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“Souveraineté” vis à vis de Bruxelles, pas de Washington
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 29 mai 2018
ilmanifesto.it
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https://www.mondialisation.ca/souverainete-vis-a-vis-de-bruxelles-pas-de-washington/5625893

Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’UE, avec environ 90 % de la population de l’Union, font partie de l’Otan, dont les « règles » permettent aux USA de garder, depuis 1949, la charge de Commandant suprême allié en Europe et tous les autres commandements clé ; elles permettent aux États-Unis de déterminer les choix politiques et stratégiques de l’Alliance, en les accordant, en sous-main, surtout avec l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, en les faisant ensuite approuver par le Conseil de l’Atlantique Nord, dans lequel selon les « règles » Otan il n’y a pas de vote ni de décision à la majorité, mais où les décisions sont toujours prises à l’unanimité.


Steve Bannon -ex stratège de Donald Trump, théoricien du national-populisme- a fait part de son enthousiaste soutien à lalliance  Stelle pour le gouvernement du changement. Dans une interview (Sky TG24, 26 mai) il a déclaré : La question fondamentale, en Italie en mars, a été la question de la souveraineté. Le résultat des élections a montré ces Italiens qui voulaient reprendre leur souveraineté, le contrôle sur leur pays. Ça suffit, ces règles qui arrivent de Bruxelles. Mais il ne dit pas “Ça suffit, ces règles qui arrivent de Washington.

Ce qui fait pression sur lItalie pour en orienter les choix politiques, ce nest pas seulement lUnion européenne, dominée par les puissants cercles économiques et financiers surtout allemands et français, qui redoutent une rupture des règlesservant leurs intérêts. Une forte pression est exercée sur lItalie, de façon moins évidente mais non moins invasive, par les Etats-Unis qui redoutent une rupture des règlessubordonnant lItalie à leurs intérêts économiques et stratégiques. Cela fait partie des politiques que Washington adopte à l’égard de lEurope, à travers diverses administrations et avec des méthodes diverses, poursuivant le même objectif : garder lEurope sous linfluence étasunienne.

Loutil fondamental de cette stratégie est lOtan. Le Traité de Maastricht stipule, à lArt. 42, que lUnion respecte les obligations de certains Etats membres, lesquels considèrent que leur défense commune se réalise par lintermédiaire de lOtan. Et le protocole n° 10 sur la coopération stipule que lOtan reste le fondement de la défensede lUnion européenne.

Aujourdhui 21 des 27 pays de lUe, avec environ 90% de la population de lUnion, font partie de lOtan, dont les règlespermettent aux USA de garder, depuis 1949, la charge de Commandant suprême alliéen Europe et tous les autres commandements clé ; elles permettent aux Etats-Unis de déterminer les choix politiques et stratégiques de lAlliance, en les accordant, en sous-main, surtout avec lAllemagne, la France et la Grande-Bretagne, en les faisant ensuite approuver par le Conseil de lAtlantique Nord, dans lequel selon les règlesOtan il ny a pas de vote ni de décision à la majorité, mais où les décisions sont toujours prises à lunanimité.

Lentrée dans lOtan des pays de lEst -autrefois membres du Pacte de Varsovie, de la Fédération Yougoslave et même de lURSS- a permis aux Etats-Unis de lier ces pays, auxquels sajoutent lUkraine et la Géorgie de fait déjà dans lOtan, plus à Washington qu’à Bruxelles. Washington a pu ainsi pousser lEurope dans une nouvelle guerre froide, en faisant delle la première ligne dun affrontement de plus en plus dangereux avec la Russie, affrontement au service des intérêts politiques, économiques et stratégiques des Etats-Unis.

Emblématique est le fait que, exactement pendant la semaine où en Europe on débattait âprement de la question italienne, a débarqué à Anvers (Belgique), sans provoquer aucune réaction significative, la 1ère Brigade blindée de la 1ère Division étasunienne de cavalerie, provenant de Fort Hood au Texas. Ont débarqué 3.000 soldats, avec 87 chars dassaut Abrams M-1, 125 véhicules de combat Bradley, 18 cannons autopropulsés Paladin, 976 véhicules militaires et autres équipements, qui seront déployés dans cinq bases en Pologne et de là envoyés au bord du territoire russe.

Ainsi continue-t-on à “améliorer la rapidité et la létalité des forces USA en Europe, en dépensant, depuis 2015, 16,5 milliards de dollars. Cest justement pendant que débarquaient en Europe les chars dassaut envoyés par Washington que Steve Bannon incitait les Italiens et les Européens à “reprendre leur souveraineté” vis à vis de Bruxelles.

 Manlio Dinucci

Article original en italien :

«Sovranità» da Bruxelles, non da Washington

Edition de mardi 29 mai 2018 deil manifesto

https://ilmanifesto.it/sovranita-da-bruxelles-non-da-washington/

Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio

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