Quand le mensonge s’impose face à la vérité. La guerre contre la vérité d’Obama est-elle le prélude à une guerre contre la Russie?

Au moment où la présidence d’Obama prend fin, la fiction devient réalité. 

Les médias institutionnels semblent vivre au pays des merveilles.

Le mensonge s’impose face à la vérité.

Les « infaux » sont devenues « la pure vérité ».

Les « vraies infos » rapportées par les médias en ligne indépendants sont qualifiées de propagande russe.

Ce à quoi nous assistons, c’est à une guerre contre la vérité. 

Les concepts sont complètement chamboulés. 

C’est de la démence politique. Nous voici à un tournant dangereux de notre histoire. Les risques de guerre mondiale sont constamment étouffés par la désinformation médiatique.

D’après le directeur du renseignement national des USA James Clapper, le prétendu piratage informatique de la Russie constitue une « menace existentielle » contre les USA.

Le sénateur McCain considère cela comme un « acte de guerre » :

 Capture d’écran du Daily Mail, 31 décembre 2016

Pendant ce temps, des chars et des militaires des USA sont déployés à la frontière russe dans le cadre de l’opération d’Obama baptisée « Atlantic Resolve » et de « l’initiative de réassurance européenne » de l’OTAN. Mais les médias gardent le silence. Cette nouvelle ne mérite pas de faire les manchettes.

La réalité est retournée à l’envers. La menace, c’est la Russie. Le prétendu piratage est nonchalamment présenté comme une justification aux préparatifs de guerre contre la Russie : « Le déploiement a lieu au moment où les relations entre l’OTAN et Moscou ont atteint leur point le plus bas en des décennies (…). Les organismes de sécurité nationale des USA ont aussi condamné la Russie pour son ingérence perceptible dans les élections présidentielles (…). » (Reuters, 6 janvier 2016)

Le scénario envisagé, c’est une guerre terrestre possible contre la Russie.

Des navires ont commencé à décharger des chars, des obusiers automoteurs et des centaines d’autres véhicules de combat américains vendredi dans le port de Bremerhaven, au nord de l’Allemagne, qui seront transportés en Europe de l’Est afin de renforcer les capacités de dissuasion de l’OTAN contre une agression russe possible.

Les USA comptent aussi déployer une brigade d’aviation de combat (…) de Fort Bliss, au Texas, dont le quartier général sera situé en Allemagne, tout en comptant quelques appareils basés en Lettonie, en Roumanie et en Pologne.

(…) La Grande-Bretagne envoie des avions de chasse dans le secteur de la mer Noire, tandis qu’un bataillon formé de militaires, de chars et de blindés légers seront déployés en Estonie au printemps, avec le soutien des forces armées françaises et danoises. L’Allemagne compte aussi déployer des soldats et des chars en Lituanie.

L’Albanie, la Belgique, le Canada, la Croatie, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays‑Bas, la Roumanie et la Slovénie participent aussi à ce que l’OTAN appelle le renforcement de sa présence en Europe. Les USA comptent redéployer une unité Stryker de l’Allemagne à la Pologne, qui fera partie du groupe.

(Associated Press,  6 janvier 2017)

Tout le monde a peur de Vladimir Poutine

Lisez ce titre attentivement : « La plus grosse livraison de chars américains depuis la guerre froide arrive en Allemagne (6 janvier) – Les obusiers et les véhicules de combat seront accompagnés de milliers de membres de bataillons d’infanterie ». Ce déploiement militaire massif –qui est à peine rapporté par les médias – est considéré comme une « initiative de paix » en réponse à « l’agression » de Vladimir Poutine et au prétendu piratage du DNC (comité national du parti démocrate).

D’après le général commandant adjoint de l’armée des USA Timothy McGuire (qui est chargé du déploiement des forces terrestres américaines en Europe de l’Est) : « La meilleure façon de maintenir la paix, c’est en se préparant (…) nous montrons ainsi la force et la cohésion de l’alliance et la volonté des USA à maintenir la paix sur le continent. » (soulignement ajouté) 

Capture d’écran, The Sun, 4 janvier 2016

Le prétendu piratage informatique est nonchalamment considéré comme un « acte de guerre » contre le territoire américain, tandis que l’opération « Atlantic Resolve » (qui comprend un déploiement massif de forces armées et d’équipement militaire à la frontière russe) est qualifiée de « mesure d’autodéfense ».

Quand la guerre devient la paix, c’est le monde à l’envers.

Une conceptualisation n’est plus possible. C’est la folie qui prévaut. Les institutions gouvernementales sont criminalisées.

Les médias et les politiciens occidentaux obscurcissent en chœur la vérité cachée, à savoir que la guerre menée par les USA et l’OTAN détruit l’humanité.

Lorsque le mensonge devient la vérité, il n’y a plus moyen de retourner en arrière.

Lorsque la guerre est considérée comme une entreprise humanitaire soutenue par les Nations Unies, l’appareil judiciaire et le système juridique international au grand complet, c’est le monde à l’envers. Les mouvements pacifistes et anti‑guerre sont alors criminalisés.

S’opposer à la guerre devient un acte criminel.

L’héritage d’Obama, c’est la guerre et le grand mensonge.

Ce grand mensonge doit être dénoncé pour ce qu’il est et ce qu’il entraîne.

Il autorise des tueries aveugles d’hommes, de femmes et d’enfants.

Il détruit des familles et des peuples. Il détruit l’attachement des êtres humains envers leurs semblables.

Il empêche les gens d’exprimer leur solidarité envers ceux qui souffrent. Il défend la guerre et l’État policier comme la seule solution possible.

Il détruit le nationalisme et l’internationalisme.

Réfuter ce mensonge, c’est dénoncer un projet criminel de destruction mondiale animé avant tout par la quête du profit.

Michel Chossudovsky

Article original en anglais :

obama-war

The War against the Truth, When the Lie Becomes the Truth. Is Obama Preparing War Against Russia? Publié le 7 janvier 2016.

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

 



Articles Par : Prof Michel Chossudovsky

A propos :

Michel Chossudovsky is an award-winning author, Professor of Economics (emeritus) at the University of Ottawa, Founder and Director of the Centre for Research on Globalization (CRG), Montreal, Editor of Global Research.  He has taught as visiting professor in Western Europe, Southeast Asia, the Pacific and Latin America. He has served as economic adviser to governments of developing countries and has acted as a consultant for several international organizations. He is the author of eleven books including The Globalization of Poverty and The New World Order (2003), America’s “War on Terrorism” (2005), The Global Economic Crisis, The Great Depression of the Twenty-first Century (2009) (Editor), Towards a World War III Scenario: The Dangers of Nuclear War (2011), The Globalization of War, America's Long War against Humanity (2015). He is a contributor to the Encyclopaedia Britannica.  His writings have been published in more than twenty languages. In 2014, he was awarded the Gold Medal for Merit of the Republic of Serbia for his writings on NATO's war of aggression against Yugoslavia. He can be reached at [email protected]

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