Un photographe canadien accuse les politiques états-uniennes et canadiennes de provoquer la Corée du Nord

Le test nucléaire de la Corée du Nord n’a surpris aucune personne qui suit avec attention les déclarations de la République populaire démocratique Corée (RPDC). Dans le cadre de mon métier de photographe, j’ai voyagé dans les deux parties s’étendant d’un côté et de l’autre de la zone démilitarisée, qui maintient la péninsule coréenne artificiellement divisée. J’ai constaté, d’une part, l’énorme écart qui existe entre les rapports diffusés par les médias canadiens sur la Corée du Nord et la vérité, et d’autre part les dommages qu’un tel écart cause à l’avancement de la paix et de la sécurité dans la région et à l’établissement de politiques étrangères canadiennes qui soient intelligentes.

Depuis janvier 2002, malheureusement, les faucons de l’administration Bush espéraient que la Corée du Nord réagisse à partir de la partie de territoire dans lequel les pays occidentaux ont confiné ce pays. Sans l’épouvantail de l' »Axe du Mal », que les médias ont popularisé aux États-uniens (et au Canada), moins de systèmes militaires états-uniennes auraient été vendus en Asie et peu de raisons justifieraient le programme de «Guerre des Étoiles». Les médias canadiens présentent-ils les rapports diffusés par la RPDC pour dénoncer les jeux guerriers et les simulations d’invasion de la Corée du Nord menés par les États-Unis et par la Corée du Sud? Au lieu de tels rapports, les médias diffusent des rapports sensationnalistes et inexacts selon lesquels le « cher leader » mènerait une vie de playboy, poursuivrait des fétiches hollywoodiens et tendrait à agir comme un dictateur fou.

Quelqu’un aurait l’amabilité de rappeler les Canadiens/iennes que nous sommes encore techniquement en guerre avec la Corée? La Corée du Nord a recours à la diplomatie démodée des canonnières parce qu’on ne lui laisse pas d’autre choix. Si nous, Canadiens/iennes, étions vraiment préoccupés par le sort du people coréen, nous organiserions la promotion de la paix et de la sécurité dans la péninsule coréenne. Cinquante-trois années se sont écoulées depuis que 45 000 soldats canadiens sont revenus de la guerre de Corée, mais que nous n’avons toujours pas signé de traité de paix ou établi un climat de sécurité dans la région. Ottawa et Washington sont complice de la prolifération nucléaire. Il est temps pour le Canada de refuser la rhétorique des Etats-Unis et de mettre fin à ce restant de la guerre froide. Le Canada, bien qu’il avait entamé des relations diplomatiques avec la RPDC, en 2003, refusait à ce pays l’établissement d’une ambassade à Ottawa.

Les États-Unis auraient pu éviter tout cela en acquiesçant à la demande formulée par la Corée du Nord, il y a des décennies, d’entamer des discussions bilatérales. L’Ouest capitaliste aurait pu cesser d’appliquer la politique de deux poids deux mesures, qui consiste à choisir les pays en voie de développement et à essayer de renverser les pays ayant un système économique différent. Si nous acceptions de concéder à la RPDC les prêts qu’elle a demandés dans le but d’accroître le développement et de mettre fin aux graves famines, nous lui permettrions de se joindre à la communauté internationale en tant que nation souveraine. Conformément à l’accord de normalisation des relations, signé en 1994 entre les États-Unis et la RPDC, celle-ci pourrait, au lieu de consacrer ses précieuses ressources à des dépenses militaires, utiliser celles-ci pour satisfaire les véritables besoins du peuple coréen.

Le test nucléaire de la RPDC est peut-être motivé par l’espoir de montrer à un plus grand nombre d’États-uniens l’échec lamentable de la politique d’attaque préventive de l’administration Bush et de faire ainsi en sorte qu’ils votent contre lui aux élections.


Vancouver, October 9, 2006



Articles Par : Irwin Oostindie

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