Une firme israélienne de sécurité aérienne vouée aux gémonies pour avoir laissé passer un candidat-terroriste

La compagnie israélienne ICTS International (à ne pas confondre avec ICTS Europe, qui est une entreprise différente) et deux de ses filiales se retrouvent dans le collimateur d’une enquête internationale, depuis quelques jours, des experts tentant d’identifier les raisons de l’échec à la sécurité qui a permis à Umar Farouk Abdulmuttalab de prendre place à bord du vol 253 et de tenter d’allumer une bombe cachée dans ses sous-vêtements.

Une enquête nous a permis (nous = Haaretz, ndt) de découvrir que les officiers de sécurité et leurs superviseurs auraient dû soupçonner ce passager, même sans avoir à leur disposition de mise en garde des services de renseignement à cet effet.

Pour l’heure, l’ICTS et la compagnie de sécurité hollandaise G4S se renvoient mutuellement les récriminations, comme le font les responsables de l’aéroport Schipöl d’Amsterdam et les autorités de l’Aviation fédérale américaine et les responsables des services de renseignement américains.

L’échec enregistré a été un double ‘flop’ : c’est un échec du renseignement, que le président américain Barak Obama a d’ores et déjà dénoncé sans ambages, dû au traitement défectueux des informations parvenues au Département d’Etat et probablement aussi à la CIA, émanant à la fois du père du terroriste à la bombe en puissance et des services de sécurité britanniques ; et c’est un échec à l’intérieur du système de sécurité lui-même, impliquant celui de la firme israélienne ICTS.

La filiale I-SEC d’ICTS, a elle-même une filiale, appelée PI (Pro-Check International). Ces firmes fournissent des services de sécurité à des aéroports : consultation, instruction, formation, inspection et supervision.

Il y a de cela vingt ans environ, l’ICTS a adopté le système de sécurité aérienne utilisé en Israël, consistant en substance à profiler et à évaluer le degré de dangerosité potentielle de tout passager, sur la base d’un certain nombre d’indicateurs (dont son âge, son nom, son origine et son comportement au cours de l’interrogatoire auquel il (elle) est soumis(e)). Par ailleurs, il y a environ dix ans, la compagnie a mis au point un système technologique appelé APS (Advanced Passenger Screening).

Ce système, basé sur un algorithme informatisé, est alimenté en informations relatives aux passagers à partir des compagnies aériennes. Ce système avait été proposé à l’Autorité Israélienne des Aéroports par le Shin Bet, mais il avait été retoqué. Selon le site ouèbe de la compagnie, la plupart des grandes compagnies aériennes américaines l’utilisent.

Toutefois – en temps réel – le système d’ICTS a échoué. Même si les services de renseignement américains avaient échoué eux aussi, le nom du passager nigérian n’ayant pas été trouvé éminemment suspect pour cette ligne aérienne, ce passager aurait dû susciter les soupçons des officiers de sécurité. Son âge, son nom, sont trajet illogique, son ticket coûtant la peau des fesses acheté à la dernière minute, son enregistrement à bord sans bagage (seulement un bagage à main) et moult autres signes auraient dû suffire à alerter les officiers de sécurité et entraîner un examen plus approfondi du suspect.

Mais le responsable superviseur de la sécurité, représentant à la fois I-SEC et PI, l’a autorisé à embarquer.

ICTS a été créée en 1982 par d’anciens membres du Shin Bet et de la sécurité de la compagnie aérienne israélienne El Al. Menachem Atzmon, qui en est le PDG depuis 2004, détient une majorité de contrôle dans le capital de la firme.

Le siège social d’ICTS est sis aux Pays-Bas et la compagnie est cotée à la bourse de New York [NYSE]. Certains de ses hauts dirigeants sont israéliens, dont l’adjoint au directeur, Ran Langer.

Un autre dirigeant important de la firme est Doron Zicher, directeur général d’I-SEC. M. Zicher dirige les opérations aux Pays-Bas depuis plus de vingt ans ; il a été également conseiller auprès du ministère batave de la Justice, qui est responsable de la détermination des lignes directrices de la sécurité aéroportuaire hollandaise.

Article original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/1141434.html

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier



Articles Par : Global Research

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