Réflexions concernant le pillage du patrimoine national grec

Tôt le matin, à la radio Deutschlandfunk, nous parvient la nouvelle que Fraport, un investisseur sis à Francfort, prend possession de 14 aéroports régionaux en Grèce. Cela a commencé! Le patrimoine national grec va être pillé, après avoir attiré le pays dans le piège du surendettement. Ce procédé n’a rien de neuf. Dans les années 1960 et 1970, il a été pratiqué dans le Tiers Monde, comme John Perkins le décrit dans «Les Confessions d’un assassin financier».1 A l’époque, Perkins incitait les pays en développement à entreprendre des projets d’infrastructure surdimensionnés à l’aide de chiffres et pronostics erronés. Pour cela, on eut recours à d’énormes crédits conduisant les pays dans le piège du surendettement. Puis, on put les soumettre aux «intérêts économiques des Etats-Unis». Dans le livre, Perkins décrit sans ambages de nombreux exemples et retrace la façon dont lui et d’autres spécialistes furent choisis par la NSA, au service des Etats-Unis, pour mener divers pays dans ce piège.

La Grèce est la premier Etat sur le continent européen dont le patrimoine national est soumis ouvertement au pillage. Le Hellenic Republic Asset Development Fund (HRADF) est responsable pour toutes les privatisations prévues, une société anonyme privée dont l’Etat grec est le seul actionnaire. Dans le conseil d’administration du fonds HRADF se trouve depuis mars 2015, outre cinq membres grecs, un observateur de la zone Euro et un de la Commission européenne. Les biens patrimoniaux transférés de l’Etat au HRADF se composent de biens immobiliers, des participations et de droits à des entreprises. Une fois que les actifs se trouvent en main du HRADF, ils ne peuvent plus revenir à l’Etat. Le plan de développement des actifs du HRADF, daté du 30 juillet 2015, donne une impression des privatisations en cours:

  1. Aéroports régionaux: 14 aéroports régionaux, divisés en deux groupes avec chacun 7 aéroports […]
  2. A