Rencontrer les nouveaux patrons (les mêmes que les vieux)

Des Démocrates favorables à la guerre et la conscription aux États-Unis

Je déteste dire que je vous en aie tant raconté. La nouvelle majorité démocrate au Congrès a été occupée ces derniers temps, à manœuvrer pour se placer avantageusement sur nos foutoirs en Irak et en Afghanistan. Et fidèles à eux-mêmes, les démocrates cherchent les solutions qui exigeront  plus de troupes, plus d’argent pour la défense et plus de financements pour les profiteurs de guerre.

Le premier signe du problème était le choix de Steny Hoyer, député du Maryland au Congrès, la majorité ayant fait barre sur le choix de l’orateur Jack Murtha par Nancy Pelosi. Tôt cette année, Murtha s’est fait une réputation en réclamant un retrait général des troupes d’Irak, un plan qui a soulevé la rancœur de ses camarades démocrates et même des républicains. Mais Murtha a été judicieusement rejeté pour situation puissante à la Chambre, en apparence à cause de quelques violations d’éthique mineures. Hoyer, ainsi que plusieurs de ses collègues, a une vision indécise de la situation irakienne, reconnaissant que quelque chose doit être fait, mais ne présentant aucune idée.

Pelosi a bien vu la victoire des démocrates comme un reproche à la politique irakienne du président Bush. Elle a voulu utiliser l’occasion du massacre de la nuit de mardi comme manière de solutionner le dur travail en Irak. Mais ses camarade démocrates ont une croyance différente, cette que les démocrates peuvent mieux conduire la guerre, ce qui leur apportera en fin de compte une position plus favorable dans l’électorat pour les élections présidentielles à venir bientôt. Le problème est que les démocrates sont plutôt énigmatiques à propos de leurs plans, et tout ce qu’ils font de toute nécessité agira prochainement et aura un impact majeur en 2008.

Le deuxième signe du problème a été la reprise de la conscription militaire, juste annoncée hier, proposée par Charlie Rangel le député de New York. Rangel offre deux raisons opposées pour ce projet de loi, qui a fait chier (sic) beaucoup d’électeurs ces deux derniers jours. D’abord, Rangel a dit « si nous allons provoquer l’Iran et la Corée du Nord et ensuite, comme certains ont demandé d’envoyer plus de troupes en Irak, nous ne pouvons pas le faire sans conscription. Je ne vois pas comment quelqu’un peut soutenir la guerre sans soutenir la conscription. » D’autre part, Rangel a dit que si ses compagnons législateurs avaient su que leurs propres enfants seraient envoyés au combat, ils n’auraient pas pu voter l’invasion de l’Irak. Je ne connais pas le calcul que faisait Rangel dans cette démarche, sauf peut-être pour rassembler les étudiants des universités contre la guerre. Si ce n’est pas cela, alors il doit prévoir un long boulot pénible pour les militaires US.

La troisième partie de ce triangle a été mise en place hier par le sénateur Barack Obama. Réfléchissant à la course présidentielle en 2008. Obama a dit à un groupe de Chicago qu’il est en faveur d’un retrait progressif des troupes d’Irak, pour redéployer un grand nombre d’entre elles au nord du Kurdistan et les rendre plus disponibles pour le conflit sans fin en Afghanistan. « Seul ce redéploiement progressif peut envoyer aux factions irakiennes le message clair que les USA ne vont pas tenir ce pays indéfiniment — qu’il leur appartient de former un gouvernement viable pouvant fonctionner efficacement et de sécuriser l’Irak », a dit Obama.

Comme vous l’avez sans doute noté à ce jour, pas un de ces démocrates ne mentionne quoi que ce soit au sujet du retour de nos troupes à la maison, chose que les démocrates progressistes et traditionnels ont demandé dès le début 2004. Non, les dirigeants démocrates veulent gagner une guerre ingagnable ; deux en fait, espérant maintenir ces flammes jumelles allumées assez longtemps pour gagner la majorité au Congrès et à la présidence dans les deux ans à venir. Et pas un de ces démocrates ne mentionne d’audition sur les milliards de dollars gaspillés ou volés par les fournisseurs de la défense, sur les enquêtes à propos de la stupéfiante corruption de l’autorité temporaire de la coalition en Irak, ou sur la modération de la main du président poursuivant toujours plus d’actions militaires.

Non, la nouvelle majorité démocrate n’est pas intéressée par la prise d’une vraie mesure contre l’ordre du jour guerrier du président Bush. Au lieu de cela, elle veut que cela tourne à son avantage, réaliser une peu d’alchimie pour transformer ces horribles dégradations de la politique étrangère US en tribune pour soutenir le futur de son propre parti, ce qui est exactement ce que les électeurs ne voulaient pas qu’ils fassent.

Nous courons au statu quo, les gars. Rien ne va changer à moins que vous les fassiez changer.

 

Original. 23 novembre 2006.

Traduction de Pétrus Lombard

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Articles Par : Larry Sakin

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