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Selon le Collectif scientifique sur les gaz de schiste – La pertinence de développer le gaz de schiste n’est pas démontrée
Par Louis-Gilles Francoeur
Mondialisation.ca, 02 novembre 2011
Le Devoir.com 2 novembre 2011
Url de l'article:
https://www.mondialisation.ca/selon-le-collectif-scientifique-sur-les-gaz-de-schiste-la-pertinence-de-d-velopper-le-gaz-de-schiste-n-est-pas-d-montr-e/27433

Le Collectif scientifique sur les gaz de schiste estime que le plan de réalisation de l’étude environnementale stratégique (EES) sur cette filière fait fi de la question en amont de toutes les autres, soit: est-il pertinent de lancer le Québec sur cette voie?

Le collectif, qui regroupe une centaine de chercheurs et scientifiques souhaitant offrir au public leur expertise dans ce débat, estime qu’il serait «illogique d’entreprendre des études sur de possibles accommodements technologiques, législatifs et économiques permettant de poursuivre le projet de développement du gaz de schiste, tant que la pertinence d’un tel développement n’aura pas été clairement démontrée».

Et pour les scientifiques du collectif, cette démonstration ne doit pas se limiter à l’étude de la «justification économique», une logique fermée pourtant retenue dans l’EES. Une véritable «justification» doit reposer, disent-ils dans leur analyse «préliminaire» du devis de l’EES dévoilé vendredi dernier, sur une comparaison avec d’autres filières d’énergies renouvelables et de stratégie d’économie et d’efficacité énergétique. Ainsi que sur un «système intégré» qui réunirait toutes les filières vertes.

Définition étroite

En limitant l’approche de l’EES aux seuls aspects économiques on passe à côté de l’essentiel, car, écrivent-ils, «le propre d’une EES est en effet d’évaluer la performance environnementale d’un projet». Ce choix d’une définition étroite de l’EES a des impacts importants et nombreux, selon le collectif scientifique.

Ainsi, le scénario «aucun développement», que l’EES veut analyser, est-il une confirmation du statu quo avec son cortège de projets en cours ou en préparation? Et une autre question se pose: ce scénario dit d’«aucun développement» exclut-il d’autres filières intéressantes sur le plan environnemental qui permettent, par exemple, de produire du gaz de méthane avec des déchets urbains, agricoles ou industriels, une éventuelle solution de rechange aux controversés gaz de schiste? Ces filières plus acceptables pourraient d’ailleurs, notent les chercheurs, se développer sur les mêmes territoires que ceux visés par les promoteurs des gaz de schiste.

D’autre part, poursuit le collectif, en limitant la «justification» de cette filière à la seule rentabilité économique, le comité responsable de l’EES n’accorde forcément pas la priorité à l’acquisition de connaissances sur la question centrale de la pertinence globale — c’est-à-dire sociale, environnementale, énergétique et économique —, ce qui va stimuler plutôt la recherche du côté des moyens de limiter les impacts d’une filière avant qu’on sache si le jeu en vaut la chandelle.

Le collectif propose enfin de compléter l’examen strictement économique de cette filière par une comptabilité rigoureuse des «externalités» liées à son développement, soit les impacts sociaux et environnementaux qu’on aura quantifiés.

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