Pourquoi les fleurs ont perdu leur parfum ?
Les chercheurs disent que la pollution réduit considérablement la distance de propagation de l’odeur des fleurs
Une des plus belles fleurs du monde: le pois de senteur
Geoffrey Lean, directeur de la publication Environnent, écrit que la pollution étouffe le parfum des plantes et, en empêchant la pollinisation des abeilles, met en danger le cycle le plus essentiel de la nature.
Une nouvelle étude suggère que la pollution atténue le parfum des fleurs et empêche certains des processus les plus fondamentaux de la nature, perturbe la vie des insectes et met en danger l’approvisionnement alimentaire.
Une recherche potentiellement extrêmement importante, financée par la précieuse fondation étatsunienne National Science, a constaté que les gaz surtout formés à partir des émissions d’échappement des voitures, empêchent les fleurs d’attirer les abeilles et les autres insectes pour la pollinisation. Et les scientifiques qui ont mené l’étude craignent que la capacité des insectes à repousser leurs ennemis et à attirer leurs congénères pour s’accoupler puisse aussi être gênée.
À l’Université de Virginie, les chercheurs disent que la pollution réduit de façon spectaculaire la distance parcourue par le parfum des fleurs. Le professeur José Fuentes, qui a dirigé l’étude, a déclaré : « Les molécules de parfum produites par les fleurs dans un environnement moins pollué peuvent se répandre sur à peu près 1.000 à 1.200 mètres. Mais aujourd’hui, elles peuvent circuler seulement sur 200 à 300 mètres. Cela rend la localisation des fleurs de plus en plus difficile pour les abeilles et les autres insectes. »
Les chercheurs, qui ont travaillé sur l’odeur dégagée par les gueules-de-loup, ont constaté que les molécules sont instables et se lient rapidement à des polluants comme l’ozone et les radicaux nitrate, formés surtout dans les émissions des véhicules. Cela modifie chimiquement les molécules, faisant qu’elles n’ont plus l’odeur des fleurs. Un cercle vicieux s’installe donc, les insectes ayant du mal à obtenir assez de nourriture et les plantes n’étant pas assez pollinisées pour proliférer.
Déjà les abeilles, pollinisatrices de la plupart des cultures du monde, sont en déclin sans précédent en Grande-Bretagne et dans la majeure partie du globe. En moins d’un trimestre, 2,5 millions de colonies d’abeilles domestiques d’Amérique ont été mystérieusement exterminées par le syndrome d’effondrement des colonies (CCD), qui laisse les ruches soudainement déserte.
La crise s’est maintenant étendue à l’Europe. Les hommes politiques insistent sur le fait que le CCD n’a pas encore été constaté en Grande-Bretagne, mais les insectes sont en baisse, là aussi, et le Ministre de l’Agriculture Lord Rooker a signalé que « les populations d’abeilles pourraient être anéanties dans 10 ans. »
Les chercheurs ne pensent pas avoir trouvé la cause du CCD, mais disent que la pollution rend la vie des abeilles et des autres insectes plus difficile à bien des égards.
Article original en anglais :
http://www.independent.co.uk/environment/nature/why-flowers-have-lost-their-scent-812168.html
Traduit par Pétrus Lombard.