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Un document secret britannique accuse Israël
Par Chris McGreal
Mondialisation.ca, 29 novembre 2005
The Guardian (Traduction : Anne Sweeting, CCIPPP) 26 novembre 2005
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https://www.mondialisation.ca/un-document-secret-britannique-accuse-isra-l/1350

Un document confidentiel du Foreign Office accuse Israël de se précipiter pour annexer le quartier arabe de Jérusalem en construisant illégalement des colonies juives et en utilisant le mur d’Annexion de la Cisjordanie dans le but de d’empêcher [la partie Est de Jérusalem] de devenir la capitale palestinienne.

Dans une analyse d’une franchise inhabituelle concernant les déclarations britanniques sur les intentions israéliennes, le document affirme que le gouvernement d’Ariel Sharon menace la possibilité d’un accord de paix en rendant l’avenir de la partie arabe de Jérusalem non négociable et en prenant ainsi le risque de précipiter les habitants Palestiniens de la ville dans les bras des groupes radicaux.

Ce document, que le Guardian s’est procuré, a été présenté lundi dernier [21 novembre] à un conseil des ministres de l’Union Européenne (UE) présidé par le secrétaire Jack Straw, ministre des Affaires Etrangères britannique, accompagné de recommandations pour s’opposer à la politique israélienne, y compris par la reconnaissance [officielle] des activités politiques palestiniennes à Jérusalem-est.

Selon nos sources, le conseil des ministres européens a remis la discussion au mois suivant, sous la pression de l’Italie qu’Israël considère comme son allié le plus sûr en Europe.

Israël a qualifié la recommandation selon laquelle il fallait organiser les rencontres entre l’UE et l’Autorité Palestinienne à Jérusalem-est plutôt qu’à Ramallah, comme une « éventualité négative ». Israël affirme que la partie Est de Jérusalem occupée depuis la guerre de 1967 est partie intégrante de sa « capitale indivisible ». Presque tous les gouvernements conservent leurs ambassades à Tel-Aviv, puisque ne reconnaissant pas la revendication israélienne.

Ce document rédigé par le consulat britannique, dans le cadre de l’actuelle présidence anglaise de l’UE, affirme que la politique israélienne a pour objectif d’empêcher Jérusalem de devenir une capitale palestinienne et d’étendre les colonies autour de la ville. Ce document ajoute que le plan de Sharon qui consiste à relier Jérusalem avec la grande colonie de Ma’ale Adumim en Cisjordanie, par la construction de milliers de nouveaux logements, « menace d’achever l’encerclement de la ville par des colonies juives et de couper la Cisjordanie en deux zones géographiquement séparées ».

De plus : « les activités israéliennes à Jérusalem sont des violations à la fois des obligations liées à la feuille de route et des lois internationales ».

Les Affaires Etrangères concluent également que le long mur de béton présenté par Israël comme une mesure de sécurité, est utilisé pour exproprier la terre arabe dans et autour de la ville. « Cette annexion de facto de la terre palestinienne sera irréversible sauf évacuation masssive et forcée des colons et nouveau tracé du mur ».

Ce document dévoile également que les contrôles israéliens très contraignants sur les déplacements des Palestiniens dans et hors de la ville constituent une tentative de limiter le développement de la population arabe. « Lorsque le mur sera terminé, Israël contrôlera tous les accès à Jérusalem-est, séparant ainsi cette zone des villes satellites palestiniennes de Bethlehem et Ramallah, et au-delà de toute la Cisjordanie. « Cela aura des conséquences graves pour les Palestiniens. »

« La motivation principale d’Israël est de façon quasi-certaine démographique… Le plan général pour Jérusalem a pour but explicite de limiter la proportion de Palestiniens à Jérusalem à 30% du total de la population. » Tout cela, toujours d’après le document, réduit considérablement les perspectives d’une solution à deux-états, car la souveraineté sur Jérusalem-est constitue une revendication fondamentale des Palestiniens.

Encore selon le document « les Palestiniens sont très inquiets au sujet de Jérusalem-est ». « Ils craignent qu’Israël ne s’en tire à bon compte sous prétexte du désengagement [de Gaza] ; les mesures israéliennes risquent également de favoriser la radicalisation de la population palestinienne de Jérusalem-est qui jusqu’à présent s’est montrée assez calme. »

D’après les déclarations de Mark Regev, porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères : « Israël estime que Jérusalem doit rester sa capitale unifiée, et que son statut doit faire partie des objectifs à atteindre dans le cadre d’un règlement final ».

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