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Total va indemniser huit de ses victimes
Par Global Research
Mondialisation.ca, 29 novembre 2005
Le Nouvel Observateur 29 novembre 2005
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https://www.mondialisation.ca/total-va-indemniser-huit-de-ses-victimes/1358

Total a annoncé mardi 29 novembre être parvenu à un accord pour indemniser, à hauteur de 10.000 euros par personne, les huit Birmans qui accusent le groupe pétrolier français d’avoir été victimes de « séquestration arbitraire ».

Total va indemniser les huit Birmans qui l’accusent de travail forcé, à hauteur de 10.000 euros chacun, contre le retrait de leurs plaintes.

Les plaignants, représentés par l’association française Sherpa, affirment avoir été contraints par l’armée birmane de travailler sans rémunération sur le chantier de construction du gazoduc de Yadana de Total entre octobre et décembre 1995.

Total, qui a toujours nié avoir encouragé de telles pratiques, espère, grâce à l’accord passé avec Sherpa, mettre un « terme définitif » à la procédure engagée en 2002 devant le tribunal de grande instance de Nanterre.

« Aux termes de cet accord et pour des raisons humanitaires, Total accepte d’indemniser les plaignants. Il prolonge ainsi l’engagement de compensation mis en oeuvre dans le passé au bénéfice de certains habitants de la région dès que des faits présumés de recours au travail obligatoire survenus à son insu furent portés à sa connaissance », souligne le groupe.

Débat sur la présence de Total en Birmanie

Depuis quelques années, Thierry Desmarest, P-DG du groupe, doit à chaque assemblée générale justifier la présence de Total en Birmanie, rebaptisée Myanmar, qui est sous régime militaire depuis 1962.

Fort d’un rapport favorable pour le groupe rédigé l’an dernier par Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières, Total estime au contraire que sa présence dans le pays améliore les conditions de vie des personnes qui travaillent sur ses installations.

Dans le cadre de l’accord, Total constituera un fonds de solidarité de 5,2 millions d’euros, une enveloppe qui servira non seulement à répondre à des demandes d’autres victimes de travail forcé mais aussi au financement d’action humanitaires sur place, notamment dans le domaine de l’habitat, de la santé et de l’éducation.

Estimant qu’il s’agit là d’une « solution novatrice, pragmatique et généreuse », l’avocat William Bourdon, président de Sherpa, a dit avoir bon espoir que « cet accord exemplaire préfigure pour l’avenir ce qui pourrait être la résolution de ce type de situation ».

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