Qui a tué Djindjic ? Et quelles seront les répercussions dans les Balkans?

Sherlock Holmes aurait du travail à Belgrade. Et bien des suspects sur les bras, car il serait difficile d’y trouver des amis de Djindjic. « Vous êtes le chef de la maffia, et j’en ai les preuves », venait de lui lancer en plein parlement Vojislav Seselj. Beaucoup le pensaient aussi. Où va la Serbie? MICHEL COLLON

Qui avait porté Zoran Djindjic au pouvoir ? Le peuple serbe, nous disaient les médias. En réalité, sa cote de popularité avait toujours été proche du zéro (à l’inverse de Kostunica). Surtout après qu’il ait soutenu l’Otan tandis que les bombes pleuvaient sur son pays. Qui alors avait porté Djindjic au pouvoir ? L’Occident. Grâce à 9 années d’un embargo épuisant (dicté par le FMI pour liquider l’autogestion et imposer la globalisation).

Plus 9 années d’une guerre médiatique de diabolisation. Plus 78 jours de bombardements de l’OTAN. Plus des dizaines de millions de dollars d’une campagne de déstabilisation orchestrée par la CIA en 2000 pour chasser Milosevic. Le même genre de campagne qui a jusqu’à présent échoué contre Chavès. Depuis, on ne nous parlait plus jamais de la Yougoslavie, ce pays à qui l’Ouest avait généreusement offert le « marché libre », la démocratie, et la promesse d’une entrée dans l’Otan et l’U.E contre l’abandon de toutes ses richesses aux multinationales.

Depuis 2000, plus un mot. Etait-ce la fin de l’Histoire, la globalisation ayant triomphé jusqu’à Belgrade ? Et au Kosovo où l’on venait, discrètement, de privatiser 25% des entreprises en fermant tout le reste ? Mais l’Histoire n’est jamais terminée. Le peuple serbe résistait aux privatisations et aux trahisons. Les ouvriers de Zastava venaient de faire grève, refusant d’être jetés à la poubelle pour qu’un groupe canadien puisse faire main basse sur leur usine. L’Otan était toujours qualifié comme il le mérite, à savoir « agresseur ». La fierté restait debout attisant la crise du groupe au pouvoir.

Deux ou trois hypothèses… Qui a tué Djindjic ?

Plusieurs hypothèses même si, à ce stade, il convient de rester prudent. La méthode professionnelle employée semble exclure l’idée d’un patriote voulant venger son pays trahi. Restent : 1. Les rivalités au sein de la clique au pouvoir. 2. Un règlement de comptes maffieux