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Profitant des politiques racialistes: La fondation Black Lives Matter a récolté 90 millions de dollars en 2020
Par Trévon Austin
Mondialisation.ca, 01 mars 2021
wsws.org 27 février 2021
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La semaine dernière, la Black Lives Matter Global Network Foundation (BLMGNF) a publié pour la première fois un rapport décrivant sa situation financière. Le soi-disant «Rapport d’impact 2020» indique que l’organisation a collecté plus de 90 millions de dollars l’année dernière.

La BLMGNF a été fondée en 2013 par Patrisse Cullors, Alicia Garza et Opal Tometi à la suite du meurtre de Trayvon Martin. Elle a depuis tiré profit de la phrase «Black Lives Matter», en recueillant des sommes d’argent substantielles, notamment auprès de grandes entreprises et de fondations privées comme la Fondation Ford.

Selon le rapport, la BLMGNF avait environ 8,4 millions de dollars de dépenses en 2020, qui ont été réparties sous la forme de «frais de personnel, de fonctionnement et d’administration, d’engagement civique, de programmes et de dépenses sur le terrain, de réponse rapide et d’intervention de crise.» Cela comprend environ 2 millions de dollars dépensés pour une campagne «Faites sortir le vote» afin de soutenir le Parti démocrate lors des élections de 2020. Il n’y a pas de détail sur la façon dont les 6,4 autres millions de dollars ont été dépensés.

Patrisse Cullors, cofondatrice de Black Lives Matter [Wikimedia Commons]

L’organisation a également indiqué qu’elle a investi 21,7 millions de dollars pour financer ses sections officielles et non officielles, en plus des 30 organisations locales qui ont reçu des subventions à six chiffres. Ces fonds, déclare-t-elle, «serviront à la subsistance des communautés noires et à la construction du mouvement noir». La BLMGNF a terminé l’année 2020 avec plus de 60 millions de dollars dans ses coffres.

La BLMGNF a bénéficié de l’opposition à la violence policière qui a éclaté lors de manifestations de masse aux États-Unis et dans le monde entier à la suite du meurtre de George Floyd par la police l’été dernier. Le 2 juin, sept jours après le début de la vague de protestations, le site web de la BLMGNF a attiré 1,9 million de visiteurs, avec un total de 24 millions de visites au cours du second semestre de 2020.

Le rapport de la BLMGNF ne contient aucun détail sur les personnes qui ont fait des dons à l’organisation l’année dernière, et ses dirigeants ont refusé de nommer les principaux donateurs. Cependant, une grande partie du financement du BLM en 2020 peut être liée au gonflement du soutien corporatif aux mouvements racialistes, lorsque les manifestations multiethniques et multiraciales de l’année dernière ont secoué la classe dirigeante. De nombreuses sociétés ont promis des sommes d’argent substantielles, généralement sur plusieurs années, à des organisations qui luttent ostensiblement pour l’égalité raciale.

La BLMGNF fait partie d’un groupe plus large d’organisations opérant sous l’égide du «Movement for Black Lives» (Mouvement pour les vies noires). Ce dernier comprend, en plus de la BLMGNF, la Conférence nationale des avocats noirs et le Centre Ella Baker pour les droits de l’homme. Cullors est également membre du conseil d’administration du Centre Ella Baker, qui a été fondé par Van Jones, membre du Parti démocrate et ancien conseiller d’Obama.

Les entreprises technologiques ont été parmi les plus grands donateurs au mouvement Black Lives Matter. Google s’est engagé à verser 12 millions de dollars à divers groupes, tandis que Facebook et Amazon ont chacun donné 10 millions de dollars. Apple a promis 100 millions de dollars pour une Initiative d’équité et de justice raciale qui «remettra en question les obstacles systémiques aux opportunités et à la dignité qui existent pour les communautés de couleur, et en particulier pour la communauté noire».

Walmart a annoncé que 100 millions de dollars sur cinq ans seront consacrés à la création d’un nouveau centre pour l’égalité raciale et Target a fait don de 10 millions de dollars à une cause similaire.

Avant 2020, la Fondation Ford s’était engagée à verser 100 millions de dollars sur six ans à plusieurs organisations associées au «Movement for Black Lives».

Le gonflement de la base financière de la BLMGNF a entraîné des luttes internes pour l’accès aux ressources. De nombreuses sections locales ont accusé ses dirigeants de manquer de transparence et de responsabilité financière. Dix sections, appelées #BLM10, ont affirmé que les groupes locaux n’ont reçu que peu ou pas d’aide financière de leur organisation mère. Les documents que BLM a partagés avec l’Associated Press indiquent que les sections locales ont reçu plusieurs séries de financements allant de 800 à 69.000 dollars depuis 2016.

Cependant, #BLM10 s’est plaint que les allocations ne sont pas proportionnelles à la somme que l’organisation a collectée au fil des ans. De plus, ils ont remis en question la décision de garder le silence sur les donateurs importants. Dans ses premières années, BLM a révélé avoir reçu des dons de riches célébrités telles que Beyoncé, Jay-Z et Prince.

La fondation BLMGNF a restructuré ses sections en une entité distincte appelée BLM Grassroots l’été dernier. Les sections peuvent bénéficier d’allocations de 500.000 dollars si elles signent un accord pluriannuel, comprenant une série de demandes de la direction. Un seul groupe BLM à Denver a répondu à ces demandes et a reçu un financement en décembre.

En réponse à ces allégations, la cofondatrice de la BLMGNF, Cullors, qui joue aujourd’hui le rôle principal dans l’organisation, a affirmé qu’il y avait des malentendus sur les finances de l’organisation et que celle-ci avait souvent été «à la recherche d’argent» au cours des années précédentes.

Les organisations Black Lives Matter sont promues par une partie de la classe dirigeante américaine dans le cadre d’un effort visant à promouvoir les divisions raciales et à dissimuler les intérêts de classe communs de tous les travailleurs, y compris dans la lutte contre la violence policière. Le programme de ces organisations n’a rien à voir avec les revendications des travailleurs et des jeunes de toute identité raciale ou ethnicité. Elles parlent plutôt au nom de sections privilégiées de la classe moyenne qui cherchent à tirer profit de la promotion des politiques raciales pour faire progresser leurs propres positions au sein de l’État et des sociétés américaines.

Trévon Austin

 

Article paru en anglais, WSWS, le 27 février 2021

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