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Trump et le putschisme vénézuélien en mode tornade
Par Alex Anfruns
Mondialisation.ca, 06 mai 2019
Investig'Action
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L’opposition n’agit pas de façon improvisée, elle déploie les phases d’un scénario longuement mûri. Dès le jour de sa proclamation en tant que président de l’Assemblée Nationale, Guaido avait désigné sa cible: les militaires déserteurs, à qui il promettait une amnistie s’ils retournaient leurs armes contre le gouvernement. Pour mener à bien ce putsch, il désignait Maduro comme un « usurpateur », en obéissant à ses maîtres de la Maison Blanche et à l’UE. Il fallait coûte que coûte délégitimer la prise de fonctions de Maduro pour son nouveau mandat présidentiel, après son élection en mai 2018. Par un tour de passe-passe, Guaido annonçait que Maduro avait « abandonné le poste » selon une interprétation délirante de la Constitution, et se proclamait lui-même comme le nouveau chef de l’État. Un « gouvernement parallèle » qui comptait automatiquement sur le soutien des dirigeants de la droite latino-américaine régionale (Bolsonaro, Duque, Macri, Piñera…) réunis dans le « Cartel de Lima ».

En pariant sur le soulèvement d’une partie des forces de l’armée, Guaido présente comme banale une issue de crise par la voie de la violence. Les morts qui s’ensuivent  sont donc assumées comme un sacrifice qui ferait tourner le cycle « mobilisation-répression-mobilisation ». Les violences provoquées par ses propres rangs, tels que les lynchages de chavistes ou les assassinats de membres des forces de l’ordre, sont, quant à elles, rendues invisibles car inutilisables pour le but recherché.

Depuis la victoire de l’opposition aux élections législatives fin 2015, les appels à renverser le gouvernement de Maduro ont été permanents. A ce moment-là, le président de l’Assemblée Nationale avait annoncé un compte à rebours infâme. Il s’agissait moins de participer à la vie politique du pays que de créer les conditions d’une nouvelle vague de violence. Cela s’est confirmé en 2017-18. En abandonnant sans explication la table de dialogue à Saint-Domingue, l’opposition avait définitivement écarté toute solution politique. Ce sabotage porte la marque de l’administration Trump qui, telle une tornade, a réduit en miettes la possibilité pour la droite vénézuélienne de revenir au bon sens.

En cette année 2019, ses faucons semblent agir comme si le Venezuela était une affaire de politique intérieure : leurs appels quotidiens en faveur d’un putsch ne suffisent plus. Désormais, la menace qui plane, c’est une intervention armée ouverte. Le 1er mai, le Commandement Sud des États-Unis s’est dit « prêt à toute option » pour une transition pacifique au Venezuela, tandis que Guaidó annonce « le débrayage des employés publics jusqu’à la grève générale ». C’est connu, l’Oncle Sam a toujours agi pour la paix et la droite pour les intérêts des travailleurs.

Alex Anfruns

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