme a parlé pour le groupe en disant : « Je préfère être enterrée ici que de retourner en Irak : il n’y a plus rien pour nous là-bas sauf des menaces et la mort ». Entre temps, ce groupe de personnes attend de l’aide du monde qui semble ignorer leur situation désespérée.

Des réfugiés palestiniens retenus dans un camp dirigé par l’UNHCR près du passage frontalier d’Al-Tanf. Le passage est situé au milieu d’un désert stérile et aucune ville ne se trouve d’un côté ou de l’autre de la route à moins de plusieurs centaines de kilomètres. En été, la température pendant la journée peut dépasser 55°. Début novembre, les températures sont déjà descendues au-dessous le zéro la nuit.

23 réfugiés palestiniens enlevés mardi dans Bagdad

Ma’an

23 janvier 2007,

Des sources palestiniennes disent que 27 réfugiés palestiniens ont été kidnappés dans plusieurs zones de la capitale iraquienne, Bagdad.

Les sources ajoutent que les kidnappeurs étaient masqués et portaient des uniformes du ministère iraquien de l’Intérieur. Ils sont arrivés dans 15 voitures officielles et un bus et ce, dans le but de transporter les Palestiniens enlevés. Les forces sont entrées violemment dans un des bâtiments où vivaient les Palestiniens et ont brisé les portes. Les rapports disent aussi qu’ils ont attaqué certaines des femmes dans leurs maisons et les ont trainées sur le sol à travers les rues. Les 27 hommes dont des personnes âgées, font, selon le compte-rendu, partie des dernières agressions envers les membres restants de la communauté palestinienne à Bagdad.

Les sources ont confirmé que ce même bâtiment a été attaqué la nuit dernière par des hommes armés qui ont tiré sur l’immeuble provoquant des dommages. Ce bâtiment, selon les sources, a été loué par les Nations unies aux Palestiniens après la chute du régime de Saddam Hussein durant la guerre en Irak en 2003.

Irak : des Palestiniens terrifiés fuient Bagdad vers la frontière syrienne

UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees)

24 janvier 2007,

Genève – Un groupe de 90 Palestiniens, hommes, femmes et enfants, ont fui mercredi matin Bagdad dans 2 bus loués, le lendemain du jour où quelques 30 Palestiniens ont été enlevés de leurs appartements par des hommes en uniforme non identifiés mais qui les ont plus tard relâchés.

Les Palestiniens se dirigent apparemment vers la frontière syrienne où plus de 500 Palestiniens sont coincés depuis des mois.

17 Palestiniens du quartier Hay El Nidal de Bagdad ont été emmenés de force hors de leurs maisons mardi de bon matin puis libérés quelques heures plus tard. 13 autres ont apparemment été détenus dans la zone d’Al Amin près de Baladiyat puis également relâchés quelques heures plus tard. Ce qui est arrivé aux hommes pendant leur enlèvement n’est toujours pas clair. Mais les hommes et leurs familles ont clairement été traumatisés par leur expérience et ont peur de donner des détails. Toutes les familles palestiniennes vivant dans un appartement à Hay El Nidal loué par l’UNHCR avaient abandonné leurs maisons mercredi. Certains ont fui vers d’autres parties de la ville alors que d’autres se sont joint au groupe se dirigeant vers la Syrie.

Les kidnappings ont provoqué une énorme panique dans la communauté palestinienne. Certains Palestiniens ont dit à l’UNHCR qu’ils « craignaient à tout moment d’être attaqué par les milices. » Beaucoup d’autres Palestiniens ont raconté à l’UNHCR qu’ils voulaient partir mais qu’ils ne le pouvaient pas parce qu’il leur manquait les documents appropriés ou parce qu’ils avaient encore des membres de leurs familles à Bagdad qui ne pouvaient pas partir.

« De tous les groupes qui sont visés en Irak, les Palestiniens sont les plus vulnérables étant donné qu’ils n’ont nul endroit où fuir et dans beaucoup de cas, on leur a refusé les documents pour pouvoir voyager » raconte Andrew Harper, le directeur supérieur des opérations en Irak, basé à Genève. « La communauté internationale doit agir maintenant pour aider ces personnes. Un asile sûr hors de l’Irak doit être trouvé immédiatement ».

L’UNHCR est très inquiet suite autres derniers développements et s’est saisi de la question auprès des autorités iraquiennes. Entre temps, l’ICRC avec le soutien de l’UNHCR se prépare à livrer des articles tels que des tentes, des couvertures, des matelas, des lanternes, des ustensiles de cuisine, des fourneaux et des feuilles de plastique à la frontière syro-iraquienne en préparation à de nouveaux arrivés. L’eau, le fuel et la nourriture sont déjà disponibles.

En avril dernier, la Syrie a permis à un groupe de 287 Palestiniens en provenance d’Irak d’entrer dans le pays. Depuis lors, l’entrée en Syrie a été refusée à plus de 500 autres Palestiniens qui avaient fui Bagdad à la suite des harcèlements et des attaques ou après que des membres de leurs familles aient été tués. Malgré l’aide de l’UNCHR, de l’ICRC et des ONG locales, les Palestiniens vivent dans des conditions extrêmement difficiles sur les frontières, n’ayant nulle part où aller et ayant trop peur de retourner à Bagdad.

On estime qu’il reste 15 000 Palestiniens en Irak : moins de la moitié du nombre estimé en 2003. L’UNHCR a maintes fois demandé le soutien de la communauté internationale mais sans grand succès.

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Des Palestiniens échoués sur la frontière iraquienne

« Welcome to Baqa’a Refugee Camp », une édition dédiée aux Palestiniens en Irak.

Al-Awda, “The Palestine Right to Return Coalition”

21 janvier 2007,

Selon le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) ainsi que d’autres organismes d’assistance, plusieurs centaines de Palestiniens qui ont été obligés de quitter leurs maisons en Irak, sont maintenant échoués dans des zones désolées sur les frontières jordaniennes et syriennes.

Les camps de Al-Hol et Al-Tanaf situés sur la frontière iraquienne avec la Syrie, est composées de tentes de fortune. Les camps sont devenus le foyer de 655 réfugiés palestiniens, hommes, femmes et enfants qui continuent à végéter là dans des conditions extrêmement difficiles. Un autre camp, Al-Walid, a récemment été établi pour loger 80 autres Palestiniens qui ont tous été obligés de partir forcés par des milices loyales au gouvernement iraquien soutenu par les USA.

Le camp d’Al-Tanaf avec ses 350 habitants, est situé dans une région reculée à environ 250 km de la zone habitée la plus proche. Les seuls services sont apportés par les organisations locales de la région dont l’accès aux camps risque d’être à tout moment limité. Environ 10% des réfugiés d’Al-Tanaf requièrent des soins médicaux d’urgence qu’ils ne peuvent pas recevoir.

Le ministère a fait une déclaration à la presse lundi pour indiquer que le département de l’information a dit que « la mise en œuvre du projet de logement qui absorbera 260 réfugiés palestiniens, commencera bientôt ».

Le gouvernement syrien a approuvé le projet après une série de contacts et une correspondance tenue entre le ministère et plusieurs autorités en Syrie.

Le directeur général du ministère et coordinateur du Comité de suivi, Hussam Ahmed, a remercié le gouvernement syrien pour son soutien vis-à-vis des réfugiés palestiniens vivant dans des camps de réfugiés en Syrie.

Il a fait remarquer l’importance du projet pour alléger la souffrance des Palestiniens fuyant l’Irak, surtout étant donné qu’ils vivent actuellement dans des tentes en Syrie et qu’ils doivent faire face à d’énormes difficultés.

Il a insisté sur le fait que la construction de nouveaux logements « allégeront certaines de leurs souffrances journalières et apportera le début d’une vie digne ». Il dit que la Syrie respecte ses devoirs vis-à-vis du peuple palestinien en général et leurs droits en tant que réfugiés en particulier.

Ahmed a appelé les autres pays arabes qui hébergent actuellement des réfugiés, à ouvrir leurs portes aux Palestiniens qui ont fui l’Irak depuis que les Etats-Unis ont commencé il y a plusieurs années la guerre et que les combats internes en Irak visaient la communauté palestinienne.

Le dirigeant du bureau politique du Hamas qui vit en Syrie, Khaled Mechal, est prêt à coordonner avec l’UNRWA l’établissement de zones résidentielles à Damas pour les Palestiniens sur des terres allouées par le gouvernement syrien. Mechal dit que l’UNRWA a accepté de prendre sa responsabilité vis-à-vis des réfugiés palestiniens vivant actuellement dans le camp nord de Damas.

Ahmed a parlé de son inquiétude pour les réfugiés palestiniens qui restent sur la frontière entre l’Irak et la Jordanie dans le camp de réfugiés de Ruwashid et il demande au gouvernement jordanien de permettre aux réfugiés d’entrer dans le pays.

Les Jordaniens ont été réticents ces dernières années à accepter encore des réfugiés palestiniens étant donné que le gouvernement à Amman suggère qu’ils sont déjà en surnombre. Quelques 70 à 85% de la population jordanienne est palestinienne et ce, après avoir été forcés par les premiers sionistes et ensuite par l’Etat d’Israël de quitter la Palestine historique.

Traduction: Anne Cléja



Articles Par : Global Research

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