Quai d’Orsay, Kouchner : le Droit d’Ingérence s’Installe

Avec la nomination au poste de ministre des affaires étrangères de Bernard Kouchner, c’est désormais le « droit d’ingérence » qui s’installe au Quai d’Orsay, nom trouvé par le «french doctor » pour ce qu’autrefois on appelait la « guerre juste » et qui conduit les grandes puissances postcoloniales à envahir, occuper, démanteler des pays sous couvert d’humanitaire. Kouchner demande à être jugé sur ces actions. il suffit de voir ce qu’est devenu le Kosovo – une zone de non droit – pour se rendre compte de son incompétence à regler les conflits surtout à caractère ethnique.

Quai d'Orsay, Kouchner : le Droit d'Ingérence s'Installe

Quai d’Orsay, Kouchner : le Droit d’Ingérence s’Installe

Le « droit d’ingérence » serait la reconnaissance du droit des États de violer la souveraineté nationale d’un autre État, accusé de violation massive des droits de la personne. Ce droit d’ingérence, a été inventé publiquement en1988, au cours d’une conférence organisée par Mario Bettati, professeur de droit international public et Bernard Kouchner, homme politique français, ancien représentant spécial des Nations Unies au Kosovo et l’un des fondateurs de Médecins sans frontières. Bernard Kouchner en a été le principal promoteur depuis et Mario Bettati a participé à la diffusion de ce concept dans les cercles onusiens notamment.

Mais ce « droit d’ingérence » n’a aucune existence en droit humanitaire international. L’ingérence elle-même n’est pas un concept juridique défini, et pour beaucoup elle viole la souveraineté d’un état qui lui est un concept présent en droit international.

C’est pour la première fois au nom du droit d’ingérence que plusieurs États occidentaux sont intervenus au Kurdistan irakien en avril 1991 après que le Conseil de sécurité a invoqué une « menace contre la paix et la sécurité internationales » (résolution 688 du Conseil de sécurité). Cependant, les interventions humanitaires, qu’il s’agisse de l’opération « Restore Hope », menée en Somalie à partir de la fin 1992 (résolution 794), l’opération Turquoise menée par la France au Rwanda en 1994, ou encore les interventions armées en Bosnie-Herzégovine en 1994-1995, au Liberia, en Sierra Leone, en Albanie en 1997 ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999, se sont souvent soldées par de nombreuses pertes en vies humaines, majoritairement des civils.

Le « droit d’ingérence » n’a donc pas de définition juridique précise même si, à l’instigation de la France, deux résolutions ont été votées par l’Assemblée générale des Nations Unies, mais qui changent son intitulé et en précisent son application.

La résolution 43/131 adoptée le 8 décembre 1988 institue une « assistance humanitaire aux victimes de catastrophes naturelles et de situations d’urgence du même ordre »

La résolution 45/100 votée par l’AGNU le 14 décembre 1990 prévoit quant à elle la mise en place de « couloirs humanitaires ».

Cependant, si les deux textes définissent les modalités d’une assistance humanitaire, ils réaffirment dans le même temps le principe de souveraineté des États.

Ce concept de « droit d’ingérence, » de même, reste flou quant aux acteurs auxquels il s’applique (États, organisations humanitaires, organisations de sécurité collective). Les juristes feront plus volontiers référence au « droit d’assistance humanitaire », – mieux défini et déchargé de son contenu politique -, qui tente de résoudre la tension entre l’assistance humanitaire et les principes de non-ingérence.

En fait, sous couvert d’humanitaire, se cachent la plupart du temps des interventions militaires, décidées unilatéralement, ou de concert, par quelques grandes puissances pour imposer leur nouvel ordre mondial selon leurs propres intérêts géopolitiques stratégiques et économiques. Les principales victimes de ces interventions, faites au nom du droit humanitaire ou du pseudo droit d’ingérence sont les civils, qu’on prétend protéger, mais qui sont en fait les principales victimes de guerres meurtrières, dont les massacres sont désormais communément étiquetés «dommages collatéraux»

Kouchner demande à être jugé sur ses actions.

Kouchner au Kosovo

Kouchner est nommé en juillet 1999 chef de la mission des Nations Unies au Kosovo, qui est alors placé sous protectorat international après le retrait des forces armées serbes de cette province serbe où ont immigré et se sont installés de nombreux albanais. Il occupe en fait l’équivalent d’un poste de chef d’Etat et dispose de tous les pouvoirs civils. L’objectif : reconstruire des institutions démocratiques et la coexistence ethnique dans cette province, qui fait partie jusqu’à ce jour de la Serbie selon le droit international.

Kouchner a donc été :

1) tres actif dans le démantelement de la Yougoloslavie voulue par Washington et l’UE, et surtout par la  » Grande » Allemagne réunifiée qui ne supportait pas d’avoir à proximité un pays puissant et surtout appuyé par Moscou. Il a soutenu la guerre au Kosovo avant pendant et surtout sur le terrain après en occupant ces fonctions.

2) N’a rien fait pour empêcher le nettoyage ethnique mené contre les minorités serbes, ni la main mise de gangs mafieux sur le pays. En effet, le Kosovo est devenu une zone de non droit, où règne des gangs mafieux (trafic d’armes, drogues etc…) et où les responsables occidentaux ont placé au pouvoir des criminels de guerre. Voilà donc le résultat d’ « actions » de Bernard Kouchner sur la scène internationale.

A vous de juger.

Alors à qui le tour ?

Au Soudan (pour le Darfour) dont les ressources sont convoitées par l’Occident (entendez les Etats Unis et leurs vassaux européens) notamment son pétrole. Kouchner a participé avant les elections à une manifestation du Collectif « Urgence Darfour » (une organisation américanosioniste qui s’agite sur la scène internationale en manipulant le problème du Darfour, pour créer un écran de fumée sur les crimes commis en Irak, Afghanistan, Palestine) pour demander une intervention militaire contre le Soudan.

Laisserez vous faire ?

La mouche du coche



Articles Par : Global Research

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