Union Européenne : Accord sur l’importation des bananes d’Amérique Latine sans tenir compte des droits de l’homme.

Les pays de l’Union européenne et l’Amérique Latine ont mis fin à 13 années de conflit sur les tarifs douaniers pour la banane avec un accord qui va ouvrir de façon significative le marché européen à de nouvelles importations provenant de pays comme l’Équateur.

L’accord signé mardi par les négociateurs à Genève abaisserait immédiatement les tarifs douaniers européens de l’UE sur les bananes d’Amérique latine, qui passeront à 148 euros la tonne, contre 176 euros actuellement. Et ils devraient passer à 114 euros d’ici 2017, offrant des nouvelles opportunités pour les producteurs de bananes du Brésil, de Colombie, du Costa Rica, d’Equateur, du Guatemala, du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, du Panama, du Pérou et du Venezuela.

Cet accord fut signé sous une énorme pression émanant notamment de deux multinationales des Etats-Unis qui n’ont que faire de droits de l’homme, du développement ou de la stabilité régionale. L’ex United Fruit a commencé en 1954 avec le coup d’Etat au Guatemala, aujourd’hui Dole, Chiquita Brands International, Standard Fruit Company, Del Monte Tropical Fruit Company, Dow Agro Sciences font des ravages sur l’écosystème, la santé et socialement. Ils exproprient de leurs terres les indiens, souvent les font travailler dans des condition proches de l’esclavage avec l’aide de paramilitaires sans foi ni loi en jouissant de la complicité de l’oligarchie, des fonctionnaires et des hommes politiques locaux corrompus. La dernière preuve en est le coup d’Etat au Honduras.

Au début de cette année, Chiquita, la compagnie productrice de fruits, basée à Cincinnati (Etats-Unis), s’est joint à l’entreprise Dole pour critiquer le gouvernement de Tegucigalpa qui avait augmenté le salaire minimum de 60 %, c’est à dire de 126 à 202 euros fin 2008, à la grande colère des patrons. Chiquita s’est plaint que les nouvelles règles allaient affecter les bénéfices de la compagnie, et entraîneraient pour l’entreprise des frais plus élevés qu’au Costa-Rica : exactement 20 centavos de dollar (0,137591 €) de plus pour produire une caisse d’ananas et dix de plus pour une caisse de bananes… Chiquita s’inquiétait donc parce qu’avec les réformes du président Zelaya elle allait perdre des millions : la compagnie produit 8 millions de caisses d’ananas et 22 millions de caisses de bananes par an.

Les négociations sur l’accord bananes hélas n’ont pas pris en compte le coup humain ni écologique.

L’accord doit encore être approuvé formellement par chaque gouvernement.

Complément d’information :

-  Dole, Chiquita et Del Monte : Les macabres bananiers des Etats-Unis

-  Des paysans malades d’un insecticide : manifestation au Nicaragua

-  Honduras : Le chemin qui mène au Coup d’Etat

l Corre



Articles Par : Carlos Debiasi

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